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Comptabilité des Groupes

Pr. A. DOUARI
Introduction

• Les opérations de concentration, sous forme d'absorption ou de fusion, par voie


d'OPE ou d'OPA ne saurait faire oublier que beaucoup d'entreprises préfèrent
croître et se développer au moyen de prises de participations plus ou moins
importantes dans le capital d'autres firmes, et, de cette manière, transférer à ces
dernières une partie de leur activité.

• Ces prises de participation financières, simples ou complexes, aboutissent le


plus souvent à la création d'un groupe de sociétés.
I. Définition du groupe:

• Un groupe est un ensemble de sociétés ayant des relations financières et


économiques ; et contrôlé soit par une société mère soit par une société de
portefeuille. On parle de filiales quand le contrôle est supérieur à 50%, et prise de
participation quand celui-ci est compris entre 10% et 50%.

• Il s’agit donc d’une structure organisée et autonome de mise en valeur du capital :


En soumettant au contrôle stratégique d’une société mère un certain nombre
d’entreprises qui assurent l’intégration, unifient les phases du processus
économique et assurent la fusion de capitaux de formes diverses.
Cette définition tente de mettre l’accent sur les traits caractéristiques suivant d’un
groupe:

• Le groupe est un « ensemble » d’entreprises

• Le groupe est un « ensemble intégré » d’entreprises

• Le groupe est soumis au contrôle stratégique d’une ‘‘société mère’’ qui en assure
la direction

• Le groupe unifie des processus économiques et assure la fusion de capitaux de


formes diverses
 Le groupe traduit un phénomène économique et financier de concentration
d'entreprises; Celle-ci répond à un objectif de croissance qui peut être interne ou
externe.

 La croissance interne suppose la mise en œuvre de moyens à l'intérieur de


l'entreprise pour développer l'activité existante ou de nouvelles activités.

Celles-ci peuvent se développer dans le cadre d'une structure sous forme de


départements ou de divisions plus ou moins autonomes, qui, à terme et pour
différentes raisons sont susceptibles d'êtres filialisées.

La maison mère et les filiales ainsi créées

forment un groupe de sociétés.


• La croissance externe est une stratégie plus souple qui repose sur des prises de
participation financière qui peuvent être limitées, mais qui assurent à leur auteur
un contrôle sur les entreprises émettrices des titres acquis.

La maison mère et les entreprises contrôlées par voie

de prise de participation traduit l'existence d'un groupe.


1. Aspects juridiques, économiques et organisationnels d’un
groupe:

 La notion de groupe suppose des relations de contrôle et de dépendance


économique et financière entre une société mère qui constitue le centre, de
décision et les sociétés contrôlées ou dépendantes.
 Ce contrôle économique et financier s'appuie sur un contrôle juridique :

₋ Prise de participation majoritaire (> à 50 % du capital social).

₋ Détention d'un nombre de titres égal ou inférieur à 50 % du capital mais


permettant néanmoins le contrôle juridique de la société émettrice des titres:
présence d'actions à droit de vote double ou d'actions à dividende prioritaire
sans droit de vote.

₋ De même que le contrôle peut découler de conventions juridiques telles que par
exemple les contrats d'intégration ou de quasi intégration ...
 Le groupe peut être de nature industrielle ou financière :

₋ dans le premier cas, une société mère industrielle ou commerciale détient


des participations dans des sociétés à activité similaire ou complémentaire;
l'objectif visé étant l'intégration économique des activités.

₋ dans le second cas, la société mère a souvent la forme d'un holding qui gère
des participations dans des sociétés à activités souvent très diversifiées,
c'est le cas que par exemple de :

• L‘ONA (industrie, mines, distribution, banque ... ).

• YNNA Holding (distribution, industrie, banque, hôtellerie... ).


2. Aspects comptable d’un groupe:

(la consolidation des comptes)

L'objet de la consolidation est de donner une présentation financière


des sociétés du groupe comme si celles-ci ne formaient qu'une seule
entité économique.
 Pour saisir l'intérêt de la consolidation des comptes, prenons l'exemple simplifié
suivant concernant deux sociétés A et B, B étant filiale à 100 % de A :
Bilan de la société A Bilan de la société B

Actif Passif Actif Passif

Actif immob.* 5 000 Capital social 1 500 Actif immob.* 6 800 Capital social 2 000
Réserves 1 400 Réserves 3 500
Résultat net -300 Résultat net 800
Dettes de fin. 2 000 Dettes de fin. 5 700

Actif circulant 6 500 Passif circulant 4 400 Actif circulant 10 100 Passif circulant 8 000

Trésorerie Actif 500 Trésorerie Passif 3 000 Trésorerie Actif 4 100 Trésorerie Passif 1 000
Total Actif 12 000 Total Passif 12 000 Total Actif 21 000 Total Passif 21 000
* Dont titres A pour 2 000 correspondant au capital de B
3. Les notions de pourcentage de contrôle et d'intérêts

La consolidation des comptes peut emprunter plusieurs méthodes qui,


elles-mêmes, dépendent de la nature du contrôle économique et
juridique exercé par la société mère sur les sociétés consolidées.
a. Le pourcentage de contrôle: Etendue et nature juridique du contrôle exercé
par la société mère

Le contrôle exercé par la société mère sur d'autres sociétés à travers les participations
financières détenues peut être :

• Exclusif: c'est en général le cas lorsque le pourcentage de droits de vote détenus


est supérieur à 50 %.

• Conjoint : lorsque ce pourcentage, bien qu'égal ou inférieur à 50 %, permet à la


société mère d'exercer sur les sociétés concernées un contrôle conjoint avec
d'autres sociétés ou groupes de sociétés.

• Enfin, une participation plus faible que dans les cas précédents - entre 20 % et
50% - permet à la société mère d'exercer sur les sociétés en cause une influence
notable.
• Ces pourcentages doivent être corrigés dans le cas où la participation de la société
mère porte sur une catégorie particulière de titres ; c'est le cas par exemple
lorsqu'on est en présence d'actions à droit de vote double ou encore d'actions à
dividende prioritaire sans droit de vote.

Exemple

• Le capital de la société « A » est divisé en 10 000 actions de 100 dh chacune dont


25 %, soit 2 500, sont représentées par des actions à dividende prioritaire sans
droit de vote.

• La société M détient 40 % du capital de A représentés par des actions ordinaires.


Le pourcentage de contrôle de M sur A est égal à :

40 %/75 % = 53,33 % ou 2 500/7 500 = 53,33 %.


b. Le pourcentage d'intérêts.

Lorsque le contrôle exercé par une société sur une autre est direct, en général,
le pourcentage de contrôle coïncide avec le pourcentage d'intérêts :

Exemple

La société M détient une participation de 70 % dans le capital de la société A et une


autre de 58 % dans celui de B ; dans ce cas, aussi bien pour A que pour B, les
pourcentages de contrôle (70 % et 58 %) coïncident avec les pourcentages d'intérêts
(70 % et 58 %) .

Par contre, en présence de participations financières indirectes, multiples ou


complexes, les pourcentages de contrôle et d'intérêts ne concordent pas.
Exemple

La société M (chef de file d'un groupe) détient 80 % du capital de A qui détient 70 %


de celui de B; et cette dernière société détient à son tour 60 % du capital de C.

Tableau des pourcentages de contrôle et d'intérêts


% de contrôle % d' intérêts
M dans A 80 80
M dans B 70 56 : ( 80 % X 70%)
M dans C 60 33,6 : (80% X 70% X 60%)

Le pourcentage d'intérêts représente donc la part du capital détenu par la société


mère (société consolidante) dans chacune des sociétés retenues dans le périmètre de
consolidation.

La détermination du pourcentage d'intérêts permet la répartition des capitaux propres


de la société consolidée entre les intérêts du groupe et les intérêts minoritaires ou
hors groupe.
4. L'organigramme du groupe
La structure ou l'organigramme du groupe permet de visualiser, de définir le
type (direct ou indirect) et le pourcentage de contrôle exercés par la société mère
(centre de décision) sur les sociétés consolidées, ainsi que les pourcentages d'intérêts.

Exemple d'organigramme d'un groupe :


 Les liaisons par chaîne unique
Dans ce cas, le calcul des pourcentages de contrôle (PC) et d'intérêts (PI) ne présente
pas de difficultés particulières comme le montre l'exemple suivant :
 Les liaisons par plusieurs chaînes
L'organigramme du groupe présente une configuration complexe, et le contrôle
d'une société donnée peut résulter indirectement de participations détenues par des
sociétés contrôlées.
Exemple: Calculer les pourcentages de contrôle et d’intérêts M dans chaque
société du groupe :
 Les liaisons circulaires
En présence de liaisons circulaires, la formule mathématique suivante permet
de déterminer les pourcentages d'intérêts :

1 −IBM 1 −0,15
Intérêts du groupe dans M= = = 93,33%
1−(IMA x IABx IBM) 1−(0,85 x 0,7x 0,15)

1 −IBM 𝑥IMA 1 −0,15 𝑥 0,85


Intérêts du groupe dans A= = = 79,33%
1−(IMA x IABx IBM) 1−(0,85 x 0,7x 0,15)

1 −IBM xIMAxIMB 1 −0,15 𝑥0,85𝑥0,7


Intérêts du groupe dans B= = = 55,53%
1−(IMA x IABx IBM) 1−(0,85 x 0,7x 0,15)
Applications

Cas 1
L'analyse des liens entre la société Y, chef de file d'un groupe, et les autres sociétés
aboutit à la description suivante :

 Y détient 60 % du capital de F, 70 % de G et 20 % de H.

 F et G détiennent respectivement 35 % et 30 % de J.

 H et J détiennent respectivement 80 % et 20 % de K.

 Enfin, H et K détiennent respectivement 60 % et 30 % de L.

Travail à faire:
1. Etablir l'organigramme du groupe.
2. Indiquer les pourcentages de contrôle de la société mère sur les autres sociétés.
Cas 2:
Le groupe Z est caractérisé par les liens de participation financière suivante: Z
détient 80 % de A, qui détient 70 % de B, qui détient à son tour 90 % de C. La société
C détient 75 % de D qui détient à son tour 10 % de B.

Travail demandé :

1. Établir la chaîne de liaisons.

2. Indiquer les pourcentages d'intérêts du groupe dans les différentes sociétés


consolidées.
5. Les méthodes de consolidation
La consolidation des comptes consiste à substituer à la valeur des titres d’une
entreprise détenus par une société consolidée tous les éléments qui s’y rattachent.

Exemple: Présentez les comptes consolidés

Bilan de la société M Compte de Résultat de la société M


Au 31/12/N Au 31/12/N
Actif Passif Charges Produits

Actif immob. 1000 Capital social 800 Charges d’expl. 2 800 Produits d’expl. 3 000
(2 actions à 100) Réserves 300 Charges fin. 40 Produits fin. 20
Résultat net 200
Dettes de fin. 700 Charges NC 142 Produits NC 180

Actif circulant 1 000 Passif circulant - Impôt/Résultat 16

Trésorerie Actif - Trésorerie Passif - Résultat net 200


Total Actif 2 000 Total Passif 2 000 Total Charges 3 200 Total Produits 3 200
Bilan de la société A
Au 31/12/N
Actif Passif

Actif immob. 500 Capital social 300


(3 actions à 100)
Réserves 300
Résultat net 120
Dettes de fin. 280

Actif circulant 500 Passif circulant -

Trésorerie Actif - Trésorerie Passif -


Total Actif 1 000 Total Passif 1 000

Compte de Résultat de la société A


Au 31/12/N
Charges Produits

Charges d’expl. 7 800 Produits d’expl. 8 000


Charges fin. 150 Produits fin. 50

Charges NC 40 Produits NC 150

Impôt/Résultat 90

Résultat net 120


Total Charges 8 200 Total Produits 8 200
Il existe trois méthodes de consolidation : l'intégration globale, l'intégration
proportionnelle et la mise en équivalence;

Le choix de l'une ou l'autre méthode dépend du pourcentage de contrôle


détenu par la société mère.

 L'intégration globale sera retenue en cas de contrôle exclusif exercé par la


société mère ;

 l'intégration proportionnelle est adaptée au contrôle conjoint : la société mère


exerce concurremment avec d'autres sociétés ou groupes de sociétés un
contrôle conjoint sur la société consolidée.

 la mise en équivalence est retenue lorsque la participation détenue permet à la


société mère d'exercer seulement une influence notable dans la société
consolidée. (en principe un pourcentage compris entre 20 % et 50 %).
a. L'intégration globale:

Dans cette méthode, le bilan consolidé reprend l'ensemble des éléments du


patrimoine de la société consolidante à 1'exclusion des titres de participation qui sont
remplacés par les éléments d'actif et du passif constitutifs des capitaux propres des
sociétés consolidées.

L'intégration globale met en évidence au passif du bilan les intérêts du groupe


et les intérêts hors groupe ou minoritaires.
Définition:

L’intégration globale consiste à :

 intégrer dans les comptes de l'entreprise consolidante les éléments des comptes
des entreprises consolidées, après retraitements éventuels ;

 répartir les capitaux propres et le résultat entre les intérêts de l'entreprise


consolidante et les intérêts des autres actionnaires ou associés dits « intérêts
minoritaires » :

 éliminer les opérations et comptes entre l'entreprise intégrée globalement et les


autres entreprises consolidées .
Processus:

L'intégration globale vise à :

o intégrer 100 % des actifs, passifs, charges et produits de l'entreprise consolidée,

o éliminer les titres détenus par la société détentrice,

o partager les capitaux propres entre la quote-part du groupe dans les réserves et
les résultats et celle des intérêts minoritaires.

Toutes ces opérations sont réalisées en tenant compte des éliminations et des
retraitements.
Exemple

La société M détient une participation de 80 % dans le capital de la société F, ce qui


implique de retenir la méthode de consolidation par intégration globale.

Bilan de la société M Bilan de la société F


Au 31/12/N Au 31/12/N
Actif Passif Actif Passif

Actif immob. 1 000* Capital social 500 Actif immob. 600 Capital social 300
Réserves 300 Réserves 100
Résultat net 100 Résultat net 70
Dettes de fin. 400 Dettes de fin. 130

Actif circulant 1 600 Passif circulant 1 200 Actif circulant 1 050 Passif circulant 800

Trésorerie Actif 100 Trésorerie Passif 200 Trésorerie Actif 150 Trésorerie Passif 400
Total Actif 2 700 Total Passif 2 700 Total Actif 1 800 Total Passif 1 800

* dont titres F 200


Première étape :

Calcul de la part du groupe dans les capitaux propres de F et de la différence de


consolidation (différence entre la valeur calculée et la valeur bilantielle des titres F) ;
et également calcul de la part du groupe dans les résultats de F.

• Capitaux propres de F : 300 + 100= 400

• Part du groupe : 80% soit 320

• Part des minoritaires : 80

• Valeur des titres au bilan : 200

• Différence de consolidation : 120 (soit 320 – 200)

• Résultat de F : 70

• Part du groupe : 80% x 70 = 56

• Part des minoritaires : 20% soit 14


Deuxième étape : Opérations de consolidation.

Bilan Consolidé
Au 31/12/N
Actif Passif
Actif immob. (800+600) 1 400 Capital social (M) 500
Réserves (300+120) 420
Résultat net (100+56) 156
Intérêts minoritaires (80+14) 94
Dettes de fin. (400+130) 530

Actif circulant (1 600 + 1 050) 2 650 Passif circulant (1200+800) 2 000

Trésorerie Actif (100 + 150) 250 Trésorerie Passif (200+400) 600

Total Actif 4 300 Total Passif 4 300


b. L'intégration proportionnelle:

Dans l'intégration proportionnelle, la valeur comptable des titres est remplacée,


dans le bilan de la société mère, par la part représentative des intérêts de la société
mère ou des sociétés détentrices dans les actifs et passifs des sociétés consolidées.

Le principe d'élaboration du bilan consolidé est pratiquement le même que dans


le cas de l'intégration globale avec toutefois la différence suivante : les intérêts
minoritaires n'apparaissent pas au passif du bilan consolidé puisque les actifs et les
passifs des sociétés consolidées ne ont repris qu'à hauteur du pourcentage détenu par
le groupe.
Définition:

L'intégration proportionnelle consiste à :

 intégrer dans les comptes de l'entreprise consolidante la fraction représentative


de ses intérêts dans les comptes de l'entreprise consolidée, après retraitements
éventuels ; aucun intérêt minoritaire n'est donc constaté ;

 éliminer les opérations et comptes entre l'entreprise intégrée


proportionnellement et les autres entreprises consolidées.

Dans l'intégration proportionnelle, la part des intérêts minoritaires directs de


l'entreprise consolidée n'apparaît pas.
Processus:

L'intégration proportionnelle vise à :

• intégrer la quote-part des actifs, passifs, charges et produits,

• éliminer les titres détenus par la société détentrice,

• mettre en évidence les droits du groupe dans les réserves et les résultats.
Exemple

La société M exerce un contrôle conjoint avec d'autres groupes sur la société F à


hauteur de 30 % de son capital.

Bilan de la société M Bilan de la société F


Au 31/12/N Au 31/12/N
Actif Passif Actif Passif

Actif immob. 750* Capital social 300 Actif immob. 1 000 Capital social 500
Réserves 200 Réserves 300
Résultat net 80 Résultat net 150
Dettes de fin. 220 Dettes de fin. 350

Actif circulant 850 Passif circulant 700 Actif circulant 1 420 Passif circulant 900

Trésorerie Actif 100 Trésorerie Passif 200 Trésorerie Actif 80 Trésorerie Passif 300
Total Actif 1 700 Total Passif 1 700 Total Actif 2 500 Total Passif 2 500

* dont titres F 150


Première étape :

• Capitaux propres de F : 300 + 500= 800

• Part du groupe : 30% soit 240

• Valeur comptable des titres F : 150

• Différence de consolidation : 90 (soit 240 – 150)

• Résultat de F : 150

• Part du groupe : 30% soit 45


Deuxième étape : Opérations de consolidation.

Bilan Consolidé
Au 31/12/N
Actif Passif
Actif immob. (600+300) 900 Capital social (M) 300
Réserves (200+90) 290
Résultat net (80+45) 125
Dettes de fin. (220+105) 325

Actif circulant (850+ 426) 1 276 Passif circulant (700+270) 970

Trésorerie Actif (100 + 24) 124 Trésorerie Passif (200+90) 290

Total Actif 2 300 Total Passif 2 300


c. La mise en équivalence

Cette méthode est utilisée pour les sociétés dans lesquelles la société mère
exerce une influence notable.

Son principe consiste à remplacer la valeur comptable des titres par la part des
capitaux propres et du résultat qu'ils représentent chez la société consolidée.

S'agissant en quelque sorte d'une réévaluation des titres, les intérêts


minoritaires n'apparaissent pas, bien entendu, au passif du bilan consolidé.
Définition:

La mise en équivalence consiste à :

o substituer à la valeur comptable des titres détenus, la quote-part des capitaux


propres, y compris le résultat de l'exercice déterminé d'après les règles de
consolidation;

o éliminer les opérations et comptes entre l'entreprise mise en équivalence et les


autres entreprises consolidées.

Cette méthode conduit à ré-estimer les titres détenus à hauteur de la quotepart


de capitaux propres. Cette ré-estimation peut entraîner une augmentation ou une
diminution de la valeur des titres détenus.
Processus:

La mise en équivalence vise à :

o ré-estimer les titres à hauteur de la quote-part de capitaux propres revenant à


1'actionnaire ou à l’associé dans un poste particulier «titres des sociétés mises
en équivalence»;

o éliminer les titres pour leur valeur comptable,

o mettre en évidence les droits du groupe dans les réserves et les résultats.

Toutes ces opérations sont réalisées après éliminations et retraitements


affectant ces capitaux propres.
Exemple
La société M détient une participation de 25% dans le capital de A, ce qui suppose
dans le cadre du bilan consolidé du groupe M, la consolidation de A par mise en
équivalence.

Bilan de la société M Bilan de la société A


Au 31/12/N Au 31/12/N
Actif Passif Actif Passif

Actif immob. 1 400* Capital social 300 Actif immob. 1 900 Capital social 800
Réserves 200 Réserves 450
Résultat net 100 Résultat net 150
Dettes de fin. 300 Dettes de fin. 800

Actif circulant 1 260 Passif circulant 1 400 Actif circulant 1 650 Passif circulant 1 250

Trésorerie Actif 40 Trésorerie Passif 400 Trésorerie Actif 50 Trésorerie Passif 150
Total Actif 2 700 Total Passif 2 700 Total Actif 3 600 Total Passif 3 600

* dont titres A 300


Première étape :

• Partage des capitaux propres de A : 800 + 450= 1 250

• Part du groupe : 25% soit 312,50

• Valeur comptable des titres F : 300 d’où une différence de

consolidation de 12,50

• Partage des résultats de A : 150

• Part du groupe : 25% soit 37,50.

• Valeur des titres A dans le bilan consolidé: 312,50 + 37,50 = 350


Deuxième étape : Opérations de consolidation.
Bilan Consolidé
Au 31/12/N
Actif Passif
Actif immob. (M) 1 450,00 Capital social (M) 300,00
(dont titres A ME 350) Réserves (200+12,5) 212,50
Résultat net (100+37,5) 137,50
Dettes de fin. (M) 300

Actif circulant (M) 1 260,00 Passif circulant 1 400,00

Trésorerie Actif (M) 40,00 Trésorerie Passif 400,00

Total Actif 2 750,00 Total Passif 2 750,00

N.B: La valeur comptable des titres A est remplacée par la valeur intrinsèque
qu’ils représentent dans les capitaux propres de la société consolidée.
6. Les difficultés de la mise en œuvre de la consolidation

Les principales difficultés qui sont rappelées ici concernent :

• Les techniques d'intégration directe globale ou par paliers en présence de partici-


pations indirectes.

• Le traitement de l'écart de première consolidation.

• La neutralisation des comptes réciproques et des opérations intra-groupe et la


fiscalité différée.
a. La consolidation par paliers ou l'intégration directe globale:

• Lorsqu'une société mère M contrôle une société A qui contrôle à son tour une
société B, pour la consolidation, la société M a le choix entre l'intégration
directe globale de B ou encore la consolidation par paliers :

• On procède d'abord à la consolidation de B dans A, et ensuite, on consolide le


sous groupe A dans M.
Exemple
La société M détient 70 % du capital de la société A, qui détient elle-même une
participation de 80 % dans la société B.

Bilan de la société M Bilan de la société A


Au 31/12/N Au 31/12/N
Actif Passif Actif Passif

Actif immob. 16 500 Capital social 6 000 Actif immob. 6 250 Capital social 2 500
dont titres A 1500 Réserves 4 000 Dont titres B 750 Réserves 3 500
Résultat net 800 Résultat net 1 100
Dettes de fin. 5 200 Dettes de fin. 1 000
Actif circulant 10 500 Passif circulant 9 900 Actif circulant 9 000 Passif circulant 6 650
Trésorerie Actif 1 000 Trésorerie Passif 2 100 Trésorerie Actif 250 Trésorerie Passif 750
Total Actif 28 000 Total Passif 28 000 Total Actif 15 500 Total Passif 15 500

Bilan de la société B
Au 31/12/N
Actif Passif
Actif immob. 4 500 Capital social 1 200
Réserves 1 800
Résultat net 600
Actif circulant 4 500 Passif circulant 5 200
Trésorerie Actif 1 000 Trésorerie Passif 1 200

Total Actif 10 000 Total Passif 10 000


1. Consolidation par paliers :
Il s'agit de consolider B dans A (sous groupe A), et ensuite le sous groupe A
dans M (société mère).
Consolidation de B dans A (sous groupe A)

• Partage des capitaux propres de B : 1200 + 1800= 3000

• Part du groupe : 80% soit 2400

• Part des minoritaires: 20% soit 600

• Valeur comptable des titres : 750

• Différence de consolidation: 1650 (soit 2400 – 750)

• Partage des résultats de B : 600

• Part du groupe : 80% soit 480

• Intérêts minoritaires: 120


Bilan Consolidé du sous groupe A
Au 31/12/N
Actif Passif
Actif immob. 5500+4500 10 000 Capital social (A) 2 500
Réserves (3500+1650) 5 150
Résultat net (1100+480) 1 580
Intérêts minoritaires (600+120) 720
Dettes de fin. (A) 1 000

Actif circulant (M) 13 500 Passif circulant (6650+5200) 11 850

Trésorerie Actif (M) 1 250 Trésorerie Passif (750+1200) 1 950

Total Actif 24 750 Total Passif 24 750


Consolidation du sous groupe A dans M

• Partage des capitaux propres de B : 2500+ 5150= 7650

• Part du groupe : 70% soit 5355

• Part des minoritaires: 30% soit 2295

• Valeur comptable des titres : 1500

• Différence de consolidation: 3855 (soit 5355 – 1500)

• Partage des résultats de B : 1580

• Part du groupe : 70% soit 1106

• Intérêts minoritaires: 30% soit 474120


Bilan Consolidé du groupe M
Au 31/12/N
Actif Passif
Actif immob. 25 000 Capital social 6 000
15000+10000 Réserves (4000+3855) 7 855
Résultat net (800+1106) 1 906
Intérêts minoritaires 3 489
(600+2295+120+474)
Dettes de fin. (5200+1000) 6 200
Actif circulant 10500+11500 24 000
Passif circulant (9900+11850) 21 750

Trésorerie Actif 1000+1250 2 250 Trésorerie Passif (2100+1950) 4 050

Total Actif 51 250 Total Passif 51 250


2. Intégration directe globale :
Consolidation de A dans M Consolidation de B dans M
% Intérêt 70% 70% x 80% = 56% *
Partage des capitaux propres 2500+3500= 6000 1200+1800= 3000
Part du groupe 70% soit 4200 56% soit 1680
Part ou intérêt des minoritaires 30% soit 1800 (intérêt) 44% soit 1320 (part)
70% x 750 = 525
Valeur comptable des titres 1500
Et 30% x 750 = 225
Différence de consolidation 4200 – 1500 = 2700 1680 – 525 = 1155
Part des intérêt minoritaires
- 1320 – 225 = 1095
dans les capitaux propres
Partage des résultats 1100 600
Part du groupe 70% soit 770 56% soit 336
Part ou intérêt des minoritaires 30% soit 330 44% soit 264

* Les titres B détenus pour 750 sont à considérer comme appartenant au groupe à hauteur de 70 %, et aux
intérêts minoritaires à hauteur de 30 %.
Bilan Consolidé du groupe M
Au 31/12/N
Actif Passif
Actif immob. 25 000 Capital social (M) 6 000
15000+5500+4500 Réserves (4000+2700+1155) 7 855
Résultat net (800+770+336) 1 906
Intérêts minoritaires 3 489
(1800+1095+330+264)
Dettes de fin. (5200+1000) 6 200
Actif circulant 24 000
10500+9000+4500 Passif circulant 21 750
(9900+6650+5200)
Trésorerie Actif 2 250
1000+250+1000 4 050
Trésorerie Passif
(2100+750+1200)

Total Actif 51 250 Total Passif 51 250


b. L’écart de première consolidation:

• Les problèmes posés par le traitement de l'écart de première consolidation


apparaissent lors de l'entrée d'une société dans le périmètre de consolidation.

• L'écart de première consolidation peut être défini comme la différence entre le


coût d'acquisition des titres et la part que représentent ces derniers dans les
capitaux propres et le résultat de la société consolidée.
Exemple 1:

La société M a acquis à la fin de l'exercice N 65 % des actions de la société F pour


1 500 000 dh; à cette date, les capitaux propres de F sont évalués à 2 000 000 dh.
L'écart de première consolidation s'établit à :

1 500 000 - 2 000 000 x 65% = 200 000 DH

Cet écart de première consolidation peut être ventilé , si l'information nécessaire est
disponible, en un écart d'évaluation et un écart d'acquisition.
Exemple 2:

Supposons par exemple que dans le cas précédent les immobilisations de F ont été
sous évalués d'un montant de 250 000, on aura :

Ecart de première consolidation : 200 000 (exemple 1)


Ecart d'évaluation : 250 000 x 65 % = 162 500
Ecart d'acquisition : (200 000 - 162 500) = 37 500
200 000
 L'écart d'acquisition, lorsqu'il est positif, correspond à une prime payée pour
acquérir les titres de participation.

 Les écarts d'évaluation font l'objet, au besoin, d'amortissements ou de provisions,


conformément aux règles applicables aux biens correspondants.

 Quant aux écarts d'acquisition, leur plan d'amortissement doit refléter les
hypothèses et les objectifs retenus lors de la prise de participation.
c. Elimination des comptes réciproques
Lorsque la consolidation se fait par intégration, il convient d'éliminer les
comptes réciproques d'actif et de passif.

Exemple:

La société mère M a prêté à sa filiale F une somme de 100 000.

 Chez M le compte 2 483 « créances rattachées à des participations » sera crédité


de 100 000.

 Chez F le compte symétrique 1 483 « Dettes rattachées à des participations » sera


débité d'un montant équivalent.
d. Elimination des opérations réciproques
Il s'agit des opérations de gestion intra-groupe :

Exemple :

Au cours de l'exercice N, la filiale F a servi à la société mère un dividende de


1 000 au titre de la répartition des bénéfices de l'exercice N-1.

Comme il s'agit d'un produit provenant de l'exercice précédent, les 1 000 seront
retranchés du résultat consolidé, et il s'en suivra une fiscalité différée correspondante
(créance d'impôt latente), soit 1 000 x 30 % = 300.
Application:
La S.A. « X » détient 1 /3 dans le capital de la société «Y ».
A partir des bilans qui vous sont communiqués en annexe, et en supposant
successivement que cette participation assure à X sur Y un contrôle exclusif , un
contrôle conjoint ou qu'elle lui permet d'exercer une influence notable, il est
demandé d' établir le bilan consolidé du groupe dans les trois hypothèses.
Bilan de la société X Bilan de la société Y
Au 31/12/N Au 31/12/N
Actif Passif Actif Passif

Immob. Cor. 5 100 Capital social 6 000 Immob. Cor. 5 500 Capital social 5 000
Titres Y 1 600 Réserves 1 600 Réserves 835
Résultat net 400 Résultat net 165

Actif circulant 3 800 Passif circulant 2 500 Actif circulant 2 000 Passif circulant 2000

Trésorerie Actif 500 Trésorerie Passif -


Total Actif 10 500 Total Passif 10 500 Total Actif 8 000 Total Passif 8 000

N.B. : on suppose qu'il n'y a pas d'opérations entre les deux sociétés.