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Manque livre jaune + qu’est-ce que le phénomène ?

+ livre terminales

Phénomène : (du grec phainestai, briller ou être visible) ce qui se montre, se manifeste (se rapporte à la
sensations) indépendamment du sujet qui le perçoit. Approche psychologique : tout ce qui se présente à
la conscience, ce qu’on y trouve par intuition par opposition à ce qu’on y trouve de construit à partir de
ces phénomènes. Hume : les affections de l’esprit et impressions premières de l’expérience par
opposition aux Idées (et aux relation d’Idées). Le phénomène est attaché à l’idée d’une origine
authentique du rapport au monde. Selon Kant, la manière dont un phénomène apparaît implique des
éléments du sujet qui le perçoit. Ce qui correspond à la sensation est appelé matière du phénomène et
ce qui fait que le divers qui est en lui est ordonné selon certains rapports est appelé forme du
phénomène.
La phénoménologie exploite la possibilité que la manière dont le phénomène apparaît se lit dans les
phénomènes eux-mêmes et non dans la structure du sujet : le phénomène authentique est ce qui se
rend visible en maintenant dans l’invisible les conditions de sa visibilité. Il n’apparaît comme un fait
particulier que parce qu’il masque ce qui le soutien (ce que la phénoménologie s’efforce de manifester),
et n’apparaît dans les formes de l’esprit que parce que l’esprit se masque sa dette à l’égard de la
phénoménalité.

Phénoménisme : Une théorie de la connaissance selon laquelle notre faculté de connaître n’atteint
jamais l’être des choses, mais seulement la manière dont elles apparaissent (les phénomènes). Position
tenue par les sceptiques et certains sophistes tels Protagoras ou Gorgias : le miel n’est pas doux, il semble
ou apparaît doux. Selon Démocrite, le miel n’est marqué d’aucune propriété sensible ; il affirme la non
réalité des qualités sensibles. Phénoménisme perspectiviste (Protagoras, qui se prolonge chez Epicure et
Lucrèce et on la retrouve transformée chez Kant) : les phénomènes ne disent rien des êtres parce qu’ils
s’attribuent en propre aussi à celui qui les perçoit. Retrouver les fondements possibles d’une science des
phénomènes et non plus de l’être (« sauver les phénomènes », expression de l’Antiquité pour concilier la
science et le phénoménisme). Phénoménisme sceptique : face au même dilemme que celui de
Démocrite, le sceptique conclut à l’impossible détermination de la réalité des qualités sensibles (et non
pas à leur non existence). Il n’est donc pas possible de trancher entre la position de Gorgias pour qui seul
le non-être est, et celle d’Héraclite pour qui tout est (autre alternative au perspectivisme).

Phénoménologie : (terme inventé par J.H. Lambert dans Neues Organon) référence à l’apparence par
opposition à la vérité des choses. La définition de Hegel : une logique de l’apparence, qui décrit et
analyse les figures de l’Esprit, depuis la certitude sensible jusqu’au Savoir absolu. Husserl : une méthode
analytique et descriptive permettant de faire « retour aux choses mêmes » (critique à l’encontre de la
philosophie du XIXe siècle : idéalisme allemand, empirisme et positivisme) : décrire rigoureusement le
champ de l’expérience, c’est-à-dire décrire les objets qui se donnent à la conscience au moyen de
l’intuition donatrice (les phénomènes qui existent pour ma conscience se donnent à elle dans un vécu
qui les lui « présente »). Elle analyse (décrit et comprend) l’apparition phénoménale de l’objet (qui
existe réellement ou non) visé qui se donne à la conscience directement dans une intuition immédiate
et actuelle, sans médiation. Husserl rompt alors avec la distinction kantienne du phénomène et de la
chose en soi, pour réduire l’être à son apparaître, dans le soucis d’explicitation de la manière dont les
objets se phénoménalisent pour moi. De cette neutralisation de la question de l’existence
« extérieure » des objets intuitionnés, il résulte que l’intuition peut n’être pas que sensible mais aussi
« catégoriale » (intuition des catégories universelles qui structurent la pensée) ou encore « éidétique »

(De manière analogue. afin de laisser le phénomène apparaître à la conscience tel qu’il se donne dans son apparition pure. et de décrire les actes de conscience dans lesquels ces significations se constituent). tout sujet pensant ne peut être envisagé qu'au regard d'un monde qu'il vise. Edmund Husserl (1859-1938) Les recherches logiques (1900). Par exemple. La philosophie comme science rigoureuse (1911). aux mathématiques. Philosophe allemand. Ces choses ne sont pas les objets empiriques du monde matériel.Le retour « aux choses elles-mêmes » : « La Terre ne se meut pas ». Une phénoménologie de la perception porte sur les vécus ou actes qui permettent à ma conscience de viser. qui permet de dévoiler la structure intentionnelle de la conscience. . et pendant que j’apprécie la beauté du paysage. cet arbre. mais. Husserl invoque le terme de champ perceptif comme cadre des expériences sensibles et intelligibles de l'être. fondateur de la phénoménologie. Trois thèmes dominent sa réflexion : . elle est ouverture. La phénoménologie transcendantale (qui nous délivre de la naïveté de l’attitude naturelle et des préjugés qui en découlent) dévoile alors l’œuvre constituante de la conscience. auprès de l’arbre . La conscience n’est pas refermée sur elle-même. « Toute conscience est conscience de quelque chose ». Le monde et les choses ne sont pas en moi comme dans une boite. c’est à l’inverse ma conscience qui se déporte constamment vers eux. les vécus de conscience. d’une manière générale. La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale (1936). la faculté de viser un autre que soi. L’intentionnalité est la structure fondamentale de tout vécu. une phénoménologie de la logique se donne pour tâche de rechercher la source des concepts fondamentaux et des lois idéales de la logique pure. Décrire le phénomène tel qu’il se donne implique de procéder à une « réduction éidétique » qui consiste à mettre en suspendre (épochè) tout jugement sur l’existence de ce qui est visé. Il se consacre d’abord à l’étude des sciences exactes et. En opposition à leur connaissance empirique (psychologie). la conscience ne cesse d’être là-bas. plus particulièrement. par-delà elle-même. au plus près du monde et des choses. elle aspire à dégager l’essence (ou eidos) des vécus de conscience. lors d’un voyage. En tant que phénoménologie transcendantale. elle suppose l’abandon de l’attitude naturelle : La réduction transcendantale est la mise entre parenthèse. c’est-à-dire la suspension (épochè) de la croyance en l’existence du monde.(intuition des essences génériques). Il s'attache à discerner ce qui dans le phénomène de l'être au monde constitue l'élément premier. Idées directrices pour une phénoménologie (1913). Méditations Cartésiennes. Psychologie du point de vue empirique 1874). elle n’est pas une substance) est intentionnalité (thèse reprise à Franz Brentano. . par exemple. La description phénoménologique des vécus repose le retour de la conscience sur elle-même : la réflexion. et autres non encore publiés. La réflexion se double d’une réduction eidétique qui tente de dégager au sein de l’expérience différents invariants. La phénoménologie doit procéder à l’analyse dite intentionnelle des différents types de vécus de conscience. la vision d’un arbre au bord de la route m’entraîne hors de moi. La conscience (n’a pas de contenu par elle- même. plus généralement le monde lui-même en tant . La scission supposée entre l’intérieur et l’extérieur de notre esprit est artificielle car le sujet et le monde se donnent toujours en même temps. c’est le monde qui lui en donne un.L’intentionnalité : Ma conscience est d’abord conscience de ce qui n’est pas elle. la particularité de la conscience d’être conscience de quelque chose.La réduction phénoménologique : il n'y a pas de sujet pensant en soi. et découvre la manière dont la conscience constitue le sens des objets qu’elle vise et. Méditations cartésiennes (1913).

. En outre. aux côtés de la phénoménologie statique.que signification pour une conscience. la genèse passive et l’expérience d’autrui). le haï. le désiré. Noèse et noème se rapportent à la structure intentionnelle de la conscience. le présentifié. et le noème l’objet visé en tant que sens constitué par la conscience. Sujet transcendantal. Dans Les Idées directrices pour une phénoménologie (1913). constitué par la noèse ou cogitatio. l’imaginé. Le noème ou cogitatum désigne le corrélat transcendant. Par exemple lorsque je perçois (me souviens ou imagine un arbre). le conçu. et le noème au perçu (au « souvenu » ou à l’imaginé) comme tel. Noèse/Noème/Noétique : Termes techniques de la phénoménologie husserlienne qui décrivent le rapport de la conscience aux objets qu’elle vise. etc. la noèse correspond à l’acte de percevoir (de se souvenir ou d’imaginer). La phénoménologie transcendantale s’oriente vers un idéalisme qui n’est peut-être pas simplement méthodologique. La noèse désigne la visée elle-même en tant qu’acte de la conscience. La conscience conserve alors son privilège transcendantal : elle conserve comme telles les conditions de possibilité de toute expérience. Husserl envisage la possibilité d’une phénoménologie génétique dont le fil conducteur ne serait plus tant l’objet que la genèse même du vécu de l’objet.) dans ce qu’il dénomme le « comment » de ses modes de données. Cette évolution se poursuit avec les philosophes qui prolongeront et renouvelleront sa philosophie. Elle est donc « constitutive » (non pas productrice ou créatrice des objets qu’elle vise mais) : clarification. Husserl s’attache à l’étude des structures noético-noématiques de la conscience intentionnelle afin de saisir la chose (le perçu. La manière dont la conscience vise quelque chose détermine le caractère des objets intentionnés. élucidation du sens des objets qui se donnent à elle (mais certains objets semblent ne pas pouvoir être reconduits à l’œuvre constituante de cette conscience : le temps.

Phénoménologie : décrire les choses telles qu’elles nous apparaissent (le phénomène). son but est de définir ce qu'est l'être (l’être d’une chose est son essence. ce qui la place dans un position d’antériorité et de fondement par rapport aux sciences particulière portant sur les différents types de réalités. c’est la réalité la moins saisissable possible. l’élément énigmatique en quoi se tient tout ce qui est. L’être en tant qu’être : non réduit à ce à quoi il donne déploiement. mais n’est pas un étant (l’autre de l’étant. soit dans sa dimension théorique par Kant (qui conserve l’idée d’une métaphysique des mœurs) soit dans son principe même. au- delà (méta) des réalités naturelles qui peuvent s’expliquer de manière physique. La métaphysique pose le même problème que l’ontologie : une science de l’être en tant qu’être est-elle possible ? C’est Aristote qui est à l’origine du concept d’ontologie lorsqu’il formule le projet d’une science de l’être en tant qu’être. l’être n’est plus une détermination d’essence. L’existence effective étant déterminée selon la forme du temps. le monde et Dieu. Pur élément d’évanescence indéfinissable. Ce qui existe ou peut exister hors de l’intellect. Le Moyen-Âge distingue une métaphysique générale ou ontologie qui s‘occupe de l’être en tant qu’être et une métaphysique spéciale qui s‘occupe de réalités particulières (le monde. l’étant suprême possède le caractère de la substance).Martin Heidegger (1889-1976) : Elève de Husserl. ou encore l’étude de ce qui est séparé de toute matière. La question occultée de l’être Être et temps (1927) : vise à reposer à neuf la question du sens de l’être. mais maintient sa position fondatrice (la racine de l’arbre des connaissance humaines). irréductible à toute assignation ontique. l’âme et Dieu). La métaphysique depuis Aristote (Métaphysique) se définit comme la science qui n’étudie pas tel ou tel étant mais l'être en tant qu'être et des premiers principes (philosophie première). l’être de l’étant dont la valeur dépend de sa capacité à durer dans la présence. mais position d’une existence empiriquement donnée. le néant). ou la recherche des causes premières des choes. et « quelque chose est » signifie que quelque chose est étant. La métaphysique envisage l’être de l’étant ou l’étant dans son essence en faisant abstraction de son existence. L’être n’est pas un étant puisque c’est ce en quoi toute chose est. vise les réalités immatérielles. L’être doté d’une existence actuelle. Tout étant est dans l’être et tient sa présence du fait de se tenir dans l’acte d’être. Chez Descartes. Interroger la métaphysique c’est interroger l’Être qui n’est pas un étant fondateur. Les étants : tout ce qui est. les généraux ? L’acte d’être en qui tout se tient (car rien n’est s’il n’est dans l’être). il se retire essentiellement et ne se laisse jamais objectiver comme quelque chose d’étant). L’essence. L’ontologie s’identifie en ce sens à la métaphysique qui semble cependant plus large et porte aussi sur ces objets particuliers que sont l’âme. (Avec Kant. Heidegger salue en Kant celui qui a vu la connexion de l’être et du temps) L’être : infinitif. Problème : elle présuppose la possibilité pour la raison humaine de remonter de la connaissance des étants à celle de l’être lui-même ou à celle d’un étant suprême (Dieu). l’existence retrouve ses droits. ce qui détermine tout étant. Ambiguïté : l’investigation des différents sens du mot être. A partir du XVIIIe siècle la possibilité même d’une science des principes est contestée. « Je suis » signifie que je suis étant. Après des siècles de confusion syntaxique puis conceptuelle à propos du mot être (en latin il y a esse . mais un fond non fondé. l’ensemble de ce qui peut posséder l’existence dont l’actualisation appartient à Dieu. (L’être n’est rien d’étant.

d’où la conception de Dieu comme étant suprême. devenant ainsi une théologie. L’homme peut être saisir de manière ontique. oubliant de ce fait la question aristotélicienne de l’être en tant qu’être. Or rien est moins évident que le fait d'être.pour l’être comme acte d’être. Heidegger contournera ces difficultés dans Être et temps. l’étant le plus étant était déjà chez Platon l’étant qui demeure un et identique. Ontologique : qui concerne l’être (to on en grec). On n’a pas saisi toute la profondeur et la complexité de la question de l'être. La différence entre l’étant et l’être est appelée ontico-ontologique. l’ens pour l’étant. la tradition métaphysique a rabattu l’ontologique sur l’ontique. la philosophie a occulté la question de l’être au profit d’une réflexion sur l’étant suprême (Dieu). Le plan ontique de l’étant. Selon lui. hupokeimenon) dont la modalité d’expression est l’identité à soi malgré les vicissitudes du temps. il faudrait être capable d’abstraire l’étude de l’être de la réflexion sur tel ou tel étant. il y a une fausse évidence à remettre en question. . La question de l’être en tant que tel a été occultée par la métaphysique au profit de l’être (essence ?) de l’étant (le plus commun ou le plus éminent). L’acte d’être en qui tout se tient (car rien n’est s’il est dans l’être). La science qui s’occupe de l’être en général. On ne le définit pas on le présuppose. il va de soi que c'est une chose pensante. L’être du Dasein et l’Être en général Pour répondre au projet métaphysique ou ontologique. sans jamais questionner l’Être en tant qu’être. Elle interroge l’étant eu égard à son être (essence ?). l’étant le plus étant possède un caractère divin. chez Aristote il possède le caractère de substance (ce qui se tient en permanence sous les accidents. L’ontologie deviendra de plus en plus une réflexion sur la substance. (Dans toute l’histoire de la métaphysique. eau dedans). l’être est pour la plupart du temps pensé au-delà de sa réduction à l’étant. Aristote demande ce qu’est l’étant en tant qu’étant et défini des degrés de valeur d’étant selon leur capacité à perdurer dans la présence . la métaphysique est comprise comme un nihilisme culminant avec la volonté de puissance qui ne veut rien d’autre qu’elle-même dans sa recherche de sa conservation et d’accroissement. indépendamment des étants particuliers. la question n'a pas à être posée ce n'est pas un problème. l’être sur l’étant compris comme étant présent et subsistant. n’est rien d’autre que l’accomplissement de la métaphysique) Au moment où la question de l’être avait été posée. ce qui niera Kant dans La critique de la raison pure. Selon Heidegger. L’hégémonie planétaire de la technique. ce qui supposerait de posséder une faculté spéciale qui nous permet de nous rapporter à l’absolu sans passer par le phénoménal. ou du sens du mot être. comme une description d’un étant (la bouteille est en plastique. de Platon à Nietzsche. Descartes ne s'intéresse pas au je suis. Le plan ontologique de l’être. on y a déjà répondu. l'ambition de Heidegger est de renouveler totalement la pensée philosophique. Du fait de son intemporalité. manière de ne pas y répondre ou de l'occulter. à savoir l’étantité de l’étant. en laquelle l’Homme se pose comme le maître de l’étant. Il y a bien une tendance à éviter l’infinitif être mais en réalité. quod pour l’essence et quid pour le fait d’être ou l’existence). en montrant que l’être humain (Dasein) peut avoir accès à la question de l’être. Que signifie être pour un être humain ? Quand on dit Dieu (l'étant) est ou je suis. Ontique : qualifie tout ce qui concerne l’étant.

compris comme soucis ou être-en-avant-de-soi. l’être le là. C’est l’étant qui. se rapporte à cet être. en se comprenant en son être. Quand on réfléchit à la question de l'être on est jamais seul et toujours lié aux autres. c'est ce à partir de quoi nous (mit sein. ouverture à l'être. etc. Le Dasein n’est pas tant l’homme que le Là en lequel l’homme séjourne en tant que destinataire de l’être. d’où il vient. C’est un être-au-monde et non un sujet qui se tient face aux objets. le Dasein. Husserl. ouverture vers son être. l’existant. au point de vue de son être. la conscience de n’est pas refermée sur elle-même. le lieu en lequel l’homme est interpellé par l’être. dont le sens ontologique est le temps. qu'est-ce d'autre que tourner en rond ? ». et les existentiaux qui sont les caractères ontologiques spécifiques du Dasein. . Existential : Si l’existentiel renvoie à l’existence au sens courant du terme (le fait d’être effectivement par opposition à l’essence qui désigne la possibilité d’être). Le Dasein est traversé par un drame qui lui est propre et qui est impartageable. l’existential se rapporte à l’être et aux déterminations ontologiques du Dasein. qui est ouverture à la question de l'être. Tandis que la table est dans la maison. La spécificité du Dasein Le Dasein : l’homme comme être là.). non-coïncidence à soi (l’en-soi reste ce qu’il est) . « déterminé par ce qui est en question en lui ». Ouverture : Hegel. Il s'interroge sur l'être spécifique d'un étant : le Dasein. l'être-avec (mit sein) est ontologique car constitutive de l'être du Dasein.Heidegger distingue la question de l'être en général et celle de cet étant qu’est le Dasein. « Devoir d'abord nécessairement déterminer un étant en son être puis sur cette base vouloir seulement poser la question de l'être. La question de l’Être exige d'abord une explication d'un étant. c'est qu'il s'interroge (faculté) sur son être (ce qu’il fait là. a la compréhension de l’être. La relation humaine. L'homme n'est pas dans le monde comme l'eau se trouve dans un verre d'eau (conception spatiale). le Dasein est au monde (Être-au est un existential). Toute ontologie doit se fonder sur une étude de ce mode d’être particulier du Dasein qui est l’existence. qui se questionne sur son mode d'être. la réalité humaine. il est ouverture au monde (autre type de relation. etc. Heidegger. Il y a un privilège ontique du Dasein qui tient à ce qu’il est ontologique. Le Dasein est indissociable de l'ouverture (aux autres et au monde) et de la question du temps. le Dasein est ouverture à la question de l’être. Il est cet étant qui a à être et dont l’essence n’est rien d’autre que d’exister en tant qu’il est un projet jeté (finitude). La nouveauté de Heidegger : les étants n'ont pas le même mode d'être. Le Dasein est l’Être le là. spécificité du Dasein). elle est ouverture . L’être du Dasein prépare la question de l'être en général. Le monde n'est pas la totalité de ce qui est (étants) (l'univers). Heidegger oppose les catégories qui sont les caractère ontologiques de l’étant subsistant (la pierre. il est pour-soi (le niveau ontologique de ce qui réfléchit). L’étant exemplaire qui. en ayant à être. pour s’interroger sur l’Être en tant qu’être.). L'essentiel est que l'Homme est en relation à l'être. la condition de possibilité de l'apparaître de l'étant et ce que je projette au-delà de l'étant) Ce qui fait l'Homme et le distingue des autres étants. la conscience de soi met l’homme à distance de lui-même. C’est à partir du Dasein pour qui son propre être se présente comme une question et qui a à être que se pense la question du sens de l’être comme ce qui n’est rien d’étant. dans la mesure où il est cet étant qui a une compréhension de l’être. absence de solitude) saisissons ce qui apparaît (les étants). la table. sur l'être.

un moyen par lequel on construit l'existence. Le Dasein est toujours auprès des choses. La mort est pour lui la possibilité de sa propre impossibilité. l’angoisse ne porte sur aucun objet précis. et de son ouverture à l'être. turnés vers des projets. La temporalité est une détermination fondamentale du Dasein. Kierkegaard le comprend comme le reflet d’une pure possibilité d’être. nous sommes structurés par la temporalité. La mort est "indépassable" pour l'être-vers-la-mort qui a conscience de sa propre mortalité (seul l'homme meurt car il a un rapport constant à ce terme).Ce qui caractérise le Dasein est sa temporalité. [. C'est à travers la question du temps que le Dasein peut se saisir lui-même. Il se caractérise par sa finitude essentielle. La mort est une détermination constitutive de l'être au monde du Dasein. toutes ses relations au Dasein d'autrui sont dénouées » C'est parce que l'homme sait qu'il va mourir (angoisse) qu'il va s'interroger sur le sens de son être (radicalement différent des autres animaux). Heidegger et Sartres lui reconnaissent également une signification ontologique concernant l’être de l’homme. n'arrive pas à trouver un sens unifié du mot "être" #Descartes ne se pose pas la question. il faut penser la temporalité de l'être. exister est se tendre. le Dasein est ouvert à son propre être au monde en tant qu'il y est jeté (finitude). Quand il est ainsi imminent à lui-même. le futur et le présent. le mode d'être de l'homme est différent des autres modes dêtre. coexistence du passé du présent et de l'avenir. la vie. L’angoisse : contrairement à la peur. l'un ne se pense pas sans l'autre. La question du sens de l'être va être reprise à partir de cette temporalité (après Bergson qui en reste à un étant. On peut passer du plan de l’homme à celui de l’Être dont il convient de dégager la temporalité.. nous avons besoin repères temporels. « Avec la mort.. Du fait d'être confronté à la mort. La temporalité du Dasein Être et temps. sans accéder à la question de l'être). l’être-vers-la-mort déterminant son être comme essentiellement fini. double distention qui détermine le présent. le temps vulgaire conventions le temps social dérive de la temporalité. différence des sens de l'être cherche l'unité de sens . le Dasein a rendez-vous avec lui-même dans son pouvoir être le plus propre. L'angoisse de considérer ma propre situation comme être jeté au monde (finitude) est révélatrice de mon être au monde. les rois dimensions du temps co coimpliquées. +++++++++++++++++temporalité= le mode d'être de l'homme est bien spécifique car nous sommes écartelé structuré par à la fois l'avenir. . le dasein est faire exister cette temporalité. il utilise Dasein pour repenser entièrement l'Homme à travers sa finitude (temporalité finie). Parce que cette définition est inséparable du mot homme. modes d'être. spécificité de l'être humain. on problème est de traiter du mot être L'homme est entendu traditionnellement par la métaphysique comme animal raisonnable. c'est une réalité ontologique. en avant et en arrière de lui-même (soucis).] Sa mort est la possibilité de ne plus être Dasein. le temps conventionnel est un outil qui permet d'organiser des actions Kant l'intuition du temps dans la pensée humaine mais n'a pas vu que le temps n'est pas simplement une forme de la représentation.

. le bavardage. mais se devancer toujours soi-même dans la saisie vécue des choses. La mort structure ma propre vie et temporalité puisque je sais que mon existence est finie. Existentialisme : La seule essence du Dasein est l’existence comme projet. sans hiérarchie morale (par-delà le bien et le mal). Ce n’est que dans le devancement de la mort qu’il comprend authentiquement son être-en-avant-de-soi (soucis). Cf: Pascal. s’éprouvant véritablement comme pouvoir-être et non comme substance. Elle fait peur et suscite l'angoisse. et il n’y a pas de nature de l’homme qui prédéterminerait son existence.L’existence : exister n’est pas subsister parmi les choses. l'Homme ne cesse de fuir sa condition misérable pour ne pas se retrouver seul (chambre) face à elle. Oublier qu'on va mourir c'est se détourner de ce qu'est l'être (la mort est une détermination ontologique). Le Dasein met en place des stratégies d'esquives pour mener une vie inauthentique et ne pas voir la mort en face et se détourner de sa propre finitude ou être jeté : le "on". d'où le recours au "on" pour ne pas dire "je" et se protéger. le quotidien. L’existence authentique L'existence ce sont des possibilités et non des déterminations. Deux grandes possibilités du Dasein : l'authenticité (assumer son être tel qu'il est. le courage d'affronter son propre être) ou l'inauthenticité. le divertissement.

avec des logiques qui redécouvrent leur relative fiabilité. du désir. et on ne serait jamais éveillé par le plus grand bruit du monde. . 1 Cf. Plutôt que d’assimiler obstinément la conscience à la raison. La pensée ne se limite pas au cerveau mais relève de la corporéité. se fonde sur l'expérience primordiale de la perception. y compris celle de l'entendement. L'ensemble de la connaissance. et la pensée désormais sans titulaire ». La raison et le savoir absolu : Le propos de Merleau-Ponty repose sur la notion du primat de la perception. d’une conscience dont les procédures inconscientes ne sont pas l’écueil mais le prolongement : « on ne dort jamais si profondément qu’on n’ait quelque sentiment faible et confus. Loin de pouvoir distinguer un sujet-conscience d'un corps-chose (attitude réflexive).Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) Il représente l’héritage français de la phénoménologie. Leibniz trace ainsi l’esquisse d’une conscience plus ambiguë que celle de la raison pure. par sa méthode descriptive et par le primat qu’elle donne à la subjectivité individuelle. Par-delà le dualisme corps-esprit Selon le philosophe Merleau-Ponty. c'est la chair (l'esprit uni au corps au-delà d'une simple addition des deux) qui agit. qu’ils soient de l’ordre de la pulsion. à la fois objet et sujet. Toujours au voisinage de dispositifs inconscients. entériner le modeste statut de la condition humaine. La conscience aurait à voir avec une raison qui redécouvre son enracinement au sensible. Des philosophes comme Gottfried Wilhelm Leibniz et Maurice Merleau- Ponty ont probablement nourri la théorisation de telles perspectives. Mais tout cela ne doit pas constituer une fuite de nos responsabilités. Georges Lakoff. du sensible. L'œil et l'esprit. Le corps-propre Il faut en revenir à l'expérience du corps-propre. ce que confirment de plus en plus les sciences cognitives actuelles 1. S'il nous est donc possible de rendre compte du monde sensible de manière intelligible c'est à la fois parce que nous sommes nous-mêmes des êtres sensibles. A travers ses travaux sur la perception. c’est à une nouvelle manière d’appréhender celui-ci et le monde qu’il convient de mettre en œuvre. qui pense et qui connaît. il nous faut relativiser la volonté d’un savoir absolu. c'est-à-dire en comprenant que mon existence est à la fois une pensée et un corps. plutôt que de chercher à surmonter les apories de la raison par l’hypothèse d’un autre Moi caché et détenteur de tous les mystères de l’être. Si le savoir est d’obédience subjective. avec une cohérence qui ne rejetterait pas toute incertitude dans sa réalisation. La perception fait se rejoindre corps et pensée. et à la fois parce que l'intelligible est lui-même d'essence sensible. C’est ainsi que les effets psychosomatiques témoignent des relations entre le cerveau et le reste du corps. en général ou de la vision en particulier comme chez Merleau-Ponty. . 1999 . en tant qu'elle est déployée sensiblement et mentalement dans le milieu dont nous faisons l'expérience. Philosophy in the Flesh: the Embodied Mind & its Challenge to Western Thought (Philosophie dans la chair). de la chair : le corps est un « être en deux feuillets ». en lien avec notre monde qui nous préoccupe et nous atteint jusqu'au plus profond de notre chair. à la fois ce qui voit et qui touche et ce qui est vu et touché. si on n’avait quelque perception de son commencement qui est petit ». Basic Books. alors il nous en rend encore plus responsables. je ne peux comprendre ce que je suis qu'en vivant. c'est pourquoi il ne faudrait pas dire « j'ai un corps » mais « je suis mon corps ». Je vis mon adhérence au corps. Merleau-Ponty disait à ce propos : « La vision fait ce que la réflexion ne comprendra jamais : que le combat quelquefois soit sans vainqueur. et même « je suis corps ». Notre existence est ambiguë . « L’énigme tient en ceci que mon corps est à la fois voyant et visible » Merleau-Ponty. c'est-à-dire concerne le déploiement du corps dans son ensemble. Mark Johnson.

comme Hegel l’a montré de toute philosophie classique et comme Marx l’a montré de Hegel. Il n’y aura pas de fin de l’histoire si l’on entend par-là l’avènement d’une situation où l’homme cesserait de se mettre en question. Le marxisme. signifiant que la perception est toujours déjà ce dans quoi nous sommes irrémédiablement jetés. Le langage n’est donc pas instrument. Le langage en est l’illustration. mais qu’elle a aussi des implications ontologiques. Renoncer à la dualité du sujet et de l’objet implique bien une pensée du sens. La vie de la conscience déborde ce qu’on en sait. c’est-à-dire de la réification des vécus. ce qui revient à exclure du même coup toute autonomie de l’être. Heidegger en est l’influence majeure. au sens où la pensée implique toujours la ressaisie du sens qui s’est formé avec la parole. il faut une pensée du sens des choses. et dont la relative passivité fait équilibre au mouvement essentiellement actif de dépassement du vécu vers l’élaboration du sens. en ce que l’examen des divers domaines dus avoir le conduit toujours à examiner l’ontologie avouée des savants. ne peut contester. ni l’aliénation qu’elle recèle. mais elle destitue toute revendication de primauté noétique (la visée elle-même en tant qu’acte de la conscience) qui reviendrait à restaurer une pure objectivité. fût-elle parfaite. comme à la réalité à laquelle cette subjectivité permet d’accéder ? Ces données sont recueillies et élaborées sous l’horizon d’une conception préalable de la subjectivité et de l’objectivité. à l’égard des comportements humains. de ce qu’est le sens et de ce qu’il ne saisit pas lorsqu’il ne produit pas. Mais cela n’implique pas l’invalidation radicale des ontologies « locales ». et qu’aucune instance et encore moins la science. Non qu’elle ait le primat. Ces motifs reprennent l’intentionnalité de Husserl (la conscience n’est rien que la visée des choses comme existantes). qui partagent le même aveuglement à cette donation. en posant une doctrine unique de l’être. ni à la mise en œuvre de processus physiologiques. Cette analyse implique de renoncer à la fois au rationalisme et à l’empirisme. La naturalisation classique des origines n’abolit ni l’histoire. Cela manifeste une influence de Marx. Il sait aussi qu’aucune ontologie ne peut clore la recherche et le développement historique des ontologies. mais tissu de la pensée qui recèle de l’impensé. Ils s’établissent autour de l’obscurité irréductible de la perception dans laquelle tout est déjà joué du sens lorsqu’elle apparaît claire. et ne se comprennent qu’à partir de leurs procédures de donation (« La phénoménologie. La naissance du sens qui est le fait de la parole fondatrice du langage est la mise à distance du monde dans le moment où je le vis. mais d’abord de ce qu’est le sens et de ce qu’il ne saisit pas lorsqu’il ne produit pas. La seule ontologie que nous laisse Merleau- . Cela implique que le sujet n’est jamais transparent à lui-même. L’homme ne se supprimera jamais comme « idée historique » au profit d’une « espèce naturelle ». Il reconnaît dans le sentir le point même où l'existence s’insère dans le réel. La réflexion ontologique est toujours présente chez Merleau-Ponty. Merleau- Ponty ne croit toutefois pas que la connaissance de l’homme par l’homme suffise à surmonter toute aliénation et tout problème de l’existence. C’est ce qu’il nomme la « foi perceptive ». c’est d’abord le désaveu de la science). Alors que le sens résulte de ce que nous vivons du monde. « n’est certainement plus vrai au sens où il se croyait vrai ». Ses notions de chair et de chiasme ne remettent pas en crise un anthropocentrisme philosophique. puis de l’objectivation du réel. doublant celle de Heidegger. Cela implique que la réflexion ne peut se limiter à décrire les procédures de réification.Sa réflexion manifeste sa méfiance anti-cartésienne à l’égard d’une conscience absolument transparente à elle-même (à la différence de Sartre). confrontée à celle que révèlent leurs pratiques. mais se devancer toujours soi-même dans la saisie vécue des choses). et l’existence de Heidegger (exister n’est pas subsister parmi les choses. du sens des choses certes. ni réductible à la pensée. Il engage le débat sur le terrain de la psychologie pour se demander quel statut d’être faut-il conférer à la subjectivité. mais sans claire conscience de ce qui se formait.

Ponty. est la reconduite incessante des positions ontologiques. et l’abolition radicale de toute clôture possible de l’être dans une nature illusoire et toujours idéologique. . dans cette perspective.

accédant ainsi au plan de la réflexion. a étudié Husserl et Heidegger. mais sur une éventuelle nature qu’elle aurait en commun avec d’autres êtres. L’Esquisse d’une théorie des émotions (1939). Dans L’Être et le Néant (1943). La recherche d’une psychanalyse existentielle. Elle hérite également de la pensée de Hegel à laquelle elle emprunte sa terminologie (en-soi. il y a moins un être chez qui l’existence précède l’essence. Critique de la raison dialectique (1960). la réalité humaine. qui s’oppose au déterminisme freudien.) et l’accent mis sur du conflit dans la relation entre consciences. écrivain et intellectuel engagé dans tous les combats de son temps. dérivé de esse. les conceptualistes et les réalistes s’opposent à propos du statut à donner à ces universaux : quelle réalité leur accorder ? Sont-ils des concepts construits par l’esprit qui remarque des similitudes. s’il n’est pas définissable. philosophe. On peut reconnaître en la chose qui existe une essence. L’humanisme est un existentialisme (1945). On ne s’interroge pas sur ce que la chose a d’individuelle. comme dit Heidegger. Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord. c’est qu’il n’est d’abord rien » Sartres. L’imaginaire (1940). ce que la chose est en son être. voire de la conscience de soi. un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c’est l’homme. Sartre reprend cette distinction sous la forme d’uen dualité ontologique non dialectique : à l’être du simple phénomène – l’en-soi – qui se contente d’être ce qu’il est (égal à lui-même). au niveau de l’en-et-pour-soi. A la différence de Heidegger. (Les nominalistes. aboutira à L’idiot de la famille (1971-72). surgit dans le monde. s’oppose l’être de la conscience humaine – le pour-soi – dont l’identité à soi est rendue impossible par une trouée de néant. tel que le conçoit l’existentialiste. ce qui fait qu’elle peut être pensée. existentialisme La philosophie de Sartres s’inscrit dans la tradition phénoménologique. pour-soi. pour atteindre la position d’un nouveau sens de l’être. Phénoménologie de l’esprit (1807). projet. ouverture au monde. fondateur du journal Libération. ou ont-ils une . L’idiot de la famille (1971-72)/ Une philosophie de la liberté d’inspiration phénoménologique (dans toutes ses œuvres) Phénoménologie. ce qui la caractérise. et qu’il se définit après. le néant de la conscience de soi et du monde qui met l’homme à distance de lui-même et le rend par là même libre. L’Être et le néant (1943). ou. L’essence est le concept ou l’idée (et non pas la nature) d’une chose qui n’implique pas nécessairement que cette chose soit. Cf : Hegel. être) désigne la nature de la chose. L’existence humaine est ainsi non-coïncidence à soi. se rencontre. Sartres aura essentiellement questionné l’être de l’Homme en étudiant le pour-soi et ses modalités intentionnelles puis son enracinement historique et social. *L’existence précède l’essence « Si Dieu n’existe pas. La distinction en-soi/pour- soi exprime le développement dialectique de l’être qui surpasse son immédiateté première par la négation de ses déterminations initiales. Mon essence est d’être homme. L’Homme. Le pour-soi désigne le niveau ontologique propre à tout ce qui réfléchit l’immédiateté de son être pour atteindre la conscience de soi. L’existentialisme est un humanisme Essence : (de essentia.Jean-Paul Sartre (1905-1980). etc. à la fois par sa méthode descriptive et par le primat qu’elle donne à la subjectivité individuelle. Le pour-soi présuppose ainsi l’en-soi comme ce qui est à nier et à dépasser. Son originalité : il ne s’est pas arrêté aux modalités de la conscience comme Husserl mais a utilisé la phénoménologie comme voie d’accès à l’ontologie.

être douce. seul l’homme (le pour- soi) existe. il se tient (sistere) hors de soi (ex). Exister : c’est être réel. Avec l’existentialisme. pas de nature déterminée. Existence : (du latin ex-sistere. c’est non seulement être sans raison d’être ni justification mais surtout se faire. il n’est pas immédiatement ce qu’il est. Par exemple : on devient criminel au moment où on fait le choix de commettre un crime.) précède sa conception . se montrer). liberté). L’existence désigne le fait d’être (effectivement) par opposition à l’essence qui désigne la possibilité d’être. Essentialisme : l’être se définit par son essence. Pour Simone de Beauvoir. l’homme n’est pas un concept qui aurait été inventé puis créé par un Dieu dans un but quelconque (on y croit plus). (Leibniz reconnait toutefois aux essences une prétention à exister). Problème : qu’est-ce qui promeut quelque chose à l’existence ? Toute existence semble renvoyer à une cause ou à une raison suffisante. Or. l’existence devient un mode d’être propre à l’homme (comme négation de l’essence. sortir hors de soi. Peut-on dire de la même manière qu’une chaise. ensuite nous l’avons fabriquée et elle a existé. L’existence renvoie à l’idée de création ou de production. il n’est pas immédiatement ce qu’il est. qui explique que l’être ne soit pas resté pure virtualité mais soit devenu effectif. la femme est ce que les femmes sont. par différence avec le simple fait d’être possible ou d’être imaginaire. seul l’homme (le pour-soi) existe. Simone de Beauvoir citrique l’idée qu’il y aurait une essence de la femme : la femme doit rester à la maison. Chez un objet. L’homme n’est pas (à la manière d’une chose en-soi). Il n’y a pas d’essence de la femme à laquelle les femmes devraient correspondre. et seulement ensuite il se définit par ses actes et ses choix. mais l’essence précède l’existence. Par exemple : le criminel est prédéterminé à l’être. la définition ou le concept de l’objet (son utilité etc. à travers son action. Exister. La spécificité de l’homme. l’essence précède l’existence (qui doit lui correspondre). on le devient ». On est prédéterminé à être qui l’on est par une essence qui nous précède. une chose n’a ainsi pas à être. à travers ses propres actes) Les philosophes scolastiques au Moyen-Age sont les premiers à opposer existentia et essentia. Sartre) : l’être se définit par son existence plutôt que par son essence (une nature déterminée). c’est qu’il est toujours au-delà de toute définition stable (surtout avant sa naissance). contingence. mais a à être : il doit se faire. voire la rend possible. il n’a pas d’essence. Exister. -> L’homme existe d’abord. c’est non seulement être sans raison d’être ni justification mais surtout se faire.portée ontique ? L’essence sera opposée à l’existence et fera abstraction de celle-ci). il n’est pas prédéterminé car il se réalise tout au long de son existence (dans ses expériences vécues et ses actions). et ne se définit que par sa liberté d’être et . Aucune femme ne correspond plus qu’une autre à une essence de la femme. c’est le principe du meilleur possible qui fait que nous choisissons tel ou tel acte ou que Dieu fait passer à l’être ce monde ci). prétendre dire ce que je suis c’est vouloir ignorer en quoi consistent la conscience et l’existence humaine). etc. un homme et le théorème de Pythagore existent ? (Pour l’existentialisme de Sartre. par exemple. (Existentialisme : refus de faire du vécu humain quelque chose de réductible au concept). se manifester et non pas seulement avoir une essence. Pour avoir une essence. il est reconnu à l’essence même une certaine réalité : elle est ce qui amène à ce que la chose soit (créée). sa vraie nature sort un jour ou l’autre. une femme devient ce qu’elle est en fonction de ses choix : « On ne naît pas femme. d’abord nous avions l’idée et la définition de la voiture. Ce n’est pas parce qu’on a commis un crime une fois qu’on va en commettre un autre. Heidegger. il se tient (sistere) hors de soi (ex). Pour l’existentialisme de Sartre. Les philosophes se demanderont comment on passe de l’essence à l’existence (pour Leibniz. Existentialisme : (Kierkegaard. à travers ses propres actes. Autrement dit. (Selon Sartres. Si l’essence n’implique plus que la chose soit.

) Dans son existentialisme athée. *La mauvaise foi : Prétendre décrire ce que l’on est est le comble de la mauvaise foi (L’Être et le Néant. Vouloir se donner une identité fixe ou une essence est rassurant. Je suis une liberté. gratuit). L’absence d’essence ou de nature entraîne deux conséquences morales : il n’y pas de valeur préétablie mais l’homme doit fonder toute valeur sur sa liberté. le fait d’exister dans un monde qui nous préexiste.). ce qu’il voudrait. c’est une tentative de nier sa propre liberté pour . L’hypothèse de l’être de Dieu retire à l’existence humaine son caractère de pure contingence.de faire. sans fondement. n’étant pas figé par une nature. Notre indétermination nous empêche de nous rassurer en nous référant à une identité fixe de nous- mêmes (une définition. Gabriel Marcel et Karl Jespers. Heidegger et Sartres lui reconnaissent également une signification ontologique concernant l’être de l’homme. une essence). Sartre dit que seul l’existentialisme athée permet de penser la contingence absolue de l’existence humaine et par conséquent la liberté. L’angoisse : Contrairement à la peur. II). l’angoisse ne porte sur aucun objet précis. (Ce n’est pas à travers la reconnaissance et la morale spirituelles que l’existence évalue ses possibles. c’est-à-dire de déterminations pesant sur l’homme : le fait de naître dans une société et une époque donnée. car toute liberté est liberté en situation. chacun doit inventer ses valeurs dans la liberté totale. un ensemble de choix. les humains doivent faire leurs propres choix et l’existence retrouve son entière responsabilité d’elle-même. La foi et Dieu constituent encore des obstacles trop importants à la liberté de l’être. Si l’existentialisme est un humanisme. le fait de mourir (finitude). *L’angoisse La découverte de la liberté (conscience) se fait par l’angoisse (vertige éprouvé devant l’infinité de ses possibles) ou par la nausée (le sentiment par lequel l’individu découvre sa contingence. le fait d’exister parmi d’autres sujets (question de l’intersubjectivité). On ne décide plus en s’en remettant à Dieu (pourquoi il nous a fait. Les existentialistes athées ont reproché à Sartre sa thèse d’une liberté absolue. Kierkegaard le comprend comme le reflet d’une pure possibilité d’être. ce qu’il aurait fait. Sartre récuse le concept de nature humaine pour lui préférer la notion de condition humaine La liberté n’est pas découverte de possibilité abstraites. *« L’Homme est condamné à être libre » (Contre Kierkegaard. une essence). L’homme n’a pas besoin du consentement ou de la caution de Dieu pour s’assumer et se guider. I. etc. le fait qu’il soit sans nécessité. d’une existence plus supportée par la transcendance divine). mais à travers la concrétisation et la réalisation de ses choix et de ses actes. elle apparaît dans un contexte social et historique donné : l’existence humaine est pour cette raison à la fois facticité (puisque j’ai à assumer ma situation) et transcendance (puisque je peux toujours dépasser cette situation. ce n’est pas au nom d’une essence de l’homme mais de l’existence comme négation de l’essence (liberté) et contingence. Sartre distingue 6 modes de facticité. Le sentiment de liberté devant l’infinité de ses possibles du fait qu’il n’existe aucune essence de ce que nous sommes (exister c’est être dépourvu d’essence) nous angoisse. et la responsabilité totale de l’homme non seulement par rapport à ses actes mais aussi par rapport à l’humanité entière : morale de l’engagement (cf : Cahiers pour une morale). le fait d’avoir un corps. au vécu de l’infinitude de l’être. le fait d’avoir un passé. La liberté est source d’angoisse car elle implique une responsabilité de ce que nous sommes et le devoir d’assumer les conséquences de nos actes.

pour supprimer la mauvaise foi. alcool. Jean-Paul Sartre disait ainsi que « la psychanalyse ne nous a rien fait gagner puisque. Situations II. Elle ne se contente pas de refléter le monde tel qu’il est. Ainsi. La mauvaise foi consiste à nier sa liberté d’être autre chose que ce que l’on est pour se préférer une essence définitive (je suis alcoolique. un paysage qui. L’inconscient n’est dans ce cadre que l’expérience vécue d’un individu dont les traces l’ont modelé sans qu’il ne s’en rende nécessairement compte. ne crée pas l’essence des choses. la conscience ramène à l’unité par un mouvement de synthèse : elle relie les éléments entre eux pour en faire une réalité signifiante. Si la chose ne dépend pas de moi. si nous nous en détournons. dire que l’on est maladroit comme qualité fixe qui nous définit et dont on est pas responsable. elle a établi entre l’inconscient et la conscience une conscience autonome et de mauvaise foi ». La réalité matérielle ne connaît pas l’absence. Selon Sartre. la conscience n’est pas une activité simplement passive. permet d’apaiser ou de fuir l’angoisse d’être libre devant le choix (« c’est pas ma faute. si la conscience se retire. je suis comme ça ». son existence dépend de mon pouvoir de m’étonner de telle ou telle chose (elle pourrait être ailleurs ou ne pas être). car le sujet est nécessairement conscient. essentielle dans le dévoilement. Par exemple. la censure ne peut relever d’une structure inconsciente. Pour le dire brièvement. -> L’inconscient est une invention de mauvaise foi pour fuir l’angoisse de la liberté) *La conscience (le pour-soi) comme liberté ou néant : Selon Sartre. mais les fait exister (deux sens du mot être). Dès lors on tient bien là en effet un alibi des plus solides à notre mauvaise foi. « Qu’est-ce que la littérature ? ».) d’être et de faire. gourmand. La mauvaise foi qui consiste à s’imaginer une essence ou à s’inventer un inconscient qui nous détermine*. à la fois essentielle au dévoilement et inessentiels par rapport à la chose dévoilée ? . dans une certaine mesure. constituée par la conscience. Un des principaux motifs de la création artistique est certainement le besoin de nous sentir essentiels par rapport au monde » (Sartre. elle est remplie d’elle-même. Le regard humain ne fait pas naître le monde. Aussi. pp. […] mais si nous savons que nous sommes les détecteurs de l’être. c’est nous qui mettons en rapport cet arbre avec le ciel. elle est « dévoilée ». timide. etc. N’importe quel individu peut ainsi mettre au compte d’une censure psychique momentanément déficiente tous ses actes les plus abjectes. dans l’appareil psychique de prémunir la conscience de ces désirs et pulsions inconscientes. « L’homme est le moyen par lequel les choses se manifestent ». (*Freud a tort de faire de l’inconscient une entité qui destituerait la conscience de son pouvoir et de sa liberté de décision et de choix. déjà là. par notre certitude d’être ‘dévoilants’ s’adjoint celle d’être inessentiels par rapport à la chose dévoilée. Non sans ironie. la censure serait ainsi en charge. ou encore que l’homme est le moyen par lequel les choses se manifestent . je suis comme ça). Il n’y a de l’être que sur fond de néant. s’éparpille à nouveau. Ce que stigmatise tout particulièrement Sartre ici c’est la notion de censure instituée à travers la première topique freudienne. nous savons aussi que nous n’en sommes pas les producteurs. L’unité du paysage n’existe pas avant la conscience. il faut une conscience pour que la présence se remarque sur fond d’absence. croupira sans témoins dans sa permanence obscure […] [mais sans] s’anéantir.se cacher sa responsabilité (on est responsable de ce que l’on fait librement). C’est nous qui nous anéantirons et la terre demeurera dans sa léthargie jusqu’à ce qu’une autre conscience vienne l’éveiller. avant notre réveil et notre regard. sert d’alibi pour excuser sa conduite tout en niant sa responsabilité. de ce qu’il censure sans quoi il ne pourrait pas effectivement par le censurer. c’est-à-dire que par elle ‘il y a’ de l’être. comme la figure a besoin d’un fond pour être perçue. « Chacune de nos perceptions s’accompagne de la conscience que la réalité humaine est ‘dévoilante’. c’est notre présence au monde qui multiplie les relations. Le raisonnement liminaire en est simple. Ce paysage. c’est ma nature. Ce dévoilement n’est pas un levé de rideau qui ne ferait que libérer une réalité déjà constituée. La conscience prend une part active à la manifestation du monde (c’est une activité constituante). Ce qui est alors primordialement remis en question dans les topiques freudiennes c’est la notion de censure. 89-90) Comment l’art peut-il être une réponse à la situation ambiguë de la conscience face au monde. Gallimard.

Il n’existe ni dans la conscience. Même si autrui n’est pas présent. Pour cette raison. car il m’échappe et me repousse et je ne peux pas plus me perdre en lui qu’il ne peut diluer en moi – hors de lui. Selon Husserl. que tout sujet pensant ne peut être envisagé qu'au regard d'un monde qu'il vise). elle n’est rien d‘autre que le dehors d’elle-même. c’est le monde qui lui en donne un. ce refus d’être substance qui la constituent comme une conscience « Imaginez à présent une suite liée d'éclatements qui nous arrachent à nous-mêmes. Il n'est pas nécessaire qu'il soit réellement présent mais que j'imagine le regard d'autrui sur moi. dans la poussière sèche du monde. c'est que j'ai intériorisé le point de vue d'autrui. de sorte que je l'intériorise. sauf peut-être l’image de l’éclatement. je prends conscience du caractère inconvenant de ma position et j'en éprouve de la honte. dit Heidegger. par-delà soi. (Sartre donne cet exemple : je regarde par un trou de serrure. vous seriez saisi par un tourbillon et rejeté au dehors. n’a pas de contenu par elle- même. mais elle n’est rien d’autre qu’un échappement à soi vers quelque chose ou encore un projet d’être. Comprenez cet « être-dans » au sens du mouvement. qui est plénitude. et c’est cette fuite absolue. il faut que je fasse mien le regard d'autrui. elle s'anéantit. On sait bien que l’arbre n’est pas nous. imaginez que nous sommes ainsi rejetés. Sa réduction phénoménologique entend dire qu'il n'y a pas de sujet pensant en soi. là-bas. s’arracher à la moite intimité gastrique pour filer. A cette conscience ou pour-soi. La condition pour que je puisse ainsi m'observer. elle n’a aucune existence nécessaire. c'est être-dans-le-monde. la conscience s’est purifiée. Si la conscience n’a pas d’être mais est un « trou dans l’être ». Cette nécessité pour la conscience d'exister comme conscience d'autre chose que soi. « Si. délaissés par notre nature même dans un monde indifférent. sauf un mouvement pour se fuit. tout au chaud. j'entends des pas. elle est intentionnalité (reformulation du cogito). Le monde est extérieur et relatif par essence à la conscience. La connaissance n’est pas la possession. elle est claire comme un grand vent. La conscience n’est pas une substance. elle ne coïncide jamais avec elle-même. bref qui n’est jamais rien d’autre que ce qu’il est. c'est s’éclater dans le monde » « Connaître. près de l’arbre. « La conscience et le monde sont donnés d’un même coup ». sur la terre rude. volets clos. par impossible vous entriez dans une ‘conscience’. vers ce qui n’est pas soi. en retour quelle est l’action du monde sur la conscience ? Sartre reprend la thèse Husserlienne selon laquelle « toute conscience est conscience de quelque chose ». La conscience est vide. hostile et rétif . c’est s’éclater vers ». Je dois me mettre à la place d'autrui. qui ne laissent même pas à un ‘nous-mêmes’ le loisir de se former derrière eux. me voir comme autrui me verrait. Être. *Autrui a un rôle fondateur dans la conscience de soi L’analyse du regard est éclairante : le regard d’autrui me révèle son existence. coïncidence avec soi. parmi les choses . près de l’arbre et cependant hors de lui. hors de moi ». « Être. elle est ouverture. là-bas. car la conscience n’a pas de ‘dedans’ . Husserl la nomme ‘intentionnalité’ » La conscience n’a pas d’être. mais qui nous jettent au contraire au- delà d'eux. je peux éprouver de la honte en imaginant son regard sur moi. il n’y a plus rien en elle. l'adopte et . on peut la définir comme liberté. (L’intentionnalité est la structure fondamentale de tout vécu. Que la conscience essaye de se reprendre. vous aurez saisi le sens profond de la découverte que Husserl exprime dans cette fameuse phrase : Toute conscience est conscience de quelque chose. un glissement hors de soi ». la particularité de la conscience d’être conscience de quelque chose. en pleine poussière. Sartre oppose l’être du monde ou être en-soi. de coïncider enfin avec elle-même. « Du même coup. ni sans lien avec elle. Elle n’est pas refermée sur elle-même. soudain. aucune image physique ne peut rendre compte de la conscience.Si la conscience dévoile le monde.

conscience que l'image du miroir. puisque cela suppose d'adopter sur soi-même le point de vue d'autrui. L'enfant éprouve la séparation. Je ne me vois pas moi-même tel qu’autrui me voit. L'existentialisme est un humanisme. Il sent bien ce décalage qui sépare mon être de mon paraître. « Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même » Sartre. Il nous montre que la conscience de soi n'est pas innée. A cet âge. « Pour obtenir une vérité quelconque sur moi. la relation à autrui se caractérisait par ce que Wallon appelle un syncrétisme (union. J'ai honte de moi devant autrui (ce troisième terme est indispensable). ou que je me vois comme étant vu et jugé par autrui qui pourrait être là. ouvre la bouche quand on joue à lui mordre un doigt) laissent la place à des conduites d'inhibition : quand on le regarde. il faut que je passe par l'autre » Sartre. l'enfant acquiert l'usage du pronom je. à un objet qu'autrui regarde et juge. La honte suppose donc ce médiateur qu'est autrui. Sans l'idée d'autrui. les conduites infantiles d'imitation (le bébé sourit quand on lui sourit. mais une construction où le rôle d’autrui est crucial (Vers trois ans. Cette thèse permet de souligner le rôle d’autrui et de mettre en évidence les limites de l’introspection solitaire. Autrui est au cœur de la constitution de la conscience de soi. L'apparition de la conscience de soi et de celle d'autrui est simultanée. l'adopte et le fais mien). la distance. l'enfant est troublé par le regard d'autrui posé sur lui. le regard est aliénant parce qu'il me dépossède de ce qui me fait liberté comme néant qui a à être. donc il a une représentation de soi. c'est ce qu'autrui voit de lui. mais de jugement. 1943). alors que je sais que je ne suis pas seulement . une indifférenciation entre soi et autrui. je prends conscience du caractère inconvenant de ma position et j'en éprouve de la honte. fusion). Auparavant. Les autres ont donc un rôle fondateur dans l'acquisition de la conscience de soi. Il n'est pas nécessaire qu'il soit réellement présent mais que j'imagine le regard d'autrui sur moi. Le regard est réificateur parce que le jugement qui l'accompagne est par nature objectivant. La honte suppose un moi objet pour l'autre (la honte suppose donc ce médiateur qu'est autrui). La honte surgit parce que je suis jugé par ce que je fais. j'entends des pas. ce n'est pas seulement parce qu’il est porteur d'intentions que l'on questionne et dont on se méfie. c'est une distinction entre soi et autrui. me regarde et me juge. L’homme est par nature un être relationnel qui a besoin de relation avec autrui (qu’elle soit harmonieuse ou conflictuelle. Autrui ne voit que mon apparence extérieure) Ce qui a lieu désormais. -> Le sujet n’est pas autosuffisant. Le regard d'autrui est violence parce qu'il nie ma liberté et me fige dans une position tel un objet enfermé dans ses qualité actuelles en me disant "voila qui tu es". J'ai honte de moi devant autrui : ce troisième terme est indispensable). Désormais. Si j'appréhende et je crains le regard d'autrui.le fais mien. soudain. Il a découvert qu'il est visible pour les autres. réduit à l'acte qui est perçu. *Le rapport conflictuel avec autrui : aliénation et réification Sartre met au jour les raisons qu'on a de craindre le regard de l'autre. confronté à sa propre image dans un miroir. (Sartre donne cet exemple : je regarde par un trou de serrure . je peux éprouver de la honte en imaginant son regard sur moi. je ne pourrais pas me penser. Même si autrui n’est pas présent. l'enfant est gêné. L’être et le néant. surgit lorsqu'autrui est là. Il devient capable de distinguer les deux. entre soi et autrui qui le perçoit. chute originelle. C'est ce que confirment les études menées par le psychologue Wallon. Il a conscience de l'image qu'il donne à autrui. nous avons besoin des autres. L'être-là d'autrui nous met en état d'être regardé et jugé : (ex: le trou de serrure). une indistinction. que résume Merleau-Ponty dans les Relations avec autrui chez l'enfant (in Parcours). Le regard d’autrui me révèle ainsi à moi-même et c’est pourquoi on peut dire que l’autre est le médiateur indispensable entre moi et moi-même. L’homme est par nature un être relationnel qui a besoin de relation avec autrui (qu’elle soit harmonieuse ou conflictuelle). il fait de moi un objet. Il explique que la honte. il se livre à des mimiques et des grimaces accompagnées d'expressions de joie. En plus d'être réificateur. de sorte que je l'intériorise.

[…] Il me fait être et. Si nous partons de la révélation première d’autrui comme regard. 1976. Gallimard. p. coll. le produit comme il est. me possède. mais surtout pour ne plus avoir à supporter ma liberté. Si autrui m’objective et ainsi me chosifie. il se rapproche du marxisme dans les années cinquante du fait de la nécessité de donner un fondement théorique au matérialisme historique dans la Critique de la raison dialectique (1960). si je reconnais libre comme libre. et cette possession n’est rien autre que la conscience de me posséder. éd. la réciproque est vraie : autrui me regarde et je le regarde. presque au sens littéral du terme. comme une relation de reconnaissance : chaque conscience exige de l’autre d’être reconnue comme conscience. comme libre. comme une liberté posée en face de moi. […] Les descriptions qui vont suivre doivent donc être envisagées dans la perspective du conflit.) La relation avec l’autre est ici décrite comme une lutte entre deux consciences. alors elle ne peut qu’être conflictuelle. j'ai tendance à m'en accommoder pour contenter autrui et ne plus avoir à lutter avec lui et son regard inquisiteur (honte d'agir différemment). “ce moi qui n’est pas moi“). 413. sa liberté s’oppose à la mienne (autrui. Si la relation avec autrui est une relation avec une liberté aux prises avec la mienne. La découverte de mon intimité me découvre en même temps l'autre. Par lâcheté ou mauvaise foi. qu’il y ait affrontement : « Tout ce qui vaut pour moi vaut pour autrui. le voit comme je ne le verrai jamais. et les autres consciences peuvent me réduire à n’être qu’une chose par le pouvoir objectifiant de leur regard. Autrui devient autrui lorsque sa volonté. […] Le regard d’autrui façonne mon corps dans sa nudité. par cela même. machines. (Cette analyse de l’intersubjectivité remonte à Hegel et à lutte des consciences) *L’enracinement historique et social du pour-soi Tout en conservant la méthode phénoménologique.) et dans ses dérives sociaux (les séries. c’est les autres » (Huit clos). etc. La conscience comme pour-soi est aussi pour-autrui. je fais de lui mon maître. Plus qu’un donné.). Le conflit est le sens originel de l’être-pour-autrui. la liberté apparaît ainsi de plus en plus comme une conquête. « Tel ». Il est donc nécessaire. III. qui tentent désespérant de se soustraire au regard de l’autre qui me chosifie. L’Être et le Néant (1943). ou rassemblements humains passifs. le fait naître. mais il risque de s’engluer dans le monde matériel et plus précisément dans le pratico-inerte (le produit inerte de la praxis : outils. » (Jean-Paul Sartre. C’est pourquoi le rapport avec autrui prend toujours la forme du conflit : « l’enfer. chap. le sculpte. Paris.cela. autrui cherche à m’asservir. Le rapport des consciences chez Sartre se présente sous le mode du conflit. Il refusera toujours toute forme de déterminisme et restera jusqu’à la fin le philosophe de la liberté . troisième partie. Pendant que je tente de me libérer de l’emprise d’autrui. Il y insistera sur les limites de la liberté individuelle et sur son historicité : le pour-soi (appelé désormais praxis qu’il analyse ainsi que sa logique dialectique) est un libre projet d’instrumentalisation de la matière. Or. etc. pendant que je cherche à asservir autrui. autrui tente de se libérer de la mienne . nous devons reconnaître que nous éprouvons notre insaisissable être-pour-autrui sous la forme d’une possession.