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ENS de Cachan – Concours d’entrée en 3ème année pour la préparation à l’agrégation de Génie Electrique – Session 2001

SECONDE PARTIE
- ELECTRONIQUE -

Ce problème se propose d’étudier le fonctionnement de l’électronique de commande


d’un pont redresseur tout thyristor de type PD3 (pont double triphasé) dit commandé.
L’ensemble, on le rappelle, permet la conversion d’énergie entre une source alternative (par
exemple le réseau EDF triphasé) et une charge de type continue (par exemple une Machine à
Courant Continu), ceci conformément au synoptique donné ci-dessous (voir figure 1) :
L

Réseau EDF PONT Ω


Triphasé 50Hz REDRESSEUR VS(t) MCC
(période T) A THYRISTOR

Transformateur
Triphasé
Figure 1 U13(t)
Electronique réglage
de commande de ψ

La partie « électronique de commande » permet principalement d’obtenir les


impulsions de commande des 6 thyristors constituant le pont redresseur. L’allure des signaux
que l’on doit générer est donnée ci-dessous (voir chronogrammes). La tension composée
U13(t), de période T, sert ici de référence et constitue le signal d’entrée du système, le passage
à zéro de ce signal lorsque ce dernier est croissant permet de connaître alors un des six
instants de commutation naturelle (les autres instants de commutation naturelle sont décalés
de k fois T/6 – k étant entier) ; une autre tension (où ici, la position du curseur d’un
potentiomètre) permet de déterminer la valeur de l’angle d’amorçage ψ ou en d’autre terme,
la valeur du retard à l’amorçage tψ ψ (retard par rapport à l’instant de commutation naturelle).
Enfin, les six signaux de sortie (de CTH1 à CTH6) sont ensuite dirigés vers les gâchettes des 6
thyristors constituant le pont redresseur (ceci via un circuit spécifique qui comprend en
particulier des transformateurs d’impulsions).
Instants de commutation naturelle obtenus à partir de U13(t)

t
0 T/6 …….. T
Autres instants de commutation naturelle

tψ Train d’impulsions tψ
CTH1
t
CTH2 T/6
t
CTH3 T/6
t
CTH4 T/6
t
CTH5 T/6
t
CTH6 T/6
t

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La solution proposée ici pour la réalisation de l’électronique de commande fait en


grande partie appel aux fonctions de l’électronique analogique, mais quelques notions sur les
bascules sont cependant nécessaires (actuellement, on pourrait proposer d’autres solutions qui
feraient en grande partie appel à des composants numériques tels que les FPGA, …).
Un premier synoptique est donné ci-dessous (voir figure 2) et permet de présenter les
principales fonctions utilisées pour cette solution :

U13(t) Transfo Filtre CAG U’13(t)

CTH1

Traitement CTH2
Secteur Alimentation Détection analogique
continue crête + CTH3
Génération des
impulsions CTH4
Logique de de commande
contrôle CTH5
+E
(1-α).P CTH6
VP V
Non
α.P Linéarité

-E
Astable
Electronique de commande

Figure 2

Ce problème comporte deux parties (notées A et B). La première partie aborde l’aspect
traitement analogique et se penche sur le système utilisé pour la génération des impulsions de
commande qui seront ensuite dirigées vers les différents thyristors (ceci via un circuit
spécifique non étudié ici). La seconde partie s’intéresse à différentes fonctions classiques
présentées dans le synoptique donné ci-dessus (voir figure 2).
Enfin, on peut noter que les deux parties de ce problème sont relativement indépendantes,
ainsi que de nombreuses questions à l’intérieur de ces différentes parties (certaines notations
peuvent se retrouver d’une partie à l’autre, sans qu’il y ait pour autant correspondance).

PARTIE A : Etude du bloc de traitement analogique et de génération des impulsions :

Le synoptique donné plus loin (voir figure 3) donne la structure interne du bloc de traitement
analogique et de génération des impulsions :

A.1/ Proposer un schéma électrique pour le circuit déphaseur dont on a besoin ici. Donner la
fonction de transfert associée, ainsi que l’expression du déphasage entre entrée et sortie
en fonction de la fréquence.

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NB : la solution que vous proposerez ici doit présenter une impédance de sortie nulle. De
plus, le module de la fonction de transfert devra être égal à 1 sur tout le domaine
fréquentiel (ceci bien sûr dans le cas où l’on suppose les composants parfaits).

A.2/ Les comparateurs sont alimentés sous tensions symétriques (tensions notées ±VCC), les
tensions que l’on peut donc avoir en sortie le sont également et sont notées ±VSAT.

Les bascules utilisées sont de type CMOS et donc alimentées entre 0 et +VCC (tension
dissymétrique), proposer un schéma pour la réalisation du circuit d’interface (voir figure
3), sachant que pour chaque front montant du signal de sortie du comparateur (et
uniquement dans ce cas), on veut avoir une impulsion en sortie du circuit d’interface
(par exemple, quelque chose proche d’un niveau haut de courte durée).

Q1
S1 S1 J Q
U’13(t) Déphaseur Circuit H
(90° à 50Hz) Interface S3 K
CTH1
Q2
S2 S3 J Q
Déphaseur Circuit H
(60° à 50Hz) Interface S5 K CTH2

Q3
S3 S5 J Q
Déphaseur Circuit H CTH3
(60° à 50Hz) Interface S1 K
?
Q4
S6 S4 J Q CTH4
Inverseur Circuit H
(fois (-1)) Interface S6 K
Q5 CTH5
S5 S6 J Q
Inverseur Circuit H
(fois (-1)) Interface S2 K
CTH6
Q6
S4 S2 J Vd
Q
Inverseur Circuit H
(fois (-1)) Interface S4 K

Astable
V X
Figure 3 (haute fréquence)

A.3/ La tension d’entrée de l’ensemble U’13(t) étant supposée purement sinusoïdale de


fréquence f égale à 50 Hz et d’amplitude constante notée U, donner les chronogrammes
pour les potentiels S1, S2, S3, S4, S5, S6, ainsi que pour Q1, Q2, Q3, Q4, Q5, Q6 (ceci
en correspondance avec la tension U’13(t) qui sert ici de référence). On supposera pour
cette question que le potentiel V vaut 0 (ce qui correspondra par la suite au curseur du
potentiomètre en position milieu, soit ψ égal à 90°) et on se placera en régime
permanent (à vous de retrouver les états initiaux de Q1, …Q6).

A.4/ Donner les équations des sorties CTH1 à CTH6 en fonction des entrées Q1 à Q6
et du signal noté X si on veut retrouver les chronogrammes donnés au début du sujet. Préciser
le nombre et le type de portes que l’on peut utiliser ici pour réaliser le dernier bloc (celui
noté ?). Que doit être le signal X et à partir de quoi peut-on le générer ?

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A.5/ Donner l’intervalle dans lequel peut évoluer le potentiel V pour que le fonctionnement
de l’électronique soit correct et intéressant dans le cas traité ici (on rappelle qu’une
modification de V doit entraîner une modification de l’angle d’amorçage). En s’aidant
des chronogrammes de la question A.3/, donner alors la relation existant entre ψ et la
tension V (ici issue du potentiomètre via la non-linéarité).

A.6/ Le pont redresseur alimente une charge ayant un comportement de type source de
courant (cas de la conduction continue), on a alors pour l’expression de la valeur
moyenne de la tension en sortie du pont (U0 constant et ψ compris entre 0° et 180°) :
Valeur moyenne de VS(t) = <VS(t)> = U0.cos (ψ)

Quelle doit être l’équation correspondant au bloc noté « non-linéarité » (soit


l’expression de V en fonction de VP) pour que la relation entre tension moyenne de
sortie et position du curseur (ici α) soit linéaire ?

A.7/ Pour des raisons de sécurité de fonctionnement, la valeur de ψ ne doit pas dépasser
150°, modifier le résultat précédent pour que le fonctionnement soit correct (attention
on veut toujours ici que la tension moyenne en sortie du pont soit égale à 0 lorsque le
curseur du potentiomètre est en position milieu). Donner alors l’allure complète de la
caractéristique entrée - sortie de la non-linéarité (ici une variation de la position du
curseur n’entraînera pas forcément une variation de <VS(t)> dans tous les cas). Proposer
quelques solutions (ou principes) pour la réalisation de cette non-linéarité.

PARTIE B : Etude de l’ensemble filtre – détection crête – CAG :

Etude du filtre

B.1/ On réalise le filtre en associant deux cellules identiques en cascade (voir figure 4).
Donner alors la fonction de transfert de chaque cellule (que l’on présentera sous la
forme normalisée habituelle, c’est-à-dire une forme qui permettra par la suite
d’exprimer la pulsation propre ω0 et le coefficient d’amortissement m).

C1 C1

R1 R2 R1 R2
Ve(t) C2 C2 Vs(t)
Cellule 1 Cellule 2

Figure 4

B.2/ Donner les expressions de m et ω0 en fonction des composants du montage. Exprimer


alors le module et l’argument de la fonction de transfert de l’ensemble en fonction de m
et ω0. Donner l’expression du module et du déphasage pour ω = ω0.

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B.3/ Donner les valeurs numériques de m et ω0 (ainsi que la valeur de la fréquence associée
f0) sachant que R1 est égal à 56 kΩ, R2 à 8,2 kΩ, C1 à 1µF et que C2 est égal à 22 nF.
Donner alors dans ce cas l’allure du diagramme de Bode en module et en phase.
Calculer les valeurs obtenues pour la pulsation propre.

B.4/ A cause du phénomène d’empiétement (problème se rencontrant lors de l’étude du pont


redresseur), la tension U13(t) qui arrive sur le filtre (via un transformateur abaisseur),
n’est pas parfaitement sinusoïdale et comprend donc des harmoniques. Or ici, on veut
obtenir en sortie de ce filtre un signal quasiment sinusoïdal. Pour cela, on fixe une
atténuation d’au moins 40 dB entre le fondamental (de fréquence 50 Hz) et le premier
harmonique non nul (de fréquence 300 Hz) que l’on rencontre dans U13(t).
Donner alors la condition sur m pour que cela soit possible, ceci si l’on suppose que la
fréquence fondamentale est peu différente de la fréquence propre. Calculer la valeur
particulière de m qui donne exactement une différence de 40 dB. Calculer enfin la
valeur de l’atténuation que l’on a ici avec les valeurs numériques données en B.3/.

B.5/ Finalement, on veut pour la fréquence fondamentale (toujours 50 Hz), que le déphasage
apporté par le filtre soit un multiple de 180°. Est-ce vérifié ici ? Comment peut-on
modifier le montage pour que cela soit possible en pratique ?

Etude de la détection crête


B.6/ On propose ici d’utiliser le montage suivant. Le transformateur (attention, ce dernier
comprend deux secondaires identiques) ainsi que les composants sont supposés parfaits.
Donner alors l’allure de la tension de sortie VC(t) sachant que la valeur efficace de la
tension à l’entrée du transformateur est égale à 9 Volts.
D1 i=0
Tension
d’entrée C R VC(t)
=
Tension
sinusoïdale
9 Volts - 50 Hz
Transformateur D2
Figure 5
(9Volts / 2*9Volts)

B.7/ On veut que la tension de sortie VC(t) ne présente pas plus de 10% de fluctuation, quelle
condition doit-on vérifier sur le produit RC pour que cela soit vérifié (on pourra ici faire
quelques approximations, qui devront être justifiées) ?

B.8/ Sachant que l’on veut que la tension de sortie soit une image à peu près correcte de
l'amplitude de la tension d’entrée, quelle est la variation maximale (en Volt par
seconde) de l’amplitude de la tension à l’entrée du transformateur que l’on peut
permettre (on suppose donc ici que la valeur efficace de la tension d’entrée peut
changer) si on prend pour le produit RC la valeur limite trouvée précédemment ?

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Etude du CAG (contrôle automatique du gain) :

B.9/ Redonner le réseau de caractéristique complet du transistor à effet de champ (sur 2


quadrants). Préciser où se trouve la zone de fonctionnement linéaire.

B.10/ Le FET travaille ici dans une zone où il se comporte comme une résistance contrôlée
par la tension VGS (on note RDS cette résistance). Donner alors la valeur de
l’amplification du montage (voir ci-dessous) en fonction de R1, R2, R3 et RDS.

Entrée
Ve(t) Sortie
Vs(t)

R3
R2

R1 T
VGS(t) Figure 6

B.11/ Pour que le FET soit bien dans une zone où l’on peut supposer qu’il se comporte
comme une résistance contrôlée par VGS, la tension VDS doit être inférieure à 0,5 Volt
environ. Quelle condition doit-on vérifier maintenant sur les résistances sachant que
l’amplitude maximale du signal en entrée est de 2 Volts ?

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