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Pourquoi se certifier ?

Si vous recherchez un emploi dans l’informatique, et notamment dans le développement système,


l’exploitation, la production, l’administration, l’ingénierie système, et, phénomène récent, le DevOps,
Linux est quasiment incontournable. Vous devez connaître Linux, une ligne correspondante doit
apparaître dans votre CV.

Vous êtes nombreux à avoir appris Linux soit chez vous, soit à l’école. Certains d’entre vous sont
des passionnés, et pour la plupart vous vous êtes formés en autodidacte, soit à la maison, soit par
votre expérience en entreprise. Vous formez un socle important et la plupart des entreprises se
basent sur cette expérience pour vous embaucher.

Mais cela ne suffit parfois plus. Il est courant de rencontrer des annonces indiquant qu’une
certification de tel ou tel niveau serait un plus, voire indispensable.

Linux s’est professionnalisé et, comme dans beaucoup de domaines, une formation devient
indispensable. Pour certains employeurs c’est en outre une garantie sur votre socle de
connaissances. Certains organismes proposent donc de certifier que vous avez atteint un socle de
compétences, selon le niveau souhaité. Le cas classique est un éditeur qui va certifier que vous avez
tel ou tel niveau sur son logiciel ou système. Il vous délivre un titre, un certificat, qui atteste de la
validité de vos compétences.

Neuf ans se sont écoulés depuis la première édition de ce livre. Il s’en est passé des choses, en neuf
ans ! Les technologies ont évolué, les programmes de certification avec. Pourtant, Unix en a vu
d’autres : le socle de connaissances a finalement peu évolué. Ce sont surtout les outils autour du
système qui ont parfois fait leur révolution.

L’état du marché de l’emploi en informatique ne fait que confirmer ces propos. Linux évoluant et se
complexifiant, la formation basique ou autodidacte ne suffit parfois plus aux yeux du recruteur. Une
certification est pour lui un gage de vos compétences et de votre aptitude à être très rapidement
opérationnel. C’est encore plus vrai aujourd’hui où la première génération des linuxiens précurseurs,
dont l’auteur fait partie, ayant suivi l’évolution de Linux depuis plus de vingt ans, arrive en milieu de
carrière et qu’une nouvelle génération arrive, avec tout cet historique à recouvrir. Notre devoir, c’est
de transmettre à cette nouvelle génération tout notre savoir.

Les certifications ne sont pas diplômantes, elles n’ont donc pas de valeur en tant que diplômes, mais
elles sont reconnues et acceptées comme gages de compétences professionnelles par les entreprises.

La nature même de Linux, la multiplicité des distributions, font qu’il n’est pas simple de fournir un
programme de certification commun à l’ensemble. Aussi des éditeurs proposent des cycles de
formations certifiantes, comme Red Hat ou Novell.

Les certifications LPI


Le Linux Professional Institute, LPI, est une organisation à but non lucratif (une NPO : Non Profit
Organization) créée en décembre 1999 au Canada. Son but est de promouvoir les technologies Linux,
du Libre et de l’Open Source au travers de programmes et d’examens de certification de grande
qualité. Les programmes et examens des certifications sont indépendants : ils ne couvrent pas une
distribution particulière (sauf s’il s’agit d’une certification spécialisée comme pour Ubuntu par
exemple) mais l’ensemble des techniques communes à toutes les distributions Linux, et les points
essentiels selon les types de distributions (par exemple, l’utilisation aussi bien de dkpg que de rpm).
Le LPI a été rejoint dans son initiative par de grands groupes dont IBM, Novell, SGI, NEC, et appuyé
par plusieurs éditeurs de distributions et magazines spécialisés.

Dans ce but, le LPI a développé une série de trois certifications :

 LPIC-1 : niveau Administrateur, composée de deux examens (LPI 101 et LPI 102), qui
certifie que la personne peut :
 Travailler en ligne avec les commandes Linux ; accomplir les tâches faciles de
maintenance : aide aux utilisateurs, ajout d’utilisateurs à un système étendu,
sauvegarde et restauration, arrêt et réinitialisation (reboot).
 Installer et configurer un poste de travail (incluant X) ou un serveur simple, et les
connecter à un LAN (réseau local), ou a Internet.
 LPIC-2 : niveau Ingénieur, composée de deux examens (LPI 201 et LPI 202), qui certifie
que la personne peut :
 Administrer une implantation de petite et moyenne envergure.
 Concevoir, installer, maintenir, sécuriser, et dépanner un petit réseau : connexion
Internet (pare-feu, proxy, mail), gestion de serveurs Internet (serveur Web, serveur
FTP), travail en équipe.
 LPIC-3 : niveau Senior, composée de trois examens (LPI 300, LPI 303 et LPI 304), qui
certifie que la personne peut :
 Définir et administrer l’accès individualisé à plusieurs services (LDAP, PAM, et
technologies associées).
 Concevoir et administrer l’intégration multiservices d’un réseau mixte, voire
multisites (Samba, NFS, et technologies associées).
 Gérer la complexité (automatisation, sécurité, équipes, etc.).

Selon le LPI, une certification LPIC est :

 Professionnelle : établie par une communauté de professionnels de Linux, des volontaires,


des professeurs et fournisseurs de services informatique.
 Un challenge : si vous ne connaissez pas tous les sujets, vous ne l’obtiendrez pas.
 Accessible : disponible dans des milliers de centres d’examen partout dans le monde et lors
de grands événements.
 De grande qualité : elle suit les conseils et les recommandations d’experts Linux renommés
et emploie une méthodologie d’examen de type psychométrique reconnue dans les milieux
scientifiques et industriels.
 Neutre : elle ne s’appuie sur aucune distribution spécifique et demande des connaissances
qui s’appliquent sur n’importe quel système Linux standard.
 Pertinente : les questions sélectionnées sont testées et choisies de manière précise pour
déterminer lesquelles sont pertinentes en environnement réel.
 Indépendante vis-à-vis des organismes de formation : il n’y a pas un guide unique ou un
cours unique de formation, tout type de méthode de formation est encouragé.
 Supportée et sponsorisée par de très grandes entreprises spécialisées ou non dans Linux.
 Une fierté : une certification respectée de la communauté Linux et dont elle est fière.

La certification LPIC-1
1. Les objectifs

Ce livre a pour objectif de vous fournir tous les éléments nécessaires au passage de la certification
LPIC-1. Cette certification nécessite le passage de deux examens : le LPI 101 et le LPI 102. Vous
devez obtenir ces deux examens pour être certifié LPIC-1. La dernière révision du programme LPIC-
1 date de 2015. Les révisions ont généralement lieu tous les quatre ou cinq ans.

La grille des objectifs en fin d’ouvrage reprend tous les objectifs de chacun des examens et vous
indique où trouver les points correspondants dans le livre, ainsi que les exercices associés.

Voici les objectifs principaux de l’examen LPI 101 :

 101 : Architecture et matériel système.


 102 : Installation de Linux et gestion des packages.
 103 : Les commandes GNU et Unix.
 104 : Disques, systèmes de fichiers Linux, arborescence de fichiers standard.

Ce premier examen vous rend apte à installer une distribution Linux classique, à savoir manipuler
la ligne de commande et les instructions du shell, à manipuler l’arborescence (les fichiers et le
répertoires), les disques et les partitions, à installer des logiciels complémentaireset à travailler
dans un environnement graphique. Il détermine donc si vous êtes apte à utiliser de manière simple
un poste de travail Linux.

Voici les objectifs principaux de l’examen LPI 102 :

 105 : Shell, scripts, programmation, compilation et gestion des données.


 106 : Environnements graphiques et de bureau.
 107 : Tâches administratives.
 108 : Services essentiels du système.
 109 : Les bases du réseau.
 110 : La sécurité.

Ce second examen aborde l’administration système et réseau d’un poste de travail en réseau. Les
notions sont avancées : la gestion des périphériques, la recompilation du noyau, les modules, les
imprimantes, les partages, la configuration d’un réseau en TCP/IP et les services associés, la
sécurité, etc. Il détermine donc si vous êtes apte à gérer votre système et son intégration au sein
d’un plus grand réseau.

Chaque objectif est ensuite détaillé et pondéré selon son importance :

 104.1 : Création des partitions et des systèmes de fichiers (2).


 104.2 : Maintenance de l’intégrité des systèmes de fichiers (2).
 104.3 : Montage et démontage des systèmes de fichiers (3).
 104.4 : Gestion des quotas de disque (1).
 104.5 : Gestion des permissions et de la propriété sur les fichiers (3).
 104.6 : Création et modification des liens physiques et symboliques sur les fichiers (2).
 104.7 : Recherche de fichiers et placement des fichiers aux endroits adéquats (2).

La valeur située entre parenthèses indique l’importance de l’objectif, et donc du nombre de


questions associées dans l’examen.

La version 4 de la LPI a bouleversé l’ordre établi des certifications. Par rapport à la version
précédente, des éléments ont été bien entendus ajoutés, d’autres supprimés pour être déplacés
vers les formations LPIC-2 voire LPIC-3. Il est en effet devenu impossible de tout faire contenir
dans un seul programme, comme il n’est plus possible de tout connaître.

2. Les supports de cours

Vous tenez dans les mains un support de cours recommandé par LPI France, ce que vous pouvez
vérifier ici : http://lpi-fr.net/ressources/supports-de-formation/

Vous pourrez remarquer, par ailleurs, que d’autres ouvrages des Éditions ENI pourront vous aider
pour le passage des certifications LPIC-2 et LPIC-3.

N’hésitez pas à contrôler vos sources et vérifier les exemples. Un livre reflète l’état de l’art au
moment de son écriture. De nouvelles éditions sortent tous les deux ou trois ans, et bien entendu
durant ce temps, les distributions, méthodes et syntaxes évoluent aussi.

3. Passer les examens

a. Inscription

Pour pouvoir passer une certification et les examens LPI, vous devez tout d’abord vous enregistrer
sur le site LPI afin d’obtenir un identifiant. Pour cela rendez-vous à l’adresse suivante et
remplissez tous les champs demandés. Ne vous trompez pas dans l’adresse e-mail :
https://cs.lpi.org/caf/Xamman/register

b. Coût

Chaque examen coûte 149 euros (en février 2017). Le coût total de la certification LPIC-1 est
donc de 298 euros si vous l’obtenez du premier coup. Il arrive cependant que durant certains
événements (des salons par exemple) il y ait des offres exceptionnelles, jusqu’à moitié prix.

c. Centre d’examen

Vous devez ensuite contacter un centre d’examen pour connaître où et quand sont organisées les
sessions. Vous pouvez pour cela envoyer un courrier électronique à l’adresse suivante : info@lpi-
fr.net ou vous rendre, pour la France, sur le site LPI-FR : http://www.lpi-fr.net. Depuis le début
de l’année 2011 la société Linagora est le premier centre de formation agréé LPI-ATP (Approved
Training Partner). Le passage de la certification s’effectue généralement dans les locaux de cette
société. Vous obtiendrez plus d’informations à cette adresse :
http://formation.linagora.com/linux-lpi. Enfin, la société Dawan, située à Nantes, propose elle
aussi un cycle de formation complet avec certification : http://www.dawan.fr/formations/linux.

d. Déroulement
L’examen se passe dans un centre d’examen affilié. Il se déroule sur papier ou sur machine, selon
le centre d’examen. Les questions sont en principe traduites en français, mais un examen peut
se dérouler en anglais. Dans les deux cas, il peut y avoir trois types de questions :

 Une unique réponse à fournir (écrite ou saisie par l’utilisateur).


 Un QCM avec une seule bonne réponse.
 Un QCM avec plusieurs réponses possibles.

Le nombre de questions dépend de l’examen et de la session. Chaque examen dure 90 minutes.


Durant ce temps, il est interdit de sortir de la salle d’examen.

Plus un objectif est important, plus il y aura de questions s’y rapportant.

e. Réussite

Pour réussir un examen vous devez obtenir 60 % de bonnes réponses. Si vous passez l’examen
sur machine, vous saurez dès la fin de celui-ci si vous êtes certifié ou non. Si vous le passez sur
papier, vous devrez attendre trois à cinq semaines avant d’avoir le résultat.

f. Alternative

Un dernier moyen d’obtenir une certification LPI est de passer une certification qui vous donnera
automatiquement le même niveau. Un exemple est la certification CompTIA Linux+. Tout comme
LPI, CompTIA est une association à but non lucratif créée en 1982. En 2010, cet organisme a
aligné son programme de certification sur celui de la LPIC-1, via ses deux examens LX0-101 et
LX0-102, abordant quelques sujets supplémentaires. C’est ainsi que l’obtention de la certification
Linux+ vous attribue automatiquement la certification LPIC-1.

Ce livre peut donc servir de support à la formation Linux+.

Contenu du livre
Linux et les distributions évoluent vite. La sortie des noyaux 3.x, l’avènement de systemd, le
remplacement du BIOS par UEFI, l’utilisation de supports de stockage de plus de 2 To, la montée en
puissance de BTRFS, l’utilisation de XFS par défaut, les mises à jour des divers outils et méthodes
rendent souvent caduques les anciennes habitudes et les anciennes manipulations. Il est donc
nécessaire de procéder à des mises à jour et des ajouts au sein de ce livre, qui atteint sa quatrième
édition en moins de sept ans. La révision 4 de LPIC-1 est entrée en vigueur début 2015. Le nouveau
programme de certification prend en compte certaines de ces évolutions. Cet ouvrage, tenant compte
de ces nouveaux objectifs, est conforme au contenu de la nouvelle révision.

Ce livre couvre tout le programme de la certification LPIC-1. Cependant, vous remarquerez que de
nombreux points abordés vont au-delà des objectifs définis et ceci pour deux raisons :

 Il a semblé important de ne pas supprimer certains sujets qui étaient abordés lors des
révisions précédentes, comme certains services réseau d’infrastructure (DHCP, DNS, NFS,
Samba), X Window ou la sécurité, et bien au contraire d’étoffer certaines parties.
 Il tient compte des avancées liées aux nouvelles distributions et tendances, ainsi que de la
réalité du travail en entreprise, concernant encore une fois la sécurité ou la gestion des
volumes de stockage et des quotas.

Tout ceci fait de ce livre un ouvrage de référence pour l’administration système. Il est parfois
nécessaire pour une meilleure compréhension de rentrer dans certains détails et une configuration
plus avancés ou au contraire de revenir sur le contexte, comme l’histoire d’Unix, de Linux, des
distributions.

Le découpage des objectifs de la LPI aurait eu pour effet d’obtenir 14 chapitres. Or, de nombreux
objectifs, sans se recouper, font partie du même domaine d’application. Par exemple, les commandes
et la programmation shell étant liées, elles sont regroupées au sein du même chapitre. La grille des
objectifs est là pour vous fournir point par point où trouver la bonne information.

Le livre suit une progression constante et logique :

 Chapitre Présentation de Linux : Unix, Linux, logiciels libres, compatibilité des


distributions, trouver de l’aide.
 Chapitre Installation de Linux et des logiciels : installer Linux, des logiciels
complémentaires depuis les packages ou les sources, et gérer les bibliothèques.
 Chapitre Le shell et les commandes GNU : tout savoir sur le shell : toutes les commandes
importantes pour travailler sur des fichiers, des répertoires, du texte, des processus, etc.,
pour programmer des scripts et exécuter des requêtes SQL simples.
 Chapitre Les disques et le système de fichiers : tout savoir sur les disques, les
partitions, les systèmes de fichiers, le swap, les quotas, les permissions, les montages.
 Chapitre Démarrage de Linux, services, noyau et périphériques : tout connaître du
démarrage à l’arrêt de Linux : le chargement de Linux et des services, la gestion des
modules, les paramètres du système, le noyau et sa compilation, les périphériques et la
gestion du matériel.
 Chapitre Les tâches administratives : la gestion des utilisateurs, des groupes, des mots
de passe et de l’environnement, les notifications, les impressions, l’automatisation des
tâches, le backup, la mise à l’heure, l’internationalisation.
 Chapitre Le réseau : les bases et la configuration TCP/IP de la machine, les services réseau,
la configuration basique de Apache, SSH, DNS, du courrier électronique, des partages NFS
et Samba.
 Chapitre La sécurité : les bons réflexes, l’intégrité du système, les virus, les rootkits, les
limites, les mises à jour, la sécurité du réseau et des services, le firewall, GPG, les droits
SUDO.
 Chapitre X Window : installer et configurer le serveur graphique X Window, le gestionnaire
d’affichage et de sessions, choisir et personnaliser son environnement, adapter les
programmes à ses besoins (ressources).
 Chapitre Partionnement avancé : RAID, LVM et BTRFS (hors programme LPIC-1 mais
cependant d’une très grande valeur en entreprise) : configurer une matrice RAID et un LVM,
apprendre à modifier à volonté la taille de ses disques et systèmes de fichiers, aborder les
possibilités étendues de BTRFS.

Chaque chapitre est accompagné de 30 à 85 questions et de 2 à 7 travaux pratiques avec l’intégralité


des réponses. En en-tête, vous trouverez les prérequis nécessaires pour traiter le chapitre et la
liste des objectifs.
Remerciements
L’auteur tient à remercier son épouse et ses enfants pour leur très grande patience et les quelques
soirées, sorties et week-ends sacrifiés nécessaires à l’écriture initiale puis aux mises à jour
successives de ce livre. Et enfin, merci à vous, lecteurs, sans qui toutes ces éditions n’auraient pu
se faire, et notamment pour les appréciations que vous avez pu nous remonter afin de sans arrêt
améliorer la qualité du contenu proposé.