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Maraîchage

SOURCES DE DONNEES

(1) Fiches techniques « Maraîchage sous serre et sous abri» et « Atelier maraîchager diversifié », La Région
Languedoc Roussillon, Les Chambres d'Agriculture du Languedoc Roussillon, la SAFER et Montpellier
SupAgro, septembre 2008
(2) Fiche technique « Le maraîchage en agriculture biologique : quelques principes de base », Alter Agri
n°50, novembre 2001
(3) Référentiel technico-économique « Le maraîchage en vente directe », CIVAM bio du Languedo
Roussillon, 2009
(4) Données issues de l'enquête « Références techniques et économiques en productions spécialisées en
Moselle », 2010 : 6 exploitations maraîchères enquêtées dont 3 en agriculture conventionnelle (2,6 ha, 4 ha
et 6,3 ha) et 3 en agriculture biologique (1,5 ha, 1,6 ha et 2 ha)

INTRODUCTION (1)

Cette fiche est consacrée au « maraîchage diversifié », il s'agit d'une production maraîchère
composée d'une large gamme de légumes sur une surface limitée (de l'ordre de quelques
hectares) dont l'objectif est une production diversifiée à destination d'une clientèle locale.

Les exploitations enquêtées en Moselle combinent le maraîchage en plein champ et le maraîchage


sous tunnel. La surface sous abri froid est en général assez faible (quelques ares voire une dizaine
d'ares), elle permet aux exploitants de réaliser leurs semis à l'abri et d'élargir les périodes de
production.

Les exploitations enquêtées commercialisent leur production en vente directe (marchés, magasin
de l'exploitation ou paniers via une AMAP 1). Le système des AMAP permet d'assurer à l'exploitant
une trésorerie avant la production et permet également de s'extraire du risque « invendus et
impayés ».

Cette fiche aborde à la fois le maraîchage en agriculture conventionnelle et en agriculture


biologique. La marge nette est calculée pour une exploitation type conventionnelle et pour une
exploitation type biologique.

ASPECTS TECHNIQUES

Espèces cultivées (1et 3)

Le choix des espèces est primordial, il doit se faire en fonction des débouchés et du planning de
travail. Un des enjeux du métier de maraîcher est en effet d'adapter quasi-quotidiennement la
vente à la production, périssable dans sa grande majorité.

1 Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne (AMAP)

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Le tableau ci-dessous récapitule à titre indicatif les opérations à réaliser au cours de l'année pour
les espèces les plus fréquemment cultivées.

S : semis P : plantation * sous tunnel


R : récolte Vente

Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Ail R P
Aubergines S S P R R R R
Betteraves R S R R R R R R R
Bettes S S S S/R R R R R
Carottes S S S S/R R R R R R
Céléris-rave S* S* P R R R
Choux R/S/P R/S S* P S S/P P S* R R R
Choux Fleurs S* P S S R R R
Concombres S S P R R
Courges S S R R R
Courgettes S S R R R
Echalotes P P R
Epinards S* S/R S/R R R
Fenouil S P R R
Haricots S S R R
Mâche R R R S S S S R
Navets S* S* S R R R S R R
Oignons P P R R R
Panais R R S S R R R
Persil S P R R R R
Petits pois S S R R
Poireaux R R S/R S/R S/P P P P/R R P/R R R
Poivrons S P R R R R
Pommes de terre P P P R R
Radis S* S S/R S/R
Salades R S*/R S*/R S*/R S*/R S*/R S*/R S*/R S*/R R R R
Tomates S* S P* P R R R R

D'autres espèces sont cultivées en Moselle, on peut citer le choux Kehl, qui est une spécificité
locale, mais aussi le melon, la rhubarbe, le rutabaga, la pastèque, le salsifi, le scorsonère, des
aromates (ciboulette, cerfeuille, basilic, thym...) ...

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Facteurs agropédoclimatiques et substrats (1)

Les cultures maraîchères demandent des sols profonds, sablo limoneux, à pH neutre, riche en
matière organique (au moins 2 %). Un sol profond permet un bon enracinement et limite les
besoins en irrigation.
Rotation (2)

Une attention particulière est portée aux rotations pour les exploitations en agriculture biologique.
La succession de plantes développant des organes différents (racine, feuille, graines, bulbes, …)
sur une même planche permet en effet de lutter contre les maladies et les parasites.

Itinéraire technique (4)

Chaque espèce cultivée possède un itinéraire technique particulier en termes de fertilisation, de


traitements phytosanitaires et d'entretien. Nous ne détaillerons pas dans cette fiche l'ensemble des
itinéraires techniques. Les opérations communes aux différentes espèces sont les suivantes :

• Labour en automne,
• Ameublissement du sol et enfouissement d'engrais organiques 3 semaines avant le semis
ou la plantation,
• Préparation du lit de semences quelques jours avant le semis,
• Irrigation.

PRECISIONS POUR LE MARAICHAGE BIOLOGIQUE:

• Fertilisation d'origine organique


◦ Fumier de cheval ou de bovin, engrais verts (trèfle, incarnat, seigle, moutarde,
phacélie,...), fientes de volailles, purin de plantes...

• Remplacement des produits phytosanitaires


◦ Désherbage : sarclage et binage, faux semis, désherbage thermique, paillage.
◦ Lutte contre les insectes : utilisation d'insecticides végétaux ou microbiens,
décoctions de plantes et filets anti-insectes.
◦ Lutte contre les maladies : bouillie à base de cuivre, soufre et décoctions de plantes.

Matériel/ moyen de production spécifique (1 et 4)

• Matériel de travail du sol : charrue, rotolabour, cultivateur, herse, rouleau,


• Semoir (tracté et/ou manuel),
• Bineuse,
• Epandeur,
• Pulvérisateur,
• Lame souleveuse (pour la récolte des légumes racines),
• Tracteur,
• Camion pour les livraisons.

Il faut en outre prévoir l'achat de tunnels plastiques et du matériel d'irrigation.

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Main d'œuvre (1 et 4)

La bibliographie recommande durant la période de pleine production deux équivalents temps plein
pour un hectare de production. Une personne seule ne peut en effet pas assurer la récolte,
l'entretien des parcelles et la vente. Il est souvent fait appel à la main d'oeuvre familiale dans les
ateliers maraîchers.

ASPECTS ECONOMIQUES : MARAICHAGE EN AGRICULTURE CONVENTIONNELLE


(4)

La surface de référence est de 3 ha. Cette surface comprend 1000 m 2 d'abris froids. Les
exploitations enquêtées combinent leur atelier de maraîchage en agriculture conventionnelle avec
un atelier d'arboriculture.

Calcul de la marge nette

Charges opérationnelles (€) Pour 3 ha Par ha


Plants et semences 4 500 1500
Engrais 675 225
Traitements phytosanitaires 450 150
Main d'œuvre 20 160 6720
Conditionnement – emballages 420 140
Total charges opérationnelles 26 205 € 8 735 €

Charges de structure (€) Pour 3 ha Par ha


Carburants et lubrifiants 900 300
Eau et énergie 270 90
Fermage 1 990 667
Entretien matériel et bâtiments 3 000 1000
Assurances exploitation 1 000 333
Charges sociales de l'exploitation 1 800 600
Total charges de structure 8 960 € 2 987 €

Total charges 35 165 € 11 722 €

Amortissements spécifiques (€) Pour 3 ha Par ha


Bâtiments 600 200
Tunnels 1 200 400
Matériel spécifique 4 000 1333
Total amortissements économiques 5 800 € 1 933 €

Produit brut 54 600 € 18 200 €


Marge brute 28 395 € 9 465 €
Marge nette 13 635 € 4 545 €

La marge nette dégagée permet la rémunération de l'exploitant qui consacre tout son temps à
l'activité maraîchage (commercialisation incluse).

Les données relatives au chiffre d'affaires gagneraient à être consolidées pour le maraîchage en
agriculture conventionnelle. En effet, les exploitations enquêtées combinent à la fois un atelier de
maraîchage et un atelier arboriculture, il est donc difficile d'estimer avec précision le produit brut
de l'atelier maraîchage.

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Commentaires

On a considéré un amortissement lié aux bâtiments de 600 €/an (bâtiment de stockage du matériel
et de la production, local de vente) et un amortissement lié aux tunnels de 1 200 €/an (ce coût ne
couvre pas la pose des tunnels). Quant à l'amortissement du matériel, il est de 4000 €/an et il
comprend le matériel pour travailler le sol, le matériel nécessaire à l'irrigation, un semoir, une
bineuse, un pulvérisateur, une lame souleveuse, un tracteur et un véhicule de livraison.

Comme le chef d'exploitation ne consacre que 50 % de son temps à l'atelier maraîchage et que la
surface de l'atelier est relativement importante, un besoin en main d'oeuvre salariée de 2500 h/an
a été chiffré. Cela représente l'équivalent d'un temps plein salarié sur toute l'année et 24 semaines
de travail saisonnier pendant la période de pleine production. Le coût moyen de la main d'oeuvre
charges comprises utilisé pour les calculs est de 14 €/h.

ASPECTS ECONOMIQUES : MARAICHAGE EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE (4)

La surface de référence est de 1,5 ha. Cette surface comprend 500 m 2 d'abris froids. Les
exploitations enquêtées sont spécialisées en maraîchage biologique, elles se consacrent
uniquement à cette activité.

Calcul de la marge nette

Charges opérationnelles (€) Pour 1,5 ha Par ha


Plants et semences 2 250 1500
Engrais 225 150
Traitements phytosanitaires 330 220
Main d'œuvre 3 000 2000
Prestation de service (travail du sol) 300 200
Conditionnement – emballages 210 140
Total charges opérationnelles 6 315 € 4 210 €

Charges de structure (€) Pour 1,5 ha Par ha


Carburants et lubrifiants 225 150
Eau et énergie 135 90
Fermage 1 000 667
Entretien matériel et bâtiments 1 500 1000
Assurances exploitation 600 400
Charges sociales de l'exploitation 1 300 867
Total charges de structure 4 760 € 3 173 €

Total charges 11 075 € 7 383 €

Amortissements spécifiques (€) Pour 1,5 ha Par ha


Bâtiments 300 200
Tunnels 600 400
Matériel spécifique 3 000 2000
Total amortissements économiques 3 900 € 2 600 €

Produit brut 37 500 € 25 000 €


Marge brute 31 185 € 20 790 €
Marge nette 22 525 € 15 017 €

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La marge nette dégagée permet la rémunération de l'exploitant qui consacre tout son temps à
l'activité maraîchage (commercialisation incluse).

Commentaires

On a considéré un amortissement lié aux bâtiments de 300 €/an (bâtiment de stockage du matériel
et de la production, local de vente) et un amortissement lié aux tunnels de 600 €/an (ce coût ne
couvre pas la pose des tunnels). Quant à l'amortissement du matériel, il est de 3000 €/an et il
comprend le matériel nécessaire à l'irrigation, un semoir, une bineuse, un pulvérisateur, une lame
souleveuse, un tracteur et un véhicule de livraison.

Un besoin en main d'oeuvre salariée d'environ 214 h/an a été chiffré. Cela représente environ 6
semaines de travail saisonnier pendant la période de pleine production. Le coût moyen de la main
d'oeuvre charges comprises utilisé pour les calculs est de 14 €/h.

Dans le cadre du Plan de Développement Rural Hexagonal (PDRH), il est possible de souscrire à
une Mesure AgroEnvironnementale (MAE) pour la conversion ou le maintien en agriculture
biologique. Ce complément au revenu n'a pas été intégré dans le calcul de la marge nette mais il
est à envisager dès lors que l'exploitant entreprend la démarche de demande d'aide.

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