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CAUSES

COMMUNES
BIMESTRIEL DES SOCIALISTES
VILLE DE GENÈVE

Le
juste prix
du logement
JUIN / JUILLET 2010 19
2 ÉDITORIAL SITUER 3

CHAQUE VOIX PRENDRE LE PARTI


COMPTE DU LOGEMENT
LA RÉDACTION : SANDRINE SALERNO
OLIVIA BESSAT, VIRGINIE KELLER, MAIRE DE LA VILLE DE GENÈVE
FÉLICIEN MAZZOLA, SYLVAIN THÉVOZ ILLUSTRATION ALOYS
ILLUSTRATIONS ALOYS

Causes communes est le journal des so- des locataires aux côté de l’ ASLOCA ( As- Pour les socialistes, le droit au logement A Genève, la situation en nève  ( GIM )  recense 2900 dossiers de per- tion dramatique   : familles habitant dans
cialistes de la Ville de Genève. Nos objec- sociation suisse des locataires  ) et lutté doit passer avant le droit à la propriété. sonnes en attente de logement. des foyers, vivant à plusieurs dans de très
matière de logement est petits appartements, ou dormant à l’hôtel,
tifs ? Informer sur les actions menées par contre la spéculation immobilière parti- Pour cela, seule une politique de munici-
les socialistes, partager des propositions, culièrement agressive sur notre territoire palisation du sol est crédible. Qui fait en- dramatique. Face à cela, les L’augmentation constante des prix des pères divorcés ne pouvant plus accueillir
loyers n’est pas une fatalité. Les associa- leurs enfants car leur logement est trop
relayer les préoccupations, découvrir des exigu. core confiance aux propriétaires privés, municipalités de gauche ne
tions de protection des locataires, le Parti petit, femmes fuyant des violences conju-
associations qui s’engagent concrètement capables de mettre sur le marché des 4 se contentent pas d’observer socialiste et ses alliés à gauche ont com- gales.
sur des causes importantes et communes, Au sein du parlement genevois, les socia- pièces à 5’000 francs, pour répondre aux
passivement l’immobilisme battu avec force les différentes attaques
mobiliser autour de projets progressistes, listes refusent systématiquement toute besoins de la population en matière de lo- menées par les milieux immobiliers, et ga- Un droit fondamental
mener des débats publics et écouter vente de parcelles ou de propriétés à des gement  ? L’économie libérale a prouvé ces du canton, mais se battent au gné sur de nombreux points. Mais le rap-
Le droit au logement est un droit fonda-
chaque voix qui souhaite critiquer, échan- privés, conscient-e-s que la terre est au- dernières années son incapacité à partager quotidien. Les obstacles sont port de force entre une régie et des loca-
mental, inscrit dans notre Constitution.
ger, dénoncer, lutter, construire ensemble. jourd’hui la richesse et donc l’enjeu prin- les richesses équitablement et elle n’a nul- taires est toujours au désavantage de ces
malheureusement nombreux. L’ État a donc le devoir de concrétiser ce
cipal de notre canton. Indispensable à la lement l’intention de partager le sol gene- derniers. Les régies bénéficient de moyens
droit et de garantir un accès à un logement
Pour ce numéro 19, Causes communes construction de logements et d’équipe- vois. considérables de pression, jouant à la li-
Les efforts des collectivités pour mettre pour toutes et tous, quel que soit le reve-
change sa présentation grâce aux propo- ments publics, la maîtrise du sol permet mite de la légalité afin d’essayer d’augmen-
à disposition des logements sociaux don- nu. Force est de constater que la politique
ter les prix, de se séparer des  «  mauvais
sitions des graphistes de l’atelier « Su- aussi la mise à disposition d’espaces aux La Ville de Genève, avec les autres villes nent des résultats insuffisants, alors qu’il y d’aménagement et de logement menée par
locataires  »  ou de faire payer à ceux-ci les
percocotte » qui ont pris le relais d’An- petites et moyennes entreprises, donc le et communes de gauche du canton, déve- a urgence à répondre aux besoins de celles le magistrat libéral Mark Muller ne vise
charges d’entretien qui reviennent natu-
ne-Christine Duss que nous remercions développement d’une économie de proxi- loppe des solutions locales et concrètes : et ceux qui sont les plus précarisés. Voilà pas à concrétiser ce droit constitutionnel.
rellement aux propriétaires. Au final, on se
chaleureusement pour nous avoir accom- mité moins sensible aux crises financières fondations publiques, droits de superficie, pourquoi la gauche et les socialistes se doi- retrouve avec des locataires en situation
pagnés avec patience et créativité. Nous qui secouent le monde. logements sociaux, acquisitions de ter- vent d’agir ! Volonté politique
précaire craignant de perdre leur bail et
espérons que ces changements vous plai- rains et d’immeubles, logements sociaux des prix qui prennent l’ascenseur. A ce jeu Alors que le canton s’empêtre de son plein
ront et que vous continuerez à lire avec Le Conseil d’Etat soutient une économie municipaux. Une lutte inégale là les locataires n’ont quasiment aucune gré dans l’immobilisme, les collectivités
plaisir un journal qui présente la diversité basée sur le court terme  (  baisse d’im- Le contexte actuel n’est pas le fruit du ha- chance de gagner seuls. publiques municipales ne doivent pas
sard, il découle des dérives du marché  : rester passives. Celles-ci ont en effet un
des points de vue socialistes. pôts, encouragement à la venue des hedge Face aux lamentations cantonales, une
spéculation, manque de logements so- Une précarité généralisée important rôle à jouer, que ce soit pour
funds, hausse du prix du sol  )  qui favorise autre politique se dessine en ville de Ge-
ciaux, difficultés de construction liées sou- garantir une part de logements sociaux
Ce numéro traite du grave problème du la hausse des loyers genevois. La Consti- nève. Pour renforcer ces actions, nous Pourtant, ces quelques chiffres ne sont
vent à des égoïsmes individuels ; la liste est ou de logements à prix contrôlé, s’assurer
logement à Genève, insuffisant, beaucoup tuante propose de supprimer le droit au avons besoin de votre soutien, chaque voix que la partie émergée de l’iceberg. La si-
longue, les solutions, complexes, se font d’une véritable mixité sociale, et garder
trop cher, et inaccessible. Les loyers gene- logement de la Constitution genevoise. Les compte  ! tuation est extrêmement tendue pour
toujours attendre. le contrôle des sols en mains publiques.
vois sont les plus hauts de Suisse  ( comme majorités de droite du parlement genevois tous ceux et toutes celles qui ne peuvent
La Ville, comme d’autres communes dont
louer un appartement de luxe ou devenir
les tarifs des assurances maladie !  ). Quelles et de l’assemblée constituante défendent Commençons par rappeler la situation en l’exécutif est à gauche, telles Vernier
propriétaires. L’impossibilité de changer
sont les causes de ces prix exorbitants ? et encouragent la spéculation immobilière matière de logement ; une pénurie chro- et Onex, a fait des efforts remarqués à
d’appartement alors que celui-ci est de-
Avons-nous des solutions à proposer ? Les au pire moment de la crise du logement. nique sévit depuis des années. L’Office travers sa Gérance Immobilière Munici-
venu inadapté à la situation familiale, la
socialistes ont toujours défendu, les droits Cantonal de la Statistique chiffre à 0.2% pale  ( GIM ), qui compte plus de 5’000 lo-
pression constante que font peser cer-
le taux de vacance   ( pourcentage de loge- gements. Par ailleurs, elle construit des
taines régies, la peur de se retrouver mis
ments libres disponibles sur le marché ). logements par l’entremise de la Fondation
à la porte en cas de contestation de loyer,
Or, on estime que 2% de vacance est le pour le logement social de la Ville de Ge-
sont des réalités qui pèsent au quotidien
nève. A titre d’exemple, on peut citer la
CAUSES seuil minimal pour un marché  «  fluide  ».
Cette situation a de graves conséquences   :
sur la population.
parcelle de Sécheron où 200 logements
Coordination rédactionnelle : Félicien Mazzola, Olivia Bessat, Sylvain Thévoz, Virginie sont en construction. Il est du devoir de
COMMUNES Keller. Ont collaboré à ce numéro : Isabelle Brunier, Irène Buche, Christian Dandrès,
on ne compte plus les gens qui se retrou-
vent sans logement, devant trouver re-
Au-delà des chiffres toutes les municipalités de s’engager pour
BIMESTRIEL ÉDITÉ PAR LE PARTI SOCIALISTE DE LA VILLE DE GENÈVE Aloys Lolo, Sandrine Salerno, Miltos Thomaïdes, Manuel Tornare, Raphaëlle Vavassori,
fuge – quand ils ne se retrouvent pas tout Il ne faut pas oublier que derrière chacune le logement. Comment se fait-il que les
15, rue des Voisins Alberto Velasco, Grégoire Carasso, Eric Rossiaud, Pascal Holenweg, Françoise Dupraz, simplement à la rue – chez des proches de ces données - taux de vacances, aug- communes riches, qui disposent des es-
1205 Genève Roland Faas, Danièle Mazzola. ou à l’hôtel   ! A titre d’exemple, la Gérance mentation des loyers, dossiers en attente, paces et des revenus nécessaires, ne l’as-
Immobilière Municipale de la Ville de Ge- etc – se cachent des personnes en situa- sument pas  ? Où est la volonté politique  ?
www.ps-geneve.ch Graphisme, maquette et mise en page : atelier supercocotte, www.supercocotte.ch
felicien.mazzola @ ps-geneve.ch Impression : Imprimerie Nationale, Genève. Tirage : 3000 exemplaires sur papier recyclé
4 RÉAFFIRMER BÂTIR
5

Des obstacles en nombre


Les succès obtenus par certaines com-

LOGEMENT SOCIAL OU
munes ne doivent pas masquer les obs-
tacles. En effet, les référendums et les
oppositions sont nombreux dès qu’il est
question de construire trop près de chez
soi, de toucher au paysage ou d’assumer
la construction de nouveaux équipements

POLITIQUE SOCIALE
publics.

Le rôle des investissements privés n’est


pas non plus à négliger. Leur participation
à l’effort est même nécessaire. Mais il est

DU LOGEMENT ?
aussi nécessaire que ceux-ci ne construi-
sent pas uniquement des PPE  ( propriétés
par étages )  ou des appartements qui se-
ront loués à des prix que la grande majo-
rité des habitantes et habitants de la Ville
ne peuvent pas se permettre.
MILTOS THOMAÏDES
Des exemples symboliques CONSEILLER MUNICIPAL

Ces dernières années, deux combats sym-


boliques de l’engagement de la gauche
sont à relever, et à saluer. Le premier est
celui du référendum lancé contre le pro-
jet initial de Mark Muller sur le secteur
Praille-Acacias-Vernets  ( PAV ). Celui-ci
ne prévoyait aucune garantie concernant
le logement, que ce soit en termes de
nombre de logements construits – pour
lequel il n’articulait qu’un chiffre  «  marke-
ting  »  complètement illusoire de 30’000 Depuis quelques années, Il faut favoriser des programmes de mixité ficie accordés par la Ville de Genève, avec
logements, ou de proportion garantie de sociale et générationnelle, l’indifféren- un rendement non spéculatif est l’une des
logements à loyers modérés et contrôlés
le logement social et ses ciation entre le logement social, le locatif conditions premières pour permettre un
par l’ État  ( LUP). habitant-e-s sont en pleine libre et l’accession à la propriété dans des prix du loyer modéré.
constructions belles et de qualité.
Le succès incontestable du référendum mutation. La politique du
lancé par le Parti socialiste, l’Asloca, les La Ville de Genève mène une politique ac-
syndicats et la gauche de la gauche, a forcé logement doit être repensée D’ailleurs si l’on considère que le fait de tive d’acquisitions foncières notamment
le Conseil d’Etat à négocier et permis d’as- afin d’éviter la création de se loger est  «  social », il vaudrait mieux ne en zone de développement. Par l’exercice
surer au PAV le ratio d’un logement pour pas parler de logement social mais de loge- du droit de préemption, elle a acquis ces
un emploi, ainsi que deux tiers de loge-
ghettos de pauvreté. ment tout court et se préoccuper du juste dernières années des parcelles dans les
ments d’utilité publique  ( LUP). prix du logement par niveau de ressources. quartiers de Sécheron, de la Forêt, des
DROIT AU LOGEMENT Historiquement, les habitations à loyer Eidguenots et des Allières. La Fondation
L’autre exemple de victoire importante modérés  ( HLM ),  créées par les lois Du- Les fondations immobilières de droit pu- de la Ville de Genève pour le logement so-
pour les locataires est celui concernant le CHRISTIAN DANDRÈS pont dans les années 1950, étaient réali- blic et notamment la fondation de la ville de cial pourra prochainement y construire
nouveau règlement sur le logement social DÉPUTÉ SOCIALISTE sées pour une population ouvrière.   Dans Genève pour le logement social ( FVGLS ), plusieurs centaines de logements et ainsi
de la Ville de Genève. Il permet d’ancrer ILLUSTRATION ALOYS le modèle de développement des  «  trente confrontées à ces problématiques doivent concrétiser sa politique sociale du loge-
un principe cher aux socialistes à savoir la glorieuses  »  et de l’idéologie du progrès, innover en apportant des solutions par le ment.
fixation du loyer en fonction des revenus. cette population était destinée à  «  mon- biais d’opérations de qualité typologique
Les coups de boutoirs de la droite à l’Assemblée constituante contre ter  »  socialement. et constructive et bénéficiant d’une bonne
La lutte continue le droit au logement consacré par la Constitution genevoise posent la intégration dans le tissu urbain genevois.
question des effets pratiques de cette disposition. Perspectives inquiétantes
L’effort est à poursuivre. Il faudra re- L’établissement d’une fourchette de loyers
mettre sans cesse l’ouvrage sur le métier, Actuellement, l’art. 10A de notre Constitution consacre le droit pour la plus large que le loyer plus ou moins  «  lis-
Qu’en est-il aujourd’hui   ? Les classes ou-
face à une majorité cantonale de droite qui population genevoise à pouvoir disposer d’un logement. Mais il prévoit sé  »  prévu dans le cadre des opérations
vrières sont remplacées par des groupes
ne cherche qu’à servir les besoins des mi- surtout la concrétisation du droit en imposant un programme d’action HBM par le plan financier autorisé par
sociaux en voie de marginalisation : chô-
lieux immobiliers. à l’Etat dirigé contre l’obstacle historique de notre canton à l’accès au l’Office du logement permettrait aussi
meurs de longue durée, personnes assis-
logement   : la spéculation foncière. tées, familles monoparentales. Une popu- une plus grande mixité dans le cadre d’une
Il s’agira d’abord d’assurer que le droit au lation en pleine  «  descente  »  sociale. Les même opération de construction HBM
logement figure dans le projet de la Consti- Il assure ainsi l’effectivité de ce droit, avec son corollaire le référendum habitations bon marché  ( HBM ), s’adres- tout en offrant des loyers plus accessibles
tuante, puis de continuer à faire pression obligatoire pour les cinq lois qui donnent corps à la protection des lo- sent principalement à cette population et à cette partie de la population fragilisée.
sur le Conseil d’Etat pour que les projets cataires. Ce régime de protection est un modèle qui n’a pu naître que le déficit des logements sociaux à Genève
de construction soient menés à bien en grâce à la détermination de l’ASLOCA, avec le soutien actif du Parti so- est évalué à quelque 30’000 logements Maîtriser le prix du sol et construire
garantissant les intérêts et les droits des cialiste et de la gauche de la gauche. Il a ouvert une brèche importante manquants à l’horizon 2017.
locataires. dans le principe de la propriété sur l’autel duquel les besoins les plus La politique foncière est un outil fonda-
élémentaires de la population sont d’ordinaire sacrifiés. Il s’agit plus
Enfin, la Ville de Genève doit poursuivre sa Transformer l’habitat social mental pour maîtriser les coûts car l’im-
que jamais de réaffirmer ce droit dans la Constitution genevoise qui est pact du prix du terrain sur le loyer est
politique d’acquisition de terrains afin de en train d’être écrite par l’Assemblée constituante.
Pour éviter la ghettoïsation de populations très important. L’attribution de terrains,
développer une politique sociale du loge-
défavorisées, l’habitat social doit évoluer. notamment par le biais de droits de super-
ment favorisant la mixité.
6 EXPROPRIER ABRITER
7

DROIT AU LOGEMENT OU MANUEL TORNARE  :


DROIT À LA SPÉCULATION   ? LE DROIT À NE PAS DORMIR
DEHORS
ALBERTO VELASCO
CONSTITUANT

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR


SYLVAIN THÉVOZ
ILLUSTRATION ALOYS

L’incapacité des autorités de moyens pour agir et répondre à la de- un prix de 2 francs le m2 afin de développer Pour des personnes avec des chacun-e, lors des frimas hivernaux, pour- tisser des liens avec eux et analyser toutes
mande de logements abordables pour l’en- des exploitations agricoles ayant pour but rait dormir au chaud. Les gens souffrant de les situations personnelles, que ce soit au
à satisfaire la demande de semble de la population. de satisfaire les besoins de la population
revenus satisfaisants, sans la violence des conditions économiques et niveau de leur santé ou de leur situation
logements est causée par le en matière d’alimentation ? dettes, et avec une bonne des hautes exigences à remplir pour accé- économique et éventuellement les enca-
Maîtriser le sol permet de sortir d’un sys- Aujourd’hui, pour répondre aux besoins de der à un logement et le garder ne disparaî- drer.
déficit en matière de maîtrise situation, trouver un apparte-
tème qui aujourd’hui permet aux proprié- construction de logements, on doit rache- tront pas sans demander leur reste d’un
du sol par les collectivités taires de gagner des fortunes en spéculant ter ces terrains, tout en invoquant la cause ment à Genève est devenu une coup de baguette magique. La politique so- Ne peut-on dire que le service social de
publiques. sur le logement, tout en nécessitant que d’utilité publique, à un prix de 1000 francs . gageure. Pour les citoyen-ne-s ciale responsable voulue par Manuel Tor- la ville de Genève fait office de soupape
l’ État engage des moyens pour aider les lo- Tous les bénéfices iront dans des poches nare s’est donnée pour but de limiter les de sécurité de politiques de logement en
cataires à payer des loyers abusifs ! privées, provoquant encore des hausses de
plus fragilisé-e-s qui n’ont risques de violences sociales et de dégra- panne  ? N’absorbe-t-il pas les défaillances
Par principe et découlant des droits hu- loyers. pas les bonnes relations, ou dations physiologiques, ainsi que de faire d’autres services  ?
mains, le sol devrait être la propriété de Le Conseil d’État favorise perdent leur appartement face aux besoins d’une population diverse
l’ État, c’est-à-dire de la collectivité. La la spéculation Il est temps de mener une véritable poli- et en augmentation, ne trouvant plus à se Ce ne sont pas les services qui sont dé-
terre est un bien commun, non reproduc- tique d’expropriation, afin de satisfaire les suite, par exemple, aux dur- loger à Genève et se retrouvant à la rue. faillants, mais les ordres de certains-e-s
Malheureusement, la politique suivie par
tible et par conséquent elle doit échapper
le Conseil d’ état semble plus au service
besoins de la collectivité en matière d’équi- cissements des politiques des politicien-ne-s qui ne veulent pas être ac-
aux lois du marché. Au nom de quel droit pements publics et de logements locatifs. Sylvain Thévoz  : Manuel, peux-tu nous cusé-e-s d’avoir créé un appel d’air et font
la terre a-t-elle été privatisée? Parce que
des milieux de l’immobilier que de la po-
Cela permettra de concrétiser le droit au
régies en matière de sous-lo- faire un bilan de ta politique menée pour donc tout pour dissuader certains services
pulation. N’oublions pas que le Conseiller
certain-e-s sont arrivés avant les autres ?
d’Etat chargé du Département des
logement qui est inscrit dans notre Consti- cations, les risques de précari- les personnes sans-abris à Genève   ? sous leurs ordres de régler ces problèmes.
Grâce à la brutalité physique, au pouvoir tution. Quelles sont les premières mesures que C’est un moindre mal d’héberger ces per-
constructions et des technologies de l’in- sation sont élevés.
financier ? La situation de blocage de la tu as prises en 1999 dès que tu as été élu sonnes en sous-sol, mais ce n’est pas ce
formation  ( DCTI )  travaillait    auparavant
construction et les prix totalement exces- conseiller administratif aux affaires so- qu’il y a de plus digne. Le problème des
pour une association défendant les inté- Tout peut alors aller très vite. Lorsque le
sifs pratiqués par les spéculateurs et les ciales  ? sans-abri ne disparaîtra pas avec les beaux
rêts des propriétaires  ! Le Conseil d’ état réseau d’amis est épuisé, les bricolages
propriétaires démontrent que l’ État doit jours. Il faut maintenant penser à un lieu à
n’hésite pas à brader certaines parcelles dans des greniers, les toilettes ou les
retrouver la maîtrise du sol s’il veut avoir Manuel Tornare : J’ai immédiatement pla- l’année avec des fenêtres ouvertes sur le
en sa possession et s’empêche de la sorte caves éventés, c’est la dégringolade. La
une véritable politique volontariste en ma- nifié l’ouverture de l’abri PC à la rue des ciel et non en sous-sol. Ce n’est pas nor-
de procéder à des échanges de terrains rue devient un lieu de vie durable. Mais les
tière d’urbanisation et de construction de Vollandes pour héberger les sans-domi- mal qu’on les enterre, manière d’enterrer
permettant  la construction d’équipe- conséquences sociales de ces conduites
logement. cile fixe durant les mois d’hiver. Il a fallu ce problème, au propre comme au figuré.
ments publics et de logements locatifs. de survie sont dramatiques  :  isolement, mettre une équipe en place, vaincre des
Le Conseil d’ état a également fixé un prix honte sociale aggravée, rupture des liens
La clé : le sol résistances, nous l’avons fait en réseau Un espace est-il déjà envisagé pour l’im-
de vente des terrains déclassés allant d’appartenance et fragilisation psychique avec le tissu associatif. Aujourd’hui, il y a plantation de ce lieu d’accueil annuel ?
Sachant que le prix du terrain représente jusqu’à 1000 francs le m2, stimulant ainsi voire émergence de problématiques psy- une résolution de l’UDC au Grand Conseil
en général 60 % du coût de la construc- encore plus la flambée des prix ! Sait-on chiatriques quand la situation se prolonge. qui demande la fermeture de cet abri. Au A Genève, dès que l’on annonce ce genre
tion, on comprend que les collectivités qui que certains de ces terrains, en zone agri-
lieu d’analyser sereinement la situation, ils d’initiative dans un quartier, certain-e-s se
possèdent une maîtrise du sol ont plus cole, avaient été cédés à leurs exploitants à Un lieu d’accueil minimal sont persuadés que c’est en fermant l’abri mobilisent contre, avant même que le pro-
En réponse à ce problème social des sans- PC des Vollandes que l’on va calmer le jeu jet soit bien établi et bien ficelé. Les peurs,
logis, Manuel Tornare a mené, depuis son dans le quartier. Or, ce n’est pas vrai. Les il faut savoir les désamorcer.
accession au Conseil administratif, une gens que l’on héberge l’hiver durant les
politique visant à créer un lieu d’accueil où frimas ne sont pas dans les rues, on peut
8 RENCONTRER 9

UN PRÉSIDENT AU SERVICE Comment faire évoluer la situation ?

L’élément déterminant est à mon sens


la maîtrise du sol par les collectivités pu-
bliques, qu’elles se doivent de conserver.

DU COLLECTIF
Prenons le projet Praille-Acacias-Ver-
nets  ( PAV ), qui est emblématique. Notre
parti s’est battu pour que la politique
d’un emploi – un logement soit appliquée.
Faute de quoi, avec plus de créations d’em-
plois que de logements, la crise ne fait
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR que s’aggraver  ! Ce raisonnement ne va
OLIVIA BESSAT malheureusement pas de soi pour tous.
PHOTO FÉLICIEN MAZZOLA Aujourd’hui, nous avons obtenu que les
collectivités publiques construisent du
locatif, avec pour l’essentiel des loyers
accessibles à la classe moyenne et défa-
vorisée. Je pense que sans l’engagement
du PS, le projet se résumerait encore à la
construction d’appartements de grand
standing qui n’apporteraient aucune solu-
Grégoire Carasso, 29 ans, a à travers mon goût pour l’actualité, l’his- avec le même idéal de société en tête. Deu-
tion au problème du logement. Ce sont des
toire, et les questions européennes. Mon xièmement, ce qui peut passer pour des
déjà de nombreuses actions cœur a toujours été bien ancré à gauche. dissensions ne sont en réalité que l’expres-
luttes dont l’enjeu politique est majeur, et
qui sont par nature très polarisantes.On ne
politiques à son actif. Le déclic ayant précipité mon engagement sion d’un goût prononcé pour le débat.
peut pas sacrifier l’objectif d’un logement
est survenu en 2003, lors de l’accession de Cette culture du débat est une richesse
Président des socialistes ville pour tous sur l’autel de la loi du marché.
Christoph Blocher au Conseil fédéral. J’ai que nous nous appliquons à cultiver.  Elle
de Genève, lorsque l’on entre alors adhéré au PS et commencé à m’en- est un signe de bonne santé.
La position du parti quant à l’accès au lo-
le nom de Grégoire Carasso gager à Satigny, commune dans laquelle
gement des populations défavorisées et
je résidais. Cette première expérience a Résoudre le problème du logement à Ge-
dans un moteur de recherche été celle de la découverte des dimensions nève relève-t-il de la cause commune au
de la classe moyenne est très claire. Qu’en
est-il plus généralement de l’attractivité
sur internet, la première en- locales et concrètes de la politique, le tout PS ?
de Genève ?
dans une ambiance de village, où la gauche
trée disponible énonce clai-
est très marginalisée. Puis de fil en aiguille, Il y a urgence pour trouver des solutions
Je pense qu’une Genève connaissant
rement la couleur : Grégoire au gré des rencontres et de mon déména- viables, développées en harmonie avec le
moins de clivages et d’écarts de revenus
Carasso est une personne gement dans la ville de Calvin, je suis entré canton et la région toute entière, au-delà
renforcerait l’attractivité de la ville. Ceci
au PSVG en tant que trésorier. La suite, ça des frontières. Il s’agit tout d’abord de
politique. Mais qu’est-ce que a été l’élection au Conseil municipal, et la construire plus de logements. Cela passe
étant, le PS se bat également pour des
mesures prenant en compte la qualité
cela signifie au juste? présidence du PSVG. par un engagement politique et financier
de vie, qui est chère à tous. Proposer des
de l’Etat, car on ne peut pas compter sur
plans de mobilité innovants en adéquation
Est-ce un avantage d’être jeune au Parti la main invisible du marché qui rendrait
Olivia Bessat : Grégoire Carasso, personne avec les flux quotidiens de personnes, fa-
Socialiste ? la situation invivable, en chassant par des
politique ou citoyen accompli ? voriser la création de zones piétonnes ou
prix prohibitifs l’essentiel des habitants en
encore aménager les rives du Rhône pour
Dur à dire… en tous cas je ne suis pas périphérie. Je ne veux pas que la Ville de
Grégoire  Carasso   :   La  dénomination créer de véritables espaces de vie sont au-
mécontent d’avoir moins de 30 ans au- Genève plonge dans l’enfer de la monocul-
de  «  personne  politique  »  m’étonne,  et tant de chantiers pour lesquels nous nous
jourd’hui ! Et il est vrai que j’ai eu l’occasion, ture du luxe.
tranche avec la délicate réalité de milice battons, et qui contribueront, parallèle-
dans ma vie en dehors du Parti Socialiste,
qui caractérise la politique suisse. Le côté ment à la lutte pour l’accès au logement,
d’accumuler des expériences et d’explorer Tu soulèves la question de la mixité so-
politique citoyenne est joli sur le papier, à réconcilier Genève avec sa réputation de
des outils dont je me sers aujourd’hui    : ciale  ?
mais moins évident dans la pratique. Soit cité de renom et de capitale des Droits de
que ce soit la comptabilité lorsque je tra-
parce que le temps vient à manquer  ( vie l’homme.
vaillais pour un studio d’enregistrement En effet, la mixité sociale est un enjeu
professionnelle versus politique ), avec une
ou la gestion lors de mon passage en tant majeur. Nous disposons d’outils pour la
qualité de l’engagement qui en pâtit ; soit
que salarié de l’entreprise familiale  ( ndlr : défendre. Au niveau de la Ville de Genève,
parce que des élus acceptent des revenus
l’entreprise Carasso-Bossert SA ) . Si mon un des piliers est la réforme entreprise par
liés à leur activité politique, ce qui pourrit GRÉGOIRE EN PINCE POUR...
premier mandat électif est encore frais,  ( il Sandrine Salerno de la Gérance Immobi-
les prétendus bons côtés de la politique
remonte à 2007 ), j’apprends tous les jours. lière Municipale qui permet notamment
de milice. Pour ma part, je n’ai eu de cesse
Le Parti socialiste, de par les espaces de de fixer le loyer en fonction du revenu  ;
de diminuer mon taux d’activité  ( 65% au- LES BONNES ADRESSES A ÉCOUTER EN BOUCLE UN LIVRE À DÉVORER 
dialogue qu’il crée, est extrêmement sti- par ailleurs, le travail de l’ASLOCA pour
jourd’hui )  pour pouvoir vivre pleinement
mulant et constitue une excellente école. enrayer les hausses sauvages de loyer Café de la Limite Entre   Brassens  ( mention  spéciale Plutôt plusieurs qui m’ont marqué,
mon quotidien politique sans sacrifier ma
continue d’être indispensable à Genève. 11, rue des Charmilles pour  «  Mourir pour des idées  » ), Brel, du côté de chez Balzac et Zola – les luttes
vie familiale et sociale. Mais déjà au niveau
Ces espaces de dialogue dont tu parles ne De ce point de vue, l’approbation de la loi Tél : 022 345 32 98 la musique classique dans son ensemble  sociales toujours donc.
municipal, je trouve que l’exercice a ses li-
sont-ils pas un euphémisme pour carac- sur l’énergie représente une brèche dans Un bistrot populaire à 100m de chez moi. ( avec une petite préférence totalement
mites.
tériser ce que certains appellent des que- la LTDR  ( ndlr : Loi cantonale sur les démo- assumée pour Chopin cependant ), sau- A VOIR  ( ET REVOIR) 
La Barje poudrés de quelques éléments promet-
relles de clocher ? litions, transformations et rénovations de Les films de Ken Loach, et les classiques
D’où t’est venue la volonté de t’engager Promenade des Lavandières
maisons d’habitation )  qu’il va rapidement teurs de la nouvelle scène de la chanson
politiquement ? Une terrasse de choix en été pour l’apéro.  française. imposés par les marmots  ( Petit ours
Absolument pas. Premièrement il n’existe falloir colmater. brun, Aladin… ;-)
pas, à mon sens, de clivage doctrinaire.
Je cultive un intérêt pour la politique de-
Nous nous battons pour les mêmes idées,
puis de nombreuses années, notamment
10 RACONTER DÉCHIFFRER 11

SE LOGER À GENÈVE CALCULE-MOI


À TRAVERS LES SIÈCLES UN LOYER
ISABELLE BRUNIER IRÈNE BUCHE
HISTORIENNE AVOCATE À L’ASLOCA
CONSEILLÈRE MUNICIPALE DÉPUTÉE

Notre ville a toujours Après la Réforme, le départ d’une propor- A la fin du XIXe siècle, l’idée des ensembles Un 4 pièces de 90 m2 tier et calcul de rendement )  s’appliquent Le locataire peut de son côté demander
tion non évaluée de la population  ( prêtres de logements, financés par les collectivi- toujours lors de la fixation du loyer initial une réduction de loyer, si le taux hypo-
souffert de l’exiguïté de son aux Pâquis  pour 3000 CHF et dans certains cas lors de la fixation d’un thécaire a baissé. Le Tribunal des baux et
et personnel de l’administration épisco- tés publiques et destinés aux catégories
territoire, et lorsqu’elle était pale, nobles savoyards, Genevois refusant modestes de la population, voit le jour à est-il une bonne affaire?   loyer en cours de bail. loyers examinera l’évolution des différents
D’autres critères  ( évolution de l’indice facteurs comme pour une augmentation
enserrée dans ses fortifica- de se convertir )  laissa de nombreux bâti- Genève. Ces réalisations poursuivent éga- Plusieurs éléments rentrent
ments vides qui purent être réattribués. lement l’objectif d’assainir des quartiers suisse des prix à la consommation, évolu- de loyer.
tions, l’espace urbain était Au XVIIe siècle, trois épidémies de peste anciens devenus insalubres.
en compte lors du calcul du tion du taux hypothécaire, évolution des L’indice suisse des prix à la consommation
très restreint, limitant les et une période de récession économique C’est dans cette optique, et dans la convic- prix du loyer, et différentes charges d’exploitation de l’immeuble, pres- est calculé et publié par l’Office suisse de
virent la population diminuer, facteur qui tion qu’il faut  «  éloigner le moins pos- tations supplémentaires du bailleur )  sont la statistique. Il en va de même du taux
possibilités d’extension. méthodes existent. Face à tant dits relatifs, car ils ne servent qu’à com- hypothécaire de référence fondé sur le
facilita la tâche des gouvernants. sible l’ouvrier du centre de la ville, tant à
Comment étaient satisfaits cause de son travail personnel, qu’en rai- de complexité, voici comment parer l’évolution des paramètres de réfé- taux hypothécaire moyen des banques
rence entre la précédente fixation du loyer et fixé pour toute la Suisse et publié par
les besoins en logements ? L’afflux des réfugiés du premier Refuge ne son des travaux accessoires de sa famille s’y retrouver dans le calcul du
fut que de courte durée et se solda par de et de l’instruction de ses enfants  »  que la et le moment présent. l’Office fédéral du logement. Ce sont donc
nombreux re-départs dès l’amélioration de Ville construit, entre 1897 et 1900, l’en-
loyer libre. deux paramètres connus, dont le locataire
La relative abondance de logements De la théorie à la pratique peut vérifier l’évolution lui-même. En ce
la situation en France. C’est la raison pour semble de  «  logements économiques et
des périodes anciennes laquelle la fameuse  «  légende  »  des surélé- ouvriers  »  dans le périmètre délimité par Il existe essentiellement deux catégo- qui concerne l’évolution des charges de
Dans la pratique, le loyer initial est fixé au
Au Moyen Age, des faubourgs, extérieurs vations d’immeubles, qui eurent lieu ponc- les rues Paul-Bouchet, Théodore-Lissignol ries de loyers  : les loyers contrôlés par l’immeuble ou les prestations supplémen-
début du bail par le bailleur en fonction des
aux murailles et aux portes, s’établirent tuellement aux XVIIe et XVIIIe siècles, et Jean-Jacques-Rousseau. Non loin de là, l’ État  ( par exemple pour les logements taires du bailleur, c’est à ce dernier de pro-
loyers du marché, qui n’est pas un critère
progressivement le long des grandes voies demande une vérification car ces suréléva- entre 1897 et 1899, la Caisse d’Epargne HLM, HBM et LUP )  et les loyers libres duire dans la procédure les pièces permet-
de fixation du loyer autorisé par le Code
d’accès à la ville, principalement sur la rive tions semblent plus liées à des regroupe- réalise à son tour un ensemble du même protégés par les dispositions du Code des tant de justifier l’augmentation.
des obligations. Cependant, en situation
gauche. La Corraterie et Palais, Saint-Lé- ments parcellaires effectués par de riches type entre les rues Adrien-Vallin, des obligations  ( CO ). Il sera question ici uni-
de pénurie de logements, le locataire n’a
ger, la Belle Rue et Saint-Victor, le Temple, propriétaires pour s’aménager des hôtels Corps-Saints, Grenus et du Temple. quement des loyers libres, qui peuvent
généralement pas d’autre choix que d’ac-
offraient ainsi des espaces où pouvaient se particuliers qu’à l’arrivée des réfugiés pro- être fixés en vertu de plusieurs méthodes
cepter ce loyer ou de refuser de louer l’ap-
construire maisons, granges et ateliers. prement dite. Ces deux ilôts existent encore. Il serait aus- de calcul prévues par le CO.
partement. S’il conteste ensuite ce loyer
si intéressant de connaître les montants initial judiciairement dans un délai de 30
Dès les années 1530, cependant, avant Le développement aux XVIIIe et sur- moyens des loyers pratiqués à l’ouest et à Des méthodes de calcul antagonistes jours, le Tribunal des baux et loyers appli-
l’adoption de la Réforme, un programme tout XIXe siècles l’est de la rue de Coutance ! Ces méthodes, relativement complexes quera la méthode absolue, soit les loyers
de destruction de ces faubourgs pour et souvent difficiles à appliquer, sont le du quartier, soit le calcul de rendement et
des raisons de sécurité militaire et de Au cours des deux siècles suivants, XVIIIe
et surtout XIXe, Genève et sa région se fruit d’un compromis politique et corres- fixera le loyer sur cette base.
construction d’une nouvelle enceinte sup- pondent à deux visions antagonistes   : les
prima pour longtemps toute possibilité développent par l’éclosion de bourgs ou
d’extension en avant des bastions. de villes tels que Carouge, Chêne, Versoix. loyers fondés sur les coûts qui visent à Augmenter, diminuer… ajuster
Avec la formation du canton, épousant de déterminer si le bailleur ne retire pas de
Par la suite, le bailleur peut notifier un avis
nouvelles frontières élargies, puis la sup- son investissement personnel un rende-
de majoration à son locataire, s’il estime
Les surélévations, une légende? pression des fortifications dans les années ment excessif aux dépens du locataire et
qu’un ou plusieurs facteurs de hausse le
Durant le XVIe et le XVIIe siècle cepen- 1850, les possibilités de croissance et de les loyers du marché qui tendent à fixer le
lui permettent    : augmentation du coût
dant, cela ne posa pas trop de problèmes. construction se multiplient. loyer en fonction de la loi de l’offre et de la
de la vie, du taux hypothécaire et/ou des
demande.
charges, voire le cas échéant des presta-
tions complémentaires. Le locataire peut
Quels critères ? contester cet avis dans un délai de 30 jours
Certains critères prévus par le CO sont auprès du Tribunal des baux et loyers, qui
absolus. Ils permettent de fixer le loyer devra examiner l’évolution de chaque cri-
pour lui-même sans tenir compte de son tère pour fixer le loyer augmenté.
historique. Ces critères  ( loyers du quar-
12 DÉNONCER CONTESTER 13

LOYERS  : CARTON ROUGE DÉFENSE : MODE D’EMPLOI


POUR LES ABUS RAPHAËLLE VAVASSORI

RAPHAËLLE VAVASSORI
ANCIENNE AVOCATE À L’ ASLOCA

Victime de hausse de loyer ? bailleurs consistant à profiter d’un chan- La demande de baisse de loyer en
gement de locataire pour procéder à une cours de bail
De charges exorbitantes et augmentation massive du loyer.
injustifiées ? Vous n’êtes pas En cours de bail, le locataire peut égale-
La pénurie de logement n’a néralisée des loyers. Le locataire, quant à La nécessité pour ces multinationales de ment demander une baisse de son loyer
lui, s’il veut se loger, n’aura d’autre choix loger leurs employé-e-s, de même qu’une seul-e-s. Suivez le guide. En période de pénurie, même si le loyer
et en demander la diminution pour le pro-
jamais été aussi importante que d’accepter l’appartement au prix pro- absence de discernement des dirigeant-e-s demeure inchangé par rapport au loyer du
chain terme contractuel à cause d’une no-
dans le canton de Genève. Le posé. La contestation du loyer initial pour quant  «  au juste loyer» d’un appartement, précédent locataire, il peut être contrôlé.
En matière de loyer non subventionné, table modification des bases de calcul. Par
contrôler les loyers  ( voir article Comment les a conduites à accepter des loyers sur- Pour cela, on peut le contester au moyen
taux de vacance moyen est de la loi n’impose pas seulement des obliga- d’une requête en saisissant l’autorité de
exemple, si lors de la dernière fixation du
se défendre  ? )  demeure un outil à dispo- faits, sans l’ombre d’un contrôle. Malheu- loyer, le taux hypothécaire était plus élevé
tions au locataire mais elle octroie éga-
0,19% alors qu’il faut un taux sition des locataires que cependant trop reusement, les employé-e-s ne voient sou- conciliation dans les 30 jours dès réception
que celui fixé actuellement, il en résulte
lement des droits, notamment celui de de la chose louée. En principe, dès que le
de 2% pour un taux équilibré. peu d’entre eux utilisent, souvent par vent aucune nécessité à faire contrôler un
faire contrôler son loyer, d’en contester locataire reçoit les clefs, lors de l’état des
une baisse des frais pour le bailleur. La
peur des représailles. Certaines agences loyer, le plus souvent payé par l’entreprise demande de baisse de loyer doit être rédi-
Entre la pénurie de logements immobilières n’hésitent pas à contacter
une augmentation ou d’en demander une lieux d’entrée, il dispose alors de 30 jours
baisse  ( articles 269 à 270 e du Code des gée par écrit au bailleur, qui a un délai de
et les loyers prohibitifs, il est pour remettre en cause le loyer initial.
employeurs, amis ou connaissances sus- Tu pars ou tu paies Obligations ). 30 jours pour se déterminer. Si le bailleur
ceptibles de faire pression sur le locataire Passé ce délai, le locataire ne pourra plus
temps d’envoyer les respon- Une nouvelle vague de congés a également jamais le remettre en cause.
ne donne pas suite à la demande, qu’il ne
pour qu’il ne conteste pas le loyer initial. La contestation du loyer initial l’accepte pas ou qu’il ne répond pas dans le
sables au vestiaire. fait son apparition à Genève. Ce sont  «  les
Pourtant, le motif  «  des loyers usuels du délai prescrit, le locataire doit alors saisir
congés économiques  »  qui, s’ils sont admis Lors de la conclusion du bail, le locataire L’augmentation du loyer en cours
quartier  »  n’est que rarement admis par l’autorité de conciliation dans un délai de
par la jurisprudence à certaines condi- se voit remettre un avis de fixation du de bail
Le marché du logement est, en Suisse, les tribunaux. 30 jours à partir de sa demande de baisse
tions, sont une forme de contrainte exer- loyer initial  ( feuille verte )  qui indique le
fondé sur un système libéral, qui n’impose cée à l’encontre du locataire qui n’a alors montant du loyer de l’ancien locataire et Les loyers peuvent être augmentés par le de loyer  ( article 270a al1 CO).
pour les loyers aucun contrôle automa- La chasse aux locataires d’autre choix que d’accepter une forte aug- bailleur, en cours de bail, dans les limites
le nouveau loyer. L’article 270 du Code
tique de l’Etat, sauf en ce qui concerne les Au vu des montants des loyers et de la mentation de son loyer ou de quitter son des Obligations permet au locataire de prévues par la loi  ( articles 269 et 269a du
logements subventionnés. Lorsque le mar- pénurie, les personnes cherchant un loge- logement. Ce procédé est pernicieux, car le contester le loyer initial s’il estime que ce Code des Obligations et ce, par notifica-
ché immobilier genevois, qui se régule en ment ont dû trouver une autre façon de se propriétaire a toujours la possibilité d’aug- dernier est abusif. Cet article ouvre la voie tion d’une formule officielle de majoration
fonction de l’offre et de la demande, est loger, notamment par le biais des sous-lo- menter le loyer en cours de bail sans pour à la contestation du loyer initial si le loyer de loyer  ( feuille jaune ). Le locataire peut
tombé dans une période de pénurie, il n’a cations. Ces dernières demeurent parfois autant procéder à la résiliation du bail. Le a été augmenté sensiblement ou s’il y a contester la hausse de loyer dans un délai
fallu qu’un pas pour ouvrir la porte à de le seul moyen d’obtenir un logement pour recours à ce motif est un des moyens de une situation de pénurie de logement  ( ce de 30 jours dès sa notification au moyen
nombreux abus. La répercussion n’en a été des personnes avec de faibles revenus ou pression les plus importants pour aug- qui est le cas dans le canton de Genève ). d’une simple requête en saisissant la Com-
que plus forte sur le prix des loyers. L’ab- ayant des poursuites. Cette pratique, par- menter les loyers et est en recrudescence Le Tribunal fédéral a rappelé dans un arrêt mission de conciliation. Afin de s’opposer à
sence d’un système de contrôle étatique faitement conforme à la loi si elle en res- en période de pénurie. récent paru dans la Semaine Judiciaire  ( SJ la hausse de loyer, le locataire peut égale-
des loyers laisse dès lors aux citoyens et ci- pecte les conditions, a le mérite de lutter La pénurie crée un rapport de force inégal 2010 I 242 )  que les conditions alternatives ment, dans certains cas de figure, deman-
toyennes la seule responsabilité de la lutte contre les augmentations de loyer en cas en défaveur des locataires. Un de ses effets de l’article 270 CO tendaient à limiter les der une baisse de son loyer.
contre les abus et à la justice, le contrôle de de nouveau bail et permet un maintien les plus pervers est d’engendrer des peurs pratiques rencontrées chez de nombreux
ceux-ci, lorsqu’elle en est saisie. des loyers raisonnables, du moins à court et des fausses croyances. La peur de faire
terme. En effet, il reste plus difficile pour contrôler  «  le juste prix  »  de son loyer par
Un appartement à tout prix un bailleur d’augmenter un loyer en cours crainte de perdre son habitation ne serait-
de bail que lors d’une nouvelle location. elle pas la plus terrible conséquence de la
Lors de la prise du bail, le bailleur se trouve
C’est pourquoi les régies n’hésitent pas, en pénurie, entraînant également un recul
en position de force puisqu’il impose le prix
cette période de pénurie, à entreprendre inquiétant des droits des citoyens et ci-
auquel il souhaite louer son bien. Le motif
une véritable chasse aux sous-locations. toyennes ?
de fixation du loyer le plus fréquemment
invoqué par les propriétaires est que  «  le L’ASSOCIATION DE DÉFENSE DES LOCATAIRES  (  ASLOCA )
« Votre prix sera le mien »
loyer se situe dans les limites usuelles des
loyers du quartier ». Cependant, ce motif, Enfin, l’implantation de sociétés multina-
tionales dans le canton de Genève n’est pas L’ASLOCA est une association qui a pour De manière plus générale, l’ASLOCA vise ASLOCA-Genève
bien que légal, reflète en période de pénu-
anodine dans la hausse des loyers genevois. but de regrouper les forces des locataires, également à améliorer les droits des loca- 3ème étage
rie une réalité tronquée par la hausse gé-
défendre leurs intérêts collectifs face aux taires en participant à toutes les activités 12, rue du Lac  ( Eaux-Vives)
pouvoirs publics et aux milieux immobi- qui peuvent y contribuer  ( pétitions, initia- 1211 Genève 6
liers et leurs intérêts individuels. Elle offre tives, référendums, commissions d’études,
une assistance dans les problèmes qu’ils relations avec les médias, etc. ). Elle repré- www.asloca.ch
rencontrent, et propose une information sente les locataires face aux pouvoirs pu- Téléphone: 022/716.18.00
claire, critique et complète aux locataires. blics et aux propriétaires. Courriel: asloca.geneve@asloca.ch
14 INNOVER COOPÉRER
15

LA CODHA : UNE AUTRE Quels sont les projets en cours ?

On est en train de finir le projet du Pom-


des activités artistiques, artisanales et
commerciales qui devront être autofinan-
cées. La Ville et l’Etat ont associé trois par-
mier, 36 logements, on a eu l’autorisa-

FAÇON DE SE LOGER
tenaires dès le début  : la Coopérative des
tion pour un immeuble de 14 logements Rois, la fondation pour le logement social
à Lausanne. On applique des normes res- de la Ville de Genève et la Codha.
pectueuses de l’environnement comme
Minergie-ECO, des matériaux sains, le re-
Un endroit de rêve pour une future coopé-
cyclage de tous les matériaux à long terme.
rative ?
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR
VIRGINIE KELLER Et en ville de Genève ? Le quartier-Praille-Acacias Vernets, le dé-
veloppement de Bernex, mais surtout, ce
La Codha est impliquée dans le projet de qui compte maintenant, c’est de créer de
l’éco quartier de la Jonction sur le site véritables éco quartiers à Genève !
d’Artamis. Nous construirons 1/3 des 300
Les coopératives de logement ses parts. Il ou elle peut décider de tout sur velopper un éco quartier coopératif sur les logements et 2’000 m2 de surfaces pour
info@codha.ch, www.codha.ch
son immeuble mais ne pourra pas faire de Communaux d’Ambilly. Le gouvernement
à but non lucratif sont une bénéfices à la revente. a préféré confier ce projet à de grandes
alternative à la privatisation entreprises du bâtiment. Il y a encore un
manque de confiance des autorités. On a
du sol. Rencontre avec Eric Certaines coopératives peuvent faire des
bénéfices… pourtant fait la preuve de notre capacité à
Rossiaud, responsable de la innover.
Oui, il y a des coopératives à but lucratif. La
Coopérative de l’habitat asso-
Codha est une association sans but lucratif Combien de personnes sont logées au-
ciatif,  ( Codha )  et spécialiste et appartient au Groupement des coopéra- jourd’hui grâce à la Codha ?
en innovations immobilières. tives d’habitation  ( GCHG )  genevois, qui
CAUSE TOUJOURS
regroupe environ 50 coopératives, toutes 135 personnes logées, 250 personnes en
sans but lucratif. cours de projets et 1’000 membres dont
Virginie Keller : Comment définis-tu une plusieurs centaines en attente d’un projet.
coopérative d’habitation ? Les logements créés par la Codha sont-
Eric Rossiaud  : C’est une autre manière de
ils accessibles à tous les milieux sociaux Vous intégrez les futurs coopérateurs dans
la conception et la réalisation des projets.
PIERRE QUI ROULE LIGNE DROITE CA VA SAIGNER
ou réservés à des personnes ayant des
concevoir son logement. Les coopératives
rassemblent des personnes dans un projet
moyens financiers conséquents ? Construire à quarante c’est vraiment pos- N’AMASSE PAS « Michel Chevrolet, dans son rêve d’exécutif de Dans un communiqué, le Parti socialiste se pro-
sible ?
avec une gestion démocratique. C’est un A  Genève  les   coopérateurs  peuvent MOUSSE la Ville, est crédible », assure Pascal Décaillet nonce en faveur du projet de loi 10523 présenté
outil concret qui permet de réaliser des lo- construire ou acheter un immeuble avec Oui, on construit d’abord la capacité à vivre
dans « La Tribune » du 21 janvier. Ouais. Aussi par le Conseil d’Etat et visant à déclasser une
gements et une manière efficace de lutter 5% de fonds propres parce que l’Etat de ensemble, puis l’immeuble.
La menace de voir implanter dans le périmètre crédible que sa pétition pour construire « immé- zone agricole de 58 hectares située entre les
contre la spéculation immobilière. Genève cautionne le 15% manquant pour
Praille-Acacias-Vernets un quartier «haut de diatement » 14’000, ou 20’000, on sait plus, loge- communes de Plan-les Ouates et de Confignon,
accéder à la propriété. Il faut évidemment Ne devrait-on pas prioritairement dé-
gamme»  ( un parc à bourges, en clair )  est un ments à la Praille. Ou à Genève-Plage. Mais bon, pour y faire, officiellement, prioritairement du
Les coopératives ont une histoire liée au quand même avoir des fonds propres soit fendre le développement de projets mu-
5’000 francs par pièce qui peuvent être nicipaux ou cantonaux et ainsi éviter de « fantasme » qui , « né dans l’esprit torturé de pour une fois que le PDC a une ligne, on va pas logement. Mais le PS ajoute qu’ « il sera néan-
mouvement ouvrier. A Genève aussi ?
pris sur le 2ème pilier. Par exemple, si privatiser le sol genevois ? certains », n’a « jamais existé officiellement », a gâcher son plaisir et le nôtre en se demandant : moins particulièrement attentif aux suites don-
Oui, le mouvement se développe au dé- vous souhaitez un 4 pièces, il faudra inves- assuré Mark Muller après la conclusion d’un pro- une ligne de quoi ? nées à ce projet et n’hésitera pas, le cas échéant ,
but du siècle, avec deux tendances, l’une Les coopératives ne privatisent par le sol,
tir 20’000 francs au départ de l’aventure. jet d’accord sur ce périmètre entre ses services à faire connaître son désaccord en usant des
syndicale et l’autre créée par les notables qui reste propriété de l’Etat ou de la col-
Il vous sera possible de les récupérer, in- et les opposants au projet initial. On pourrait
genevois pour le monde ouvrier tels que lectivité qui le met à disposition. Quand on moyens appropriés qui sont à sa disposition ».
dexés au coût de la vie, lorsque vous parti-
M.  Camille Martin, architecte, un des pré-
curseurs du logement coopératif.
rez de la coopérative. achète des immeubles, la propriété est col-
lective, elle appartient aux 1’000 membres
ironiser bêtement sur le fait qu’il a fallu lancer
un référendum pour que ce « fantasme » se dis-
LE BIEN-VIVRE Tremblez, promoteurs, politiciens bourgeois et
amateurs de mégacentres sportifs, ça va saigner,
de la Codha, personne ne peut partir avec… sipe  ( et nous voilà transformé en « Ghostbus- on va peut-être sortir un tract  !
Quels sont les partenaires qui ont permis à La Chambre de commerce et d’Industrie de Ge-
Comment est née la Codha ? la Codha de réaliser des projets ? ters » ), ou sur le léger pléonasme qui consiste à
Entre les coopératives ouvrières des an- nève ayant mandaté des architectes de l’EPFL
proclamer qu’un « fantasme » n’a « jamais exis-
Elle est issue à la fois du mouvement squat L’Etat de Genève, en 1997, a développé nées vingt et les coopératives de bobos pour présenter une sorte d’« idealtype » du dé-
qui défendait l’idée d’un autre rapport à té », ce qui après tout est le lot commun des fan-
une politique du logement basée sur deux branchés actuelles, comment stimuler la veloppement de Genève, le résultat  ( d’ailleurs
l’habitat et du mouvement des petites coo- tasmes, mais on se contentera de faire observer
piliers   : les fondations HBM et les coopé- mixité sociale dans les logements ? assez remarquable )  de leur travail est ainsi
pérations d’habitation créées par des per- ratives. Laurent Moutinot a alors pris l’ini- que la peur du vote populaire est le commence-
sonnes qui se regroupent pour acheter un La Codha est ouverte à tous et toutes, si les commenté par l’édito de la «Tribune de Genève»
tiative de réunir les coopératives et leur a ment de la sagesse urbanistique.
terrain ou un immeuble. En 1990 ces deux coopératives se développent, de nouvelles du 18 avril, qui apparemment tombe des nues :
remis des terrains publics en droit de su- A propos, quelqu’un a-t-il des nouvelles de la
tendances ont créé le GRAAL (groupe pour populations y viendront. « leur vision est décapante. Que disent ces ar-
perficie. Il nous a fait confiance et la Codha pétition lancée par Chevrolet pour la construc-
la promotion de l’action associative en ma- en a reçu trois    : les Ouches, les Voirets et chitectes ?  ( ... )  qu’on peut bien vivre aux Eaux-
tion de 20’000 logements « tout de suite » à la
tière de logement )  dont est issue directe- le Pommier. Comment calculez - vous les loyers ? Vives ou à Plainpalais». Sans blagues ? On peut
ment la Codha. Praille  ?
Les loyers sont contrôlés par l’Etat, sous le bien vivre aux Eaux-Vives ou à Plainpalais ? Ben
On dit qu’à Genève il est impossible de régime Habitation Mixte  ( HM)  qui com- ça alors, pour une vision « décapante », c’est une
Etre coopérateur ou coopératrice, est-ce construire. La droite critique une législa- prend 60 % de locataires très subvention- vision « décapante ». Mais « décapante » de quoi,
une autre façon d’être propriétaire ? tion trop contraignante, le Canton critique nés et 40% qui peuvent être subvention- au juste ? Des préjugés d’un quarteron de pro-
les oppositions locales des communes,
La coopérative, c’est le moyen terme entre nés ou non, cela permet de s’adapter aux
quelles difficultés rencontrez-vous ? priétaires de villas colognotes ?
la location et la propriété. Le coopérateur évolutions économiques des locataires.
a tous les avantages de la propriété à part Il y a cinq ans, le mouvement des coopé-
la plus value financière liée à la revente de ratives a proposé au Conseil d’Etat de dé-
ABRIS ANTI-ATOMIQUES : Détournés de leur emploi initial, INSALUBRITÉ : A trait à la vétusté, le manque d’hygiène, le
ils peuvent sauver des vies en hiver en servant de logement caractère dangereux d’un logement pour les personnes qui
d’urgence pour des citoyen-ne-s vivant dans la rue. l’habitent. Lorsqu’une personne vit dans une cave, un garage
à vélo, des toilettes publiques, ou par exemple en surnombre
BOÎTE AUX LETTRES : Lieu de réception du courrier, mais dans un logement exigü, on peut sans autre accoler le mot
aussi justificatif de résidence. Indice par lequel les régies insalubre au logement.
traquent les sous-locations «  non autorisées  ».
JURIDICTION DES BAUX ET LOYERS : Elle comprend la com-
CAUTIONS : Sommes astronomiques réclamées comme mission de conciliation et le tribunal des baux et loyers et
garantie au moment de l’emménagement. traite de tous les litiges opposant bailleurs et locataires.

DÉMÉNAGEMENT  : Fait extrêmement rare visant à se dépla- LOCATAIRE  : Personne considérant le droit au logement
cer d’un logement à un autre  (  n’arrive pratiquement plus comme un luxe et prête à accepter des hausses de loyer in-
de manière volontaire depuis quelques années ). dues et illégales du moment qu’elle peut garder un toit sur
sa tête.
EXPULSION  : Phase finale ordonnée par le procureur gé-
néral visant à mettre dehors une personne ou une famille LUP : Logement d’Utilité Publique, caractérisé par quatre
qui ne peut plus payer son loyer, ou qui, malgré le paiement critères : le propriétaire est l’Etat, une commune, une fon-
régulier de son loyer, n’est plus désirée dans son logement, dation de droit public ou une organisation sans but lucratif.
victime des politiques financières agressives de sa régie. Un taux d’effort et un taux d’occupation sont appliqués. Le
contrôle de l’Etat sur ces logements est sans limite dans le
GÉRANCE IMMOBILIÈRE : Entreprise juteuse permettant à temps.
certain-e-s propriétaires privé-e-s ou divers actionnaires de
multiplier déraisonnablement les profits au mètre carré. MARCHÉ : Système de production de biens censé s’autoré-
guler  (  ah ah  )  et fonctionnant sur le mode de l’offre et de
GÉRANCE IMMOBILIÈRE MUNICIPALE  (  GIM  )  : Organisme la demande. Ce système montre ses limites dans les cas où
de la ville de Genève qui, grâce à son parc immobilier de plus
les « client-e-s » ont nécessairement besoin du bien en ques-
de 5000 logements, permet de conserver des logements à
tion  (  nourriture, air, logement, etc... ).
loyers modérés au centre ville. Plus de 3000 personnes sont
sur les listes d’attente actuellement. SQUAT : Mode de logement alternatif visant à occuper des
logements laissés vides. Dans ceux-ci, les habitant-e-s ne
HLM / HBM  : Le premier signifie Habitat à Loyer Modéré, s’acquittent d’aucune taxe à l’égard des propriétaires, mais
concerne des personnes à revenus modestes. Ce sont des
prennent en charge l’entretien du bâtiment.
logements subventionnés par l’Etat pendant 20 ans après
la construction. Le second signifie Habitat Bon Marché, TAUX D’EFFORT  ( TE )  ET TAUX D’OCCUPATION  (  TO ) : Le pre-
concerne des personnes à revenu très modeste. Subvention- mier est un pourcentage du revenu à consacrer au paiement
nés comme les HLM, les loyers sont également contrôlés par du loyer. Le second est un nombre de personnes pour un
l’ État. nombre de pièces du logement concerné.

ZAPPELLI : Bras armé du pouvoir immobilier.

ABÉCÉDAIRE

CAUSES
COMMUNES