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CHAPITRE VIII

APPLICATION DES METHODES


EXPERIMENTALES DANS DES STRUCTURES EN
BETON ARME

111
FLEXION SIMPLE

POUTRE BETON ARME

1. But des essais

- Observation du comportement d’une poutre en béton armé


soumise à la
flexion simple, sous charges croissantes .
- Validation des hypothèses du calcul en phase « élastique
linéaire » :
- comportement avec fissuration ,
- apparition et développement des fissures,
- comportement après fissuration jusqu’ à la charge de service .
- Validation des hypothèses du calcul jusqu’ à rupture :
- Mise en évidence du « palier de plasticité »,
- ductilité en flexion,
- analyse du mécanisme de ruine .
- Réflexion sur les notions d’Etats limites de service et d’Etats
limites Ultimes

2. Pièce d’essai

L’essai est effectué sur une poutre en béton armé de 2.80 m de portée, de
section 15 cm x 28 cm .
Les armatures sont indiquées à titre indicatif sur la figure ci-jointe et devront
être vérifiées lors de fabrication.

3. Essai

Le chargement est réalisé par deux charges concentrées suivant le schéma ci


dessous :

P
P

80 120 80

figure 1 – schéma de la structure


L’appareillage permet de mesurer :
• la flèche centrale,

112
• les rotations de la d’appuis,
• la déformation de la fibre supérieure de béton,
• la déformation des armatures longitudinales,
• la largeur ( ouverture ) des fissures,

les courbes efforts-déformations seront tracées au fur et à mesure du


chargement .

Un relevé précis de la fissuration sera effectué sur une face de la poutre .


4. Indication pour les calculs préalables nécessaires

Diagrammes théoriques moments-courbures en phase « élastique linéaire


»:
Préciser la valeur du coefficient d’équivalence « n » à prendre en compte pour
un chargement de courte durée .
Calculer I pour la poutre non fissurée (It ) puis pour la poutre fissurée (It) .(voir
annexe )
Tracer les deux diagrammes correspondants de la courbure =1/r = M / (EI) .
On précisera la charge théorique de fissuration et on indiquera la transition sur
les diagrammes précédents .
Charge admissible vis à vis des Etats Limites de Service :

(tenir compte du poids propre et du poids du chevêtre )


la déterminer dans trois hypothèses suivantes :
- la fissuration est considérée comme peu préjudiciable (8b ≤ 8b admissible
);
- la fissuration est considérée comme préjudiciable (8b idem et 8s ≤ 8s
admissible
Art . 4.5.33. ) ;
- la fissuration est considérée comme très préjudiciable(8b idem et 8s ≤ 8s
admissible
Art . 4. 5. 34.)
On fera les remarques nécessaires concernant les dispositions constructives
correspondantes .
Vérifier si ces charges sont compatibles ou non avec une limitation de la flèche
(On admettra ici que la flèche due à la seule charge P doit rester inférieure à L /
500.

Charge de rupture :
On peut utiliser la méthode donnée en annexe ( les caractéristiques des
matériaux à prendre en compte sont les valeurs réelles les plus probables )

Charge de calcul vis à vis de I’Etat limite Ultime en flexion :


Même méthode ( les caractéristiques des matériaux à prendre en compte sont les
valeurs "de calcul "définies par le B.A.E.L.) .

113
Ouverture des fissures :
Voir l’annexe C6 des Règles « B.A 68 » ou l’article 4.4.2 de l’EC2 ( ENV 1992
). Préciser la charge conduisant à une ouverture théorique des fissures de 0.3
mm ( voir EC2 art. 4.4.2.1 ).

Flèche et rotations d’appuis pour la charge de service :


Par simplification, on pourra supposer que le moment d’inertie est constant le
long de la ligne moyenne ; on distingue la phase « linéaire élastique sans
fissures » et celle « linéaire élastique avec fissures ».
2 HA6
L = 2.95m

Cadre HA8

28

1.5 2 HA14

15
12.5 12 14 14 14 14 15.5 27 27

1.50m (longueur totale de la poutre 3.00m)

figure 2- poutre en béton armé

114
2- COMPRESSION SIMPLE
POTEAU EN BETON ARME

1.Objectifs des essais

Étude du comportement d’une pièce armé soumise à la compression simple,


sous charge de service puis jusqu’ à la rupture.

Réflexion sur le rôle des différentes armatures.

Illustration de cas de rupture fragile et de rupture ductile et réflexion sur les


conséquences pratiques dans un ouvrage en béton.

2 . Pièces d’essai

Elles sont constituées par trois prismes en béton (voir schéma ci-après)
comportant :
P1- des armatures longitudinales (4T 16) et transversales (espacées de 24
cm)
P2- des armatures longitudinales seules (4T 16).
P3- des armatures longitudinales (4T 16) et transversales (espacées de
5cm).

3. Essai

Chaque prisme est soumis à une charge centrée croissante, jusqu’à rupture.

Un comparateur permet de mesurer le déplacement relatif des plateaux de la


presse.

La courbe effort-déformation sera tracée au fur et à mesure du chargement.

Une attention particulière devra être apportée à l’observation du mode de


rupture.

4 . Indication pour les calculs préalables nécessaires (Elément P2


seulement)

Effort de compression « de service » : on suppose que la contrainte du béton


atteint la contrainte admissible à I’ELS (voir le BAEL). On admettra que la
compression est parfaitement centrée et que les effets du second ordre sont
négligeables.

Effort de compression « Ultime » : correspond à la capacité que l’on


obtiendrait si les caractéristiques mécaniques des matériaux étaient égales aux

115
valeurs « de calcul ».On pourra appliquer la Règle B.8.4.du BAEL et considérer
de plus que l’élément est bi-articulé.

Effort de compression de rupture : correspond à la charge de rupture la plus


probable. On pourra appliquer la règle précédente (voir l’annexe 3), en faisant
abstraction des coefficients de sécurité et en introduisant pour caractéristiques
mécaniques les plus probables au lieu des valeurs nominales. (La résistance du
béton sera contrôlée le jour de l’essai à l’aide d’éprouvettes de compression ;
pour l’acier on admettra la même limite d’élasticité que dans le cas de la poutre
armée).

4
5

24

4T16 L=86
20

90 24 20

24
16.5

16.5
5
4
20 6 cadres 6 L = 80

figure 3 compression simple sur les poteaux (éprouvette N° 1)

NB : pour l’éprouvette N°2 : enlever les 2 cadres centraux et l’éprouvette N°3 :


mettre les cadres tous les 5 cm

116
NOTIONS SUR LA CHARGE DE RUPTURE EN COMPRESSION
SIMPLE

1. Hypothèses générales

a)La rupture se produit lorsque le raccourcissement du béton atteint 2 ‰.


b) Les armatures subissent les mêmes déformations que le béton, soit également
2 ‰ au moment de la rupture. Elles sont donc dans leur domaine élastique et
leur contrainte est ainsi :
8s = 2*105 MPa *2 ‰ = 400 MPa ( si fe K400 MPa )

2. Valeur de la charge de rupture

La charge de rupture en compression parfaitement centrée serait :


NR0 = Bfc + A* 400 MPa

Cependant, même pour des éléments très courts, les effets du second ordre ne
sont pas toujours négligeables. Pour en tenir compte, on peut s’inspirer de la
formule simplifiée des règles BAEL « B8.4 ». Cette formule s’écrit :

Nu = 0.85f(C).(Br.fc28/(0.9.Fb) + A fe/Fs ) = f(C) . (Br. 0.85fc28/(0.9.Fb) + A.


0.85fe/Fs )

f(L) tient compte de l’élancement (effets du 2nd ordre): f(C) = 1/[1+(C/35)2] si C


50 )

L’élancement L est défini par L = Lf / i où Lf est la longueur de flambement et i


le rayon de giration calculé dans le plan de flambement considère.

Pour l’essai réalisé, on pourra admettre pue L f = la distance entre les plateaux
de la presse = la longueur des éléments testés et pue et pue
I = (I / S)1/2 avec I = bh3 /12 et S= bh
Le coefficient 0.85 appliqué au béton tient compte de l’effet défavorable des
charges maintenues et le coefficient 0.9 tient compte de l’augmentation de
résistance du téton au delà de 28 jouer.
Ces deux coefficients ne sont pas à prendre en compte pour un essai de courte
durée.

117
Br est la section réduite du poteau obtenue en déduisant de sa section réelle un
centimètre d’épaisseur sur toute sa périphérie. (Prise en compte d’incertitudes
géométrique et d’une éventuelle mauvaise pu alité du béton de peau) . Cette
correction ne se justifie par non plus dans le cadre de nos essais.
Le terme 0.85 fe / s peut constituer une approximation de s=400 MPa
Le coefficient de sécurité b prend la valeur 1.5 pour le calcul de Nu et la valeur
1 pour le calcul de Nr
On obtient donc finalement pour formule prédictive de la charge de rupture :
NR = { 1 / [ 1 + ( /35)2 ] } x NR0.

118
3- EFFORT TRANCHANT
POUTRE EN T

1. But des essais

La fissuration des poutres en béton armé par l’effort tranchant entraîne une
redistribution très importante des efforts internes. La modélisation
habituellement retenue pour tenir compte de ce phénomène est celle du
treillis de Ritter-Mörsh, en supposant la formation de « bielles de béton »
inclinées d’un angle = 45°. Dans ce modèle, les armatures transversales
équilibrent la totalité de l’effort tranchant le long d’une fissure à 45°.

On sait cependant que l’angle peut s’écarter de cette valeur et que le béton
comprimé de la zone supérieure de la poutre équilibre une partie de l’effort
tranchant, par un phénomène nom encore parfaitement élucidé. Une
explication possible est le développement d’un « effet d’arc » .

Les objectifs de ces essais sont, en particulier :

1- de valider (ou non) la modélisation de Ritter-Mörsh l’observation


« qualitative » du comportement d’une poutre fortement sollicitée à
l’effort tranchant,
2- de mesurer les écarts par rapport à cette modélisation en ce qui
concerne :
- les contraintes de traction dans les armatures transversales,
- les contraintes développées à l’appui
- dans l’armature longitudinale et
- dans la bielle d’appui,
- les contraintes de compression dans les bielles courantes

2. Pièces d’essai

La poutre T1 (voir le schéma) est équipée de jauges électriques


d’extensomètre permettant de mesurer les déformations des armatures
longitudinales et transversales ainsi que celles des bielles de béton.

3. Essai

La poutre, reposant sur deux appuis simples, est chargée jusqu’à rupture au
moyen d’une charge « concentrée » ( qui est en réalité répartie sur une petite
plaque ). Le chargement est dissymétrique de façon à prévoir la zone de
rupture. ( voir figure ci-après )

119
P

0.45 L 0.55 L

figure 4 – schéma de la structure


La portée L est de 2 m entre axes des appuis. Les plaques d’appui ont une
largeur de 0.15 m. La charge est appliquée sur un bloc métallique de 0.30 m de
largeur.

4. Indications pour les calculs préalables nécessaires

Ces calculs doivent permettre de tracer les diagrammes théoriques de


déformation correspondant à chaque point de mesure.

Il sera utile de préciser la charge nominale Q que l’on peut appliquer à la poutre.
Pour cela, on évaluera sa charge Ultime Qult (Suivant le BAEL), compatible avec
le ferraillage longitudinal, le ferraillage transversal et les conditions d’appui. On
admettra que Q = Qult /1,5 (fissuration comme peu préjudiciable, béton
surabondant)

200
90

8 15 120 15 8
160
10 14cm x15 10

120
40

4
40
6

figure 4 – effort tranchant

121
4- POUTRE PRECONTRAINTE

1. But de l’essai

Cet essai constitue une « introduction » à l’étude du béton précontraint.

Il permet de montrer en particulier :


- le principe du béton précontraint, sa réalisation pratique, les calculs de base,
- le comportement expérimental d’une telle structure (régime « élastique »,
fissuration,
plastification des armatures, rupture).

De plus cet essai permettra d’engager une réflexion sur les avantages et les
inconvénients de ce procédé par rapport au béton armé et d’en déduire son (ou
ses) domaine (s) d’application optimal.

2. Poutre d’essai

Le schéma de la poutre d’essai, précontrainte par post-tension, est donné ci-


après. On remarquera que les poutres précontraintes de cette taille utilisent
habituellement la technique de la prétention par fils adhérents et gardent une
section rectangulaire. Il faut donc considérer cette poutre plutôt comme un
«modèle réduit» d’une poutre réelle qui serait de grande portée.

3. Essai

L’essai est effectué comme pour la poutre " Béton Armé" (mesure des flèches,
rotations d’appuis, déformations du béton en fibre supérieure et inférieure,
déformation moyenne au niveau de l’acier).

Le programme de chargement proposé est le suivant :


- montée en charge jusqu’à la valeur " de service" puis déchargement ;
- déchargement jusqu’à 0.75 (Pr = charge de rupture) puis déchargement ;
- déchargement jusqu’à rupture.

4. Indications pour les calculs préalables nécessaires

Caractéristiques géométriques de la section (1) :


- section nette et moment d’inertie de la section nette : déduire les trous des
gaines ;
- section homogénéisée et moment d’inertie de cette section : coefficient
d’équivalence n 6.
Contrainte à vide
- tenir compte de la précontrainte *, du poids propre, du poids du chevêtre
(voir annexe 4).

122
* Les pertes de précontrainte sont d’environ 5% seulement dans les conditions
de fabrication du laboratoire.

Moment de service :
- nous le supposerons ici confondu avec le moment de "décompression" qui
correspond au retour à zéro des contraintes du béton de la fibre inférieure
(« classe l »).

Moment de fissuration :
- On admet que la fissuration apparaît dès que la contrainte de traction en
fibre inférieure atteint la résistance en traction du béton ( ft ) .

Moment rupture :
- On pourra admettre que la contrainte dans l’armature (de section Ap)
atteint pratiquement 8p = 1600 Mpa. Il suffit alors de déterminer la
position de l’axe neutre dans l’hypothèse d’un diagramme rectangulaire
des contraintes dans le béton puis d’en déduire le bras de levier z des
forces internes. On a ainsi Mr =Nb x z = Np x z, avec
Np = Ap x 8p (voir annexe 2 pour plus de détails).

Flèche et rotation d’appuis :


- Calcul seulement en régime élastique, sans fissuration. (voir annexe 1 si
nécessaire)

123
Cadre 6

28
9

4
figure 5- poutre précontrainte

NB : Pour ces calculs, une grande précision n’étant pas exigée, on pourra
supposer que le centre de gravité est confondu avec celui de la section
apparente de béton seul

NOTIONS DE BASE en B.P

L’action d’un câble de précontrainte équivaut pour la section de béton à une


force extérieure de compression appliquée au C.D.G. des câbles, et égale à la
tension totale de ceux-ci.

G N
e = G

N
Mp =N.e

Le diagramme des contraintes, en charge, résulte de la superposition des deux


diagrammes I et II.

124
I- A VIDE II- ACTION DES III- TOTAL EN
CHARGES CHARGE
1 1 1

V1
C. de G. V
2
2

2 2

N Ms
MP+ Ms
Mp =N.e
’2 1= Ms v1 / I
} = N/S ± M.v/l 1= 1+ 1
’1 2= Ms v2 / I
2= 2 + 2
(M = Mp N.e)
1Y b admiss
’1 0
2K 0
’2 b admiss.

125
DIAGRAMME CONTRAINTES – DEFORMATION DES ACIERS

a daN/mm2

Ea = 20500 daN/mm2

150 I50

140

ACIER DE PRECONTRAINTE BBR 8 mm

100
.103

I0 I5
20

Figure 6- Courbe expérimentale moyenne

126
5- ADAPTATION
POUTRES HYPERSTATIQUES

1. But des essais

L’ « adaptation » est un phénomène implicitement admis et utilisé dans la


plupart des constructions en béton armé.

Il conduit à une « redistribution » des efforts internes, c’est à dire à des


valeurs de sollicitations différentes de ce que l’on obtiendra avec un modèle
élastique linéaire.

Ce phénomène est dû aux variations de la rigidité des sections en raison de


non-linéarités dues essentiellement :
- à la fissuration du béton tendu et
- à la « plastification » des armatures, au delà d’une certaine charge.

Les essais ont pour but de mettre en évidence l’adaptation dans des poutres
hyperstatiques et de montrer son intérêt pratique.

2. Pièces d’essais

Deux poutres continues, reposant sur trois appuis simples, seront essayées.
Les schémas de ferraillages sont montrés ci-après.

Ces deux poutres présentent des ferraillages différents mais ont été calculées
pour résister à la même charge en tenant compte du phénomène d’adaptation.

3. Essais

Le mode de chargement est montré sur la figure ci-après.

L’essai est mené jusqu’à rupture. L’appareillage permet de mesurer :

- l’évolution des flèches,


- l’ouverture des fissures,
- la réaction de l’appui de gauche.

P 1.50 P

2.00 2.00

figure 7 – schéma de la structure

127
4. Indication pour les calculs préalables

On déterminera tout d’abord les moments de rupture des sections sur appuis
et en travées.

En admettant que ces moments puissent être atteint simultanément, on en


déduira la charge de rupture correspondante pour chaque poutre. Pour cela, il
devra être tenu compte de la largeur de la plaque d’appui central et des
plaques de chargement (15 cm), en admettant que le moment de flexion reste
constant au droit de celles-ci.

De la même façon, on pourra déterminer la charge ultime de calcul (BAEL)


et en déduire la charge nominale en supposant que la fissuration n’est pas
préjudiciable.

Préciser ce qui pourrait limiter la redistribution des sollicitations.

2 HA 10 Chapeaux 2 HA 10 + 1 HA 6 L = 150cm

4 HA 8 L = 206 cm 2 6 L = 202 cm

10 200 Emplacement des cadres :


8*8 + 5*22 = 174cm 13.5 10 5
7.5

32 cadres
11 x 24
28

15

figure 7- poutre hyperstatique N°1

128
2 HA 10 Chapeaux 2 HA 14 L = 190cm

2 HA 8 + 1HA 6 L = 206 cm 2 6 L = 202 cm

10 200 Emplacement des cadres :


6.5 9*7 +20+ 4*23 = 175cm 13.5 10 5

34 cadres
11 x 24
28

15

figure 8- poutre hyperstatique N°1

129
ANNEXES
CALCUL DES DEFORMATIONS DES POUTRES B.A

1. Rappels théoriques
Le calcul des déformations peut par exemple être effectué par l’utilisation
des formules de Bresse.
On montrera que pour une poutre droite reposant sur deux appuis simples,
symétriquement chargée et d’inertie variant symétriquement par rapport au
milieu de la poutre, la rotation d’appui s’écrit :
1/ 2
(x =0) = (1/r(x)) dx,
0

Et la flèche à mi-portée est :


1/ 2
f(x=1/ 2) = (1/r(x)) x dx,
0

l = portée de la poutre ;

(1/r) x désigne la courbure de la poutre déformée, à l’abscisse x : (1/r) x =


M(x)/ EI (x)

0 (x = 0) L
x

figure 9- schéma de la structure

Application au cas d’une poutre en béton, non fissurée


(de section rectangulaire constante) .

Le moment d’inertie est celui de la section totale rendue homogène, It.


Le principe d’homogénéisation conduit à remplacer une section A d’acier
par une section équivalente de béton égale à nA où n est le « coefficient
d’équivalence ».
On montre que :
n = (Es / Eb) –1 le terme –1 provient du fait que l’acier remplace une même
section de béton
qu’il faut donc déduire, en toute rigueur )

130
(ES = mod . d’élast . de acier, Eb =mod . d’élast . du béton)

On peut alors calculer It par la formule approchée :

It= ( bht3 / 12 ) + n A e2

y
h/2 G Axe neutre
. h h
d
e

b b

Section non fissurée Section fissurée

3. Cas d’une poutre fissurée

a) Moment d’inertie d’une section fissurée

La position de l’axe neutre se calcule par : b .y2/2 = nA(d-y) ;

Le moment d’inertie par : If = by3 /3 + n A(d-y)2

Le coefficient d’équivalence de l’acier tendu prend ici sa valeur réelle : n =


Es/ Eb ( le béton tendu étant fissuré, il n’intervient plus dans les et le terme –l
disparaît )

b) Courbure moyenne dans une zone fissurée

Du fait de l’adhérence acier- béton qui s’exerce dans les tronçons limitée par
deux fissures, la déformation moyenne de l’acier se trouve inférieure à celle
calculée dans une section fissurée ; elle peut être calculée par :

\sm = \sf – ft /(2E a f)

131
\sf étant la déformation de l’acier calculée dans une section fissurée, ft la
résistance en traction du béton, f le "pourcentage de fissuration ". f se
calcule par : f =A/Bf.
Bf désigne la section d’enrobage : Bf = 2bc . ( voir figure ci-après )

2c c

(Si l’on admet que la section Bf supporte une contrainte moyenne égale à ft
/2, l’effort moyen transmis à l’acier est Bf . ft /2, soit une contrainte de (Bf . ft
/2 ) /A . déformation moyenne de l’armature se trouve donc diminuée de
]\s= (Bf . ft /2 ) / (Aes) = ft (2ES (f)

la courbure moyenne s’écrit :

( 1/r ) moy = ( \b moy + \s moy )/ d = [ \bf + (\sf – ]\s)]/d

` [ \bf+ (sf –ft / (2ES (f ) ]/d;

soit ( 1/r ) moy = M / Eb If – ft/ 2dE f

\bf et \sf étant les déformations du béton et de l’acier calculées dans une
section fissurée.

C) flèche et rotation d’appui d’une poutre fissurée

Il convient théoriquement de tenir compte de ce qu’une partie de la poutre est


fissurée, l’autre non. Pour simplifier le calcul, on pourra supposer que la
poutre est entièrement fissurée. (Les formules de Bresse permettent
cependant un calcul numérique assez rapide sans faire cette simplification.
L’écart est faible dans le cas de la poutre d’essai .)

132
CALCUL DU MOMENT DE RUPTURE

I Hypothèses générales

1. Les sections droites de béton demeurent planes ; les armatures solidarisées


avec le béton subissent les mêmes déformations que celui ci .

2. On admet que la rupture du béton se produit, en flexion pure, lorsque son


racornissement atteint 3.5% sur la fibre la plus comprimée .

3. La résultante Nb des efforts de compression dans le béton vaut :

Nb = 0.81 b y fc (notations de la figure ci-dessous )


fc étant la résistance en compression simple du béton .

4. Calcul du moment de rupture ( Béton Armé )


L’équilibre s’écrit :
bu= 3.5 % fc
y 0.416y Nb = 0.81 b y fc

d
h Z = d- 0.416 y

s s Ns
b

NS = Nb = 0.81 b y fc (1)

Mr = Nsz = A8S(d- 0.416 y ) (2)

Pour une section normalement armée, l’acier atteint sa limite d’élasticité avant
que le béton comprimé n’atteigne sa déformation de rupture. L’effort dans
l’acier reste alors constant et égal à NS = A fe . Lorsqu’ on atteint la déformation
de rupture de béton on donc écrire :

0.81 b y fc =A fe , d’où y .

La formule (2) permet alors de calculer Mr

133
III Cas du béton précontraint

Dans ce cas le diagramme des déformations du béton ne donne, pour l’acier de


précontrainte, que sa variation d’allongement . Il convient donc, avoir
déformation totale, d’y ajouter une déformation initiale qui correspond
allongement atteint au moment de la décompression du béton adjacent .

bu=3.5 %0

Nb
Diagramme des
déformations à la rupture
d
Diagramme des
déformations à vide

Np
2 p 1 p pi 0

Origine des déformations


des aciers de précontrainte

Figure 10- diagramme des déformations

La déformation totale de l’armature de précontrainte est :

p = pi + 1 p+ 2 p.

est la déformation initiale de l’armature de la précontrainte, calculée par


pi
la formule :

pi = pi / Ep ( pi est la tension des armatures de précontrainte, calculée à vide en


tenant

compte des pertes de tension; Ep= 2.106 de N/cm2 est le module d’élasticité de
ces armatures )

1 est allongement qui accompagne le retour à zéro des contraintes dans le


p
béton au

niveau des armateurs .Si ’b est la contrainte de compression à vide au niveau


considéré, on a
1 p= ’b Ep .

134
2 p est l’allongement de l’armature au delà de la décompression du béton .

Si l’on connaît 2 p, on peut déterminer y ainsi que :

- p, lu sur le diagramme de l’acier de précontrainte ;

- Np = Ap ’b, Ap étant la section de l’armature;

- Np= 0.80 by fc

On devra écrire :

-Np = Nb

-Mr = Npz = Np ( d – 0.416 y )

-En pratique, 2 p doit être recharge par approximation successives jusqu’ à


que Np= Nb

lorsqu’une grande précision n’ pas indispensable, admettre :

- p= 1600 MPa,

- Nb = 0.8 b.y fc = Ap p, d’où:

- Y = Ap p / 0.8 b fc

- Mr = Ap p ( d- 0.4 y )

V Cas de section en I ou T

Lorsque pour ces section l’axe neutre ne pas dans la “ table de compression “
on pourra, pour calculer Nb , supposer un diagramme de contraintes b
=constant = fc sur une hauteur 0.8 y et b = 0 ailleurs.

135