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Bulletin de l'Association de

géographes français

Structure et relief de l'Aurès (Algérie)


Robert Lafitte

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Lafitte Robert. Structure et relief de l'Aurès (Algérie). In: Bulletin de l'Association de géographes français, N°119, 16e année,
février 1939. pp. 34-40.

doi : 10.3406/bagf.1939.7028

http://www.persee.fr/doc/bagf_0004-5322_1939_num_16_119_7028

Document généré le 26/09/2015


— 34 —

Goïnhiunïcation de M/ Robert Lafitte

.'
Structure et relief de l'Aurès (Algérie)

. Lfàtirès est, le secteur de l'Atlas saharien qui se trouve dans


la partie médiane du département de Constantine. C'est le plus
haut<massjLde la Berbérie orientale: le Ghellia y culmine à
> 2.3^0 mètres à i'irten n'Keltôunie, et le Kef Mahmel s'y élève
jusqu'à 2.32J inètresv U domine donc largement les
Hautes-Plaines, constantinoises qui le bordent au nord, dont l'altitude est
seulement de 800, à 1.000 piètres, ets surtout la plaine du chôtt
Melrhir qui s'abaisse à 'son pied Sud jusqu'au-dessous du niveau
de la mer, formant la partie la plus déprimée du Bas-Sahara.
Cette situation culminante fit de l'Aurès une régioij très
disséquée par l'érosion, où les rivières ont parfois entaillé des gorges,
très profondes ; aussi, Tissot (1) établit autrefois une
comparaison entre ce qu'était ce massif pour l'étude de la structure
géologique et « un .écorché pour l'étude de Tanatomie des
muscles. >>^ Cela valut à ï'Aurès son antique réputation d'inaccessi-
biljté, en 'fit le refuge des autochtones contre les envahisseurs
successifs, et lui permit de garder son nom de « Mons Aura-
, Mus >>>. Jdepuis 2.000 ans et peut-être plus, fait unique dans
l'histoire de l'Afrique du Nord, d'après E.-F. Gautier (2).

1 Au point de vue structural, la particularité essentielle de


l'Aurès réside dans l'ampleur inusitée de ses plissements ; ainsi
la différence d'altitude des couches entre l'anticlinal du djebel
el Azeregi dans le centre du massif, et le synclinal adjacent des
Hassira, est d'environ 6.000 mètres. Dans presque n'importe
queïle autre région, une pareille dénivellation aurait fait
apparaître des assises très anciennes, mais, ici, l'épaisseur de la série
sédimentaire est considérable (5.000 mètres rien que pour le
Crétacé), et l'on n'aperçoit pas, en situation normale, de
terrains plus anciens que le Jurassique supérieur (Kimmeridgien).
Ce ne sont que des phénomènes de dysharmonie de plissement
qui ont permis au Trias gypso-salin de s'injecter dans certaines
cassures, ou de former des pointements diapyrs au milieu de
terrains plus récents.
La série marine continue et concordante jusqu'à l'Eocène,
présente au Lutetien des conglomérats encore localisés qui
indiquent le début de l'orogenèse, constatation confirmée par
Inexistence de légères discordances au sein des couches
terminales de cet étage. Au-dessus, on n'observe plus que des1
couches rouges d'origine continentale, où les poudingues
dominent. Ceux-ci représentent la destruction des premiers reliefs
formés dans la région. Ils sont accumulés dans les synclinaux,
où,, près de leur axe, ils succèdent presque en concordance au

(1) J. TisfeoT. — Texte explicatif de la carte géologique provisoire au 1/800.000'


du département de; Constantiné. Alger, 1881.
(2) E.-F. Gacthïer. — Structure de l'Algérie. Paris, 1922.
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Lutétien ; par contre, sur leurs bords, ils sont en discordance


très nette. Quoique le volume de ces conglomérats soit
considerable, puisqu'ils atteignent une épaisseur de 2 à 300 metres en
certains points, ils ne représentent qu'une faible partie des
matériaux enlevés par Térosion sur les anticlinaux, où, des
avant le Miocène, manquaient plus de 5.000 mètres de sédiments.
Nous ne savons pas comment s'est effectuée cette destruction'
du premier relief de l'Aurès, ni quel était le premier réseau
hydrographique formé. La façon dqnt s'est faite l'émersion
permet de penser que les rivières étaient orientées d'abord du
Nord-Ouest vers le Sud-Est, cette emersion; ayant débuté au
Nord-Ouest du massif. Mais la surrection dès premiers
anticlinaux perpendiculaires à cette direction n'a; pas dû permettre
à: ce système de subsister bien longtemps.
L'activité orogénique ayant rapidement cessé, dn arrive à un
stade de l'évolution du relief, où, au milieu de plaittes assez
étendues, ne subsistent plus que des collines isolées, formées
par les roches les plus dures de celles qui participent à la
constitution de la région ; dolomies du Jurassique supérieur et grès
du Crétacé inférieur marquant remplacement des voûtés ânti-
clinales. Les synclinaux ont été, remblayés par des grès et pou-
dingues. L'existence de ce stàdè ancien de pénéplanation est
démontrée aujourd'hui par la présence de crêtes absolument
rectilignes, mais pas horizontales, car elles ont été inégalement
relevées par des mouvements épirogéniques ultérieurs. Ces
crêtes, quoique formées par des couches verticales, sont
généralement constituées par des intercalations calcaires dans la
série du Crétacé supérieur, et parmi celles-ci, par la plus
puissante de toutes appartenant au Maestrichtien. Ces calcaires ont
plus facilement été attaqués par l'érosion que les grès du
Crétacé-inférieur, car, se trouvant sur les flancs des anticlinaux,
où ils étaient relevés à la verticale, la largeur des
affleurements qu'ils formaient, égale à leur épaisseur, était faible,
400 mètres au maximum. Lorsque, en certains points, ces
calcaires avaient des zones d'affleurement plus larges, par exemple
au djebel Bouss où ils forment un repli anticlinal au milieu du
synclinal de Bouzina, ils ont subsisté au-dessus de la surface
d'érosion à l'égal des monts formés par les grès du Crétacé
inférieur.
A ce moment, l'Aurès devait ressembler à ce que sont
actuellement les Hautes-Plaines constantinoises, où, au-dessus de
larges surfaces d'érosion parfois recouvertes d'alluvions, s'élèvent
des relieifs formés par les roches dures du Crétacé inférieur.
Dans les deux cas, l'altitude relative des, reliefs était
généralement inférieure à 500 mètres.
lesCecrêtes stadequ'il
de nivellement
a tronquéesse s'abaissent
place dans parfois
l'Oligocène,
sous les
en effet,
sédiments déposés
celle-ci ne se fit
au généralement
cours de la transgression
pas directement
miocène.
sun Cependant,
la surface

■d^ns.la
précédente, partie
mais
supérieure
dans des
du cours
vallées
de situées
T oued Abdi,
au-dessous.
les sédiments
Ainsi,
miocènes, dont le faciès prouve qu'ils se sont formés sous
quelques dizaines de mètres d'eau, sont dominés de 2 à 300 mètres,
— ■36 —■

par les crêtes avoisinantes, et constituent une haute terrasse


dans la vallée de l'oued, comme l'avaient déjà vu Tissot (cf.
Ficheur et Bernard) (3). Cette constatation prouve l'existence
entre le stade de nivellement précédent et la transgression
miocène» d'une phase de rajeunissement du relief, probablement
due à des mouvements epirogeniques ayant permis à des
rivières de creuser des vallées sous la surface de nivellement
antérieure., Ces vallées sont adaptées à la structure, elles ont des
trajets conséquents, ce qui prouve qu'il n'a pas existé avant leur
creusement de couverture discordante sur les terrains anté-
rieùcsi Elles,. ont été partiellement remblayées au cours du stade
d'affaissement qui précéda la transgression miocène. En effet,
en beaucoup d'endroits, le fond de ces vallées est occupé par
des poudingues sur une épaisseur pouvant atteindre une
centaine de mètres. .A
Au moment où la transgression miocène atteignit son
maximum, dans l'Aurès, la région formait un chapelet d'îles et de
presqu'îles allongées du Sud-Ouest au Nord-Est,
parallèlement aux plissements, les presqu'îles se rattachant toutefois au
Continent saharien qui restait émergé au Sud.
Mais l'invasion marine fut de courte durée ; la mer se retira
rapidement et un nouveau système hydrographique s'établit. Là
où les reliefs antérieurs subsistèrent, au milieu de la mer
miocène, ils orientèrent le cours des oueds qui reprirent à peu près
leurs anciens trajets. Mais là où les sédiments miocènes
recouvrirent les reliefs antérieurs, le système de drainage s'établit le
long des lignes de plus grande pente de la surface du Miocène.
Ayant traversé cette couverture discordante très rapidement, les
rivières coulèrent bientôt sur les terrains antérieurs sans que
leur cours ait de rapports avec la structure dés terrains
encaissant. C'est ce qui explique qu'actuellement, les vallées de l'Aurès
sont en certains points conséquentes, alors qu'ailleurs, elles sont
subséquentes.
Pendant la fin du Miocène, le Pliocène et le Quaternaire, des
mouvements epirogeniques importants affectèrent le massif aura-
sien miocène,
mer' à tel point,
quoique
qu'en restés
son centre,
horizontaux,
les sédiments
ont été déposés
portés par la
au-dessus de 1.800 mètres d'altitude, atteignant même 2.000 mètres
à l'aïn Sar. Ces mouvements epirogeniques ne durent pas se
produire lentement et régulièrement, mais par saccades ; en
effet, on retrouve parfois dans le haut des vallées de l'Aurès, les
stades de maturité correspondant à des périodes de stabilité.
Mais il est difficile de les dater.
Dans les bassins de la périphérie de l'Aurès, la
sédimentation ayant continué après le retrait de la mer miocène, les
sédiments qui s'y déposaient ont enregistré par leur nature
l'histoire des vicissitudes de l'évolution du relief du massif voisin.
Ali moment du retrait de la mer, c'est-à-dire à l'Helvétien, des
graviers
légère accentuation
et même, localement,
des reliefs. des
Les conglomérats,
sédiments finsindiquent
qui se dépo-
une

61 FlCHEURl ~ Us ré8ions naturelles de l'Algérie. Ann. Giog.,


sèrent pendant le Pontien, argiles, surtout au début de la
Période, puis sables, indiquent une période de câline. C'est probable*
ment à ce moment que remontent les stades de maturité des vm
lées que l'on observe en certains points de l'Aurès, mais fi|m
sont plus développés dans les massifs voisins. / " '
Au Pliocène, des conglomérats importants se forment, surtout
au Sud de l'Aurès, constituant une nappe de pbudingues dte
« piedmont » s'étalant sur tout le Bas-Saharà; c'esï-à-dirè sut-
plusieurs centaines de kilomètres du iSîord, au Sud, et de l'Est a
l'Ouest et sur une épaisseur dépassant une centaine de mètres au
Sud de l'Aurès. A la fin du Pliocène, les éléments des ppùdingiHés
deviennent de plus petite taille, et des intercalation's saWJpses
y apparaissent parfois en assez grand nombre, ce qui îndiqtie
une phase de répit. Mais celle-ci dut être de courte durçe, car
les assises ont été relevées à 45° tout le long du massif. En effet,
le mouvement d'exhaussement accompagné de mouyeniejits
d"enfoncement des bassins périphériques provoquait à la limite
de la région qui s'élevait, et de celles qui s'abaissaient, la
formation de flexures et aussi de plissements. • ;
Au Nord de l'Aurès, une première phase est anté-poritienne,.
puisque le Pontien est localement transgressif sur le Bûrdiga-
lien ; une seconde est post-pontienne, puisqu'elle affecte les;
couches de cet âge. Pendant ces phases de plissement, il se forma
un anticlinal sur l'emplacement de djebel E>elaa, mont formé
par les mollasses hiarines miocènes. Celui-ci est coupé par des
cluses où, aujourd'hui, ne coulent plus de cours d'eau, mais on
peut remarquer qu'elles se trouvent en face des rivières qui
descendent du massif, mais, qui, actuellement, s'infléchissent
parallèlement à l'anticlinal pour couler, en formant un angle
droit avec leur cours supérieur. Les oueds devaient
primitivement couler droit vers la plaine ; lorsque l'anticlinal s'est formé,
ils l'ont entaillé en cluse, mais la surrection du relief devant se
faire de plus en plus vite, plus rapidement qu'ils ne pouvaient '
l'usée, ils ont été rejetés dans le synclinal compris entre l'Aurès
et le djebel Delaa. ,r
A la bordure Sud de l'Aurès, ce fut surtout la pïaase
post-pliocène qui eut de l'importance: une immense flexure se formait,
le compartiment relevé se trouvant évidemment du côté de
l'Aurès. Cette flexure se transformait parfois sur de courts
trajets, 10 km, environ, en anticlinaux asymétriques, dont la
succession forme à la bordure Sud de l'Aurès une chaîne
discontinue que j'ai appelée « chaîne du djebel Rheliss » (4).
Les poudingues pliocenes relevés le long de la flexure forment
une crête découpée par les oueds qui descendent de l'Aurès en
collines, appelée guerguitt par les indigènes.
Ces mouvements d'exhaussement de l'Aurès eurent aussi pour
conséquence ^'éloigner progressivement du Massif, les bassins
de sédimentation
nous permet d'étudier
qui le
les bordaient
sédiments au
quiNord
s'y sont
et audéposés
Sud, et cela
autrefois et qui, aujourd'hui, sont relevés aux abords de la montagne,

'Aurès {Algérie).
—.38 —

Les chatte actuels qui succèdent à ceux qui occupaient le centre


de ces bassins, sont plus éloignés qu'eux du massif.
Les mouvements post-pliocènes eurent pour conséquence une
activité accrue de Férosion, surtout au sud de l'Aurès,
provoquant la formation des immenses cônes de déjection qui
s'observent à sa bordure Sud au débouché des oueds dans la zone des
sédiments continentaux néogènes appelée deTchîa. Les terrasses
des oueds à la bordure Nord et Sud du massif sont inclinées vers
leur -cours inférieur, comme cela se produit au Sud des monts
du Hodna, en bordure du chott el Hodna (J. Savohnin) (5).
Celles-ci ne sont ni des terrasses emboîtées, ni des terrasses polygé-
nîques, ce sont de simples revêtements d'alluvions sans
épaisseur, recouvrant des replats sur les flancs des vallées. Leur
existence prouve que le creusement des vallées s'est fait par
saccades successives. Celles-ci, ne pouvant être mises en rapport avec
des variations du niveau de base qui n'était pas la mer mais des
bas-fonds occupés par des chotts,. prouvent que les mouvements
épirogéniques qui se sont produits après le Miocène, se sont
continués jusque dans le Quaternaire. Ce sont eux qui ont
basculé les terrasses vers l'aval, les terrasses anciennes qui, vers
l'amont, dominent les ôuèds passant sous le cours de ceux-ci
vers l'aval, où ils coulent tous sur leurs alluvions récentes.

En résumé, on peut schématiser de la manière suivante


l'évolution du relief dans l'Aurès : sur l'emplacement d'une fosse de
subsidence où se sont accumulés des sédiments sur une grande
épaisseur, des plissements d'une très grande amplitude
provoquent, à l'Eocène supérieur, la formation de reliefs très
importants. L'érosion les attaque aussitôt, comme en témoignent
d'importantes accumulations de poudingues dans les synclinaux.
L'évolution du relief se poursuivant rapidement, on arrive à un
stade où les synclinaux étant comblés et presque tous les reliefs
arasés, il ne subsiste que quelques monts formés par les roches
les plus dures dominant (les plaines immenses. A ce moment,
l'Aurès ressemble à ce que sont aujourd'hui les Hautes-Plaines
constântinoises. La surface de cette pénéplaine est déformée par
des mouvements épirogéniques à la fin de l'Oligocène ; il s'y
creuse des vallées conséquentes là où l'exhaussement a été le
plus considérable. Une nouvelle phase d'abaissement relatif se
produit, les vallées sont remblayées par des poudingues
continentaux. Le mouvement continuant, la mer envahit la région,
recouvrant parfois l'ancienne surface d'érosion continentale et
envahissant ailleurs les vallées. Mais, bientôt, la mer se retire
définitivement ; là où elle n'avait envahi que les vallées, le
nouveau réseau hydrographique se superpose à l'ancien4<et est,
comme lui, conséquent ; là où des sédiments miocènes ont
recouvert les reliefs antérieurs, le nouveau réseau
hydrographique s'installe en suivant les lignes de plus grande pente de la
surface du Miocène ; cette couverture ayant été rapidement
enlevée par l'érosion, on constate aujourd'hui, en ces points,

setiflen.
(5) .1.Bull.
Savornin.
Seru. Carte
— Etude
Geo/. Algérie,
géologique
2e s.,den"la7. région
Alger, 1920.
du Hodna et du plateau
— ■ 39 —

l'existence d'un réseau hydrographique inadapté à: la "structure,


des régions qu'il traverse. Des mouvements épirogéniques
affectent ce massif y portant le Miocène à plus de 1.800 métrés,
cependant que les régions périphériques continuent à
s'affaisser, II s'accumule, dans celles-ci des sédiments continentaux fins
au Pontien où î'Aurès ne devait donc avoir qu'u€'reî|èf faible,
beaucoup plus grossiers au Pliocène, témoignant d'ua e^haus&e-
ment certain du massif. Ces mouvements durent continuer au
début du Quaternaire et sous1 une forme atténuée jusqu'à une
époque récente, car les poudingties pliocenes et, même, les térr
rasses les plus anciennes, sont inclinées vers l'extéràeur. du
massif. ,. ■•■.-■. -■'' / '■■■ ' ;: "... &=•:,-■
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.
Discussion

Le Président remercie M. Lafitte pour son remarquable exposé


sur le relief de l'Aurès. Les levés du Service Géographique de
l'Armée, accompagnés de calques tectoniques reproduits' datis un
Cahier des « Matériaux topologiqùes », en avaient fait une région
classique pour les grandes boucles de crêts témoignant d'un
plissement aussi régulier que puissant. M. Lafitte nous révèle une
histoire plus compliquée et d'un puissant intérêt.

M. Birot. — II semble que l'Aurès mérite de devenir


sique par la simplicité de ses formes structurales et grâce aux
circonstances heureuses qui nous permettent de suivre
l'évolution de la montagne, sans hiatus, jusqu'à l'époque actuelle. Nous
commençons à sentir vivre le relief avant même, que le
plissement principal ne soit achevé, puisque, comme l'a expliqué
M. Lafitte, les premiers galets arrachés aux anticlinaux sont
concordants avec le fond des synclinaux, tandis qu'une
discordance progressive se réalise à la partie supérieure du
remblaiement. Puis, à l'Oligocène, au Miocène, ce sont des phases
alternées de remblaiement et de soulèvement épirogéniques, ce
dernier s'accélérant à partir du Pontien. Je ne crois pas qu'aucune
chaîne offre une histoire aussi continue.
Je voudrais seulement attirer l'attention sur iin point parti--
culier : il est curieux de constater que nous retrouvons ici des
formes structurales fossilisées par un remblaiement
oligo-miocène, comme dans les Pyrénées catalanes, le croissant 'des chàî-
nés celtibériqués et d'AÏbacète, les chaînes bétiques
occidentales (d'feprès les travaux dé M. Blumenthal). Puisque dans ce
dernier cas la série fossilisante est entièrement marine, il faut
admettre que les chaînes de la Méditerranée occidentale ont
subi de longues crises de subsidence, postérieurement à leur
plissement. ' <

M.Emm.,DE Màrtonne voudrait remercier M. Birot lui-même,


à qui nous devons d'avoir entendu M. Lafitte. L'intérêt qu'il
— 40 —

porte aux formes de relief, formes dont il a trouvé de si beaux


exemples en Espagne, l'explique assez, II semble toutefois que
nous soyons, en présence d'Un phénomène qui n'est peut-être
pas particulièrement méditerranéen. Ces montagnes ensevelies
sous leurs débris et ressuscitant sous la menace d'une érosion
qui les déblaye, sont connues dans l'Ouest des Etats-Unis, en
Argentine, très probablement dans l'Asie Centrale. Leur histoire
ne s'explique pas seulement par des subsidences et des
soulèvements, mais a certainement quelque chose à voir avec le climat,
avec les conditions plus ou moins anormales du drainage
(endoréisme).