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CENTRALES NUCLÉAIRES

ET ENVIRONNEMENT
Prélèvements d’eau et rejets
Chapitres du guide
1. Présentation du guide ................................ 7
2. Synthèse générale ..................................... 17
3. Nature et biodiversité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4. Information du public ................................ 47
5. Cadre réglementaire .................................. 55
6. Prélèvement d’eau et source froide ................... 87
7. Nature et contrôle des rejets .......................... 109
8. Maîtrise des impacts des prélèvements d’eau
et des rejets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
9. Surveillance de l’environnement ..................... 203
10. Métrologie environnementale ......................... 219
11. Rôle de l’administration .............................. 239
Ce guide a été rédigé
par Philippe Hartmann,

assisté de François Bordet, Christian Chevalier, Jean-Luc Colin et Michel Khalanski.

Les auteurs tiennent à remercier vivement les personnes qui ont apporté leur concours à l’élaboration
de ce document.

Comité de validation présidé par Alain Vicaud : Philippe Defossez, Danielle Degueuse, Georges Ferry,
Anne-Marie Harmand, Gilles Labriaud, Jean-Daniel Mattei, Sylvie Rénier

Secrétariat : Nelly Barbaud, Claire Laboudi, Patricia Wattiez

État-Major de la DPN : Vincent Chrétien, Sophie Topiol

UNIE : Claude Bastian, Thierry Bourcier, Jean-Luc Bretelle, Gérard Château, Jean-Philippe Edouard, Yves
Guibbaud, Pierre-Yves Hémidy, Régis K-Zerho, Gwladys Robinet, Marie-Jo Sagot, Eric Terraillon, Didier
Vazelle

UTO : Bertrand Lantès

CNPE : Estelle Frossard, Nadine Guillot, Jean-Pierre Kusz, Didier Lundy, Nicolas Murgia, Christine Noang,
Claire Pougnard, José Roda, Jean-Claude Zwald,

CIDEN : Amélie Besnard, Johanna Boulos, Cécile Boyer, Marie Cadet, Séverine Cesle, Muriel Fontaine,
Noelle Fouquere-Stradiotto, Patrick Fournier, Isabelle Jacquelet, Cécile Machet, Marie Merle, Claire
Pougnard, Catherine Rodach, Céline Rety, Magali Siutkowski, Laurence Vieille, Marc Vermogen, Fabien
Vermorel, Lilia Zouaghi,

CNEPE : André Lestanguet, Nadine Guillot

CEIDRE : Jacky Audiard, Cécilia Barreau, Géraldine Benoit, Nathalie Carvajal, Amélie Gacon, Nolwenn
Gourmelon, Bernadette Laforêt, Romain Le-Meignen, Florian Moyano, Benoit Philippot, Olivier Piana,
Marine Pierre, Emmanuelle Pringuez,

EDF R&D : Cécile Delattre, Philippe Ciffroy, Philippe Gosse, Laurent Perotin, Bertille Richard, Didier Rougé,
Françoise Siclet, Sylvie Soreau, Régis Thévenet, Nicolas Tousset, François Travade

DJ : Antoine Bizet, Hervé Samzun


Préface

Permettre à la nouvelle génération d’exploitant des centrales nucléaires d’EDF d’acquérir une base robuste sur
l’environnement et les centrales nucléaires …,
… offrir à tous, amateurs de vrais livres, ou internautes convaincus, une information pédagogique sur les besoins
en eau d’une centrale nucléaire, ses rejets d’effluents dans l’environnement, la surveillance de leurs éventuels
impacts, sans oublier le corpus réglementaire applicable, le rôle des autorités de contrôle, …
… c’est ce double défi qu’a relevé une équipe de chercheurs, ingénieurs, juristes, exploitants, tout juste sortis
d’une vie professionnelle consacrée entièrement au domaine et fort d’une expertise reconnue, patiemment accu-
mulée au fil des ans dans tous les métiers de l’Entreprise ; ils ont mis toutes leurs connaissances et expériences
au service de ce guide.
Le résultat est à la hauteur de leur talent.
Après une synthèse de tout ce qu’il faut savoir en 10 pages, le guide décrit les interactions de ces grands ouvrages
industriels avec leur environnement :
– dans un sens, les services écologiques apportés aux centrales nucléaires pour leur permettre de produire
l’électricité la moins carbonée et l’une des plus compétitives d’Europe au service du bien-être des hommes et,
– dans l’autre sens, les nombreuses actions mises en œuvre par EDF pour connaître, éviter ou réduire les effets
des centrales sur les écosystèmes.
L’organisation de ce guide permet au lecteur de s’y promener au gré de ses besoins ou de sa curiosité. Il y découvre
l’importance qu’accorde l’exploitant à informer le public faisant sienne la définition de la transparence d’André
Comte-Sponville : «Dire au public tout ce qu’il n’aimerait pas apprendre par d’autre que nous ».
Un tour de la réglementation applicable aux centrales nucléaires amène le lecteur au pied de la pyramide régle-
mentaire française des installations nucléaires de base (INB) avec à son sommet la fameuse loi TSN (Transparence
et Sécurité Nucléaire) transposée aujourd’hui dans le code de l’environnement. Un détour par Oslo et Paris avec
la convention OSPAR sur la protection du milieu marin ; un saut à Berne et sa convention pour la protection du
Rhin, puis, bien sûr, Kyoto et le protocole sur la réduction des gaz à effet de serre, pour terminer à Bruxelles avec
nombre de directives et règlements.
Enfin, le guide aborde le contrôle des rejets et la surveillance de l’environnement au voisinage des centrales
nucléaires, ce qui permet de suivre les principaux paramètres indicateurs de la qualité des écosystèmes terrestre
et aquatique. Référence est faite aux études et aux techniques de mesures les plus sophistiquées pour déceler
le moindre effet.
Je remercie les auteurs pour la qualité de ce guide qui éclairera les parcours de tous nos collaborateurs qui
entrent dans ce métier passionnant et rigoureux d’exploitant de centrales nucléaires. Sans nul doute, ce guide
permettra aussi à un plus grand nombre de mieux connaître comment EDF conjugue les enjeux sociétaux, envi-
ronnementaux et économiques au service de sa mission de producteur d’électricité.

Alain Vicaud
Directeur de l’environnement et de la prospective
EDF – Production nucléaire
6
Présentation
du guide
1. Objet du guide
2. La cible
3. Le contenu
4. La structure
Abréviations utilisées dans le guide

7
CHAPITRE 1 Présentation du guide

1. Objet du guide
La production d’électricité à partir d’une centrale Les réponses apportées sont souvent très
nucléaire nécessite de grandes quantités d’eau et techniques et donc difficiles à comprendre pour
conduit à des effluents rejetés dans l’environnement. qui ne possède pas une bonne connaissance du
Quelle est la nature de ces prélèvements d’eau, de fonctionnement d’une centrale nucléaire et des
ces rejets ? Comment sont-ils réalisés et contrôlés ? exigences environnementales relatives aux prélè-
Y a-t-il des risques pour l’environnement et la santé vements d’eau et aux rejets d’effluents.
publique ? Comment le public en est-il informé ?
Aider le lecteur à trouver des réponses à ces ques-
Telles sont les questions que tout un chacun, tions est l’objectif de ce guide. Pour cela, le guide
intéressé par les centrales nucléaires et par se veut à la fois descriptif (pour bien savoir de
l’environnement, peut se poser. Ces sujets sont quoi il est question) et explicatif (pour bien com-
notamment discutés entre l’exploitant et les par- prendre le sens des éléments exposés).
ties prenantes à l’occasion des consultations du
Ce guide n’aborde pas les déchets radioactifs et
public organisées, lors des procédures administra-
conventionnels, ni les rejets en situation acciden-
tives de demande d’autorisation de création d’une
telle qui font l’objet de documents spécifiques. Il ne
installation nucléaire (DAC) ou des procédures de
traite pas non plus des questions de paysage et du
modifications des autorisations de rejets et de pré-
bruit, ni des substances frigorifiques utilisées dans
lèvements d’eau.
les circuits de climatisation.

2. La cible
Ce guide s’adresse en priorité aux personnes des sonnel de maintenance, chargés de communi-
centrales nucléaires et des ingénieries nucléaires cation, ingénieurs responsables des questions
d’EDF qui, dans le cadre de leurs activités, sou- d’environnement…).
haitent trouver rapidement des informations pré-
Il s’adresse aussi à toute personne désireuse
cises et synthétiques sur la nature et l’impact
d’acquérir des connaissances sur le sujet qu’elle
des prélèvements d’eau et des rejets (direction,
appartienne ou non au « monde du nucléaire ».
exploitants, chimistes des laboratoires, per-

3. Le contenu
Les thèmes centraux du guide sont : - leur impact sur les écosystèmes et sur le public,
• les prélèvements d’eau nécessaires à l’ali- - les actions mises en œuvre afin de réduire
mentation et au refroidissement des circuits les rejets,
(besoins en eau) ; les actions engagées pour - les modalités de surveillance de l’environnement.
maîtriser le risque de colmatage des prises
Le guide aborde aussi les sujets connexes en
d’eau par les salissures biologiques, le risque
présentant :
d’entartrage et de développement microbien,
• la réglementation et le rôle de l’administra-
• les rejets d’effluents issus du fonctionnement
tion, notamment son pouvoir de police,
qu’ils soient radioactifs, chimiques ou ther-
• en quoi une centrale nucléaire est concernée par
miques. Le guide fournit des informations sur :
la préservation de la nature et de la biodiversité,
- leurs caractéristiques,
• l’information du public.
- les contrôles réalisés par l’exploitant dans le
cadre de la réglementation,

8
Centrales nucléaires et environnement
ent
1

4. La structure
La structure adoptée pour ce guide permet d’avoir Les aspects réglementaires sont abordés au cha-

Présentation du guide
un aperçu global du sujet par la seule lecture du pitre 5 (réglementation) et au chapitre 11 (rôle de
chapitre 2 intitulé : «synthèse du guide». l’administration).
Il a paru nécessaire d’introduire d’emblée un cha- Enfin, le guide comporte un index et la liste des
pitre consacré à la préservation de la nature et abréviations/acronymes utilisés.
de la biodiversité, étant donné qu’une centrale
Les chapitres 3 à 11 sont composés d’un premier
nucléaire fait largement usage de ressources natu-
paragraphe constituant la synthèse des thèmes
relles telles que l’eau, l’air et le sol. La production
abordés et d’une annexe où sont détaillés certains
d’électricité étant fortement tributaire de ces res-
aspects techniques.
sources, il était important de montrer les actions
menées par EDF dans ce domaine ; c’est l’objet Le guide permet ainsi trois niveaux de lecture
du chapitre 3. (globale, thématique et détaillée). Les différents
thèmes traités étant très dépendants les uns des
Comme l’impact des rejets des centrales nucléaires
autres, le guide indique les renvois permettant de
est un sujet sensible et intéresse particulièrement
passer d’un chapitre à l’autre.
le public, le thème de l’information du public est
abordé au début du guide au chapitre 4. Ce guide sur les prélèvements d’eau et les rejets
des centrales nucléaires d’EDF en France établit
Les chapitres 6, 7 et 8 relatifs respectivement aux
un condensé du sujet qui vient enrichir les infor-
besoins en eau d’une centrale nucléaire, aux rejets
mations communiquées par ailleurs au travers
d’effluents et aux impacts constituent le corps
de rapports, recueils, brochures et du réseau
technique du guide avec les chapitres 9 et 10 res-
Internet d’EDF.
pectivement sur la surveillance de l’environnement
et la métrologie environnementale.

Fig. 1 ➜ Structure du guide.

Chapitre 1
Présentaon du guide

Chapitre 2
Synthèse générale

Chapitre 3 Chapitre 4
Nature et la Informaon du public
biodiversité

Chapitre 6 Prélèvements d’eau et source froide


Chapitre 7 Nature et contrôle des rejets
Chapitre 8 Maîtrise des impacts des prélèvements d’eau et des rejets
Chapitre 9 Surveillance de l’environnement
Chapitre 10 Métrologie environnementale

Chapitre 5 Chapitre 11
Cadre Rôle de
réglementaire l’administraon
(pouvoir de police)
Abréviaons
Index
Table des maères

9
CHAPITRE 1 Présentation du guide

Abréviations utilisées
dans le guide
A–B de l’Environnement et des Risques
Sanitaires et Technologiques
ACV Analyse Cycle de Vie
COFRAC Comité FRançais d’Acréditation
AEN Agence de l’OCDE pour l’Energie
COREPER COmité des REprésentants
Nucléaire
PERmanents des États membres
AFNOR Association Française
de l’Union européenne
de NORmalisation
CSHPF Conseil Supérieur d’Hygiène Publique
AIEA Agence Internationale de l’Energie
de France
Atomique (Vienne)
CTHIR Centre Technique d’Homologation de
ALARA « As Low As Reasonably Achievable » -
l’Instrumentation de Radioprotection
principe ALARA
ANCCLI Association Nationale des Comités
et Commissions Locales d’Information D
ANDRA Agence nationale pour la gestion des
DAC Décret d’Autorisation de Création
déchets radioactifs
DARPE Demande d’Autorisation de Rejets et
ANSES Agence Nationale de SEcurité
de Prélèvements d’Eau
Sanitaire de l’alimentation,
DCE Directive Cadre sur l’Eau
de l’environnement et du travail
DGPR Direction Générale de la Prévention
APPB Arrêté Préfectoral de Protection
des Risques
du Biotope
DGS Direction Générale de la Santé
ARS Agence Régionale de Santé
du ministère chargé de la santé
ASN Autorité de Sûreté Nucléaire
DJA Dose Journalière Acceptable
BAC Bâtiment Auxiliaire de
DJE Dose Journalière d’Exposition
Conditionnement des déchets
DOCOB DOCuments d’OBjectifs
BNEN Bureau de Normalisation
DOE Débit Objectif d’Etiage
des Équipements Nucléaires
DREAL Direction Régionale
BR Bâtiment Réacteur
de l’Environnement,
BREF Best available technique REFerence
de l’Aménagement et
du Logement
C
E
CAB Commission Administrative de Bassin
CB Comité de Bassin EDF Electricité De France
CDB Convention internationale EIE Evénement Intéressant
sur la Diversité Biologique l’Environnement
CEA Commissariat à l’Energie Atomique EPR European Pressurized water Reactor
CEI Commission Electrotechnique EPTB Etablissement Public Territorial
Internationale de Bassin
CETAMA Commission d’ETAblissement ESE Evénement Significatif
des Méthodes d’Analyses du CEA pour l’Environnement
CFC ChloroFluoroCarbone EURATOM Communauté EURopéenne
CHSCT Comité d’Hygiène, de Sécurité de l’ énergie ATOMique
et des Conditions de Travail
CIPR Commission Internationale
F –G – H
de Protection Radiologique
CJCE Cour de Justice des Communautés FGMN Fonds de Gestion des Milieux Naturels
Européennes FRB Fondation pour la Recherche sur
CLE Commission Locale de l’Eau la Biodiversité
CLI Commission Locale d’Information GIEC Groupe d’experts
CMR Cancérigène, Mutagène, Repro-toxique Intergouvernemental sur l’Evolution
CNDD  Conseil National pour du Climat
le Développement Durable HCFC HydroChloroFluoroCarbone
CNPE Centre Nucléaire de Production HCTISN Haut Comité pour la Transparence et
d’Electricité (centrale nucléaire) l’Information sur la Sécurité Nucléaire
CoDERST Conseil Départemental HFC HydroFluoroCarbone
10
Centrales nucléaires et environnement
ent
1
I REP Réacteur à Eau Pressurisée
(PWR en anglais)
ICPE Installation Classée pour la Protection
RGE Règles Générales d’Exploitation
de l’Environnement
RNM Réseau National de Mesure de
ICRU Commission Internationale des Unités

Présentation du guide
la radioactivité de l’environnement
et mesures des Rayonnements
RTE Réseau de Transport de l’Electricité
IFB  Institut Français de la Biodiversité,
RTGE Réglementation Technique Générale
devenu
d’Exploitation
IFREMER Institut FRançais pour l’Exploitation
de la MER
INB Installation Nucléaire de Base S
INERIS Institut National de l’Environnement
SAGE Schéma d’Aménagement et
industriel et des RISques
de Gestion de l’Eau
INRA Institut National de la Recherche
SDAGE Schéma Directeur d’Aménagement et
Agronomique
de Gestion des Eaux
InVS Institut national de Veille Sanitaire
SFEN Société Française d’Energie Nucléaire
IOTA Installations, Ouvrages, Travaux et
SFRP Société Française de RadioProtection
Aménagements
SIC  Site d’Intérêt Communautaire
IPPC Integrated Pollution Prevention and
SME Système de Management
Control
de l’Environnement
IRSN Institut de Radioprotection
SNB  Stratégie Nationale pour
et de Sûreté Nucléaire
la Biodiversité
IRSTEA Institut national de Recherche en
SoeS Service de l’observation et des
Sciences et Technologies pour
Statistiques (ex IFEN Institut Français
l’eEnvironnement et de l’Agriculture
de l’Environnement)
(ex-CEMAGREF)
SCAP Stratégie nationale de Création d’Aires
Protégées
L–M–0 SRCE Schéma Régional de Cohérence
Ecologique
LEMA Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques
MNHN  Muséum National d’Histoire Naturelle
MSNR Mission de Sûreté Nucléaire et de T–U
Radioprotection
TSN Transparence et Sécurité Nucléaire
MTD Meilleures Techniques/Technologies
(loi TSN)
Disponibles
TVB Trame Verte Bleue
NQE Norme de Qualité Environnementale
UE Union Européenne
OCDE Organisme de Coopération et de
UFC Unité Formant Colonie
Développement Economiques
UFE Union Française de l’Electricité
OMS Organisation Mondiale de la Santé
UICN Union Internationale pour
ONEMA Office National de l’Eau et des Milieux
la Conservation de la Nature
Aquatiques
UNSCEAR Comité Scientifique des Nations
ONG Organisation Non Gouvernementale
Unies sur les Effets des Radiations
ONU Organisation de Nations Unies
Atomiques
OSPAR Convention de PARis et d’OSlo sur la
UTE Union Technique de l’Electricité
protection de l’environnement marin

V–W–Z
P
VNF Voies Navigables de France
PBT Persistante, Bioaccumulable, Toxique
WWF Fonds Mondial pour la Nature (World
PCB PolyChloroBiphényle
Wild Fund for nature)
PCR Polymerase Chain Reaction
ZICO Zone d’intérêt Communautaire pour
PNEC Predicted No Effect Concentration
les Oiseaux
PNUE  Programme des Nations Unies pour
ZNIEFF Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique,
l’Environnement
Faunistique et Floristique
PRE Pôles Régionaux de l’Environnement
ZPS Zone de Protection Spéciale
PUI Plan d’Urgence Interne
ZSC Zone Spéciale de Conservation

R
REACH enRegistrement, Evaluation et
Autorisation des substances CHimiques

11
CHAPITRE 1 Présentation du guide

Index
A–B CHAPITRES Convention Aahrus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Convention de Barcelone . . . . . . . . . . . . . . . 3 -5
Accord de Gand sur la Meuse . . . . . . . . . . . . . 5
Convention de Berne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Accord préalable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Convention de Ramsar . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Acide borique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Convention internationale sur
Actinides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
la biodiversité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Aéroréfrigérants atmosphériques
Convention OSPAR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 – 5
à courants croisés, à contre- courant,
Convention sur la Diversité Biologique . . 3-5-11
à ventilation forcé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Coordination en période d’étiage . . . . . . . . . . . 8
Aérosols . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Curage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Agences de l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Cycle de Carnot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 – 7
Agenda 21 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Agrément-accréditation . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Amibes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 D CHAPITRES
Ammoniac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Débit prélevé –rejeté – évaporé
Ammoniaque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 (consommation) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Analyse Cycle de Vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Débit objectif d’étiage (DOE) ;
ANCCLI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 débit seuil d’alerte (DSA) ;
ANSES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 débit de crise (DCR) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Approche d’un aéroréfrigérant . . . . . . . . . . . . . 7 Décision ASN homologuée sur les limites
Arrêté 2 février 2012 relatif aux INB . . . . . . . . . 5 de rejets d’effluents . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Articulation des principaux textes . . . . . . . . . . 5 Décision ASN sur les modalités de prélèvt
ASN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 et de consotion d’eau et de rejet
Autorisations délivrées au titre du décret dans l’environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
du 4 mai 1995 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 Décret 2007-1557 relatif aux INB
Autorité environnementale . . . . . . . . . . . . . . . . 4 ne matière de sûreté nucléaire et
Autosurveillance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 de transport de substances radioactives . . 5
Biofilm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Décret d’autorisation de création (DAC). . . . . . 5
Bore . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Délégué de bassin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Dessalement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
C CHAPITRES Détecteurs à ionisation gazeuses. . . . . . . . . . 10
Détecteurs à scintillation . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Campagne de radioécologie . . . . . . . . . . . . 8-9 Détecteurs à semi-conducteurs . . . . . . . . . . . 10
Campagne d’hydroécologie . . . . . . . . . . . . . 8-9 Détecteurs électroniques . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Canicule–sécheresse . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6-8 Directive 2000/60/CE cadre sur l’eau (DCE) 3-5
Carbone 14 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7-8 Directive 2006/7/CE sur la qualité
Cellule de radioécologie. . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 des eaux de baignade, . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Choix du site . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Directive 2008/56/CE sur la stratégie
CLI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 pour le milieu marin . . . . . . . . . . . . . . . . 3-5
Code de l’environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 Directive 2010/75/UE sur les émissions
Code Téféri . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 industrielles (ex. directive IPPC de 2008) . . 5
Code Télémac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Directive 96/26 Euratom sur les normes
Coderst . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 de base en radioprotection, . . . . . . . . . . . . 5
Collecte sélective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Directive 98/83/CE sur la qualité des eaux
Collecte sélective et traitement optimisée . . . . 8 destinées à la consommation humaine . . . 5
Comité d’hydroécologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 Directive habitats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Comité de bassin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Directive oiseaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Commission administrative de bassin . . . . . . 11 Directive Seveso 82/501/CE sur la maîtrise
Commission nationale du débat public . . . . . . 4 des dangers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Communication des résultats au public. . . . . . 9 Directives filles de la directive DCE
Communication scientifique . . . . . . . . . . . . . . 4 et autres directives sur l’eau. . . . . . . . . . . . 5
Conception des ouvrages de prise d’eau Diversiterre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
et de rejet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Document d’objectifs (DOCOB) . . . . . . . . . . . . 3
Contrôle dans le domaine de l’eau . . . . . . . . 11 Dosimètres thermoluminescents . . . . . . . . . . 10
Contrôle de conformité réglementaire . . . . . . . 5 Dragage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Contrôle des rejets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Drains ou effluents chimiques . . . . . . . . . . . . . 7
Contrôle exercé par l’ASN . . . . . . . . . . . . . . . 11 Drains résiduaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
12
Centrales nucléaires et environnement
ent
1
E CHAPITRES I CHAPITRES

Eau déminéralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Impact sur l’environnement de l’acide borique 8


Eau industrielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Impact sur l’environnement de l’éthanolamine 8
Eau potable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Impact sur l’environnement de l’hydrazine . . . 8

Présentation du guide
Eaux de pluie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Impact sur l’environnement de la morpholine . 8
Eaux huileuses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Impact sur l’environnement
Eaux tièdes (utilisation) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 des composés chlorés . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Eaux vannes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Impact sur l’environnement des composés
Echantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 organohalogénés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Effluents de servitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Impact sur l’environnement des métaux . . . . . 8
Effluents primaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Impact sur l’environnement des substances
Effluents radioactifs gazeux aérés . . . . . . . . . . 7 azotées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Effluents radioactifs gazeux hydrogénés . . . . . 7 Impact des prises d’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Electrochloration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Impact lié aux rejets atmosphériques non
Encrassement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 radioactifs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Enquête publique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Impact lié aux rejets radioactifs liquides
Ensablement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 et gazeux sur les écosystèmes . . . . . . . . . . 8
EPR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Impact lié aux rejets thermiques . . . . . . . . . . . 8
EPTB . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Impact sur la santé des rejets chimiques
EQRS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2-8 non radioactifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
ERICA (projet européen) . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Impact sur la santé des rejets d’acide
Espèces protégées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 borique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Impact sur la santé des rejets de
Éstuaire de la Gironde, Garonne . . . . . . . . . . . 8
l’éthanolamine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
État de conservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Impact sur la santé des rejets de
Éthanolamine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
la morpholine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Études épidémiologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Impact sur la santé des rejets des métaux . . . . 8
Étude Nord-Cotentin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Impact sur la santé des rejets des nitrates
Études et recherches . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
et nitrites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Évaluation des Ecosystèmes pour
Impact sur la santé des rejets radioactifs . . . . 8
le millénaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Incertitudes de la mesure . . . . . . . . . . . . . . . 10
Évaluation des incidences Natura 2000 . . . . . . 3
Indice de Ryznar . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Exposition du public due aux bâtiments . . . . . 8 Ingénierie environnement et nationale . . . . . . 8
Inondation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
F CHAPITRES Inspection avec prélèvements . . . . . . . . . . . . . 5
Institutions européennes . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Facteur de concentration . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 IRSN, InVs, INeris, Irstea (ex Cemagref) . . . . . 4
Fondation pour la recherche sur la ISO 14001 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
biodiversité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Fonds de gestion des milieux naturels . . . . . . . 3
Formol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 L CHAPITRES

La Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
G CHAPITRES La Meuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
La Moselle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Gaz rares . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 La Seine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Gestion optimisée des effluents . . . . . . . . . . . . 8 Le Rhin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Grand chaud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Le Rhône . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Grand froid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Légionelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Grandeurs chimiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Limnigraphe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Grandeurs et unités de radioactivité . . . . . . . 10 Loi 2006-686 dite TSN relative à
Grenelle de l’environnement . . . . . . . . . . . . . . 3 la transparence et à la sécurité
Groupe Thématique sur l’environnement GTE en matière nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
« biodiversité » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 Loi 76-663 relative aux ICPE . . . . . . . . . . . . . . 5
Guide EDF biodiversité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 Loi 96-1236 sur l’air et l’utilisation
rationnelle de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Loi Barnier, 1995 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
H CHAPITRES
Loi Nature, 1976 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Halogènes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Loi nouvelle régulation économiques, 2001 . . . 3
HCTISN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Loi responsabilité environnementale, 2008 . . . 3
Hydrazine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Loi sur l’eau et les milieux aquatiques
Hydrocollecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 (LEMA), 2006 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
13
CHAPITRE 1 Présentation du guide

M–N CHAPITRES Redevances « occupations du domaine


fluvial et maritime » . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Maire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Réduction à la source . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Manche et Mer du Nord . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Règlement 2007/1907/CE sur les substances
Mesure de débit des cours d’eau . . . . . . . . . . 10
chimiques REACH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Mesure des amibes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Règles générales d’exploitation (RGE) . . . . . . . 5
Mesure des légionelles . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Rejets chimiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Mesures compensatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Rejets concertés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Mesures globales de radioactivité . . . . . . . . . 10
Rejets diffus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Mesures physico-chimiques . . . . . . . . . . . . . . 10
Rejets permanents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Mise à la disposition du public . . . . . . . . . . . . 4
Rejets radioactifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Modélisation des impacts sur le milieu
Rejets thermiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
aquatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Réseau National de Mesure de
Monoxyde de carbone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
la radioactivité de l’environnement (RNM) 4-9
MORDOR outil d’évaluation des débits
Réseau Natura 2000 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
des cours d’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Réserve naturelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Morpholine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Responsabilité de l’exploitant . . . . . . . . . . . . 11
MSNR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
MTD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5-8
Nomenclature « eau » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 S CHAPITRES

Salissures biologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
O CHAPITRES Sanctions administratives et pénales. . . . . . . 11
Services déconcentrés de l’Etat . . . . . . . . . . . 11
Observatoire de la biodiversité . . . . . . . . . . . . . 3
Services écologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Obstacle à la migration des poissons . . . . . . . 8
SME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Occupation du domaine public fluvial
Source froide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
et maritime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Spectrométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Onema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3-8-11
Stations multiparamètres. . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Orée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
STEP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Organisation de l’administration française . . 11
Stratégie européenne sur la biodiversité . . . . . 3
Organisation –management
Stratégie nationale sur la biodiversité . . . . . . . 3
de l’environnement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Surveillance de l’air ambiant . . . . . . . . . . . . . . 9
Organisme d’accréditation COFRAC. . . . . . . . 10
Surveillance des eaux de surface . . . . . . . . . . . 9
Organismes de normalisation (AFNOR,
Surveillance des eaux souterraines . . . . . . . . . 9
CETAMA, BNEN, CTHIR, UTE). . . . . . . . . . 10
Système de management de l’environnement
(SME) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
P–Q CHAPITRES

Parcs naturels nationaux et régionaux . . . . . . . 3 T – U –V – Z CHAPITRES


Piézomètres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Tartre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Politique EDF« biodiversité » . . . . . . . . . . . . . . 3
Thermographes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Pouvoir de police . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
THM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Préfet coordonnateur de bassin . . . . . . . . . . . 11
Traité Euratom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Préfet de département . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Trame verte et bleue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Prélèvement aliquote . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Transmission des résultats de surveillances
Prélèvement en continu . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
à l’ASN et à l’administration concernée . . . 9
Prélèvement ponctuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Transparence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4-5
Produit d’activation PA . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Tritium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7-8
Produit de fission PF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Tronçons court-circuités. . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Programme de surveillance hydroécologique . 9
UFE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Protocole d’Athènes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Valeur de la biodiversité. . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Protocole de Montréal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Vibrions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
QMNA5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Visite de site . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Zone d’importance communautaire pour
R CHAPITRES les oiseaux (ZICO) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Zone de mélange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Rapport annuel environnement . . . . . . . . . . . . 4
Zone de protection spéciale (ZPS) . . . . . . . . . . 3
Rapport annuel au titre de la législation TSN . 4
Zone naturelle d’intérêt écologique,
Réaction nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
faunistique et floristique (ZNIEFF) . . . . . . . 3
Redevance « loi sur l’eau » . . . . . . . . . . . . . . 11
Zones humides. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Redevance « voies navigables  de France» . . . 11

14
©EDF – Dhumes Patrice
16
2 Synthèse
générale
1. Introduction
1.1 Situation et emprise au sol d’une centrale nucléaire
1.2 Structure et fonctionnement
2. Besoins en eau d’une centrale nucléaire
3. Nature des rejets d’effluents
3.1 Rejets radioactifs liquides et gazeux
3.2 Rejets chimiques liquides
3.3 Rejets chimiques gazeux
3.4 Rejets thermiques
4. Contrôle des rejets et surveillance de l’environnement
5. Impacts liés aux prélèvements d’eau et aux rejets
5.1 Impact lié aux prélèvements d’eau
5.2 Impact des rejets radioactifs liquides et gazeux
5.3 Impact des rejets chimiques
5.4 Impact des rejets thermiques
6. Information du public
7. é
Préservation des habitats naturels et de la biodiversité
Annexe 2.1 : Implantation des centrales nucléaires d’EDF

17
CHAPITRE 2 Synthèse générale

1. Introduction
1.1 Situation et emprise au sol la production d’effluents notamment radioac-
tifs liquides et gazeux,
d’une centrale nucléaire
• d’un bloc usine (salle des machines, aéroréfri-
Une centrale nucléaire se compose d’un gérants le cas échéant, station de production
ensemble d’installations permettant la produc- d’eau déminéralisée, ateliers, laboratoires…)
tion d’électricité. Suivant le cas, elle est compo- donnant lieu à des rejets chimiques et ther-
sée de deux à six unités de production ; chaque miques (cf. fig. 1).
unité étant essentiellement équipée d’un réac-
Ces deux ensembles forment l’Installation
teur nucléaire et d’un groupe turbo-alternateur
Nucléaire de Base (INB) dont le périmètre est
produisant l’électricité.
précisé dans le dossier de Demande d’Autorisation
de Création (DAC).
Par ailleurs, un espace regroupe les bâtiments admi-
nistratifs et ceux du personnel des entreprises pres-
tataires. Ces installations produisent des effluents
de type urbain (eaux vannes, eaux pluviales).

Fig. 1 ➜ Délimitation d’un site à deux unités


de production en rivière (principe)

Salle de commande et lignes électriques de la centrale Clôture du site


nucléaire de St-Alban sur le Rhône (2 × 1 300 MWe).
Zone
Cheminée Cheminée
non construite
En 2013, le parc nucléaire d’EDF comprend 19 cen-
trales nucléaires dénommées : Centres Nucléaires Îlot nucléaire Îlot nucléaire

de Production d’Electricité (CNPE) implantés :


Bâments
• en bord de rivière  : Garonne (1), Loire (4), administrafs
Bloc usine Bloc usine
Vienne (1), Rhône (4), Seine (1), Moselle (1), Zone
Aéro- Aéro- entreprise
Meuse (1), Rhin (1), réfrigérant réfrigérant
INB n° X INB n° Y
• en bord de mer : Manche (3), Mer du nord (1), Poste électrique
• en estuaire : Gironde (1). Prise d’eau Rejet principal

Au total, 58 réacteurs à eau sous pression sont Parkings extérieurs


en exploitation1, avec une puissance unitaire de
900  MWe (34 réacteurs), 1 300  MWe (20 réac-
teurs) et de 1 450 MWe (4 réacteurs). Un réacteur 1.2 Structure
de type EPR2 de 1 650 MWe est en construction
et fonctionnement
sur le site de Flamanville. Les EPR appartien-
nent à la même filière des réacteurs à eau légère Une unité de production comprend trois principaux
pressurisée que celle des réacteurs construits circuits indépendants : le circuit primaire, le circuit
dans les années 1980-1990 (cf. chapitre 7 annexe secondaire et le circuit tertiaire de refroidissement.
7.1). Les questions des prélèvements d’eau et des
Circuit primaire d’eau sous pression
rejets d’effluents sont donc de nature semblable.
(volume compris entre 270 m3 et 460 m3
La superficie d’un CNPE varie entre 55 et 415 selon le palier de puissance)
hectares suivant le nombre d’unités de produc- Le circuit primaire est composé du réacteur relié
tion et le mode de refroidissement utilisé. Dans par des tuyauteries aux générateurs de vapeur (3 ou
cet espace clôturé, chaque unités de production 4 générateurs suivant la puissance) et à un pressu-
est constituée : riseur qui maintient l’eau du circuit sous forte pres-
• d’un îlot nucléaire (bâtiment du réacteur, sion (155 bars)3. L’eau du circuit primaire circule en
bâtiment des auxiliaires nucléaires, ateliers boucle grâce à de puissantes pompes et s’échauffe en
chauds, laboratoires chauds…) à l’origine de traversant le cœur du réacteur ; en fonctionnement,

1. La production d’électricité d’origine nucléaire par EDF a commencé à compter des années 1960 avec la mise en service de
réacteurs de la filière « uranium naturel graphite gaz » (Chinon A1, A2 et A3, Saint-Laurent A1 et A2 et Bugey 1), d’un réacteur à
neutrons rapides (Super Phénix) et d’un réacteur à eau légère (Chooz A). Ces réacteurs sont aujourd’hui arrêtés.
2. EPR : European Pressurized water Reactor.
3. 155 fois la pression atmosphérique.

18
Centrales nucléaires et environnement
ent
2
Fig. 2 ➜ Schéma d’une unité nucléaire refroidie en circuit fermé

Enceinte de
confinement Vapeur
Circuit secondaire d’eau

Synthèse générale
ÉNERGIE ÉNERGIE ÉNERGIE
Bâment Générateur de vapeur CALORIFIQUE MÉCANIQUE ÉLECTRIQUE
réacteur
Vapeur
Pressuriseur

Aéroréfrigérant
Turbine
Grappes
de commandes

Alternateur
Appoint
Eau

Condenseur
Cœur du
réacteur Cuve Pompe

Pompe
de circulaon

Purge
Pompe primaire
fleuve
Circuit teraire ou
Circuit primaire rivière

sa température varie entre 286 °C et 323 °C selon Pour produire de l’électricité, une centrale nucléaire
la puissance. Ces matériels sont implantés dans un a notamment besoin :
bâtiment confiné, dénommé Bâtiment du Réacteur • de combustible nucléaire, composé d’oxyde
(BR). Du fait des rayonnements émis par le réacteur, d’uranium ou de plutonium pour alimenter le
l’eau du circuit primaire est radioactive. réacteur ; le combustible est renouvelé en par-
tie tous les 12-18 mois,
Circuit secondaire « eau-vapeur »
• d’eau prélevée en rivière ou en mer pour
(volume compris entre 2 000 m3 et 2 500 m3
assurer le refroidissement des installations,
selon le palier de puissance)
principalement les condenseurs des groupes
Dans le circuit secondaire, l’eau suit un cycle ther-
turbo-alternateurs produisant l’électricité, et
modynamique fermé qui la fait passer alternative-
alimenter les différents circuits,
ment de phase liquide en phase gazeuse (vapeur).
• de substances chimiques pour la protection et
La vapeur issue des générateurs de vapeur sous
le traitement des circuits.
pression (58 bars – 77 bars) alimente la turbine
entraînant l’alternateur, puis s’échappe de celle-ci Son fonctionnement produit des effluents liquides
vers le condenseur composé d’un ensemble de et gazeux, radioactifs et chimiques dont les rejets
tubes parcourus par de l’eau froide prélevée au dans l’environnement sont réglementés. L’eau pré-
milieu aquatique (fleuve, rivière, mer). Reprise levée en mer ou en rivière pour le refroidissement
par de puissantes pompes, l’eau parcourt le poste des installations conduit à des rejets thermiques
d’eau puis le circuit d’alimentation des générateurs faisant eux aussi l’objet de limites réglemen-
de vapeur pour recommencer son cycle. N’étant taires, cf. chapitres 5 et 11 du guide. Une centrale
pas en contact direct avec l’eau du circuit primaire, nucléaire génère par ailleurs des déchets radioac-
l’eau du circuit secondaire n’est pas radioactive. tifs et conventionnels du fait des activités liées à
son exploitation (cf. fig. 3).
Circuit tertiaire
(volume compris entre 25 000 m3 et 50 000 m3
Fig. 3 ➜ Les intrants et les sortants
selon le palier de puissance)
d’une centrale nucléaire
Le refroidissement du condenseur peut être assuré
en circuit « ouvert » ou en circuit dit « fermé ». En Intrants Sortants
circuit ouvert, l’eau prélevée au milieu parcourt
l’intérieur des tubes du condenseur en s’échauf-
Électricité
fant à leur contact puis retourne directement au
milieu aquatique. Dans ce cas, l’énergie thermique Eau douce ou de mer Rejets liquides
extraite du condenseur est intégralement transfé- pour le refroidissement et gazeux
Centrale
rée au milieu aquatique. En circuit dit « fermé » Substances chimiques nucléaire Rejets thermiques
au contraire, l’énergie thermique extraite est cédée pour la protecon et d’EDF
le traitement des circuits
en quasi-totalité à l’atmosphère au moyen d’un Objet du guide Combusble
nucléaire usé
aéroréfrigérant. Ce circuit fait l’objet d’un appoint
d’eau prélevée en rivière et d’une purge continue par Combusble nucléaire Déchets radioacfs
et convenonnels
laquelle une faible partie de l’énergie thermique est
transférée au cours d’eau (cf. fig. 2).

19
CHAPITRE 2 Synthèse générale

2. Besoins en eau
d’une centrale nucléaire
Le territoire français métropolitain reçoit annuelle- important : 38 à 61 m3/s ; rapporté à l’énergie
ment, en moyenne, 440 milliards de m3 d’eau douce électrique nette produite par la centrale, celui-ci
provenant des précipitations. Environ 61 % de cette varie de 150 à 230 L/kWh5. Ce type de circuit ne
eau s’évapore, le restant alimente les cours d’eau et peut être installé que sur des sites en bord de mer
les glaciers (environ 16 %) ou s’infiltre dans le sol ou sur des grands fleuves. En circuit ouvert, l’eau
pour reconstituer les réserves souterraines (23 %)1. prélevée est restituée en quasi-totalité (> 99 %)
Les quatre grands fleuves (Garonne, Loire, Rhône, au milieu aquatique après s’être échauffée.
Seine) collectent 63 % des eaux du territoire.
Dans le cas des centrales équipées d’aéroré-
Pour leurs besoins, l’agriculture, le secteur de frigérants, le prélèvement d’eau est réduit à
l’énergie, l’industrie ainsi que les ménages prélè- quelques m3/s, il ne représente plus qu’entre 5 à
vent et consomment2 de l’eau dont la répartition 20 L/kWh rapporté à l’énergie électrique nette
par usage est donnée sur la figure 4. produite, mais une partie de l’eau prélevée (envi-
ron 40 % soit environ 2,5 L/kWhnet) s’évapore
L’eau prélevée pour la production d’énergie sert
dans la tour en émettant un panache de vapeur
essentiellement au refroidissement des centrales
et ne regagne pas le cours d’eau (cf. fig. 6).
thermiques à flamme et des centrales nucléaires,
cf. chapitre 6 du guide. Quel que soit le type de circuit de refroidissement,
l’eau joue un rôle primordial dans le fonctionne-
Lorsque la centrale nucléaire est refroidie en cir-
ment d’une centrale nucléaire (cf. tab. I).
cuit dit « ouvert » (cf. fig. 5), le prélèvement est

Fig. 4 ➜ Prélèvements3 et consommations4 d’eau douce en France par usage

Prélèvements Consommaon
34 milliards de m3 6 milliards de m3

15 % 22 %
Énergie
10 % Eau potable
57 % 48 %
18 % Industrie 24 %
Agriculture

6%
Fig. 5 ➜ Circuit de refroidissement ouvert

Cheminée

Salle des machines


Turbine
Bâment Alternateur
Du réacteur
Condenseur

Prélèvement Restuon
Rivière ou mer totale

Centrale nucléaire de Penly sur la Manche


(2 × 1 300 MWe – 230 ha).

1. Données issues du site www.cieau.com


2. Les prélèvements correspondent à la quantité d’eau prise dans le milieu naturel, tandis que la consommation évalue les quanti-
tés d’eau prélevées qui ne retournent pas, après usage, dans le milieu aquatique.
3. Données SOeS (ex IFEN) 2007 pour l’année 2004.
4. Données SOeS (ex IFEN) 2006 pour l’année 2001.
5. 1 kWh est l’énergie qui permet d’alimenter un radiateur électrique de 1 000 W pendant 1 heure.

20
Centrales nucléaires et environnement
ent
2
Fig.6 ➜ Circuit de refroidissement fermé

Eau consommée par


évaporaon (40 %)

Synthèse générale
Salle des machines
Turbine
Bâment Alternateur Aéroréfrigérant
du réacteur
Condenseur

Pompe
Purge
Rivière
Prélèvement pour Restuon Centrale nucléaire du Bugey sur le Rhône
l’appoint d’eau (100 %) parelle (60 %) (4 × 900 MWe – 100 ha).

Tab. I Volume d’eau douce prélevée et évaporée annuellement par une unité de production nucléaire
Unité refroidie en Unité refroidie en
Prélèvement et évaporation d’eau douce circuit ouvert circuit fermé
Millions de m3/an Millions de m3/an
Ordre de grandeur du volume annuel moyen prélevé
900 à 1 900 40 à 140
pour une unité
Volume annuel moyen évaporé par unité - 12 à 21

Quelques chiffres sur l’utilisation de l’eau1


1 tonne d’acier : 20 m3
1 tonne de papier : 40 m3
1 tonne de plastique : 2 000 m3
1 tonne d’aluminium : 125 000 m3
Consommation quotidienne d’un français : 150 à 200 L
1 kWh centrale en circuit ouvert 150 à 230 L
1 kWh centrale en circuit fermé 5 à 20 L

3. Nature des rejets d’eff uents


Comme beaucoup d’autres activités industrielles, 3.1 Rejets radioactifs liquides
l’exploitation d’une centrale nucléaire entraîne la pro-
et gazeux
duction d’effluents liquides et gazeux, cf. chapitre 7
du guide. Bien que les effluents fassent, pour la plu- Le réacteur nucléaire est le siège de la formation de
part, l’objet de traitement, les rejets contiennent des produits radioactifs (produits de fission PF, produits
traces de produits radioactifs créés par la réaction d’activation PA) dont seule une infime partie passe
nucléaire et des substances chimiques résiduelles dans l’eau du circuit primaire et se retrouve dans les
issues des différents circuits. L’eau de refroidissement effluents gazeux et liquides (cf. tab. II).
des condenseurs et échangeurs de chaleur s’échauffe
et entraîne des rejets thermiques.

Tab. II Ordres de grandeur des rejets annuels radioactifs


Ramenés à une unité de production, années 2002-2011
Rejets radioactifs liquides Rejets radioactifs gazeux
Pour une unité GBq/an ** Pour une unité GBq/an **
Tritium 10 000 à 30 000 200 à 2 000
Carbone 14 10 à 20 130 à 270
Iode < 0,01 0,01 à 0,32
Autres PF, PA* <1 0,002 à 0,007
Gaz rares - 300 à 2 300
*PF = produit de fission ; PA = produit d’activation ; ** GBq = Gigabecquerel soit 109 Bq

1. www.economie-d-eau.com

21
CHAPITRE 2 Synthèse générale

Ceux-ci sont collectés de façon sélective et systé- des émanations de certaines substances volatiles
matiquement traités afin de retenir l’essentiel de utilisées pour la protection et le traitement des
leur radioactivité. Après traitement et contrôle du circuits (vapeurs d’ammoniac…).
niveau de radioactivité notamment, les effluents
sont rejetés par voie atmosphérique (à la chemi-
née) ou par voie liquide (vidange de réservoirs) en
3.4 Rejets thermiques
respectant les procédures et les limites fixées par Dans une centrale nucléaire, seul un tiers de la
la réglementation. puissance thermique produite par le réacteur
(3 000 MWthermique) peut être convertie en électri-
cité (1000 MWélectrique) en vertu du principe ther-
3.2 Rejets chimiques liquides modynamique de Carnot.
Les rejets liquides de substances chimiques sont Dans un circuit « ouvert », l’énergie non transfor-
classés en deux catégories : mée en électricité est cédée en totalité au milieu
• les rejets de substances chimiques associées aquatique (mer ou rivière).
aux effluents radioactifs liquides et aux eaux
En circuit « fermé », 95 % de l’énergie non trans-
d’exhaure non radioactives des salles des
formée en électricité est transférée à l’atmosphère
machines,
par l’intermédiaire d’un aéroréfrigérant où elle se
• les rejets de produits issus des autres circuits
dissipe par évaporation et convection. Dans ce cas,
non nucléaires (circuit de refroidissement des
seule 5 % de l’énergie restante environ est libérée
condenseurs, station de déminéralisation, sta-
dans le cours d’eau.
tion d’épuration, …).
Dans la première catégorie de rejet, on trouve L’échauffement du milieu aquatique, c’est-à-dire
l’acide borique servant au pilotage du réacteur l’écart entre la température de l’eau à l’entrée des
ainsi que les produits de conditionnement utili- installations (amont) et celle à l’aval du rejet après
sés pour éviter la corrosion des circuits primaire, mélange, dépend de trois facteurs principaux :
secondaire et de réfrigération des circuits auxi- • la production de la centrale qui varie en fonc-
liaires (hydrazine, lithine, morpholine, éthanola- tion de la demande d’électricité,
mine, ammoniaque, phosphate). • le débit du cours d’eau soumis à des variations
saisonnières,
La seconde catégorie de rejet concerne principale-
• les conditions météorologiques qui influencent
ment les substances issues du traitement de lutte
l’efficacité des aéroréfrigérants.
contre le tartre (sulfates, chlorures, polyacrylate)
ou contre le développement d’organismes vivants Pour les sites marins, l’échauffement est influencé
(produits biocides) dans les circuits de refroidis- par le cycle des marées.
sement des condenseurs. Des traitements à l’eau
Quel que soit le mode de refroidissement ouvert
de Javel sont pratiqués afin d’éviter l’encrasse-
ou fermé, l’échauffement du milieu aquatique est
ment des circuits par des organismes fixés (algues,
limité par la réglementation propre à chaque site
moules…). La monochloramine est utilisée pour
(cf. tab. IV).
éliminer les germes pathogènes. Pour les centrales
nucléaires équipées de condenseurs dont les tubes
sont en laiton (alliage de cuivre et de zinc), l’usure
des tubes par érosion-corrosion donne lieu à des
rejets de cuivre et de zinc (cf. tab. III).

3.3 Rejets chimiques gazeux


Une centrale nucléaire n’émet pratiquement pas
de substances chimiques par voie gazeuse. Les
émissions proviennent des groupes électrogènes
de secours constitués de moteurs diesels ou de
turbines à combustion consommant du gasoil
(SO2, NOx), des pertes de fluides frigorigènes et
Centrale nucléaire de Civaux
(deux unités de 1 450 MWe implantées
sur 220 hectares en bord de Vienne).

1. EDF Nucléaire et Environnement 2010–2011.

22
Centrales nucléaires et environnement
ent
2
Tab. III Ordres de grandeur des principaux rejets annuels chimiques,
ramenés à une unité de production, années 2010-2011
Quantité annuelle rejetée pour une unité1
Provenance Substances chimiques
En kg

Synthèse générale
Acide borique 1 000 à 7 000
Hydrazine 6
Substances chimiques associées Lithine 1
aux eff uents radioactifs
Morpholine 40 à 250
et aux eaux d’exhaure des salles
des machines éthanolamine 10 à 150
Ammonium  3 000
Phosphates  1 000
Usure des tubes de condenseurs Cuivre  5 500
en laiton
(Belleville, Cattenom, Cruas, Dampierre) Zinc  1 700
Sulfates 200 000 à 500 000
(Golfech, Nogent, Chooz)
Traitement antitartre Chlorures 600 000
des aéroréfrigérants (Cattenom)

Polyacrylates 25 000 à 30 000


(Nogent)

Ammonium  350
Nitrates 15 000 à 80 000
Traitement biocide à
la monochloramine des circuits Nitrites  3 000
de refroidissement fermé . AOX  350
(Bugey, Dampierre, Chinon, St-Laurent, Sodium 10 000 à 80 000
Golfech, Nogent, Chooz)
Chlorures 10 000 à 100 000
Chlore résiduel total 40 à 600
Traitement biocide à l’eau
Bromoformes 3 000 à 20 000
de Javel des sites marins
Azote K  800
DBO5  400
Station d’épuration STEP DCO  2 000
P  200
Matières en suspension  1 100
Sulfates  70 000
Station de production d’eau Chlorures 1 500 à 100 000
déminéralisée Sodium 5 000 à 60 000
Matières en suspension 150 à 50 000

Tab. IV
Ordre de grandeur des échauffements dans le circuit
de refroidissement et dans le milieu aquatique
Centrale en rivière Centrale en rivière Centrale marine
refroidie en refroidie en refroidie en
circuit fermé circuit ouvert circuit ouvert
échauffement maxi- 20 °C* 10 °C 12 - 15 °C
mum dans le circuit
de refroidissement (T°purge aéroréfrigérant - T° prise d’eau) (T°sortie cond. - T°entrée cond.) (T°sortie cond. - T°entrée cond.)
échauffement
du milieu < 1 °C* < 3 °C** < 1 °C***
aquatique****
**** cf. chapitre 7 §5.2
**** moyenne sur la journée entre l’amont et l’aval après mélange
**** entre la prise d’eau et la limite du panache de rejet (à 50 m du point de rejet).
**** les limites autorisées sont présentées par centrale au chapitre 7 annexe 7.7

23
CHAPITRE 2 Synthèse générale

4. Contrôle des rejets


et surveillance
de l’environnement
L’exploitant met en place un programme de miques ainsi que les paramètres d’environne-
contrôle des rejets et de surveillance de l’environ- ment (activités volumiques, concentrations,
nement conformément aux prescriptions régle- températures…). En complément, l’exploitant
mentaires, cf. chapitres 5, 9 et 10 du guide. effectue une surveillance de l’environnement
dont la finalité est notamment d’évaluer, sur la
Les contrôles ont pour objectif de vérifier le res-
durée, l’impact sanitaire et environnemental des
pect des limites fixées par l’Autorité de sûreté
prélèvements et des rejets de son installation
nucléaire en ce qui concerne les prélèvements
(cf. fig. 7).
d’eau, les rejets radioactifs, chimiques et ther-

Fig. 7 ➜ Contrôle et surveillance de de la radioactivité dans l’environnement


d’une centrale nucléaire en bord de rivière

Lait

Mesure du lait
Contrôle des rejets

Contrôle de l’eau en amont et en aval Mesure de l’eau de pluie

Mesure des poussières atmosphériques Mesure de l’herbe


et de la radioacvité ambiante

24
Centrales nucléaires et environnement
ent
2

5. Impacts liés
aux prélèvements

Synthèse générale
d’eau et aux rejets
L’autorisation de construction d’une centrale circuit ouvert en mer et en estuaire sont les plus
nucléaire est soumise à la production d’une concernées par ce type d’impact. Les quantités
étude d’impact environnemental comprenant un de poissons aspirés atteignent quelques cen-
« état de référence ». Celle-ci décrit notamment taines de tonnes par an pour l’ensemble des sites.
les caractéristiques du milieu naturel dans lequel Malgré l’importance de ces chiffres, l’observa-
le site est localisé et évalue les effets possibles tion des populations de poissons sur de longues
des futures installations sur les écosystèmes, le périodes montre que les stocks de poissons ne
paysage, les populations avoisinantes ainsi que sont pas menacés par ce prélèvement, ce qui est
la vie économique locale. Si des effets négatifs en accord avec les estimations faites à l’aide de
notables sont identifiés, elle propose des mesures modèles numériques.
conservatoires et/ou compensatoires pour les
Par ailleurs, des seuils sont construits sur les
limiter ou les éviter.
rivières pour garantir le niveau du plan d’eau à
Lorsque la centrale est en exploitation, un pro- l’entrée des prises d’eau. Afin de maintenir la
gramme de surveillance de l’environnement est circulation des poissons grands migrateurs (sau-
mis en place. L’exploitation des données des mons, aloses…) et plus généralement la circu-
programmes de surveillance, portant également lation de nombreuses espèces de poissons, les
sur des zones non influencées par la centrale, ouvrages sont équipés de passes à poissons dont
permet notamment de vérifier que l’impact envi- l’efficacité fait l’objet d’un programme de suivi.
ronnemental reste dans les limites de l’étude
d’impact initiale ayant conditionné l’autorisation
de fonctionnement des installations. Les données 5.2 Impact des rejets
collectées sur plusieurs décennies montrent que
radioactifs liquides
les écosystèmes présentent des évolutions tem-
porelles ayant des causes naturelles (réchauffe- et gazeux
ment climatique) ou artificielles (autres industries
Les actions d’optimisation consistent priori-
ou activités) indépendantes du fonctionnement
tairement à réduire, à la source, la production
des centrales, cf. chapitre 8.
d’effluents partant du principe que le « meilleur
L’impact des rejets radioactifs sur le public est effluent est celui qu’on ne produit pas ». La col-
déterminé par le calcul de la dose efficace pour lecte sélective et le traitement approprié des
les personnes susceptibles d’être les plus expo- effluents en vue de leur recyclage éventuel vien-
sées aux rejets (cf. chapitre 8 §4.1). Dès lors que nent compléter le dispositif visant la réduction
la dose efficace, exprimée en millisievert (mSv), des rejets (cf. fig. 8).
est inférieure aux limites fixées par la réglemen-
tation et que, par ailleurs, l’exploitant montre Fig. 8 ➜ Principe d’action pour réduire les rejets
qu’il a réduit ce niveau de dose aussi bas que radioactifs liquides et gazeux
raisonnablement possible en vertu du principe
d’optimisation, l’ensemble de la population est
Réducon à Collecte Traitement Rejet après
considérée comme protégée. la source sélecve approprié contrôle

5.1 Impact lié aux Geson


des déchets
prélèvements d’eau produits

Les organismes aquatiques de grande taille


peuvent être aspirés dans les ouvrages de prise Recyclage
d’eau, ils sont alors plaqués sur les filtres qui pro-
tègent les circuits et finalement, ils sont évacués
avec les débris filtrés. Ce sont principalement des Ces actions ont notamment permis de réduire
poissons juvéniles qui sont aspirés en raison de fortement les rejets radioactifs liquides et gazeux
leur faible vitesse de nage et les centrales en depuis la mise en service des centrales nucléaires.

25
CHAPITRE 2 Synthèse générale

S’agissant des rejets radioactifs liquides hors tritium des rejets chimiques sur les utilisateurs de l’eau.
et carbone 14, ceux-ci ont été réduits d’un facteur Les études de surveillance de l’environnement
100 entre 1985 et 2000 et les rejets radioactifs permettent de vérifier les prévisions faites lors
gazeux (gaz rares) ont été divisés par 10 depuis les des études d’impact initiales et de détecter une
années 1980. Ces rejets ont depuis atteint un niveau éventuelle évolution des écosystèmes.
« plancher » résultant de la volonté de l’exploitant
d’agir pour réduire les rejets d’effluents « aussi bas
que raisonnablement possible, compte tenu des 5.4 Impact des rejets
aspects économiques et sociaux », en vertu du prin-
thermiques
cipe d’optimisation (cf. chapitres 5, 7 et 8 du guide).
Sur les cours d’eau, l’échauffement entre l’amont
De ce fait, les rejets radioactifs liquides et gazeux
et l’aval, exprimé en valeur moyenne journalière,
ne sont plus constitués essentiellement que par le
est de quelques degrés pour les centrales refroi-
tritium et le carbone 14, faiblement radiotoxiques,
dies en circuit ouvert et de quelques dixièmes
dont on mesure la présence à l’état de traces dans
de degré dans le cas des centrales équipées
les zones influencées par les rejets.
d’aéroréfrigérants.
Selon les calculs effectués avec des modèles de
Les expérimentations et les études de terrain
transfert des radionucléides dans l’environnement,
menées en France depuis les années 1960 per-
la personne du public la plus exposée aux rejets
mettent d’identifier les effets des rejets thermiques
radioactifs reçoit une dose de rayonnement repré-
en rivières et de délimiter l’extension des zones
sentant moins de 0,01 millisieverts par an (0,01 mSv/
impactées ; elles sont complétées par l’exploita-
an) que l’on peut comparer à la limite réglementaire
tion des données recueillies dans le cadre des pro-
fixée à 1 mSv/an pour les expositions artificielles.
grammes de surveillance hydroécologique à long
Cette dose est inférieure aux fluctuations naturelles
terme, des centrales nucléaires.
de la radioactivité en France (quelques mSv/an) et se
situe bien en-deçà du niveau d’exposition naturelle Sur les sites de centrales en rivière équipées
moyen, à savoir 2,4 mSv/an (cf. fig. 9). d’aéroréfrigérants, les peuplements d’organismes
du fond (peuplement benthique) et de poissons
ne présentent pas de modifications mesurables.
On observe, en revanche, des changements
5.3 Impact des rejets (chute d’abondance des d’invertébrés) en aval
chimiques proche des rejets thermiques de centrales en cir-
cuit ouvert dans les zones exposées en perma-
Les efforts des exploitants ne portent pas unique-
nence à des échauffements importants. Ces effets
ment sur la réduction des substances radioactives.
locaux s’estompent ensuite vers l’aval lorsque
Ils concernent également les effluents chimiques
l’eau échauffée est bien mélangée dans le débit
pour lesquels une démarche d’optimisation est
fluvial. Par ailleurs, l’exploitation des données
mise en œuvre visant, en priorité, à réduire leur
des programmes de surveillance montre une
production à la source. Les autorisations de rejet
dérive des peuplements aquatiques en relation
limitent les teneurs de substances chimiques dans
avec le changement climatique.
l’eau à des valeurs permettant la protection des
milieux aquatiques. Ces limites peuvent porter sur Sur les sites des centrales de bord de mer, les
des concentrations journalières ou annuelles et programmes de surveillance hydroécologique
tiennent compte de l’éventuelle présence de ces n’indiquent pas de changement des peuplements
substances à l’amont du site. Par ailleurs, une du fond imputables aux rejets thermiques en limite
Evaluation Quantitative des Risque sur la Santé de la zone du panache de rejet correspondant à
(EQRS) est réalisée pour s’assurer de l’innocuité un échauffement après mélange d’environ 1 °C.

Fig.9 ➜ Exposition aux rayonnements ionisants de la population française en mSv

Eaux et aliments 0,2 mSv/an

Rayt cosmique Exposions


0,3 mSv/an médicales Exposion arficielle
< 0,9 mSv/an
0,8 mSv/an
Rayt terrestre
0,5 mSv/an
Industrie et recherche < 0,1 mSv/an

Exposion naturelle
2,4 mSv/an
Radon
Exposion totale moyenne en France :
1,4 mSv/an
3,3 mSv/an (source irsn 2005)

26
Centrales nucléaires et environnement
ent
2

6. Information du public
Les centrales nucléaires suscitent de nombreuses à toutes les parties prenantes (CLI…), notamment

Synthèse générale
questions de la part du public très préoccupé de celles rapportées au Réseau National de Mesure de
santé et d’environnement. L’exploitant se doit la radioactivité de l’environnement (RNM) accessible
de répondre à ces attentes ; pour cela, il met à sur Internet (www.mesure-radioactivité.fr).
la disposition du public des informations qu’il
En cas d’événement affectant l’environnement, le
s’efforce de rendre le plus intelligible possible,
public est informé au même titre que les pouvoirs
cf. chapitre 4.
publics et les autorités de contrôle. Cette informa-
Les informations relatives aux prélèvements tion est délivrée le plus rapidement possible au
d’eau et aux rejets sont accessibles directement moyen de communiqués de presse et mis sur le
sur Internet1 et sont présentées à l’occasion des site Internet de l’ASN (www.asn.fr) et d’EDF (http://
visites de site. Le public reçoit indirectement des energie.edf.com/en-direct-de-nos-centrales).
informations de la part de la Commission Locale
Par ailleurs, la législation a renforcé le besoin
d’Information (CLI) destinataire des rapports
de répondre aux questions du public en créant,
d’activité de la centrale.
en 2006, le Haut Comité pour la Transparence et
L’ASN joue également un rôle dans l’information l’Information sur la Sécurité Nucléaire (HCTISN)
du public, soit directement en mettant sur son site qui est une instance d’information, de concertation
Internet des données sur l’environnement des cen- et de débat sur les risques liés aux activités sur la
trales nucléaires, soit indirectement en contrôlant les santé des personnes, sur l’environnement et sur
informations que l’exploitant est tenu de transmettre la sécurité nucléaire.

7. Préservation
des habitats naturels
et de la biodiversité
La production d’électricité, qu’elle soit d’ori- biodiversité est devenue un enjeu mondial, comme
gine nucléaire ou non, nécessite l’utilisation en témoignent les nombreux textes internationaux,
de ressources naturelles. Qu’il s’agisse du ter- en particulier européens et nationaux qui souli-
rain sur lequel la centrale est bâtie, de l’eau gnent l’importance économique et sociale des
prélevée pour assurer le refroidissement des services rendus par la nature.
circuits, du milieu naturel dans lequel sont réa-
Comme d’autres industriels, EDF a élaboré, en 2006,
lisés les rejets, le fonctionnement d’une cen-
une « politique biodiversité » dont les orientations
trale nucléaire est fortement tributaire des
sont appliquées aux centrales nucléaires : connaître
services écologiques fournis par la nature,
les écosystèmes, réduire les impacts, sensibiliser et
cf. chapitre 3.
former le personnel sur ces questions.
Réduire et, si possible, éviter les impacts sur
Dans ce contexte, il a paru utile de commencer
l’environnement d’une centrale nucléaire est
ce guide par un chapitre consacré à ce sujet dont
une préoccupation permanente dont l’origine
dépend, en partie, le fonctionnement des cen-
remonte à la création du parc nucléaire, dans
trales nucléaires.
les années 1970. Afin d’en mieux connaître
les impacts et d’y remédier, chaque projet de
construction a ainsi fait l’objet d’études pous-
sées, fondées sur des programmes de recherche
et des campagnes de mesure.
Respecter l’eau, l’air et le sol, c’est participer à la
préservation de la nature. La préservation de sa

1. http://energie.edf.com/nucléaire:environnement

27
CHAPITRE 2 Synthèse générale

➜ Annexe 2.1
Implantation
des centrales nucléaires d’EDF

28
©EDF – Beaucardet William
30
3 Nature et
biodiversité
1. Introduction
2. Biodiversité : un nouveau paradigme
3. Mobilisation pour la biodiversité
3.1 Sur le plan international
3.2 Sur le plan européen
3.3 Sur le plan national
4. Mobilisation des entreprises pour la biodiversité
4.1 Mobilisation des entreprises
4.2 Incitation réglementaire en France
5. Biodiversité : EDF et les centrales nucléaires
Bibliographie
Pour en savoir plus
Annexe 3.1 : Centrales nucléaires d’EDF
et services écologiques
Annexe 3.2 : Évaluation des incidences d’une centrale
nucléaire sur les sites « Natura 2000 »

31
CHAPITRE 3 Nature et biodiversité

1. Introduction
La préservation de la biodiversité est considé- La prise en considération de ces questions à EDF
rée comme un des enjeux majeurs de la protec- se construit autour de sa politique « Biodiversité »
tion de l’environnement au niveau mondial, car élaborée en 20061. Cette politique est fondée sur
la variété des espèces vivantes de la planète trois axes :
s’érode de plus en plus en raison des activités • la connaissance des écosystèmes notamment
humaines. par des études de terrain,
• la minimisation des impacts des ouvrages de
De par son activité de producteur d’électricité,
production d’électricité,
EDF utilise les espaces naturels terrestres et
• la formation du personnel aux enjeux liés à la
aquatiques. Ses installations, comme les centrales
biodiversité et l’information du public.
nucléaires, sont très dépendantes de la nature et
de ses ressources que sont l’eau, l’air et le sol. Les actions engagées par EDF en faveur de la bio-
De ce point de vue, EDF comme tous les énergé- diversité s’inscrivent dans un contexte réglementé
ticiens est un utilisateur des services écologiques par des conventions internationales, des directives
(cf. encart). européennes et des textes de droit national (lois et
règlements). Elles sont organisées en concertation
Au-delà du respect des lois et des règlements en
avec d’autres entreprises françaises et le monde
vigueur, EDF réalise des actions visant à réduire
associatif. La démarche d’EDF dans ce domaine
autant que possible l’impact de ses installations
fait l’objet d’une collection de guides comprenant
sur les écosystèmes, voire à compenser les éven-
un guide général intitulé « Notre démarche biodi-
tuelles dégradations causées par leur construc-
versité » publié en 2011 et des guides thématiques
tion et leur fonctionnement (cf. annexe 3.1).
dont un sur le nucléaire.

2. Biodiversité :
un nouveau paradigme
Connaître, éviter, réduire ou compenser les effets internationale sur la Diversité Biologique (CDB)
des installations de production d’énergie sur l’en- issue du Sommet de Rio a mis en lumière la néces-
vironnement ou la santé humaine est une préoccu- sité d’une mobilisation mondiale pour la biodiver-
pation déjà ancienne dans les pays développés. Au sité (cf. §3). Des entités internationales, des états,
cours de la seconde moitié du vingtième siècle, les des entreprises, ont pris des engagements pour
centrales nucléaires ont été parmi les installations garantir un usage durable des ressources naturelles.
industrielles pionnières en matière d’études d’im- Les producteurs d’électricité nucléaire sont parties
pact, de contrôle des émissions de chaleur, de subs- prenantes de ces engagements (cf. §4).
tances chimiques et radioactives, de surveillance de
l’environnement susceptible d’être affecté par ces Depuis la publication de l’étude de l’ONU sur
émissions. Des programmes de recherches ont été l’évaluation des écosystèmes pour le Millénaire en
engagés, dès la phase de conception, pour réduire 2005, nous savons que l’exploitation intensive et
les émissions polluantes, prévoir la dispersion des sans contraintes des ressources naturelles et, en
polluants rejetés dans l’environnement, appréhen- particulier, des ressources vivantes telle qu’elle est
der les réponses biologiques et les minimiser. pratiquée n’est pas durable.

Dans le sillage du déploiement des trois piliers Il ne s’agit plus alors seulement de maîtriser
du développement durable (progrès économique, l’impact des rejets de polluants d’une instal-
justice sociale, préservation de l’environnement) lation industrielle particulière, mais de définir
issus du Sommet de la Terre de Rio en 1992, l’idée sa dépendance aux services écologiques et ses
s’est progressivement imposée que les usages de effets sur ces services. L’importance économique
la nature par toutes les activités humaines ne peu- des services écologiques et de la biodiversité fait
vent plus être découplés des conséquences sociales l’objet de nombreuses investigations aux niveaux
et économiques qu’ils impliquent. La Convention international, européen et national.

1. Politique Biodiversité d’EDF SA signée le 22 mai 2006.

32
Centrales nucléaires et environnement
ent
3

Services écologiques et valeur de la biodiversité

L’évaluation des écosystèmes pour le Millénaire, comme inestimable. N’ayant pas de pr ix au sens
étude réalisée par l’ONU en 2005, a per mis de économique du ter me, les individus ont eu ten-

Nature et biodiversité
mettre en évidence l’importante contribution des dance à agir comme si elle n’av ait pas de valeur.
écosystèmes au bien-être des humains au travers Ceci a parfois conduit à f aire des choix néf astes
de deux notions de base que sont : pour le bien-être des populations humaines.
• les services écologiques, Attribuer une valeur f nancière aux services éco-
• la valeur de la biodiversité. logiques rendus par la nature et la biodiv ersité
peut changer la donne et modif er certaines
Services écologiques prises de décisions.
Les services écologiques sont les f onctions de la Une réf exion a été menée sur ce thème dans
nature qui contribuent directement ou indirecte- l’étude sur l’évaluation des écosystèmes pour le
ment au bien-être des êtres hum ains. Par analo- Millénaire. Celle-ci considère qu’en quantif ant
gie, on peut comparer la nature au capital d’une l’altération des services écologiques causée par les
entreprise et les services écologiques aux produits activités humaines, il est possible de a
f ire contribuer
fabriqués par cette dernière. les responsables à la restauration des écosystèmes
Parmi les principaux services écologiques, on trouve : affectés ou à des actions de compensation.
• les services de régulation contrôlant cer tains L’évaluation économique de la biodiversité distin-
paramètres environnementaux tels que la régu- gue notamment les valeurs suivantes :
lation du climat, de la qualité de l’air, des débits • les valeurs d’usage directes concernant tout
des cours d’eau, … ce qui est utile à l’alimentation, au chauffage,
• les services d’approvisionnement fournissant des à la fabrication de médicaments, au tourisme
biens que l’homme utilise pour sa nourr iture, sa (paysage)…,
santé, sa sécurité, …, • les valeurs de non-usage, ou valeurs intrinsèques :
• les services socioculturels procurant des béné- elles sont relativ es à la satisf action de sav oir
f ces non matériels (plaisir associé aux activités qu’un actif ou un état de f ait désirable existe.
récréatives ou culturelles, …). Ces valeurs sont notamment liées aux notions de
respect de l’environnement, de droit des géné-
Valeur de la biodiversité rations futures. Elles permettent de justif er la pro-
La nature est peu prise en compte dans les systèmes tection d’espèces menacées ou la préservation
économiques car elle a longtemps été considérée de sites naturels.

3. Mobilisation
pour la biodiversité
Le terme « biodiversité » – contraction de « diver- générations futures et plusieurs conventions inter-
sité » et de « biologique » – a été introduit pour la nationales ont été établies en vue de protéger des
première fois dans la littérature scientifique dans espèces et des espaces naturels. Les plus impor-
les années 1980. Il s’applique à la composante tantes sont citées ci-après.
vivante de la biosphère. Plus qu’un strict inventaire
Convention de Ramsar (Iran) sur
des espèces présentes, la biodiversité s’attache
les zones humides, 19711
à étudier la diversité du vivant (bactéries, cham-
Initialement limitée à la protection des oiseaux
pignons, végétaux, animaux) aux trois niveaux
migrateurs, la convention a été élargie progressive-
d’organisation croissante que sont les gènes, les
ment à la protection des zones humides. Celles-ci
espèces et les écosystèmes (cf. encart).
abritent de nombreuses espèces de la faune et de
la flore et jouent un rôle important sur le plan éco-
logique (filtration des eaux de surface, exutoires en
3.1 Sur le plan international cas de fortes pluies évitant ainsi les inondations)
À partir des années 1970, la nature apparaît comme et sur le plan économique local (tourisme, gas-
un patrimoine mondial essentiel à transmettre aux tronomie, ...). Les actions prises en faveur de la

1. Convention RAMSAR du 2 février 1971 relative aux zones humides d’importance internationale (art. 3 et 4).

33
CHAPITRE 3 Nature et biodiversité

Qu’est-ce qui menace la biodiversité ? Les enjeux

Les espèces comme les individus naissent,se déve- qui se développent aux dépens des espèces
loppent et s’éteignent. Depuis le début de l’ère locales,
industrielle, le r ythme d’extinction s’est accéléré • le changement climatique qui perturbe les équi-
entraînant un appauvrissement du monde vivant. libres naturels,
Les principales causes de la per te de la biodiver- • l’eutrophisation des eaux continentales et
sité sont : marines par les apports d’azote et de phosphate.
• la destruction des habitats et la modifcation des Par ailleurs, la nature continue de créer de la bio-
milieux naturels, diversité, mais à un rythme très lent (la durée de vie
• la rupture de la continuité des écosystèmes d’une espèce est d’environ 1 million d’années).
(cf. trame bleue et verte §3.3), Dans ces conditions, la communauté internatio-
• la dégradation de la qualité chimique des masses nale (ONU, UICN) considère qu’il est urgent d’arrê-
d’eau et de l’air par les polluants anthropiques, ter la perte de cette biodiversité car elle ne pourra
• la surexploitation des ressour ces vivantes pas être rétablie et entraînera inévitablement une
(plantes, poissons, …), réduction des choix possibles de développement
• l’introduction d’espèces exotiques envahissantes pour les générations futures.

préservation de ces zones humides donnent droit


au label Ramsar garant d’une gestion attentive de Convention sur la Diversité
ces milieux fragiles, si importants pour la biodi- Biologique (CDB)
versité. La France, qui a perdu 50 % de ses zones Cette convention a pour objectif de développer
humides durant la seconde moitié du XXe siècle, a des stratégies nationales pour la conservation et
ratifié la convention en 1986. Il existe plus d’une l’utilisation durable de la diversité biologique. Elle
trentaine de sites bénéficiant du label international prévoit que chacune des parties contractantes
Ramsar en France. Les sites Ramsar se superpo- adopte des dispositions visant notamment à :
sent souvent à d’autres zones protégées telles les • encourager la recher che scientif que dans
réserves naturelles, les terrains du Conservatoire ce domaine en vue d’identif er les éléments
du littoral et les sites « Natura 2000 » (cf. §3.3). constitutifs de la biodiversité af n de travailler
aux méthodes de conservation et à l’utilisation
Convention sur la Diversité Biologique
durable des ressources biologiques,
(CDB) de Rio, 19921
• éduquer et à sensibiliser le public par les
Le Sommet de la Terre à Rio de 1992 a produit des
médias,
conventions et des textes internationaux qui ont
• faire prendre en compte ces questions dans
marqué le départ d’une prise de conscience mon-
les programmes d’enseignement.
diale des questions d’environnement et d’écologie.
L’application des mesures prises dans le cadre de
Le programme «  Action 21  »  (Agenda 21 en cette convention est suivie par la Conférence des
anglais) est un ensemble de recommandations Parties (plus de 150 états ont signé la con vention),
concrètes pour le XXIe siècle. Son esprit repose d’un secrétariat, d’un organe subsidiaire chargé
en particulier sur une nouvelle conception de la de fournir des avis scientif ques et techniques.
notion de développement durable. La définition
du rapport Brundtland (1987), centrée sur l’environ-
nement et l’exploitation des ressources naturelles, une liste des espèces et des habitats menacés
a été élargie à l’économie, à la santé, aux droits et/ou en déclin. Elle a établi un réseau OSPAR
humains pour souligner l’interdépendance de tous des zones marines protégées. L’Annexe V de
ces facteurs. Par l’introduction des trois piliers que la convention porte sur «  la protection et la
sont le progrès économique, la justice sociale et conservation des écosystèmes et de la diversité
la préservation de l’environnement, le Sommet de biologique de la zone maritime  » (dite annexe
Rio a fait du développement durable un paradigme biodiversité). Adoptée par les ministres à Sintra
sur lequel la Convention internationale sur la en 1998, elle est entrée en vigueur en 2000.
Diversité Biologique (CDB) a été élaborée.
Convention de Barcelone sur
Convention sur la protection du milieu la protection de la Méditerranée
marin de l’Atlantique nord-est, dite OSPAR, et son protocole, 2004
19922 La convention de Barcelone (cf. chapitre 5 sur la
La commission de la Convention OSPAR publie réglementation), qui vise à réduire la pollution
notamment des objectifs de qualité écologique, de la mer Méditerranée, traite à l’article 10 de

1. Entrée en vigueur le 29 décembre 1993.


2. Entrée en vigueur le 25 mars 1998.

34
Centrales nucléaires et environnement
ent
3
biodiversité  : «  Les parties contractantes pren- conservation de ce site » (art. 6 de la directive).
nent, individuellement ou conjointement toutes Cette disposition a une grande importance pour
les mesures appropriées pour protéger et préser- les centrales nucléaires, en particulier (cf. 3.3).
ver dans la zone d’application de la Convention, la
Directive Cadre sur l’Eau « DCE »

Nature et biodiversité
diversité biologique, les écosystèmes rares ou fra-
La directive européenne n° 2000/60/CE du
giles ainsi que les espèces de la faune et de la flore
23 octobre 2000 établissant un cadre pour une
sauvage qui sont rares, en régression, menacées ou
politique communautaire dans le domaine de
en voie d’extinction et leurs habitats ».
l’eau fixe l’objectif ambitieux d’atteindre en 2015
le « bon état »3 de l’ensemble des eaux, et prévoit
de mettre en place une sauvegarde des zones pro-
3.2 Sur le plan européen tégées (baignade, zones de captage d’eau potable,
La volonté de préserver la biodiversité est présente zones « Natura 2000 », …). Cette directive donne à
dans plusieurs textes européens. la « qualité biologique » un poids déterminant dans
la définition du « bon état » des eaux (cf. chapitre 5
La Directive « Oiseaux »
sur la réglementation).
La directive européenne 2009/147/CE du
30 novembre 2009 (ex n° 79/409/CEE du 2 avril Directive Cadre Stratégie pour le Milieu
1979)1 relative à la conservation des oiseaux sau- Marin « DCSMM»
vages, appelée « Directive oiseaux » établit un sys- La directive européenne n° 2008/56/CE du 17 juin
tème de protection de toutes les espèces d’oiseaux 2008 établit un cadre d’action communautaire
vivant à l’état sauvage sur le territoire européen dans le domaine de la politique pour le milieu
des États membres. Elle prévoit pour cela la créa- marin (directive-cadre « stratégie pour le milieu
tion de Zones de Protection Spéciale (ZPS) définies marin »). Elle décline les mêmes principes que la
à partir d’un inventaire des Zones d’Importance Directive Cadre sur l’Eau pour les eaux marines et
Communautaire pour les Oiseaux (ZICO). Les ZPS vise à prévenir le déclin de la biodiversité marine.
sont les « noyaux durs » des ZICO. Les articles 166 et 168 (codifiés au code de l’envi-
ronnement sous les articles L. 219-1 et suivants) de
La Directive « Habitats »
la loi Grenelle II transpose en droit français cette
La directive européenne n° 92/43/CEE du 21 mai
directive et crée une stratégie nationale pour la mer
1992 concernant la conservation des habitats ainsi
et le littoral (cf. chapitre 5 sur la réglementation).
que la faune et la flore sauvages, appelée « Directive
Habitats »2 a pour objet d’assurer le maintien de la
diversité biologique par la conservation des habi-
tats naturels, ainsi que de la faune et de la flore
sauvages. La création des Zones Spéciales de
Conservation (ZSC) engage les États membres à
mettre en œuvre des plans de gestion appropriés
spécifiques aux zones considérées. Les actions
prises dans ce cadre sont financées par le pro-
gramme européen LIFE (Instrument Financier pour
l’Environnement). En France, le ministère chargé de
l’environnement, les DREAL (ex DRIRE et DIREN)
interviennent comme relais pour la promotion de
ce programme de financement au niveau français.
La directive prévoit notamment la mise sur pied
d’un réseau de zones protégées baptisé « Réseau
Natura 2000 ». Ce réseau est l’une des principales
actions de l’Union européenne en faveur de la
Stratégie européenne pour
préservation de la biodiversité, il comporte plus
la biodiversité
de 25 000 sites. Depuis 2008, le réseau de sites
La Commission européenne a établi en 2011 sa
terrestres a été complété par un ensemble de sites
nouvelle Stratégie Biodiversité pour 2020. Elle vise
marins (démarche « Natura 2000 » en mer).
à mettre en œuvre le plan stratégique international
Tout plan ou projet « susceptible d’affecter » un adopté au sommet sur la biodiversité organisé en
site « Natura 2000 » « de manière significative » octobre 2010 par l’ONU à Nagoya (Japon), pour
doit faire l’objet « d’une évaluation appropriée de répondre au défi de la perte de la biodiversité d’ici
ses incidences sur le site eu égard aux objectifs de à 2020.

1. Abrogée par la directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages (version codifiée)
qui vient s’y substituer.
2. Entrée en vigueur en 1994.
3. Le « bon état » est défini sur la base de la qualité chimique et de la qualité biologique des eaux.

35
CHAPITRE 3 Nature et biodiversité

Réseau « Natura 2000 »

La constitution du réseau « Natur a 2000 » a pour en accord avec les Étas membres , les Sites d’Im-
objectif de maintenir la diversité biologique des portance Communautaire (SIC) appelés à devenir
milieux, tout en tenant compte des exigences éco- les Zones Spéciale de Conservation (ZSC). Ces sites
nomiques, sociales, culturelles et régionales. avec les Zones de Pr otection Spéciale (ZPS) clas-
Le classement du territoire national en sites « Natura sées par les États membres au titre de la Directive
2000 » est du ressort de chaque État membre de la « Oiseaux » constituent le réseau « Natur a 2000 »
Communauté européenne (cf. §3.3)1. En vertu de (cf. f g. 1).
la directive « Habitats », chaque État membre pro- En 2012, le réseau français terrestre comptait plus de
pose une liste de sites indiquant les typesd’habitats 1 700 sites « Natura 2000 » couvrant 12,5 % du territoire
et les espèces indigènes remarquables, rares et en métropolitain (cf. f g. 2). Ce réseau a été étendu au
danger qu’ils abritent (pSIC). À partir de ces infor- domaine marin (« Natura 2000 » en mer), est f nancé
mations, la Commission eur opéenne sélectionne, par le fonds de gestion des milieux naturels (FGMN).

Fig. 1 ➜ Constitution du réseau « Natura 2000 »

ZPS
Direcve
Zone de
européenne
Protecon
« Oiseaux »
Spéciale
Réseau
européen
« NATURA
2000 »
Liste
Direcve naonale
Liste ZSC
d’importance
européenne des sites
communautaire
Zone Spéciale
proposés
« Habitats » pSIC
SIC de Conservaon

Fig. 2. ➜ Sites « Natura 2000 » en France Métropolitaine, 2012

Directive Habitats Directive Oiseaux


Sites d'intérêt communautaire (SIC) Zones de protection spéciale (ZPS)
proposés par la France désignées par la France
état au 30 septembre 2012 état au 30 septembre 2012

LILLE LILLE

AMIENS AMIENS

CAEN METZ CAEN METZ


PARIS CHALONS-EN-CHAMPAGNE PARIS CHALONS-EN-CHAMPAGNE
STRASBOURG STRASBOURG

RENNES RENNES
ORLEANS ORLEANS

NANTES DIJON BESANCON NANTES DIJON BESANCON

POITIERS POITIERS

LIMOGES CLERMONT-FERRAND LIMOGES


LYON CLERMONT-FERRAND
LYON

BORDEAUX BORDEAUX

TOULOUSE MONTPELLIER TOULOUSE MONTPELLIER


MARSEILLE MARSEILLE

SIC AJACCIO ZPS


0 100 200 km 0 100 200 km AJACCIO

Hydrographie Hydrographie
Domaines Domaines
alpin alpin
atlantique atlantique
continental continental
© Service du Patrimone Naturel © Service du Patrimone Naturel
méditerranéen M.N.H.N. - Paris, septembre 2012 méditerranéen M.N.H.N. - Paris, septembre 2012

1. À noter que dans des cas exceptionnels, la Commission européenne peut proposer le classement de sites d’importance commu-
nautaire dans le cadre d’une procédure de concertation bilatérale avec l’État membre concerné (art. 5 de la directive 92/43/CEE).

36
Centrales nucléaires et environnement
ent
3
3.3 Sur le plan national Espèces protégées
La volonté politique de préserver la biodiversité (Code de l’environnement : art. L. 411-1 et L. 411-2 ;
Loi Grenelle I art. 23 et Grenelle II art. 129)
est apparue en France dès les années 1970 avec
la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de Les espèces protégées font l’objet de listes éta-

Nature et biodiversité
la Nature. Cette prise de conscience s’est traduite blies par arrêtés ministériels, après avis du Conseil
ensuite par : National de Protection de la Nature (CNPN).Ces
• l’intégration en droit français des dispositions listes incluent les espèces animales et végétales
internationales et communautaires sur la pro- listées à l’annexe 4 de la directiv e « Habitat »,
tection des écosystèmes, présentant un intérêt communautaire et néces-
• l’adoption, en 2004, d’une Charte de l’envi- sitant une protection stricte de la part des États
ronnement, adossée à la Constitution, posant membres.
le principe de l’obligation de réparer les dom- Elles sont établies par catégories (mammifères,
mages causés à l’environnement, oiseaux, reptiles, mollusques, insectes, poissons…)
• l’adoption, en 2004, d’une Stratégie Nationale et peuvent être complétées au niv eau régio-
pour la Biodiversité, nal et dépar temental pour tenir compte des
• l’implication du monde scientifique au moyen particularités locales. Dans ce cas , elles sont
de conférences internationales sur la biodiver- issues d’arrêtés préfectoraux. Renforcé par la
sité (Conférence internationale sur la biodiver- loi Grenelle II, ce dispositif de protection interdit
sité à Paris en 2005 organisée à l’initiative du de porter atteinte à ces espèces et à leur habi-
président de la République, …), tat. Des dérogations sont possibles dans certains
• l’organisation, en 2007, d’un grand débat sur cas ; elles sont alor s généralement accompa-
l’environnement («  Grenelle de l’environne- gnées de mesures compensatoires à mettre en
ment  ») où il a été largement question des œuvre af n d’amoindrir le préjudice causé.
menaces sur la biodiversité, Ces dispositions concer nent les centr ales
• l’adoption des lois dites « Grenelle I » (n° 2009- nucléaires. En par ticulier, les pr océdures de
967 du 3 août 2009) et «  Grenelle II » (n° 2010- demande d’autorisation de création (construc-
788 du 12 juillet 2010) portant notamment sur tion, chantier, …) ou de modif cation (révision
la préservation de la biodiversité. des rejets…) doiv ent comporter une étude
Cette loi, codifiée dans le code de l’environnement des incidences sur les espèces pr otégées
(art. L122-1 à L122-3), qualifie d’intérêt général (cf. annexe 2).
la protection des espaces naturels et des pay-
sages, la préservation des espèces végétales et Deux espèces protégées en France
animales, le maintien des équilibres biologiques métropolitaine.
et la protection des ressources naturelles. Elle
introduit l’obligation de l’étude d’impact pour la
plupart des projets d’aménagement. Elle crée le
statut d’espèce protégée (cf. encart) et prévoit
un dispositif répressif pour des infractions rela-
tives aux atteintes portées à certaines espèces et
à leur milieu.
Ordonnance du 11 avril 20011
« Natura 2000 » Loutre
Cette ordonnance donne une existence juridique
aux sites « Natura 2000 ». Elle organise la concer-
tation nécessaire à l’élaboration des orientations
de gestion de chaque site et instaure un régime
d’évaluation des projets industriels ou autres dont
la réalisation est susceptible d’affecter de façon
notable un site «  Natura 2000  ». Les disposi-
tions réglementaires relatives au réseau « Natura
2000 » figurent désormais essentiellement dans
le Code de l’environnement (L. 414-1 et suivants) Sterne naine
(cf. annexe 3.2).

1. Ordonnance n° 2001-321 du 11 avril 2001 relative à la transposition de directives européennes et à la mise en œuvre de certaines
dispositions du droit communautaire dans le domaine de l’environnement.

37
CHAPITRE 3 Nature et biodiversité

entre milieux terrestres et aquatiques afin de


Stratégie nationale pour la biodiversité
permettre aux espèces de circuler et aux éco-
(SNB), 20041
systèmes de fonctionner2. Un Schéma Régional
La mise en œuvre de la Convention sur la Diversité
de Cohérence Ecologique (SRCE) est élaboré
Biologique est assurée par le ministère chargé
conjointement par la Région et l’État en asso-
de l’environnement au moyen de la Stratégie
ciation avec le comité régional TVB,
Nationale pour la Biodiversité. Cette stratégie
• une Stratégie nationale de Création d’Aires
nationale vise à :
Protégées terrestres métropolitaines (SCAP)
• conserver la diversité du vivant (gènes, espèces,
fondée sur un diagnostic du réseau actuel et
habitats),
sur l’identification de projets de création, avec
• maintenir et développer la «  trame écolo-
pour objectif de placer au moins 2 % du terri-
gique » (continuité et surface des milieux peu
toire sous protection forte d’ici 10 ans,
artificialisés),
• l’atteinte du « bon état » des eaux d’ici 2015 en
• promouvoir le bon fonctionnement des
réduisant fortement toutes les pollutions diffuses
écosystèmes.
(phytosanitaires, nitrates, PCB, métaux lourds…),
Pour atteindre ces objectifs, la stratégie a défini • l’effacement, sur les cours d’eau, des obstacles
un plan d’action visant notamment à : les plus gênants à la migration des poissons,
• mobiliser tous les acteurs, chacun à son niveau en relation avec la trame bleue,
de responsabilité, • la protection de la mer et du littoral (liée à la
• reconnaître les valeurs de la diversité biolo- trame bleue),
gique et les services qu’elle nous rend afin • le plan de conservation et de restauration pour
d’adopter des politiques et des comportements la centaine d’espèces les plus menacées de
responsables au regard de la conservation de France (extension du réseau « Natura 2000 »,
la biodiversité, généralisation des DOCuments d’OBjectifs
• intégrer la conservation de la biodiversité « DOCOB »…),
dans l’ensemble des politiques publiques • le remplacement du système d’information sur
nationales, par la mise en œuvre des plans la nature et les paysages par un observatoire
d’action sectoriels dans les domaines d’activité de la biodiversité produisant des indicateurs et
et d’action publique ayant le plus fort impact des bilans nationaux,
sur la biodiversité, • le développement des sciences de l’écologie,
• accroître la connaissance scientifique et mettre leur enseignement et la formation des experts
au point une information publique fiable et en ingénierie écologique,
transparente, afin d’améliorer l’efficacité de • l’initiative française en faveur de la création
nos actions et d’évaluer ensemble les évolu- d’un mécanisme international d’expertise
tions de la biodiversité. scientifique sur la biodiversité, équivalent au
GIEC pour le climat.
Lois issues du Grenelle
de l’environnement, 2009, 2010 Ces engagements ont fait l’objet de deux lois ; la loi
Le « Grenelle de l’environnement » est une consul- dite Grenelle I du 3 août 2009 et la loi dite Grenelle
tation nationale organisée en 2007 afin de refonder II du 12 juillet 2010.
la politique nationale de l’écologie et de rendre
Dispositions relatives aux espaces
compatible la croissance avec un monde dont les
protégés
ressources ne sont pas infinies. Cette consultation
En France, un réseau d’espaces protégés a été mis
a débouché sur des engagements en faveur de la
en place afin de préserver la diversité biologique
préservation de la biodiversité et des ressources
sur le territoire terrestre et marin. Chaque espace
naturelles.
ainsi créé obéit à des objectifs, des contraintes et
Le document de synthèse rédigé à cette occasion des modes de gestion spécifiques. Les centrales
liste notamment les mesures portant sur : nucléaires situées dans ces espaces ou à proximité
• l’élaboration d’une Trame Verte et Bleue de ceux-ci sont concernées par ces mesures de
(TVB) assurant respectivement la continuité protection (cf. encart).

1. Modifiée en 2011.
2. Article L. 371-1 à L. 371-6 du Code de l’environnement.

38
Centrales nucléaires et environnement
ent
3

Espaces protégés
(Code de l’environnement, Code forestier, Code de l’urbanisme)

Nature et biodiversité
,Une partie du territoire national fait l’objet d’un • les zones humides (terr ains inondés ou gor gés
classement en espaces pr otégés en f onction d’eau douce, salée ou saumâtre).
de la v aleur attribuée aux ha bitats naturels et
aux espèces. Un même espace (site) peut être Protection par la gestion contractuelle
concerné par plusieur s mesures de pr otection, Cette catégorie regroupe les espaces concernés
plus ou moins contraignantes, regroupées en trois par des mesures de gestion et soumis à des oblig
a-
grandes catégories. tions de résultats dans un cadre contractuel. On y
trouve principalement :
Protection par la contrainte • les sites « Natura 2000 » en France,
d’usages ou d’activités
• les parcs naturels régionaux.
Ces mesures de protection instaurent des limitations
ou des inter dictions d’usages ou d’activités . Les
espaces associés à ces mesures sont notamment :
• les parcs nationaux et aires marines protégées,
• les réserves naturelles,
• les réserves biologiques forestières.
Par ailleurs, les Arrêtés Préfectoraux de Protection
du Biotope (APPB) per mettent aux préf ets de
département de f xer des mesures pour la pré-
servation des habitats dont dépend la sur vie des
espèces protégées.

Protection par la maîtrise foncière (acquisi-


tion de terrains pour la gestion et la réhabi-
litation de sites naturels) La réserve naturelle de la centrale nucléaire du Blayais.
Ces mesures tendent à pr otéger des espaces
naturels sensibles par la m aîtrise foncière. Il s’agit À cela, il con vient de citer les Zones Naturelles
en particulier : d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique
• des sites du conservatoire de l’espace littoral et (ZNIEFF), espaces qui ne sont assujettis à aucune
des rivages lacustres, mesure de pr otection mais qui sont identif iées
• des sites des conser vatoires régionaux d’es- comme présentant une « v aleur écologique »
paces naturels, particulière pour la conservation de la biodiversité.

4. Mobilisation des entreprises


pour la biodiversité
révélateur et ont permis la prise de conscience
4.1 Mobilisation des entreprises des enjeux liés au monde du vivant. Sachant que
Jusqu’en 2005, année de la Conférence interna- la dégradation des services écologiques pourrait
tionale de Paris sur la biodiversité, il était fré- s’avérer très coûteuse, la conciliation des activités
quent d’entendre que la biodiversité était un sujet économiques et de la biodiversité est un impératif
trop éloigné de leur domaine d’activité pour que qui nécessite la mobilisation les entreprises.
les entreprises s’en mêlent autrement que par
Pour réfléchir et agir de façon concertée sur ces
quelques actions de mécénat.
questions, des entreprises se réunissent, en France,
Les travaux de l’ONU relatifs à l’évaluation des au sein d’un groupe de travail initié par l’asso-
écosystèmes pour le millénaire ont agi comme un ciation Orée1 et la Fondation pour la Recherche

1. Créée en 1992, l’association Orée rassemble entreprises, collectivités territoriales, et associations pour développer une réflexion
commune et mettre en œuvre des solutions concrètes pour une gestion intégrée de l’environnement à l’échelle des territoires.

39
CHAPITRE 3 Nature et biodiversité

sur la Biodiversité (FRB), auquel participent EDF prend en compte les conséquences sociales et envi-
ainsi que des scientifiques et des associations. ronnementales de ses activités », et en particulier :
Ces travaux ont abouti à la publication d’un guide • les mesures prises pour limiter les atteintes à
intitulé : « Intégrer la biodiversité dans les stra- l’équilibre biologique, aux milieux naturels, aux
tégies des entreprises. Le Bilan Biodiversité des espèces ;
Organisations », co-édité par Orée et la FRB. • les démarches internes pour mieux former et
informer les salariés sur l’environnement, pour
réduire les risques ou promouvoir le recours
4.2 Incitation réglementaire aux énergies renouvelables.
en France Les entreprises devront également faire figurer
au rapport annuel des informations sur la manière
La responsabilité des entreprises sur le plan social et
dont elles prennent en compte l’impact territorial
environnemental est définie dans trois textes de lois.
de leurs activités.
Loi dite Barnier, 1995
Loi sur la responsabilité
La loi n° 95-101 du 2 février 1995 a introduit la
environnementale (LRE), 2008
notion de préjudice environnemental susceptible
La loi n° 2008-757 du 1er août 2008 relative à la res-
d’appeler réparation. Les réparations peuvent être
ponsabilité environnementale et de diverses dispo-
sollicitées par les particuliers riverains ou voisins,
sitions d’adaptation en droit communautaire dans
les associations de protection de la nature et les
le domaine de l’environnement est une transposi-
collectivités territoriales.
tion en droit français d’une directive européenne de
Loi sur les nouvelles régulations 20041. Elle définit « les conditions dans lesquelles
économiques (NRE), 2001 sont prévenus ou réparés, en application du principe
La loi n° 2001-420 du 15 mai 2001 relative aux nou- pollueur-payeur, les dommages causés à l’environ-
velles régulations économiques, prévoit à l’article nement par l’activité d’un exploitant». Son champ
116 que les entreprises cotées en Bourse, comme d’application concerne les dommages « graves »
EDF, doivent fournir dans leur rapport annuel, aux habitats naturels, à la faune et à la flore mais
des « informations sur la manière dont l’entreprise aussi ceux affectant « les services écologiques ».

5. Biodiversité : EDF et
les centrales nucléaires
Contribuer à protéger le patrimoine naturel et à • le suivi de la faune et de la flore par les
préserver la biodiversité est un enjeu majeur pour mesures réalisées sur le long terme dans le
l’avenir de la planète. Compte tenu de ses activi- cadre du programme de surveillance de l’en-
tés, EDF est consciente de ses responsabilités et vironnement (cf. chapitre 9 sur la surveillance
du rôle qu’elle peut jouer au regard de cet enjeu qui de l’environnement),
a donné lieu à l’élaboration du guide Biodiversité • les études de terrain issues des campagnes de
Nucléaire, en 2013. mesures de radioécologie et d’hydroécologie
(cf. chapitres 8 et 9 du guide),
Dans sa politique «  biodiversité  » élaborée en
• le suivi des poissons migrateurs afin de véri-
2006, EDF s’est fixée trois orientations pour ses
fier l’efficacité des passes-à-poissons et de
actions, conduites en partenariat avec le monde
constater un retour progressif des grands
scientifique (IRSTEA ex-CEMAGREF, IFREMER,
migrateurs comme le saumon,
IRSN, ONEMA, universités...) et le milieu associatif
• les études sur les écosystèmes réalisées,
(fondation Nicolas Hulot, Ligue de protection des
notamment, pour les dossiers de demande
oiseaux, associations locales, …).
d’autorisation,
Pour ce qui concerne les centrales nucléaires, ces • la création d’un comité spécialement chargé
orientations sont déclinées de la façon suivante : d’étudier la biodiversité (Groupe Thématique
La première orientation porte sur la bonne sur l’Environnement  GTE «  Biodiversité  »)
connaissance des écosystèmes qui est fournie et des comités scientifiques tels que
principalement par : celui d’hydroécologie qui publie la revue

1. Directive n° 2004/35/CE du parlement européen du 21 avril 2004 sur la responsabilité environnementale en ce qui concerne la
prévention et la réparation des dommages environnementaux.

40
Centrales nucléaires et environnement
ent
3
« Hydroécologie appliquée » consultable sur
Internet (www.hydroecologie.org) et la cellule
de radioécologie.

Nature et biodiversité
Dauphins devant la digue de la centrale de Flamanville
(Photo Groupe d’ étude des Cétacés du Cotentin).

Quelques exemples d’actions pour la biodiversité dans les centrales

Un site protégé autour de la centrale


de Chooz (Ardennes)
Le site de la centrale de Chooz, couvrant 200 hec-
tares en bord de Meuse, abrite une faune et une
f ore qui fait l’objet d’observations et de soins atten-
tifs. En partenariat avec une association locale de
protection de la faune et de la fore, des naturalistes
interviennent régulièrement af n de valoriser les
écosystèmes (défrichage, déboisement, bagage
d’oiseaux…). Ce site protégé, baptisé « symbiose »,
est ouvert au public. Un parcours-découverte lui
permet d’observer des loutres, qui avaient disparu Centrale nucléaire de Belleville : Les peupliers noirs
depuis des décennies, ainsi que des castor s, des (INRA/M. Villar).
fauvettes et plus de 90 espèces d’oiseaux.

Aménagement des marais sur l’île Suivi scientifique de la Prée à Nogent-sur


de Fessenheim (Haut-Rhin) Seine (Aube)
L’île de Fessenheim est un espace au milieu du Rhin La centrale de Nogent participe avec l’association
dont EDF possède la plus gr ande partie. Cette île « Nature du Nogentais » au suivi scientifque d’une
a été utilisée pendant l’exploitation des mines de zone ZNIEFF de 38 ha, dénommée : « La Prée ».
potasse pour y stocker, dans des bassins, les surplus
Lutte contre les espèces invasives à Civaux
de sel. Après l’arrêt des activités minières , EDF a
(Vienne)
entrepris, à partir des années 1990, des actions de
Les espèces invasives d’origine « exotique » colo-
réhabilitation des sols et des anciens bassins indus-
nisent les écosystèmes au détr iment des espèces
triels. L’objectif est d’y créer un marais où la Nature
autochtones. La jussie est une plante qui en vahit
pourra reprendre ses dr oits en per mettant aux
les cours d’eau, en par ticulier les zones à f aible
espèces animales et végétales de s’y développer.
débit et fortement ensoleillées comme la Vienne.
Plantation de peupliers noirs à Belleville La centrale de Civaux participe aux campagnes
sur Loire (Cher) d’arrachage organisées par le syndicat mixte du
Montmorillonnais.
Le peuplier noir sauvage est l’essence dominante
des forêts des bords de Loire.Il possède un système Réserve naturelle de la centrale nucléaire
racinaire très développé qui lui permet d’absorber du Blayais (Gironde)
les excès de nitr ates et phosphates des na ppes
Aménagé sur une ancienne friche industrielle, cet
alluviales, participant ainsi à l’amélior ation de la
espace, appartenant à EDF, a été rendu à la nature
qualité des eaux.La construction d’une digue dans
et accueille notamment de nombreuses espèces
une zone « Natura 2000 », af n de renforcer la pro- d’oiseaux migrateurs.
tection de la centrale de Belleville contre les inon-
dations, a conduit EDF à compenserl’incidence de Parcours environnement à Cattenom (Moselle)
cet aménagement en contribuant à la plantation Un parcours « environnement » a été mis en place
de peupliers noirs sur un terr ain de sa pr opriété. autour de la centrale nucléaire de Cattenom et de
Cette action, coordonnée au niveau national par la retenue du Mirgenbach. Des panneaux d’infor-
l’INRA, s’inscrit dans le pr ogramme européen de mation à destination du personnel, du grand public
conservation des ressources génétiques. La plan- et des scolaires ont été installés af n d’informer sur
tation est représentative de la diversité génétique la richesse biologique du site et de sensibiliser aux
du peuplier noir. enjeux de la biodiversité.

41
CHAPITRE 3 Nature et biodiversité

La deuxième orientation concerne notam- La troisième orientation cherche à sensibiliser


ment les actions visant à réduire les impacts des et à former le personnel à ces questions ainsi
ouvrages sur l’environnement et à préserver les qu’à initier le grand public à la biodiversité en
espèces protégées. partenariat avec les associations. Dans ce cadre,
la fondation EDF « Diversiterre » s’engage pour
Ces actions sont prises dès l’origine d’un projet
la protection de la nature et de la biodiversité en
de construction d’une centrale nouvelle. Dans
signant, en 2008, des partenariats avec de grandes
ce cas, le choix du site est un élément capital.
associations engagées dans la sauvegarde de la
L’emplacement retenu et l’aménagement du site
nature et des paysages ainsi que dans la préserva-
doivent intégrer les obligations réglementaires
tion de la biodiversité et des écosystèmes.
liées à la protection de la nature en s’appuyant
notamment sur la bonne connaissance des éco-
systèmes concernés et de leur sensibilité. Ces
éléments déterminent le choix entre les options BIBLIOGRAPHIE
techniques possibles, en particulier le type de
• ONU, évaluation des écosystèmes pour le mil-
refroidissement « ouvert » ou « fermé » des ins-
lénaire, 2005.
tallations. Les ouvrages de prises d’eau et de rejet
• EDF, C. Nahon, Politique Biodiversité d’EDF SA,
ainsi que les équipements de collecte et de trai-
22 mai 2006.
tement des effluents sont alors étudiés de sorte à
• EDF, Guide « notre démarche biodiversité », 2011.
réduire au maximum les impacts prévisibles de la
• EDF, Guide Biodiversité Nucléaire, 2013.
centrale sur son environnement.
Lorsque les centrales sont en exploitation, les actions
en faveur de l’environnement sont poursuivies :
POUR EN SAVOIR PLUS
• en optimisant les traitements afin de diminuer
autant que possible les rejets de substances • http://www.edf.fr/fichiers/fckeditor/File/
radioactives et chimiques (cf. chapitre 8 sur la Groupe/EDF_PolBiodiv2005_vf.pdf (politique
maîtrise des impacts), biodiversité à EDF)
• en intégrant dans l’exploitation de la centrale • http://www.edf.com/html/fete-nature/biodiver-
nucléaire, un mode de gestion respectueux site.html (Nature et biodiversité)
de l’environnement. Toutes les centrales • http://developpement-durable.edf.com/
nucléaires d’EDF ont obtenu la certification ISO accueil-com-fr/(développement durable)
14001 reconnaissant la capacité de l’entreprise • http://www.ecologie.gouv.fr/-Strategie-
à agir efficacement en faveur de l’environ- nationale-pour-la-.html(Stratégie nationale
nement et la pertinence de son Système de biodiversité)
Management de l’Environnement (SME), • http://natura2000.environnement.gouv.fr/
• par la mise en place de dispositifs permettant habitats/cahiers1.html (Natura 2000)
d’éviter la collision des oiseaux avec les lignes • http://www.oree.org/economie-biodiversite.
électriques (dispositifs dissuasifs et répulsifs...), html(OREE)
• en préservant la biodiversité dans les espaces • http://www.developpement-durable.gouv.fr/
naturels (cf. encart), Grenelle-2-preservation-de-la.htm
• en contribuant à la création de réserves natu- • http://www.fondationbiodiversite.fr/
relles et au financement de leurs activités. • http://inpn.mnhn.fr

©EDF – Conty Bruno

42
Centrales nucléaires et environnement
ent
3

➜ Annexe 3.1

Nature et biodiversité ➜ Annexe 3.1


Centrales nucléaires d’EDF
et les services écologiques
Pour produire de l’électricité, une centrale nucléaire débits des cours d’eau en période d’étiage grâce
utilise des espaces naturels terrestres et aquatiques. aux grands réservoirs créés en amont. Au-delà du
L’exploitant d’une centrale nucléaire doit, de ce fait, simple respect de la réglementation, l’exploitant
se conformer aux objectifs de préservation des habi- agit en faveur de l’environnement en s’associant
tats naturels et de la biodiversité dans un cadre aux programmes de recherche publique, en déve-
réglementaire de plus en plus exigeant. loppant des procédés innovants, en sensibili-
sant et en formant leur personnel sur ce thème.
La dépendance d’une centrale nucléaire aux ser-
L’exploitant peut adopter une attitude en faveur de
vices écologiques (cf. encart §2) peut être expri-
la protection des habitats naturels et de la biodi-
mée selon quatre modalités (cf. fig. A3.1).
versité en développant des actions dans le cadre
L’usage des services écologiques de la politique biodiversité de l’entreprise.
Les usages de la nature (services écologiques)
Les dommages subis du fait de
concernent la possibilité d’occuper les espaces
la dégradation des services écologiques
nécessaires aux bâtiments, de prélever de l’eau
Différents types de dégradation des services éco-
pour assurer le refroidissement et l’alimentation
logiques influencent le fonctionnement de la cen-
des installations et de rejeter dans l’environne-
trale nucléaire. Leur origine réside en partie dans
ment des effluents résultant du fonctionnement
les impacts résiduels des ouvrages de production
de la centrale nucléaire.
d’EDF, mais pour l’essentiel ils sont générés par
La production d’électricité par la centrale nucléaire d’autres causes. Le changement climatique aura
dépend entièrement de l’autorisation accordée par des conséquences très importantes pour toutes
la puissance publique de bénéficier de ces usages, les entreprises du secteur de l’énergie depuis la
donc de l’acceptabilité sociale. production jusqu’à la structure de la consom-
mation. L’eutrophisation des eaux continentales
Les pressions exercées par
et marines et l’introduction d’espèces exotiques
le fonctionnement de la centrale
envahissantes nécessite un traitement des eaux
nucléaire sur les services écologiques
plus poussé et le recours à des traitements contre
Tous les usages de la nature génèrent des impacts
le développement des salissures biologiques dans
susceptibles de dégrader des services écologiques
les circuits de refroidissement.
et l’exploitant est tenu par la réglementation de
prendre des mesures destinées à éviter, à réduire
Fig. A3.1 ➜ Rapports de dépendance
autant que possible ou à compenser ces impacts
d’une centrale nucléaire aux services écologiques
et doit payer des taxes ou redevances pour pollu-
tions. Au cours des dernières décennies, le coût Usage des services écologiques Amélioration des services écologiques
Gains pour l’exploitant résultant des activités de la centrale
engendré par les aspects environnementaux tend
Extraction du minerai d’uranium Augmentation de la biodiversité végétale
à augmenter, mais il paraît proportionné à l’usage Occupation des espaces naturels sous les lignes en milieu forestier
Maintien d’un débit minimal dans
de la nature et des services écologiques associés Prélèvements d’eau de refroidissement
Rejets d’effluents dans l’air les cours d’eau en période d’étiage sévère
dont dépend en totalité la capacité de production et dans l’eau pour assurer le refroidissement
Actions volontaristes en faveur
de la centrale. Il s’agit de payer, au juste prix, un des habitats naturels et de la biodiversité
droit d’usage de la nature.
Pression sur les services Effets
Ef des dégradations des services
L’amélioration des services écologiques écologiques écologiques sur le fonctionnement
Coûts pour l’exploitant de la centrale nucléaire
du fait des activités Coûts pour l’exploitant
Mesures de réduction ou
Si différents usages de la nature produisent des de compensation des impacts Eutrophisation des cours d’eau
causés par l’existence et (colmatages des prises d’eau)
impacts sur les milieux et les espèces, certaines le fonctionnement de la centrale Introduction d’espèces envahissantes
activités liées au fonctionnement d’une centrale de biosalissures
Échauffement des eaux dû au changement
nucléaire contribuent à l’amélioration des services climatique

écologiques. Il s’agit notamment du soutien des

43
CHAPITRE 3 Nature et biodiversité

➜ Annexe 3.2
Évaluation des incidences
d’une centrale nucléaire
sur les sites
« Natura 2000 »
Activités concernées - L. 414-4 et L. 414-5 : Travaux et autorisations
La réglementation française, qui a été profondé- dans les sites « Natura 2000 ».
ment modifiée par le décret du 9 avril 2010 (cf. §2). • Le décret n° 2010-365 du 9 avril 2010 relatif
Celui-ci exige que tout programme ou projet figu- à l’évaluation des incidences « Natura 2000 » a
rant sur la liste nationale ou sur les listes locales apporté des modifications en matière d’évalua-
établies par ce texte fasse l’objet d’une évaluation tion des incidences « Natura 2000 » :
des incidences, que le territoire qu’il couvre ou - R. 414-19 : Liste nationale des documents de
que leur localisation géographique soit ou non planification, programmes ou projets devant
dans le périmètre d’un site « Natura 2000 », le faire l’objet d’une évaluation des incidences,
critère étant le fait « d’être susceptible d’affecter - R. 414-20 : Listes locales complétant la liste
de manière significative un site « Natura 2000 » nationale,
(article L. 414-4 du Code de l’environnement). - R. 414-23 : Dossier d’évaluation des inci-
dences « Natura 2000 » accompagnant la
Cela concerne les centrales nucléaires et, en par-
demande d’autorisation ou approbation ou
ticulier, les activités suivantes :
de déclaration,
• construction d’installations nouvelles,
- R. 414-24 à 26 : Procédure d’instruction par
• modification des rejets et des prélèvements
l’autorité administrative,
d’eau,
- R. 414-25 : Avis préalable de la Commission
• opération de maintenance pouvant produire
européenne en cas d’effet significatif sur un
des effluents rejetés (lessivage chimique des
ou plusieurs sites « Natura 2000 ».
générateurs de vapeur, des condenseurs,
• Le décret n° 2001-1031 du 8 novembre
modification de la nature du combustible
2001 relatif à la procédure de désignation des
nucléaire…).
sites « Natura 2000 » et le décret n° 2001-
Les dossiers de demande d’autorisation, de décla- 1216 du 20 décembre 2001 relatif à la ges-
ration ou d’approbation doivent être accompagnés tion des sites « Natura 2000 » sont désormais
d’une évaluation des incidences suivant les règles transcrits dans le Code de l’environnement,
définies par le décret de 2010, tel que codifié au - et non plus dans le Code rural - aux articles
Code de l’environnement. suivants :
- R. 414-1 à 2 : Modalités de constitution des
Cadre réglementaire
listes d’habitats naturels et espèces au titre
La réglementation française a transposé les direc-
des deux directives européennes,
tives européennes « Habitat » et « Oiseaux ». Elle
- R. 414-3 à 7 : Procédure de désignation des
est transcrite dans le Code de l’environnement
sites « Natura 2000 »,
(cf. chapitre 5 du guide annexe 5.3).
- R. 414-8 à 11  : DOCuments d’OBjectifs
• L’ordonnance « Natura 2000 » du 11 avril
(DOCOB),
20011 donne une existence juridique aux sites
- R. 414-12 à 18 : Contrats « Natura 2000 »,
« Natura 2000 » :
- R. 414-19 à 26  : Régime d’évaluation des
- L. 414-1 : Constitution du réseau « Natura
incidences des projets soumis à approbation.
2000 » (principes généraux et définitions)
• Le décret n° 2011-966 du 16 août 2011
- L. 414-2 : Définition des DOCuments d’OBjectifs
relatif au régime d’autorisation administrative
(DOCOB),
propre à « Natura 2000 » :
- L. 414-3 : Contrats Natura 2000,
- R.414-27 à 29 : Régime d’autorisation.

1. Ordonnance n° 2001-321 du 11 avril 2001 relative à la transposition de directives européennes et à la mise en œuvre de certaines
dispositions du droit communautaire dans le domaine de l’environnement.

44
Centrales nucléaires et environnement
ent
3
espaces terrestre ou marin susceptibles d’être
DOCument d’OBjectifs (DOCOB)
concernés,
Le DOCOB comprend un rapport de présenta- • un exposé sommaire des raisons pour lesquelles
tion décrivant notamment l’état de conser va- le projet est ou non susceptible d’avoir une inci-
tion et les exigences écologiques des ha bitats

Nature et biodiversité ➜ Annexe 3.2


dence sur un ou plusieurs sites « Natura 2000 ».
naturels et des espèces qui justif ent la désigna- Le dossier peut se limiter à ces deux points si cette
tion du site « Natura 2000 »,les objectifs de déve- première analyse démontre l’absence d’incidence
loppement durable du site permettant d’assurer sur tout site « Natura 2000 ».
la conservation et, s’il y a lieu,la restauration des
habitats naturel et des espèces qui justif ent la Dans le cas contraire, l’évaluation doit être com-
désignation du site, en tenant compte des acti- plétée par une analyse des effets temporaires ou
vités économiques, sociales, culturelles et de permanents, directs ou indirects, que le projet peut
défense qui s’y exer cent ainsi que les par ticu- avoir sur l’état de conservation des habitats natu-
larités locales. rels et sur les espèces protégées. Le dossier doit
exposer les mesures envisagées pour supprimer
Le DOCOB est établi site par site, sous la respon- ou réduire ces effets dommageables.
sabilité du préfet de département, en faisant une
large place à la concertation locale. Les acteurs Si malgré ces mesures, des effets significatifs dom-
du territoire (élus, socioprofessionnels, usagers, mageables subsistent, le dossier doit présenter
associations, administrations...) travaillent en les raisons pour lesquelles des solutions alterna-
comité de pilotage et en groupes thématiques. tives ne sont pas envisageables et les mesures à
mettre en œuvre pour compenser ces dommages
Le comité de pilotage suit la mise en œuvre
(mesures compensatoires).
du DOCOB. Le préfet soumet au moins tous les
trois mois au comité de pilotage « Natura 2000 », Si l’évaluation conclut à un effet significatif sur un
un rapport sur la mise en œuvre du document ou plusieurs sites « Natura 2000 », l’avis préalable
d’objectifs. Il est procédé à la révision du DOCOB de la Commission européenne doit être recueilli.
lorsqu’il apparaît que les objectifs qui on présidé
État de conservation
à la désignation du site n’ont pas été atteints
L’état de conservation des habitats est considéré
ou ne sont pas susceptibles de l’être, en tenant
comme favorable lorsque :
compte de l’évolution des activités hum aines
• l’aire de répartition ainsi que les superficies
sur le site.
qu’il couvre au sein de cette aire sont stables
Le Fonds de Gestion des Milieux Naturels ou en extension,
(FGMN), créé en 1998 par le ministère char gé • la structure et les fonctions spécifiques néces-
de l’environnement, f nance l’élaboration des saires à son maintien à long terme existent et
documents d’objectifs et la mise en place sont susceptibles de perdurer dans un avenir
des actions retenues dans ce cadre (tr avaux, prévisible,
contrats, études, conventions, publications, • l’état de conservation des espèces qui lui sont
documents pédagogiques). typiques est favorable.
L’état de conservation d’une espèce est considéré
Méthodologie comme favorable lorsque :
L’évaluation des incidences Natura 2000 » est réa-
• les données relatives à la dynamique de la
lisée par le porteur du « projet », en l’occurrence
population de l’espèce en question indiquent
l’exploitant de la centrale nucléaire concernée,
que cette espèce continue et est susceptible
suivant un guide édité par le ministère chargé de
de continuer à long terme à constituer un élé-
l’environnement.
ment viable des habitats naturels auxquels elle
L’évaluation est proportionnée à l’importance de appartient,
l’opération et aux enjeux de conservation des habi- • l’aire de répartition naturelle de l’espèce ne
tats et des espèces en présence. diminue ni ne risque de diminuer dans un ave-
nir prévisible,
Contenu du dossier d’évaluation des inci-
• il existe et il continuera probablement d’exister
dences (art. R. 414-23 et R. 414-25 du Code de
un habitat suffisamment étendu pour que ses
l’environnement)
populations se maintiennent à long terme.
Dans tous les cas, le dossier comprend : L’état de conservation favorable a donc une défi-
• une présentation simplifiée du projet accom- nition juridique, de même que les critères qui per-
pagnée d’une carte permettant de localiser les mettent de l’apprécier.

45
46
4 Information
du public
1. Introduction
2. Contexte législatif et réglementaire
2.1 Sur le plan international
2.2 Sur le plan européen
2.3 Sur le plan français
3. Information du public par l’exploitant
3.1 Rapports à fournir au titre de la législation
et réglementation relatives aux activités nucléaires
3.2 Rapport public annuel « environnement » au titre
des autorisations de prélèvements d’eau et de rejets
3.3 Documents mensuels « grand public »
3.4 Visite d’une centrale nucléaire
3.5 Portail Internet
3.6 Communication scientifique
4. Information du public par l’administration
4.1 Sur la radioactivité de l’environnement (RNM)
4.2 Sur les débats scientifiques
5. Information par les sociétés savantes
5.1 Société Française de Radioprotection (SFRP)
5.2 Société Française d’Energie Nucléaire (SFEN)

Bibliographie
Pour en savoir plus

47
CHAPITRE 4 Information du public

1. Introduction
Le public – qui est sensible aux questions de santé Le public est également informé par l’adminis-
et d’environnement – s’intéresse particulièrement tration, les pouvoirs publics et les commissions
à l’incidence des rejets des centrales nucléaires locales d’information dont les missions ont été
sur son milieu de vie. renforcées par la législation (cf. 2.3). Pour être
crédible, l’information soit s’appuyer sur des faits
Pour autant, les rejets des centrales nucléaires
et des données vérifiables. Le cas échéant, il est
font rarement parler d’eux dans les médias sauf à
nécessaire qu’elle apporte des «  éléments de
l’occasion d’incidents ou de controverses concer-
vérité scientifique » pouvant être recherchés, par
nant leurs effets possibles sur la santé et l’envi-
exemple, auprès d’experts d’horizons différents
ronnement. Ces situations engendrent alors une
(expertise pluraliste).
avalanche d’interrogations de la part des médias
et du public auxquelles l’exploitant, l’administra- Enfin, la confiance du public dépend de la crédi-
tion et les pouvoirs publics doivent faire face dans bilité du contrôle exercé par les autorités sur les
l’urgence. activités de l’exploitant nucléaire. Pour cela, les
autorités veillent notamment à ce que le proces-
Apporter des réponses crédibles dans ces circons-
sus conduisant à réglementer, par des décisions
tances n’est pas facile ; les sujets à traiter peuvent
de l’ASN, les prélèvements d’eau et les rejets
être complexes. Par ailleurs, pour bien comprendre
d’une centrale nucléaire prenne bien en compte
l’information transmise, le public et les médias ont
l’ensemble des arguments des parties prenantes et
besoin de posséder un minimum de connaissances
du public en particulier (cf. chapitre 11 du guide).
sur le fonctionnement des centrales nucléaires, la
réglementation et de se familiariser avec un voca-
bulaire abscons tel que dose, sievert, becquerel…
Pour ces raisons, l’information au public ne peut
être improvisée, ni limitée aux seules périodes de
crise. Elle doit au contraire être organisée. C’est
d’ailleurs l’un des objectifs de la législation en
matière de transparence nucléaire qui réaffirme
le droit du public à l’information et à la transpa-
rence (cf. §2.3). Dans ce cadre, l’exploitant est tenu
d’apporter régulièrement des informations sur ses
activités et ceci dès la phase de conception de la
centrale où des données sur les impacts prévi-
sibles des rejets et des prélèvements d’eau doivent
être présentées. Centrale nucléaire de St-Laurent-des-eaux
sur la Loire (60 ha).

2. Contexte législatif
et réglementaire
2.1 Sur le plan international ouvrage, lorsque toutes les options et solu-
tions sont encore possibles et que le public
En matière d’environnement, les dispositions
peut exercer une réelle influence,
concernant l’information du public ont été confor-
• étendre les conditions d’accès à la justice en
tées, entre autres, par la convention d’Aarhus.
matière de législation environnementale et
Celle-ci vise à :
d’accès à l’information.
• développer l’accès du public à l’information
détenue par les autorités publiques, La convention d’Aarhus a été adoptée en droit
• favoriser la participation du public à la prise français en 2002 (loi n° 2002-285 du 28 février
de décisions au moment de la procédure 2002 puis annexée au décret de publication du
de construction d’une installation ou d’un 12 septembre 2002).

48
Centrales nucléaires et environnement
ent
4
2.2 Sur le plan européen La commission reçoit les informations nécessaires
à l’accomplissement de ses missions de l’exploi-
La Communauté européenne a adopté en droit
tant, des autorités de contrôle, des autres services
communautaire la convention Aarhus au travers
de l’état, voire de laboratoires dits indépendants
de la directive 2003/4/CE concernant l’accès du

Information du public
qu’elle a sollicités. Elle est aussi informée, sous
public à l’information en matière d’environne-
huit jours, de toutes les demandes formulées par
ment et de la directive 2003/35/CE traitant de la
le public à l’exploitant et reçoit de la même façon
participation du public aux procédures environne-
les réponses apportées par ce dernier. Elle peut
mentales. D’après la directive 2003/4/CE, le délai
par ailleurs :
de transmission des informations au demandeur
• faire réaliser des expertises, y compris des
ne peut excéder un mois après réception de la
études épidémiologiques et faire procéder à
demande. Si la complexité ou le volume des
toute mesure d’analyse de l’environnement,
informations le justifie, ce délai peut être porté
• être consultée par l’ASN et les ministres com-
à deux mois.
pétents sur tout projet dans le périmètre de
l’INB (cette consultation est obligatoire si le
projet est soumis à enquête publique),
2.3 Sur le plan français • saisir l’ASN ou les ministres compétents pour
Autorité environnementale toute question relevant de son domaine de
Les législations européenne et nationale (conven- compétence,
tion d’Aarhus, charte constitutionnelle) prévoient • être saisie par le Comité Départemental de
que les évaluations d’impacts environnemen- l’Environnement et des Risques Sanitaires et
taux des grandes opérations soient soumises à Technologiques (CoDERST),
l’avis, rendu public, d’une « autorité compétente • être pourvue de la personnalité juridique, avec
en matière d’environnement » : l’autorité envi- un statut d’association et être financée, outre
ronnementale. L’autorité environnementale a les subventions de l’ état, par une partie de la
été créée par le décret n° 2009-496 du 30 avril taxe sur les INB.
2009. Elle peut être assurée par le ministre chargé
Chaque CLI assure la diffusion de l’information
de l’environnement ou, localement et pour son
auprès du public visé (mairies, collèges, lycées,
compte, les préfets lorsque le ministre n’est pas
associations, médias, partenaires…) en publiant
lui-même responsable de l’opération au titre de
périodiquement des bulletins, en organisant des
certaines de ses autres attributions (transport,
conférences ou en renseignant son site Internet.
énergie, urbanisme...).
Les CLI se sont regroupées en 2000 dans l’Asso-
Affirmation du droit à l’information ciation Nationale des CLI (ANCLI), devenue en
pour tous 2008 l’Association Nationale des Comités et
La législation1 instaure un droit d’accès à l’infor- Commissions Locales d’Information (ANCCLI).
mation directement opposable à l’exploitant
Enquête publique
qui doit fournir à toute personne qui en fait la
Le public est informé d’un nouveau projet ou d’une
demande, les informations qu’il détient. De plus,
modification notable d’une installation nucléaire
l’exploitant est tenu d’établir, sous peine de sanc-
de base par l’intermédiaire de l’enquête publique
tions pénales, un rapport annuel public2 dont le
prévue par la réglementation4. Cette dernière lui
contenu est fixé par voie réglementaire (cf. §3.1).
donne la possibilité de formuler des observations
Commissions Locales d’information qui devront être prises en considération par le res-
Les CLI ont été créées par la circulaire dite ponsable du projet.
« Mauroy » du 15 décembre 1981. En 2006, la légis-
Afin de veiller au respect de la participation du
lation3 a rendu obligatoire leur existence autour de
public au processus d’élaboration des grands
chaque site nucléaire et renforce leurs prérogatives.
projets, dès lors que ces derniers présentent des
Composées notamment d’élus, de représentants
enjeux socio-économiques et environnementaux
d’associations de protection de l’environnement,
significatifs, la Commission nationale du débat
les commissions locales ont une mission de suivi,
public, créée en 1995 par la loi dite « Barnier »,
de concertation et d’information du public vivant à
a été transformée en autorité administrative
proximité d’un site nucléaire. Elles visent à apporter
indépendante et son champ de compétence a
une réponse pertinente aux questions que se posent
été élargi5.
les riverains sur ces sujets.

1. Articles L. 125-10 à L. 125-40 du Code de l’environnement.


2. Articles L. 125-15 à L. 125-16 du Code de l’environnement.
3. Articles L. 125-17 et L. 125-33 du Code de l’environnement.
4. Décret n° 2011-2018 du 29 décembre 2011 portant réforme de l’enquête publique.
5. Articles L. 121-1 et L. 121-16 du Code de l’environnement.

49
CHAPITRE 4 Information du public

Mise à disposition du public significatif de ses prélèvements d’eau ou de ses


La législation1 et la réglementation2 prévoient par rejets dans l’environnement.
ailleurs la mise à la disposition du public d’infor-
Transparence à l’échelon national
mations, selon les modalités définies par le Code
La législation4 a créé, en 2006, un Haut Comité
de l’environnement3, en cas de projet de modifi-
pour la Transparence et l’Information sur la
cation d’une installation nucléaire de base ou de
Sécurité Nucléaire (HCTISN) qui peut émettre un
ses conditions d’exploitation soumis à l’accord
avis sur toutes les questions relatives à l’infor-
de l’Autorité de sûreté nucléaire qui, sans consti-
mation du public et aux risques des activités
tuer une modification notable de l’installation,
nucléaires sur la santé des personnes et sur
est susceptible de provoquer un accroissement
l’environnement.

3. Information du public
par l’exploitant
«  Dire au public tout ce qu’il n’aimerait pas Les moyens par lesquels l’exploitant informe
apprendre par d’autres que nous » peut résumer le public sont très variés (bulletins d’informa-
la doctrine d’EDF en matière de transparence. tions et rapports d’activité transmis à la CLI,
site Internet, organisation de visites des installa-
À la mise en service des premières centrales
tions…). En cas d’événement anormal à l’origine
nucléaires du parc de production d’électricité
de rejets incontrôlés, l’exploitant en informe
d’EDF, l’information du public sur les rejets et
rapidement les autorités, les pouvoirs publics
l’environnement se limitait souvent au contenu
et les médias. Dans ces situations, rapidité, fia-
des dossiers présentés en enquête publique.
bilité et sincérité du message sont des éléments
Cette information était fragmentée et souvent
essentiels pour éviter la propagation de fausses
difficile à comprendre par le grand public.
informations auprès du public.
Depuis, d’importants progrès ont été accomplis
pour rendre celle-ci plus accessible et intelligible.
Ces progrès ne sont pas seulement la consé- 3.1 Rapports à fournir au
quence d’une réglementation plus exigeante, ils
titre de la législation et
résultent aussi de la volonté de l’exploitant d’agir
dans ce sens. Car pour rester crédible et légitime réglementation relatives
à poursuivre ses activités, l’exploitant ne peut aux activités nucléaires
agir dans l’ombre, ni cacher les difficultés tech-
niques auxquelles il peut être confronté. Au titre de la législation sur la transparence
en matière nucléaire, l’exploitant est tenu d’éta-
Ceci répond également à une attente sociétale
blir un rapport annuel5, rendu public, couvrant
de plus en plus forte qui se manifeste notam-
un champ d’informations très large puisqu’il
ment à l’occasion de l’instruction des demandes
doit aborder, en plus des questions d’environne-
d’autorisation (enquête publique) et des réu-
ment, les dispositions prises en matière de sûreté
nions des Commissions Locales d’Information
nucléaire et de radioprotection. Ce rapport est
(CLI). Dans ces circonstances, l’exploitant ne
soumis au Comité d’hygiène, de sécurité et de
peut pas simplement signaler qu’il respecte la
conditions de travail de la centrale nucléaire qui
réglementation. Il se doit d’expliquer les actions
peut formuler des recommandations. Celles-ci
qu’il met en œuvre pour réduire – autant que rai-
sont annexées au rapport qui doit être transmis,
sonnablement possible – les rejets et les impacts
avant le 30 juin de l’année suivante, à l’Auto-
de ses installations et montrer comment il tient
rité de sûreté nucléaire, à la commission locale
compte des demandes du public et des parties
d’information et au Haut Comité pour la transpa-
prenantes.
rence et l’information sur la sécurité nucléaire6.

1. Article L. 593-15 du Code de l’environnement.


2. Article 25-III du décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007 modifié.
3. Article L. 122-1 du Code de l’environnement.
4. Articles L. 125-34 et L. 125-40 du Code de l’environnement (ex art. 23 à 27 de la loi TSN du 13 juin 2006).
5. Article L. 125-15 du Code de l’environnement et article 23 du décret n° 2007-1557 du 2 nov. 2007.
6. Article L. 125-16 du Code de l’environnement.

50
Centrales nucléaires et environnement
ent
4
Au titre de réglementation relative aux INB1, 3.4 Visite d’une centrale
il est demandé un rapport ciblé sur les prélève-
nucléaire
ments d’eau, les rejets d’effluents, la surveillance
de l’environnement et les impacts et nuisances Les questions que se pose le public sur le fonction-

Information du public
occasionnés durant l’année civile écoulée, ainsi nement d’une centrale nucléaire et son impact sur
que la cohérence des rejets avec les prévisions2. l’environnement peuvent être approchées concrè-
Ce rapport, qui peut être intégré au rapport tement lors d’une visite de site. Chaque centrale
mentionné ci-dessus, est à transmettre, avant nucléaire dispose d’un centre d’information permet-
le 30 juin de l’année suivante, à l’Autorité de tant d’accueillir des personnes du public, des écoliers
sureté nucléaire, la Direction Régionale de l’Envi- et étudiants pour montrer, au moyen de panneaux
ronnement, de l’Aménagement et du Logement explicatifs, de maquettes et de films, d’une visite de
(DREAL), l’Agence Régionale de Santé (ARS), au terrain, la vie de la centrale et de son environnement.
service chargé de la police de l’eau ainsi qu’à la
commission locale d’information.

3.2 Rapport public annuel


« environnement »
au titre des autorisations
de prélèvements d’eau
et de rejets
Ce rapport contient toutes les informations rela-
tives aux contrôles et aux mesures de surveillance
Centre d’information du public à la centrale nucléaire
réalisées par l’exploitant dans l’année. Ce « rap- de St-Laurent-des-eaux.
port annuel environnement » est adressé au plus
tard le 30 avril de l’année suivante à l’administra-
tion (ASN, service de la police de l’eau, préfecture
de département…) ainsi qu’à la CLI (cf. chapitre 9 3.5 Portail Internet
du guide).
L’avènement d’Internet a permis d’élargir la
diffusion de l’information à la planète tout
entière. À cet égard, le site http://energie.edf.com/
3.3 Documents mensuels nucleaire/environnement fournit à la rubrique « En
« grand public » direct de nos centrales » des informations actuali-
sées sur le fonctionnement et l’environnement des
Bien que les rapports annuels destinés au public
centrales nucléaires d’EDF.
soient établis par l’exploitant avec le souci de sim-
plicité et de clarté, ces documents restent d’un
abord difficile pour une personne non initiée. Pour
cette raison, l’information destinée au public est
3.6 Communication
complétée par la diffusion de plaquettes ou de scientifique
bulletins dits « grand public » comportant, outre
EDF R&D organise régulièrement des commu-
la présentation synthétique des résultats, des illus-
nications scientifiques sur ses travaux d’études
trations et des photos. Ces documents de pério-
dont les résultats sont publiés sur le site Internet
dicité mensuelle sont diffusés non seulement aux
(www.hydroecologie.org) dédié ou font l’objet
CLI mais aux associations, aux médias régionaux,
de colloques ouverts au public (ex.  colloques
aux élus locaux voire aux communes étrangères
d’hydroécologie).
dans le cas des sites frontaliers.

1. Article 4.4.4 de l’arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales relatives aux INB applicable au 1/07/2013.
2. Article 4.4.3 de l’arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales relatives aux INB applicable au 1/07/2013

51
CHAPITRE 4 Information du public

4. Information du public
par l’administration
Les autorités compétentes et
en particulier l’ASN mettent Exemple d’expertise pluraliste :
à la disposition du public sur étude Nord-Cotentin
Internet un grand nombre Une étude épidémiologique réalisée par
d’informations relatives à D. Pobel et JF. Viel, publiée dans le British Medical
l’environnement des centrales Journal en 1997, révélait une incidence plus éle-
nucléaires (rapports annuels, vée de leucémie dans le Nord-Cotentin chez les
les rapports d’inspections, jeunes de moins de 25 ans. Cette étude émet-
les rapports d’étude, les tait l’hypothèse d’une relation possible entre les
publications…). rejets des installations nucléaires de la région et
Revue Contrôle ces observations.
publiée par l’ASN.
Af n de répondre à la polémique soule vée par
cette révélation, les ministres de la Santé et de
l’Environnement ont demandé la mise en place
4.1 Sur la radioactivité de d’un groupes d’experts d’origines diverses
(institutionnels, associations de pr otection de
l’environnement (RNM) l’environnement, industriels et exper ts étran-
En février 2010, le Réseau National de Mesure de gers). Le Groupe Radioécologie Nord-Cotentin
la radioactivité de l’environnement (RNM) a été (GRNC) a donc été créé pour examiner si les
mis en ligne sur Internet. Développé sous l’égide rejets de l’usine de retraitement de La Hague et
de l’ASN en lien avec l’IRSN, ce réseau rassemble les centrales nucléaires de la région pouv aient
et met à la disposition du public des résultats de être à l’origine des leucémies observées.
mesures de la radioactivité de l’environnement À l’issue de deux années de travail (1997-1999),
et des documents de synthèse sur la situation le groupe GRNC a conclu que le irsque sanitaire
radiologique du territoire et sur l’évaluation des lié aux rejets radioactifs des installations du Nord-
doses dues aux rayonnements ionisants auxquels Cotentin, calculé suivant les meilleures méthodes
la population est exposée (www.mesure-radioac- disponibles, était très faible et ne permettait pas
tivite.fr/public). d’expliquer le nombre de leucémies survenues.
Pour autant, le travail du groupe ne s’est pas
Ce réseau reçoit les résultats des analyses radio- arrêté là. De nouvelles questions étant apparues
logiques issues de programmes réglementaires lors des échanges (réserves émises par certains
de surveillance de l’environnement des installa- membres du groupe), les réf exions se sont pour-
tions nucléaires, mais également les résultats des suivies en particulier sur les incertitudes liées aux
mesures réalisées à la demande des collectivités calculs de r isque et sur le r isque – non pr is en
territoriales, des services de l’ état et les résul- compte dans l’étude initiale – associé aux rejets
tats des associations qui le sollicitent. La qualité chimiques. Le groupe GRNC a rendu accessible
et la fiabilité des données du réseau est garantie à la société le résultat du travail accompli dans
par l’agrément des laboratoires qui réalisent ces un rapport et à l’occasion de nombreuses réu-
mesures (cf. chapitre 9 du guide). nions publiques.
À cet égard, le GRNC a constitué un modèle
de lieu de dialogue technique qui a per mis de
4.2 Sur les débats développer des connaissances scientif iques,
scientifiques notamment en ce qui concerne l’évaluation des
impacts dus aux radionucléides sur la santé des
Il arrive que la confiance du public soit ébranlée populations (méthode de calcul,exploitation des
à la suite d’un incident, d’un accident ou d’une données de surveillance de l’environnement).
polémique relayée par les médias. Dans ce cas, la
simple communication sur le risque peut s’avérer
insuffisante pour dissiper l’inquiétude du public.
La mise en place d’une expertise dite pluraliste,
faisant appel à divers acteurs (institutions, univer-
sités, associations du public, industriels…) peut
apporter des réponses crédibles (cf. encart). Rapport d’étude du GRNC.

52
Centrales nucléaires et environnement
ent
4

5. Information du public
par les sociétés savantes

Information du public
5.1 Société Française de BIBLIOGRAPHIE
Radioprotection (SFRP) • Vivre EDF avril-mai 2009.
• ASN, Revue Contrôle n° 177, nov. 2007.
La SFRP a pour objectifs de rassembler les pro-
fessionnels de la Radioprotection, de favoriser
les échanges d’informations entre spécialistes POUR EN SAVOIR PLUS
et non-spécialistes, de promouvoir la culture de
• http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_
radioprotection et de renforcer la collaboration
article=2467(Convention Aahrus)
internationale dans ce domaine. Elle comprend
• http://europa.eu/legislation_summaries/
une section spécialisée sur l’environnement
environment/general_provisions/l28056_
qui organise des journées d’information sur ce
fr.htm (Directives européennes 2003/4/CE sur
thème (rejets radioactifs, études des transferts
l’information du public et 2003/53 sur la par-
de la radioactivité dans l’environnement, évalua-
ticipation publique)
tion des conséquences, mesures de protection
et de prévention…). La SFRP publie la revue
Radioprotection et tient à jour le site internet de
ses activités (www.sfrp.asso.fr).

5.2 Société Française


d’Energie Nucléaire (SFEN)
La SFEN fournit sur son site Internet des informa-
tions de base permettant de se familiariser avec
l’énergie nucléaire voire d’approfondir certains
sujets tels que les rejets des centrales nucléaires
(www.sfen.org).

©EDF – Queyrel David

53
54
5 Cadre
réglementaire
1. Cadre général
2. Droit international de l’environnement
2.1 Organismes internationaux et organisations
non gouvernementales concernés
2.2 Principaux textes internationaux ratifiés par la France
3. Réglementation européenne
3.1 Textes relatifs à la protection de la santé publique
3.2 Textes relatifs à la protection du milieu aquatique
3.3 Autres textes
4. Réglementation française
4.1 Réglementation dans le domaine nucléaire
4.2 Réglementation des Installations Classées pour
la Protection de l’Environnement (« ICPE »)
4.3 Textes sur l’eau et les milieux aquatiques
4.4 Textes sur l’air
5. Textes propres à chaque centrale nucléaire d’EDF
a-
5.1 Articulation des principaux textes conduisant aux autorisa-
tions de prélèvements d’eau et de rejets
5.2 Textes propres à chaque centrale nucléaire d’EDF
Bibliographie
Pour en savoir plus
Annexe 5.1 : Tableau récapitulatif des principaux textes
réglementaires
fs
Annexe 5.2 : Nature des différents types de textes législatifs
et réglementaires
Annexe 5.3 : Code de l’environnement (extrait)
Annexe 5.4 : Institutions de l’Union européenne

55
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

1. Cadre général
La réglementation relative en droit international, communautaire, national,
à la protection de l’envi- voire local. Outre leur caractère normatif (obliga-
ronnement est compo- tions), ces règles de droit comportent également
sée de règles juridiques des recommandations aux différents acteurs.
(normes) portant notam-
Les principales dispositions législatives et régle-
ment sur :
mentaires applicables dans le domaine de
• les éléments de l’envi-
l’environnement ont été codifiées dans le Code de
ronnement  : air, eau,
l’environnement, entré en vigueur par l’Ordonnance
sols, écosystèmes,
Assemblée nationale du 18 septembre 2000 (cf. annexe 5.3). Celui-ci
• les activités humaines
intègre les règles établies notamment au regard du
telles que celles des installations nucléaires de
droit international (traités, conventions, protocoles)
base – dont font partie les centrales nucléaires
et du droit communautaire, dont la transposition
– ou des installations classées pour la protec-
est la source de plus de 85 % du droit français de
tion de l’environnement,
l’environnement. Cependant, de nombreux textes
• des sujets particuliers : fabrication et usage
d’application demeurent en dehors du code.
de substances chimiques, gestion des déchets.
Les prélèvements d’eau et les rejets d’effluents des
Ces règles (normes) tendent à devenir de plus en
centrales nucléaires d’EDF nécessitent l’obtention
plus techniques et complexes au fur et à mesure
d’autorisations délivrées par les autorités compé-
des avancées scientifiques et techniques. Elles sont
tentes françaises dans le cadre général de cette
déclinées dans des systèmes juridiques hiérarchisés
réglementation (cf. §5).

Code de l’environnement – Charte de l’environnement


Principes généraux sous-tendant la réglementation
Code de l’environnement • le principe pollueur-payeur (article 4 de la
L’article L. 110-1 du Code de l’environnement dis- Charte de l’environnement), selon lequel les frais
pose que « les espaces, ressources et milieux natu- résultant des mesures de prévention, de réduc-
rels […], font partie du patrimoine commun de la tion de la pollution et de lutte contre celle-ci
nation. Leur protection […], sont d’intérêt général doivent être supportés par le pollueur ;
et concourent à l’objectif de développement • le principe de participation (article 7 de la
durable qui vise à satisfaire les besoins de déve- Charte de l’environnement), selon lequel cha-
loppement et la santé des générations présentes cun a accès aux informations relatives à l’envi-
sans compromettre la capacité des générations ronnement, y compris celles relatives aux subs-
futures à répondre aux leurs. » tances et activités dangereuses, et le public est
Ce même article énonce également que sa pro- associé au processus d’élaboration des projets
tection, sa mise en valeur, et sa remise en état s’ins- ayant une incidence importante sur l’environne-
pire des principes généraux sur lesquels repose le ment ou l’aménagement du terr itoire (cf. cha-
droit de l’environnement, que l’on retr ouve éga- pitre 4 sur l’information du public).
lement sous une f orme parfois différente dans la
Charte de l’environnement
Charte de l’environnement promulguée en 2005
La Charte de l’en vironnement, promulguée le
et adossée à la Constitution, à savoir :
1er mars 2005, énonce en ter mes généraux que
• le principe de précaution (article 5 de la Charte
« chacun a le droit de vivre dans un environnement
de l’environnement), selon lequel l’absence de
équilibré et respectueux de la santé. » (article 1er)
certitudes, compte tenu des connaissances
ainsi que « le droit d’accéder à l’information déte-
scientif ques et techniques du moment, ne doit
nue par les autorités publiques et le droit de parti-
pas retarder l’adoption de mesures ef fectives
ciper à l’élaboration des décisions publiques ayant
et proportionnées visant à prévenir un risque de
une incidence sur l’environnement » (article 7).
dommages graves et irréversibles à l’environne-
L’élévation au rang constitutionnel de cette Charte
ment à un coût économiquement acceptable ;
donne une assise plus forte à certains instruments et
• le principe d’action préventive et de correction,
principes nécessaires à la politique publique dans
par priorité à la source (article 3 de la Charte de
le domaine de l’environnement (précaution, pré-
l’environnement), des atteintes à l’environnement,
vention, responsabilité).
en utilisant les meilleures techniques disponibles
à un coût économiquement acceptable (MTD) ;

56
Centrales nucléaires et environnement
ent
5

2. Droit international
de l’environnement

Cadre réglementaire
2.1 Organismes internationaux La concertation entre les États est réalisée au tra-
vers de différents organismes internationaux
et organisations non gouver-
créés, en général, sous l’égide des Nations Unies
nementales concernés (ONU). Ces organismes ou commissions élabo-
rent des textes (accord, traité, convention, proto-
Le droit international de l’environnement s’est déve-
cole, charte…) que les États volontaires (ou un
loppé à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. Des
groupement d’États comme l’Union européenne)
centaines de textes internationaux ont vu le jour tant
signent puis ratifient. La ratification est l’acte par
pour préserver les éléments de la biosphère (sols, eaux
lequel le signataire exprime de façon définitive
de surface et eaux souterraines continentales, océans,
son consentement à être lié par le texte inter-
atmosphère), la biodiversité et la santé humaine
national et à l’appliquer. Cette volonté se traduit
que pour tenter de résoudre les problèmes affec-
ensuite en droit communautaire (par l’adoption de
tant les écosystèmes du fait des activités humaines.

Organismes internationaux et organisations non gouvernementales


concernés par l’environnement et le secteur nucléaire
Organismes internationaux L’Agence Internationale de l’Energie Atomique
Certains organismes internationaux ont un rôle (AIEA), créé en 1956, dont le siège est à Vienne
important dans l’éla boration de la réglementa- (Autriche), fait partie des six organismes autonomes
tion dans le dom aine de l’environnement et de des Nations Unies , avec entre autres l’Or ganisa-
la santé du public. Ils désignent les or ganisations tion Mondiale de la Santé (OMS) et l’Agence
intergouvernementales émanant des pouv oirs pour l’Energie Nucléaire (AEN) de l’OCDE. Dans le
publics. Ils sont à distinguer des ONG qui émanent domaine de la radioprotection notamment, l’AIEA
des membres privés de différents pays. produit des documents qui ser vent de référence
Le Programme des Nations Unies pour l’Environne- dans le monde entier : cer tains d’entre eux sont
ment (PNUE), créée en 1972 lor s du Sommet de la intégrés directement dans les réglementations
Terre de Stockholm, est un or gane statutairement nationales ou pris en compte par la Commission
subsidiaire au Conseil Économique et Social. Basé européenne pour préparer des directives.
à Nairobi au Kenya, le PNUE est la v oix de l’ONU
pour l’environnement. Il coordonne les politiques de
Organisations Non Gouvernementales
cette dernière en matière d’environnement. Il assiste
(ONG)
également les différents pays dans la mise en œuvre L’Union Internationale pour la Conservation de la
de leurs politiques environnementales, et a un rôle Nature (UICN), fondée en 1948, est basée en Suisse
de promotion du développement durable. et est la plus impor tante ONG en char ge de la
La Commission Internationale de Protection conservation de la nature en ter mes d’intégrité
Radiologique (CIPR), créée en 1928, est une orga- et de diversité des ressources naturelles. L’UICN
nisation internationale indépendante et émet des regroupe des États, des agences gouv ernemen-
recommandations en matière de radioprotection. tales et des organisations non-gouvernementales.
Ses recommandations n’ont pas force de loi, mais, Elle est accréditée auprès de l’ONU. Sa mission est
de fait, sont reprises dans les réglementations natio- d’inf uencer, d’encourager et d’assister les socié-
nales, soit directement, soit, dans le cas de l’Union tés dans le monde entier, dans la conservation de
européenne, après transposition sous forme de l’intégrité de la nature et de la biodiv ersité, ainsi
directives. que de s’assurer que l’utilisation de ces ressources
Le Comité Scientifique des Nations Unies sur l’Ef- naturelles est faite de façon équitable et durable.
fet des Radiations Atomiques (UNSCEAR - United Sa liste rouge des espèces menacées est une réfé-
Nations Scientific Committee on the Effects of rence mondiale.
Atomic Radiations), créé en 1955 est le comité des Le Fonds Mondial pour la Nature (WWF), créée en
Nations Unies qui a pour mission l’étude des effets 1961, est une organisation non gouvernementale
biologiques des rayonnements ionisants. Sa voca- internationale de protection de la nature et de
tion est exclusivement scientif que. Il établit notam- l’environnement, fortement impliquée dans la
ment une synthèse des expositions moyennes dues protection de la biodiv ersité et le dév eloppe-
aux différentes sources d’exposition. ment durable.

57
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

règlements, directives) et en droit français dans le rôle est de filtrer les rayons ultraviolets du soleil qui
des textes législatifs et réglementaires (par l’inter- sont nocifs pour la santé humaine et les écosystèmes.
vention de lois, décrets...).
Ce protocole impose la suppression de l’utilisa-
Les Organisations Non Gouvernementales tion des chlorofluorocarbones (CFC) sauf pour des
(ONG), qui ne relèvent ni d’un État ni d’une ins- utilisations qualifiées de critiques ou essentielles,
titution internationale, sont devenues des acteurs des halons, du bromure de méthyle et d’autres
incontournables des relations internationales. Elles substances telles que les hydrochlorofluorocar-
interviennent dans la préparation et l’élaboration du bones (HCFC), le tétrachlorure de carbone, le bro-
droit de l’environnement et jouent un rôle d’alerte mochlorométhane, le hydrobromofluorocarbone et
vis-à-vis du public et des décideurs. Elles partici- le méthylchloroforme.
pent aux débats et négociations des politiques de
Les centrales nucléaires sont concernées par
protection de l’environnement et assurent une sur-
ces dispositions car les matériels frigorifiques et
veillance informelle de l’application des obligations
les systèmes de climatisation utilisent certaines
environnementales qui en découlent.
des substances visées. Un bilan des pertes de
ces fluides doit être réalisé chaque année par
l’exploitant.
2.2 Principaux textes
internationaux ratifiés Convention sur la protection du milieu
marin de l’Atlantique nord-est, dite
par la France OSPAR (contraction de OSlo-PARis),
19923
Convention de Barcelone sur la protection
La protection des eaux marines de l’Atlantique nord-
du milieu marin et du littoral méditerranéen
est contre la pollution d’origine terrestre (Convention
(protocole d’Athènes), 19761
de Paris de juin 74) et la pollution provenant des
La convention a été signée en 1976 à Barcelone,
immersions en mer (Convention d’Oslo de 1972) fait
sous l’égide du Programme des Nations Unies
l’objet d’une Convention unique dénommée OSPAR,
pour l’Environnement (PNUE), pour protéger la
qui est entrée en vigueur le 25 mars 1998 (cf. cha-
mer Méditerranée contre la pollution. Ratifiée par
pitre 3 et chapitre 11 du guide).
la France en 2001, cette convention est entrée en
vigueur en 2004. Cette Convention revêt une grande importance
pour toutes les installations dont les rejets
Cette convention comporte plusieurs protocoles,
(radioactifs ou non) aboutissent dans les mers
dont le protocole sur la pollution d’origine terrestre
nord-européennes définies par OSPAR (cf. fig. 1).
dit Protocole d’Athènes. Il fixe pour objectif la
Toutes les centrales nucléaires d’EDF sont donc
prise de mesures pour prévenir, combattre et élimi-
concernées à l’exception de celles situées sur le
ner « dans toute la mesure du possible » la pollution
Rhône, visées par le protocole d’Athènes.
en mer Méditerranée due aux déversements par
les fleuves, les établissements côtiers ou les émis-
Fig. 1 ➜ Zones maritimes couvertes par
saires, et vise en en particulier les rejets toxiques
la convention OSPAR
susceptibles de bio-accumulation ; les substances
visées sont énumérées dans une liste annexée au
protocole (détergents non biodégradables, métaux
lourds, biocides et leurs dérivés, substances radioac-
tives si les rejets sont non conformes aux principes
de radioprotection, microorganismes pathogènes,
hydrocarbures) mais aussi les composés azotés ou
phosphorés pouvant être la cause d’eutrophisation
et les rejets thermiques.
Protocole de Montréal relatif à des
substances qui appauvrissent la couche
d’ozone, 19872
Certaines substances chimiques émises dans
l’atmosphère par les activités humaines appauvris-
sent la couche d’ozone stratosphérique (couche
située entre 10 et 50 km de la surface de la Terre) dont

1. Signée en 1976, entrée en vigueur en 2004.


2. Signé le 16 septembre 1987.
3. Ouverte à la signature le 22 décembre 1992, entrée en vigueur le 25 mars 1998.

58
Centrales nucléaires et environnement
ent
5

Cadre réglementaire
Au cours d’une Conférence tenue à Sintra du réchauffement climatique des cinquante der-
(Portugal)1en 1998, les ministres de l’environ- nières années : gaz carbonique (CO2), méthane
nement des 15 pays signataires ont adopté, le (CH4), hydrofluorocarbone (HFC), perfluorocar-
24 juillet, une stratégie portant sur la réduction bone (PFC), hexafluorure de soufre (SF6), peroxyde
progressive des substances dangereuses en d’azote (N2O).
général, et sur d’autres thèmes visant à protéger
La France, qui a signé le Protocole en 1998, a enté-
l’environnement marin tels que la lutte contre
riné celui-ci en droit national au travers du décret
l’eutrophisation.
n° 2005-295 du 22 mars 2005 portant publication
Pour les substances chimiques dangereuses, cette du Protocole de Kyoto.
déclaration prévoit la réduction des rejets, de façon
Convention de Berne pour la protection
à parvenir à des teneurs dans l’environnement
du Rhin, 19993
proche des teneurs ambiantes pour les substances
En signant une nouvelle Convention pour la
présentes à l’état naturel, et proches de zéro pour
Protection du Rhin le 12 avril 1999 à Berne, les
les substances de synthèse. À cet objectif général
Gouvernements des cinq États riverains du Rhin
fermement affiché est associée une volonté (« nous
(Suisse, France, Allemagne, Luxembourg, Pays-
ferons tout notre possible pour progresser dans le
Bas) et le représentant de la Commission euro-
sens de ») d’atteindre une cessation pure et simple
péenne ont formellement souligné qu’il convenait
des rejets d’ici l’an 2020.
de protéger le caractère précieux du Rhin, de ses
Pour les substances radioactives, la convention berges et de son milieu alluvial en renforçant plus
fixe pour objectif « de parvenir d’ici 2020 à des encore la coopération. Cette Convention, entrée en
teneurs, dans l’environnement, proches des teneurs vigueur en 2003, remplace l’ancienne Convention
ambiantes dans le cas des substances radioactives de Berne de 1963 (cf. §5 à propos des centrales
présentes à l’état naturel, et proches de zéro dans le frontalières ; centrale de Fessenheim).
cas des substances radioactives artificielles », ceci
Les travaux réalisés dans le cadre de cette
au moyen de « réductions progressives et substan-
Convention sont suivis par la Commission inter-
tielles des rejets, émissions ou pertes radioactives »
nationale pour la protection du Rhin, composée
(cf. chapitre 11 §5 du guide).
de représentants des États signataires.
Protocole de Kyoto sur la réduction
Accord international de Gand
des gaz à effet de serre, 19972
sur la Meuse, 20024
La Conférence des Nations unies sur l’environne-
La Commission internationale de la Meuse a été
ment et le développement (Sommet de la Terre)
créée en 2002 par la signature de l’accord inter-
organisée à Rio, en 1992, a notamment abouti à
national sur la Meuse. L’objectif de l’accord est
l’adoption d’une Convention-cadre sur le chan-
la gestion durable et globale de l’eau du district
gement climatique dont le Protocole de Kyoto a
hydrographique de la Meuse. L’accord a été signé
précisé les objectifs.
par la Région wallonne, les Pays-Bas, la France,
Le protocole de Kyoto, élaboré en 1997 et entré en l’Allemagne, la Région flamande, la Région de
vigueur en 2005, propose un calendrier de réduc- Bruxelles-Capitale, la Belgique et le Luxembourg
tion des émissions des six gaz à effet de serre et il est entré en vigueur en 2005 (cf. §5 à propos
qui sont considérés comme la cause principale des centrales frontalières : centrale de Chooz).

1. La déclaration de SINTRA ne constitue toutefois ni une décision ni une recommandation au sens de la Convention ; elle peut
s’analyser comme un simple engagement de nature politique.
2. Signé le 11 décembre 1997 et entré en vigueur en 2005.
3. Signée le 12 avril 1998, entrée en vigueur en 2003.
4. Signé le 3 décembre 2002, entré en vigueur en 2006.

59
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

3. Réglementation
européenne
L’environnement fait partie des domaines dans les- Parmi ces articles, l’article 37 intéresse particu-
quels les pays de l’Union européenne ont reconnu, lièrement l’exploitant lorsque celui-ci envisage de
dès les années 70, l’intérêt d’une approche construire une installation nouvelle ou de modifier
commune. Cette approche se caractérise par deux une installation existante pouvant entraîner une
types d’actions : augmentation des rejets radioactifs (cf. encart)2.
• la détermination de règles communes pour lut-
ter contre les pollutions globales pouvant avoir
Articles clés du traité EURATOM
un impact sur l’environnement et sur l’Homme
qui en fait partie ; Article 35 : Chaque État membre doit éta-
• la fixation de normes communes concer- blir les installations nécessaires pour ef fectuer
nant notamment la qualité de l’eau, l’expo- le contrôle per manent du taux de r adioacti-
sition du public aux rayonnements ionisants vité de l’atmosphère, des eaux et des sols . La
(radioprotection). Commission a le droit d’y accéder pour s’assurer
de leur bon fonctionnement et de leur effcacité.
La réglementation européenne, dans le domaine
Article 36 : Les résultats des contrôles effectués
de l’environnement et de la santé du public, dérive
au titre de l’article 35 doivent être régulièrement
souvent de textes internationaux dont l’Union
communiqués par les Autorités compétentes des
européenne est partie prenante. Elle conditionne
États membres à la Commission européenne.
une grande partie de la réglementation nationale
Article 37 : Les États membres doiv ent fournir
des pays membres.
à la Commission eur opéenne les « données
Parmi les différents instruments juridiques com- générales » de tout pr ojet de rejet d’eff uents
munautaires (cf. annexe 5.2), la Directive euro- radioactifs permettant de déterminer si ce projet
péenne est l’acte normatif qui domine en matière est susceptible d’entraîner une contamination
d’environnement. Celle-ci doit être transposée radioactive des eaux, du sol ou de l’espace
dans le droit national pour pouvoir produire ses aérien d’un autre pays membre. Après consul-
effets. Si ses termes sont suffisamment clairs et tation du groupe d’experts visé à l’article 31, la
précis, la Directive peut s’appliquer directement Commission européenne émet un avis dans un
dans le droit national, avant sa transposition. délai de 6 mois . Tout projet de construction ou
modif cations de conditions d’exploitation d’une
Les dispositions législatives et réglementaires
centrale nucléaire nécessite donc d’éta blir un
appliquées aux Installations Nucléaires de Base
dossier au titre de cet ar ticle 37 (dossier dit
(INB) et aux centrales nucléaires sont tirées du
« article 37 »),dès lors que ce projet entraîne une
droit communautaire, il est donc nécessaire d’en
augmentation des rejets radioactifs ou une pro-
présenter, ici, les éléments marquants.
duction de nouveaux rejets pouvant atteindre
un autre État membre.
Article 38 : La Commission eur opéenne peut
3.1 Textes relatifs à adresser aux États membres toutes les recom-
la protection de mandations en ce qui concer ne le taux de
la santé publique radioactivité dans l’environnement (air, eau, sol).

Traité EURATOM1
Ce traité a été signé en 1957 dans le but de per- Directive 96/29/EURATOM
mettre le développement de l’énergie nucléaire du 13 mai 1996, fixant les normes de base
tout en assurant la protection de la population relatives à la protection de la population
et des travailleurs contre les effets nocifs des et des travailleurs contre les dangers
rayonnements ionisants. Ce traité comporte plu- des rayonnements ionisants ;
sieurs articles qui concernent la protection du prise au titre du traité EURATOM
public contre les effets des rayonnements ioni- La Commission Internationale de Protection
sants (Art. 30 à 33), les rejets radioactifs et la Radiologique (CIPR) a adopté en 1990 des recom-
radioactivité dans l’environnement (Art. 35 à 38). mandations en matière de radioprotection des

1. European Atomic Energy Community.


2. Cf. Recommandation de la Commission européenne n° 2010/635/Euratom du 11 octobre 2010 sur l’application de l’article 37
du traité EURATOM.

60
Centrales nucléaires et environnement
ent
5
travailleurs et du public qui ont fait l’objet de la Ce texte a été transposé en droit français par le
publication n° 60. Celles-ci ont été transcrites décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001 relatif
par l’AIEA sous forme de normes internationales aux eaux destinées à la consommation humaine,
(« Basic Safety Standards ») en 1994, et transpo- à l’exclusion des eaux minérales naturelles.

Cadre réglementaire
sées en droit européen dans la Directive 96/29
Cette Directive introduit pour la première fois des
EURATOM « Normes de Base de radioprotection »
paramètres de qualité relatifs à la radioactivité. L’un
du 13 mai 1996. Cette Directive a été intégrée dans
porte sur le tritium (100 Bq/L2), l’autre sur la dose
la réglementation française en 2000 notamment
reçue du fait de l’ingestion d’eau (0,1 mSv/an). Ces
avec le décret n° 2002-460 du 4 avril 2002 relatif
valeurs ne sont pas des limites mais simplement
à la protection générale des personnes contre les
des paramètres indicateurs. En cas de dépasse-
dangers des rayonnements ionisants.
ment, les États membres sont tenus d’informer
Cette réglementation est fondée sur trois principes la Commission européenne et la population, de
de base, à propos desquels existe un consensus rechercher la source de la contamination et, éven-
international : tuellement, de prendre des mesures pour réduire
• le principe de justification : l’activité humaine les concentrations de tritium dans l’eau potable.
impliquant une exposition aux rayonnements
La dose indicative totale (0,1 mSv/an) ne concerne
ionisants doit pouvoir être justifiée par les avan-
pas uniquement le tritium mais l’ensemble des
tages qu’elle procure, après avoir pris en compte
radioéléments à l’exclusion du potassium 40 et
l’ensemble des avantages et des inconvénients,
du radon et ses descendants.
• le principe de l’optimisation de la protec-
tion : non seulement les expositions doivent Directive européenne 2006/7/CE
être justifiées mais, de plus, elles doivent être du 15 février 2006 concernant la gestion
maintenues à un niveau aussi bas qu’il est rai- de la qualité des eaux de baignade
sonnablement possible de le faire ; le principe et abrogeant la Directive 76/160/CEE
d’optimisation est encore appelé «  principe Cette directive vise à préserver, protéger et à amé-
ALARA » (As Low As Reasonably Achievable) ; liorer la qualité de l’environnement ainsi qu’à
• le respect de limites ou de niveaux de dose à protéger la santé humaine, en complément de la
ne pas dépasser (principe de limitation) : ces directive 2000/60 (ci-après). Elle s’applique à toute
limites ou niveaux dépendent des circonstances, partie des eaux de surface où l’autorité compé-
ainsi elles sont plus sévères pour les enfants. tente de l’État membre s’attend à ce qu’un grand
nombre de personnes se baignent. Cette Directive
En ce qui concerne la protection du public contre
a été transposée en droit français, notamment, par
les rayonnements ionisants, la CIPR a fixé, en 1990
la loi dite « LEMA » (cf. §4.2).
dans sa publication n° 60, la limite d’exposition
pour le public à 1 mSv/an (au lieu de 5 mSv/an
auparavant)1. Précisons qu’il s’agit de la dose
ajoutée imputable à l’ensemble des « pratiques »,
3.2 Textes relatifs
c’est-à-dire des activités humaines, et que, pour à la protection du milieu
une industrie particulière, l’ajout autorisé n’est aquatique
qu’une fraction de cette limite. La limite d’exposi-
tion pour la population de 1 mSv/an est reprise par Directive 2000/60/CE du Parlement et
la directive ainsi que par le décret de transposition du Conseil adoptée le 23 octobre 2000,
n° 2002-460 du 4 avril 2002. établissant un cadre pour une politique
communautaire dans le domaine de l’eau
Directive européenne n° 98/83/CE
(Directive dite « Cadre sur l’Eau », « DCE »)3
du 03 novembre 1998 relative à la qualité
Cette Directive a été transposée, notamment,
des eaux destinées à la consommation humaine
par la loi dite «  LEMA  » (cf.  §4.2). C’est l’élé-
La Directive vise à protéger la santé des personnes
ment majeur de la réglementation européenne
en établissant des exigences de salubrité et de
en matière de protection de la ressource en eau.
propreté auxquelles doit satisfaire l’eau potable
Avec les directives relatives à la santé publique, la
dans la Communauté. Elle s’applique à toutes les
directive cadre sur l’eau fait partie des textes com-
eaux destinées à la consommation humaine, à
munautaires ayant une grande importance pour
l’exception des eaux minérales naturelles et des
les activités des centrales nucléaires s’agissant
eaux médicinales.
des prélèvements d’eau et des rejets d’effluents.

1. Le niveau de l’irradiation naturelle est de 2,4 mSv/an en moyenne en France.


2. Nota : L’OMS a fixé une limite d’activité pour le tritium de 10 000 Bq/L. Cette valeur été déterminée en considérant qu’une
consommation quotidienne de 2 litres d’eau potable à 10 000 Bq/L n’entraîne pas de dose supérieure à 0,1mSV, soit 1/10e de la
limite réglementaire fixée pour le public : 1 mSv/an.
3. Modifiée par la directive 2009/31/CE.
4. Signé le 3 décembre 2002, entré en vigueur en 2006.

61
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

Objectifs établies par la Directive. Une liste de substances


L’objectif de la politique communautaire dans le chimiques prioritaires présentant un risque
domaine de l’eau vise à atteindre, d’ici 2015, un important pour le milieu aquatique constitue
«  bon état  » chimique et écologique des eaux l’annexe X de la Directive. Celle-ci a été modi-
superficielles et souterraines en Europe. Pour y fiée par la directive – fille 2008/105/CE sur les
parvenir, la directive prévoit d’instaurer une ges- Normes de Qualité Environnementales (NQE) et
tion de l’eau par bassin hydrographique, afin : les zones de mélange (cf. encart). Une détério-
• d’améliorer la qualité des eaux et des ration temporaire des masses d’eau ne constitue
écosystèmes, pas une infraction de la présente directive si elle
• de prévenir toute dégradation supplémentaire, résulte des circonstances exceptionnelles et non
• de promouvoir une utilisation durable de l’eau prévisibles liées à un accident, une cause natu-
(usages), relle ou un cas de force majeure.
• de réduire progressivement les émissions de
En France, les obligations de cette Directive
substances chimiques dangereuses,
sont intégrées notamment dans les Schémas
• de contribuer à atténuer les effets des inonda-
Directeurs d’Aménagement et de Gestion des
tions et des sécheresses,
Eaux (SDAGE) et des Schémas d’Aménagement
• de protéger les eaux marines,
et de Gestion des Eaux (SAGE) élaborés et mis
• de réaliser les objectifs des accords internationaux.
en œuvre au niveau de chaque bassin hydrogra-
Gestion de l’eau par bassin hydrographique phique (cf. §4.3).
Cette gestion par bassin hydrographique, qui s’ins-
Concertation avec les parties prenantes et
pire de la législation française (loi sur l’eau de
aspects financiers
1964), est fondée sur :
Chaque État membre doit encourager la concer-
• l’identification et l’analyse des masses
tation avec toutes les parties prenantes pour éla-
d’eaux  : les États membres sont tenus de
borer ces plans de gestion. Les États membres
recenser tous les bassins hydrographiques
doivent assurer que la politique de tarification
qui se trouvent sur leur territoire afin de les
incite les consommateurs à utiliser les ressources
rattacher à des districts hydrographiques. Les
de façon efficace et que les différents secteurs éco-
bassins hydrographiques qui s’étendent sur le
nomiques contribuent à la récupération des coûts
territoire de plus d’un État seront intégrés au
des services liés à l’utilisation de l’eau, y compris
sein d’un district hydrographique internatio-
les coûts pour l’environnement et les ressources.
nal. Chaque État membre désigne une autorité
compétente pour chacun des districts. Directive 2008/56/CE du 17 juin 2008
établissant un cadre d’action communautaire
Les États membres doivent faire une analyse
dans le domaine de la politique pour le
des caractéristiques de chaque district hydro-
milieu marin (Directive-Cadre « Stratégie
graphique, une étude de l’incidence de l’activité
pour le Milieu Marin » (DCSMM))
humaine sur les eaux, une analyse économique de
La Directive ne porte sur le domaine littoral que
l’utilisation de celles-ci et un registre des zones qui
de façon incomplète, puisque cet espace est déjà
nécessitent une protection spéciale.
pris en compte partiellement par la Directive Cadre
• les mesures de protection et de restaura- sur l’Eau (DCE). L’objectif principal de la Stratégie
tion : un plan de gestion et un programme marine européenne est de parvenir à un bon état
de mesures doivent être élaborés au sein de écologique du milieu marin dans l’Union euro-
chaque district hydrographique. Ces mesures péenne à l’horizon 2020.
ont pour but de :
Directives « filles » de la directive DCE
- prévenir la détérioration, améliorer et restau-
et autres Directives relatives à l’eau
rer l’état des masses d’eau de surface afin
La Directive cadre sur l’eau donne naissance à des
d’atteindre un bon état chimique et écolo-
Directives « filles » et d’autres textes relatifs à l’eau.
gique (cf. encart) de celles-ci,
Les principaux textes sont énumérés ci-après :
- réduire la pollution due aux rejets et émis-
• Directive 2006/44/CE du 6 septembre 2006
sions de substances chimiques dangereuses ;
concernant la qualité des eaux douces ayant
- protéger, améliorer et restaurer les eaux sou-
besoin d’être protégées ou améliorées pour
terraines, prévenir leur pollution, leur dété-
être aptes à la vie des poissons.
rioration et assurer un équilibre entre leurs
• Directive 2006/118/CE du 12 décembre 2006 sur
captages et leur renouvellement ;
la protection des eaux souterraines contre la
- préserver les zones protégées tels que les
pollution et la détérioration. Cette Directive définit
sites « Natura 2000 » (cf. chapitres 3 et 8 du
le cadre des dispositions à mettre en œuvre pour
guide).
prévenir et réduire la pollution des eaux souter-
Les objectifs précédents doivent être atteints en raines. Ceci passe, notamment, par des mesures
2015, mais cette échéance peut être rapportée d’évaluation de l’état chimique des eaux et des
ou assouplie, tout en respectant les conditions actions visant à réduire la présence de polluants.

62
Centrales nucléaires et environnement
ent
5
• Directive 2007/60/CE du 23 octobre 2007 nementale dans le domaine de l’eau. Elle fixe
relative à l’évaluation et la gestion des des limites de concentration dans les eaux de
inondations. surface pour 33 substances chimiques prio-
• Directive 2008/105/CE du 16 décembre 2008 ritaires et 8 autres polluants.

Cadre réglementaire
établissant des normes de qualité environ-

Directive européenne Cadre sur l’Eau (DCE)


Les grandes étapes de sa mise en œuvre Bon état écologique : état d’une m asse d’eau
par les États membres respectant les critères biologiques de qualité déf -
• 2004 : État des lieux nis par les textes comm unautaires, notamment
• 2005 : Consultation du public sur l’état des lieux l’annexe V de la Directive DCE.
• 2008 : Consultation du public sur les SDAGE Bon potentiel écologique : état d’une masse d’eau
• 2009 : Publication du premier plan de gestion et fortement modif ée hydromorphologiquement par
du programme de mesures l’homme ou artif cielle conformes aux dispositions
• 2009 : Adoption des SDAGE révisés de l’annexe V de la Directive DCE.
• 2015 : Point sur l’atteinte des objectifs, suivi d’un
Bon état chimique d’une eau souterraine : état
second plan de gestion et pr ogramme de
d’une masse d’eau répondant aux conditions de
mesure
l’annexe V de la Directive DCE.
• 2027 : Dernière échéance pour la réalisation des
objectifs Norme de Qualité Environnementale (NQE) : la
concentration d’un polluant ou d’un gr oupe de
Mise en œuvre de la DCE vis-à-vis des polluants dans l’eau, les sédiments ou le biotope
objectifs de qualité d’eau qui ne doit pas être dépassée af n de protéger la
Centrée sur la préser vation du milieu naturel et santé humaine et l’environnement.
assortie d’une oblig ation de résultats , la DCE Masse d’eau de surface : il s’agit d’une par tie dis-
implique la planif cation et la mise en œuvre d’ac- tincte et signif cative des eaux de surface telles qu’un
tions de diagnostic et, le cas échéant, de restau- lac, un réservoir, une rivière, un f euve ou un canal,une
ration des milieux aquatiques. partie de rivière, de f euve ou de canal, une eau de
La phase de diagnostic consiste à établir un état transition ou une portion d’eaux côtières.
des lieux des milieux aquatiques. Au cours de cet
Eaux intérieures : toutes les eaux stagnantes et les
état des lieux seront choisis des sites de référence
eaux courantes à la surf ace du sol et toutes les
qui permettront d’établir des valeurs de référence
eaux souterraines en amont de la ligne de base
du « bon état » chimique et écologique » pour
servant pour la mesure de la lar geur des eaux
les différents indicateurs de qualité chimique
territoriales.
(concentrations de polluants) et biologique (inver-
tébrés, diatomées, poissons, macrophytes…) pour Eaux de surface : les eaux intér ieures, à l’excep-
chaque type de masse d’eau. tion des eaux souterr aines, les eaux de tr ansition
et les eaux côtières, sauf en ce qui concer ne leur
La noon de bon état état chimique, pour lequel les eaux territoriales sont
(exemple des eaux superficielles) également incluses.
État écologique État chimique Eaux souterraines : toutes les eaux se trouvant sous
(physicochimie, biologie) (normes / usages)
la surface du sol dans la zone de saturation et en
Très bon Bon
Bon contact direct avec le sol ou le sous-sol.
Moyen
Médiocre Pas bon Eaux de transition : des m asses d’eaux de sur -
Mauvais face à proximité des embouchures de r ivières,
qui sont par tiellement salines en r aison de leur
Une situaon appréciée par rapport proximité d’eaux côtières , mais qui sont f on-
aux condions de référence (très bon état)…
damentalement influencées par des cour ants
d’eau douce.
Termes-clés de la directive 2000/60/CE (Art. 2) Eaux côtières : les eaux de surf ace situées
Bon état chimique d’une eau de surface : en-deçà d’une ligne dont tout point est situé à
état d’une m asse d’eau respectant les cr i- une distanced’un mille m arin au-delà du point
tères chimiques déf inis par l’annexe IX de la le plus proche de la ligne de base ser vant pour
directive DCE ou d’autres textes comm unau- la mesure de la lar geur des eaux terr itoriales et
taires pertinents fixant les nor mes de qualité qui s’étendent, le cas échéant, jusqu’à la limite
environnementale. extérieure d’une eau de transition.

63
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

Bassin hydrographique : toute zone dans laquelle Abrogations :


toutes les eaux de ruissellement convergent à tra- En 2007 (sept ans après l’entrée en vigueur de la
vers un réseau de r ivières, f euves et éventuelle- directive), la législation suivante est abrogée :
ment de lacs v ers la mer, dans laquelle elles se • Directive 75/440/CEE concernant la qualité
déversent par une seule embouchure, estuaire d’eau requise des eaux superf cielles destinées
ou delta. à la production d’eau alimentaire.
District hydrographique : une zone terrestre et • Décision 77/795/CEE instituant une pr océdure
maritime, composée d’un ou plusieur s bassins commune d’échange d’informations relative à
hydrographiques ainsi que des eaux souterr aines la qualité des eaux douces superf cielles dans
et eaux côtières associées , identifiée comme la Communauté.
principale unité aux f ns de la gestion des bassins • Directive 79/869/CEE concernant les mesures et
hydrographiques. la fréquence des échantillonnages et d’analyse
des eaux superf cielles destinées à la production
Termes-clés de la Directive « fille » d’eau alimentaire.
2008/105/CE (Art. 4) En 2013 (treize ans a près l’entrée en vigueur de
Zone de mélange : zone adjacente au point de la directive), la législation suivante est abrogée :
rejet où les concentr ations d’un ou plusieur s pol- • Directive 79/923/CEE concernant la qualité des
luants peuvent dépasser les nor mes de qualité eaux conchylicoles.
environnementales. L’arrêté du 25 janvier 2010 rela- • Directive 76/464/CEE concernant la pollution
tif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état causée par certaines substances dangereuses
écologique et chimique reprend cette déf nition déversées dans le milieu aquatique,à l’exception
en précisant que « Cette zone est proportionnée de l’article 6, qui est a brogé à la date d’entrée
et limitée à la proximité du point de rejet et ne en vigueur de la présente directive.
compromet pas le respect des NQE sur le reste de • Directive 78/659/CEE concernant la qualité des
la masse d’eau ». eaux douces ayant besoin d’être protégées ou
améliorées pour être aptes à la vie des poissons.

3.3 Autres textes Cette directive soumet notamment à autori-


sation les activités industrielles qui ont un
Directive 2010/75/UE du 24 novembre
fort potentiel de pollution. Elle vise à éviter
2010 relative aux émissions industrielles
ou à minimiser les émissions polluantes dans
(dite « IED » succédant à la directive 2008/1/
l’atmosphère, les eaux et les sols ainsi que les
CE du 15 janvier 2008 modifiée relative à la
déchets provenant des installations industrielles
prévention et à la réduction intégrées de la
en ayant recours aux Meilleures Techniques
pollution (dite « IPPC » : Integrated Pollution
Disponibles (MTD).
Prevention and Control qui est abrogée
au 7 janvier 2014 par la Directive IED)

Meilleures Techniques Disponibles (MTD)


Extrait de la Directive 2010/75/UE : b) Par « disponibles », on entend les techniques
art. 3 point 10 : mises au point sur une échelle permettant de
« meilleures techniques disponibles » : le stade de déve- les appliquer dans le contexte du secteur indus-
loppement le plus efficace et avancé des activités et triel concerné, dans des conditions économi-
de leurs modes d’exploitation, démontrant l’aptitude quement et techniquement viables, en prenant
pratique de techniques particulières à constituer, en en considération les coûts et les avantages, que
principe, la base des valeurs limites d’émission visant ces techniques soient utilisées ou produites ou
à éviter et, lorsque cela s’avère impossible, à réduire non sur le territoire de l’État membre intéressé,
de manière générale les émissions et l’impact sur l’en- pour autant que l’exploitant concerné puisse y
vironnement dans son ensemble. avoir accès dans des conditions raisonnables.

a) Par « techniques », on entend aussi bien les c) Par « meilleures », on entend les techniques les
techniques employées que la manière dont plus efficaces pour atteindre un niveau général
l’installation est conçue, construite, entretenue, élevé de protection de l’environnement dans
exploitée et mise à l’arrêt. son ensemble. »

64
Centrales nucléaires et environnement
ent
5
La notion de MTD définie par la Directive IED des aspects techniques et administratifs liés au
est souvent évoquée lorsqu’il est question des fonctionnement du dispositif REACH. EDF, en tant
prélèvements d’eau et des rejets d’effluents des que fabricant de substances chimiques sur ses cen-
centrales nucléaires d’EDF. Certaines MTD sont trales nucléaires (fabrication de monochloramine et

Cadre réglementaire
décrites dans des documents de référence appe- d’hypochlorite de sodium), constitue des dossiers
lés BREF (Best available Technique References). d’enregistrement en vue de les déposer auprès de
Ces documents techniques sont élaborés par la l’Agence européenne des produits chimiques avant
Commission en concertation avec les parties pre- l’échéance du 31 mai 2013.
nantes (industriel, États, ONG…).
Directives SEVESO 82/501/CE Règlement REACH
du 24 juin 1982, SEVESO II 96/82/
CE du 9 décembre 1996 et SEVESO III Le règlement introduit des nouvelles procédures
2003/105/CE du 16 décembre 2003 administratives que sont notamment :
sur la maîtrise des dangers • l’enregistrement : aucune substance soumise
La Directive SEVESO de 1982 a permis d’initier le à enregistrement ne peut être f abriquée ni
processus d’harmonisation des législations sur la importée si elle n’a pas été enregistrée par le
maîtrise du risque. Modifiée en 1996 et en 2006 producteur ou l’utilisateur (« pas de données,
la directive dite SEVESO constitue le pendant en pas de marché »). Ce sont les producteurs de
matière de risques accidentels de la Directive IED substances et non plus les autor ités publiques
sur les pollutions. qui doivent prouver que les r isques liés aux
substances qu’ils produisent sont valablement
Règlement 2006/1907/CE maîtrisés : il s’agit alors d’un renversement de
du 18 décembre 2006 concernant la charge de la preuve ;
l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation • l’évaluation : l’évaluation permet à l’Agence
des substances chimiques, ainsi que les européenne des produits chimiques de vérif er
restrictions applicables à ces substances que l’industrie respecte ses obligations et évite
(« REACH ») les essais sur les animaux vertébrés inutiles ;
Le règlement REACH (enRegistrement, Evaluation • l’autorisation : aucune substance soumise à
et Autorisation des substances CHimiques) entré en la procédure d’autorisation (CMR 1 & 2, PBT
vigueur le 1er juin 2007, couvre le contrôle de la fabri- et vPvB1) ne peut être utilisée si elle n’a pas
cation, de l’importation, de la mise sur le marché fait l’objet d’une autorisation pour cet usage ;
et de l’utilisation des substances chimiques. Il vise • la restriction : c’est le flet de sécurité du système
les substances en tant que telles, ainsi que celles permettant de gérer les risques non couverts par
présentes dans les préparations ou dans les articles. ailleurs. Elle peut permettre l’interdiction pure et
Les substances radioactives et les déchets ne sont simple d’une substance sur le marché européen
pas visés par ce texte. L’Agence européenne des quel que soit son usage.
produits chimiques, basée à Helsinki, a la charge

4. Réglementation française
La réglementation française relative aux instal- En matière de lutte contre toutes les formes de
lations nucléaires de base, dont font partie les pollutions (chimique, radioactive, thermique,
centrales nucléaires d’EDF, repose sur des textes microbiologique), deux approches réglementaires
internationaux (conventions, protocoles…), le coexistent :
droit communautaire (règlements, directives…) • la première vise la prévention des nuisances de
et sur des textes généraux de protection de l’envi- toute nature par une approche dite « intégrée » :
ronnement et de santé publique ou de lutte contre réglementation relative aux INB et aux ICPE ;
les nuisances (lois, décrets, arrêtés, circulaires…). • la seconde recherche la protection du milieu :
Les autorisations délivrées pour chaque centrale réglementation relative à l’eau, à l’air, …
nucléaire à EDF afin de prélever de l’eau et rejeter
des effluents dans l’environnement découlent de Nota : La réglementation relative à l’information du
ces nombreux textes dont les principaux sont pré- public et les missions exercées par l’Administration
sentés ci-après. Les textes propres à chaque cen- (notamment son rôle de police) sont respectivement
trale nucléaire d’EDF font l’objet du paragraphe 5. abordés au chapitre 4 et au chapitre 11 du guide.

1. CMR : Cancérigène, Mutagène, Repro-toxique – PBT : Persistante, Bioaccumulable, Toxique – vPvB : très Persistante, très Bioaccumulable

65
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

4.1 Réglementation dans Avec la création de l’ASN, les compétences de


sûreté nucléaire et de radioprotection au sein
le domaine nucléaire
du gouvernement sont confiées à la Direction
Code de l’environnement : textes issus Générale de la Prévention et des Risques (DGPR)
de la loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 placée sous l’autorité des ministres chargés de
relative à la transparence et à la sécurité l’environnement, de l’industrie et de la santé. Pour
en matière nucléaire (dite « TSN ») codifiée assister les ministres chargés de ces questions, la
C’est la première loi spécifique dans le Mission de Sûreté Nucléaire et de radioprotection
domaine du nucléaire et concerne en parti- (MSNR) a été créée.
culier les INB et les transports de substances
Cette législation introduit un changement majeur
radioactives en « raison des risques ou inconvé-
en ce qui concerne la procédure de création et
nients qu’ils peuvent présenter pour la sécurité, la
l’exploitation des INB.
santé et la salubrité publiques ou la protection de
la nature et de l’environnement »1. Jusqu’en 2006 (sous l’empire du décret de 19639),
deux types d’autorisation étaient nécessaires pour la
La loi « TSN » a été codifiée par l’ordonnance
création et pour les prélèvements d’eau et les rejets :
n° 2012-6 du 5 janvier 2012 au sein du Code de
• une autorisation délivrée par le Décret d’Au-
l’environnement (Livre Ier et livre V). Il convient
torisation de Création (DAC) portant sur les
donc de viser désormais les articles du Code de
aspects de sûreté nucléaire,
l’environnement et non plus ceux de la loi « TSN »
• une autorisation sous la forme d’un arrêté
(cf. annexe 5.3).
interministériel relatif aux prélèvements d’eau
Les dispositions tirées de cette loi revêtent une et aux rejets d’effluents (suivant le décret du
grande importance car : 4 mai 199510).
• elles réforment la gouvernance de la sûreté
Depuis 2006, il y a une autorisation principale déli-
nucléaire en créant une autorité adminis-
vrée après enquête publique et avis de l’ASN :
trative indépendante2, à savoir : l’Autorité de
le Décret d’Autorisation de Création (DAC).
Sûreté Nucléaire ASN3,
Le DAC couvre notamment les aspects « sûreté »,
• elles donnent une base législative à la défi-
comme auparavant, mais aussi les prélèvements
nition des INB et précise le régime juridique
d’eau et les rejets (cf. §5).
applicable aux autres installations implantées
dans le périmètre d’une INB (cf. encart), Des prescriptions complémentaires au DAC sont
• elles fondent sa politique sur une approche délivrées par l’ASN sur les prélèvements d’eau et
intégrée de la réduction des nuisances et des les rejets, mais aussi sur les nuisances sonores
pollutions, et les moyens de contrôle de l’installation et de
• elles reprennent les principes fondamentaux surveillance de ses effets sur l’environnement.
auxquels doivent satisfaire les activités présen- Par ailleurs, le DAC d’une installation nucléaire
tant un risque d’exposition aux rayonnements de base susceptible de rejeter des substances
ionisants (principes de justification, limitation, radioactives ne peut être accordé qu’après récep-
optimisation de la Directive EURATOM 96/29), tion de l’avis de la Commission européenne au titre
• elles renforcent la transparence et notamment de l’article 37 du traité EURATOM.
l’information du public4,
Pour les installations nucléaires de base, le
• elles assurent le fondement légal des
décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007
Commissions Locales d’Information CLI5
vient préciser les procédures administratives à
crée le Haut Comité pour la Transparence et
suivre et l’arrêté du 7 février 2012, applicable
la Sécurité Nucléaire HCTSN6,
à partir du 1er juillet 2013, établit les règles géné-
• elles durcissent les sanctions administratives7
rales applicables aux INB.
et pénales8.

1. Art. L. 593-1 du Code de l’environnement ex-art. 28-I de l’ex-loi.


2. Les Autorités Administratives Indépendantes (AAI) sont des institutions de l’ état qui diffèrent de l’administration traditionnelle
dans le sens où elles ne sont pas sous la tutelle d’un ministère (cf. chapitre 11).
3. Art. L. 592-1 à L. 592-40 du Code de l’environnement (ex Art. 3 et 4 de l’ex-loi).
4. Art. L. 125-10-1 à L. 125-16 du Code de l’environnement (ex-art. 19 et 21 de l’ex-loi).
5. Art. L. 125-17-1 à L. 125-33 du Code de l’environnement (ex-art. 22 de l’ex-loi).
6. Art. L. 125-34 à L. 125-40 du Code de l’environnement (ex-art. 23 et 27de l’ex-loi).
7. Art. L. 596-14 à L. 596-22 du Code de l’environnement (ex-art. 41 et 44 de l’ex-loi).
8. Art. L. 596-27 à L. 596-31 du Code de l’environnement (ex-art. 53 et 56 de l’ex-loi).
9. Voir paragraphe suivant.
10. Voir paragraphe suivant

66
Centrales nucléaires et environnement
ent
5
Décret n° 2007-1557 du 2 novembre prélèvements d’eau des INB. Il porte principale-
2007 relatif aux installations ment sur les procédures administratives à suivre
nucléaires de base et au contrôle, pour la création d’une INB, sa mise en service,
en matière de sûreté nucléaire, du transport sa modification, sa mise à l’arrêt définitif et son

Cadre réglementaire
de substances radioactives démantèlement. Il définit aussi les dispositions
Ce décret abroge le décret n° 63-1228 du relatives aux autres installations situées dans le
11  décembre 1963 relatif aux installations périmètre d’une INB qui répondent aux critères
nucléaires précité et le décret n° 95-540 du 4 mai de classement de la nomenclature ICPE ou de la
1995 relatif aux rejets liquides et gazeux et aux nomenclature « eau » (IOTA1).

Principaux articles du décret du 2 novembre 2007 relatif aux INB


Art. 7 à 19 : Dispositions relatives à • les prescriptions à caractère technique de l’ASN
la création d’une INB pour l’application du DAC qui sont soumises pour
Ces articles concernent : avis au CoDERST et observations à la CLI (ex.pré-
• le dépôt du dossier de demande d’autorisation lèvements d’eau, rejet, surveillance de l’environ-
de création compor tant un cer tain nombre nement, limitations des nuisances sonores…).
de pièces (étude d’impact, études de maîtrise
En particulier,
des risques, le r apport préliminaire de sûreté
L’article 9 apporte les précisions et compléments au
qui tient lieu d’étude de danger s, le plan de
contenu de l’étude d’impact, qui depuis la par u-
démantèlement,…),
tion du décret n° 2011-2019 du 29 décembre 2011
• les modalités d’instr uction du dossier par les
portant réforme des études d’impact, correspond
ministres chargés de la sûreté nucléaire,
à celui de droit commun tel que prévu au Code de
• l’organisation de l’enquête publique,
l’environnement (R. 122-5) (cf. chapitre 8 du guide).
• l’obtention du décret d’autorisation de création
L’article 18 précise la procédure en vue d’établir les
(déf nit le périmètre de l’INB,délai de mise en ser-
prescriptions (sous la forme de décisions de l’ASN).
vice de l’installation,éventuellement la durée de
Dans le cas où les prescr iptions concernent les
l’autorisation si celle-ci est accor dée pour une
limites de rejet,celles-ci doivent être homologuées
durée limitée),
par les ministres en charge de la sûreté.

Exploitant

Demande d’autorisaon de créaon accompagnée


d’un rapport préliminaire de sûreté

AE*
ASN***

Préfet IRSN** Consultaon des


Rapport ministères concernés
dont celui de la santé
Enquête
publique

Projet de décret

Avis de l’ASN

Avis conforme du
ministère de la Santé
***AE : Autorité Environnementale
Décret d’autorisaon ***IRSN : Instut de Radioprotecon
de créaon et de Sûreté Nucléaire*
***ASN : Autorité de Sûreté Nucléaire

1. IOTA : Installations, Ouvrages, Travaux et Aménagements visés par la loi sur l’eau.

67
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

Art. 20 à 22 : Dispositions relatives accroissement de la ca pacité de pr oduction,


à la mise en service d’une INB modification des éléments essentiels touchant
Ces articles portent sur : la sûreté, l’environnement, …). Ceci conduit à
• le dépôt d’un dossier comprenant notamment modif er le DAC et donc implique le passage en
le rapport de sûreté, les Règles Génér ales enquête publique.
d’Exploitation (RGE), le Plan d’Urgence Interne
en cas d’incident ou d’accident (PUI) ; ce dos-
Art. 57 à 59 : Dispositions relatives
sier peut être instruit en parallèle du dossier DAC,
aux autres installations situées à l’intérieur
et à l’extérieur du périmètre de l’INB
• la délivrance de l’autor isation par une déci-
sion de l’ASN qui f ait l’objet d’une mention Ces articles précisent l’articulation
au Bulletin Off ciel de l’ASN. Elle est notif ée à des régimes INB et ICPE
l’exploitant et communiquée aux ministres char- À l’intérieur du périmètre de l’INB, deux régimes
gés de la sûreté nucléaire et au préfet. juridiques coexistent (cf. §5) :
• les équipements et installations ( non néces-
Art. 25 à 27 : Dispositions relatives saires au fonctionnement de l’INB) restent
aux modifications d’exploitation soumis à leur pr opre régime (ICPE, loi sur
L’article 25 décrit la procédure à suivre en cas l’eau (IOTA), …). Toutefois, le décret prév oit
de modif cation des prescriptions à l’initiative de que l’autorité compétente en m atière de
l’Autorité de sûreté. Cet article prévoit aussi le trai- décision individuelle et de contrôle est, dans
tement des situations exceptionnelles (sécheresse, ce cas, l’Autorité de sûreté nucléaire au lieu
canicule, situation d’urgence…). du préfet. Cette disposition qui confère à une
L’article 26 décrit la procédure à suivre en cas de autorité unique, l’ASN, la police de l’ensemble
modif cation « non nota ble » de l’installation ou des installations situées au sein du pér imètre
modif cation des RGE, du PUI ou des conditions de l’INB, répond au souci d’assurer la cohé-
d’exploitation à l’initiative de l’exploitant (décla- rence des prescr iptions applicables au sein
ration à l’ASN). Le recours à l’article 26 ne suppose du périmètre (art. 57),
pas d’enquête publique, mais le cas échéant une • les équipements et installations nécessaires
mise à disposition du public. à l’INB qui répondent aux cr itères de classe-
L’article 27 dispense l’exploitant de la déclaration ment ICPE ou IOTA (par exemple le stockage
préalable (l’article 26), après décision de l’ASN, ou l’emploi d’hydrogène, ou encore le dépôt
en cas d’« opération d’importance mineure ». À et le stoc kage de substances r adioactives
ce titre, l’exploitant est tenu d’établir une liste des de haute activité) sont réputés f aire partie
opérations qu’il considère mineures et de rédiger de l’INB et sont entièrement soumis aux dis-
un dossier précisant les conditions d’un contrôle positions de l’ex-loi TSN codifiée et de son
interne (qualité, autonomie, transparence, …). Ces décret d’application du 2/11/2007 (Ar t. 25
éléments sont soumis à l’approbation de l’ASN. ou 26 notamment).

Art. 29 à 33 : Disposition relatives En dehors du périmètre de l’INB, les matériels,


à la modification du DAC initial équipements et activités sont réglementées
L’article 31 déf nit la démarche à suivre en cas de par textes relatifs aux ICPE, à la pr otection de
modif cation « nota ble » de l’INB (par exemple, l’environnement et de la santé publique.

Arrêté du 7 février 2012 fixant les l’entretien et la surveillance des installations et


règles générales relatives aux Installations la mise à l’arrêt définitif.
Nucléaires de Base (arrêté « INB »)
L’arrêté reprend et actualise certaines dispo-
Cet arrêté couvre un champ très large puisqu’il
sitions de l’arrêté du 10 août 1984 relatif à
vise à protéger les «  intérêts  » mentionnés à
la qualité de la conception, de la construction
l’article L. 593-1 du Code de l’environnement
et de l’exploitation des INB (dit « arrêté qua-
(ex. article 28 I de la loi TSN du 13 juin 2006). Il
lité »), l’arrêté du 26 novembre 1999 fixant
concerne le management de la sûreté, l’informa-
les prescriptions techniques générales relatives
tion du public, la maîtrise des risques d’accident,
aux limites et modalités des prélèvements et
la maîtrise des nuisances et de l’impact sur
des rejets soumis à autorisation, effectués
la santé et sur l’environnement, la gestion des
par les INB et l’arrêté du 31 décembre 1999
déchets, les situations d’urgence.
fixant la réglementation technique générale
Il s’applique à toutes les phases de la « vie » d’une destinée à prévenir et limiter les nuisances et
INB de la conception jusqu’au démantèlement, en les risques externes résultant de l’exploitation
passant par la construction, le fonctionnement, des INB (cf. encart). Ces textes sont abrogés

68
Centrales nucléaires et environnement
ent
5
au 1 er juillet 2013, date d’entrée en vigueur par ailleurs, des définitions sur des termes-clés
de l’arrêté du 7 février 2012 (sauf dispositions tels que « fonctionnement normal » ou « en mode
particulières). dégradé », « effluent », « événements significa-
tifs », « incident ou accident », …
Il étend aux INB des dispositions applicables aux

Cadre réglementaire
ICPE/IOTA (cf. arrêtés listés en annexe II de l’arrêté Ces exigences peuvent être complétées par des
INB), notamment en matière de limites de rejet décisions réglementaires à caractère technique
et de surveillance de l’environnement et fournit, de l’ASN.

Arrêté 7 février 2012 dit « INB » fixant les règles générales


relatives aux installations nucléaires de base
En établissant un lien entre sûreté nucléaire,radio- • la surveillance,
protection du public et pr otection de l’environ- • la prévention des nuisances (odeur, bruit…),
nement, cet arrêté constitue dorénav ant, avec • l’information de l’autorité de contrôle.
la réglementation relative à l’eau et aux ICPE, la
base réglementaire sur laquelle les dispositions Le titre IX Dispositions transitoires et finales
propres à chaque centrale nucléaire sont établies qui abroge à la date du 1er juillet 2013 :
s’agissant des prélèvements d’eau et des rejets • l’arrêté du 10 août 1984 modif é relatif à la
(cf. §5). L’arrêté est str ucturé en neuf titres , dont qualité de la conception, de la constr uction
notamment : et l’exploitation des INB,
• l’arrêté du 26 no vembre 1999 fixant les pres-
Le titre II Organisation et la responsabilité criptions techniques générales relatives aux
concernant : limites et aux modalités de prélèv ements et
• la politique en matière de protection des intérêts des rejets soumis à autorisation, effectués par
mentionnés par la loi (sécurité, santé et salubrité les INB. Ses prescriptions portent sur :
publiques, protection de la nature et de l’en vi- – les limites et les conditions techniques des
ronnement) que l’exploitant tient à la disposition prélèvements d’eau et des rejets d’effluents
de l’ASN dans un document, liquides et gazeux,
• le système de m anagement intégré que – les moyens d’analyse, de mesure et de
l’exploitant met en place af n de respecter les contrôle des ouvrages, des installations ou
exigences précitées. Ce système précise par activités autorisées et de sur veillance de
ailleurs les dispositions mises en œuvre en termes leurs effets sur l’environnement,
d’organisation et de ressources de tout ordre pour – les conditions dans lesquels l’exploitant rend
répondre aux objectifs de protection des intérêts compte à l’Administration,
mentionnés par la loi.Il comporte également des – les contrôles effectués par celle-ci,
dispositions relatives aux traitements des éventuels – les modalités d’information du public.
écarts, au retour d’expér ience et à la déf nition • l’arrêté du 31 décembre 1999 modif ié fixant
d’indicateurs d’eff cacité et de performance, la réglementation technique génér ale des-
• l’amélioration continue des pratiques, tinée à prévenir et à limiter les nuisances et
• les modalités d’information du public. les risques externes résultant de l’exploitation
des INB. Cet arrêté f xe en particulier des pres-
Le titre IV Maîtrise des nuisances et criptions pour éviter les pollutions des sols et
de l’impact sur la santé et l’environnement des nappes sous-sols à cause de fuites sur les
avec des dispositions sur : matériels véhiculant des substances chimiques
• les prélèvements d’eau et des rejets d’eff uents ou radioactives (renforcement du conf nement
dans l’air et dans l’eau, par la mise en place de rétentions, ...).

69
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

4.2 Réglementation Le Code de l’environnement définit la procédure


administrative relative au régime d’autorisation,
des Installations Classées
d’enregistrement et de déclaration. Il précise
pour la Protection également les exigences en matière d’études
de l’Environnement (ICPE) d’impact et d’étude de dangers à fournir avec
le dossier de demande d’autorisation ICPE soumis
à enquête publique.
Code de l’environnement : textes issus
de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976
relative aux ICPE (prévention et nuisances),
articles L. 511-1 et suivants, D. 511-1
4.3 Textes sur l’eau et
et suivants et R. 511-9 et suivants les milieux aquatiques
Les centrales nucléaires sont concernées par la
Les textes législatifs et réglementaires relatifs à l’eau
réglementation applicable aux ICPE pour tous les
sont importants, s’agissant des prélèvements d’eau
équipements et installations non nécessaires
et des rejets d’effluents des centrales nucléaires,
à leur fonctionnement, ainsi que pour les équi-
car les textes (arrêté d’autorisation, décisions ASN)
pements et installations situés à l’extérieur du
fixant les prescriptions et les limites applicables aux
périmètre de l’INB (cf. §5).
centrales nucléaires s’y réfèrent (cf. §5).
La réglementation sur les ICPE est fondée sur
Code de l’environnement : textes issus
une approche intégrée de la protection de l’en-
de la loi n° 2006-1772 du 30 décembre
vironnement, elle s’intéresse aussi bien aux pro-
2006 sur l’eau et les milieux aquatiques,
blèmes de pollution de l’eau et de l’air qu’aux
dite « LEMA », codifiée aux articles L. 210-1
risques, aux déchets et aux nuisances diverses
et suivants et R. 211-1 et suivants du Code
(odeur, bruit, ...) résultant des activités indus-
de l’environnement
trielles ou autres inscrites sur une liste (nomen-
Cette loi – qui comprend 102 articles – et les textes
clature) fixée par l’article R. 511-9 du Code de
qui en découlent, rénovent le cadre global défini
l’environnement.
par les lois antérieures de 1964 et de 1992. Ceux-ci
La nomenclature ICPE soumet les installations ont pour principaux objectifs de :
classées à autorisation ou à déclaration sui- • répondre aux enjeux de la politique euro-
vant la gravité des dangers ou inconvénients que péenne de l’eau afin d’atteindre en 2015 le
peut présenter leur exploitation. Un régime d’en- « bon état » des eaux défini par la Directive
registrement (« autorisation simplifiée »), inter- européenne (DCE) en fixant notamment des
médiaire entre les deux précédents, a été créé par objectifs de qualité d’eau pour chaque bassin
l’ordonnance 2009-663 du 11 juin 2009 relative à hydrographique dans les Schémas Directeurs
l’enregistrement de certaines ICPE. d’Aménagement de Gestion de l’Eau (SDAGE),

Textes en lien avec la loi de 1976 codifiée sur les ICPE


Niveau national Niveau communautaire
• Code de l’environnement (art. L. 511-1 et sui- La loi de 1976 sur les ICPE a a pporté certains
vants, D. 511-1 et suiv ants) sur les procédures principes (approche intégrée, notions d’études
administratives précisant notamment les d’impact et d’étude de danger s) et joué un rôle
notions d’enquête publique, d’étude d’impact précurseur pour plusieurs directives européennes.
et d’étude de dangers. Mais elle a su aussi év oluer sous l’impulsion com-
• Code de l’environnement (art. R. 511-9 et sui- munautaire, notamment :
vants) sur la nomenclature des activités visées • la Directive 2010/75/UE du 24 no vembre 2010
par cette loi ICPE ( cf. rubrique 2910 sur les TAC relative aux émissions industr ielles (qui reprend la
et moteurs diesels de secours). Directive dite IPPC de 1996 et 2008) renf orce le
• Arrêté du 2 février 1998 relatif aux prélèvements concept d’ « approché intégrée » faisant obligation
d’eau et la consomm ation d’eau ainsi qu’aux aux États membres de prendre des mesures appro-
émissions de toute nature des ICPE soumises à priées de réduction des pollutions en ayant recours
autorisation. aux Meilleures Techniques Disponibles (MTD) ;
• Ordonnance 2000-914 du 18 septembre 2000 • la Directive SEVESO de 1982 modif ée en 1996
abrogeant la loi 76-663 du 19 juillet 1976. Son (SEVESO II) et en 2006 (SEVESO III) sur la m aîtrise
contenu est codif é dans le livre V titre 1 er du des risques.
Code de l’environnement. Les centrales nucléaires peuvent être concernées
par ces textes.

70
Centrales nucléaires et environnement
ent
5

Objectifs de débits d’étiage, d’alerte et de crise définis dans les SDAGE


La disponibilité des ressources en eau étant variable état des eaux. Sa valeur est f xée au débit moyen
dans le temps et suiv ant les lieux, les objectifs de mensuel de récurrence 5 ans (QMNA 5), qui cor-
débit des SDAGE sont établis en distinguant : respond à la plus faible moyenne sur l’année des

Cadre réglementaire
• les conditions pour lesquelles il est possible et débits mensuels d’étiage de fréquence quinquen-
nécessaire de concilier normalement les besoins nale et qui constitue la référence pour les objectifs
des usagers et les exigences des milieux, de qualité et pour l’application de la réglementa-
• de celles, plus exceptionnelles, à par tir des- tion en matière de rejet et de prélèvement.
quelles des défaillances apparaissent et où il faut
gérer les r isques de pénur ie et chercher à les Gestion de crise en période de sécheresse
réduire en proposant des mesures structurantes. Le Débit Seuil d’Alerte (DSA) est le débit moyen
Dans les SDAGE, il existe un réseau de points str a- journalier en dessous duquel un usage ou une
tégiques, appelés points nodaux, où sont f xées, fonction de la r ivière ne peut plus être assuré
outre le Débit d’Objectif d’Etiage (DOE),les valeurs dans des conditions nor males. Ce seuil consti-
des Débits Seuils d’Aler te (DSA) et de cr ise (DSR). tue un signal à par tir duquel des dispositions à
Les points nodaux correspondent à des stations caractère volontaire ou faiblement contraignant
de mesure de débit situées , soit à l’av al des uni- peuvent être envisagées de manière à ne pas
tés hydrographiques, soit en d’autres points inté- atteindre le niveau de crise (DCR), si la situation
ressants pour leur car actère singulier (principale s’aggrave.
conf uence, prise d’eau, rejet, barrage, ...). Le Débit de Crise (DCR) est le débit moyen jour-
nalier en dessous duquel ne sont plus g arantis les
Équilibre « besoins – ressources en eau » besoins indispensables en eau potable pour la vie
Le Débit Objectif d’Etiage (DOE) est le débit moyen humaine et animale, ceux relatifs à la sur vie des
mensuel permettant de satisfaire tous les besoins en espèces piscicoles les plus intéressantes et à l’acti-
moyenne huit années sur dix et d’atteindre le bon vité économique.

• prendre en compte l’enjeu sociétal en procla- • Les missions des six Agences de l’eau sont
mant un droit à l’eau pour tous, précisées et concernent en particulier la mise
• répondre aux attentes du public et des usagers en œuvre des SDAGE et de leur déclinaison au
de l’eau en matière d’information, niveau local dans les SAGE élaborés par les
• préserver les milieux aquatiques par une ges- Commissions Locales de l’Eau (CLE).
tion en quantité et qualitative de l’eau, ce qui • La portée juridique des Schémas d’Aménage-
suppose d’assurer les continuités écologiques ment et de Gestion de l’Eau (SAGE) est renfor-
tant pour les migrations de certaines espèces cée : ceux-ci sont opposables aux tiers.
que pour le transit des sédiments (cf. encart sur
Volet financier
les objectifs de débit).
• La LEMA donne au Parlement le pouvoir de fixer
Ces textes modifient l’organisation institutionnelle,
les règles concernant, l’assiette, les taux plafond,
notamment les Agences de l’eau et le Conseil
les modalités de recouvrement ainsi que les cri-
supérieur de la pêche, dans le sens d’une meilleure
tères qui permettront aux Comités de Bassin de
efficacité.
moduler les taux des redevances notamment
Volet organisationnel celles portant sur les prélèvements d’eau et les
• La LEMA confirme le principe de la gestion par rejets d’effluents (cf. chapitre 11 du guide).
bassin hydrographiques1 et l’idée de gouver-
Nomenclature « eau »
nance à laquelle sont associés les usagers.
à l’image de la nomenclature des ICPE, il
• Elle révise la composition des Comités de
existe une nomenclature « eau » qui établit la
bassin : 40 % pour les collectivités territo-
liste des Installations, Ouvrages, Travaux et
riales, 40 % pour les usagers (où figurent les
Aménagements (IOTA) soumis à autorisation ou
représentants des entreprises), 20 % pour
déclaration au titre de la LEMA (R. 214-1 du Code
l’État.
de l’environnement).
• Elle simplifie et renforce la police de l’eau en
créant notamment un Office National de l’Eau Au total, une soixantaine de textes sont concer-
et des Milieux Aquatiques (ONEMA) qui se nés par la réglementation sur l’eau et les milieux
substitue au Conseil supérieur de la pêche. aquatiques.

1. Six bassins hydrographiques : Rhin-Meuse, Adour-Garonne, Loire-Bretagne, Artois-Picardie, Seine Normandie, Rhône-
Méditerranée-Corse.

71
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

Évolutions de la réglementation dans le domaine de l’eau


1964 : Loi n° 64-1245 du 16 décembre 1964 relative 2006 : Loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 sur
au régime et à la répartition des eaux et à la lutte l’eau et les milieux aquatiques (« LEMA ») qui réno
ve
contre leur pollution. le cadre global déf ni par les lois de 1964 et 1992.

1992 : Loi n° 92-3 du 3 jan vier 1992 sur l’eau a pr o-


Quelques textes découlant de l’application de la
fondément modif é la loi de 1964 dont elle conserve
« LEMA » :
quelques articles relatifs à la création du Comité
• Décret n° 2007-833 du 11 m ai 2007 relatif au
national de l’eau,aux Agences f nancières de basin
Comité National de l’Eau.
devenues Agences de l’eau,et aux redevances. Elle
• Décret n° 2007-443 du 25 m ars 2007 rela-
a notamment pour objectifs une gestion globale
tif à l’Off ce National de l’Eau et des Milieux
et équilibrée de l’eau, la lutte contre les pollutions
Aquatiques.
et le gaspillage et instaure pour cela une police
• Décret n° 2007-980 du 15 m ai 2007 relatif aux
administrative unique de contrôle de la qualité des
Comités de Bassin.
eaux et du niv eau de la ressour ce en eau et met
• Arrêté du 25 jan vier 2010 relatif aux méthodes
en place deux systèmes de planifcation des usages
et critères d’évaluation de l’état écologique,
de l’eau, à savoir, les SDAGE à l’échelle du bassin,les
de l’état chimique et du potentiel écologique
SAGE au niveau du cours d’eau.
des eaux de surface en application de l’article
2000 : Directive 2000/60/CE du 23 octobre 2000 R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du Code de
établissant un cadre pour une politique comm u- l’environnement.
nautaire dans le domaine de l’eau (« DCE »). • Arrêté du 25 jan vier 2010 éta blissant le pr o-
2003-2004 : Débat national et décentralisé sur l’eau gramme de sur veillance de l’état des eaux en
avec toutes les parties prenantes. application de l’ar ticle R. 212-22 du Code de
l’environnement.
2004 : Transposition en droit français de la DCE,par
la loi n° 2004-338 du 21 avril 2004.

4.4 Textes sur l’air Les centrales nucléaires sont aussi concernées par
la loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et
La réglementation française reprend les exigences
l’utilisation rationnelle de l’énergie dite « LAURE »
de la réglementation européenne sur les subs-
(Art. 19), qui demande d’étudier l’impact des acti-
tances appauvrissant la couche d’ozone (règlement
vités humaines sur la santé publique. Ceci vise
2000/2037/CE du 29 juin 2000 qui interdit l’utilisa-
les impacts des rejets industriels et en particulier,
tion des CFC depuis 2001, et celle des HCFC à par-
pour ce qui est des centrales nucléaires, les émis-
tir de 2015, pour la maintenance et l’entretien des
sions atmosphériques gazeuses issues d’opéra-
équipements de réfrigération et de climatisation) et
tions de lessivage chimique (ammoniac) ou les gaz
les gaz à effet de serre (règlement 2006/842/CE du
d’échappement des turbines à combustion (TAC)
17 mai 2006) utilisés dans les systèmes de clima-
de secours et les moteurs diesels de secours défi-
tisation et de réfrigération. Les INB et les centrales
nis, par ailleurs, dans la rubrique ICPE n° 2910.
nucléaires sont tenues de s’y conformer.

Centrale nucléaire de Paluel


sur la Manche (160 ha).

72
Centrales nucléaires et environnement
ent
5

5. Textes propres à chaque


centrale nucléaire d’EDF

Cadre réglementaire
Les textes de loi de 2006 relatifs aux INB et à chargés de la sûreté nucléaire. À cela s’ajou-
la protection des milieux aquatiques (LEMA) tent les Règles Générales d’Exploitation (RGE)
constituent un cadre législatif stable dans rédigées par l’exploitant et validées par l’ASN
la durée. Il n’en est pas de même des textes avant la mise en service des installations et, le
réglementaires (décret, arrêté, décision) qui évo- cas échéant, à chaque modification de celles-ci.
luent continuellement en devenant, au fur et à Par ailleurs, une centrale dispose d’autorisations
mesure, plus complexes et plus contraignants délivrées par l’ASN ou le préfet pour les instal-
pour l’exploitant d’INB. lations relevant des réglementations «  ICPE  »,
« eau », « air »… ou par l’administration chargée
Pour ne pas être pris en défaut, l’exploitant met
du domaine fluvial ou maritime pour l’occupation
en place une organisation assurant un suivi des
du domaine public. En outre, les autorisations déli-
évolutions réglementaires, dénommé «  contrôle
vrées pour les centrales frontalières doivent tenir
de conformité réglementaire », afin d’adapter en
compte des conventions ou accords internationaux
permanence ses pratiques aux nouvelles exigences.
passés entre les pays concernés.

5.1 Articulation des principaux 5.2 Textes propres à chaque


textes conduisant centrale nucléaire d’EDF
aux autorisations
Prélèvement d’eau et rejets d’effluents
de prélèvements d’eau selon la loi TSN codifiée
et de rejets La procédure administrative à engager par l’exploi-
tant afin de solliciter les autorisations nécessaires est
Sur la base de la réglementation en vigueur, définie par la réglementation (décret du 2 novembre
l’administration délivre des autorisations et l’ASN 2007). À l’issue de l’instruction de cette procédure,
fixe par décision des prescriptions réglementant : l’administration compétente délivre les autorisations
• les prélèvements et la consommation d’eau, au moyen des textes ci-après (cf. fig. 3).
• les rejets dans l’environnement des effluents • Le Décret d’Autorisation de Création
liquides et gazeux, (DAC) : Ce décret précise, pour ce qui est de la
• les installations relevant d’un régime autonome maîtrise des impacts sur le public et l’environ-
(ICPE, IOTA...). nement, que « Toute disposition est prise dans la
conception et l’exploitation de l’installation, en
Ces autorisations sont délivrées, sous la forme de
particulier par l’utilisation des meilleures tech-
décrets ou de décisions de l’ASN, après instruc-
nologies industrielles disponibles à un coût éco-
tion de la demande d’autorisation déposée par le
nomiquement acceptable, pour limiter les prélè-
pétitionnaire (cf. fig. 2).
vements d’eau douce et l’impact des rejets sur
Avant la publication de la loi TSN de 2006, les les populations et l’environnement. L’exploitant
autorisations étaient délivrées d’après le décret assure la réalisation périodique de contrôles de
du 11 décembre 1963 et le décret 4 mai 1995 par : l’environnement » (ex. Décret d’autorisation de
• le Décret d’Autorisation de Création (DAC) por- création de Flamanville 3 du 10 avril 2007).
tant sur la sûreté nucléaire, • La décision de l’ASN fixant les limites de
• l’arrêté interministériel sur les prélèvements rejet dans l’environnement des effluents
d’eau et les rejets d’effluents. liquides et gazeux : Ces limites concernent :
- les rejets des effluents radioactifs gazeux,
Depuis 2006, le Décret d’Autorisation de
- les rejets d’effluents radioactifs liquides,
Création (DAC) couvre les aspects sûreté mais
- les rejets chimiques liquides et gazeux,
aussi, notamment, la protection du public et de
- les rejets thermiques.
l’environnement. Ce décret est complété par deux
décisions de l’ASN, l’une fixant les limites de Cette décision est homologuée par un arrêté signé
rejets d’effluents dans l’environnement, l’autre des ministres chargés de la sûreté nucléaire.
portant sur les modalités de prélèvements et de • La décision de l’ASN fixant les prescriptions
consommation d’eau et de rejets d’effluents. La relatives aux modalités de prélèvements et de
décision de l’ASN fixant les limites de rejet est consommation d’eau et de rejets dans l’envi-
homologuée par un arrêté signé des ministres ronnement des effluents liquides et gazeux :

73
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

Fig. 2 ➜ Articulation des principaux textes

Protecon du milieu naturel


Maîtrise des nuisances et des impacts Convenon OSPAR
Réglementaon INB Réseau NATURA 2000
Réglementaon ICPE (équipements non Réglementaon « eau » (Direcve
nécessaires ou hors INB) cadre eau, loi sur l’eau et les milieux aquaques,
IOTA, SDAGE, redevances…)
Centrale nucléaire
Textes autorisant
- la créaon et l’exploitaon
- le prélèvement et la consommaon d’eau,
- les rejets d’effluents,
- les installaons soumises aux ICPE
Informaon du public - l’occupaon du domaine public Santé publique
Loi sur la transparence Réglementaon sur
et la sécurité nucléaire la radioprotecon du public
(TSN) Accords (Direcve radioprotecon
transfrontaliers Direcve eau potable, loi sur l’air…)

Fig. 3 ➜ Les autorisation selon la loi TSN

DAC
Décret d’autorisaon de créaon

Décision ASN
sur les modalités de prélèvements
Décision ASN homologuée et de consommaon d’eau,
fixant les limites de rejets d’effluents et de rejet d’effluents
dans l’environnement

RGE
Règles générales d’exploitaon

Centrale nucléaire de Flamanville


(EPR en construction)
sur la Manche (120 ha).

74
Centrales nucléaires et environnement
ent
5
Les prescriptions de l’ASN portent notamment sur : Elles constituent, avec le rapport de sûreté et les
- les prélèvements et la consommation d’eau, autres documents listés à l’article 20 du décret
- les rejets d’effluents dans l’environnement, de 2007, l’engagement que prend l’exploitant
- la surveillance de l’environnement autour vis-à-vis de l’ASN pour exploiter ses installa-

Cadre réglementaire
du site, tions dans de bonnes conditions. Le chapitre
- le contrôle exercé par les autorités, relatif à l’environnement (chapitre V) couvre un
- l’information du public. champ plus large que les seuls prélèvements
d’eau et rejets d’effluents puisqu’il porte aussi
• Les Règles Générales d’Exploitation RGE
sur la gestion des déchets et la maîtrise des
(chapitre V des RGE)
nuisances telles que le bruit, les odeurs…) et
Les RGE étaient définies dans l’ancien décret
les risques d’incendie et de foudre.
du 11 décembre 1963 comme « l’ensemble des
dispositions techniques et organisationnelles Prélèvements d’eau et rejets d’effluents
pour minimiser le risque induit par l’exploitation selon le décret du 4 mai 1995
d’une centrale nucléaire et le rendre acceptable Les autorisations de prélèvements d’eau et de
pour la population et le personnel ». rejets accordées aux centrales nucléaires avant
la publication de la loi « TSN » de 2006 rele-
La publication du décret n° 2007-1557 du
vaient notamment des dispositions du décret
2 novembre 2007 prévoit dans son article 20
n°  95-540 du 4 mai 1995 relatif aux rejets
que l’exploitant fournisse pour la mise en ser-
d’effluents liquides et gazeux et aux prélèvements
vice des INB un dossier contenant « des règles
d’eau des installations nucléaires de base et de
générales d’exploitation […] pour la protection
l’arrêté du 26 novembre 1999 fixant les prescrip-
des intérêts mentionnés au I de l’article 28 de
tions techniques générales relatives aux limites
la loi du 13 juin 2006 ». Auparavant orientées
et aux modalités des prélèvements et des rejets
principalement «  sûreté  », les RGE au sens
soumis à autorisation, effectués par les installa-
du décret de 2007 couvrent un champ élargi,
tions nucléaires de base. Ces autorisations res-
puisqu’elles portent également sur la sécurité,
tent applicables.
la santé et la salubrité publique ou la protection
de la nature et de l’environnement (intérêts pro- Autres prescriptions applicables
tégés par l’ex-loi « TSN »1). Pour certaines activités, les centrales nucléaires
sont réglementées au moyen :
• d’arrêtés préfectoraux pour les activités réali-
Accord préalable
sées à l’extérieur du périmètre de l’INB (ex.
au titre de l’article 27 du décret
du 2 novembre 2007 relatif aux INB opération de dragage et curage du cours d’eau
qui relève du Code de l’environnement (domaine
Lorsqu’un accord préalable de l’ASN est requis de l’eau-IOTA ou réglementation ICPE),
pour effectuer des essais pér iodiques ou des • de prescriptions particulières de l’ASN sous
actions de maintenance (ex. mise en indisponi- forme de décision en ce qui concerne les ins-
bilité de réservoirs de stockage d’eff uents pour tallations et des équipements situés à l’inté-
visite réglementaire ou épreuve hydraulique, ...), rieur de l’INB mais non nécessaires à son
« celui-ci peut prendre la forme d’un accord fonctionnement (réglementation ICPE/IOTA).
générique pour le site » (arrêté d’autorisation
©EDF – Mirroir Nicolas
art. 2 V ou décision ASN sur les modalités de pré-
lèvements et de rejets d’effluents).
L’accord générique, délivré par l’ASN vise à sim-
plif er, tant pour l’ASN que pour l’exploitant,le sys-
tème fondé sur des demandes d’accord préa-
lable formulées au cas par cas. Cette démarche
repose sur la conf ance que l’ASN accor de à
l’exploitant dans la maîtrise de ses activités.
Pour obtenir l’accor d générique, l’exploitant
doit présenter un dossier dans lequel il décr it
notamment :
• l’organisation mise en place dans ce cadre,
• les modalités d’information de l’ASN,
• la désignation de la per sonne responsable
chargée d’autoriser (feu vert) le lance-
ment de l’opération selon les conditions de
l’accord générique.

1. Art. L. 593-1 du Code de l’environnement.

75
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

Occupation du domaine public fluvial de la part de l’administration compétente une


et maritime autorisation ou une concession d’occupation
Pour les centrales nucléaires dont les ouvrages du domaine public notamment au titre du Code
de prises d’eau et de rejets sont construits sur général de la propriété des personnes publiques
le domaine public, il est nécessaire d’obtenir (cf. tab. I).

Tab. I Administration chargée du domaine public


Cours d’eau navigables
Cours d’eau non navi- Domaine maritime
(centrales sur le Rhône, le
gable (centrales Centrales marines
Rhin, la Moselle, la Meuse,
du Val de Loire) ou en estuaire
la Seine, la Garonne)
Port autonome ou
Administration Voies Navigables de France Direction Départementale
Direction Départementale
compétente (VNF) de l’Equipement (DDE)
de l’Equipement maritime

Évolution des autorisations en matière de prélèvements d’eau et de rejets

Autorisations délivrées après 2006 au titre de le la • Arrêté interministériel unique réglementant les
loi « TSN » codifiée en 2012 prélèvements d’eau et les rejets.
Depuis 2006 au titre de la loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 Autorisations délivrées avant 1995 (plus de
relative à la transparence et la sécur ité en matière centrales nucléaires concer nées après le
nucléaire (« TSN ») et des décrets d’application,notam- renouvellement des autor isations de Bugey et
ment le décret du 2 novembre 2007 (« procédures »). Fessenheim)
• Décret d’Autorisation de Création (DAC). Avant 1995 au titre des décrets n° 74-945 du
• Décision de l’ASN, homologuée par arrêté des 6 novembre 1974 et n° 74-1181 du 31 décembre
ministres chargés de la sûreté nucléaire,f xant les 1974, des arrêtés associés du 1 er août 1976 pour
limites de rejets dans l’environnement des rejets ce qui est des rejets radioactifs gazeux et liquides,
liquides et gazeux. des décrets d’application de la loi sur l’eau de
• Décision de l’ASN f xant les prescriptions relatives 1992 et de décrets antérieurs à cette loi pour les
aux modalités de prélèvements et de consom- rejets chimiques et thermiques.
mation d’eau et de rejets dans l’environnement • Arrêté ministériel autorisant les rejets radioactifs
d’eff uents liquides et gazeux. gazeux.
• Règles générales d’exploitation de l’exploitant • Arrêté ministériel autorisant les rejets radioactifs
validées par l’ASN. liquides.
Autorisation délivrées avant 2006 au titre du décret • Arrêté préfectoral autorisant le prélèv ement
du 4 mai 1995 (concerne plusieurs centrales) d’eau voir, le cas échéant l’occupation du
1995 à 2006 au titre du décret n°95-540 du 4 m ai domaine public f uvial.
1995 modif é relatif aux INB • Arrêté préfectoral autorisant les rejets chimiques
• Décret d’autorisation de création (DAC) compre- et thermiques.
nant de prescriptions générales sur les rejets,

BIBLIOGRAPHIE
• ASN, Revue Contrôle ASN n° 177, nov. 2007.

POUR EN SAVOIR PLUS


• http://www.legifrance.gouv.fr
• http://www.industrie.gouv.fr
• http://www.ecologie.gouv.fr
• http://www.asn.fr
• http://www.eau-seine-normandie.fr/

76
Tableau récapitulatif
des principaux textes réglementaires
Textes réglementaires
Type d’activité
s’appliquant directement Réglementation française Droit communautaire Textes internationaux
ou d’équipement
à l’exploitant
Création et exploitation Décret d’Autorisation de Création Droit nucléaire Domaine nucléaire Information du public
d’une INB
(DAC) déf nissant le pér imètre de l’INB et les Code de l’environnement : textes issus Traité EURATOM Convention Aarhus du 25 juin 1998
aspects liés à la sûreté, à la radioprotection et de la loi TSN du 13/06/2006 relative à la Directive 96/29/ EURATOM du 13 mai 1996, f xant (cf. chapitre 4 du guide)
à l’environnement transparence et la sécurité en matière les normes de base relatives à la protection de la
nucléaire population et des travailleurs contre les dangers Protection des écosystèmes
Exploitation d’une INB Depuis 2006
des rayonnements ionisants
Décret du 2/11/2007 relatif aux INB Convention de Ramsar du 2 févr ier
Prélèvements Décision de l’ASN homologuée fixant les
et au contrôle, en matière de sûreté 1971 sur les zones humides (cf. cha-
et consommation d’eau limites de rejets dans l’en vironnement des Information du public
nucléaire, du transport de substances pitre 3 du guide)
et rejets d’effluents eff uents liquides et gazeux. Cette décision est
radioactives (procédure d’autorisation Directive 2003/4 /CE concer nant l’accès du
homologuée par arrêté signés par les ministères
de création et d’exploitation) public à l’information en matière d’environne- Convention de Rio du 3 juin 1992 sur
chargés de la sûreté nucléaire
ment du 28 janvier 2003 la diversité biologique (cf. chapitre
Arrêté du 7/02/2012 f xant les règles 3 du guide)
Décision de l’ASN sur les modalités de prélève-
générales relatives aux INB Directive 2003/35/CE prévoyant la participation
ments et consommation d’eau et de rejets d’ef-
• Maîtrise des nuisances et de l’impact du public lors de l’élaboration de certains plans Convention sur la pr otection du
f uents liquides et gazeux dans l’environnement
pour le public et l’environnement, et programmes relatifs à l’environnement milieu marin de l’Atlantique nor d-
Règles Générales d’Exploitation (RGE) rédi- • Information du public, est, dite « OSPAR » (cf. chapitre 3 du
gées par l’exploitant et validées par l’ASN • Information de l’autorité de contrôle. guide)
Protection des écosystèmes
Avant 2006 Protocole d’Athènes du 17 mai 1980
Directive 79/409/CEE du 2/04/79 « Oiseaux » (Méditerranée)
Décret d’autorisation de création Nota : cet arrêté abroge les arrêtés des Directive 92/43/CEE du 21 mai 1992 « Habitats » :
10/08/1984, 26/11/1999 et 31/12/1999 • réseaux NATURA 2000
Arrêté interministériel sur les prélèvements relatifs aux INB à compter du 1/07/2013. Prévention et réduction
d’eau et rejets d’eff uents liquides et gazeux date de son entrée en vigueur (sauf dis- Directive 2000/60/CE du 23 octobre 2000 des nuisances
positions particulières). « cadre sur l’eau » (« DCE ») et directives « f lles »
sur notamment Protocole de Montréal du 16 sep-
Exploitation Décision ASN Droit commun (Code de l’environne- tembre 1987 relatif à des subs-
➜ Annexe 5.1

d’équipement ment et Code de la santé publique) • les substances chimiques dangereuses, tances qui appauvrissent la couche
ou d’ouvrage • Réglementation ICPE (prév ention • les normes de qualité de l’eau, d’ozone (CFC ; HCFC…)
non nécessaire des nuisances, …) : arrêt du 2/02/1998 • la protection des eaux souterraines.
à l’exploitation de l’INB • Loi sur l’eau et les milieux aquatiques
Accords transfrontaliers
mais à l’intérieur du 30/06/2006 (IOTA, SDAGE, SAGE, Lutte contre les nuisances
du périmètre INB redevances, police de l’eau…) Accord de Gand sur la Meuse du
• Loi sur l’air du 30/12/1996 Règlement 1907/2006/CE du 18 décembre 2006 3 décembre 2002 (concerne la cen-
Exploitation d’équipe- Arrêté préfectoral
• Protection de la nature et de la « REACH » (fabrication de substances chimiques) trale nucléaire de Chooz)
ment ou d’ouvrage situé
biodiversité : sites NATURA 2000,
à l’extérieur Directive 2010/75/UE du 24 novembre 2010 rela- Convention de Ber ne du 12 avr il
DOCOB, …
du périmètre INB tive aux émissions industr ielles (prévention et 1999 pour la pr otection du Rhin
• Réglementation des pr oduits bio-
Occupation du domaine Arrêté de l’administration chargée cides (décret du 26 février 2004) réduction intégrée des pollutions par la mise en (concerne les centrales nucléaires
public fluvial ou de la gestion du domaine œuvre des meilleures techniques disponibles (ex de Fessenheim et de Cattenom)
maritime directive 2008/1/CE dite « IPPC »)

Directives 82/501/CE ; 96/82/CE ; 2003/105/CE


SEVESO (maîtrise des risques)
Centrales nucléaires et environnement
ent

77
5

Cadre réglementaire ➜ Annexe 5.1


CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

➜ Annexe 5.2
Nature des différents types de
textes législatifs et réglementaires
Droit international de l’environnement individuelles d’exécution qui n’ont pas de por-
Traité : Acte écrit par lequel des États établis- tée normative.
sent des règles créant des droits et obligations.
Avis et recommandation : Les avis et recom-
Il doit être ratifié (par le Parlement ou par réfé-
mandation expriment une opinion du Parlement
rendum en France) pour produire ses effets de
européen, ou de la Commission européenne. Ils
droit et devenir ainsi un instrument obligatoire
n’ont pas de portée obligatoire.
liant les parties signataires.
Livre vert : Les groupes d’intérêt (ONG, ...) et
Convention : Accord de volonté entre deux ou
les lobbies (entreprises, industriels) prennent
plusieurs États sur un objet ou fait précis et qui
une part importante dans le travail préparatoire
oblige les signataires au respect de son contenu
à l’élaboration de la réglementation européenne.
(ex. Convention sur la protection du milieu marin
Ce travail peut conduire à la rédaction de livres
de l’Atlantique nord-est, dite «  OSPAR  ». On
verts qui rassemblent la réflexion menée dans
l’emploie actuellement d’une façon générale
ce cadre sur un thème donné.
pour les traités multilatéraux formels dont les
parties sont nombreuses. Livre blanc  : Le livre vert de réfl exion peut
déboucher sur un livre banc de stratégie qui
Protocole  : Acte retenu pour des accords
est adopté par les instances communautaires.
moins formalistes que les conventions et trai-
Cette stratégie préfigure le cadre de la nouvelle
tés. L’instrument peut revêtir différentes formes
réglementation européenne du domaine visé
juridiques.
(ex. Stratégie pour la future politique dans le
Droit communautaire domaine des substances chimiques, 2001).
(Union européenne)
Droit français
Traité : Acte écrit par lequel des États membres
Loi : Règle écrite, générale et permanente, éla-
établissent des règles créant des droits et obli-
borée par le Parlement (Assemblée nationale
gations et ayant force obligatoire pour les parties
et Sénat), promulguée par le Président de la
au traité (ex. traité EURATOM pour le dévelop-
République et publiée au Journal Officiel de la
pement de l’énergie nucléaire en Europe, 1958).
République afin qu’elle entre en vigueur.
Règlement : Acte juridique de portée générale,
La loi est applicable à tous, elle définit les droits
obligatoire en tous ses éléments, d’application
et les devoirs de chacun. Le domaine qui lui est
directe et uniforme dans tous les États membres.
réservé est délimité par la Constitution (article
Contrairement à la directive, il ne nécessite pas,
34, ex. loi « TSN » de 2006 sur la transparence
pour son entrée en vigueur, l’intervention des
et la sécurité en matière nucléaire).
autorités nationales compétentes.
Ordonnance  : Mesure prise par le pouvoir
Directive : Acte juridique adressé aux États, qui
exécutif (gouvernement), dans un domaine
fixe des objectifs à atteindre dans un domaine
qui relève normalement de la loi. Prévues par
donné et dans un délai prescrit. La Directive
l’article 38 de la Constitution, les ordonnances
laisse aux États une « relative » liberté dans le
doivent être autorisées par une loi d’habilitation
choix de l’acte juridique de transposition en droit
votée par le Parlement, qui en fixe les domaines
national dans la mesure où la directive contient
et la durée. L’ordonnance fait donc partie du
une obligation de résultat et non une obliga-
domaine législatif (une ordonnance peut éga-
tion de moyen. Si ses termes sont suffisamment
lement désigner une décision rendue par le
clairs et précis, la Directive est opposable aux
Président d’un Tribunal ou par un Juge s’il a
tiers, même à défaut de transposition en droit
reçu délégation de celui-ci).
national dans les délais requis.
Décret  : Acte réglementaire pris dans un
Décision : Acte juridique à caractère individuel,
domaine propre ou en application d’une loi
applicable à l’État membre, à l’entreprise ou à
pour en définir les modalités d’exécution. Il est
l’individu visé par elle. Ce sont des mesures

78
Centrales nucléaires et environnement
ent
5
signé par le Président de la République ou par le Décision à caractère général de l’ASN : Acte
Premier Ministre, pour toutes les matières qui ne réglementaire pris pour l’application des décrets
sont pas expressément réservées à la loi, et est et arrêtés ; elle est homologuée par les ministres
susceptible de recours juridictionnel devant le chargés de la sûreté nucléaire.

Cadre réglementaire ➜ Annexe 5.2


Conseil d’État (ex. décret d’autorisation création
Règles Générales d’Exploitation (RGE) :
d’une INB).
Les RGE, rédigées par l’exploitant, comportent
Arrêté : Acte réglementaire pris par un ou des notamment des éléments sur l’organisation en
ministre(s), un préfet ou un maire (ex. arrêté matière de protection de l’environnement (poli-
homologuant les décisions de l’Autorité de sûreté tique environnementale et démarche de mana-
nucléaire sur les rejets des centrales nucléaires). gement environnemental). Les RGE sont exigées
au titre du décret « Procédures » du 2 novembre
Circulaire  : Instructions de service écrites
2007 (Art. 20) et permettent à l’ASN de connaître
adressées par une autorité supérieure à des
les dispositions prises pour protéger les inté-
agents subordonnés en vertu de son pouvoir
rêts tels que décrits dans l’ex-loi « TSN » (Art.
hiérarchique (par ex. circulaire ministérielle,
L.  593-1 du Code de l’environnement ex Art.
circulaire interministérielle, circulaire préfecto-
28-I de la loi : sécurité, santé, environnement,
rale). Elle contient généralement des instruc-
…). Elles constituent, avec le rapport de sûreté,
tions, recommandations, ou explications. Elle
l’engagement de l’exploitant vis-à-vis de l’ASN
peut compléter un décret ou un arrêté, mais n’a
pour exploiter ses installations. Les RGE sont
pas de force obligatoire, étant qualifiée de circu-
rendues publiques (transmises avec la demande
laire interprétative. Néanmoins, dans certains
d’autorisation de mise en service). Cela ouvre un
cas, peu nombreux, elle peut avoir un caractère
droit de regard à la Commission européenne en
réglementaire lorsqu’elle présente le caractère
application de l’article 35 du traité EURATOM.
de circulaire impérative (les circulaires appli-
cables figurent sur le site Internet : Jurisprudence  : Solution suggérée par un
www.circulaires.gouv.fr). ensemble de décisions suffisamment concor-
dantes rendues par des juridictions judiciaires
Décision de l’ASN : C’est un acte réglemen-
ou administratives sur une question de droit. La
taire envers l’exploitant d’une INB. Lorsque
jurisprudence constitue ainsi une source du droit.
cette décision fixe les limites de rejet d’effluents,
celle-ci est homologuée par les ministres char- Code  : Ensemble de dispositions normatives
gés de la sûreté nucléaire. Les décisions sont faisant partie d’une même branche de droit, pla-
publiées sur le site Internet de l’ASN. cées dans un ouvrage. Toutes les lois ne sont
pas codifiées.
©EDF – Conty Bruno

79
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

➜ Annexe 5.3
Code de l’environnement
Le code de l’environnement regroupe des textes juridiques relatifs au droit de l’envi-
ronnement. Les articles qu’il contient sont scindés en deux parties : la partie législative
(articles précédés de la lettre L.) ; la partie réglementaire (articles précédés de la lettre R
ou D.). Les articles sont structurés en 7 livres et peuvent être facilement consultés sur le
site Internet www.legifrance.gouv.fr

Table des matières susceptible d’évoluer


Livre Ier : Dispositions communes
Titre Ier : Principes généraux
Titre II : Information et participation des citoyens
Titre III : Institutions
Titre IV : Associations de protection de l’environnement et collectivités territoriales
Titre V : Dispositions financières
Titre VI : Prévention et réparation de certains dommages causés à l’environnement

Livre II : Milieux physiques


Titre Ier : Eau et milieux aquatiques et marins
Titre II : Air et atmosphère

Livre III : Espaces naturels


Titre Ier : Inventaire et mise en valeur du patrimoine naturel
Titre II : Littoral
Titre III : Parcs et réserves
Titre IV : Sites
Titre V : Paysages
Titre VI : Accès à la nature
Titre VII : Trame verte et trame bleue

Livre IV : Patrimoine naturel


Titre Ier : Protection du patrimoine naturel
Titre II : Chasse

Livre V : Prévention des pollutions, des risques et des nuisances


Titre préliminaire : Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques
Titre Ier : Installations classées pour la protection de l’environnement
Titre II : Produits chimiques, biocides et substances à l’état nanoparticulaire
Titre III : Organismes génétiquement modifiés
Titre IV : Déchets
Titre V : Dispositions financières
Titre VI : Prévention des risques naturels
Titre VII : Prévention des nuisances sonores
Titre VIII : Protection du cadre de vie
Titre IX : La sécurité nucléaire et les installations nucléaires de base

Livres VI et VII concernent respectivement les territoires d’outre-mer et l’antarctique

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Centrales nucléaires et environnement
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5
Contenu partiel de la partie législative
Livre Ier : Dispositions communes
Titre I : principes généraux Art. L. 110-1 Art. L. 110-2
Titre II : Information et participation des citoyens

Cadre réglementaire ➜ Annexe 5.3


Chapitre Ier : Participation du public à l’élaboration des projets d’aménagement ou d’équipement
ayant une incidence importante sur l’environnement ou l’aménagement du territoire
Art. L. 120-1 Art. L. 120-2
Section 1 : Missions de la Commission nationale du débat public. Champ d’application et objet du débat
public Art. L. 121-1 Art. L. 121-2
Section 2 : Composition et fonctionnement de la Commission nationale du débat public
Art. L. 121-3 à Art. L. 121-7
Section 3 : Organisation du débat public Art. L. 121-8 à Art. L. 121-15
Section 4 : Autres modes de concertation préalable à l’enquête publique Art. L. 121-16
Chapitre II : Évaluation environnementale
Section 1 : Études d’impact des projets de travaux, d’ouvrages et d’aménagements Art. L. 122-1 et suivants
Section 2 : Évaluation de certains plans et documents ayant une incidence notable sur l’environnement
Art. L. 122-4 à Art. L. 122-12
Chapitre III : Enquêtes publiques relatives aux opérations susceptibles d’affecter l’environnement
Chapitre IV : Droit d’accès à l’information relative à l’environnement Art. L. 124-1 à Art. L. 124-8
Chapitre V : Autres modes d’information
Section 2 : Dispositions propres aux activités nucléaires
Sous-section 1 : Droit à l’information Art. L. 125-10 Art. L. 125-11
Sous-section 2 : Transparence en matière nucléaire Art. L. 125-12 à Art. L. 125-16
Sous-section 3 : Les commissions locales d’information Art. L. 125-17 à Art. L. 125-33
Sous-section 4 : Le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire
Art. L. 125-34 à Art. L. 125-40
Titre III : Institutions
Titre IV : Associations de protection de l’environnement et collectivités territoriales
Titre V : Dispositions financières
Titre VI : Prévention et réparation de certains dommages causés à l’environnement Art. L. 160-1

Livre II : Milieux physiques


Titre Ier : Eau et milieux aquatiques et marins Art. L. 210-1
Chapitre Ier : Régime général et gestion de la ressource Art. L. 211-1 à Art. L. 211-14
Chapitre II : Planification
Section 1 : Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux Art. L. 212-1 à Art. L. 212-2-3 (SDAGE)
Section 2 : Schémas d’aménagement et de gestion des eaux Art. L. 212-3 à Art. L. 212-11 (SAGE)
Chapitre III : Structures administratives et financières
Section 1 : Comité national de l’eau Art. L. 213-1
Section 2 : Office national de l’eau et des milieux aquatiques Art. L. 213-2 à Art. L. 213-6
Section 2 bis : Préfet coordonnateur de bassin Art. L. 213-7
Section 3 : Comités de bassin et agences de l’eau
Sous-section 1 : Dispositions générales Art. L. 213-8 Art. L. 213-8-1 Art. L. 213-8-2
Sous-section 2 : Dispositions financières Art. L. 213-9 Art. L. 213-9-1 Art. L. 213-9-2 Art. L. 213-9-3
Sous-section 3 : Redevances des agences de l’eau Art. L. 213-10
Section 4 : Organismes à vocation de maîtrise d’ouvrage
Sous-section 1 : Établissements publics territoriaux de bassin Art. L. 213-12
Chapitre IV : Activités, installations et usage
Section 1 : Régimes d’autorisation ou de déclaration Art. L. 214-1 à Art. L. 214-11
Chapitre V : Dispositions propres aux cours d’eau non domaniaux
Section 1 : Droits des riverains Art. L. 215-1 à Art. L. 215-6
Section 2 : Police et conservation des eaux Art. L. 215-7 à Art. L. 215-13
Section 3 : Entretien et restauration des milieux aquatiques Art. L. 215-14 à Art. L. 215-18
Chapitre VI : Sanctions
Section 1 : Sanctions administratives Art. L. 216-1 et suivants
Section 2 : Dispositions pénales Art. L. 216-3 à Art. L. 216-14
Chapitre IX : Politiques pour le milieu marin Art. L. 219-1 à Art. L. 219-18

Titre II : Air et atmosphère Art. L. 220-1 Art. L. 220-2


Chapitre Ier : Surveillance de la qualité de l’air et information du public
Section 1 : Surveillance de la qualité de l’air Art. L. 221-1 Art. L. 221-2 Art. L. 221-3 Art. L. 221-4 Art. L. 221-5
Section 2 : Information du public Art. L. 221-6
Chapitre IV : Mesures techniques nationales de prévention de la pollution atmosphérique
et d’utilisation rationnelle de l’énergie Art. L. 224-1 Art. L. 224-2 Art. L. 224-2-1
Chapitre VI : Contrôles et sanctions Art. L. 226-1
Section 2 : Sanctions Art. L. 226-6 à Art. L. 226-11

81
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

Chapitre VII : Dispositions particulières aux pollutions causées par des substances radioactives
Art. L. 227-1
Chapitre IX : Effet de serre Art. L. 229-1
Section 4 : Bilan des émissions de gaz à effet de serre et plan climat-énergie territorial Art. L. 229-25
Art. L. 229-26

Livre III : Espaces naturels Art. L. 300-1 à Art. L. 300-3


Titre VII : Trame verte et trame bleue Art. L. 371-1 à Art. L. 371-6 (TVB)
Livre IV : Patrimoine naturel
Titre Ier : Protection du patrimoine naturel
Chapitre Ier : Préservation et surveillance du patrimoine naturel
Section 1 : Préservation du patrimoine naturel Art. L. 411-1 à Art. L. 411-6
Section 2 : Surveillance biologique du territoire Art. L. 411-7
Chapitre II : Activités soumises à autorisation Art. L. 412-1 Art. L. 412-2
Chapitre III : Établissements détenant des animaux d’espèces non domestiques Art. L. 413-1 à
Art. L. 413-5
Chapitre IV : Conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages
Section 1 : Sites Natura 2000 Art. L. 414-1 à Art. L. 414-7 (NATURA 2000)
Chapitre V : Dispositions pénales
Section 1 : Constatation des infractions Art. L. 415-1 Art. L. 415-2
Section 2 : Sanctions Art. L. 415-3 Art. L. 415-4 Art. L. 415-5

Livre V : Prévention des pollutions, des risques et des nuisances


Titre préliminaire : Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques
Titre Ier : Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)
Chapitre Ier : Dispositions générales Art. L. 511-1 Art. L. 511-2
Chapitre II : Installations soumises à autorisation, à enregistrement ou à déclaration
Section 1 : Installations soumises à autorisation Art. L. 512-1 à Art. L. 512-6
Section 2 : Installations soumises à enregistrement Art. L. 512-7 et suivants
Section 3 : Installations soumises à déclaration Art. L. 512-8 à Art. L. 512-13
Section 4 : Dispositions communes à l’autorisation, à l’enregistrement et à la déclaration Art. L. 512-14
à Art. L. 512-20
Chapitre III : Installations fonctionnant au bénéfice des droits acquis Art. L. 513-1
Chapitre IV : Contrôle et contentieux des installations classées
Section 1 : Contrôle et sanctions administratifs Art. L. 514-1 à Art. L. 514-8
Section 2 : Dispositions pénales Art. L. 514-9 à Art. L. 514-18
Chapitre VI : Dispositions financières Art. L. 516-1 Art. L. 516-2
Titre II : Produits chimiques, biocides et substances à l’état nanoparticulaire
Chapitre Ier : Contrôle des produits chimiques Art. L. 521-1
Chapitre II : Contrôle de la mise sur le marché des substances actives biocides et autorisation
de mise sur le marché des produits biocides Art. L. 522-1
Titre IX : La sécurité nucléaire et les installations nucléaires de base (INB)
Chapitre Ier : Dispositions générales relatives à la sécurité nucléaire Art. L. 591-1 à Art. L. 591-5
Chapitre II : L’autorité de sûreté nucléaire Art. L. 592-1 à L. 592-40
Chapitre III : Installations nucléaires de base
Section 1 : Régime d’autorisation Art. L. 593-1 à Art. L. 593-34
Section 2 : Installations nouvelles ou temporaires et installations fonctionnant au bénéfice des droits
acquis Art. L. 593-35 à Art. L. 593-38
Chapitre IV : Dispositions à caractère financier relatives aux installations nucléaires de base
Chapitre VI : Contrôle et contentieux
Section 1 : Inspecteurs de la sûreté nucléaire Art. L. 596-1 à Art. L. 596-13
Section 2 : Mesures de police et sanctions administratives Art. L. 596-14 à Art. L. 596-22
Section 3 : Contentieux Art. L. 596-23
Section 4 : Dispositions pénales Art.L. 596-27 à L. 596-31
Chapitre VII : Dispositions applicables à la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie
nucléaire

82
Centrales nucléaires et environnement
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5
Contenu partiel de la partie réglementaire
Livre Ier : Dispositions communes
Titre II : Information et participation des citoyens

Cadre réglementaire ➜ Annexe 5.3


Chapitre Ier : Débat public relatif aux opérations d’aménagement. Art. R. 121-1 à Art. R. 121-16
Chapitre II : Évaluation environnementale Art. R. 122-1 à Art. R. 122-23
Chapitre III : Enquêtes publiques relatives aux opérations susceptibles d’affecter l’environnement
Art. R. 123-1 à Art. R. 123-46
Chapitre IV : Droit d’accès à l’information relative à l’environnement Art. R. 124-1 Art. R. 124-2
Art. R. 124-3 Art. R. 124-4 Art. R. 124-5
Titre VI : Prévention et réparation de certains dommages causés à l’environnement
Art. R. 161-1 à Art. R. 163-1

Livre II : Milieux physiques


Titre Ier : Eau et milieux aquatiques et marins
Chapitre Ier : Régime général et gestion de la ressource Art. R. 211-1 à Art. R. 217-3
Chapitre II : Planification Art. R. 212-1 à Art. R. 212-48
Chapitre III : Structures administratives et financières Art. R. 213-12-1 à Art. R. 213-83
Chapitre IV : Activités, installations et usage Art. R. 214-1 à Art. R. 214-151
Chapitre VI : Sanctions Art. R. 216-1 Art. R. 216-17
Titre II : Air et atmosphère
Chapitre Ier : Surveillance de la qualité de l’air et information du public Art. R. 221-1 à Art. R. 221-37
Chapitre IV : Mesures techniques nationales de prévention de la pollution atmosphérique et
d’utilisation rationnelle de l’énergie Art. R. 224-1 à Art. R. 224-68
Chapitre VI : Contrôles et sanctions Art. R. 226-1 à Art. R. 226-17
Chapitre VII : Dispositions particulières aux pollutions causées par des substances radioactives
Art. R. 227-1
Chapitre IX : Effet de serre Art. R. 229-5 à Art. R. 229-102

Livre III : Espaces naturels Art. R. 300-1 à Art. R. 300-3

Livre IV : Faune et flore


Titre Ier : Protection de la faune et de la flore
Chapitre Ier : Préservation et surveillance du patrimoine biologique Art. R. 411-1 à Art. R. 411-41
Chapitre II : Activités soumises à autorisation Art. R. 412-1 à Art. R. 412-10
Chapitre IV : Conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages
Section 1 : Sites Natura 2000 Art. R. 414-1 à Art. 414-29

Livre V : Prévention des pollutions, des risques et des nuisances


Titre préliminaire : Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques Art. D. 510-1
à Art. D. 510-5
er
Titre I : Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)
Chapitre Ier : Dispositions générales
Section 2 : Nomenclature des installations classées Art. R. 511-9 Art. R. 511-10
Chapitre II : Installations soumises à autorisation, à enregistrement ou à déclaration Art. R. 512-1
Section 1 : Installations soumises à autorisation Art. R. 512-2 à Art. R. 512-46
Section 2 : Installations soumises à enregistrement Art. R. 512-46-1 à Art. R. 512-46-30
Section 3 : Installations soumises à déclaration Art. R. 512-47 à Art. R. 512-74
Chapitre IV : Contrôle et contentieux des installations classées
Section 1 : Contrôle et sanctions administratifs Art. R. 514-1 à Art. R. 514-3-1
Section 2 : Dispositions pénales Art. R. 514-4 Art. R. 514-5
Chapitre VI : Dispositions financières Art. R. 516-1 à Art. R. 516-6
Titre II : Produits chimiques, biocides et substances à l’état nanoparticulaire
Chapitre Ier : Contrôle des produits chimiques Art. R. 521-1 à Art. R. 521-68
Chapitre II : Contrôle de la mise sur le marché des substances actives biocides et autorisation
de mise sur le marché des produits biocides Art. R. 522-1 à Art. D. 522-47

83
CHAPITRE 5 Cadre réglementaire

➜ Annexe 5.4
Institutions
de l’Union européenne
L’Union européenne (UE)  a notamment pour institutions le Conseil européen, la Commission,
le Parlement, le Conseil de l’UE et la Cour de Justice.
• Le Conseil européen regroupe les chefs d’États ou de Gouvernement des États membres. Il fixe les
grandes orientations et donne les impulsions sur les sujets les plus importants mais n’exerce pas de
fonction législative. Chaque État membre préside à son tour le Conseil européen pour une période
de six mois.
• La Commission européenne est l’institution politiquement indépendante des gouvernements natio-
naux, qui représente et défend les intérêts de l’UE dans son ensemble. Elle est composée de 27 membres
nommés par les gouvernements. Elle élabore les propositions de nouvelles lois européennes, qu’elle
soumet au Parlement européen et au Conseil de l’UE. C’est également le bras exécutif de l’Union. En
d’autres termes, elle est responsable de l’exécution des décisions du Parlement et du Conseil.
• Le Parlement européen est composé de représentants des peuples élus au suffrage universel direct
tous les 5 ans, et dispose en général d’une compétence législative partagée avec le Conseil de l’UE
(procédure de codécision). Dans quelques domaines, par exemple l’agriculture, les politiques éco-
nomiques, les visas et l’immigration, le Conseil est seul à décider, mais a l’obligation de consulter le
Parlement. En outre, l’avis conforme du Parlement est requis pour une série de décisions importantes.
• Le Conseil de l’UE est composé des Ministres issus de chaque gouvernement, et représente les États
membres de l’UE. Le Conseil de l’UE est le principal organe de décision de l’UE et a pour missions
entre autre, d’adopter les législations européennes et de conclure les accords internationaux. Il est
aidé dans son travail par le Comité des Représentants Permanents des États membres (COREPER).
• La Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) est chargée d’assurer le respect du droit dans
l’interprétation et l’application des Traités. Elle est composée de juges nommés d’un commun accord
par les États membres.

Conseil européen
chefs d’État et de gouvernement + président de la commission

fixe les principes et les


nomme
me

grandes orientaons
de la polique européenne

Commission européenne

« gardienne des traités


t ité » : propose d
des textes de lois
veille à la bonne éxécuon et des acons communes
pro
le

des lois européennes


ô

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ed sl
te

es o i
es
inv

Parlement Conseil de l’Union


européen codécision européenne
ministres des
États membres
donne
d son avis
i décide
dé id de
d l’adopon
l’ d 
sur les proposions des loi européennes,
ou codécide des lois seul ou en collaboraon
avec le Conseil de l’UE avec le Parlement

84
©EDF – Petit Jean-Luc
86
6 Prélèvements
d’eau et
source froide
1.
2.
2.1
2.2
2.3
Enjeux liés à la ressource en eau
Besoins en eau d’une centrale nucléaire
Centrale refroidie en circuit ouvert
Centrale refroidie en circuit fermé
Besoin en eau déminéralisée
2.4 Besoin en eau potable
3. Évaluation des débits et volumes d’eau prélevée
et consommée (évaporée)
3.1 Débits prélevés en circuit ouvert ou fermé
3.2 Débits consommés (évaporés)
3.3 Débits rejetés
4. Maîtrise des salissures biologiques dans les circuits
de refroidissement,
4.1 Nature des salissures biologiques
4.2 Procédés de lutte contre les salissures biologiques
5. Envasement et dragage (ou curage) des prises d’eau
6. Qualité de l’eau prélevée vis-à-vis du risque
d’encrassement des circuits de refroidissement
6.1 Formation du tartre dans les circuits
(condenseurs et aéroréfrigérants)
6.2 Traitement antitartre des circuits de refroidissement
des condenseurs
7. Contrôle du développement des micro-organismes
pathogènes dans les circuits de refroidissement
7.1 Amibes et légionelles dans les circuits d’eau douce
7.2 Vibrions dans les circuits de réfrigération à l’eau de mer
(sites marins)
8. Protection des installations contre les risques climatiquess
8.1 Inondation
8.2 Canicule – sécheresse
8.3 Grand froid
Bibliographie
Pour en savoir plus

87
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

1. Enjeux liés à la ressource


en eau
Qu’elle soit prélevée en mer ou dans un cours d’eau levées sont limitées en débit et en volume et doivent,
voire en nappe souterraine, l’eau est indispensable à ce titre, pouvoir être évaluées par l’exploitant.
au fonctionnement d’une centrale nucléaire.
Le besoin d’une eau de qualité et en quantité suffi-
sante détermine l’emplacement de la centrale et la
Les prélèvements d’eau de surface sont réalisés
conception des circuits de refroidissement.
pour assurer le refroidissement des condenseurs
et pour alimenter en eau brute ou industrielle Pour les centrales implantées en bord de fleuve ou
les différents circuits nécessaires au fonction- de rivière, le débit du cours d’eau doit être suffisant
nement. L’eau brute ou industrielle est une eau pour garantir tout au long de l’année les volumes
douce sommairement traitée (filtration, clarifica- nécessaires au fonctionnement des installations.
tion) qui fournit les appoints aux échangeurs de
La qualité d’eau prélevée (caractère entartrant, sali-
chaleur, au réseau d’incendie, le cas échéant, à
nité, matières en suspension, température) et son
la station de production d’eau déminéralisée….
évolution possible dans le temps sont des paramètres
Elle assure en particulier le refroidissement des
à prendre en considération tant à la conception des
échangeurs de chaleur du réacteur lorsque celui-
ouvrages qu’en exploitation. Elle conditionne le
ci est à l’arrêt.
dimensionnement des circuits de refroidissement,
la mise en place ou non de dispositifs de traitement
L’eau prélevée en sous-sol sert à alimenter le
(antitartre, biocide) et/ou de nettoyage en continu de
réseau d’eau potable des centrales non reliées au
ces circuits. En exploitation, l’encrassement des cir-
réseau communal (ex. Cruas, Chinon...) et/ou les
cuits, dû à la mauvaise qualité de l’eau, peut réduire
installations en eau industrielle (ex. Dampierre).
la performance des installations.
La mer ou la rivière dans laquelle est prélevée l’eau Par ailleurs, la température de l’eau est un facteur
constitue ce qu’il est convenu d’appeler la source qui détermine le rendement des centrales refroidies
froide. en circuit ouvert (cycle de Carnot) ; elle accentue
les phénomènes d’entartrage et la prolifération des
L’eau douce prélevée en surface ou en sous-sol
micro-organismes dans les centrales refroidies en
fait l’objet d’une réglementation. Les quantités pré-
circuit fermé.

2. Besoins en eau
d’une centrale nucléaire
Fig. 1 ➜ Schéma simplifié d’une unité d’eau ou en mer. Les quantités d’eau prélevées
de production refroidie en circuit ouvert sont fonction du type de circuit de refroidisse-
ment (circuit ouvert ou circuit fermé).
Condenseurs
des turbo-alternateurs
En circuit ouvert, (cf. fig 1) l’eau prélevée au
milieu parcourt l’intérieur des tubes du conden-
seur en s’échauffant à leur contact puis retourne
directement au milieu aquatique. Dans ce cas,
l’énergie thermique extraite au condenseur est
Réfrigérants
1 m3/s intégralement transférée au milieu aquatique
des auxiliaires
(mer ou rivière).
En circuit dit « fermé » au contraire, l’énergie
38 - 61 m3/s Rejet
thermique extraite est cédée en quasi-totalité à
Eau brute prélevée
en rivière ou en mer l’atmosphère au moyen d’un aéroréfrigérant. Ce
circuit fait l’objet d’un appoint d’eau prélevée en
Le refroidissement des condenseurs des groupes rivière et d’une purge continue par laquelle une
turbo-alternateurs et des circuits auxiliaires est faible partie de l’énergie thermique est transférée
assuré par de l’eau brute prélevée dans un cours au cours d’eau (cf. fig 2).

88
Centrales nucléaires et environnement
ent
6
2.1 Centrale refroidie refroidissement. Mais cette eau est restituée en
quasi-totalité au milieu extérieur. Une infime
en circuit ouvert
partie (moins de 1 %) s’évapore dans le cours
Refroidissement des condenseurs d’eau en aval du rejet et permet au panache ther-

Prélèvements d’eau et source froide


des groupes turbo-alternateurs mique - du fait du refroidissement produit par
Le débit d’eau (Q) nécessaire au refroidissement cette évaporation – de retourner à la température
des condenseurs en circuit ouvert dépend de naturelle du cours d’eau. Notons que les volumes
la puissance thermique (Pth) à évacuer et de la prélevés en circuit ouvert ne sont pas proportion-
contrainte qu’on se fixe en termes d’échauffement nels à l’énergie produite par la centrale car le
(DT°C) suivant la relation : Pth condenseur = Q.C.ΔT1 fonctionnement des pompes de prélèvement ne
(cf. encart). dépend pas du niveau de puissance de la centrale.
L’échauffement de l’eau et le débit prélevé sont
Tab. I Débits nominaux prélevés
donc directement liés. Ils sont déterminés à la
conception des ouvrages en fonction notamment Débit nominal
par unité de production (ou réacteur)
des contraintes environnementales (cf. chapitre
8 §2.4 du guide). Sites fluviaux

Pour le parc d’EDF en exploitation les ordres de Palier 900 MWe (8 réacteurs) 42 m3/s
grandeur des débits de prélèvement d’eau sont Palier 1300 MWe (2 réacteurs) 57 m3/s
fournis pour les différents paliers de puissance Sites marins
électrique (cf. tab. I).
Palier 900 MWe (10 réacteurs) 38-40 m3/s
En circuit ouvert, les volumes annuels d’eau
Palier 1300 MWe (8 réacteurs) 43-53 m3/s
prélevés varient de 900 à 1 900 millions de m3
par unité selon l’importance des installations de EPR 1650 MWe (1 réacteur) 61 m3/s

Comparaison des débits et des échauffements théoriques


entre une centrale classique et une centrale nucléaire
Centrale
Centrale nucléaire
Bilan thermique thermique
à eau légère
à flamme

Puissance thermique fournie par la chaudière ou le réacteur (Pth) 1,00 1,00

Puissance électrique (Pe) 0,38* 0,31

Pertes à la cheminée 0,14 0

Pertes diverses 0,03 0,04

Puissance thermique à évacuer par la source froide au condenseur


0,45 0,65
du groupe turbo-alternateur (Pth condenseur)

(Pth condenseur)/(Pe) 0,45/0,38 =1,2 0,65/0,31=2,1

Débit de refroidis- Débit de refroidis-


Puissance à
Puissance sement pour un sement pour un
Type de centrale évacuer au
électrique échauffement de échauffement de
condenseur
10 °C 15 °C

Centrale classique 1 000 MW 1 200 MW Q = 30 m3/s Q = 20 m3/s

Centrale nucléaire 1 000 MW 2 100 MW Q = 50 m3/s Q = 33 m3/s

* Le rendement thermodynamique d’une centrale classique est plus élevé (donc meilleur sur le plan énergétique) que celui
d’une centrale nucléaire. La raison en est la température plus élevée de la source chaude (550 °C) contre seulement 300 °C
dans un réacteur nucléaire à eau sous pression.

Nota sur les unités :


L’énergie s’exprime en Joule (J).
La puissance en Watt (W) qui vaut 1 Joule par seconde (J.s-1).
L’énergie nécessaire pour élever de 1 °C un mètre cube d’eau est de 4,186 MJ.m-3.°C-1 (à 15 °C).

1. Pth = puissance thermique en MJ/s ; C = chaleur massique de l’eau à 15 °C : 4,186 MJ.m-3.°C-1 ; ΔT en °C.

89
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

Refroidissement des circuits auxiliaires évaporée est proportionnelle à l’énergie produite


en circuit ouvert par la centrale à raison de 2,5 L/kWhnet environ.
Une partie de l’eau prélevée en surface est utilisée
Les quantités d’eau prélevée et évaporée sont don-
pour alimenter de nombreux matériels tels que les
nées, ci-après, pour chaque palier de puissance
échangeurs de chaleur assurant le refroidissement
électrique. Ces valeurs ne sont que des ordres de
du réacteur à l’arrêt, le circuit de protection contre
grandeur ; elles dépendent de la conception des cir-
l’incendie, le cas échéant la station de production
cuits et varient d’une centrale à l’autre. Par ailleurs,
d’eau déminéralisée (cf. § 2.3). L’eau brute est une
le débit évaporé est une moyenne ; sa valeur évolue
eau qui n’a subi qu’un simple traitement par fil-
en fonction de la température de l’air ambiant (prin-
tration. Les débits prélevés pour ces usages sont
cipalement) et de son humidité (pour une valeur
d’environ 1 m3/s pour une unité de production.
moyenne de 0,75 m3/s, la plage de variation s’étend
de 0,6 m3/s à 0,85 m3/s) – cf. tab. II.
2.2 Centrale refroidie Refroidissement des circuits auxiliaires
Pour les centrales implantées sur de grand cours
en circuit fermé
d’eau (Cruas, …), les circuits des matériels auxi-
Le refroidissement en circuit fermé utilise des liaires nucléaires sont refroidis en boucle ouverte.
tours aéroréfrigérantes où l’échange thermique Le débit prélevé est alors de 0,6 m3/s environ par
ne s’opère plus avec l’eau de la rivière comme unité de production (cf. fig. 2a).
en circuit ouvert mais avec l’air de l’atmosphère.
Dans les centrales prélevant sur des cours d’eau à
L’énergie thermique extraite des condenseurs des
débit moyen (Nogent, Cattenom…), l’eau alimentant
turbo-alternateurs est dissipée à 75 % sous forme
les circuits des auxiliaires est réutilisée pour effec-
de vapeur d’eau (panache) et par convection à hau-
tuer les appoints aux tours aéroréfrigérantes. Ceci
teur de 25 %. L’eau prélevée en rivière sert alors à
permet de réduire le besoin en eau brute (cf. fig. 2b).
compenser la quantité d’eau évaporée dans l’aéro-
réfrigérant et la purge du circuit (cf. chapitre 8 sur Sur la Vienne (Civaux), les matériels auxiliaires non
la maîtrise des impacts). La purge est pratiquée nucléaires sont refroidis suivant la configuration
en continu afin de limiter la concentration de sels adoptée à Nogent ou Cattenom. Mais, compte tenu
minéraux dans le circuit de refroidissement. du faible débit de la Vienne, les matériels auxi-
liaires nucléaires sont refroidis en boucle fermée
Sur la Vienne, cours d’eau à faible débit, cette
au moyen d’aéroréfrigérants. Le débit prélevé pour
technique est aussi utilisée à la centrale de
cet usage est de ce fait presque nul (cf. fig. 2c).
Civaux pour assurer le refroidissement des
échangeurs des circuits auxiliaires nucléaires.
Selon l’importance des débits des cours d’eau, il 2.3 Besoin en eau
existe trois configurations pour alimenter en eau
déminéralisée
brute les centrales nucléaires refroidies en circuit
fermé. Le débit d’eau prélevée pour une unité de Le fonctionnement d’une centrale nucléaire requiert
production varie ainsi de 4,6 m3/s pour des cen- de l’eau chimiquement pure notamment pour ali-
trales implantées sur de grands fleuves (Rhône) à menter le circuit primaire et le circuit secondaire.
2 m3/s pour la centrale de Civaux sur la Vienne.
Cette eau peut être produite à partir de l’eau douce
Refroidissement des condenseurs prélevée en rivière puis traitée dans une chaîne de
des groupes turbo-alternateurs déminéralisation composée en série de flocula-
Les quantités d’eau prélevées sont plus faibles qu’en teur-décanteur, de filtres, de résines échangeuses
circuit ouvert : elles varient de 40 à 140 millions de d’ions (cf. fig. 3),
m3 par unité et par an suivant la configuration des
Elle peut aussi être produite par dessalement de
circuits (cf. fig. 2) et la qualité de l’eau (nécessité
l’eau de mer avec une installation d’ultrafiltration
d’augmenter les appoints et les purges aux aéro-
et d’osmose inverse ; cas de Flamanville (cf. fig. 4).
réfrigérants en cas d’eau entartrante cf.§ 6). Une
partie de l’eau prélevée s’évapore à l’atmosphère et Dans certains cas, l’eau douce nécessaire à la pro-
n’est donc pas restituée au cours d’eau. La quantité duction d’eau déminéralisée est prélevée dans les

Tab. II Débits nominaux prélevés et évaporés


Débit nominal prélevé et évaporé
par unité de production (ou réacteur)

Palier 900 MWe (16 réacteurs) 2 m3/s dont 0,67 m3/s évaporé

Palier 1300 MWe (10 réacteurs) 2 m3/s dont 0,75 m3/s évaporé

Palier 1450 MWe (4 réacteurs) 2,6 m3/s dont 0,75 m3/s évaporé

90
Centrales nucléaires et environnement
ent
6
eaux souterraines (cas de Fessenheim, Nogent) ou Les besoins annuels d’eau déminéralisée s’élèvent
directement dans le réseau urbain d’eau potable à environ 180 000 m3 en moyenne par unité de
(Cattenom, Gravelines). production.

Prélèvements d’eau et source froide


Fig. 2 ➜ Schémas d’une unité de production en circuit fermé (ordres de grandeur)

Évaporaon Évaporaon
0,67 m3/s 0,75 m3/s

b) Cours d’eau à débit moyen


a) Cours d’eau à fort débit (Nogent sur la Seine –
(Cruas sur le Rhône…) Q  2 m3/s pour une unité de 1300 MWe)

Q  4,6 m3/s

Condenseurs des Condenseurs des


turbo-alternateurs turbo-alternateurs

Circuits Circuits
Auxiliaires Auxiliaires Réfrigérants des circuits
nucléaires non nucléaires 3,25 m3/s auxiliaires
Purge de Purge de
0,75 m3/s déconcentraon déconcentraon
3,33 m3/s Prélèvement
1,25 m3/s
4 m3/s en rivière
0,61 m3/s 2 m3/ s

Évaporaon  0 m3/s Évaporaon


0,75 m3/s
c) Cours d’eau à faible débit
( Civaux sur la Vienne)
pour une unité de 1450 MWe)

Condenseurs des
 0 m3/s turbo-alternateurs

Réfrigérants Réfrigérants des


des circuits circuits auxiliaires
auxiliaires nucléaires non nucléaires
1,25 m3/s
Purge de déconcentraon
Q  2 m3/s 2 m3/ s
1,25 m3/s

Fig. 3 ➜ Chaîne de production d’eau déminéralisée.


Floculateur-décanteur

Filtre à sable

Eau
déminéralisée
Chaine de
déminéralisaon

Capacité
2 000 m3/jour

Fig. 4 ➜ Station de dessalement d’eau de mer à Flamanville.

Eau de mer
Eau douce
Filtre de la Dièlee
Stockage
eau
douce
Modules
d’ultrafiltraon Floculateur Eau douce
-décanteur du Pet Douet
et du Grand Douet
Unité de Filtre à sable Unité de déminéralisaon
dessalement d’origine ulisée en secours
Osmoseur
capacité de l’unité de dessalement
2 000 m3/j Eau filtrée
Osmoseur

Chaînes de
déminéralisaon

Lit mélangé

Eau déminéralisée
Vers les circuits d’ulisaon

91
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

2.4 Besoin en eau potable clapet anti-retour ou de tout autre disposi-


tif équivalent de protection de ces eaux. Les
L’eau potable dans une centrale nucléaire alimente
forages sont réalisés de façon à empêcher la
les sanitaires, les vestiaires, la laverie des tenues
mise en communication des nappes souter-
de travail utilisées en zone nucléaire.
raines distinctes ».
L’eau potable provient :
La qualité de l’eau potable distribuée sur le site
• soit directement du réseau d’eau potable
fait l’objet de contrôles réguliers comme l’exige
urbain (Blayais, Bugey, Chinon, Cattenom,
la réglementation sanitaire (nature et fréquence
Chooz, Civaux, Dampierre, Flamanville, Golfech,
des contrôles).
Nogent, Paluel, Penly, St-Alban, Tricastin). Dans
ce cas, comme l’exige la réglementation en La consommation d’eau potable sur une cen-
vigueur, « Les ouvrages de raccordement sur le trale nucléaire est liée au volume des activités
réseau public de distribution d’eau potable sont de maintenance (nombre d’arrêts de tranche) et
équipés d’un ou de plusieurs réservoirs de cou- dépend du nombre de travailleurs présents sur le
pure ou de tout autre dispositif permettant d’évi- site ; elle se situe en moyenne à 25 000 m3 par
ter, notamment à l’occasion de retour d’eau, une unité de production.
perturbation du fonctionnement du réseau ou une
Afin de maîtriser la consommation d’eau potable et
contamination de l’eau distribuée ».
éviter les gaspillages, la consommation d’eau est
• soit d’un forage dans les eaux souterraines
suivie au moyen de compteurs. En cas de consom-
(Fessenheim, Cruas, Belleville, St-Laurent).
mation élevée non justifiée, des recherches de fuites
Dans ce cas, « Les ouvrages de prélèvement
sont systématiquement entreprises.
dans les eaux souterraines sont équipés d’un

3. Évaluation des débits


et volumes d’eau
prélevée et consommée
(évaporée)
La connaissance des débits prélevés, évaporés compte de la perte de charge induite par l’en-
(pour les centrales refroidies en circuit fermé) et crassement des circuits). Le volume d’eau sou-
rejetés est nécessaire pour les raisons suivantes : terraine prélevé est mesuré par des compteurs
• répondre aux exigences de la réglementation volumétriques. Les débits et quantités d’eau
(respect des limites autorisées), prélevés sont limités par la réglementation
• évaluer les redevances à payer au titre des (cf. encart).
prélèvements d’eau (cf. chapitre 11 du guide),
• connaître le débit de rejet dans l’ouvrage de
rejet avant dispersion dans le milieu récep- 3.2 Débits consommés
teur à partir des débits prélevés et évaporés
(évaporés)
(cf. chapitre 7 du guide),
• évaluer les risques d’entartrage du circuit. En circuit fermé, le débit évaporé est calculé en
référence à la norme (NF E-38-423) qui impose
une précision d’au moins 5 %. Trois méthodes
3.1 Débits prélevés en fondées sur cette norme sont appliquées :
• la méthode TEFERI (mode 1)  : méthode
circuit ouvert ou fermé
de calcul polynomiale utilisée à Nogent,
En général, les débits prélevés sont déterminés à Cattenom, Chooz, Civaux,
partir des compteurs horaires des pompes et de • la méthode TEFERI (mode 2) : méthode de calcul
leur débit nominal (protocole tenant notamment à partir des paramètres thermodynamiques

92
Centrales nucléaires et environnement
ent
6

Extrait de l’arrêté du 29 décembre 2004


de la centrale le Nogent refroidie en circuit fermé
(deux unités de 1 300 MWe)

Prélèvements d’eau et source froide


Art. 5 - I – Les volumes prélevés ne peuvent excéder les valeurs maximales suivantes :
Prélèvement en Seine
Débit maximal instantané Quantité annuelle maximale
7 m3/s 149 millions de m3

Prélèvement en Nappe alluviale


Quantité quotidienne
Débit maximal instantané Quantité annuelle maximale
maximale
0,1 m3/s 6 130 m3 562 000 m3

II – Les prélèvements d’eau sont soumis aux conditions suivantes :


Le débit de la pr ise d’eau en Seine ser a restitué intégralement, à l’exception de la fr action évaporée ;
cette fraction ne pourra en aucun cas dépasser 1,85 m3/s en débit de pointe, et elle sera en moyenne de
1,5 m3/s sur l’année.
En situation d’étiage sévère, c’est-à-dire lorsque le débit à Pont sur Seine est inférieur à 15 m3/s, la fraction
évaporée sera réduite à 1,7 m3/s.
Le débit réservé en Seine à l’aval du rejet de la centrale devra en toute circonstance être supérieur à 8 m3/s.

(puissance de l’unité de production, tempé- 3.3 Débits rejetés


rature de l’air, hygrométrie…) ; cette méthode
Dans les circuits ouverts, le débit rejeté est égal
est utilisée sur les sites de bord de Loire,
au débit prélevé puisque l’eau prélevée est entiè-
• la méthode à «  deux coefficients fonction
rement restituée au milieu.
de l’énergie  », l’un pour l’été, l’autre pour
l’hiver, sur les autres centrales en circuit En circuits fermés, le débit rejeté (ouvrage de
fermé (Cruas). rejet) est également déterminé par différence
(débit prélevé – débit évaporé).

Centrale nucléaire de Tricastin sur le Rhône en circuit ouvert (55 ha).

93
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

4. Maîtrise des salissures


biologiques dans les circuits
de refroidissement
Les circuits d’eau brute sont soumis à deux types En bord de mer
de salissures biologiques pouvant provoquer leur Les principaux organismes marins à l’origine des col-
colmatage. Il s’agit : matages sont les moules pour les canalisations, les
• d’organismes vivants de grande taille (moules, algues pour les grilles fixes et les tambours filtrants,
bryozoaires…) qui se fixent sur les parois des les poissons et le plancton « gélatineux » (cténaires
circuits véhiculant l’eau brute (tambours fil- ou groseilles de mer, méduses) pour les tambours
trants des stations de pompages, boîtes à eau filtrants et les débris d’algues ou de coquilles pour
des condenseurs, bassins de recueil des eaux les échangeurs. Entre 1995 et 2005, on a observé
de ruissellement des aéroréfrigérants...) ; une recrudescence des problèmes liés aux algues
• d’un «biofilm» se formant sur la surface sur les sites de Paluel, Flamanville et Penly. Certains
interne des tubes de condenseurs et pouvant épisodes de colmatage ont provoqué à Paluel, en
réduire les échanges thermiques. 2004, l’arrêt de deux unités de production et des
dégâts importants sur les tambours filtrants. Ces
Par ailleurs, les stations de prise d’eau peuvent
phénomènes surviennent essentiellement au prin-
s’envaser (cf. § 5) voire être obstruées par les glaces
temps et en été. Ils ont lieu principalement lors des
en hiver et par les arrivées massives d’algues, de
« coups de vent » qui provoquent un arrachage des
débris végétaux, de méduses (cf. § 8.3).
algues des fonds marins et leur transport vers les
Pour lutter contre les salissures biologiques et le prises d’eau des centrales.
colmatage des circuits, des procédés physiques
et/ou traitements chimiques sont mis en œuvre
(cf. fig. 5). 4.2 Procédés de lutte contre
les salissures biologiques
Fig.5 ➜ Procédés de traitement
Procédés physiques 
Lue contre les salissures biologiques La lutte contre les salissures biologiques portent
et le colmatage des circuits de refroidissement sur :
• les circuits conçus de manière à garantir une
bonne vitesse de circulation de l’eau : les larves
d’organismes marins ne se fixent pas lorsque
Traitement physique Traitement chimique la vitesse est supérieure à 2 m/s,
– Concepon adaptée des – Électrochloraon sur
circuits de prise d’eau les sites marins
• la filtration de l’eau au moyen de filtres à
– Filtraon – Chloraon des centrales mailles rotatifs et autonettoyants qui collectent
– Neoyage mécanique équipées de tours des débris et les organismes vivants,
– Augmentaon du débit d’eau aéroréfrigérantes
d’appoint à l’aéroréfrigérant
• le nettoyage mécanique continu des tubes de
condenseurs au moyen de boules en mousse
abrasives,
4.1 Nature des salissures • le nettoyage occasionnel des parois des cir-
cuits lors des phases d’arrêt des installations,
biologiques
• la filtration fine à l’entrée des faisceaux de
En bord de rivière tubes de condenseurs.
Les principales espèces de salissures biologiques
Pour se prémunir contre les conséquences d’un
en eau douce sont des coquillages bivalves (moules
colmatage des prises d’eau par les débris végétaux
zébrées, clams asiatiques), des gastéropodes et des
ou d’algues, des améliorations ont été apportées
colonies de bryozoaires. La nature des salissures
aux dégrilleurs au niveau des peignes de raclage
dépend du bassin fluvial. Ainsi, les bryozoaires
et des goulottes de récupération.
abondent en Loire, en Moselle et dans le Rhône. Des
espèces exotiques sont apparues dans les cours Procédés chimiques par électrochlora-
d’eau français comme le clam asiatique en Garonne tion sur les sites marins
depuis 1989. La surveillance hydrobiologique pra- Pour lutter contre le développement d’espèces
tiquée par les centrales permet de les détecter et biologiques dans les circuits de refroidissement,
de les identifier. on pratique la chloration. À cette fin, des unités de

94
Centrales nucléaires et environnement
ent
6
production d’hypochlorite de sodium (eau de Javel) Fig. 6 ➜ Circuit d’électrochloration d’eau
par électrolyse de l’eau de mer ont été installées. à la centrale nucléaire de Penly
(deux tranches de 1300 MWe)
Chaque station d’électrochloration comporte :
• des cellules d’électrolyse dans lesquelles H2

Prélèvements d’eau et source froide


l’hypochlorite de sodium (eau de Javel) est
produit à partir du chlorure de sodium selon File 1
la réaction : NaCl + H20 NaClO + H2, dégazage
• une cuve assurant un entreposage de courte
durée de l’hypochlorite concentré à environ
1 g/L en chlore avant son injection, Bac
• un dispositif d’injection de la solution dans d’entreposage
l’eau de circulation (cf. fig. 6).
La chloration est réalisée lorsque la température de File 2
l’eau de mer dépasse 10 °C (températures favorables
Alimentaon par
au développement des espèces biologiques). Ces sta-
une des 2 pompes
tions d’électrochloration permettent d’optimiser les de 160 m3/h
injections de chlore. La concentration de chlore après
mélange est comprise entre 0,5 et 1 mg/L. Sur cer-
tains sites, une chloration intermittente (séquentielle)
est suffisante. Ceci permet de réduire les rejets de Injecon
dans les pertuis
substances chimiques dérivées du chlore (cf. cha-
de prise d’eau
pitre 8 sur la maîtrise des impacts).
Procédés chimiques par chloration
« massive » à pH contrôlé sur les centrales
équipées de tours de réfrigération
La chloration massive à pH contrôlé consiste à
injecter rapidement une quantité d’hypochlorite Canal d’amenée
de sodium (eau de Javel) dans le bassin froid des 81 500 m3/h 81 500 m3/h
aéroréfrigérants avec acidification de l’eau pour 45 m3/s
faire face à une prolifération ponctuelle de salis- Eau de mer à traiter
sures biologiques (cf. chapitre 8 sur la maîtrise
des impacts).

5. Envasement
et dragage (ou curage)
des prises d’eau
Les prélèvements d’eau transportent des sédi- Lorsque ces mesures décèlent un risque d’obs-
ments qui se déposent dans le chenal d’amenée truction des ouvrages de prise d’eau, les opé-
mais aussi dans les zones « mortes » des ouvrages rations de dragage sont programmées. Les
de prise d’eau entraînant ainsi leur envasement. volumes de sédiments mobilisés par dragage
Lorsque celui-ci devient trop important dans les et la fréquence des opérations sont variables
ouvrages, il peut obstruer les tuyauteries d’ali- selon les sites :
mentation en eau brute des circuits et perturber • 1 000 m3 à 5 000 m3 par opération à Golfech,
fortement leur fonctionnement. une fois tous les 5 ans,
• 400 à 1 200 m3 à Penly tous les ans,
Pour ces raisons, l’envasement des prises d’eau
• 2 000 à 20 000 m3 par opération à Tricastin,
ou des chenaux d’amenée d’eau fait l’objet
tous les deux ans ou après de très fortes
d’un suivi régulier au moyen de mesures bathy-
crues,
métriques permettant d’évaluer les sections
• 40 000 m3 à Dampierre tous les 5 à 7 ans.
d’écoulement le long des chenaux.

95
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

Ces opérations, dont la durée s’étale sur plu- une demande d’autorisation auprès de l’autorité
sieurs semaines, sont réglementées (cf. encart). compétente (ASN ou autorité du domaine eau
Selon le volume de sédiments dragués, ces opé- selon le lieu du dragage en ou hors périmètre
rations nécessitent, soit une déclaration, soit de l’INB).

Ensablement de la prise d’eau de la centrale de Chinon


En décembre 2005, la centrale de Chinon, située en réduisant les r isques d’ensablement des gale-
sur la Loire,a connu l’ensablement partiel du canal ries souterraines et l’intrusion de corps f ottants de
d’amenée d’eau. Ce canal est relié au f euve par grosse taille lor s de grosses crues. Les travaux se
l’intermédiaire de trois galeries souterraines ache- sont achevés en 2011.
minant l’eau depuis un captage réalisé dans le lit
de la Loire. Une seule galerie est ouverte en fonc-
tionnement. Un pertuis de secours entre la Loire et
le canal permet, en cas d’obstr uction totale des
galeries, d’alimenter la centrale.
Une grande masse de sable a été détectée dans
le canal, encombrant les deux galeries fermées, la
galerie en fonctionnement étant à son débit normal.
Cet incident a été classé au niv eau 1 de l’échelle
INES par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
à titre préventif, des pompes mobiles à f ort débit
ont été installées pendant la période de dragage
du banc de sa ble. Des études ont été réalisées
Centrale nucléaire de Chinon
en vue d’améliorer la f abilité de la pr ise d’eau (4 ⴛ 900 MWe sur la Loire – 115 ha).

Conditions de dragage des cours d’eau ou canaux


(Arrêté du 30/05/2008 f xant les prescriptions générales applicables aux opérations d’entretien des cours d’eau ou canaux,
Circulaire du 04/07/2008 relative à la procédure concernant la gestion des sédiments lors de travaux ou d’opérations
impliquant des dragages ou curages maritimes et f uviaux)

Aspects administratifs liés techniques mis en œuvre (pompes aspirantes, pel-


aux opérations de dragage leteuses, barges), le calendrier prévu, les modali-
Les extractions de matériaux dans le lit mineur ou tés d’enlèvement des sédiments et les dispositions
l’espace de mobilité des cours d’eau sont interdites. mises en œuvre pour éviter tout irsque de pollution
Seuls peuvent être effectués les retraits ou déplace- accidentelle pendant l’opération.
ments de matériaux liés au curage d’un cours d’eau L’autorité compétente peut fxer des périodes pen-
ou du plan d’eau traversé par un cours d’eau. dant lesquelles les travaux sont interdits ou doivent
L’opération de dragage doit être dûment justifée au être restreints pour tenir compte de la migr ation
regard des risques d’envasement ou d’ensablement ou de la reproduction des poissons, des loisirs nau-
et des objectifs de qualité fxés pour le milieu aqua- tiques ou de pêche.
tique concerné. Le nombre, l’étendue, la durée et Le plan de chantier est accompagné d’un pr o-
la fréquence sont limités au strict nécessaire af n de tocole de surveillance décrivant les actions et les
minimiser les impacts négatifs sur l’environnement. mesures envisagées pendant la phase de travaux
L’impact prévisible de l’opér ation est étudié par pour limiter les impacts prévisibles sur l’écosystème
l’exploitant et présenté dans le dossier adminis- aquatique et suivre la qualité de l’eau (notamment
tratif d’autorisation ou de déclar ation. L’étude de l’oxygène dissous).
l’exploitant s’appuie sur un diagnostic initial du En cas d’incident susceptible de pr ovoquer une
milieu (situation h ydro-biologique, biologique et pollution accidentelle, les travaux sont interrom-
chimique), sur le volume et la nature des sédiments pus et les autorités compétentes en sont informées
mobilisés, sur la période de dragage envisagée et dans les meilleurs délais. En cas de rég alage ou
sur le devenir des sédiments. de mise en dépôt,même provisoire, des sédiments
à proximité du cours d’eau, des dispositions sont
Réalisation des opérations de dragage et prises par l’exploitant pour éviter toute contami-
devenir des sédiments nation par ruissellement.
L’exploitant établit un plan de chantier précisant Pour les sites en bord de rivière, les m atériaux
la localisation des travaux de dragage, les moyens mobilisés par l’opération de dragage doivent être

96
Centrales nucléaires et environnement
ent
6
remis dans le cour s d’eau af n de ne pas altérer Information de l’administration
le transport naturel des sédiments et le m aintien à la fin des travaux
du lit dans son pr of l d’équilibre. La restitution des À la f n des travaux, un rapport est remis aux autori-
sédiments au cours d’eau est réalisée au reg ard tés compétentes évaluant l’eff cacité du dragage

Prélèvements d’eau et source froide


de la contamination des sédiments , et des effets et les éventuels écarts avec les impacts présentés
sur l’écosystème à l’aval. dans l’étude initiale.
Lorsque la remise dans le cour s d’eau n’est pas
possible du fait de leur f orte contamination, ou
des mauvaises conditions de dilution dans le milieu
aquatique, les sédiments sont mis en épandage ou
traités comme déchets conventionnels.
Sur les sites marins, les chenaux d’amenée d’eau
sont soumis à l’ensablement sous l’effet conjugué
de la houle et des cour ants d’aspiration des sta-
tions de pompage. Les sédiments prélevés lors des
dragages sont disposés sur une barge en vue d’être
acheminés jusqu’au lieu de rejet en mer (clapage)
dans une zone bien déf nie et autorisée (meilleur
compromis entre impact environnemental et faci-
lité de mis en œuvre)1. Opération de dragage à la centrale nucléaire de Penly.

6. Qualité de l’eau prélevée


vis-à-vis du risque
d’encrassement des
circuits de refroidissement
Les circuits de refroidissement sont soumis au contribue au caractère entartrant de l’eau. Ainsi,
risque d’encrassement du fait : plus la teneur en sels de calcium (dureté de l’eau)
• de la présence de sels de calcium et de magné- est élevée, plus il y a prédisposition au dépôt de
sium (mesurés par le TH2) et d’hydrogénocar- calcaire ou tartre (carbonate de calcium) sur les
bonates (mesurés par le TAC)3 dans l’eau douce parois en contact avec l’eau.
prélevée, à l’origine de la formation de tartre,
Mais la présence de sels de calcium dans l’eau
• des matières en suspension ou colloïdes suscep-
n’est pas à elle seule suffisante pour provoquer
tibles de se déposer sur les surfaces d’échange,
l’entartrage. La précipitation du carbonate de
• de la formation d’un biofilm sur les parois des
calcium est largement favorisée par l’élévation
circuits.
de la température qui, faisant diminuer la teneur
de gaz carbonique dissous dans l’eau, accélère
la précipitation du tartre. Il n’y a pas ou très peu
6.1 Formation du tartre d’entartrage sur les canalisations d’eau froide.
dans les circuits (condenseurs En revanche, les circuits d’eau tiède (circuit de
et aéroréfrigérants) refroidissement des condenseurs) ou d’eau chaude
sanitaire présentent un terrain favorable à l’entar-
La présence de sels de calcium dans l’eau préle- trage (cf. encart ci-après).
vée dans le cours d’eau est le premier facteur qui

1. En conformité avec la convention OSPAR, l’article L. 218-43 du Code de l’environnement stipule que l’immersion en mer de
déchets ou d’autres matières est interdite, cependant, l’immersion des déblais de dragage peut être autorisée (article L. 218-44).
La procédure de permis d’immersion des déblais de dragage en milieu marin a été simplifiée par l’ordonnance n° 2005-805 du
18 juillet 2005. Depuis, les autorisations ou déclarations valent permis d’immersion des déblais de dragage.
2. TH titre hydrotimétrique cf. chapitre 10 §4 du guide.
3. TAC titre alcalimétrique complet cf. chapitre 10 §4 du guide.

97
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

6.2 Traitement antitartre des Cattenom, de la Garonne à Golfech et de la


Seine à Nogent,
circuits de refroidissement
• ajouter le cas échéant des antitartres orga-
des condenseurs niques qui agissent sur la formation des
cristaux de tartre et empêchent ces derniers
Circuit ouvert
ainsi que les matières en suspension de se
La propreté des tubes de condenseurs est assurée en
déposer sur les corps d’échanges des aéro-
permanence par la circulation de boules en mousse
réfrigérants (Nogent),
qui, par leur passage répété, limitent les dépôts de
• injecter du gaz carbonique qui, en se dissolvant
toute nature, y compris de tartre (mesure préventive).
dans l’eau pour former de l’acide carbonique,
En cas d’encrassement, le dépôt est retiré mécani-
diminue le risque d’entartrage des conden-
quement au moyen d’hydro-lasers à très haute pres-
seurs (Chinon, Bugey…).
sion lors des opérations de maintenance (mesure
curative). Aucun traitement mettant en œuvre des Pour assurer la meilleure efficacité de ces trai-
substances chimiques antitartre n’est nécessaire. tements, le maintien en propreté des circuits est
primordial : nettoyage des tubes de condenseurs
Circuit fermé
par des boules en mousse, nettoyage des grilles en
Dans les circuits fermés, les sels contenus dans
sortie des aéroréfrigérants, des tambours filtrants,
l’eau naturelle prélevée (en particulier le carbo-
de la propreté des séparateurs de gouttes dans les
nate de calcium) se concentrent du fait de l’éva-
aéroréfrigérants.
poration partielle de l’eau dans la tour aéroréfri-
gérante. Ceci est propice à la formation de tartre Le degré d’encrassement des corps d’échange
notamment dans les zones d’échange de chaleur de l’aéroréfrigérant peut être suivi en fonction-
que sont les tubes de condenseurs et les corps nement par :
d’échange des aéroréfrigérants (packings). • la mesure des performances des circuits
(contrôle économique de fonctionnement),
À la mise en service des centrales au début des
• la pesée du corps d’échange.
années 80, des études ont permis de définir, en
fonction de la qualité de l’eau prélevée, les fac- En cas de prise de poids marqué, des actions
teurs de concentration1 à ne pas dépasser et les curatives sont réalisées à l’arrêt comme le les-
débits d’appoint et de purge appropriés pour évi- sivage à l’aide sulfurique ou au gaz carbonique
ter le phénomène d’entartrage. Des traitements et le secouage des corps d’échange (packings)
chimiques antitartre sont, malgré tout, nécessaires des aéroréfrigérants. Mais ces actions survien-
sur plusieurs centrales (cf. encart). nent sur des phénomènes déjà établis. Le suivi
de la chimie de l’eau permet, via l’utilisation d’in-
Lorsque la centrale est en fonctionnement, les
dicateurs de risque d’entartrage, d’anticiper la
traitements préventifs de lutte contre le tartre
formation de tartre dans le circuit et de mettre en
consistent à :
œuvre rapidement les actions nécessaires en cas
• injecter en continu de l’acide sulfurique ou
de dérive de ces indicateurs (cf. encart).
chlorhydrique, ce qui permet de diminuer le
risque de formation de tartre dans les circuits Les traitements contre le tartre engendrent des
alimentés en eau très entartrante comme rejets chimiques qui sont réglementés (cf. chapitre 7
l’eau de la Meuse à Chooz, de la Moselle à sur la nature et le contrôle des rejets).

Écaille de tartre déposé dans un aéroréfrigérant.


Centrale nucléaire de Nogent sur Seine.

1. Le facteur de concentration de sel dans le circuit de refroidissement est défini par la formule : Fc = Débit d’appoint/Débit de purge.

98
Centrales nucléaires et environnement
ent
6

Traitements antitartre des centrales refroidies en circuit fermé

Controle de l’entartrage des circuits


Des essais réalisés sur des boucles d’essai (TERA), avant la conception des cir cuits, ont per mis d’étudier

Prélèvements d’eau et source froide


l’inf uence des caractéristiques physico-chimiques de l’eau sur la formation de tartre.
Mais d’autres facteurs peuvent aussi favoriser l’apparition de tartre :
- la température de l’eau et son pH,
- le dégazage du CO2 dissous dans l’eau,
- la présence de cer tains constituants de l’eau naturelle ou émis par l’a brasion des tubes en laiton des
condenseurs (ions cuivre et ions zinc, ions ferreux),
- la géométrie et de l’état de surface du matériau constitutif du corps d’échange (condenseurs, packings).
À la conception des ouvrages, le dimensionnement des circuits (pompes…) tient compte d’un facteur très
important dans le r isque de formation de tartre, à savoir le facteur de concentration (Fc) entre le débit
d’eau d’appoint et le débit de purge : Fc = A/P.
En exploitation, le risque d’entartrage est évalué par le suivi du facteur de concentration et par l’indice de
Ryznar déterminé par la formule suivante :
Ir = pH de saturation – pH
Le pH de saturation dépend de la température de l’eau, de la teneur en bicarbonates dans l’eau (T AC),
de la teneur en calcium (dureté de l’eau) et de la salinité de l’eau.
Le tableau ci-après donne la correspondance entre l’indice de Ryznar et la tendance entar trante ou
corrosive de l’eau.

Ir Tendance
4à5 entartrage important
5à6 entartrage faible
6à7 équilibre
7 à 7,5 légère corrosivité
7,5 à 8,5 corrosivité notable
> 8,5 corrosivité importante

Des seuils d’alerte ont été déf nis pour chaque centrale.

Traitements antitartre
Injection d’acide fort
L’injection d’acide sulfurique (1) ou chlorhydrique (2) dans l’eau à traiter permet de déplacer l’équilibre chimique
de façon à rendre l’eau moins entartrante en diminuant la concentration en bicarbonate de calcium.

[1] Acide sulfurique : Ca 2+ + 2HCO3- + H2SO4 Ca 2+ + SO42- + 2CO2 + 2H2O

[2] Acide chlorhydrique : Ca 2+ + 2HCO3- + 2HCl Ca 2+ + 2Cl- + 2CO2 + 2H2O (cas de Cattenom)

Sur les centrales concernées, l’injection est réalisée en continu en amont des pompes de cir culation et les
volumes injectés dépendent des caractéristiques physico-chimiques de l’eau du cours d’eau et des condi-
tions de fonctionnement du circuit (mise en service de la recirculation d’hiver). Ces traitements engendrent
des rejets de sels tels que les sulfates dans le cas [1] ou chlorures dans le cas [2].

Antitartres organiques
L’usage d’inhibiteurs d’entartrage (polyacrylates, polyphosphonates, poly-phosphocarbonates…) est
répandu dans l’industrie pour le traitement des circuits d’eau. L’emploi de ces inhibiteurs permet d’aug-
menter le facteur de concentration en repoussant la limite de solubilité de sels entartrants (carbonate
de calcium) mais aussi en permettant la précipitation des sels sous une orme
f non-entartrante si la limite
de solubilité est dépassée.Les polymères organiques s’adsorbent sur le cristal de carbonate de calcium
en formation et entravent son grossissement. Ils empêchent ainsi les cristaux de tartre de s’incruster. Une
boue non adhérente se forme et s’élimine avec le f ux d’eau.
L’emploi de ce type de produit comme dispersant est aussi recommandé lorsque l’eau de refroidissement
est chargée en matières en suspension.
À Nogent, le traitement est réalisé au moyen de polyacrylate injecté tout au long de l’année.Ce traitement
conduit à des rejets de polyacrylates et de sodium.

Injection de gaz carbonique pour lutter contre le tartre sur les tubes de condenseurs
L’injection de gaz carbonique rend l’eau du cir cuit de refroidissement non entartrante. L’équilibre de la
réaction chimique (3) se déplace vers la droite : on dissout le calcaire (CaCO3) pour former du bicarbonate

99
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

de calcium soluble. En raison du dégazage du CO2 dans l’aéroréfrigérant, ce traitement perd de son eff -
cacité et ne permet donc pas d’agir sur la totalité du corps d’échange.

[3] CaCO3 + CO2 + H2O Ca2+ + 2HCO3-

Les sites de Chinon et de Bugey utilisent ce traitement de façon épisodique.

Lessivage chimique à l’acide en phase d’arrêt.


Ce traitement consiste à dissoudre le tar tre formé lors du fonctionnement. Le circuit de refroidissement
étant préalablement isolé du reste de l’installation,l’acide est injecté en quantité suffsante pour dissoudre
le tartre. Le pH doit être à un minim um de 6 et la teneur en sulf ates ne doit pas excéder 400 mg/L ou
800 mg/L selon les caractéristiques des circuits (tenues des bétons sensibles aux sulfates).
Ce lessivage produit des eff uents chargés de tartre, de sulfates, de métaux et de m atière en suspension
qui sont rejetés selon des dispositions f xées par les autorisations de rejet.
Ce traitement est utilisé dès lors qu’un début d’entartrage est constaté sur les circuits : il ne permet pas de
venir à bout d’un entar trage massif des corps d’échange des aér oréfrigérants qui dans ce cas doiv ent
être remplacés.

Lessivage chimique en phase d’arrêt par injection de gaz carbonique


Le principe de détartrage au gaz carbonique est identique à celui d’un lessivage à l’acide sulfurique.
Ces traitements ne sont plus guère mis en œuvre car ils sont assez peu effcaces et peuvent engendrer des
décapages dommageables.

7. Contrôle du
développement des
micro-organismes
pathogènes dans les circuits
de refroidissement
Le développement des légionelles et des amibes
7.1 Amibes et légionelles dans dans les circuits fermés est favorisé par la tempé-
les circuits d’eau douce rature, l’importance des surfaces d’échange – où
le biofilm est le siège du développement des micro-
Provenance des micro-organismes
organismes – l’apport de matières organiques et
L’eau douce prélevée dans l’écosystème aquatique
l’oxygénation naturelle du circuit.
contient naturellement des micro-organismes qui
se développent ensuite dans les installations où Les amibes de l’espèce Naegleria fowleri sont des
la température de l’eau est comprise entre 25 °C protozoaires (animaux unicellulaires) qui peuvent
et 50 °C. Certains de ces micro-organismes sont être à l’origine de méningo-encéphalite amibienne
pathogènes. C’est le cas des espèces d’amibes primitive (MEAP) maladie très rare mais généra-
Naegleria fowleri et des légionelles (Legionella lement mortelle. Quant aux légionelles, ce sont
pneumophila). Dans le cas de l’amibe Naegleria des bactéries responsables de la légionellose dite
fowleri, l’exposition se fait par contact avec la maladie du légionnaire (pneumonie) et de la fièvre
muqueuse nasale. En ce qui concerne la légio- de Pontiac (syndrome grippal).
nelle, la voie d’exposition est liée à l’inhalation
Du fait des plus faibles surfaces d’échange et les
d’aérosols fins contenant la bactérie. Les circuits
temps de séjour plus courts, les circuits ouverts
susceptibles de produire des aérosols contaminés
ne sont pas le siège d’un développement de micro-
par des légionelles sont les systèmes de refroidis-
organismes pathogènes (cf. §4.2).
sement équipés d’aéroréfrigérants.

100
Centrales nucléaires et environnement
6
Fig. 6 ➜ Traitement biocide à la monochloramine

Eau de Javel Eau


Ammoniaque
déminéralisée

Prélèvements d’eau et source froide


Producon de
monochloramine (4 à 6 g/L)

Débit monochloramine
3,5 à 11 m3/h Aéroréfrigérant
Légionelles Amibe Naegleria fowleri Condenseur

Traitement pour lutter contre


Appoint Purge
la prolifération des micro-organismes
dans les circuits Rivière
Circuits de refroidissement des condenseurs
équipés de tours aéroréfrigérantes (TAR)
Les déchets produits (tartres, boues, packings
Les micro-organismes présents dans l’eau des
d’aéroréfrigérant) lors des opérations de main-
circuits peuvent atteindre l’être humain par
tenance des circuits de refroidissement (détar-
l’intermédiaire :
trage mécanique, curage des bassins froids des
• des aérosols présents dans le panache de
aéroréfrigérants) sont susceptibles d’être colo-
vapeur (cas des légionelles) issus des tours
nisés par des micro-organismes ; ils sont trai-
aéroréfrigérantes où des gouttelettes d’eau
tés (hygiénisation) avant d’être éliminés comme
brute sont susceptibles de se disperser dans
déchets industriels banals.
le flux d’air ambiant (influence du taux de pri-
mage 0,003 %),
• les rejets continus (purges) des circuits de
refroidissement dont les embruns peuvent
être inhalés,
• des baignades et loisirs aquatiques pratiqués
à l’aval des rejets (cas des amibes).
Pour se prémunir du risque d’exposition, des
actions sont mises en place sur les 11 centrales
nucléaires concernées, soit sur 30 circuits équi-
pés de tours aéroréfrigérantes  : Belleville (2),
Bugey (2 circuits fermés équipés chacun de
2  aéroréfrigérants), Cattenom (4), Chooz (2),
Traitement à la monochloramine à la centrale du Bugey
Civaux (2), Chinon (4), Cruas (4), Dampierre (4),
Golfech (2), St-Laurent (2), Nogent (2). La hau- Autres circuits susceptibles de présenter un
teur des tours varie selon les centrales de 28 m risque lié aux micro-organismes
à Chinon à 178 m à Civaux. Les autres installations pouvant être colonisées
par des micro-organismes pathogènes sont :
Ces actions reposent sur :
• la tour aéroréfrigérante de petite hauteur
• le maintien d’un état satisfaisant de pro-
située sur les purges des grandes tours de
preté des circuits (nettoyage mécanique ou
réfrigération de Civaux (CVP),
chimique des circuits en fonctionnement ou
• les échangeurs de circuits auxiliaires (TRI) du
à l’arrêt),
bâtiment de traitement des effluents (BTE),
• la surveillance et le suivi rigoureux de la
• les chantiers sur lesquels ont été déposés de
présence de ces micro-organismes dans les
matériels en contact avec de l’eau contaminée
circuits à savoir : analyse méthodologique
(tubes de condenseurs, packings…).
du risque, analyses régulières des teneurs en
amibes et légionelles dans les circuits selon Ces installations font l’objet d’analyses régulières
un protocole bien défini  (cf. chapitre 12 sur permettant de déceler l’éventuelle présence de
la métrologie), risque et d’initier dès lors les actions de désin-
• la mise en œuvre de traitements biocides fection ou d’arrêt des installations. Par ailleurs,
(cf.  encart ci-après) lorsque cela s’avère des dispositions sont prises pour protéger le
nécessaire pour maintenir les concentra- personnel intervenant sur les matériels à risque
tions dans les circuits ou dans l’environne- (masques). Les déchets sur lesquels la mesure
ment aquatique en aval des rejets au-des- a montré la présence de pathogènes sont trai-
sous des seuils fixés par la réglementation tés (hygiénisation) avant d’être éliminés comme
(cf. fig. 6). déchets banals.

101
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

Traitements biocides pratiqués sur les centrales refroidies en circuits fermés

Les définitions prolifération ponctuelle de micr o-organismes (en


L’activité antimicrobienne d’un biocide résulte de l’absence de traitement à la monochloramine) ou en
l’effet qu’il produit sur les espèces sensibles (inhi- cas de défaillance ou d’indisponibilité du système de
bition de croissance ou effet létal). Cet effet peut traitement à la monochloramine (secours). Dans ce
être produit par des composés o xydants comme cas, la purge du circuit reste fermée durant la durée
le chlore ou par méthodes physiques (rayons ultra- nécessaire à la décroissance du résiduel de chlore
violets par ex.). L’activité biocide est déter minée jusqu’à l’atteinte des seuils de rejets acceptables.
par des essais standar disés (ex. NF EN 1040). Ceci Le traitement des amibes aux rayonnements
permet d’effectuer des comparaisons entre bio- ultra-violets (UV) à Civaux (cf. f g. 7)
cides et de déf nir les paramètres conditionnant Depuis l’apparition d’amibes pathogènes (Nf) dans
leur action (pH, température, turbidité, DCO, COT, l’eau de refroidissement de la centrale de Civaux,
présence de matières organiques, f ore totale, …) un système de tr aitement utilisant les pr opriétés
et donc d’optimiser l’eff cacité du traitement. biocides des rayonnements ultra-violets (UV) a été
L’efficacité du traitement biocide est déf nie par installé en 2002 sur les pur ges des deux tours aéro-
sa faculté à atteindre l’objectif f xé (ex. seuil régle- réfrigérantes (débit d’eau par purge 1 à 1,4 m3/s).
mentaire). Elle peut être déterminée en comparant Les rayonnements UV sont produits par des lampes
les micro-organismes dénombrés avant et après délivrant une dose minimale d’insolation de 60 mJ/
traitement dans le circuit. cm2 en moyenne journalière à l’eau de purge qui
s’écoule en lame dans les bancs de tr aitement
les traitements biocides vers le rejet en Vienne. Ce traitement est mis en
L’injection en continu de monochloramine service pendant la pér iode chaude du 1 er juin
pendant la période à risque (oxydant produit in au 15 octobre conformément au protocole signé
situ par un mélange d’ammoniaque et d’eau de entre la centrale de Civaux et la préfecture de la
Javel) à l’amont des condenseur s. Ce traitement Vienne. Il vise à abattre la concentration en amibes
est pratiqué à Chooz,Dampierre et Golfech depuis Nf mesurées dans les circuits, de sorte à respecter
1999, à Nogent depuis 2001, à Bugey depuis 2002 la concentration réglementaire de 90 Nf/L à ne pas
à Chinon depuis 2006 et à St-Laurent depuis 2010. dépasser en Vienne à l’aval de la centrale.
L’injection séquentielle à la monochloramine L’eff cacité du traitement par UV dépend de la
vise, tout en conservant l’eff cacité du traitement, à propreté des lampes UV afn d’assurer la dose mini-
réduire les quantités de monochloramine injectées male d’insolation : celles-ci sont donc netto yées
(injection réduite de moitié lor sque le traitement régulièrement au moyen de dispositifs mécaniques
est pratiqué 12 h par 24 h) et les rejets chimiques et/ou chimiques par injection d’acide phospho-
induits. Ce tr aitement est pr atiqué depuis 2005 rique (cf. chapitre 8 sur la m aîtrise des impacts).
à Bugey, depuis 2008 à Golf ech et depuis 2011 L’eff cacité de tr aitement est aussi f onction de
Nogent. Il a été testé à Chooz de 2008 à 2010. l’épaisseur de la lame d’eau o
f rmée dans les bancs
La chloration massive à pH contrôlé consiste à de traitement (environ 1 cm) et de la qualité de
injecter une quantité d’hypochlorite de sodium (eau l’eau à tr aiter (transmittance). La présence en
de Javel) dans le bassin fr oid des aéroréfrigérants quantité élevée de matières en suspension dans
avec acidif cation de l’eau, soit pour lutter contre l’eau brute réduit l’eff cacité du traitement. Ceci
les salissures biologiques, soit pour faire face à une peut se produire notamment à la suite d’un orage.

Fig. 7 ➜ Schéma du circuit de traitement UV de Civaux

Aéroréfrigérant
Aéroréfrigérant des purges
Tranche 1

Banc UV 1

Ouvrage
Principal
Aéroréfrigérant de rejet
Tranche 2

Ouvrage
Banc UV 2 de purges

Vienne

102
Centrales nucléaires et environnement
ent
6

Traitements alternatifs
En tenant compte de l’expér ience à l’étranger, sur de l’eau br ute reste, pour l’instant, le meilleur
d’autres types de tr aitement ont été étudiés et moyen de lutter contre le développement des micro-

Prélèvements d’eau et source froide


testés sur des boucles d’essai,tels que le traitement organismes dans les cir cuits de refroidissement, en
de l’eau d’appoint par décarbonatation, clarif o- termes d’eff cacité, d’impact sanitaire et en vironne-
culation, l’utilisation de dioxyde de chlore… mental, et de coût ; des études sur des tr aitements
Au vu des résultats, le traitement à la monochloramine alternatifs se poursuivent.

les autres sites de centrales nucléaires en bord


7.2 Vibrions dans les circuits de mer. Les données recueillies in situ comme les
de réfrigération à l’eau résultats d’études expérimentales n’imposent pas,
de mer (sites marins) de mettre en place un traitement particulier en
plus de la chloration pratiquée pour contrôler les
Les vibrions sont des bactéries thermophiles (2 à salissures biologiques.
3 μm de long) présentes dans les eaux naturelles,
en particulier dans les eaux saumâtres et salées.
Ils se caractérisent par leur grande mobilité dans
l’eau. Certaines espèces (Vibrio parahaemolyticus,
Vibrio cholerae…) peuvent être pathogènes pour les
hommes ou les animaux (poissons, crustacés). Ils
sont présents dans l’eau de mer et se développent
très rapidement dans le biofilm des ouvrages et
canaux de rejet, là où la température est élevée et
la concentration en chlore résiduel est trop faible.
Ce sujet fait l’objet d’une surveillance sur le site
de Gravelines depuis les années 1980, puis sur Vibrions

8. Protection
des installations contre
les risques climatiques
8.1 Inondation La protection
La conception des centrales nucléaires doit
Le risque
respecter des Règles Fondamentales de Sûreté
Les risques d’inondation, pouvant avoir pour ori-
(RFS). Celles-ci exigent notamment que la plate-
gine la crue d’un cours d’eau, de fortes précipita-
forme sur laquelle sont bâties les installations
tions, une tempête, sont pris en considération lors
soit située à un niveau supérieur à la Cote dite
de la conception des ouvrages.
Majorée de Sécurité (CMS) définie pour les cen-
La submersion de la plate-forme supportant les trales côtières, fluviales ou en estuaire en fonc-
installations peut en effet conduire à des infiltra- tion des phénomènes météorologiques.
tions d’eau dans les locaux renfermant du matériel
Lorsque cela se justifie, les centrales sont pro-
important pour la sûreté nucléaire et les instal-
tégées par des digues ou murets à l’extérieur
lations de collecte et de traitement des effluents
du site. Ces ouvrages sont éventuellement com-
radioactifs. Les inondations peuvent s’accompa-
plétés par des écrans étanches à l’intérieur du
gner d’un apport de débris de toute sorte qui sont
site pour se prémunir des infiltrations d’eau
susceptibles de s’accumuler dans les prises d’eau
sous les digues (Blayais, Penly, Flamanville,
de la station de pompage rendant difficile l’alimen-
Belleville…).
tation des circuits de refroidissement.

103
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

La protection contre les inondations repose Les contrôles à effectuer sur les eaux avant rejet,
aussi sur un système d’alerte afin d’anticiper voire pendant leur rejet dans l’environnement, font
les actions préventives (fermeture d’accès sur l’objet d’une concertation étroite entre la centrale
la digue, surveillance de la station de pompage, et l’Administration dans le cadre du Plan d’Urgence
acheminement des ressources humaines et du Interne qui aura été déclenché.
matériel nécessaire, si le site devait être momen-
tanément isolé). Elle fait l’objet d’un examen
périodique pour tenir compte des évolutions
8.2 Canicule – sécheresse
réglementaires ou climatiques et s’assurer ainsi Des situations exceptionnelles
de son effi cacité permanente. Si nécessaire, Les canicules de 2003 et 2006 ont constitué des
les dispositifs sont rehaussés, renforcés voire événements climatiques majeurs par leur ampleur
complétés. géographique, leur durée, les niveaux élevés de
température observés tant dans l’air ambiant que
À la suite de l’inondation de la centrale nucléaire
dans l’eau des rivières qui ont subi une forte réduc-
de Fukushima, provoquée par le tsunami consé-
tion de leur débit. Cette situation a imposé une
cutif au séisme de magnitude 9 survenu le
gestion particulière des centrales nucléaires avec
11 mars 2011, l’ASN a jugé nécessaire de réé-
trois objectifs :
valuer le niveau de protection des installations
• assurer en priorité la réfrigération des locaux
nucléaires en France au regard de ce qui s’est
sensibles,
passé au Japon.
• respecter les limites thermiques en rivières
La gestion des conséquences fixées par la réglementation,
Les règles de gestion des eaux résultant d’une • gérer les rejets radioactifs en rivières en fonc-
inondation externe sont les suivantes : tion des obligations réglementaires relatives au
• annuler les causes de l’inondation (étancher, débit (cf. chapitre 7 du guide).
colmater les brèches...),
Les mesures préventives
• faire un inventaire des zones inondées
Pour limiter les conséquences des périodes de
(volumes d’eau récupérée, nature de la pol-
canicule et de sécheresse sur le fonctionnement
lution radioactive ou/et chimique de ces
des installations, il est très important de maintenir
eaux, ...),
la propreté des échangeurs thermiques (conden-
• définir, en concertation avec les Autorités,
seurs et échangeurs à plaques). Ainsi, le nettoyage
les actions appropriées à mettre en œuvre en
et le contrôle du développement des salissures
les priorisant (analyses des eaux, traitement
biologiques permettent d’éviter une dégradation
éventuel des eaux, mise en œuvre de moyens
des échanges thermiques (cf. §4.1 et §6.4). Par
mobiles de pompage, de traitement, ...),
ailleurs, une attention particulière est apportée au
• contrôler la bonne exécution des actions,
rendement thermique des circuits fermés équipés
• faire le bilan de la situation après retour à
de tours de refroidissement, qui est très sensible
la normale (comptabilisation des volumes et
aux dépôts de tartre (cf. §6.2). En cas d’entartrage
quantités rejetés, évaluation de l’impact de
massif et irréversible, le packing est remplacé.
ces rejets sur l’environnement...).
Il s’agit également de se préparer à l’éventuelle sur-
venue de ces situations liées au changement clima-
Inondation du site du Blayais
tique. Après la canicule de 2003, EDF a élaboré un
en 1999
plan Aléas climatiques qui a permis d’affronter la
La tempête très violente qui s’est pr oduite dans canicule de 2006. Chaque année est organisé un
la nuit du 27 au 28 décembre 1999 a pr ovoqué exercice de simulation de canicule. Une veille est
une inondation partielle de la plate-forme du site mise en place pour suivre les évolutions climatiques
de la centrale du Blayais. Les équipes de secours et s’interroger régulièrement sur la pertinence et
(pompiers) sont intervenues dès l’enclenchement l’efficacité des moyens mis en place.
du Plan d’Urgence Interne (PUI) pour pr océder
La gestion des épisodes de canicule
aux opérations de pompages. Environ 100 000 m3
et sécheresse
d’eau ont été pompés et régulièrement contrô-
En période de canicule-sécheresse, des modèles
lés avant d’être rejetés dans la Gir onde avec
prévisionnels de la température des eaux et du
l’accord de l’Administration. Aucune radioacti-
débit des cours d’eau, élaborés par EDF, sont uti-
vité n’a été décelée dans les échantillons préle-
lisés pour aider à la gestion des centrales.
vés. À la suite de cet événement,plusieurs disposi-
tions ont été prises pour renforcer la protection du Dans certains cas, les évaporations d’eau sont
site contre les inondations (rehausse de la digue, réduites au prix d’une baisse de production d’élec-
mis en place d’enr ochements, amélioration du tricité pour garantir le partage équitable de la res-
système d’alerte, modélisation du phénomène source en eau entre les utilisateurs (alimentation
de houle par le Code Télémac). en eau potable, agriculture, loisirs, maintien de la
qualité d’eau…).

104
Centrales nucléaires et environnement
ent
6

Périodes de canicule - sécheresse des années 2003 et 2006


La canicule 2003 a été exceptionnelle par sa durée de mettre en œuvre des moyens de production de
(deux semaines), son intensité et son extension géo- substitution plus onéreux et d’importer de l’électri-

Prélèvements d’eau et source froide


graphique (cf. f g. 8). cité, s’est élevé à 300 millions d’euros.
Couplée à une période de sécheresse,cette situa- En 2006, les conditions météor ologiques excep-
tion a affecté les moyens de production d’électri- tionnelles – sembla bles à celles de 2003 – ont
cité par l’élévation de la température des rivières conduit le gouvernement à prendre, le 22 juillet,
et des f euves, ainsi que par des baisses de débit. à la demande d’EDF, un arrêté tempor aire pour
Les températures atteintes sur certains f euves ont permette aux centrales nucléaires implantées sur
conditionné la production d’électricité au respect le Rhône, la Moselle, la Meuse, Garonne et la Seine
des limites réglementaires des rejets ther miques ; de continuer à pratiquer ces rejets tant que l’écart,
6 centrales thermiques classiques ont ainsi été après mélange, entre les mesures de la tempéra-
arrêtées, tandis qu’était réduite la pr oduction de ture de l’eau effectuées à l’amont et à l’aval des
plusieurs des 58 réacteurs nucléaires. centrales reste inférieur aux valeurs suivantes en
Pour garantir la production d’électricité qui était moyenne journalière :
menacée, le gouvernement a pris, le 12 août 2003, • 0,3 °C pour les installations situées en bordure
un arrêté inter ministériel autorisant, temporaire- de Garonne ;
ment (jusqu’au 30 septembre) et sous conditions , • 1,5 °C pour les installations situées en bordure de
le dépassement des températures maximales des Meuse, de Moselle ou de Seine ;
rejets thermiques. • 1 °C pour les installations situées en bordure de
Cet arrêté prévoyait que « les centrales effectuant Rhône équipées, partiellement ou en totalité,
des rejets d’eau dans la Garonne, le Rhône, la Seine de tours de réfrigération atmosphériques, cette
et la Moselle pourront continuer à pratiquer ces valeur étant portée à 3 °C en l’absence de telles
rejets jusqu’à ce que l’écart entre les mesures de tours ».
la température de l’eau effectuées à l’amont et En 2003 comme en 2006, l’utilisation de l’arrêté
à l’aval après mélange atteigne les températures temporaire a conduit l’exploitant à renf orcer son
suivantes : programme de sur veillance de l’environnement
• 1 degré pour les installations totalement équi- aquatique, notamment de la f aune (poissons…)
pées de tours de réfrigération ; et à évaluer l’incidence des rejets, notamment sur
• 1,5 degré pour celles qui sont situées en bordure les baignades et les activités de loisir s nautiques
de la Seine et de la Moselle ; en aval.
• 3 degrés pour les autres ». Ces situations exceptionnelles ont nécessité la
Concernant 4 centrales thermiques classiques et coordination des dif férents acteurs concernés
16 réacteurs nucléaires, l’utilisation de cet arrêté a (cabinet du Premier ministre, ministères concer-
permis le maintien en production de plusieurs cen- nés, RTE, EDF et autres pr oducteurs). Celle-ci s’est,
trales, en particulier Blayais sur la Gironde, Golfech à chaque fois, révélée particulièrement eff cace,
sur la Garonne, Tricastin sur le Rhône et Cattenom contribuant ainsi à réduire les conséquences de
sur la Moselle.Le coût pour EDF,qui a été contrainte ces épisodes climatiques.

Fig. 8 ➜ Nombre de jours où la température maximale de l’air était supérieure ou égale à 40 °C,
pendant la période du 2 août au 14 août 2003

105
CHAPITRE 6 Prélèvements d’eau et source froide

La réglementation sur les rejets thermiques peut


contraindre l’exploitant à réduire la production
d’électricité, voire à l’interrompre. Sur ce plan,
des dispositions particulières peuvent être définies
par l’Autorité de sûreté nucléaire conformément à
l’article 25 du décret n° 2007-1557 du 2 novembre
2007 relatif aux INB (cf. chapitre 5 §4.1 du guide).
En période d’étiage, des lâchers d’eau en prove-
nance des retenues sur des bassins fluviaux sont
effectués pour compenser le débit évaporé dans
les aéroréfrigérants ; ces lâchers d’eau sont aug- Système de lutte contre la prise en glace d’un aéroréfrigérant
mentés, dans la mesure des réserves disponibles,
pour renflouer les cours d’eau dont les débits sont Les vagues de grand froid rencontrées ont conduit
anormalement bas. à définir un référentiel fixant les règles de dimen-
sionnement des matériels pour résister à ces
S’agissant des rejets radioactifs, ceux-ci sont gérés
situations. Ces règles ont nécessité de renforcer
par une coordination entre les centrales nucléaires
la protection des installations en réalisant des
situées sur le même bassin hydrographique (Loire
modifications (protection des prises d’eau par
et Rhône). Ils sont interrompus lorsque le débit
recirculation d’eau tiède, chauffage des équipe-
descend sous le seuil réglementaire.
ments de filtration et de dégrillage à la station de
Les sites marins sont moins sensibles aux épisodes pompage d’eau, protection des aéroréfrigérants
de fortes chaleurs qui ont une moindre incidence et des évents des réservoirs d’eau et d’effluents,
sur la température de l’eau de mer. calorifugeage voire chauffage des tuyauteries de
capteurs de pression et de niveau, …).
Conduite à tenir
8.3 Grand froid Une règle de conduite a été mise à la disposition des
Le risque exploitants. Ses objectifs sont de mettre les instal-
Les périodes de grand froid (plusieurs jours au- lations en configuration « hiver » et de veiller parti-
dessous de -15 °C) affectent particulièrement les culièrement au fonctionnement des matériels sen-
prises d’eau, les stations de pompage et les aéro- sibles au grand froid selon trois niveaux d’action :
réfrigérants. Ces ouvrages sont sujets : phase de veille, de vigilance, de pré-alerte.
• à la formation d’un couvert de glace sur les
structures réduisant les sections de passage
de l’eau ou de l’air,
• au frasil (phénomène de prise en glace de l’eau
BIBLIOGRAPHIE
au contact de l’air froid).
• DGS, Direction Générale de la Santé, CSHPF,
Les réservoirs d’eau ou d’effluents situés à l’exté-
Le risque lié aux légionelles. Guide d’investi-
rieur sont aussi touchés (formation de glace dans
gation et d’aide à la gestion, 1er juillet 2005.
les évents) ainsi que les capteurs de pression
• AFSSET, Risques sanitaires liés aux proliféra-
(pression différentielle des tambours filtrants) et
tions de Legionella dans l’eau, octobre 2007.
de niveau exposés au froid.
• SFEN, Phénomènes climatiques extrêmes et
La vague de froid peut être suivie de pluie vergla- sûreté des installations nucléaires, Revue RGN
çante ou de neige qui amplifie les risques liés au n° 5 septembre–octobre 2008.
grand froid.
La protection
Protéger les centrales nucléaires contre les vagues
POUR EN SAVOIR PLUS
de grand froid est une nécessité pour des raisons
de sûreté nucléaire et de disponibilité des instal- • http://www.senat.fr/commission/missions/
lations à une période de l’année où la demande canicule/index.html (canicule 2003)
en énergie est forte.

106
©EDF – Queyrel David
108
Nature

7 et contrôle
des rejets
1.
2.

3.
3.1
Introduction
Installation de collecte, de traitement et de rejet
des effluents
Domaine radioactif
Origine de la radioactivité des effluents rejetés
3.2 Effluents radioactifs gazeux
3.3 Effluents radioactifs liquides
3.4 Eaux d’exhaure des salles des machines
3.5 Rejets gazeux diffus
4. Domaine chimique
4.1 Origine des substances chimiques rejetées
4.2 Collecte et traitement des effluents chimiques liquides
4.3 Rejets chimiques liquides
4.4 Rejet gazeux non radioactifs
5. Rejets thermiques
5.1 Caractéristiques des rejets thermiques en circuit ouvert
5.2 Caractéristiques des rejets thermiques en circuit fermé
5.3 Rejets thermiques
6. Utilisation des eaux tièdes issues des circuits
de refroidissement
6.1 Objectif
6.2 Aspects réglementaires et applications

Bibliographie
Annexe 7.1 : Fonctionnement d’un réacteur à eau pressurisée
Annexe 7.2 : Installation de collecte et de traitement
des effluents radioactifs liquides et gazeux
Annexe 7.3 : Modalités de rejet des effluents radioactifs
liquides – site sur cours d’eau
Annexe 7.4 : Modalités de rejets des effluents radioactifs
liquides – site marin
Annexe 7.5 : Comptabilisation des activités rejetées
Annexe 7.6 : Fonctionnement d’un aéroréfrigérant
Annexe 7.7 : Limites de rejets thermiques des centrales EDF
Annexe 7.8 : Exemples de limites thermiques en Europe (2008)) 109
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

1. Introduction
L’exploitation d’une centrale nucléaire entraîne la • les substances associées aux effluents radioactifs
production d’effluents radioactifs, chimiques et liquides issus du circuit primaire et des circuits
thermiques dont les rejets dans l’environnement auxiliaires nucléaires ainsi que les eaux d’exhaure
sont strictement réglementés (cf. fig. 1). des salles des machines (circuit secondaire),
• les produits provenant des autres circuits
Chaque centrale est équipée de dispositifs de col-
non nucléaires (circuit de refroidissement des
lecte, de traitement et de contrôle des effluents
condenseurs, station de déminéralisation, sta-
avant rejet. Par ailleurs, une organisation est mise
tion d’épuration, …).
en œuvre afin d’assurer une gestion des effluents
dite « optimisée » visant notamment à : Dans le premiers cas, il s’agit de substances utili-
• réduire à la source la production d’effluents, sées pour le contrôle de la réaction nucléaire (acide
notamment par le recyclage, borique) ou pour le conditionnement chimique des
• éliminer les rejets des substances radioac- circuits afin de les protéger de la corrosion (lithine,
tives ou chimiques au moyen de traitements hydrazine, morpholine, ammoniaque, éthanola-
appropriés, mine, phosphates, …).
• valoriser, si possible, les résidus de traitement.
Dans le second cas, les substances en question
Rejets radioactifs sont issues du traitement antitartre des circuits de
Le réacteur nucléaire est le siège de la formation de refroidissement (sulfates, chlorures, polyacrylates)
produits radioactifs (produits de fission, produits et des sous-produits issus du traitement biocide
d’activation, actinides) dont seule une infime par- (oxydants résiduels, nitrates, nitrites, AOX1, THM2
tie se retrouve dans les effluents gazeux et liquides pour les sites en bord de rivière ; oxydants résiduels
rejetés dans l’environnement. Qu’ils soient rejetés et substances organohalogénées-bromées pour les
par voie atmosphérique (à la cheminée) ou par sites en bord de mer). À cela s’ajoutent, pour les
voie liquide (vidange de réservoirs), les effluents centrales concernées, les rejets de cuivre et de zinc
radioactifs sont systématiquement collectés et dus à l’usure des tubes en laiton des condenseurs.
traités selon leur nature afin de retenir l’essentiel
Pour limiter les rejets chimiques, les substances
de leur radioactivité. Leur rejet est contrôlé par
peuvent être recyclées (cas de l’acide borique),
des analyses préalables ainsi qu’au moyen de dis-
voire éliminées en partie par traitement (cas de l’hy-
positifs de mesure de la radioactivité en continu
drazine). Dans le cas contraire, elles sont rejetées
pendant le rejet.
conformément aux dispositions réglementaires.
Depuis la mise en exploitation des premières cen-
Par ailleurs, le fonctionnement d’une centrale pro-
trales dans les années 1980, des améliorations
duit également des rejets chimiques gazeux non
ont été apportées aux systèmes de collecte et de
radioactifs provenant essentiellement du circuit
traitement des effluents, et une gestion optimisée
secondaire (ammoniac, morpholine...).
a été mise en œuvre tant en phase de fonctionne-
ment qu’en phase d’arrêt pour maintenance ou Rejets thermiques
renouvellement du combustible. Le fluide « eau-vapeur » du circuit secondaire d’une
centrale nucléaire suit un cycle thermodynamique
Par ces actions conjuguées, les rejets d’activité de
dit cycle de Carnot. Au cours du cycle, le fluide
gaz rares ont été réduits de plus d’un facteur 50 et
« eau-vapeur » échange de l’énergie thermique
les rejets liquides hors tritium et carbone 14 l’ont
avec deux sources de chaleur :
été de plus d’un facteur 100. Les rejets radioactifs
• l’une « chaude » constituée de l’eau du circuit
ont ainsi atteint un niveau qualifié de « plancher »
primaire dont la température varie en fonction-
traduisant la volonté de l’exploitant d’agir pour
nement de 286 °C à 323 °C,
réduire les rejets d’effluents « aussi bas que rai-
• l’autre « froide » assurée par l’eau du circuit
sonnablement possible, compte tenu des aspects
tertiaire de refroidissement du condenseur
économiques et sociaux », en vertu du principe
dont la température peut varier entre, zéro et
d’optimisation (cf. chapitres 5 et 8 du guide).
une trentaine de degrés Celcius.
Rejets chimiques
L’eau brute assurant le refroidissement du conden-
Les substances chimiques rejetées par une cen-
seur est prélevée soit en mer, soit en rivière, et
trale nucléaire se classent en deux catégories :
peut être utilisée :

1. AOX composés organohalogénés.. Signé le 16 septembre 1987.


2. THM composés organohalogénés volatils, chloroforme.

110
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
• en circuit « ouvert » dissipant toute l’énergie
thermique extraite au condenseur,
• en circuit dit « fermé » où l’eau brute du cir-
cuit tertiaire est à son tour refroidie par un

Nature et contrôle des rejets


aéroréfrigérant.
Les centrales refroidies en circuit « ouvert » sont
implantées en bord de mer et en bordure de fleuves
à gros débit (Rhin, Rhône). L’échauffement du
milieu aquatique est dans ce cas de quelques
degrés en aval des rejets après mélange. Alors que
les centrales des cours d’eau à faible ou moyen
débit (Seine, Loire, Vienne, Garonne, Meuse,
Moselle) sont refroidies en circuit dit « fermé »,
ce qui limite l’échauffement à quelques dixièmes Centrale nucléaire de Belleville sur la Loire
(2 × 1300 MWe refroidie en circuit fermé - 165 ha).
de degrés en aval du rejet après mélange.

Fig. 1 ➜ Schéma de principe des circuits de rejets d’une centrale nucléaire

Rejets radioacfs Centrale refroidie en circuit ouvert


gazeux
Cheminée Salle des machines

Groupe turbo-
alternateur

Réservoirs Staon Condenseur


Staon
T ou S Bâment Bâment déminé- Réservoirs Ex
d’épuraon
nucléaire réacteur ralisaon

Rejets thermiques
Rejets chimiques non radioacfs et chimiques

Prise
Ouvrage de rejet principal d’eau
Rejets radioacfs et
chimiques liquides

Mer ou rivière

Centrale refroidie en circuit fermé


Aéroréfrigérant
Rejets radioacfs
gazeux
Cheminée Salle des machines

Groupe turbo-
alternateur
Staon
Réservoirs Réservoirs Condenseur
Bâment déminé-
T ou S Bâment Staon Ex
réacteur ralisaon
nucléaire d’épuraon

Rejets chimiques non radioacfs Purge

Rejets thermiques Prise


Ouvrage de rejet principal d’eau
et chimiques
Rejets radioacfs et
chimiques liquides

Rivière

111
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

2. Installations de collecte,
de traitement et de rejet
des eff uents
Les centrales nucléaires sont conçues pour per- des condenseurs et des autres circuits de
mettre une collecte sélective des effluents. Celle-ci refroidissement (circuit dit « tertiaire »),
permet de séparer les effluents selon leur origine - de la fosse de neutralisation des effluents de
et leur composition afin d’adapter le mode de trai- la station de déminéralisation,
tement à leurs caractéristiques. Après collecte et - de la station d’épuration des eaux usées (eaux
traitement éventuel, les effluents sont analysés vannes),
avant d’être rejetés dans l’environnement selon - des égouts collectant notamment les eaux
des règles définies par la réglementation. de pluie,
• les rejets thermiques liés à l’échauffement de
Parmi les différents types de rejet, on distingue :
l’eau brute (circuit tertiaire) traversant les tubes
• les rejets radioactifs liquides et gazeux issus
de condenseurs et les échangeurs de chaleur.
des circuits nucléaires (circuit primaire et auxi-
liaires nucléaires, piscine de désactivation du Si la configuration des circuits d’effluents peut
combustible usé…) qui contiennent également varier selon les paliers de puissance et le mode de
des substances chimiques, refroidissement des condenseurs (cf. annexe 7.2),
• les rejets chimiques non radioactifs les principes de conception sont identiques pour
provenant : toutes les centrales (cf. fig. 2). Ceci vaut aussi pour
- des salles des machines (circuit dit « secon- les circuits d’effluents du réacteur EPR, à l’excep-
daire » renfermant les groupes turbo-alternateur, tion toutefois du circuit de traitement de effluents
les postes d’eau…), radioactifs gazeux hydrogénés qui présente des
- des circuits d’eau brute de refroidissement particularités (cf. § 3.2).

Fig. 2 ➜ Collecte, traitement et contrôle des effluents : principe


Cheminée
Effluents radioacfs liquides et gazeux
Rejets
radioacfs Contrôle
Contrôle gazeux
Collecte avant rejet
Installaons nucléaires et traitement T ou S Rejets
ou RS Radioacfs
et chimiques liquides

Contrôle

Gaz incondensables extraits des condenseurs

Eaux d’exhaure
Salle des machines non radioacves Contrôle
avant rejet
Ex
Rejets chimiques Ouvrage
liquides principal
Eaux de refroidissement
Circuits de Rejet
de refroidissement Rejets thermiques
et chimiques en cas de traitement
antartre ou biocide

Contrôle
Fosse de neutralisaon
Staon d’épuraon Contrôle
Rejets
Égouts chimiques liquide
Mer ou rivière

112
Centrales nucléaires et environnement
ent
7

3. Domaine radioactif
3.1 Origine de la radioactivité

Nature et contrôle des rejets


cas d’inétanchéité du gainage du combustible,
et donc se retrouver dans les effluents.
des effluents rejetés
• les produits créés à l’extérieur du combus-
L’énergie produite par un réacteur nucléaire pro- tible par l’action des neutrons de fission sur
vient de la fission nucléaire (cf. annexe 1). Le réac- les structure en acier du réacteur (cuve, tuyau-
teur est donc le siège de la formation de subs- teries, grappes de commandes ou sources de
tances radioactives (radionucléides) dont seule neutrons) ainsi que sur les éléments chimiques
une infime partie se retrouve dans les effluents contenus dans l’eau du circuit primaire, tels
gazeux et/ou liquides. que le bore et le lithium. On les appelle les
produits d’activation (PA) dont les principaux
Parmi les substances radioactives susceptibles
sont les cobalts 58 et 60, le manganèse 54, le
d’être présentes dans les effluents, on distin-
l’antimoine 124, l’argent 110m mais aussi le
gue (cf. fig. 3) :
tritium et le carbone 14,
• les produits créés dans le combustible par fis-
• les actinides formés dans le combustible
sion des atomes d’uranium ou de plutonium.
par capture de neutrons (américium 241,
Les radionucléides dits produits de fission
curium 242, plutonium 239…). Ces radionu-
(PF), tels que les iodes 131 et 133, les césiums
cléides se caractérisent par l’émission d’un
134 et 137, le krypton 85, le tritium, le carbone
rayonnement alpha. Comme les produits de
14, le strontium 90 restent en quasi-totalité
fission, les actinides restent confinés en quasi-
confinés dans le combustible. Ils peuvent tou-
totalité dans le combustible.
tefois migrer dans l’eau du circuit primaire, en

Fig. 3 ➜ Produits de fission et les produits d’activation dans l’eau du circuit primaire

Acvaon des atomes


de bore et de lithium
de l’eau primaire
(producon de trium)
neutrons

Combusble neutrons Acvaon des


Fission nucléaire
atomes de fer,
nickel, chrome
des structures
Migraon des (producon de
Formaon
de produits de fission
PF (iodes, gaz cobalts 58, 60,
Cuve du réacteur et d’acnides trium, rares, césiums, nickels 58, 63,
gaz rares, césiums, iodes… trium…) manganèse 54…)

neutrons
Gainage du
combusble
Acvaon de l’azote dissous dans l’eau
primaire (producon de carbone 14)

113
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Principaux radionucléides des effluents radioactifs

Formation des produits de fission (PF) p=6,6 heures ont des périodes très courtes et émet-
La fission de l’ur anium 235 ou du plutonium tent des rayonnements β et γ très énergétiques.
239 engendre généralement la production de L’iode 129 produit dans le réacteur reste conf ner
deux noyaux de m asse intermédiaire appelés dans le combustible en quasi-totalité.
produits de fission. Chaque f ission dégage Fig. 3.2 ➜ Rechargement du combustible
une énergie de 200 MeV, soit 3,2 × 10 -11 Joules
(cf. f g. 3.1). La f ssion de 1 kg de m atière pro-
duit une énergie thermique de 8 × 10 13 Joules,
soit l’équivalent de 1 900 tonnes de pétr ole. Un
réacteur de 1 000 MWe consomme environ 4 kilo-
grammes de matières f ssiles par jour.

Fig. 3.1 ➜ Fission de l’uranium 235

Fission
Noyau fissible
Autres radionucléides
Le césium 134, p=2,1 ans et lecésium 137, p=30 ans
émettent des rayonnements β et γ très énergétiques.
Produit de Le Strontium 90, p=29,1 ans , émet des r ayonne-
fission ments β très énergétiques ; c’est un émetteurβ pur.
Le carbone 14, p=5700 ans, β de 156 keV (100 %),
est produit en très faible quantité par fssion ternaire.
200 MeV Produit de C’est un émetteur dit « bêta pur ».
fission Le tritium, p=12,3 ans, β pur d’énergie (18,6 keV), est
Proton Neutron
également formé dans les réacteurs des centrales
Distribuon des PF de l’uranium 235 nucléaires par f ssion ternaire de certains isotopes
Probabilité d’uranium et de plutonium. Dans le cas des réac-
(%) teurs à eau sous pression, le tritium reste conf né
en quasi-totalité dans le combustible. La diffusion
1 du tritium au travers du gainage en zircaloy est
10–1 minime (<< 1 %).

10–2 Formation des produits d’activation (PA)


10 –3 Lorsque le noyau d’un atome est fr appé par un
neutron, ce dernier peut être absorbé par le noyau
10–4
nombre qui devient instable donc radioactif. Pour retrouver
de masse A
10 –5
sa stabilité, le noyau va se désintégrer en émettant
60 80 100 120 140 160 180
des rayonnements.
Les produits de f ssion (PF) sont conf nés, en quasi-
Fig. 3.3 ➜ Désintégration radioactive du noyau
totalité, dans le combustible nucléaire composé de
de cobalt 60
40 000 à 50 000 crayons regroupés en assemblages
(cf. f g. 3.2).
0–1β–
Principaux PF
(Légende : p = période radioactive ou demi-vie ; β, γ = Rayonnement
gamma
type de rayonnement émis ; énergie du rayonnement
keV, (%) pourcentage par désintégration)

Famille des gaz rares Cobalt 60 Nickel 60 stable


Le krypton 85, p=10,7 ans, β 687 keV (99,6 %), γ.514
Radioacf
keV (0,44 %)
Le xénon 133, p=5,3 jours, β de 346 keV (99,1 %),
Principaux PA
γ 81 keV (99,8 %).
• Le cobalt 60, p= 5,3 ans, provient du cobalt 59 qui
Famille des halogènes gazeux compose certains matériaux inoxydables (portées
L’iode 131, p=8 jours,l’iode 132,p=2,3 heures,l’iode133, de robinets utilisés sur le circuit primaire), β de 317
p=20,9 heures, l’iode 134, p=53 minutes et l’iode 135, keV (99,9 %), γ de 1170 (99,8 %), 1330 keV (100 %).

114
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
• Le cobalt 58, p=71 jours, provient du nickel 58 Actinides émetteurs de rayonnement alpha
des aciers inoxydables (inconel des tubes des La réaction nucléaire s’accompagne aussi de la
générateurs de vapeur), β de 475 keV (15 %), γ formation de noyaux lourds sous l’effet des neutrons
de 811 keV (99,5 %). émis par la f ssion. Ces noyaux lourds regroupent les

Nature et contrôle des rejets


• L’antimoine 124, p=60 jour s, provient de l’anti- actinides majeurs (isotopes de l’uranium et du plu-
moine 123 qui est présent notamment dans les tonium) et les actinides mineurs (isotopes du nep-
grappes source de neutrons en alliage d’anti- tunium, de l’américium, et du curium). Les analyses
moine et de béryllium. Il émet des rayonnements réalisées sur les eff uents liquides et gazeux doivent
β, 211 keV (8,7 %), 611 k eV (51,2 %), 2302 k eV vérif er l’absence de ces substances dans les rejets.
(23,4 %) et des rayonnements γ, 603 keV (98,2 %),
1691 keV (47,5 %). Unités de la radioactivité
• L’argent 110 métastable, p=250 jour s, provient La radioactivité (propriété de certains corps à se désin-
de l’argent 109 présent notamment dans les tégrer en émettant des rayonnements) s’exprime en
grappes de commande de la réaction nucléaire becquerel (Bq). Le becquerel correspondant à une
en alliage d’argent, d’indium et de cadmium. désintégration par seconde est une unité très petite.
Il émet des r ayonnements β, 83 keV (67,5 %), On utilise alors des multiples de Bq pour expr imer les
530 keV (30,8 %) et des r ayonnements γ de activités des radionucléides.
658 keV (94,7 %) et 885 keV (74,1 %). 1 kilobecquerel (1 kBq) = 1 000 Bq = 103 Bq
• Le manganèse 54, p=312 jour s, provient du 1 Megabecquerel (1 MBq) = 1 000 000 Bq = 106 Bq
chrome 52 et du chrome 53 présents dans les 1 Gigabecquerel (1 GBq) = 1 000 000 000 Bq = 109 Bq
aciers. Il n’émet qu’un r ayonnement de 835 1 Terabecquerel (1TBq) = 1 000 000 000 000 Bq = 1012 Bq
keV (100 %) ; c’est un a r dionucléide dit gamma Pour chaque substance, il existe une correspon-
pur. dance entre l’activité exprimée en Bq et la masse
• Le fer 59, p=45 jours, provient du fer 58 et du cobalt en gramme (cf. f g. 3.4).
59 des aciers, β 274 keV (45,2 %),466 keV (53,3 %),
et γ 1 099 keV (56,6 %) et 1292 keV(43,2 %). Fig. 3.4 ➜ Correspondance activité vs. masse
• Le chrome 51, p=28 jours, provient du fer 54, du
chrome 50 et du chr ome 52 des acier s inoxy- Iode 131
dables ; c’est un radionucléide dit gamma pur, 0,2
microgrammes
de 320 keV (9,9 %).
• Le nickel 63, p=99 ans, provient du nickel 62 des
1 GBq
aciers inoxydables, β 67 keV (100 %) ; c’est un 1 milliard
radionucléide dit bêta pur. de becquerels
= Trium
• Le carbone 14, p=5700 ans, est essentiellement 3
formé par activation neutronique de l’oxygène microgrammes
17 et de l’Azote 14 contenu dans l’eau du cir cuit
primaire et de l’oxygène 17 dans le combustible.
Carbone 14
La quantité de carbone 14 formée dépend de 6
l’énergie produite par le réacteur. C’est un émet- milligrammes
teur pur de 156 keV (100 %).
• Le tritium, p=12,3 ans, est aussi produit par acti-
vation neutronique d’éléments légers, tels que
le bore 10 et le lithium 6 présents dans le cir cuit
primaire des réacteurs à eau sous pression (envi-
ron 86% pour le bore et 14 % pour le lithium). Dans
ce cas, la formation de tritium est liée à l’éner -
gie produite par le réacteur. Le tritium est aussi
produit par activation des grappes sources de
neutrons utilisées dans les réacteur s du palier
1300 MWe et 1450 MW e. De même pr opriété
chimique que l’hydrogène, il se combine av ec
l’oxygène pour former notamment de l’eau tr i-
tiée (HTO). Il n’existe pas de mo yens industriels1
permettant d’éliminer le tritium contenu dans les Piscine de désactivation du combustible usé
à la centrale de St-Alban. La piscine où le combustible
eff uents. Celui-ci est donc rejeté dans l’environ-
usé séjourne pendant plusieurs années avant d’être
nement par voies liquide et g azeuse. C’est un évacué à l‘usine de retraitement, est équipée d’un circuit
émetteur pur (18,6 keV (100 %)). de refroidissement et de purification qui lui est propre.

1. Des techniques permettant de concentrer le tritium ont été développées en laboratoire sur des effluents fortement tritiés (plusieurs
TBq/L) ; elles ne sont pas applicables aux effluents peu tritiés des centrales nucléaires d’EDF (quelques MBq/L).

115
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

3.2 Effluents radioactifs gazeux circuits, sur des pièges à iodes à charbon actif
Nature, collecte et traitement avant d’être rejeté en continu à la cheminée. Ces
Les effluents radioactifs gazeux se divisent en deux rejets sont dits « permanents ».
grandes catégories (cf. fig. 4) :
Les opérations de dépressurisation de l’air
• les effluents gazeux dits « hydrogénés » pro-
du Bâtiment Réacteur (BR), en phase d’arrêt,
viennent du dégazage des effluents liquides issus
conduisent à des rejets dits «  concerté  » qui
du circuit primaire. Ces effluents contiennent de
représentent un volume compris entre 150 000 à
l’hydrogène dissous car l’eau du circuit primaire
250 000 Nm3 par unité et par an.
est volontairement saturée en hydrogène afin
d’éviter sa décomposition sous l’effet des rayon- Les gaz incondensables extraits des condenseurs
nements (radiolyse). La radioactivité des effluents des turbo-alternateurs sont susceptibles d’être
gazeux est due à la présence dans l’eau primaire radioactifs en cas de défaut d’inétanchéité des
de produits de fission gazeux (krypton, xénon, tubes de générateurs de vapeur ; les gaz radioactifs
iode, ...) ou de produits d’activation (tritium...). et le tritium du circuit primaire pouvant alors migrer
vers le circuit secondaire. Ces incondensables sont
Afin d’éviter tout mélange avec l’oxygène de
contrôlés par une chaîne de mesure de la radioacti-
l’air, ces effluents hydrogénés sont collectés
vité en continu et orientés vers la cheminée.
et stockés dans des réservoirs préalablement
remplis d’azote, gaz inerte. La capacité mini- Enfin, l’air de ventilation de certains bâtiments non
male du stockage, dénommée RS, est fixée raccordés à la cheminée (laverie, atelier chaud,
par la réglementation à 2  000 Nm3 (1). Les bâtiment des auxiliaires de conditionnement des
effluents sont entreposés pendant au moins déchets «  BAC  », laboratoire chaud de chimie,
30 jours, durée réglementaire, pour permettre laboratoire « Effluents »…) est filtré avant éva-
à la radioactivité de décroître suffisamment cuation par son exutoire spécifique.
avant rejet. Les gaz radioactifs ont pour la plu-
Contrôles des effluents radioactifs
part d’entre eux des périodes inférieures à la
gazeux avant rejet (rejets dits concertés)
semaine. Un stockage de 30 jours diminue leur
Les effluents des réservoirs RS et l’air du bâtiment
radioactivité initiale d’un facteur 10 au moins.
du réacteur BR sont contrôlés avant rejet. Les ana-
Ces effluents sont analysés avant le rejet qui s’ef- lyses sont effectuées au laboratoire « Effluents »
fectue par la cheminée après passage sur des sur des prélèvements d’air et d’aérosols et portent
filtres absolus à Très Haute Efficacité (THE), pour notamment sur l’activité β globale et l’analyse des
la rétention des aérosols, et sur des Pièges à Iodes constituants. Par ailleurs, il est contrôlé que ces
à charbon actif (PI). L’efficacité des dispositifs de effluents ne contiennent pas d’émetteurs alpha
filtrations (> 1000 pour les THE ; > 100 pour les d’origine artificielle dont le rejet n’est pas autorisé
pièges à iodes) sont testés périodiquement. Ces (cf. chapitre 10 § 3.2 du guide).
rejets occasionnels, dits « concertés », repré-
Contrôles des rejets gazeux à la cheminée
sentent un volume annuel d’environ 2 000 Nm3
Chaque cheminée de rejet est instrumentée pour
pour une unité de production.
permettre les contrôles des rejets radioactifs
• Sur le réacteur EPR, la conception des cir- gazeux (cf. chapitre 10 § 3.2 du guide).
cuits est quelque peu différente. Les effluents Les contrôles sont réalisés en permanence par :
« hydrogénés » sont directement orientés vers • une mesure continue de la radioactivité bêta
un circuit de traitement spécifique. globale de l’air rejeté au moyen de deux appa-
• Les effluents gazeux dits « aérés » proviennent : reils redondants, dont les alimentations élec-
- de la collecte des évents des circuits de traitement triques sont secourues en cas de perte de la
des effluents liquides radioactifs, de la dépressu- source électrique principale. Ces appareils
risation du bâtiment du réacteur dénommé BR, retransmettent la mesure et une alarme en
- de l’air de la ventilation des locaux de l’îlot salle de commande en cas de dépassement
nucléaire. La ventilation maintient les locaux d’un seuil fixé réglementairement à 4 MBq/m3,
en légère dépression par rapport à l’extérieur • une mesure continue du débit de rejet des
et évite ainsi les fuites de gaz ou de pous- effluents à la cheminée. Cette mesure est dou-
sières contaminées vers l’environnement. blée, secourue électriquement et enregistrée
Ces effluents constituent, en volume, l’essentiel en salle de commande (m3/s).
des rejets gazeux radioactifs, soit 1 à 2 milliards
Les contrôles périodiques, effectués sur quatre
de Nm3 par unité et par an.
périodes mensuelles définies par les autorisations
L’air de ventilation transite par des filtres abso- à savoir : du 1er au 7, du 8 au 14, du 15 au 21, du
lus à Très Haute Efficacité (THE) et, dans certains 22 à la fin du mois, concernent :

1. Nm3 : normal mètre cube ; volume de gaz déterminé aux conditions normales de température et de pression.

116
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Fig. 4 ➜ Collecte, traitement et rejet des effluents radioactifs gazeux et des gaz extraits des condenseurs

Cheminée

Nature et contrôle des rejets


Effluents
gazeux hydrogénés Réservoirs Contrôle
de stockage RS en connu
Décroissance
radioacve et
Circuit primaire

Contrôle avant rejet


Rejets
Effluents occasionnels
gazeux aérés concertés RS

Rejets
Dépressurisaon occasionnels
du bâment concertés BR
réacteur BR
Contrôle avant rejet Filtres
absolus
Air de venlaon et/ou
des bâments nucléaires pièges
Rejets permanents
Air des réservoirs à iodes
de stockage
d’effluents sous air
Contrôle
Gaz incondensables des condenseurs
Contrôle
Laverie, atelier chaud, laboratoires chauds, BAC, … Filtres absolus Exutoires

• les principaux gaz rares sur un prélèvement Fig. 5 ➜ Effluents gazeux hydrogénés sur le réacteur
instantané, EPR (principe)
• les aérosols prélevés sur filtre pour la mesure Cheminée
de l’activité bêta globale, la détermination Contrôle
des principaux radionucléides (PF et PA) et Circuits de collecte
en connu u
la mesure α globale d’origine artificielle, des effluents gazeux
du circuit primaire
• les halogènes (iodes) pour l’analyse γ
globale et la détermination des iodes 131
et 133,
• le tritium gazeux prélevé sur barboteur,
• le carbone 14 capté sur un tamis moléculaire Effluents Lits à retard
Filtres
gazeux Décroissance
prélevés tous les trimestres. recombinés radioacve
absolus

Effluents radioactifs gazeux issus


du circuit primaire hydrogéné sur l’EPR
Sur l’EPR, le traitement de ces effluents gazeux
Recombineur
radioactifs issus du circuit primaire est différent d’hydrogène
de celui des autres centrales. Ce circuit régule le
taux d’oxygène et d’hydrogène des gaz au moyen
d’un recombineur. Les gaz recombinés sont réu-
tilisés dans les circuits ou orientés vers les « lits Limites de rejet
à retard » avant rejet à la cheminée. Les « lits à Pour les rejets radioactifs gazeux, l’autorisation
retard » permettent la décroissance radioactive fixe (cf. encart) :
des gaz rares (xénons, kryptons) et la rétention • une limite annuelle à ne pas dépasser pour
quasi-totale des iodes et des aérosols radioactifs chacune des cinq catégories de radionucléides
(cf. fig. 5). Ces rejets sont assimilés à des rejets réglementés. Celle-ci s’exprime en multiple de
permanents. Bq (GBq ou TBq),

117
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

• des limites visant à assurer une bonne diffusion Pour les cinq catégories de radionucléides régle-
des rejets dans l’atmosphère en définissant : mentés, les rejets annuels moyens ramenés à
- un débit d’activité à ne pas dépasser à la un réacteur est le suivant :
cheminée, exprimé en Bq/s, • les rejets de gaz rares (krypton, xénon) varient
- une activité volumique maximale pour l’air de 300 GBq à 2  300 GBq selon les paliers
ambiant au niveau du sol, en Bq/m3. de puissance (cf. fig. 6). Les gaz rares étant
inertes, ils ne sont pas retenus par les systèmes
Niveau des rejets d’effluents radioactifs
de filtration (filtres THE et pièges à iodes). Les
gazeux
valeurs plus élevées de 2003, 2007 et 2008 sont
La déclaration des rejets par catégories de radio-
dues à des défauts d’étanchéité du gainage du
nucléides est établie sur la base des mesures
combustible ; les assemblages de combustible
réalisées dans le cadre des contrôles réglemen-
défectueux ont été remplacés.
taires et des règles de comptabilisation fixées par
l’administration (cf. annexe 7.4).

Limites de rejet pour les effluents radioactifs gazeux


de la centrale nucléaire de Civaux sur la Vienne
(deux unités de 1450 MWe)
D’après Décisions ASN n° 2011-DC-0233 du 5 juillet 2011, n° 2009-DC-0139 et n° 2009-DC-0138 du
2 juin 2009

Limite annuelle Limite de débit d’activité par cheminée


Catégorie de radionucléides
Pour 2 réacteurs (GBq) 2 cheminées à Civaux (Bq/s)
Gaz rares 25 000 5 × 107
(en moyenne sur 24 h)
Iodes 0,8 5 × 102
(en moyenne sur la période de prélèvement)
Autres produits de f ssion ou d’acti- 0,1 5 × 102
vation, émetteurs bêta ou gamma (en moyenne sur la période de prélèvement)
Tritium 5 000 5 × 106
(en moyenne sur la période de prélèvement)
Carbone 14 1 400 -

Limite d’activité volumique mesurée dans


Catégorie de radionucléides
l’air au niveau du sol (Bq/m3)
Tritium 50
Activité bêta globale pour les aérosols d’origine artif cielle 0,01

Débit d’activité
é
Bq/s

Panache du rejet gazeux


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Gaz incondensables

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des Activité volumique (Bq/m3)
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RS = rejet (Bq/s) ⫻ CTA(s/m3)
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118
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Fig. 6 ➜ Rejet annuel moyen de gaz rares • Les rejets de produits de fission (PF) et de
à la cheminée rapporté à un réacteur produits d’activation (PA) émetteurs β ou γ,
présents sous forme de poussières (aérosols),
sont, comme les rejets d’iodes, extrêmement

Nature et contrôle des rejets


faibles (0,004 GBq/réacteur en moyenne).

3.3 Effluents radioactifs liquides


Nature et origine
Les effluents radioactifs liquides sont classés
selon leur provenance ; on distingue :
• les effluents provenant du circuit primaire
dits «  effluents primaires hydrogénés  »
contiennent des gaz de fission (xénons, iodes,
• Le tritium gazeux est rejeté à 90 % sous la forme
césiums, ...), des produits d’activation (cobalts,
de vapeur d’eau tritiée. L’activité des rejets est
manganèse, tritium, carbone 14...) mais aussi
d’environ 300 GBq/réacteur pour le palier de 900
des substances chimiques telles que l’acide
MWe et le palier 1 450 MWe. Le rejet est plus
borique et le lithium et de l’hydrogène dissous
élevé sur le palier de 1 300 MWe. Cette diffé-
(cf. § 4). Ces effluents sont essentiellement
rence s’explique par la conception des réservoirs
produits en phase d’exploitation du fait des
de stockage des effluents primaires (TEP) dont la
mouvements d’eau primaire effectués lors des
ventilation à gros débit est à l’origine de rejet de
variations de puissance ou de l’ajustement des
vapeur d’eau tritiée. Des modifications ont été
paramètres chimiques de l’eau du réacteur…),
réalisées sur ces circuits afin de réduire ces débits
• les effluents issus des circuits auxiliaires dits
et, par conséquent, les rejets annuels qui sont
« effluents usés » constituent le reste des
passés de 1 600 GBq en 2005 à environ 800 GBq
effluents. Ils résultent principalement des
en 2010 en moyenne par réacteur (cf. fig. 7).
opérations de maintenance nécessitant des
Fig. 7 ➜ Rejet annuel moyen de tritium gazeux vidanges de circuit (filtres, déminéraliseurs,
à la cheminée rapporté à un réacteur échangeurs…), des opérations d’évacuation
du combustible usé et de conditionnement
des résines usées, des actions de maintien
de la propreté des installations (lavage du sol
et du linge).
Nota : Les eaux issues des salles des machines
(groupe turbo-alternateur) ne sont pas considé-
rées comme des effluents radioactifs au sens de
la réglementation dès lors que leurs activités volu-
miques n’excèdent pas 4 000 Bq/L en tritium et
4 Bq/L en activité bêta globale (cf. § 3.4).
Collecte et traitement
• Le carbone 141 est essentiellement rejeté à la
cheminée sous la forme de méthane (CH4) et de
gaz carbonique (CO2). Le carbone 14 est mesuré
sur un prélèvement réalisé par un tamis molécu-
laire (cf. chapitre 10 sur la métrologie). Ces rejets
peuvent aussi être calculés à partir de l’énergie
électrique brute produite à raison de 0,200 GBq/
MWe.an2. Les rejets annuels d’activité de carbone
14 sont en moyenne compris entre 130 GBq et
270 GBq par unité de production.
• Les rejets d’iodes sont infimes (< 0,1 GBq/réac-
teur en moyenne) compte tenu du bon confine-
ment des circuits nucléaires et de l’efficacité des Puisard RPE de collecte des purges
systèmes de piégeage en cas de fuite. du circuit primaire : centrale du Bugey

1. Avant 1999, le carbone 14 ne figurait pas dans l’inventaire des substances radioactives à comptabiliser. Depuis 1999, la régle-
mentation demande de le comptabiliser. Cette exigence a été introduite à l’occasion des renouvellements d’autorisation de rejet
et de prélèvements d’eau des centrales nucléaires.
2. MWe.an : unité d’énergie correspondant la production électrique d’une centrale de 1 MWe pendant un an. Ainsi, une centrale de
1 000 MWe rejette : 0,200 GBq/MWe.an × 1000 MWe × 1 an = 200 GBq de carbone 14.

119
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Fig. 8 ➜ Collecte, traitement et rejet des effluents radioactifs liquides

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Les effluents radioactifs sont collectés de façon cas échéant, et en un concentrat renfermant le
sélective avant d’être orientés vers les systèmes de bore qui est généralement recyclé vers le circuit
traitement appropriés afin de retenir l’essentiel de primaire.
leur radioactivité. Ils sont ensuite acheminés vers des
réservoirs de stockage où ils subissent un contrôle,
tant sur le plan radioactif que sur le plan chimique,
avant d’être rejetés (cf. fig. 8).
Les effluents primaires hydrogénés
Les effluents issus du circuit primaire sont dirigés
vers le circuit de Traitement des Effluents Primaires
(TEP) qui comporte :
• des réservoirs de collecte dits «réservoirs
de tête  » car situés en amont du traitement.
Ces réservoirs sont maintenus sous atmos-
phère inerte d’azote en raison du dégazage de
l’hydrogène contenu dans l’eau primaire. Si le Salle de commande du Traitement des Effluents Primaires
réservoir contenait de l’air, donc de l’oxygène, il TEP : centrale du Bugey
existerait un risque d’explosion lié au mélange
« hydrogène-oxygène »,
Les effluents usés
• une chaîne de filtration et de déminéralisa-
Les effluents liquides usés recueillis dans des puisards
tion visant à piéger les produits radioactifs, à
situés dans les locaux sont dirigés vers le circuit de
l’exception du tritium, ainsi que les substances
Traitement des Effluents Usés (TEU) où ils sont traités.
chimiques sauf l’acide borique,
• un dégazeur ayant pour fonction d’extraire les gaz Collectés sélectivement suivant quatre catégories,
dissous (gaz rares radioactifs, hydrogène, azote) le traitement de ces effluents est approprié à leurs
vers le circuit de collecte des effluents radioactifs caractéristiques physico-chimiques, ainsi :
gazeux, • les Drains Résiduaires (DR) issus du circuit primaire
• une chaîne d’évaporation permettant de séparer ou de la piscine de désactivation du combustible
l’effluent traité en un distillat (eau) d’activité volu- usé sont traités par filtration pour retenir les
mique faible pouvant être rejeté, voire recyclé le matières en suspension et par déminéralisation

120
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
(résines échangeuses d’ions) pour retenir les subs- Pour les sites implantés en bordure de cours d’eau,
tances radioactives et chimiques en solution, sauf le rejet radioactif n’est autorisé que si le débit du
le tritium et l’acide borique, cours d’eau est compris dans la plage fixée par la
• les Drains ou Effluents Chimiques (DC ou EC) réglementation. En dehors de cette plage de débit

Nature et contrôle des rejets


passent sur une chaîne d’évaporation. On obtient (cas des étiages ou des crues), les rejets sont inter-
alors d’une part, un distillat épuré chimiquement dits. Toutefois, si l’autorisation de rejets le prévoit,
et d’activité faible (quelques dizaines de Bq/L à le rejet peut être réalisé, à titre exceptionnel, après
peine en activité bêta globale) et, d’autre part, accord préalable de l’ASN et sous certaines condi-
un concentrat composé principalement d’acide tions dûment précisées par l’ASN.
borique jusqu’à des teneurs de 50 000 mg/L en
bore et de substances radioactives dont l’activité Pendant le rejet
bêta/gamma peut varier de 5 MBq/L à 15 MBq/L. Une mesure de radioactivité est effectuée en continu
Pour éviter le risque de cristallisation de l’acide sur la canalisation de rejet au moyen d’une chaîne
borique dans l’évaporateur, une quantité de soude de mesure γ globale, doublée et secourue élec-
est ajoutée à l’effluent afin de former du borate de triquement. En cas de dépassement d’un seuil
sodium plus soluble que l’acide borique, d’alarme (40 kBq/L en activité γ globale), le rejet
• les Drains de Planchers (DP) qui sont filtrés, est stoppé automatiquement. Pendant la durée du
• les effluents de servitudes (laverie du linge, rejet, l’opérateur contrôle le débit de rejet et l’évolu-
douches…) peu radioactifs subissent une filtra- tion du niveau du réservoir. Il ajuste, si nécessaire,
tion avant d’être aiguillés vers les réservoirs (T) le débit de rejet en fonction de celui du cours d’eau
de contrôle avant rejet. afin de respecter les limites de rejet fixées par la
réglementation.
Ces traitements permettent en outre de retenir les
particules solides, de diamètre supérieur à 5 μm, en En période d’étiage, une coordination des rejets
suspension dans les effluents avant leur entreposage est mises en place entre les centrales situées sur
dans les réservoirs dénommés réglementairement (T) un même bassin hydrographique (Loire-Vienne et
ou (S). Dans ces réservoirs, les effluents sont ana- Rhône) afin de minimiser les impacts des rejets
lysés avant d’être rejetés dans les conditions fixées (cf. chapitre 8 §5.3).
par la réglementation.
Contrôle du milieu récepteur
La capacité minimale d’entreposage (T) et (S) est Des contrôles (activité tritium et bêta globale) sont
fixée par la réglementation (ex. à Tricastin le volume effectués à la station de prélèvement située en aval
minimal (T) est fixé à 3 000 m3 répartis en au moins dans une zone de mélange. Les prélèvements des
6 réservoirs de 500 m3 ; le volume (S) est de 1 500 m3 échantillons sont réalisés tous les jours pendant ou
répartis en au moins 3 réservoirs de 500 m3). en dehors des périodes de rejet, à l’aide d’un hydro-
collecteur. Des prélèvements sont aussi réalisés en
Les réservoirs (S) dits « réservoirs de santé » doivent
amont du site en vue d’être éventuellement analysés
rester vides ; ils ne peuvent être utilisés en secours
en cas de problèmes (annexe 7.3).
des réservoirs (T) qu’après accord préalable de l’ASN.
Pour les sites marins où la notion d’amont et d’aval
Contrôle des rejets radioactifs liquides
n’existe pas, les contrôles sont effectués dans les
Tout effluent susceptible d’être radioactif ne peut être
puits ou bassins de rejets ou dans le canal de rejet
rejeté sans avoir été au préalable contrôlé dans les
(Gravelines) ainsi que dans la prise d’eau censée
conditions fixées par la réglementation.
représenter l’amont (annexe 7.4).
Rejets radioactifs liquides issus
Limites de rejet (réservoirs T ou S)
des réservoirs T (KER) ou S (TER)
Les contrôles effectués par l’exploitant visent à
Avant rejet
s’assurer du bon respect des limites fixées par
Le rejet d’un réservoir T ou S ne peut être réalisé sans
la réglementation (cf. chapitre 11 sur le rôle de
que les résultats d’analyse soient connus (tritium, acti-
l’administration).
vité bêta globale, activité gamma globale, composition
isotopique par spectrométrie gamma). Si l’activité bêta Les autorisations fixent pour les rejets liquides :
globale excède 20 kBq/L, l’effluent ne peut être rejeté • une limite annuelle à ne pas dépasser pour
et doit être retraité. Pour le carbone 14 et le nickel 63 chacune des quatre catégories de radionucléides
dont les analyses sont longues et nécessitent des tech- réglementés (tritium, carbone 14, iodes, autres
niques de mesure complexes, il est admis de ne dis- PF ou PA). Celle-ci s’exprime en multiples de Bq
poser des résultats qu’a posteriori. Ces effluents font (GBq ou TBq),
aussi l’objet d’analyses chimiques (acide borique, …). • des limites visant à assurer une bonne diffusion
des rejets dans le milieu aquatique en définissant :
Conditions de rejet
- un débit d’activité à ne pas dépasser, exprimé
Le débit de rejet doit être calculé pour permettre
en Bq/s,
une pré-dilution minimale réglementaire dans les
- une activité volumique maximale en aval des
eaux de refroidissement avant le rejet dans le milieu
rejets, exprimée en Bq/L.
aquatique.

121
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Cas d’une centrale implantée Cas d’une centrale implantée


sur un cours d’eau en bord de mer 
L’exemple des limites de rejets d’effluents radioac- L’exemple des limites de rejets d’effluents radioac-
tifs liquides de la centrale nucléaire de Dampierre tifs liquides de la centrale nucléaire de Penly est
est illustré par l’encart ci-après. illustré par l’encart ci-après.

Centrale nucléaire de Dampierre sur la Loire Centrale nucléaire de Flamanville sur la Manche
(4 × 900 MWe : 180 ha). (2 × 1300 MWe + EPR 1650 MWe: 120 ha).

Limites de rejet pour les effluents radioactifs liquides de la centrale nucléaire


de Dampierre sur la Loire (4 unités de 900 MWe)
D’après les décisions ASN n° 2011-DC-0210 et n° 2011-DC-0211 du 3 mars 2011

Catégorie de radionucléides Limite annuelle Limite de débit d’activité


Pour 4 réacteurs (GBq) au point de rejet (Bq/s)
Tritium 100 000 80 × D*
14C 260 -
Iodes 0,6 0,1 × D*

Autres produits de f ssion ou d’acti- 36 0,7 × D*


vation émetteurs bêta ou gamma

* D = Débit de la Loire

Limite d’activité volumique mesurée à hydrocollecteur


Catégorie de radionucléides situé à quelques km en aval du rejet (Bq/L)

Limite horaire Limite en moyenne journalière


à mi-rejet
140
Tritium 280
(100 en l’absence de rejets
radioactifs)
Émetteurs bêta (hor s tritium et
2 -
potassium 40)

Eaux de refroidissement
Réservoir
issues des condenseurs
T ou S

Acvité
Bq/L Canalisaon Vanne
de rejet sécurité
Prédiluon
Pompe
Réglage débit
L/s
d’acvité Ouvrage
Bq/s de rejet principal
Contrôle
radioacvité globale

< 40 kBq/L

Hydrocollecteur Hydrocollecteur
Rivière amont aval (mi-rejet)
D = m3/s
Acvité Bq/L

122
Centrales nucléaires et environnement
ent
7

Limites de rejet pour les effluents radioactifs liquides de la centrale nucléaire


de Penly sur la Manche (2 unités de 1300 MWe)
D’après l’arrêté d’autorisation du 15 février 2008 et la décision ASN n° 2008-DC-0090 du 10 janvier 2008

Nature et contrôle des rejets


Limite de débit d’activité
Catégorie de radionucléides Limite annuelle
au point de rejet
Pour 2 réacteurs (GBq)
en mer (Bq/s)
Tritium 80 000* 800 x D**
14C 190 -
Iodes 0,1 1 x D**
Autres produits de f ssion ou d’acti- 25 7 x D**
vation, émetteurs bêta ou gamma

* Portée à 100 000 GBq en cas d’utilisation de combustible dit à haut taux de combustion sur les deux réacteurs.
** D = débit des eaux de refroidissement

Limite d’activité volumique mesurée à hydrocollecteur


Catégorie de radionucléides situé dans le puits ou bassin de rejet (Bq/L)

Limite horaire à mi-rejet Limite en moyenne journalière


900
Tritium 1800
(100 en l’absence de rejets
radioactifs)
Émetteurs bêta hor s tritium et
18 -
potassium 40

Réservoir Eaux de refroidissement


T ou S issues des condenseurs

Acvité
Bq/L Canalisaon Vanne
de rejet sécurité
Prédiluon
Pompe
Réglage débit
L/s
d’acvité
Bq/s Puits ou bassin ou
canal de rejet
Contrôle Hydrocollecteur
radioacvité globale Bq/L

< 40 kBq/L

Mer

Niveau annuel des rejets d’effluents de neutrons à l’origine d’une production sup-
radioactifs liquides plémentaire de tritium comprise entre 4 et
Les rejets radioactifs liquides effectués par la 12 TBq par an et par réacteur.
vidange des réservoirs (T) ou (S) représentent un
Fig. 9 ➜ Volume annuel moyen d’effluents
volume annuel moyen par unité de production de
radioactifs rejetés par les réservoirs T ou S,
10 000 m3 environ (cf. fig. 9).
rapporté à un réacteur
La déclaration des activités rejetées est établie,
par catégories de radionucléides, sur la base des
mesures réalisées dans le cadre des contrôles
réglementaires et des règles de comptabilisation
fixées par l’Administration (cf. annexe 7.5). Pour les
quatre catégories de radionucléides réglementés,
le niveau des rejets annuels est le suivant :
• Le tritium dans l’eau du circuit primaire
provient essentiellement de l’activation du
bore 10 et du lithium 6. Par ailleurs, les réac-
teurs des paliers 1 300 MWe et 1 450 MWe
comportent des grappes sources secondaires

123
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Le tritium du circuit primaire se retrouve dans les • Les produits de fission (PF) et d’activation
effluents sous forme d’eau tritiée ; du fait de sa déjà (PA) sont éliminés en grande partie par les
faible concentration, il ne peut pas être éliminé par systèmes de traitement. Les rejets d’activité de
traitement contrairement à d’autres radionucléides. ces radionucléides par unité de production ont
étant très peu radiotoxique (émetteur bêta de faible diminué d’un facteur 100 depuis la mise en ser-
énergie), le tritium est rejeté dans l’environnement. vice du parc nucléaire d’EDF. Les améliorations
apportées aux circuits de collecte et de traite-
Les rejets sont en moyenne par réacteur d’environ
ment et les efforts réalisés par l’exploitant pour
10 000 GBq (10 TBq) à 30 000 GBq (30 TBq), selon
réduire à la source la production d’effluents
le palier puissance du réacteur, du mode de gestion
expliquent ce résultat (cf. fig. 11). Les cobalts
de combustible et de la présence ou non de grappes
58 et 60, l’argent 110m et le nickel 63 sont pré-
sources secondaires de neutrons (cf. fig. 10).
pondérants dans ces rejets qui représentent en
moyenne moins de 1 GBq par réacteur (cf. cha-
Fig. 10 ➜ Rejet annuel moyen de tritium liquide,
pitre 8 sur la maîtrise des impacts des rejets).
rapporté à un réacteur
Fig. 11 ➜ Rejet annuel moyen de produits de fission
et d’activation, rapporté à un réacteur

• Les rejets de carbone 141, présent dans


l’effluent sous forme de CO2 dissous, repré-
sentent entre 10 et 20 GBq par réacteur, soit Nota : Les radionucléides retenus par le système
environ 10 % des rejets de carbone 14 par voie de traitement des effluents liquides et gazeux sont
atmosphérique. évacués vers le centre de stockage de l’ANDRA sous
• Les rejets d’iodes (PF) sont très faibles et se la forme de déchets solides.
situent à environ 0,01 GBq par réacteur. Ceci
s’explique pour plusieurs raisons :
- les iodes formés dans le combustible restent 3.4 Eaux d’exhaure des salles
confinés en quasi-totalité au sein du combus-
des machines
tible grâce au gainage. En cas d’inétanchéité
de ce dernier, les iodes et d’autres produits Nature et collecte
de fission peuvent migrer dans l’eau primaire. Les eaux issues du circuit secondaire (non
La radioactivité de l’eau du circuit primaire, radioactif) et les eaux des puisards des salles
et particulièrement celles des iodes, est sui- des machines contiennent des substances
vie et ne peut dépasser les niveaux fixés par chimiques utilisées pour le conditionnement du
les spécifications radiochimiques. Le circuit circuit secondaire contre la corrosion, à savoir :
primaire est équipé d’un circuit de purifica- la morpholine, l’éthanolamine, l’ammoniaque,
tion en continu (circuit RCV) qui maintient le l’hydrazine notamment (cf. §4).
niveau de radioactivité de l’eau primaire le
Ces eaux sont collectées sans traitement préalable
plus bas possible,
vers des réservoirs dénommés Ex (appellation
- les iodes de l’eau issue du circuit primaire
réglementaire) où elles sont contrôlées avant d’être
sont piégés efficacement par les systèmes de
rejetées. La capacité minimale d’entreposage Ex
traitement d’effluents,
est fixée par la réglementation. À titre d’exemple,
- les iodes 131 et 133 ont des périodes radioac-
la capacité est fixée à 2 000 m3 répartis en au
tives courtes (respectivement 8 jours et
moins deux réservoirs de 1 000 m3 à la centrale
21 heures) et disparaissent rapidement par
de Tricastin.
décroissance radioactive.

1. Avant 1999, le carbone 14 ne figurait pas dans l’inventaire des substances radioactives à comptabiliser. Depuis, la réglementa-
tion demande de le comptabiliser. Cette exigence a été introduite à l’occasion des renouvellements d’autorisation de rejet et de
prélèvements d’eau.

124
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Les eaux issues des salles des machines ne sont Limites relatives à la radioactivité des
pas classées dans les effluents radioactifs. Elles eaux issues des salles des machines (Ex)
peuvent toutefois présenter des traces de radioac- Les valeurs de radioactivité, au-delà desquelles
tivité lorsque les tubes des générateurs de vapeur les eaux d’exhaure des salles des machines sont

Nature et contrôle des rejets


(qui constituent la deuxième barrière entre l’eau considérées comme des effluents radioactifs, sont
radioactive du circuit primaire et l’eau du circuit indiquées dans les autorisations de rejet (cf. tab. I).
secondaire) ne sont pas parfaitement étanches.
Dans ce cas, des radionucléides, comme le tri- Si l’activité en tritium est comprise entre 400 Bq/L
tium, peuvent migrer du circuit primaire vers le et 4 000 Bq/L, le rejet tritium par cette voie doit être
circuit secondaire et contaminer les eaux d’ex- pris en compte dans le calcul du débit d’activité
haure qui ne pourront pas être rejetées et devront (Bq/s) exigé pour les rejets radioactifs liquides.
être traitées comme un effluent radioactif. Le Au-dessus de 4 000 Bq/L en tritium ou 4 Bq/L en
volume annuel moyen d’eau d’exhaure rejeté est activité bêta globale, ces eaux sont rejetées dans
d’environ 55 000 m3 pour une unité de production les mêmes conditions qu’un effluent radioactif.
(cf. fig. 12).

3.5 Rejets gazeux diffus


Les rejets radioactifs diffus ont notamment pour
origine :
• les évents de réservoirs d’entreposage des
effluents radioactifs (T, S), le réservoir de stoc-
kage de l’eau borée pour le remplissage des
piscines,
• les rejets de vapeur du circuit secondaire par le
système de décharge à l’atmosphère, suscep-
tibles de renfermer de la radioactivité en cas d’iné-
tanchéité des tubes de générateurs de vapeur.
Ces rejets, ne transitant pas par la cheminée ins-
trumentée, font l’objet d’une estimation mensuelle
par calcul visant notamment à s’assurer de leur
Réservoirs Ex et leurs cuvelages
de rétention : centrale du Bugey caractère négligeable. Les résultats de ces estima-
tions, qui portent en particulier sur les volumes et
activités rejetés (tritium, iodes…), sont mention-
Fig. 12 ➜ Volume annuel moyen d’eaux d’exhaure nés dans les registres réglementaires communi-
rejeté par les réservoirs Ex, rapporté qués mensuellement à l’administration.
à une unité de production

Réservoirs T et Ex d’entreposage des effluents avant rejet


et leurs cuvelages de rétention : centrale du Bugey.

Tab. I Exemple de limites d’activité volumique des eaux


d’exhaure des salles des machines.
Limite d’activité volumique dans
Catégorie de radionucléides
le réservoir Bq/L
Tritium 4 000
Activité bêta globale (hors tritium et potassium 40) 4

125
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

4. Domaine chimique
4.1 Origine des substances Fig. 13 ➜ Évolution de la concentration en bore en
fonction de l’épuisement du combustible
chimiques rejetées
Le fonctionnement d’une centrale nucléaire néces-
site l’utilisation de substances chimiques et donne
lieu à des rejets chimiques par voie liquide dans
l’environnement et, dans une moindre mesure, à
des rejets gazeux non radioactifs.
Chaque substance chimique assure une fonc-
tion bien précise tant en phase d’exploitation
(contrôle de la réaction nucléaire, protection
des circuits contre la corrosion, lutte contre le
tartre et le développement de micro-organismes,
production d’eau déminéralisée…), que lors des L’hydrazine (N2H4) est injectée, sous forme
opérations de maintenance (lessivage chimique, d’hydrate d’hydrazine (N2H4OH), pendant la phase
détartrage...). de démarrage du réacteur (palier chimique) afin
d’éliminer toute trace d’oxygène dissous dans
La présence d’impuretés dans les produits
l’eau du circuit primaire.
chimiques commerciaux et l’usure des tubes en
laiton des condenseurs (pour les centrales qui en Conditionnement du circuit secondaire
sont équipées) conduisent à des rejets de métaux. (eau-vapeur) en fonctionnement
Le conditionnement du circuit secondaire vise à
Substances utilisées pour l’exploitation
éviter la corrosion des matériels par l’utilisation de
Contrôle de la réaction nucléaire
substances chimiques choisies pour leur efficacité
L’acide borique (H 3 BO 3 ), en solution dans
mais aussi pour leur moindre impact sur la santé
l’eau du circuit primaire, participe, avec les
et l’environnement.
grappes de commande, au contrôle de la réac-
tion nucléaire. Seul le bore 10, isotope présent L’hydrazine (N2H4) est une base faible utilisée
à hauteur de 20 % environ dans le bore naturel, en fonctionnement et, en arrêt de tranche, pour la
permet d’absorber les neutrons en formant du conservation en eau des matériels. Elle permet de
tritium (radioactif) ou du lithium 7 (stable). C’est minimiser la corrosion des matériaux en réagissant
un acide faible qui se retrouve dans les effluents avec l’oxygène dissous dans l’eau. Injectée sous
radioactifs lorsqu’il est déchargé du circuit pri- forme d’hydrate d’hydrazine (N2H4.H20), l’hydra-
maire. La concentration en bore dans l’eau du zine se décompose en ammoniaque (NH4OH) qui
circuit primaire varie au cours du cycle de fonc- joue un rôle sur le pH de l’eau du circuit secon-
tionnement du réacteur1. La teneur en bore en daire. L’hydrazine agit donc tant sur l’oxygène dis-
début de cycle est déterminée en fonction de sous que sur le pH de l’eau du circuit.
paramètres neutroniques et de la longueur de
La morpholine (C 4H 9NO), l’éthanolamine
cycle souhaitée. Sa concentration est ensuite
(C2H7NO) et l’ammoniaque (NH4OH) sont des
progressivement abaissée, au cours du cycle,
amines volatiles qui peuvent être employées,
pour compenser l’épuisement du combustible ;
seules ou en combinaison, pour maintenir le bon
elle évolue, à titre d’exemple, de 1 200 mg/kg
pH dans le circuit secondaire. Elles complètent
(ppm) en début de cycle à presque 0 mg/kg
l’action de l’hydrazine. Le conditionnement du
(ppm) en fin de cycle (cf. fig.13).
circuit secondaire fait l’objet de spécifications
Conditionnement chimique du circuit primaire chimiques. Celles-ci sont établies en tenant
La lithine (LiOH) est utilisée en faible quantité compte notamment de la nature des matériaux
(quelques dizaines de kilos par an et par réac- à protéger contre la corrosion (acier noir, acier
teur) pour assurer un pH de moindre corrosion inoxydable, alliage cuivreux) mais aussi des ques-
des structures métalliques du circuit primaire. La tions d’environnement, car ces substances et leurs
lithine est enrichie en lithium 7 (> 99,9 %) pour dérivés se retrouvent en partie dans les rejets. Le
éviter la formation de tritium par activation du mode de conditionnement du circuit secondaire
lithium 6 présent dans le lithium naturel. a évolué avec les années pour tenir compte du

1. Cycle de fonctionnement : un réacteur à eau sous pression doit être rechargé en combustible périodiquement. La durée de
fonctionnement du réacteur entre deux rechargements de combustible est appelée « cycle de fonctionnement » ; il peut varier
de 12 mois à 18 mois.

126
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
retour d’expérience interne et étranger (cf. encart).
L’éthanolamine (C2H7NO), utilisée sur quelques Évolution du mode de conditionne-
centrales (Flamanville, Penly, Nogent), constitue ment du circuit secondaire
une alternative intéressante à la morpholine, en Jusqu’au milieu des années 1980, pour prévenir les

Nature et contrôle des rejets


particulier pour la protection des pièces internes risques de corrosion, l’eau du cir cuit secondaire
des générateurs de vapeur et des purges des des centrales nucléaires REP d’EDF était condition-
sécheurs-surchauffeurs de la turbine. née à l’ammoniaque. Cette substance avait été
retenue pour différentes raisons (mise en œuvre
Conditionnement des circuits
facile, produit courant bénéf ciant d’un bon retour
de refroidissement intermédiaires
d’expérience, absence de formation de produits
Le phosphate trisodique (Na3PO4) est utilisé
de décomposition, faible coût). Pour éviter la cor-
pour le conditionnement des circuits de refroidis-
rosion ammoniacale des matériels renfermant du
sement intermédiaires (circuits RRI, SRI, TRI). Ces
cuivre (tubes en laiton des condenseur s et des
circuits sont dits « intermédiaires » car ils assurent
réchauffeurs basse pression), le pH dans l’eau ali-
l’échange de chaleur entre un circuit radioactif (cir-
mentaire des unités concer nées était volontaire-
cuit primaire par exemple) et un circuit d’eau brute
ment limité à 9,2 à 25 °C (mode « bas pH »).
ouvert sur l’environnement. En cas d’inétanchéité
À partir des années 1983–1984, l’ammoniaque
des échangeurs, ce circuit intermédiaire peut être
a été remplacée par la mor pholine sur les uni-
contaminé en particulier par le tritium. Lorsque
tés « à alliages cuivreux » pour tr aiter plus eff -
l’activité du circuit dépasse la limite des spéci-
cacement le phénomène de corrosion-érosion
fications radiochimiques, une intervention pour
rencontré sur les structures en acier au carbone.
réparation doit être entreprise. L’eau du circuit
Sur les autres unités, sans cuivre, le pH a été
peut également être le siège d’une carbonatation
remonté entre 9,6 et 9,8 (mode « haut pH ») pour
du fait de la présence de gaz carbonique dans
mieux maîtriser la corrosion généralisée, notam-
l’air du réservoir tampon. Dans les deux cas, une
ment celle des acier s au carbone, et réduire
vidange du circuit est nécessaire, ce qui produit
la quantité de pr oduits de corrosion véhiculés
des effluents phosphatés (cf. fig.14).
dans les cir cuits (générateurs de v apeur…).
Ammoniaque ou morpholine pouvait être uti-
Fig. 14 ➜ Schéma de principe d’un circuit
lisée indifféremment avec toutefois une préfé-
intermédiaire conditionné au phosphate
rence pour la mor pholine, plus eff cace pour
Circuits diminuer les produits de corrosion véhiculés dans
ŶƵĐůĠĂŝƌĞƐ
ǀĞŶƚăů͛Ăŝƌ les circuits.
ĐŚĂŶŐĞƵƌĚĞĐŚĂůĞƵƌ
ĐŚĂŶŐ
ĐŚ ĂŶŐĞƵƌ
ĂŶŐ
ŐĞƵƌ ĚĞ
ĚĞ ĐŚ
ŚĂůĞ
ĂůĞƵƌ
ů Ƶƌ ĂŵďŝĂŶƚ En 2010, sur les 58 unités en exploitation, 50 uti-
ĚƵůŽĐĂů
lisent la morpholine, les autres l’ammoniaque. Il
dƌŽ
ŽƉͲ
ƉͲƉůĞŝŶ
ů ŝ convient aussi de noter que certaines tranches
ZĠƐĞƌǀ
ZĠƐ
ZĠ ĞƌǀŽŝƌ
ŝ ƚĂŵƉŽ
ƚĂŵƉŽ
ƚĂ Ɖ Ŷ fonctionnant à haut pH à la mor pholine utili-
sent, en complément, de l’ammoniaque (cas
V circuit
Vers
de collecte
d de Gravelines).
Ě
ĚĞƐĞŋƵĞŶƚƐ
 ŚĂŶŐĞƵƌ
ĐŚĂŶŐĞƵƌ
ĐŚĂŶŐ
ĐŚ ĞƵƌĚĞ
ĚĞ
ĚĞĐŚĂůĞ
ĐŚĂůĞƵƌ
ĐŚ
ŚĂůĞƵƌ
ů Ƶƌ
Dans le cadre des études d’EDF destinées à mieux
W
WŽŵƉĞ chimiques
appréhender les phénomènes de corr osion-
ŝƌĐƵŝƚĚ͛ĞĂƵďƌƵƚĞ érosion, des essais de conditionnement à l’étha-
ĚĞƌĞĨƌŽŝĚŝƐƐĞŵĞŶƚ nolamine (ETA) ont été effectués à la centr ale
de St-Alban équipée de matériels cuivreux. Ces
Lavage du linge contaminé (laverie) essais ont conf rmé l’eff cacité de l’ETA pour lut-
Le lavage du linge utilisé par le personnel inter- ter contre le phénomène de corr osion-érosion
venant en zone contrôlée fait appel à des les- susceptible de se m anifester dans cer taines
sives commerciales. Les fabricants de lessive parties bien localisées des circuits (internes des
sont tenus, par le cahier des charges, de fournir générateurs de vapeur, purges des générateurs
des lessives biodégradables, exemptes de phos- de vapeur et des sécheur s-surchauffeurs). Des
phates et de produits chélatants tels que l’EDTA tests effectués à l’étranger et la théorie ont mon-
(acide Ethylène-Diamine-TétraAcétique) et le NTA tré que cet intérêt est ég alement valable pour
(acide NitriloTriAcétique). Les effluents issus du les installations « sans cuivre ». L’ETA est large-
lavage du linge sont filtrés ce qui permet de rete- ment utilisé aux états-Unis (50 % des centr ales
nir la radioactivité mais pas les détergents. Ces nucléaires), sur les deux unités de la centrale de
effluents ainsi traités sont ensuite aiguillés vers Koeberg en Afrique du Sud.
les réservoirs T de contrôle avant rejet. Les quan- Depuis 2011, l’éthanolamine est utilisée sur les
tités de détergents rejetés varient en fonction du unités de Flamanville, de Penly et Nogent puis
volume de linge lavé. Elles peuvent atteindre en est généralisée à l’ensemble des centr ales du
pointe environ 250 kg par jour ramenés à une parc nucléaire.
unité de production.

127
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Traitement contre le tartre des circuits fermés Traitement biocide des circuits fermés de refroi-
de refroidissement des condenseurs dissement des condenseurs
L’acide sulfurique (H2SO4) est utilisé pour pré- La monochloramine utilisée pour le traitement bio-
venir la formation du tartre. La réaction chimique cide est produite in situ en mélangeant de l’eau de
avec les bicarbonates présents dans l’eau de Javel (NaClO) à de l’ammoniaque (NH4OH). Celle-ci
refroidissement forme des sulfates plus solubles est directement injectée dans le circuit d’eau de
qui se retrouvent dans la purge du circuit et donc refroidissement. Elle réagit, au cours du traitement,
dans l’ouvrage de rejet principal. pour former différentes substances chimiques qui
se retrouvent dans les purges de l’aéroréfrigérant et
Lorsque le traitement à l’acide est complété par des
donc dans l’ouvrage de rejet principal (cf. fig. 15).
antitartres organiques (cas de Nogent par ex.),
Il s’agit principalement de chlore combiné, de pro-
cette substance organique se retrouve en partie dans
duits azotés (ammoniaque, nitrates, nitrites), de
l’ouvrage de rejet. L’injection de ces substances est
substances organiques chlorées (AOX) de chlorures
ajustée en fonction de la qualité d’eau à traiter et des
et de sodium issus de l’eau de Javel. La concen-
contraintes fixées sur les rejets (cf. tab. II).
tration en chlore combiné résiduel à la sortie du
Tab. II Traitement antitartre à Nogent condenseur est d’environ 0,25 mg/L éq. Cl2.
(deux unités de 1 300 MWe).
Le traitement biocide par chloration massive à pH
Limites journalières de rejet
(arrêté du 29 décembre 2004).
contrôlé est déclenché en cas de développement
d’algues filamenteuses ou en secours du traitement
Flux journalier maximal ajouté
à la monochloramine ou, en l’absence de traitement à
Sulfates 53 100 kg la monochloramine, en cas de prolifération de micro-
872 kg au maximum 30 jours par an organismes pathogènes (cf. chapitre 6 sur les pré-
Polyacrylates
436 kg le reste de l’année lèvements d’eau et la source froide). Il fait appel à
de l’eau de Javel injectée en une fois, à forte teneur
À Cattenom, l’emploi d’acide chlorhydrique (50 mg/L), pour provoquer un choc chloré. Cette opé-
(HCl)1 à la place d’acide sulfurique est à l’origine ration est pratiquée après avoir fermé les purges de
de rejet de chlorures (cf. tab. III). l’aéroréfrigérant afin d’éviter le rejet massif de chlore
libre. Pendant l’opération qui dure plusieurs heures,
Tab. III Traitement antitartre à Cattenom l’eau de Javel réagit avec la matière organique du
(quatre unités de 1 300 MWe).
circuit et se transforme en chlore combiné, en AOX
Limite journalière de rejet (arrêté du 23/6/2004).
(composés organohalogénés) et en THM (composés
Flux journalier maximal ajouté organohalogénés volatils dont principalement le
Chlorures 24 315 kg* chloroforme). Ces substances sont rejetées à l’ou-
verture de la purge dans l’ouvrage de rejet principal
*Valeur pouvant être por tée à 27 000 kg 15 jour s
par an. (cf. fig. 16 et tab. IV). La purge n’est ouverte que
lorsque la concentration en chlore libre dans le bassin
de l’aéroréfrigérant est inférieure à 0,1 mg/L éq. Cl2.
Fig. 15 ➜ Traitement à la monochloramine.

Eau de javel
48° à 55° Ammoniaque
chlorométrique 25 % molaire
7,9 – 10,3 m3/j 1,3 – 1,8 m3/j

Eau déminéralisée Synthèse


pH = 7 monochloramine
CONDENSEUR évaporaon
AEROREFRIGERANT 0,8 m3/s

Purge
Appoint 1,2 m3/s
2 m3/s

FLEUVE

1. À Cattenom, l’acide chlorhydrique pourrait être remplacé à terme par l’acide sulfurique en raison des contraintes réglementaires
sur les rejets de chlorures.

128
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Fig. 16 ➜ Chloration massive à pH contrôlé

Nature et contrôle des rejets


CONDENSEUR évaporaon
0,8 m3/s
Eau de Javel

Purge
Appoint fermée
0,8 m3/s

FLEUVE

Tab. IV Traitement biocide à la centrale de St-Laurent sur la Loire (deux unités de 900 MWe).
Limites journalières de rejet (d’après la décision ASN n° 2010-DC-2010 n° 0182 du 18 mai 2010).
Chloration massive Traitement à la Monochloramine tranches 1 et 2
Substances
Flux 24 h ajouté Flux 24 h ajouté
Ammonium - 70 kg
1 470 kg
Nitrates -
1 840 kg en cas de traitement renforcé
70 kg
Nitrites
- (10 % des valeurs peuvent dépasser 70 kg sans toutefois dépasser
230 kg)
45 kg
CRT 100 kg
65 kg en cas de traitement t renforcé
15 kg
AOX . Cl2 85 kg
(20 kg en cas de traitement* renforcé)
THM
9,6 kg -
(chloroforme)
* Ces traitements s’accompagnent de rejets de sulfates et de sodium réglementés avec les rejets provenant d’autres circuits (station de
déminéralisation, réservoirs T, S et Ex.

Traitement biocide des circuits ouverts - clarification et décantation ou flottation,


de refroidissement des sites marins - simple filtration sur filtre à sable.
Pour lutter contre les salissures biologiques, • d’une unité de déminéralisation composée,
l’eau de mer alimentant les circuits de refroidis- selon les besoins :
sement des sites marins est traitée, du printemps - d’un déchloreur,
à l’automne, à l’eau de Javel (hypochlorite de - de déminéraliseurs (résines échangeuses
sodium) produite in situ par électrolyse de l’eau d’ions pour les cations et résines échan-
de mer. Ce traitement conduit à des rejets de geuses d’ions pour les anions),
composés organohalogénés dont le principal est - dans certains cas, des déminéraliseurs à lits
le bromoforme (environ 100 kg par jour pour une mélangés (résines anions/cations).
unité de production).
Le fonctionnement d’une station de production
Production d’eau déminéralisée à partir d’eau déminéralisée produit  :
d’eau douce brute • des boues provenant de l’unité de prétraitement,
Les stations de production d’eau déminéralisée se • des effluents chimiques issus du lavage du
composent (cf. fig. 17) : déchloreur et de la régénération des résines
• d’une unité de prétraitement qui peut être, échangeuses d’ions au moyen d’acide sulfu-
selon les besoins, de différents types : rique ou chlorhydrique (résines cationiques)
- décarbonatation et floculation, et de soude (résines anioniques).

129
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Fig. 17 ➜ Station de production d’eau Production d’eau déminéralisée par


déminéralisée. dessalement de l’eau de mer à Flamanville
C rure ferrique, chaux
Chlo
Chlorure
L’eau prélevée en mer subit :
• une préfiltration afin d’éviter le colmatage des
Floculateur-
décanteur
matériels situés en aval,
• une filtration accompagnée d’une coagulation
Filtre par injection de chlorure ferrique (FeCl3),
• une ultrafiltration assurée par deux unités
Boues Bâche d’eau en parallèle dont le nettoyage est réalisé
Eau brute décarbonatée
automatiquement au moyen d’eau de Javel
Acide
Soude (NaClO), de soude (NaOH) et d’acide sulfu-
rique (H2SO4),
Déminéraliseurs
caoniques et • un traitement par osmose inverse permet-
Eau déminéralisée
anioniques Ajustement tant d’obtenir d’une part, de l’eau douce et,
du pH d’autre part, un concentrat de sels (saumure)
Effluents de régénéraon
Rejet
qui est rejeté ; ce traitement est accompagné :
Contrôle
Fosse de neutralisaon du pH
- d’une injection de métabisulfite de sodium
Boues (Na2S2O5) afin d’éliminer le chlore et l’oxy-
gène présents dans l’eau de mer à traiter,
- d’une acidification à l’acide chlorhydrique ou
Les effluents de régénération sont composés
à l’acide sulfurique pour éviter l’entartrage
essentiellement de chlorures ou de sulfates, de
dû à la précipitation de sels de calcium,
sodium et de métaux ; ils sont aiguillés vers la
- d’un ajout de produits anti-incrustants pour
fosse de neutralisation pour y être analysés et, le
empêcher la précipitation de composés tels
cas échéant, neutralisés, avant rejet (cf. tab. V).
que le carbonate de calcium et le sulfate de
Tab. V Station de déminéralisation à Penly calcium.
(deux unités de 1300 MWe)
Les membranes d’osmose se colmatent lentement
Limites journalières de rejet (arrêté du 15/02/2008).
sous l’effet des colloïdes et de la précipitation des
Substances Flux 24 h ajouté sels. Pour restaurer la propreté des membranes,
Sodium 830 kg un nettoyage chimique est réalisé au moyen de
Chlorures 1 100 kg détergents.
Fer 56 kg
L’eau douce sortant des osmoseurs subit une démi-
Matières en suspension 1 800 kg
néralisation finale (polishing) sur un lit mélangé de
Les boues de décantation et de nettoyage des résines échangeuses d’ions. Les résines sont pério-
fosses de neutralisation sont selon leur composi- diquement régénérées par de la soude et de l’acide
tion, soit utilisées comme amendement agricole, sulfurique et les effluents produits sont orientés
traitées comme des déchets, soit rejetées en mer vers la fosse de neutralisation pour contrôle avant
dans le cas des centrales littorales. rejet (cf. fig. 18 et tab. VI).

Fig. 18 ➜ Station de dessalement d’eau de mer à Flamanville

Chlorure
ferrique

Métasulfite
Eau de mer 2 unités
Bac à eau
d’ultrafiltraon
filtrée
en parallèle Acide
Préfiltraon

Lavage Vers fosse de


Chimique neutralisaon Filtre
avant rejet

Eau déminéralisée
Déminéraliseur 2 osmoseurs
à lit mélangé en série
Piège à résines An-
incrustants

Lavage
Acide Soude Chimique
Vers fosse de
(détergents)
neutralisaon
avant rejet

130
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Tab. VI Unité de dessalement de l’eau de mer Fig. 19 ➜ Dépôts sur les plaques entretoises
à Flamanville (2 000 m3/j)
des générateurs de vapeur.
Quantité de pr oduits utilisés quotidiennement
(ordres de grandeur).

Nature et contrôle des rejets


Substances rejetées par Quantités
l’unité journalières
Chlorure ferrique 10 kg
Métabisulf te de sodium 30 kg
Acide chlorhydrique ou
30 kg
sulfurique
Anti-incrustant 5 kg

sur les plaques entretoises des générateurs de


Substances utilisées pour les opérations vapeur. Les effluents produits (800 m3 envi-
de maintenance ron) ne sont pas rejetés mais traités comme
Conditionnement des générateurs de vapeur déchets par incinération. Seules les eaux de
en phase d’arrêt de tranche rinçage (500 m3 environ), susceptibles d’être
Lorsque l’unité de production est mise à l’arrêt pour légèrement radioactives et renfermant des rési-
procéder au chargement du combustible nucléaire, dus (hydrazine, morpholine, oxydes de fer, de
les générateurs de vapeur (côté secondaire) sont cuivre et de zinc…), sont recueillies dans un
maintenus sous eau. Pour assurer la conservation réservoir T pour y être contrôlées avant rejet.
de ces matériels (éviter leur endommagement) pen-
Lessivage chimique des circuits fermés
dant toute la durée de l’arrêt (plusieurs semaines),
de refroidissement à l’arrêt.
l’eau est conditionnée au moyen d’un mélange
Cette opération est réalisée avec de l’acide sulfu-
d’hydrazine et d’ammoniaque ou d’hydrazine et
rique lorsque la centrale est à l’arrêt, le circuit de
de morpholine. L’éthanolamine peut aussi être uti-
refroidissement étant isolé du reste des installa-
lisée en lieu et place de la morpholine. En fin d’arrêt,
tions. L’acide sulfurique utilisé pour dissoudre le
deux cas de figure peuvent se présenter :
tartre, présent sur les parois des tubes de conden-
• soit les générateurs de vapeur sont exception-
seurs et sur les packings des aéroréfrigérants, forme
nelement vidangés en l’état ; l’eau de vidange
des sulfates qui ne sont pas rejetés mais envoyés
contenant encore une forte teneur d’hydra-
chez un éliminateur agréé. Le volume d’effluents
zine (jusqu’à 100 mg/L) conduit à des rejets
produits dépend de l’importance de l’opération.
chimiques,
• soit l’eau des générateurs de vapeur est Nettoyage des échangeurs d’eau brute
conservée pour la phase de démarrage, ce qui des circuits de réfrigération intermédiaires
évite les rejets. (circuits RRI, SRI, TRI)
L’encrassement des échangeurs alimentés en eau
Les autres parties du circuit secondaire (poste d’eau,
brute (eau douce ou eau de mer) est inéluctable
condenseurs) sont vidangées en début d’arrêt et
dans le temps et dégrade leurs performances ther-
maintenus sous air chaud. Cette vidange de cir-
miques. La nature des dépôts peut être d’origine
cuit en début d’arrêt de tranche produit environ
organique (algues, boues) ou minérale (tartre,
2 000 m3 d’eau contenant de faibles concentrations
argile). Dans certains cas, ces dépôts peuvent
d’hydrazine (1 mg/L), d’ammoniaque (5 mg/L) et de
contenir des traces d’hydrocarbures dues aux acti-
morpholine (5 mg/L) correspondant aux concentra-
vités portuaires (cas de Gravelines). Le nettoyage
tions du circuit secondaire.
peut être réalisé mécaniquement en démontant
Lessivage chimique des générateurs de vapeur l’échangeur ou chimiquement. Les dépôts et les
à l’arrêt effluents produits sont, soit récupérés et traités
Le colmatage par des produits de corrosion du cir- comme déchets, soit rejetés après neutralisation
cuit secondaire a été constaté sur les générateurs dans les fosses de station de déminéralisation.
de vapeur de certaines centrales. Comme ce phé-
Substances issues de l’usure des matériels
nomène peut affecter la tenue mécanique des tubes
ou d’impuretés des produits utilisés
et qu’il entraîne une perte sensible du rendement
Usures des tubes en laiton des condenseurs
thermique des générateurs de vapeur, un lessivage
Les parois internes des tubes en laiton1 des
chimique de ces matériels est nécessaire (cf. fig. 19).
condenseurs s’usent sous l’effet de l’érosion-
Cette opération de lessivage met en œuvre des corrosion provoquée par l’eau brute de refroidis-
substances chimiques (hydrazine, morpholine, sement. La perte de matière se traduit par une
…) qui vont dissoudre les oxydes métalliques (fer, diminution de l’épaisseur des tubes et conduit à
cuivre, zinc) qui se sont déposés au fil du temps des rejets de cuivre et de zinc.

1. Laiton : alliage composé de cuivre (70 %) et de zinc (30 %) ; on note aussi la présence d’arsenic à des teneurs de 2 à 3 %.

131
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Seules quelques centrales refroidies en circuit fermé refroidis par aéroréfrigérants tendent à concentrer
sont encore équipées de condenseurs dont les tubes ces substances au rejet du fait de l’évaporation de
sont totalement ou partiellement en laiton (cf. encart). l’eau (facteur de concentration de 1,5 environ).
Depuis 2011, plus aucune centrale refroidie en circuit Ce phénomène de surconcentration est pris en
ouvert ne possède de condenseurs en laiton. compte dans les études d’impact (cf. chapitre 8
sur la maîtrise des impacts).
Pour les centrales en circuit fermé, les rejets
journaliers par unité peuvent varier de 10 à 70 kg
pour le cuivre et de 5 à 35 kg pour le zinc. L’usure
dépend beaucoup de la qualité de l’eau brute qui
4.2 Collecte et traitement
peut être plus ou moins abrasive et corrosive selon des effluents chimiques
les cours d’eau. Notons par ailleurs que la pré- liquides
sence de cuivre soluble dans l’eau de refroidisse-
ment a un effet biocide vis-à-vis des amibes et évite Collecte vers l’ouvrage de rejet principal
leur développement dans les circuits (cf. chapitre 6 À l’exception des eaux de pluie collectées par cer-
sur les prélèvements d’eau). tains émissaires, tous les effluents, qu’ils soient
radioactifs ou non, sont orientés vers un ouvrage
L’épaisseur des tubes de condenseurs est contrô-
de rejet unique qui constitue le rejet principal du
lée périodiquement par des mesures de courants
site. Cet ouvrage collecte les retours d’eau brute
de Foucault. Ces contrôles montrent que les tubes
(eau douce ou eau de mer) des circuits de refroi-
en acier inoxydable et en titane ne présentent pas
dissement (condenseurs des turbo-alternateurs,
d’usure significative. Ces condenseurs ne donnent
purges des tours aéroréfrigérantes, échangeurs)
donc pas lieu à des rejets de métaux.
dans lesquels les effluents sont prédilués. À cette
Impuretés des produits commerciaux utilisés fin, un débit minimal d’eau brute est assuré en
pour le conditionnement et le traitement permanence dans cet ouvrage de rejet (fig. 20).
Certains produits chimiques commerciaux utilisés
Par l’ouvrage de rejet principal, sont rejetées les
pour le traitement des circuits (acide sulfurique,
substances chimiques en provenance :
soude caustique, acide chlorhydrique) renferment
• des vidanges des réservoirs T (capacité uni-
des impuretés tels que le plomb et le mercure. Pour
taire 500 à 750 m3) collectant les effluents
réduire au maximum le rejet de ces substances très
radioactifs (10 à 15 vidanges par an et par
toxiques, l’exploitant impose dans le cahier des
réacteur). Ces réservoirs contiennent, en plus
charges transmis aux fournisseurs, les spécifica-
des substances radioactives, des substances
tions prévues par la réglementation (< 1 mg/kg).
chimiques telles que :
Substances chimiques exogènes - acide borique, lithine, hydrate d’hydrazine,
Les substances chimiques présentes dans l’eau phosphates, détergents provenant du lavage
prélevée en amont de la centrale et qui ne font que du linge contaminé ou des douches,
transiter par les circuits de refroidissement (sels - les produits de conditionnement du circuit secon-
dissous, métaux lourds…) se retrouvent aussi dans daire (morpholine, hydrazine, ammoniaque, le
l’ouvrage de rejet principal. Les circuits fermés cas échéant de l’éthanolamine et leurs dérivés

Fig. 20 ➜ Collecte des effluents liquides

(circuit fermé) (Circuit ouvert)


Réservoirs Purges connues Retour connu d’eau
T ou S des aéroréfrigérants brute des condenseurs

Réservoirs
Ex

Fosse de neutralisaon

Staon d’épuraon STEP Ouvrage de rejet principal

Dés huileurs
des eaux huileuses

Eaux pluviales

Rivière ou mer

132
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
azotés tels que nitrates et nitrites) si les réser- Comme celui-ci subit un traitement sur évapo-
voirs ont collecté les purges des générateurs de rateur qui concentre l’acide borique mais aussi
vapeur, la silice, la teneur en silice dans l’eau à recycler
- les matières en suspension (boues) voire peut atteindre la limite fixée par les spécifica-

Nature et contrôle des rejets


quelques métaux à l’état de trace dus à tions radiochimiques définies pour l’eau d’ap-
l’usure des circuits, point au réacteur. Dans ce cas, le recyclage de
• des vidanges des réservoirs Ex, (capacité l’eau borée n’est pas possible et doit être rejetée
unitaire 300 à 1000 m3) collectant les eaux (cf. fig 21). C’est ce qui explique en partie les
d’exhaure des salles des machines (50 à variations importantes des rejets d’acide borique
100 vidanges par an et par réacteur). Ces réser- entre sites. L’acide borique non recyclé est enfûté
voirs renferment essentiellement : en coque béton ou incinéré à l’usine Centraco de
- les produits de conditionnement du circuit Marcoule comme un déchet radioactif.
secondaire et du circuit de production de vapeur
auxiliaire (morpholine, hydrazine, ammoniaque, Fig. 21 ➜ Rejets annuels moyens d’acide borique
le cas échéant de l’éthanolamine, et leurs déri- par palier de puissance, ramenés à une
vés azotés tels que nitrates et nitrites), tranche de production
- les matières en suspension (issues de la récu-
pération des eaux brutes de désurchauffe
des fonds « basse-pression » des turbines)
voire quelques métaux à l’état de trace dus à
l’usure des circuits,
- les phosphates issus des vidanges des circuits
de refroidissement intermédiaire.
• des purges continues des aéroréfrigérants,
qui contiennent les substances chimiques liées
aux traitements antitartre et biocide lorsqu’ils
sont pratiqués, et à l’usure des tubes de
condenseurs si ces derniers sont en laiton, Élimination de l’hydrazine
• des retours d’eau brute des condenseurs Lorsque la centrale est en fonctionnement, l’hydra-
refroidis en circuit ouvert qui peuvent être zine du circuit secondaire (eau-vapeur) chemine par
chargés de substances liées au traitement des circuits jusqu’aux réservoirs d’entreposage T ou
antisalissure sur les sites marins, Ex de stockage avant rejet. Dans ces réservoirs,
• des vidanges des fosses de neutralisation l’hydrazine se décompose au contact de l’oxygène
(200 à 500 m3) de la station de déminéralisa- de l’air ambiant. De ce fait, les rejets d’hydrazine
tion (5 à 6 par mois) comportant notamment sont faibles (quelques kilos par réacteur et par an).
les sels issus de régénération des résines
En arrêt de tranche, le conditionnement à l’hydra-
échangeuses d’ions (sulfates ou chlorures),
zine des générateurs de vapeur (côté secondaire)
• des sorties des stations d’épuration des
et du poste d’eau pouvait être à l’origine de rejets
eaux usées STEP (eaux vannes),
plus importants (jusqu’à quelques dizaines de
• des sorties des déshuileurs installés pour la
kilos d’hydrazine par jour) lors de la vidange des
collecte des eaux susceptibles d’être polluées
circuits. Pour réduire ces rejets, les actions sui-
par de l’huile ou des hydrocarbures,
vantes ont été prises :
• des eaux de pluie collectées par les toitures
• le poste d’eau est dorénavant conservé à sec
des bâtiments et les voiries.
sous air chaud après avoir été vidangé en début
Traitement des effluents chimiques d’arrêt de tranche alors que la teneur en hydra-
Des actions sont mises en œuvre au quotidien par zine dans le circuit est faible (environ 1 mg/L),
l’exploitant pour réduire autant que possible les • l’hydrazine des effluents produits par la
rejets de substances chimiques. Celles-ci visent en vidange des générateurs de vapeur en fin
premier lieu à réduire la production d’effluents à la d’arrêt (300 et 400 m3 à la concentration de
source en limitant notamment les fuites d’eau sur quelques centaines de mg/L) est éliminée en
les circuits puis en agissant sur le traitement des quasi-totalité dans les réservoirs d’entreposage
effluents avant rejet (cf. chapitre 8 sur la maîtrise par un bullage à l’air comprimé ou par la mise
des impacts). en brassage prolongé des réservoirs.
Par ailleurs, les matériels (pompes d’injection, …)
Réduction des rejets d’acide borique
véhiculant de l’hydrazine concentrée font l’objet
Les effluents radioactifs borés issus du circuit pri-
d’une attention particulière afin de déceler toute
maire peuvent être, après traitement, recyclés,
fuite de produit et d’y remédier.
c’est-à-dire réutilisés comme eau d’appoint au
circuit primaire. Mais le recyclage se heurte à En définitive, les rejets d’hydrazine ne représen-
des difficultés en raison de la teneur en silice pré- tent plus au total que quelques kilogrammes par
sente à l’état de trace dans l’effluent à recycler. réacteur et par an (cf. fig. 22).

133
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Fig. 22 ➜ Rejets annuels moyens d’hydrazine que l’unité ait atteint la pleine puissance avant de
par palier de puissance, ramenés démarrer le traitement biocide. Les nitrates et les
à une tranche de production nitrites sont aussi présents dans les eaux d’ex-
haure des salles des machines où ils se forment
par oxygénation des produits azotés contenus
dans ces eaux, notamment de l’ammoniaque.
Réduction des rejets de détergents
Les détergents proviennent du circuit de laverie du
linge contaminé. Ces effluents ne font généralement
l’objet que d’une filtration qui n’a pas d’efficacité
vis-à-vis des détergents. Par ailleurs, la composition
des détergents n’est pas bien connue (on sait sim-
plement qu’ils sont biodégradables, sans EDTA, ni
NTA, ni phosphates). Les fabricants sont réticents
Réduction des rejets d’azote total à communiquer des informations qu’ils considèrent
(hors hydrazine, morpholine, éthanolamine) comme relevant du secret industriel. Des efforts sont
Le conditionnement du circuit secondaire et le traite- réalisés afin de limiter autant que possible l’utilisa-
ment biocide des circuits fermés de refroidissement tion des détergents. Les mesures de propreté radio-
engendrent des rejets de substances azotées telles logique mises en œuvre dans les centrales depuis le
que l’ammoniaque, les nitrates et les nitrites. L’azote début des années 2000 et une gestion efficace des
de l’hydrazine (N2H4), de la morpholine (C4H9NO) et équipements ont permis de réduire les quantités de
de l’éthanolamine (C2H7NO) n’est pas pris en compte linge à laver ainsi que la fréquence de lavage des sols.
dans le vocable «azote total» ; celui-ci étant consi-
Réduction des rejets de métaux liés à l’usure
déré au travers des teneurs en hydrazine et en mor-
des tubes de condenseurs en laiton
pholine des effluents (cf. chapitre 10 §4 du guide).
À l’origine, le parc nucléaire en exploitation
L’ammoniaque (NH4OH) dans les effluents pro- (19 sites) comportait des installations avec des
vient principalement : condenseurs dont les tubes pouvaient être soit en
• soit, de la décomposition thermique de l’hydrazine titane (bord de mer), soit en inox (sites fluviaux
(et de la morpholine dans une moindre mesure), récents, Golfech, Chooz, Civaux), soit en laiton
• soit, de l’ammoniaque utilisée pour le condi- pour les autres sites.
tionnement du circuit secondaire sur les unités
Depuis les années 1990, la plupart des condenseurs
sans alliages cuivreux.
en laiton ont été rénovés soit en totalité par des
L’ammoniaque se concentre fortement dans tubes en acier inoxydable, soit partiellement par
les purges des pompes à vide extrayant les gaz des tubes en titane ou en acier inoxydable (cf. encart).
incondensables du circuit secondaire «  eau- Cette rénovation engagée a permis de réduire signifi-
vapeur  ». Ces purges contribuent pour une cativement les rejets de cuivre et de zinc sur les tous
grande part au rejet d’ammoniaque d’une centrale bassins hydrographique (cf. tab. VII).
nucléaire (plusieurs dizaines de kilos par jour pour
Nota : Il n’existe pas de techniques industriellement
un réacteur). Ces rejets peuvent être réduits en
et économiquement utilisables pour retenir ou piéger
pratiquant le recyclage des purges des pompes à
ces métaux dans les eaux de refroidissement en rai-
vide au condenseur. Mais ce recyclage peut entraî-
son de leur très faible concentration dans les rejets.
ner une « pollution chimique » du circuit secon-
daire préjudiciable à la bonne tenue des matériels.
Il n’est donc pas pratiqué sur les sites.
Les nitrates (NO3) et les nitrites (NO2) sont prin-
cipalement produits par le traitement biocide à
la monochloramine des circuits de refroidisse-
ment fermés. Les rejets de nitrates peuvent être
réduits en optimisant les paramètres de traitement
(injection au plus juste des quantités de réactifs
en fonction du risque de colonisation des micro-
organismes pathogènes, traitement séquentiel).
L’expérience montre que les pics de rejet de nitrites
surviennent lorsque le traitement est lancé pen-
dant la phase de redémarrage de l’unité. Afin d’évi-
ter ces pics de rejets, il est préconisé d’attendre Plaque tubulaire de condenseurs.

134
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Tab. VII Taux de réduction des rejets de cuivre et zinc par bassin hydrographique.
Bassin hydrographique Seine Rhin Loire Moselle Rhône
Réduction des rejets de cuivre et zinc par les
≅ 100 % ≅ 100 % ≅ 75 % ≅8% ≅ 85 %
condenseurs en laiton1 en % de 1990 à 2012

Nature et contrôle des rejets


1. Calculé au prorata du nombre de tube en laiton remplacés.

Rénovation des condenseurs en laiton


Depuis les années 1990, les condenseurs ont été rénovés ; les tubes en laiton ont été remplacés, en partie
ou en totalité, par des tubes en acier inoxydable ou en titane (situation 2012).
Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden-
Bassin de la Loire
seurs en laiton seurs en acier inoxydable seurs en titane
Belleville
Unité 1 65 % 35 % -
Unité 2 65 % 35 % -
Dampierre
Unité 1 - 100 % depuis 1990 -
Unité 2 80 % - 20 %
Unité 3 - 100 % depuis 1995
Unité 4 80 % 20 %
St-Laurent
Unité 1 - 50 % depuis 2009 50 % depuis 2005
Unité 2 - 100 % depuis 2011 -
Chinon
Unité 1 - 100 % depuis 2009 -
Unité 2 - 100 % depuis 2010 -
Unité 3 - 100 % depuis 2009 -
Unité 4 - 100 % depuis 2010 -
Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden-
Bassin du Rhône
seurs en laiton seurs en acier inoxydable seurs en titane
Bugey
Unité 2 - 100 % depuis 1991 -
Unité 3 - 100 % depuis 1990 -
Unité 4 - 100 % depuis1999 -
Unité 5 - 100 % depuis1993 -
St-Alban
Unité 1 - 100 % depuis 2007 -
Unité 2 - 100 % depuis 2008 -
Cruas
Unité 1 50 % - 50 % depuis 2003
Unité 2 50 % - 50 % depuis 2001
Unité 3 50 % - 50 % depuis 2000
Unité 4 50 % - 50 % depuis 2002
Tricastin
Unité 1 - 100 % depuis 1994 -
Unité 2 - 100 % depuis 1994 -
Unité 3 - 100 % depuis 1992 -
Unité 4 - 100 % depuis 1993 -
Bassin de la Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden-
Moselle seurs en laiton seurs en acier inoxydable seurs en titane
Cattenom
Unité 1 100 % - -
Unité 2 75 % - 25 % depuis 2011
Unité 3 100 % - -
Unité 4 75 % - 25 % depuis 2011
Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden-
Bassin du Rhin
seurs en laiton seurs en acier inoxydable seurs en titane
Fessenheim
Unité 1 - 100 % depuis 2002 -
Unité 2 - 100 % depuis 2011 -
Bassin de la Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden- Taux de tubes de conden-
Seine seurs en laiton seurs en acier inoxydable seurs en titane
Nogent/Seine
Unité 1 - 100 % depuis 1998 -
Unité 2 - 100 % depuis 1999 -

135
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Traitement des eaux usées ou eaux vannes de rétentions étanches et les réseaux d’égouts
(STEP) situés à proximité de ces matériels sont orientés
Les eaux usées d’origine domestique (sanitaires, vers un dispositif de traitement appropriés tels
eaux vannes) sont collectées par un réseau par- que des déshuileurs (cf. fig. 24). Des mesures sont
ticulier puis dirigées vers une station d’épuration réalisées périodiquement à la sortie du système
(STEP) avant rejet. Le traitement est assuré bio- de traitement afin de s’assurer qu’il n’y a pas de
logiquement par culture bactérienne et oxygéna- traces d’hydrocarbures supérieures à la limite
tion. Les eaux épurées sont rejetées tandis que les réglementaire (10 mg/L).
boues récupérées dans les bassins de décantation
Fig. 24 ➜ Schéma de principe d’un déshuileur
sont éliminées comme déchets. Sur certains sites
Déversoir huile
nucléaires (Nogent), les eaux usées sont orientées
Déversoir eau
vers le réseau urbain de collecte pour y être traitées.
À la centrale de Flamanville, les eaux usées sont Huile

d’abord filtrées sur un tamis rotatif de maille


0,75  mm afin d’éliminer les sables et éléments
grossiers ; elles sont ensuite dirigées vers deux
filières de traitement fonctionnant en parallèle. Arrivée
Une première filière assure une épuration biolo- Huile d’eau Eau Rejet
huileuse
gique dispose d’une capacité de traitement de 800
équivalents-habitants et permet de traiter environ
45 % du volume journalier d’effluent qui est d’en-
viron 90 m3 (cf. fig. 23). Une seconde filière, d’une
Traitement des eaux de pluie
capacité de 1 000 équivalents-habitants, épure le
Le réseau d’égouts, qui collecte des eaux de pluie,
volume restant dans un réacteur biologique à mem-
recueille également les purges de circuits auxiliaires
branes (microfiltration 0,4 μm). Les rejets de cette
(chaudières auxiliaires, vidange des échangeurs
station d’épuration sont donnés dans le tableau VIII.
intermédiaires, …). Ceci est à l’origine de rejet de
Traitement des eaux huileuses phosphates notamment, qui ne représentent que
Même rejetés en faible quantité, les hydrocarbures quelques dizaines de kilogrammes par an et par
ont un impact visuel très marqué dans l’environ- réacteur. Ces rejets chimiques, ne transitant pas
nement (irisations à la surface de l’eau). Pour par les voies normales, sont toutefois identifiés et
éviter les rejets huileux, les circuits présentant un caractérisés (nature et quantité). Des modifica-
risque de fuite d’hydrocarbures (circuit d’huile du tions de circuits ont été réalisés et des dispositions
groupe turbo-alternateur, réservoirs de gasoil des d’exploitation sont mises en œuvre afin d’éviter les
groupes électrogènes de secours…) sont équipés rejets par cette voie.

Fig. 23 ➜ Schéma de la STEP Sud de Flamanville (800 éq.-hab.).


Eaux
vannes Étage primaire Étage secondaire
(Éliminaon polluon carbonée) (Réducon polluon azotée)
à traiter Rejet
Cultures Pièges Cultures Pièges
fixées à boues fixées à boues

Injecon d’air
Silos à boues Evacuaon des boues
comme déchet

Tab. VIII Unité de traitement à Flamanville (1 800 équivalent-habitants).


Limites autorisées (décision ASN n° 2010-DC-0189 du 7 juillet 2010).
Concentrations instantanées
Paramètres
à respecter sur des mesures réalisées mensuellement
Phosphore -
Azote kjeldahl -
DBO5 35 mg/L
DCO 120 mg/L
MES 30 mg/L
pH 5,5–9,5

136
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Les réseaux de collecte des eaux pluviales des - par des prélèvements périodiques sur lesquels
parkings extérieurs au site sont équipés de réten- des analyses de laboratoire sont opérées,
tions et de systèmes de traitement (déshuileurs, - en déterminant le débit de rejet par mesure
débourbeurs) pouvant faire face à l’afflux d’eau ou par calcul d’après les paramètres de fonc-

Nature et contrôle des rejets


dû à un gros orage. Ceci permet d’éviter le rejet tionnement des installations (cf. chapitre 6 sur
de matières en suspension et d’hydrocarbures qui les prélèvements d’eau).
imprègnent les parkings de voitures.
Les analyses chimiques sont effectuées par le
laboratoire « Effluents » de la centrale en référence
à des normes (cf. chapitre 10 sur la métrologie envi-
4.3 Rejets chimiques liquides ronnementale). Certaines analyses peuvent être
Contrôle des rejets sous-traitées à des laboratoires extérieurs après
Les contrôles effectués sur les effluents chimiques accord du Directeur général de l’ASN. Les résul-
par l’exploitant découlent directement des imposi- tats des mesures sont consignés dans les rapports
tions réglementaires qui fixent notamment : mensuels annuels « environnement » communi-
• la localisation, la nature, la technique de qués à l’administration et au public (cf. chapitre 4
mesure, la périodicité, sur l’information du public et chapitre 11 sur le rôle
• les règles de comptabilisation des rejets, de l’administration).
• les limites à ne pas dépasser,
Contrôle des rejets de cuivre et de zinc
• les modalités de transmission des résultats de
des condenseurs en laiton
mesure à l’administration et au public.
Les rejets de cuivre et de zinc peuvent être déter-
Ces contrôles portent tant sur les concentrations minés de deux façons :
des substances dans l’effluent que sur les débits • d’après l’évaluation de la perte de matière
de rejet (contrôle des flux de rejet). La nature et mesurée par courants de Foucault dans le
la fréquence des contrôles tiennent compte des cadre des programmes de maintenance. Ces
enjeux environnementaux en termes de quantité contrôles permettent d’estimer la perte d’épais-
rejetée et de toxicité de la substance (cf. fig. 25). seur des tubes sur la durée de fonctionnement,
• à partir de mesures chimiques pratiquées dans
Les contrôles sont définis en distinguant :
le rejet général et à l’amont afin de détermi-
• les réservoirs ou capacités de collecte
ner les valeurs ajoutées (déduction faite des
(réservoirs T, S et Ex, fosse de neutralisa-
métaux déjà présents à l’amont).
tion). Pour certaines substances, les résultats
d’analyse doivent être connus avant chaque Contrôle des rejets par bilan matière
rejet car ils déterminent les conditions de rejet Lorsqu’il n’est pas possible de mesurer les subs-
(contrôle a priori) ; pour d’autres, les résultats tances chimiques dans l’effluent car les concen-
n’interviennent qu’une fois le rejet effectué, au trations y sont trop faibles, le rejet est déterminé
titre de la comptabilisation des flux de rejet à partir des quantités de produits injectés dans les
journalier ou annuel (contrôle a posteriori). circuits et de la connaissance des transformations
Les analyses sur les effluents sont réalisées de ces produits lors de la réaction chimique. Cette
après avoir mis en brassage le réservoir afin pratique est notamment utilisée pour les rejets
d’obtenir un échantillon représentatif sur de substances issues de la station de production
lequel seront effectuées les analyses requises. d’eau déminéralisée (sodium, chlorures, sulfates)
Les quantités de substances rejetées (flux) sont ou pour certains rejets des traitements antitartre
déterminées d’après les analyses de concen- et biocides.
tration, les volumes des réservoirs ou les débits
Contrôle dans le milieu aquatique
de rejet associé au temps de rejet. Le réservoir
en aval du rejet principal
ne peut être rejeté que si les conditions régle-
Des mesures sont pratiquées dans le milieu récep-
mentaires de rejet sont respectées (cf. §4.5),
teur en aval des rejets :
• les émissaires des stations d’épuration des
• périodiquement sur des substances faisant
eaux usées (STEP) et de déminéralisation, des
l’objet de limites à ne pas dépasser,
purges des aéroréfrigérants ainsi que du trai-
• en continu par la station multiparamètre aval
tement des eaux huileuses et de la collecte
(pH, O2 dissous, conductivité, T°).
des eaux pluviales,
• l’ouvrage de rejet principal où le contrôle Sur les sites en bord de rivière, des mesures sont
est réalisé : aussi réalisées ponctuellement ou en continu
- par des mesures en continu de paramètres en amont du site (MES, métaux…) pour tenir
physico-chimiques. L’ouvrage de rejet principal compte de l’éventuel présence de ces substances
des centrales implantées en bord de rivière est dans le calcul des rejets « ajoutés » dans l’ou-
équipé d’une station multiparamètre permet- vrage principal (cf. chapitre 9 sur la surveillance
tant de relever en continu, le pH, la tempéra- de l’environnement).
ture, l’oxygène dissous et la conductivité,

137
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Fig. 25 ➜ Contrôle des effluents chimiques liquides

Purges des aéroréfrigérants (circuit fermé)


Traitement antartre : mesures ou bilan maère : SO4--, Cl- polyacrylates
Traitement biocide : mesures : NH4+, NO3 , NO2 , CRT, CRL, Cl-,Na+, AOX, THM
Unité équipée de condenseurs en laiton : Cu, Zn

Sore condenseurs (circuit ouvert)

Mesures sur effluent : acide borique, lithine,


hydrazine, morpholine, éthanolamine, azote total, Réservoirs
T ou S Prédiluon
phosphate, détergents, DCO, métaux totaux réglementaire

Mesures sur effluent : hydrazine, morpholine, éthanolamine, Réservoirs Mesures


azote total, DCO, phosphate, métaux totaux, MES Ex ponctuelles
Cl-, Na+, DCO,
Meures ponctuelles
Staon d’épuraon MES,DBO5,DCO, NTK, pH,
Nt
Mesures en
Mesure pH connu
Fosse de neutralisaon Bilan maère Na, Cl-, SO4-- pH, O2 , T°,
Mesures ponctuelles
conducvité
Eaux huileuses hydrocarbures
Rejet principal
Mesures ponctuelles
Eaux pluviales hydrocarbures, DCO

Milieu aquaque

©EDF – Monteaux Michel

138
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Limites de rejet Par ailleurs, les effluents rejetés ne doivent déga-
Les limites à ne pas dépasser dans les rejets ger aucune odeur, ni provoquer une quelconque
pour les substances chimiques sont fixées par les coloration de l’eau.
autorisations de rejet accordées à chaque centrale
Compte tenu des différences de conception entre les

Nature et contrôle des rejets


nucléaire par l’ASN (cf. chapitre 5 sur la réglemen-
centrales, s’agissant des circuits non nucléaires et
tation). Ces limites peuvent porter sur :
de la particularité liée à l’environnement de chaque
• les concentrations dans les réservoirs avant
site, les limites autorisées par la réglementation dif-
rejet, dans les émissaires de rejet,
fèrent d’un site à l’autre. À titre d’exemple, l’encart
• les concentrations maximales ajoutées dans
p. 140 fournit les limites chimiques fixées pour la
l’ouvrage principal de rejet,
centrale nucléaire de Golfech.
• les flux de rejet annuels, journalier, et/ou sur
2 heures, Niveau annuel des rejets chimiques liquides
• les concentrations dans le milieu aquatique en Contrairement aux rejets radioactifs – assez homo-
aval des rejets, gènes –, les rejets annuels des principales subs-
• le choix des substances réglementées est fait tances chimiques sont très variables d’un site à
sur la base des informations relatives aux rejets l’autre (cf. tab. IX), en raison notamment des dif-
et à leur impact sur l’environnement et la santé férences de conception de certains circuits et des
présentées dans le dossier de demande d’auto- difficultés rencontrées du fait de la qualité d’eau
risation (cf. chapitre 8 du guide sur la maîtrise brute utilisée pour les besoins du site (présence
des impacts). de silice, eau entartrante…).

Tab. IX Rejets annuels moyens ramenés par unité de production (ordre de grandeur)
Quantité annuelle rejetée
Provenance Substances chimiques
pour une unité1 en kg
Substances chimiques associées aux eff uents Acide borique 1 000 à 7 000
radioactifs et aux eaux d’exhaure des salles Hydrazine 6
des machines
Lithine 1
Morpholine 40 à 250
éthanolamine 10 à 150
Ammonium  3 000
Phosphates  1 000
Usure des tubes de condenseurs en laiton Cuivre  5 500
(Belleville, Cattenom, Cruas, Dampierre) Zinc  1 700
Traitement antitartre des aéroréfrigérants Sulfates 200 000 à 500 000
(Golfech, Nogent, Chooz)
Chlorures 600 000
(Cattenom)
Polyacrylates 25 000 à 30 000
(Nogent)
Traitement biocide des circuits de refroidisse- Ammonium  350
ment fermé à la monochloramine Nitrates 15 000 à 80 000
(Bugey, Dampierre, Chinon, St-Laurent, Golfech,
Nitrites  3 000
Nogent, Chooz)
AOX  350
THM 0
Sodium 10 000 à 80 000
Chlorures 10 000 à 100 000
Chlore Résiduel Total 40 à 600
Traitement biocide à l’eau de javel des sites marins Bromoformes 3 000 à 20 000
Station d’épuration Azote K  800
STEP DBO5  400
DCO  2 000
P  200
Matières en suspension  1 100
Sulfates  70 000
Chlorures 1 500 à 100 000
Station de production d’eau déminéralisée
Sodium 5 000 à 60 000
Matières en suspension 150 à 50 000

1. EDF Nucléaire et Environnement 2010–2011.

139
CHAPITRE 7 Nature et contrôle des rejets

Extrait de l’arrêté du 18 septembre 2006 du CNPE de Golfech


(2 unités de 1300 MWe)
« Article 21

I- Les tableaux ci-après définissent les rejets dirigés dans l’ouvrage de rejet principal

Rejets de substances chimiques issues uniquement des réservoirs T, S et Ex

Flux Flux Flux Concentration


Substances 2h 24 h annuel maximale ajoutée
(kg) (kg) (kg) dans l’ouvrage de rejet
principal (mg/L)(1)

Acide borique 25 000(2) 50


combustible enrichi à 4,3 % 900 5 600
(H3BO3)

Acide borique combustible enrichi à plus de 31 000(2) 50


(H3BO3) 4,3 %

Hydrate d’hydrazine (en N2H4) 8 23 160 0,44


Hydrate d’hydrazine (en N2H4) après 31/12/2008 - 4 80 0,09
Morpholine (3) (en C4H9ON) - 80 1 000 1,7
Éthanolamine (3) (en C2H7ON) - 16 600 0,44

Azote total (hors hydrazine, morpholine et étha- - 124 4500 (4)


nolamine), exprimé en N

Phosphates (en PO43- ) 100 160 1 000 5,5


Détergents 20 120 3 100 1,1
Métaux totaux (zinc, cuivre, manganèse, nickel,
- 4,5 145 0,12
chrome, fer, aluminium)
MES - 180 - 4,8
DCO - 450 - (4)
(1) Concentration déterminée sur la base du f ux 2 h.
(2) Lorsqu’une vidange complète ou partielle d’un réservoir d’acide borique (réservoir REA Bore ou PTR) s’avère nécessaire les fux annuels en
acide borique pourront être augmentés de 6 tonnes.
(3) L’éthanolamine et la morpholine sont exclusifs l’un de l’autre.
(4) Ces substances ayant plusieurs origines, les concentrations ajoutées dans l’ouvr age de rejet sont prescr ites dans le ta bleau « Rejets de
substances chimiques issues de plusieurs origines ».

Rejets de substances chimiques issues uniquement des circuits de refroidissement

Flux 2h maxi- Flux 24h maximal Concentration ajoutée en moyenne


Substance
mal ajouté ajouté 24h dans l’ouvrage de rejet principal
(kg) (kg) (mg/L)
Traitement anti-tartre
Sulfates - 24 000 56

Anti-tartre organique sous - 1 800 4,2


forme de polyacrylates

DCO - 2 340 (1)


Traitements biocides
Chlore libre 7,7 15 0,1
Chlore résiduel total (CRT) - 220 0,3
AOX 28 75 0,17
THM 0,75 1,8 0,004
Ammonium - 73 (1)
Nitrates - 3 035 (1)
Nitrites seuil 1(2) - 230 -
Nitrites seuil 2(2) - 1 130 -
(1) Ces substances ayant plusieurs origines, les concentrations ajoutées dans l’ouvr age de rejet sont prescr ites dans le ta bleau « Rejets de
substances chimiques issues de plusieurs origines ».
(2) Le seuil 1 correspond à un taux de transformation de la monochloramine en nitrites d’occurrence 90 %. Le seuil 2 correspond à un taux de
transformation de la monochloramine en nitrites d’occurrence 100 %.

140
Centrales nucléaires et environnement
ent
7
Rejets de substances chimiques issues de plusieurs origines

Flux 24h Concentration ajoutée en


Substance
maximal moyenne 24h dans l’ouvrage
ajouté (kg) de rejet principal (mg/L)

Nature et contrôle des rejets


Chlorures 5 100 12
Sodium 3 500 8
Azote total hors hydrazine, morpholine et éthanola- 810 1,8
mine (azote ammoniacal, nitrates, nitrites)
DCO 2 790 6,5

L’exploitant vérif e par calcul ou par toute autre méthode,les valeurs de rejets en fux de chaque installation
ou traitement mentionnées dans sa demande d’autorisation. En cas de dépassement d’une de ces v aleurs,
l’exploitant en informe la DRIRE Midi-Pyrénées en précisant les justif cations associées.

II- Le tableau ci-après définit les rejets pour les autres émissaires

Concentration maximale
Émissaires Substances
instantanée avant rejet
(mg/L)

Eaux pluviales au point de W2 (n° 15), W3,


Hydrocarbures 5
rejet nos 8, 9, 10 et 16
Stations d’épuration en Principale (800 EH) DBO5 35
sortie de chaque station
au point de rejet AIE (250 EH)

(capacité globale de trai- Bureaux entreprises (250 EH)


tement de 1830 EH) Lomagne (230 EH)
PAP (150 EH)
Belvédère (150 EH)
Eff uents du réseau SEH en sortie du déshuileur Hydrocarbures 10
Eff uents en sortie de l’aire de transit de déchets industriels MES 40
conventionnels Hydrocarbures 5
Eff uents issus du bassin de W1 (n° 12) DCO 150
rétention Hydrocarbures 5

III- Impacts en Garonne


Pendant le traitement à la monochloramine, la concentration en composés organohalogénés (AOX) mesu-
rée dans la Garonne en aval du site, ne doit pas dépasser 50 (µg/L).
Lors des rejets du centre nucléaire de pr oduction d’électricité (CNPE) de Golf ech, la concentration en
bore, mesurée dans la Garonne en aval du site, ne doit pas dépasser 1 mg/L.
Dans le cas des nitr ites, la concentration moyenne journalière ajoutée à la Garonne doit rester inférieure
à 0,15 mg/L sans pouv oir dépasser le double de cette v aleur pendant une durée ne pouv ant excéder
10 % de l’année.

4.4 Rejets gazeux (TAC) fonctionnant au gasoil sont destinés uni-


quement à alimenter des systèmes de sécurité
non radioactifs
et/ou à prendre le relais de l’alimentation élec-
Rejets gazeux non radioactifs liés au lessi- trique principale en cas de défaillance de celle-ci.
vage chimique des générateurs de vapeur Ils ont donc un rôle majeur en termes de sûreté
L’encrassement des générateurs de vapeur peut nucléaire. Les émissions des gaz de combustion
nécessiter un lessivag