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Chapitre I. REVUE DE LA LITTERATURE

Ce chapitre comporte deux sections : la première traite de la revue de la littérature


théorique et la seconde traite de la revue empirique.

Section I. La revue théorique


I.1. Brève conceptualisation sur le sujet.

I.1.1. Précision sur le concept « crédit ».

Le terme crédit prête souvent à confusion du fait de la largeur de son acception. Pour
notre cas, nous allons user d’en donner des définitions selon différents auteurs.

Pour Josette et Max PEYRARD, le crédit désigne un accord par lequel une certaine
somme est prêtée contre promesse de remboursement et moyennant un paiement
d’intérêt[1].

Selon René REVOL, le crédit est un prêt d’argent contre un engagement à payer des
intérêts et à rembourser l’intégralité du capital[2].

D’après Ahmed SILEM et Jean-Marie ALBERTINI, le crédit est un acte de confiance


se traduisant par un prêt en nature ou en espèce consenti en contrepartie d’une
promesse de remboursement, dans un délai généralement fixé d’avance[3].

Enfin, le crédit peut être appréhendé comme une opération par laquelle un prêteur
remet immédiatement un bien ou une monnaie à un emprunteur (débiteur) contre
remboursement de cette somme prêtée avec généralement un intérêt à payer[4].

De toutes ces définitions du crédit, nous retenons deux éléments fondamentaux sans
lesquels, nous ne saurions vraiment parler du crédit. Il s’agit évidement de la
confiance et du temps. Le crédit est une opération fondée sur la confiance accordée à
autrui.

Etymologiquement, il vient du mot latin «Credere» qui signifie croire ; avoir


confiance ou faire confiance, le prêteur doit attendre l’exécution de la prestation que
l’emprunteur devra réaliser.[5]

Nous retenons donc que crédit est un acte par lequel le créancier ou prêteur faisant
confiance au débiteur ou à l’emprunteur met directement ou indirectement à la
disposition de ce dernier un bien ou une certaine somme de monnaie moyennant un
intérêt à payer avec engagement de remboursement de ce bien ou de cette somme à
l’échéance convenue.

I.1.2. Précision sur le concept « PME »[6]

Que ce soit du coté de la création d’emploi, de la valeur ajoutée ou même des

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exportations, les PME ont augmenté leur part face aux grandes entreprises[7].

Dans le jargon économique, il n’existe pas de définition universelle à la petite et


moyenne entreprise. Toutefois, les critères de classement changent d’un secteur à
l’autre, d’une économie à une autre et d’un pays à l’autre.

Il arrive souvent que cette catégorie d’entreprise soit définie différemment dans des
économies développées et pour les mêmes secteurs d’activités. Généralement, toutes
les définitions rencontrées tentent de combiner des composantes économiques,
financières des entreprises. Devant cette hétérogénéité de définitions, les chercheurs
adoptent souvent deux axes d’analyse : l’aspect qualitatif et l’aspect quantitatif.

I.1.2.1. Critères quantitatifs

Les critères quantitatifs les plus utilises sont le nombre des employés dans la PME, le
chiffre d’affaire et ainsi que l’ensemble d’effectifs détenus par l’entreprise. Ces trois
critères permettent de distinguer les très petites entreprises, les petites entreprises
ainsi que les moyennes entreprises. La définition de la PME de l’Union Européenne
corrobore de point de vue en faisant une distinction entre moyennes entreprises,
petites entreprises et micro-entreprise :

« Dans la catégorie des micros, petites et moyennes entreprises (PME) est


constituée des entreprises qui occupent moins de 250 personnes et dont le
chiffre d’affaire annuel n’excède pas 50 millions d’Euros ou dont le total du
bilan annuel n’excède pas 43 millions d’Euro »
« Dans la catégorie des PME, une petite entreprise est celle qui occupe moins de
50 personnes et dont le chiffre d’affaire annuel ou le total du bilan n’excède pas
10 millions d’Euro »
« Dans la catégorie des PME, une micro-entreprise est définie comme une
entreprise qui occupe moins de 10 personnes et dont le chiffre d’affaire annuel
ou le total du bilan annuel n’excède pas 2 millions d’Euro »

Adoptant les mêmes critères, les définitions issues de différents pays tentent de
définir la PME, ainsi par exemple, en France, on distingue les très petites entreprises
(TPE) de moins de 10 salariés, les petites et moyennes entreprises (PME) de 10 à 250
salariés, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises (GE)
dont l’effectif dépasse les 5000 salariés. Au canada, une PME ne doit généralement
pas employer plus de 500 personnes, ne pas avoir un actifs supérieur à 25 millions de
dollar et ne doit pas être détenue à plus de 25% de son capital par une entreprise de
plus grande importance.

Une tentative de définition de la PME/PMI par les consultants de l’UEMOA (Union


Economique Monétaire ouest Africain) dont le Mali est membre donne les repères
suivants : le nombre de salariés est compris entre 5 à 250 personnes ; un CA annuel
allant de 50 millions à 2 milliards de Francs CFA. Les pays d’Asie adoptent le même
type des critères même s’il y a de différence entre pays.

En RDC, les PME dépendent du Ministère des PME et Artisanat. D’après ce


ministère, « une PME est toute unité économique dont les actions se situent dans le
secteur formel ou informe, utilisant les matières premières locales créant des emplois

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(2 à 100 personnes) et ouverte à la décentralisation »[8]

I.1.2.2. Critères qualitatifs

L’approche qualitative rejoint plus la réalité socioéconomique par son caractère


descriptif. Les différentes définitions qualitatives de la PME/PMI mettent toutes
l’accent à de degrés divers, sur les éléments distinctifs et caractéristiques d’une
entreprise de petite et moyenne dimension. Il s’agit par exemple de l’aspect humain
lié à l’entreprise. Cette dimension humaine liée à la personnalité de la gestion de la
PME/PMI est certes l’élément qui transcende l’ensemble des définitions données de
ce type d’entreprise.

Cette constante a été très tôt prise en évidence par les premières études réalisées à ce
propos. Selon P.A. Julien : « la PME est une entité de production ou de distribution,
une unité de direction et de gestion, sous l’autorité d’un dirigeant entièrement
responsable de l’entreprise, dont il est souvent propriétaire et qui est directement lié
à la vie de l’entreprise ». Le chef d’entreprise est donc omniprésent dans cette
approche et son rôle est déterminant dans la PME/PMI.

Le rapport Boston abordant dans la même logique définit la PME en se basant sur
trois critères :

Le fait que l’entreprise soit dirigée par ses propriétaires d’une manière
personnalisée ;
Possédé une part de marché relativement restreint ;
L’indépendance de la société.

Le premier critère implique que la PME/PMI soit dirigée par ses propriétaires et non
par le biais d’une structure managériale formalisée. Ainsi, la PME se caractérise par
un « organigramme plat » contrairement à celui d’une grande entreprise. Le second
critère du rapport implique que la PME/PMI est une entreprise qui, en termes
économiques, ne possède qu’une part relativement petite du marché. En d’autres
termes, ces entreprises ont à faire à de nombreux concurrents. Le dernier critère
implique une indépendance totale de la PME/PMI. Les filiales de grandes sociétés
sont alors exclues de la définition.

En RDC, la définition qualitative de la PME fait ressortir l’importance capitale du


dirigeant créateur. En effet, d’après la définition légale telle qu’énoncé par la loi n°
73-011 du 5 janvier 1973, instituant l’OPEC ; les PME sont « les entreprises agricoles,
commerciales, industrielles et de services qui sont la propriété des personnes
physiques de nationalité congolaise ou de société au capital détenu en majorité par
des personnes physiques ou morales de nationalité congolaise dans lesquelles toutes
les fonctions de gestion c’est-à-dire administration, finances, production,
commercialisation, approvisionnement, sont exercées par le chef d’entreprise ».

L’organisation des nations unies pour le développement et l’organisation industrielle


estiment que la définition de la PME diverge selon les pays et le temps. Cette
organisation conseille aux pays de tenir compte des critères qualitatifs et quantitatifs
lorsqu’ils doivent définir la PME. Dans cette optique, cette organisation fournit une
définition qualitative de la PME en la comparant à la grande entreprise.

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I.1.3. Rôle de la PME[9]

L’amélioration quantitative et qualitative du niveau de vie de la population est un des


objectifs poursuivis par les pouvoirs publics dans l’effort de développement. Un tel
programme suppose une mobilisation des ressources dont dispose la nation.
L’extension de grandes unités de distribution et de production ne suffit pas à elle
seule pour atteindre la vitesse de croissance. Ainsi, elle joue autant de rôles parmi
lesquels :

I.1.3.1. Le rôle économique des PME

Ces entreprises contribuent à l’intégration économique, l’augmentation de la


consommation des ressources locales, la création des foyers de richesse, l’intégration
industrielle, l’innovation technologique, la contribution à la centralisation et la
régionalisation de l’économie et de l’industrie.

1. Contribution à l’intégration économique

Un bon développement est celui dont l’absence est inférieure et de ce fait il


importerait d’accroitre la consommation de la transformation des produits et des
ressources locales.

A cet effet, la PME se prête mieux à son rôle car elle exerce des effets d’endettement,
c’est-à-dire qu’elle contribue à la valorisation des ressources internes par la création
d’autres activités de base tel que le développement de l’agriculture, l’intégration du
secteur artisanal, pour une entreprise manufacturière, le développement du secteur
tertiaire.

1. Augmentation de la consommation des ressources locales

Les PME sont aptes à utiliser les ressources locales ainsi fait de la faiblesse de leurs
investissements, elle provoque les difficultés pour importer des matières qui
nécessitent beaucoup de divers et des formalités pour l’importation. Pour pallier à
cela, elle se trouve vers les sources intérieures d’approvisionnement contribua ainsi à
élargie la dépendance à l’égard des importations et à élargie des marchés intérieurs.

1. Création des foyers de richesse

L’existence ou la promotion de PME constitue pour l’Etat une source importante de


mobilisation des recettes publiques par le biais de la fiscalité. Par des achats des
matières premières et de versement des salaires, elles distribuent des revenus.

1. L’intégration industrielle et innovation technologique

Les PME/PMI contribuent au sort de l’industrie et de l’innovation technologique.


Elles occupent une place prépondérante dans la fabrication des pièces et des
composantes pour les grandes entreprises en raison de la spécialisation de leur
compétence et de leur coût de production.

1. Contribution à la décentralisation et à la régionalisation de


l’économie et de l’industrie

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Une promotion active de PME notamment dans leurs aspects industriels dans des
zones rurales serait un moyen de décentraliser les industries pour accélérer le
développement rural. Ainsi, cette promotion de PME offre des possibilités d’établir
une liaison entre la production locale et la production industrielle. Vu dans ce
contexte, la PME contribue dans des meilleures conditions comme facteurs de
stabilisation de la production dans les milieux ruraux.

I.2.1.Asymétrie d’information ex ante et anti-sélection.

STIGLITZ et WEIS (1981) introduisent une asymétrie d’information ex ante dans la


relation de crédit. Ils contestent l’hypothèse selon laquelle la distribution des
probabilités des rendements incertains des projets à financer est parfaitement connue
tant par l’emprunteur que par le prêteur. Ils supposent au contraire, que
l’emprunteur possède une information privée sur ses intentions, information non
disponible sans coût pour le Banquier. Or, le rendement anticipé du prêt pour la
banque dépend évidemment de la probabilité de remboursement. Celle-ci étant
inobservable par le prêteur, il doit mettre en place des dispositifs de filtrage.

STIGLITZ et WEIS montrent que le taux d’intérêt qu’un emprunteur est disposé à
payer agit comme un tel mécanisme de tri. Plus précisément, ceux qui sont disposés à
emprunter à des taux élevés sont en moyenne ceux dont les projets sont les plus
risqués car ils savent que leur probabilité de rembourser le prêt est faible.

Quand le taux d’intérêt débiteur augmente, le risque moyen de ceux qui empruntent
s’élève, ce qui peut diminuer les profits de la Banque. En d’autres termes, en
augmentant ses taux, la Banque risque de provoquer un effet d’anti-sélection, c’est-
à-dire de retenir les projets les plus risqués ; ou, par un effet d’incitation, de favoriser
la prise de risque par l’emprunteur et donc l’aléa moral. Cela explique que le taux de
rendement anticipé du prêt puisse s’accroître moins vite que le taux d’intérêt et
même, au-delà d’un certain niveau, décroître alors que le taux d’intérêt continue à
augmenter. Il y a donc un taux d’intérêt qui maximise le rendement anticipé de la
banque.

A ce taux, il est possible que la demande de financement excède l’offre. S’il n’y avait
pas de relation de dépendance entre le prix et la qualité du crédit, il suffirait à la
Banque d’augmenter le taux d’intérêt pour éponger l’excès de demande. Elle ne le fait
pas car le revenu additionnel direct tiré de cette hausse du taux est plus que
compensé par la contraction de revenu qu’elle attend de l’augmentation induite des
mauvais emprunteurs. Ce taux d’intérêt est optimal pour la banque, son
accroissement impliquant une baisse du rendement bancaire anticipé. Il n’y a donc
pas de mécanismes automatiques d’égalisation de l’offre et de la demande de
financement : le crédit est rationné[10].

I.2.2. L’asymétrie d’information ex post.

L’asymétrie d’information appelée également l’aléa moral se situe après l’octroi du


crédit et provient de l’incapacité des prêteurs à observer les actions de l’emprunteur
qui affectent la probabilité de remboursement, et à s’assurer de l’usage des fonds
distribués, notamment le niveau d’effort consenti par l’emprunteur pour gérer son
projet d’investissement et éviter de faire défaut sur sa dette. Cette asymétrie

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d’information conduit à un fonctionnement inefficace du marché du crédit.

Le préteur cherche ainsi à se prémunir contre les actions cachées de substitution des
actifs de l’emprunteur. Celui-ci est en effet susceptible de réduire son effort de
production et/ou de lancer des projets plus risqués puisque plus rémunérateurs pour
les propriétaires. Le prêteur supporte alors un risque encore appelé aléa moral. Il met
néanmoins en œuvre des mécanismes ayant pour but de limiter l’apparition de ce
type de phénomène. Pour limiter les risques d’aléa de moralité, le contrat de crédit est
élaboré de manière à inciter l’entreprise à respecter ses engagements[11]. Il tente par
conséquent de spécifier l’ensemble des variables qui peuvent avoir un impact sur les
conditions de la relation contractuelle.

Avec la sélection adverse, on privilégie généralement des situations où l’asymétrie


d’information concerne la nature et la qualité des biens offerts sur le marché mais il
est difficile d’anticiper le comportement de l’acheteur après avoir acheté. On parlera
alors de « comportement caché », d’ « aléa moral » ou de « hasard moral ». Cette
absence de connaissance parfaite du comportement après achat, conduit à une
situation où le marché ne peut être traité de façon globale. Chaque cas devient un cas
particulier. Le hasard moral se traduira alors par une forme de rationnement de
l’offre. L’équilibre obtenu sera moins efficient dans l’utilisation des facteurs de
production que celui observé avec information complète[12].

En définitive, selon la théorie financière, c’est parce que la Banque opère dans un
contexte de marchés imparfaits, qu’elle doit gérer son risque de crédit. Cette
observation de valorisation du risque de crédit spécifique à chaque acteur est
contraire aux paradigmes de la finance moderne, fondés sur des marchés parfaits et
arbitrés. Ainsi, existe-t-il une controverse entre le modèle de Merton (1974) et celui
de Modigliani et Miller. Le premier suppose que chaque banque puisse couvrir ses
risques sur les marchés de capitaux alors que le second s’applique à un raisonnement
conduisant à ce que la Banque ne se préoccupe pas de la Gestion de ses risques. Ces
deux axiomes ne sont globalement pas pertinents, s’agissant du risque de crédit.

Dans la pratique, les frictions du marché et l’existence d’une information publique


limitée, ainsi que la renégociation toujours onéreuse des crédits en difficulté créent
des problèmes d’agence et d’asymétrie d’information avec les investisseurs, rendant
difficile la levée des capitaux. La contrainte majeure de la banque réside donc dans sa
capacité limitée ou onéreuse à recourir à des financements externes. Dans ces
conditions, la Banque va avoir un comportement d’aversion au risque[13].

I.2.3. Quelques théories rivales

Le modèle de Stiglitz et Weiss postulait l’incapacité des banques à surpasser leur


déficit informationnel. En ce sens, il traduisait une certaine passivité des banques. En
réalité, les banques sont susceptibles de façonner des contrats permettant de réduire
les problèmes informationnels posés par les emprunteurs. La banque peut non
seulement proposer des contrats différenciés qui permettent aux emprunteurs de
« bonne qualité » de révéler ex ante leur type (on parle alors des contrats séparant)
mais aussi limiter l’incitation des emprunteurs à adopter un comportement
opportuniste après l’attribution du prêt (effet incitatif des contrats bancaires). Ce
comportement actif des banques nécessite de considérer au-delà du seul taux

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