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S4 Maths 2011-2012 Probabilités 1 Devoir 1

Université de Picardie Jules Verne 2011-2012


UFR des Sciences

Licence mention Mathématiques - Semestre 4


Probabilités 1
Corrigé du devoir 1
Exercice 1.
n
Pour tout entier naturel r, on pose S r 1r 2r nr kr.
k 1
r 1 r 1
r 1
1) Pour tout entier naturel r, on a n 1 C kr 1 n k 1 r 1 k
nr 1
C kr 1 n k , et de même
k 0 k 0
r 1 r 1
r 1 k
n r 1
n 1 C kr 1 n 1 ... 2 r 1
1 r 1
C kr 1 1 k . En additionnant ces n égalités, on
k 0 k 0
r 1 r
r 1 r 1
obtient n 1 1 C kr 1 S k , d’où C kr 1 S k n 1 1.
k 0 k 0
0
0 1
2) Pour r 0, on a donc C k0 1 S k n 1 1, ce qui donne S 0 n.
k 0
1
1 1 2 nn 1
Pour r 1, on a C k1 1 S k n 1 1, i.e. S 0 2S 1 n 1 1, d’où S 1 .
k 0 2
2
2 1 3 nn 1 2n 1
Pour r 2, on a C k2 1 S k n 1 1, i.e. S 0 3S 1 3S 2 n 1 1, d’où S 2 .
k 0 6
3
3 1 4
Pour r 3, on a C k3 1 S k n 1 1, i.e. S 0 4S 1 6S 2 4S 3 n 1 1, d’où S 3 S 21 .
k 0
Exercice 2.
On peut considérer l’espace probabilisé , A, P suivant :
arrangements avec répétition d’ordre 4 de l’ensemble 0, 1, 2, . . . , 9 ;
4
on a Card 10 ; comme est fini, A P ;
Card A
P : équiprobabilité sur , A , i.e. A A, P A .
Card
a) L’événement A : ”le code est formé de chiffres impairs” est réalisé si et seulement si le code est un
arrangement avec répétition d’ordre 4 de l’ensemble 1, 3, 5, 7, 9 , soit 5 4 possibilités, d’où cardA 5 4 et
PA 54 1 4.
4 2
10
b) L’événement B : ”le code est formé de chiffres distincts” est réalisé si et seulement si le code est un
arrangement (sans répétition) d’ordre 4 de l’ensemble 0, 1, 2, . . . , 9 , soit A 410 possibilités, d’où cardB A 410
A 410
et P B .
10 4
c) L’événement C : ”le code forme une suite strictement croissante” est réalisé si et seulement si le code
correspond à une combinaison sans répétition d’ordre 4 de l’ensemble 0, 1, 2, . . . , 9 , les éléments de cette
combinaison étant ordonnés dans le seul ordre croissant, soit C 410 possibilités, d’où cardC C 410 et
C 410
PC .
10 4
d) L’événement D : ”le code forme une suite croissante” est réalisé si et seulement si le code correspond à
une combinaison avec répétition d’ordre 4 de l’ensemble 0, 1, 2, . . . , 9 , les éléments de cette combinaison
C 413
étant ordonnés dans le seul ordre croissant, soit K 410 C 413 possibilités, d’où cardD C 413 et P D .
10 4
e) L’événement E : ”le code est formé avec les seuls chiffres 1 et 2” est réalisé si et seulement si le code
est un arrangement avec répétition d’ordre 4 de l’ensemble 1, 2 , soit 2 4 possibilités, d’où cardE 2 4 et
PE 24 1 4.
10 4 5
f) L’événement F : ”le code est formé de deux chiffres différents se répétant deux fois chacun” est réalisé
si et seulement si, ayant déterminé les deux chiffres a et b, soit C 210 choix possibles, le code est une
permutation avec répétition de la combinaison avec répétition a, a, b, b ainsi déterminée, soit 4!
2!2!
C 210 4!
permutations possibles, d’où cardF C 210 4! et P F 2!2! .
2!2! 10 4

Stéphane Ducay 3
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g) L’événement G : ”le code est formé de chiffres dont le plus grand est inférieur ou égal à 5” est réalisé si
et seulement si le code est un arrangement avec répétition d’ordre 4 de l’ensemble 0, 1, 2, 3, 4, 5 , soit 6 4
possibilités, d’où cardG 6 4 et P G 64 3 4.
10 4 5
h) Il y a 6 4 codes dont le plus grand chiffre est inférieur ou égal à 5, dont 5 4 codes dont le plus grand
chiffre est inférieur ou égal à 4, d’où 6 4 5 4 codes dont le plus grand chiffre est égal à 5. Ainsi, l’événement
H : ”le code est formé de chiffres dont le plus grand est égal à 5” est réalisé si et seulement si le code doit être
l’un de ces 6 4 5 4 codes, d’où cardH 6 4 5 4 et P H 64 54 .
10 4

Exercice 3.
Soit , A, P un espace probabilisé. On considère deux événements A et B quelconques.
1) Supposons que P A P B . Comme P A 0, on a P A P A P A P B et donc
PA PB P A 2 . Par ailleurs, A B A donc P A B P A . En additionnant ces deux inégalités,
on obtient P A B P A P B PA P A 2.
2) La fonction f définie sur par f x x x 2 est dérivable sur et on a, pour tout réel x,
1
0 si x
f x 1 2x 2
. La fonction f est donc strictement croissante sur , 1 et strictement
0 si x 1 2
2

décroissante sur 1 , : elle présente donc un maximum (global) atteint en x 1 et qui vaut
2 2
f 1 1 . On en déduit que pour tout réel x, f x x x 2 1 .
2 4 4
3) Supposons que P A P B . D’après a), on a P A B P A P B PA P A 2 , et d’après b),
on a P A PA 2
fPA 1 . On a donc P A B P A P B 1.
4 4
Supposons que P B P A . En échangeant le rôle de A et de B, un raisonnement analogue au a)
donne P A B P A P B PB P B 2 , et d’après b), on a P B PB 2 fPB 1 . On a
4
donc P A B P A P B 1.
4
Ainsi, sans condition sur A et B, on a P A B P A P B 1.
4
4) Pour A B et P A 1 , on a P A B P A P B PA PA 2 1.
2 4

Exercice 4.
1) a) Il est clair que toute suite de déplacements de appartient à l’un des événements A n , B n , C n . En
effet, pour tout , après la n-ème étape, la puce est soit en A, soit en B, soit en C, et donc l’un des trois
événements A n , B n ou C n est réalisé : on a donc A n B n C n . Ainsi, A n B n C n , et l’inclusion
réciproque étant évidente, on a A n B n C n . Par ailleurs, A n , B n et C n sont évidemment deux à deux
incompatibles. Ils forment donc un système complet d’événements.
En particulier, pour tout n 0, on a 1 P P An Bn Cn P An P Bn P Cn ,
c’est-à-dire n n n 1.
b) A chaque étape, la puce quitte sa position et gagne indifféremment l’un des deux autres points. On
a donc, pour tout entier naturel n 2, P A n 1 /A n 0, P A n 1 /B n 1 , P A n 1 /C n 1 , P B n 1 /A n 1,
2 2 2
P B n 1 /B n 0, P B n 1 /C n 1 , P C n 1 /A n 1 , P C n 1 /B n 1 , P C n 1 /C n 0. Pour n 0 ou
2 2 2
n 1, ces formules restent valables si et seulement si les événements qui conditionnent sont de probabilité
non nulle ; ce n’est pas le cas par exemple pour B 0 C 0 , et donc P A 1 /B 0 n’est pas définie.
2) a) On a B 0 C 0 et A 0 donc 1 P A 1 P A1 A0 P A 0 P A 1 /A 0 1 0 0.
De même, 1 P B 1 P B1 A0 P A 0 P B 1 /A 0 1 1 1
2 2
et 1 P C 1 P C1 A0 P A 0 P C 1 /A 0 1 1 1.
2 2
Comme A 1 , B 1 , C 1 est un système complet d’événements de probabilité non nulle, donc la
formule des probabilités complètes donne
2 P A2 P B 1 P A 2 /B 1 P C 1 P A 2 /C 1 1 1 1 1 1
2 2 2 2 2
2 P B2 P B 1 P B 2 /B 1 P C 1 P B 2 /C 1 1 0 1 1 1 .
2 2 2 4
2 P C2 P B 1 P C 2 /B 1 P C 1 P C 2 /C 1 1 1 1 0 1
2 2 2 4
Stéphane Ducay 4
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b) Pour tout n 2, A n , B n , C n est un système complet d’événements de probabilité non nulle, donc
la formule des probabilités complètes donne
n 1 P An 1 P A n P A n 1 /A n P B n P A n 1 /B n P C n P A n 1 /C n
n 1 P Bn 1 P A n P B n 1 /A n P B n P B n 1 /B n P C n P B n 1 /C n , soit
n 1 P Cn 1 P A n P C n 1 /A n P B n P C n 1 /B n P C n P C n 1 /C n

n 1
1 n 1 n
2 2
n 1
1 n 1 n . On vérifie facilement que ces formules sont encore valables pour n 0 et n 1.
2 2
n 1
1 n 1 n
2 2
c) On en déduit que pour tout n 0, n 1 n 1
1 n n . On démontre alors par récurrence
2
que pour tout n 0, n n 0. En effet, 0 0 0 0 0, donc la propriété est vraie au rang 0. De plus,
si elle est vraie à un rang n 0, i.e. n n 0, alors n 1 n 1
1 n n
1 0 0 et la
2 2
propriété est vraie au rang n 1. Ainsi, pour tout n 0, n n.
De plus, pour tout n 0, n 1 1 n n
1 1 n d’après 1)a).
2 2
d) La suite n n 0 vérifie donc la relation de récurrence n 1 1 n 1 : c’est une suite
2 2
arithmético-géométrique. On cherche le réel tel que 1 1 , on trouve 1 . On en déduit que
2 2 3
pour tout n 0, n 1 1 n . Posant u n n pour tout n 0, on a u n 1 1 u n , et la suite
2 2
u n n 0 est une suite géométrique de raison 1 et de premier terme u 0 0 1 1 2 . On a donc,
n 2 n 3 3
pour tout n 0, u n 2 1 et n u n 2 1 1 .
3 2 3 2 3
D’après 2) c) et 2) b), pour tout n 0, n n et n 1
1 n 1 n n donc
n 1 n
2 2
n n n 1
2 1 1 1 1 1.
3 2 3 3n 2 3
e) Comme 1 1, nlim 1 0 d’où nlim n nlim n nlim n 1 . Ces limites donnent
2 2 3
respectivement une valeur approchée de la probabilité que la puce soit en A, B et C après un très grand
nombre n d’étapes ; ces trois limites étant égales, la puce à (approximativement) autant de chance de se
trouver en chacun des trois points A, B et C.

Remarque. L’étude des suites n , n et


pouvait être traitée différemment. Les résultats du 2) b)
n

0 1 1
n 1 n 2 2
s’écrivent matriciellement : X n 1 M MX n , avec M 1 0 1 .
n 1 n
2 2
n 1 n 1 1 0
2 2
n
On montre par récurrence que pour tout entier n 0, X n M X 0 .
On calcule le polynôme caractéristique de M, on obtient det M I 1 1 2 et donc les
2
deux valeurs propres 1 de multiplicité 1 et 1 de multiplicité 2. On peut vérifier que les sous-espaces propres
2
associés sont de dimensions respectives 1 et 2, ce qui prouve que M est diagonalisable et que l’on déterminer
une matrice P inversible telle que P 1 MP D soit diagonale ; les colonnes de la matrice P sont les
coordonnées de vecteurs propres de M associés aux trois valeurs propres de M. On trouve par exemple
1 0 0 1 1 1 1 1 1
D 0 1
0 avec P 1 1 0 et P 1 1 1 2 1
2 3
1
0 0 2
1 0 1 1 1 2
De l’égalité P 1 MP D on déduit que M PDP 1 , puis par récurrence que, pour tout entier n 0,
n
M PD n P 1 .

Stéphane Ducay 5
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1 1 1 1 0 0 1 1 1
n 1 1 n
On en déduit que M 1 1 0 0 2
0 1 2 1
3 n
1
1 0 1 0 0 2
1 1 2
1 n 1 n 1 n
1 2 2
1 2
1 2
et donc M n 1 1 1 n
1 2 1 n
1 1 n
3 2 2 2
1 n 1 n 1 n
1 2
1 2
1 2 2
1 n
n 1 1 2 2
On a ainsi Xn MnX0 Mn 0 1 1 1 n
.
n
3 2
1 n
n 0 1 2
Exercice 5.
1) Soient , A, P un espace probabilisé, A et B deux événements incompatibles, i.e. vérifiant
A B . On a donc P A B 0.
Ainsi, A et B sont indépendants si et seulement si P A B P A P B , ce qui équivaut ici à
0 P A P B , i.e. P A ou P B est nulle.
2) On considère une expérience aléatoire dont l’univers est 1, 2, 3, 4 et où chaque résultat a la
même probabilité d’être obtenu.
a) On peut donc considérer l’espace probabilisé , A, P suivant :
- 1, 2, 3, 4 ; card 4;
-A P car est fini ;
- P : équiprobabilité sur , A : pour tout A , P A cardA .
card
b) Considérons les événements A 1, 2 , B 1, 3 et C 1, 4 .
On a P A cardA 2 1 ; de même, P B 1 et P C 1 .
card 4 2 2 2
card A B 1
On a A B 1 et P A B ; ainsi, P A B P A P B , i.e. A et B sont
card 4
indépendants. De même, P B C 1 P B P C , i.e. B et C sont indépendants, et
4
PA C 1 P A P C , i.e. A et C sont indépendants.
4
Ainsi, A, B et C sont 2 à 2 indépendants.
card A B C 1 ; ainsi,
c) On a A B C 1 et P A B C
card 4
PA B C 1 1 PA PB PC .
4 8
Les événements A, B et C ne sont donc pas mutuellement indépendants.
3) a) On peut considérer l’espace probabilisé , A, P suivant :
- arrangements avec répétition d’ordre 2 de 1, 2, 3, 4, 5, 6 1, 2, 3, 4, 5, 6 2 ;
- card 62 ;
-A P car est fini ;
- P : équiprobabilité sur , A : pour tout A , P A cardA .
card
b) L’événement A est réalisé si on obtient un numéro de 1, 2, 3, 4, 5, 6 au premier lancer, soit 6
possibilités, et un numéro de 1, 2, 5 au deuxième lancer, soit 3 possibilités, donc cardA 6 3 et
PA 6 3 1 . (On pouvait écrire A 1, 2, 3, 4, 5, 6 1, 2, 5 ).
62 2
De même, l’événement B est réalisé si on obtient un numéro de 1, 2, 3, 4, 5, 6 au premier lancer, soit
6 possibilités, et un numéro de 4, 5, 6 au deuxième lancer, soit 3 possibilités, donc cardB 6 3 et
PB 6 3 1.
62 2
D’autre part, l’événement C est réalisé si on obtient l’un des arrangements de
3, 6 , 4, 5 , 5, 4 , 6, 3 , donc cardC 4 et P C 4 1.
62 9
L’événement A B est réalisé si on obtient un numéro de 1, 2, 3, 4, 5, 6 au premier lancer, soit 6
possibilités, et le numéro 5 au deuxième lancer, soit 1 possibilité, donc cardA B 6 1 et
PA B 6 1 1 . (On pouvait écrire A B 1, 2, 3, 4, 5, 6 5 ). Ainsi,
62 6
PA B 1 1 P A P B , et donc A et B ne sont pas indépendants.
6 4
Stéphane Ducay 6
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L’événement A C est réalisé si on obtient l’arrangement 4, 5 , donc card A C 1 et


PA C 1 1 . Ainsi, P A C 1 1 P A P C , et donc A et C ne sont pas indépendants.
62 36 36 18
Enfin, l’événement B C est réalisé si on obtient l’un des arrangements de 3, 6 , 4, 5 , 5, 4 ,
donc card B C 3 et P B C 3 1 . Ainsi, P B C 1 1 P B P C , et donc B et C
62 12 12 18
ne sont pas indépendants.
Ainsi, A, B et C ne sont pas 2 à 2 indépendants.
c) L’événement A B C est réalisé si on obtient l’arrangement 4, 5 , donc card A B C 1 et
PA B C 1 1 . Ainsi, P A B C 1 P A P B P C , et donc A, B et C sont 3 à 3
62 36 36
indépendants.

Attention ! A, B et C ne sont pas mutuellement indépendants (car pas 2 à 2 indépendants).

Stéphane Ducay 7