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La franc-maçonnerie entre institutionnalisation et tribalisme.

Georges Bertin1.

« Un projet s’enracine toujours dans la réalité, sans exclure toutefois la


possibilité de contester et de remettre en cause certains acquis de l’usage,
parfois confondus abusivement avec la réalité ou la « naturalité ».
Jacques Ardoino,
Education et Politique, 1977.

Merci à Martine Arino, pour son aide au traitement des données.

Sommaire.
 Notre propos : institution et mutations.
 Etat des lieux : comment se présentent les principales obédiences
 Qu’en pensent des acteurs ? témoignages recueillis,
 Retour sur la méthode,
 Conclusions provisoires.
 Annexes : questionnaires, histogrammes.

1
Socio-anthropologue HDR, retraité du Conservatoire national des Arts et Métiers.

1
Notre propos :

Au 18ème siècle, celui des Lumières et de la Modernité triomphante, les


fondateurs de la Franc-maçonnerie spéculative ont su inventer des voies de
progrès et de fraternité sur lesquelles les loges travaillent encore aujourd'hui
dans la majorité des obédiences instituées. Leur projet (au sens étymologique
se porter en avant) était aussi celui de savants et d’ingénieurs comme le
reflétait, par exemple, la composition de la Royal Society dont les membres
étaient aussi en majorité francs-maçons2, Les institutions maçonniques
(obédiences) témoignent aussi d’une organisation calquée sur les états
souverains et visent à l’autonomie et à la promotion de l’individu, leur relation
à l’institution s’expliquant par le fait qu’à la période moderne l’Institution était
garante des libertés et du bonheur des individus. Pourtant, nos sociétés
postmodernes connaissent des mutations considérables et l'on voit bien que
leurs cadres de pensée craquent, que les institutions se délitent, que les
références symboliques qui les portaient tendent à se dissoudre.
D’où ce questionnement (appliqué à notre objet) : où en est le projet
universaliste de la Franc-maçonnerie dans notre pays ? Celui d’une religion
« naturelle » centre de l’Union ? Quel rôle y joue et y jouera l'Ordre
maçonnique en ses diverses composantes et de quelle façon? L’effervescence
constatée des loges franches ou libres hors institutions, (nouvelles formations
horizontales et tribales), est elle un indice de cette mutation ? La Franc-
maçonnerie est elle un miroir de ce qui se vit au plan sociétal ?

2
Lomas Richard, L’invisible collège,Dervy, 2002.

2
Pour ouvrir la réflexion, citons d’abord le remarquable travail de Céline Bryon-
Portet et Daniel Keller: « L’Utopie maçonnique 3», ouvrage qui a initié notre
réflexion. Pour ces auteurs, « l’utopie maçonnique s’est peu à peu
institutionnalisée, a acquis une dimension programmatique », Ainsi, le Grand
Orient de France, principale obédience française en effectifs et en
rayonnement public, s’est dotée comme d’une « Constitution » dans le but
louable « d’améliorer l’homme et la société ». Cette « Constitution » le définit
de fait comme une institution (article1).
Or, la Franc-maçonnerie universelle, dans son acception traditionnelle la plus
communément admise est « un Ordre initiatique fondé sur la Fraternité ».

Pour étudier ce qui peut sembler un paradoxe, il s’agit, dès lors, de tenter de
mieux comprendre comment cela se vit aujourd’hui dans l’actualité et le
quotidien des loges. Notre champ sera limité à la Franc-maçonnerie française4.

Faisons d’abord un état des lieux.


L’Express a publié le 19 juin 2014 une liste des 22 obédiences maçonniques
françaises avec leur nombre de frères et de sœurs. Le total était de174 848
frères et sœurs (dont 32 762 sœurs soit 18,7%). Il s’agit bien sûr de chiffres
déclarés5.
La principale obédience, le GODF6, désormais mixte, représente 55000
membres (37 %). Rapportés aux effectifs des principales confessions religieuses

3
Bryon-Portet Céline et Keller Daniel, L’Utopie maçonnique, Paris Dervy, 2015.
4
laquelle est d’ailleurs un cas d’exception dans le monde, puisque la majorité des frères et sœurs qui la
pratiquent se déclarent a dogmatiques, Celles de la franc-maçonnerie anglo-saxonne étant, elles, dans
leurs déclarations de principes, rattachées et reconnues par la Grande Loge Unie d’Angleterre
résolument déiste et donc dogmatique.
5
http://blogs.lexpress.fr/lumiere-franc-macon/2014/06/19/49475/
6
Le Droit Humain pour les Cahiers de l’Histoire compte 14000 membres.

3
et à la population française, ces chiffres sont éloquents et suffiraient à eux
seuls à faire un sort à une pensée souvent convenue relayée par les milieux de
l’extrême droite et quelques officines catholiques intégristes-qui voient là une
résurgence si ce n’est l’instrument d’un complot universel lié à un «projet
satanique de domination» étudié par plusieurs auteurs auxquels nous
renvoyons7.

Une institution, oui mais laquelle 8?


Les obédiences a dogmatiques ou libérales sont généralement alignées sur les
positions des imaginaires politiques liés à la République laïque, fraternelle et
égalitaire, en même temps que la croyance affirmée, et ce dès le 18e siècle, au
progrès illimité quand les loges travaillent «au progrès de l’Humanité».
Le GODF. (55000 membres cf. Les Cahiers de l’Histoire)
Cette référence est manifeste dans le rapport 2015-2016 du Grand Orient de
France consultable sur son site officiel. Il est d’abord fortement imprégné de
ses valeur spécifiques qu’il proclame mettre au service de la République dont il
partage la devise « Liberté, Egalité, Fraternité9 » ce qui est, aussi, celle des
autres obédiences dites a dogmatiques : GLDF, GO, GLFF, GLMU etc.…
Sous le titre IV, « Au service d’un progrès concret » le rapport du GODF,
consacré un chapitre au « partage des Lumières avec la société », se réfère à
une éthique de la séparation dont la Révolution eut la première initiative
consacrée en 1905 par les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat, il en définit
les conditions : « c’est le rôle de la laïcité de permettre à chacun d’échapper à

7
Taguieff Pierre-André, La Foire aux illuminés. Esotérisme, théorie du complot, extrémisme, Paris
Mille et une nuits, 2005 612p.
8
Voir aussi sur La Franc-maçonnerie en France : Les Cahiers de l’Histoire, Les secrets de la Franc-
maçonnerie, 21-4-2018.
9
Employée pour la première fois par Robespierre en 1790, reprise souvent par la convention
montagnarde en 1793, puis abolie sous L’Empire et la Restauration et réhabilitée en 1830. Elle devient
la devise officielle de la République en 1848.

4
la déréliction de sa solitude et de son isolement et de replacer chacun dans le
droit fil d’une ouverture collective, d’un chemin sur lequel chacun peut
inventer son histoire ». (Page 2).
Cent ans auparavant (1912), en écrivant « Les Formes élémentaires de la vie
religieuse », Emile Durkheim écrivait que celles-ci sont le produit d’une
immense coopération qui s’étend non seulement dans l’espace mais dans le
temps et que c’est par ce qu’il partage de la société que l’individu se dépasse
naturellement lui-même, aussi bien quand il pense que quand il agit 10». Pour
lui, de fait, la société tend à refouler les représentations qui la contredisent,
elle les tient à distance, elle commande au contraire des actes qui la réalisent
et cela, de par le simple rayonnement de l’énergie mentale qui est en elle11.
La laïcité est sans doute ici le nom donné par le GODF à ce que Durkheim
nommait énergie mentale, laquelle assure la construction permanente du lien
civique. Castoriadis parlait lui de « significations imaginaires sociales
partagées », et c’est tout à l’honneur du GODF sentant la déréliction où sombre
la société consumériste et néo libérale de mettre l’accent sur cet aspect des
choses, en tentant de porter remède au refoulement social contemporain,
maintenant mondialisé, quand 4 milliards d’humains vivent avec moins de deux
dollars par jour alors que la fortune des trois personnes les plus riches du
monde dépasse le produit intérieur brut des 48 pays les plus pauvres (source
PNUD).
Nous avons donc bien une continuité entre une pensée durkheimienne
constatant l’anomie sociale et le discours public de la plus grande obédience
française, se référant, cent ans après, au même pacte républicain, même si le
recrutement des obédiences de notre pays reste largement lié aux classes
dominantes.
10
Durkheim Emile, Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, PUF-Quadrige 1990… p 23
11
Ibidem p 297

5
Le GODF rappelle bien ici, et c’est nécessaire, le principe d’universalité dont
nous avons besoin et dont l‘Institution, la Res Publica, est la garante. Il s’affirme
comment en étant une courroie de transmission ayant pu l’inspirer à certaines
époques.
La GLDF. (26 000 initiés cf. Les Cahiers de l’Histoire).
La Grande Loge de France affirme, en ses proclamations publiques, la primauté
du spirituel sur le temporel, invitant ses membres à la pratique scrupuleuse et
sérieuse du rituel et du symbolisme et la liberté absolue de conscience ».Cette
obédience invite ses membres à « assumer leurs responsabilités de citoyens
éclairés, attentifs à la transmission des valeurs de l’obédience à réfléchir à tout
ce qui peut améliorer la condition humaine, et de citer : effets de la
mondialisation, effets négatifs du communautarismes12, actions des lobbys,
éveil de la conscience ». (Commission Ethique de l’Obédience).
La GLAMF.
La tonalité à la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (obédience
dissidente de la Grande Loge Nationale Française) revendique une maçonnerie
capable de « réconcilier les exigences d’un monde en évolution avec La
Tradition» (site officiel). Son Grand Maîtrese positionne pour une Franc-
maçonnerie évoluant vers plus de Modernité tout en dénonçant toute influence
politique des loges sur la société. Mais, des sociétés de la Tradition à celles
d’une Modernité aujourd’hui questionnée, les mêmes référents fonctionnent
ils encore ?
La GLNF. (39 000 initiés pour Les Cahiers de l’Histoire).
Le 26 juin 2015, le Grand Maître de la GLNF, Jean-Pierre Servel, proclame que
l’origine des loges maçonniques est fortement remise en cause par des
découvertes scientifiques (qu’il ne cite pas). Il s’agirait en fait de clubs anglais
12
Nous observons que sur ce point la pensée franc-maçonne officielle est extrêmement pauvre, et
entachée de maintes confusions, alors que, les F-M sont aussi une communauté !

6
très sélectifs comme tous les clubs, qui auraient opéré une reconstruction
tardive des rites en se fondant sur l’expression Les Fils de la Veuve. Le but de la
Franc-maçonnerie ne doit donc être rapporté à aucune discussion politique ou
religieuse n’étant qu’élévation spirituelle dans la recherche de la Jérusalem
Céleste, les loges étant à considérer comme organismes de bienfaisance.13.

GLFF. (13000 initiées selon Les cahiers de l’Histoire.


La tonalité dans la principale obédience féminine, est plus tournée vers valeurs
et Tradition : « la Tradition dont se réclament toutes les maçonnes et tous les
maçons, proclame l’obédience féminine, ne doit pas être considérée comme un
savoir inerte, fruit fossilisé des intelligences de nos anciens, eux qui savaient
combattre les idées reçues, chercher la vérité jusqu'au martyre, abattre les
dogmes et révolutionner la science de leur époque. La Tradition à laquelle elle
se réfère référons est une tradition humaniste, faite de liberté de conscience,
de tolérance réciproque, de progrès, de fraternité, de volonté de concorde, de
conciliation et d'amour. Fidèle aux principes fondateurs de la Franc-maçonnerie
universelle, la Grande Loge Féminine de France respecte strictement les lois de
la France. Elle a fait sienne la devise de la République Française, "Liberté,
Egalité, Fraternité".(Site de l’obédience).
Tribus ?
Enfin, est apparue depuis quelques années, sur la scène maçonnique,
l’existence de loges franches ou libres qui refusent toute organisation
hiérarchique et pyramidale et s’organisent en réseaux, ne prenant leur
légitimité que d’elles-mêmes, Est-ce le premier indice d’un tribalisation de la
Franc-maçonnerie à l’ère postmoderne, quand celles-ci seraient

Il est à noter que celle-ci ne s’applique pas en tant qu’amour de leurs semblables aux autres francs-
13

maçons dont ils vont jusqu’à dénier la qualité maçonnique.

7
« instituantes » face à des obédiences « instituées » ? Ainsi, Michel Maffesolia
analysé, dans plusieurs de ses ouvrages, les relations antagonistes qui se font
jour entre la puissance sociétale et les pouvoirs institués. Cela se vérifie t-il ici ?

Réflexion.
Nombre d’analyses de l’Imaginaire social contemporain nous mettent en garde
sur ce que la crise, désormais récurrente depuis un demi-siècle, a pu générer
comme effets dissolvants (c’est le thème de l’auto dissolution de l’Institution)
dont les institutions périphériques, reproduisant le discours de l’Etat, ont à se
préoccuper14.
En effet, comme le faisait remarque René Lourau, la notion de crise suppose
une remise à jour une modernisation, un aggiornamento, bref une ré-
institutionnalisation face notamment à la montée des multinationales, à la
mondialisation des échanges, au dépérissement des Etats. Et l’on peut se
demander si des discours obédientiels ancrés sur les sociétés du 18e et des 19 e
siècles sont aujourd’hui adéquats aux nouvelles donnes de l’imaginaire social,
quand pour reprendre une idée chère à Castoriadis, certains schèmes de
pensée ne correspondent plus à quelque chose qui nous dépasse, quand il
faudrait que de nouvelles valeurs émergent dans la dimension du social-
historique15.
Autrement dit, les discours républicains relayés en périphérie dans les
institutions, ne relèvent-ils pas d’une pensée certes libérale aux temps de son
émission mais qui, désormais, n’échappe pas à une logique ensembliste-
identitaire quand les ruptures entre par exemple social, culturel et politique
sont désormais consommées?

14
Lourau René, L’Etat inconscient, Paris Minuit, 1978, p. 200 sq.
15
Castoriadis Cornélius Une société à la dérive op cit.p. 86

8
Qu’en pensent les acteurs ?
Nous sommes allés le leur demander au moyen d’une lettre et d’un
questionnaire de témoignages adressé à un millier d’acteurs de la Franc-
maçonnerie française, pris au hasard dans divers univers relationnels de loges
connues de nous &dans diverses obédiences. On les trouvera en annexe. 74
questionnaires nous ont été adressés (environ 7%), 63 ont pu être traités
(6,2%). Nous précisons qu’il ne s’agit pas ‘une enquête exhaustive se voulant
représentative du paysage maçonnique français dans son ensemble, (le quel
est très complexe), mais plutôt d’un recueil de témoignages basé sur le
volontariat.
Cette enquête a été effectuée pour le Colloque du CEAQ à Montpellier en juin
2018 sur une proposition du professeur Michel Maffesoli.

Profil des répondants.


Les réponses (avec un taux de 98,4%) émanent pour 73,02% d’hommes et pour
25,4% de femmes16, 90,8% d’entre eux sont membres actifs à ce jour en
moyenne depuis 22 ans, et leur âge moyen est de 66 ans( 85% de plus de 48
ans !). D’après les statistiques nationales l’âge moyen des initiés est de 57 ans.
(cf. Les cahiers de l’histoire avril 2018).
La répartition des répondants entre les obédiences est la suivante pour les plus
importantes,: GODF, 38%, GLNF, 12,7%, GLLF, 11,7%, GLDF, 9,5%, DH, 9,5%, les
autres dont les loges libres représentant 22, 2%.
Le Rite écossais ancien et accepté est le plus pratiqué par les répondants
(55,5%) ce qui est conforme à la réalité constatée. Le rite français venant juste
ensuite (12,7%).

16
Dans l’enquête 2018 des Cahiers de l’Histoire, elles ne sont que 15,5 % de l’effectif global…

9
63% d’’entre eux ont participé à des instances de dirigeantes, avec une
différence constatée entre les hommes et les femmes, les premiers plus
investis aux niveaux régional et national et les femmes au niveau local. 58,6%
sont membres des « Hauts Grades »17» (Ce taux important comme la durée de
l’engagement permet de constater un degré de réflexion important sur l’Ordre
maçonnique, nous en ferons état dans les réponses aux questions ouvertes.
Tous sont satisfaits

Réflexions sur l’actualité de leur engagement


Les questions portaient d’abord sur les représentations que ses membres ont
aujourd’hui de la Franc-maçonnerie au regard de leurs attentes initiales et des
valeurs qu’elle prône. Les répondants sont globalement sont très
majoritairement (85%) satisfaits par rapport aux attentes de départ (qu’ils
mettent en lien avec leur évolution et le climat vécu dans les loges personnelle,
très citée) et pour ce qui concerne les valeurs de l’Ordre.
Ainsi : « Excellentes : mon engagement et l'aide de mes frères m'ont beaucoup
apportés ; surtout le travail pour plancher et le regard critique et amical des
frères sur mes planches »
Ou encore : « agréablement surpris que l’on y retrouve des valeurs universelles
commune aux grandes lignes spirituelles tant occidentales qu’orientales »
Pour un frère le sentiment de s’inscrire dans une lignée : « engagement
fondateur ; référent de mas attitudes professionnelles et personnelles. Lien avec
les racines familiales retrouvées (père et grands pères). Sens du symbole de la
chaîne d'union : elle vient du passé et tend vers l'avenir ».

17
ateliers de perfectionnement suivis après les trois premiers degrés des loges dites bleues.

10
Et aussi : « il y a pour moi une grande satisfaction à participer régulièrement
aux tenues et aux diverses réunions maçonniques. Ce sont toujours de grands
moments de réflexion, d'introspection, d'échanges, de convivialité. J'ai reçu à
des moments importants de ma vie des soutiens très précieux qui ont démontré
s'il en était besoin que les liens qui nous unissent en fraternité sont autrement
puissants que ce qui peut exister dans le monde profane »
Sentiment que l’on trouve encore même chez une des rares démissionnaires du
panel : »sentiment de satisfaction très favorable, un chemin d'initiation qui
permet une authentique évolution. »
Avec quelques bémols ainsi formulée par une sœur : « plutôt satisfaite même
si je désirerais que l’Ordre s’engage encore davantage dans la défense de
l’égalité entre l’homme et la femme, dans et hors du Temple ».
Les autres réticences ou déceptions (8%) portent parfois sur des conduites
individuelles discordantes par rapport aux valeurs de la FM « beaucoup de "
maçons " ont oublié de laisser leurs métaux à la porte du Temple (cf. leur
EGO). »
Ou bien sur l’organisation hiérarchique voire bureaucratique des obédiences,
mais nous y reviendrons. Parfois un sentiment d’usure est exprimé avec
humour : « Au début tout beau… puis la FM ne fait que compter les tuiles qui
manquent et qui fait les agapes ». Sur les valeurs : « regret parfois qu'elles ne
soient pas toujours pratiquées à l'intérieur de la FM. »

Sur l’identité de l’Ordre maçonnique.


La question « Pour vous la FM c’est quoi ? » à 8 items et deux choix possibles a
donné.
1. Un lieu de progression personnelle et spirituelle : 73%
2. Une fraternité : 60,3%

11
3. Un club de pensée philosophique et culturel : 22%
Ce qui corrobore les sentiments de satisfaction quant aux valeurs dégagées
précédemment.
Il est à remarque que les personnes travaillant au REAA (Franc-maçonnerie dite
écossaise plus ritualisée) constituent 38% des réponses au premier choix donc
50% mais que ce n’est donc pas exclusif à ce rite.
Contrairement aux idées reçues, l’item « lieu de pouvoir politique » n’a recueilli
aucune réponse, l’institution 12,7% et l’idée tribale seulement trois réponses.
L’esprit l’emporte donc très largement sur les aspects plus pragmatiques, soit :
spiritualité, fraternité, réflexion.

Sur l’organisation de la FM en France ?


Les réponses à retenir portent sur mots les plus cités)
- un regret de l’éparpillement des obédiences et le souhait qu’elles se
rapprochent,
- une réticence certaine vis à vis des « Grandes Loges », du fait de leur
caractère centralisateur et de la mise en avant des considérations
matérielles au détriment de l’humain, de leur organisation pyramidale,
- le fait réaffirmé plusieurs fois que la loge est le lieu où se vit la FM et que
les loges sont libres.
« Trop de cloisons et pas assez de ponts.. ».
« Il conviendrait sans doute de dépoussiérer un peu les choses, notamment sur
certains aspects très bureaucratiques. Toutefois je pense que dans l'ensemble
l'organisation actuelle privilégie assez bien la stabilité de la maçonnerie en
France »
« Trop de loges (plus de 30 dans ma ville), trop d'obédiences qui parfois se
détestent étant toutes certaines de détenir la vérité… Très Français.

12
Finalement !… et « comment expliquer qu'il y ait autant d'Obédiences en
France qui se regardent souvent du coin de l'œil quand elles ne vont pas
jusqu'à s'excommunier ? » et encore : « beaucoup trop d'obédiences : la
maçonnerie doit être universelle ou ne doit pas exister. Qui peut décider qui
est un maçon régulier ou non… »Autre réponse : « il y a une trop grande
importance prise par les instances centrales surplombantes. Le travail se fait en
Loge, les décisions sont donc locales, et ne devraient pas venir d'une direction
centrale ».

Sur les aspects hiérarchiques des organisations FM:« tout ce qui instaure une
hiérarchie, est pour moi une déviance aussi grave que l'organisation
hiérarchique de l'Eglise et contrevient par conséquent aux préceptes de la FM »
et aussi : « le vrai travail en franc-maçonnerie n'est pas celui de LA FRANC-
MAÇONNERIE ou de l'Obédience en général, mais de l'Atelier en particulier. »

Avenir de la Franc-maçonnerie et mutations : un Nouvel âge ?


41,3% des répondants regrettent une évolution privilégiant les cercles
d’échanges sociaux et politiques au détriment du cheminement initiatique et
oubliant la Tradition et le Symbole. Mais contradictoirement : : « les loges
auraient besoin d’un lifting, nous devrions nous intéresser davantage au défi de
l’avenir au lieu de nous engluer dans le passé et le présent » Ceci est freiné
par : « Une franche contradiction entre le désir social d’égalité, de partage et
d’implication, renforcé par l’apparition des nouvelles technologies (qui mettent
à disposition de chaque individu un immense continent de connaissances faciles
d’accès), et l’organisation hyper hiérarchisée de la FM, qui favorise l’émergence
de quelques privilégiés qui cumulent savoir et pouvoir à l’intérieur de
l’institution. Peu d’esprit de collaboration et peu d’écoute entre les instances et

13
les personnes ».Car, diagnostic sévère :« au XXIe siècle la Maçonnerie ne pourra
continuer qu'avec un retour à la Primauté des Loges, ou elle sombrera comme
bons nombres d'institutions qui ne sont plus en accord avec le monde actuel ».

Loges libres ou franches ?


69,8% des répondants en ont fréquenté une, ce qui constitue un taux élevé
compte tenu du fait que la plupart des obédiences proscrivent cette
fréquentation, la GLFF prônant même l’exclusion des sœurs qui s’en rendraient
« coupables ».
Dans ce cadre, leur émergence est vue, d’un côté en bonne part : « Elles sont
signe d'une liberté revendiquée, et répondent à un besoin puisqu'elles existent.
Elles bousculent les rituels d'une maçonnerie moderne qui doit bouger sinon le
FM va disparaitre comme toutes les institutions " modernes » … « Créer une
Loge indépendante, c'est en quelque sorte revenir aux sources »… « Elles offrent
l'opportunité de renouer avec les valeurs d'origine, libéré de toute
administration tutélaire. La clé de leur développement? Avant même la capacité
à ré enchanter la maçonnerie, je dirais, leur savoir-recevoir ». Car elles sont
« promises à un bel avenir, à condition aussi qu'elles ne s'égarent pas surles
sentiers de la certitude. » Ou encore : « évolution indispensable d'une manière
d'être homme parmi des hommes, débarrassée des archaïsmes destructeurs,
par un retour aux fondamentaux mis à jour de l'évolution de notre société et de
la prise de conscience du développement des moyens de communication ».Elles
constituent : « Une juste réponse au délitement des valeurs prônées par nos
rituels et à ceux et celles de nos loges qui sont peut-être en souffrance »
Pour autant : » Une grande Loge donne un sentiment de sécurité et peut-être
une plus grande ouverture sur la société dirigeante de nos institutions. » …à la
condition que dès le départ, il y ait des Membres Fondateurs qui sachent de

14
quoi ils parlent, qui s'impliquent un maximum et qui soient capables de
proposer une réelle vision qui puisse s'inscrire dans la durée ».
Et, une évolution favorable : « il me semble qu'elles doivent constituer un
appoint et non entrer en lutte »…» … Pour un autre répondant, cependant : «ces
loges ne me semblent pas d'une grande utilité, elles ne font qu'ajouter à la
complexité existante ».
Cette émergence paraît révélatrice et de la prise en compte justement de la
complexité des engagements en FM et du fait que certains frères et sœurs ne
se retrouvent plus ou ne se retrouvent qu'imparfaitement au sein des
obédiences plus traditionnelles. Cela dénote également un désir de se libérer
de ce qui peut être vécu comme des contraintes ou de fonctionnement par
trop pyramidaux ».
Elle est pour nous le signe patent d’une tendance à la
« désinstitutionalisation »de la FM que nous pointions supra, à la suite de
Céline Bryon-Portet et Daniel Keller, quand l’instituant se situe à la périphérie.
Nota : n’est ce n’est pas également lié à la perte d’influence de la FM dans la
sphère politique ?. Les deux seules initiées démissionnaires de l’échantillon sont
des femmes. Dans leur verbatim, elles sont les plus critiques du fonctionnement
hiérarchisé de la FM. (cf. remarque de Marine Arino).
La frequentation des loges libres fait, de plus, état d’une forme d’errance,
certains répondants attestant de leur appartenance obédientielle et en même
temps de leur affiliation à une loge libre, Aussi, “l’escapade est, écrit Michel
Maffesoli18, dans tous les sens du terme libératrice. Non pas la liberté limitée
d’une seule dimension de l’humain, non pas la liberté matérielle, mais bien une
libération holistique en ce qu’elle met en jeu toutes les facultés humaines,
fussent-elles les plus spirituelles, en tout cas les moins tangibles. C’est en ce
18
Maffesoli Michel, L’errance religieuse, article à paraître in Quêtes sociétales, Matières à penser N°
11, automne 2018.

15
sens que le nomadisme peut être symptomatique de l’esprit du temps : comme
l’esprit il est vaporeux, il souffle où il veut, et ne se laisse pas contraindre par
quelque barrière que ce soit, celles de l’identité, celles des définitions, celles des
frontières et autres formes de l’assignation à résidence.”

Sur les nouveaux modes de communication : la FM doit-elle s’en saisir et les


intégrer?: 47,6% des répondants s’y déclarent favorables.
Car : « les réseaux sociaux ont sûrement quelques intérêts, mais je ne pense pas
que la vérité recherchée ne soit gommée pas le système »… Un répondant y voit
une aide dans la recherche d’universalité, il écrit « Si cela peut redonner à la FM
le souci d'une fraternité universelle, la conscience de la dignité humaine, visant
au développement spirituel et cultivant la bienveillance vis-à-vis de son
prochain, il n'y pas à hésiter ». Un maçon cite le réseau horizontal d’échanges
entre loges libres ALMA Universelle qui a su s’en emparer « et qui garantit une
qualité ans empiéter sur la vie en loge et sans s’ériger en donneur d’ordres. Il
offre l’opportunité de renouer avec les valeurs d’origine libéré de toute
administration tutélaire ».
Les nouveaux réseaux sont ainsi vus comme un renforcement potentiel de la
souveraineté des loges, en les débarrassant de ce qu’un répondant nomme
« les archaïsmes destructeurs »et un adjuvant possible de la FM non
obédientielle en favorisant des liens non hiérarchiques entre les loges.

Observations personnelles restituées ; le taux de réponse est relativement


faible : 41,3%.
Les répondants reviennent sur les notions d’exemplarité, de prudence et de
discrétion face aux mutations, sur la nécessité de travaux de ce type en ces
temps critiques ; Ils sont attachés malgré l’émiettement au principe

16
d’universalité et regrettent les querelles entre les diverses positions instituées,
pour eux les loges franches ne devant pas être opposées aux obédiences, dont
le système est déjà très pesant. La recherche fondamentale de la FM française
devant rester le cheminement initiatique, la progression personnelle et
l’élévation spirituelle, la Tradition et le Symbole et non l’accent mis sur le
politique.
Là encore comme le champ du politique est, sociologiquement parlant, celui de
l’Institution, nos hypothèses de départ sont validées.

Retour sur la méthode.


Les résultats de cette enquête de témoignages, bien imparfaite en son
administration, et qui mériterait des suites mieux instrumentées si elle a une
vertu ou une utilité, c’est celle de nous inciter à entrevoir des pistes de
recherche. Elle suggère, de fait, des réflexions sur la dialectique bien connue en
sociologie institué (obédiences), /instituant (loges libres, même si toutes les
loges sont supposées libres). Notre méthode, face aux grosses machines
sondagières (qui conduisent aux surinterprétations), nous fait délibérément
renoncer aux classements en termes de classes et de statut culturel, ce qui
était adéquat à notre objet, puisque en principe les différences n’ont pas cours
dans les loges. La FM se vit d’abord en loge et se trouve, les répondants nous le
rappellent sans cesse, un fait d’abord micro social, lequel a pourtant, c’est un
paradoxe, neuf siècles d’existence si l’on tient compte des loges opératives sur
les chantiers des cathédrales dans toute l’Europe médiévale.
Si l’attachement à la Tradition est ici patent, le constat des pratiques
quotidiennes, en leur diversité, montre une distance à tout ce qui figerait les
rituels (qui sont le vocabulaire des loges) dans un « rien ne bouge ».

17
Dans le travail en loge maçonnique comme dans la fête, la cérémonie civile ou
religieuse, se joue le rapport de la réalité et de la fiction, de l’imaginaire et du
réel, de la présence et de l’absence19 (ici celle du Grand Architecte de l’Univers
pour une bonne partie des loges, mais les Constitutions d’Anderson ne sont-
elles pas moins une référence sous-jacente sans cesse rappelée car de moins
en moins présente ?) et ce, « en un moment où sinon la faillite, du moins la
relativisation de l’idéal progressiste des Lumières, idéal diurne s’il en est, ne fait
plus aucun doute20”.
D’où travailler sur les médiations qui forment l’ensemble de l’activité franc-
maçonne est plus que jamais nécessaire et nous pensons aux travaux de Céline
Bryon-Portet (auxquels nous renvoyons) sur l’anthropologie de la
communication maçonnique, laquelle met justement l’accent sur ce point
précis.
Comme elle21, nous avons cherché à nous situer entre « implication subjective
et volonté de distanciation ». Ce qui est le propre et la difficulté de toute
recherche impliquée, puisque comme l’écrit Rémi Hess22, "L'implication c'est la
façon dont l'Institution est intériorisée par le sujet".

Conclusions provisoires.
Soit un Ordre (une institution) initiatique (qui pose la nécessité d’un
changement personnel) fondé sur la fraternité (la nécessité des médiations et
de la place des autres). Il proclame, en ses origines, adhérer « à une religion
« universelle » laissant à chacun ses propres opinions » et devient « le Centre
19
Cf Piette Albert, Le fait religieux, une théorie deaal religion ordinaire, Economica, 2003.
20
Maffesoli Michel, L’errance.. op. cit
21
Céline Bryon-Portet, « Anthropologie de la communication maçonnique : retour sur une démarche
d’intermédiation créative, entre participation poïétique et approche réflexive », Sciences de la société
[En ligne], 92 | 2014, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 08 juin 2018. URL :
http://journals.openedition.org/sds/1101 ; DOI : 10.4000/sds.1101
22
Hess Rémi, La socianalyse, Paris, Éditions Universitaires, 1975.

18
de l’union et la voie par laquelle s’unissent en une franche amitié des personnes
qui auraient dû rester pour toujours distantes » (Constitutions d’Anderson,
article 1, 1723).
Le paysage maçonnique français offre à cet égard de nos jours un paysage plus
que contrasté, ce que soulignent nos répondants.
Pourtant ni l’adhésion aux valeurs fondatrices, à la Tradition, ni l’idéal de
Fraternité ne sont rejetés, bien au contraire.
Les clivages constatés proviennent plus de la mise en cause de la distinction
sacré/profane comme de classifications et hiérarchies qui semblent arbitraires,
ce qui pourrait conduire à une décomposition de l’Ordre maçonnique en tant
que tel.
Pourtant le Sacré a pour fonction de stabiliser en rappelant les origines et les
distinctions qui, ici ou là ont pu s’opérer, puisque tous s’y reconnaissent et ce
face à des organisations verticales toujours soupçonnées de réification
bureaucratique. Car tous les Francs-maçons continuent à se retrouver, -pour
reprendre l’expression célèbre du frère Rudyard Kipling- « sur le niveau et à se
quitter sur l’équerre ». Le reste ne serait antinomique à toute liberté
revendiquée ou retrouvée sauf à consentir comme l’indique un répondant à
une « servitude volontaire ».
C’est cette recherche de sens qui nous semble, en toute liberté, le
dénominateur commun aux témoignages recueillis et qui témoigne de leur
vigilance, sachant que «quand s’évapore le sens sacré des qualités de la
culture, le sens tout court s’évapore. Car, refuser le sacré, c’est refuser les
limites de l’homme23 ».
Aussi, dans « une société à la dérive », (celle que nous vivons) où le langage est
réduit à une formalité, à de purs codes de communication réduite à

Kolakowaski Lescek, La revanche du sacré dans la culture profane, in Qu’est-ce que le religieux,
23

Religion ou politique, Revue du MAUSS N° 22, 2e trimestre 2003 ; éd la Découverte, p. 60

19
transmettre des ordres, des signaux ( ce qui est l’ambition de toute
Institution/Organisation à visée totalitaire), une nouvelle société ne peut
effectivement naître qui « si dans le même temps de nouvelles significations
apparaissent, de nouvelles valeurs, de nouvelles façons de donner sens aux
choses, aux relations entre être humains 24».
Ce qui nous semble au cœur, et l’actualité de la Franc- maçonnerie française en
constitue en quelque sorte la chambre d’écho, c’est ce moment que nous
vivons où de Grands Inquisiteurs, encore de façon détournée mais bien réelle,
amènent les gens à faire ce qu’ils ont décidé qu’ils feront, avec l’apparence
d’une centralité pseudo démocratique, si ce n’est « incantatoire » comme le
fait encore remarquer Céline Bryon-Portet. Mais les modalités de résistance en
sont multiples auxquelles les loges du fait de leur modes d’adhésion et de
fonctionnement (maçons libres dans des loges libres) et du fait qu’elles s’en
tiendront tant soit peu à l’écart. Elles constitueront le témoignage vivant d’une
autre et nouvelle modalité d’e l’être ensemble. Leur relation à la Tradition, soit
« la recherche de ses racines populaires, de l’ancestrale sagesse25 » en est sans
doute le principal antidote, quand « la fécondité des traditions est le gage des
trouvailles contemporaines ».
Et les réponses que nous disent ceux qui ont bien voulu se prêter à notre
enquête en sont les prémisses et les fondements.
Nous avons dit : Spiritualité, Fraternité, Réflexivité.

GB
Angers, le 8 juin 2018.

24
Castoriadis Cornélius, Une société à la dérive, Entretiens et débats, 1974-1977, Le Seuil, 2005, p.88.
25
Maffesoli Michel, Etre Post Moderne, Paris Le Cerf, 2018, p<.143.

20
Bibliographie.

Ardoino Jacques, Education et politique, Paris Gauthier Villars, 1977.


Bertin Georges, Entre caverne et lumière, essai sur l’imaginaire en loge de
francs-maçons, Lyon, éd. du Cosmogone, prix Cadet Roussel 2017. Préface de
Céline Bryon-Portet et post face de Michel Maffesoli.
Bryon-Portet Céline et Keller Daniel, L’Utopie maçonnique, Paris Dervy, 2015.
Bryon-Portet Céline, « Anthropologie de la communication maçonnique : retour
sur une démarche d’intermédiation créative, entre participation poïétique et
approche réflexive », Sciences de la société [en ligne], 92 | 2014.
Castoriadis Cornélius, L’institution imaginaire de la société, Paris, Le Seuil, 1975.
Castoriadis Cornélius, Une société à la dérive, Paris, Le Seuil, 2005.
Durkheim Emile, Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, PUF-
Quadrige 1990.
Hess Rémi, La socianalyse, Paris, Éditions Universitaires, 1975.
Kolakowaski Lescek, La revanche du sacré dans la culture profane, in Qu’est-ce
que le religieux, Religion ou politique, Revue du MAUSS N° 22, 2e trimestre
2003 ; éd la Découverte.
Lomas Richard, L’invisible collège, Dervy, 2002.
Lourau René, L’Etat inconscient, Paris, Minuit, 1978.
Maffesoli Michel, Le trésor caché, lettre ouverte aux Francs-maçons et à
quelques autres, Paris, Léo Scheer, 2015.
Maffesoli Michel, Etre Post moderne, Paris, Le Cerf, 2018.
Piette Albert, Le fait religieux, une théorie de la religion ordinaire, Economica,
2003.

21
Taguieff Pierre-André, La Foire aux illuminés. Esotérisme, théorie du complot,
extrémisme, Paris Mille et une nuits, 2005 612p.

22
Annexes
Annexe 1 : histogrammes réponses questions fermées.

Sexes. Membre actif ?

Age. Depuis quand êtes vous FM ?

23
Rites pratiqués.

Les degrés
2° 3° 4° 5° 14° 18°
35.60%
22° 28° 30° 31° 33°

13.50% 15.20%

5% 6.70% 5%6.70%
3.30%5% 1.70%
1.70%

Sur les nouveaux réseaux, favorable : oui non

24
Annexe 2. Lettre adressée …
M…

Sur la suggestion du professeur Michel Maffesoli qui en a accepté l'idée, je présenterai au


Colloque international des centres de recherches sur l'Imaginaire à l'Université de
Montpellier, le 29 juin prochain une communication sur "La Franc-maçonnerie française
entre institutionnalisation et tribalisme".
Pour étayer (ou infirmer)mon intervention, en appui de mes propres lectures, travaux déjà
publiés et expériences , j'ai besoin de recueillir des avis ou témoignages -éventuellement
critiques- de francs- maçons et maçonnes qui se sentent concernés par le devenir de notre
ordre en ce début de millénaire.
Au 18ème siècle, le siècle des Lumières et de la Modernité triomphante, nos fondateurs ont
su inventer les voies de progrès et de fraternité sur lesquelles nous travaillons encore
aujourd'hui.
Notre société postmoderne connaît maintenant des mutations considérables et l'on voit
bien que tous les cadres de pensée craquent. Quel rôle y jouera l'ordre maçonnique et de
quelle façon? C'est à ces questions que nous nous attaquons désormais.
J'ai, dans ce but, conçu un questionnaire que je vous adresse ci-joint, il ne vous prendra que
quelques minutes pour le remplir et me l'adresser avant le 1er juin, si vous décidez d'y
donner suite... il est parfaitement anonyme et j'adresserai volontiers à tous ceux et celles
qui le souhaiteront un exemplaire de ma communication.

En vous remerciant par avance de votre coopération, recevez, mes sentiments les meilleurs

Georges Bertin,

georges.bertin49@gmail.com

25
Annexe 3
Questionnaire GB 2018. 1200 personnes.

Etes-vous... (mettre en gras)

Un homme
Une femme

Age

Depuis quand êtes-vous en FM ?

Rite pratiqué :

Initié dans : (nom obédience)

degré en 2018 :

Situation actuelle en FM : (mettre en gras)

actif démissionnaire

en sommeil

Participez-vous ou avez-vous participé à des instances dirigeantes ?

oui non

Si OUI est-ce au niveau :

régional local

national

Votre sentiment de satisfaction sur votre engagement franc-maçon au regard de vos attentes de
départ :

26
Votre sentiment de satisfaction sur votre engagement franc-maçon au regard de vos attentes de
départ

Votre sentiment sur l'organisation actuelle de la FM dans notre pays ?

Pour vous, la Franc-maçonnerie c’est d’abord (deux réponses possibles):

une institution une tribu

un lieu de progression personnelle et


une fraternité
d'élévation spirituelle

un club de pensée philosophique et culturel une communauté

un lieu de pouvoir politique Autre

un réseau d'échanges

Votre sentiment sur l’évolution actuelle de la franc-maçonnerie dans notre pays ?

Connaissez-vous l’existence des loges dites franches, libres ou indépendantes ?

oui non

Si OUI, en fréquentez-vous ou en avez vous fréquenté une ?

comme membre actif comme visiteur

Votre sentiment sur leur émergence dans le paysage maçonnique français ?

Pour vous la franc-maçonnerie doit-elle se saisir des nouveaux modes de communication


(réseaux) et les intégrer dans ses processus et procédures ?

oui non

Pourquoi

Autres observations personnelles :

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