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E.-F.

Gautier

Profils en long de cours d'eau en Algérie-Tunisie (second article)


In: Annales de Géographie. 1911, t. 20, n°114. pp. 431-447.

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Gautier E.-F. Profils en long de cours d'eau en Algérie-Tunisie (second article). In: Annales de Géographie. 1911, t. 20, n°114.
pp. 431-447.

doi : 10.3406/geo.1911.3659

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1911_num_20_114_3659
431

PROFILS EN LONG DE COURS

EN ALG RIE-TUNISIE

Second article1

II OUEDS DES HAUTS PLATEAUX

On réuni dans ce second article des profils qui contrastent avec


ceux du premier et qui ont tous un trait commun ils sont rompus
au milieu chacun eux est composé de deux concavités assez régu
lières raccordées par une convexité plus ou moins angulaire
Si on met part la fig qui se rapporte un oued imaginaire
et la fig qui se rapporte un petit oued de bassin fermé oued
Melah de Djelfa) les oueds dont on établi le profil fig 1-4 sont le
Chélif le Bou Sellam la Seybouse et le Rummel Tous les quatre
ont leur cours inférieur dans le Tell et leur cours supérieur sur les
Hauts Plateaux ce sont même les seuls fleuves Algérie-Tunisie qui
soient franchement dans ce cas Dans leurs profils les deux concavi tés
qui se raccordent mal correspondent exactement ces deux sections
du cours inférieure et supérieure la convexité se rapporte précisément
au point où chaque rivière quitte les Hauts Plateaux pour le Tell Il
là invariablement une rupture de pente très accusée
Aprion cela permet de supposer que entre des sections de cours
plus ou moins vieilles le raccord est tout jeune Examinons sommai
rement les cas particuliers

Le Chélif fig Pour le Chélif le choix de la source était assez


embarrassant Si nous restons fidèles au critérium de la longueur il
pas hésitation possible le haut Chélif est Touil dont la
source est au Djebel Amour dans le voisinage Aflou Mais
Touil sauf en temps de crue apporte pas au Chélif une goutte
eau Si on adopte le critérium du débit le haut Chélif est au
contraire le Nahr Ouassel qui est une rivière perenne et qui prend
sa source auprès de Ti ret On donc établi et reporté sur la même
figure les profils de Touil et du Nahr Ouassel Leur comparaison
fait ressortir les deux faits suivants abord ils se ressemblent par le
dessin général et que on adopte un ou autre le profil du Chélif

Voir Annales de Géographie XX juillet 1911 351-366 profils


432 OGRAPHIE GIONALE

en est pas sensiblement modifié ensuite Touil est pas seule


ment plus long que le Nahr Ouassel une centaine de kilomètres ce
qui est considérable il est par surcroît celui des deux qui la moindre

pente et qui coule altitude la plus basse est-à-dire dont uvre


totale érosion été le plus considérable Ce sont les caractères une
artère maîtresse au moins dans le passé dans histoire générale de
érosion ce qui est précisément notre point de vue On peut donc
PROFILS EN LONG DE COURS EAU EN ALG RIE-TUNISIE 433

sans inconvénient faire abstraction du Nahr Ouassel et considérer


Touil comme la branche supérieure du Chélif
Le Chélif 700 km de long et il est le seul neuve Algérie-
Tunisie qui ayant pris sa source dans Atlas Saharien atteigne la mer
Son profil accuse une rupture de pente extrêmement nette Boghari
En amont dans la plaine de Bou Gzoul qui 47 km de diamètre
entre le confluent de Touil avec le Nahr Ouassel et Boghari la
pente est seulement de 16 1000 En aval elle accélère du double et
Amoura pendant 80 km. elle est de 32 cette grosse ano
malie près le profil est en somme remarquablement régulier si on
admet il est double Il deux guirlandes reliées une autre
deux profils indépendants parce il deux oueds Touil une
part et le Chélif proprement dit de autre qui ont évolué apart cha
cun pour soi pendant des âges et qui ont été rattachés bout bout
par une capture récente
Le long de Touil de la source Boghari la pente décroît régu
lièrement sauf une petite dent de crémaillère aux environs de Taguin
la plaine marécageuse illustrée par la prise de la Smala Il là de
très grosses sources en relation avec une faille importante1 Le cro
chet du profil Taguin est ailleurs insignifiant anomalie de pente
ne dépasse pas 02 000 section amont 000 aval 22)
Le long du Chélif proprement dit la seule irrégularité dans la
décroissance de la pente est autour de Littré-Duperré Elle est un peu
plus accusée que celle de Taguin anomalie est de 0o 000 sec
tion amont 2o 1000 aval La cause apparaît au premier
coup été sur la Carte géologique ADuperré le synclinal néogène
où coule le Chélif est barrée par une ride de vieilles roches silu
riennes et liasiques le Doui
Cette indépendance ancienne de ïouil et du Chélif est
Mr Alexandre Joly qui signalée le premier je crois Son point de
vue me paraît exact et je ne sache pas ailleurs on en ait contesté
exactitude le profil du Chélif en donne simplement une confirma
tion graphique Mr Joly noté la jeunesse et les progrès rapides de
érosion au voisinage de Boghari et de Bou Gzoul Il recueilli des
traditions indigènes confirmées par aspect du terrain sur des plaines
jadis marécageuses et couvertes de roseaux où le Ghélif actuel est
encaissé de plusieurs mètres En une vingtaine années un canal
rrosage profond de quelques centimètres transformé son lit en
un canal large de plus de mètres profond de plus de mètres dans
Voir JOLY Le plateau steppien Algérie Annales de Géographie XVIII
1909 241)
JOLY érosion par Veau et le vent dans les steppes de la province Alger
Bull Soc Géofl Alger IX 1904 15) ID. La linne de partage des eaux
marines et continentales dans Afrique Mineure Bull Soc Géol et Arcl ol ran
XXVII 190 7p 223-236)
ANN DE OG ANN 28
434 OGRAPHIE GIONALE

un seul hiver il approfondi son lit de plus de après les


conducteurs des Ponts et Chaussées qui ont défendre leurs ponts et
leurs cassis contre la rivière il semble certain que depuis une
dizaine années le Chélif approfondi annuellement son lit de près
de centimètres au voisinage de Boghari Tous ces ravinements
en coups de scie sont des fossés pic profonds de plusieurs mètres
Il rien là que de très naturel comme le montre un coup il
sur la figure Boghari est précisément le point de rupture de pente
atteint par érosion régressive est là est concentré tout effort
de la rivière pour régulariser son nouveau profil ensemble
Il est pas impossible de fixer approximativement la date de la
capture Dans la plaine de Boghari et plus encore dans celle de Bou
Gzoul extension des alluvions quaternaires atteste existence de
très grands lacs ou tout le moins immenses marais est dans
les dépôts du Quateraaire récent que le Chélif approfondit son lit Le
drainage des marais quaternaires par érosion rapidement progressive
du fleuve est même pas encore achevé il en reste les dayas de
Bou Gzoul visitées en hiver par les Canards sauvages La capture de
Touil est donc un fait tout récent elle ne peut pas remonter au
delà du Quaternaire
Touil dont le prolil est si régulier est pourtant un fleuve
ancien était-il avant être devenu par capture la branche supé
rieure du Chélif Sur la carte et sur le terrain il est impossible de
trouver trace un lit antérieur par lequel Touil puisse être
prolongé dans une direction générale autre que actuelle La plaine
de Bou Gzoul est une grande cuvette fermée de tous les côtés le
fond de la cuvette semé de dayas est 630 altitude abstrac
tion faite de étroite coupure par où la rivière échappe hui
la cuvette est régulièrement encerclée de tous les côtés par la courbe
de 700 Que cette cuvette toute tapissée de dépôts continentaux
avant être un lac quaternaire que érosion régressive du Chélif
progressivement vidé et drainé ait été une sebkha sans écoulement
zone épandage de Touil est hypothèse qui se présente natu
rellement
Dans cette région étude discriminative des dépôts continentaux
pas encore été poussée aussi loin que dans autres le Hodn par
exemple et le voisinage de Constantine On sait du moins avec cer
titude que ici comme dans le reste des Hauts Plateaux le tapis des
alluvions est fort épais et continu bien au delà des limites de la
cuvette de Bou Gzoul Outre le Quaternaire ancien et récent les
géologues ont signalé le Pliocène sur immenses étendues et plus
récemment le Miocène continental2 On sait aussi que ces dépôts
JOLY art cité Bull Soc og Alger IX 1904 510)
JOLY Le Miocène continental du plateau steppien Association Fran aise
PROFILS EN ONO DE COURS EAU EN ALG RIE-TUNISIE 43o

divers sont généralement chargés plus ou moins de gypse et de sel


Que la zone épandage de Touil ait été et soit restée tra
vers les époques géologiques précisément et exactement dans la
cuvette de Bou Gzoul est naturellement une notion il ne faut
pas vouloir serrer de trop près Par exemple entre la cuvette de
Bou Gzoul et celle du Hodn dont existence en tant que dépres
sion est attestée depuis Oligocène) le seuil de séparation ne dépasse
pas une centaine de mètres On atteint cette altitude par une ascen
sion très lentement progressive peu près imperceptible il Le
seuil est tout entier recouvert par un épais manteau alluvions qua
ternaires anciennes ou pliocenes Que par cette voie une période
quelconque du passé les eaux de Touil aient pu trouver une
échappatoire vers le Hodn ce est évidemment pas impossible
priori Mais le Hodn est lui-même un bassin fermé fort ancien
Il ne faut pas oublier non plus que dans les chaînes de Boghari
les dépôts plissés du Cartennien Miocène inférieur jouent un rôle
important Au Nord immédiat de ce que nous appelons hui
la plaine de Bou Gzou il donc eu incontestablement un rivage
maritime cartennien Mais depuis le Miocène moyen ou supérieur il
semble légitime de conclure que Touil jamais atteint la mer
au moment où il été capté par le Chélif La capture dont
notre profil nous donne un témoignage graphique bien été en tout
cas un élargissement récent quaternaire da bassin méditerranéen
au détriment des bassins fermés1

Oued Bou Sellam fig Bou Sellam est pas un fleuve


indépendant est un simple affluent de Sahel on peut môme
constater sur son profil que le raccord de sa vallée avec celle de
Sahel en amont Akbou est pas encore tout fait régula
risé En général pour ne pas compliquer une question déjà suffisam
ment vaste on négligé systématiquement les oueds affluents Mais
le cas de Bou Sellam paru particulièrement clair et in-

pour Avancement des Sciences Compte rendu de la 38 session Lille 1909 Paris
1910 417-423 fig Voir en particulier la fig croquis sommaire de exten
sion du Vindobonien et du Pontien
Outre les articles précédemment cités Mr JOLY qui est beaucoup occupé
de la région publié une tude sur le Tüteri dans le Bulletin de la Société de
Oéoyraphie Alger IX 1906 15-47 Xlt 1907 1-25 144-171 pl carte
bypsom 300000 -Il signale des terrasses étagées autour du Cliélif et exis
tence dans les montagnes du Titteri de lambeaux pliocenes une altitude
très supérieure au lit actuel de la rivière 900 Il est clair que étude
détaillée de ces terrasses et de ces lambeaux serait indispensable pour asseoir des
conclusions précises sur le passé du Chélif et sur histoire de la capture Mais
cette étude est pas faite et il ne pas semblé que les renseignements donnés
par Mr JOLY au moins ceux qui ont été publiés ici soient suffisants pour
entreprendre La Caite géologique détaillée de la région préparée par lui pas
encore paru
436 OGRAPHIE GIONALE

tructif est un bon pendant du Chélif Le Bou Sellam ailleurs


270 km de long ce qui lui donne un rang honorable parmi les
rivières Algérie-Tunisie Son profil est nettement cassé en deux
sections aval et amont du Guergour tandis que en amont dans la
plaine de Sétif oued coule assez lentement avec une pente de 31
1000 dans les gorges très encaissées du Guergour la pente triple
atteint 125
La section amont celle de Sétif est évidemment de beaucoup la
plus vieille et la plus évoluée son profil une concavité très accusée
et très régulière La section aval au contraire un profil irrégulier
et jeune mi-che
min en particulier
entre le Guergour et
Akbou sur le ter
ritoire des Béni
Maouch oued tra
verse une barre de
calcaire liasique avec
une pente énergique-
ent et brusquement
accrue on déjà dit
que la pente de sa
barre liasique des Béni Maoucn basse vallée se rac
corde assez mal avec
celle de la vallée maî
tresse Sahel
Dans état actuel de
Bougie nos connaissances
géologiques sur le
pays et coup sûr
FIG Profil en long de Bou Sellara dans état des mien
nes je ne me charge
pas de fournir par le menu explication de ce contraste une fa on
très générale on ne risque peut-être pas chose voir un
témoignage une grande différence de stabilité tectonique entre le
Tell et les Hauts Plateaux En tout cas ce contraste est une raison
de plus pour admettre indépendance des deux sections
Le BouSellam prend sa source au Djebel Megris et il coule abord
N-S ce qui amène rapidement sur les hauts plateaux de Sétif il
conserve abord sa direction méridienne vers le Hodn puis après
quelques hésitations il vire brusquement cap pour cap prend fran
chement le chemin du Nord rentre dans le Tell et aboutit Bougie
Ce cours en crochet replié sur lui-même analogue celui de Aisne
ou du Niger est généralement interprété je crois comme indice
PROFILS EN LONG DE COURS EAU EN ALG RIE-TUNISIE 437
une capture Ce diagnostic est confirmé par examen des cartes
géologique et topographique
En aval de Sétif la région où le Bou Sellam après des tergiversa
tions retourne décidément en arrière est le fond marécageux une
très grande cuvette Un coin du marais porte sur la carte le nom de
Chott el Malah toute la région inscrite dans la boucle de oued porte
aussi sur la carte ce nom de Malah qui signifie sel et qui suggère
donc idée un ancien bassin fermé encore insuffisamment drainé
On con oit aisément que ce Chott el Malah ait pu être dans la
periode antérieure actuelle une zone épandage du haut Bou
Sellam Pourtant dans la prolongation exacte de sa vallée au Sud une
longue et large trouée érosion coupe en deux les montagnes du
Hodn le village de Colbert trouve Cette grande vallée est
hui parcourue par deux oueds qui coulent en sens inverse au
Nord Melah Malah va rejoindre le Bou Sellam il très peu de
pente et il est semé de fondrières au Sud Souhella se précipite
vers le Hodn par des gorges très profondes Le seuil de sépa
ration entre ces deux oueds est une centaine de mètres au-dessus
de la vallée actuelle du Bou Sellam Par celte grande vallée de Colbert
on peut concevoir que un moment donné du passé le Bou Sellam
prenait le chemin du Hodn Il est vrai que le seuil est encore moins
élevé une cinquantaine de mètres entre la cuvette de Sétif et la
région des sebkhas sebkhas avoisinant le village Ampère Chot el
Beïda Pour concevoir le passé du Bou Sellam avant la capture on
embarras du choix et toutes les hypothèses peuvent avoir été vraies
successivement ou alternativement hydrographie des bassins fer
més est essentiellement changeante grâce au relèvement incessant
du niveau de base
La Carte géologique nous montre ailleurs la plaine de Sétif
constituée par des dépôts continentaux âges divers quaternaire
ancien pliocène oligocène Ces alluvions tapissent toute la vallée
de Colbert aux gorges de Soubella elles rejoignent par
dessus le seuil la cuvette des sebkhas au Nord elles vont au
Guergour et un lambeau important Oligocène touche au Djebel
Megris
Tout cela accorde parfaitement avec les indications du profil
longitudinal Il semble bien que le haut Bou Sellam ait abouti dans
un bassin fermé au moment assez proche de nous où il fut
capturé par érosion de tête un torrent tellien

La Seybouse fig La Seybouse 223 km de long entre son


embouchure qui est Bone etsa source elle prend sous le nom
Cherf auprès Aïn Beïda Cherf coule donc sur les Hauts
Plateaux et la Seybouse dans le Tell Le profil suggère que les deux
438 OGRAPHIK GIONALE

oueds Cherf et Seybouse ont été longtemps distincts et que le pre


mier été capturé par le second En amont de Guelma ils sont réunis
par des rapides où la pente atteint 23 000 Les Hauts Plateaux
dans le bassin de Cherf sont naturellement tapissés par les atter-
rissements continentaux gypso-salins habituels

Oued Eummel tig Le Rummel Oued el Kebir dans la partie


inférieure de son cours est un pendant de la Seybouse et surtout du
Bou Sellam Comme lui il prend sa source dans Atlas Tellien coule
abord au Sud puis Est
Aïn Krelifa près Aï Beïda sur les Hauts Plateaux
Constantine où il change brus
quement de direction avec un
crochet qui les allures un
coude de capture
En amont de Constantine
son cours est profondément
encaissé dans ce que la Carte
géologique 50 000 appelle
les Calcaires lacustres du Hadj
Baba Limnées Planorbes Hé
lix Hipp ar ion tts Hippopota-
rhtis empreintes de roseaux
Ces calcaires après la légende
Bone de la Carte ont une puissance
qui peut atteindre 100 et
sont pliocenes Il avait donc
FIG Proûl en long de la Seybouse là au Pliocène un grand lac ou
un grand chott une cuvette plus
ou moins fermée zone atterrissement et épandage et zone aussi
évaporation intense puisque de pareilles épaisseurs de calcaire se
sont déposées il ait eu là conquête du bassin maritime sur un
bassin fermé les géologues attestent
Dans la région de Constantine la superf cie du lerrain authentique-
ment conquis par le bassin de la Méditerranée depuis la fin du
Pliocène est ailleurs bien plus considérable Le domaine pliocène
des bassins fermés étendait au Nord de Constantine la chaîne
Numidique toute lagrande cuvette de Milan en faisait partie
Où allaient aboutir les eaux du Rummel videmment pas la
mer La région constantinoise formait certainement au début de la
période quaternaire un bassin fermé plus ou moins semblable au
bassin actuel du Chott el Hodn ou plus exactement une série de bas-
Sur âge exact de ces formalions lacustres confias du Miocène supérieur et
pu Pliocène) voir DOUVILLE sommaire Soc Géol de Fr. 1909 9)
PROFILS LONG DE COURS EAU EN ALG RIE-TUNISIE 439

sins fermés séparés par des rides1 Ces lignes sont de Mr Jo-
leaud collaborateur de la Carte géologique Algérie qui est parti
culièrement occupé des dépôts continentaux dans la région de Cons-
tantine importance de cette conquête beaucoup frappé les
géologues ils ont essayé en retracer les étapes et ils ont établi un
certain nombre de phénomènes de capture Le Rummel au Quater
naire ancien utilisait un ravin profond Ouest immédiat de Cons
tantine Ghatt Halb el Mardj est la suite une capture il fait
le petit détour actuel par Constantine même Les fameuses gorges du
Rummel avant être un canon ciel ouvert ont été une rivière sou
terraine chapelet avens2 Le bassin du Rummel est agrandi au
détriment du Safsaf la rivière de Philippeville) décapité au village de
Condé-Smendou par
Smendou affluent du 00
Rummel3
examen de la carte
et celui de notre profil
suggérerait idée une
autre capture Le haut
Smendou au village de
Bizot est en relation
proche et facile avec le
Rummel par la vallée
très large et très profonde confluent de Oued Smenduu
du Hämma Cette trouée
puissante contraste cer
tainement avec insi
gnifiance du tout petit
Hämma Elle pu
être creusée que par une FIG Profil en long du Rummel
forte rivière et sem
blerait-il par le Rummel lui-même ce serait donc lui qui aurait
excavé la vallée actuelle de Smendou Son cours présent entre le

JoLEAUD Le régime des eaux clans la Région df Constantine Conférence


faite université populaire de Constantine Exti du journal Lu Mine Algérienne
Tunisienne et Marocaine Constantine 1308
CnüDEAL La capture du Rummel Comptes rendus du Congrès des Sociétés
savantes de Paris et des départements tenu Alf/er en Oö Section des Sciences
Paris 1903 fig croquis) JOLEAUD Le Canon de Constant-ine Bull
Soc off Air/er Xli 190? et suiv.y Notons en passant que le cas est
très fréquent en Algérie gorges de Keddara dans le Bou Zegza de Kerrata dans Je
Babor de Palestro etc. Dans la chaîne qui leur barre la route beaucoup
d/oueds semblent avoir choisi pour tailler des gorges sauvages le point précis
et minuscule OLI il se rencontre une épaisse lentille du calcaire le plus dur Cela ne
peut être fortuit La circulation souterraine des eaux doit avoir joué partout le
même rôle préparatoire
JoLEACD Le régime des eaux dans la Région de Constantine
440 OGRAPHIE GIONALE

Hamiïia et le confluent du Smendou serait le résultat une capture


récente Cette petite section du profil en ef et dessine une convexité
très accusée et paraît plus jeune que le reste En amont du confluent
le Rummel traverse avec des penles rapides une puissante ride cal
caire dans des canons abrupts aussi beaux que ceux de Constantine
et qui semblent eux aussi avoir été préparés par la circulation sou
terraine des eaux
Cette hypothèse aurait besoin celava sans dire être confirmée
ou éventuellement infirmée par étude du terrain Si elle était con
firmée on retracerait donc ainsi que suit les étapes successives du
Rummel travers son passé quaternaire entends du Rummel infé
rieur au-dessous de Constantine
Par la vallée du Hämma la vallée de Smendou
Conde et celle de Safsaf le Rummel va se jeter dans le golfe de
Philippeville Il ouvre ainsi la trouée utilise hui le chemin
de fer Constantine-Philippeville
Une capture se produit Condé-Smendou le Rummel ache
mine vers le golfe de Djidjelli mais par un long détour en suivant sur
toute sa longueur la vallée de Smendou
une capture nouvelle se produit au Hämma le Rummeisuit son
cours actuel il pas eu encore le temps de régulariser son an
cienne vallée est plus utilisée que par son affluent Smendou
travers le Quaternaire le Rummel aurait ainsi déplacé son cours
Est en Ouest suivant un arc de cercle dont la corde 70 km entre
Philippeville et embouchure de el Kebir
Quoi il en soit de notre hypothèse il faut certainement
admettre que le Rummel inférieur dans son passé récent des cap
tures ou des accidents quelconques ayant interrompu évolution
progressive de érosion Son profil est très jeune en crémaillère
Celui du Rummel supérieur entre la source et Constantine est
au contraire tout proche de équilibre surtout si on admet comme
il est difficile de refuser que depuis la capture assez ancienne
érosion régressive fait sentir son influence Athmenia

Oued Melah oued de Djelfa fig Mon attention se trouve


avoir été attirée sur un autre petit phénomène de capture dans une
autre partie de Algérie et qui un rapport indirect avec notre sujet
Il agit un oued que nous appellerons conventionnellement oued
de Djelfa Sous le nom el Houd puis Mukka puis Melah ce
petit cours eau prend sa source dans Atlas Saharien extrémité
Sud-Ouest de la cuvette de Djelfa il passe Djelfa même puis au
Rocher de Sel et va se perdre dans le Zahrez arbi Sa source est
400 sa zone épandage 850
Si on jette un coup il sur son profil longitudinal on constate
PROFILS EN LONG DE COURS EAU EN ALG RIE-TUNISIE
une rupture de pente en aval de Djelfa en amont dans la cuvette
elle est de 35 000 en aval fplaine de Zahrez) elle est de dans
intervalle elle accélère 12 et même bien davantage loca
lement il une cascade La section du cours entre Djelfa
et le Rocher de Sel est évidemment plus jeune que le reste Si on se
reporte la Carte 200000 imagine que le cas apparaît clair
oued Djelfa dessine un crochet qui les apparences un coude
de capture Dans la prolongation du cours supérieur on reconnaît
bien ancien lit encore marqué par infléchissement des courbes de
niveau et par un chapelet de dayas dayat el Haouassi dayat ïisse-
louine dayat elBegueur Anciennement oued continuait son cours en
ligne droite dans le grand axe de la cuvette il prenait le chemin duZah
rez Chergui où il est naturel de croire il aboutissait par les gorges
que suitactuellement Medjedel Une cap- gon
ture annexé au bassin du Zahrez arbi
Ce petit fait me paraît intéressant parce 1250
que oued conquérant est un torrent du
versant Nord Non seulement dans Atlas üî .---- rocher de sel
Tellien mais encore dans Atlas Saharien Zahrez
le versant Nord mieux arrosé est conqué
rant est si naturel on eût pu le dire 850 100
avance Par conséquent le bassin médi- 1<IG r>
Profil en long rie 10
terranéen agrandit incessamment aux dé- Melati oued de Djelfa
pens des bassins fermés depuis établisse
ment du climat actuel depuis il yâ une Méditerranée au Nord un
Atlas Legénéralde Lamothe comme conclusion ses études sur les
anciens rivages et les dépots de plages en Algérie admet que le climat
pas changé au moins en ce qui concerne la direction des vents
dominants et la distribution des saisons depuis le début du Pliocène
supérieur seule aurait oscillé la quantité absolue des pluies Le
Pliocène est bien en ettet époque on de grands mouvements oro
géniques au dire des géologues ont donné définitivement la Médi
terranée sa forme actuelle et accru altitude de Atlas Depuis cette
époque si on veut se représenter énergie agressive des torrents
méditerranéens on songe étendue de leurs conquêtes dans le
bassin du Chélif tout le bassin de Touil et du Nahr Ouassel et
dans celui du Rummel toute la partie du bassin en arrière de la
chaîne Numidique Un corollaire évident est celui-ci puisque les
bassins fermés sont depuis le Pliocène en voie de régression est
donc ils se sont constitués aux époques géologiques antérieures
est un trait fort ancien de la géographie algérienne
Général DE LAMOTHE Le Climat de Afrique du Nord pendant le Pliocène
supérieur et le Pleistocène Congrès Géologique International Compte rendu de la
Xe session Mexico 1906 Mexico 1907 fase 341-374)
442 OGRAPHIE GIONALE

Est-ce le lieu de rappeler que ces époques géologiques anté


rieures mais sans on puisse je crois préciser exactement les
quelles) un continent la Tyrrhénide certainement existé sur
emplacement de la Méditerranée occidentale En tout cas il serait
dangereux insister cette hypothèse grandiose nous entraînerait
trop loin de notre point de départ Ce qui est sûr est que sur an
cienneté des Hauts Plateaux et de leurs cuvettes fermées nous voici
conduit par la discussion de nos profils longitudinaux précisément
aux conclusions que nous avons formulées déjà la suite une élude
sur les cartes paléogéographiques de Algérie1 Par deux méthodes
différentes nous aboutissons la même solution du problème
une bonne partie de ce qui vient être dit non seulement sur le
cours du Chélif mais encore sur celui du Bou Sellam de la Seybouse
et du Rummel se trouve déjà hâtons-nous de le rappeler dans un
article de Mr Joly cet article dans la mesure où elle en est
occupée la critique fait un accueil assez froid on en contesté non
pas exactitude mais la nouveauté Il est évident que le même
reproche peut être fait notre petit travail présent avec quelque
sorte de raison et ajouterai heureusement si nos conclusions
étaient neuves est-à-dire en contradiction avec celles des géologues
ce serait inquiétant pour leur justesse et pour celle de la méthode
qui nous conduit
Les géologues ont établi ancienneté en Algérie du régime des
bassins fermés Là-dessus étude des dépôts continentaux depuis
Pomel et Ficheur Douvillé Joleaud)nous apporté
des précisions de plus en plas détaillées Pourtant ces travaux de
géologues sont techniques et épars beaucoup sont de simples com
munications sommaires pour prendre date elles peuvent échapper
attention et leur brièveté en rend difficile interprétation correcte
Nul en tout cas ne est encore donné la peine en tirer des conclu
sions ensemble précises et détaillées
Il semble en conséquence que la très grande ancienneté du
régime désertique ou steppien en Afrique Mineure soit un fait
incontesté sans doute mais assez généralement ignoré De cette
ignorance il été fourni des preuves récentes

Hypothèse G-rund fig Un géographe autrichien Mr


Grund publié un travail assez remarqué sur la décapitation pré-

E.-F GA TTEH Les hauts plateaux algériens Lu Géographie XXï 1910 89-
98 cartes fig 23-25).
JOLY La ligne de partage des marines et continentales dans Afrique
Mineure Bull Soc Géog et cheol ran XXVII 1907 223-236)
XVII Bibliographie 1907 no 803B
Voir la bibliographie du sujet dans E.-F GAUTIEH Les hauts plateaux algé
riens 89 et iv-)
PROFILS EN LONG DE COURS EAU EN ALG RIE-TUNISIE 4i3

tendue de Bou Merzoug Cette hypothèse été réfutée je


crois il faut dire victorieusement par Passarge Je ai pas
intention entrer dans le détail une discussion
ai pourtant établi le profil longitudinal de oued qui aurait été
constitué par le Bou Merzoug et sa tête séparée du tronc fig Le
Bou Merzoug est un affluent qui se jette dans le Rummel Constan-
tine Sa tête présumée serait Choit Saboun qui prend sa source
mbese Le profil si on examine en soi et si on le compare
ses voisins suggère hypothèse exactement inverse de celle de
Grund Le long du Bou Merzoug érosion régressive déterminée
par le rattachement du
Rummel au bassin médi- mbese
terranéen est parvenue
actuellement El
Guerra Si les condi
tions actuelles persis
tent pendant des siècles
encore il est probable
que érosion régressive
finira par ratlacher
Chott Saboun au bassin
du Rummel est-à-dire
la Méditerranée Mais
actuellement cet oued
estune artère de bassin
fermé ayant évolué
part pendant des âges
avec le Chott Saboun
comme niveau de base
puisque la concavité FIG Profil en long de Bou Merzoug
très accusée de son pro prolongé hypothèse GRUND)
fil semble bien avoir
atteint équilibre oued hypothétique de Grund coulant de
mbese Constan tine appartient aux contingences de avenir et
non pas du tout aux réalités du passé
Comment Grund est-il trouvé amené une interprétation
aussi erronée est évidemment il avait pas présente esprit
ancienneté du climat désertique ou steppien en Afrique Mineure et
est autant plus curieux que dans le bassin du Rummel précisé
ment cette ancienneté est particulièrement bien établie

GRUND Die Probleme der Geomorphologie am Rande von Trockengebief.en


Sitzung sb Ahad Wiss Wien Math.-Nat Kl. CXV Abth 11906 SS-Sal)
PASSARGE Morphologische Skizze des Alias zwischen hilippeville lind
Biskra Globus XCIV 1908 169-174 fig croquis)
44 OGRAPHIE REGIONALE

est une idée extrêmement répandue que le Quaternaire été une


époque très pluvieuse aussi bien en Afrique du Nord en Europe
est manifestement cette idée qui guidé Grund Bien entendu
elle est incontestable Mais elle applique une période restreinte du
passé il quelque inconvénient lui laisser envahir le champ tout
entier de attention Pomel le premier mis en relief les caractères
du Quaternaire en Algérie il est naturel il se soit laissé entraîner
outrer les conséquences de sa découverte ai montré ailleurs que
dans interprétation de gravures rupestres esprit hanté par les
grands marais quaternaires il avait pris incontestables autruches
pour des échassiers de la famille des cigognes et des grues
Par une illusion analogue Grund sur emplacement du grand
lac quaternaire sud-tunisien où aboutissait Igargar se plaint de ne
pas trouver de terrasses comme sur emplacement des grands lacs
quaternaires américains On pourtant établi après étude minutieuse
du seuil de Gabes que ce lac jamais communiqué avec la mer Il
donc été beaucoup plus important que les chotis actuels qui en sont
le résidu ir Djerid etc. Mais au temps de sa plus grande
extension et aux périodes les plus humides du passé il jamais
été autre chose un choti un lac steppien On sait par exemple du
Tchad que de pareils lacs bien loin avoir des falaises ont même
pas de rives précises
Le point de vue de Grund est semble-t-il celui-ci Afrique
Mineure un climat steppien depuis la fin du Quaternaire elle as
sèche de plus en plus auparavant au Quaternaire elle avait un climat
extrêmement humide Et ce est pas tout fait inexact mais est
incomplet Si nous essayons de résumer la totalité des faits acquis
actuellement nous dirons peu près Algérie semble avoir eu un
climat sec désertique ou steppien depuis elle existe la malédic
tion des pays de sel est sur elle dans le passé tout entier aussi loin
du moins que nous puissions remonter cette aridité comporté
des oscillations la dernière et la seule qui soit bien connue est
produite au Quaternaire2
Le chemin de fer de Constantine Biskra grande voie du tourisme
international suit précisément les vallées du Bou Merzoug et de
Chott Saboun Grund évidemment nous donné des
Missions au Sahara Tome Sahara Algérien par E.-F GAUTIEH Paris
1908) 97
On ne saurait trop répéter quel point ces conclusions ont peu de préten
tion originalité elles sont proprement banales Voir ROLLAKD Géologie du
Sahara algérien et aper géologique sur le Sahara de Océan Atlantique mer
Rouge dans Documents relatifs la Mission dirigée au Sud de Algérie par
CHOISY Texte Dernier volume Paris 1890 70 Voir un bon résumé de la
question dans ALFRED BEL Les lacs Algérie Congrès national des Sociétés fran
aises de géographie session ran Avril 1902 Compte rendu... ran
1903 183 et suiv.i
PROFILS EN LONG DE COURS EAU EN ALG RIE-TUNISIE 445

impressions de touriste par la portière du on Il eu le tort


véniel de leur accorder trop importance et de ne pas les soumettre
un contrôle bibliographique Cela ne laisse pas être dangereux
dans un pays qui est tout de même pas entièrement terra incognita
Les travaux de détail sur Algérie uvre de savants locaux ne
sont pas seulement respectables par leur masse on pas le droit
de les ignorer et il est cependant long et diff cile de les connaître

Les idées auxquelles nous conduit la discussion de nos profils et


qui répétons-le sont banales en ai déjà fait état dans un travail
antérieur en collaboration avec Mr Chudeau Je trouve caractéris
tique elles aient été relevées comme inexactes ou suspectes par
Mr Augustin Bernard spécialiste eminent de la géographie algé
rienne et qui est coup sûr admirablement informé Les lignes
suivantes sont empruntées un compte rendu par ailleurs très bien
veillant et très aimable2 Mr Bernard proteste contre cette expression
Le Sahara quaternaire fut plutôt une steppe un pays franche
ment humide et il ajoute Comment expliquer avec un climat
sec ou même steppien ces atterrissements dont immensité comme
dit Pomel confond imagination Je ne puis empêcher de
trouver que cette objection pour moi du moins est pas intelligible
Et abord au Sahara ces atterrissements ne sont rien moins
immenses Pomel qui pas vu le Sahara les constatés dans
les cuvettes fermées de Afrique Mineure Ensuite il est pas dou
teux que Pomel se soit exagéré cette immensité Mr Bel un élève dis
tingué de Mr Bernard dans un travail bien fait qui lui est dédié écrit
fort justement dès 1902 Ce géologue Pomell regardé comme
quaternaires ces atterrissements continentaux que on reconnus
être plus anciens etcorrespondre au Pliocène et même au Miocène
La Carte géologique Algérie 800000 dont la première édition
fut dirigée par Pomel et dont la dernière est déjà vieille de dix
ans donne encore au Quaternaire une extension beaucoup trop con
sidérable Enfin et surtout est précisément énormité de la sur
face recouverte par les alluvions quaternaires qui est la preuve un
climat insuffisamment humide Dans un pays régulièrement drainé
climat normal les alluvions sont pour la plupart entraînées la
E.-F GAUTIER et CH DEAU Missions au Sahara Tome Sahara algérien
par E.-F GAUTIER Tome II Sahara soudanais par CIIUDEAU Paris Librairie
Armand Colin 1908-1909
AUGUSTIN BERNARD Sahara algérien et Sahara soudanais Annales de Géogra
phie XIX 1910 260-2 70)
AUGUSTIN BERNARD art cité 269
ALFRED BEL art cité 183
Voir là-dessus en particulier SAVORNIN Essai sur hydrologie du Hodn
Bull Service Carte géol Algérie IIIe sér Géologie appliquée tudes régionales
Alger-Paris 1908) 55 63
146 OGRAPHIE GIONALE

mer est dans les cuvettes fermées est-il besoin de le rappeler que
les alluvions se juxtaposent et entassent en masses énormes parce
elles restent toutes immensité des atterrissements est
donc précisément la preuve que la période quaternaire connu
comme les précédentes.ce régime steppien de bassins fermés elle
transmis actuelle
quelques lignes de distance Mr Bernard me reproche encore
avoir cherché établir une relation entre les dunes et les dépôts
alluvions quaternaires le vent se serait borné transposer les
alluvions fluviales en alluvions éoUennes la dune se substituant
directement alluvion quaternaire Bien entendu je crois avoir
dit rien de pareil ai même écrit textuellement 11 va sans dire que
âge du sable aucune importance le sable tertiaire vaut le qua
ternaire pourvu il soit libre1 Si M1 Bernard est trompé est
semble-t-il il est laissé entraîner par usage courant établir
un rapport de synonymie entre ces deux mots alluvion et
quaternaire Cette synonymie est exacte nulle part mais elle
est particulièrement fausse dans les cuvettes fermées de Afrique du
Nord où les alluvions âges divers entassent depuis Oligocène
et dans une chaîne comme Atlas Saharien qui ayant jamais été
drainée émerge péniblement de ses propres débris
Derrière ces malentendus il semble bien avoir pourtant un
petit point précis de dissentiment entre MI Bernard et moi au sujet
du Quaternaire algérien Il est possible on le trouve formulé dans
la phrase suivante de Mr Bel Si humidité de époque quaternaire
avait continué on peut imaginer que les chotts se seraient vidés
vers les régions plus basses par des fleuves et auraient probable
ment versé leurs eaux dans lamer2 Si je comprends bien Mr Bel
admet que érosion après le Quaternaire changé de signe si on
peat dire de positive elle serait devenue négative coup sûr est
bien le point de vue de Grund la zone des bassins fermés était au
Quaternaire en voie de réduction elle serait hui en voie
accroissement Nous sommes certainement opinion contraire
avec MM Joly Joleaud et si je ne me trompe tous les géologues
algériens Le Quaternaire été beaucoup plus humide que la période
historique si on insiste pas sur une notion parfaitement établie
est précisément parce elle est et non pas du tout parce on
la conteste Mais oeuvre erosive du Quaternaire se continue sous
nos yeux avec une activité encore sensible quoique très amoindrie
Boghari nous avons vu elle se touche da doigt érosion régres
sive du Chélif des effets mesurables année en année La zone

E.-F GAUTIER Sahara algérien KO


ALFRED BEL art cité 187 et suiv
PROFILS EN LONG DE COURS EAU EN ALG RIE-TUNISIE 447

<les bassins fermés au Pliocène inférieur était beaucoup plus étendue


aujourdhui elle commencé décroître nous dit Mr Joleaud au
Pliocène supérieur la suite de mouvements orogéniques qui ont
constitué la Méditerranée et créé les conditions générales du climat
actuel érosion conquérante des oueds méditerranéens fut naturelle
ment beaucoup plus efficace au Quaternaire mais le sens de la
conquête ne dépend pas de la quantité absolue des pluies il est
conditionné par leur distribution hui comme au Quater
naire les versants Nord de Atlas sont de àè îè les plus arrosés
et leurs oueds continuent donc avec des moyens diminués oeuvre
de conque te commencée

Nos profils ne nous ont donc pas conduit des conclusions


nouvelles est entendu Avec leur aide pourtant nous avons peut-être
réussi confirmer par des constatations purement géographiques
les résultats obtenus par les géologues Sur le passé des chotis et des
Hauts Plateaux si important pour intelligence de la géographie
algérienne les idées courantes sont peut-être encore une impréci
sion peu en rapport avec ces résultats

-F GAUTIER