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Facteur d'influence sur le taux de change : Les taux d'intérêt

Les taux d'intérêts directeurs sont l'un des outils de la politique monétaire à disposition des banques
centrales. Le niveau des taux d'intérêts est fonction de l'activité économique et de l'inflation. Si la
croissance est faible, les autorités monétaires auront tendance à baissier les taux d'intérêts pour relancer la
croissance et favoriser l'investissement. A l'inverse, des taux d'intérêts élevés permettront d'éviter une
surchauffe économique et de lutter contre l'inflation.

Chaque devise à donc un taux d'intérêt différent et cela influe sur le taux de change avec les autres
devises.

De manière générale, les devises avec un fort taux d'intérêt vont attirer les investisseurs et les devises avec
un taux d'intérêt faible vont être délaissées. C'est ce que l'on appelle le phénomène de carry trade. Lorsque
vous acheter une devise, vous recevez le taux d'intérêt et si vous la vendez, vous payer le taux d'intérêt. Il
est logique de voir les capitaux affluer vers les devises proposant la rémunération la plus forte.

Facteur d'influence sur le taux de change : La croissance


économique

La croissance économique est le signe d'une bonne santé de l'économie. Cela montre que les indicateurs
économiques sont au vert. Plus la croissance est forte, plus les investisseurs vont être attirés pour investir
dans le pays (et acheter de la devise). Résultat, la devise du pays concernée va s'apprécier sur le marché
des changes.

Une variation du taux de change est donc induite naturellement par ce phénomène. Les investisseurs vont
acheter les devises liées à un pays dont la croissance économique est forte et vendre celles des pays avec
une faible croissance (ou en récession).

Facteur d'influence sur le taux de change : La dette publique

La dette publique représente les engagements financiers d'un pays. Emprunter n'est pas une mauvaise
chose en soit, mais tout dépend de l'utilisation qui est faite de l'argent. Si l'argent sert à financer des
investissements, cela peut être vu positivement par les investisseurs. En revanche, si l'emprunt sert à payer
les intérêts d'emprunts passés, c'est contre productif.

Le niveau de la dette est comparé au PIB. La France a par exemple une dette publique s'élevant à 93% du
PIB. C'est un niveau très élevé, bien supérieurs à de nombreux pays.

De manière générale, plus la dette d'un pays est élevée, plus les investisseurs sont méfiants. En effet, un
niveau de dette élevé suggère une incertitude sur la solvabilité du pays et génère de l'inflation (ce qui
déprécie la valeur d'une monnaie sur le marché des changes). Tout est alors question de confiance des
investisseurs.

Il faut alors prendre en compte le niveau de la dette publique mais également sa progression. Si la
progression est trop rapide, cela affecte négativement la devise.

Si les investisseurs ont confiance dans le pays, cela n'a pas d'impact sur le taux de change. En revanche, si
les investisseurs ont des doutes quand à la capacité d'un pays à rembourser sa dette, sa devise va se
déprécier sur le marché des changes.
Facteur d'influence sur le taux de change : La balance courante

La balance courante (ou balance des opérations courantes) est le solde des flux monétaires d'un pays
résultant des échanges internationaux de biens et services (balance commerciale), revenus et transferts
courants. Si ce solde est positif, cela permet au pays de rembourser sa dette publique. En revanche, un
solde négatif oblige le pays à emprunter auprès de pays étrangers.

Une balance courante déficitaire dans un pays déprécie donc la valeur de sa devise. Le pays étant obligé
de vendre sa devise pour combler son déficit en achetant des devises étrangères pour contracter des
emprunts.

Facteur d'influence sur le taux de change : l'inflation

L'inflation est un facteur de baisse du taux de change. L'inflation fait perdre de la valeur à une devise. En
effet, avec une même quantité d'argent, il est possible d'acheter moins de bien et services, du fait de la
hausse généralisée des prix.

C'est un phénomène dur à combattre. Cela à très souvent un impact négatif persistant sur le taux de
change.

Toutefois, l'inflation n'a pas que des effets négatifs. C'est en effet souvent le signe de croissance
économique au sein d'un pays. Cela favorise les exportations et allège le montant de la dette. En revanche,
si le niveau d'inflation est trop important, le pays risque la surchauffe et l'inflation devient alors un danger.
C'est pour cette raison que certaines banques centrales se fixent un seuil maximal d'inflation au dessus
duquel elles agissent pour la combattre.

Facteur d'influence sur le taux de change : Statut de la devise

Les devises ont différents statuts sur le marché des changes. Le Dollar Américain est par exemple
considéré comme une valeur refuge. En cas de crise économique ou de doute sur la croissance mondiale,
les investisseurs vont privilégier ces devises. Les différents taux de change vont donc être impacter
fortement.

Le statut de valeur refuge du dollar est lié à l'histoire. C'est l'une des plus vieilles devises, elle a surmonté
de nombreuses crises et les Etats Unis ont la confiance des investisseurs.
Le Franc Suisse et le Yen sont également considérés comme des valeurs refuges.

En revanche, en période de croissance mondiale, les investisseurs vont se tourner vers des devises dites à
risques. C'est le cas de l'Euro par exemple.

Facteur d'influence sur le taux de change : Evénements


géopolitiques

Le taux de change est très influencé par les différents événements géopolitiques majeurs. Ces
événements sont différents et ont donc un impact sur le taux change très varié. On peut prendre
l'exemple de la crise grecque qui avait plongé l'euro dans la tourmente.

Ces événements géopolitiques peuvent être économiques ou politiques (changement de


gouvernement..). Certains sont plus prévisibles que d'autres. Il peut donc être très difficile de les
prendre en compte dans le taux de change. L'effet de surprise est parfois total (attentat du 11
Septembre…)Facteur d'influence sur le taux de change : la politique
monétaire

Les banques centrales jouent un rôle prépondérant dans l'évolution du cours de change. Elles créent des
tendances sur les taux de change du fait de leur politique monétaire. Les banques centrales ont toutes des
objectifs différents selon les caractéristiques du pays auquel elles sont rattachées.

Elles peuvent avoir pour objectif de soutenir la croissance (FED et BoE), de lutter contre l'inflation (BCE) ou
la déflation (Japon). Cela va dépendre des fondements de leur économie. Certaines économies sont
basées sur la demande intérieure, d'autres sur les exportations….

L'une des principales armes de la politique monétaire est le taux d'intérêt directeur. Si celui çi est déjà bas,
les autorités monétaires peuvent recourir à des mesures non conventionnelles telles que le quantitative
easing (technique de la planche à billets qui a pour effet de réduire le montant de la dette, de créer de
l'inflation et a pour principal but de relancer la croissance en injectant des liquidités dans le marché).

L'impact d'une modification de la politique monétaire sur le taux de change est très important. Mais, la
politique monétaire est liée à l'ensemble des éléments que nous avons vu précédemment.

La politique monétaire d'un pays est pilotée par les banques centrales. Les plus
connues (BCE,FED,BOJ,BOE.) sont indépendantes mais certaines sont liés directement au
gouvernement comme cela est le cas en Chine. On dénombre trois instruments de politique monétaire :

- Les opérations d'open market qui consistent à agir sur la masse monétaire en circulation ainsi que sur les
actifs financiers

- Les facilités permanentes qui correspondent à la politique de crédit (fixation des taux d’intérêts directeurs)

- Les réserves obligatoires qui visent également a contrôler la masse monétaire en circulation en limitant
l'expansion du crédit.

Les opérations d'Open Market

Les opérations d'open market (quantitative easing) jouent un rôle important dans la politique monétaire pour
le pilotage des taux d’intérêt, la gestion de la liquidité bancaire et pour indiquer l'orientation de la politique
monétaire. Les opérations d'open market sont effectuées à l'initiative de la banque centrale, qui choisit
l'instrument à mettre en ouvre et fixe les modalités de ces opérations. Elles peuvent s'effectuer par voie
d'appels d'offres normaux, d'appels d'offres rapides ou de procédures bilatérales. Les opérations d'open
market de l'Eurosysteme peuvent être divisées en quatre catégories:

- les opérations principales de refinancement consistent en des opérations de cession temporaire (sous
forme de mises en pension) destinées a fournir des liquidités de manière régulière, avec une fréquence
hebdomadaire et une échéance de deux semaines. Ces opérations sont exécutées par les BCN par voie
d'appels d'offres normaux et selon un calendrier prédéfini. Les opérations principales de refinancement
jouent un rôle pivot dans la poursuite des objectifs assignés aux opérations d'open market de l'Eurosysteme
et constituent le principal canal du refinancement du secteur financier. En effet, lorsqu'un établissement
'met en pension' des titres, il les cède temporairement à la banque centrale qui lui avance les fonds et
'prend en pension' les titres. La liquidité bancaire est ainsi accrue. Ces opérations de refinancement
peuvent être également a plus long terme, avec une fréquence mensuelle et une échéance de trois mois
afin de répondre aux besoins de financement des plus petites structures.

- Les opérations de refinancement peuvent être également fermes (c'est-a-dire définitives). Cela consiste
en la vente ou l'achat de titres, en particulier des bons du trésor par la banque centrale sur le marché
interbancaire. Le but est également d'intervenir sur la liquidité bancaire qui va s'accroître si la banque
centrale achete des titres et de réduire si elle en vend.

- les opérations de réglage fin sont effectuées de manière ad hoc en vue de gérer la liquidité sur le marché
et d'assurer le pilotage des taux d'intéret, notamment pour atténuer l'incidence sur les taux d’intérêt de
fluctuations imprévues de la liquidité bancaire. Les opérations de réglage fin prennent essentiellement la
forme d'opérations de cession temporaire, mais peuvent également comporter des opérations fermes, des
opérations d'échange de devises et des reprises de liquidités en blanc. Les instruments et procédures
utilisés dans la conduite des opérations de réglage fin sont adaptés aux types de transactions et aux
objectifs spécifiques visés.

Les taux directeurs

Les facilités permanentes permettent de fournir ou de retirer des liquidités au jour le jour, d'indiquer
l'orientation générale de la politique monétaire et d'encadrer les taux du marché au jour le jour.
Elles correspondent a la politique de crédit (fixation des taux d’intérêts directeur). Ces taux
directeurs sont au nombre de trois :

- Le taux de refinancement qui est utilisé lors des opérations d'open market. Ce taux détermine
donc le coût du crédit que les banques centrales accordent aux banques commerciales en
contrepartie d'actifs éligibles. Ce coût va varier selon les montants de crédit que la banque centrale
souhaite distribuer.

- La taux de prêt marginal, que les contreparties peuvent utiliser pour obtenir des banques centrales
des liquidités au jour le jour contre des actifs éligibles. Le taux d’intérêt de la facilité de prêt
marginal constitue normalement un plafond pour le taux d’intérêt du marché au jour le jour. Ce taux
sera uniquement utilisé en cas d'urgence car les banques commerciales y recourent uniquement si
le marché interbancaire devient non liquide (ce qui a été le cas lors de la crise des subprimes). Ce
taux est donc plus important que le taux de refinancement.

- La taux de dépôt pour effectuer des dépôts au jour le jour auprès des banques centrales. Le taux
d’intérêt de la facilité de dépôt constitue normalement un plancher pour le taux du marché au jour le
jour. Il correspond donc au taux de rémunération des dépôts des banques commerciales auprès de
la banque centrale. Ce taux est donc inférieur au taux de refinancement. Il faut noter que la FED ne
rémunère pas les dépôts des banques commerciales a l'instar de la BCE.

Les taux directeurs sont l'un des instruments de régulation de l'activité économiques les plus
importants pour une banque centrale. Ils vont lui permettre de soutenir la croissance mais
également de lutter contre l'inflation.
En effet, plus les taux directeurs seront bas, plus une banque commerciale pourra offrir a ses
clients des crédits avec des taux d’intérêts bas. Ainsi, l'activité économique du pays deviendra plus
forte de part une augmentation des liquidités dans le circuit financier.
A l'inverse, une hausse des taux directeurs aura pour objectif de limiter la demande de liquidités
des banques. Le but rechercher est alors le plus souvent de lutter contre l'inflation afin d'éviter une
surchauffe de l'économie.

Il faut également noter que les taux directeurs influent directement sur la valeur d'une monnaie. En
effet, plus une monnaie sera rémunéré (un taux directeur élevé), plus la demande pour cette
monnaie sera importante.

Les réserves obligatoires

Les réserves obligatoires sont des réserves de liquidité que les institutions financières doivent déposer
auprès de la banque centrale. Le système des réserves obligatoires a pour objet de stabiliser les taux
d’intérêt du marché monétaire, de créer (ou d'accentuer) un besoin structurel de refinancement et de
contribuer, le cas échéant, a la maîtrise de la croissance monétaire. Le montant des réserves obligatoires a
constituer par chaque établissement est déterminé en fonction d'un pourcentage d'encours des dépôts.

Par exemple, si une banque dispose de 1 milliard d'euros de dépôts et si le taux de réserve obligatoire est
de 10%, la banque commerciale devra déposer 100 millions auprès de la banque centrale.

Les réserves obligatoires sont rémunérées a un taux correspondant au taux d’intérêt moyen, sur la période
de constitution, des opérations principales de refinancement de l'Eurosysteme, soit de 1% en 2010.

Définition de la politique monétaire Hawkish

Une politique monétaire Hawkish a pour objectif de lutter contre l’inflation. En cas d’orientation Hawkish, la
banque centrale utilise tous les moyens possibles pour combattre cette inflation qu’elle considère comme le
danger absolu, pouvant exercer des pressions récessionistes. La croissance économique n’est pas une
priorité.
Pour lutter contre l’inflation, tous les moyens peuvent être utilisés et notamment une hausse des taux
d’intérêts.

On peut citer comme exemple la politique monétaire menée pendant des années par Jean Claude Trichet à
la BCE qui faisait de la lutte contre l’inflation sa priorité.

Une politique Hawkish est généralement appliqué dans une période de croissance économique ou de
reprise. En théorie, une politique Hawkish est favorable à l’appréciation de la devise sur le Forex.

Définition de la politique monétaire Dovish

Une politique monétaire Dovish a pour objectif la croissance économique. En cas d’orientation Dovish, la
banque centrale utilise tous les moyens possibles pour favoriser la croissance économique. L’inflation n’est
pas un sujet de préoccupation.

Une politique Dovish est marquée par une baisse des taux d’intérêts et l’utilisation de mesures non
conventionnelles (je pense aux quantitative easing nota mment) pour dynamiser l’économie.

Ces dernières années, les principales banques centrales (FED, BCE, BoE, BoJ) ont appliqué une politique
monétaire Dovish.
Une politique Dovish est généralement appliqué dans une période de récession ou de surchauffe de
l’économie. En théorie, une politique Dovish a la dépréciation de la devise sur le Forex.