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Par ROBERT BALL ARD,ſculImPrimcurduRoy .


pour'la Muſiquc , demeurant ruë Sainct Ican l
l de Beauuais , au Mont Parnaſſe, '
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AVANTÆROqu
F_ E Ballet eſt diuiſe’ en quatre Parties,'ou
“5'“ en quatre Veilles}; La premiere com-é
\ prend ce qui ſe paſſe d'ordinaire à la cam
, pagne &La; la _ville , depuis ſix heures du
' ' ‘a ſoir juſquesàneuf; &c la Nuit elle meſ—
me , qui en cſt le ſujet , en fait auffi l'ouuerture.
La Seconde re reſente l'es diuertiſſemens qui rc
gnent depuis neuf heures du ſoir juſques à minuit,_
comme les Bals, Ballets, 8c Comedies ; 8: pour cette
raiſon l’on feint que Roger donne le Bal àBradaman—
te,auec vn Ballet des Nopces de Thetís 8c vnc Come
die de Plaute‘, oû ſont conuie’z Angelique, Medor,
Marphiſc , Riclmrdet , Fleur-d"Eſpinc : 8c ces noms là
ont cſté choiſis plus volontiers que d’autres,‘a caüſc
qu’on les a jugez plus ſpecicux ô: plus propres äautho
[filer cette ſorte de galanterie: ôc comme cette Partie_
— 4~—œ__,—_-‘
eſt
Ristonte enjouée
, l’Hymeu , 6c, leVenusy preſide
rel’ce deſon :mec les Ieux , lesſ
équipage.
La Lune ouure la troiſieſme Partie , 8c .l’amour-qui
égale toute choſe, la fait s’oublier 8c _deſcendre juſ—
qu’au Berger Endímion , ce qui donne'de l’épouvante
aux Paêifans Sc. de .l’el’t'onnemcnt aux Aſtrol'ogues, qui'
font ce qu’ils peuuent pour la r’appeller’, 8c ne ſçauentñ
àquoy imputer ſon e'clypſe: Les cenebrcs augmentées
par la defiaillance de cét Aſtre , fauoriſenç l’heure du _
Sabar oû ſe trouuent Demons,Sorciers,Loups-garoux
“AVANT—PROPOS.
8c autres tels miniſtr‘es de l'abominable ceremonie; 8c.
parce que c’eſt dans ce temps— là qu’il y a plus d’aſſou—
piſſementflí par ôonſequent plus de negligence , le
eu prend a vne Maiſon , le Toxain ſonne , 8: chacun
taſche à ſe ſauuer de'l'embraſement.
Le Sommeil 8: le Silence ſont le Recit dela qua—
trieſme 8c derniere Partie , 8c produiſent les differens
Songes qui la compoſent : Ainſi aroiſſent des Fu;—
rieux , des Auanturiers ,;vn lxion epris des beautez de
Iunon , vn Peureux , des Po'e‘tes , des Philoſophes , des
Amoureux tranſis &c autres diuerſes expreſſions de la
Bile , du Sang , du Flegme , 8c de la Melancholie.
Apres cela le.j0ur .cOmmence à poindre 8c le Ballet finit
auec ſon ſujet .:,L'Aurore traiſneſie ſur vn_ Char ſuperbe
amene le plus beau Soleil qu’on ayt jamais veu,qui
d’abord, diffipe. les nuages 8: qui promet la plus belle
ôc la plus grande journée du monde; les Genies luy
viennent rendre hommage , 8c tour cela forme le
grand Ballet. .
Ce ſujet eſt vaſte , &c dans toute ſon eſtenduë aſſez
digne d’exercer les pas de noſtre jeune Monarque ,
ſans le deſtourner du deſſein qu’il-a de n’aller à rien que
de grand 8C de noble. ~'
; Les Vers qui ont eſtc’ faits par ſon commandement
y ſont aſſez propres pour chaque Perſonnage , 8c bril—
lent par rouc d’vne liberté innocente 8c_ gaye , qui ſe
réjouit 5 mais qui ne bleſſe perſonne , 6c qui deſicouure
ſeulement que l’Aurheur n’eſt pas tout à fait aux gages
de ceux pour qui il a trauaille’. j v \
m. BALLET
"——

——-
D E L A N V'ſcî'TI
Diſſuiſéſienï quatre Parties',
~ ou quatre Veilles.

—I ÈZËÊËÎËËËÊÊBËÊËË
*3' PREMi-ER'EË PARTIE.
DEFM-ſx. 1mm m, t'a/7;; d Mx"
La Secne ou décoration; d-uTheatrc eſt vn pal'ſage‘
efloigne’ d’où paroiſt la mer,, ô: vn autre au
. milieu d’vn ROC—her- battu'des-flora.v
_È r ‘— A’
j A

"A

.I

Ouumure du Ballet'.
RICIT ET PREMIERE E-Nrnx’n.
Le Soleil ſe couche &jla Nuit“): s'aduance peu à peu
'ſur vn Char ciré par des Hibou: , & accompagnée
À desfdouze Heures qui ;reſpondth au Recit qu'el—
le ait.
' quatre de ces Heures ſe ſeparant des autres , repre— .
-_ - ſentent les quatre Parties ouquarre Veilles de la
Nuict, 6c compoſent la premiere Entrée.
LE RO Y , Le Marquis de Genlis, Le Sieur
.Cabou, ôc Beauchamp, Heures.
~ .R B c r T.
'La Nuict.
A”gui/Fm” alerte' cacheç- vous deſſeins l'onde,
ç x -x ÿ Faites Place 4‘ la Nm'éſil la plus belle du mande,
‘l' ‘î"' 94”' ele/fics l’Horiſhn s'achemine a‘ grandsPa-z,
~ C’eſi me] de qui l’mprifi <9— la noirceur &l’ombre;
Et . ſa) mille agrémens dans mon Empire ſhmbre,
&ſen toute ſà ffilendeur le íaur meſme n'apas..
Les Heures.

Vous ſuffi( 'le Soleil a‘ laure,


~ Et. wus ppum'ez regmr pur tout;
Mais w” R E 1 NE (9*ſes Vertus alaire:
'Demi/em WS tendres:
3
So” diuin luflre efface vos fldmledux ,
.De tous les yeux/isjeuxfant les us beaux ,
.Et de toutes les mainsſes mains fimt les premieres :
Nuict,pme<— vous durer ſamy :ant de lumieres .P
La Nuict.
Ie deſcends pour charmerfis jeux @ſes oreilles,
Et tout ce qui/ê paſſe e” me: elſe-4m Milles,
Va briller dans ces lieux en dzffêrmts portraits:
Amans ne craignez, rien de weſh-e Confidente,
le fia] ce qu'il fà‘ut taire, L'a-finis 417;; prudente
“Tour ne pas defiauurir ic] tous mesficrets.
Les Heures.
x Tenez, dom: vos rideaux tirez_
Sur les crimes que vous ſouffrez ,
Et cachez bien rvoflre defordre extreme
"Deuemt lu Vertu mefme:
San diuin luflre efluce vosfletmbeaux ,
'De tous les yeux/e; yeuxfimt les plus beaux ,
il Et de toutes les mainsfl's mains ſim: les premieres ,
Nuict ,paume— vous durer Farm] mnt de lumieres?
, 4"‘
L E R O Y", repreſentant We Heure.

- Oicy la plus—belle Hem-eco* dans tous les cadrans.“


La premiere deſſus les rangs ,- _
Bien qu'en im miſme cercle aux douze elle ſe lie,
‘Tar deſſus toutefois on la poid rayonner,
.Elle eſt mefme du iour l’Heure lu plus hardis;
Ee- qu’on entend le mieuxſimner.
'.55 12’145! cit/i l'HËure du monde oà'toufes les 'Umm
- r—_
Et les Graves. brillent le plus,
Elle nuance toii‘iours (9* idmaís ne recule ,
Chacun de fis momens fiait qu'on la recennuifl‘, .
Et iette 1m tel Éclat qu'il/Emir ridicule
' De. demander quelle Heure defi..
- Les Heures n’oſtraz'ëncfl- deſſregler 1m peu‘
Depuis que la grande eſZ en ieu,‘
Nulle ne fitit du bruit , ÿ' nulle ne s’eſchuppe‘ſ
Les choſes ne 170m* plus de 'mefme que iudis,‘
L’eçguille eſlſur le point , fifuut que l’Heure fluppe
ſi L'on enverra bien d’eſlourdu.-ñ

Cette Heure eſt‘ precieuſh, (ÿ l’an ne doit ſinger'


&Mau ſoin
Elle efl certainement plus 'de'
wilela bien ménager ,‘ ſ
qu’aucune,
Et c’eſi d 'elle en qu'on parle chaque iour, .a
Lede on ditfi fiuuent que pourfairefiirtune ’
il ne faut qu'ime Heure d lu Cour.
@X29 Le Marquis
5
Le Marquis de Cenlis , repreſturaut Wee Heure
de la Nurct.

As Tue de mes Meurs ne doit eflre jalouſe


De ce que ſe): dappds ,
‘ ~ Que)- que La
je brille for: ſeſidesnedouze.
plus belle ſuis pourtant ‘ pas

l'y beaucoup dduamdge à paroi/Ire maſquée;


Et dans l’obfcunt‘e';
Car Je tout le Cadran je fiait ( fizns vanité)
L'Heure la plus marquée.

Il faut pour mon viſage auoir HETindngËnce, W


Et l’on doute si {es traits; \z—

Que l'Heure du Berger moy puiflions iamais /


Eſtre d’imeäzgeuce.

De fi peu de beauté Nature m’a pourueuê',


Qu’en mon plus riche amnr
le crqy, ſans me flater, que ie ſuis pour l'amour
Vne Heure aſſez induè'.

L'on peut bien en plein iour voir Vue plus belle Heure,
Lors que le Soleil luit;
Mais quelqu’vne dirait qu'en "eu-anche la Nuict
N’en a pas de meilleure.
B

&HW
6

Il. ENTRE’E.
Prochée voyant arriuer la Nuictfait r’entrer ſes trou-4
peaux Marins dans ſa grotte , 8c ſortant de la.
4-/
Mer , ſe change en differentes formes.
Roquelaure, reprefintant Prat/15:.
A bonne fortune eſl ſans borne;
_Ie ſuis riche en toute façon,
Mes filets ſont pleins de poi/fiv”,
Et fa): force befles à corne ,
1e leur fais Voir tant de pays,
Que moy—meſme ie m'ébabis,
Comme 'ſen puis ejlre le Maiflre,
Et ie les ſ94)- fi peu aboyer,
.Que celles que ie moine pat/ire
Mſy deuraieut m9-—que enuoyer.
Pour attraper ces innocentes ,
Et pour en mieux venir à bout,
Ie [gay me déguiſer par tout
Soies milles formes ſeduiſunres;
Mais ie deuiens trop ingenu,
Et l’on a bien-t0]? reconnu
De qui ma -pafion de'riur;
W , c9' c’eſllâ 7E‘ ſZ'cret
r—- ~. —- v~—
Quezque cliangement qui m'arriue
~ se demeure tauſiours diſcret.
7
Mon éloquence eſl [ans fieonde,‘
Ie ſuis de la langue diflvos ,
Et n’ay [çeu me taire à propos
~ rl;
Depuis que ie hante le monde:
Dés que le ſexe eminm
Se diſpoſe à m'e/lre benin
La mâche ell fiudain evemee,
I'd)- ce defaut 8: caeteraa î
En cette peau mourra Protbee, '~’~’
Et iamais il ne c angrm. ~~ſi~~~

I'll. E N T R E' E.
Cinq Nere‘ides viennent reccuoir les ordres de Pro!
the’e, aprés auoir enfermé (es Monſtres marins
à cauſe de la fin du jour.
Le Comte du Pleſſis, les Scs du Freſnoy, Iacquicr ,
Raynal, 6c Des-airs.
Le Comte du Pleſſis, repre/entanr 'vue Nerei'de.
OBeduté de figure eflrange ,
_Qui charmez en .mille façons- ,
Nere'ide dont la louange
Es“? dans la bouc/1e des poiflbns ,'
Vermeille (jf ſingulierefzce
Si toute l’a/li? troupe a la meſme beautèÎ ~~
' e
Il n’efl point dans la Mer de Triton qui ne feu/ſe
'h ‘ De bon cœur vœu de cbajietê. '
M. En
W. E N'h'r R E' E.

bSixauChaſſeurs las ë: fatigucz,


repos, arriuent lſionnans 6c
de qucla Nuict &-
leurs cors; appelle
ſont
paroiſtre ſur vn chenal le Cerf qu’ils ont pris,
conduit par vn Valet de limier auec vnc laiſſe
' de Chiens.
Mrs de Viuonne, Canaples , Mirepoix, Coquet,
oneux , &c la Chappellc .
Mr de Canaplcs, repreſentant
Un Chizſſêur.

ſî ESr-ce Venus? eji‘ ce Adonis?


/
1
Si ce n'efl' l'vn des deux il en a l'encolure;
( Adonis auoit bien ces charmes infinis,
Mais d’vne autre__couleur efloit [a cbeuelure,
Et quelques rayons d'or au menton [uruenus
Monſlrent que ce n’eſl pas Venus.

/ Tous deux n’auraient point tant d'éclat,


Et pre’s de cc’t Objet tous deux on les mépriſe,
l n'eſl rien l minon , n) rien ſi delicat, _
e tous les Chaſſeurs le plus ſeur de [a priſé,ſſ
t pour en ien parler nul Chaſſeur aujourd'huy 1d
\Ax-"W bac plus de pais que luy.
7

C Tous
9

Tout ſuccomhe ſous ſon effort,


Vne Biche ſe rend des qu'il efl a ſes trou/ſes,
Pas-Vu plus hardiment ne donne dans le flirt ï . /'
Des Alcôues dorez (’9' des Ruelles doutes; \\
C’eſl lei qu'au lieu du Cerf pourſuivi dans les bois, ' .
Il met la pudeur aux abois. . j
Amour, ce dangereux marmot , T— ſſiſſſif~-~ î‘
Le fournit de penſer: qui ne ſont pas vulgaires: . _
Mais parce qu'il rougit du qu'il prononce vn mot, s
Cela fait qu'il [e toi/l , ou qu'il ne parle gueres, ‘- 2
Par ſes Jeux , par fin geſte , (9' par d'autres moyens
Il ſe fait entendre à ſes chiens. -

Qc’il es‘? galand , qu'il eſl adroit,


Pour le trouuer ſol): qu’on l'entreuge; z
Quand ce jeune Chaſſeur a pris ce qu'ilcouroit, / ë
Il ne fçait bonnement WF: proye, ' .
Et ne veut que l'honneur eM' “ î
Il en triomphe a' puis cejÿhtout. - Î-‘Î~‘~ë

Si quelque Nymphe auec ardeur i


Dans [epaiſſeur du bois lu] come [on margire. I l‘
Il a la meſme honte E9* la meſme pudeur
Qu'auroit Amdrzüis dans les bras du Satyre, l
Et reçoit chaque iour cent poulets qui ſont pleins j
De reproches à ſes dédales.

' C
!O
q

I E: _ Cede Chaſſeur ej? d/ſez


faux cheueux leger;
ce n’eſl " ſoit chauuei
pas qu'il
Mais‘ c'eſi qu'en cela nie/me il ſe plai/i de changer,
Tantofl' il donne_ au noir , tantoj'l il donne au faune
Que ces chiens décou'plear prennent mille de'tours, '.
a leur queue' on ’le Void touſiours.
-.ï

Parm) les Cerfs qu'il Veut courir,


Aly _ſa Voix 'ny fion car ne font pas grande émane;
Il ne ſaut qu'Vne ronce, il ne faut qu'Vn zeploir
Pour arrel‘ler tout court le Chaſſeur ('57- la meute:
'Dés le moindre , dés le moindre bourbier,
Adieu la chaſſe (’2' le gibier.

Belles, Vous courez grand danger,


Si our te beau Chaſſeur Vos ames s’atendriſſent,
.S'il Voip: hleſſe vne fois c'efl pour en enrager,
Il vaudrait tout «satanique cescbiens Vous mardi/ſins,
.i—V
Fm.- il ur Vous guérir encore plus expert, 'l-- _ l l
o re plus court oſi Sain,…HZÂLHL ~) —.

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‘ï :‘.ï ‘ '\ .

‘. in à,, … _ 1,.
7L' ‘. . -1'- 'HIT—x s:
~ ËE‘U
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V. ENTRE’E. s‘
PLAN—M
DeuxBergers ô: deux Bergeres reuiennent des champs
joüans de leurs Huiles ôe de leursmuſettes, & con—
duilans ‘chacun leurs troupeaux au village à cauſe de
la Nuict.
Les sœurs Baptiſte , 8c Feros, Bergers. Les'Sieurs
Qu_çru, ôc Monge, Bergeres,

CE5 Bergers flint fort amoureux, _v


Ces Bergeres n’ont pas la mine fort mode/le ,
Et ie m'imagine
Qu'elles auront gardé leur àbrebis
leur gallo
auê‘cÎux, A l—ſſct “mm“:
Et n'auront point gar e' le reſle. L ‘
Le Marquis de Villequier, repreſintant 'un Berger.
MO” employ ſiul Vaut mieux que tous les voſlres,
le Vous paſſe de loin, ô Bergers de ces lieux,
Simples troupeaux ſont gardez par les autres,
Ce que ie garde eſt‘ bien plus precieux.
Plus vigoureux que le plus fort Atlete,
Ie pourrais mettre à bas les plus fermes Luteurs.‘
Ieune Paſleur auecque ma boulette
I'arres‘le court les plus bardis Pafleurs.
@my que par tout, (5* ſans ce c ie tâche
De gonfler les plaiſirs que jeunes nous gouſlons,
A mon deuoir pleinement ie m’arríc‘liîſſſſi .
1,,...—
Et ie reuiens"toufiours à mes moutons. '
BOY Il
Il
n“. ..____- ..—.— -——.—~__—_—____- -—ñññ—N—_m _,, _ ,__

VL EN'TRIÆE
Des Bandis qui volent vn Mercier
ſur le chemin.
Le Marquis de Villequier, Capitaine des Bande}.
Le Duc de Buxinglram , le Marquis de Humieres
les Sieurs Des-airs , le Vacher, Bandes.
ôc Varin , Mercier.
Le Marquis de Humieres, repreſentant «un Bande'.
-~ſ~“~//7-,—I_Êffilus ctligi qui n'ozçoit pas
W.—-ñW_-—_fi—
ï ’ , Lp'uer les jeux , ſoupir”, faire Vn pas
\V ct . Deuant
Et): mon lah/?et
orgueil des'eſlmon tranſport
meſme extrême,
achemine’
/ ququ'à lu) Venir dire en face que ie l'aime ,
. Es‘l— ce pas eſire vn way determinés‘
(K Depuis cela , Vialement, larcin,
Aſſaffinat deſſus le grand chemin,
Et pis encor me ſtmhle legitime:
\ @and _i'oſlerois aux paſſans Vie ('9' bien ,
Ce que ſa) dit l'emporte , (9* depuis 'un tel crime
Ce que ie fais me paroi/l comme rien.
Diuins regards qui ne m'éclairez plus,
Pour Vous cacher Vos flsins ſontſuperflus,
Rien ne Vous peut oſier Ira/ire conque/le,
Enfin ie Veux finir tant de langueur,
Et ie alu daller porter ma tejle
a Vous ſçauez que i’ay laifle' mon cœur.
YU.ENÎRËQ
13
H— ..._—, l i _

' VIII E N T na’a.


Le Theatre change de Face ,‘ 8c deux boutiques pa—
roiſſent _de chaque collé auec des Marchands ze,
desMarchandes.; deux Galands 8e deux Coquet-'
_ tes arriuent. du Cours en caroſſe Q‘ 6c mettent
~ ‘~ ' 'ſ ; confitures:
pied à terre… pour acheprer
Cependant destourne,
le Cocher rubans ôe6:aptes
des

' qu'ils ont danſé, les vient aduettir qu’il ell: tard.
Tandis qu'ils remontent en caroſſe , l'on void
danſer ſur les boutiques diuers— animaux.

~/, l MONS'IEVR Frcre vnique du Roy. \ 1


.\
.
L! Comte de Guiche, Galanez's. Le Marquis de Villeroy,
&lepetit Bonard, Coquerres.- Picot, Cocber.
~ Turpin,V4let-de—pz~ed. Son Frerc, 'vis Chien.
MONS] E’VR Frere vniquc du Roy, ”pre/l'uterus* ‘j " ~
”n Guiana'. -
, V x CAJ” d’affiz bonne [amide ' ~ _. , ä ,-j a'
.z _
. i.

Entre tous les Galands je brille, ’ R _ / I

' - ,,— On m'aplaudit des que l’on m'apperçoit; ~ ,


~ Mon rang (9* ma beauté par tout ſe fbnt connai/ire, j
Et petit que je fuis je ne lai/j? pas d'eflre‘ .
. -, Tout le' plus' grand Monfieur qui fini. . <

*5 ~' ~ \D ’i
.-’ ~ Ie taſche en fermant les plue helles
De ſaire fortune auprés dſilles,
Et ("e/Ï par la‘ que je Veux m'auancer:
À d le n'a) point d'autre flirt , 19; de plus grande aJ aire,
‘r
.Quand les aiſnez ont tout, queſpauroit—on y faire,
C'cll aux Cadets à. ſe pouſſer.
Maintenant je ne repreſZ-nte ~ \
WW: galand d’humeur complaiffisnœ
.Cſ\\<——/\ ’Dam le deſlin n’eſl guere Viola-it(
Mais quand l’ange aux deflrs aura Iaſché la hride,
I’ay ‘toute la façon d’aſſurer _au ſolide , ~
Et d’eflre Vn terrible Galand.
Le Comte de Guiche , vrepreſentant: 'vn Gal—1nd.»
Ous ces Blondin: à teſle éceruele’e ,
Tous ees Galands de la haute Valle
2—4_ EUatiere d'e ritnsnejeme finit paint la Loy,
Auecque [63"le , Îeſiſiràillcîſſſ
r Et ſans qu'au‘deſſbua d'eux j’a): la force c’g* la taille,
[ls n'auraient rien par deſſus may; ‘Ï
Le Marquis de Villeroy, repreſtntanr 'une Coque-tte,
&parlant a‘ Mousxnvn Frere vnique du Roy. -
- Out' autres petites coquettes
NOM entendons bien en fleurettes,
Et je ſea) que 't'offre douceur
f ſi' _ ' EH moins pour mg que pour ma ſaur.

W
U

Vi”. En TRE'B.
Quatre Egyptiens &1 deux Égyptienne; , prennent l'ocſi \

caſion de la Nuió’t pour faire leur meſtier; ce vont


de boutique en boutique diſans la bonne aduan—
ture, &e emportant .de chacune quelque choſe. _
Les Ducs dc oneuſe, 8L;Darnuille, 'les Sieurs D’azy, i
Saint André laye/(Æ , &L les’ Sieurs Verpté ,
' 86 Bruneau.
i" ~ :Le Duc de oneuſe , ne‘ttt'efintan:s
_un Egyptien.

N Oflre ſcience efl aſſèz peu commune,


Et nous en cachant plus que nous n’en témoignant:
Pour mg- iev croy m'entendre”) la honne fortune
,ſuffi-,him que. mes compagnons.,
ui la voudra [çauoir qu'il Vienne,
Mais je ‘montrait pluſloſl que de dire la mienne'
Le Duc Damuille, repreſêntant «vn Egyptien.

DES ”a grande jeuneſſe allant par les maifiins ,l


le faiſais des larcin: en contant mes raiflms ,
~ Et touſiours flans ma main j’auois quelque Vetille
Sait de femme ou de fille.
i —D i;

\f
l

, . !6
k Encore maintenant n'y fait-il pas !rp [Eur,
Et je ſÿay me couler auec tant de douceur, l -
,Qc quelque effirt qu’on afin de s'en defendre, ;j
' le prends ce qu'on peut prendre. '. ,'
Quand j'épouſhy ma femme , aufli n‘eſloit-ce pas
Pour flan teint , ſa jeuneſſe, ou ces autres appels.; ,
_ En roulez-vous ſçauoir la raiſon a ce fut pource
Qu'elle auoit \me bource. _
“l,

'lc la' toma}: fort bien , puis ſen demeuraj—là,


Et ”e ne pû tam-zi) luy faire que cela;
Elle ne fceut auſS‘i reparer ſur la' mienne
La perte de la ſienne.

Que): que je ſois d'Egypte, à ne' Vous rien celer,


' Dans le ſombre aduemrje ne v9: pas trop clair:
Mai-s pour le ten-ps paſîe (ſans vanité) les Belles, .
j’en ſta) quelques nouuelles.

1X. Egrnz'ei
ï ‘
I7
_— \

IX. ENTRÉE.
Deux Gagne-petits conduiſans leur broüettes
ô: eſguilàns des couſtcaux, ſe retirent chez
eux à, cauſe dela Nuict.
Les Sieurs Laleu ', ‘Sc-Hans.
* - s 7 i

Q Vand fou/5 mille couſleaux la meule S eſl tournee,


Apres Vn 'lang trauail ou le gain es‘l petit,
Enfin nous e'prauuons au bout de la journe'e
A , I Ô À I. ] I .ſ— y I

_Qu ll n rfi ”en d algue/e comme noſl’re apwt.

X. ENTRE'E. -
Les boutiques ſe ferment, 8c les Marchands
, 6c Marchandes ſont leur vtctrauztc
en danſant.
4
Mr Bontemps, les Sieurs Beauchamp, de Lorge, Lambert,
Sainct Fré, Parque, Marchands. Geoffroy, Rodicr,
Marc/landes. Bonnart, 'un Perroquet. Aubry en Chien.
Charlot l’aiſné, "un petit Enfant. pctitS.Fré,
*une Corneille.

MEſdames, CF* Meſíieurs, Vous plaiſl— il rien du noſlre, l


Nous auons ce qu'tlfizut, O* ſíOHTl'VnÜ‘ pourlautre,
Et Vous en deuez eſſayer;
r, Mais taule no/lre marchande e
Ne ſcauroit dignement payer
L'honneur de Voſlre chalandiſeî
.—.—
s, ‘il’ F‘.
XL ENTRËL
Trois' Allumeurs de Lanternes viennent pour les
abaiſſer, se pour allumer les Chandelles,
ſuiuís de quatre Lanternes, qui
s'ouurent 8c ſe ferment. - j
Les SicursVçrbchu Pron,& Regnault, Allumer”: a’e Lanter—
_, z…, Armenien, pctlt Charlot, petit du Manoir,
Chaudron , Lanternes. -
ct _ [TNT-os
~ :beaux yeux nous_L tiennent
,————-—4> L_ . priflmniers,
—’ u'ils nous ont de leurs traits cent bleſſures internes,
î” il n’efl rien fi commun , C9' ce ſont baliuernes:
' 'Mais qu’efl—‘ce que des Lanterniers
Vous conteraient que des Lanternes?
Ly — —-.—ñ-—————- —— ññ

X—ll. 8e XIII. E NTRE'E.

Deux Bourgeoiſes reuiennent de la Ville en Chaize,


‘ 8c ſont rencontrées par deux Filoux qui les atta
quent, lles Porteurs s'enſuyent: Deux Soldats ſur
uiennent qui leur font quitter priſe : Les Filles
s’échappent, 6c l'Entrée finit par vn Combat.
Le Marquis de Monglas, 8c le ſieur de Chambonniercs,
Bourgeotſis. Les Sieurs du Poix, &Ourdault, Fila/ex.
_ Les Sieurs Baptiſtc, 6c la Mare, Soldats.

Le Marquis de Menglas , reprcſintani on? Bourget-rfi.


Ous meriteriez' quelques Vœux,
Et ſiriez d'aſſez bon Vſage ,
Si Vous auiez le blanc deſſus Voſlre viſage
ue Vous auez dans les cheueux'. _h _ -
M.
Ouy , je Vous le diray, deuſſtÎj—ie émouuoir noiſe,
Vous' eſles vn braue Seigneur, j
Vn fort bon Gentilhomrne (F d‘eſprit (3* d'honneur ,x l

Mais Vne fort laide Bourgeoiſe. l

’Filoux.

Ve la nuié? nou-s Va donner beau,


Ie la ng ſis ombres étendre,
Et ſi' couurir de flan manteau
Afin de nous~ en laiſſêr prendre.
inf*
r" ~ “V

XIV. EN TR E’E.
La Cour des Miracles oû ſc rendent le ſoir touteſortc l
de Gueux ô: Eſtropíez, qui en ſortcncſainsôcoaii—
'lards pour danſer leur Entrée, apreslaquelleils don—r
nent vne Serenade ridicule au Maiſtrc' du lieu.
Mi Hcſſclin, Mai/?ren .Lcramberr, [a Majſhreſſê. Bcaubrun,
Vale-t. Lcficur Bruneauys'oldató/ffrapië. Monſicur de Sain:
A_ [DECO/4j”. Les-Sieurs Geoffroy, du Moutier, Moliere,
‘ Lalcu, dc Lorgc, Hans, Picot, Lambert, E/lropzez. Mon
..TM—.7..

"'fie.ur Cabou, les Sieurs Beauchamp, Iacquicr, Vcrbcc,
le Çoime dc Traj-e, 8è Baptiſtc, Gueux.
*4_n-.1—çqn4-da,.—-dœ— MOi‘lſieur Hcſſelin, repreſintam [e Mai/Ire de [4 Cour
‘ du Mime/ex.
L n'efl rien de pareil à me: enclmntemen; ,
Men déplaiſe ci M’augu , md ſcience efl meilleure,
On ne lit Point dans les Romans
.O
Tout ce, q:t'on"Void dans ma ’pemeure.
«—~-"~ñ~' l l u ‘Îiïtïÿnä‘niäïm me vient pqint ſai/Tr,
Contre toux: les chagrins c'efl \me Maiſon fine,
. _-çx
la m'ſie- e (3‘ le #plaiſir
N'en ont jamais paſſé la porte.

íï— *_—ñ.-—dA.—ñ_
Là' mefme on ſc guerit de mille infirmith
_ Pur \me a( ELM: (T facile met/onde ,
A \ Le”: ñ
/y— I '
z charmantes Beaute-z ,
I

f,

St lu Vertu Vous incommode.


Fin dc la premiere Partie(

J...“.d—.

Il
LI

_il
à
à C‘ c
ï) .qd
ï P5

DEVXIESME PARTIE '


_ D'V

BALL E T R 0 YAL
DE' L’A NVICT.
Reprefenmnt le: diuertäflêmens dufot'r;
ala/;mir le; neuf heure: ſuffi/[ua
_a mmmct.
mmmmmmmmmwmmm

RÉCIT ET PREMIERE ENTRE’E.

Les crois Parques, la Triſteſſe,& laVieillefTe, vien—


nentàdeſſein de marquer le deſordre des tene
bres 8: de la Nuict ,~ 8c apres auch-.danſé elles
entreprennent vn Recic; Mais Venus deſcend
du Ciel qui les interrompt 6€ les chaſſe = Et apres
auoir chan-cé elle fait danſer les Ieux, les Ris,
l’Hymcn 6c le Dieu Comus , qu’elle introduit en
leur plage. .
'r
"S‘l

2.2.
Les trois Parques , lu Viez'ſleffit'y' lu Tri/feſſe..
Les Srs Fatouuille, S. MOly, Rcdicr,
tft-g'
**..z-
f—v-t.
Mongé , 8c Raynal.

, ' [en que nous n’ayons peu tout eifititl'air‘gulancù


Il n'es? bruit que de nos conquefles,
‘V"'
z Nous auons Pour cela 'tozîiours les armes [mſtes,
. .-. z
Et l'on arriue à nous—me me en s’en reculant:
m'2a4-~..1T.i va
Les plus [Selles n’ont Point de traits comme les noflrcs,
Contre nos—lie pouuoir t’es-l en 'vain qu'on {cf/meut,
On nous prcndpourelun ’ez-tout leplus rural qu’on peut,
J
Et c'eff nous qui prenons les autres.

II. E NTRE'E.

Recit de Venus.
[610Z lzien loin ennemis de la ioye,
Tri/les olziets, faut-il que l’on 'vouscuoyt's
Purin) tout ce qu’Amour u— ol'nymalzlc (dj de doux?
1l n’es? pas iufle ce me ſemble,
;
. Que, 'vous [ratez meſh-Ã enſemble
Monfils, Ù" mou-s. ~
jeune L O VIS , le plus gmnddes Moustiques,
Dans quelque temps 'vous porterez des marques
*’—
2:**
c:-x‘z
aux…
Dc ce Dieu dont iamau on n’ëuite les coups ,~
Il faut coder à a ni anee,
ſi ~ ~ ’HM ÆyJaffieËcognoiffiHm
J‘L‘.n
Mon fils, (df _170115
23 __ l ~
Les feux , les Ris, l’Hjmeu 59—‘ le Die” Cornus.
L E R O Y. Les Srs M oliere , S. Fré, se de Lorge.

LE R O Y , reprefl’ntdnt 'un des [eux qui


ſont à la [Hire de Venus.

A Venus. -
OM triomjrliezi, Were d'Amour,
Et 'vo/?re <gloire eſtſizm ficonde,
~ Puifque le plus <grand R0) du monde
Commence à 'vous aire la Cour:
”eſa minees‘l hautaine fiere ,,
Et qu’elle laiſſe loin derriere
Les Monarque.: PIM re/eizez ,—
'Dan_s quel éclat "vous allez: -Uiære,
Et le lreau Train que "vous due-ä: l_
Pourueu qu’il s'adonne si "vous/trimer
~ Tous 'vos Àmours ſimt a'eſieon 5
Par la fileneleur qui l’enuironne,
Et _ſa ieune CF' "vitre Perfume
ÊffI-zce iii/@zizi 'voflre fils;
[Mais 'vom ne le <garderez gun-e‘,
Son ame lie-"Digue Ü'ſi-uere
Ajme trop lesfanälans hazard”
Déja [:5 grands [Mena/Me -——
Et ie crains que ÏHonneurç’y‘Mars ‘
A' lufin ne «tous le díZ-Îucffim.
. .—.—
24
Le Ciel ne l‘a/i liienforme‘
'Apres tant de vœux (F d'effi'ana’es,
_-P—m—T— W Pour aymer les claofis grandes,
â't Pour eſtre éeaucoup aymë :
Toutes 'vos amorces flint 'vain-es ,'
Pour le retenir dans "vos chai/ries,
Il est d’ailleurs trop comlatu ,
8e mêpriflmt 'vos ananrages
A la ſuite de la Vertu
-z-;çlñ-v Pretend de pluafltlides gages;

Mais 'voflre culte eflantfi doux.D


.-l
.—-_
“.í_
7
Luy pourrie-ZIMM pas faire croire,
Que Pour arriucr à la (gloire
. On eut aller ar —²
La jeune 'e a mauuaifi' grace
Quand tropfirieufe elle [rafle
-.'
.-a-. ñ—'ïd-
Sans 'voir le Palais de l’Amour ,ï—
Il faut qu’elle entre, ÿ' pour le Sage
Si ce n’cfl [id/;ſon 'Weg' ſejour,
.l-d J-A,
Èñ_ï*.‘,ſi…w—~
_ C'efl cvn gi refus fion paflage.

‘ n’llè
uuuu
une ~~_ t
Ê&ILu.“3.1._-…—

'III. E'NTRE'B
15

’ ' III. ENTRE'E.


Deux Pages viennent preparer la ſale du Bal,ôcar
ranger les ſieges : Roger ameine Bradamante ac—
compagnée d'vn Eſcuyer Se d’vnc Suruante, &t
luy veut donner le paſſe-temps dc la ſoirée : Il
enuoye prier Medor, Angelique, Marphiſc,Ri~
chardct &c Fleur d’Eſpine.

IV. ENTRÉE

Toute la Compagnie cſtant arriu—ée, le Bal ſe


commence par Pluſieurs ſortes de danſes,
*ç courantes figurées, & branlles
à la' vieille mode.

Laleu fils, 8c Bonnar, Pages. SÎ de la Chappelle , Roger.


le S‘ Courtois, Bradamante. le Ë’Varin , E/cuqier. le’S' de
Lorge le jeune , Suiuante. le S‘ Lcrambert, Nourrice. lc
Comte dc Louuigny, fils de Roger. Medor, le Grand
Maiſtre de l’Artillerie. .Angelique, le Duc Damuille._Ri—
ebardet, le Marquis de Villequier. Guidon, M' Boutemps.
Marpnife, &c Fleur d’EÆinefles S“ lc Vacher, 8c Des-airs.

Our arriuer 2'ch ie ne [gay pas comment ,


~ A dcſſein d’honorer cette fefle publique,
Nous auons traueifê des puis de Romans;
Apres eflre fortes d'une vieille Chronique.

G
ce /

Pour le Comte dekLouuigny, Vulgairement


dit le Gros Homme.

y ſe trouuent à finirait
Heros @j Dieux tous Pcfle-meſle ,
Mais rien ne Peut :ſire bienfait
Si le Gros homme ne s'en mefle.
Le Grand Maiſtrc de l’Artillerie ,reprefintant Med”.
A! 'vous me flatte-z, Aria/Ze,
Et 'vous faites a "UD/ire ſoſie
La beauté que 'vous me donnez;
Mais auriez vous bien le courage
Ï/ d , D’ozer. oûtenir à de
Q5 ie fins/[beau mon'viſages’
Nez

l'a); la teflefort belle fit) bonne ,


\ le fins bien fait de ma Perſonne ,
Doux , accord, fige, (5r- des mieux nez,
Qiand au refle , ſans flatterie ,
Ie n’a); pas touta fait le Nez
Tourne 'vers la cgalanterie.

Pour ma): cependant on ſhupire ,


Tandis qu'en l’amoureux empire
c Langui eut/tant d’infortuneï,
tprés de 4 Belle ue i’ayme ‘
es Riuaux ont "un pied de Nez
’My ie n'en/iris pas de mefme.’
’-7

Ialoux, pleureîè chaudes :larmes,


Tant d’appaó , d'attraits ,l" @' de charmes ,
I ‘ a

Pour 'vous rie/ont pomt‘defiîineï , .


Trop de f'Udntt‘B vous emporte, z
Et cette]? pas Pour tua/ire Nez',
Mais Pour 'un taille d’autre ſhrte,
/I

Non, ma beauté n’eſt [Joint/i rare ,


A NG EL I WE a legoufl bizare,
Et ſés eux ſeront condamne-ï:
Telle tfl d’amour la Lg' commune -,
Et ce n’eſt Fa; toíiiours au Nez g
Qu fi rue/ure la fortune.
Le Duc Damuille , repreſentant Angelique.

A Vce tout mon éclat ie ne prétends pas cſtre


De ces ieunes rendrons qui nefont que de nai/lre
Mais jamais ma beauté n'eut "Un plus grand renom,
I’ay paru dans. les Cours , battu la campagne,
Et le bruit que ſay fait du temps de Charlemagne,
le le fais ſous L OV IS quatorzieſme du Nom.

Pour-qua): tant s’informer , de quelle année cfl-elle?


uand on ſi* Porte bien, (5* qulm eſt toujours belle,
(La "vieilleſſe efl 'ui/[ble, on ne s’y peut tromper,
Taj_ l'œil beau, le teint auf, @ la gorge charmante,
Et ſa): depuis deux ans Perdu ma Gouuernanie ,
Deuant qui je n’oſhu quo/i m’emanciFer.
-u

2.8

Si j’a) mis aux couteaux par ma galanterie


Toute la fine fleur de la Cheualerie ,
Les Renauds , les Rolands , ces fameux Paladins;
Par les meſmes attraits ,(2) par les mefmes charmes,
l Ie Prítens faire encor tous les meſmes ruacarmes,
Semant la jalouſie entre tous les Blondins.
ITX. EN T R E'E.

Apres le Bal, arriue vn Ballet pour le diuertiſſement


de l’aſſemblée.
,,.dm-i—
un..

Les Noloces de Tbetr's , Buffet en Bactet.

Thctis entre pourſuiuie de Pelée; maisfpout éuiter


Pre
micre ſa_pourſuite, elle ſe change en trois ormes dif
Entrée
- .dr_-ïi.-1;r—-«kz
du BaL ferentes , d’animal, de rocher, de flame_ &defeuz
let en Puis citant reuenuë en ſa premiere forme 8c ſe
Ballet.
croyant échappée , elle s'endortâ la porte de ſon
antre: Pele’e retourne ſur ſes pas 8: la trouuant
endormie, la lie & la contraint à ſon r‘e'ueil de
ceder â ſa paflion & de l’accepter pour mary.
1&1.- Pelée s'en retourne, 6e les tronsv Graces habillent
«oau.
-;";L
"vi'.
Thetis & la coiffent en elpoufe'e. Mercure en
Mercierapporte quantité de boëttes pleines de
galands & de mouches. Pelée teuient veflu de
lits habits nuptiaux, prend ſa Maiſireſſe 8€ les
emmeine tous.
’——r-fI
Thetis
1. 9 ,
Tuer/2,1e'SrBeaubrun'.’ Pele’egle Sr Lambert. Les trois
-Graces , les Srs la Marre , Grenorin , 6c Baptiſte,
’ Mercure en Mercier, le Comte de Troje.

' ’Vulcan 8e quatre Cyclopes ap ortent le feu ſans E n*


, titrée.
.fumée pour appreſtcr e fcſtin.
J’ulcan,‘l€'8r Chambonnicrc. Cyclope; , les Srs Monglas,
Outdault , du Poix, &L Varm. -
Voir ce Mariage on eſt bien—toſlguer)
_ Du deſſein d’entreprendre imÆmblable negoce,
La Femme eſt digne duMary,
Et le Train répond a‘ la nopce.

Themis apporte le couuert :iGan'imede 8c Hebé …


Entrée.
,viennenrauec des corbeilles chargées
ôc d’Ambroſic, ſûiuis dc Bacchusde Nectar i _

.8C de Ceres.
’Les Srs 'S. André [aſcii/ê, Laleu , Fcros , 'lc petit
. le Comte, &RaynaL

Ve de Dieux dont l'humeur afliible


djme a‘ eonuetflr parmy nous,
,1c Penſe que toute la Fable
S'eſt i9’ donné rendez. vous.

SSL??
zo
VW..—

IY- Ianus yvicnt pour prendre garde a tout , accompa—


Entrec. ~
gne' de deux Satires z— ôc rencontre Apollon char
gé de quantité de violons , 8e ſuiuy des Muſes Mu
ſicienncs Clio , Eutrope, 8c Etato, qui vont ai cet-—
te Nopce.
Les Srs Dazy, S.Frê , Mongé , (Ecru, Regnault'
du Pron, le Breüil'.

Ianus , reprefenté parle 5* Dazy.


POur auoir doublefrontſhis—ie v” Mon/lrefinie/Ie?
Efl-ce vn ſigrand défaut qu’un vifiige de reſte?
Faut—il que pour cela chacun me mon/ire au doigt?
Ie ne ſhis pan toutfiul , d la Cour il s'en noir,
Et les chiyês du monde ont—elles pas deux faces?
l’ay deux nezc'ys quatrejeux , mais le toutſans grimaces ’7'
\FU-14W"
‘V,4J
=. . .
‘ - ſa) deux bouches auſs’i,c'eſl plus que ie n'en veux:
,' Yfiiurnir eſt‘ chcſt import-me;
Il peut m’eſlre arriue’ d’auoir parlé des deux,
Mais ie n’ay iamais beu que d'vne;

‘~ne—A.
o...» V'. La Diſcordc vient à deſſein de mettre toute.
Em“î' en confuſion. '
‘ml

etTu:id“;Tn- . Le Comte de Traje.


3"

VI. E NTRE"E.
Comedie muëtte d’Amphitrion.
PREMIERE 'ENTREE
repreſentant le premier Acte.

Mphitrion commence auec Soſie ſon valet , il


fait venir Alcmene ſa femme, pour luy appren
dre le ſujet
vmeſmc du ilvoyage
temps qu’ilcongé.
en prend eſt obligé de faire, ôc en
\r .

‘Deuxiefme Acte.
V piter entre auec Mercure, 8c luy declare l’amour—
qu’il a pour Alcmene ’, ils conſultent comme ils
la pourront perſuader , 8c rcſoluent de ſe metamor. '
phoſer , Iupitcr en Amphitrion 6c Mercure en Soſieſ
6e auſſt-toſt Mercure luy montre des habits propres"
pour executer ce deſſein.
Troiſieſme Acte'. il

Lcmene reuient auec Bromia ſa ſeruante , àŸqui"


elle ſe plaint de l’abſence dc ſon Mary, ce ce
endant on voitvenir Iupiter 6c Mercure metamor
phaſe’, l'vn en Amphirrion «Et l’autre en Soſie: Alc
mcne trompée par l’apparence les re’çoit auec joye , '
Iupitcr entre auec elle dans le logis ,ec Mercure de:
meure à la porte. ~
zo.

&Mackie/*Me ÿ‘ dernier Acte.

E veritable Sofie reuient de ſon voyage, 6c pen—


ſant-entrer en la maiſon d’Alcmene., en eſt cm—
peſché ar ſon ſemblable qu’il rencontre â la porte—p
cſtonne de le_ Voir il fait pluſieurs actions pour l’eſ—~
prouuer -: Amphitrion cependant retourne fi-appe à
lapone, Iupiter déguiſé en Amphitrion regarde par
la enelire,leveritable Amphitrion'ſurpris de ſe -voir
ſe met en cholcre, 6c impatient entre par cette ferre.
fire : Soſie qui le voit veut y entrer 6€ le ſuiuœ,
Mercure dcſguiſé le retient , ;8c enfin 'y entrent tous
deux: Brom-ia ſeruame d’Alcmene dans ‘la eur met
la teſtcîcette-feneſire,pourrecognoiſtre s’íſnc vient
plus perſonne , deſcend ſort par la porte regardant
aux aduenuës,:'Et enfin'les deux Amphitrions ôe les
deux S'ofies ſortent: 'Blefaro qui ne cognoiſt pas ces
t Dieux déguier , les veut accorder auec les autresi
Mais Iupiter 6c Mercure ſe découurent 6c ſe ſont co—
gnoiſtre :A l'inſtant les veritables Amphitrion 6c
Soſie, Alcmene‘, Bromia 8c _Bleſaro , leur font ſoû—
miſſion qui finit la Comedie. Les Violons ceſſent
pour incontinen-t aptes ſonner \ine Sarabande , ſur la
quelle danſent quatre petites quq’pagnolles 6c vn Eſpa
gnol , pour Aacheuer le diuetti ement de l'aſſemblée
du Bal ä Ce qui finit la deuxicſmc Partie du Ballet.

Amphitrion,
' äz
. Ïdmplritrion a Sage, «flemme.
Mr Saintot. Les Sis aptiſtc, 8c Geoffroy(
Iupiter, Mercure. ' .,_
M' vHefl’elin , 8c le Sr Bruneau.
Bromia. Le Sr Lcrambcrt. Blefaro. Le Sr du Moutier.

Mr Heſſelin , repreſentant Iupiter.


Ans le Ciel 'où je ſuis rogne "une paix’prisfimde, r l
Lei donnant si mes fins ce qu’ils circulent d’abord,
Sans trop m’inquietcr des affizim du Monde,
l’en laiſſe la conduite au Sort.

Aſſez commodément de crainte qu’il m’ennuye, /


Ie Prends les paſſttemps les plus delicieux, ’
Etpour mes Danae'z i’ay toujours de la pluye,
Ce que n’ont pas les autres Dieux.

1e ouſte le Net‘lar bien mieux qu’ils ne legouflent,


Et P aignant les J14ortels ui s’attachentau bien, Ÿ ..e—
thndcen’eflque c 'or que mes lai trsme tenaient,
Mes plaiſirs ne me cou/lent rien.

1e [ſay 'vii-”e à ”recycle , CT rien nem’importune;


A tout ce que ic 'verdun—'5‘” ne dit iamais non ,
Etſçauez—-voue quelle es‘i ma meilleure fortune?
C que ic n'a}: point de [unan—
, a I
\
, 34 e

-Peq’bnncdansmon Ciel ne me chante ma'gamrm,


Defoudre ('9‘ dc tonnerre ilne m’enfautpoint lei ;
Mais ſi ie m’auiſhis d’e’pouſir 'vnefi-mme
…J l'aurai-s bien-taff de tout cela.
lLa Comedie finit par vncSarqbande d'vnEſpagnol
8c de quatre petites Eſpagnolles.
L'Eſpagnol. Le S‘ Ribera.
Les quatre petites Eſha‘gnolles.
La petite Moliere. La petite Ribera. La petitcle Brunz'
8c la petite de Verlu.

Fin dela deuxieſme Partie.

ëäÿ‘s‘ëää’ÔW
' WWWë-läë

’~—ï-‘
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T"

Enr-uv.
eaaaeeaaeaeeëeeeëarreter à
errrrererreeWerner-tree ï
‘TROISIESME PARTUE
DV

BALLET *ROYAL
DE LA NVICT.
Depmlr minuictjuſques a troie Heures
deuant le j our.

ÆÜWMWÆŒŒWŒŒÆÆŒMŒŒÆ
La Lune dans ſon Char fait le Recit , 6c ePc ac
compagnée des Eſtoillcs , qui ſe retirent 6e la
laiſſent ſe promenant 6c admirant les beauth
d’Endimion.
RECIT DE LA LVNE.
I ÏÎ O] dont les fioideursſônt cognue‘s ,
’ Hela/s ! j’ayme à la fin , (Tic tombe des Nui-'s
i" Pour 'Uoir ce beau Berger qui me donnela Loy:
ſſ ' Douce ('ÿ'paiſibleNuictde tesplus síibrestvoilcs
Caclre bien mes deſſeinſis ('9‘ mo)- ,
Et dérobe ma honte. à toutes les Sctoilles.
Tl"

.
Mai; , inon 6
ſieæurîefl—il doncpoffible
,Que cuſine a l'Amour deuennſenſible;
Et ue mes ehañes rvœux fi-ſin’eni éuanoiÿs 5'
Ilſaut.[mureſes Lo'ix, on 'ne les peut cnfmz’ndrc,
VousJ 'viendrez ,jeune L O V I S ,
Où les Dieux ont cede’, les Roie ont lieudccraindre.
'——

PREMIER! E NTRE'B.
Endimion,

Le _Due de oneuſe.
Le Duc de oncuſc rez-referred”: Endimlon.

IE l’auou'e , il ej? 'ur—ay, que la Lune ”t'adore,


Life-”c ale/rend pour may dans 'vn nuage obſcur,
à 9t n’ïſtoit qu’elle nz’eyme elle ſerait encore
.Dc tou; les Aflres le plus Pur.
Mais cette Präde enfin reſôluè' ii commettre
Vne_faute ſi douce (9* qui la Peutguerir,
En quelle main plusſi'ure euffi—elle Pu' fi mettre,
Pour la faire eſg" pour la couurirz’
Elle 'vient dans mes brac qua-nd la Nuic‘l tend ſes voile-s,
Ce qu'elle n'eut oſe’ quand le iour ëelatoit,
Et retourne briller au milieu des Efloiles
Tout comme fi de rien n'efloit.
' Encore
".~

Encore qu’elle adiouſle a ſon e'clat extreme',


Etſt pare Pour mo)- d’evnffizn ſort obligeant, ‘—
' Iel’ayme ze- (voua ture
~ a\~~cauJ-ec queTſe W*
k JW.. __

Et ce n’efl pas Pour ſon argent. . e


.
Il n’eſtl rien de faſe/yeux qu’a\ deYIZ’in
~ r N
drme_ plaire Z
Son 'violent amour ne fit tres—‘volontiers ,
Et ie croy que Pour ma] s‘il efloit neceſſaire 2
/~ .
Elle ſe mettrait en-quartiers. "
'Auſſi qu’elle ſiiit rouge-,ou bien qu’elle ſoit [rafle
@lle ſhit en croiflant,c1u’elle ſhit en decours ,
We lle ait la ace en rond,r qu'elle l'ait en oua_l_e ,
Ie 'ayme (d l’aymeray toufiours.

II. 'ENTRE’E.
La.Lune.amoureuſc d’Endimion deſcend du Ciel
ô; approche de luy, vne nuée les dérobe
à la veuë des ſpectateurs.
"K
'La Lune , le Duc Damuille.
"IL

Le Duc Damuille, repreſi’ntant la Zune:

O Lune _ſànsfitire du bruit,


Vou; auez bien roſde' la nuit“? ,-..
z V0m 'voue maintenez par le monde
a - Et touſiours fraiſche O' touſiours blonde":
1 Mais comment "vos attraits ne ſont-ils point 'vſiZS’ ~
Q5 pas aui’ourd'buy ,Lune-,que :vom luiſez.
'38
.111. ENi-r R n'a.“

Ptoleméc 8e Zoroaſ’credeux grands Aſtrologues 0bJ


ſcruent les mouuemens du Ciel auec de longues
Lunettes , 8c croyent que la Lune s’eſt retirée en
terre par quelque enchantement.
Le Comte de S. Agnan',1’toleme'e. Le Siem- le Vacher;
' Zoroaflre.

Le Comte de S. Agnan refleſintam Ptolemée Aflrologïe.


On ſÿauoir eſt1 Profond, @- ie lis dans les Cieux_
Affiz di/Zinc‘lement les biens ÿ’ les deſc/?res ,
Mais i'ay bien plus d'adreſſe a lire dans lesjeux
Et i’entens mieux le cours de cette fine d’A/ira.
q ~ Ces globes lumineux ſiius qui nousſiiccombons
, Encore plus errans que les autres Planetes,
l Se monſtrent Peuſhuuent fauorables (dj bons’
A qui les confidere 'altec des Lutter”.
2 - .Apres en auoz'rfadit 'curieuſement
Mille obſeruations mille exPeriences,
_Que t’en ay’reco‘gnu ui cachent finement
Sous de malins aſPe s de douces irffluences.
Ieſia) pre's des Zeautez les faiſiez-s empldyrer; ‘
' [eſcay quand on leur plai/l, ou quand on les ennuje,
Et des; Almanach: qu‘on ne ſſauroit payer
Qi marquent de l'Amour le beau temps la pluyeg
39

îV. ENTRE'E.

ſLa noircy-
face de, quatre
la LunePaïſàns
s’eſtantviennent
cachée ,teſmoigncr
8e l'air s'eſtant
l’ap—
rchcnſion qu’ils ont \de quelque reuol’uriorr dans.
l: Nature, 8c conſultent les Aſtrologues. ' ſſ

Les S“ Hans, du Pron,_le petit le Comte,


de Lorgc le jeune.
Pres que l’horreur de la guerre
‘A preſque mis tout au cercueil,
Nous 'venons [ſauoir de quel œil
Le Ciel 'pa regarder la Terre,

Ets-rn E’E.
Six Coribantcs auec leurs Baffinsd’airain ,Timballcs
6c Tambours de Biſcayc ,pretendent de rompre
le Sort, & par leur bruit appeller la Lune au Ciel,
qui en effect y reuient apres auorr quitté le Berger
Endimion.
M' Cabou. Les SF' S. ’Fré, Piquet, Raynal,
Monglas , 6c Verbec. Çan‘banæs.
Vclque {Enchanteur Farm): l’air
Tient la Lune fluo fis charmes,
Et c’e/Z pour la rappeller
Q5 nous faiſons ces macarmes.

'325T
.;,gfl;

4d» fi
. L—L.:
VI. EN T_R E'Ë.

—î~*
ï—nmn
Huit}, Ardens qui paroiſſcnt la nuict;
.TP—_
\

LE ROY.
Le Comte de S. Agnan. Le Marquis de Villequichw
Le Comte de Guiche. Le Marquis de Genlis.
Les S" Moliere , Bauchamp 8c Rodicr.
Arden”,
L E R O Y ”177%”th 'vn Ardenl.
Stres, "vous voyez [n'en
A QQ] faut ceder la pldce ,
Vn \It-dent 'vous mjace,
— Et vous n'efles Plus rien;
Vous autresdorefiauant
Bien droit marche-ï doncque
, ſ
Et malheur à quiconque
&cigare en le fuiuant,‘

O qu’il eſt dzffkrent
Dans [bn éclat inſignc
De la "vapeur maligne
_QS Perd en Éclair-mt!
S‘il meine à la riuiere , _
C'eſt qu‘on Prend par malheurw
Au lieu de fa lumiere
ne fauſſe lueur“z
fiche
&I ‘-ſ ‘

Helas ! que d'impruelem


\ux dernieres Tenebm
Qu' furent fi celebre-S,
- Ont prix de faux ardens .' .
Le 'Dray nous en delz'ure
Luifitnt dcyfiu nos pas ,
Et mille ont cru' leſhit”:
Qui, ne le fitiuoientpas.

Objets charmants (’9' doux;


Beau rez toutes parfaites, '
Pour luy 'vous efles faites
Comme il cſt flair Pour "vous .
Mais courrez Pour luy plaire
Vifle comme le tuent ,
On ne l'aura/7e gut-rc
Il tua toujours deuant.

Pendant l'obſcurité
Vou: pourriezſiórſa route
Auecque lu] [ans doute
Marcher en ſearch? s ~
_Mais comme le [zic-d ‘gli/fi',
Nallez pas cepandam '
'Si' prés du precipice
De crainte daccident.
'
i4:
Le Comte de S. Agnan, relire/entant un Hrdenti
’On m’a *veu bien desſhirs dans 'Urs lui/an; extreme
W m'afans tuanite’ plus d'une fois firu), ..NUL-i

Et fi l'Amour oſhit il 'vous dirait lu):— nie/[me


quques ou j’a): mené celles qui m'ont ſuiu).
Le ’Marquis de Villequier reprit/entant un Ardent.
Voir quelle efl ma force @— l'eclat qui meſhit,
Toutfixe me doit craindre alors que je me mon/ire;
Et Pour qui que ce ſhit c’eſt ton Ardent qui luit
D'dſſez dangereuſt rencontre.
Le Comte de Guiche reprefintant 'vu Ardent.
E ne pas encore au Point qu’on meſoupçonne ,_
Capable de Perdre Ferſimne ,
Et de ma): l’on Prend tout en jeu.
Mais de la ſime que mon feu e“
?LI
Edate, reluit, @paille ,
Ceſira merueille dans Peu
Si je n'eîgare quelque fille.
Le Marquis de Genlis reprefintant un Ardent.
Elrille autant au Plus que“ tous ceux que je '0031,' Î
ISM; eflre beau Pourtant aux Jeux des Demoifilles ,
Etfi je fins ardent Pour elles ,
Ie doute qu’elles filent fort ardentes pour mgr:

FHF)
"43L
VI-I. ENTRE'E. y:

Vn
' grand Homme
à huit} monté ſur
petits Demons de vn Boue,d’aucru'r
ſa ſuite, commandeſi
les Sorciers du Sahar. x_ ,,

Le S‘ ‘le Vacher. Les deux Charlots, le petit Laleu , Bonnart J


petit S. Fré, Paquclon, Aubry ,"86 du Manoir.

Oicy le rendez-'vous @ï l'heure du Salut,


Courez , Demons leger; , d"une cuite”? Étrange V
Auertir les Sorciers de quiter‘leurgrabat,
Et que la noire TrouPPe afin deuoir ſe range,

VIII. ENTREE. "l,

(QI—arte Monſircs nains ſortent de quatre Coquilles


de Limaſſons, 8c fontenleuez en l’air.

Armcnicn, Boucelct, petit Des-Aimez: Chaudron.:

Oſtre dzflormite' nous fait qfle{ paroi/lie,


ſ/ſictſiî
Mais rien de ſiPetít neſe 'voitſhus les Ci ~ …_ ___ ,JA
uand on :ſi Mon/Ire auffi le mom re qu’onPu ‘ e eflre
L ?Te/Lee me fimltle que le mieuxt ff ſſ
44 3._

I E N T R‘n'B.
Vnc Magicienne 8: quatre vieille Sorcieres aifle'eso
ſe gtaiſſc'nr en danſant
_ 6e ſont enleuéçs _
‘ au Sabat.

Les Srs Beauchamp, Picqucc, de Lotge,_Fcros,


' 8: Des—airs.

/ NOflre maj/?ier efl bon de toutes les maniere!,


Qi l’exerce "une foie ne Lcauroit s’en tenir,
l Les Dames de la Cour ont toutes des Sorcieree,
,r-—-.—
_ad'l Ou ta citent à le deuenir.°
L’art) peut toutefois [vien moins que la nature ,
En!” " Quand 'une jeu-ne creature
zn ait pat tant de’faÿon,
”ct" Sans tous ces afiîquets,fitns firdætjfinsæarure,

i Ne lai'fle pourtant pas de charmer "un garcon ,


«5
Elle efl Sorciere toute pure,
C’efl onfe‘gratfle
Plue ſh naq‘uetê qui
Ü* plai/11,_
moins onl‘efl. v’ '

X. ENT—12';
4':
\

X. E N T RL’E.”

Six Loups-.garoux qui vont 'au Sabat.


h M‘ Bontemps. tes S“ Parque, Monglas,Grc‘n‘crin,‘
' la Mare, 8c du Moutier.
ï

DEmj Bergers (‘9'- dem) Loups ' ’“


Watt: fimmes aux trouPPeaux effroyable: @doux
‘Qui ne nom [cauent recognozſtre, ’
Et de l’air que noue noue changeons
D'Un coſtë noue les menons Pull/Pre" -:~ -
Et de l’autre nous les mangeant. ſſ

Xxl. E N TRE’E.

Le fonds du Theatre s'ouure ôc monPcre le Sabat,‘


crois Curieux arriucnt pour le Voir , mais auant
.que d’aborder-lc lieu tout diſparoiſt.
L E R O A Les Srs Me‘liere ôcBeauchamp.

L E R O Y reprefintant "U” Curieux.


IE voudrais tout [mur ,tje 'voudrais tout cognozſtre,
Rien n’échappe d mes—15199*—
Pour deuenir jÿauant
Et jeune (f c’e/lle ſZ-cret que &fle
curÎËuocſſſ”

, M
4.6
Ie ta che a Preuenir la longue experience ,
Et ne rien Epargner
.A m’acquerir bien—tof? la fitélime ſcience
> De 'viure (’9' de rogner.

Mai-5 certain Petit Dieu que force monde adore ,


. Et que tout recognoiſt,
- I z a -
La curtofite ne ma Paint pm encore z
De ſſauoir'ce que c’eſt‘.
Si faut—il qu’à quelqu’vned la fin ie m’informe
'De ce Demon plaifiint,
ans m'y trop amufir , ce n’ai/Z que Pour la firme,
'——-————__
~~ ~ Et qu’en cliemin faifiint.
On dit que c’efl 'vn mal qui n’efl Point 'volontaire ,
Vn ioug imperieux,
Et qui n’a de l’Amour effieurë Ie mjflere
N’eſZ pas fort curieux.

Et puis les Paffionsſêruiront a ma gloire,


l’en 'veux ſubir la Loy, _
Pour leur oſier apres l’empire O' la 'victoire
Qt’elles auraient fier ma).
je ſſſiaurógr triompher de ma Perfimne (9“ d’elles
Ainſi que d'ennemi; ,
Et me conter moy-meſme
Comêatuo entre tout me:ct rebelles
(9* fiûmu.
47
Ie Pre’tens ſignaler fier la Terre (9' ſur l’Onde
Ma force (9' mon bon-beur.,
Et i’iray fureter par tous les coins du monde
Pour trouuer de l'honneur.

q F Mai; -voir mon Peuple en Puma** que la guerre meure,


a; Et l’animq/itë, ~
Ce n’eſt rien qu’a cela que ie borne Pour l’heure
a
Ma curio/xte'.

XlI. ENTREE..

YÎpe Maiſon en-feu,le Tocſin ſonne, 6c l’on voit


ſortir Hommes demy nuds, 8c femmes écheueè
“flées
"'ſijetcéqui
paremportent leurs enfans , apres auoir tout
les fencſtres.

M"- oncux, Co ucc, Courtois , 8e le S' Lcrambert.


” L’ailnc ,St'nge. Cadet, Chat.

Ans le Peril exrreſme on doit s’ajder 'vn Peu,


craint l’emlra/Ement il faut qu’il s’en recule ,‘
Et quelque grand qu’ilfitit Perſhnne ne fi lrufle
.Wie ceux qui 'veulent bien demeurer dans lefeu.
QG4039
'Ê ‘E‘
&SANS »S
b
/

XIII._-ENTRE'B. :-—\qd‘

Deux Larrons
V pour viennent
eſteindre le feu,aÏue'c
mais ſeaux 8c crOcs'comme
en effect pour voiler,
8c ſont ſurpris ar les Archers du Guet qui les
emmeinent prilgnniers.
M“ Bontemps, 8c la Cheſnaye, Larronn Les Srs le Vacher,
_ le petit le Comte , Iacquier , ôc Mongé , Arc/7ers.

Fin de la croiſieſrne Partie.

A4_‘v—ñ—ñ.î—,ñŸ

QYATRIESME.
. 49‘ i'

VATRIESME PARTIE
(L.
DVX… q .
BALLET ROYAL
DE LA NVICT.
Depuis trou Heures apre: miuuict, juſque:
a ſix que le Soleilfi leue.

_Le Sommeil &C le Silence ſont le Recit,


ôc puis ſe couchent à l’entrée de la
Grotte d’où ſortent les Songes .
R E e‘ 1' T.
- Dialogue du Sommeil U du Silence. ‘
LE SOMMEIL…?

‘ _ _ LE SILENCE.
- 'Him-ph ;Je/fou paiſible, Û’je ne dtfiu rien.
' — N
$0

'Tous‘ deux enſemble .


Par quelle biÿrre auanture , u
Dont l’Uniuers oit eflre e'merueillí,
Vient—on troubler en nous l’ordre de la Nature." ',Î
ñ
"W—rr" , LE SOMMEIL.
@ſi 'vous a fait Parler?
Il LB SILENCE.—

Qui 'vous a ríueille'?


LE'SOMMEIL.
Le digne Nom du plus <grand Kg) du monde ,
Tout jeune encore (9‘ de'ja tout Parfait ,
deuient tel ſur la Terre (9* fier l’Onde
Qu’on ne ſcauroit dormir au bruit qu'ilfizit.
LE SILENCE.
Ce meſme Nom par 'un effort extreſme
…Wiſe—&Again aux víflresëgaleh
_—__——
Et euient tel que le Silence meſme
WM s’emPeſcher d‘en parler.
Tous deux enſemble .'
loiÿnons nos diſcours (F nos cueille:
Pour e publier hautement,
Et chantons dignement
De ce jeune L V.] S les naiſſantes merueilles. .z
. , i | ç‘. À | . ,

W
51
T—
PREMIERE EN'rſſRE’E.

Les quatre Demons du Feu , de l’Air, de l’Eau , &c


de la Terre , qui repreſentcnc les quatre humeurs
ou temperamens du corps humainsle Colerique,
le Sanguin
d’où , le les
naiſſeſſnt Flegmatique , 6c le Melancholique,
differens Songes.
Le Duc de Buxing’ham , les 5‘5 du Freſnoy , S. Mory,
- 6e du Prou.
“Le Duc de Buxiugham', repreſentant le FM,- ,
Ec’gelez-tuous à ce grand/“cu , - l
DLes Belles, (5" ‘voyez *vn peu
_ Muet: quelle grace il cſiclaire,
f
V ffl brufle a meſme temps qu’il luit ,
Mais ce. feu qui fait bien du bruit
'N’en fait pas tant que feu W1
C’es‘ioit "un feu de <grand renom
faifliit plut fort qu’a-'n canon
Eſclater la moindre fleurette ,
_71 ne Pouuoit s'humilier,
Et ce n’eſtoit pas "un hrazt'er
A rëſhauffcr quelque Soubrette.\‘-__ A
LA- \ — — ‘
5... CCthl-çy ’ne l’imite pat,” ‘ ‘x’.’
Mais il le Prend d”un ton plus bas ,
_ . Sa flame efl aſſez meſirríe, ,
' ‘‘ '’ſi _ "fI ..Qu'on
ſl eſtſage, (‘7‘ nul neaux
Peut atteindre [fait mieux
autres Cieux~',
~ ' Mais jamais au Ciel empirÉe.
"CLIQ
52
r;
1- . dz.;n

11-.» E N T R EIE.
, Le Songe du Colerique, 'repreſente par des Furieux
_x . - qui luy apparoiſſent.
L E R O Y. Le Duc de oneuſe, de Roquelaure,
M' Cabou , les S" Molicre, 8e 5. Fré, Furieux.
L E R. O Y. refreſintant 'Un 1'~'urieux-v
‘r
SI tu crois que tou'jours tes 'Palmes ſe maintiennent,
Sspagnolle fierté, corrige ton erreur, ~ _
v4 ce jeune Lion déja les ongles "vienne-nt;
Et tu ne peux long-temps ?uiter ſa fureur.
il ne 'veut plus ſoufffiir qu’entre fis mains on bleſſe
La iuſte authoritëíui tombait en langueur,
Et tout ce que l’au ace a pris à la foiblefle
:Il faudra deſormais le rendre a la vigueur.
- _ C’efl trop dtfibeïr à ce terrible Waiflre ,
Il faut ſuiure ſa La) , malheur à qui l'enfraint,
WW donner à cagnoiſire
WWfait bon eſire aymë, maie qu’ilfaut eflre craint.
Exempt des paſſions dont l’empire eſi1 ſi large ,
Il court,ilſaute, il danſé , a toute heure en tout lieux;
.Amour, qui l’ëpiez , il eſt de 'vo/ire charge
De prendre (7' de lier ce jeunefurieux. ï
Il mépriſe 'vos tîaitsſil /ê rit de 'vosflames ,
Et ne croit poznt qu il faille à 'vous s’abandonner;
' Que Ze rauage auſſi parm) toutes les femmes
.S’il arriue 'vne fois qu’il faille dëcbaifner.
w LC DUC
' \
53 J

Le Duc"de loycuſc, rqorçſintant 'vu Furieux.


Dorable Beaute pour qui mon coeur ſhupire ,
;A Way que vous p'uiſſîez tout ,î ilſerait malaiſë
We 'vous Peu/liez trouuer En l’amoureux empire
Vn furieux plus campa/Ë.

r Roquelaure, repreſinrant 'vn Furieux. ~ '

Hacu—n remarque ma furie


C luſques dans le toii de ma voix,
1e furieux en explois
‘De guerre de galanterie, 1 l

En dépeiſe ,en habits, en jeu,


Et je me mettrais dans le
Pour 'vn teint de lys U' de roſés :
Bref,j’ay la rePutatióſſn
Q

A Deſire/furieux en cent choſês ,


Mais ur tout en diſiretion.
54

lII._E N T R E’E.
Le meſme Songe exprime’ par des Aduanturiſſers_
Turcs 8c Chreſtiens , qui combatent les vns
contre les autres . -

Le Grand Maiſtrc de l’Artillerie , Capitaine Tare. le Marquis


de Mirepoix ,Capitaine Cbreſtien. M‘ Bontemps,
les S" Monglas , le Brcüil,le Comte, de Troje.
Cure/lieux. Les S‘s Des—airs, V'erpré,
Bruneau , le Vacher, Turcs.

Le Grand Maiſtre de l’Arrilleric,TurcÏ

Vo] que jeune dy‘ Galand , je ſia) 'viure de ſorte


QQ? je firs de modele it tous les gens de‘ bien ,
Et ſhua le Turban que je porte
;Fay les mœurs d’rvn fort bon Chreflient

Le Marquis de Mirepoix, Maanturier.


Eune je cherche de l’emplcy ,
IMS-'priſant les chqfi-s obſcures,
Et cours apres les Auantures,
Jfin que l’on parle de maj,

V‘Yr _'Ir"'~ "YZ/"N


55

IV. ENTRE’E.

Le Songe du Sanguin , figuré par la paſſion violente


ôc ambitieuſe d’lxion , qui'n’embraſſe qu’vnc
nue en penſant embraſſer Iunon.
Le Marquis de Genlis , Ixio”.
le S' Varin , lune”.

Le Marquis de Genlis , ”pre/infant Ixionï

Ve je ’vous plains , pauure Ixion ,


Et vous O' 'traffic intentionl __ M
L'Amant auecque la Maiffreſſe .4
V1 trop Peu de proportion:— Î d—
u~
Moderez l’ardeur qui 'vo—us preſſe; .——
Telles amours 'vont d 'vieu—l’eau,
Sur tout quand [a femme eſtDeeſſie ,
Et lors que l’homme n’es? pas beau.

Voflre amour (9" 'vo/ire langueur


Deuroient bien "UOWS rendre *vainqueur 4
De la beauté rude (9** ſauuage
.Qui 'vous refuſe ainſi ſon cœur: 7~
D'ailleurs l’equitê juſie efç'ſië‘ge
‘Qui [fait rendre à chacun Ie ſien ,‘ .
Des qu’elle a 'veu 'voflre wiſhge,
.I
'Uoue condamne ti n’embraſſer rienſi
j
56 "
- Sans *vous rebuter de fis coups ,
Soupirez,fizites les yeux doux;
.Tic-lle fuye, ou qu’elle s’enuole
Teut-es‘ire l'attraperez 'vous :
Cependant qu’zAmour 'vous conſhle ,
Et n’accuſi-z que 'vos appas
De ce 'vent leger U‘ friuole
@a 'vous demeure entre les bras.

.\ , V, E N T R’E'E.
Le Songe du Flegmatique , d’où vienrla ſtupidité
.. , &la peur , exprime’ par vn miſerable ,épouuancé
de deux Ombres qui le_ ſuiuenc par tout
8c qu’il ne peut éuiter‘. _
M‘ de Saintot , Peureux; Les S" Laleu ,ſ
8: lacquier, ombres.

, M‘ de Saintot , repreſintant 'vn Peureux.

On , ma frayeur n’eſi point 'vn crime,


La crainte eſi fliuuent legitime, '
L’homme le plus *vaillant (9" le plus hazardeux ,
..Wi de ſis parens morts 'voit les ombres plaintiues
.Wii luy paraiſſent comme -viues,
N’en a t’il pas cgrand peur quand il herite d’eux? -

VLENTRE’E.
57

VI. ENTRE'E.
L’humeur Melancholique s’exprime en la perſonne_
d’vn Poëte 8c d’vn Philoſophe , dont l’vn ſait
,I voir ſa Maiſtreſſe telle que la repreſente le Berger
extrauagant , 8c donc l’autre s’imagine la Me
ram ſicoſe , figurée par vnc femme qui change
de orme.
Les Srs la Chappellc, 6c Parque, Poe”, é- philiſtpbe,
Mr Coquet , «Sc du Freſnoy.
Femmes.

Our du merite ailleurs il n’en ſaut point chercher, l


PDeſiience (F d’eſprit cette troup e es‘i remplie,
Ie penſe toutefois qu’à la bien ëp ucher
Il s’y pourrait trouuer quelque <grain de folie.
58

-VHnENTRÊE -
Le meſme Songe cſt encore exprimé par des Amou
reux tranſis , qui vont conſulter l’Oracle ſur le
‘ſucces de ‘leur paſſion , ôc auſquels reſpond vn
écho qui ſe perd à meſure qu'ils s’eflorgnenr de
la Forcſt Dodonne.
Son Alceſſe Royale Monſieur le Duc d’Yorx,
Le Duc dc Buxingham , les Comtes dc Viuonnc,
8e de ’Froulé , le Cheualier de Gramonr..
Amoureux Iran/is.

S. A R. Monſieur 'lc Duc d’YorK , repreſentant


a‘
mu Mme/creux tranſe.

LA gloire ſeule eſt ma Ma'iji‘reffie,


/ Elle -me charme, elle me preſſe,
ſ Ie rends a ſa beauté des deuoirs aſſidus:
Deja m'on ieune cœur paroififier (/7 terrible
Par deſſus le , débris _horrible
Des Throfiies~ renuerſtz, ('9' des Sceptresſi perdu_

Non , ie n’ayme que certe Belle,


Et ne tranſi que pour elle ,
Ie 'veux faire des coups dignes d’elle (’7' de mgr;
St ſans que ma 'valeur cour-e apres ‘des fantaſmes ,
Vanger les Rois , (F les Royaumes,
Ju reſiabliſfiment d"un Royaume (F d"un quz‘
59
,m
Il faut punir ce grand outrage
Par la force (9' par le coura e ,
Et remettre ſiis pied noflre ſort ab atu . ~\/~\_.

La reuolution es‘i choſè aſſez 'cm'


Et peut eſtre que la F”tune—NN
Voudra donner reuanche à la pauure Vertu. /' \
Le Duc de Buxingham,u!meureux tranſi.
TAntoſt j’eflois de feu, puis dans la meſme place
Je me trouue de glace,
Par- [à mes ſhntimens ſeront bien—t0]? trahis“,
Ie n’a] point apporté ce froid de mon pa'is.
Le Comte de Viuonne,u{moureux iranſi.
IL n’e/l point de Philis , il n’eſi paint de Siluie
Qi m’ait cauſé‘ iamais 'une heure de ſiiugr ,
. Et ie n’a)- bruſlë de ma "oie,
Cependant me 'voila tranſi.
Le Comte de FrouléſL/!moureax trait/î.
E my qu’il n’en e/i Point flius l’amoureux empire
N) de plus retenu, rg de plus circonſpecſi,
Et deuant la Beauté pour qui mon cœur loupire
je bruflíd’amour .Ü' tranſide rgctuct.
Go.

Le Cheuaiier de Gramont, rqonſintant


'vn amoureux tranſ.

Ballade.

Iees ennemis , autheurs de cent trefims,


FDiuins regards qui lancez tant de traits
Permettez—ma)! d’adorer "vos appas
@and ie deurou expirer ſiius cefaix ,
Et que ie roiue , ou que ie meure en paix :
l
Las !auſſi bien peut-il m’arriuer pis
.Wie de 'vous "doira mes maux aſſhupis S’
Ie pouſſe en l’air d’inutiles ſanglots , ſſ_
'D’autres que 'vous prendraient a cette glui;
Mais ‘vou/s lai/fiez ſans j‘y/m’y“ ſans repos
Vn Amoureux tranſi qui n’en peut: plus.

Pour 'vous ie perds e’ÿ—'flimmeil (9' repas ,


Ceux qui [ont morts ne flint pas plus défaits ,
Ie fit)- par tout la trace de 'vos pas, ' _
Pour mes Riuaux ils ne flint point mieux faits ,
Ie ne ſia] pas s’ils flint plusfittisfaits.
Je me ruine en galands , en habits ,
I’ay deuant-vous mille tranſports ſubits;
De longs firupirs entrecoupent mes mots ,
Mais 'vous traitez mes ſoins de ſhperfflus
Et dídaignez aſſez mal ei propos
,/ Vn Amoureux rranſi qui n’en peut plus.
,flu-..VÉ
\ ’Prudhomme
61 z,

Prud’homme fiait ſije ne me mets pas


Tout de mon mieux lors que chez 'vousje vais,
Et ſi depuis le haut iuſques au bas
Ie ne prends ſiiin de m’ajuſier expres,
Sans oublier 'un cul de mes attraits, _
Mais i’ay beau perdre argen’, bijoux, rubis a,
Tout ce _qu’enfin l je fais, ou que je dis,
N’auance point mes amoureux complots,
Je ne puis tflre au nombre des .Elus , -
?Bien que je fins l’œil mourant, le cœur gras
Vn Amoureux* tranſi qui_ n’en peut plus.
.a,

ENVOY.~

Cruelle enfin apres tous mes dëpits,


Ie 'nous pourrais mettre ſiir le tapis;
’Ie Gaſcon d"un aſſez_ fameux los,
Et qui me ſpa) 'Danger quant au _ſurle ,
N’allez donc pas ainſi ”ou/s mettre à dos
_ Vn Amoureux cranſiqui n’en' peut plus‘. .,‘
._
/ . ' K ' z ,w
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67. '

Icy les Songes finiſſent…

VIII. E NTR E’E.‘


(
Trois faux Monnoyeurs ſortent d’vn Antre.

Le Comte du Ludc, les 8" Verbec,


- ‘85 Beauchamp.
le Comte du Lude, reprcflntant 'vn faux Mennojrear.

SOupirer , eflre tout en feu


Pour le premier Objet qu’on 'voye
Puis quelqu’autre arriuant recommencer ce jeu
Si 'vous ”animez cela de la fauſſe monnoye
le croy' que je m'en melle 'Un peu. xr…

filou ces ſbupirs flint des railleurs ,


Les «vrais ſin'uent 'une autre -one ,
Philis garde en effect mes thrtſors les meilleurs,
Et quqy que je trauaille a la fau/ſé monmye
C’eſi pour en débiter ailleurs.

'Pour feindre 'un‘ tranſport obligeant ,


Et faire en flirte qu’on le croyej
Eſi—ce *vn crime en amour .ë i eſl de l’entregent
De faire 'un peu paſſer de la fauſſe monnçye
Parmj beaucoup de bon argentâ
/
.6;

Nem’obſi’ruez pas rie d ric,


Vous'a qui mon cœur :ſi en proje, I‘
je "Uéuxſn’qymer que "vous , i'enfais 'vn 'vœu public, 'y
Vous aurez l’or tout pur , (5" ma faufle monnoye f
—Ne ſera* que pour le trafic» ~

IX. ENTRE’E.
Six Forgerons viennent battre ſur l'Enclume', ei‘tant
les Ouuriers qui trauaillenc les premiers , 6c qui —… î
ſe leuent deuant le jour , auſſi le voit—on qui
commence à poindre à meſme temps qu’ils
ſortent. ’
M' de la Çheſnayc. Les S‘s Lambcrc,du Moutier,le Vacher,
de Lorge,& Des-airs , forgerons.

L fautſêcoiier la pareſſe ,
IEt faire içy des efforts inoiijs
4—…x.-^
Pour trauailler aux armes de L OV] S,
C’efl 'une beſimgne qui preſſé.- , . R ‘
Mais en ſim plus.ſuperbe atour e cr
L’Jurore "vient briller plus 7fort que_decoutume, kHz-""— -r*4M—
Noflre bruit la reſſuetüel— fiaÆqŒÆ—_fl/
lumr"
Watts frappons les premiers a la porte du jour.
64. A
L’Eſtoille du point dujour accompagnée d’vne Partie
des Genies.
MON SIEVÏ‘R Frere vnique du Roy, reprtſintant
l’EJîi'oi/le du point du jour. ‘ c—d

APres legrand Jſtre des Cieux


Ie fiiis l’vdflre qui luis le mieux, u
Îl _ n’en eſt1 point qui me conte/ie ,
Et mon e'clat jeune (F 'vermeil
Efi beaucoup moins que le .Soleil, .
St beaucoup plus que tout’ le refle
_ .. je Eſtoille ſimplement,
Et quo] que dans le firmament‘ I
Toute couuertede lumiere '
I’aille deuant le grand galop, _
Mon deſtin ne m’apprend que trop
11 @le je ne ſuis pas la’premiere.
( Mais ie ſuis bien comme ie
) C’efl aſſez pour moyſi ie puis
‘ ~ Percer les barreaux c’ÿ' les grilles ,'
’ Et d"un trait amoureux Ü'fin
k _ M’irzſinuër de grand matin
K Dans la chambre ou couchent lesfilles.
~ je ne 'veux e'clairer que la,
je quitte ma part pour cela
De l"vn (F de l’autre Hemiflahere ,
Et que ie pui/ſe tour ii tour
Leur aller donner le bon-jour ,
C’e/l mon tmp/gr, c’cſt mon affaire.
P X.ENTRE’E.
65

X. ENTRE’E.
’ L’Aurore paroiſt dans ſon'Char enuironné des dou
ze Heures du jour, 8c accompagnée du ,Crepuſñ
cule qui tient en ſamain vne Vrne qui reſpond
la roiée: Mais elle ſe retire apres auoi‘r! chanté
voyant ’arriuer le Soleil ſuiu'y des Genies', qui luy
rendent hommage , 8c c’eſt ce qui 'c‘o'r'npoſe le
grand Ballet. z‘
RECIT DE L’AVRORE.
DEpuu que i'ouure l’Orient
Iamauſi pompeuſt c9" ſi fiere,
St iamau d"un airriant ._ fi
Ie n’a) brillé dans ma carriere
pre-cede tant de lumiere.
uels yeux en la 'voyant n’en firoient ëbloiijs E"
Le Soleil qui me ſuit c’efl le ieune L O V I S.

La trouppe des \Rires s’enfuit


‘Dés que ce and Aſire s’auance,
Les faibles cliirtez de la Nuic‘i
.Qui triomphoient en fin alzfince
N’ofi’nt ſai’itenir ſit preſi'nceſig.
Tous ces -volages feux s’en 'vont Éuanoiijs ,
Le Soleil qui me ffiiit c’efl le ieune L 01718.

Mn'
R
66
Ô 'a

L E R O Y, Æ?
S-

- " '- repreſentant le Soleil leuant. :rv/:d

Vr la cime des monts Commençant d’Éclairer


_ Ie commence de’ja de ”refaire admirer, ‘
ſ ‘ 'Et neſſſuu guere auant' dans ma tva e carriere,
Ie 'vien rendre aux objets la forme, @la couleur,
>—
Et qui ne voudrait pas auoiier ma lumiere MAIN
h

Sentira ma chaleur.

"à—'T
C.De’ja fiul ie conclu): mes cheuaux lumineux
traiſiie'nt la ſplendeur e31* l’éclat apres eux,
'Une diuine main m'en a remis les reſnes,
Vne grande ‘Deeſſe a ſbiitenu mes drois,
Nous auons meſme gloire , elle ëfll’As‘ire des Reines,
_ Ie l’Aſtre des Rois.
.JR-—
En montant ur mon Char i’ay pris [bin d’e'carter
Beaucoup de "P aëtans qui voulaient); monter ,
Dans ce hard] deſſêin leur ambition tremble,
Chacun d’eux recognoiſt qu’il en faut tríbucher,
Et qu’on 'verfit toujours ſi l’on n’ejZ tout enſêmble
‘ Le Mai/ire , O' le cocher.
*'.ŒÎ
. ’ 67
Ie cours apres l’honneur doux charme des vainqueurs ,
Quo}! que mon œil brillant donne ei plomb dans les cœurs
Le mien pour les plaiſirs es? auſſi froidäfie marbre;
.Quant à la paſſion je ne [an ce que ces‘i,
Et la belle Daphne' me touche comme ‘vn arbre
‘Dont la feuille mW ſſſſ—N

..L‘IL—
Ie n’a): que depuis peu roulíſiir l’HoriſZn ,
le ieune, ft) paſſible tſi-ce auſſi la raiſin
ui m'exempte des maux 'que la beauté nous cauſiz,
De [à nai/i' le repos dont mon ame joiiyt :
Car enfin tout me void ,j’ëclaire toute choſe,
Etrien ne m’e’bloiiyt.
l
; -' . "P-;65" , .
'Sans doute j’appartiens au monde a‘ qui ie ſers ,
Je ne point ei mqy. je a l’Vniuers ,
Ie luy dois les rayons qui couronnent ma telle, 4
C’efl d me) de regler mon temps c’y' mes fiti/ons, i
Et l’ordre ne veut pas que mon plaiſir m’arreji‘e
Dans toutes mes Maiſons.
.Effi—
(l
‘ Mon inclination m’attache a ce qu’il faut, ' "‘
Et s’il plaifl ti celuy qui m’a placé ſi haut,
@and i’auray diſſipê les Ombres de Ia France,
V "gr-lima” loingtains 'ma clarté paroi/flint
I Il au milieu de Byzance
- î Hd ’_
:Effacer le Croiſſant.
\Α,,.
468
Les genres.
Son Alteſſe Royale Monſieur le Duc d’Yorx,
' "” "‘ " "nprtflntant'leflenie .ele l’Honneur.
Monſieur de oneuſe. dela Grace.
M.le Due Damuille. de l’ex—’moun
M. de S. Agnan. de la Valeur,
M. de Crequy. de la Victoire.
M.dc Viuonnc.‘ dela Faueur.
M. de Roquelaure. de la Renomme’e. '-
M. de Monglas. de la Wagnfficence.
M. le Grand—Maiſtre. dela Conſtance.
M. de Villequier. de la Prudence.
M- de Guiche. de la Fidelití.
M.de Bouquincan. .de la Paix.
M. de Genlis. . a’e la Iuflice.
M. de Villeroy. de la Temperance.
M. du Pleſſis. ' de la Science.
M. de Gramonc. ~ dela Clemence..
M. le Comte du Lude. de l'Eloquem'e.
M. de Canaple. du Secret.
M. de Humieres. de la Ceurtoffie.
M. de Froulé. î de la Vigilance.
M. de Mirepoix. de la Gloire.
. QUE?
M‘ de Crequy, repreſintaut le Genie de la Victoire.
CE titre cſt le plus beau que l’on puiſſe porter,
Mais qu’afln de le meriter -
Le deſſein es? hard): que mon cœur ſi’ propo‘ſi- ,
Pour en e/lre en poſſeffion ſi ’
Il faut 'vaincre ma paffion , I145.
A Ç .
Ou vaincre celle'qui la cauſé. une 5
a;
'Im'
Fin du Ballet.