Vous êtes sur la page 1sur 14

Partie 3: Phasages

d'exécution
Chapitre 1 : GENERALITES SUR LE CREUSEMENT DES GALERIES

1. Introduction
1.1 cadre géologique local

Dans la rive gauche l'étude géologique réalisé par un campagne de sondage atteignant une profondeur
de 60 m révélé trois nuances de pélite d'age crétacé données comme suit :


 Une pélite très altérée avec préservation de la structure et à matrice oxydée ;
 Une pélite altérée à joints oxydés et à matrice grisâtre ;
 Une pélite schisteuse altérée à joints oxydés et à matrice grisâtre.

Il convient de signaler que cette rive gauche abritera les ouvrages annexes tels que l’évacuateur de
crue et la dérivation provisoire qui sera transformé en vidange de fond. Ces ouvrages souterrains
seront réalisés dans le substratum pélitique sur presque leur longueur à l’exception de leurs sorties
du cote aval et quelques zones très localisées qui traverseront les formations du calcaire gréseux
en alternance avec la pélite schisteuse.

Figure 6:levé géologique issu de la tranchée en rive gauche


La vidange de fond traverse les formations géologiques existantes de la manière décrite dans
le tableau de synthèse suivant :

Galerie Longueur de la Description lithologique Stratigraphie


galerie Du SE vers NW

Vidange de fond 640 m 210 m de pélite crétacé


10 m de calcaire gréseux
172 m de pélite
20 m de calcaire gréseux
123 m de pélite
105 m de calcaire gréseux

Tableau 20 : Différentes formations au droit de la galerie

1.2 Description de la géologie suivant l’axe de la galerie de dérivation provisoire

La dérivation provisoire du barrage Kharroub est réalisée au niveau de la rive gauche, et


traverse une série pélitique sur presque sa longueur totale avec des intercalations de calcaire
gréseux dans des zones très localisées.
A signaler qu’en partant de l’aval vers l’amont la pélite devient de plus en plus altérée, ce qui
se manifeste dans son caractère dur en aval et friable en amont. La coupe géologique (fig.23)
montre la géologie de la galerie :

Figure 23:Coupe géologique suivant l’axe de la galerie de dérivation provisoire


Nous signalons que dans les parties qui suivent nous allons considérer que l’excavation traverse
les terrains des pélites dures et les terrains des pélites friables, sans prendre en considération les
intercalations du calcaire gréseux, de ce fait nous allons augmenter la sécurité car ces
intercalations constituent des armatures pour le terrain.

Conclusion

Nous avons donc vu que le barrage Kharroub se situe sur l’oued Kharroub dans la wilaya de
Tanger. C’est une zone montagneuse pluvieuse caractérisée par des formations pélitiques
schisteuses à quelques intercalations de bancs de calcaire gréseux.
Son ouvrage de dérivation provisoire st une galerie, de type dérivation intégrale, située sur la
rive gauche de l’oued Kharroub et traversant des terrains pélitiques qui prennent un aspect
altéré en allant de l’aval vers l’amont.

2. Choix du mode de creusement :

Le creusement d'un tunnel entraine une modification de l'état de contrainte et de déformation du


terrain qui peut aller jusqu’à mettre en cause la stabilité de l'excavation réalisée ou à provoquer
des désordres inadmissibles dans l'environnement du tunnel.

La réponse du terrain au creusement dépend :

 De la nature géologique et des caractéristiques géo mécaniques du matériau encaissant :


 Des conditions hydrogéologiques :
 Des méthodes de construction (excavation et soutènement) :
 De la profondeur de l'ouvrage.

L'attention doit être attirée en priorité sur les points suivants :

 Identification complète des terrains (lithologie, répartition des couches, caractérisation


géo mécanique) :
 Hétérogénéités géologiques (structures, failles, karsts,…) :
 Discontinuités du massif et fissuration de la roche :
 Conditions hydrauliques (nappes, modes de circulation, perméabilité, chimie des eaux)
 Environnement et impact des déformations de surface :
 Procédé de construction (creusement et soutènement)…

2.1 Procédés de creusement des tunnels au rocher

Trois procédés sont employés pour creuser des tunnels au rocher qui sont :

2.1.1 Abattage à l’explosif


Le plus répandu est l'abattage à l'explosif qui s'effectue de manière cyclique. On commence
Par tracer et par forer des trous de mine, que l'on charge selon un plan de tir. Après le tir de la
volée, on procède à la ventilation des fumées, puis à la purge des blocs instables. S'intercalant
ou pas dans les opérations de mise en place d'un soutènement des parois, le marinage, c'est-à-
dire l'évacuation des déblais à l'extérieur, termine le cycle de creusement.

Figure 93: Attaque à l'explosif

2.1.2 Abattage par machine à attaque ponctuelle

Pour les roches de résistance moyenne, on utilise un deuxième procédé : l'abattage mécanisé
par machines à attaque ponctuelle.
Son rendement décroît si la teneur en silice de la roche est élevée ou si la roche n'est pas
fracturée. Une machine à attaque ponctuelle est constituée d'un châssis automoteur
généralement chenillé, d'un bras orientable, monté sur tourelle, solidaire du châssis et muni à
son extrémité d'une tête rotative équipée de pics, d'un système d'évacuation et de chargement
des déblais.
Cette méthode est intéressante car elle supprime les ébranlements dans le terrain encaissant.
Elle a une limite économique en fonction de la dureté et de l'abrasivité des roches.
Figure 94: schéma constructif d’une Machine à attaque ponctuelle

2.1.3 Creusement par tunnelier

Les tunneliers, ou machines foreuses pleine section, qui économisent de la main-d’œuvre sont
de plus en plus utilisés. Un tunnelier est un engin qui exécute toutes les fonctions. Il comporte
une tête tournante porte-outils (molettes, pics) dont les efforts (poussée et couple) sont repris
par un bâti fixe. Le bâti s'appuie et avance au moyen d'une ou de deux rangées de patins
latéraux qui se déplacent longitudinalement par rapport au bâti. Le tunnelier comporte aussi
un poste de guidage et des dispositifs pour évacuer les déblais.

Figure 24 : Schéma du tunnelier

3. Classifications géo mécaniques relatives au creusement

Le choix de la méthode de creusement se fait en se basant sur les caractéristiques géo


mécaniques du terrain, il existe une multitude de méthodes de classification en fonction de
l’excavabilité des massifs telles que :
 La classification de Louis et Deere ;
 La classification de Franklin ;
 La classification de Weaver.

3.1 Classification de LOUIS :

Deere et Louis ont proposé de déterminer la méthode de creusement du massif rocheux en se


basant sur les deux paramètres suivants :
 Rc : Résistance à la compression simple (MPa) ;
 RQD : Rock Quality Designation.

La lecture des résultats se fait sur l’abaque (fig.25).

Figure 25:Abaque de Deere et Louis

3.2 Classification de FRANKLIN :

Cette classification est basée sur la résistance à la compression simple (Rc) et l'indice d'espacement
Entre les fractures (If). Ceci donne lieu à une classification du type ''résistance –taille'' pour l'étude
des méthodes d'excavation de manière générale. On ne spécifie pas le type de machine. Ainsi que
des relations entre Rc et If et d'autres paramètres géo mécaniques.
Figure 97: Classification de FRANKLIN des massifs rocheux

3.3 Classification de WEAVER :

Il a déterminé le degré de ripabilité d’un massif rocheux grâce à la valorisation de 7 facteurs, dont
les plus importants sont :
 L’espacement entre joints,
 Vitesse sismique,
 Orientation / direction des discontinuités,
 Dureté

3.4 Application des classifications :

3.4.1 Classification de LOUIS :

Selon la valeur de la résistance à la compression Rc et celle du RQD nous obtenons le mode de


creusement à adopter :

Table 24: Résultats de la classification de LOUIS

Nous avons reporté les données du tableau sur l’abaque (fig.26):


Figure 26:Diagramme de classification de Louis

Commentaire

La classification de Louis recommande :

- Le creusement de la pélite aval par machine à attaque ponctuelle;


- Le creusement de la pélite amont moyennant une pelle ou un chargeur.

3.4.2 Classification de FRANKLIN :

L’étude se fait selon la résistance à la compression et l’espacement moyens des fractures. D’après
l’abaque de FRANKLIN nous avons les résultats suivants :

Table 25: Résultat de la classification de FRANKLIN

Formation Rc (MPa) Espacement entre les Mode de creusement


joins (m)

Pélite
5 0.3 - 1 MAP

La méthode d’excavation proposée par FRANKLIN est : Machine à attaque ponctuelle (MAP).
3.4.3 Classification de WEAVER :

En se basant sur les paramètres d’entrée cités dans le tableau dessous la classification de WEAVER
a donné les résultats suivants :

Tableau 26: Résultat de la classification de WEAVER

Formation Pélites

Paramètres Valeur Note

Vitesse sismique (m/s) 1850 - 2150 24

Dureté tendre 1

ENTREES Altération Saine 9

Espacement des joints (mm) 300 - 1000 20

Continuité des joints Continus avec 0


remplissage

Remplissage des joints Remplissage 3


<5mm

Orientation et direction du pendage Défavorable 13

Degré de ripabilité 70

SORTIES Classe de la roche III

Description Moyenne

Ripabilité Difficile

La classification propose Machine à attaque ponctuelle comme mode de creusement pour la


formation de pélite.

Conclusion :
Les résultats donnés par les classifications géo-mécaniques pour le choix du mode de creusement de
la pélite sont synthétisés dans le tableau suivant :

Table 27: Synthèse des classifications

Classification Pélite
EXP MAP TBM
Louis *
Franklin *
Weaver *

EXP : explosif,
MAP : machine à attaque ponctuelle,
TBM : Tunnelier.

Il ressort des différentes classifications que le choix du mode de creusement pour la pélite porte sur
un creusement mécanisé en utilisant une machine à attaque ponctuelle (MAP).ponctuelle en grande
partie, avec des explosifs en cas de présence de terrain meuble à faible dureté. L’opération de
creusement est lancée en amont et en aval.

Chapitre 2 : PHASAGE D'EXECUTION

1. Phasage D'exécution :

Compte tenu de l'importance des travaux programmés dans la galerie souterraine, il est essentiel de
rappeler les quelques détails de principes suivants :
 La stabilité du terrain pendant les travaux notamment au front de taille ;
 Le type de soutènement et de revêtement à mettre en œuvre pour assurer la tenue des parois
à court terme puis à long terme ;
 La maitrise des mouvements engendrés en surface par le creusement particulier lorsque
l'ouvrage est construit à une faible profondeur ;
 La maitrise des phénomènes hydrauliques et notamment la venue d'eaux ;

1.1 Importance du Phasage :

La mise en place du soutènement se fait souvent par étapes, non seulement pour faciliter
l'avancement des travaux, mais aussi pour ajuster progressivement l'action de confinement
nécessaire à l'obtention de l'équilibre désiré. La nouvelle méthode autrichienne a même posé
comme principe l'adaptation du soutènement mis en place en fonction des résultats de mesure de
contrôle (convergences, contraintes…).
En cas de creusement en demi-section ou en section divisée, le soutènement est
nécessairement posé en différentes phases, qui peuvent être assez éloignées les unes des autres. Il
faut alors tenir compte pas à pas de la redistribution des efforts et de l'évolution éventuelle des
caractéristiques du terrain induites par les phases de creusement et de soutènement successives.
D'une manière générale, le facteur temps est un élément important qu’il ne faut jamais
négliger.
De nombreuses natures de terrain ont un comportement dépendant du temps : les
déformations et les charges qu’elles entrainent sur les soutènements sont dues non seulement à
l'avancement de l'excavation mais aussi à la rhéologie du massif. Une modification des conditions
d'avancement des travaux peut nécessiter une adaptation du soutènement, par exemple un
renforcement en cas d'arrêt.

Enfin, la sécurité même du chantier peut nécessiter un phasage : par exemple, mise en place de
premiers éléments de soutènement (boulons à action immédiate notamment) ayant d'avantage une
fonction de supportage que de confinement, puis soutènement systématique plus en arrière du front.

1.2 Creusement à pleine ou demi-section :

 Description

Par méthode de creusement à pleine section, il convient de comprendre les techniques


d'avancement donnant lieu au dégagement complet de la section principale de l'ouvrage en une
seule fois.
Dans la méthode de creusement en demi-section. On réalise d'abord le creusement de la partie
Supérieure de la section (calotte), la partie inférieure (stross) étant réalisée avec un décalage dans le
temps. On doit si nécessaire renforcer le soutènement avant creusement du stross, aussi bien en
partie supérieure (cintres, blindage, béton projeté, béton, micro-pieux sous les appuis de cintres)
Qu’en partie inférieure. En général, le revêtement définitif n'est mis en place qu’après excavation de
la totalité de la section.

 Domaine d'application

La méthode de creusement à pleine section nécessite l'emploi d'un matériel important


(grande hauteur de l'excavation, importance des volumes de marinage à chaque volée) : elle est
donc bien adaptée lorsqu’on pense pouvoir l'employer sur de grandes longueurs de terrain
homogène, ne nécessitant pas l'utilisation d'un autre soutènement que le boulonnage et le béton
projeté. L'évolution des matériels a tendance à étendre le nombre des chantiers attaqués à pleine
section.
Lorsqu’elle est applicable (moyennant si nécessaire un soutènement du front de taille), la
méthode de creusement en pleine section est plus favorable à la maitrise des déplacements
puisqu’elle évite les problèmes liés aux reprises dans un terrain déjà déconfiné.
Le creusement par demi-section est beaucoup plus indiqué dans des terrains hétérogènes
Nécessitant l'emploi d'un soutènement important. Elle peut alors être utilisée très largement en
faisant varier la longueur de l'avancement unitaire. Dans certains terrains difficiles, il est possible de
réaliser très rapidement la pose du soutènement en mettant celui-ci en place dans une excavation
périphérique et en le bétonnant provisoirement sur le merlon central.
L'intérêt fondamental de la demi-section, par rapport à une méthode de creusement en
section divisée (par exemple galerie de faîte, galerie de naissance et abatages) est de permettre une
mise en place rapide d'un soutènement ou d'un revêtement sur toute la partie supérieure. Par rapport
à la pleine section, elle représente l'avantage de nécessiter un matériel moins important et
d'employer des moyens de terrassement habituels pour l'excavation du stross.
 Précautions d'emploi

En dehors des précautions liées à l'abattage par explosives et à la mise en place du


soutènement, il convient essentiellement de choisir au mieux l'avancement unitaire, c'est-à-dire la
longueur excavée avant mise en place du soutènement.
L'avancement unitaire est essentiellement limité par la capacité d'auto soutènement du terrain
Pendant le temps nécessaire à la mise en place du soutènement.
Si la nature du terrain ne permet pas, pour la demi-section supérieure, une utilisation efficace
du boulonnage, il y a lieu d'étudier particulièrement la reprise des efforts en pieds de cintres
(oreilles, longrines, micro pieux,…) pour éviter tout incident lors de l'excavation des piédroits.
Il est souvent nécessaire de fermer la demi-section supérieure par un radier provisoire en
béton projeté, contre vouté ou non (pré-radier).

Creusement en demi-section

Creusement en pleine section

Figure : creusement à pleine et demi-section


 Choix de creusement adapté

Généralement le choix du creusement en pleine ou demi-section est commandé par la qualité du


terrain. Vu que la géologie régnante tout au long de la galerie est la pélite qui est un terrain meuble
très endommagé et vu que la section à excaver est de 8,5 m de diamètre (sans soutènement et
revêtement), on optera à une excavation à demi-section.