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Polymère

Fibres de polyester observées auMEB

La fabrication d'une éolienne fait intervenir le moulage de compositesrésines/renforts.

Les polymères (étymologie : du grec polus, plusieurs, et meros, partie) constituent une classe
de matériaux. D'un point de vue chimique, un polymère est une substance composée
de macromolécules1.
Les polymères les plus connus sont :

 les fibres naturelles :


 fibres végétales (cellulose) : bois, papier, textiles naturels
(chanvre, lin, coton), etc.,
 fibres
animales : cuir (collagène), soie et laine (kératine), etc. ;
 les matières plastiques ;
 les caoutchoucs naturels (latex) et artificiels ;
 les colles ;
 les peintures ;
 les résines.
Ils sont très utilisés pour les matrices des matériaux composites.
Ils ont les propriétés générales suivantes :

 ce sont des matériaux « légers », ils ont une masse


volumique faible (en général inférieure à 1 500 kg·m-3, soit
une densité par rapport à l'eau inférieure à 1,5) ;
 ils sont en général souples, les polymères thermoplastiques ont
un module de Younginférieur à environ 3 GPa, comparé à
environ 20 GPa pour les bétons, 70 GPa pour l'aluminium
et 200 GPa pour l'acier ;
 ils ne sont stables qu'à des températures modérées. La plupart
des polymères thermoplastiques se ramolissent ou fondent à
des températures comprises entre 100 °Cet 250 °C ; un
polymère est dit « thermostable » s'il résiste à 300 °C durant
quelques instants, la plupart des polymères se dégradent à des
températures supérieures ;
 ce sont des isolants électriques et thermiques, sauf cas
particuliers.
Les propriétés sont déterminées par :

 la nature chimique des macromolécules, et en particulier des


liaisons qui peuvent s'établir entre les atomes de la chaîne et
des chaînes voisines ; les liaisons interatomiques peuvent être
souples ou rigides, faibles ou fortes ;
 la « forme » de la macromolécule : il peut s'agir d'une chaîne
linéaire longue ou courte, ou bien d'une structure ramifiée,
réticulée. Les macromolécules peuvent se placer au hasard ou
bien sont alignées. Elles peuvent s'imbriquer pour former
des cristallites ;
 la formulation (nature, taux des ingrédients) : outre les
macromolécules, on introduit divers constituants
(charge éventuellement renforçante, plastifiant, antioxydant,
durcisseur, système de vulcanisation pour un élastomère, agent
anti-ozonant, ignifugeant,colorant, déshydratant, agent de mise
en œuvre, conducteur électrique, etc.).
Les polymères de synthèse sont devenus l'élément essentiel d'un nombre très important d'objets
de la vie courante, dans lesquels ils ont souvent remplacé les substances naturelles. Ils sont
présents dans de nombreux domaines industriels.
Il existe une corrélation étroite entre le produit national brut (PNB) d'un pays et sa consommation
de polymères2.

Sommaire
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 1 Historique
 2 Procédés de mise en œuvre
o 2.1 Galerie
 3 Exemples
o 3.1 Polymères naturels
o 3.2 Polymères artificiels
o 3.3 Polymères synthétiques
o 3.4 Mélanges polymère-polymère
 4 Notion de macromolécule
 5 Généralités
 6 Classification
 7 Structure et conformation
o 7.1 Séquence primaire
o 7.2 Cohésion
o 7.3 Polymères linéaires
 7.3.1 Notion de maillon statistique
 7.3.2 Chaîne idéale (ou gaussienne)
 7.3.3 Chaîne gonflée (ou à « volume exclu »)
 7.3.4 Chaîne globulaire
 7.3.5 Polymères en solution
o 7.4 Polymères branchés et transition sol-gel
o 7.5 Aspects expérimentaux
 7.5.1 Diffusion de rayonnement
 7.5.1.1 Solutions diluées de polymères : petites valeurs
de q
 7.5.1.2 Solutions diluées de polymères : loi d'échelle
 7.5.2 Chromatographie d'exclusion stérique
 8 Nomenclature
o 8.1 Nomenclature des homopolymères
 8.1.1 Terminologies préliminaires
 8.1.2 Utilisation des nomenclatures
 9 Notes et références
 10 Annexes
o 10.1 Articles connexes
o 10.2 Liens externes
o 10.3 Bibliographie

Historique[modifier | modifier le code]


Les polymères naturels ont été parmi les premiers matériaux utilisés par l'Homme : bois et fibres
végétales, cuir, tendons d'animaux, laine, etc.
La notion de macromolécule n'est apparue que tardivement dans l'histoire de la chimie. Bien que
présagée par Wilhelm Eduard Weber ou encore Henri Braconnot au début du XIXe siècle, de
nombreux chercheurs ne voient là que des agrégats ou micelles. Il faut attendre les
années 1920-1930 pour que l'idée de macromolécule soit acceptée, notamment grâce aux
travaux d'Hermann Staudinger.
Le développement industriel consécutif de la science macromoléculaire a été accéléré ensuite
par la Seconde Guerre mondiale. LesÉtats-Unis ont été privés lors de leur entrée en guerre de
leur approvisionnement en caoutchouc naturel en provenance d'Asie du Sud-Est. Ils ont alors
lancé un immense programme de recherche visant à trouver des substituts de synthèse.

Procédés de mise en œuvre[modifier | modifier le code]


Pour répondre à toutes les exigences en termes de formes et de cadences, plusieurs méthodes
de mise en forme des matériauxpolymères ont été développées, dont :

 extrusion au moyen d'une filière : procédé continu pour fabriquer


des profilés complexes, plaques, feuilles, films, etc., cadence de
production élevée ; une variante est la coextrusion ;
 filage : souvent à partir du polymère à l'état fondu ; obtention
de fibres
textiles (marques Tergal, Térylène (sv), Dacron, nylon3,Rilsan,
Orlon, lycra3, Tyvek, Dyneema, Kevlar, etc.) ;
 injection : grande variété de pièces, bonne précision et bon
aspect de surface, cadence élevée (éléments d'appareils
ménagers, engrenages, pompes, etc.) ;
 moulage par soufflage : procédé discontinu pour fabriquer des
corps creux (bouteilles, flacons, etc.),
 extrusion-soufflage,
 étirage-soufflage ;
 extrusion-gonflage : élaboration de films, sacs, etc., à la
différence de l'extrusion-soufflage, ce procédé n'utilise pas de
moule ;
 rotomoulage : pièce fermée, pouvant être de très grandes
dimensions (citernes, jouets, ballons, etc.) ;
 thermoformage : convient très bien pour des pièces de grande
surface et de faible épaisseur (emballages, pièces pour
l'automobile et le bâtiment, baignoires, etc.) ;
 moulage par compression ou par compression-transfert :
procédés applicables
aux résines thermodurcissables prépolymérisées (partiellement
polymérisées)
(phénoplastes, aminoplastes, polyesters insaturés, etc.).
Concernant les plastiques renforcés, une quinzaine de procédés de mise en œuvre est de nos
jours disponible (pultrusion…).
Galerie[modifier | modifier le code]

Tubes en PVC extrudé

Pièce en matière plastiquemoulée par injection

Bobines de fibres enDacron

Citerne souple de défense incendie en tissu polyesterenduit PVC


Un pneu, issu d’élastomères et de fibres synthétiques

Exemples[modifier | modifier le code]


Polymères naturels[modifier | modifier le code]

 Polysaccharides : cellulose et hémicelluloses (bois, fibres


végétales), amylose et amylopectine (amidon), glycogène, pullul
ane,chitine (cuticule d'arthropodes et paroi
d'eumycètes), mannanes, galactanes, fructanes, etc.
 Glycosaminoglycanes
 Lignine (bois)
 Acides nucléiques : ADN et ARN
 Scléroprotéines : kératines (phanères), collagènes, élastines, co
nchyoline, soie, etc.
 Polyisoprénoïdes (caoutchouc naturel)
 Polyhydroxyalkanoates
Polymères artificiels[modifier | modifier le code]

 Cellulosiques : acétate de cellulose (CA)


Polymères synthétiques[modifier | modifier le code]

Formule de quelques grands polymères industriels4

 Polyoléfines, dont les polymères de grande


consommation polyéthylène (PE) etpolypropylène (PP). Ce
dernier est un polymère de synthèse très important5.
 Vinyliques : polymère de grande consommation poly(chlorure de
vinyle) (PVC) ;poly(chlorure de vinyle) surchloré (PVC-
C) ; poly(acétate de vinyle) (PVAC) ; alcool polyvinylique (PVAL)
 Styréniques : polymère de grande
consommation polystyrène (PS) ; acrylonitrile butadiène
styrène (ABS) ; styrène-butadiène (SBR) ; acrylonitrile styrène
acrylate (ASA)
 Polyesters saturés : poly(téréphtalate
d'éthylène) (PET) ; poly(téréphtalate de
butylène)(PBT) ; poly(naphtalate d'éthylène) (PEN)
ou insaturés (UP)
 Polyamides (PA) : PA 6, PA 6-6, PA 11, PA 12, PA 4-6, etc.
 Polyuréthanes (PUR) saturés ou réticulés
 Polycarbonate (PC)
 Acryliques : poly(méthacrylate de
méthyle) (PMMA) ; polyacrylonitrile (PAN)
 Aminoplastes
 Phénoplastes
 Polyacétals : polyoxyméthylène (POM)
 Silicones (SI)
 Polyimides (PI)
 Halogénés
 Chlorés : poly(chlorure de vinyle) (PVC) ; poly(chlorure de
vinyle) surchloré (PVC-C) ; poly(chlorure de
vinylidène) (PVDC)
 Fluorés : polytétrafluoroéthylène (PTFE), plus connu sous le
nom de Téflon ; polyfluorure de vinyle (PVF) ; polyfluorure
de vinylidène (PVDF) ; éthylène
tétrafluoroéthylène (ETFE) ; perfluoroalkoxy (PFA)
 Polydiméthylsiloxane (PDMS)
 Époxydes (EP)
 Thermostables : polyétheréthercétone (PEEK) ; polymère à
cristaux liquides (LCP)
 Élastomères
 Élastomères
thermoplastiques (TPE) : copolymères séquencés6 styrène-
butadiène-styrène (SBS), polyuréthanes thermoplastiques
(TPU), etc.
 Polymères électroactifs (EAPs)
Mélanges polymère-polymère[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Mélange de polymères.

Les mélanges polymère-polymère thermoplastiques (en anglais, polyblend ; « alliage » est un


terme impropre) sont des mélanges mécaniques intimes de deux (ou plusieurs) polymères
différents et compatibles. À la différence des copolymères, il ne se forme pas de liaison chimique.
Exemples :

 PPO/PS : le PS apporte la facilité de mise en œuvre et réduit le


coût. Voir Noryl ;
 PP/EPDM : élastomère thermoplastique ; l'EPDM apporte
la tenue aux chocs à froid ;
 PC/ABS : amélioration de la rigidité, de la tenue aux chocs et au
feu (marques Bayblend, Pulse, Anjablend A).

Notion de macromolécule[modifier | modifier le code]


Un polymère tridimensionnel est constitué d'une seule macromolécule qui se développe dans les
trois directions de l'espace7 ; cette macromolécule tridimensionnelle atteint des
dimensions macroscopiques (ex. : un phénoplaste).
Une macromolécule est une molécule de masse moléculaire élevée, généralement constituée par
la répétition d'atomes ou de groupes d'atomes, appelés unités constitutives et dérivant, de fait ou
conceptuellement8, de molécules de faible masse moléculaire1.
Dans de nombreux cas, une molécule peut être considérée comme ayant une masse moléculaire
élevée lorsque l'addition ou la suppression d'une ou de quelques unités n'a qu'un effet
négligeable sur les propriétés moléculaires1.
En fait, il n'existe que très peu d'exemples de macromolécules qui ne soient obtenues par
la répétition d'une unité structurale9. On les trouve plutôt dans le domaine des macromolécules
naturelles, certaines protéines notamment10.
Le terme polymère a encore actuellement plusieurs définitions selon le point de vue qu'on
adopte. On peut encore trouver lesoligomères (qui ne sont pas constitués de macromolécules)
inclus dans la famille des polymères11. Auparavant, et encore récemment, les polymères
proprement dits (au sens actuel du terme) étaient aussi appelés « hauts polymères »12,13. On peut
noter que l'expression « degré de polymérisation » est toujours utilisée pour désigner le nombre
d'unités monomères aussi bien d'unemacromolécule que d'une molécule oligomère14.
Un polymère est organique (le plus souvent) ou inorganique.
Il est issu de l'enchaînement covalent d'un grand nombre de motifs
monomères identiques ou différents.
Un polymère peut être naturel (ex. : polysaccharides, ADN) ; artificiel, obtenu par modification
chimique d'un polymère naturel (ex. :acétate de cellulose, méthylcellulose, galalithe) ;
ou synthétique, préparé par polymérisation de molécules monomères
(ex. :polystyrène, polyisoprène synthétique).
Les polyoléfines, représentées principalement par les polymères thermoplastiques de grande
consommation polyéthylène etpolypropylène, constituent la plus importante famille de polymères.
Généralités[modifier | modifier le code]
Un polymère peut se présenter sous forme liquide (plus ou moins visqueux) ou solide à
température ambiante. À l'état solide, il peut être utilisé comme matériau moyennant des
propriétés mécaniques suffisantes15. Un polymère liquide à température ambiante peut être
transformé en matériau s'il est réticulable ; les élastomères sont des matériaux obtenus
par réticulation de polymères linéaires liquides à température ambiante.
Les polymères ont un comportement viscoélastique. En effet, ils démontrent simultanément des
propriétés élastiques et un caractère visqueux.
L'enchaînement des motifs monomères peut se faire de façon linéaire (polymères linéaires),
présenter des ramifications aléatoires (polymères branchés et hyperbranchés) ou systématiques
et régulières (dendrimères).
Du fait des degrés de liberté de la conformation (disposition dans l'espace) de chaque motif
monomère, la conformation du polymère résulte de cet enchaînement mais également des
interactions entre motifs.
Les polymères fabriqués à partir d'un seul type de monomère sont désignés
par homopolymère (ex. : polyéthylène, polystyrène). Dès qu'au moins deux types de monomère
participent à la formation des macromolécules, on parlera de copolymères (cas dustyrène-
butadiène). La variété des copolymères est très importante. Ces matériaux possèdent des
propriétés physico-chimiques et mécaniques intermédiaires avec celles obtenues sur les
homopolymères correspondants.
On distingue deux grandes catégories de réactions chimiques permettant la préparation des
polymères : la polymérisation en chaîneou polyaddition (pour produire par exemple le
polyéthylène, le polypropylène, le polystyrène) et la polymérisation par
étapes oupolycondensation (pour synthétiser par exemple le poly(téréphtalate d'éthylène), de
sigle PET).
Le terme « polymère » désigne des matières abondantes et variées : des protéines les plus
ténues aux fibres de Kevlar haute résistance. Certains polymères sont utilisés en solution par
exemple dans les shampooings ; d'autres forment des matériaux solides.
Pour ces applications, les polymères sont généralement mélangés à d'autres substances –
charges telles la craie (matière très bon marché), plastifiants, additifs tels les antioxydants, etc. –
dans des opérations de formulation. La fabrication des objets finis résulte la plupart du temps
d'une opération de mise en œuvre qui relève souvent du domaine de la plasturgie.

Classification[modifier | modifier le code]

Types de polymères

Article détaillé : Classification des polymères.


Les polymères sont souvent classés d'après leurs propriétés thermomécaniques. On distingue :

 les polymères thermoplastiques, qui deviennent malléables


quand ils sont chauffés, ce qui permet leur mise en forme ;
 les élastomères, qui sont déformables de manière réversible ;
 les élastomères thermoplastiques (TPE) ;
 les polymères thermodurcissables, qui durcissent de façon
irréversible, le plus souvent sous l'action de la chaleur en
présence de réactifs.
La description des polymères en tant qu'objet physique permettant de comprendre leurs
propriétés relève de la physique statistique.

Structure et conformation[modifier | modifier le code]


Séquence primaire[modifier | modifier le code]
Les polymères sont des substances composées de macromolécules résultant de l'enchaînement
covalent (voir Liaison covalente) demotifs de répétition identiques ou différents les uns des
autres. La masse molaire de ces molécules dépasse souvent 10 000 g/mol. Les liaisons
covalentes constituant le squelette macromoléculaire sont le plus souvent des liaisons carbone-
carbone (cas du polyéthylène, du polypropylène, etc.), mais peuvent également résulter de la
liaison d'atomes de carbone avec d'autres atomes, notamment l'oxygène (cas des polyéthers et
des polyesters) ou l'azote (cas des polyamides). Il existe aussi des polymères pour lesquels
l'enchaînement résulte de liaisons ne comportant pas d'atomes de carbone
(polysilanes, polysiloxanes, etc.).
Cet enchaînement de motifs répétés présente chez les polymères les plus simples une structure
linéaire, un peu comme un collier de perles. On peut également rencontrer des chaînes
latérales (elles-mêmes plus ou moins branchées), résultant soit d'une réaction chimique parasite
au cours de la synthèse du polymère (par exemple dans le cas du polyéthylène basse densité ou
PEBD), soit d'une réaction de greffage pratiquée volontairement sur le polymère pour en modifier
les propriétés physico-chimiques.
Dans le cas où la macromolécule est composée de la répétition d'un seul motif – ce qui résulte le
plus souvent de la polymérisation d'un seul type de monomère –, on parle d'homopolymères. Si
au moins deux motifs différents sont répétés, on parle decopolymères. Voir aussi Terpolymère.
On distingue ensuite plusieurs types de copolymères suivant la manière dont les motifs
monomères sont répartis dans les chaînes moléculaires :

 dans le cas le plus fréquent, on a un copolymère statistique, où


les différents motifs monomères se mélangent en fonction de la
réactivité et de la concentration de ceux-ci. Les propriétés
mécaniques sont alors moyennées ;
 en revanche, dans un copolymère
séquencé (l'anglicisme copolymère à blocs est parfois utilisé) ou
un copolymère alterné, il peut y avoir combinaison des
propriétés mécaniques.
Il existe parfois des liaisons covalentes vers d'autres parties de chaînes polymères. On parle
alors de molécules « branchées » ou ramifiées. On sait synthétiser par exemple des molécules
en peigne ou en étoile. Lorsque de nombreuses chaînes ou chaînons ont été réunis par un
certain nombre de liaisons covalentes, ils ne forment plus qu'une macromolécule gigantesque ;
on parle alors deréseau macromoléculaire ou de gel.
Cohésion[modifier | modifier le code]
Les forces qui assurent la cohésion de ces systèmes sont de plusieurs types : interactions de van
der Waals ou liaisons hydrogène. Leur intensité est respectivement de 2 à 16 kJ/mol,
et 40 kJ/mol. Il existe également des interactions liées aux charges.
La densité d'énergie cohésive (valeurs tabulées) permet d'avoir une idée de la cohésion des
polymères.
Polymères linéaires[modifier | modifier le code]
Lors de la réaction de polymérisation, lorsque chaque unité monomère est susceptible de se lier
à deux autres, la réaction produit une chaîne linéaire. Typiquement, ce cas est celui des
polymères thermoplastiques.
Du fait des degrés de liberté de la conformation de chaque unité monomère, la façon dont la
chaîne occupe l'espace n'est cependant pas rectiligne.
Notion de maillon statistique[modifier | modifier le code]
Chaque unité monomère présente une certaine rigidité. Souvent, cette rigidité influence
l'orientation de l'unité monomère voisine. Toutefois, cette influence s'estompe au fur et à mesure
que l'on s'éloigne de l'unité monomère initiale et finit par disparaître au-delà d'une distance ,
dite « longueur d'un maillon statistique de la chaîne ». Techniquement, cette longueur est la
longueur decorrélation de l'orientation d'un maillon. Elle se nomme longueur de persistance du
polymère.
Ayant introduit cette notion, il est alors possible de renormaliser la chaîne en considérant
maintenant le maillon statistique comme son motif élémentaire. Pour décrire la conformation de
cette chaîne, les particularités propres à la structure chimique du motif monomère n'interviennent
plus.
Chaîne idéale (ou gaussienne)[modifier | modifier le code]
Le cas le plus simple est celui de l'enchaînement linéaire de maillons n'exerçant pas d'interaction
entre eux. À l'état liquide, la chaîne adopte dans l'espace une conformation qui pour une
molécule donnée change sans cesse du fait de l'agitation thermique. À l'état de
solide amorphe ou à un instant donné dans le cas d'un liquide, la conformation des chaînes est
différente d'une molécule à l'autre. Cette conformation obéit néanmoins à des lois statistiques.
Soit dans la séquence primaire de la chaîne un maillon donné pris pour origine. Lorsque les
maillons n'interagissent pas, la probabilité que le maillon de la chaîne soit à une
distance de l'origine obéit à une loi normale ou loi Gaussienne de moyenne nulle et
de variance . Une longueur caractéristique de la chaîne est la distance entre ses deux
extrémités (dite « distance bout-à-bout »). La moyenne arithmétique de est nulle. Ainsi, pour
caractériser la taille de la pelote que forme la chaîne, il faut considérer la moyenne quadratique,
notée ici . En raison de la loi normale, cette moyenne varie comme la racine
carrée du nombre de maillons.
La conformation statistique d'une telle chaîne est l'analogue de la trace laissée par un marcheur
aléatoire où représente le nombre de pas de la marche, leur longueur et le
déplacement carré moyen du marcheur.
Dans les années 1970, Pierre-Gilles de Gennes a montré l'analogie entre la description d'une
chaîne polymère et les phénomènes critiques. Aussi, l'utilisation de la lettre pour désigner
l'exposant, obéit à la nomenclature des exposants critiques. Les objets rencontrés dans les
phénomènes critiques ont des propriétés d'autosimilarité et peuvent être décrits en termes de
géométrie desfractales, dans ce cas l'exposant représente l'inverse de la dimension
fractale

.
Une conformation gaussienne des chaînes se rencontrent dans deux cas :

1. lorsque les chaînes sont nombreuses et entremêlées


(analogie avec un plat de spaghetti). Un maillon donné est
alors entouré indifféremment par les maillons de la chaîne à
laquelle il appartient et par les maillons des chaînes
voisines. Les interactions des uns et des autres avec ce
maillon se compensent exactement ;
2. lorsqu'une chaîne est seule à une température particulière
appelée température - à laquelle les forces attractives
de van der Waals entre deux maillons sont exactement
compensées par les forces répulsives dites de « volume
exclu » (cette force répulsive provient du fait que deux
maillons ne peuvent physiquement être en même temps au
même endroit).
Chaîne gonflée (ou à « volume exclu »)[modifier | modifier le code]
Lorsque les interactions répulsives entre maillons d'une même chaîne dominent (typiquement à
température plus haute que la température - ), la conformation de la chaîne s'en trouve
« gonflée » par rapport à sa conformation idéale. Dans ce cas, la valeur de l'exposant et la
taille caractéristique de la pelote que forme la chaîne sont supérieures à celle d'une chaîne idéale

.
La valeur approchée de cet exposant fut établie par Paul Flory dans les années 1940. Bien qu'il
ait été démontré depuis que le raisonnement utilisé à l'époque était erroné, la valeur est
étonnamment proche de la valeur exacte trouvée depuis par les méthodes
beaucoup plus sophistiquées du groupe de renormalisation.
En termes de marche aléatoire, une chaîne gonflée correspond à la trace laissée par un
marcheur effectuant une marche aléatoire autoévitante (en).
Chaîne globulaire[modifier | modifier le code]
Lorsque les interactions attractives entre maillons d'une même chaîne dominent (typiquement à
température plus basse que la température - ), la chaîne s'effondre sur elle-même et adopte une
conformation compacte dite « globulaire » (à opposer au terme « pelote » utilisé pour les
conformations idéale ou gonflée). Dans ce cas

.
Le terme « conformation compacte » se comprend mieux en écrivant la relation « taille
caractéristique-nombre de maillons » sous la forme , qui exprime que le volume du
globule est proportionnel au nombre de maillons. Ce comportement est celui d'un objet
homogène dont la masse volumique est une constante indépendante de sa taille.
Polymères en solution[modifier | modifier le code]
Implicitement nous avons considéré jusqu'ici une chaîne seule dont les maillons seraient comme
les molécules d'un gaz. Dans la pratique, les chaînes sont soit en présence de leurs semblables,
très proches les unes des autres et entremêlées (cas évoqué au paragraphe « chaîne
gaussienne »), soit en présence d'un solvant. Ce dernier cas est celui d'une solution de
polymère.
En solution, la conformation du polymère résulte du bilan des interactions « monomère-
monomère », « monomère-solvant » et « solvant-solvant ». Il est possible de rendre compte de
ce bilan au moyen d'un paramètre effectif d'interaction, appelé paramètre deFlory-
Huggins (en). Trois cas sont envisageables :

 bon solvant : le couple polymère-solvant est tel qu'un monomère


minimise son énergie libre lorsqu'il est entouré de molécules de
solvant. Les interactions effectives entre maillons de la chaîne
sont donc répulsives, favorisant ainsi la dispersion des
polymères et leur solubilisation (d'où le terme « bon solvant »).
C'est le cas d'un polymère dans un solvant constitué de
monomères, par exemple le polystyrène en solution dans
le styrène ;
 solvant - : le bilan des interactions entre maillons de la chaîne
est nul. Ce cas se rencontre à une température précise
(température - ) qui n'est pas toujours accessible
expérimentalement. Lorsque cette température est accessible, le
solvant est qualifié de . Par exemple, le cyclohexane est un
solvant - du polystyrène à 35 °C ;
 mauvais solvant : les interactions effectives entre maillons de la
chaîne sont attractives. Dans ce cas, la solubilisation
(dispersion) des polymères n'est pas directement réalisable, elle
peut se faire à température suffisamment élevée pour que le
solvant soit « bon ». En refroidissant, les polymères peuvent se
trouver en mauvais solvant mais rester dispersés si la solution
est suffisamment diluée. Ce cas peut également se rencontrer
pour des polymères séquencés dont l'une des séquences
(majoritaire) serait en situation de bon solvant, permettant ainsi
la solubilisation et forçant une autre séquence à se trouver en
situation de mauvais solvant.
En solution suffisamment diluée, les chaînes sont bien séparées les unes des autres. La
conformation d'une chaîne ne dépend alors que du bilan des interactions effectives entre ses
propres maillons. En solvant - , la conformation est idéale ( ), en bon solvant elle est
gonflée ( ) et en mauvais solvant elle est globulaire ( ).
Polymères branchés et transition sol-gel[modifier | modifier le code]
Certaines molécules ont la propriété de pouvoir se lier aléatoirement à au moins trois autres
durant leur réaction de polymérisation. Les polymères qui en résultent ne sont plus linéaires mais
branchés et réticulés et leur taille très largement distribuée. La moyenne de cette distribution
augmente avec l'avancement de la réaction. L'ensemble de la population des molécules est
soluble (on la désigne par le terme sol) jusqu'à ce que la molécule la plus grande soit de taille
macroscopique et connecte les deux bords du récipient contenant le bain de réaction. Cette
molécule est appelée le gel. Typiquement, ce type de réaction est à la base
desrésines thermodurcissables.
L'apparition du gel confère au bain de réaction, initialement liquide, une élasticité qui est la
caractéristique d'un solide. Cettetransition de phase est bien décrite par un modèle
de percolation (conjecture émise en 1976 de façon indépendante par Pierre-Gilles de
Gennes et Dietrich Stauffer (de) et bien vérifiée expérimentalement depuis) qui prévoit la forme
de la fonction de distribution, , du nombre de monomères de chaque molécule[pas clair] et la
façon dont elles occupent l'espace. Jusqu'à la molécule la plus grande, est une loi de
puissance du type

.
Une taille caractéristique, , de chaque molécule peut être définie par la moyenne quadratique
des distances entre monomères[réf. nécessaire], on parle de rayon de giration. La relation entre cette
longueur et le nombre de monomères est également une loi de puissance

où est la dimension fractale des molécules. Les valeurs particulières de ces exposants font
qu'ils obéissent à la relation dite d'hyperéchelle reliant les exposants critiques à la dimension de
l'espace .

L'implication majeure de cette relation est que les polymères branchés occupent l'espace à la
façon des poupées russes, les petits à l'intérieur du volume occupé par les plus grands.
Aspects expérimentaux[modifier | modifier le code]
Diffusion de rayonnement[modifier | modifier le code]
Les caractéristiques structurales des polymères sont accessibles expérimentalement par des
expériences de diffusion élastique de rayonnement : diffusion de la lumière, diffusion aux petits
angles des rayons X (en) et des neutrons (en).
Ces expériences consistent à éclairer un échantillon par une onde plane, monochromatique,
de vecteur d'onde . Une partie de cette onde est déviée par les atomes constituants
l'échantillon. Les ondes ainsi diffusées produisent des interférences dont l'analyse peut fournir
des renseignements sur certaines caractéristiques de l'échantillon.
L'intensité totale, , de l'onde diffusée dans une certaine direction est recueillie à une
distance de l'échantillon. En toute généralité, on peut écrire

où est l'intensité de l'onde incidente (exprimée en nombre de particules, photons ou neutrons


selon le rayonnement, par unité de temps et de surface). La grandeur , appelée section
efficace différentielle de diffusion de l'échantillon, est homogène à une surface et contient
l'information qui nous intéresse.
La diffusion élastique de rayonnement suppose que les ondes diffusées, de vecteur d'onde ,
sont de même longueur d'onde que l'onde incidente : et ont la même norme. La section
efficace différentielle de diffusion est mesurée en fonction du vecteur de
diffusion .
Si l'échantillon est isotrope, la mesure ne dépend pas de l'orientation de mais uniquement de
sa norme qui s'écrit

où est la longueur d'onde et l'angle de diffusion.


Solutions diluées de polymères : petites valeurs de q[modifier | modifier le code]
Pour une solution suffisamment diluée de polymères, on peut montrer que la section efficace
différentielle de diffusion s'écrit (cf.Diffusion élastique de rayonnement)

où est le nombre de chaînes en solution, le volume de chacune d'elles (c'est-à-dire la


somme des volumes de tous ses monomères[réf. nécessaire] et non pas le volume de la sphère
contenant la pelote), et un facteur représentant le contraste entre le polymère et le solvant
et qui dépend du rayonnement utilisé. Ce facteur de contraste peut se mesurer où se calculer à
partir de données tabulées : c'est une grandeur connue dans la plupart des cas.

La grandeur est appelée facteur de forme des polymères en solution. C'est une grandeur
normalisée telle que . Pour une chaîne polymère de maillons de masse
molaire et de masse volumique , l'équation précédente devient

où est la concentration de la solution exprimée en masse par unité de


volume (g/cm par exemple).
On peut montrer (voir Diffusion élastique de rayonnement), qu'à petit vecteur de diffusion
comparé à la taille moyenne des pelotes, la section efficace par unité de volume s'écrit

est une grandeur caractéristique de la taille moyenne des pelotes que forment les chaînes.
Cette grandeur appelée « rayon de giration » est la moyenne quadratique des distances des
monomères au centre de gravité de chaque pelote[réf. nécessaire].
Pour une solution très diluée, de concentration connue et pour un rapport
également connu : la grandeur mesurée, , varie de façon affine avec le carré du
vecteur de diffusion. L'ordonnée à l'origine permet de déterminer le nombre de maillons des
chaînes en solution. La pente de la droite permet de déterminer le rayon de giration . Ce type
d'expériences a permis de vérifier les relations entre ces deux grandeurs et de déterminer en
particulier l'exposant qui les unit.
Solutions diluées de polymères : loi d'échelle[modifier | modifier le code]
Les objets ordinaires ont une masse, , qui varie comme la puissance 1, 2 ou 3 de leur
taille . Pour les objets fractals, cette puissance n'est pas nécessairement entière

est la dimension fractale de cette famille d'objets. Elle caractérise la façon dont ils remplissent
l'espace.
Les fractals sont le plus souvent autosimilaires, c'est-à-dire invariants par changement d'échelle.
Une fois grossie, une petite partie est statistiquement semblable à l'objet entier.
Observons sous différents grossissements la pelote que forme une chaîne polymère de rayon de
giration . Si est la taille de la zone observable, pour (petit grossissement), la
masse visible, , est égale à la masse totale . Par contre, pour (fort
grossissement), la masse visible décroît lorsque le grossissement augmente. Supposons une loi
du type

.
Pour déterminer l'exposant , on utilise un argument d'échelle qui postule16 :

1. qu'une seule longueur est pertinente pour décrire l'objet (ici


son rayon );
2. qu'à fort grossissement, la mesure est insensible à (on
ne peut déduire la masse totale de l'objet en n'observant
qu'une partie). Ce qui s'exprime
par .

La relation précédente donne .


C'est ce qui se passe lors d'une expérience de diffusion de rayonnement pour laquelle l'échelle
d'observation peut être assimilée à l'inverse du vecteur de diffusion : . En solution très
diluée, la grandeur physique donnant accès à la masse d'un objet est la section efficace de
diffusion cohérente par unité de volume, de concentration et de contraste

Dans le régime intermédiaire du vecteur de diffusion tel que , la mesure


sonde l'intérieur de l'objet et est sensible à son autosimilarité. L'argument d'échelle postule
qu'une seule longueur est pertinente (or est déjà nécessaire à ) et que
l'expérience est insensible à .

Une expérience de diffusion de rayonnement réalisée à grand vecteur de diffusion par rapport au
rayon de giration des chaînes donne directement accès à la dimension fractale des chaînes en
solution. Cette façon de déterminer utilise l'autosimilarité d'une chaîne seule, tandis que la
précédente basée sur des mesures à petit vecteur de diffusion utilise l'autosimilarité des chaînes
entre elles.
Chromatographie d'exclusion stérique[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Chromatographie d'exclusion stérique.

Nomenclature[modifier | modifier le code]


La nomenclature IUPAC recommande de partir du motif de base de la répétition. Cependant de
très nombreux polymères ont des noms usuels ne respectant pas cette nomenclature, mais sont
basés sur le nom des molécules servant à synthétiser le polymère. Exemple : le polymère de
formule est couramment appelé polyéthylène (sigle PE). Pour respecter
la nomenclature IUPAC, il devrait être nommé « polyméthylène » car le motif constitutif n'est pas
le groupe éthylène mais le groupe méthylène .
Nomenclature des homopolymères[modifier | modifier le code]
Il existe à présent deux nomenclatures recommandées par l'IUPAC :

 la nomenclature systématique, appropriée aux communications


scientifiques ;
 la nomenclature dérivée des précurseurs, nomenclature
alternative officielle pour les homopolymères, dans laquelle
figurent des noms usuels.
Références : les recommandations de l'IUPAC et le glossaire du JORF du 1er mars 2002 pour les
adaptations en langue française17.
Terminologies préliminaires[modifier | modifier le code]

Terme IUPAC Terme JORF Définition

Atome ou groupe d'atomes, incluant les atomes


Unité ou groupes d'atomes éventuellement attachés,
Unité constitutive
constitutive qui constituent une partie fondamentale de
la structured'une macromolécule.

Unité constitutive de La plus petite unité constitutive dont la


Motif
répétition(CRU : constitutional répétition conduit à une macromolécule
constitutif(MC)
repeating unit)18 régulière*.
Unité constitutive la plus grande de la
Unité monomère Unité monomère structure d'une macromolécule formée à partir
d'une seule molécule de monomère.

(*) Macromolécule régulière : macromolécule qui résulte de la répétition d'unités constitutives


toutes identiques et reliées entre elles de la même manière.

 Nom trivial : nom dont aucune partie n'a de signification


structurale. Exemple : urée.
 Nom semi-systématique : nom donné à un composé et dont une
partie seulement a une signification structurale.
Exemples : propane (ane désigne un alcane), glycérol (ol désigne le groupe hydroxyle
des alcools et des phénols).

 Nom systématique : nom donné à un composé et dont les


différentes parties ont une signification structurale précise.
Exemples : pentane (penta- = cinq (atomes de carbone), et ane), 1,3-thiazole.
Utilisation des nomenclatures[modifier | modifier le code]
1 - Nomenclature systématique
Elle est basée sur la structure des macromolécules constituant les polymères ; l'unité structurale
est l'unité constitutive de répétition(CRU), ou motif constitutif (MC).

 Élaboration du nom
a) sélectionner le motif constitutif
b) nommer le motif
c) nommer le polymère ; son nom est formé en combinant le
préfixe poly avec le nom du motif constitutif placé entre
parenthèses.
2 - Nomenclature dérivée des précurseurs
Les précurseurs servant à synthétiser les polymères
sont le plus souvent des monomères.

 Les noms des monomères de cette nomenclature


doivent être de préférence issus de la nomenclature
systématique mais peuvent être également des
noms semi-systématiques ou triviaux lorsqu'ils sont
bien établis par l'usage.
 Le nom dérivé du précurseur d'un homopolymére
est formé en combinant le préfixe poly avec le nom
du monomère. Quand ce dernier comporte plus d'un
mot ou en cas d'ambiguïté, le nom du monomère
est placé entre parenthèses.
3 - Exemples

3-1 Monomère : l'éthène (formule semi-


développée)

 Nom dérivé du précurseur : polyéthène


 Unité monomère :
(groupe éthylène)
 Motif constitutif : (groupe méthylène)
 Nom systématique du polymère : poly(méthylène)
Structure moléculaire :

Remarque : la formule est


plus souvent utilisée ; elle est acceptable en raison
de son utilisation passée et de la tentative de
conserver une certaine similitude avec les formules
d’homopolymères issus d’autres monomères
dérivés de l’éthène, comme celui de l’exemple 3-2.
Le nom du polymère associé à cette formule
est polyéthylène ; le nom éthylène devrait être utilisé
pour désigner le
groupe divalent seulement, et
non pour nommer le monomère
(éthène)19.
3-2 Monomère : le chlorure de
vinyle (nom
systématique : chloroéthène)

 Nom dérivé du précurseur : poly(chlorure de


vinyle)
 Motif constitutif : ,
ou
 Unité monomère : id°.
 Sélection du motif constitutif
Celui-ci est écrit pour une lecture de gauche à
droite (numérotation des atomes dans le même sens),
le substituant doit être placé sur le carbone de plus petit
indice :
plutôt
que
⇒ Motif constitutif :
 Nom du motif constitutif : tout se
passe comme si l'atome de
chlore se substituait à un
atome sur le carbone numéro
du
groupe éthylène

Nom : 1-chloroéthylène

 Nom systématique du
polymère : poly(1-
chloroéthylène)
Structure moléculaire :
3-3 Récapitulation et autres
exemples
Source : nomenclature des
polymères organiques
monocaténaires réguliers
(recommandations IUPAC 2002
en anglais)19.

Nom
dérivé
du
précurs Nom
Structure
eur systématique
(le préféré
est proposé
en premier)

polyéthè
ne
poly(méthylène)
polyéthy
lène

poly(chl
poly(1-
orure de
chloroéthylène)
vinyle)

polystyr poly(1-
ène phényléthylène)
( : groupe phényle)
poly(oxy
de poly(oxyéthylèn
* d'éthylè e)
ne)

polyfor
poly(oxyméthylè
maldéhy
ne)
de

poly(but
a-1,3-
poly(but-1-ène-
diène)
** 1,4-diyle)
polybuta
diène

poly(alc
poly(1-
ool
hydroxyéthylène
vinyliqu
)
e) ***

poly(téré
poly(oxyéthylèn
phtalate
eoxytéréphtaloyl
d'éthylè
e)
ne)****

(*) Le
motif
est
constitué de deux sous-
unités : (préfixe oxy-)
et
(groupeéthylène) ;
l'hétéroatome O a priorité sur la
sous-unité carbonée ; il est
placé en première position.
(**) La priorité revient à la sous-
unité la
plus insaturée :
.
(***) Certains polymères sont
obtenus par modification
chimique d'autres polymères de
telle façon que l'on puisse
penser que la structure des
macromolécules qui constitue
le polymère a été formée par
homopolymérisation
d'un monomère hypothétique.
Ces polymères peuvent être
considérés comme étant
des homopolymères. C'est le
cas du poly(alcool vinylique)20.
(****) De nombreux polymères
sont obtenus par réaction entre
monomères mutuellement
réactifs. Ces monomères
peuvent facilement être
visualisés comme ayant réagi
pour donner un monomère
implicite dont
l'homopolymérisation conduirait
à un produit qui peut être vu
comme un homopolymère20.
Le poly(téréphtalate
d'éthylène) est obtenu par
réaction entre l'acide
téréphtalique(acide
dicarboxylique) et l'éthylène
glycol (diol) ; ces monomères
ont réagi pour donner
un monomère implicite.

Notes et
références[modifier | modifi
er le code]

1. ↑ a, b et c Voir les définitions

du
glossaire IUPAC : (en) «

polymer [archive] », IUPAC,

Compendium of Chemical

Terminology (« Gold

Book »), 2eéd. (1997).

Version corrigée en ligne:

(2006-).
et (en) « macromolecule

(polymer

molecule) [archive] », IUPAC

, Compendium of Chemical

Terminology (« Gold

Book »), 2e éd. (1997).

Version corrigée en ligne:

(2006-).
et leurs adaptations en
langue française dans

le JORF du 1er mars


2002 : [PDF] Termes

généraux de la
chimie [archive].

2. ↑ Jean-Pierre Mercier,

Gérald Zambelli, Wilfried

Kurz, « Introduction à la

science des

matériaux » [archive],
PPUR, 3e éd., 1999

3. ↑ a et b OQLF, « La

typographie - Marques de
commerce » [archive], 2002

4. ↑ Le PA-6

(polycaprolactame)

appartient à la famille des

polymères thermoplastique

s techniques (ceux-ci

possèdent des

caractéristiques

mécaniques élevées et
sont très onéreux).
5. ↑ (en) Charles

E. Wilkes, James

W. Summers et Charles
Anthony Daniels, PVC

Handbook, Munich, Hanser

Verlag, 2005 (ISBN 1-56990-

379-4, lire en

ligne [archive]), p. 14

6. ↑ À la différence des

copolymères homogènes

(statistiques ou alternés),

les polymères séquencés


(polymères blocs)

présentent
deux températures de
transition vitreuse,

identiques à celles

mesurées sur

les homopolymères corres


pondants.

7. ↑ Bulletin de l'union des

physiciens, no 790-791

(consacré aux matériaux),

janvier - février 1997,


§ Macromolécules ou

polymères

tridimensionnels,p. 94, Voir

l'article [archive] [PDF].

8. ↑ 1er exemple : l'alcool

polyvinylique, de formule -
(CH2CHOH)n-, n'est pas

obtenu

par polymérisation de

l'énol de formule

H2C=CHOH (éthénol), qui

est instable ; la molécule

d'éthénol est la

molécule monomère conce

ptuelle, mais pas réelle ;


cf. Traité des

Matériaux, vol. 13, Chimie

des polymères, J.-P.

Mercier, E.

Maréchal, PPUR,

1996 (ISBN 978-2-88074-240-

9) p. 382, 383 (E. Maréchal

a contribué à la préparation
du IUPAC :Glossaire des

termes de base en science

des polymères

(Recommandations

1996) [archive]).

2e exemple, choisi parmi


les

composés inorganiques :

dans le cas

des silicones (composés

macromoléculaires

ou oligomères) de formule
générale -(R2SiO)n-, les

molécules monomères

conceptuelles R2Si=O

n'existent pas (elles n'ont

jamais pu être isolées) ;


source : Chimie

inorganique, Huheey.

Keiter & Keiter, De Boeck

Université,

1996, p. 749 (ISBN 978-2-

8041-2112-9) ; voir le titre

« Fabrication » dans

l'article « Silicone ».

3e exemple : un certain

nombre de polymères sont

obtenus par réaction entre

deux monomères

polyfonctionnels, par

exemple

l'hexaméthylènediamine H2

N-(CH2)6-NH2 et l'acide

adipique HOOC-(CH2)4-
COOH. La réaction

s'effectue par étapes ; la

première étape conduit à

un dimère de formule H2N-

(CH2)6-NH-CO-(CH2)4-

COOH (>N-CO- est le

groupe caractéristique
des amides), selon

l'équation :
H2N-(CH2)6-NH2 + HOOC-(CH2)4-COOH → H2N-(CH2)6-NH-CO-(CH2)4-
COOH + H2O.

Ce dimère, qui porte

une fonction amine

primaire -NH2 à une

extrémité et une

fonction acide

carboxylique -COOH à

l'autre, peut être vu


comme unmonomère

implicite, dont la

polymérisation conduit

au polyamide 6-6.

9. ↑ Une unité constitutive de

répétition est la plus petite

unité constitutive dont la

répétition constitue une

macromolécule régulière ;

pour plus de détails, voir

les définitions 1.4, 1.8, 1.14

et 1.15 dans
le IUPAC : Glossaire des

termes de base en science

des polymères

(Recommandations

1996) [archive]. Dans la

version en anglais, on

utilise l'abréviation CRU

pour désigner cette unité

structurale (voir
la (en) version

originale [archive] du

glossaire) ; en français, sa

traduction UCR ne semble

utilisée que pour désigner


l'« unité constitutive

répétitive » des polymères


tridimensionnels (voir par
exemple Analyse physico-

chimique des
polymères [archive]).

10. ↑ Phrases extraites de


l'ouvrage : Chimie

Organique - Une initiation,

J.-P. Mercier, P.

Godard, PPUR,

1995 (ISBN 978-2-88074-293-


5) p. 237

11. ↑ Voir par exemple ce

cours de Faculté de

médecine : « Structures

fonctions » [archive] (2002 -


2003)

12. ↑ « La polymérisation consi

ste en la réunion les unes

aux autres des molécules

d'un composé simple,

appelé le monomère, pour

donner, sans aucune

élimination, un composé de

poids (sic) moléculaire plus

élevé (multiple entier de

celui du monomère),
appelé polymère. Le

nombre de molécules de

monomères soudées les

unes aux autres peut être

très grand (plusieurs

centaines, et même

plusieurs milliers) ; on parle


alors de haut polymère » ;

phrases extraites de

l'ouvrage : « Cours de

chimie organique », P.
Arnaud, Gauthier-Villars,
1966, p. 288. Ou encore :

« oligo : préfixe signifiant

« peu » et utilisé pour les

composés comportant un
nombre d'unités

répétitives intermédiaire

entre celui des monomères


et des hauts polymères » ;

source : R. Panico et

al., Nomenclature et

terminologie en chimie

organique - Classes

fonctionnelles.

Stéréochimie, Techniques

de l'ingénieur,

1996, p. 66 (ISBN 2-85-059-


001-0).

13. ↑ Voir également J.


Angenault La Chimie :

dictionnaire

encyclopédique, Paris,

Dunod, 1995 (ISBN 2-10-002-

497-3) ; consulter

notamment les
articles cellulose et polymé
risation (degré de).
14. ↑ Glossaire IUPAC : (en

) « degree of
polymerization [archive] », IU

PAC, Compendium of

Chemical

Terminology (« Gold

Book »), 2e éd. (1997).

Version corrigée en ligne:


(2006-).

15. ↑ Traité des

matériaux, vol. 1, 3e éd., Int


roduction à la science des
matériaux, PPUR (1999) (IS

BN 978-2-88074-402-1) p. 1,

344, 345.
16. ↑ (en) Pierre-Gilles de

Gennes, Scaling concepts

in polymer physics, Cornell

University Press,

1993, 4e éd.,

324 p. (ISBN 978-0-8014-1203-

5)

17. ↑ 1. IUPAC : Glossaire des

termes de base en science

des polymères

(Recommandations

1996) [archive]

Glossary of basic terms in

polymer
science [archive] ((en),

version originale du

document précédent)
Nomenclature des

polymères, d'après les

recommandations de

l'IUPAC 2001 [archive]


[PDF] Nomenclature des

polymères organiques

monocaténaires

réguliers [archive],
2002 (en)

R. Panico, J.-C.
Richer, Nomenclature

IUPAC des composés

organiques, Masson (1994)

(ISBN 978-2-225-84479-9)

2. JORF : [PDF] Termes

généraux de la

chimie [archive]
Vocabulaire des
polymères [archive] (version

abrégée du document
précédent).

18. ↑ Constitutional repeating


unit (CRU) [archive]
19. ↑ a et b (en) [PDF] Nomen

clature des polymères

organiques

monocaténaires

réguliers [archive],

Recommandations IUPAC

2002. Voir le tableau en


annexe : « 11.2 Structure-

and source-based names


for common polymers »

20. ↑ a et b Voir les définitions

2.4 et
3.3, homopolymères et ho

mopolymérisation dans

le IUPAC : Glossaire des

termes de base en science

des polymères

(Recommandations
1996) [archive].

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externes[modifier | modifier le
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polymères industriels
 Polymère comme
biomatériau osseux
 Nomenclature IUPAC des
polymères traduite en
français
 (en) Un jeu pour
découvrir les polymères
 (en) Polymer & Plastics
Glossary (ajouter une lettre
de a à z en fin d'adresse)
Bibliographie[modifier | modi
fier le code]

 (en) J.M.G. Cowie et


Valeria Arrighi, Polymers:
Chemistry and Physics of
Modern Materials, CRC
Press, 2007, 3e éd.,
499 p.(ISBN 978-0-8493-9813-1)
 J.-L. Halary et F.
Lauprêtre, De la
macromolécule au matériau
polymère, Belin, coll. Échell
es, 2006, 334 p. (ISBN 978-2-
7011-3422-2)

 J.-L. Halary, F. Lauprêtre


et L. Monnerie, Mécanique
des matériaux polymères,
Belin, coll. Échelles, 2008,
432 p.(ISBN 978-2-7011-4591-4)
 Rémi Deterre et
Gérard Froyer, Introduction
aux matériaux polymères,
Paris, Tec & Doc
Lavoisier, 1997,
212 p.(ISBN 2-7430-0171-2)
 Michel Fontanille et
Yves Gnanou, Chimie et
physico-chimie des
polymères, Dunod, coll. « S
ciences
Sup », 2014, 3e éd.,
576 p.(ISBN 978-2-10-058915-9)
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v·m

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synthétique / Élastomère • Élastomère thermoplastique • Élastomè
silicone • Plastomère •Thermoplastique • Thermodurcissable • Po
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Caractéristiques
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