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LE CONTRAT

Aperçu historique

Au Maroc le contrat est réglementé par :


 le DOC (Dahir des obligations et contrats), texte législatif
datant de 1913 et qui a été institué par les autorités du
protectorat français.
 le code de Commerce tel qu’il fût modifié par le Dahir n°1-
96-8-83 du 1er Août 1996.
Le D.O.C.

Le D.O.C. comprend deux grandes parties : l’une relative aux


obligations en général et l’autre relative aux différends contrats
déterminés et aux quasi-contrats qui s’y attachent tels que la
vente, l’échange, le louage, le dépôt et le séquestre, le mandat,
le prêt, l’association, le contrat aléatoire, la transaction, le
cautionnement, le nantissement et les différents espèces de
créanciers.
le code de Commerce

les contrats sont aussi régis par le code de Commerce tel qu’il
fût modifié par le Dahir n°1-96-8-83 du 1er Août 1992. Il s’agit
particulièrement des contrats commerciaux : le nantissement
avec dépossession et sans dépossession. Le contrat d’agence
commerciale, (Art. 393 du C.C), le courtage, la commission et
le crédit-bail (Art. 431 à 442), le contrat de transport des
personnes et des choses (Art.443 à 486), contrats bancaires
(Art. 487 à 528), la cession des créances professionnelles (Art.
529 à 536), le nantissement des titres (Art. 537 à 544).
Le contrat

Définition:
 On le définit usuellement comme une convention
génératrice d’obligation;
 Un contrat est un accord de volontés produisant des effet
de droit ;
 Les parties sont, seules, liées par cet accord (elles en
recueillent le bénéfice ou en supportent la charge);
 Un contrat est une convention par laquelle une ou
plusieurs personnes s’obligent envers une ou plusieurs
autres à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose.
Le domaine d’application des contrats est extrêmement
vaste : il embrasse la plupart des activités humaines.
La classification des contrats
Classification des obligations nées d’une
déclaration de volonté:

a) Convention unilatérale / synallagmatique;

b) Convention à titre onéreux / convention à titre gratuit;

c) Contrat commutatif / contrats aléatoire;

d) contrat consensuel / contrat solennel;

e) Contrat nommée / contrat innommée;

f) Contrat de gré à gré / contrat d’adhésion, contrat type;

g) Contrat individuel / contrat collectif;

h) Contrat à exécution instantanée / contrat à exécution


successive.
Classification d’après la fonction économique du
contrat :

a) Contrats portant sur des biens matériels:


 Contrats translatifs de propriété: vente, échange;
 Contrats translatifs de jouissance: louage;
 Contrats translatifs de garde: dépôt.
b) Contrats portant sur des services:
 Contrat de travail (louage de service), contrat d’entreprise
(louage d’ouvrage), Contrat de mandat, contrat médical,
contrat de conseil.
…Suite

c) Contrats relatifs aux crédits:


 Prêt d’argent, gage, cautionnement.
d) Contrats de sécurité:
 Contrats d’assurance.
e) Contrats de collaboration:
 Contrat de sociétés.
La vente (article 478 à 625 du D.O.C.)

 Est un contrat par lequel les parties se transfèrent


respectivement un droit pour un autre.
 La vente est parfaite entre les parties dès qu’il y a
consentement des contractants, l’un pour vendre, l’autre
pour acheter, et qu’ils sont d’accord sur la chose, sur le
prix et sur les autres clauses du contrat.
 L’acheteur acquiert de plein droit la propriété de la chose
vendue, dès que le contrat est parfait par le consentement
des parties.
 Le vendeur a deux obligations principales, celle de délivrer
la chose vendue et celle de la garantir.
 L’acheteur a deux obligations principales, celle de payer le
prix et celle de prendre livraison de la chose.
l'Echange
(article 619 à 625 du D.O.C.)

L'échange est un contrat par lequel chacune des parties remet


à l'autre, à titre de propriété, une chose mobilière ou
immobilière, ou un droit incorporel, contre une chose ou un
autre droit de même nature ou de nature différente.
Le louage de choses ou bail (article 627 à 722 du
D.O.C.)

Le louage de choses est un contrat par lequel l'une des parties


cède à l'autre la jouissance d'une chose mobilière ou
immobilière, pendant un certain temps, moyennant un prix
déterminé que l'autre partie s'oblige à lui payer.
Le louage de services ou contrat de travail
(article 723 à 780 du D.O.C.)

Le louage de services ou de travail est un contrat par lequel


l'une des parties s'engage, moyennant un prix que l'autre partie
s'oblige à lui payer, à fournir à cette dernière ses services
personnels pour un certain temps ou à accomplir un fait
déterminé.
Le louage d’ouvrages et d’industrie ou contrat
d’entreprise

Le louage d'ouvrage est celui par lequel une personne


s'engage à exécuter un ouvrage déterminé, moyennant un prix
que l'autre partie s'engage à lui payer.
Le mandat (article 879 à 942 du D.O.C.)

Le mandat est un contrat par lequel une personne charge une


autre d'accomplir un acte licite pour le compte du commettant.
Le mandat peut être donné aussi dans l'intérêt du mandant et
du mandataire, ou dans celui du mandant et d'un tiers, et
même exclusivement dans l'intérêt d'un tiers.
Le prêt (article 829 à 878 du D.O.C.)

Contrat par lequel une personne remet à une autre une chose
dont la seconde pourra user à charge de la restituer soit en
nature, soit par équivalant.
 Il y a deux espèces de prêt : le prêt à usage ou commodat,
et le prêt de consommation.
… Suite

1. Le prêt à usage, ou commodat, est un contrat par lequel l'une


des parties remet une chose à l'autre partie pour s'en servir
pendant un temps, ou pour un usage déterminé, à charge par
l'emprunteur de restituer la chose même. Dans le commodat,
le prêteur conserve la propriété et la possession juridique des
choses prêtées ; l'emprunteur n'en a que l'usage.
2. Le prêt de consommation est un contrat par lequel l'une des
parties remet à une autre des choses qui se consomment par
l'usage, ou d'autres choses mobilières, pour s'en servir, à
charge par l'emprunteur de lui en restituer autant de mêmes
espèce et qualité, à l'expiration du délai convenu.
Le dépôt (article 781 à 817 du D.O.C.)

Le dépôt est un contrat par lequel une personne (le déposant)


remet une chose mobilière à une autre personne (le
dépositaire), qui se charge de garder la chose déposée et de la
restituer dans son individualité lorsqu’elle lui sera réclamée.
La transaction (article 1098 à 1116 du D.O.C.)

La transaction est un contrat par lequel les parties terminent ou


préviennent une contestation moyennant la renonciation de
chacune d'elles à une partie de ses prétentions réciproques, ou
la cession qu'elle fait d'une valeur ou d'un droit à l'autre partie.
Le cautionnement (article 1117 à 1169 du D.O.C.)

Le cautionnement est un contrat par lequel une personne


s'oblige envers le créancier à satisfaire à l'obligation du
débiteur, si celui-ci n'y satisfait pas lui-même.
Le nantissement ( article 1170 à 1240 du D.O.C.)

Le nantissement est un contrat par lequel le débiteur, ou un


tiers agissant dans son intérêt, affecte une chose mobilière ou
immobilière ou un droit incorporel à la garantie d'une
obligation, et confère au créancier le droit de se payer sur cette
chose, par préférence à tous autres créanciers, au cas où le
débiteur manquerait à le satisfaire.
Les éléments constitutifs du contrat

L’article 2 du D.O.C énumère les éléments nécessaires pour la


validité des obligations qui dérivent d’une déclaration de
volonté. Selon ce texte, pour être valablement formé, le contrat
suppose la réunion de quatre conditions :
1. La capacité de s’obliger;
2. Le consentement, une déclaration valable de volonté
portant sur les éléments essentiels de l’obligation;
3. Un objet certain pouvant former objet d’obligation;
4. Une cause licite de s’obliger.
1. La capacité

La capacité est l’aptitude à être titulaire de droits et à l’exercer


par soi-même. Elle constitue la première condition de validité
des actes juridiques exigée par l’article 2 du D.O.C.
Seule une personne capable peut contracter valablement.
L’incapacité de contracter et ses incidences sur
la validité du contrat

Aux termes de l’article 3 alinéa 2, toute personne est capable


d’obliger et de s’obliger, si elle n’en est déclarée incapable par
la loi.
L’incapacité peut revêtir deux degrés : on peut être incapable
parce qu’on n’a pas l’aptitude à être titulaire de droits
(incapacité de jouissance) ou simplement parce qu’on n’a pas
l’aptitude à exercer ses droits (incapacité d’exercice).
…Suite

Les différents cas d’incapacité d’exercice :


 Incapacité tenant de la minorité;
 Incapacité tenant à l'altération des facultés mentales;
 Incapacité tenant à la prodigalité;
 Incapacité tenant à la faiblesse d’esprit.
2. Le consentement

Pour que deux volontés exprimées soient créatrices d’un


contrat, elles doivent révéler un consentement réciproque des
parties à s’engager sur des bases connues d’elles et
intimement approuvées. Selon l’article 19 du D.O.C. : « la
convention n’est parfaite que par l’accord des parties sur les
éléments essentiels de l’obligation ».
L’accord des volontés de décompose en deux éléments : l’offre
(une proposition de contracter) et l’acceptation (fixe l’accord
des parties et confère à la rencontre de leurs volontés la nature
et la force d’un contrat) .
L’intégrité du consentement

L’article 39 du D.O.C. déclare « est annulable le consentement


donné par erreur, surpris par dol, ou extorqué par violence ».
De son côté, l’article 54 précise que « les motifs de rescision
fondés sur l’état de maladie et autres cas analogues, sont
abandonnés à l’appréciation des juges ».
…Suite

Il résulte de ces deux textes que le D.O.C. prévoit quatre vices


du consentement :
 L’erreur (Articles 40, 41, 42, 43, 44, 55 et 56 du D.O.C.);
 Le dol (Article 52 et 53 du D.O.C.);
 La violence (Articles 46, 47, 48, 50 et 51 du D.O.C.);
 L’état de maladie et les cas analogues ( Article 54 du
D.O.C.).
3. L’objet

Parmi les éléments constitutifs de contrat, et donc


structurellement nécessaires à sa formation, l’article 2 du
D.O.C. cite « un objet certain pouvant former l’objet
d’obligation ».
Pour que le contrat soit valablement formé, il faut que l’objet
existe (art. 2 D.O.C.), qu’il soit déterminé (art. 58 D.O.C.) et
qu’il soit licite (art. 57 D.O.C.).
4. La cause

L’article 2 du D.O.C. exige, parmi les éléments essentiels à la


validité de l’obligation contractuelle, « une cause licite de
s’obliger » et l’article 62 du même code dispose que
« l’obligation sans cause ou fondée sur une cause illicite est
non avenue ».
Il en résulte que pour être valablement formé, le contrat doit
avoir une cause (l’existence de la cause) et que cette cause
doit être licite (licité de la cause).
L’écrit mode de preuve

L’article 443 du D.O.C. dispose que Les conventions et autres


faits juridiques ayant pour but de créer, de transférer, de
modifier ou d'éteindre des obligations ou des droits et excédant
la somme ou la valeur de dix mille dirhams ne peuvent être
prouvés par témoins. Il doit en être passé acte authentique ou
sous seing privé, éventuellement établi sous forme
électronique ou transmis par voie électronique.
LES EFFETS DU CONTRAT
La force obligatoire du contrat

S’il satisfait à toutes les conditions mises à sa formation, le


contrat est valablement conclu.
Comme l’énonce l’article 230 du D.O.C., « les obligations
contractuelles valablement formées tiennent lieu de loi à ceux
qui les ont faites ».
 Le contrat est la loi des parties (Le contrat s’impose aux
parties);
 Le contrat et le juge.
Le contrat est la loi des parties

Le contrat légalement formé s’impose aux parties et doit être


exécuté de bonne foi, il ne peut être révoqué unilatéralement,
ni en principe être modifié même en cas de changement
imprévu des circonstances.
L’article 230 du DOC stipule « Les conventions légalement
formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont et ne peuvent
être révoquées que de leur consentement mutuel ou dans les
cas prévus par la loi ».
Le contrat et le juge

Le contrat s’impose au juge. Ainsi, quand les clauses du


contrat sont claires et précises, le juge doit respecter la volonté
des parties. Mais si certaines clauses sont mal rédigées et
apparaissent à l’évidence équivoques, confuses ou
contradictoires, ou qu’elles paraissent au juge comme
contraires « au but poursuivi » par les contractants, dans ce
cas la clause est jugée non « claire et précise » et le juge peut
l’interpréter.
L’effet relatif des contrats à l’égard des tiers

Le principe:
Selon les dispositions de l’article 228 du DOC « Les obligations
n’engagent que ceux qui ont été partie à l’acte : elles ne nuisent
point au tiers et elles ne leur profitent que dans les cas exprimés
par la loi ».
Les ayant cause à titre universel ou universel sont les personnes
qui recueillant la totalité ou une partie du patrimoine Selon
l’article 229 du DOC : « Les obligations ont effet, non seulement
entre les parties, mais aussi entre leurs héritiers ou ayant cause,
à moins que le contraire ne soit exprimé ou ne résulte de la
nature de l’obligation ou de la loi ».

Les tiers peuvent être :


 Les ayants cause ;
 Les créanciers chirographaires.
La nullité du contrat

 La nullité est la sanction de la défaillance des


conditions de formation des contrats.
 Lorsque les conditions de validité du contrat font
défaut, le contrat est censé être NUL.
 La nullité relative et la nullité absolue.
On distingue la nullité relative et la nullité absolue :
- la nullité relative est une nullité de protection (incapables,
vices du consentement) ;
- la nullité absolue dans l’hypothèse des conventions contraires
à l’ordre public ou aux bonnes mœurs. C’est donc une sanction
d’une règle d’ordre public.
L’exécution de bonne foi

L’article 231 du DOC stipule que « Tout engagement doit être


exécuté de bonne foi et oblige non seulement à ce qui y est
exprimé, mais encore à toutes les suites que la loi, l’usage ou
l’équité donnent à l’obligation d’après sa nature ».
Cette notion est de plus en plus souvent évoquée par le juge,
dans un meilleur but d’équité contractuelle.
La bonne foi recouvre plusieurs notions : le devoir de loyauté
d’une part, le devoir de coopération d’autre part.
Il faut que le contractant facilite l’exécution du contrat et prenne
toutes les mesures édictées par les usages et la bonne foi pour
arriver au but.
SANCTION DE L’INEXECUTION DU CONTRAT

Il va de soi que Celui qui n’exécute pas les obligations mises à


sa charge par le contrat engage sa responsabilité
contractuelle.
La responsabilité contractuelle du débiteur suppose la réunion
de trois conditions :
1. Une faute contractuelle;
2. Un dommage;
3. Un lien de causalité entre la faute et le dommage.
Formalités fiscales: l’enregistrement

La légalisation fiscale assujettit un grand nombre de contrats à


la formalité de l’enregistrement pour permettre au trésor public
de percevoir des taxes sur de nombreuses transactions, bien
que destinée à procurer des ressources à l’Etat, la mesure
n’est pas sans incidence sur l’efficacité du contrat.
L’enregistrement est une formalité à laquelle la loi soumet
certains actes et conventions. Il consiste en l’analyse, par
l’inspecteur des impôts chargé de l’enregistrement, des actes
et conventions présentés à cette formalité pour en déterminer
la nature juridique et percevoir un impôt dit « droit
d’enregistrement ».
…Suite
 L’enregistrement à un but essentiellement fiscal.
 La formalité de l’enregistrement confère aux actes et
conventions sous seings privés (S.S.P.) date certaine à
l’égard des tiers « article 425 du D.O.C.), par leur
inscription sur un registre dit « registre des entrées ».
 Ainsi, la vente qui a pour objet des immeubles, des droits
immobiliers et autres biens susceptibles d’hypothèque
« n’a d’effet au regard des tiers que si elle est enregistrée
en la forme déterminée par la loi » (article 488 D.O.C.). La
même règle s’applique à l’échange (art. 620 D.O.C.), aux
baux d’immeubles excédant une année (art. 629 D.O.C.),
aux transactions portant sur des droits immobiliers (art.
1104 D.O.C.) etc.
 La formalité de l’enregistrement a pour effet d’assurer la
conservation des actes.
Actes et conventions imposables

1. Les actes et conventions obligatoirement soumis


à l’enregistrement :
 Des opérations qui sont soumises quelle que soit leur
forme, écrite ou verbale. Il s’agit des mutations entre
vifs, à titre onéreux ou gratuit, de certains biens ou
droits;
 Des opération qui ne sont soumises que si elles sont
constatées par un acte écrit, sous seing privé ou
authentique.
 Des ventes de produits forestiers et des ventes
effectuées par les agents des domaines et des
douanes.
…Suite
2. les actes et conventions à enregistrer sur option :
 Les actes qui ne sont pas assujettis obligatoirement à
l’enregistrement peuvent être enregistrés sur option. Cette
option est exercée sous forme de réquisition écrite par les
parties ou par l’une d’entre elles. dans ce cas, les droits sont
perçus au taux prévu par la loi et en fonction de la nature
juridique de la convention relatée par l’acte.
 A titre indicatif, font partie des actes qui peuvent être
enregistrés sur option lorsqu’ils sont constatés par acte S.S.P.,
les actes d’obligation de sommes, les cession de créances,
les cessions d’actions transmissibles selon les formes
commerciales, les quittances, les constitutions et cessions de
rentes perpétuelles, les louages d’industrie, les marchés de
services et de travaux, les délivrances de legs, etc.