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TRAITEMENT DU GAZ

GENERALITES

La réduction de la teneur en constituants indésirables du gaz à


traiter peut être effectuée par différentes techniques de séparation
mettant en oeuvre divers principes rassemblés dans l'encadré
suivant :

 Absorption par lavage avec un solvant :


- physique
- chimique
 Absorption sur lit fixe jusqu'à saturation :
- masses épurantes (oxydes métalliques)
- charbons actifs imprégnés
 Adsorption/désorption sur lit fixe
 Fractionnement par condensation (refroidissement)
 Perméation gazeuse

I-ABSORPTION PAR LAVAGE AVEC UN SOLVANT

Le gaz à traiter circule, sous pression, à contre-courant avec un


solvant plus ou moins sélectif dans une colonne à plateaux ou à
garnissage appelée « absorbeur ». Le solvant arrivant en tête de
colonne est pur puis se charge en impureté en descendant par
gravité dans la colonne. Ainsi, en jouant sur le débit de solvant et le
nombre de plateaux ou la hauteur de garnissage dans la colonne, il

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est possible d'amener le gaz sortant en haut de l'absorbeur à la
spécification désirée.
Suivant la nature des espèces indésirables, le solvant est :
- soit un solvant physique agissant par simple dissolution en fonction
de coefficients de partage gaz/solvant privilégiant la solubilisation
des constituants à éliminer dans le liquide de lavage ;
- soit un solvant chimique réagissant sélectivement pour former un
complexe avec l'espèce à retirer du gaz.
Le nombre de plateaux nécessaire pour obtenir une
spécification donnée en sortie est déterminé généralement en
considérant dans un premier temps une colonne constituée d'étages
théoriques.
Un étage théorique est un étage d'où les phases gaz et liquide
de lavage sortent en satisfaisant les conditions de l'équilibre
thermodynamique. La conversion en plateaux réels se fait en tenant
compte de l'efficacité réelle du type de plateau utilisé et la
conversion en hauteur de garnissage se fait sur la base de la notion
de hauteur équivalente à un plateau théorique (HEPT) ou de la
notion empirique de hauteur d'unité de transfert.
Le solvant sortant du bas de la colonne est chargé en impuretés
retirées du gaz (solvant riche).
Il est d'abord partiellement régénéré par simple détente, pour
récupérer le gaz naturel dissous, puis sa régénération se poursuit
dans une autre colonne à garnissage où sont réalisées, suivant le
type de liquide de lavage, des opérations de distillation, de
décomposition du complexe chimique formé, et de stripping au gaz
naturel ou à la vapeur.
Après avoir été refroidi, pour favoriser sa capacité d'absorption,
le solvant régénéré (solvant pauvre) est recyclé sous pression en
tête d'absorbeur par une pompe de reprise.

II-ABSORPTION SUR LIT FIXE SOLIDE JUSQU'A


SATURATION

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Ce type de procédé met en oeuvre dans un simple absorbeur
une charge solide se présentant sous forme de grains ou de
bâtonnets à travers lesquels circule le gaz à traiter.
L'absorbant favorise la transformation chimique de l'impureté à
éliminer en une autre espèce chimique qui reste piégée dans la
charge.
Après saturation de la charge, cette dernière est remplacée par
une charge neuve du fait que ces absorbants ne sont pas
régénérables in-situ.
Ce principe correspond au fonctionnement des « masses épurantes
» et des « charbons actifs imprégnés » qui est précisé au § 4.1.1
pour des traitements de désulfuration.

III-ADSORPTION/DESORPTION

Ce type de procédés met en oeuvre une phase solide, sous


forme de grains, ayant une très grande surface spécifique au contact
de laquelle sont retenues préférentiellement les impuretés à
éliminer.
Contrairement aux absorbants solides, il n'y a aucune
transformation chimique et seuls des phénomènes d'adsorption puis
de désorption sont mis en jeu. Il s'agit
en fait d'un même phénomène de surface réversible en fonction des
conditions de P et T soumises à l'adsorbant ce qui permet de réaliser
alternativement pour une charge donnée des cycles d'adsorption
(traitement du gaz) et de désorption (régénération).
Contrairement aux liquides de lavage, les adsorbants se prêtent
mal à une circulation en continu (pour une régénération en dehors
de l'absorbeur) et sont utilisés en lit fixe selon une séquence
périodique nécessitant l'utilisation simultanée d'au moins deux
charges : un lit opère en adsorption tandis que l'autre subit une
séquence de régénération avec un gaz de balayage, les deux lits
étant commutés périodiquement.

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EZTHJ

V-FRACTIONNEMENT PAR REFROIDISSEMENT ET


CONDENSATION

Ce principe, illustré par l'encadré ci-dessous correspondant au


procédé IFPEXOL (IFP), consiste à refroidir le gaz pour retirer les
espèces indésirables par condensation puis séparation liquide/gaz.
Ce principe très simple est surtout intéressant sur des sites de
production de gaz lorsqu'il existe une réserve de pression disponible
mise à profit pour obtenir par simple détente le froid nécessaire.
Ce principe de fractionnement par condensation à froid est
surtout utilisé pour éliminer l'eau et la gazoline qui sont
récupérées dans un séparateur.
L'injection préalable d'un inhibiteur de formation d'hydrates
(glycol ou méthanol) s'impose avant de refroidir le gaz.
Après condensation et séparation, cet inhibiteur est
partiellement régénéré puis recyclé.

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PERMEATION GAZEUSE

Cette technique, illustrée ci-dessous, met en jeu une membrane


de grande surface qui doit être très perméable aux impuretés à
séparer, sous l'effet de la pression partielle de part et d'autre de la
membrane, et très peu perméable au méthane.
Les membranes sont réalisées en polymères poreux souvent
vitreux : dérivés d'acétate de cellulose, polyamides, polyimides,
polyéthersulfones... Chaque membrane est caractérisée par des
coefficients de perméabilité qui traduisent les débits de perméation
des différentes espèces présentes dans le gaz et par la sélectivité de
perméation entre deux constituants donnés (la sélectivité est égale
au rapport de leurs coefficients de perméabilité).
Du fait de la nécessité de mettre en oeuvre de très grandes
surfaces (milliers de m²), la mise en oeuvre de cette technique se
fait par la juxtaposition de modules industriels dont les plus
répandus sont des deux types suivants :
- modules à membranes planes enroulées en spirale autour d'un
tube collecteur ;
- modules à faisceaux de fibres creuses permettant d'obtenir des
encombrements
satisfaisants (1000 m2/m3).
Pour l'instant ce type de procédé est peu utilisé dans l'industrie
gazière. Par exemple, il apparaît qu'il est encore environ 3 fois trop
coûteux pour être compétitif dans le domaine de la déshydratation
du gaz naturel par rapport au procédé classique de lavage au
TriEthylèneGlycol.