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Exercices d’initiation à la CNV (Communication Non Violente)

09.00 h.
En plénum. Chant. Un animateur a désigné un participant qui va prendre la Bible placée au
centre du cercle de Parole. De sa place, debout, il lit : « Extrait de la Bonne Nouvelle selon
l’Evangéliste Luc : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. Ne condamnez pas et vous ne
serez pas condamnés » (Lc 6, 37). Il remet la Bible au centre. Une minute de silence. Un
animateur fait une courte prière. Par exemple : « Viens Esprit Saint, Energie divine d’amour
et de respect mutuel. Viens habiter nos cœurs. Transforme-nous ». Eventuellement encore
un chant à l’Esprit.

09.15 h.
Animateur 1 : « Ignace demande à celui qui donne les Exercices et à celui qui les reçoit
d’avoir l’un envers l’autre un a priori favorable (ES 21). La CNV, Communication Non
Violente de Marschall Rosenberg, est un moyen, particulièrement adapté, pour
communiquer avec un a priori favorable ».

Animateur 2 : « Remémorez-vous un évènement vécu avec une personne dont le


comportement vous est particulièrement insupportable. Prenez bic et papier, notez-le ».
Deux minutes de silence.

Animateur 1 : « Marshall Rosenberg raconte qu’il a été appelé à l’aide par un directeur
d’école qui avait de grandes difficultés relationnelles avec les professeurs. Marshall a
demandé de rencontrer d’abord les professeurs. Et il leur a proposé le même exercice :
"Remémorez-vous un évènement particulièrement insupportable vécu avec votre directeur
et notez-le". Après deux minutes, Marshall a donné la parole aux professeurs.
 Professeur 1 : « C’est un moulin à parole ».
 Marshall : « Ceci n’est pas la relation d’un fait observé, mais une interprétation ».
 Professeur 2 : « Il parle trop ».
 Marshall : « A nouveau ceci n’est pas une observation, mais une interprétation ».
 Professeur 3 : « Il pense qu’il est le seul à avoir quelque chose d’intéressant à dire »
 Marhall : « J’ai demandé un fait précis.
 Professeur 4 : « C’est bien difficile »
*
Animateur 2 : « Regardez maintenant ce que vous avez écrit comme comportement
insupportable de la part de la personne que vous avez choisie. Est-ce une observation claire,
ou y avez-vous mis une part d’évaluation ? Qui veut bien lire ce qu’il a écrit ? »
S’ensuivent des échanges entre participants à ce sujet.

1
L’animateur écrit sur un paperboard :

CNV =
1. Le fait observé1.
2. Le ressenti

 L’animateur précise ce que l’on entend par ressenti :


o des sensations souvent corporelles (je suis fatigué, tendu, inattentif. J’ai faim.
J’ai froid. Je manque d’air… » L’animateur demandes d’exprimer d’autres
sensations
o des sentiments, des émotions (joie, tristesse, peur, inquiétude, paix, curiosité,
enthousiasme…).
 L’animateur demande d’exprimer d’autres sentiments. Par exemple les sentiments
de Jésus, ceux des disciples que rapporte l’Evangile. Le but étant d’aider à faire le
lien entre l’Evangile et notre vie.
 NB une liste (1 page) des ressentis se trouve sur :
http://www.esdac.net/IMG/pdf/les_sentiments_emotions_sensations_humains.pdf
 Les sentiments les plus profonds sont la joie et la tristesse.
 L’animateur montre qu’il faut bien distinguer « mon ressenti » et « mon
interprétation du comportement d’autrui ». Un document éclaire cela sur
http://www.esdac.net/IMG/pdf/cnv_mon_interpretation_du_comportement_d_autr
ui.pdf
 L’animateur invite l’un ou l’autre participant à exprimer son ressenti par rapport à ce
qu’il a écrit comme expérience intolérable de la part d’autrui. L’assemblée vérifie si
c’est un ressenti ou une interprétation du comportement d’autrui.
 L’animateur fait remarquer que tous les êtres humains font l’expérience de ces
ressentis variés. Faire prendre conscience de nos ressentis crée donc entre nous une
communion basée sur notre commune expérience humaine.
 L’animateur ajoute sur le paperboard :

CNV =
1. Le fait observé
2. Le ressenti agréable ou désagréable des interlocuteurs2.
3. Les besoins

1
Par exemple : « vous faites un aparté alors que j’ai la parole » ; « tu ne réponds pas à la question qui était posée… »
2
Exemples de ressentis agréables et désagréables : fatigue/énergie, intérêt/ennui, plaisir/frustration, bien-
être/malaise ; confiance/méfiance ; audace/peur ; courage/découragement ; paix/inquiétude ; joie/tristesse …

2
 L’animateur demande aux participants de formuler ce que l’on entend par besoins3.
Une manière active de faire est d’inscrire en grand au centre d’un tableau le mot
BESOINS. Les participants sont alors invités à venir inscrire, en silence, des besoins
humains fondamentaux qui leur viennent à l’esprit. Quand plus personne n’a
quelque chose à écrire, l’animateur demande à tous de s’approcher du tableau pour
vérifier s’il s’agit bien de besoins ou d’autre chose. NB une liste des besoins humains
fondamentaux est sur :
http://www.esdac.net/IMG/pdf/cnv_-_les_besoins_humains_fondamentaux.pdf
 L’animateur demande à l’un ou l’autre des participants de nommer le besoin
insatisfait dans l’expérience qu’il a notée.
 L’animateur fait remarquer qu’en cas de difficulté relationnelle il y a souvent deux
besoins qui entrent en conflit : celui d’autrui et le mien4. Il fait remarquer que,
cependant, tous les êtres humains font un jour ou l’autre l’expérience de toute la
gamme de ces besoins humains fondamentaux, ce qui est source de profonde
communion.
 L’animateur ajoute que pour que la communion soit réalisée entre interlocuteurs il
n’est pas toujours requis ou même possible qu’un besoin soit satisfait5. Ce qui est
nécessaire c’est que le besoin insatisfait de l’un soit détecté et compris par l’autre,
avec compassion. C’est en cela que consiste l’empathie : être avec l’autre dans sa
peine et sa souffrance, même si l’on est impuissant à supprimer la cause de celle-ci.
Celui qui fait à autrui le don de sa présence et de son empathie peut silencieusement
invoquer l’Energie divine d’amour qui un jour a répondu à Marshall Rosenberg :
« Contente-toi de faire ce que tu peux pour établir la connexion. Investis ta propre
énergie. Relie-toi aux autres et aide-les à entrer en lien. Quant à moi, je m’occupe
du reste ».
 L’animateur ajoute sur le paperboard :

CNV =
1. Le fait observé
2. Le ressenti agréable ou désagréable des interlocuteurs.
3. Les besoins satisfaits ou insatisfaits des interlocuteurs
4. La demande concrète ou le merci détaillé.

3
Exemples de besoins : repos, détente, nourriture, boisson, traduction, micro, lumière, écoute, franchise, confiance,
audace, respect, compréhension, considération, reconnaissance, gratitude, attention, soutien, assurance, aide,
compassion, miséricorde …
4
Exemple : l’enseignant a besoin qu’on l’écoute, mais, au même moment tel élève a besoin de se défouler…
5
Exemple : une personne en deuil pourrait éprouver le besoin, le désir, de revoir, ne serait-ce qu’une seule fois,
l’être cher disparu.

3
 Lorsque je communique à autrui quel est mon besoin insatisfait, il est nécessaire
d’ajouter une demande concrète et positive, afin que l’expression de mon besoin ne
soit pas perçue comme une exigence, une obligation, un reproche ou une menace6.
 Lorsque je remercie autrui pour un besoin qu’il a comblé il est important de lui
détailler en quoi il a concrètement contribué à mon bien-être7. Connaissant mieux ce
qui contribue à embellir ma vie, il pourra ainsi mieux s’y employer à l’avenir.

6
Exemple : « Les documents que tu m’avais promis pour hier ne m’ont pas été remis. Je dois donner réponse
demain. Veux-tu bien me les (faire) remettre pour ce soir à 20 h.? »
7
Exemple : « J’étais en retard. Tu m’as aidée à la cuisine sans que je doive te le demander. Je t’en remercie ». Il
est à noter que certaines personnes ne supportent pas de recevoir de l’aide pour cuisiner. Il est donc important de
communiquer à ce sujet.