Vous êtes sur la page 1sur 38

Équilibrage des machines

alternatives

par Bernard SWOBODA


Ingénieur des Arts et Métiers (ENSAM) et de l’École Nationale Supérieure
du Pétrole et des Moteurs (ENSPM)
Chef du secteur Alimentation – Performances – Antipollution du Département
Moteur à la Direction des Études Automobiles Peugeot
Professeur à l’École Nationale Supérieure du Pétrole et des Moteurs (ENSPM)

1. Étude préliminaire ................................................................................... B 2 770 - 3


1.1 Définitions .................................................................................................... — 3
1.2 Étude par catégories de forces ................................................................... — 3
1.3 Nature des forces et des couples engendrés par les forces d’inertie ..... — 4
2. Équilibrage des masses rotatives........................................................ — 6
2.1 Étude théorique ........................................................................................... — 6
2.2 Moteur monocylindre.................................................................................. — 7
2.3 Moteurs multicylindres en ligne................................................................. — 8
2.4 Moteurs multicylindres en V....................................................................... — 16
2.5 Autres types de moteur............................................................................... — 17
3. Équilibrage des masses alternatives .................................................. — 18
3.1 Étude théorique ........................................................................................... — 18
3.2 Moteur monocylindre.................................................................................. — 19
3.3 Moteurs multicylindres en ligne................................................................. — 20
3.4 Moteurs multicylindres en V....................................................................... — 26
3.5 Autres types de moteur............................................................................... — 33
4. Tableaux récapitulatifs des valeurs des efforts et des couples . — 33
5. Conclusion ................................................................................................. — 38
Références bibliographiques ......................................................................... — 38

ors de l’étude d’un moteur, la cinématique et la dynamique précèdent l’équi-


L librage des forces d’inertie. La cinématique permet de connaître la position,
la vitesse et l’accélération de tous les points du moteur et leurs variations sur
un tour moteur en fonction du régime. La dynamique permet de connaître les
efforts et les couples en tous les points, et leurs variations sur un cycle moteur
en fonction du régime et de la charge.
Les deux théorèmes de la dynamique s’écrivent de la manière suivante :
— théorème de la résultante dynamique :
5 -1989

m s Γ ( G, S/O ) = ∑ Fext / S
L’accélération du centre de gravité G d’un solide S en mouvement par rapport
à un repère fixe O multipliée par la masse du solide est égale à la somme des
B 2 770

forces extérieures appliquées au solide ;


— théorème du moment dynamique :

δ (S ⁄ G) = ∑ F ext
/G

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 −1
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Le moment dynamique d’un solide S par rapport à son centre de gravité G


est égal à la somme des moments de forces extérieures appliquées au solide
ramenés au centre de gravité.
Après l’étude dynamique, on peut classer les efforts en deux catégories : les
efforts internes et les efforts externes.
Les efforts internes sont les efforts « qui ne sortent pas du moteur » comme,
par exemple, l’effort dans une vis de culasse ou sur un palier de ligne d’arbre.
Ils s’appliquent localement à des pièces internes qu’il faut dimensionner en
conséquence.
Les efforts externes sont les efforts « qui sortent du moteur » comme, par
exemple, le couple moteur ou le couple de basculement dû à l’effort latéral du
piston sur la chemise. Ils s’appliquent globalement du moteur vers le milieu
extérieur et, s’ils ne sont pas constants, provoquent des mouvements du moteur
sur son support.
L’équilibrage s’intéresse aux efforts externes engendrés par les forces
d’inertie.
Afin de connaître les mouvements du moteur sur son support, ce qui est indis-
pensable pour la définition de la liaison moteur-support, il suffit de lui appliquer
les théorèmes de la dynamique. Pour de faibles mouvements, le moteur peut
être fixé rigidement sur son support ; s’ils sont plus importants, il faut passer
par l’intermédiaire de cales élastiques afin de minimiser les variations d’efforts
et de couples transmises au support.
Le but de l’équilibrage est de limiter ces mouvements créés par les forces
d’inertie. Il y a deux raisons, géométrique et acoustique :
— premièrement, positionner correctement le moteur par rapport à son
environnement en évitant de trop grands débattements pour des raisons
d’encombrement (par exemple, proximité du capot ou du radiateur dans le cas
d’un véhicule automobile) et de complexité de liaison avec les organes annexes
(par exemple, tenue en endurance de la ligne d’échappement qui impose des
rotules ou des soufflets pour absorber les débattements du moteur, liaisons
souples aux circuits d’eau, d’alimentation en carburant) ;
— deuxièmement, limiter les vibrations transmises par le moteur à son
support pour éviter les remontées de bruit par les points de fixation et garantir
une bonne tenue en endurance de la liaison moteur-support.
L’équilibrage est un critère important dans le choix de l’architecture moteur.
En effet, en fonction du nombre de cylindres, de leur disposition et de la forme
du vilebrequin, certaines forces d’inertie s’annulent entre elles. On dit alors que
le moteur est « naturellement » équilibré sans apport de contrepoids. Dans ce
cas, la mise en place de contrepoids ne sert qu’à réduire les efforts internes sur
les paliers de ligne d’arbre. Si les forces d’inertie ne sont pas équilibrées, on
les équilibre par des contrepoids dont les masses et les positions tiennent aussi
compte de ces efforts internes mais il ne faut pas confondre l’équilibrage qui
est l’étude du mouvement du moteur dû aux forces externes et notre souci de
limiter les efforts internes.
Nous allons maintenant étudier l’équilibrage des moteurs alternatifs en ligne,
en V et à plat, mais les théories énoncées sont générales et applicables à
d’autres dispositions de moteur (en étoile, rotatif, etc.) et à d’autres machines
(compresseurs, pompes, etc.).

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 −2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

1. Étude préliminaire Par définition, l’effort sur X 0 est appelé effort de tamis ou de

ballant, celui sur Y0 est appelé effort de pilon ou de


1.1 Définitions
rebondissement ; il n’y a pas d’effort sur Z 0 . Le couple autour de
Pour étudier le mouvement bielle-manivelle, nous avons besoin
de trois repères (figures 1 et 2). X 0 est appelé couple de galop ou de tangage, celui autour de Y 0

■ Repère fixe 0 : ( O, X 0 , Y 0 , Z 0 ) est appelé couple de lacet et celui autour de Z 0 est appelé couple
O est le centre du vilebrequin, de basculement ou de roulis.

Y0 est l’axe du cylindre,


1.2 Étude par catégories de forces
Z0 est l’axe du vilebrequin.
Il y a trois catégories de forces : les forces dues aux masses,
■ Repère mobile lié au vilebrequin 1 : ( O, X 1 , Y 1 , Z 1 ) celles dues aux gaz et celles dues aux inerties des pièces en
θ est l’angle de rotation instantané du vilebrequin (en rad), mouvement.
Les efforts dus aux masses engendrent des réactions constantes
θ̇ est la vitesse angulaire instantanée du vilebrequin sur les appuis et ne sont donc pas à prendre en considération pour
(en rad/s) l’équilibrage.
πN Les efforts dus aux gaz donnent naissance au couple moteur et
θ̇ = ---------
30
- avec N (tr/min) régime du moteur,
à un couple de basculement. On n’équilibre pas ces efforts sous
peine de supprimer le couple moteur.
A est le centre de la tête de bielle,
Il reste les efforts dus aux inerties qui existent au nombre de
R est le rayon de manivelle. trois : inertie centrifuge, inertie alternative et inertie de la bielle.
■ Repère mobile lié à la bielle 2 : ( B, X 2 , Y 2 , Z 2 ) ■ L’inertie centrifuge est produite par la masse de la manivelle
ϕ est l’angle de rotation instantané de la bielle (en rad),
m mv ; elle est constante et tourne autour du point O à la vitesse θ̇ .
B est le centre du pied de bielle, Elle est parfaitement équilibrable (§ 2).
L est l’entraxe de bielle,
■ L’inertie alternative est produite par la masse du piston mpi ; elle
Gb est le centre de gravité de la bielle, sa position étant définie donne naissance à :
par L1 . — un couple moteur instantané qui s’additionne algébriquement
au couple moteur dû aux gaz ; il engendre un couple moyen nul si
l’on néglige les frottements ; on ne l’équilibre pas ;
Par définition, une machine est dite « parfaitement — un couple de basculement « naturel » qui s’additionne
équilibrée » si les réactions sur les appuis sont algébriquement au couple de basculement dû aux gaz, non équi-
constantes. librable sauf dans certains cas particuliers (voir l’équilibrage des
masses alternatives du deuxième ordre par la méthode de
Si ce n’est pas le cas, le moteur est soumis à des mouvements Lanchester, § 3.3.4) ;
engendrés par des efforts et des couples sur les trois axes fixes. — une force d’inertie verticale parfaitement équilibrable (§ 3).

Figure 1 – Définition des repères

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 −3
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Figure 3 – Décomposition fictive de la bielle

Figure 2 – Définition des efforts et des couples

sur le repère fixe ( O, X 0 , Y 0 , Z 0 ) L’équilibrage de la bielle se résume donc à l’équilibrage de deux


masses m A et m B , l’une en mouvement rotatif et l’autre en
mouvement alternatif.
Les inerties à équilibrer sont donc de deux types.
■ L’inertie de la bielle se décompose en deux inerties.
— Une force d’inertie rotative due à la masse rotative, celle-ci
Le mouvement de la bielle est complexe ; on connaît son
étant composée de la masse de la manivelle mmv et de la masse
accélération, qui a deux composantes : l’une sur X 0 , l’autre sur Y 0 . mA .
Ce mouvement donne naissance à une force d’inertie de valeur La manivelle, formée de deux flasques de vilebrequin et du
maneton, a son centre de gravité à une distance r 2 de l’axe
m bi ⋅ Γ ( G b , 2 ⁄ 0 ) et à un couple d’inertie de valeur I z ϕ̇˙ Z 0 , (figure 4) telle que :

Γ ( G b , 2 ⁄ 0 ) étant l’accélération instantanée du centre de gravité de m mv · r2 = 2m fl · r1 + mmt · R


la bielle Gb appartenant au repère 2 par rapport au repère 0 et Iz avec m mv = 2m fl + m mt .
Donc, la masse rotative est concentrée à une distance r de l’axe
le moment d’inertie de la bielle par rapport à Gb sur l’axe Z 2 exprimé
telle que :
m rot · r = m mv · r2 + mA · R
dans le repère ( G b , X 2 , Y 2 , Z 2 ) . Pour l’équilibrage, on décompose
fictivement la bielle en deux parties (figure 3) : avec m rot = m mv + m A .
— une partie en mouvement alternatif attachée au point B de Afin de simplifier les équations de galop et de lacet, il est
masse m B (§ 3) ; préférable d’exprimer la masse rotative à la distance R, appelée
— une partie en mouvement rotatif attachée au point A de masse rotative fictive (figure 4), le produit masse × distance devant
masse mA (§ 2). rester constant :
Pour faire cette décomposition, il faut respecter trois conditions : mrot fict · R = mrot · r
1) la masse doit être conservée : mbi = mA + m B Exemple : pour notre moteur 2,2 L :
2) la position du centre de gravité doit être conservée :
m fl = 0,909 kg r1 = 21,28 mm
m A (L – L 1) = m B L1 m mt = 0,480 kg R = 40,80 mm
3) le moment d’inertie par rapport au centre de gravité doit être d’où r2 = 25,36 mm, m rot = 3,018 kg, r = 29,04 mm et
conservé : m rot fict = 2,148 kg.
2
Iz = mA ( L – L1 ) 2 + mB L 1
Dans tout ce qui suit, lorsqu’on parlera de masse rotative, il
s’agira de la masse rotative fictive placée à la distance R de l’axe
Dans la pratique, on détermine mA , m B et L1 par calcul ou par
de rotation.
pesées. La condition 3 donne alors le moment d’inertie fictif de la
bielle décomposée qui n’est pas tout à fait égal au moment d’inertie — Une force d’inertie alternative due à la masse alternative,
réel que l’on peut calculer ou mesurer par pendulage. Pour être celle-ci étant composée de la masse du piston assemblé et de la
parfaitement exact, il faut donc introduire un moment d’inertie masse m B .
complémentaire égal à la différence entre les deux. La bielle Exemple : pour notre moteur 2,2 L et pour une masse du piston
décomposée équivalente à la bielle réelle est alors définie par mA , assemblé de 0,69 kg, on a m alt = 0,89 kg.
m B et le moment d’inertie complémentaire. Généralement, ce der-
nier est suffisamment faible pour être négligé.
Exemple : pour un moteur d’automobile 4 cylindres en ligne
de 2,2 L de cylindrée, les caractéristiques sont les suivantes : 1.3 Nature des forces et des couples
m A = 0,72 kg L1 = 107 mm
engendrés par les forces d’inertie
m B = 0,20 kg L = 137 mm
■ Force d’inertie rotative
Le moment d’inertie de la bielle fictive est : 0,002 938 kg · m2 alors
que le moment d’inertie réel (valeur mesurée) est égal La force d’inertie rotative due à la masse rotative est un vecteur
à 0,003 486 kg · m2. Le moment d’inertie complémentaire est donc d’intensité constante tournant autour du point O à la vitesse θ˙ du
égal à 0,000 55 kg · m2 soit 16 % du moment réel ; on peut le négliger vilebrequin ; elle engendre donc une force verticale et une force
par rapport à l’ensemble des inerties que l’on va équilibrer, l’inertie horizontale d’ordre 1.
centrifuge étant prédominante.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 −4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

des masses tournant à la vitesse θ̇ du vilebrequin, 2 θ̇ ,


4 θ̇ , 6 θ̇ , ... (§ 3.1) ; elle engendre donc une force verticale d’ordres
1, 2, 4, 6, ...
Pour un moteur monocylindre, la force d’inertie alternative
engendre uniquement des efforts de pilon d’ordres 1, 2, 4, 6, ...
Pour un moteur multicylindre, les forces d’inertie alternatives se
composent autour du point central O du vilebrequin et engendrent
des efforts de pilon d’ordres 1, 2, 4, 6, ... et des couples de galop
d’ordres 1, 2, 4, 6, ...
Les tableaux 1 et 2 récapitulent les effets des forces d’inertie.

Remarque importante : le plan médian d’un vilebrequin est


le plan perpendiculaire à l’axe de rotation passant par le point
central de celui-ci.
Figure 4 – Position de la masse rotative Lorsque le plan médian est plan de symétrie, les couples de
galop et de lacet sont nuls. En effet, le couple dû à chaque
Pour un moteur monocylindre, la force d’inertie rotative engendre manivelle sera compensé par le couple dû à la manivelle placée
uniquement un effort de tamis et un effort de pilon d’ordre 1. symétriquement par rapport au plan médian, l’effort étant le
Pour un moteur multicylindre, les forces d’inertie rotatives se même, et la distance le long de l’axe Z 0 étant positive pour
composent autour du point central O du vilebrequin et engendrent
l’une et négative pour l’autre (figure 5).
un effort de tamis et de pilon d’ordre 1 et un couple de galop et de
lacet d’ordre 1.
Nous allons maintenant étudier séparément l’équilibrage de ces
■ Force d’inertie alternative deux types de force ; les masses nécessaires à l’équilibrage des
La force d’inertie alternative due à la masse alternative est un inerties rotatives s’ajoutent à celles nécessaires à l’équilibrage des
inerties alternatives pour former les contrepoids à placer sur le
vecteur d’intensité variable dirigé selon l’axe vertical Y 0 que l’on vilebrequin. (0)
décomposera en une somme d’efforts sinusoïdaux assimilables à

Tableau 1 – Nature des efforts et des couples engendrés par la masse rotative et la masse alternative
Efforts et couples Tamis Pilon Galop Lacet
sur moteur oui oui
Effet de monocylindre d’ordre 1 d’ordre 1 non non
la masse
rotative sur moteur oui oui oui oui
multicylindre d’ordre 1 d’ordre 1 d’ordre 1 d’ordre 1
sur moteur oui
Effet de monocylindre non d’ordres 1, 2, 4, 6, ... non non
la masse
alternative sur moteur oui oui
multicylindre non d’ordres 1, 2, 4, 6, ... d’ordres 1, 2, 4, 6, ... non

(0)

Tableau 2 – Nature des efforts et des couples appliqués à un moteur monocylindre et à un moteur multicylindre
Efforts Tamis Pilon Galop Lacet
et couples ordre 1 ordre 1 ordres 2, 4, 6 ... ordre 1 ordres 2, 4, 6 ... ordre 1
Efforts et couples
appliqués oui oui oui
à un moteur dû à m rot dû à m rot + m alt dû à m alt non non non
monocylindre
Efforts et couples
appliqués oui oui oui oui oui oui
à un moteur dû à m rot dû à m rot + m alt dû à m alt dû à m rot + m alt dû à m alt dû à m rot
multicylindre

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 −5
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

■ Condition 1 : le centre de gravité du solide doit être placé sur


l’axe Z 0 ; pour cela, il faut :

∑ x ⋅ dm P = 0 (1)
P ∈ (S)

∑ y ⋅ dm P = 0 (2)
P ∈ (S)

■ Condition 2 : l’axe Z 0 doit être axe principal d’inertie pour le


solide ; pour cela, il faut :

∑ x ⋅ z ⋅ dm P = 0 (3)
P ∈ (S)

∑ y ⋅ z ⋅ dm P = 0 (4)
P ∈ (S)

Les quatre sommes (1), (2), (3) et (4) sont appelées les « quatre
sommes fondamentales ».
Remarque : lorsque le plan médian est plan de symétrie, l’axe de rotation Z 0 est axe
principal d’inertie. Dans ce cas, il suffit de vérifier que le centre de gravité du solide formé
par l’ensemble des masses rotatives est sur l’axe de rotation, c’est-à-dire la condition 1.

2.1.2 Équilibrage théorique parfait


Figure 5 – Schéma de l’annulation des couples
lorsque le plan médian est plan de symétrie On peut toujours équilibrer parfaitement les inerties rotatives en
plaçant des masses dans des plans normaux à l’axe de rotation, de
part et d’autre du plan contenant la masse à équilibrer.
La démonstration qui suit est valable quel que soit le nombre de
2. Équilibrage masses rotatives à équilibrer mais, pour simplifier les calculs, nous
des masses rotatives la ferons pour une seule masse.

Soit M un point appartenant au plan ( X 0 , Y 0 ) de masse rotative


2.1 Étude théorique m rot à équilibrer (figure 6). Soit deux plans perpendiculaires à l’axe

La force d’inertie rotative est égale à la masse rotative multipliée de rotation placés de part et d’autre du plan ( X 0 , Y 0 ) . La position
par l’accélération rotative. Cependant, l’accélération centripète
d’une pièce en rotation donne une force extérieure centrifuge, de chaque plan est donnée par OO 1 = z 1 Z 0 et OO 2 = z 2 Z 0 .
donc de signe opposé, d’où : Chaque plan possède respectivement une masse m 1 et m 2 ,
concentrée aux points M1 et M 2 .
F rot = – m rot ⋅ Γ ( A, 1/0 )
Pour que le solide formé par les trois masses en rotation soit par-
faitement équilibré, il faut que les quatre sommes fondamentales
avec Γ ( A,1/0 ) accélération instantanée au point A appartenant
soient nulles :
au repère 1 par rapport au repère 0.
(1) ⇒ x1m1 + x 2m2 + xm rot = 0
(2) ⇒ y1m1 + y2m 2 + ym rot = 0
2.1.1 Définition (3) ⇒ x1z1m1 + x2 z 2 m 2 = 0
(4) ⇒ y1z1m1 + y2z2m 2 = 0

Pour que les inerties rotatives soient parfaitement équi- C’est un système de quatre équations à quatre inconnues ; après
librées, il faut et il suffit que l’axe de rotation soit un axe cen- résolution :
tral d’inertie pour les masses rotatives. x z2
x 1m 1 = ------------------ m rot
z1 – z 2
Dans ce cas, le moteur n’est soumis à aucun effort ni à aucun y z2
y 1 m 1 = ------------------ m rot
couple. z1 – z 2
x z1
Soit un solide (S) en rotation autour de son axe Z 0 . Soit P x 2 m 2 = ------------------ m rot
z 2 – z1
chaque point du solide ayant pour coordonnées (x, y, z ) et dmP la y z1
y 2 m 2 = ------------------ m rot
masse qui y est ponctuellement concentrée. L’axe Z 0 est axe z 2 – z1
central d’inertie pour le solide si les deux conditions suivantes sont
satisfaites : On connaît x, y et m rot . On choisit a priori la position des deux
plans : on connaît donc z1 et z 2 .
1) Si l’on se fixe les masses m1 et m 2 , les quatre équations
donnent les distances x1 , x 2 , y1 et y2 .
2) Si l’on se fixe les abscisses x1 et x 2 , les quatre équations
donnent les masses m1 et m 2 et leurs ordonnées y1 et y2 .

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 −6 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Figure 6 – Équilibrage théorique parfait


d’une masse rotative

On peut donc toujours réaliser l’équilibrage théorique parfait.

2.2 Moteur monocylindre

Soit m rot la masse rotative attachée au maneton ; on suppose


qu’elle est concentrée au point A de coordonnées :


0 X0
OA = R Y 0 (figure 7a )
0 Z0

La masse rotative est parfaitement équilibrée si les quatre


sommes fondamentales sont nulles :

(2) ∑y m = R m rot ≠ 0

pour laquelle ce n’est pas le cas.


Lorsque le vilebrequin a tourné d’un angle θ , le moteur est soumis
2
à un effort de tamis d’ordre 1 de valeur ( – m rotR θ˙ sin θ ) et à un
effort de pilon d’ordre 1 de valeur ( m rot R θ˙ 2 cos θ ) . Pour équilibrer
la masse rotative, on place dans le prolongement des bras de mane-
ton des masses m1 et m 2 concentrées aux points M1 et M 2 à une
distance y1 et y2 de l’axe de rotation (figure 7b ) :

Figure 7 – Moteur monocylindre

  
0 X0 0 X0
y1 Y0 y2 Y0
OM 1 = OM 2 =
a a Pour réaliser physiquement cet équilibrage, il y a une infinité de
------ Z0 – ----- Z0
2 2 solutions possibles ; la plus courante consiste à utiliser deux masses
égales m1 = m 2 . L’équation (4) donne alors y1 = y2 et l’équation (2)
Il faut que les quatre sommes fondamentales soient nulles : donne y1m1 = – Rm rot /2. La distance y1 est fonction de l’encombre-
ment disponible ; on choisira y1 le plus grand possible pour que m1
(2) ∑ym = R m rot + y 1 m 1 + y 2 m 2 = 0 soit le plus faible possible afin d’avoir le vilebrequin le plus léger
possible.
a a
(4) ∑y z m = y 1 ----- m 1 – y 2 ----- m 2 = 0
2 2

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 −7
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Afin de pouvoir comparer les masses des différents vilebrequins Le plan médian étant plan de symétrie, le moteur n’est soumis à
que nous allons étudier, nous nous fixerons pour toute l’étude à aucun couple. Les masses rotatives sont parfaitement équilibrées
venir y1 = – R comme encombrement maximal théorique. si les deux premières sommes fondamentales sont nulles :
Dans ce cas, m1 = m rot /2 et la masse du vilebrequin formé par
l’ensemble des masses ponctuelles est 2 m rot .
(2) ∑ ym = 2R m rot ≠ 0

pour laquelle ce n’est pas le cas.


Le moteur est soumis à un effort de tamis d’ordre 1 de valeur
2.3 Moteurs multicylindres en ligne ( – 2 m R θ˙ 2 sin θ ) et à un effort de pilon d’ordre 1 de valeur
rot

( 2m rot Rθ̇ 2 cos θ ) .


Les manivelles d’un multicylindre en ligne 4 temps sont calées
4π 2 π Pour équilibrer les masses rotatives, il y a une infinité de
n  n 
régulièrement à --------- --------- pour un 2 temps , n représentant le solutions possibles.
nombre de cylindres. Cette répartition symétrique des masses
rotatives autour de l’axe de rotation assure souvent naturellement 2.3.1.1 Équilibrage maneton par maneton
l’équilibrage. Si ce n’est pas le cas, il faut reprendre l’étude théorique On équilibre séparément chaque maneton (figure 9a ) comme
afin de déterminer le nombre, la position et la valeur des contrepoids. pour le moteur monocylindre en plaçant quatre masses égales dans
le prolongement de chaque bras de maneton à une distance y1 telle
que y1m1 = – Rm rot /2.
2.3.1 Moteur 2 cylindres en ligne 4 temps

Les manivelles sont calées à 2 π, le vilebrequin est symétrique par


rapport à son plan médian (figure 8). Pour ce moteur, on pourra éga-
lement utiliser le vilebrequin du moteur 2 temps, quitte à dégrader
la régularité du couple moteur instantané. Nous reviendrons sur ce
choix après l’équilibrage des masses alternatives (§ 3.3.2).
Soit mrot la masse rotative attachée à chaque maneton ; on
suppose qu’elle est concentrée aux points A1 et A2 de coordonnées :

  
0 X0 0 X0
OA 1 = R Y0 OA 2 = R Y0
a Z0 –a Z0
Figure 8 – Moteur 2 cylindres en ligne 4 temps : vilebrequin

Figure 9 – Moteur 2 cylindres en ligne 4 temps : équilibrage des masses rotatives

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 −8 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Si y1 = – R est l’encombrement maximal théorique, m1 = m rot /2.


La masse du vilebrequin formé par l’ensemble des masses
ponctuelles est 4m rot .

2.3.1.2 Équilibrage par deux masses


Ces deux masses peuvent être placées dans des plans symé-
triques par rapport au plan ( X 0 , Y 0 ) ou non.

■ On choisit, par exemple, les plans symétriques extérieurs


(figure 9b, I ) :

  
0 X0 0 X0
Figure 10 – Moteur 2 cylindres en ligne 2 temps : vilebrequin
y1 Y0 y2
OM 1 = OM 2 = Y0
3a 3a Le moteur est soumis à un couple de galop d’ordre 1 de valeur :
--------- Z0 – --------- Z0
2 2
a Z 0 ∧ ( m rot Rθ̇ 2 cos θ ) Y 0 – a Z 0 ∧ ( m rot Rθ̇ 2 cos ( θ + π ) ) Y 0
Il faut que les quatre sommes fondamentales soient nulles :

(2) ∑ym = 2R m rot + y 1 m 1 + y 2 m 2 = 0 soit – 2 am rot Rθ˙2 cos θ X 0 ,


3a 3a
(4) ∑y z m = y 1 --------- m 1 – y 2 --------- m 2 = 0
2 2
et à un couple de lacet d’ordre 1 de valeur :

Si l’on choisit y1 = y2 , (4) ⇒ m1 = m2 et (2) ⇒ y1 m1 = – Rm rot . a Z 0 ∧ – ( m rot R θ˙ 2sin θ ) X 0 – a Z 0 ∧ –  m rot Rθ˙ 2 sin ( θ + π )  X 0
Si y1 = – R est l’encombrement maximal théorique, m1 = m rot . La
masse du vilebrequin formé par l’ensemble des masses ponctuelles soit – 2 am rot Rθ˙ 2 sin θ Y 0 .
est 4 m rot .
■ Si l’on recommence cette étude avec les deux masses placées 2.3.2.1 Équilibrage maneton par maneton
dans les plans symétriques intérieurs (figure 9b, II ), on trouve le
La méthode d’équilibrage est la même que pour le moteur 2
même résultat.
cylindres en ligne 4 temps et conduit au même résultat (§ 2.3.1.1).
■ Si l’on recommence avec les deux masses placées dans les plans
non symétriques (figure 9b, III), on obtient, en gardant y1 = y2 , 2.3.2.2 Équilibrage par deux masses
m1 = m rot /2, m 2 = 3m rot /2 et l’on trouve la même masse de
vilebrequin 4m rot . Ces deux masses peuvent être placées dans des plans symé-
triques par rapport au plan ( X 0 , Y 0 ) ou non.
2.3.1.3 Conclusion
■ On choisit, par exemple, les plans symétriques extérieurs
Le moteur 2 cylindres en ligne 4 temps n’étant soumis qu’aux
(figure 11a, I) :
efforts, lorsqu’on réalise l’équilibrage parfait, le nombre et la position
des contrepoids n’ont pas d’influence sur la masse du vilebrequin.

  
Il n’y a pas de compromis masse du vilebrequin-rigidité à trouver. 0 X0 0 X0
On choisit donc la solution qui apporte le maximum de rigidité au y1 y2 Y0
OM 1 = Y0 OM 2 =
vilebrequin pour avoir les plus faibles déformations locales des
3a 3a
paliers. Dans ce cas, c’est l’équilibrage maneton par maneton. --------- Z0 – --------- Z0
2 2

2.3.2 Moteur 2 cylindres en ligne 2 temps Il faut que les quatre sommes fondamentales soient nulles :

Les manivelles sont calées à π, les manetons sont opposés


(2) ∑y m = y1 m1 + y2 m2 = 0
3a 3a
(figure 10). Soit m rot la masse rotative attachée à chaque maneton,
concentrée aux points A1 et A2 de coordonnées :
(4) ∑y z m = 2R a m rot + y 1 --------- m 1 – y 2 --------- m 2 = 0
2 2
Si l’on choisit :


X0 X0

 
0 0
2
OA 1 = R Y0 OA 2 = –R Y0 y1 = – y2 , (2) ⇒ m1 = m 2 et (4) ⇒ y 1 m 1 = – ----- Rm rot
3
a Z0 –a Z0 Si y1 = – R est l’encombrement maximal théorique, m1 = 2m rot /3.
La masse du vilebrequin est 3,333 m rot .
Les masses rotatives sont parfaitement équilibrées si les quatre
sommes fondamentales sont nulles : ■ Si l’on recommence cette étude avec les deux masses placées
dans les plans symétriques intérieurs (figure 11a, II), on obtient
(4) ∑y z m = 2R a m rot ≠ 0 m1 = m2 = 2 m rot et m vil = 6 m rot .
■ Si l’on recommence avec les deux masses placées dans les plans
pour laquelle ce n’est pas le cas. non symétriques (figure 11a, III), on obtient m1 = m 2 = m rot et
m vil = 4m rot .

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 −9
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Figure 11 – Moteur 2 cylindres en ligne 2 temps : équilibrage des masses rotatives

Le moteur 2 cylindres en ligne 2 temps étant soumis aux couples, ■ Cas 1 : équilibrage par deux masses m1 égales :
lorsqu’on réalise l’équilibrage parfait, le nombre et la position des
contrepoids ont une grande influence sur la masse du vilebrequin. 2
m 2 = 0 ⇒ m 1 = ----- m rot
On a donc intérêt à les placer le plus loin possible du point central 3
pour avoir la masse la plus faible ; il y a un compromis masse du
On se trouve dans le cas du vilebrequin de masse 3,333 m rot .
vilebrequin-rigidité à trouver. Si le vilebrequin est suffisamment
C’est le plus léger possible.
rigide, on choisit le cas des plans symétriques extérieurs car c’est
la solution la plus légère. Cependant, si le vilebrequin manque de ■ Cas 2 : équilibrage par quatre masses m1 égales :
rigidité, cette solution amène une déformation du palier intermé-
diaire. Pour la limiter, on est conduit à rajouter des contrepoids dans m rot
les plans intérieurs : c’est l’équilibrage par quatre contrepoids. m 2 = m 1 ⇒ m 1 = -------------
-
2

2.3.2.3 Équilibrage par quatre masses On se trouve dans le cas de l’équilibrage maneton par maneton.
C’est le plus rigide possible.
L’équilibrage par quatre masses le plus évident est l’équilibrage
maneton par maneton (§ 2.3.1.1) ; dans ce cas, les quatre masses ■ Cas 3 : équilibrage par quatre masses égales deux à deux.
sont égales. Ce n’est pas le compromis idéal dans lequel on place Il y a une infinité de cas intermédiaires 0 < m2 < m1 . La valeur de
les masses les plus lourdes le plus loin possible du point central et, m 2 dépend de la rigidité que l’on veut donner au palier central. Si
dans les plans intérieurs, des masses juste suffisantes pour éviter par exemple : m 2 = m1 /2, alors m1 = 4m rot / 7 et m 2 = 2m rot / 7. La
de trop grandes déformations du palier central. masse du vilebrequin est 3,714 m rot .
Si l’on écrit le système d’équations avec quatre masses symé- Pour équilibrer le moteur 2 cylindres en ligne 2 temps, on choisit
triques deux à deux par rapport au point central (figure 11b ), on le cas 1 ou le cas 3, le cas 2 est rare.
trouve :
2R 2.3.2.4 Conclusion
3m 1 + m 2 = – --------- m rot
y1
Dans ces deux solutions, le vilebrequin est plus léger que celui
Si y1 = – R est l’encombrement maximal théorique : du moteur 4 temps. On pensera donc à utiliser le vilebrequin du
moteur 2 temps pour le moteur 4 temps, quitte à dégrader la
3 m1 + m 2 = 2 m rot régularité d’allumage.
Il y a trois cas possibles, selon la valeur que l’on donne à m 2 .

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 10 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

2.3.3 Moteur 3 cylindres Le moteur étant soumis aux couples, il faut réaliser l’équilibrage
en ligne 4 temps et 2 temps parfait en choisissant un compromis masse-rigidité. Les solutions
à deux contrepoids manquent de rigidité, on ne les utilise jamais.
Les manivelles sont calées à 240o ou à 120o, ce qui donne le même Il faut au minimum quatre contrepoids ; ce sera un cas particulier
vilebrequin (figure 12). Soit m rot la masse rotative attachée à chaque de l’équilibrage par six contrepoids.
maneton, concentrée aux points A1 , A2 et A3 de coordonnées :
2.3.3.1 Équilibrage maneton par maneton

 
3 X0 On place dans le prolongement de chaque bras de maneton une
– ---------- R


0 X0 2 masse m1 (figure 13a ) à une distance y1 telle que :
OA 1 = R Y0 OA 2 = R Y0
– ----- R
2a Z0 2 y 1 m 1 = – ----- m rot
Z0 2
0
Si y1 = – R est l’encombrement maximal théorique, m1 = m rot /2.

 
3 X0
---------- R La masse du vilebrequin est 6 m rot .
2
OA 3 = R Y0
– ----- 2.3.3.2 Équilibrage par six masses
2 dont trois dans la même position
– 2a Z0
On choisit dès le départ l’hypothèse de quatre masses m1
lourdes placées sur les manetons extérieurs et deux masses m 2
Les quatre sommes fondamentales ne sont pas nulles :
légères placées sur le maneton intérieur (figure 13b ), tel que :
(3) ∑ x z m = – 3 a R mrot ≠ 0

 
x1 X0 x1 X0
(4) ∑ y z m = 3a R m rot ≠ 0
y1 Y0 y1
OM 1 = OM 2 = Y0
Le moteur est soumis à un couple de galop d’ordre 1 de valeur : 5a 3a
--------- Z0 --------- Z0
4π 2 2
2a Z 0 ∧  m rot R θ˙ 2 cos θ  Y 0 – 2 a Z 0 ∧  m rot Rθ˙ 2 cos  θ + ---------   Y 0
3

  
x1 X0 x2 X0
˙2 π
6

soit – 2 3 a m rot R θ cos θ + ----- X 0 ,  OM 3 =
y1 Y0 O M4 =
y2 Y0
a a
----- Z0 – ------ Z0
et à un couple de lacet d’ordre 1 de valeur : 2 2

2 a Z 0 ∧ –  m rot R θ˙ 2 sin θ  X 0 – 2 a Z 0 ∧ –  m rot Rθ˙ 2 sin ( θ + --------- )  X 0

 
x2

 
3 X0 x2 X0
y2 y2
OM 5 = Y0
π O M6 = Y0

soit – 2 3 a m rot R θ˙ 2 sin θ + ----- Y 0 .
6  3a
– --------- Z0 5a
– --------- Z0
2 2

Il faut que les quatre sommes fondamentales soient nulles :

(1) ∑x m = 2x 1m 1 + x 1 m 2 + x 2m 2 + 2x 2 m 1 = 0
(2) ∑ y m = 2y 1 m 1 + y 1m 2 + y 2m 2 + 2y 2 m 1 = 0
a a
(3) ∑x z m = – 3 aR m rot + 4 x 1a m 1 + x 1 ----- m 2 – x 2 ----- m 2
2 2
– 4x 2 am 1 = 0
a a
(4) ∑y z m = 3aR m rot + 4y 1 am 1 + y 1 ----- m 2 – y 2
2
----- m 2
2
– 4 y 2 am 2 = 0
3 Rm rot
(1) ⇒ x1 = – x 2 (2) ⇒ y1 = – y2 (3) ⇒ x 1 = --------------------------
-
8m 1 + m 2
3 Rm rot
(4) ⇒ y 1 = – ----------------------------
8 m1 + m2

Si R est l’encombrement maximal théorique, la position des


contrepoids est telle que :
2 2
x1 + y1 = R2
Figure 12 – Moteur 3 cylindres en ligne 2 temps et 4 temps :
vilebrequin (calage à 120o)
d’où 8m 1 + m 2 = 2 3 m rot

R 3
et x 1 = ----- y 1 = – ---------- R
2 2

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 11
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Figure 13 – Moteur 3 cylindres en ligne 2 temps et 4 temps : équilibrage des masses rotatives

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 12 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Les trois premiers contrepoids sont placés 30 o après le ■ Cas 3 : il y a une infinité de cas intermédiaires 0 < m 2′ < m 1′ . Si,
prolongement des bras de maneton 1, les trois autres sont placés
symétriquement par rapport au point O (figure 13b ). par exemple, m 2′ = m 1′ / 2 alors α = 14,48 o et m 1′ = 0,447 m rot
Il y a trois cas possibles, selon la valeur que l’on donne à m 2 . et m 2′ = 0,224 m rot . Les masses du maneton 1 sont placées 15,52o
■ Cas 1 : équilibrage par quatre masses m1 égales : après le prolongement des bras de maneton 1, celles du maneton 2
sont placées dans le prolongement des bras de maneton 2, et celles
3 du maneton 3 sont placées 15,52o avant le prolongement des bras de
m 2 = 0 ⇒ m 1 = ---------- m rot et m vil = 4,732 m rot
4 maneton 3 (figure 13c ). La masse du vilebrequin est 5,236 m rot .
C’est le vilebrequin le plus léger possible.
2.3.3.4 Conclusion
■ Cas 2 : équilibrage par six masses m1 égales :
Pour équilibrer le moteur 3 cylindres en ligne, si le vilebrequin est
2 3 suffisamment rigide, on utilise la solution en quatre contrepoids
m 2 = m 1 ⇒ m 1 = -------------- m rot et m vil = 5,309 m rot (4,732 m rot ) sinon la solution en six contrepoids dont trois dans la
9
même position (5,038 m rot ). Si le vilebrequin manque toujours de
C’est le vilebrequin le plus rigide possible dans cette géométrie. rigidité, on utilise la solution en six contrepoids dont deux dans la
même position (5,236 m rot ) et, en extrême limite, l’équilibrage
■ Cas 3 : il y a une infinité de cas intermédiaires 0 < m 2 < m1 . Si, par maneton par maneton (6 m rot ).
m1 4 3 2 3
exemple, m 2 = ---------- alors m 1 = -------------- m rot et m 2 = -------------- m rot . La
2 17 17
masse du vilebrequin est 5,038 m rot .
2.3.4 Moteur 4 cylindres en ligne 4 temps
Les manivelles sont calées à 180 o , il y a deux vilebrequins
2.3.3.3 Équilibrage par six masses possibles ; on choisit celui dont le plan médian est plan de symétrie
dont deux dans la même position car il n’est pas soumis aux couples (figure 14a ).
Cette disposition est issue du raisonnement suivant : pour Soit m rot la masse rotative attachée à chaque maneton, concentrée
rigidifier les paliers intermédiaires, l’idéal est de placer les masses aux points A1 , A2 , A3 et A4 de coordonnées :
du maneton 2 à l’opposé de la masse rotative, c’est-à-dire dans le
prolongement des bras de maneton (figure 13c ) et non à 90o de
X0 X0

  
ceux-ci (figure 13b ). On pourrait réécrire le système d’équations, 0 0
mais on peut se contenter d’une démonstration graphique. OA 1 = R Y0 OA 2 = –R Y0
Si l’on part de l’équilibre parfait réalisé dans le paragraphe 2.3.3.2, 3a Z0 a Z0
cas 1 (figure 13b ) et que l’on place des masses m 2′ dans le pro-

 
X0 X0

 
longement des bras du maneton 2, on conçoit l’obligation de refer- 0 0
mer les masses m1 d’un angle α et de les alourdir jusqu’à une OA 3 = –R Y0 OA 4 = R Y0
valeur m 1′ afin de conserver l’équilibrage parfait existant –a Z0 – 3a Z0
(figure 13c ).
L’effort dans l’axe du maneton 2, qui était nul, doit rester nul,
Les masses rotatives sont parfaitement équilibrées car les deux
d’où :
premières sommes fondamentales sont nulles. La répartition des
m ′2 masses rotatives autour de l’axe de rotation assure naturellement
2m 1′ sin α = m 2′ ⇒ sin α = ----------------
-
2m 1′ l’équilibrage sans apport de contrepoids. En ce qui concerne l’équi-
librage, le vilebrequin peut donc théoriquement être utilisé tel quel,
L’effort dans la direction 30o, qui était 2m 1 R θ̇ 2 , doit être l’effort appliqué par le moteur sur le milieu extérieur est constant ;
conservé d’où : le moteur n’a donc pas de mouvement sur ses supports.
Cependant, ce moteur ne pourrait fonctionner que quelques
3 3
2m 1′ cos α = 2m 1 avec m 1 = ---------- m rot ⇒ m 1′ = -------------------- m rot heures car il subirait d’énormes efforts internes. En effet, dans la
4 4 cos α pratique, le vilebrequin n’est pas infiniment rigide ; il fléchit sous
Il y a trois cas possibles, selon la valeur que l’on donne à m 2′ . l’effet des forces centrifuges locales (figure 14b ), ce qui provoque
des déformations de la ligne d’arbre et des contraintes dans le film
■ Cas 1 : équilibrage par quatre masses m 1′ égales : d’huile et affecte gravement la tenue en endurance des coussinets.
Une bonne rigidité de vilebrequin est nécessaire à la bonne tenue
o 3 en endurance de la ligne d’arbre. Pour obtenir cette rigidité, on
m 2′ = 0 ⇒ α = 0 et m 1′ = ---------- m rot
4 ajoute des contrepoids.
C’est le cas 1 du paragraphe 2.3.3.2, les masses du maneton 1
sont placées 30o après le prolongement des bras de maneton 1, les Il est fondamental de comprendre qu’ils ne servent pas à
masses du maneton 3 sont placées symétriquement par rapport au équilibrer le moteur mais à diminuer les efforts internes.
point O. La masse du vilebrequin est 4,732 m rot .
■ Cas 2 : équilibrage par six masses m 1′ égales. Il n’y a que deux solutions : quatre ou huit contrepoids (figure 15).
On prendra soin de les placer symétriquement par rapport au plan
o m rot médian tout en conservant le centre de gravité sur l’axe de rotation
m 2′ = m 1′ ⇒ α = 30 et m 1′ = -------------
2 pour ne pas rompre l’équilibre qui existe naturellement. La valeur
des contrepoids est fonction de la rigidité initiale du vilebrequin
On se trouve dans le cas de l’équilibrage maneton par maneton ; (recouvrement, matière, etc.) et des déformations acceptables de la
les masses attachées à chaque maneton sont placées dans le ligne d’arbre ; mais cela ne pourra être mis en évidence qu’après
prolongement des bras de ceux-ci. La masse du vilebrequin de nombreux essais d’endurance. Il faut donc trouver un compromis
est 6 m rot . masse-rigidité.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 13
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Figure 14 – Moteur 4 cylindres en ligne 4 temps

Exemple : moteur 4 cylindres en ligne 4 temps à allumage


commandé de 1 775 cm3 suralimenté de compétition automobile.
L’étude est faite pour quatre configurations de vilebrequin
(figures 16a, 16b, 16c ) :
1. quatre contrepoids de géométrie (a ) ;
2. huit contrepoids de géométrie (a ) ;
3. huit contrepoids allégés de géométrie (b ) ; l’allégement du
contrepoids correspond au gain de matière côté maneton ;
4. huit contrepoids allégés de géométrie (c ).
Le tableau 3 donne les résultats : effort maximal instantané et effort
moyen du vilebrequin sur le coussinet du palier central (calculés
à 8 200 tr/min pleine charge), ainsi que la masse du vilebrequin.
— Entre les configurations 1 et 2, le vilebrequin à huit contrepoids
est plus rigide que celui à quatre contrepoids. Les efforts sur le palier
central sont plus faibles, la tenue en endurance sera meilleure, mais le
vilebrequin est plus lourd.
— Entre les configurations 2 et 3, la diminution de la masse rotative
permet de diminuer le contrepoids et d’alléger le vilebrequin sans
augmenter les efforts sur le palier central. La tenue en endurance est
équivalente, on a donc toujours intérêt à diminuer la masse rotative.
— Entre les configurations 3 et 4, la masse rotative est restée la
même mais le contrepoids a été allégé. Les efforts sur le palier central
sont plus élevés, la tenue en endurance est dégradée mais le
vilebrequin est plus léger. Seul un essai d’endurance permet de savoir
si la configuration 4 est acceptable pour une utilisation prévue du
moteur.
Figure 15 – Moteur 4 cylindres en ligne 4 temps :
position des contrepoids
2.3.5 Moteur 4 cylindres en ligne 2 temps

Les manivelles sont calées à 90o, il y a deux vilebrequins 2.3.5.1 Vilebrequin en croix
possibles : le vilebrequin en croix et celui en quadrature.
Les quatre sommes fondamentales ne sont pas nulles
(0) (figure 17a ) :
(3) ∑ x z m = – 2 aR m rot ≠ 0
(4) ∑y z m = 2aRm rot ≠ 0

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 14 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Figure 16 – Exemples de forme de contrepoids

Tableau 3 – Moteur 4 cylindres en ligne 4 temps :


efforts sur le palier central et masse du vilebrequin
en fonction de la géométrie des contrepoids
Effort Effort Masse
Configuration maximal moyen du vilebrequin
(daN) (daN) (kg)
1 5 000 3 000 14,02
2 3 600 1 830 17,05
3 3 600 1 810 14,94
4 4 100 2 240 14,18

Le moteur est soumis à un couple de galop d’ordre 1 de valeur


π
 
– 2 2 a m rot R θ˙ 2 cos θ + ----- et à un couple de lacet d’ordre 1 de
4
π
 
valeur – 2 2 a m rot R θ˙ 2 sin θ + ----- .
4
Figure 17 – Moteur 4 cylindres en ligne 2 temps :
vilebrequin en croix
Si l’on réécrit le système d’équations général avec huit masses
d’équilibrage sans faire d’hypothèse sur leurs positions, le système
conduit à placer les quatre premières 45o après le prolongement des ■ Cas 2 : équilibrage par quatre masses m1 égales.
bras de maneton 1 et les quatre autres symétriquement par rapport
au point O. Mais cette disposition est impossible à réaliser dans la Si l’on choisit m 2 = m 3 = 0 et m6 = m 7 = 0, alors les masses
pratique, car il y a un problème d’encombrement pour les valent 2m rot / 3. La masse du vilebrequin est 6,666 m rot .
contrepoids des manetons 2 et 3. Il faut donc s’imposer la position ■ Cas 3 : il y a une infinité de cas intermédiaires avec :
des masses. Si l’on suppose qu’elles sont placées dans le
prolongement des bras de maneton à la distance R représentant
 m2 = m 3  0 < m 2 < m1
l’encombrement maximal théorique, le système d’équations général  et 
devient :  m6 = m 7  0 < m 6 < m5
(1) m 5 + m 6 = m 7 + m8
(2) m1 + m 2 = m 3 + m 4 Dans ce cas, m 5 = m 8 et m1 = m 4 . Si, par exemple, on choisit
m 2 = m1 /2 et m6 = m 5 /2, alors m1 = m 5 = 4 m rot / 7. La masse du
1 3 5 7 vilebrequin (figure 17b ) est 7,429 m rot .
(3) – 2 m rot – ----- m 5 – ----- m 6 + ----- m 7 + ----- m 8 = 0
2 2 2 2
7 5 3 1 2.3.5.2 Vilebrequin en quadrature
(4) 2m rot – ----- m 1 – ----- m 2 + ----- m 3 + ----- m 4 = 0
2 2 2 2
Les quatre sommes fondamentales ne sont pas nulles
Il y a trois cas possibles. (figure 18a ) :
■ Cas 1 : équilibrage par huit masses m1 égales. (3) ∑ x z m = – 2 a R m rot ≠ 0
Si l’on choisit m1 = m2 = m 3 = m4 et m 5 = m 6 = m 7 = m8 alors (4) ∑y z m = 6a R m rot ≠ 0
m1 = m 5 = m rot / 2, on se trouve dans le cas de l’équilibrage
maneton par maneton. La masse du vilebrequin est 8 m rot . Le moteur est soumis à un couple de galop d’ordre 1 de valeur :

– 2 a m rot R θ˙ 2 ( 3 cos θ – sin θ )


= – 2 10 am rot R θ˙ 2 cos ( θ + 18,435 )

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 15
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

■ Cas 3 : équilibrage par huit masses égales quatre à quatre.


m1
Si l’on choisit m1 = m 2 , m 3 = m 4 et m 3 = ---------
- , alors :
2

10
m 1 = ------------- m rot et m vil = 6,711 m rot
7
On peut imaginer d’autres cas dans cette disposition, ainsi que
la position classique des contrepoids placés dans le prolongement
des bras de maneton.

2.3.5.3 Conclusion
Pour le vilebrequin en croix, l’impossibilité physique de placer les
contrepoids 45o après le prolongement des bras de maneton 1
impose de les placer dans le prolongement des bras de maneton.
Cela engendre un vilebrequin lourd et, pour cette raison, on lui
préfère souvent le vilebrequin en quadrature pour lequel la position
des contrepoids 18,435 o après le prolongement des bras de
maneton 1 est réalisable.

2.3.6 Moteur 6 cylindres en ligne 4 temps

Les manivelles sont calées à 120o (figure 19a ). Le plan médian


étant plan de symétrie, le moteur n’est soumis à aucun couple. Les
masses rotatives sont parfaitement équilibrées car les deux
premières sommes fondamentales sont nulles. Le vilebrequin est
donc parfaitement équilibré sans apport de contrepoids.
Les contrepoids ne servant qu’à limiter les déformations locales
des paliers, on peut les placer dans le prolongement des bras de
maneton ou les disposer comme indiqué sur la figure 19b. Les
contrepoids 1, 6, 7 et 12 ont même valeur m1 ; ils sont placés dans
le prolongement respectif des bras de chaque maneton. Les
contrepoids 2, 3, 10, 11 et 4, 5, 8, 9 ont même valeur m 2 ; ils sont
placés à 60o du prolongement respectif des bras de chaque
maneton. Pour conserver l’équilibre, il faut m1 = 2m 2 .

2.4 Moteurs multicylindres en V


Figure 18 – Moteur 4 cylindres en ligne 2 temps :
vilebrequin en quadrature
Un moteur multicylindre en V est constitué de deux moteurs en
ligne décalés d’un angle appelé angle d’ouverture du V. Chaque
et à un couple de lacet d’ordre 1 de valeur : maneton reçoit deux bielles. Son vilebrequin s’équilibre comme
celui d’un moteur en ligne, l’angle d’ouverture du V étant sans
– 2 am rot R θ˙ 2 ( 3 sin θ + cos θ ) importance puisqu’il s’agit des masses rotatives.
= – 2 10 am rot R θ˙ 2 sin ( θ + 18,435 ) On note M rot la masse rotative fictive (formée par les deux
flasques, le maneton et les deux têtes de bielle) concentrée à la
distance R de l’axe de rotation.
Si l’on réécrit le système d’équations général avec huit masses
d’équilibrage sans faire d’hypothèse sur leurs positions, le système
conduit à placer les quatre premières 18,435o après le prolongement
2.4.1 Moteur 2 cylindres en V
des bras de maneton 1 et les quatre autres symétriquement par
rapport au point O (figure 18b ). Cette disposition est réalisable.
Son vilebrequin est celui du monocylindre (figure 7). Il est
Il y a une infinité de cas possibles ; citons les plus fréquents.
soumis à un effort de tamis d’ordre 1 de valeur – M rotR θ˙ 2 sin θ et
■ Cas 1 : équilibrage par six masses m1 égales.
m1 = m 2 = m 3 et m 4 = 0, alors : à un effort de pilon d’ordre 1 de valeur M rotR θ̇ 2 cos θ .

2 10
m 1 = ----------------- m rot et m vil = 6,530 m rot
15 2.4.2 Moteur 4 cylindres en V
■ Cas 2 : équilibrage par six masses égales deux à deux.
Si l’on utilise le vilebrequin du moteur 2 cylindres en ligne 2 temps
Si l’on choisit m1 = 2m 2 = 4m 3 et m 4 = 0, alors : (figure 10), il est soumis à un couple de galop d’ordre 1 de valeur

8 10 – 2 aM R θ˙ 2 cos θ et à un couple de lacet d’ordre 1 de valeur


rot
m 1 = ----------------- m rot et m vil = 6,160 m rot
41 – 2 aM rotR θ˙ 2 sin θ .

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 16 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Figure 19 – Moteur 6 cylindres en ligne 4 temps

2.4.3 Moteur 6 cylindres en V ■ Vilebrequin en quadrature (figure 18) : il est soumis à un couple
de galop d’ordre 1 de valeur :
Son vilebrequin est celui du 3 cylindres en ligne (figure 12). Il est
soumis à un couple de galop d’ordre 1 de valeur : – 2 10 aM rotR θ˙ 2 cos ( θ + 18,435 )

 
π et à un couple de lacet d’ordre 1 de valeur :
– 2 3 aM rotR θ˙ 2 cos θ + -----
6
– 2 10 aM rotR θ˙ 2 sin ( θ + 18,435 )
et à un couple de lacet d’ordre 1 de valeur :

π

– 2 3 aM rotR θ˙ 2 sin θ + -----
6  2.4.5 Moteur 12 cylindres en V
Son vilebrequin est celui du 6 cylindres en ligne (figure 19). Il
n’est soumis à aucun effort ni à aucun couple. On se contente de
2.4.4 Moteur 8 cylindres en V le rigidifier.

On a le choix entre le vilebrequin à plat (le plus utilisé), le


vilebrequin en croix ou celui en quadrature.
2.5 Autres types de moteur
■ Vilebrequin à plat (figure 14) : c’est celui du 4 cylindres en ligne
4 temps. Il n’est soumis à aucun effort ni à aucun couple. On se Il existe beaucoup d’autres dispositions de cylindres : en étoile,
contente de le rigidifier. à pistons opposés, etc. que nous ne traitons par car elles ne sont
plus utilisées. On peut tout de même citer la disposition à plat,
■ Vilebrequin en croix (figure 17) : il est soumis à un couple de pour laquelle chaque piston est commandé par un maneton
galop d’ordre 1 de valeur : (comme pour le moteur en ligne), mais chaque piston est disposé
π à 180o de l’autre.

– 2 2 aM rotR θ˙ 2 cos θ + -----
4  ■ Moteur 2 cylindres à plat : on utilise le vilebrequin du 2 cylindres
en ligne 2 temps (figure 10) et sa méthode d’équilibrage.
et à un couple de lacet d’ordre 1 de valeur :
■ Moteur 4 cylindres à plat : on utilise le vilebrequin du 4 cylindres
π

– 2 2 aM rot R θ˙ 2 sin θ + -----
4  en ligne 4 temps (figure 14) et sa méthode de rigidification.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 17
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

3. Équilibrage des masses Si le moteur a son cylindre désaxé mais un attelage direct, tous
les kp impairs (sauf k1 ) et tous les k p′ pairs sont nuls. Si, en plus,
alternatives le cylindre est axé, tous les k ′p impairs sont nuls.
De même que pour l’étude des masses rotatives, dans tout ce
3.1 Étude théorique qui suit, nous supposerons que R est l’encombrement maximal, ce
qui nous permet de simplifier les calculs. Dans la réalité, nous
La force d’inertie alternative est égale à la masse alternative utiliserons l’encombrement maximal disponible, ce qui définira
multipliée par l’accélération alternative : une nouvelle masse de contrepoids telle que le produit masse x
distance reste constant.
F alt = – m alt ⋅ Γ ( B,2 ⁄ 0 ) = – m alt d˙˙ Y 0

avec Γ ( B,2 ⁄ 0 ) accélération instantanée au point B appartenant 3.1.2 Équilibrage théorique parfait
au repère 2 par rapport au repère 0,
d position instantanée du piston sur Y 0 . On sait équilibrer un effort de pilon selon la théorie de
l’équivalence entre une masse alternative et deux masses
Cette force d’inertie non sinusoïdale est périodique, de période 2π, rotatives.
et la théorie ne permet pas de l’équilibrer sous cette forme. Pour
pouvoir le faire, il faut la décomposer en une somme de forces sinu- ■ L’effort de pilon d’ordre 1 vaut m alt R θ˙ 2 cos θ avec :
soïdales que nous équilibrerons séparément.
1
cos θ = ----- [ exp ( i θ ) + exp ( – i θ ) ]
2
3.1.1 Position du piston.
Développement en série de Fourier Il est donc la composée de deux forces :
m alt m alt
À tout moment, le piston est à une position (figure 1) : - R θ˙ 2 exp ( i θ )
------------ et - R θ˙ 2 exp ( – i θ )
------------
2 2
d = R cos θ – L cos ϕ
qui sont des forces centrifuges provoquées par deux masses
sin 2 θ
avec cos ϕ = – - pour λ = L /R
1 – --------------- égales, l’une tournant à + θ˙ et l ′ autre à – θ˙ , restant symétriques
λ2
Toute fonction périodique peut se décomposer en série de Fourier ; par rapport à l’axe Y 0 (figure 20).
la force d’inertie alternative se décompose donc de la manière Pour équilibrer parfaitement l’effort de pilon d’ordre 1, il faut
suivante : placer deux masses égales de valeur malt /2 en opposition avec le
d = R (cos θ – λ cos ϕ ) mouvement du piston (masses en position inférieure quand le
avec : piston est au point mort haut PMH), l’une tournant avec le
vilebrequin et l’autre à la même vitesse mais en sens inverse
1 sin 2 θ 1 sin 4 θ 1 sin 6 θ 5 sin 8 θ
 
(figure 21a ).
cos ϕ = – 1 – ----- ---------------
- – ----- ---------------
- – -------- ---------------
- – ----------- ---------------- – ...
2 λ 2 8 λ 4 16 λ 6 128 λ8
On remplace les termes en sin2 θ, sin4 θ, ... par leurs valeurs en
sin 2θ, sin 4θ, ... puis on dérive deux fois.
Après calcul, on obtient :

F alt = m alt R θ˙ 2  cos θ +  ----1λ- + -----------



1
3
+ ------------------ + ------------------ + ...  cos 2 θ
128 λ
15
5 512 λ
35
7


1
– -----------
4 λ3 16 λ
3 35
256 λ 7   9
- + ... cos 4 θ + ------------------
+ --------------5- + ------------------
128 λ 5
45
512 λ 7
 cos 6 θ
- + ...
- + ------------------

  cos 8 θ + ... + k cos p θ + ...  Y


5
– ------------------
- + ...
256 λ 7 p 0

La force en cos θ est appelée force d’inertie alternative d’ordre 1


ou effort de pilon d’ordre 1. La force en cos p θ est la force d’inertie
alternative d’ordre p ou effort de pilon d’ordre p.
On peut remarquer que la décomposition en série de Fourier n’est
formée que de termes en cosinus d’ordre pair car nous sommes dans
le cas d’un moteur ayant un cylindre axé et un attelage direct
(le cylindre est dit axé si son axe est concourant avec celui du
vilebrequin).
Dans le cas général d’un moteur à cylindre désaxé et à attelage
articulé, l’expression est de la forme :
k 1 cos θ + k 2 cos 2 θ + k 3 cos 3 θ + ... + k p cos p θ + ...
+ k 1′ sin θ + k 2′ sin 2 θ + k ′3 sin 3 θ + ... + k p′ sin p θ + ...

Figure 20 – Schéma de l’équivalence entre une masse alternative


et deux masses rotatives (tracé pour l’ordre 1)

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 18 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Figure 21 – Schéma de l’équilibrage de l’effort de pilon d’ordre 1, 2 ou 4

Nota : la masse tournant avec le vibrequin doit équilibrer l’effort de pilon d’ordre 1 sans
créer de couple ; elle sera donc placée dans le plan médian ( X 0 , Y 0 ) ou, plus exactement,
3.2 Moteur monocylindre
elle sera divisée en deux masses égales placées symétriquement par rapport au plan
médian. Il doit en être de même pour la masse tournant en sens inverse.
Pour équilibrer parfaitement la force d’inertie alternative, il faut Le moteur monocylindre est soumis aux efforts de pilon de tout
équilibrer chaque ordre séparément selon le même principe. ordre mais, dans la pratique, on n’équilibre jamais les efforts
d’ordre supérieurs à 2 car, d’une part, c’est technologiquement
■ L’effort de pilon d’ordre 2 vaut : difficile (vitesses très élevées) et, d’autres part, c’est inutile puisque
les intensités de ces efforts diminuent très rapidement. On se
 ----λ- + ----------- + ...  m
1 1
alt R θ
˙ 2 cos 2 θ propose donc d’équilibrer les efforts de pilon d’ordre 1 et 2.
4λ 3

Pour l’équilibrer parfaitement, il faut placer deux masses égales 3.2.1 Équilibrage de l’effort de pilon d’ordre 1
 
1 1 m alt
de valeur ----- + ----------- + ... ------------- en opposition avec le mouvement
λ 4 λ3 8 3.2.1.1 Méthode 1 : deux arbres d’équilibrage primaires
du piston, l’une tournant à 2θ˙ , l′autre à – 2θ˙ (figure 21b ). En vertu de l’équivalence entre une masse alternative et deux
masses rotatives, on peut équilibrer parfaitement l’effort de pilon
■ L’effort de pilon d’ordre 4 vaut : d’ordre 1 en réalisant technologiquement cette équivalence. Les
arbres portant les masses d’équilibrage sont appelés arbres

 
1 3 d’équilibrage primaires tournant à la vitesse du moteur. Sur le
– ----------- + --------------- + ... m altR θ˙ 2 cos 4 θ
4 λ 3 16 λ 5 vilebrequin, on ne rajoute aucun contrepoids (figure 22a ). Cette
méthode est rarement utilisée car elle nécessite la mise en place de
Pour l’équilibrer parfaitement, il faut placer deux masses égales deux lignes d’arbre entraînées par engrenages, par chaînes ou par
m alt

courroies crantées sur les deux faces (voir principe d’entraînement,

1 3
de valeur ----------- + --------------- + ... ------------- en phase avec le mouvement du figure 27b ), ce qui crée une augmentation de masse, de bruit,
4 λ 3 16 λ 5 32
d’encombrement, de perte par frottement et de prix.
piston (masses en position supérieure quand le piston est au PMH)
car la force a un signe négatif, l’une tournant à 4θ̇ , l′autre à – 4 θ˙ 3.2.1.2 Méthode 2 : un arbre d’équilibrage primaire
(figure 21c ). Étant donné qu’un des deux arbres de la méthode 1 tourne dans
■ Ainsi de suite jusqu’à l’effort de pilon d’ordre p pour lequel il faut le même sens que le vilebrequin et à la même vitesse, on peut repor-
ter la masse attachée à cet arbre sur le vilebrequin, ce qui permet
 
Cte m alt
placer deux masses égales de valeur -------------- - + ... ------------
- en phase ou de supprimer un arbre d’équilibrage primaire. La masse malt /2 sera
λp – 1 2p 2 divisée en deux masses égales que l’on placera dans le prolon-
en opposition avec le mouvement du piston, selon le signe de la gement des bras de maneton (figure 22b ). Ces masses s’ajoutent
aux contrepoids qui équilibrent déjà les masses rotatives.
force, l’une tournant à + pθ˙ , l ′ autre à – p θ˙ .
Dans cette disposition, l’effort de pilon d’ordre 1 est parfaitement
L’équilibrage théorique parfait est donc possible. équilibré mais on crée un couple de basculement non équilibrable
dû aux composantes de tamis et de pilon de l’arbre primaire qui
s’ajoute au couple de basculement « naturel » du moteur dû à
l’effort du piston sur la chemise.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 19
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

3.2.1.3 Méthode 3 : sans arbre d’équilibrage primaire


Cette méthode consiste à supprimer l’arbre primaire de la
méthode 2 (figure 22c ). Dans ce cas, l’effort de pilon d’ordre 1
n’est que partiellement équilibré et il apparaît un effort de tamis
d’ordre 1. En fonction de la valeur des contrepoids, lorsque l’effort
de pilon diminue, l’effort de tamis augmente.
m alt
Soit k ------------- la masse de chaque contrepoids :
2
— si k = 0,5, les valeurs maximales des efforts de pilon et de
tamis non équilibrés sont égales (cf. méthode 2) ;
— si k = 1, l’effort de pilon d’ordre 1 est parfaitement équilibré
mais on crée un effort de tamis d’ordre 1 de même valeur ;
— pour tous les cas intermédiaires avec 0,5 < k < 1, il reste un
effort de pilon d’ordre 1 de valeur ( 1 – k ) m Rθ˙ 2 cos θ et il alt

apparaît un effort de tamis d’ordre 1 de valeur k m alt R θ̇ 2 sin θ .

3.2.2 Équilibrage de l’effort de pilon d’ordre 2


En vertu de l’équivalence entre une masse alternative et deux
masses rotatives, on peut équilibrer parfaitement l’effort de pilon
d’ordre 2 en réalisant technologiquement cette équivalence. Les
arbres portant les masses d’équilibrage sont appelés arbres
d’équilibrage secondaires tournant à 2 fois la vitesse du moteur. Sur
le vlebrequin, on ne rajoute aucun contrepoids (figure 23). Si l’on
utilise cette disposition, les masses restent symétriques par rapport
à Y 0 et on ne crée pas de couple de basculement. Cependant, dans
le cas des arbres secondaires, on a intérêt à créer un couple de
basculement car il est possible d’équilibrer partiellement le couple
de basculement « naturel » du moteur qui est un couple d’ordre 2.
Pour ce faire, on utilise la disposition de Lanchester (§ 3.3.4).

3.3 Moteurs multicylindres en ligne

Les manivelles d’un multicylindre en ligne 4 temps sont calées à


4π 2 π
 
--------- --------- pour un 2 temps , n représentant le nombre de cylindres.
n n

3.3.1 Étude théorique

Les efforts alternatifs de tout ordre se composent pour donner


des efforts de pilon et des couples de galop de tout ordre.

3.3.1.1 Composition des forces d’inertie alternatives


d’ordre p
L’effort de pilon d’ordre p du monocylindre est :

k p m alt R θ̇ 2 cos p θ

Cte Cte
k p étant une constante de la forme ± --------------
- ± --------------
- ± ...
λp – 1 λp + 1
L’effort de pilon d’ordre p du moteur multicylindre en ligne 4
temps sera donc :
n–1

∑ k p m alt R θ̇ 2 cos p  θ + j

---------
n

j=0
sin 2 π p
2πp
 n–1
= k p m alt R θ˙ 2 ------------------------ cos p θ + -------------- 2 π
n 
sin -------------
n
Figure 22 – Moteur monocylindre : équilibrage de l’effort de pilon
d’ordre 1

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 20 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

En effet, si l’on fait tourner une masse, on crée des efforts de


tamis, de pilon et des couples de lacet et de galop. Pour ne pas
créer de tamis ni de lacet, on est obligé de placer une deuxième
masse tournant en sens inverse et pour laquelle le pilon et le galop
se cumulent à ceux de la première masse. De plus, pour ne pas
créer de pilon, on est obligé de placer deux autres masses
symétriquement, pour lesquelles les tamis et lacet s’annulent et les
galop se cumulent.
En conclusion, pour créer un couple de galop sans créer de
couple de lacet ni d’efforts de tamis et de pilon, on a besoin de
quatre masses ; il en sera de même si l’on veut équilibrer un
couple de galop sans qu’il existe en même temps un couple de
lacet ou des efforts de tamis et de pilon.

3.3.1.2.1 Méthode 1 : deux arbres d’équilibrage


Les quatre masses sont portées par deux arbres d’équilibrage
tournant en sens inverse à + pθ˙ et – p θ˙ restant symétriques par

rapport à Y 0 , chaque arbre portant deux masses égales de valeur


Figure 23 – Moteur monocylindre : équilibrage de l’effort de pilon mp symétriques par rapport au centre de l’arbre. Afin de profiter au
d’ordre 2 par deux arbres d’équilibrage
maximum de l’effet de bras de levier, on place les masses le plus
loin possible du centre de l’arbre à une distance b représentant la
Pour le 2 temps, il est de : position du dernier cylindre (figure 24). Sur le vilebrequin, on ne
rajoute aucun contrepoids.
sin π p

n–1
k p m alt R θ̇ 2 -------------------- cos p θ + -------------- π
πp n  Soit β l’angle de calage définissant la position de la masse située
vers les Z 0 positifs sur l’arbre tournant dans le sens du moteur ;
sin ---------
n cette masse est située β o après le prolongement de bras de
maneton 1 (figure 24a ).
Deux cas peuvent se présenter :
L’arbre 1 engendre un couple de galop d’ordre p de valeur :
2πp 2p
■ Cas 1 : sin -------------- ≠ 0 , c′est-à-dire k ≠ --------- ∀ k entier. Dans ce cas, 2p 2 bm p R θ̇ 2 cos ( p θ + β )
n n
on peut utiliser la formule ci-dessus et l’effort de pilon d’ordre p vaut
Cte. sin2 π p = 0 et l’arbre 2 engendre le même couple ; ils se cumulent pour donner
le couple d’ordre p résultant :

 pour le 2 temps, k ≠ ----pn-  4p 2 bm p R θ˙ 2 cos ( p θ + β )

qui devra compenser le couple de galop d’ordre p dû aux masses


2πp 2p
■ C a s 2 : sin -------------- = 0 , c′est-à-dire k = --------- ∀ k e n t i e r. I l f a u t alternatives.
n n
L’arbre 1 engendre un couple de lacet d’ordre p de valeur :
reprendre la somme initiale :
n–1 – 2 p 2 b m p R θ˙ 2 sin ( p θ + β )
∑  4π
k p m alt R θ˙ 2 cos p θ + j ---------
n  avec
4π 2kπ
--------- = ------------
n p et l’arbre 2 engendre un couple d’ordre p opposé ; ils s’annulent
j=0
donc.
L’effort de pilon devient :
n–1 3.3.1.2.2 Méthode 2 : un arbre d’équilibrage primaire
∑ kp malt R θ˙ 2 cos ( p θ + j 2 k π ) = n k p m alt R θ˙ 2 cos p θ
Cette méthode n’est pas applicable qu’à l’ordre 1. Étant donné
j=0 que l’arbre 2 de la méthode 1 tourne dans le même sens que le
vilebrequin et à la même vitesse, on peut reporter les masses
 pour le 2 temps : k = ----pn-  . attachées à cet arbre sur le vilebrequin. Les masses m1 seront divi-
sées en deux masses égales que l’on placera sur chaque bras de
Ainsi, pour un moteur multicylindre en ligne 4 temps dont les maneton extérieur. Ces masses s’ajoutent aux contrepoids qui
4π équilibrent déjà les masses rotatives (figure 24b ).
manetons sont calés à --------- :
n Contrairement à l’équilibrage de l’effort de pilon d’ordre 1 en
moteur monocylindre, lorsqu’on supprime un arbre primaire, on
2p
— si k ≠ --------- ∀ k entier, l’effort de pilon d’ordre p est nul ; ne crée pas de couple de basculement. La méthode 1 ne sera donc
n jamais utilisée pour l’ordre 1 alors qu’elle reste impérative pour
2p l’ordre p.
— si k = --------- ∀ k entier, l’effort de pilon d’ordre p est égal à n
n
fois l’effort de pilon d’ordre p du monocylindre. Il est donc 3.3.1.2.3 Méthode 3 : sans arbre d’équilibrage primaire
parfaitement équilibrable selon la théorie de l’équivalence entre Cette méthode n’est pas applicable qu’à l’ordre 1. Elle consiste
une masse alternative et deux masses rotatives. à supprimer l’arbre primaire de la méthode 2 ; dans ce cas, le
couple de galop n’est que partiellement équilibré et il apparaît un
3.3.1.2 Équilibrage d’un couple de galop d’ordre p couple de lacet. En fonction de la valeur des contrepoids, lorsque
le couple de galop diminue, le couple de lacet augmente.
On sait équilibrer un couple de galop d’ordre p selon la théorie
de l’équivalence entre un couple alternatif et quatre masses Soit km1 la masse de chaque contrepoids.
rotatives.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 21
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Figure 24 – Moteur multicylindre : équilibrage d’un couple de galop par un ou deux arbres d’équilibrage

— Si k = 0,5, les valeurs maximales des couples de galop et de ● Pour l’ordre 2, k = 2 est possible ; l’effort de pilon vaut
lacet non équilibrés sont égales.
— Si k = 1, le couple de galop d’ordre 1 est parfaitement 1 1
2 ----- + -----------
λ 4 λ3 
+ ... m alt R θ˙ 2 cos 2 θ .
équilibré mais on crée un couple de lacet d’ordre 1 de même
valeur. Si on veut l’équilibrer, ce qui est rarement fait, on utilise la
méthode du monocylindre en multipliant par deux tous les
— Pour tous les cas intermédiaires avec 0,5 < k < 1, il reste un contrepoids.
couple de galop d’ordre 1 de valeur :
● Pour les ordres 4, 6, ..., k = 4, 6, ... est possible mais on ne les

– 4 ( 1 – k ) bm 1 R θ˙ 2 cos ( θ + β ) équilibre jamais.

et il apparaît un couple de lacet d’ordre 1 de valeur : 3.3.2.2 Moteur 2 cylindres en ligne 2 temps (figure 10)

4k b m 1 R θ̇ 2 sin ( θ + β ) p
■ L’effort de pilon d’ordre p n’est pas nul si k = ----- ∀ k entier.
2
1
● Pour l’ordre 1, k = ----- est impossible ; l’effort de pilon est nul.
3.3.2 Moteur 2 cylindres en ligne 4 temps 2
et 2 temps ● Pour l’ordre 2, k = 1 est possible ; l’effort de pilon vaut

3.3.2.1 Moteur 2 cylindres en ligne 4 temps (figure 8) 1 1


2 ----- + -----------
λ 4 λ3 
+ ... m alt R θ˙ 2 cos 2 θ .
■ Tous les couples de galop sont nuls.
Si on veut l’équilibrer, ce qui est rarement fait, on utilise la méthode
■ L’effort de pilon d’ordre p n’est pas nul si k = p ∀ k entier. du monocylindre en multipliant par deux tous les contrepoids.
● Pour l’ordre 1, k = 1 est possible ; l’effort de pilon vaut alors ● Pour les ordres 4, 6, ..., k = 2, 3, ... est possible, mais on ne les

2m R θ˙ 2 cos θ . équilibre jamais.


alt
■ Le moteur n’est soumis qu’au couple de galop d’ordre 1 qui a pour
Pour l’équilibrer, il faut un arbre primaire, ce que l’on fait rarement.
On peut alors utiliser la méthode 3 du monocylindre (§ 3.2.1.3) ; on valeur – 2 am alt R θ˙ 2 cos θ . Pour l’équilibrer, on utilise l’équivalence
place quatre contrepoids de valeur malt /4 dans le prolongement de entre un couple alternatif et quatre masses rotatives. La somme des
chaque bras de maneton. Il reste alors non équilibré un effort de couples doit être nulle :
pilon d’ordre 1 de valeur m R θ˙ 2 cos θ et il apparaît un effort de
alt
4bm 1 R θ̇ 2 cos ( θ + β ) – 2am alt R θ̇ 2 cos θ = 0
tamis d’ordre 1 de valeur m alt R θ˙ 2 sin θ .
avec b = a ⇒ 2 m1 cos (θ + β ) = malt cos θ

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 22 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

m alt
d’où m 1 = ------------- et cos ( θ + β ) = cos θ ⇒ θ + β = ± θ + 2k π
2
β étant la position de la masse qui tourne avec le vilebrequin, on
choisit la solution en positif, soit β = 0.
L’équilibrage parfait est réalisé par des masses placées dans le
prolongement des bras de maneton (figure 25).
Si on supprime l’arbre primaire, il reste un couple de galop
d’ordre 1 de valeur – am alt R θ˙ 2 cos θ et il apparaît un couple de
lacet d’ordre 1 de valeur : am alt R θ˙ 2 sin θ .
On peut aussi n’utiliser que deux masses placées dans les plans
extrêmes ; pour avoir les mêmes valeurs de couples, elles doivent
valoir malt / 3.

3.3.2.3 Conclusion
■ Pour le moteur 2 cylindres en ligne 2 temps, il faut un arbre
primaire. Si on ne l’utilise pas, restent non équilibrés :
— les efforts de pilon d’ordres 2, 4, 6, ... ;
— le couple de galop d’ordre 1 de valeur ( – am R θ˙ 2 cos θ ) ; alt

— le couple de lacet d’ordre 1 de valeur ( am alt R θ̇ 2 sin θ ) .

■ Pour le moteur 2 cylindres en ligne 4 temps, il faut un arbre


primaire. Si on ne l’utilise pas, restent non équilibrés :
— l’effort de pilon d’ordre 1 de valeur ( m alt R θ̇ 2 cos θ ) ;

— l’effort de tamis d’ordre 1 de valeur ( m alt R θ̇ 2 sin θ ) ; Figure 25 – Moteur 2 cylindres en ligne 2 temps :
équilibrage du couple de galop d’ordre 1
— les efforts de pilon d’ordres 2, 4, 6...
Si l’on analyse ces résultats et ceux des paragraphes 2.3.1
et 2.3.2, on préférera utiliser le vilebrequin du moteur 2 temps pour Si on supprime l’arbre primaire, il reste un couple de galop
le moteur 4 temps, quitte à dégrader la régularité d’allumage. d’ordre 1 de valeur :

3.3.3 Moteur 3 cylindres en ligne 4 temps –


π

3 am alt R θ˙ 2 cos θ + -----
6 
et 2 temps (figure 12)
et il apparaît un couple de lacet d’ordre 1 de valeur :
2p
■ L’effort de pilon d’ordre p n’est pas nul si k = --------- ∀ k entier.
π
2 4 8
3
● Pour les ordres 1, 2, 4, k = ----- , ----- , ----- est impossible ; les efforts

3 am alt R θ˙ 2 sin θ + -----
6 
3 3 3
de pilon sont nuls. On peut aussi n’utiliser que deux masses placées dans les plans
● Pour l’ordre 6, k = 4 est possible ; l’effort d’ordre 6 existe mais il extrêmes ; elles doivent valoir 3 m alt ⁄ 5 .
est extrêmement faible.
■ Le moteur est soumis aux couples de galop d’ordres 1, 2 et 4. On
n’équilibre que le couple d’ordre 1 qui a pour valeur : 3.3.4 Moteur 4 cylindres en ligne 4 temps (figure 14).
Méthode de Lanchester
 π
– 2 3 am alt R θ˙ 2 cos θ + -----
6  ■ Tous les couples de galop sont nuls.
p
L’équivalence entre un couple alternatif et quatre masses ■ L’effort de pilon d’ordre p n’est pas nul si k = ----- ∀ k entier.
rotatives donne : 2
1
● Pour l’ordre 1, k = ----- est impossible ; l’effort de pilon est donc
2
π

4bm 1 R θ̇ 2 cos ( θ + β ) – 2 3 am alt R θ̇ 2 cos θ + -----
6  = 0 nul. Ce moteur est bien équilibré.
π ● Pour l’ordre 2, k = 1 est possible ; l’effort de pilon vaut
avec b = 2a ⇒ 4m 1 cos ( θ + β ) = 
3 m alt cos θ + ----- 
6

1 1
4 ----- + -----------
λ 4 λ3 
+ ... m alt R θ˙ 2 cos 2 θ .
d’où :
On peut l’équilibrer parfaitement par la méthode développée au
3 π
m 1 = ---------- m alt et cos ( θ + β ) = cos θ + -----
4 6   paragraphe 3.2.2 (figure 23), en multipliant par quatre tous les
contrepoids. Mais on peut faire mieux en utilisant la disposition de
π
 
⇒ θ + β = ± θ + ----- + 2 k π
6
Lanchester qui consiste à décaler en hauteur les arbres secondaires
(figure 27 a , et 27 b ), ce qui crée un couple de basculement
secondaire qui équilibre le couple de basculement « naturel » du
β étant la position de la masse qui tourne avec le vilebrequin, on moteur créé par les efforts des pistons sur les chemises. La position
choisit la solution en positif, soit β = π /6. des masses pendant un tour moteur est indiquée sur la figure 27c.
L’équilibrage parfait est réalisé par des masses placées 30o après
le prolongement des bras de maneton 1 (figure 26).

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 23
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Figure 26 – Moteur 3 cylindres en ligne


4 temps et 2 temps : équilibrage du couple
de galop d’ordre 1

● Pour les ordres 4, 6, ..., k = 2, 3, ... est possible, mais on ne les 3.3.5 Moteur 4 cylindres en ligne 2 temps
équilibre jamais.
Reprenons l’exemple du moteur 4 cylindres en ligne d’automobile 3.3.5.1 Vilebrequin en croix (figure 17)
p
de 2,2 L (§ 1.2). Sa masse avec accessoires et boîte de vitesses est de ■ L’effort de pilon d’ordre p n’est pas nul si k = ----- ∀ k entier.
150 kg. On se propose de calculer le déplacement du moteur sur 4
1 1 3
● Pour les ordres 1, 2, 6, k = ----- , ----- , ----- est impossible ; les efforts
l’axe Y 0 . 4 2 2
de pilon sont donc nuls.
Sans arbre d’équilibrage, restent non équilibrés les efforts de pilon
d’ordres 2, 4, 6, ... qui engendrent un déplacement d’amplitude maxi- ● Pour l’ordre 4, k = 1 est possible, mais on ne l’équilibre pas.
male égale à : ■ Le moteur est soumis aux couples de galop d’ordres 1, 2, 6 ; le
couple d’ordre 4 est nul. Si on veut équilibrer le couple de galop
m alt
 1 5

21
λ + 16 λ 3 + 128 λ 5 + ... , soit 74,1 µ m
- R ----
- --------------- ------------------ π
 
---------------------
m moteur d’ordre 1 qui vaut – 2 2 am alt R θ˙ 2 cos θ + ----- , il faut placer sur
4
On remarque que l’amplitude ne dépend pas du régime mais seule- l’arbre primaire deux masses de valeur 2 m alt /6 et, sur le
ment des caractéristiques physiques du moteur. Pour diminuer ce
déplacement, on peut diminuer la masse alternative, augmenter la vilebrequin, quatre masses de valeur 2 m alt /12 , l’angle de calage
masse du moteur ou, plus exactement, augmenter la masse
suspendue avec le moteur (en y ajoutant des éléments de étant 45o.
transmission ou de frein) ; l’ordre de grandeur restera le même puisque
l’allégement de la masse alternative est directement proportionnel à 3.3.5.2 Vilebrequin en quadrature (figure 18)
l’amplitude du déplacement, ce qui ne change pas de manière ■ Les efforts de pilon sont ceux du vilebrequin en croix.
fondamentale le problème de liaison du moteur sur son support par
l’intermédiaire de cales élastiques. Pour changer les données de ce ■ Le moteur n’est soumis qu’au couple de galop d’ordre 1 qui vaut :
problème, il faudrait supprimer ce déplacement ou le limiter très forte-
ment (par exemple, le diviser par 100). – 2 10 am alt R θ˙ 2 cos ( θ + 18,435 )
La manière la plus efficace de le faire est de supprimer l’effort qui
engendre le mouvement. Les couples d’ordres 2, 4, 6, ... sont nuls.
Si l’on équilibre l’ordre 2, restent non équilibrés les efforts de pilon Si on veut l’équilibrer, il faut placer sur l’arbre primaire deux
d’ordres 4, 6, ... qui engendrent un déplacement d’amplitude maximale masses de valeur 10 m alt /6 et sur le vilebrequin quatre masses
égale à :
de valeur 10 m alt /12 , l’angle de calage étant 18,435o.
 
m alt 1 3
16 λ 3 + 64 λ 5 + ... , soit 0,4 µ m
- R --------------
--------------------- - ---------------
m moteur
3.3.5.3 Conclusion
Ce très faible déplacement diminue les remontées de vibrations du Pour l’équilibrage des masses alternatives d’ordre 1, le vilebrequin
moteur vers son support, ce qui favorise l’acoustique et la tenue en en quadrature nécessite des contrepoids un peu plus lourds que le
endurance de la liaison moteur-support. vilebrequin en croix mais il n’est pas soumis à l’ordre 2. Pour
l’équilibrage des masses rotatives (§ 2.3.5.3), il permet de gagner de
la masse, donc le bilan global reste en sa faveur.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 24 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Figure 27 – Moteur 4 cylindres en ligne 4 temps. Méthode de Lanchester

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 25
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

3.3.6 Moteur 6 cylindres en ligne 4 temps (figure 19) Après décomposition dans le repère fixe, et addition, le moteur
en V est soumis à un effort de tamis de la forme :
■ Tous les couples de galop sont nuls.
δ sin p δ = Cte
A sin p θ avec A = – 2 K p sin ---- ----
p 2 2
■ L’effort de pilon d’ordre p n’est pas nul si k = ----- ∀ k entier.
3
1 2 4 et à un effort de pilon de la forme :
● Pour les ordres 1, 2, 4, k = ----- , ----- , ----- est impossible, les efforts
de pilon sont nuls. 3 3 3 δ δ
B cos p θ avec B = 2K p cos ---- cos p ---- = Cte
● Pour l’ordre 6, k = 2 est possible, l’effort de pilon d’ordre 6 2 2
existe mais il est extrêmement faible.
Ce moteur est donc remarquablement bien équilibré. 3.4.1.1.1 Cas général
La résultante des efforts est une ellipse de centre O de demi-axes
A sur X 0 et B sur Y 0 tournant à la vitesse p θ˙ . Elle est parfaitement
3.4 Moteurs multicylindres en V équilibrable en vertu de l’équivalence entre une ellipse et deux
cercles.
^
On note δ = ( Y I , Y II ) l’angle d’ouverture du V (figure 28). La résultante étant portée par l’ellipse :
Les efforts de pilon et les couples de galop de tout ordre dus aux
A sin p θ
 B cos p θ  Y
masses alternatives des moteurs en ligne sont portés par X0

Y I , Y II , X I et X II . Ils se composent pour donner des efforts de 0

tamis et de pilon et des couples de galop et de lacet résultants


on peut lui opposer un cercle de rayon égal à la moyenne des deux
pour le moteur en V portés par X 0 et Y 0 (figure 29). demi-axes :

  

A+B
3.4.1 Étude théorique – ---------------- sin p θ X0
2
(figure 30a )
–  ----------------  cos p θ
A+B
3.4.1.1 Composition des efforts de pilon d’ordre p Y0
2
Les moteurs en ligne ont des efforts de pilon d’ordre p de la
forme : K p cos p θ Y 0 . Le moteur de la rangée I a donc un effort de
δ

pilon de la forme K p cos p θ – ---- Y I
2  et celui de la rangée II un

δ
 
effort de pilon de la forme K p cos p θ + ---- Y II .
2

Figure 28 – Définition des repères d’un moteur en V

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 26 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Ainsi, si le V est ouvert à 90o, il n’y a pas besoin d’arbre primaire


pour équilibrer les efforts d’ordre 1.
■ L’ellipse est une droite : cela se produit si A = 0 ou B = 0.

● Cas 1 : A = 0. L’ellipse est une droite sur Y 0 ; l’effort de tamis


d’ordre p est nul ; la résultante est égale à l’effort de pilon d’ordre p
équilibrable selon la théorie de l’équivalence entre une masse
alternative et deux masses rotatives.

● Cas 2 : B = 0. L’ellipse est une droite sur X 0 ; l’effort de pilon


d’ordre p est nul ; la résultante est égale à l’effort de tamis d’ordre p
équilibrable de la même manière.

3.4.1.2 Composition des couples de galop d’ordre p


Les moteurs en ligne ont des couples de galop d’ordre p de la
forme – K p′ cos ( p θ + β ) X 0 avec K p′ > 0 . Le moteur de la rangée
Figure 29 – Moteur en V : composition des efforts de pilon
δ
et des couples de galop I a donc un couple de galop de la forme – K p′ cos p θ – ---- + β X I
2    
et celui de la rangée II un couple de la forme :
La résultante est partiellement équilibrée, il reste un effort
tournant d’intensité constante de valeur :
δ
 
– K p′ cos p θ + ---- + β X II  

 
2
 
A–B
+ ---------------- sin p θ
2 X0 Après décomposition dans le repère fixe, et addition, le moteur
en V est soumis à un couple de galop de la forme :
–  ----------------  cos p θ
A–B Y0
2 δ
δ cos p ----
– C cos ( p θ + β ) avec C = 2 K p′ cos ---- = Cte
2 2
A–B
porté par un cercle de rayon ---------------- tournant en sens inverse que et à un couple de lacet de la forme :
2
l’on sait équilibrer par une masse calée en opposition ou en phase
δ δ
selon la valeur de A et de B. – D sin ( p θ + β ) avec D = 2 K p′ sin ---- sin p ---- = Cte
2 2
Dans la pratique, il faut donc faire tourner (figure 30b ) :
— une masse calée en opposition à la même vitesse pθ̇ que la 3.4.1.2.1 Cas général
résultante et dans le même sens engendrant des efforts de valeur Le couple résultant est une ellipse de centre O de demi-axes C
A+B
---------------- . Pour l’ordre 1, elle est portée par le vilebrequin et pour sur X 0 et D sur Y 0 tournant à la vitesse p θ̇ . Il est parfaitement
2
l’ordre p, il faut créer un arbre d’équilibrage ; équilibrable en vertu de l’équivalence entre une ellipse et deux
— une masse sur un arbre d’équilibrage calée en opposition ou cercles.
en phase à la même vitesse et en sens inverse engendrant des Le couple résultant étant porté par l’ellipse :
A–B
efforts de valeur ---------------- . Si A < B, la masse doit être calée en

 – C cos ( p θ + β )

2 X0
opposition et si A > B elle doit être calée en phase. Pour l’ordre 1, – D sin ( p θ + β ) Y0
on crée donc un arbre primaire et, pour l’ordre p, un second arbre
d’équilibrage.
Remarque : la masse tournant avec le vilebrequin doit équilibrer les efforts sans créer on peut lui opposer un cercle de rayon égal à la moyenne des
demi-axes :
de couple ; elle sera donc placée dans le plan médian ( X 0 , Y 0 ) ou, plus exactement, elle

  ---------------
-  cos ( p θ + β )


sera divisée en deux masses égales (ou quatre, ou six, etc.) que l’on placera
symétriquement par rapport au plan médian. Il doit en être de même pour les masses C+D
X0
portées par les arbres d’équilibrage. 2
(figure 31a )
3.4.1.1.2 Cas particuliers  ---------------
C+D
2
-  sin ( p θ + β ) Y0
■ L’ellipse est un cercle : cela se produit si | A | = |B |. La résultante
Le couple résultant est partiellement équilibré, il reste un couple
est un cercle de centre O de rayon A tournant à la vitesse p θ̇ ; cela tournant d’intensité constante de valeur :
revient à une masse rotative qui engendre des efforts de coefficients

 
égaux comme, par exemple, les masses rotatives d’un moteur 2
cylindres en ligne 4 temps. On peut l’équilibrer parfaitement en  
C–D
– ---------------- cos ( p θ + β )
2
X0
plaçant une masse sur un arbre tournant à la même vitesse p θ̇ et
+  ----------------  sin ( p θ + β )
C–D
dans le même sens, calée en opposition. Y0
2
δ δ
Pour l’ordre 1, l’ellipse est un cercle si sin 2 ---- = cos 2 ---- , donc
2 2 C–D
porté par un cercle de rayon ---------------- tournant en sens inverse que
pour δ = 90o. Dans ce cas, étant donné que l’arbre tourne dans le 2
même sens que le vilebrequin et à la même vitesse, on peut l’on sait équilibrer par deux masses symétriques par rapport au
reporter la masse attachée à cet arbre sur le vilebrequin. point central d’un arbre décalé de β, calé en opposition ou en
phase selon la valeur de C et de D.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 27
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Figure 30 – Moteur en V : composition des efforts de pilon d’ordre p (figure tracée pour l’ordre 1)

Dans la pratique, il faut donc faire tourner (figure 31b ) : 3.4.1.2.2 Cas particuliers
— deux masses calées en opposition décalées de β, symétriques ■ L’ellipse est un cercle : cela se produit si |C | = |D |. Le couple
par rapport au point O, à la même vitesse pθ˙ que le couple résultant est un cercle de centre O de rayon C tournant à la vitesse
résultant et dans le même sens, engendrant des couples de valeur p θ˙ ; cela revient à une masse rotative qui engendre des couples de
C+D coefficients égaux comme, par exemple, les masses rotatives d’un
---------------- . Pour l’ordre 1, elles sont portées par le vilebrequin et pour
2 moteur 2 cylindres en ligne 2 temps. On peut l’équilibrer parfai-
l’ordre p, il faut créer un arbre d’équilibrage ; tement en plaçant deux masses symétriques par rapport au point
— un arbre d’équilibrage calé en opposition ou en phase décalé
central O, décalées de β, sur un arbre tournant à la même vitesse p θ̇
de β, portant deux masses symétriques par rapport au point
central, tournant en sens inverse et engendrant des couples de dans le même sens, calées en opposition.
C–D De même que pour la composition des efforts (§ 3.4.1.1), pour
valeurs ---------------- . l’ordre 1, l’ellipse est un cercle si le V est ouvert à 90o. Dans ce cas,
2
il n’y a pas besoin d’arbre primaire pour équilibrer les couples
Si C < D, l’arbre d’équilibrage doit être calé en phase et si C > D d’ordre 1.
il doit être calé en opposition. Pour l’ordre 1, on crée donc un arbre
primaire et, pour l’ordre p, un second arbre d’équilibrage.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 28 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

o
Figure 31 – Moteur en V : composition des couples de galop d’ordre p (figure tracée pour l’ordre 1 et  = 30 )

■ L’ellipse est une droite : cela se produit si C = 0 ou D = 0. 3.4.2 Moteur 2 cylindres en V


● Cas 1 : C = 0. L’ellipse est une droite sur Y 0 ; le couple de galop
d’ordre p est nul ; le couple résultant est égal au couple de lacet Il n’est soumis à aucun couple, mais aux efforts de tamis et de
d’ordre p équilibrable selon la théorie de l’équivalence entre un pilon de tout ordre. Pour l’ordre 1, ils valent :
couple alternatif et quatre masses rotatives.
δ δ
– 2 m alt R θ˙ 2 sin 2 ---- sin θ et 2 m alt Rθ˙ 2 cos 2 ---- cos θ
● Cas 2 : D = 0. L’ellipse est une droite sur X 0 ; le couple de lacet 2 2
d’ordre p est nul ; le couple résultant est égal au couple de galop
d’ordre p équilibrable de la même manière. Si le V est ouvert à 90o, on se trouve dans le cas particulier
où l’ellipse est un cercle ; les efforts valent – m R θ˙ 2 sin θ alt

et m alt R θ̇ 2 cos θ et sont parfaitement équilibrables par deux


contrepoids de valeur malt /2 placés dans le prolongement des bras
de maneton.
Si le V est ouvert à une autre valeur, il faut un arbre d’équilibrage.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 29
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

3.4.3 Moteur 4 cylindres en V 3.4.4.2 V ouvert à 60o


Les couples valent :
Si on utilise le vilebrequin du 2 cylindres en ligne 2 temps
π
(figure 10), le moteur n’est soumis qu’aux efforts d’ordres 2, 4,
6, ... que l’on n’équilibre pas, et aux couples de galop et de lacet
– 3 3 am alt R θ˙ 2 cos θ + -----
6  
d’ordre 1 qui valent :
π
δ
– 4 am alt R θ˙ 2 cos 2 ---- cos θ et
δ
– 4 am alt R θ˙ 2 sin 2 ---- sin θ
et – 
3 am alt R θ˙ 2 sin θ + -----
6 
2 2
On est également dans le cas général.
Si le V est ouvert à 90o, on se trouve dans le cas particulier où
l’ellipse est un cercle ; les couples valent : On place sur le vilebrequin les mêmes contrepoids aux mêmes
positions que pour le V ouvert à 120o. On a alors équilibré pas
– 2 am alt R θ˙ 2 cos θ et – 2 am alt R θ˙ 2 sin θ assez de galop et trop de lacet ; il reste un couple de galop d’ordre
1 de valeur :
π
 
et sont parfaitement équilibrables par deux contrepoids de valeur
2 malt / 3 placés dans le prolongement des bras de manetons – 3 am alt R θ˙ 2 cos θ + -----
6
extrêmes.
et un couple de lacet d’ordre 1 de valeur :
Si le V est ouvert à un autre angle, il faut un arbre d’équilibrage.
π

3 am alt R θ̇ 2 sin θ + -----
6 
3.4.4 Moteur 6 cylindres en V
que l’on équilibre par le même arbre primaire que pour le V ouvert
Il n’est soumis qu’aux efforts d’ordre 6, et aux couples d’ordres à 120o, sauf qu’il doit être calé en opposition car C > D (figure 32b ).
1, 2 et 4. On n’équilibre que les couples d’ordre 1 qui valent :
3.4.4.3 V ouvert à 90o
δ
 π
– 4 3 am alt R θ˙ 2 cos 2 ---- cos θ + -----
2 6  On se trouve dans le cas particulier où l’ellipse est un cercle. Les
couples valent :
δ π
et 
– 4 3 am alt R θ˙ 2 sin 2 ---- sin θ + -----
2 6  π
– 2 3 am alt R θ˙ 2 cos θ + -----
6  
Nous allons traiter trois cas d’angle d’ouverture du V.
π
3.4.4.1 V ouvert à 120o
et 
– 2 3 am alt R θ˙ 2 sin θ + -----
6 
Dans cette configuration, le couple moteur instantané pour un 4 Pour les équilibrer, il n’y a pas besoin d’arbre primaire, il suffit
temps est parfaitement régulier. Les couples valent : de placer sur le vilebrequin les mêmes contrepoids aux mêmes
positions que pour les V ouverts à 120o ou 60o (figure 32c ).
π
– 
3 am alt R θ˙ 2 cos θ + -----
6  Pour le moteur V6, on choisira donc souvent l’angle de 90o pour
lequel les couples d’ordre 1 s’équilibrent sans arbre primaire et le
couple de galop d’ordre 2 est nul. Cependant, si le vilebrequin est
π
et 
– 3 3 am alt R θ˙ 2 sin θ + -----
6  à manetons non décalés (figure 33 a ), l’intervalle entre deux
allumages est irrégulier ; il est de 90o et 150o. Si on tient à la régularité
d’allumage, on peut décaler les manetons de 30o (figure 33b ), mais
On est dans le cas général.
au point de vue de l’équilibrage, on se retrouve dans le cas du V
Pour les équilibrer, on utilise sur le vilebrequin quatre contrepoids ouvert à 120o : l’arbre primaire est nécessaire (figure 34).
égaux placés dans les plans extrêmes, calés en opposition à 30o et
symétriques deux à deux par rapport au point O. Ces quatre
contrepoids devant engendrer des couples de valeur 2 3 am alt R θ̇ 2 ,
3.4.5 Moteur 8 cylindres en V

ils valent chacun 3 m alt ⁄ 4 . On a alors équilibré trop de galop et ■ Vilebrequin à plat (figure 14)
pas assez de lacet ; il reste un couple de galop d’ordre 1 de valeur : Il n’est pas soumis aux couples ni aux efforts d’ordre 1, mais
uniquement aux efforts d’ordres 2, 4, 6, ... C’est le plus utilisé.
π

3 am alt R θ̇ 2 cos θ + -----
6  ■ Vilebrequin en croix (figure 17)
Il n’est soumis qu’aux efforts d’ordre 4, et aux couples d’ordres
et un couple de lacet d’ordre 1 de valeur :
1, 2, et 6. On n’équilibre que les couples d’ordre 1 qui valent :
π
– 
3 am alt R θ˙ 2 sin θ + -----
6  δ π

– 4 2 am alt R θ˙ 2 cos 2 ---- cos θ + -----
2 4 
que l’on équilibre par un arbre primaire tournant en sens inverse
δ π
portant deux contrepoids de valeur 3 m alt ⁄ 4 , calés à 30o, placés et
2 4
– 4 2 am alt R θ˙ 2 sin 2 ---- sin θ + ----- 
à la distance 2a du point central de l’arbre, symétriques par rapport
Si le V est ouvert à 90o, on se trouve dans le cas particulier où
à celui-ci. L’arbre d’équilibrage doit être calé en phase car C < D
l’ellipse est un cercle ; les couples valent :
(figure 32a ).
π
– 2 2 am alt R θ˙ 2 cos θ + -----
4  

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 30 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Figure 32 – Moteur 6 cylindres en V : équilibrage des couples d’ordre 1

π
et 
– 2 2 am alt R θ˙ 2 sin θ + -----
4  ■ Vilebrequin en quadrature (figure 18)
Il est soumis aux mêmes efforts que le vilebrequin en croix, mais
et sont parfaitement équilibrables par quatre contrepoids de valeur seulement aux couples d’ordre 1 qui valent :
2 m alt ⁄ 6 placés dans les plans extrêmes, calés en opposition, δ
– 4 10 am alt R θ˙ 2 cos 2 ---- cos ( θ + 18,435 )
décalés de 45o et symétriques deux à deux par rapport au point O 2
(figure 35a ).
δ
et – 4 10 am alt R θ˙ 2 sin 2 ---- sin ( θ + 18,435 )
2

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 31
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Si le V est ouvert à 90o, on se trouve dans le cas particulier où


l’ellipse est un cercle ; les couples valent :

– 2 10 am alt R θ˙ 2 cos ( θ + 18,435 )

et – 2 10 am alt R θ˙ 2 sin ( θ + 18,435 )

et sont parfaitement équilibrables par quatre contrepoids de valeur


10 m alt ⁄ 6 placés dans les plans extrêmes, calés en opposition,
décalés de 18,435o et symétriques deux à deux par rapport au
point O (figure 35b ).

Il est à remarquer que, pour le V8, l’angle d’ouverture du V de


90o pour lequel l’équilibrage ne nécessite pas d’arbre primaire
est aussi celui qui assure la meilleure régularité d’allumage.

Figure 33 – Moteur V6 PRV à 90o :


vilebrequin à manetons décalés ou non

Figure 34 – Moteur V6 PRV à 90o avec un vilebrequin


à manetons décalés : système d’équilibrage

Figure 35 – Moteur 8 cylindres en V à 90o : équilibrage des couples d’ordre 1

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 32 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

3.4.6 Moteur 12 cylindres en V 4. Tableaux récapitulatifs


Il n’est pas soumis aux couples mais uniquement aux efforts
d’ordre 6 ; il est donc remarquablement bien équilibré.
des valeurs des efforts
et des couples
3.5 Autres types de moteur Dans les tableaux 4, 5, 6, 7 et 8 sont indiquées les valeurs des
efforts et des couples jusqu’à l’ordre 6.
■ Moteur 2 cylindres à plat Nota :
1 1 1
Les deux pistons ayant des mouvements symétriques, l’effort de Dans l’écriture des facteurs constants fonction de ----, ----3-, ----5-, ... il n’est indiqué que le
λ λ λ
pilon d’un piston annule à tout moment celui de l’autre piston. Par
premier terme de la série en 1/ λ.
contre, le moteur est soumis aux couples de galop de tout ordre.
— Pour retrouver la valeur des efforts de tamis et de pilon, il faut multiplier les
Si l’on veut équilibrer l’ordre 1, on applique la méthode du 2 2
cylindres en ligne 2 temps (figure 10). grandeurs dans les tableaux par Rθ˙ .
— Pour retrouver la valeur des couples de galop et de lacet, il faut multiplier les
■ Moteur 4 cylindres à plat 2
grandeurs dans les tableaux par – a Rθ˙ .
Ce moteur est une succession de 2 moteurs 2 cylindres à plat.
Les efforts et le couple de galop d’ordre 1 sont nuls. Il n’est soumis (0)
qu’aux couples de galop d’ordre 2, 4 et 6. Ce moteur est bien (0)
équilibré. (0)
(0)

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 33
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Tableau 4 – Moteurs en ligne : valeur des efforts et des couples


Pilon (1)
Efforts Tamis (1)
Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6
1 1 9
1 cylindre – mrot sinθ (mrot + malt ) cosθ ----- m alt cos 2 θ – ---------3- m alt cos 4 θ ---------------5 m alt cos 6 θ
λ 4λ 128 λ

2 Cylindres 2 1 9
– 2 mrot sin θ 2 (mrot + malt) cos θ ----- m alt cos 2 θ – ---------3- m alt cos 4 θ ------------5- m alt cos 6 θ
4 temps λ 2λ 64 λ

2 1 9
2 temps 0 0 ----- m alt cos 2 θ – ---------3- m alt cos 4 θ ------------5- m alt cos 6 θ
λ 2λ 64 λ

27
3 cylindres 0 0 0 0 ---------------5 m alt cos 6 θ
128 λ

4 cylindres 4 1 9
0 0 ----- m alt cos 2 θ – ------3- m alt cos 4 θ ------------5- m alt cos 6 θ
4 temps λ λ 32 λ

2 temps 1
0 0 0 – ------3- m alt cos 4 θ 0
vilebrequin en croix λ

2 temps 1
0 0 0 – ------3- m alt cos 4 θ 0
vilebrequin en quadrature λ

6 cylindres 27
0 0 0 0 ------------5- m alt cos 6 θ
4 temps 64 λ
Galop (2)
Couples Lacet (2)
Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6
1 cylindre 0 0 0 0 0
2 cylindres 0 0 0 0 0
4 temps
2 temps 2 (m rot + m alt) cos θ 0 0 0 2 m rot sinθ

3 cylindres  π
2 3 ( m rot + m alt ) cos θ + -----
6  2 3
 π
------------ m alt cos 2 θ – -----
λ 6  – ---------
2λ 3
3
- m alt cos  4 θ + ----π6-  0 
π
2 3 m rot sin θ + -----
6 
4 cylindres 0 0 0 0 0
4 temps

2 temps
vilebrequin en croix  π
2 2 ( m rot + m alt ) cos θ + -----
4  8
----- m alt cos 2 θ
λ
0
9
------------5- m alt cos 6 θ
16 λ 
π
2 2 m rot sin θ + -----
4 
2 temps 2 10 ( m rot + m alt ) cos ( θ + 18,435 ) 0 0 0 2 10 m rot sin ( θ + 18,435 )
vilebrequin en quadrature
6 cylindres 0 0 0 0 0
4 temps

(1) Pour retrouver la valeur des efforts de tamis et de pilon, il faut multiplier les grandeurs dans le tableau par Rθ̇ 2 .

(2) De même, pour les couples de galop et de lacet, il faut multiplier les grandeurs par – aRθ˙ 2 .

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 34 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Tableau 5 – Moteurs en V : valeur des efforts de tamis


Tamis (1)
Efforts
Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6

δ δ
δ  δ

– M rot + 2 m alt sin 2 ---- sin θ
2
2 δ sin δ sin 2 θ
– ----- m alt sin ----
λ 2
1
---------3- m alt sin ----
2λ 2
sin 2δ sin 4θ
9
- m sin ---- sin 3 δ sin 6θ
– ------------
64 λ5 alt 2
2 cylindres
2 9 2
90 – (M rot + malt ) sin θ – --------- m alt sin 2 θ 0 --------------- m sin 6θ
λ 128 λ5 alt

4 δ 1 δ 9 δ
δ 0 – ----- m alt sin ---- sin δ sin 2 θ ------3- m alt sin ---- sin 2 δ sin 4 θ - m sin ---- sin 3 δ sin 6 θ
– ------------
λ 2 λ 2 32 λ5 alt 2
4 cylindres
vilebrequin
en 2 2 9 2
90 0 – ----------- m alt sin 2θ 0 ------------5- m alt sin 6 θ
opposition λ 64 λ
180 0 0 0 0
27 δ
δ 0 0 0 – ------------5- m alt sin ---- sin 3 δ sin 6 θ
64 λ 2
60 0 0 0 0
6 cylindres
27 2
90 0 0 0 --------------- m sin 6θ
128 λ5 alt
120 0 0 0 0
8 δ 2 δ 9 δ
δ 0 – ----- m alt sin ---- sin δ sin 2 θ ------3- m alt sin ---- sin 2 δ sin 4 θ – ------------5- m alt sin ---- sin 3 δ sin 6 θ
vilebrequin λ 2 λ 2 16 λ 2
à
plat 4 2 9 2
90 0 – ------------ m alt sin 2 θ 0 ------------5- m alt sin 6 θ
λ 32 λ
8 cylindres

2 δ
vilebrequin δ 0 0 ------3- m alt sin ---- sin 2δ sin 4θ 0
en λ 2
croix
90 0 0 0 0
2 δ
vilebrequin δ 0 0 ------3- m alt sin ---- sin 2δ sin 4θ 0
en λ 2
quadrature
90 0 0 0 0
27 δ
δ 0 0 0 – ------------5- m alt sin ---- sin 3δ sin 6θ
32 λ 2
12 cylindres
60 0 0 0 0

(1) Pour retrouver la valeur des efforts de tamis, il faut multiplier les grandeurs du tableau par Rθ̇ . 2

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 35
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Tableau 6 – Moteurs en V : valeur des efforts de pilon


Pilon (1)
Efforts Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6

δ  Mrot + 2malt cos2 ----δ2  cos θ 2 δ


----- m alt cos ---- cos δ cos 2 θ
λ 2
1 δ
– ---------3- m alt cos ---- cos 2δ cos 4θ
2λ 2
9 δ
------------5- m alt cos ---- cos 3δ cos 6θ
64 λ 2
2 cylindres
2
90 (Mrot + malt) cos θ 0 ---------3- m alt cos 4θ 0

δ 0 4 δ cos δ cos 2θ 1 δ cos 2δ cos 4θ


– ------3- m alt cos ----
9 δ cos 3 δ cos 6θ
------------5- m alt cos ----
----- m alt cos ----
4 cylindres λ 2 λ 2 32 λ 2
vilebrequin
en 2
90 0 0 ---------3- m alt cos 4θ 0
opposition 2λ
180 0 0 0 0

δ 0 0 0
27 δ cos 3 δ cos 6θ
------------5- m alt cos ----
64 λ 2

27 3
60 0 0 0 – ---------------5- m alt cos 6θ
6 cylindres 128 λ
90 0 0 0 0
27
120 0 0 0 ---------------5 m alt cos 6 θ
128 λ

δ 8 δ 2 δ cos 2δ cos 4θ 9 δ
0 ----- m alt cos ---- cos δ cos 2θ – ------3- m alt cos ---- ------------5- m alt cos ---- cos 3δ cos 6θ
vilebrequin λ 2 λ 2 16 λ 2
à
plat 2
90 0 0 - m cos 4 θ
------- 0
λ 3 alt

δ 2 δ cos 2δ cos 4θ
8 cylindres

0 0 – ------3- m alt cos ---- 0


vilebrequin λ 2
en
croix 2
90 0 0 ------- m cos 4 θ 0
λ 3 alt

δ 2 δ
0 0 – ------3- m alt cos ---- cos 2 δ cos 4 θ 0
vilebrequin λ 2
en
quadrature 2
90 0 0 ------- m cos 4 θ 0
λ 3 alt

δ 0 0 0
27 δ cos 3δ cos 6θ
------------5- m alt cos ----
32 λ 2
12 cylindres
27 3
60 0 0 0 – ------------5- m alt cos 6θ
64 λ

(1) Pour retrouver la valeur des efforts de pilon, il faut multiplier les grandeurs du tableau par Rθ̇ 2 .

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 36 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique
______________________________________________________________________________________________ ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES

Tableau 7 – Moteurs en V : valeur des couples de galop et de lacet


Galop (2)
Couples (1)
Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6

δ
4 cylindres
vilebrequin
δ 
2 M rot + 2m alt cos 2 ---- cos θ
2  0 0 0

en 90 2 (M rot + malt ) cos θ 0 0 0


opposition
180 2 Mrot cos θ 0 0 0

3 δ
δ π - m alt cos ---- cos 2δ
– --------
δ π
δ 
2 3 M rot + 2m alt cos 2 ---- cos θ + -----    4 3

------------ m alt cos ---- cos δ cos 2 θ – -----  λ
3 2
π 0
2 6 λ 2 6

cos 4θ + -----
6 
π π π

3

3
6 cylindres
60  6 
3 2M rot + 3m alt cos θ + -----   λ 
----- m alt cos 2 θ – -----
6  - m alt cos 4θ + -----
----------

3 6
0

π π
90 2 3  M rot + m alt  cos θ + -----
6   0
6
----------

3 
- m alt cos 4 θ + -----
6  0

π π π

3
120  6
3 2M rot + m alt cos θ + -----   3

– ------- m alt cos 2 θ – -----
λ 6  ----------

3 
- m alt cos 4θ + -----
6
0

vilebrequin δ 0 0 0 0
à
plat 90 0 0 0 0

δ π δ δ
vilebrequin
δ 
2 2 M rot + 2m alt cos 2 ---- cos θ + -----
2 4   
16
------- m alt cos ---- cos δ cos 2 θ
λ 2
0

9
---------5- m alt cos ---- cos 3δ cos 6 θ
2
8 cylindres

en
croix π
90 
2 2 M rot + m alt cos θ + -----
4    0 0 0

δ
vilebrequin
δ  2 
2 10 M rot + 2m alt cos 2 ---- cos ( θ + 18,435 ) 0 0 0
en
quadrature
90 2 10  M rot + m alt  cos ( θ + 18,435 ) 0 0 0

Lacet (2)
Couples (1)
Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6

δ
4 cylindres
vilebrequin
δ 
2 M rot + 2m alt sin 2 ---- sin θ
2  0 0 0

en 90 2 (Mrot + malt) sin θ 0 0 0


opposition
180 2 (Mrot + 2 malt) sin θ 0 0 0

3 δ
δ π – --------
- m alt sin ---- sin 2δ
δ π
δ 
2 3 M rot + m alt sin 2 ---- sin θ + -----   4 3
------------ m alt sin ---- 
sin δ sin 2θ – -----  λ3 2
π 0
2 6 λ 2 6

sin 4θ + -----
6 
π π π
3  2M rot + m alt  sin θ + -----
3
 
3
6 cylindres
60
6   λ 
----- m alt sin 2 θ – -----
6  – ---------3- m alt sin 4 θ + -----
4λ 6
0

π π
90 
2 3 M rot + m alt sin θ + -----
6    2 6

------------ m alt sin 2 θ – -----
λ 6  0 0

π π π
3  2M rot + 3m alt  sin θ + -----   3 3
 
3 3
120
6
------------ m alt sin 2 θ – -----
λ 6
------------
4 λ3 
m alt sin 4 θ + -----
6  0

(1) Les couples de galop et de lacet pour les moteurs 2 cylindres et 12 cylindres sont nuls à tous les ordres 1, 2, 4 et 6, ils ne sont donc pas indiqués ici.
(2) Pour retrouver la valeur des couples de galop et de lacet, il faut multiplier les grandeurs du tableau par – aRθ 2 .
˙

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique B 2 770 − 37
ÉQUILIBRAGE DES MACHINES ALTERNATIVES _______________________________________________________________________________________________

Tableau 7 – Moteurs en V : valeur des couples de galop et de lacet (suite)


Lacet (2)
Couples (1)
Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6

vilebrequin δ 0 0 0 0
à
plat 90 0 0 0 0

δ π δ sin δ sin 2 θ δ sin 3δ sin 6θ


vilebrequin
δ  2  
2 2 M rot + 2m alt sin 2 ---- sin θ + -----
4  16
------- m alt sin ----
λ 2
0
9
---------- m alt sin ----
8 λ5 2
8 cylindres

en
croix
π
90 
2 2  M rot + m alt  sin θ + -----
4  8 2
------------ m alt sin 2 θ
λ
0
9 2
– -------------5- m alt sin 6θ
16 λ

δ
vilebrequin
δ  2 
2 10 M rot + 2m alt sin 2 ---- sin ( θ + 18,435 ) 0 0 0
en
quadrature
90 2 10  M rot + m alt  sin ( θ + 18,435 ) 0 0 0

(1) Les couples de galop et de lacet pour les moteurs 2 cylindres et 12 cylindres sont nuls à tous les ordres 1, 2, 4 et 6, ils ne sont donc pas indiqués ici.
(2) Pour retrouver la valeur des couples de galop et de lacet, il faut multiplier les grandeurs du tableau par – aRθ 2 .
˙

(0)
Tableau 8 – Moteurs à plat : valeur des efforts et des couples
Pilon
Efforts Tamis
Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6
2 cylindres 0 0 0 0 0
4 cylindres 0 0 0 0 0

Galop (1)
Couples Ordre 1 Ordre 2 Ordre 4 Ordre 6 Lacet (1)

2 1 9
2 cylindres 2(mrot + malt)cos θ ----- m alt cos 2θ – ----------- m alt cos 4θ - m alt cos 6 θ
-------------- 2 mrot sin θ
λ 2 λ3 64 λ 5

4 1 9
4 cylindres 0 ----- m alt cos 2θ - m alt cos 4θ
– ------- - m alt cos 6 θ
-------------- 0
λ λ3 32 λ 5

(1) Pour retrouver la valeur des couples de galop et de lacet, il faut multiplier les grandeurs du tableau par – aRθ 2 .
˙

5. Conclusion Quelle que soit la manière de réaliser l’équilibrage, il faut aussi


se préoccuper des efforts internes sur les paliers de ligne d’arbre
afin d’assurer une bonne tenue en endurance du bas moteur.
Il est impératif d’équilibrer les forces d’inertie des moteurs alter- Les contrepoids choisis étant en place, le moteur n’est jamais
natifs afin de ne pas transmettre au support de trop grands efforts, parfaitement équilibré. Il reste les forces d’inertie que l’on a décidé
engendrant des mouvements de grande amplitude. de ne pas équilibrer et les forces dues aux gaz qui sortent du
moteur, que l’on n’équilibre pas (par exemple, le couple moteur
L’équilibrage peut être réalisé par un choix judicieux du nombre dont la réaction s’applique sur le support). Les théorèmes de la
et de la disposition des cylindres et de la forme du vilebrequin, ou dynamique permettent de connaître les mouvements résiduels du
par des contrepoids placés sur le vilebrequin ou sur des arbres moteur, ce qui est le point de départ de la définition de la liaison
d’équilibrage. moteur-support qui peut être rigide ou assurée par l’intermédiaire
L’équilibrage est donc un paramètre important dans la décision de cales élastiques.
du choix de l’architecture moteur.

Références bibliographiques

[1] BRUN (R.). – Science et technique du moteur [2] SWOBODA (B.). – Mécanique des moteurs [3] NAKAMURA (H.). – (Un moteur à faible
Diesel industriel et de transport. Tome II, alternatifs. 335 p., Technip (1984). vibration grâce à un système inédit d’arbres
488 p., 4e éd., Technip (1984). d’équilibrage) (J) SAE, no 760 111, 23-27 fév.
1976.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
B 2 770 − 38 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique