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Le Sopha, conte moral (par C.-P. de Crébillon fils) Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Le Sopha, conte moral (par C.-P. de Crébillon fils)

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Crébillon, Claude-Prosper Jolyot de (1707-1777). Le Sopha, conte moral (par C.-P. de Crébillon fils). 1834. 1/CLIQUER ICI POUR ACCÉDER AUX TARIFS ET À LA LICENCE 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : - des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. - des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à ... s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter utilisationcommerciale@bnf.fr . " id="pdf-obj-1-2" src="pdf-obj-1-2.jpg">

Crébillon, Claude-Prosper Jolyot de (1707-1777). Le Sopha, conte moral (par C.-P. de Crébillon fils). 1834.

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1 LE SOPHA,

iJONTE

MORAL.

liabiz 80

..

6

0

CONTE

MORAL.

NOUVELLE

ÉDITION,

lque, corrigée et augmentée d'une Introduction

historique.

PAR

M.

J.

D.

CREBILLON.

TOME

SECOND.

CHEZ

LES

PRINCIPAUX LIBRAIRES.

1834.

METZ. - IMPRIMERIE DE

P.

WITTERSHEIM.

LELE SOPHA,

~Jt iLBj~L

,

CONTE

MORAL.

CHAPITRE XIII.

d'une

aventure, et commencement dune

autre.

n achevant ces paroles, ses yeux

de

quelques

;nt

oit sincères, ne

siennes.

ment;

ision

larmes, et

put

me

se mouil-

les

Zàdis qui

s'empêcher d'y mêler

lui disoit-il ten-

que

soit

ma

cruel!

ne

peut pas

répon-

Oui, j'ai tort,

et, quelque violente

pour vous, je sens qu'elle

servir d'excuse. Ah,

me

elle en sanglottant, soyez

voulez,

ie, j'y

abandonnez-vous

mais

consens:

jaloux, si vous

à toute votre fré-

si vous me connois-

vous défier de ma tendresse,

d'être capa-

assez peu pour

moins ne

soupçonnez pas d'aimer Mazulhim.

me

le crois

,

vous ne l'aimez pas,repliqua-

que

et je n'ai jamais imaginé que vous pussiez

pour

lui:

mais je

n'ai

pu,

Et c'est pour-

que

vous

y

mdre du goût

s frémir,

le

voir venir ici.

t, répondit-elle, de tous ceux

fez, le moins dangereux pour moi.

Comment vouderiez-vous qu'une

voulut prendre

aimé;

qui

dit

femme q

lui

q

e"

Mazulhim?

  • - se respecte, n'a jamais

tout haut

qu'il

qui le

incapable d'une passion, et pour

ment le plus foible est encore une

enfin

qui

ne

chimère;

sent

1.

ceh

connoit d'autre plaisir que

Je

laisser

quej

de déshonorer les femmes qu'il a.

les ridicules, ce

n'est

pas

n'eusse de quoi

assurément

m'étendre:mais

en vérité

rougirois de vous parler de lui plus long-temj

reste, je suis bien aise, quoique je troui

aussi injurieux

déplacés,

ql

que

vos inquiétude

Au

vos soupçons

vous

m'ayezconfié le sujet de

vous réponds que vous ne verrez

ici

que

rompre

le

tems

avec lui

en

qui

me sera

sans éclat.

Mazu

je

et

nécessai

him

pour

Zàdis,

lui baisant la main avec transport

faisi

donc?V

J

point

de

dit-il?

est-il por

lui rendit grâces mille fois de ce qu'elle

lui. De quoi me remerciez vous

ne vous

fais

pour deinanda-t-elle, je

crificc. Mais

Madame, lui

vous ait jamais

Voilà

oh!

dit q,

bet

f

sible que

idée!

vous

lui

Mazulhim ne

,

paroissiez aimable?

souriant;

me

et

d' un

un

une

non:

s'écria-t-elle en

miei

connoit

vous assure que Mazulhim

connoissez,

il

ne

,

que vous ne

di qu'il veut

me

paroitre

àdes

es

s'adresser fesser a

s'

a

femmes

lemmes

que tout etow

pOIl

genit

,

l'est pas assez

certain

certalll

serois pas surpriï

Au surplus, pourtant je ne

et sans ma-

dit publique-

a

été,

sans m'avoir jamais desirée,

vie

parlé

de rien,

il

lie,

ir de sa

ou qu'il

gnt quelqu'un de ces jours,

qu'il

est avec

moi au

uta-t-elle en

riant,

ax comme

vous

qui

il

s vrai? Non,

mieux. A la vérité,

n'y auroit qu'un ja-

n'est-il

ri-

pût le croire;

reprit-il, je puis

avoir le

mais je vous

croire,

cule de le craindre

re que

t

moi

quelquefois,

celui

je n'aurai jamais

je n'en

jurerois

de le

pas,répondit-elle.

ce doit être pour

5 l'humeur dont vous êtes,

us

une

chose délicieuse,

fort piquante, que

entendre mal parler de votre maitresse,

querelle

plus

de

ande

t

venir lui

du

faire

la

une monde sur les

du premier

aura

propos

caractère,

qui,

connoissant

votre

)ulu vous donner de l'inquiétude.

De grâce épargnez-moi, lui dit-il, et songei

vous voulez bien me pardon-

interrompit-elle,

ne vdudrois, pour

l'ar-

que

lui, ré-

la jalousie

ne sera

ne

que

  • c r.

d'aujourd'hui;

dans

peut-être

pas,

je

dernière

DUS voir retomber

vée de

vos chagrins,

Mazulhim. Ne parlons plus

de

ondit-il;

ue

et puisque vous m'avez pardonné, et

,jusques à mes injustices, tout vous prouve

ue je vous adore

ne perdons pas des momeas

récieux

et daignez me confirmer ma grâce.

,

Zulica comprcnoit fort bien,

A ces

,

mots,

que

air embarrassé. Que vous êtes incom-

Ue prit un

jnode avec vos désirs! lui

dit-elle;

ne me les

vous saviez co4

crifierez-vous donc jamais? Si

bien je

vous aimerois, si vous étiez plus raisoij

Cela est vrai, ajouta-t-elle en le

voyaw

L

je vous en aimerois mille fois plus;

moins, et n'ayant rien à crain »

de

ce que

je hais, vous me

vv

nable.

sourire,

le

croirois du

de vous du côté

riez livrée avec beaucoup plus d'ardeur aux ch

ses qui me plaisent.

I

Tout en

disant ces augustes paroles, elle

languissamment

de

mon

l

laissoit conduire

Je vous jure, dit-elle à Zàdis, quand

elle

sur moi, que, Je

avec vous.

de ma vie, je ne

brouille

m

répondit-Il;

me

le voudrois bien,

je ne l'espère pas. Et

coûtent les

que me mence à le croire.

moi, répondit-elle, à a

l

con

|

raccommodemens,je

Malgré sa répugnance,

Zàdis:

Zulica céda enfin a

mais ce fut avec u

onni

empressemens de

décence, une majesté,

peut être

que Zâdis

lui,

une pudeur, dont

pareil

pas d'exemple en

Un aut

po

]

doute;

cas.

s'en seroit plaint sans

attaché aux plus minutieuses bienséances,

vertu déplacée de

Zulica le transporta de plai

qu'il

put,

l'air de

grau

sir, et il imita du mieux

deur et de dignité qu'il lui voyoit, et fut d'autan

plus

content d'elle, qu'elle lui témoignoit moin

d'amour.

Je ne sais pourtant pas comment les choses i

în se tournèrent dans l'imagination de Zulica:

is elle

lui proposa de passer

que personne ne sut

temps qu'ils y

éviter les

elle. Zâdis

la journée avec

étoienten-

en

Pour

demeureroient;

discours

que

qu'ils

ible,

et le

mot, plus pour

autre raison,

pas

chez

Ite

oit

pour

elle ordonna qu'on dit qu'elle

que

sa jalousie n'a-

comme c'est l'ordinairerendu que plus

,

,

répondit fort bien aux bontés de Zu-

pas

mreux,

,et,

malgré sataciturnité, ne l'ennuya

minute. Il sortit enfin vers la moitié de la nuit

juitta

•e,

Zulica, persuadé, autant qu'on peut

qu'elle était la femme d'Agra la plus rai-

lable et la plus tendre.

'ai dit

je ne croyois

que

ica avoit

quitté Mazulhim,

pas,

à

l'air dont

et beaucoup plus

ore

à

la

façon de penser, qu'elle voulût

tinuer un commerce

me de son

plaisirs ne

caractère,

peu agréable pour une

ni l'amour,

ni

ou

cependant

la cu-

l'intcressoient;

et

ité l'emporta sur toutes les raisons qu'elle

voit avoir. Elle dit a Zàdis, en le quittant,

ne affaire fort importante l'empêcheroit de

roir le lendemain;

le

soir marqué

et

pour

endez-vous fut à peine arrivé, qu'elle mon-

ans son palanquin, et prit, avec mon âme

la suivit, le chemin

de

la petite maison,

nous ne trouvâmes

qu'un esclave qui

at-

doit et

elle et Mazulhim.

Comment donc! dit-elle à

d'un t

le trou

l'esclave,

ici? Je

est

brusque, il n'est pas

charmant de se faire

que je

sois ici

la

que Mazulhim

c'est

attendre! Il

encore

admirai

l'assii

première!L'esclave

alloit arriver. Mais,

des airs tout

reprit-clU

se donne!

sont

particuliers qj

que ce

L'esclave sortit, et Zuli

ceux qu'il

vint d'un air colère se mettre sur moi. Comn

elle étoit naturellement impétueme, elle ni

fut pas tranquille,

et

d'être

d'une

facilité

s'accusant tout

ha

en

elle ji

sans exemple,

mille fois de

entendit un

plus voir

Mazulhim. Enfin e

à

dire

char s'arrêter;

ne

ce

que

se

préparée la colère

Mazulhim tout

fournir,

porte:

elle

pouvoit

leva vi vement,

et ouvrant

en vérité, Monsieur,

dit-elle,

va

des

façons aussi singulières,

s'écria-t-elle,

aussi

Ciel!

Ali!

avez

rar

en voyant l'homi

qui enlroit.

Je

fus

aussi que je

le

étonné qu'elle

ne

à

pi

]

presque

Quoi!

vue

d'un homme

demanda

connoissois

n'étoit

ce

Sultan,

Mazulhim? Non, Sire,

répondit Amanzei,

particulier!

n'étoit

pas

Sire,

lui!

Et

dit

le

Sultan, cela est

n'étoit-ce

voire

pas

bi

1

pouquoi

répondit

Amanzéi,

Majesté

rapprendre. Savez-vous

reprit le Sulta

cela? Cethomi

Ah!

sans doul

bien,

que

que rien n'est si comique

là se trompoit apparemment.

bien. Mais, dites-

c'est qu'une petite

fait

se trompoit,

le

voit

on

îoi, Amanzci, qu'est-ce que

laison? Depuis que vous

enibîant

de

'y peux plus

ne maison

émoins,

iultan

savoir

ce

en parlez, j'ai

c'étoit, mais je

repartit Amanzéi,

suite,

et sans

interrompit

le

vraiment

fort

que

tenir. Sire, c'est,

écartée,

sans

on va. Ah!

devine,

Poursivez.

oui,

,je

cela

est

ommode.

la surprise qui saisirent Zulica

d'entrer,

La colère

et

l'homme qui venoit

je

sais,

l'aspect de

Madame, lui

combien

'empêchant de parler,

lit cet Indien d'un

FOUS

pas

iésirer

si

ma nie cause pas

dois

à

prié

pas

de

qui,

place)

à

toutes

sa

Ce

coupable;

qu'il

doit

n'est

pas

à

air(respectueux,

vous

que

la

devez être étonnée de me voir.

davantage les

ici

toute

présence

raisons

qui

autre

vue

Je n'ignore

feroient

mienne.

vôtre ne

m'atten-

vous interdit, la

moins d'émotion. Je

ne

que la personne à quiMazulhimma

seroit celle de

porter

ses excuses,

(si j'avois eu

le bonheur d'être

le moins.

j'aurois voulu manquer

cependant

que

madame,

il

bontés ;

Mazulhim soit

sait

tout

ce

de venir

à

non,

vos

il brûloit

vos genoux vous parler de sa reconnoissance ;

des ordres

désobéir,

cruels,

quelque

auxquels même il a pensé

sacrés

qu'ils

lui

doivent

être,

l'ont

arraché à

d'aussi doux

plaisirs.

il

a cru devoir compter sur ma

celle d'un esclave,

discrétion ph

pas

imagin

et n'a

que sur

qu'il fallût

personne

mettre au hasard, un secret où un

que

vous se

trouve aussi pai

telle

ticulièrement intéressée.

Zulica étoit si

étonnée dece qui lui arrivoil

pu

parler plus long-temp

la force de l'interrompre

que l'Indien auroit

sans qu'elle

eût eu

L'embarras où

haiter qu'il

eût

dire.

Consternée,

les

elle baissoit

elle étoit lui faisoitmêmç S011

encore plus de choses

à

et

presque

sans

yeux,n'osoit

mouvemenl

le

regarder

et

de

colère,

enfin

ell

rougissoit de honte

se mit à pleurer. L'indien, lui

prenant

ment la main, la conduisit sur moi, où,

prononcer une

tomber.

seule

parole,

elle

se

*

civile

san*

laisa

Je

le

vois,

Madame,

croire

vous

est

continua-t-il,

voui

ei

vous obstinez

tout

à

Mazulhim coupable,

dire

pour

le

où

ce que je puis

augmenter

lui. Qu'il

que

justifie)

êtes

ami

semble

contre

heureux!

la

colère

vous

Tout

quilest,

d'ainour!.

mon

j'envie

les précieuses

larmeS

qu'il vous

Qui

fait verser! Que tant

que

vous dit

je l'aime,Monsieur, in-

Zulica, qui avoit

eu

ne puis-je

pas

l'amour

être

n'a

terrompit

le

venue

sérieusement

pour

remettre?

des

temps de se

ici

choses

point de part Y Ne peut-on voir Mazulhim sans

icevoir

lui les sentimens que vous sem-

pour

z m'attribuer.

Fose croire, répondit l'Indienensouriant,

si mes

conjectures

vraies, au

que

je

ï

sont

ne

pas

îns elles sont vraisemblables. Les pleurs

is versez, votre colère, l'heure à laquelle

dans un

is

lieu

qui jamais n'a

vous

isacrequà

trouve

été

l'amour, tout m'a fait

le pouvoir de

croire que

y

seul avoit eu

con-„

re.T\e vous

t-il, vous

liez,

un

défendez pas, Madame, ajou-

faites-vous,

si

vous le

et non de la passion.

rien

ne faisoit re-

vous dire

vous

le

aimez:

en

crime

de l'objet,

Zulica

^uoi!sécria

que

LCer à la fausseté, Mazulhim a osé

je

yez?

:

le

l'aimois !

Oui, Madame: Et

lui demanda-t-elle avec

étonnement.

us me

permettrez de vous dire, répondit-

la chose est

si probable qu'il seroit-

que

icule d'en douter. bien ! oui, Monsieur,

liqua-t-elle, oui., je l'aimois, je le lui ai dit,

venais ici le lui prouver,

su m'amener jusques là.

is

l'ingrat avait en-

pas

de

Je ne rougis

l'avouer, mais le perfide

n'aura jamais

de ma foiblesse

que l'aveu que

ciel!

que

pensez

utres preuves

ui

en

ai

fait.

Un jour plus tard,

£hmadame!

nis-je

s

a

que

de

devenue?

dit froidement l'Indien,

Mazulhim ait eu assez mauvaise opi-

m'avoir confié que Ig

moi, pour ne

-moitié du secret?Qu'a-t-il donc

demanda-t-elle

nie à l'outrage,

aigrement;

et

vous diri

pu

a-t-il joint la caloj

seroit-il assez indigne?.,

Mazulhim peut être indiscret, répondit-il, m,

j'ai peine

à le

croire menteur. Ah, le fourb

s'écria-t-elle, c'estla première fois que je vit

ici.

Je

puisque vous le voulé

!e

bien,

veux

répliquat-il,

et j'aime mieux croire que Mazvi

him m'a

de douter de ce que vo

trompé,

Mais,

que

dites.

Madame, devant qui vous

défendez-vous?

me

Si vousvouliez me rendre jt

tice,

j'ose me flatter

vous craindriez ma

que

pleurez!

que

je

fusse le dépositaire de vos secrets. V(

Ah ! c'est trop honorer l'ingrat?

vous sied-il de

Bt

croire (j

comme vous êtes,

vous ne pourriez

dame,

pas

que vous

venger? Oui,

dit;

ses

B

pas vous

oui, Mazulhim m'a tout

avez comblé

je n'ignn

je i

Yi

vœux,

même des détails de son bonheur

qui

étonneraient. Ne vous en offensez point, po

suivit-il,

sût

la

porté,

Ce n'est

se

félicité étoit trop grande pour q

moins content, moins frai

il auroit

été plus discr

contenir;

sa

taire ..

doute,

sans

vanité,

pas sa

c'est sa joie qui n'a

Mazulhim!

le traitre! Quoi! Mazulhim

interrompit-elle

avectranspo)

me

sacriftf

ah,

dit? il a bienfaitJpo plus modéré, je

ne

co

Mazulhimvousatout

suivit-elle d'uu

ton

oissois pas encore les hommes,

es

et

grâces à

soins

j'en

serai

quitte pour

croire,

foiblesse.

l'Indien

vous

!h!

une

Madame,

répondit

la

froidement

ui feîgnoit

enger,

on,

ne

de

ce n'est pas

c'est vous punir.

Non, répondit-elle,

perfides

j'en fais

pouvoir

tous les hommes sont

,

trop cruelle expérience pour en

Ah!

outer , non,

ne

le

ous jurer

ous

ne

ils ressemblent tous à Mazulhim.

croyez

si

s'écria-t-il,

pas,

m'aviez mis à sa

mienne.

j'ose

place,

Mais,

que l'auriez jamais vu à la

vous

îprit-elle,

andonne?

rnt

ordres

qui l'ont

retenu

ces

ne

qu'un vain

prétexte, et sans doute il m'a-

bien!

ne

craignez

point

de

me

oui, madame, répondit

Ah!

apprendre. Eh

Indien,

ilasulhim

il seroit

ne

inutile

de vous

le cacher,

ne

m'aime

ah!

ce

qu'il

vous aime plus.

douloureusement:

Il

lus! s'écria-t-elie

oup

me tue:

l'ingrat ! étoit-ce là le prix

éservoit à ma tendresse?

En finissant ces

paroles,

elle fit

des

encore

xclamations et joua

tour-à-tour les

larmes,

ifureur et l'abattement. L'indien, qui la con-

oissoit, ne s'opposait à

rien,

feignoit

elle.

lui

ce

et

oujours d'être pénétré d'admiration

e

sens

que

lit-elle,

je

me

pour

meurs,Monsieur,

pleuré;

après avoir long-temps

l'est point

lélicat que

à

le

aussi

sensible,

aussi

un

cœur

mien,qu'on peut

porter im

punément d'aussi rudes

donc fait,

si je l'avois

coups;

mais qu'auroit-fl Il vous auroa

trompé?

adorée

répondit l'Indien. Je ne conçois rien

,

reprit-elle,

l'ingrat

ne

à

ce

procédé, je

m'y perds.

5

m'aimoit plus, et qu'il craignît d

me l'annoncer lui-même,

ne

pouvoit-il

pa

me l'écrire?

avec

l'objet

Romproit-on

le

plus

plus

méprisable?

indignemen l Pourquo,

encore faut-il que

pour me

Je ne

le faire

vois

que

soit vous qu'il choisiss

l'Indien, qu

plus encor

ce

dire?

trop, repli qua'

le choix du confident vous déplaît

que la confidence même,

et je puis vous jure

que connoissant, comme je fais, votre injusti

aversion

ici,

moi,

m'auriez

pour

vous ne

pas

si Mazulhim m'avoit

nommé

la dame

vi

i

laquelle

prioit

excuses

de:

il

de

porter ses

me

Je doute même, (étant

dans

pour vous

de

dispositions fort différentes

celles

j'ai

le malheur de

l'eusse cru,

jamais

pu

vous voir

moi, )

je

s'il m'eût nommé Zulica;

pour

que je n'aurois

penser qu'il y

eût au monde quel-

qu'un qui pût

aimé d'elle.

ne pas faire son bonheur d'être

;

ajouta-t-il,

C'est donc fort innocemment

que jecontribue à vous donner

plus que je

sensible

vous pussiez

que

me trouve mêlé dans

,

le chagrin

le

recevoir, et

que

des secrets

sûrement vous aimeriez mieux voir

entre les

Uns

de tout

autre qu'entre les miennes. Je

sais pas ce qui vous le fait

d'un

air

croire,

répondit-

de

la

embarrassé, les

ie

secrets

de celui

ture

dont

trouvez au-

vous

vous

urdhui

ment à

possesseur, ne se confient ordinai-

mais je n'ai point de raisons

personne;

rticulières.

Pardonnez-moi,

rement, vous me

en

Madame,

haïssez;

interrompit-il

je n'ignore pas

toute occasion mon

esprit, ma figure

de

vos

railleries,

J'avouerai

mes mœurs ont été l'objet

de

votre plus sévère critique.

me

que, si j'ai

quelques vertus,

eu

de

désir

que j'ai toujours

ne

de

vos éloges,

ou

de

vous

je les dois

me

rendre

obliger du

uns

à

faire

grâce de

traits

me

ces nt depuis que nous sommes dans le monde,

amers

us n'avez

Moi!

cessé de m'accabler.

dit-elle

en

pas

Monsieur,

rougissant,

je

i jamais rien dit de vous dont vous puissiez

e fàché ; d'ailleurs à peine nous connoissons-

us;

vous ne m'avez jamais donné

sujet de

! plaindre

iez

ine,

de

et je

crois

vous,

ne

ridicule.

me

pas

interrompit-il:

Brisons-là, de grâce, Ma-

une

plus longue

ex-

mais

puisque nous

cation

vous gêneroit,

ce chapitre, permettez

que

par

moiseulement

que j'ai

tels que

nmes sur

vous dire

lessentimens

'jours eus pour vous, ( sentimens

votre injustice n'a

moment

pas

pu

un

altérer) j'étois l'homme du monde qui mérit

le plus

votre

pitié,

et le

moins votre

haii

Oui, Madame, ajouta-t-il, rien n'a été capal

d'éteindre le malheureux amour que vous m'ai

inspiré; vos mépris, votre haine, votre aclu

moi, m'ont fait

gémir,

nement contre

ne

m'ont

m

pas guéri.

Je connois

trop vol

cœur pour me flatter qu'il puisse un jour prenc

moi les sentimens

que

je pourrois désire

pour mais j'espère

que

ma discrétion sur ce qui vo

regarde vous fera revenir de votre préveniioi

si

elle est au point

pui

et que,

que vous ne

siez jamais m'accorder votre amitié,

au moi

vous ne me refuserez pas votre estime.

Zulica, gagnée par un

discours si respe

tueux

lui avoua qu'en effet,

par

un

capri

dont elle n'avoit jamais

,

elle s'étoit ouvertement

découvrir la sourc

pu

déclarée son ennemi

mais

c'étoit un tort qu'elle comptoit

que

bien réparer,

qu'il n'en seroit plus questi

entr'eux, et qu'elle l'assuroit de son

de

amitié,

son

Après

der

le

estim

le

et de sa reconnoissance.

l'avoir prié de

vouloir bien lui

se

secret le plus inviolable, elle

dans l'intention de sortir.

voulez-vous

la

aller,

Madame,

lui

retenant? vous n'avez ici

j'ai renvoyé

<

pe

l'Indien en

sonne

à

vous;

mes gens,

heure à

la quelle ils

doivent revenir est en-

Febien éloignée. N'importe, repliqua-t-elle,

ne puis rester dans un

lieu

où

tout me re-

oche ma foiblesse.

Oubliez

Mazulhiin, re-

it-il, cette

lui,

il

me

maison

l'a

aujourd'hui

cédée;

permettez

le

plus

1 nioiidequis'iiitéresse

n'est point

à l'homme

véritable-

ent à vous,

ongez,

ire.

du

de vous

moins, à

pouvez

prier d'y commander.

ce

que

vous

sortir à l'heure

voulez

qu'il

Vous ne

:t sans risquer d'être

rencontrée. Que votre

)Ière ne vous fasse

pas oublier ce

que

vous

)us devez.

riezs

ez

la

Songez à l'éclat affreux que vous

peut-être demain vous se-

tout

Agra, et

qu'avec

une

songez que

fable

de

srlu et des sentimens

on vous croiroit

l'on doit respecter,

ces

sortes

que

personne à qui

aventures sont

ordinaires.

Zulica résista

(c'étoit

pour

l'Indien)

aux

long-temps

le nom

de

raisons que

lui

ap-

pré-

asoès,

ortoit

ici

e j'y

la faire rester.

recevoir,

Tout étoit

ajouta-t-il:

vous;

souffrez

pour vous

passe la soirée

que

de

avec

ce que vous

sur

je suis moi-même,

mon respect.

Je

tout