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acteurs de la

viescolaire
le magazine des professionnels de l’éducation et des temps de l’enfant

L’Éducation nationale
Mensuel - Numéro 97 - Mai 2018 - Prix au n° : 13 € TTC - ISSN : 1968-7958

va devoir faire son


aggiornamento territorial

DÉBAT PATRIMOINE JURIDIQUE


Dédoubler les classes de CP : Les aménagements Un contrôle renforcé des établissements
est-ce vraiment une bonne idée ? des abords de l’école scolaires hors contrat

•AVS97.indb 1 02/05/2018 16:57


Collection
DOSSIERS D’EXPERTS

La commune et l'école
Guide pratique de A à Z
Par Éric Landot, avocat fondateur du cabinet Landot & associés,
et Anaïs Fauglas, avocat, fondatrice du cabinet Fauglas Avocat.

Quels sont les impacts de la refonte des règles de la


commande publique ? Quels choix opérer en matière de
restauration scolaire ? Quelles sanctions pour le non-
respect des mises aux normes d'accessibilité ? Quelles
conditions de recrutement et d'emploi pour les AESH ?
Quelles sont les conséquences de la loi NOTRe sur la
gestion des transports scolaires ? Ces questions et des
centaines d'autres sont traitées au fil de cet ouvrage
pédagogique et vivant.

Connaître les responsabilités et les marges


de manœuvre des communes

Un abécédaire exhaustif et pédagogique


indispensable aux services éducation

Nouvelle édition

Réf. DE 670 Nos engagements Commande Contact


Parution avril 2018 • Envoi en colissimo suivi • Courrier : • Tél. : 04 76 65 87 17
• Version papier : • Commande expédiée sous 48 h Territorial Editions (du lundi au vendredi
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• Version numérique (PDF) : • Possibilités de paiement : 38516 Voiron Cedex de 13 h 30 à 17 h 30)
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Édito
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de 1 259 907 euros • Siège social : Antony Parc 2 –
10 place du Général de Gaulle – La Croix de Berny –
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• Dépôt légal : à parution • RIB : CIC Crédit Industriel
l’école rurale
et Commercial • Code Banque : 30066 - Code guichet :
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RÉDACTION : Directeur de la rédaction : Laurent
Thoviste, 04 76 65 77 78, avs@territorial.fr.
Assistante de rédaction : Marie-Aurélie Colpin.

I
l ne peut pas y avoir de territoires vivants sans services publics et en particulier
RÉALISATION : Rédacteur en chef technique :
Laurent Brugièregarde. Graphiste : Stéphane Mimouni. sans école. Parce que nous refusons que la montagne, et la ruralité en général,
Secrétaire de rédaction : Véronique Garcia. ne soit qu’un espace de loisirs, un lieu de production agricole ou une zone
Web designer : Jenny Buttigieg.
Chef de fabrication : Hervé Charras.
naturelle protégée sans trace de vie humaine, nous défendons une montagne
PUBLICITÉ où chacun puisse se soigner, travailler, communiquer et aller à l’école, bref vivre !
Gilles Dubois, directeur de clientèle, L’acte deux de la loi Montagne de 2016 place l’école au cœur du pacte Républi-
01 79 06 79 67 ou 06 67 15 78 67
cain qui lie la Nation à ses territoires d’altitude. Désormais, les seuils d’ouverture
DIFFUSION : Directeur de la diffusion : Guillaume de
Corbière. Responsable de diffusion : Valérie Friedel. et de fermeture de classe seront étudiés « au regard de leurs caractéristiques
IMPRESSION : Imprimerie du Pont-de-Claix, ZAE montagnardes, de la démographie scolaire, de l’isolement, des conditions d’accès
Les Bauches, 9 chemin de la Plaine, 38460 Claix et des temps de transports scolaires » ; désormais, les enfants de travailleurs
Origine du papier : Allemagne
saisonniers seront pris en compte dans les effectifs annuels ; désormais, la sco-
Ce papier provient de forêts gérées durablement
et ne contient pas defibres recyclées. larisation des moins de 3 ans devra être encouragée dans les environnements
Certification : PEFC sociaux défavorisés, dont les montagnes. Nous ne pouvons que nous réjouir de
Impact sur l’eau (P tot) : 0,016 kg/tonne
ces évolutions qui tiennent compte, dans l’intérêt de l’enfant, des caractéristiques
ABONNEMENT : abonnement@territorial.fr
• Tél. : 04 76 65 93 78, Fax : 04 76 05 01 63 : des territoires et placent l’éducation au-delà des seules considérations démogra-
Vente par abonnement (10 nos) : 121 €/an phiques ou financières.
• Prix de vente au numéro : 13 €.

Reste à présent à faire de ces bonnes intentions une réalité concrète… Malheu-
reusement, ce n’est pas encore toujours le cas et il nous faudra certainement
nous battre, élus, enseignants, parents d’élèves, pour que chaque Rectorat tienne
COMITÉ DE RÉDACTION :
compte des réalités locales et… respecte la loi. Le ministre de l’Éducation natio-
• Anne-Sophie Benoit, directrice de l’enfance
et de la jeunesse, Dunkerque nale, rencontré récemment, s’est dit « en phase » avec ces attentes légitimes
• Nathalie Blot, adjointe du directeur et a annoncé la nomination prochaine d’un référent « montagne ». Dont acte.
de la communauté de communes du Val de Somme
Gageons que cette démarche soit accompagnée de moyens concrets pour éviter,
• Alain Bocquet, secrétaire national de l’Andev,
ancien directeur de l’éducation de la ville de Nanterre comme évoqué par le ministre, des fermetures d’écoles qui mettraient en péril
• Emmanuel Cattiau, directeur général des services la vie des villages.
de Magny-les-Hameaux
• Francine Claude, conseillère municipale,
déléguée FCPE En montagne comme en plaine, à la ville comme à la campagne, chacun s’accorde
• Jean-Paul Stéphant, ingénieur en chef territorial à dire qu’il ne peut pas y avoir d’avenir sans école. Nos communes y consacrent
• Jean-Dominique Delaveau, formateur et consultant
des moyens importants. Premières de cordées pour défendre l’école rurale, les
en éducation populaire
• Jean Ferrier, inspecteur général collectivités attendent que l’État s’inscrive dans leur sillage.
de l’Éducation nationale
• Patrick Haddad, adjoint au maire de Sarcelles,
■ Marie-Noëlle Battistel,
délégué à l’éducation, à la formation et aux savoirs
• Sandra Imperiale, conseillère communautaire députée de l’Isère, présidente de l’Anem
de Nantes Métropole
• Frédéric Jésu, consultant, vice-président
de DEI-France, ex-pédopsychiatre de service public
• Éric Landot, avocat au barreau de Paris
• Marie-Christine Le Tarnec, adjointe au maire
chargée de l’éducation, de la jeunesse et des finances
• Sophie Lopez, enseignante en école primaire
• Stéphane Menu, journaliste
• Pascal Pique, Directeur du département gestion
des projets à l’agence nationale Erasmus +
éducation formation.
• Franck Plasse, directeur de cabinet, Lieusaint • Bulletin d’abonnement p. 21.
• Alain Thirel, ancien coordonnateur du projet • Illustration de couverture : Rawpixel.com-AdobeStock
éducatif global, conseil général du Nord
• Yves Touchard, consultant et président
des Éditions EP&S, inspecteur principal
honoraire de la jeunesse et des sports Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 3

•AVS97.indb 3 02/05/2018 16:57


Sommaire

p.4 Actus

p.8 Dossier
• L’Éducation nationale va devoir faire
son aggiornamento territorial

p.4 p.11 Initiatives


• Brèves

p.12 Métier
• Les professionnels peuvent-ils
administrer des médicaments
à l’école ?

p.14 Débat
p.11 p.14 • Dédoubler les classes de CP :
est-ce vraiment une bonne idée ?

p.16 Patrimoine
• Les aménagements des abords
de l’école

p.18 Juridique
p.19 • Un contrôle renforcé des établissements
scolaires hors contrat

p.19 Questions/réponses
p.16
p.20 Pédagogie
p.20 • Peut-on parler de conflit
de loyauté à l’école ?

p.21 Là-bas

p.22 Revues de presse


• Menace terroriste :
comment protéger les ERP ?

p.21

4 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

•AVS97.indb 4 02/05/2018 16:57


Actus ■ Par Michèle Foin et Laurent Thoviste

© micromonkey-AdobeStock
Scolarisation à 3 ans :
qui va payer pour le secteur privé ?
À l’occasion des assises de la maternelle, le 27 mars 2018, réclamer aux communes qui ne le paient pas déjà sur la base du
Emmanuel Macron, président de la République, a annoncé qu’il volontariat. Ce forfait est indexé sur les dépenses des communes
rendrait l’école maternelle obligatoire dès 3 ans à la rentrée 2019. pour l’école publique. Or, ce coût est plus élevé en maternelle, du
Si les maires ont salué cette décision, ils redoutent son impact fait de la présence des agents spécialisés des écoles maternelles
financier sur le budget des communes. De fait, depuis la loi Debré (Atsem). Répondant à une question de la sénatrice Mireille Jouve le
de 1959, elles sont tenues de payer aux écoles privées élémen- 5 avril, au Sénat, le ministre de l’Éducation nationale a néanmoins
taires un forfait communal couvrant leurs frais de fonctionne- confirmé que si des dépenses devaient s’ajouter aux communes
ment. Rendre l’école maternelle obligatoire reviendrait à étendre du fait de la scolarisation à 3 ans, l’État devrait financer la mesure.
ce forfait aux écoles maternelles privées, qui seront en droit de le C’est en tout cas ce qu’exigent les élus.

L’étude Elfe arrive en CP


Elfe est la première étude scientifique d’envergure nationale consacrée au suivi des enfants, de la naissance à l’âge adulte. Grâce à ce
suivi régulier, elle a pour objectif de mieux comprendre comment l’environnement et les conditions de vie des enfants peuvent influencer
leur développement, leur santé et leur socialisation. Lancée en 2011, plus de 18 000 enfants ont été inclus dans la cohorte. Ces derniers
arrivent aujourd’hui en CP, l’occasion pour l’étude d’ouvrir une nouvelle phase à compter d’avril 2018. Il s’agira ici d’étudier la façon dont
ces élèves entrent dans les différents domaines d’apprentissage proposés par l’école « en prenant en compte les conditions de vie et
les structures familiales, la santé de l’enfant et son développement cognitif », peut-on lire sur le site dédié à l’étude. Les enseignants des
enfants Elfe sont sollicités par les familles pour remplir un questionnaire sur les élèves et leur faire réaliser quelques exercices sur les
apprentissages en français et en mathématiques d’avril à juin 2018. L’estime de soi sera également appréhendée par quelques questions
posées directement aux enfants. Trois autres élèves dont la date de naissance est proche de l’enfant Elfe seront sélectionnés aléatoire-
ment afin de ne pas isoler un enfant en particulier tout en conservant un dispositif facile à gérer pour l’enseignant. Ce bref recueil de
données sur les connaissances de base sera utilisé pour améliorer les connaissances scientifiques sur l’enfance par des chercheurs de
différentes disciplines (psychologie, sociologie, santé publique, sciences de l’éducation…).
> goo.gl/Qyczzf

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 5

•AVS97.indb 5 02/05/2018 16:57


Actus
Les effectifs du premier degré
poursuivent leur décrue
%
Après une baisse de 17 200 élèves à la rentrée 2017 (- 0,7 %), les effectifs de l’école maternelle
devraient à nouveau diminuer aux cinq prochaines rentrées scolaires, annonce la Direction de
l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) dans une note d’information sur
les effectifs d’élèves du premier degré. La baisse
devrait être plus forte à la rentrée 2018 (- 29 900
50 La commission
élèves) et de plus en plus importante jusqu’à la ren- des affaires
trée 2020 (- 36 200 élèves en 2019 puis - 50 600 en économiques
2020). À noter que ces résultats ne tiennent pas de l’Assemblée
compte de l’annonce présidentielle de rendre l’école nationale a adopté un
maternelle obligatoire à compter de la rentrée 2019. amendement au projet
Cette mesure, si elle était effectivement votée, de loi Agriculture et
devrait renforcer les effectifs à l’école maternelle alimentation présenté
d’environ 26 000 enfants. La baisse des effectifs en par l’ancienne ministre
élémentaire amorcée en 2017 se confirme quant à de l’Écologie Delphine
elle pour les cinq années à venir. Après une hausse Batho (PS) qui prévoit
continue depuis plusieurs années, ils ont diminué que les repas dans la
de 7 200 à la rentrée 2017. Le nombre d’élèves à ce restauration collective
© poosan-AdobeStock

niveau devrait encore diminuer de 7 200 élèves à publique devront


la rentrée 2018 (- 0,2 %) puis de 28 500 élèves à la comprendre, au plus
rentrée 2019 (- 0,7 %). Les effectifs s’établiraient tard en 2022, au moins
ainsi à 4 203 100 élèves à la rentrée 2018 et à 50 % de produits
4 174 700 élèves à celle de 2019. La baisse s’accen- issus de l’agriculture
tuerait ensuite avec des effectifs escomptés de 4 057 500 élèves à la rentrée 2022, niveau le biologique
plus bas depuis 2008. Ces prévisions se fondent sur les études démographiques mais aussi sur ou tenant compte
des hypothèses de légère baisse des taux de redoublement à la rentrée 2018 au CP et au CE2. de la préservation
> Note n° 18.04 de mars 2018 à télécharger sur : goo.gl/YGzcew de l’environnement.

Le Plan mercredi
sera l’héritier des PEDT
Le 5 avril 2018, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation
nationale, répondait aux questions de l’Association des maires
de France (AMF) lors des rencontres destinées à préparer la
rentrée 2018. L’occasion pour lui de donner quelques précisions
sur le Plan mercredi, que les maires attendent avec impatience.
Ce plan permettrait un soutien financier pour les communes
revenues aux quatre jours d’école et qui souhaiteraient néan-
moins offrir une offre périscolaire de qualité le mercredi. Avec
ce plan, le ministre ambitionne d’articuler de façon cohérente
temps scolaire et périscolaire, tout en évitant « le fossé qui a
pu se creuser entre les deux avec la réforme des rythmes ».
Mais il ne s’agit pas de faire table rase des coopérations déjà à
l’œuvre sur les territoires. « Ce plan sera l’héritier des projets
éducatifs de territoire (PEDT) », a-t-il insisté, annonçant que
le contenu de ce plan serait dévoilé en mai. Du point de vue
financier, les négociations avec la Caisse nationale d’alloca-
tions familiales (Cnaf) se poursuivent, les CAF devant apporter
« un appui » à ce plan.
> Pour voir les rencontres et les déclarations du ministre en
vidéo : goo.gl/4TFLHQ

6 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

•AVS97.indb 6 02/05/2018 16:57


En France, le destin scolaire en bref
des migrants est à la peine
Le 58e congrès annuel de
4,8 millions de migrants sont arrivés dans les pays de l’OCDE en 2015, soit l’Unapei se tiendra à Lille
10 % de plus par rapport à l’année précédente, modifiant profondément les du 31 mai au 2 juin 2018 sur
salles de classe. Dans un nouveau rapport fondé sur les résultats de Pisa le thème de l’éducation
2015, et de l’Enquête sociale européenne (ESE), l’OCDE examine leur for- inclusive. Il a pour voca-
mation et la résilience dont ces élèves issus de l’immigration font preuve. tion d’éclairer de manière
Ils se caractérisent en effet par de faibles performances académiques : concrète les mutations à
jusqu’à 51 % des élèves immigrés de la première génération n’ont pas venir pour tous les élèves
réussi à atteindre le seuil de compétence en compréhension de l’écrit en handicapés, ainsi que l’en-
mathématiques et en sciences en 2015, contre 28 % des élèves non issus semble des professionnels
de l’immigration. Il existe également des différences dans la plupart des qui les accompagnent.
autres dimensions du bien-être. Ainsi, 41 % des élèves immigrés de la > a-c.cheron@unapei.org
première génération ont mentionné un faible sentiment d’appartenance
contre 33 % des élèves non issus de l’immigration et 31 % se déclarent peu
satisfaits dans la vie contre 28 % pour les autres. En France, qui compte Les 30, 31 mai et 1er juin 2018
26 % de jeunes issus de l’immigration, contre 23 % dans l’OCDE, le système se tiendra à Nantes le col-
scolaire fait moins bien réussir ces jeunes que la moyenne de l’OCDE. On loque Territoires et décro-
y compte 50 % de résilients, contre 55 % dans l’OCDE. Et du point de vue chages scolaires, dernière
de la première génération, l’écart se creuse encore, puisqu’on y compte étape d’un programme de
seulement 39 % contre 49 % dans les autres pays de l’OCDE. Autre donnée recherche démarré en 2015
inquiétante : le sentiment d’appartenance à son école est en France le plus et qui a réuni une ving-
bas des pays de l’OCDE après la République Dominicaine. Une situation taine de chercheurs de
qui s’explique par le poids des inégalités sociales à l’école, beaucoup plus quatre équipes différentes.
important en France qu’ailleurs. Ainsi le statut socio-économique pèse Comment les jeunes en
près du double en France dans la réussite académique par rapport à la rupture scolaire vivent-ils
moyenne des pays de l’OCDE. le décrochage ? Comment
> « La résilience des élèves issus de l’immigration, les facteurs les politiques publiques
qui déterminent le bien-être », à lire sur : goo.gl/x1ynBx y répondent ? Comment
les contextes territoriaux
modèlent les parcours de
ces jeunes et les solutions
qui leur sont proposées ?
> https://teds.sciencesconf.
org/
Serious game
PreventoDingo la joue sérieux La maîtrise de la lecture
est en hausse partout
En France, un accident domestique grave se produit toutes les 3 minutes. Pour sensi- dans le monde : 96 % des
biliser les enfants aux dangers de la vie courante et les accompagner sur le chemin de élèves en quatrième année
l’autonomie pour qu’ils deviennent de scolarité obligatoire de
acteurs de leur propre sécurité, plus de 60 systèmes édu-
Aritma a imaginé et co-édité en catifs se situent au-delà du
partenariat avec Cocktail Games niveau international bas du
un nouveau jeu, ludique et éduca- Programme international de
tif : PreventoDingo. Accessible dès recherche en lecture scolaire
3 ans, il se compose de 48 tuiles (PIRLS). Les filles sont en
mémo illustrées. Le but du jeu : moyenne plus performantes
associer les tuiles par paires, soit que leurs homologues mas-
24 situations avec et sans risque, culins d’environ 18 points.
chaque paire représentant l’un des
DR

24 accidents domestiques les plus


fréquents.
> http://www.cocktailgames.com/jeu/preventodingo/

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 7

•AVS97.indb 7 02/05/2018 16:57


Dossier

L’Éducation nationale
va devoir faire son
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aggiornamento territorial
La fusion des régions a fait exploser le cadre de l’implantation territoriale
de l’Éducation nationale et la simplification de la carte intercommunale renforce
la place des EPCI. La Cour des comptes demande au ministère de se mettre
rapidement au diapason de cette révolution institutionnelle.
Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal ont demandé à des spécialistes
de mettre en place des schémas d’organisation. Le rapport est attendu sous peu.

8 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

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C’
est une demande commune. Jean-Michel Le ministère de l’Éducation nationale a profité de la
Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, brèche pour tester la formule « un recteur pour deux
et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseigne- académies ». Jean-Michel Blanquer a fourni l’explica-
ment supérieur, ont commandé un rapport (1) tion de texte dans « Acteurs publics » : « nous avons
– dont le rendu public n’est pas encore programmé – hérité d’une situation très hybride [NDLR, dans cette
sur l’organisation territoriale de leur ministère suite à région académique], très intermédiaire et nous devons
la mise en œuvre de la loi portant nouvelle organisa- en tirer les conséquences […]. Il est normal que nous
tion territoriale de la République (loi Notre) impliquant regardions dans quelle mesure on peut aboutir à de
la naissance de treize nouvelles régions. La lettre de véritables régions académiques dans les temps à
mission adressée à plusieurs personnalités (lire enca- venir », explique le ministre. En juillet 2017, la volonté
dré) vise in fine à la mise en place de « schémas d’orga- ministérielle était de lancer plusieurs expériences.
nisation adaptés à chacune des treize régions ». Reste que pour l’heure, aucun autre projet similaire
n’est identifié.
Fin 2021 « au plus tard »
Cette mission devra formuler des propositions pour
répondre au constat du ministre : « la réforme terri-
toriale de 2015 a placé l’Éducation nationale au milieu
du gué et le statut quo n’est plus possible », affirme
J-M. Blanquer. Outre les fondamentaux de cette réor-
« Nous avons eu le sentiment
ganisation, la mission devra proposer un calendrier de que les membres de la mission
leur mise en œuvre pour une stabilisation fin 2021 « au avaient déjà leur schéma en tête »
plus tard ». Dans un entretien accordé à l’agence AEF,
Jean-Michel Blanquer rappelle le contexte : « partant Emmanuel Margerildon, secrétaire national
du bilan du fonctionnement des services publics édu- fonction publique, en charge du droit
catifs depuis la création des régions académiques, la et du statut des personnels à l’UNSA
DR

mission devra proposer des schémas d’organisation


du système de la classe et de l’établissement jusqu’au « À nos yeux, le dossier de l’organisation territoriale de l’Éducation nationale
ministère, en passant par l’échelon régional et dépar- n’est pas un dossier prioritaire. Mais face aux régions fusionnées, nous
temental ». L’objectif est de mettre un terme à certains avons des difficultés pour repérer le bon interlocuteur, ce qui impose donc
dysfonctionnements inhérents à la refonte de la carte une clarification rapide. À l’UNSA, nous veillerons à ce que cette nouvelle
régionale : « assurer, d’une part, une bonne cohérence organisation se fasse en lien avec les personnels. La gestion RH est très
des acteurs qui contribuent aux politiques éducatives compliquée en ce moment. Elle n’a pas été suffisamment pensée. Nous
sur le territoire » et, « d’autre part, être en mesure de avons besoin d’une boussole. Notre syndicat a été auditionné dans le cadre
garantir une meilleure animation de proximité pour les de la mission lancée par le ministre. Mais nous avons eu le sentiment que
établissements scolaires », explique le ministre. les membres de la mission avaient déjà leur schéma prédéfini en tête. C’est
dommage. Je crois qu’il faut prendre le temps de la réflexion. Les personnels
La (seule) expérience normande de l’éducation ont gardé un très mauvais souvenir de la Révision générale
Ce dernier entend renforcer le lien entre son minis- des politiques publiques (RGPP), mise en place sous le quinquennat Sarkozy,
tère et les collectivités (régions, départements et avec un poste administratif sur deux supprimé. Ils ne veulent pas connaître
communes) pour nouer « des partenariats construc- la même mésaventure ».
tifs ». Même si la simplification de l’organisation ter-
ritoriale voulue par la loi Notre reste pour l’heure peu
perceptible, cette nouvelle donne ne pouvait pas ne
pas impacter la manière concrète d’organiser le sys- La Cour s’en mêle
tème scolaire à l’échelle des territoires. À ce jour, deux La Cour des comptes s’est pourtant invitée dans le
cartes « académiques » se chevauchent : la première débat. Dans son rapport, publié en décembre 2017, sur
comporte trente académies, pilotées chacune par un « Les services déconcentrés de l’État » (2), elle incite
recteur ; la seconde se déploie sur dix-sept régions aca- ce dernier à s’ajuster aux récentes évolutions institu-
démiques. Dans ces dernières, lorsqu’elles comptent tionnelles. Parmi les préconisations avancées figurent
plusieurs académies, des « super recteurs » sont nom- le transfert de la compétence scolaire et périscolaire
més ; on en compte neuf. Pour l’heure, seule la région vers les EPCI, la révision de la carte des circonscriptions
Normandie est engagée dans une expérimentation du 1er degré pour qu’elle colle à la carte des intercom-
de regroupement de deux académies en un seul rec- munalités, l’encouragement aux regroupements péda-
teur. Un décret a été pris en ce sens le 8 novembre gogiques intercommunaux « concentrés » ou encore
dernier pour permettre à Denis Rolland, jusque-là la suppression de « petits rectorats »… Des pistes qui
recteur de Caen, de pouvoir apposer sur sa carte de recoupent celle posée de manière interrogative par
visite « Recteur de la région académique Normandie, les auteurs d’un rapport remis en 2015 à la ministre
recteur de l’académie de Caen, chargé d’administrer de l’Éducation nationale de l’époque, Najat Vallaud-
l’académie de Rouen ». Une situation liée au départ Belkacem, « Comment l’école primaire du XXIe siècle
de Nicole Ménager, rectrice de Rouen, en juillet 2017. pourrait-elle ne pas être intercommunale ? » (lire

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 9

•AVS97.indb 9 02/05/2018 16:57


Dossier

encadré). La Cour considère d’abord que « la carte vœux, la Cour regrette dans la foulée de la loi Notre que
des circonscriptions du 1er degré de l’Éducation natio- « le regroupement des régions [n’ait] pas empêché la
nale devrait être revue en fonction des nouveaux persistance de découpages dérogatoires […]. La création
schémas départementaux de coopération intercom- de recteurs de régions académiques a été préférée à la
munale (SDCI) ». Dans ce cadre, « les regroupements fusion des rectorats, laissant subsister la carte des trente
pédagogiques intercommunaux dits « concentrés » académies existantes ». Un statut quo qui ne plaît pas
devraient être favorisés ». Elle affirme enfin que « la aux sages de la rue Cambon, fustigeant la « fragilité »
compétence scolaire devrait devenir une des compé- des nouvelles régions académiques dans la mesure où
tences obligatoires des EPCI ». La Cour fixe un calen- elles « ne disposent ni d’autorité hiérarchique, ni de mis-
drier serré : révision de la carte des circonscriptions sions d’allocation des moyens ». Autre source d’éton-
d’ici au 31 décembre 2019 ; favoriser le RPI concentrés nement : « le siège des régions académiques [n’a] pas
d’ici au 31 décembre 2020… été localisé, dans quatre cas, au chef-lieu de région »,
entraînant « un décalage croissant entre l’organisation
« Découpages peu pertinents, territoriale de l’Éducation nationale et celle des autres
voire incohérents » services de l’État au niveau régional », à l’heure où les
La mise en œuvre de ces mesures est « un gage d’une politiques interministérielles se diffusent de plus en plus.
allocation plus juste et plus efficiente des moyens », Il est donc temps que l’Éducation fasse son aggiorna-
dixit la Cour. Dans son organisation actuelle, l’implan- mento territorial, au risque de continuer à brouiller les
tation territoriale de l’Éducation nationale manquerait pistes sur l’organisation du service public de proximité…
d’efficience, avec 1 248 circonscriptions du 1er degré, son
réseau « extrêmement dense » de plus de 52 000 écoles ■ Stéphane Menu
maternelles et primaires, 5 300 collèges et 2 500 lycées.
Elle pointe le fait que « les découpages des circonscrip- > (1) Quatre personnalités ont été choisies par les deux
tions de l’Éducation nationale semblent parfois peu ministres pour mener à bien la réflexion : François Weil,
conseiller d’État et ancien recteur de Paris, Olivier Dugrip,
pertinents, voire incohérents : ils ne correspondent ni
recteur de la région académique Nouvelle Aquitaine et
aux bassins de recrutement des établissements publics recteur de Bordeaux, Marie-Pierre Luigi et Alain Perritaz,
locaux d’enseignement (EPLE), ni aux nouveaux terri- inspecteurs généraux de l’administration de l’Éducation
toires de l’intercommunalité ». Concernant la suppres- nationale et de la recherche (IGAENR).
sion des rectorats de petite taille qu’elle appelle de ses > (2) goo.gl/4NyQpL

L’école de moins en moins communale…

Fin 2017, l’Andev et Éducation et territoires plus pragmatique, d’ordre financier. « Certes,
organisaient une conférence sur la place de ça coûte cher, mais nous apportons des
l’intercommunalité dans l’action éducative. services en plus ! En 2018, chez nous, tous
Rozenn Merrien, présidente de l’Andev, en est les bâtiments scolaires auront été rénovés
convaincue : « les intercommunalités vont être pour un montant de près de 700 000 euros de
amenées à prendre une place de plus en plus travaux », assure lors de la conférence Renaud
importante en matière scolaire et extrascolaire ». Chiron, directeur de l’éducation à la communauté
Les chiffres les plus récents de la Direction de communes de l’Aire sur Adour. Même son
générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) de cloche du côté de Mont-de-Marsan Agglo :
confortent cette intuition : sur les 14 298 EPCI l’intégration communautaire du scolaire et
existants au niveau national (fin 2017), 29 % du périscolaire depuis juillet 2016 a permis
ont désormais une compétence scolaire d’accélérer les travaux de mise en conformité
ou préscolaire (10 % disposent des deux, 9 % sécurité, incendie et accessibilité des écoles.
de la seule compétence scolaire, 10 % de la seule Comme si ce passage vers un nouveau mode
compétence périscolaire). Est-ce à croire que d’organisation était acté, Alain Boissinot,
les maires seraient prêts à se délester de cette ancien recteur et ancien président du Conseil
compétence à forte dimension symbolique ? national des programmes, se propose même
Ils auraient de moins en moins le choix des armes, d’écrire la suite du film : « La répartition entre
dixit Agnès Le Brun, présidente de la commission communes, conseils départementaux et régions
Éducation à l’Association des maires de France. ne marche plus ! ». Le prochain chef de filât ?
« Les collectivités territoriales souffrent La région, qui sera amenée à déléguer ses
de la contrainte normative et budgétaire responsabilités. Vers qui ? Les départements ?
et de transferts de charges sans compensation. Les intercommunalités ? Le rapport commandé
Depuis 2014, nous n’avons jamais eu autant par le ministre apportera peut-être quelques
de démissions de maires ! ». L’explication serait réponses.

10 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

•AVS97.indb 10 02/05/2018 16:57


Initiatives ■ Audrey Minart et Laurent Thoviste

Saint-Maur-des-Fossés (94) : Le Havre (76) : les élèves créent


une « ruche à livres » leur film d’animation
sous le préau
En collaboration avec Le Sirius, pôle d’art et d’essai, trois
Financée par le comité de quartier et fabriquée par classes de l’école Henri-Wallon (CE1-CE2-CM2) travaillent
les élèves du BTS design de produits du lycée voisin, depuis septembre sur les techniques d’écriture et de mise en
la boîte, qui permettra d’échanger des livres, devrait image des films d’animation, afin de créer leur propre œuvre
servir à environ 210 élèves de maternelle et de primaire d’ici à la fin de l’année. Après le visionnage de plusieurs films
de l’école du Rosaire. Avec l’association des parents en début de parcours, ils ont créé leur propre histoire, élaboré
d’élèves, un achat de deux bancs et d’un sol spécial un story-board, et réalisé les dessins qui serviront de décor.
est également prévu afin de créer un coin lecture. (Le Le tournage a eu lieu en avril, en compagnie d’un réalisateur
Parisien) professionnel. (Normandie-actu)
> École du Rosaire : 01 48 83 91 04. > École Henri-Wallon : 02 35 44 18 93.

Ifs (14) : une « boîte à conflits »


pour gérer ses émotions
Afin d’aider les élèves à ne pas se laisser déborder par leurs
émotions, une charte du comportement et une boîte à conflits
ont été élaborées pendant le temps périscolaire. Les enfants
eux-mêmes peuvent demander à accéder à la boîte lorsqu’ils
ressentent le besoin de gérer leurs émotions, ou bien y être diri-
gés par des volontaires, identifiant des montées de tension chez
leurs camarades. Les protagonistes sont alors réunis autour de
la boîte à conflits, et doivent décrire leur ressenti via les outils
entreposés : carte des émotions, roue de l’humeur, balles antis-
tress, etc. (Ouest France)
> École Jean-Vilar : 02 31 83 36 65.

DR
Morne-à-l’Eau (971) : l’ancienne décharge Phalempin (59) : un bâtiment
devient un parc pédagogique reliant deux écoles décroche
le label Passivhaus
Fermée depuis 2006 et en réhabilitation depuis 2016, l’an-
cienne décharge de Gédéon est entrée dans le cadre d’une Ce bâtiment énergétiquement « passif » de 1 300 m2 visait
opération de réintégration environnementale et écologique, à réunir deux écoles primaires, pour que les trois établisse-
tout juste inaugurée. La commune ambitionne d’en faire un ments de la ville soient sur un même site. Construit en dix mois,
site exemplaire pour la découverte, l’éducation et la protec- pour un budget de 4,8 millions d’euros, ce nouveau bâtiment
tion des zones humides. Un parcours pédagogique devrait accueillera sept classes supplémentaires. S’il fait partie des
permettre de sensibiliser les élèves à l’écologie, d’autant sept établissements scolaires français ayant décroché le label
plus qu’ils seront chargés de gérer de manière participative, allemand Passivhaus, il présente un score d’étanchéité deux
avec les enseignants, une zone humide éducative (ZHE). fois plus élevé que le seuil requis pour le label. (Le Moniteur)
> Mairie de Morne-à-l’Eau : 05 90 24 27 09. > Mairie de Phalempin : 03 20 62 23 40.

Chelles (77) chouchoute ses Atsem


En 2014, la ville a fait bénéficier ses Atsem d’un bilan ostéopathique, complété, si les agents le souhaitaient, d’un suivi.
Objectif : prévenir les TMS dans un métier où les arrêts de travail pour des problèmes de dos sont fréquents. Au-delà du
bilan, les agents pouvaient bénéficier de conseils sur les bons gestes à acquérir. Fin 2015, la ville a acquis du nouveau
matériel (mobilier à roulettes et chaises réglables pour pouvoir travailler à hauteur d’enfant notamment). L’ensemble des
mesures a conduit à une réduction significative du nombre d’accidents du travail. (La Gazette des communes)
> > Mairie de Chelles : 0 1 64 72 84 84.

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 11

•AVS97.indb 11 02/05/2018 16:57


Métier

Les professionnels
peuvent-ils administrer
des médicaments à l’école ? xxxxx

Une jurisprudence précise le cadre légal de l’administration des médicaments


aux enfants de moins de 6 ans. Les arguments qu’elle développe permettent
d’apporter une réponse éclairée qui intéresse aussi ceux qui encadrent
des enfants plus âgés. Les Asem/Atsem, AESH ou animateurs peuvent aider
à la prise mais ne peuvent administrer eux-mêmes les médicaments sauf
à engager leur responsabilité personnelle.

L’
administration des médicaments est réservée
par la loi aux professionnels de santé titu-
laires d’un diplôme « permettant l’exercice de
la profession de médecin, chirurgien-dentiste
ou sage-femme » (code de la santé publique (CSP),
art. L.4111-2) et d’infirmier (CSP, art. L.4311-1) : toute
art
autre personne qui administre ou distribue des
aut
médicaments pourrait être poursuivie pour exercice

illégal de la médecine (CSP, art. L.4161-1). Ce n’est
illé
jamais arrivé, mais de nombreux professionnels
jam
de l’enfance et de la petite enfance ont déjà eu à
répondre, à titre personnel, d’erreurs commises dans
rép
la distribution
d ou l’administration de médicaments.

Acte de la vie courante


Ac
L’av 363-221 de la section sociale du Conseil d’État
L’avis
a créé,
cr le 9 mars 1999, la notion d’acte de la vie cou-
rante, défini comme le fait d’aider un malade, empê-
ran
ché temporairement ou durablement d’accomplir les
gestes nécessaires, à prendre les médicaments qui
ge
lui ont été prescrits. Il précise néanmoins que
« la vérification de la prise du médicament, la
surveillance de ses effets et son administration
directe » entrent dans le domaine de l’exercice
illégal de la médecine. Il est donc interdit de don-
ner, mais il possible d’aider à prendre (et interdit
ne
de vérifier que les médicaments ont bien été pris).
© yuliyatrukhan-AdobeStock

Interdit de donner
Int
La circulaire DGS/PS 3/DAS 99-320 du 4 juin 1999
s’est basée sur l’avis du Conseil d’État pour rappe-
s’es
ler que « l’aide à la prise n’est pas un acte relevant
[de l’exercice illégal de la médecine], mais un acte

12 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

•AVS97.indb 12 02/05/2018 16:57


de la vie courante, lorsque la prise du médicament « ne sont ni habilités, ni autorisés à administrer la
est laissée par le médecin prescripteur à l’initiative moindre médication à un enfant, même à la demande
d’une personne malade capable d’accomplir seule du personnel enseignant, du directeur de l’école ou
ce geste et lorsque le mode de prise, compte tenu des parents de l’enfant » […] et qu’il « ne peut être
de la nature du médicament, ne présente pas de dérogé à cette règle que dans le cadre d’une exten-
difficultés particulières ni ne nécessite un apprentis- sion à l’interclasse d’un projet d’accueil individualisé
sage ». Elle a été mal comprise, et l’aide à la prise est (PAI) dont l’Asem est signataire à titre personnel »
devenue une autorisation d’administrer, ce qu’elle n’a (insistons sur « à titre personnel »).
jamais été : il est toujours interdit de donner, mais il
possible d’aider à prendre, à condition que le malade Aide à l’enfant
soit capable d’accomplir seul ce geste, ce qui n’est a Les parents peuvent évidemment administrer
priori pas le cas d’enfants de moins de 6 ans. à leur(s) enfant(s) les médicaments dont ils ont
besoin : cela relève des obligations liées à l’exercice
Confirmation ministérielle de l’autorité parentale. Rien n’interdit non plus à
Le 22 mars 2011, Nora Berra, secrétaire d’État char- l’enfant qui en est capable de prendre lui-même ses
gée de la santé, a répondu, à l’Assemblée nationale, médicaments, même à l’école : l’aide à la prise peut
à la question d’un député : « la circulaire et l’avis alors se matérialiser par la mise en place de solu-
du Conseil d’État que vous mentionnez impliquent tions de conservation, par un rappel ou un accompa-
que l’aide à la prise de médicaments peut être assu- gnement. Rappelons qu’une circulaire de l’Éducation
rée, non seulement par l’infi rmier, mais aussi par nationale prévoit que « dans certaines pathologies,
toute personne chargée de l’aide aux personnes selon l’âge et l’autonomie de l’enfant, il est conseillé
et aux actes de la vie courante, pour les empêcher qu’il possède, sur lui, le ou les médicaments dont il
temporairement ou durablement de prendre seules peut avoir besoin en urgence » (circulaire 2003-135
leurs médicaments, toutefois, les enfants de moins du 8 septembre 2003, accueil en collectivité des
de 6 ans ne pouvant être considérés comme tels, enfants atteints de troubles de santé).
l’aide à la prise ne peut donc pas être considérée
comme un acte de la vie courante ». ■ Pierre-Brice Lebrun,
professeur de droit
Empêchée temporairement
Le 10 mars 2017, le tribunal correctionnel d’Alès
(Gard) a donné raison à une éducatrice de jeunes
enfants qui a refusé, en tant que directrice d’une
microcrèche, l’accueil d’une petite fille épileptique,
considérant qu’elle n’avait pas le droit de lui donner Un médicament
son traitement. La famille a porté plainte pour dis- n’est jamais inoffensif
crimination et la justice a relaxé la professionnelle Il n’existe pas de médicament inoffensif
au motif qu’un « enfant âgé de moins de 3 ans, non qui puisse être administré quand même :
doté de parole, ni du discernement, ne peut être est en effet considéré comme médicament
« toute substance ou composition présentée
considéré comme un malade qui serait empêché
comme possédant des propriétés curatives
temporairement ou durablement d’accomplir les
ou préventives à l’égard des maladies
gestes requis à cet effet, dès lors, le fait de suivre humaines ou animales, ainsi que toute
la prescription médicale ne peut être considérée substance ou composition pouvant être
comme une aide à la prise d’un médicament, mais utilisée chez l’homme ou chez l’animal
entre dans le champ de l’administration d’un médi- ou pouvant leur être administrée,
cament quelle que soit sa facilité de prise ». en vue d’établir un diagnostic médical
ou de restaurer, corriger ou modifier leurs
Responsabilité personnelle fonctions physiologiques en exerçant une
action pharmacologique, immunologique
La loi n’autorise donc pas les agents spécialisés
ou métabolique » (CSP, art. L.5111-1).
des écoles maternelles (Asem), les agents territo-
En clair : impossible d’utiliser désinfectant,
riaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), pommade, baume (etc.), il faut se contenter
les animateurs, les accompagnants des élèves en d’eau tiède et de savon (sans parfum ni
situation de handicap (AESH), les enseignants (etc.) colorant), ce qui est largement suffisant
à administrer des médicaments : s’ils prennent la pour désinfecter une plaie qui ne nécessite
liberté de le faire, c’est leur droit, ils en assument pas de point(s) de suture…
à titre personnel les éventuelles conséquences. Le
protocole d’accueil individualisé (PAI) ou le proto-
cole d’urgence nominatif qui en découle ne sont
en aucun cas des décharges susceptibles de « cou-
vrir » l’agent. L’article 19 du Règlement de service
des Asem de la ville de Paris précise que les Asem

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 13

•AVS97.indb 13 02/05/2018 16:57


Débat

Dédoubler les classes


de CP : est-ce vraiment
une bonne idée ?
Il semble évident qu’il vaut mieux mettre un enseignant devant douze élèves
que devant vingt-quatre. Mais bien des questions de méthode viennent
nuancer le bien-fondé de la mesure phare de la nouvelle politique
de l’éducation lancée par Jean-Michel Blanquer.

L
e projet ne manque pas d’ambition : dédoubler 2 500 largement puisé dans ses effectifs pour pourvoir en ensei-
classes de CP situées dans les réseaux d’éducation gnants le dédoublement des CP. « Ça fait trois ans que les
prioritaire renforcés (REP +) puis, aux rentrées enseignants cherchent, réajustent et avancent sur ce dis-
suivantes, étendre la mesure aux CE1 et à tous les positif. Ils commençaient à en récolter les fruits auprès des
REP. La mise en œuvre a été difficile, notamment pour élèves et là on le casse », déplore Francette Popineau.
affecter les enseignants et trouver les espaces scolaires
nécessaires. Selon le ministère, « dans 86 % des cas, le Des fermetures en milieu rural ?
dédoublement a été possible grâce aux salles de classe Les syndicats pointent aussi des académies où, pour affec-
inoccupées. Dans 14 % des cas, les salles de classe font ter aux dédoublements le nombre d’enseignants nécessaire,
l’objet d’une réorganisation pour accueillir deux profes- on a gonflé les effectifs des autres CP ou, pire, dans le milieu
seurs dans une classe ». Des dépenses imprévues pour
les communes et des choix pas toujours judicieux. Liliana
Moyano, présidente de la FCPE, a dès le début tiré la son-
nette d’alarme : « dans certains départements à la démo-
graphie forte, les écoles sont trop exiguës pour envisager
les aménagements nécessaires ».

Lancement précipité
Lorsque, de gré ou de force, c’est la solution « deux maîtres
par classe » qui s’est imposée, les résultats sont contrastés.
Ainsi, Roland Gispert, directeur de l’école André-Boulloche à
Montpellier (Hérault), se réjouit d’avoir « cassé la solitude »
des professeurs. Mais « il faut que les maîtres soient d’accord
sur les principes éthiques, partagent la même vision de la
répartition des rôles ». Cela n’a pas toujours été le cas. À
Vénissieux (Rhône), des enseignantes se retrouvant à deux
face à vingt-six élèves ont mis du temps à accepter de coopé-
rer. « Il aurait fallu nous prévenir avant. Là on nous explique
qu’on est responsable de treize élèves, mais dans la classe
ils sont vingt-six, c’est complètement incohérent », regrettait
une des deux enseignantes. Francette Popineau, secrétaire
générale du SNUipp-FSU, dénonce également le lancement
précipité de l’opération et son impact négatif sur le dispositif
« Plus de maîtres que de classes » qui, depuis 2013, affectait
dans certaines écoles un enseignant supplémentaire aidant
ponctuellement les autres professeurs. Officiellement, ce
dispositif perdure et sera co-évalué sur trois ans en même
temps que les dédoublements mais, de fait, le ministère a

14 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

•AVS97.indb 14 02/05/2018 16:57


rural, fermé plus de classes et d’écoles que prévu. Le SNUipp
cite l’exemple de la Somme où à la dernière rentrée on a « Le lien entre taille des classes
ouvert 77 classes, dont 73 pour des CP à effectifs réduits et
fermé 36 classes, essentiellement en milieu rural, alors que
et réussite scolaire est complexe… »
leurs effectifs étaient stables. Jean-Michel Blanquer met en Olivier Monso, direction de l’évaluation, de la
avant 3 800 postes créés pour les CP dédoublés et nie : « il prospective et de la performance du ministère
n’y a aucun endroit en France où on ferme une classe quand de l’Éducation nationale
il y a une augmentation du nombre d’élèves, ça n’est pas

DR
vrai. On ment aux gens pour essayer de les mobiliser. Je
vous le dis, et je peux tout à fait rectifier une décision si on Le lien entre taille des classes et réussite scolaire est complexe,
me montre le contraire. » Pourtant, selon l’intersyndicale notamment parce que les mécanismes sous-jacents n’ont pas été
des enseignants de la Somme, 63 classes essentiellement clairement identifiés. Par quels canaux passe l’effet d’une réduction
rurales devraient encore fermer à la prochaine rentrée. de la taille des classes ? Est-ce en augmentant le temps consacré
à l’élève par l’enseignant, en améliorant la communication avec les
Une chose très agréable parents, ou encore parce qu’il serait plus facile d’assurer la discipline
Il n’en reste pas moins que le dédoublement plaît aux dans des classes plus petites ? L’une des principales interrogations en
enseignants comme aux parents. Brice Lartillot, un ensei- suspens concerne le caractère cumulatif et durable de ces politiques.
gnant de Forbach (Moselle) souligne qu’« avoir un effectif
divisé par deux est une chose très agréable. Au niveau
des apprentissages, nous sommes beaucoup plus pré- Hors REP
sents pour les élèves : nous pouvons intervenir instanta- La revue « Alternatives économiques » souligne une autre
nément dès que l’on aperçoit la moindre difficulté. Nous faiblesse : selon les données du tableau de bord national
pouvions le faire dans une classe de vingt-deux élèves, publié par le ministère, les deux tiers des 3,2 millions
mais cela demandait une tout autre organisation de la d’élèves issus de milieux défavorisés, souvent les plus fra-
semaine, et le bruit autour rendait la tâche plus difficile ». giles, sont scolarisés hors des ZEP. « Un doublement des
Nouzha Rebai, enseignante à Stains (Seine-Saint-Denis), postes d’enseignants du primaire sur tout le territoire paraît
surenchérit : « ma démarche pédagogique a complète- budgétairement irréaliste alors qu’un renforcement de leurs
ment changé. J’ai mis des choses en place que je n’ai pu qualifications et une baisse plus modérée des effectifs par
faire avec mes anciennes classes, comme : la mise en classe auraient, à coût égal, bénéficié plus vite à bien plus
place de groupes de besoins en décloisonnant avec les d’élèves », souligne un économiste. Sans doute le système
autres CP de l’école ; la mise en place d’ateliers au sein s’enrichira-t-il de bonnes pratiques au fur et à mesure. Les
de la classe, comme en maternelle… » Beaucoup mettent dédoublements s’étendent déjà çà et là à des zones REP
en avant aussi une forte accélération des apprentissages, simples, voire hors REP et Emmanuel Macron a annoncé
notamment en lecture, pour les élèves les moins avancés. l’ouverture de « la première classe dédoublée en milieu
rural », à Rilly-sur-Vienne. Mais François Jarraud, respon-
Former les enseignants sable du Café pédagogique, s’interroge : « une ou deux
Il est trop tôt pour s’appuyer sur des évaluations du nou- années de petits effectifs peuvent-ils ancrer suffisamment
veau dispositif, y compris pour le comparer au système des apprentissages qui se font sur tout le primaire ? ».
« plus de maîtres que de classes ». On ne peut se référer
qu’à des études réalisées dans d’autres contextes. Jean- ■ Jean-Dominique Delaveau,
Michel Blanquer met en avant la vaste étude conduite formateur et consultant en éducation populaire
en 2011 par Pascal Bressoux et Laurent Lima, « La place
de l’évaluation dans les politiques éducatives : le cas de
la taille des classes à l’école primaire en France ». Or,
« Il y a plus de chances
remarque Claude Seibel, inspecteur général honoraire
de l’Insee, si elle concluait aux vertus du dédoublement, que ça marche
elle mettait aussi en avant « l’affectation dans ces zones du côté de la réduction
et sur cette mission d’enseignants ayant plus de trois ans des effectifs »
d’ancienneté ». Également vantée par le ministre, l’éva-
luation du programme américain Star (Student Teacher Pascal Bressoux, professeur
DR

Achievement Ratio) développe la même idée : diminuer à l’université Grenoble Alpes


la taille des classes a peu d’impact si on n’y affecte pas Je comprends tout à fait le ras-le-bol de certains
des enseignants qualifiés et expérimentés. Éric Char- enseignants avec la valse des dispositifs. Mais il n’y
bonnier, analyste à l’OCDE, cite en exemple la Norvège a pas grand-chose dans la littérature qui montre
ou la Finlande : « dans ces pays-là, on forme mieux les que « Plus de maîtres que de classes » aura une
enseignants. On les prépare à travailler avec des groupes efficacité probante. Alors qu’il y a plus de chances
réduits et à utiliser le numérique. Si on reste purement que ça marche du côté de la réduction des effectifs.
dans une réforme quantitative, c’est-à-dire diviser la taille Lorsque l’on met en place une politique,
des classes par deux ou par trois, on peut douter du béné- c’est pour qu’elle soit la plus efficace possible.
fice de ces réformes ».

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 15

•AVS97.indb 15 02/05/2018 16:57


Patrimoine

Les aménagements
des abords de l’école
Les abords de l’école ont une fonction
symbolique et d’identification.
Il est également important
que les enfants les ressentent
comme des lieux agréables et sécurisés.
Les aménagements doivent prendre
en compte les contraintes liées
à la circulation, à l’accessibilité
ainsi qu’aux risques d’intrusion.
© xxxxx

L’
entrée principale de l’école doit annoncer immé-
diatement l’identité de l’établissement. Si le bâti-
ment est visible de la rue, cette fonction incombe
principalement à la façade en vue dont la compo-
sition architecturale (distribution des ouvertures, choix
des matériaux, signalétique) exprimera sans ambiguïté la
fonction du bâtiment. Mais il n’est pas rare qu’une école
ne bénéficie pas d’une telle perspective. Il appartient
alors aux aménagements extérieurs d’exprimer qu’ils
annoncent et qu’ils donnent accès à une école. Une
signalétique bien pensée est un moyen d’identification
explicite de l’établissement mais les aménagements de
voirie aux abords des écoles, lorsqu’ils sont bien conçus,
constituent un décor propre à remplir ce rôle de vitrine.

Transports collectifs
En milieu rural, la distance nécessite un service de cars
spécifique utilisable lorsque les parents n’ont pas la pos-
sibilité d’amener eux-mêmes les enfants en voiture. Il est
essentiel de prendre en compte la nécessité pour ces
derniers de se garer ainsi que pour les cars, en organisant
l’espace de telle sorte que le cheminement des enfants ne
croise pas celui des véhicules (cars et voitures). Lorsque
l’entrée de l’école donne directement sur la rue, il est
possible d’aménager un « arrêt en écluse » qui consiste
© PackShot-AdobeStock

à aménager des trottoirs plus larges. La chaussée est


ainsi resserrée ce qui ne permet pas le doublement du
car scolaire. Cet aménagement a pour effet d’arrêter
la circulation le temps de la montée ou de la descente
des enfants qui peut ainsi s’effectuer en toute sécurité.

16 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

•AVS97.indb 16 02/05/2018 16:57


Lorsque les arrêts de cars scolaires et le stationnement les frais de transport engagés. Si la zone de station-
sont déportés, un cheminement pour piéton matérialisé nement se trouve être éloignée de l’entrée de l’école,
et sécurisé doit permettre aux élèves d’atteindre l’entrée une aire d’arrêt plus proche réservée aux personnes
de l’école sans rencontrer de véhicules. handicapées devra être prévue et si l’espace s’avère
insuffisant, le taxi ou le véhicule du parent sera autorisé
Accès individuel à s’arrêter en pleine chaussée le temps de la montée ou
En milieu urbain, le trajet domicile/école est souvent de la descente du véhicule. Une signalétique informera
effectué à pied ou à vélo. Si les conditions de voirie le les usagers de la rue de la priorité accordée afin qu’ils
permettent, aménager des pistes cyclables et un garage patientent le temps de la manœuvre.
à vélo abrité et sécurisé à proximité de l’école. Outre la
recherche de solutions pour séparer au maximum les
circuits piétons, vélos et véhicules, une limitation de la
vitesse à 30 km/h à proximité de l’école est une règle Conditions particulières liées
à généraliser. L’aspect réglementaire de cette mesure aux risques d’attentats
pourra utilement être complété par l’aménagement de
chicanes qui donneront alternativement la priorité de Le projet d’aménagement devra notamment offrir
passage aux véhicules et qui rendront plus naturelle la un accès permettant la visibilité sur au moins 20 à 30 m
limitation de la vitesse. Une largeur de voie limitée à afin de pouvoir déclencher le dispositif de prévention
3 m à sens unique et 5 m à double sens sera également mis en place et les aménagements devront supprimer
propre à faire lever le pied. La clarté de l’aménagement la possibilité d’attaque par une voiture bélier.
est essentielle pour que la vigilance des automobilistes Leur présence est indispensable mais il faudra veiller
ne puisse pas être distraite par d’autres sujets. Ces dis- à limiter leur impact visuel au maximum. Les dispositifs
positions seront utilement complétées de barrières pour de défense tels que des bornes ou la pose de blocs de béton
dissuader les enfants d’accéder à la chaussée. Seuls des empêchant la projection d’un véhicule feront en sorte d’être
passages piétons aménagés en nombre limité mais suf- intégrés à l’ambiance générale en étant peints par exemple
fisant permettront le franchissement de la rue. La visi- de couleurs vives. Au besoin, ces dispositifs pourront aussi
bilité devra être préservée de part et d’autre en évitant avoir une autre fonction « prétexte », par exemple des blocs
notamment le stationnement. de béton pourront aussi servir de support à une exposition
de dessins ou à de l’information.
Éclairage > goo.gl/LMtSV4
De nuit, la qualité de l’éclairage public est essentielle
pour assurer la sécurité. Rappelons qu’un éclairement
minimum requis par la réglementation européenne est Mobilier urbain
de 5 lux sur les trottoirs et 50 lux au droit des passages L’espace situé a proximité de l’établissement scolaire est
piétons, sur les chaussées ou les parcs de stationnement appelé à recevoir des parents et des enfants, soit à l’ou-
il sera de 10 lux lorsque les véhicules sont amenés à rou- verture de l’école, soit à la fin des cours. Il faut donc que
ler lentement, de 20 lux pour une vitesse n’excédant pas petits et grands trouvent des mobiliers qui les aideront
40 km/h. Toutes les sources de lumière utilisées devront à patienter. Des bancs pour les enfants à la hauteur et
avoir un IRC (indice de rendu des couleurs) supérieur aux couleurs adaptées trouveront ainsi leur place au côté
ou égal à 20 afin de permettre une vision parfaite de la des bancs pour adultes. Si l’espace est planté d’arbres,
signalétique. De même, l’uniformité d’éclairement qui quelques-uns d’entre eux pourront être entourés de
est le rapport des valeurs d’éclairement minimum précé- bancs en forme d’anneaux. Ils prennent peu de place et
demment citées sur les valeurs moyennes d’éclairement servent en même temps de protection. Des corbeilles de
mesurées en tout point des espaces éclairés devra être propreté pourront être utiles. Il en existe de très colorées
supérieure à un indice de 0,40, sauf pour les trottoirs qui s’accorderont bien à l’ambiance enfantine. Il existe
ou il ne sera que de 0,25. aussi des tables de pique-nique pour les enfants. Si l’es-
pace le permet, positionner un tel équipement peut inci-
Accessibilité ter à s’y poser pour « travailler » librement. Une ou deux
Bien entendu, tous les choix d’aménagement com- vitrines aux formes gaies et aux couleurs vives pourront
posant le projet devront être en conformité avec les recevoir quelques informations ciblées.
règles d’accessibilité en vigueur. Cela signifie que toute
personne atteinte d’un handicap, qu’il soit moteur, sen- ■ Jean-Paul Stephant,
soriel, cognitif ou mental, pourra se déplacer en tout ingénieur en chef territorial
point de cet espace. En particulier, la continuité du che-
minement accessible sera assurée depuis la zone de
stationnement jusqu’à l’entrée de l’établissement. Les En savoir plus
véhicules de la plupart des lignes de transport scolaire
ne sont pas encore adaptés pour accueillir des enfants www.voirie-pour-tous.info/Cas-abords-d-ecoles. html
en fauteuil roulant mais l’autorité organisatrice doit pro- www.equipements-routiers-et-urbains.com/content/
poser un moyen de substitution et prendre en charge securiser-les-abords-des-ecoles

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 17

•AVS97.indb 17 02/05/2018 16:57


Juridique
Un contrôle renforcé
des établissements scolaires
hors contrat
La promulgation de la loi n° 2018-266 du 13 avril 2018 concernant le régime
d’ouverture et de contrôle des établissements privés hors contrat atteste
de la volonté des pouvoirs publics de mieux contrôler l’activité de ces
établissements qui connaissent une augmentation sensible depuis 2010.

L
a grande diversité des établissements privés hors blissement dans un délai de trois mois sur le fondement
contrat qui reposent sur des enseignements confes- d’une liste de motifs « modernisée et étoffée » (3). Les
sionnels, bilingues, axés sur les langues régionales autorités publiques peuvent désormais, selon les nou-
ou sur des pédagogies alternatives, s’explique par le velles dispositions de l’article L.441-1 II du code de l’édu-
caractère peu contraignant du régime déclaratif d’ouver- cation, s’opposer à l’ouverture d’un établissement privé
ture de ce type d’établissement (1). hors contrat en invoquant « l’intérêt de l’ordre public ou
de la protection de l’enfance et de la jeunesse », le res-
Maintien du régime déclaratif pect des conditions requises pour ouvrir et diriger ce
Un précédent projet de loi avait tenté en 2016, dans type d’établissement (capacité, âge, nationalité, diplôme
un contexte de crainte de multiplication des foyers de et expérience professionnelle), et enfin l’inadéquation du
radicalisation dans des établissements confessionnels projet de l’établissement avec « le caractère d’un éta-
hors contrat, de conditionner l’ouverture de ces établis- blissement scolaire ». L’administration peut également
sements à l’obtention d’une autorisation préalable. Le désormais s’opposer pour les mêmes motifs à un chan-
projet avait toutefois été invalidé par le Conseil constitu- gement de la direction de l’établissement dans le mois
tionnel au motif qu’il « portait une atteinte disproportion- suivant la déclaration de ce changement pour éviter le
née à la liberté constitutionnelle d’enseignement » (DC recours à des prête-noms lors de l’ouverture.
n° 2016-745 du 26 janvier 2017). La loi du 13 avril 2018
maintient finalement le régime déclaratif en prévoyant Alourdissement des sanctions
désormais un dispositif de déclaration unifié sous l’égide Afin de lutter contre les situations de fait résultant de
de l’autorité académique et en listant les pièces exigées l’ouverture d’un établissement en dépit d’une opposition
au dossier (2). formulée par l’administration, le nouvel article L.441-4
du code de l’éducation alourdit la sanction financière en
Renforcement de la faculté portant le montant de l’amende à 15 000 euros et en
d’opposition l’assortissant d’une peine complémentaire d’interdiction
L’écueil principal du régime déclaratif antérieur repo- définitive ou pour une durée de cinq ans d’ouvrir, de diri-
sait sur des délais d’opposition très courts aux décla- ger ou d’enseigner dans un établissement scolaire. En
rations d’ouverture cas de constat d’ouverture irrégulière d’un établissement
(entre huit jours privé hors contrat, l’autorité académique peut également
et deux mois) et la agir auprès des parents en les mettant en demeure sous
Un contrôle accru sur limitation des motifs quinze jours d’inscrire leurs enfants dans un autre éta-
les établissements actifs d’opposition aux blissement.
seules raisons tirées
La loi du 13 avril 2018 vient également de l’hygiène et des ■ Anaïs Fauglas,
renforcer les contrôles exercés sur les bonnes mœurs. La avocate au barreau de Paris
établissements actifs. Le nouvel article loi du 13 avril 2018
L.442-2 du code de l’éducation impose permet désormais > (1) Toute personne titulaire du baccalauréat âgée d’au
moins 21 ans et remplissant les conditions de nationalité
désormais une obligation d’information à l’autorité acadé-
peut ouvrir un établissement privé hors contrat.
annuelle de l’autorité académique sur l’équipe mique compétente,
> (2) Code de l’éducation, articles L.441-1 et L.441-2 modifiés.
pédagogique en poste (identité et diplômes) au maire et au préfet
> (3) Rapport de la commission des affaires culturelles et de
et le principe du contrôle obligatoire lors de la de former opposition l’éducation de l’Assemblée nationale sur la proposition de loi
première année d’exercice. à l’ouverture d’un éta- du 20 mars 2018, p. 8.

18 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

•AVS97.indb 18 02/05/2018 16:57


Questions Réponses ■ Anaïs Fauglas, avocat au barreau de Paris

Une demande de changement d’établissement scolaire constitue-t-elle


un acte usuel de l’autorité parentale ?

Oui mais seulement si l’ensemble des circonstances dont l’administration avait connaissance était de nature à lui faire consi-
dérer qu’elle était régulièrement saisie de la demande de radiation de l’établissement scolaire sans avoir besoin de recueillir
au préalable l’accord du deuxième parent. L’article 372-2 du code civil pose en effet un principe de présomption d’accord entre
parents séparés exerçant l’autorité parentale conjointe qui implique que chacun des parents est réputé agir avec l’accord de
l’autre, « quand il fait seul un acte usuel de l’autorité parentale relativement à la personne de l’enfant ». Saisi d’une demande
indemnitaire à l’encontre de l’État par une mère dont le fils avait été radié de son établissement scolaire à la demande du
père dont elle était séparée sans que le recteur se soit assuré de son accord sur ce changement d’établissement, le Conseil
d’État a considéré que le tribunal administratif de Saint-Denis a « commis une erreur de droit en jugeant qu’une demande
de changement d’établissement scolaire ne revêtait pas le caractère d’un acte usuel de l’autorité parentale, sans rechercher
si, eu égard à la nature de cet acte, l’ensemble des circonstances dont l’administration avait connaissance était de nature à
la faire regarder comme régulièrement saisie de cette demande ».
> Source : CE, 13 avril 2018, n° 392949, AJDA 2018, p. 827.

Les accompagnants scolaires sont-ils des collaborateurs bénévoles du service


public soumis au principe de neutralité religieuse ?

Oui ou non selon les juges. Dans un jugement du de manifester leur appartenance ou croyance religieuse si
22 novembre 2011, le tribunal administratif de Montreuil avait « les exigences liées au bon fonctionnement du service public
écarté la notion de « collaborateurs occasionnels du service de l’éducation » l’exigent.
public de l’Éducation nationale » au profit de la notion de > Source : TA Montreuil, 22 novembre 2011, n° 1012015, AJDA 2012
« participants au service public » pour soumettre les parents p. 163 ; TA Nice, 9 juin 2015, n° 1305386, AJDA 2015 p. 1933 ; avis
CE du 19 décembre 2013 à la demande du Défenseur des droits.
accompagnateurs à l’obligation de neutralité religieuse. Le
tribunal administratif de Nice a considéré pour sa part, dans
un jugement du 9 juin 2015, que « les parents d’élèves auto-
risés à accompagner une sortie scolaire à laquelle participe
leur enfant doivent être regardés, comme les élèves, comme
des usagers du service public de l’éducation » qui ne sont,
de ce fait, pas soumis au principe de neutralité religieuse. Il
s’agit également de la doctrine développée par le Conseil
d’État dans un avis du 19 décembre 2013 aux termes duquel
il indiquait qu’« entre l’agent [public] et l’usager [du service

© oceane2508-AdobeStock
public], la loi et la jurisprudence n’ont pas identifié de troi-
sième catégorie de « collaborateurs » ou « participants », qui
serait soumise en tant que telle à l’exigence de neutralité reli-
gieuse », tout en considérant que les chefs d’établissement
peuvent recommander aux accompagnateurs de s’abstenir

Les Atsem peuvent-elles être victimes de discrimination indirecte ?

Oui, dès lors qu’elles peuvent se voir opposer un refus d’affiliation à une caisse de retraite motivé par l’insuffisance du
nombre d’heures hebdomadaires travaillées pendant la période considérée. La Cour de cassation saisie de ce conflit relevant
du juge de la sécurité sociale a en effet donné raison à une Atsem qui invoquait à l’appui de son recours la discrimination dont
elle était victime dans le cadre de la liquidation de sa retraite en qualité de femme, dès lors que les postes d’Atsem étaient
principalement à temps partiel et quasi exclusivement occupés par des femmes. La Cour de cassation a ainsi considéré « qu’en
subordonnant à une durée de travail minimale, fixée pour la période litigieuse à 31 h 30 hebdomadaires par délibération du
conseil d’administration de la CNRACL, l’affiliation au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la CNRACL du fonction-
naire territorial nommé dans un emploi à temps non complet et affecté aux activités scolaires et périscolaires des écoles
communales, alors que celles-ci recourent à une proportion élevée d’emplois à temps réduit plus fréquemment occupés par
des femmes, l’article 107 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée a institué une discrimination indirecte dans l’accès à
un régime professionnel de retraite contraire, en l’absence de justification dans les conditions sus-énoncées, aux exigences
du principe de non-discrimination énoncé par le premier des textes susvisés ».
> Source : Cass., civ. 2, 9 novembre 2017, n° 16-20.404, AJFP 2018, p. 103.

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 19

•AVS97.indb 19 02/05/2018 16:57


Pédagogie
Peut-on parler de conflit
de loyauté à l’école ?
Il est devenu presque banal de faire
appel à l’existence d’un conflit de
loyauté lorsqu’un élève n’apprend pas

© Stepan Popov-AdobeStock
ou rencontre des difficultés à l’école.
Il semble que cela soit rare avant
l’adolescence.

P
our Hélène Romano, psychothérapeute, « la loyauté séparent et que cette séparation se passe mal (c’est le
peut être entendue comme ce qui est conforme à cas de 40 % des séparations), qu’elle est conflictuelle,
la loi, à la fidélité et aux engagements pris et, serait l’enfant se retrouve pris au milieu avec le sentiment d’une
pour certains, inhérente à toute filiation ». impossibilité de choisir entre les deux. Cette situation
entraîne des répercussions négatives pour le ou les
Constitutif du développement enfants concernés : un sentiment de culpabilité lié à
de l’enfant l’impression qu’il est responsable de la séparation de ses
Ivan Boszormenyi-Nagy, psychiatre hongrois formé à la parents, un grand mal-être, un repli sur lui-même, des dif-
psychanalyse, a conceptualisé la notion de loyauté et ficultés à se concentrer, un désinvestissement de l’école,
a décrit les conflits qui s’y rattachent. Il considère que des comportements régressifs, des somatisations, etc.
« le conflit de loyauté s’applique à une situation dans
laquelle une personne est coincée entre deux objets Situation exceptionnelle
de loyauté, explicitement concurrents ». Selon Hélène Il est devenu assez courant de faire appel à l’existence
Romano, « dans l’établissement des liens d’attachement d’un conflit de loyauté lorsqu’un élève n’apprend pas ou
qui se tissent entre l’enfant et ses parents dès son plus rencontre des difficultés à l’école. Daniel Calin, agrégé de
jeune âge, se construit philosophie et ancien formateur d’enseignants spéciali-
la notion de loyauté à sés à l’IUFM de Paris, estime pourtant que « l’idée qu’un
chacun d’eux et à ce jeune enfant puisse éprouver un sentiment de loyauté
La triple autorisation qu’ils lui transmettent. à l’égard de ses parents est probablement très contes-
Le conflit de loyauté table. Il est certes « attaché » à ses parents mais il est
Plutôt que de parler de « conflit de loyauté », est de fait constitutif du probablement immergé dans cet attachement, pris dans
de contradictions entre la culture de l’école développement de l’en- ce lien, sans aucune distance psychique par rapport à lui.
et celle de la famille, ou encore entre la fant quand il se trouve Or, pour que puisse émerger un « sentiment de loyauté »,
culture d’origine et celle du pays d’adoption, exposé à un conflit il est nécessaire que son contraire, la trahison, soit pen-
pour expliquer les difficultés d’apprentissage, intrapsychique lié à une sable ». Daniel Calin estime que cela n’est possible qu’à
certains chercheurs préfèrent « le processus difficulté à devoir se partir de l’adolescence. En outre, il ajoute que « pour que
d’autorisation », par lequel un enfant peut positionner vis-à-vis de cette notion prenne sens en milieu scolaire, il faudrait que
s’émanciper, sans avoir le sentiment de chacun de ses parents l’élève se sente attaché à ses maîtres ou plus générale-
renier sa famille. Ce processus est triple, lorsque ceux-ci sont en ment à l’univers scolaire, dans une mesure comparable à
selon Jean-Yves Rochex, professeur de désaccord ». la puissance de ses attachements familiaux, ce qui reste
sciences de l’éducation. une situation tout à fait exceptionnelle ».
Il nécessite que : Impossibilité
1) le jeune s’autorise à devenir autre que de choisir ■ Pascal Jean,
ses parents ; C’est d’abord à propos psychologue de l’Éducation nationale, mention EDA
2) ses parents l’autorisent en retour, des enfants du divorce
symboliquement, à ce qu’il ne soit pas ou de la séparation du
tenu de reproduire leur histoire ; couple parental qu’on Bibliographie :
3) le jeune reconnaisse la légitimité de a utilisé la notion de « Conflits de loyauté — Accompagner les
l’histoire et des pratiques de ses parents conflit de loyauté. enfants pris au piège des loyautés familiales »,
dont il veut s’émanciper. Lorsque ses parents se R. Coutenceau et J. Dahan, Dunod, 2017.

20 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018

•AVS97.indb 20 02/05/2018 16:57


Là-bas ■ Audrey Minart

Le Togo expérimente des cantines scolaires


gratuites États-Unis : les enseignants
formés à contrôler
Depuis 2014, plusieurs écoles primaires situées dans les zones défavorisées les hémorragies
du pays bénéficient d’un projet du gouvernement, encore en phase-pilote,
de cantines scolaires gratuites et accessibles à l’intégralité des élèves. Ce Avec la multiplication des fusillades dans les
programme, qui vise à limiter la malnutrition et l’absentéisme en classe, établissements scolaires américains, des for-
est soutenu par le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Banque mations ont été mises en place pour 125 000
mondiale. (VOA Afrique) enseignants, conseillers et responsables d’éta-
blissements scolaires à travers le pays. L’idée
En Belgique, la culture a de la classe vient à l’origine du Dr Lenworth Jacobs, qui a
lui-même dû soigner plusieurs victimes de la
Lancé en 2001 par le gouvernement francophone bruxellois, le projet « La fusillade qui a fait vingt-six victimes à l’école
Culture a de la classe » vise à encourager les partenariats entre les écoles, primaire Sandy Hooks en 2012, rejoint par plu-
de la maternelle jusqu’aux établissements d’études supérieures courtes, sieurs autres médecins autour de l’initiative
et associations culturelles et artistiques de la ville. Autant enseignants Stop the Bleed (Stoppez l’hémorragie) désor-
qu’élèves – 75 000 ayant déjà été touchés par l’opération depuis 2001 –, mais implantée dans 50 États. Ces formations
et artistes sont amenés à participer activement à ces projets. Cette année, sont généralement associées à une fourniture
un budget de 400 000 euros a été débloqué pour financer ces projets. en équipement médical, financée par chaque
(La Dernière Heure) État. Parfois, les élèves aussi sont formés.
(Associated Press)
Nigeria : 5 000 centres de codage
dans les écoles
D’après une annonce du gouverneur de Lagos, État du sud-ouest du
Nigeria, 5 000 centres de codage devraient ouvrir d’ici à fin 2018 dans les
écoles primaires et secondaires. C’est la deuxième phase du projet lancée
en 2016, CodeLagos, qui a déjà permis de former 15 000 élèves. Des forma-
tions au code seront par ailleurs lancées dans des centres extrascolaires,
qui accueillent des jeunes déscolarisés de plus de 16 ans. Le mouvement
devrait également être mis en œuvre dans les bibliothèques publiques,
les centres communautaires et les structures de formation privée. Les
élèves seront formés au développement de Scratch, Python et Mobile App,
pour ensuite pouvoir accéder aux formations Alice et Greenfoot, créés
par les universités de Carnegie-Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie) et Kent
(Canterbury, Royaume-Uni), grâce à un partenariat avec un programme

©systemedic-AdobeStock
américain d’apprentissage au codage, Oracle Academy. Les enseignants
seront formés gratuitement par l’État, et les écoles recevront, toujours de
la part de l’État, une subvention « CodeLagos » délivrée en contrepartie
du temps de travail de préparation. (Le Point Afrique)

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•AVS97.indb 21 02/05/2018 16:57


La Revue de presse Chers lecteurs, chaque mois, nous vous proposons des articles
sélectionnés dans les autres titres du Groupe Territorial.
de Territorial Notre objectif : vous être toujours plus utile, en vous faisant
découvrir la richesse de tous nos magazines.

Menace terroriste :
comment protéger les ERP ?
Les établissements recevant du public sont des cibles idéales pour les terroristes.
Pour tenter d’éviter une nouvelle fois l’horreur, l’État tire le fruit de l’expérience des
catastrophes précédentes, tout en sachant qu’aucun site ne peut être sécurisé à 100 %.
Quels sont les dispositifs possibles et les obligations qui incombent aux propriétaires
et exploitants ?

L
e parc immobilier d’une commune priétaires et conducteurs doit être relevée distance peut être prise pour référence
est souvent important mais heu- et l’intérieur des véhicules appelés à sta- au moment de mettre en place les res-
reusement, tous les bâtiments ne tionner doit être contrôlé afin de détecter trictions.
sont pas des cibles pour le terro- d’éventuels pièges. Mais ces restrictions de circulation et de
risme. La première démarche d’un plan Sur domaine public, des obstacles phy- stationnement doivent être compensées
de sécurisation vigipirate consistera à siques pourront être mis en place pour par des offres nouvelles en créant chaque
établir la liste des bâtiments à traiter en délimiter un périmètre aux abords des fois que possible de nouveaux parcs de
priorité. Le ministère de l’Intérieur donne bâtiments recevant beaucoup de public. stationnement provisoires permettant aux
une liste non exhaustive des bâtiments Une distance de 200 m est préconisée visiteurs d’y laisser leurs véhicules.
prioritaires afin d’aider les collectivités : pour isoler un véhicule suspect et cette La protection contre les véhicules béliers
établissements d’enseignement, de santé, passe par l’installation d’obstacles très
sociaux et médico-sociaux, crèches et massifs qui oblige les véhicules à circuler
accueils de mineurs, centres commerciaux à vitesse limitée. L’objectif est d’empêcher
et grands magasins, salles de spectacle, Ville de Montpellier : les véhicules s’approchant de l’établisse-
cinémas, musées, stades, lieux de culte, Dispositif vigipirate renforcé ment de prendre de la vitesse. Matérielle-
d’enseignement confessionnel, et lieux à l’hôtel de ville ment, ces obstacles peuvent être consti-
communautaires. Sont aussi concernés tués d’éléments en béton tels que plots ou
les sites institutionnels tels que la mai- Depuis le 27 janvier 2015, l’accès bordures. Des big-bags remplis de sable
rie et les administrations diverses. Les aux étages de l’hôtel de ville est seront aussi d’une grande efficacité. Dans
infrastructures de captage, de traitement, soumis à un contrôle d’accès au des zones moins aménagées, il pourra être
de transport et distribution d’eau sont moyen de badges magnétiques. créé des obstacles à base de fossés et
aussi à prendre en compte parce qu’ils Les personnes extérieures doivent merlons en terre. C’est le relief ainsi créé
pourraient être utilisés pour contaminer au préalable s’adresser aux agents qui empêchera l’utilisation d’un véhicule.
la population. Les risques à prendre en de l’accueil qui, contre remise
compte sont principalement des attaques d’une pièce d’identité, mettent à Contrôler l’accès
par armes balistiques ou armes blanches, leur disposition une carte magnétique des sites
les véhicules béliers ou bien encore des qui leur donne accès aux étages du L’accès à chaque site sensible devra
colis piégés. bâtiment. En fin de visite, les pièces être revu afin de permettre un contrôle
d’identité sont restituées contre efficace par une équipe de vigiles. Ainsi,
Circulation remise de la carte magnétique qui leur la politique d’accueil en accès mul-
et stationnement a été prêtée. Sont acceptées comme tiples comme elle était pratiquée il y
Les véhicules étant à considérer comme pièces d’identité les cartes d’identité, a quelques années n’est plus possible
des armes par destination, leur admis- les permis de conduire, les passeports, désormais. Tous les accès secondaires
sion dans l’enceinte des établissements les cartes de séjour et aussi les cartes ne devront plus offrir un accès de l’exté-
recevant du public (ERP) est à limiter aux vitales pourvu qu’elles soient munies rieur. En revanche, il ne faut pas perdre
seuls véhicules utiles. L’identité des pro- d’une photographie. de vue qu’ils font partie du dispositif

22 Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 Article extrait de la revue Techni.Cités n° 311

•AVS97.indb 22 02/05/2018 16:57


Source : http://www.lameuse.be

Pour
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mètre aux abor
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big-
g-b
bags
g pourront êt
être
re miiss en pl
p ac
ace.

d’évacuation en cas d’incendie et donc leurs objets prohibés dans des casiers/ ristes dans l’établissement. Un récepteur
qu’ils doivent toujours assurer l’évacua- consignes. radio est également recommandé afin
tion rapide du bâtiment. Le risque d’uti- Les agents chargés de l’accueil devront de d’offrir aux personnes confinées un moyen
lisation de ces accès secondaires pour préférence avoir une vision la plus loin- de recevoir de l’information par la modula-
introduire des armes est à prendre avec taine possible sur l’arrivée des visiteurs tion de fréquence même si les téléphones
le plus grand intérêt et il ne suffit pas de piétons, ceci afin de prendre toute mesure fixes ou mobiles ne sont plus opération-
limiter leur usage au seul sens de sortie, de protection avant une attaque éven- nels. Le système d’alerte comprendra éga-
il faut également que leur ouverture soit tuelle. Lorsque cette vision ne peut être lement un dispositif d’appel des services
assortie d’un dispositif de contrôle. Des directe, un système vidéo pourra donner de secours et de police.
détecteurs contacts permettront ainsi cette vision.
de repérer une ouverture inopinée et ■ Par Jean-Paul Stephant
aux équipes de surveillance d’intervenir. En cas d’attaque terroriste
La maîtrise du contrôle d’accès ne se Le public et le personnel doivent être pré-
limite pas qu’aux accès secondaires, les venus en cas d’attaque terroriste et cette
fenêtres du rez-de-chaussée lorsqu’elles alerte doit être parfaitement distincte
existent, voire du 1er étage, peuvent être d’une alerte incendie car la conduite à Risque terroriste
considérées comme des accès potentiels tenir est différente. Le signal émis sera et Dicrim
pouvant être utilisés par des comparses donc différent et il devra être connu des L’obligation de disposer
pour introduire des armes ou des explo- agents travaillant dans l’établissement d’un document d’information
sifs. Chacune de ces ouvertures devra qui auront par ailleurs été formés sur la communal sur les risques
donc être équipée de détecteurs contacts conduite à tenir. Des locaux de confine- majeurs (Dicrim) est fixée
reliés à une centrale de surveillance. ment devraient être identifiés afin de per- par le préfet et a généralement
pour origine des risques
Dans les locaux interdits au public, des mettre aux personnels de se mettre et de
naturels ou technologiques.
détecteurs de présence viendront com- mettre le public en sécurité. Le dispositif Toutefois, lorsqu’il en existe un,
pléter le dispositif précédent et un sys- d’alerte comprendra des messages d’infor- il est souhaitable que le risque
tème de contrôle à badge pourra donner mation automatisés tendant à organiser la terrorisme y apparaisse. En effet,
accès aux seules personnes autorisées. mise en sécurité ou l’échappement sans ce document permet d’anticiper
Un réseau de vidéosurveillance est aussi déclencher de mouvements de panique. de possibles situations de
un moyen utile de contrôle et s’avère éga- Les lieux de confinement devront être crises et de communiquer avec
lement dissuasif contre les éventuelles équipés d’un combiné téléphonique ainsi la population sur les moyens à
attaques. que d’un « annuaire de crise » qui est une mettre en œuvre s’il survient de
telles occurrences. Certes, tout
La mise en place d’un contrôle d’accès liste des numéros nécessaires ou utiles.
le monde ne le lira pas mais au
amènera les agents chargés de la surveil- Cet équipement aidera le personnel à moins une partie de la population
lance à interdire l’introduction de certains communiquer avec les services de secours sera informée des moyens mis
objets dans l’établissement. Les visiteurs en leur donnant autant que possible des en œuvre et cela ne pourra que
devront pouvoir dans ce cas déposer indications sur la localisation des terro- faciliter les interventions.

Acteurs de la vie scolaire • numéro 97 • Mai 2018 23

•AVS97.indb 23 02/05/2018 16:57


acteurs de la
JOURNÉE
D’ÉTUDE viescolaire MARDI 12 JUIN 2018 - PARIS

École numérique
COMMENT DÉPLOYER CONCRÈTEMENT
LE NUMÉRIQUE DANS LES ÉCOLES
À l’heure du plan numérique développé par l’État, l’équipement numérique des écoles est
une nécessité pour toutes les collectivités. Comment faire les bons choix sans céder aux effets
de mode ? De quelles aides bénéficier et comment travailler avec l’Éducation nationale ?

• Place et apport du numérique dans les écoles, quels enjeux


et quelle politique locale et intercommunale
• Plan numérique : comment se saisir de l’opportunité
de moderniser ses écoles et bénéficier des aides
• Quelle plus-value pédagogique pour
le numérique dans les apprentissages
et l’éducation
• Comment penser et aménager la classe
numérique : retours d’expérience
• Accompagner l’innovation et le choix
des technologies : réseaux, systèmes
d’exploitation, logiciels, équipements
hylle-Adobestock

• Jouer la carte de la mutualisation :


quels avantages
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chlor
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Stu
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Journée animée par Stéphane MENU,


Journaliste, Acteurs de la Vie Scolaire
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DÈS MAINTENANT !
Avec le soutien de : Programme complet et inscription sur :
https://evenements.infopro-digital.com/gazette-des-communes/
journees-d-etudes-st-5 - Journée d’étude «École numérique»
Elvire ROULET
elvire.roulet@infopro-digital.com
01 77 92 93 36

•AVS97.indb 24 02/05/2018 16:57