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 La perception d’après Merleau-Ponty

« La perception n’est pas un souvenir […] mais une structure accessible à l’inspection du
corps » (Merleau-Ponty).

«Percevoir c’est voir jaillir d’une constellation (ensemble) de données un sens immanent sans
lequel aucun appel aux souvenirs n’est possible. » (...)

Dans la perception le rôle de notre corps est comme un système de référence « le sentir
investit la qualité d’une valeur vitale, la saisit d’abord dans sa signification pour nous…, et de
la vient qu’il port toujours une référence au corps. »

La perception est donc étroitement liée à notre engagement au monde, a la situation du corps à
la valeur qu’il affirme ou qu’il représente a tel ou tel moment de notre expérience.

-l’objet possède des qualités sensibles (forme, etc.) et des qualités formelles susceptibles
d’être transporter dans l’espace et dans le temps tout en conservant la même structure (…des
soldats marchant ou non).

L’activité de l’esprit dans la perception de l’objet :

La connaissance et la reconnaissance de l’objet est une observation active : « j’observe les


objets intérieurs avec mon corps, je les inspecte, je fais le tour. »

C’est ce qu’exprime fort bien la pensée de Bergson, dans l’Evolution créatrice : « nos
perception nous donnent le dessin de notre action possible sur les choses bien plus que celui
des choses mêmes. »

La tendance

Nos tendances profondes se manifestent dans notre façon d’appréhender l’objet. Sous
l’influence du besoin, elle donne à la perception un sens nouveau.

La mémoire et l’expérience

Le rôle de la mémoire est met en évidence par la présence d’un sentiment de familiarité dans
les images du passé évoqués par l’objet, dans la représentation de ses parties et dans les
perceptions dites « acquises ». Ainsi par le nom, la signification, l’usage de l’objet perçu,
bref, tout ce qui nous permet de le situer, de le classer, de l’identifier.

L’attention et le jugement

« Tout est anticipation dans la perception des choses », Dit Alain. Il n’y a pas de perception
sous attention.

La perception est sélective et cette sélection est presque toujours l’œuvre de l’attention.

Le jugement, qui, selon Kant, définit la pensée, ne «s’ajoute » pas à la mémoire, à l’attention,
aux prénotions (et préperception c.à.d. faite avant). Ainsi reconnaitre un objet, puisque qu’il
appartient à notre expérience passé, par des instances psychiques dans l’acte de percevoir.
L’espace
L’espace, tel qu’il est intuitivement saisi dans l’acte de la perception, c’est l’étendue. Ainsi
lorsque nous percevons un objet, nous le situons dans l’espace a une distance plus ou moins
grande de notre corps.

 Le génétisme
- le génétisme philosophique

Pour Descartes, l’esprit et la matière sont de nature radicalement différente. L’Essence (‫)الجوهر‬
de la matière l’étendue, celle de l’âme est la pensée.

- le génétisme psychologique

Herbert spencer (1855), estime que l’idée d’étendue vient de ce que plusieurs sensations
données ensemble peuvent être éprouvées successivement et de façon réversible. Nous les
considérons donc a la fois comme simultanées et constante donc comme étendues.

 Le nativisme. Ses diverses forces

Contrairement au génétisme, le nativisme affirme que l’idée d’étendue, sinon en totalité, au


moins très largement incréé.

- Le nativisme pluri sensoriel

L’intuition de l’étendue serait liée soit au sens de la vue et du toucher seulement, soit a un
certain nombre de sensation. La très grande majorité des nativistes s’est ralliée à cette manière
de voir.

- Le nativisme contemporain

La théorie de la forme « explique la perception par des lois d’organisation » qui, d’emblée,
nous sont imposées. La Gestalt théorie est donc bien un nativisme. A cote de l’intuition
immédiate, il faut donc considérer le rôle de l’expérience et de l’intervention de l’esprit.

 L’expérience motrice

Les mouvements oculaire donnent la perception la profondeur et se coordonnent avec les


images des mouvements effectues par les membres.

Le toucher (la peau) explorateur nous renseigne sur les surfaces. C’est grâce à l’action que
l’espace visuel devient le signe de l’espace tactile et kinésique de l’expérience immédiate.

- La coordination

Entre les divers espaces, des correspondances s’établissent, des associations s’organisent.
Pratiquement les deux grandes espaces sensoriels, l’espace visuel d’une part, l’espace tactile-
kinésique d’autre part, se coordonnent en un espace commun.

- Le jugement et l’interprétation
La coordination des divers espaces sensoriels et la prédominance pratique de l’espace visuel
nous amènent à nous lier aux seuls indices visuels pour apprécier la distance des objets.
L’interprétation des indices fait largement appel aux jugements.

- L’abstraction de l’étendue a l’espace

L’espace abstrait de la géométrie peut être considéré comme le produit d’une activité
rationnelle

L’espace est conçu comme s’étendant indéfiniment dans tous les sens, l’étendue concrète est
perçue dans les limites des champs sensoriels.

La différence entre la sensation et la perception

La thèse intellectualiste désigne nettement la sensation de la perception

a) La sensation est simple, la perception est complexe

b) La sensation est subjective (c’est une modification du moi) ; la perception est objective
(elle fait connaitre un ‘objet’ distinct de moi)

c) La sensation est passive (c’est un pur donné) ; la perception est active (construction
mentale).

d) La sensation est totale (je prends conscience d’un bleu dans sa totalité) ;

La perception est sélective : elle dépend de mon attention, de ma mémoire, et de ma culture


qui sont des formations sélectives agissant au sein d’une masse de matériaux eux _mêmes
limités. « La perception, dit HUSSERL, est une exception ».