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Licence Professionnelle GAPP

Parcours Métiers de la santé : prévention et éducation à la


santé
Projet Tuteuré
Clavier Gabrielle - Lamiot Isabelle - Metge Amandine

Addictions des mineurs en milieu carcéral

Projet tuteuré réalisé du 16/10/2018 au 05/06/2018


Sous la direction de Carine Simar

Année universitaire 2017-2018


Remerciements
Nous remercions toutes les personnes ayant contribué à la réalisation et à la rédaction de notre projet tuteuré
au fil de cette année universitaire.

Nous tenons à remercier en premier lieu notre tutrice, Carine SIMAR qui a cru en nous et en notre projet, et
sans qui celui-ci n’aurait jamais eu lieu. Elle a su nous apporter soutien et conseil au fil du temps ainsi que
des connaissances et des méthodes nécessaires au bon déroulement et à l’élaboration du projet.

Nous remercions également Madame JANIER et Madame BERTRAND qui ont su prendre du temps pour nous
épauler, nous guider et nous soutenir à travers leurs encadrements au sein de l’unité d'enseignement
correspondant à la réalisation du projet tuteuré.

Nous remercions également à son tour Monsieur DEJOUX pour ses compétences et ses conseils. Il a su nous
apporter des ressources techniques (logiciel de travail collaboratif à distance, logiciel de moyen de
communication…) qui ont été un véritable avantage dans le bon fonctionnement du groupe. Nous le remercions
aussi pour le soutien qu’il a pu nous apporter lors des semaines de cours en présentiels au sein de l’ESPE.

Aussi, nous tenons à remercier Madame DUMEZ, Directrice des soins pour avoir fourni son accord au niveau
de nos droits d’accès à la maison d’arrêt de Moulins-Yzeure, droits d’accès nécessaires à la concrétisation de
notre projet auprès du public cible.

Nous exprimons nos sincères remerciements à Monsieur LELAY, Cadre de santé de l’Unité sanitaire, et
Monsieur BALLER, Référent CSAPA qui ont été à notre écoute, et qui ont su nous apporter des connaissances
et précisions sur le public cible, ainsi que des conseils afin que la rencontre se déroule pour le mieux.

Nous remercions aussi Mme CORREIA, l’infirmière ayant participé à notre action, ainsi que l’ensemble de
l’équipe médico-sociale ayant en charge la population carcérale et l’ensemble du personnel du centre
pénitentiaire pour leur aide précieuse, leur disponibilité, ils ont su nous accorder du temps pour la mise en
œuvre de ce projet.

Enfin, nous tenons à remercier l’ensemble des jeunes ayant participé à notre séance, grâce à eux notre projet
a pu se concrétiser, ainsi que l’ensemble de l’équipe pédagogique et l’équipe administrative de l’ESPE qui
ont contribué de près ou de loin à la création de ce projet.
Sommaire
I- Introduction P1

II- Approche théorique et définition du projet : Prévenir les addictions en


milieu carcéral : revue de littérature et définition du projet P2
1. Enquêtes et ressources : Prévalence de la consommation en milieu carcéral P2
2. Un premier focus sur le milieu carcéral et notre structure d’intervention P3
3. En définitive ... P4

III- Présentation des résultats du recueil de données P4


1. Recueil des données de terrains P4
2. Un choix de thématique, des ressources complémentaires : comment prévenir les
addictions chez les jeunes ? P5

IV- Conception et/ou réalisation du projet P6


1. Phase de conception P6
1.1.Des démarches administratives P6
1.2.En parallèle des démarches administratives, la création et la planification du projet P7
2. Réalisation du projet P10
2.1.Mise en place P10
2.2.Déroulement P10
3. Phase d’évaluation P10

V- Conclusion P13

Bibliographie P15

Annexes P16
I- Introduction
Ce projet a été réalisé par 3 étudiantes de la LPro GAPP, désireuses de travailler sur la problématique
de santé des addictions.

En 1975, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la dépendance comme “un état
psychique et parfois physique, résultant de l’interaction entre un organisme vivant et un produit,
caractérisé par des réponses comportementales ou autres qui comportent toujours une compulsion à
prendre le produit de façon régulière ou périodique pour ressentir ses effets psychiques et parfois
éviter l’inconfort de son absence (sevrage). La tolérance peut être présente ou non”.

Dès le début de la formation, nous nous sommes regroupées, car nous souhaitions toutes les trois
travailler sur la même thématique, à savoir la thématique des addictions. Le projet professionnel
d’Amandine étant centré sur le milieu carcéral, nous nous sommes penchées sur la question des
addictions dans cet environnement. De plus, on peut noter que ce projet était une vraie
complémentarité pour Isabelle qui réalise son mémoire de fin d’études infirmières sur les addictions,
quant à Gabrielle les deux thématiques réunies lui ont paru intéressantes.

Après nous être appliquées à nos recherches, afin de réunir des informations, des données de la
littérature sur la thématique des addictions en milieu carcéral (enquête de la DRESS, Méta-analyse
de Fazel et all, référentiel d’intervention pour la promotion de la santé en milieu pénitentiaire, articles
de la littérature…), notre public cible s’est progressivement précisé. Notre choix de population s’est
finalement arrêté sur les détenus mineurs. En effet, au cours de notre parcours, nous avons, acquis le
fait que, plus les actions de prévention et d’éducation à la santé étaient engagées tôt dans la vie, et
plus celles-ci pouvaient induire des comportements favorables pour la santé. De plus, les jeunes seront
tous amenés à réintégrer, plus ou moins vite, la vie citoyenne. Il nous a donc apparu important de leur
donner certaines clés pour leur future réinsertion. Suite à ce positionnement, nous avons, pour
conforter notre choix et étayer notre diagnostic de la littérature, croisées nos données sur la population
carcérale avec des données portant sur la consommation des mineurs et jeunes adultes (Enquêtes
ESCAPAD, articles de la littérature…).

Dans la réalisation, notre projet a pu s’effectuer après des jeunes mineurs incarcérés (13-18 ans), de
la maison d’arrêt de Moulins-Yzeure le 22 mai 2018. Nous avions programmé en partenariat avec le
CSAPA une séance d’une heure initialement, séance qui a eu la chance de s’allonger de 30 minutes
(1h30).

Ce projet nous a permis, dans le cadre de la licence, de consolider et de mobiliser nos connaissances
acquises au cours de la formation. Il nous a permis de mettre en pratique et de manipuler la démarche
de projet et ses différentes étapes, mais également d'affiner certaines de nos compétences (formulation
d’objectifs, préparation d’une séance d’éducation à la santé, capacité de mener une veille
documentaire et de faire des recherches pertinentes, animation de séance…). Il nous a aussi donné la
possibilité de découvrir et d’appréhender le travail partenarial, d’acquérir de l’autonomie, de la
rigueur et de l’organisation ; mais également de bénéficier d’une expérience professionnalisante.
En ajout de tous ces aspects, nous avons pu acquérir des connaissances sur la thématique des
addictions, de la dépendance et des substances psychoactives ce qui permet d’élargir nos champs de
compétences par rapport à nos formations initiales respectives. D’autre part, nous avons pu découvrir
le milieu carcéral qui n’est pas le plus simple d’accès et où la prévention et l’éducation à la santé
restent à développer.

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II- Approche théorique et définition du projet : Prévenir les addictions en
milieu carcéral : revue de littérature et définition du projet
Le diagnostic de notre projet tutoré, sera construit pour cette première approche sur des données
provenant de la littérature. Il sera précisé par la suite grâce à des données récoltées sur le lieu de
l’intervention.

1. Enquêtes et ressources : Prévalence de la consommation en milieu carcéral


La santé en milieu carcéral est un axe important en santé publique. La population concernée se
retrouve assez vulnérable vis-à-vis de leur santé (facteurs de risques, conditions de détention…). On
relève, dans cet environnement une prévalence de certaines pathologies (maladies infectieuses,
pathologies psychiatriques, pathologies chroniques) et des addictions. De nombreuses enquêtes
existent sur l’état de santé des détenus, cependant, les enquêtes récentes portent que très peu sur la
consommation de substances psychoactives au sein des prisons, les données françaises actuelles
portent principalement sur les risques infectieux (VIH, hépatite, IST), et les traitements de
substitution aux opiacés. La thématique de notre projet au niveau national se retrouve finalement très
mal renseignée. De ce fait, nous avons donc majoritairement orienté nos recherches sur les quelques
enquêtes existantes, ainsi que sur des méta-analyses représentant la consommation de substances
psychoactives dans le milieu carcéral au niveau mondial. Afin de préciser l’ensemble de nos
recherches, nous avons mêlé ces données à des données en lien avec la population cible ; les
adolescents.

Tout d’abord, au niveau mondial, la prévalence des addictions est très variable en fonction des pays,
allant de 22% pour les détenus d’Italie à plus de 65% en Australie. Les femmes étant tout autant
concernées que les hommes. Plus précisément, la méta-analyse de Fazel et al. (2006) présente un
usage abusif de drogue chez les détenues à l’entrée en milieu carcéral avec des prévalences de
consommation : de 10 à 48% pour les hommes et de 30,3 à 60,4% pour les femmes. Toujours selon
cette même méta-analyse, la consommation en cours de détention apparaît beaucoup plus hétéroclite
(3,6-47,2 % pour les hommes et 3,7-44,1 % pour les femmes) mais cette consommation reste tout de
même importante.

Si l’on fait un focus sur des données existantes pour la France, au 1er janvier 2018, et selon le site du
Ministère de la Justice, la population carcérale française comptait 68 974 personnes détenues dans
188 établissements pénitentiaires.
Les ressources que nous avons sélectionnées sont les suivantes :
- Une enquête de la DRESS effectuée en 2003 et parue en 2005. Cette enquête se base sur les
données de la visite médicale d’entrée de 80 621 personnes. Elle rapporte les déclarations
suivantes ; 30,9% des entrants consomment excessivement de l’alcool, ⅘ des entrants fument
du tabac quotidiennement, et 29,8% ont eu une utilisation prolongée et régulière de cannabis
au cours des 12 mois précédant l’incarcération. Les pourcentages pour une utilisation
prolongée et régulière de drogues illicites autres au cours des 12 mois précédant
l’incarcération sont les suivants : Héroïne/Morphine/Opium (6 ,5%), Cocaïne/Crack (7,7%),
médicaments (5,4%), Autre (4,0%). De plus, il est noté qu’approximativement le quart des
personnes consommatrices accumule plusieurs substances.
- Une recherche (Falissard et al. 2006) basée sur des entretiens faits auprès d’un échantillon de
personnes détenues indique que près de 10,8% des personnes seraient dépendants à une
drogue.
- Une étude conduite par les centres d'addictovigilance OPPIDUM (Observation des produits
psychotropes illicites ou détournés de leurs utilisation médicamenteuse) (2011). Cette étude a
pris le parti de faire un focus sur le milieu carcéral (306 personnes participantes). Sur la totalité
des données, cette enquête révèle, pour les détenus usagers de drogues illicites les pratiques
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suivantes : Cannabis (53%), BHD (35%), Héroïne (30%), Méthadone (25%), Cocaïne (25%),
Oxazépam (7%), Clonazépam (7%), Diazépam (6%), Morphine (3%), Crack (3%).

Une étude, plus locale, parue dans la Presse Médicale (Vol 41. Août 2018) (Olivier Sannier et al.)
ayant pour cible un autre territoire que le nôtre nous a paru intéressante. Cette étude a été réalisé par
la transmission d’un questionnaire anonyme au centre pénitentiaire de Liancourt (60). Elle révèle sur
les 381 participations (sur 700), 60,1%, des individus soit plus de la moitié consommait au moins une
drogue avant l'incarcération, et que 43,6% consomme au moins une drogue durant leur incarcération,
le cannabis étant la drogue la plus consommée avant et pendant la détention.

Globalement, toutes les données reflètent une prévalence importante de consommation et de


dépendance au sein du milieu carcéral. Ces substances psychoactives peuvent être à la fois une cause
et une conséquence de l’incarcération. Mais qu’en est-il de la consommation des jeunes ?

Les données concernant les jeunes sont plus récentes et plus faciles d’accès. Parmi toutes les enquêtes
quantitatives existantes nous avons retenu la dernière enquête disponible pour la collecte de chiffres,
l’enquête ESCAPAD 2017 (analyse de la consommation des drogues chez les jeunes de 17 ans).
Les données s’appuient sur les réponses d’un questionnaire réalisé par 46 054 jeunes lors de leur
journée de défense et de citoyenneté. Cette enquête révèle que malgré une augmentation de
l’abstinence chez les jeunes, passant de 5,1% en 2008 à 11,7% en 2017, l’usage de substances
psychoactives reste très répandu.
Ainsi on constate les chiffres suivants :
- Au niveau du tabac, 25,1% des jeunes, soit ¼ présente une consommation quotidienne. L’âge
moyen d’expérimentation se situe à 14,4 ans, et le délai entre la première cigarette et le
passage à une consommation journalière est de 13 mois.
- Au niveau de l’alcool, seulement ⅙ des adolescents déclarent n’avoir jamais bu d’alcool au
cours de leur vie et la moitié des jeunes affirment avoir déjà vécue une situation
d’alcoolisation importante (plus de 5 verres en une seule occasion).
- Pour le cannabis 39,1% des adolescents ont déjà fumé du cannabis, l’usage régulier s’élève
quant à lui à 4,5% pour les filles et 9,5% pour les garçons. De plus, 7,4% des jeunes de 17 ans
pourraient présenter “un risque élevé d’usage problématique de cannabis”, ce qui est non
négligeable.
- Au niveau des autres drogues 6,8% des jeunes de 17 ans avouent avoir consommé une drogue
illicite différente du cannabis (champignons hallucinogène, MDMA, ecstasy, cocaïne,
amphétamine, crack, LSD, héroïne…).

Au niveau qualitatif, l’enquête qualitative ARAMIS (2014-2017) nous présente les motivations de
ses consommations chez les jeunes. Cette enquête a été réalisé auprès de 200 mineurs ayant des profils
différents. Les conclusions de cette enquête présentent que les déterminants de la consommation des
substances psychoactives sont la plupart du temps des déterminants sociaux (expérience de
modification de soi, initiation par la famille, faire face à l’autorité parentale, offre omniprésente,
entraînement par le groupe…).

2. Un premier focus sur le milieu carcéral et notre structure d’intervention


Les établissements pénitentiaires français comprennent : les maisons d’arrêt, les centres de détention,
les maisons centrales, les centres pénitentiaires (établissements mixtes), les centres de semi-liberté et
les établissements pénitentiaires pour mineur. Le centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, ouvert
depuis 1983, est un établissement mixte qui regroupe une maison d’arrêt et une maison centrale. La
maison d’arrêt a une capacité de 154 places avec un quartier pour mineurs de 9 cellules. Aucune
séance d’éducation à la santé au niveau des addictions n’est mentionnée (uniquement formation des
gestes aux premiers secours, sortie équestre…). L’éducateur référent CSAPA assure tout de même la
prise en charge interne et le lien avec l’extérieur pour les patients ayant un problème d’addiction.
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3. En définitive ...
Pour conclure, que ce soit chez les détenus ou chez les jeunes, les consommations les plus fréquentes,
restent le tabac, l’alcool et le cannabis. Le tabac et l’alcool sont en vente libre, il est alors plus
compliqué d’en réglementer la consommation. En vue de la réinsertion et du caractère illégal du
cannabis nous souhaitions, si les données de terrain confirment notre choix, axer notre intervention
plus particulièrement sur cette substance (sans totalement exclure les autres substances). Afin
d’asseoir notre diagnostic nous souhaitions initialement diffuser un questionnaire auprès des
personnes détenues….

III- Présentation des résultats du recueil de données


1. Recueil des données de terrains
Afin d’affiner les données et éléments que nous avons recueillis au sein de la littérature, nous sommes
allées chercher des données de terrain. Dès le commencement du projet, nous avons ciblé la prison
de Moulins-Yzeure. En effet de par leur proximité géographique et leur double cursus de formation
d’infirmière, Amandine et Isabelle avaient des contacts avec des personnes en lien à la prison, mais
fallait-il que notre action soit pertinente au sein de cette structure.

Dans un premier temps, nous souhaitions renseigner des questionnaires (validés scientifiquement)
auprès de la population mineure, cependant les difficultés d’autorisations afin de transmettre un
questionnaire ainsi que la rotation perpétuelle du public nous ont fortement freinés dans notre
démarche. Nous n’avons donc malheureusement pas pu transmettre de questionnaire.

Ne souhaitant pas intervenir sans avoir des données de terrain, nous avons pris les devants afin de
tout de même obtenir des informations et ce même sans l’aide d’enquête. A la suite d’un entretien
avec notre tutrice de stage, nous avons convenu que Isabelle prenne contact avec le référent CSAPA,
Mr BALLER qui exerce auprès de la population cible.
Celle-ci a pu obtenir un rendez-vous le mercredi 28 mai. L’entrevue a duré 1h30. Au cours de cet
entretien nous avons pu obtenir les données suivantes afin d’étayer notre diagnostic. Pour l’année
2017, 215 personnes ont été suivies par Mr BALLER sur le département de l’Allier. Les tranches
d’âge ainsi que les effectifs sont les suivant :

Âge Effectifs Âge Effectifs


Moins de 18 ans 11 Entre 40 et 49 ans 36
Entre 18 et 20 ans 10 Entre 50 et 59 ans 14
Entre 20 et 24 ans 33 60 ans et plus 5
Entre 25 et 29 ans 40 Non renseignés 5
Entre 30 et 39 ans 66

Ces données nous renseignent que la population mineure représente un effectif assez réduit au vu de
la population globale.

Au niveau des consommations de substances psychoactives nous obtenons le diagramme suivant à


partir des données transmises.

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On observe sur ce graphique que les consommations initiales les plus présentes sont le tabac, suivi de
l’alcool et du cannabis. Ces données se retrouvent finalement en accord avec les données exposées
au sein de la littérature. Pour remarque, Mr BALLER nous indique qu’il est assez fréquent de
retrouver une poly-consommation, c’est à dire que la consommation initiale peut être renforcée en
associant un autre produit (Ex : Association tabac et cannabis).
Le cannabis reste donc la première substance consommée faisait partie de la catégorie des substances
psychoactives “illicites”. Au niveau de la prévention et de l’éducation à la santé au sein du centre
pénitentiaire sur cette thématique nous avons eu l’information qu’aucune action collective de la part
du référent CSAPA n’avait eut lieu depuis plus de 2 ans. En effet, des problématiques
organisationnelles intra-muros freinent la mise en place de projet. Seuls des suivis individuels sont
conservés, mais toute la population ne peut pas en bénéficier.

2. Un choix de thématique, des ressources complémentaires : comment prévenir les


addictions chez les jeunes ?
Toutes les données aussi bien quantitatives que qualitatives nous confirment que notre projet est
pertinent dans sa réalisation, faire de la prévention et de l'éducation à la santé au sein d'un public
mineur de détenus sera notre ligne de conduite. Avant de nous lancer, et avec des recherches
complémentaires et les connaissances acquises lors de la licence nous avons ciblés quelques points
qui nous paraissaient inévitables.
Afin d'être le plus efficace possible dans notre futur projet nous avons fait quelques recherches sur
les données probantes disponibles. Malheureusement aucune donnée combinant la population
(mineurs incarcérés) et la thématique n'est disponible. Nous avons donc pris le parti de faire des
recherches dans les données probantes alliant les actions efficaces chez les jeunes (non incarcérés)
sur la thématique des addictions. Les programmes d'actions recensées n'étaient pas réalisables dans
le cadre de notre licence faute de temps.

Il ressort de la revue de littérature sur la prévention des addictions des jeunes, que les programmes
les plus efficaces sont les programmes interactifs visant le développement de compétences
psychosociales à la fois chez les enfants et chez les parents. Plus les populations visées présentent des
facteurs de risques ou sont déjà dans des usages problématiques (interventions ciblées), plus les
interventions se complexifient avec l’ajout systématique d’un volet communautaire intégrant une
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diversité d’acteurs locaux, d’un suivi individuel des jeunes ou des familles concernées ainsi que
souvent l’ajout de volets psychothérapeutiques (du Roscoät, E., Clément, J. & Lamboy, 2013).

La synthèse de l’IUHPE (2010) est convergente. Il ressort que les interventions prometteuses en
matière de prévention de substances psychoactives sont d’autant plus efficaces, qu’elles ciblent des
compétences de « vie » (savoir dire non, s’affirmer, etc.), qu’elles adoptent une approche globale et
qu’elles sont en lien avec les familles et les partenaires locaux.

Compte tenu des résultats issus des données probantes, le choix a été fait pour nos interventions de
nous appuyer sur une approche centrée sur le développement de CPS ; nous nous appuierons sur la
classification proposée par l’OMS 2010 reprise par Lamboy (2015).

IV- Conception et/ou réalisation du projet


1. Phase de conception
La phase de préparation nous a semblé longue et parfois semée d’embûches. Au préalable, nous nous
sommes enquis auprès de Mme JANIER de la viabilité de notre projet sur cette thématique assez
spécifique. Cette dernière nous a encouragés dans cet objectif. Afin d’appuyer la légitimité de notre
projet, Amandine et Isabelle ont pu s’entretenir avec Mr BALLER, l’éducateur référent CSAPA au
sein du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure. Lors de cette entrevue, celui-ci confirme la pertinence
de notre action et nous conseille alors de l’orienter sur une problématique spécifique prépondérante,
à savoir le cannabis. Le projet prend naissance.

1.1.Des démarches administratives


Suite à une conférence lors des Journées Nationales Prison sur le thème des “Oubliés de la société ”
en novembre 2017, Amandine a pu rencontrer la directrice du centre pénitentiaire Moulins-Yzeure.

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Elle lui a exposé l’ébauche du projet afin d’avoir son aval. La directrice nous a soutenu et nous a
communiqué son mail pour pouvoir nous aider quant à sa réalisation si nécessaire. Afin d'intervenir
auprès de notre structure de prédilection, la prison de Moulins-Yzeure, nous avons dû nous engager
dans de longues démarches d’autorisations. Des courriers sont alors adressés aux personnes
concernées. Après une période d’attente sans réponse, et sur conseils nous avons à nouveau adressé
courriers et mails aux autorités compétentes. En décembre, après un acheminement du groupe, Mme
SIMAR (tutrice du projet), et Mme LELAY (cadre de santé de l’unité sanitaire) nous émettent un
accord de principe quant à la réalisation du projet. Un temps de rencontre avec Mr LELAY nous
permet de lister les documents nécessaires pour demander les droits d'accès au centre pénitencier en
amont de notre intervention, celui-ci s’occupe des démarches administratives.
Mme SIMAR adresse un courrier (Annexe 2) à Mme DUMEZ (directrice des soins infirmiers du
Centre Hospitalier Moulins-Yzeure) pour appuyer cette demande, nous obtiendrons alors le soutien
et de l'autorisation de celle-ci. Le Dr KARA, médecin psychiatre intervenant au sein de
l’établissement n’émet pas d’objection à notre intervention qui lui semble légitime. Le 19 avril, la
date de notre intervention nous est communiquée, elle se réalisera l’après-midi du 22 mai 2018. Nous
avons certes rencontré quelques obstacles administratifs mais les personnes ressources de ce projet
ont permis de les contourner.

1.2.En parallèle des démarches administratives, la création et la planification du projet


Parallèlement, dès lors du lancement du projet, un travail minutieux va alors se poursuivre dans
l’élaboration concrète. Tout d’abord une phase de diagnostic, avec un apport de la littérature ainsi
que le rassemblement de données qui permettront de confirmer notre diagnostic. L’immersion
d’Amandine en décembre 2017 au sein du centre pénitentiaire dans le cadre d’un stage infirmier d’une
durée de cinq semaines sera une opportunité pour le groupe de travail quant au recueil de données
précieuses à l’élaboration de notre projet. Nous continuons au sein de notre trio et grâce à notre travail
partenarial d’accumuler les informations nécessaires à la construction de notre programme. Fortes de
ces informations nous échangeons régulièrement avec Mme SIMAR qui nous soutient dans notre
progression. En mars 2018, Isabelle rencontre à nouveau Mr BALLER qui lui fournit des statistiques
par rapport aux consommations au sein de la prison, ce qui permet d’affiner notre diagnostic. Des
objectifs sont fixés, une action est en cours de construction. Le 5 avril notre groupe bénéficie d’un
temps d’échange avec Mr LELAY. Nous lui exposons nos objectifs et notre trame du projet. Ce temps
d’échange avec le cadre de santé de l’unité sanitaire sera aussi propice à de riches échanges qui nous
permettront de préciser notre travail tout en l’enrichissant. La construction du projet prend forme petit
à petit. Dès la fixation de la date, tout s’accélère, le travail s’intensifie, le programme s’affine et la
fiche action se finalise. Celle-ci regroupe nos objectifs, les facteurs protecteurs sur lesquelles nous
allons agir, le déroulé théorique de notre intervention, et le matériel nécessaire.

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Intervention du 22 mai 2018 - Maison d’arrêt
Objectif général : Développer les capacités de résistances et négociation des mineurs (13-18 ans)
incarcérés à la maison d’arrêt de Moulins

Axe du PES : Education - Prévention - Protection


Objectifs spécifiques :
● Permettre aux mineurs (13-18 ans) incarcérés à la maison d’arrêt de Moulins d’exprimer
leurs représentations en matière d’addiction ;
● Permettre mineurs (13-18 ans) incarcérés à la maison d’arrêt de Moulins d’exprimer leurs
questionnements en matière d’addiction ;
● Développer les connaissances et le vocabulaire des mineurs (13-18 ans) incarcérés à la
maison d’arrêt de Moulins en matière d’addiction.

Objectifs opérationnels :
● A l’issue de la séance, la majorité des mineurs (13-18 ans) incarcérés à la maison d’arrêt de
Moulins se sera aura pris part / se sera exprimé ;
● A l’issue de la séance, les mineurs (13-18 ans) incarcérés à la maison d’arrêt de Moulins seront
capables de verbaliser leurs questionnements et leurs interrogations ;
● A l’issue de la séance, les mineurs (13-18 ans) incarcérés à la maison d’arrêt de Moulins
développeront des connaissances en matière de consommation (repère expérimentation, usage
…), de niveau d’addiction des produits (classement des produits), et de conséquences sur la
santé (sanitaire, sociale…).

Facteurs de protections :
● Connaissances : Définition de drogue, classification des substances psychoactives, définition
de dépendance…
● Compétences psychosociales : Capacité de résistance et de négociation, compétence de prise
de décision, pensée critique et l’auto-évaluation, compétence d’autorégulation et
d’autoévaluation…

Durée de la séance : 60 min


Matériel : Jeu Addi-Ado

Phase 1 ● Écoute attentive des jeunes.


Durée : 10 min ● Présentation des animatrices et
Objectif : Poser le cadre de la séance – Créer un présentation de chaque jeune afin de
lien de confiance créer un lien de confiance.
● Adhérence des jeunes aux règles de
● Présentation de la séance aux jeunes groupe et de respect de l’autre.
(objectifs, contenu, déroulement).
● Présentation des intervenantes & Tour
de table pour connaître les jeunes.
● Poser un cadre - Règles de groupe,
d’écoute et de respect de l’autre.

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Phase 2 ● Un des jeunes lit la carte tirée à voix haute.
Durée : 40min Implication et participation des jeunes.
Matériel : Jeu Addi- Ado
Objectif : Emergence des représentations – Apport Remarque : Si un des jeunes se trouvent en
d’information – Développement des CPS difficultés au niveau de la lecture, les animatrices,
ou le personnel présent lui apportera de l’aide.
● Tirage au sort d’une carte du jeu Addi-Ado
- Lecture de la carte à voix haute par un des ● Moment d’échanges, de débats sur le
jeunes contenu de la carte. Les jeunes participent
Consigne : « Tirer la carte présente sur le au débat, échangent, donnent leur avis. Les
dessus du paquet – Lisez là » animatrices réorientent le débat si
nécessaire et amènent vers les points clés.
● Moment de débat et d’échanges entre les
jeunes et avec les animatrices - Les
animatrices orientent le débat sur les points
clés définis en amont de la séance. Lors du
débat que va susciter chaque carte, les
animatrices apporteront de l’information et
ce de différentes manières (apport
spontanée, question/réponse…).

Dès lors que le débat est clôt sur une carte, une autre
carte est tirée.

Phase 3 Rappel des éléments clés par les jeunes (+/- aider
Durée : 10 min par les animatrices) - Distribution du quizz pour
Matériel : Quizz pour les jeunes – Crayons évaluation.
Objectif : Clôturer la séance & rappel des éléments
clés – Phase d’évaluation pour les jeunes

Clôture de la séance - Rappel des éléments clés -


Distribution d’un quizz pour évaluation par les
jeunes sur leurs connaissances nouvellement
acquises ainsi que sur leur avis sur l’intervention.

Consigne : « Pouvez-vous remplir ce quizz, il est


totalement anonyme – Si vous avez des difficultés
n’hésitez pas à nous demander ».

Remarque : Il est important de bien veiller à ce que les jeunes se respectent entre eux.

La fiche action est transmise à Mr LELAY, Mme SIMAR et Mr BALLER pour approbation. A celle-
ci nous y avons associé des ressources documentaires afin de nous perfectionner sur le sujet des
addictions. Nous avons aussi pris le parti de faire un choix dans les cartes du jeu Addi-Ado afin
d’aborder tous les thèmes que nous souhaitions lors de cette intervention. Le choix est présenté en
Annexe 3.

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2. Réalisation du projet
2.1 Mise en place
Retenue par ses obligations professionnelles auprès de son organisme de stage, Gabrielle n’a pas pu
assister à la concrétisation du projet le 22 mai 2018. Amandine et Isabelle, sur la demande de Mr
LELAY se sont présentées 1h avant au centre pénitentiaire. Le début de la séance était fixé à 14h30.

Une fois les formalités accomplies pour accéder au sein du centre, nous sommes reçus par Mr LELAY
et Mme CORREIA, une des infirmières de l’unité sanitaire. Nous profitons de ce temps préalable à
l’intervention pour échanger au sujet de notre trame d’action. Nous avons également défini les rôles
de chacun, afin de se projeter dans la séance. Nous exprimons les questions éventuelles. Nous avons
su le jour même de l’intervention le nombre d’adolescents participant à notre action ainsi que le lieu.
La salle dédiée à l’intervention était une petite pièce avec quatre grandes tables formant un carré
central. Nous souhaitons modifier cette disposition afin de favoriser les échanges avec les jeunes,
malheureusement cela s’avère impossible. Les tables sont scellées entre elles pour des raisons de
sécurité. Il a fallu alors composer au sein de cet environnement. Nous réfléchissons à notre disposition
afin d’optimiser la communication autour de cette table. Après concertation nous voulons nous
répartir sur les quatre côtés de la table, (Amandine, Isabelle, Mr BALLER, Mme CORREIA) afin de
nous mélanger à la population des jeunes et de ne pas mettre de barrières au sein du groupe.
Cette projection était sans prendre en compte les aspects sécuritaires du centre pénitentiaire. Les
surveillants vont nous imposer la disposition, les 5 jeunes au fond de la salle occupent une extrémité
du carré. Les 4 intervenants se répartissant 2 par 2 de chaque côté (en vis à vis) et à l’autre bout du
carré un jeune encadré par deux personnels pénitentiaires. Pour des raisons de sécurité ce jeune est
en isolement. Nous sommes ravis qu’il puisse bénéficier de notre intervention mais il nous faut en
accepter les conditions.

2.2 Déroulement
Nous débutons la séance à 14h30 par une présentation individuelle, nous expliquons la raison de notre
intervention et son déroulement. Nous insistons sur le respect et la confidentialité des propos et ce,
sans jugement pour favoriser un environnement d’échange. Par la suite, tour à tour, les adolescents
se présentent en donnant leurs prénoms, ils annoncent, s'ils le souhaitent, s'ils sont consommateurs de
produits (tous confondus). Un seul des jeunes, celui en isolement a refusé de se présenter, nous
respectons son silence et le rassurons dans ce sens. Le cadre de la séance est posé, la confiance
s’installe, nous sortons le jeu de cartes.
La séance se déroule conformément à notre fiche action. La phase 1 et 3 sont en adéquation avec ce
qui a été réalisé. La phase 2 a vu sa durée s’allonger de 30 minutes. Lors de cette étape, les cartes sont
tirées au sort et nous échangeons sur les thématiques respectives. Le débat est très riche, les jeunes
ouvrent sur d’autres addictions qui ne sont pas illustrées sur les cartes et nous leur apportons des
réponses en retour. Le jeune en isolement quitte la salle pour rejoindre sa cellule avant la fin du temps
accordé. Les échanges se poursuivent. Nous avons pu aborder tous les sujets escomptés et nous avons
ensuite clôturé la séance en remettant aux participants un questionnaire comprenant un quizz et une
appréciation de la séance. (Annexe 4)
Nous remarquons par la suite que ce questionnaire présente un défaut au niveau de la question 3, en
effet il est indiqué d’entourer « La bonne réponse », alors que plusieurs réponses sont possibles.

3. Phase d’évaluation
La phase d'évaluation comporte plusieurs étapes :
- La première se passe avec les jeunes. Le renseignement du quizz nous permettra d'évaluer les
connaissances nouvellement acquises et donc indirectement l'impact des informations
apportées. Ce quizz nous permet aussi d’avoir le ressenti de ces derniers quant à notre séance.
Voici les résultats du quizz effectué par les jeunes à la fin de notre intervention.
10
Les organismes cités dans la question 5 sont les suivants ; l’ANPAA, la famille, les amis, les
« centre », le CSAPA, le médecin. Tous les jeunes ont répondu à cette question et l’organisme
qui ressort le plus est l’ANPAA (écrite sous diverses orthographes). Au niveau des « smileys »
de satisfaction, trois smileys sont entourés comme très satisfait (premier smiley sur le quizz),
1 smiley est entouré comme satisfait (deuxième smiley sur le quizz), et enfin 1 des smileys
est entouré comme moyennement satisfait (troisième smiley sur le quizz).

Au niveau de la satisfaction, on observe que les jeunes ont majoritairement adhéré à notre
intervention. Cependant les résultats du quizz restent mitigés. Ce quizz avait pour objectif
principal d’évaluer les éléments retenus au cours de notre intervention. Avec du recul, notre
quizz aurait pu être plus pertinent et plus adapté, cela aurait pu jouer en faveur d’une
amélioration du nombre de réponses justes.
- La question n°3 possédait une erreur d’énoncé ce qui a pu induire l’erreur, de plus le
nombre de réponses proposées est trop grand, nous aurions dû réduire (trop
d’informations).
- A l’inverse la question n°4 ne possède pas vraiment de bonne ou de mauvaise réponse.
Nous aurions dû trouver un autre stratagème afin de savoir si les jeunes avaient
compris la notion de pression par les pairs (ex : Mise en scène - mais difficile avec ce
public pour des questions de sécurité).
- La question n°2 était globalement simple de compréhension - nous aurions peut-être
dû retirer le volet “autre” de la question afin de ne pas induire en erreur.
- La question n°1 est peut-être un peu trop imprécise au niveau de la fréquence de
consommation pour déterminer la nuance entre usage simple / usage nocif et
dépendance.
Nous sommes conscientes que les objectifs ne sont pas atteints dans leurs totalités mais il est
difficile d’apporter autant que nous l’aurions souhaité avec uniquement une séance et nous
espérons avoir fait de notre mieux dans le temps imparti. Cependant, nous pensons aussi que
les résultats du questionnaire, ne sont peut-être pas totalement révélateurs des connaissances
des jeunes. En effet, bien que l’intervention se soit parfaitement bien déroulée, nous pouvions
11
sentir tout de même une certaine forme d’opposition de leur part. Est-ce que leurs réponses
révèlent leurs véritables savoirs, ou sont-elles des formes de résistances ? Surtout que l’on
peut observer une quantité de réponses “non renseignées” (dessin sur la question, réponse non
entourée…) Malgré tous ces éléments nous avons espoir que notre intervention ai eu du sens,
et une des paroles d’un des jeunes nous a rassuré dans ce sens, car lors de la lecture de la Q4
portant sur la pression des pairs, celui-ci nous a spécifié « Je ne suis pas un mouton ! si j’ai
pas envie de fumer je ne fume pas ! ».

- Nous procédons à une deuxième phase d'évaluation en présence de Mme CORREIA,


l’infirmière de l'unité sanitaire qui nous fait un retour sur notre séance. Le groupe était
dynamique nous avons su trouver notre place et nous adapter au public. La prise de parole de
chaque intervenant a été respecté et les jeunes ont participé activement. Nous avons même
remarqué un jeune qui était assez fermé au départ de la séance et qui s'est ouvert
progressivement, celui-ci a fini par prendre la parole en fin de séance.

- La troisième phase sera l'auto-évaluation faite entre Amandine et Isabelle dès la sortie de
l’intervention. Nous avions au préalable construit une grille d’auto-évaluation. Celle-ci a été
remplie individuellement. Une mise en commun a ensuite eu lieu afin d’observer les
ressemblances et divergences entre les 2 parties.

Dans l’ensemble notre auto évaluation est satisfaisante. Sur les 17 critères d’auto évaluation
que nous avions sélectionné (Annexe 5) seuls 2 critères ont été évalué moyens, les 15 autres
sont évalués de satisfaisant à très satisfaisant. Les 2 critères qui nous permettent de dégager
des axes d’amélioration sont le support pédagogique et le langage utilisé (comprendre le
langage utilisé sur les cartes). Après concertation avec nos interlocuteurs de séance, le support
de cartes sous forme de jeu était judicieux mais les cartes peu adaptées à un public en difficulté
avec la langue française. Nous aurions pu garder les illustrations sans les bulles de
commentaires afin de rendre plus lisible le support pour tous.

- La dernière évaluation s’est faite avec Mr BALLER le surlendemain lors d'un entretien. Les
objectifs ont été globalement atteints. En son sens, notre vocabulaire était adapté au public
ainsi que notre attitude. Nous avons su avoir une grande ouverture d'esprit car nous avons
répondu des questions autres sur des sujets différents de ceux prévus initialement. Nombreux
sujets ont ainsi pu être abordés. Effectivement nous avons débordé sur le temps mais cela reste
quelque chose de positif, car le débordement provenait d’une participation active et d’un débat
riche et non d’éléments perturbateurs.

Contre toute attente des informations complémentaires nous parviendront quelques jours plus tard de
façon spontanée. Isabelle a croisé, dans le cadre de sa vie privée, une des surveillantes qui était avec
nous lors de cette séance. Selon elle, le retour est excellent. Les jeunes ont beaucoup échangé sur
l’intervention les jours qui ont suivi. Notre séance a aussi consenti aux adolescents d’avoir des
échanges avec les surveillants du centre pénitentiaire. Nous leur avons permis d’avoir une ouverture
sur la thématique des addictions. Les jeunes ont aussi apprécié notre façon ludique d'aborder les
choses, notre façon de sortir du cadre conventionnel et de ne pas être moralisateur dans nos propos.
Suite à ces évaluations nous pourrions aisément écrire des axes d'amélioration si la séance était à
renouveler :
● Simplifier les cartes en adaptant un visuel et un vocabulaire simple et plus accessible. Un des
jeunes était analphabète, nous lui avons lu les cartes et le quizz ;
● Prévoir une continuité (avec plusieurs séances) afin de valoriser les acquis et de poursuivre
l'échange ;
● Prévoir un temps de rencontre au préalable avec les jeunes ce qui permettrait une prise de
contact et faciliterait la relation de confiance.
12
V - Conclusion
Au terme de cette intervention, nous pouvons constater que les adolescents ont apprécié la séance
éducative mais aux vues des réponses du quizz, nous nous sommes aperçues que les connaissances
apportées ont été insuffisantes. Nous sommes conscientes qu’une action “one shot” possède un impact
limité sur les comportements en santé. Nous aurions souhaité si le temps nous l’avait permis, élaborer
un projet éducatif sur le long terme en créant un partenariat plus approfondi avec les différents acteurs
intervenant auprès des jeunes dans le milieu carcéral. Ce projet aurait dans l’idéal pu développer les
CPS des jeunes au travers de divers séances/actions rassemblant les 3 axes du PES (éducation,
prévention et protection). Il aurait apporté des facteurs de protection afin que les jeunes adoptent des
comportements favorables à la santé.

En ce qui concerne notre projet, cette expérience professionnalisante nous a permis d’acquérir les
méthodes nécessaires à l’élaboration de projet. Cette pratique nous a permis d’évoluer dans les
compétences clés de notre licence à savoir :

- Etre capable d’animer des séances de prévention et d’éducation à la santé ;


Nous avons appris à formaliser une préparation de séance (formulation d’objectifs, choix des leviers
cibles…). Celle-ci, dans sa réalisation nous a appris les savoirs essentiels à la transmission
d’informations pertinentes. Nous avons su animer notre intervention auprès du public mais également
observer son déroulement. Nous avons su nous adapter à la population cible pour apporter des
éléments ayant un impact sur leur santé et ainsi réduire les inégalités auprès de jeunes vulnérables.

- Etre capable de concevoir et d’évaluer des projets en prévention et éducation à la santé ;


Nous avons su mener ce projet au bout, de A à Z et ce malgré les difficultés rencontrées de par le
choix du milieu de notre environnement. Nous sommes passées par les différentes démarches de
projet (constitution des partenaires, diagnostic, mise en œuvre, planification…). Nous avons su aussi
faire une analyse de pratique, analyse primordiale lors de la réalisation d’un projet, et nous avons su
en tirer profit (axes d’amélioration critique, points positifs…).

- Etre capable de se constituer des ressources en prévention et en éducation à la santé ;


Nous avons été capables d’aller piocher dans la littérature des éléments essentiels à la formulation de
notre diagnostic, mais aussi des éléments clés sur les données probantes, et des éléments efficaces en
promotion de la santé afin d’effectuer le programme le plus pertinent. Nous avons su recenser ces
données et avons su en faire bon usage.

- Etre capable de rédiger des comptes rendus, compléter des appels à projets, et communiquer
autour des actions ;
Nous avons pris l’habitude de nous faire des comptes rendu lors de retour avec nos partenaires, et
nous avons su communiquer de manière efficace avec eux autour de notre action, de notre projet.
Cette communication que nous avons su élaborer est en grande partie responsable de la réalisation de
notre projet, nous avons su convaincre. Nous espérons avoir été assez convaincantes afin que l’idée
de perpétuer et de compléter le projet à pu naître dans les esprits du personnel.

- Etre capable de coordonner des actions et des ressources, collaborer et coordonner des
équipes.
Nous avons su travailler en collaboration, élément indispensable à la réalisation d’un projet. Notre
travail s’est organisé autour de nos contraintes, à savoir les horaires de travail en décalés. Nous avons
ensuite eu un vrai travail de de collaboration en se partageant les tâches à effectuer, en échangeant
autour de nos différents points de vue. Tout cela nous a conduit à établir un consensus de nos idées
et de les mutualiser pour enrichir notre travail.

13
Finalement ce projet nous a donné l’occasion de travailler en autonomie et de nous confronter à la
réalité du milieu professionnel indispensable à notre insertion professionnelle.

D’un point de vue plus personnel, et nous sommes d’accord toutes les trois, nous pouvons dire que
cette expérience est une expérience humaine très enrichissante. Le rapport à l’autre est un travail
perpétuel d’adaptation au quotidien. Nous avons évolué au sein du milieu pénitentiaire qui biaise les
rapports entre les hommes de par sa spécificité de contraintes. Il nous a fallu être authentiques dans
la relation à l’autre, que ce soit avec le personnel ou les mineurs. Nous en ressortons pleines de
richesse avec beaucoup d’humilité.

“ Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite.”
Henry Ford

14
Bibliographie
− Godin-Blandeau E, Verdot C, Develay AE. État des connaissances sur la santé des
personnes détenues en France et à l’étranger. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ;
2014. 94 p. Disponible à partir de l'URL : http://www.invs.sante.fr
− Godin-Blandeau E, Verdot C, Develay AE. La santé des personnes détenues en France et à
l’étranger : une revue de la littérature. Bull Epidémiol Hebd. 2013;(35-36):434-40.
− Chemlal K., Echard-Bezault P., Deutsch P. Promotion de la santé en milieu pénitentiaire.
Référentiel d’intervention. Saint Denis : Inpes, coll. Santé en action, 2014 : 228p.
− Mouquet MC. La santé des personnes entrées en prison en 2003. Études et résultats
2005;386:1-12
− Falissard B, Loze JY, Gasquet I, Duburc A, de Beaurepaire C, Fagnani F, et al. Prevalence
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− du Roscoät, E., Clément, J. & Lamboy, B. (2013). Interventions validées ou prometteuses en
prévention de la consommation de substances illicites chez les jeunes : synthèse de la
littérature. Santé Publique, s1,(HS1), 47-56. doi:10.3917/spub.130.0047.
− St Leger L, Young I, Blanchard C, et al. Promouvoir la santé à l’école : des preuves à
l’action. Saint Denis : IUHPE, 2010.
− Spilka S., Le-Nézet O., Janssen E., Brissot A., Philippon A., Shah J. et al. (2017), « Les
drogues à 17 ans : analyse de l’enquête ESCAPAD 2017 », Tendances, OFDT, n° 123, 8p.
− Obradovic I. (2017), « Représentations, motivations et trajectoires d’usage de drogues à
l’adolescence », Tendances, OFDT, n° 122, 8p.
− Luis, E., Lamboy, B. (2015). Les compétences psychosociales : définition et état des
connaissances. La santé en action, 431, 12-16.
− Fortin, J. (2015). Comment réussir un projet mobilisant les compétences psychosociales. La
santé en action, 431, 17-19.
− Godin-Blandeau, E., Verdot, C., Develay, C. (2014). Santé en milieu carcéral : état des lieux
en France et à l’étranger. La santé en action, 430, 8-10.
− Vallet, B. (2014). La prévention dans la prise en charge sanitaire des personnes détenues. La
santé en action, 430, 11-12.
− Delarue, J-M. (2014). Prison et éducation à la santé. La santé en action, 430, 13-16.
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http://www.justice.gouv.fr/art_pix/Mesure_mensuelle_incarceration_Janvier_2018.pdf
− Sannier, O., Verfaillie, F., & Lavielle, D. (2012). Réduction des risques et usages de drogues
en détention : une stratégie sanitaire déficitaire et inefficiente. La Presse Médicale, 41(7‑8),
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− Monney, V., Kempf, C., Vacquant, L., Dupperon, G., Soriano, B., Janier, F. et al. Guide
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− Centres d’addictovigilance (2011). Observation des produits psychotropes illicites ou
détournés de leur utilisation médicamenteuse. Principaux résultats, focus sur le milieu
carcéral, 2p.
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http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Populations-et-sante/Milieu-
penitentiaire-et-sante/Sante-des-detenus/Etat-de-sante-des-detenus
− Contrôleur général des lieux de privation de liberté (2012) Rapport de visite : Centre
pénitentiaire de Moulins-Yzeure. 187p. Repéré à http://www.cglpl.fr/wp-
content/uploads/2016/06/Rapport-de-visite-du-centre-p%C3%A9nitentiaire-de-Moulins-
Yzeure-Allier.pdf

15
Annexes

Annexe 1 : Carte conceptuelle

16
Annexe 2 : Courrier de Mme Simar pour Mme Dumez

17
Cartes principales

N° Carte Intitulé Thème abordé

N°4 “Avec l’alcool, le tabac ou les Qu’est-ce qu’une drogue ? Emergence des représentations.
drogues, on risque de devenir Participation possible de tous les jeunes.
accro” Définition des diverses pratiques de consommation
(curiosité, consommation occasionnelle, habituelle,
addiction).

Définition de la dépendance ; définition et explication des


mécanismes de l’addiction ; qu’est-ce qu’être accro ?

N°48 “On commence à consommer Pourquoi on consomme.


la première fois par envie et
plaisir” Paradoxe entre envie, plaisir et dégoût de la première
cigarette, premier verre…
Notion de plaisir ; effets des drogues sur les neurones.

N°6 “C’est important d’accepter Qu’est-ce qu’un défi ? Respect de soi et des autres ; notion
de relever des défis pour de liberté ; choix/non choix de ses actes ; savoir dire non ;
s’intégrer aux autres” relation au groupe des pairs; influence/pression du groupe ;
conformité au groupe des pairs; estime de soi/confiance en
soi; responsabilité des actes; bizutage.
Résistance à la pression des pairs, compétences
psychosociales.

N°56 “Quand on est accro, on Conséquences : effets psycho actifs ;


change de comportement, ça Conséquences sociales, familiales, relationnelles, affectives.
se remarque au niveau de
notre entourage, on n’est plus
le même…”

N°50 “On dit que les drogues sont Drogues licites/ illicites.
dangereuses et pourtant elles La loi française, européenne ; voir loi selon les pays. Se
sont fabriquées et vendu” renseigner sur les lois et les réglementations en vigueur
selon les produits et les pays.
Deal, trafic.

N°58 “Quand on est addict et que Aides et accompagnements à l’arrêt. Quelles aides ? A qui
cela devient insupportable s’adresser ? Où ? Accompagnement individuel et possibilité
dans notre vie ou celle de d’aide de l’entourage ; thérapies de groupes, groupes de
notre famille, on peut se faire paroles…
aider par quelqu’un” Aides budgétaires et matérielles. Certaines structures
garantissent la gratuité des soins (ex : CSAPA).

Annexe 3 : Chois des cartes du jeu Addi-Ado

18
Quizz
Entourer la bonne réponse
J’arrête sans difficulté
Je consomme régulièrement Je risque de devenir
dépendant
Aucun risque pour ma santé
Entourer la bonne réponse
Alcool
Quelle substance possède le pouvoir addictif Héroïne
le plus fort ? Tabac
Cannabis
Autres
Entourer la bonne réponse
J’ai fumé un joint, je prends la voiture, je Une amende
me fais arrêter par la gendarmerie… Un retrait de point
Une peine de prison
Qu’est-ce que je risque ? Un retrait de permis
Une peine complémentaire
Entourer la bonne réponse
Je n’ai pas envie d'essayer. Oui
Mes amis insistent. Non
Est-ce que je les écoute et le fait ?

Citer 1 ou 2 aide(s)
Je n’arrive pas à arrêter, j’ai besoin d’aide.
Vers qui je peux me tourner ?

Avez-vous apprécié l’intervention ?

Entouré le smiley correspondant

Annexe 4 : Quizz d’évaluation pour les jeunes

19
Très satisfaisant 1
Fiche d’auto-évaluation de la séance Satisfaisant 2
Moyen 3
Insatisfaisant 4

Critères d’évaluations 1 2 3 4 Observation

Cohérence des objectifs de la fiche de préparation

Les intervenants se présentent au public concerné


Les jeunes se présentent individuellement
Le groupe était au complet
Tous les jeunes ont participé
Prise de parole de chaque animateur
Support pédagogique adapté
Le langage utilisé est compréhensible pour tous
Les jeunes ont été à l'écoute des uns et des autres
Les jeunes ont été attentifs
Les jeunes ont participé activement
Les jeunes étaient motivés
Questions posées
Participations
Informations apportées au niveau des addictions à proprement dites
(expérimentation, définition de la drogue, définition de la
dépendance…), au niveau de la santé, de la réglementation...
Absence de question laissée sans réponse
Respect du temps imparti
Autres remarques :

Annexe 5 : Grille d’auto évaluation

20
Très satisfaisant 1
Satisfaisant 2
Fiche d’auto-évaluation de la séance- Amandine Moyen 3
Insatisfaisant 4

Critères d’évaluations 1 2 3 4 Observation


Cohérence des objectifs de la fiche de préparation X
Les intervenants se présentent au public concerné X
Les jeunes se présentent individuellement X
Le groupe était au complet X
Tous les jeunes ont participé X
Prise de parole de chaque animateur X
Support pédagogique adapté X
Le langage utilisé est compréhensible pour tous X
Les jeunes ont été à l'écoute des uns et des autres X
Les jeunes ont été attentifs X
Les jeunes ont participé activement X
Les jeunes étaient motivés X
Questions posées X
Participations X
Informations apportées au niveau des addictions à proprement dites X
(expérimentation, définition de la drogue, définition de la
dépendance…), au niveau de la santé, de la réglementation...
Absence de question laissée sans réponse X
Respect du temps imparti X
Autres remarques :

Annexe 6 : Fiche d’auto-évaluation (Amandine)

21
Très satisfaisant 1
Satisfaisant 2
Fiche d’auto-évaluation de la séance- Isabelle Moyen 3
Insatisfaisant 4

Critères d’évaluations 1 2 3 4 Observation


Cohérence des objectifs de la fiche de préparation X
Les intervenants se présentent au public concerné X
Les jeunes se présentent individuellement X
Le groupe était au complet X
Tous les jeunes ont participé X
Prise de parole de chaque animateur X
Support pédagogique adapté X
Le langage utilisé est compréhensible pour tous X
Les jeunes ont été à l'écoute des uns et des autres X
Les jeunes ont été attentifs X
Les jeunes ont participé activement X
Les jeunes étaient motivés X
Questions posées X
Participations X
Informations apportées au niveau des addictions à proprement dites X
(expérimentation, définition de la drogue, définition de la
dépendance…), au niveau de la santé, de la réglementation...
Absence de question laissée sans réponse X
Respect du temps imparti X
Autres remarques :

Annexe 6 : Fiche d’auto-évaluation (Isabelle)

22