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Véda

Le Veda (devanāgarī : वेद - sanskrit : « vision » ou


1 La tradition du chant védique *
« connaissance ») est un ensemble de textes qui,
selon la tradition, ont été révélés (par l'audition, Patrimoine culturel immatériel
Shruti) aux sages indiens nommés Rishi. Cette
« connaissance révélée » a été transmise oralement de
brahmane à brahmane au sein du védisme, du
brahmanisme, et de l'hindouisme jusqu'à nos jours
sur une période indéterminée.

L'origine dans le temps des textes védiques est une


question qui est l'objet de débats tant en Inde que
parmi les indianistes européens. Pour les auteurs
européens, les premiers textes de la tradition védique
auraient été composés à partir du e siècle av. J.-C.,
des auteurs indiens proposent une datation plus Apprentissage des veda à Nachiyar Kovil
ancienne. Pour marquer l'unité du Véda qui se (Tamil Nadu) en 2011.
manifeste en une multiplicité de textes, la tradition
Pays Inde
hindoue nomme « Triple Véda » l'ensemble des trois
Liste Liste représentative
premiers recueils de textes, un recueil de poèmes
(stances) forme le Rig-Veda, un recueil de chants Fiche 00062
(http://www.unesco.org
rituels le Sama-Veda, une collection de formules
/culture/ich/fr
sacrificielles le Yajur-Veda. Une famille de brahmanes /RL/00062)
nommée Atharva donne son nom à l'Atharva- Année
aṅgiras, livre de magie blanche et noire, qui est
2008
d’inscription
accepté comme constituant du « Quadruple-Véda », Année de
2003
sous le nom de Atharva-Veda, après une longue proclamation
période de controverses.
* Descriptif officiel UNESCO
Le passage du védisme au brahmanisme commence
avec la rédaction des Brāhmaṇa, spéculations rituelles en prose. Et la transition du brahmanisme à
l'hindouisme s'accompagne de la rédaction des Āraṇyaka puis des Upaniṣad. La compilation de ces textes
est attribuée au sage Vyāsa, et les parties les plus récentes des écritures du Véda dateraient du
e 2
siècle av. J.-C. Ce corpus littéraire, un des plus anciens que l'on connaisse, est la base de la littérature
indienne. Ces textes, qui traitent du rituel et de philosophie, contiennent des passages qu'étudieront
l'astrologie et l'astronomie, pour tenter de dater ces textes. « La tradition du chant védique » a été
proclamée en 2003 puis inscrite en 2008 par l'UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel
3
immatériel de l’humanité .

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Sommaire
Étymologie
Le Veda
Ancienneté
Les Rishi
Shruti et Smriti
Shruti et littérature sacrée
Smriti et littérature profane

Védisme
Triple Veda-samhita
Quadruple Veda-samhita
La société védique
Le sacrifice védique

Brahmanisme
Brāhmana
Sūtra

Hindouisme
Aranyaka
Upanishad
Les textes ultérieurs
Transition du védisme à l'hindouisme

Veda et hindous aujourd'hui


Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Lien externe

Étymologie
Le thème nominal indo-aryen veda-, passé tel quel en sanskrit (वेद) ajoute une voyelle thématique -a à la
4
racine VID- transformée en VED- par alternance vocalique: VID- > VED- > veda- .

Pour Jean Varenne, le lexème VID- donne deux thèmes verbaux différenciés mais de sens
complémentaires : VID- > VED- > VET- > vetti (il sait) et VID- > VIND- > vindati (il trouve : hij vindt en
5
néerlandais, he finds en anglais, er/sie findet en allemand) .

La sémantique du nom veda- s'étend donc du sens de « découverte, révélation » qui correspond à
l'expérience des premiers sages védiques qui entendirent le son primordial manifesté par le Véda originel,
jusqu'au sens de « science, savoir » donné aujourd'hui par l'hindouisme à ce mot. Louis Renou étend ainsi
la traduction du mot veda- : « connaissance, science, notamment science sacrée, textes sacrés, Saintes
6
Écritures, Véda au nombre de quatre ou de trois » .

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Le Veda
7
Veda est un mot hérité du vieil-indien passé ensuite dans la langue sanscrite, qui peut se traduire par
8
« vision » ou « connaissance » . En tant que concept de la culture indienne archaïque, le Veda est une
puissance agissante fondamentale qui se manifeste dans l'intuition cognitive de l'ordre cosmique par des
9 10
hommes inspirés . On y trouve certaines tendances au monisme ils ne conçoivent donc aucune
séparation au sein d'un monde unitaire, monde cyclique car sans commencement et sans fin, monde
dynamique car ils perçoivent les phénomènes naturels et mentaux comme des manifestations de forces
11
cachées numineuses . En cohérence avec cette mentalité, les indiens de tous les temps considèrent aussi le
Veda comme unique, dynamique, et incréé.

La coopération du Veda aux cycles cosmiques permet à la culture indienne d'y accrocher les phases
successives de son évolution. Le Veda est considéré, dès l'origine, comme manifestation des régularités de
l'ordre cosmique dans l'écoute attentive des sages primordiaux (la Shruti des Rishi). Cette « écoute »
12
marque la naissance du védisme, pour lequel le rituel du yajña est le « nombril » de la manifestation du
13
Veda, centrée sur la vedi, une excavation superficielle recouverte d'herbe barhis . Le Veda reste toujours
cette force agissante singulière qui manifeste le fondement dynamique de l'univers.

Après les Sages Rishi primordiaux, le védisme, le brahmanisme, puis l'hindouisme considèrent tous
l'unicité et la perpétuité du Véda, manifesté dans l'expression de leurs vœux (vrata) qui fleurissent dans
une multitude de « poèmes » (rig) oralement en recueils (saṃhitā), car seule la récitation consciente et
correcte et à haute voix prend valeur de Véda. « Le mortel qui par le feu sacré, par l'invocation, par le
Veda, par l'offrande, par les rites pieux, honore Agni, obtient des coursiers rapides et vainqueurs, et une
14
gloire éclatante » ainsi chante Sobhari, fils de Kaṇva.

Ancienneté
L'origine dans le temps des textes védiques est une question qui est l'objet de débats tant en Inde que
parmi les indianistes européens. La principale difficulté est l'inconnue de la longueur d'une tradition orale
qui a précédé la fixation par l'écriture. Pour certains auteurs européens, les premiers textes de la tradition
e 2, 15
védique sont composés à partir du siècle av. J.-C. et sont progressivement réunis en collections
nommées Saṃhitā.

Pour des auteurs indiens comme Lokamanya Bâl Gangadhar Tilak, l'origine remonte beaucoup plus loin.
Celui-ci, dans son livre Orion ou Recherches sur l'Antiquité des Védas écrit en 1893 s'efforce, à l'aide
d'observations astronomiques tirées des Veda-saṃhitā, de démontrer, pour certains des « hymnes », une
16
datation reculant d'au moins quatre mille ans, voire davantage .

Les Rishi
Les Rishi (ṛ ṣi en IAST, ऋ ष en devanāgarī) sont les sages primordiaux mythiques qui écoutent, et
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entendent le ṛ ta , rythme du cosmos manifesté dans le cours régulier des étoiles (ṛ kṣa) et la succession
régulière des saisons (ṛ tu).
18
L'écoute perpétuelle (Shruti) de l'ordre éternel (ṛ ta) permet aux Rishi de connaître (Veda) cet ordre et
de trouver (Veda) les moyens de l'exprimer en strophes (ṛ cā) rythmées, bien mesurées, qui se
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transmettent régulièrement de bouche à oreille jusqu'aux indiens d'aujourd'hui et les dépassent,

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éternellement transmises aux générations hindouistes à venir car, « Aryas pères d'une heureuse lignée,
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puissions-nous chanter longtemps encore dans le sacrifice » .

Shruti et Smriti

Shruti et littérature sacrée


Le mot Shruti (écrit ु त en devanāgarī et transcrit śruti en IAST) est construit sur la racine sanscrite
21
ŚRU- qui signifie « écouter, entendre, apprendre » . L'adjonction d'un suffixe -ti permet de construire un
nom féminin signalant une action, śruti est littéralement une « audition » qui manifeste une
22 23
« révélation » . La Shruti révèle le Veda, l'écoute mène à la découverte et au savoir . Cette Shruti est le
24
fruit d'une cognition intuitive de la vérité éternelle par des sages inspirés nommés Rishi (ṛṣi). La
littérature indienne classique comprend deux catégories de textes, les textes « sacrés » qu'elle rattache à la
Shruti, écoute des manifestations du Veda, et les œuvres profanes nées de l'inventivité humaine,
transmises par la Smriti, la mémorisation.
25
Aujourd'hui encore ils ne sont transmis qu'oralement par une technique mnémonique unique, mot par
mot, syllabe par syllabe, une technique plus fiable encore que la retranscription, qui tourne vite au
téléphone arabe. Les premiers traducteurs européens du Triple Véda le considèrent comme un ouvrage de
26
poésie lyrique, et nomment « hymnes » les stances du Rig-Veda . Pour la culture indienne, ces textes
fondamentaux intègrent le Véda, « connaissance » absolue, qui s'exprime par le son primordial de l'univers
révélé aux Rishi, et le murmure produit par son activité modulé dans l'expression orale du contenu
littéraire des Saṃhitā.

La multiplicité des Veda-saṃhitā et des textes « sacrés » qui s'intègrent ensuite progressivement au Veda
incite certains érudits à nommer « les védas » les différentes Saṃhitā et les textes subséquents qui s'y
rattachent, tels les Brahmana, les Aranyaka, les Upanishad.

Smriti et littérature profane


Prise au sens large, la mémorisation (Smriti) de textes « profanes » inclut différentes collections de Sutra,
des textes explicatifs de techniques védiques également écrits sous la forme de sutra, des traités légaux dits
Dharmashastra, des textes éthiques dits Nitishastra, et des textes épiques tels le Mahābhārata et le
27
Ramayana .

Védisme
Les trois premières collections, dont l'ensemble se nomme Triple-Véda pour bien souligner l'unité du
28
Veda , sont les stances védiques du Rig-Véda, les chants védiques du Sama-Véda, et les formules
védiques sacrificielles du Yajur-Véda.

Triple Veda-samhita
Les Saṃhitā (devanagarī : सं हता) du Triple Véda sont :

La Rigveda-saṃhitā (devanāgarī : ऋ वेद) contient des hymnes pour féliciter et appeler les devas. Le

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Rig-Véda est le recueil de base dont sont dérivés les autres Véda-samhitas. Il comporte 1028 hymnes
répartis en 10462 stances, le premier étant dédié à Agni, protecteur du Rig-Véda. Ils constituent un trésor
poétique source d'inspiration de prières ou de récitations liturgiques.

La Sāmaveda-saṃhitā consiste principalement en stances tirées du Rig-Véda et adaptées à la récitation


chantée. C'est un cantique avec des notations musicales et des indications de mélodies.

La Yajurveda-saṃhitā regroupe des formules en vers et en prose mêlés, directement affectés au culte et
disposés dans l'ordre où elles sont utilisées lors des cérémonies de la liturgie.

Quadruple Veda-samhita
Le premier texte à intégrer le Véda après les trois Saṃhitā nommé Triple-Véda est l'Atharvaveda-saṃhitā,
recueil de textes utiles au purohita- (protecteur, homme-médecin) mais non utilisés au cours du rituel des
yajñâ (sacrifices védiques).

La Atharvaveda-saṃhitā contient des charmes magiques de longue vie, contre la maladie, la possession
démoniaque, pour gagner l'amour d'autrui ou la richesse.

Beaucoup plus tard, ce quatrième recueil, le Atharva-Véda (de « Atharva », nom d'une famille de prêtres)
fut progressivement accepté comme intégrante du Quadruple-Véda.

La société védique
Les Véda-samhitas permettent de connaître les bases de la culture des Aryens. Ils font référence aux
ennemis des Aryens comme étant les Dâsas (démons) ou Daysus (barbares, bandits, brigands), que
29
certains indianistes décrivent comme noirs de peau (peut-être les Dravidiens) . Cependant, aucun hymne
ne le mentionne. Les Aryens constituent des monarchies tribales dirigées par le raja (râja), terme
apparenté au latin « rex ». Il partage sa souveraineté avec deux conseils de tribu, la sabhâ et la samiti, qui
participent à son élection. Il est assisté par un général (senâni) et un grand prêtre officiant (purohita) qui,
par des sacrifices, assure la prospérité de la tribu et sa victoire à la guerre.

Dès l’âge védique se constituent les quatre grandes divisions de la société aryenne (varna) : les brahmanes
(prêtres), les kshatriya (guerriers), les vaishya (paysans) et les shudra (serfs). La famille constitue la
cellule de base de la société, le village est fréquemment décrit comme le regroupement d’une lignée plutôt
que comme un regroupement territorial.
30
La religion védique est une religion sociale et non individuelle . À l’âge de sept ans, le jeune garçon, élevé
jusque-là par les femmes dans le gynécée, reçoit l’initiation (upanayana) et doit ensuite commencer à
apprendre ses devoirs religieux. Un maître lui enseigne des rites en lui faisant répéter des formules, tout en
relatant les mythes qui les expliquent. À dix-sept ans, alors qu’il maîtrise le savoir religieux (Véda), il se
marie. Les filles ne sont pas exclues de l’initiation, du moins dans la plus haute antiquité, car « à l'époque
védique, [la femme] a, à tout égard, été tenue pour l'égale de l'homme. Au même titre que lui, elle était
investie du cordon sacré ; comme [l'homme], elle recevait l'enseignement spirituel (plusieurs Upanishad
31
ont été composées par des femmes). » .

Le sacrifice védique

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La religion domestique comporte un certain nombre de rites obligatoires comme l’agnihotra, sacrifice
quotidien qui consiste en une libation de lait fraîchement trait avant le lever du soleil, puis le soir. Un
groupe important de rites, réservé à une élite d’initiés, s’organise autour de la consommation d’un
breuvage sacré, le Soma (obtenu à partir d'une plante, encore indéfinie aujourd'hui dont les effets sont
décrits dans RV IX. 113 et RV X 119).

Brahmanisme
Après une période d'écoute (la Shruti des Rishis), suivie d'une période de découverte de la puissance
cosmique fondamentale manifestée dans le rituel védique (première forme du Veda), naît une période
d'intelligence spéculative qui mène les brahmanes à réfléchir sur l'importance d'un pouvoir affermissant
32
fondamental (le brahman) .

Brāhmana
Par leurs interprétations du brahman, les brahmanes tentent d'expliquer les spécificités rituelles du yajña,
le sacrifice védique, manifestées dans les stances (Rik) proclamées par l'officiant hotṛ, dans les mélodies
(Sama) chantées par l'officiant udgātṛ, et dans les formules variées (Yajus) utilisées par l'officiant
adhvaryu. Le fruit de leurs recherches est consigné dans un ensemble d'écrits nommés Brāhmana
( ा मण), dont l'écriture s'étale entre le e et le e siècle avant l'ère courante.

Ce sont des commentaires en prose du Triple-Véda. Ceux relatifs à la Rigveda-samhita sont les Aitareya-
brahmana et Kausitaki-brahmana. Ceux qui concernent la Samaveda-samhita sont les Pañcavimsha-
brahmana et Jaiminiya-brahmana. Ceux qui s'attachent à commenter la Yajurveda-samhita sont les
Taittiriya-brahmana et Shatapatha-brahmana (en), et certaines parties en prose de la Yajurveda-
samhita, initiatrices de ce nouveau mode de pensée de l'Inde ancienne.

Plusieurs branches (shakha) de brahmanes distinctes conservent des Veda-samhita et les Brahmana qui
leur sont relatives comme un trésor de famille. Ces branches (shakha) se nomment Aitareya, Kausitaki,
Jaiminiya, Taittiriya. Les Shatapatha-brahmana connaissent deux recensions, celle de la shakha des
Kanviya et celle des Mandhyandina.

Le contenu des Brahmana présente des explications et des étymologies préscientifiques, des combinaisons
numériques, diverses classifications entrecoupées de mythes et fables anciennes, qui tentent de justifier
33
tous les détails du rituel védique .

Sūtra
La littérature du brahmanisme complète ensuite les Brahmana par des recueils de sūtra. La tradition
indienne considère ces textes comme produits de la mémorisation humaine (Smriti) et non comme
émanations de l'écoute du Véda (Shruti) exception faite des Shrautasûtra.

Les Shrautasûtra et particulièrement les Latyayana-shrautasûtra contiennent les plus anciens sûtra de
cette tradition, destinés à guider les officiants dans l'exécution la plus juste des modalités du rite védique.
34, 35
Les Grihyasûtra commentent l'activité du purohita, guérisseur du râja père de famille . Ces sūtra ne
concernent donc pas le rituel du sacrifice yajña. Des recensions remarquables de grihyasûtra sont celles

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des lignées brahmaniques Apastambiya, Ashvalayana, Baudhayana (en), Gobhila, Hiranyakesi,
36
Paraskara, et Shankhayana .

Les Kausika-sûtra intègrent l'Atharvaveda-samhita et contiennent deux catégories d'explications, celles


37
relatives au rituel domestique (Grihya) et celles relatives aux rites magiques .

Hindouisme
L'hindouisme conçoit peu à peu les devas comme des personnes, qu'il n'hésite pas à représenter par
l'iconographie auparavant inconnue, et culmine dans la bhakti. Différents textes s'ajoutent ensuite au
premier corpus de textes védiques, les Āranyaka et les Upanishad qui marquent la transition du védisme à
l'hindouisme, et sont considérés par chaque nouvelle couche culturelle comme intégrant le Véda, unique et
éternel.

Aranyaka
Les Āranyaka (आर यक), contiennent les explications ésotériques et mystiques des mantra.

Le ritualisme cesse progressivement d'être le seul souci des brahmanes, il semble ne pas satisfaire leur
psychisme en quête d'explications philosophiques plus profondes. Certains d'entre eux se retirent dans les
forêts pour méditer. Et pour écrire dans les « textes de la forêt » (Aranyaka) un savoir ésotérique
considéré dangereux pour les tenants du rituel védique traditionnel. Ces écrits forment la transition entre
le brahmanisme et l'hindouisme ancien.

Upanishad
Les Upanishad (उप नष ), contiennent des textes philosophiques et métaphysiques traitant de la nature et
du rapport de l'âme (atman) à l'esprit suprême Brahman. Le canon Muktika recense 108 Upanishads dont
la composition s'étale de -800 à 1300 de notre ère. On distingue traditionnellement douze Upanishads
38
majeures ou principales et quatre-vingt-seize Upanishads mineures réparties en six catégories .

Les textes ultérieurs


Chaque Véda-samhita s'élargit progressivement en divers livres de loi et manuels rituels qui dépendent de
lui : le Dharmashastras, Grihyasutras, etc., mais la plupart des érudits ne les considèrent pas comme
partie intégrante de la littérature issue de la Shruti ou de Véda en prose. Ils rattachent ces textes à la
mémorisation (Smriti) de sciences humaines « profanes ».

Transition du védisme à l'hindouisme


Le védisme utilise un ensemble de notions exprimées par des mots que l'hindouisme recevra en
héritage, qu'il « remplira » de conceptions nouvelles et inconnues des anciens arya.
Le védisme ne connait d'autres auteurs aux Védas que les sept rishi traditionnels.
L'hindouisme attribue la rédaction des textes anciens à Vyâsa (le compilateur) à qui l'on assigne
aussi la rédaction de l'épopée Mahâbhârata.
Pour le védisme, le deva est littéralement l'action brillante, lumineuse, d'un des pouvoirs
imprévisibles du rita (DIV signifie illuminer comme le jour, mais aussi jouer aux dés, et deva est

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l'action de DIV). Les puissances agissantes sont grammaticalement nommées au masculin ou au
féminin, mais ne sont pas des « déesses » comme Junon ou Vénus chez les Romains.
Dans le védisme, le brahman est cette énergie du rita dont la fonction est de fonder l'ordre, de le
fixer, et non une personne ou une chose.
L'hindouisme intègre son incarnation Brahmâ au sein d'une trimûrti (Brahmâ, Vishnou, Shiva).
Dans le védisme, les dévas constituent une véritable société. Agni était le prêtre actuel. Mitra
symbolise l’alliance entre les hommes et les demi-dieux, et Varuna, le châtiment que méritent ceux
qui la rompent. Ils sont assistés d’Aryaman et de Bhaga. Mitra garde la lumière, Varuna préside à la
nuit. Indra détient la fonction guerrière.
39
D’après le Ṛgveda, il y a 33 dieux, mais ce nombre est incomplet . Ce chiffre, symbolique, de 33
se retrouve dans la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad (3, 9, 1) : « Le nombre des dieux est celui mentionné
40
par les Écritures. Leur nombre est trois cent trois et trois mille trois. » Dans l’hindouisme tardif, il
41
est représenté par le nombre de 33 crores (330 000 000) .
Ces différences ne sont pas des oppositions mais le résultat d'une lente évolution des mentalités en Inde.
Védisme, brahmanisme et hindouisme considèrent tous que le Véda est unique et éternel, mais que ses
manifestations au cours du cycle cosmique prend un nombre infini de nuances.

Veda et hindous aujourd'hui


En 1966, la Cour suprême de l'Inde a décrété le cadre de la foi hindoue en sept points. Le premier point
part de « l’acceptation respectueuse des Vedas en tant que plus Haute Autorité sur les sujets religieux et
philosophiques et l’acceptation respectueuse des Vedas par les penseurs et philosophes hindous comme
42, 43
base unique de la philosophie hindoue » . Cependant, l'UNESCO constate que si le Veda joue toujours
un rôle important en Inde, seules treize branches védiques sur les mille jadis existantes sont toujours
44
présentes .

Notes et références
1. The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet
2. Les Maîtres spirituels de l'hindouisme. Alexandre Astier. Éd. Yerolles, 2008, page 26.
(ISBN 9782212541946)
3. UNESCO, « La tradition du chant védique » (http://www.unesco.org/culture/ich/fr/RL/00062)
4. Jean Varenne, Grammaire du sanskrit, page 29, §38.
5. Jean Varenne, opus citatum, page 86, §118 remarques.
6. Stchoupak & Nitti & Renou, Dictionnaire sanskrit-français, page 693.
7. A. Z. Caland, Altindisches Zauberritual, Amsterdam 1900.
8. Maurice Blondel, dans le Vocabulaire technique et critique de la philosophie de André Lalande, page
171, dit : « Connaître et connaissance diffèrent surtout de croire et croyance en ce que ces derniers
termes impliquent que le motif de l'adhésion ne réside pas dans la clarté directe et intrinsèque de
l'objet considéré ».
9. Jan Gonda, op. cit., page 19.
10. Jan Gonda, opus citatum, page 240 : « Il ne faut pas oublier que les tendances monistes n'ont pas
tardé à se manifester d'une façon ou d'une autre ».
11. Rudolf Otto, Le Sacré.
12. le « sacrifice » védique.
13. Jan Gonda, op. cit., page 172, « Les cérémonies avaient lieu soit dans la maison de celui qui prenait
l'initiative du sacrifice, soit sur un terrain avoisinant, où celui-ci (au sud du feu âhavanîya), sa femme et
le prêtre brahmane prenaient place; le lit sacrificiel (vedi), morceau du champ légèrement creusé et
recouvert ensuite d'herbe à sacrifices (barhis), se trouvait au milieu. »
14. Alexandre Langlois, op. cit., (RV 6,1,8, versets 5 & 6), page 412.

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15. L'inde. Michel Angot. Éd. PUF, 2012, voir le début de la section « Les religions védiques (entre c. 1500
et c. 500 AEC) ». (ISBN 9782130576273)
16. L'origine polaire de la tradition Vedique. Lokamanya Bâl Gangadhar Tilak . Traduction française aux
éditions Archè, 1991.
17. Jan Gonda, opus citatum, page 58: « Çraddhâ, qui selon ÇB 12, 8, 2, 4 est une forme de consécration
(Dîksâ) et parfois (cf. Rk 10, 151) reçoit un culte comme une déesse, est même appelée Première-née
de Rta, soit première et plus importante manifestation de la structure harmonique de l'univers (TB 3,12,
3, 2) ».
18. la mentalité des Rishi n'a pas encore inventé les notions de Deus, ou d'Esprit, ou de transcendance,
car leur pensée moniste ne crée aucune division dans leur monde (pas même celle des castes,
invention ultérieure elle aussi).
19. Jan Gonda, op. cit., page 19: « Ce « savoir », qui, d'après la tradition indienne, est éternel, n'a été que
formulé par la divinité et « contemplé » aux origines par des sages inspirés (Rsi's), est né pour la
majeure partie dans des familles de chanteurs brahmanes, à partir de la croyance populaire et a été
transmis dans les « écoles » des brahmanes, les détenteurs de la science sacerdotale et ésotérique,
pendant très longtemps sous la seule forme orale. ».
20. Alexandre Langlois, op. cit., (RV 2,8,7, verset 3 partim), page 191
21. Stchoupak & Nitti & Renou, op. cit., page 743.
22. Jean Varenne, op. cit., page 38, traduit śruti par révélation.
23. Jean Varenne, op. cit., page 127 : le thème nominal indo-aryen veda, passé tel quel en sanskrit, ajoute
une voyelle thématique -a à la racine VID transformée en VED par alternance vocalique : VID > VED >
veda. Le lexème VID donne aussi deux thèmes verbaux différenciés mais de sens complémentaires :
VID > VED > VET > vetti (il sait) et VID > VIND> vindati (il trouve : hij vindt en néerlandais, he finds
en anglais. Veda peut se traduire « savoir » ou « trouvaille » (on nommera « trouvères » certains
poètes du Moyen Âge) ou « découverte ».
24. Jan Gonda, op. cit., page 132 : « Les Çrautasûtras déclarent reposer sur la Çruti (c'est-à-dire
l'« Audition » de la vérité éternelle par des sages inspirés des premiers temps) ».
25. Jan Gonda, op. cit. p. 148: La durée des études était, nous l'avons dit, de douze ans pour chaque
Véda, ou d'autant qu'il fallait pour que l'élève le comprît.
26. Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, éditions Jean Maisonneuve, Paris 1872.
27. James S. Bare, article Smriti dans The Perennial Dictionary of World Religions (Abingdon), page 696.
28. manifesté au travers d'une multitude de traditions et de textes véhiculés successivement par les rishi,
les arya (aR-ya né du R., de l'ordre), les brahmanes, les hindous médiévaux, puis ceux de l'ère
internet.
29. Margaret et James Stutley, A dictionary of Hinduism - its mythology, folklore and development, 1500
BC - AD 1500, Routledge & Kegan Paul London and Henley, 1977 (ISBN 0-7102-0587-2)
30. Encyclopædia Universalis, article "Veda"
31. Le plus beau fleuron de la discrimination, Viveka-Cûdâ-Mani, par Sri Sankarâcârya, d'après la
traduction anglaise du Swâmi Mâdhavânanda, par Marcel Sauton, Adrien Maisonneuve éditeur, p.2
32. James Helfer, de l'Université Wesleyan (États-Unis), dans The Perennial Dictionary of World Religions
(Abingdon), pages 117 et 118.
33. Jan Gonda, Inleiding tot het Indische Denken, Antwerpen 1948.
34. Oldenberg, Hermann, trans., Max Müller, ed. Sacred Books of the East Vol. XXIX, "The Grihya-sûtras,
rules of Vedic domestic ceremonies" (https://archive.org/details/grihyastrasrul01oldeuoft), part 1,
Oxford, The Clarendon press 1886
35. Oldenberg, Hermann, trans. Müller, Max, trans. Sacred Books of the East Vol. XXX, "The Grihya-
sûtras, rules of Vedic domestic ceremonies" (https://archive.org/details/grihyastrasrul02oldeuoft), part
2, Oxford, The Clarendon press 1892
36. Jan Gonda, op. cit., pages 17 à 19.
37. Wilhelm Caland, Altindisches Zauberritual, Amsterdam 1900.
38. India History. Krishna Reddy. Éd. Tata McGraw-Hill, 2006, page 119. (ISBN 9780070635777)
39. Jan Gonda, Védisme et hindouisme ancien, p. 65

9 of 11
40. A. Daniélou : Mythes et dieux de l’Inde, p. 129
41. A. Daniélou : Mythes et dieux de l’Inde, p. 134
42. Définition de l'hindouisme par la Cour suprême de l'Inde
43. The vedic religion in the trial of universalization: A sight on current Hinduism. Guébi Noel Adjo. Éd.
L'Harmattan, 2011 page 33. (ISBN 9782296469938)
44. La tradition du chant védique (http://www.unesco.org/culture/ich/fr/RL/00062)

Voir aussi

Bibliographie Sur les autres projets Wikimedia :

Traductions en français : Le Véda (https://commons.wikimedia.org


/wiki/Category:Vedas?uselang=fr), sur Wikimedia
Jean Varenne, Le Véda, éd. Planète, Commons
1967. Réédition 2003, Les Deux Océans,
(ISBN 2-86681-010-4)

Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, 646 pages, Maisonneuve et Cie, 1872, réédité
par la Librairie d'Amérique et d'Orient Jean Maisonneuve, Paris 1984, (ISBN 2-7200-1029-4)
Monographies :

Lokamanya Bâl Gangâdhar Tilak, Orion ou Recherches sur l'Antiquité des Védas (original écrit en
1893), 240 pages, Éditions Archè, Milan 1989, distributeur français : Les Belles Lettres.
Gerhard J. Bellinger, Knaurs Grosser Religions Führer, 1986, traduction française préfacée par
Pierre Chaunu sous le titre Encyclopédie des religions, 804 pages, Librairie Générale Française,
Paris 2000, Le Livre de Poche, (ISBN 2-253-13111-3)
(en) Kreith Crim, General Editor, The Perennial Dictionary of World Religions, originally published
as Abingdon Dictionary of Living Religions, 830 pages, Harpers and Row, Publishers, San
Francisco, 1981, (ISBN 978-0-06-061613-7)
Georges Dumézil, Les dieux souverains des Indo-Européens, 3e édition 1977, NRF Gallimard
(ISBN 2-07-029586-9)
Jan Gonda, Die Religionen Indiens, Band 1: Veda und älterer Hinduismus, 1960, traduction
française Védisme et hindouisme ancien. Traduit de l'allemand par L. Jospin, 432 pages, Payot,
Paris 1962, ISBN (épuisé en français)
Charles Malamoud et Nguyen Thanh Thiên, « Le champ des arts martiaux, la scène du
sacrifice.Propos croisés sur des formes de rituels dans le monde sino-japonais et dans l’Inde »
(http://lakischool.free.fr/Book_propos-croises_C-Malamoud_NguyenTT.pdf), 2013, particulièrement
p. 22-28

Articles connexes
Ayurveda
Dâsas
Droit hindou
Grammaire du sanskrit : prononciation et orthographe du sanskrit.
Yoga

Lien externe
La tradition du chant védique (http://www.unesco.org/culture/ich/fr/RL/00062) sur le site officiel de

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l'UNESCO.

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