Vous êtes sur la page 1sur 3

Comparaison expertise / arbitrage

Les rédacteurs de contrats et les partenaires économiques doivent en toute circonstance


se méfier des expressions à connotation juridiques susceptibles de plusieurs sens. Celles-
ci peuvent constituer tantôt de simple désignation anodines sans portée juridique, tantôt
de véritables qualifications entrainant des effets juridiques imposés et non souhaités par
les parties. Il est le cas où les parties confondent parfois les différents modes de
règlement des litiges « ADR » (« Alternative Dispute Resolution) à savoir : expertise,
arbitrage, médiation, conciliation…

Comme les notions de l’expertise et de l’arbitrage sont entourées d’un floue juridique et
même technique, il est intéressant de les comparer afin d’essayer d’enlever toute
confusion à ce sujet.

Partie 1 : les divergences entre les deux institutions

Il faut souligner que le mode de nomination, ainsi que l’instruction de l’affaire et surtout
le résultat de l’arbitrage diffèrent totalement de ce qui concerne les experts judiciaires.

1) Nomination

La désignation des arbitres est faite par les parties. L’arbitre peut accepter comme il faut
refuser la mission.

La désignation de l’expert est faite par le juge soit d’office soit à la demande des parties.
Il doit être choisi parmi les experts inscrits au tableau des experts judiciaires. L’expert ne
peu refuser sa mission.

2) Responsabilité contractuelle

L’arbitre qui refuse de trancher le litige constitue un refus d’exécution du contrat engage
sa responsabilité contractuelle.

L’expert en tant qu’auxiliaire de justice sa responsabilité contractuelle ne peut être


recherchée. Par contre la loi prévoit des sanctions disciplinaires.

3) Les motifs de recours à ces institutions

Arbitrage :

Rapidité dans la décision arbitrale (6 mois)


Confidentialité de l’arbitrage
Souplesse de l’arbitrage : Liberté des parties dans le choix des règles de droit
Expertise

Il a pour mission d’éclairer le juge sur les points techniques qu’il fixe sans pour autant
se pencher sur des questions de droit.

4) Mission dans le cadre de déroulement de la procédure

La distinction principale entre l’expertise et l’arbitrage réside dans le fait que l’expert
formule tout simplement des avis ne liant pas les tribunaux qui devront trancher le
litige (avis consultatif), alors que les arbitres agissent en tant que juge dont les décisions
recevront force exécutoire.

En effet l'aspect juridictionnel nous aidera à différencier définitivement l'expert


judiciaire de l'arbitre. L'arbitre, bien que technicien, tranche un litige par le prononcé
d'une sentence qui est un acte juridictionnel bénéficiant de l'autorité de la chose jugée et
il peut ordonner l'exécution provisoire de cette sentence.

Partie 2 : les points rapprochant l’arbitrage de l’expertise judiciaire

1) un lien de parenté : compétence, impartialité et indépendance

 Compétence : généralement les arbitres sont choisis parmi les techniciens,


parmi les experts judiciaires de sorte que les mêmes personnes peuvent
assumer tantôt la fonction d’expert , tantôt la fonction d’arbitre.

 Impartialité et indépendance

L’expert judiciaire et l’arbitre doivent se comporter avec les parties de manière équitable
et les traiter sur un pied d’égalité tout au long de la procédure et doivent également
veiller à ce qu’elles aient la possibilité de faire valoir leurs moyens. La notion
d’indépendance concerne exclusivement les questions découlant des relations entre
l’expert et l’arbitre et l’une des parties.

En tout état de cause, l'expert et l’arbitre doivent t se récuser s'il est nommé dans une
affaire où l'une des parties l'a déjà consulté, et dans tous les cas où il estime que son
impartialité peut être contestée, directement ou indirectement.

L’impartialité est une notion beaucoup plus abstraite que l’indépendance dans la
mesure où elle implique au premier chef un état d’esprit particulièrement difficile à
cerner.
2) Obligation de confidentialité
Le secret professionnel s’applique pour l’ensemble des informations recueillies. Ainsi,
aucune information confidentielle obtenue ou communiquée par les parties ou témoins
au cours de la procédure ne peut être divulgué par l’expert et l’arbitre ; en cas de non
respect de cette obligation, l’expert et l’arbitre peuvent encourir une responsabilité civile
et être également passible de sanctions pénales.

3) Respect du principe du contradictoire et l’agalité des parties


Le principe du contradictoire constitue la base fondamentale de la justice démocratique
permettant à la partie adverse de pouvoir répondre, avec l’assistance des conseillers de
son choix, en pleine connaissance à l’argumentation présentée et se défendre à armes
égales. Le respect de ce principe est un devoir aussi bien pour l’expert qu’à l’arbitre
envers les parties. Le manquement à ce principe est uni de la nullité.

4) Responsabilité pénale

Parmi les délits que peuvent encourir l’expert judiciaire et l’arbitre, il y a lieu de noter :
 La violation du secret professionnel
 le faux témoignage
 délit de corruption

Ainsi, la mission de l’expert ou de l’arbitre ne peut être confiée à une personne


condamnée pour des faits contraires à l’honneur, à la probité et aux bonnes mœurs.
5) Obligation de motivation

L’arbitre doit motiver sa sentence à moins que les parties en décident autrement.
L’expert doit motiver son rapport afin d’éclairer le juge

5) Obligation de repect des délais

L’arbitre et l’expert doivent accomplir leurs missions dans les délais impartis sous peine
d’engager leur responsabilité.