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1.2.

- Problématique de la zone

Dans toutes les zones du pays où l'on pratique l'agriculture, l'absence des infrastructures hydro agricoles
reste un problème majeur pour la production agricole. Ce manque d'infrastructure permet de ne pas
diversifier les cultures par l'introduction des denrées à haut rendement et à haute valeur ajoutée dans
l'économie des exploitants. C'est le cas notamment de la plaine de Lhomond qui couvre une superficie
d'environ 200 has de terre à grande potentialité agricole, mais très sous exploités à cause du manque d'eau, à
cause d'absence d'infrastructure hydro agricole. L'agriculture de cette plaine reste pluviale et l'on ne pratique
que des cultures moins exigeantes en eau telles que le maïs, le sorgho et le pois congo. En saison sèche, la
majorité des terres reste en jachère. Ce déficit en eau au cours de cette saison ne permet pas d'étaler le
calendrier cultural sur toute l'année, c'est pourquoi l'eau demeure un facteur limitant pour une mise en valeur
rationnelle, efficace et économiquement rentable de cette plaine.

Cette plaine est traversée par une rivière à régime permanent dite la rivière de Lhomond qui est situé à
quelques mètres du périmètre en question. A l'heure actuelle, ce périmètre ne possède aucun système
d'irrigation, à part quelques agriculteurs dont les terres se trouvent tout près de la rivière de Lhomond qui
utilisent de petites pompes pour arroser une partie de leurs terres. Alors sur la plus grande partie des terres,
l'agriculture pratiquée reste pluviale avec une période de jachère en saison sèche assez longue. D'où la
nécessité d'exploiter l'eau de cette rivière pour arroser les parcelles durant les saisons sèches afin d'assurer
toujours les activités agricoles.

Ainsi donc, une étude de faisabilité de l'aménagement hydro agricole du périmètre de Lhomond, reste et
demeure un travail important qui doit déboucher sur un plan d'aménagement physique du périmètre,
formuler des recommandations pour une meilleure mise en valeur agricole et une gestion durable des
infrastructures dans l'objectif d'accroitre la production agricole.

1.3.- Objectifs

1.3.1.- Objectif général


Favoriser à travers l'irrigation une augmentation de la production agricole du périmètre et une amélioration
du revenu des exploitants.

1.3.2.- Objectifs Spécifiques

D'une manière plus spécifique, on se propose de cerner les points suivants:

Ø Déterminer les atouts et les contraintes socio-économiques de la zone

Ø Inventorier les cultures et les calendriers culturaux pratiqués au niveau du périmètre puis évaluer
l'exigence hydrique de ces cultures

Ø Estimer les ressources en eau disponible en période de crue et d'étiage de la rivière de Lhomond et
Étudier la qualité de l'eau pour l'irrigation

Ø Calculer la rentabilité économique du projet

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1.4- Hypothèses de l'étude

· L'utilisation de l'eau de la rivière de Lhomond permettra de couvrir les déficits hydriques des cultures
pratiquées sur le périmètre

1.5- Intérêt de l'étude

Cette étude va servir comme document de base destiné à être utilisé dans toutes les interventions relatives à
l'aménagement hydro agricole du périmètre en question.
II.- REVUE DE LITTERATURE

2.1.- Définition de quelques concepts

· Irrigation : Elle se définit comme l'apport artificiel d'eau aux cultures, en complément aux précipitations
naturelle ; l'objectif est de créer des conditions favorables de production, tant au point de vue quantitatif que
qualitatif.

· Périmètre d'irrigation : C'est l'ensemble des surfaces occupées ou non par les cultures, pouvant être
arrosées avec de l'eau d'irrigation. L'ensemble de ces surfaces est appelé aussi périmètre dominé lorsqu'il
s'agit de l'irrigation gravitaire.

· Usager : Tout individu utilisant l'eau d'un système d'irrigation pour leur besoin divers ; soit pour l'arrosage
soit la lessive ou autre.

· Irrigant : Toute personne qui exploite une parcelle en se servant des infrastructures d'un système
d'irrigation dont la mise en place est faite par l'État ou avec sa participation.

· Exploitation agricole : Elle correspond à la surface occupée par une famille et peut être constituée d'une
seule parcelle, éventuellement découpée en plusieurs `' soles'' de cultures différentes ou de plusieurs
parcelles plus ou moins éloignées les unes des autres.

2.2.- Réseau d'irrigation

2.2.1.- Définition

C'est l'ensemble formé par des organes, ouvrages et appareils qui assureront le transport, la répartition et
distribution des eaux à chaque exploitation agricole ainsi que l'évacuation des eaux excédentaires.

2.2.2.- Les ouvrages de dérivation et les prises d'eau en rivière


2.2.2.1.- Principe général

Pour alimenter un périmètre d'irrigation, deux conditions doivent être réunis :

1) Le niveau de l'eau dans le cours d'eau doit permettre le fonctionnement du canal pendant la période où
l'on a besoin de l'eau

2) Il faut maitriser la quantité d'eau que l'on dérive vers le périmètre en fonction des besoins et des
variations du niveau de l'eau dans la rivière. La construction d'un ouvrage de prise contrôlant les conditions
d'amenée de l'eau vers le canal est donc nécessaire.

D'où deux grandes catégories de prises d'eau :

a) La prise d'eau fonctionnant au fil de l'eau qui évite la construction d'un ouvrage transversal à la rivière

b) la prise d'eau avec seuil dérivation

2.2.2.2.- Le seuil de dérivation

Il s'agit de l'ouvrage qui barre la rivière en aval de la prise d'eau de manière à favoriser l'alimentation
gravitaire du canal. Cet ouvrage est toujours nécessaire dans le cas où la rivière est encaissée et où son tirant
d'eau n'est pas important pendant la campagne d'irrigation. Il permet de dominer plus facile un périmètre
d'irrigation élevé. Lorsque le problème des crues est important, le seuil est équipé de parties mobiles sur tout
ou une partie de sa longueur. Mais un ouvrage fixe devra toujours être préféré dans toute la mesure du
possible pour faciliter l'entretien et la gestion.

2.2.2.3.- Le seuil de prise

Le seuil de prise est un petit seuil classique de type poids, solidaire de son radier aval. Il est à priori
perpendiculaire et généralement placé le plus près possible du seuil de dérivation pour favoriser son
dégrèvement par effet de chasse. Il comporte souvent des vannes et des grilles. Le débit à dériver étant
connu, on a une infinité de solution en jouant sur la cote de la prise et sur la longueur. En général, on
favorise la côte la plus haute pour limiter les risques d'engravement.
2.2.2.4.- Les vannes de prises

Les vannes sont le plus souvent placées directement sur le seuil de prise; mais aussi elles peuvent être
placées en aval du bassin d'alimentation. En pratique, l'ouvrage vanné est prolongé par un radier en aval
suffisamment long pour faire respecter la règle de Lane. Les vannes doivent protéger le canal contre les
hautes eaux de la rivière. Il faut donc que le bordé supérieur des vannes soit calé au-dessus des plus hautes
eaux. La dimension des vannes est calculée pour que les vitesses soient compatibles avec les organes qui les
suivent.

2.2.2.5.- protection de l'ouvrage de prise contre les crues

La berge amont du canal principal doit être dans toute la mesure du possible arasée au-dessus des plus
hautes eaux. Ceci vise à éviter le risque de submersion des ouvrages qui peuvent être endommagés par le
courant d'eau dans le lit majeur.

Pour éviter ce risque, il y a deux solutions. La première consiste à dériver les eaux par une galerie, qui se
jette dans un canal à ciel ouvert dès que l'on peut l'isoler du champ d'inondation. La seconde consiste à
protéger sa rive amont par une digue insubmersible, et il en est de même éventuellement pour sa rive aval.

2.2.2.6.- Les ouvrages de transport et de distribution

Il s'agit d'ouvrages hydrauliques ayant pour fonction de distribuer tout ou partie du débit du canal affluent
dans les canaux dérivés. Un bon ouvrage de prise doit répondre aux deux conditions suivantes :

1) Délivrer un débit bien déterminé ;

2) Se prémunir contre les tentatives de fraude de la part des utilisateurs

Trois situations peuvent se présenter :

1) Le débit affluent est entièrement dérivé : l'ouvrage est alors une prise tout ou rien ( prise TOR)

2) Le débit dérivé est une fraction constante du débit affluent qui peut être variable l'ouvrage peut être alors
un déversoir de prise ou un partiteur fixe ou mobile ;
3) Le débit dérivé a une valeur donnée quelles que soient les variations du débit affluent : les ouvrages
peuvent être des pertuis de fond ou des modules à masques. Ces ouvrages reposent sur le principe de
l'écoulement par orifice qui, pour des variations importantes de niveau, provoquent des variations
acceptables du débit

2.2.2.7.- Dimensionnement des canaux

Le dimensionnement des canaux se fait généralement en supposant que l'écoulement est permanent et
uniforme. Ceci se fait pour les ouvrages de pente et forme sensiblement constante transportant des débits qui
varient lentement.

Quelque soit la formule utilisée, l'étude d'un écoulement dans un canal fait intervenir le débit, la pente, la
géométrie et la nature des parois. Dans tous les cas, la revanche à adopter pour des raisons de sécurité
augmente avec le débit transporté. Elle ne doit jamais être inferieur à 10 cm.

La formule de Manning est la plus utilisée :

V= 1/n x R2/3 x I1/2

V : vitesse moyenne de l'eau (m/s)

R : rayon hydraulique (m)

I : pente longitudinale du canal

n: coefficient de rugosité de Manning, fonction de la nature des parois

En introduisant le débit, la formule de Manning devient :

Q= 1/n x R2/3 x I1/2 x S

Q : débit à transporter (m3/s)

S : section mouillée (m2)


2.2.- Principales techniques d'irrigation

· Irrigation gravitaire

L'eau est acheminée par un réseau de canaux et repartie sur les parcelles sous l'effet des forces de gravité
occasionnées par la pente des ouvrages et du sol. Cette méthode d'irrigation a une efficience de 20 à 60 %.

· Irrigation par aspersion

L'eau est mise sous pression et pulvérisée sur les cultures d'une façon analogue á la pluie au moyen
d'appareils appropriés. Cette méthode a une efficience de 65 à 85 %

· Irrigation localisée ou micro irrigation

L'apport d'eau, à faible débit et à l'intervalle fréquent, est limité aux zones occupées par les racines de la
plante ; le système « goutte à goutte » est le plus utilisée. Pour cette méthode, l'efficience est de 85 à 95 %.

2.3.- Système d'irrigation par gravité

L'irrigation par gravité a pour base l'ensemble des techniques d'arrosage par lesquelles la répartition de l'eau
au niveau du périmètre se fait à l'air libre sous l'influence de la pression atmosphérique et de la pente. En
effet, cette répartition est faite grâce à la topographie du terrain et aux propriétés physiques du sol,
contrairement aux réseaux sous pression où l'eau est transportée sous les forces de pression.

Toutes les techniques utilisées dans cette pratique d'irrigation sont dites traditionnelles, car elles sont
utilisées par l'homme depuis l'antiquité. A l'heure actuelle, de nombreuses techniques dites traditionnelles
ont été modernisées avec les progrès de la science. Dans l'irrigation par gravité, la différence entre les
techniques est essentiellement fondée sur la façon dont l'application de l'eau est faite au niveau du périmètre
et sur le type d'infrastructures mise en place.

2.4.-Morphologie d'un réseau d'irrigation


Un périmètre irrigué comprend un ensemble de parcelles. Chaque parcelle reçoit périodiquement pendant un
temps déterminé, « une main d'eau » débit que l'irrigant peut manipuler aisément sans pertes de temps ni
d'eau excessives.

Compte tenu de la fréquence d'irrigation, de la durée du travail journalier et du temps d'application des
doses d'arrosage, une seule main d'eau suffit à alimenter un certain nombre de parcelles au cours d'une
rotation ; ces parcelles constituent alors ''un quartier''.

Le quartier est donc une surface que l'on peut arroser avec une main d'eau et une seule. Ce but est obtenu
grâce à un canal dit « arroseur » qui véhicule successivement l'eau à chaque parcelle du quartier.

L'alimentation du réseau est généralement assurée par un ouvrage de tête : prise sur un barrage de retenue,
prise sur une rivière, captage d'une source, station de pompage sur puits ou par forage etc....

Une fois l'eau est captée, elle est ensuite transportée par un canal ou conduit d'adduction appelé « tête
morte » depuis l'ouvrage de tête jusqu'au périmètre à irriguer.

Le réseau d'irrigation proprement dit est formé par un certain nombre de canaux que l'on peut généralement
classer en canaux primaires, secondaires, tertiaire et arroseur assortis d'ouvrages divers destinés à assurer la
régulation de niveaux, le partage et la distribution de l'eau et la sécurité de l'ensemble.

2.5.- Détermination des besoins en eau des cultures

Pourquoi déterminer la valeur des besoins en eau des végétaux. On les détermine pour plusieurs raisons :

· Pour une bonne gestion des réseaux d'irrigation : prévision à court terme

· Pour une planification de l'utilisation des ressources hydrauliques : volume d'eau nécessaire pour
l'irrigation, surfaces irrigables au vu des ressources, etc.

· Pour la conception des réseaux d'irrigation : calculs du débit de dimensionnement des ouvrages
(Prédiction)

ü Efficacité de conduction est égale 70%


ü Efficacité d'application aussi égale à 70%

ü Efficacité d'irrigation : 70% X 70% = 50%

ü Débit à véhiculer égale au module multiplié par l'efficience d'irrigation

2.5.1.-Besoin en eau d'irrigation

Le calcul des besoins en eau d'irrigation est essentiel pour l'exploitation optimale d'un système d'irrigation.
Il permet de prévoir la quantité d'eau à distribuer aux usagers et permet aussi de planifier l'utilisation des
ressources hydriques. Les quantités d'eau nécessaire à l'irrigation doivent satisfaire divers types de besoins
au niveau des champs :

· Besoin en eau des cultures

Le besoin en eau des cultures se définit comme le volume d'eau requis pour l'évapotranspiration depuis la
date de plantation jusqu'à la récolte.

· Besoin en eau d'irrigation

Le besoin en eau d'irrigation c'est le volume d'eau requis pour les cultures qui n'est pas fourni par les
précipitations, la surexploitation de l'eau du sol, ou par l'écoulement de l'eau vers la zone racinaire à partir
d'une zone saturée (CIID, 1985 citée par LAUTURE). Le besoin en eau d'irrigation se divisent à leur tour
en :

Ø Besoin net en eau d'irrigation : quantité qui doit être effectivement consommée par la plante

Bn = ETM- Pe- R

ETM : C'est la quantité d'eau perdue par une végétation jouissant d'une alimentation hydrique optimale. Par
rapport à la notion d'ETP, on ajoute l'action climatique, l'influence du type de culture et du stage végétatif.
Ces informations sont contenues dans les coefficients culturaux (Kc) par lequel on multiplie l'ETP pour
obtenir l'ETM.
ETM = Kc * ETP

Pe : fraction des précipitations stockées dans la zone racinaire

(Pluie efficace)

R : ruissellement de l'eau de la pluie

Ø Besoin brut en eau d'irrigation : volume d'eau qui doit être délivré par le réseau ou prélevé sur la
ressource en eau. Il s'agit d'une majoration des besoins nets pour tenir compte :

Bb = ö Bn avec ö coefficient d'irrigation

2.5.2.- Quelques méthodes d'évaluation de l'ETo

Parmi les méthodes d'évaluation de l'évapotranspiration de référence (ETo), citons entre autres : La méthode
de Hargreaves et celle de Penmann -Montheit.

1) Méthode de Hargreaves

Cette méthode a été développée en Haïti par Hargreaves vers les années 1953 puis améliorées par
Hargreaves et Samani en 1991. La formule utilisée pour cette méthode est basée sur les mesures qui ont été
faites á l'université de Californie sur les lysimètres avec la culture fourragère du festrique (Albert, 1994).

2) Méthode de Pennman-Monteith

Sur la base des résultats de plusieurs études notamment celle de Jensen et Al (1990), la consultation d'expert
menée par la FAO sur les méthodologies d'estimation des besoins en eau des cultures (Smith et Al, 1992) a
conduit à recommander Pennman - Monteith comme méthode privilégiée de référence et donc pour servir de
base à la détermination des coefficients culturaux. L'équation de Pennman- Monteith n'exige pas de
décalage local. Cependant, l'option émise lors de la consultation d'expert menée par la FAO (Smith et Al,
1992) est que la définition hypothétique de la référence utilisée dans l'équation de FAO_PM peut être
utilisée pour définir ETo du gazon lorsqu'on déduit les coefficients culturaux. Cette recommandation résulte
de la nécessité de standardiser le concept d'ETo et son utilisation (Smith et al, 1998). Les paramètres
nécessaires à la détermination de l'ETo mensuelle en mm/ jour sont les suivants :

a- La température moyenne mensuelle en 0C

b- L'humidité relative en pourcentage

c- La vitesse du vent en Km / jour

d- La radiation en KJ/ m2/ jour

2.6.- Définition et quelques fonctions du bassin versant

En hydrologie, le terme bassin versant (ou bassin hydrographique) désigne le territoire sur lequel toutes les
eaux de surface s'écoulent vers un même point appelé exutoire du bassin versant (Banton et Bangoy). Ce
territoire est délimité physiquement par la ligne suivant la crête des montagnes, des collines et des hauteurs
du territoire, appelée ligne des crêtes ou ligne de partage des eaux. L'homologue souterrain du bassin versant
est appelé bassin versant souterrain. Il désigne la zone dans laquelle toutes les eaux souterraines s'écoulent
vers un même exutoire ou groupe d'exutoires. Il comprend non seulement le territoire sur lequel toutes les
eaux de surface s'écoulent vers un même exutoire, mais aussi tout ce qu'il contient, c'est-à-dire les eaux de
surface, les eaux souterraines, les sols, la végétation, les animaux ainsi que les humains.

La diminution du coefficient d'infiltration accélère le ruissellement de l'eau vers les rivières. Dans ces
conditions, les débits de pointe sont plus élevés et sont observés plus vite que dans les conditions normales.
La diminution du coefficient d'infiltration réduit aussi l'emmagasinement de l'eau et provoque des étiages
plus graves que dans les conditions normales. L'eau qui pénètre dans le sol s'infiltre verticalement jusqu'à la
nappe phréatique ; elle se déplace vers les rivières ou percole en profondeur pour rejoindre l'eau souterraine
(cf : cours d'aménagement des bassins versants / FAMV/UEH).

2.7.- Détermination de la crue

La détermination de la crue dans le cadre de cette étude s'est faite à partir de quatre méthodes pour faire une
analyse comparative beaucoup approfondie sur les crues de la rivière Lhomond. Ces méthodes sont :
· La méthode de l'hydrologie déterministe (méthode rationnelle);

· La méthode des analogues;

2.7.1.- La méthode Rationnelle

Selon certains auteurs, cette méthode peut être appliquée à des bassins de dizaines de km 2 de superficie.
Puisqu'il n'existe pas de courbe intensité- fréquence des pluies établies au niveau de la région, on a utilisé la
relation modifiée de Talbot qui lie la pluviométrie au temps de retour.

L'estimation de la crue à une fréquence donnée exige la connaissance des données suivantes :

· L'intensité de la pluie ;

· Le coefficient de ruissellement ;

· Le temps de la pluie ou le temps de concentration du bassin versant ;

· La superficie du bassin versant

a) intensité de la pluie

Elle est obtenue à partir de la formule empirique de Talbot :

I=2595/t+10 x 0.5/(0.4+ 1/T)

Avec I=intensité de la pluie en mm/h ; t=temps de la pluie en minute; T=temps de retour en année

b) Coefficient de ruissellement

Le coefficient de ruissellement a été fixé à partir de la littérature en fonction de la topographie et la


perméabilité et de la couverture végétale du bassin versant. Dans le cas de Lhomond, il est fixé à 0.5.

c) Temps de concentration bassin versant


Pour la détermination du temps de concentration, on a utilisé la formule de Ventura qui lie ce temps à la
superficie et la pente longitudinale du bassin versant :

Tc =76.4vA/P%

Avec Tc : temps de concentration en minutes ;

A : superficie du bassin versant en km2 ;

P : pente longitudinale du BV

d) Débit de crue

Le débit de crue est obtenu par la relation suivante :

Q=0,278 CIA

Avec C : coefficient de ruissellement ;

I : intensité de la pluie ;

A : superficie du BV

2.7.2.- La méthode des analogues

En se référant par analogie aux débits spécifiques de crue observés en fonction de la superficie du bassin
versant comme indiqué dans le tableau 1

Tableau 1. - Débits spécifiques en fonction de la superficie du bassin versant

Superficie du bassin versant 2 à 10 km2 10 à 150 km2

Fréquence décennale (10 ans) 3 à 6 m3/s/km2 2 à 3 m3/s/km2

Fréquence centennale (100 ans) 5 à 10 m3/s/km2 3 à 6 m3/s/km2


Source : HYDRATEC 1977

b) Méthode de flotteur

La quantité d'eau qui traverse une surface mouillée donnée se calcule en multipliant cette surface par la
vitesse de l'eau.

Q=AV (Q : débit)

La surface est obtenue en choisissant un profil rectangulaire dont A=l x P, où l est la largeur du canal et p la
profondeur de l'eau dans le canal.

La vitesse de l'eau (V) est obtenue en observant le temps que met le flotteur pour parcourir le tronçon
considéré.

2.8.- Qualité Physico-chimiques des eaux

D'après S.T. Powell Rapporté par Ven Techow (1964) les qualités physico- chimiques se référant aux
caractéristiques physiques, biologiques et à la teneur en matière minérale de l'eau (Ogé Jean Pierre Louis,
1984).

Certains auteurs déterminent les qualités de l'eau en tenant compte de la nature du sol, du climat local, des
types de culture de méthodes d'irrigation, des conditions locales de drainage. Cependant dans la pratique on
considère uniquement le dosage de certains éléments minéraux qui renseignent significativement sur les
qualités physico- chimiques des eaux étudiées.

Dans ces textes on adoptera deux indices :

Le T.A.S (taux d'absorption de sodium) et le C.E. (conductivité électrique). C'est aux U.S.A en 1953 que ces
indices ont été adoptés par Richard et Al du laboratoire de Riverside.

L'équation de Gapon en (1933) donne le T.A.S


T.A.S =

T.A.S : Taux d'absorption du sodium

Na+ : quantité de sodium en meq / l dosée dans l'eau

Ca++ et Mg++ : ion calcium et magnésium en meq /l dosée dans l'eau

Meq /l : milli équivalent par litre

· Interprétation du T.A.S (conditions limites)

T.A.S<10 : Le risque alcalin est faible

10<T.A.S<18 : Le risque est moyen

18<T.A.S<26 : Le risque est élevé

26<T.A.S : Le risque est très élevé

· La conductivité électrique (C.E)

Cet indice renseigne sur la salinité générale de l'eau et est exprimé en mho/cm.

Interprétation de la conductivité électrique

CE<250 ìmho/cm : Risque de salinité faible

250<C.E<750 ìmho/cm : risque de salinité moyen

750<C.E<2250 ìmho/cm : risque de salinité élevé

2250<C.E ìmho/cm : risque de salinité très élevé


D'une manière générale T.A.S et C.E. sont les deux critères les plus utilisés dans la classification des eaux et
des sols pour l'irrigation. Puisque les normes de C.E ont été établies à 250c, on doit avoir un facteur correctif
pour la température de l'endroit ou la lecture a été faite. C.E s'exprime ainsi

C.E. = ìmho/cm.

2.8.1.-pH de l'eau d'irrigation

Le pH est la mesure de la concentration en ions hydrogènes de la solution (H+). Il est

représenté par une expression logarithmique, c'est donc dire que la concentration en H+, à pH 6,0 est 10 fois
plus grande que celle à pH 7,0 et 100 fois plus grande que celle à pH 8,0. Plus la concentration en ions
hydrogènes est élevée, plus le pH est bas et plus c'est acide. Le pH influence la forme et la disponibilité des
éléments nutritifs dans l'eau d'irrigation. Le pH de l'eau d'irrigation devrait se situer entre 6,5 et 8,4. (cf :
École Polytechnique Fédérale de Lausanne, Notion fondamentales d'irrigation)

2.9..-La texture du sol

On compte trois grandes classes de sol basées sur la grosseur des particules : les sols sableux, les sols
limoneux et les sols argileux. À l'intérieur de ces classes, surtout pour les sols sableux, on retrouve des sous-
catégories basées aussi sur la taille des particules. Il existe une analyse de laboratoire, appelée analyse
granulométrique, qui décrit en détail la répartition des grosseurs des particules du sol, c'est-à-dire la texture.
Bon nombre de laboratoires ontariens peuvent effectuer cette analyse. L'information obtenue peut être
utilisée pour calculer la capacité de rétention d'eau d'un sol en vue d'en planifier l'irrigation.

2.9.1.- Mesure d'infiltration du sol

L'infiltration se réfère à la pénétration verticale de l'eau dans le profil du sol. La vitesse d'infiltration est un
indice de la perméabilité du sol qui varie avec :

Ø Les caractéristiques du sol : texture, structure


Ø Les conditions d'humidité du sol

Ø Les façons aratoires

2.9.2.- Mesure de conductivité hydraulique

La conductivité hydraulique est la capacité d'un sol de transmettre l'eau dans toutes les directions (verticale,
horizontale, radiale).

La conductivité est le facteur de proportionnalité de la loi de Darcy du mouvement de l'eau dans le sol.

V=-K*i

V : vitesse de flux exprimé en hauteur d'eau par unité de temps

K : conductivité hydraulique en hauteur d'eau par unité de temps

i : potentialité hydraulique (pente)

La conductivité hydraulique est étroitement liée aux propriétés du sol : porosité, texture, structure, densité,
teneur en matière organique, type d'argile, degré de saturation en ions calcium et sodium.

III. - CADRE PHYSIQUE DE L'ETUDE

3.1.- Localisation et accès

La zone d'étude est située dans la section communale de Frangipane qui fait partie de la commune d'Aquin.
Cette section communale (fig.1. Localisation de la section communale) est limitée : Au Sud par la mer des
Caraïbes, au Nord par les localités de Belle Rivière et Guirand, à l'Est par les localités de Dessources et
Jamais Vu, et à l'Ouest par les sections de Fonds des Blancs et Flamand. La superficie de la section est
estimée à 120,57km2, ce qui représente 19.45% de celle de la commune d'Aquin.
Figure 1. Localisation de la section communale de Frangipane

Pour accéder à ce périmètre, on passe par carrefour Moussignac à partir de la route nationale #2 par
Miragoâne. Cette route est en terre battue, très déplorable notamment en saison pluvieuse, est utilisable par
des véhicules.

3.2.- Milieu physique

3.2.1.- Climat
La collecte des données climatiques et d'autres informations complémentaires sont tirées de différentes
littératures existantes sur l'aire d'étude. Ces données concernent la pluviométrie, la température et
l'évapotranspiration.

3.2.1.1.- Pluviométrie

Pour la pluviométrie, les informations disponibles sont les suivantes :

· La pluviométrie moyenne mensuelle, la pluviométrie maximale et minimale, les pluies probables de la


station de Fonds des Nègres tirées du logiciel CROPWAT de la FAO.

Tableau 2 - Pluviométrie moyenne mensuelle, pluie probable et pluie efficace à 75% en mm

Mois Jan Fev Mars Avr Mai Juin Juil Aout Sept Oct Nov Dec Total

Pluviométrie moy. 39.0 44.0 53 119 182.0 129.0 110.0 181.0 146.0 217 95.0 32 1347

Pluie probable à 75% 37 41 49 96 129 102 91 129 112 142 81 30 1039

La saison pluvieuse s'étend du mois d'avril au mois de mai et du mois d'août au mois de novembre. La
période de faible pluviométrie est observée entre le mois de décembre et le mois de mars.

3.2.1.2.- Température

Il n'existe pas de stations de mesures des températures sur le périmètre. Les informations recueillies sur les
températures sont celles de la station de Fonds des Nègres et qui se présentent comme suit :

Tableau 3. - Températures moyenne, maximale et minimale de fonds des Nègres en degré


Celsius

Temp Janv Fev. Mars Avril Mai Juin Juil. août Sept. Oct Nov. Déc.

Tmax 28.7 28.2 28.5 28.5 28.0 29.0 29.8 29.8 29.8 28.9 27.7 27.5
Tmoy 22.2 22.05 22.85 23.35 23.45 24.25 24.6 24.7 24.65 24 23 22.05

Tmin 15.7 15.9 17.2 18.2 18.9 19.5 19.4 19.6 19.5 19.1 18.3 16.6

Les mois les plus chauds se situent en période pluvieuse avec des températures maximales oscillant autour
de 29.8 degrés Celsius et des températures minimales autour de 19.5 degrés Celsius.

3.2.2.-Topographie

La zone d'étude est caractérisée par un fort pourcentage de mornes se trouvant surtout dans la partie Est de
la section communale Frangipane. Son point culminant avoisine les 400 mètres d'altitude au dessus du
niveau de la mer avec une pente moyenne de 21.11%. Les plaines existantes se situent dans la zone côtière
surtout dans la partie Sud de la section.

3.2. 3.- Ressources en eau

3.2.3.1.- Eau de surface

Dans la zone d'étude, le principal cours d'eau à écoulement permanent est la rivière de Lhomond. Étant
donné que les données hydrologiques de cette rivière ne sont pas connues, donc les études hydrologiques
feront partie des objectifs de cette travail. Ces études hydrologiques porteront sur l'estimation des débits de
crue et d'étiage de ce cours d'eau.

3.2.3.2.- Eaux souterraines

Les ressources en eau souterraine au niveau de la plaine de Lhomond sont mal connues, ce qui implique
qu'une étude d'identification et d'évaluation des potentialités de la nappe s'avère nécessaire pour une
possible utilisation aux fins d'irrigation au cas où elles sont suffisantes.

3.2.4.-Types de sols
Les sols rencontrés dans la zone de Lhomond sont de nature variée. La roche mère est de type calcaire et les
sols prédominants ont une texture argilo sableuse. Les sols qui se trouvent dans les parties montagneuses
sont des sols gris de très faible profondeur par opposition aux sols de type argilo sableuse à forte profondeur
dans les plaines. Au point de vue géomorphologique, le périmètre de Lhomond a des sols formé d'alluvions
et de colluvions charriés par le cours d'eau et les eaux de ruissellement en provenance des hauteurs
avoisinantes. Ces sols de couleur noirâtre sont constitués d'un mélange de gravier et de limon en certains
endroits, d'argile et de limon en d'autres endroits. Dans une forte proportion, la tendance des sols est argilo-
limoneuse.

3.3.- Environnement socio-économique

3.3.1.- Population

La population de la section communale est de 6698 habitants soit 9.8% de celle de la commune répartie en
1950 ménages (IHSI, 1999). La densité de la population est de 56 habitants/ Km.2

3.3.2.- Éducation

Il existe vingt-et-un (21) établissements scolaires au niveau de toute la section qui sont éparpillés dans les
différentes localités. Ils sont pour la plupart des établissements primaires privés ou ecclésiastique
n'atteignant pas tous la 6e année fondamentale. Seulement onze (11) d'entre eux ont des classes jusqu'au
CEP. Entre autre, aucune école publique n'est recensée dans la section et en conséquence, les parents sont
obligés de consentir des débours assez importants pour l'éducation de leurs enfants.

3.3.3.- Santé

La situation sanitaire de la zone de Lhomond est assez critique. Elle est caractérisée par un manque d'accès
aux soins primaires et secondaires de santé, d'insuffisance de personnel qualifié, d'accès à l'eau potable etc.
Cependant, cette zone dispose un (1) dispensaire muni d'une (1) pharmacie mal équipée et de deux (2)
postes de vaccination assurent la vaccination et le contrôle du poids des nouveau-nés de toutes les
habitations. Les maladies couramment rencontrés sont : Typhoïdes, diarrhée, dysenterie, les maladies
infectieuses telles que la syphilis, les gastrites et autres.

3.3.4.- Eau potable

L'alimentation en eau potable reste problématique au niveau de la zone. Il n'y existe que six (6) puits
artésiens qui n'arrivent même pas à satisfaire les besoins en eau de la population. La majeure partie de la
population utilise les eaux de pluie ou de la rivière sans aucun traitement préalable.

3.3.5.- Structures organisationnelles

La zone d'étude dispose d'un certain nombre d'acteurs de l'État et de la société civile qui sont concernés à un
titre quelconque par le développement agricole de la zone. Certains d'entre eux entretiennent déjà des
relations de partenariat avec les usagers. Aussi distingue-t-on :

- Les organisations non gouvernementales

- Les organisations paysannes

3.3.5.1.- Les organisations non gouvernementales (ONG)

Les ONG sont devenues d'excellents partenaires pour tout ce qui concerne les appuis et les
accompagnements dans des actions de développement.

Les organisations externes qui interviennent dans la section sont nombreuses et diversifiées. Les plus
connues sont : CAM, CARITAS, CRS, HABITA etc. qui travaillent dans les domaines de la santé, de
l'agriculture, de l'éducation, de la construction de route et du reboisement. D'autres telles que le MEBLH et
le CHEL opèrent également dans la zone mais priorisent la construction d'écoles et d'églises (tableau en
Annexe). D'autres moins connues telle que la SOTEKS travaille aussi dans la construction d'écoles et
participe à la réalisation d'autres projets.
IV- METHODOLOGIE

4.1.- Matériel utilisé

Le matériel utilisé a servi à la réalisation des mesures relatives aux calculs des principaux paramètres
intervenants dans l'aspect techniques de l'irrigation.

Le matériel suivant a été utilisé :

· Cartes topographiques de la zone pour avoir une idée sur la configuration du terrain et pour pouvoir
délimiter la zone d'étude.

· Des guides d'enquête pour la collecte des données sur le terrain sur le système de production et sur
l'organisation sociale du périmètre.

· Ruban métrique et chronomètre pour la mesure de débit

· Camera numérique pour la prise de photo dans la zone

· Des logiciels de cartographie, de dessin et d'autres (Mapinfo, CROPWAT, AutoCAD, MS Word et Excel,
etc.)

· Les matériels de laboratoire pour des analyses (Erlenmeyer, pipette, fiole, bêcher, burette, pissette etc.)

4.2.- Méthode

Pour atteindre les objectifs, on a adopté la démarche de la méthodologie suivante :

4.2.1-Recherche bibliographique

Dans cette rubrique, on a consulté les différents documents disponibles (études, rapports, ouvrages,...)
relatifs à l'irrigation et au transfert de gestion des systèmes irrigués en Haïti. Cette partie fournie les données
secondaires servant à la réalisation de l'étude. Celles-ci ont permis de présenter la zone sous étude avec ses
caractéristiques socio-économiques, géographiques, pédologiques et morphologiques.

4.2.2-Visite de reconnaissance

Dans cette partie, l'emphase a été surtout mise sur des visites de terrain, des observations directes. Au cours
de ces visites, tout le périmètre a été parcouru afin d'identifier les systèmes de cultures surplace et de
comprendre le mode de mise en valeur. Cette démarche a permis aussi d'avoir une idée globale de la
topographie de l'aire d'étude et de prendre contact avec certains exploitants.

4.2.3- Délimitation de la zone d'étude

La délimitation de la zone d'étude a été faite sur des cartes topographiques et en utilisant des logiciels
autoCAD et Mapinfo, à l'aide des données prises au moyen de GPS. Cette délimitation est réalisée non
seulement à l'aide des cartes mais aussi en fonction des observations lors des la visite sur le site. Elle a
permis de mieux situer la zone d'étude.

4.2.4.- Enquête informelle

Ce type d'enquête avait été effectué dans le cadre des interviews de façon informelle auprès des personnes
du périmètre. L'objectif poursuivi dans ces interviews était d'avoir des informations de base sur le système
de production à savoir les cultures pratiquées, le calendrier cultural ainsi que la main d'oeuvre et le foncier.
Ces informations ont été utilisées pour l'élaboration du questionnaire des enquêtes formelles.

4.2.5.- Enquête formelle

Dans cette partie, on avait collecté des informations à partir d'un questionnaire tout en mettant le point sur la
problématique déjà vue au niveau de l'enquête exploratoire. Cette enquête permet de connaitre beaucoup
plus en détail la situation agronomique du périmètre et celle socio-économique des exploitants.

4.2.6.- Études hydrologiques


Ces études vont être réalisées en vue de déterminer les débits de crues. Elles permettront aussi de déterminer
le volume d'eau ruisselé sur le BV du périmètre. La méthode choisie pour mesurer les débits de crue sera
fonction de la superficie du bassin versant.

4.2.7.- Estimation des débits de crues de la rivière de Lhomond

Il n'existe pas de données hydrométriques sur la rivière Lhomond, c'est pourquoi, on a fait une combinaison
de méthodes statistiques et de celles de l'hydrologie déterministe pour la détermination des débits de crue
décennale, centennale et d'étiage de probabilité de 80%. Pour évaluer la potentialité de la rivière, on a estimé
le débit de crue de la rivière par la méthode des analogues à partir des débits spécifiques en fonction de la
superficie du bassin (voir le chapitre II, p22 et 23) et le débit ponctuel par la Méthode des flotteurs (voir le
chapitre II, p23).

Pour les débits d'étiage à probabilité de 80%, on a posé une hypothèse de similitude qui met en relation la
pluviométrie et les débits de crues et d'étiages. Cette hypothèse a démontrée que la fonction de répartition du
volume d'eau écoulée devient parallèle à la fonction de la répartition de la pluie (énoncée par Guillot et
Duband, 1969), c'est-à-dire une pluie moyenne sur le bassin versant d'une rivière donne un débit de crue
moyen et une pluie probable à 80% donne un débit probable à 80%.

4.2.8.- Qualité de l'eau

Pour étudier la convenance de l'eau de la rivière pour l'irrigation, on a prélevé un nombre de cinq (5)
échantillons d'eau sur un parcours de deux cent mètres sur la rivière en amont du captage. Cette étude a pris
en compte plusieurs aspects : la salinité, le pH et l'alcalinité, et a tenu compte de deux paramètres :

Ø Conductivité Électrique (CE) (voir le chapitre II, p17 et 18)

Ø Taux d'absorption de Sodium (T.A.S) ou Sodium Adsorption Ration (SAR) (voir le chapitre II, p17 et 18)

Pour trouver la quantité de sodium, on a appliqué la méthode photométrique, et la méthode de dosage de la


dureté totale pour le calcuim-magnesium.

4.2.9.- Estimations des besoins en eau


Les besoins en eau des cultures ont été calculés en utilisant le logiciel Cropwat de la FAO. En choisissant
l'ETP de Fonds des Nègres préalablement définie et en précisant le type de culture et la date de plantation,
ce logiciel donne directement les ETP journaliers, décadaires (mm) des cultures. On a utilisé les besoins
décadaires pour calculer mensuellement les besoins des cultures et les besoins nets en eau d'irrigation. Pour
les besoins bruts, on se réfère au chapitre II (p.12)

4.2.9.1.- Calcul des débits fictifs continus (Dfc)

Le débit fictif continu (Dfc) est le débit qu'il faudrait fournir à chaque hectare du périmètre s'il devrait être
alimenté, sans interruption, 24 heures sur 24. Le Dfc est donné par l'expression suivante :

Dfc(l/s/ha)= 2,78* BBi / 24 Ni

Ni : nombre de jours du mois i

BBi : Besoins bruts pour le mois i

4.2.9.2.- Calcul des débits de prise

En considérant que l'irrigation sera pratiquée sur le périmètre 24 heures sur 24 et sept jours par semaine, en
période de pointe tel que cela pratiqué traditionnellement ; le débit de prise nécessaire pour le
dimensionnement du canal tête morte du réseau est égal au produit du besoin de pointe en eau d'irrigation
par la superficie totale du périmètre.

DP = Dfc * Sp

Dp : débit de prise

Sp : superficie totale du périmètre

Dfc : Besoin de pointe

4.3.- Évaluation économique et rentabilité du projet d'aménagement


Pour évaluer la rentabilité du projet, on s'est basé sur la méthode de la Valeur Actuelle Nette (VAN) et sur
l'Indice de Profitabilité (IP). La méthode de la Valeur Actuelle Nette (V.A.N.) permet de porter un jugement
sur le projet considéré isolement. Il sera rejeté si la V.A.N. est négative ou nulle. Il sera sélectionné (ou
plutôt présélectionné) si elle est positive.

VAN : valeur actuelle nette ou avantage net (AN)

I : Investissement fait dans le cadre du projet

S : somme cumulée du solde actualisé

VR : valeur résiduelle

t : taux d'actualisation

n : durée de l'évaluation

L'autre méthode est l'Indice de Profitabilité, elle consiste à prendre le rapport entre la valeur actualisée des
flux entrants et sortants (VA) et le montant initial de l'investissement (INV). C'est l'indice de profitabilité de
l'investissement (IP). La valeur de référence de cet indice est 1. Si la valeur calculée est supérieure à 1,
l'investissement est rentable. La formule est la suivante : IP = VA / INV

5.1.- Calendrier cultural

Au niveau du périmètre, on rencontre deux campagnes agricoles. La première se situe entre Mars et Avril
avec l'arrivée des premières pluies et la deuxième campagne de Juillet à Septembre. Au cours de la première
saison, on cultive le maïs, le sorgho, le pois Congo, le pois inconnu, le pois de souche, l'igname, le manioc,
le haricot, le giraumont le plus souvent pratiquées en association avec les autres cultures. En général, la
majorité des cultures sont mise en place pendant la première campagne. Pendant la deuxième campagne, on
met en place la patate, le maïs, le pois Congo et le petit mil.
Dans le cadre de cette étude, les échanges de points de vue avec les exploitant du périmètre, les autorités
locales et le Bureau Agricole Communal (BAC) sur la politique de mise en valeur des terres ont permis
d'esquisser un nouveau calendrier cultural qui sera pratiqué après la mise en place du système d'irrigation.
Ce calendrier est présenté dans le tableau ci-dessous

Tableau 4. - Calendrier cultural

Cultures principales J F M A M J J A S O N D

Banane

Piment

Tomate

Mais 1ere campagne 2e campagne

1ere campagne 2e campagne


Haricot

Source : PLANCONSULT, janvier 2008

L'analyse de ce tableau, la priorité est donnée aux cultures de la banane, du haricot et du maïs qui sont
pratiquées presque toute l'année sur le périmètre. La culture du piment et celle de la tomate constituent des
cultures saisonnières sur le périmètre. Les pourcentages d'occupation des terres sont donnés dans le tableau
6 (besoins en eau des cultures).

5.1.1.- Itinéraires techniques des cultures

L'agriculture au niveau du périmètre reste archaïque et est marquée par un très faible niveau de technicité.
Elle est pratiquée sans utilisation de fertilisants chimiques, de pesticides, de semences améliorées, d'outils
agricoles performants, de système d'irrigation et de labourage.

Les itinéraires techniques de conduite des cultures sont simples. La mise en place des cultures commence
par la préparation des sols. Cette opération est pratiquée de Janvier à Mars et de Juillet à Août ; le semis se
fait de Mars à Mai et de Juillet à Septembre, le sarclage d'Avril à Mai et de Septembre à Octobre. La récolte
quant à elle, s'effectue durant toute l'année.

5.1.2.- Contraintes et atouts identifiées au niveau du périmètre

Pour les potentialités et les contraintes du périmètre, on a fait un résumé dans le tableau 5.

5.2.- Calcul des besoins en eau d'irrigation

5.2.1.- Évaluation des besoins en eau des cultures

L'évaluation des besoins en eau est effectuée pour ces cultures : le maïs, le haricot, la banane, la tomate et le
piment qui constituent les principales cultures choisies qui seront mise en place après l'aménagement hydro
agricole du périmètre.

5.2.1.1.- Calcul de l'évapotranspiration potentielle

Les données sur l'évapotranspiration recueillies sont celles tirées du logiciel CROPWAT de la FAO pour la
zone de Fonds des Nègres et celles calculées par Hargreaves et Samani. Elles sont présentées dans le tableau
ci-dessous.

Tableau 6 - Évapotranspiration potentielle moyenne en mm

Mois Jan. Fév Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct. Nov Déc

Eto (mm)
99,2 110,2 127,1 135 130,2 135 139,5 142,6 129 114,7 96 89,9
Figure 2. Courbes de comparaison de la pluie efficace et de l'Eto

5.2.1.2.- Détermination des coefficients culturaux

Les coefficients culturaux utilisés sont tirés du logiciel CROPWAT recommandé par la FAO lequel
distingue quatre phases dans le cycle de développement des cultures (voir le paragraphe). Les coefficients
culturaux sont présentés en ANNEXE

5.2.3.- Besoins nets des cultures

Les besoins nets en eau d'irrigation des cultures sont calculés au prorata des superficies pour les campagnes
de culture qui se font durant une année.

Tableau 7.- Besoins nets en eau des cultures (mm)

cultures % Janv Fev Mars Avril Mai Juin Juil. Aout Sept Oct Nov Dec

Banane 30 18.78 19.65 23.58 11.61 8.17 17.88 17.88 12.75 0.63 0 10.38 17.85

Mais 30 19.71 4.48

Piment 10 6.75 7.08 6.58 2.35

Tomate 10 7.74 8.14 5.31 2.35

Haricot 20 1.54 3.82 3.82 4.04 10.10


Total 1 33.28 34.87 35.48 31.32 9.71 21.7 21.7 12.75 0.63 0 14.42 37.14

On a constaté que le mois de mars donne les plus grands besoins nets en eau du périmètre mais pour le mois
d'octobre, ils sont nuls ce qui veut dire pour ce mois, la pluviométrie a déjà satisfait la demande en eau des
cultures.

5.2.2.- Besoins bruts des cultures

Outre les besoins théoriques en eau d'irrigation ou besoins nets, il faut considérer les besoins réels en eau
d'irrigation. Ces derniers tiennent compte des différentes pertes liées à la distribution et à l'application de
l'eau sur le périmètre.

Dans le cadre de cette étude, on considère une efficience globale d'irrigation égale à 0.5, valeur moyenne
couramment utilisée sur les périmètres en Haïti. Le tableau suivant donne les résultats des besoins bruts en
eau d'irrigation.

Tableau 7.- Besoins nets en eau des cultures (mm)

cultures % Janv Fev Mars Avril Mai Juin Juil. Aout Sept Oct Nov Dec

Banane 30 18.78 19.65 23.58 11.61 8.17 17.88 17.88 12.75 0.63 0 10.38 17.85

Mais 30 19.71 4.48

Piment 10 6.75 7.08 6.58 2.35

Tomate 10 7.74 8.14 5.31 2.35

Haricot 20 1.54 3.82 3.82 4.04 10.10

Total 1 33.28 34.87 35.48 31.32 9.71 21.7 21.7 12.75 0.63 0 14.42 37.14
On a constaté que le mois de mars donne les plus grands besoins nets en eau du périmètre mais pour le mois
d'octobre, ils sont nuls ce qui veut dire pour ce mois, la pluviométrie a déjà satisfait la demande en eau des
cultures.

5.2.2.- Besoins bruts des cultures

Outre les besoins théoriques en eau d'irrigation ou besoins nets, il faut considérer les besoins réels en eau
d'irrigation. Ces derniers tiennent compte des différentes pertes liées à la distribution et à l'application de
l'eau sur le périmètre.

Dans le cadre de cette étude, on considère une efficience globale d'irrigation égale à 0.5, valeur moyenne
couramment utilisée sur les périmètres en Haïti. Le tableau suivant donne les résultats des besoins bruts en
eau d'irrigation.

Tableau 8.- Besoins bruts en eau d'irrigation (mm)

cultures Janv Fev Mars Avril Mai Juin Juil Aout Sept Oct Nov Dec

banane 37.56 39.3 47.16 23.22 16.34 35.76 35.76 25.51 1.26 0 20.76 35.7

Maïs 39.42 0 0 8.97

Piment 13.51 14.16 13.178 0 0 4.708

Tomate 15.49 16.29 10.636 0 0 4.708

Haricot 3.08 7.64 7.64 0 8.08 20.204

Total

66.56 69.75 70.974 62.64 19.42 43.4 43.4 25.51 1.26 0 28.84 74.29

Tableau 9.- Besoins Bruts en eau d'irrigation

Janv Fev Mars Avril Mai Juin Juil Aout Sept Oct Nov Dec

Besoins net (mm) 33.28 34.87 35.48 31.32 9.71 21.7 21.7 12.75 0.63 0 14.42 37.14
Besoins Bruts (mm) 66.56 69.75 70.97 62.64 19.42 43.4 43.4 35.51 1.26 0 28.84 37.29

debits fictifs(l/s/ha) 0.248 0.288 0.265 0.241 0.072 0.16 0.16 0.095 0.0048 0 0.11 0.277

Les besoins bruts du mois de Février correspondent au débit de pointe soit un débit fictif continu de 0.288
l/s/ha. Le débit à fournir en tête de réseau s'élève à 17,28 l/s pour les 60 has sous étude et un débit de 57.6 l/s
pour les 200 has de terre du périmètre de Lhomond.

5.3.- Estimation du débit de crue de la rivière de Lhomond

Il n'existe pas de données hydrométriques sur la rivière Lhomond, c'est pourquoi, on a fait une combinaison
des méthodes statistiques et de celles d'hydrologie déterministe pour la détermination des débits de crue
décennale, centennale et d'étiage de probabilité de 80%.

5.3.1.-Estimation des débits par la méthode rationnelle

Pour des valeurs de l'intensité décennale et centennale fixée respectivement de 28.70 mm/heure et 35.81
mm/heure et un coefficient de ruissellement de 0.5%, les débits de crue décennale et centennale sont
respectivement de 106.83 m3/s et 130.30 m3/s.

5.3.2.- Estimation des débits de crue par la méthode des analogues

Pour un BV de la rivière Lhomond d'une superficie de 26.76 km2, les débits de crue calculés à partir des
débits spécifiques fonction de la superficie du bassin versant fixé à 3 m3/s/km2 pour une fréquence
décennale et 5 m3/s/km2 pour une fréquence centennale sont respectivement de 80.34m3/s et 133.90 m3/s.

Les résultats des calculs de débits de crue de la rivière de Lhomond sont présentés dans le tableau ci-
dessous.
Tableau 10. - débits de crue de la rivière Lhomond

Crue Décennale, m3/s Centennale, m3/s

Meth. Rationnelle 106.83 130.30

Meth. des analogues 80.34 133.90

Les chiffres donnés dans le tableau montrent que les deux méthodes s'accordent bien dans la définition des
crues centennales. Toutefois ces chiffres correspondent au même ordre de grandeur et permettent de justifier
ainsi l'application de la méthode rationnelle.

5.3.3.- Estimation des débits moyens mensuels probables

Les débits mensuels de la rivière Lhomond sont obtenus en se référant au débit moyen calculé par la
méthode de Flotteur qui est égal à 0.53 m3/s. Le tableau ci-après donne les résultats des débits mensuels par
rapport aux pluies probables à 80%.

Tableau 11. - Débits mensuels probables de la rivière Lhomond à 80% en l/s

Janv Fev Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct. Nov Déc.

débit moyen 530 598 704 1617 2476 1753 1495 2460 2024.8 2949 1291 434.8

débit prob. à 80% 106 119.6 140.8 317.9 536 350.6 365.2 492 404.9 589.7 258.2 86.97

Source : étude de mémoire

Puisque le mois d'octobre ait la plus grande quantité de pluie donc c'est qui explique que le débit de la
rivière pour ce mois est le débit de crues supérieur.
5.4.- Adéquation des besoins /des ressources en eau du périmètre

Janv Fév Mars Avril Mai Juin Juil Août sept Oct Nov Déc

débit (l/s) 106 119.6 140.8 317.9 536 350.6 365.2 492 404.9 589.7 258.2 86.9

Besoins (l/s) 14.88 17.28 15.9 14.46 4.32 9.6 9.6 5.7 0.288 0 6.6 31.1

Bilan

91.12 102.3 124.9 303.5 513.6 341 355.6 486.3 404.6 589.7 251.6 55.8

Tableau 12.- Résultats des besoins / des ressources

Source : étude de mémoire

En comparant les ressources en eau de la rivière de Lhomond par rapport aux besoins en eau du périmètre,
on voit que les ressources en eau sont très suffisantes pour irriguer les 60 hectares de terre sous étude.

5.5.-La qualité de l'eau pour l'irrigation

Après le prélèvement des échantillons d'eau de la rivière de Lhomond, on a procédé à leur analyse aux
laboratoires de sol et de la chimie de La FAMV. Les résultats figurent dans le tableau ci-après.

Tableau 13.- Résultats sur la qualité de l'eau

Description pH CE ìmhos/cm Na (mg/l) Mg (mg/l) Ca (mg/l) T.A.S ou SAR

Résultats 7.5976 132.4 1.644 15.1 33.41 0.059085051

En se basant sur les résultats de l'analyse, on a obtenu une conductivité électrique (CE) de 132,4 ìmhos/cm,
qui explique que le risque salin de l'eau est faible car ce CE fait partie de la classe : C.E <250ìmho/cm pour
un risque de salinité faible. Ensuite un taux d'absorption de Sodium (T.A.S) de 0,059 qui fait partie de la
classe : 0<T.A.S<10 pour un risque alcalin faible. Puis connaissant que le pH de l'eau d'irrigation doit être
situé dans l'intervalle de 6,5 à 8,4 donc le pH de 7,597 obtenu ne donne aucun problème. Donc ces résultats
montrent que l'eau de la rivière de Lhomond possède une bonne qualité physico-chimique et peut être
utilisée sans problème à des fins d'irrigation.

5.6.-Plan d'aménagement du périmètre de Lhomond

L'irrigation des terres du périmètre sous étude est confrontée à certaines contraintes topographiques liées à
la position de la source d'alimentation en eau par rapport aux terres à irriguer. Malgré ces difficultés, on
estime qu'il faut trouver dans tous les cas, une solution adaptée aux conditions existantes du périmètre pour
mettre en place le réseau d'irrigation.

L'évaluation de la ressource en eau disponible et l'identification des contraintes liées à son captage et son
acheminement vers le périmètre pour la satisfaction des besoins en eau des cultures, ont permis de choisir la
rivière Lhomond comme seule source d'approvisionnement en eau du périmètre, d'autant plus qu'on ne
dispose pas d'informations sur les ressources en eau souterraine.

5.6.1.- Description du réseau projeté et des ouvrages

Une des particularités (contraintes) qui rendent difficiles le découpage judicieux du périmètre en quartiers
d'irrigation est la forme accidentée du périmètre et sa localisation au flanc de mornes avec des changements
brusques du sens de l'écoulement des eaux superficielles.

Un autre aspect qui mérite d'être signaler est l'existence de ravines sur le périmètre qui constitue des
exutoires naturels des eaux de surface. Ces contraintes de terrain obligent à positionner le canal primaire à
flanc de coteau pour assurer une meilleure domination des terres et faciliter les traversées de routes et de
ravines. La localisation et la topographie des terres à irriguer ont obligés à opter pour le pompage de l'eau
dans un bassin collecteur placé en altitude et à assurer la distribution de l'eau à l'aide de canaux secondaires
et tertiaires.

L'architecture d'ensemble du réseau comprend :


· Un puisard en béton armé dans la rivière de dimension 1.3 x 1.3 m x 1.3 m qui est muni de deux grilles
d'accès de l'eau. Le plan et les détails de construction sont donnés en annexe 2.

· Une station de pompage placé à 10 m de la rivière qui doit élever l'eau à une hauteur manométrique de 20
m dans un bassin collecteur placé à la cote 217m au sommet d'un morne (cf. croquis de situation, annexe 2).
Elle sera équipée d'une pompe à axe horizontal de type Goulds avec des conduites d'aspiration et de
refoulement de diamètre 8 pouces.

· Une conduite primaire en tuyau PVC 8 pouces d'une longueur de 792 ml qui alimente trois canaux
secondaires qui desservent trois blocs d'irrigation dont deux en maçonnerie et le dernier en conduite PVC de
huit pouces.

· Trois secondaires qui prennent naissance en deux points différents du canal primaire et qui servent à
alimenter trois blocs d'irrigation de superficies respectivement de 10 has, 26 has et 4 has.

Tous les canaux secondaires de forme rectangulaire seront construits en maçonnerie de pierres. Les tertiaires
seront en terre battue. Les débits transportés par les canaux primaires et secondaires sont fixés en fonction
des superficies arrosées à partir du canal. Les tertiaires sont dimensionnés pour un débit de 20 l/s.

Les profils en long et les caractéristiques principales des canaux secondaires et primaires sont présentés sur
des plans en annexe 2.

5.6.1.1.- Bassin collecteur

Le bassin collecteur est destiné à recevoir l'eau issue du pompage, la mettre en charge et l'acheminer dans la
conduite primaire. Elle est placée au sommet d'un morne afin d'avoir des pressions suffisantes pour
acheminer l'eau aux différents points de prise des secondaires. Il est de forme rectangulaire de dimension
1mx2 m avec une profondeur de 1m. On a le schéma du bassin en annexe 2

5.6.1.2.- Conduite primaire

La conduite primaire d'une longueur totale de 792 ml qui transporte un débit de 40 l/s à l'aide d'un tuyau
PVC de diamètre 8 pouces, alimente les deux secondaires à travers des bornes d'alimentation qui déversent
l'eau dans un bassin placé en tête du secondaire.
5.6.1.3.- Canaux secondaires cs1 et cs2

Ces canaux secondaires sont de forme rectangulaire en maçonnerie et sont dimensionnés pour un débit de 40
l/s. Les dimensions sur le parcours sont respectivement de 0,40 m de largeur et de 0.35 m de hauteur. Les
pentes sur les tronçons varient en conformité avec la topographie du site. Des chutes sont prévues aux points
de brusque changement de niveau du terrain naturel. La longueur totale des deux secondaires est de 1280 m.

5.6.1.4.- Canaux tertiaires

Les canaux tertiaires sont dimensionnés pour un débit de 20 l/s de manière à alimenter deux tertiaires en
même temps. Leur position exacte sera précisée au cours de l'aménagement parcellaire de commun accord
avec les usagers du périmètre. Les tertiaires seront en terre et de forme trapézoïdale avec une section
moyenne de 0.12 m2.

5.6.1.5.- Réseau de drainage

Les ravines qui traversent le périmètre constituent un exutoire naturel pour les eaux de ruissellement. La
topographie du terrain permet facilement l évacuation de l'eau vers ces drains naturels.

5.7.- Évaluation économique et rentabilité du projet d'aménagement

Elle peut être définie comme la recherche d'indicateurs permettant à ceux qui assurent la mise en oeuvre,
d'apprécier les effets positifs et négatifs d'un projet du point de vue de la collectivité par rapport à des
objectifs fixés à l'avance. Il existe plusieurs types d'évaluation (ex-ante, in cursu, ex-post) ; dans le cas de
cette étude, on possédera à une évaluation ex-ante.

5.7.1.- Méthode d'évaluation économique choisie

Il existe différentes méthodes d'évaluation en fonction du type d'effets qu'on veut mesurer, de l'envergure du
projet concerné et des contraintes du milieu dans lequel on opère. Au niveau de ce travail, on retient la
méthode coût- avantage. C'est une méthode micro-économique qui apprécie une décision en fonction de la
somme de tous ses effets monétarisés. Elle consiste à mesurer les avantages et les coûts induits par la mise
en place d'un projet et à en comparer les sommes actualisées. Il existe deux variantes de cette méthode :
analyse coût-avantage au prix du marché et l'analyse coût-avantage au prix de référence.

L'avantage est la somme de satisfactions apportées par le projet aux bénéficiaires tandis que le coût est
l'ensemble des dépenses monétaires et des éléments non monétaires nécessaires à la mise en oeuvre des
ressources diverses en vue de l'obtention d'un produit spécifique.

L'évaluation de projet est toujours différentielle, c'est-à-dire par rapport à une situation de référence (sans
projet) qui peut être totalement différente de la situation avec le projet.

La rentabilité du projet dépend de trois composantes du taux d'actualisation :

· taux de placement sans risques (2 à 3 %)

· prime de risque (pays plus risqué, prime de risque =10%)

· taux d'inflation (hausse généralisée des prix)

Dans cette étude, en fonction des données recueillies de la part des exploitants concernant le coût
d'investissement du projet, le coût des intrants, le coût de la main d'oeuvre et toute dépense relative aux
cultures pour lesquelles on fait le calcul, et on essaie de déterminer la rentabilité du projet. Les résultats sont
synthétisés dans les tableaux suivants.

5.7.2.- Coûts du projet

Le détail des coûts du projet est donné par composante dans les sections y relatives. Ces coûts sont résumés
dans le tableau 12.

Tableau 14 - Récapitulation des coûts estimatifs du projet

Composante Total Pourcentage

Infrastructures +intensification+gestion et pilotage 7488110.2 73.8%


Supervision 1497622.04 14.76%

Couts d'exploitation de la pompe 1161039 11.44%

Coût total 10146771.24 100%

5.7.3.- Résultats de production et de charges sur le périmètre (situation sans et avec projet)

Pour évaluer économiquement ce projet, on a calculé la production et les charges effectuées au niveau du
périmètre en situation sans et avec le projet.

5.7.3.1.- Résultats financiers

La valeur moyenne de la production et des charges du périmètre sont présentées dans les tableaux suivants :

Tableau 15.- Valeur de la production (situation avec projet)

Cultures superficie produit /ha Produit total

Banane 12 50000 6000000

Maïs 12 288000 3456000

Piment 4 90000 360000

Tomate 4 65000 260000

Haricot 8 30000 240000

Total 40 10316000

Tableau 16.- Valeur de la production (situation sans projet)


Cultures superficie produit /ha Produit total

Maïs 20 11720 234400

Haricot 20 13700 274000

Total 40 508400

Tableau 17.- Niveau de charge sur le périmètre en gourdes (situation sans projet)

Cultures superficie main d'oeuvre Semence pesticides Fertilisants Total

Maïs 20 83667 96000 0 0 179667

Haricot 20 83667 30000 0 0 113667

Total 40 167334 126000 0 0 293334

Tableau 18.- Niveau de charge sur le périmètre en gourdes (situation avec projet)

Cultures superficie main d'oeuvre Semence pesticides Fertilisants Total

Banane 12 1200000 400000 150000 50000 1800000

Maïs 12 38400 9600 6400 18000 72400

Piment 4 19200 11200 19200 17500 67100

Tomate 4 14400 12800 5200 16000 48400

Haricot 8 32880 20000 1550 18000 72430

Total 40 1304880 453600 182350 119500 2060330

5.7.4.-Passage des valeurs financières aux valeurs économiques


Les prix économiques diffèrent des prix financiers. On considère le marché mondial comme référence pour
calculer les prix économiques. Le plus souvent ces prix prennent la forme de facteurs de conversions qui
sont juste des rapports entre les prix économiques et les prix financiers. Ces coefficients de conversion sont
disponibles dans les documents de la banque mondiale et d'autres organisations internationales.

5.7.5.-Résultats économiques

A partir des résultats financiers, on a appliqué les facteurs de conversion correspondants aux différents
produits et intrants pour obtenir les résultats économiques.