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C5

Connaissance et Maîtrise des Phénomènes Physiques et Chimiques

ÉLECTRICITÉ INDUSTRIELLE -1/D


FIABILITÉ ET SÉCURITÉ DES INSTALLATIONS
Ingénieurs en
Sécurité Industrielle

A - PROTECTION CONTRE LES COURANTS DE DÉFAUT

I - SÉLECTIVITÉ............................................................................................................................ 1
1 - Rôle de la sélectivité .................................................................................................................... 1
2 - Procédés de sélectivité ................................................................................................................ 2

II - CONTRÔLE PERMANENT DE L'ISOLEMENT ........................................................................ 8


1 - Réseau à neutre à la terre ...........................................................................................................8
2 - Réseau à neutre impédant ...........................................................................................................8
3 - Localisation du défaut d'isolement ...............................................................................................9

B - NORMES DE PROTECTION VIS-À-VIS DES AMBIANCES EXTÉRIEURES

I - INDICE DE PROTECTION DU MATÉRIEL ÉLECTRIQUE..................................................... 11

II - MATÉRIEL POUR ATMOSPHÈRES EXPLOSIBLES ............................................................. 13

1 - Modes de protections .................................................................................................................13


2 - Entretien et montage du matériel de sécurité ............................................................................20

Ce document comporte 23 pages


ME RES - 02469_A_F - Rév. 1 08/06/2005

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A - PROTECTION CONTRE LES COURANTS DE DÉFAUT

Malgré tout le soin apporté à la conception et à la réalisation d'une installation électrique, un certain nombre
de compromis ayant été imposé par des contraintes contradictoires, il est impossible d'éviter tout
dysfonctionnement au cours du temps.

Les courants de court-circuits sont en général d'amplitude très supérieure aux courants nominaux : il faut les
interrompre "au plus vite" et même d'autant plus vite qu'ils sont plus importants. Ceci est le rôle des
disjoncteurs, souvent associés à des relais multiples ayant chacun un défaut spécifique à surveiller.

L'élimination de ces défauts dans une installation se fait de façon ordonnée, en pratiquant la sélectivité des
protections.

I- SÉLECTIVITÉ
1- RÔLE DE LA SÉLECTIVITÉ
Un défaut se produisant en un point quelconque d'un réseau de distribution ne doit, en aucune façon,
priver de courant électrique l'ensemble des ateliers ou bureaux. Il résulte de cette évidence, la
nécessité d'isoler rapidement la partie en défaut sans priver d'énergie les autres utilisateurs ; c'est le
principe même de la sélectivité des déclenchements.

L'élément de protection (disjoncteur ou fusibles) qui est placé immédiatement en amont de la partie de
circuit où se produit le défaut doit, et lui seul, fonctionner, les autres protections ne devant pas
déclencher.

Donc :

- Définition de la sélectivité

Deux disjoncteurs sont sélectifs entre eux si tout défaut survenant en un point du réseau est
éliminé par l'appareil de protection placé immédiatement en amont du défaut et par lui seul.

- But de la sélectivité

ASSURER LA CONTINUITÉ DE SERVICE OU D'EXPLOITATION

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2- PROCÉDÉS DE SÉLECTIVITÉ
Les trois procédés de sélectivité les plus répandus sont :

- la sélectivité ampèremétrique
- la sélectivité chronométrique
- la sélectivité logique

a - Sélectivité ampèremétrique

Elle s'appuie sur l'échelonnement des seuils de réglage des déclencheurs magnétiques instantanés
des disjoncteurs en fonction du courant de court-circuit au point considéré.

Elle est totale si le courant de court-circuit en aval du disjoncteur B est inférieur à la valeur de réglage
du déclencheur magnétique du disjoncteur A.

Si le courant de court-circuit en aval du disjoncteur B est supérieur à la valeur de réglage du


déclencheur magnétique du disjoncteur A, les deux disjoncteurs s'ouvrent simultanément.

D SEC 3106 A

Ainsi la sélectivité ampèremétrique, plus ou moins partielle, selon la position du défaut, ne permet que
rarement de garantir un déclenchement sélectif. Son principal avantage est son coût réduit, qui la
justifie dans les installations simples.

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b - Sélectivité chronométrique

Cette technique est sûre. Elle consiste à retarder plus ou moins l'instant d'ouverture des disjoncteurs.
Le temps pendant lequel un courant de valeur donnée peut traverser un disjoncteur sans provoquer
son ouverture est la durée de non déclenchement.

Le temps total de coupure est celui qui s'écoule entre l'apparition du défaut de l'extinction de l'arc sur
tous les pôles.

Règle

Deux disjoncteurs sont sélectifs si le temps total de coupure du disjoncteur aval est inférieur à la durée
de non déclenchement du disjoncteur amont.

Graphiquement les 2 disjoncteurs A et B seront sélectifs si la courbe du temps total de coupure du


disjoncteur aval est en-dessous de la courbe de la durée de non déclenchement du disjoncteur amont.

D SEC 3107 A

D SEC 3108 A

Cette règle s'applique à plusieurs étages de disjoncteurs. Le réglage de la temporisation augmente au


fur et à mesure que l'on remonte vers l'amont, ce qui présente l'inconvénient d'imposer un
surdimensionnement thermique des câbles, et surtout d'accroître considérablement les risques de
destructions dus à la propagation de l'arc à partir du point du défaut.

Il est à noter qu'en général, plus un disjoncteur est placé en amont, plus il est prévu pour couper des
courants importants. La sélectivité chronométrique est alors combinée avec une sélectivité
ampèremétrique.

Dans l'exemple ci-dessous, les disjoncteurs D1 , ne sont pas retardés ; les disjoncteurs D 2 sont
retardés de 0,3 seconde, D3 de 0,6 seconde, et les disjoncteurs D4 de 0,9 seconde.

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Une conséquence néfaste de ces retards échelonnés est qu'un défaut en A ne sera éliminé par D4,
qu'en 0,9 seconde. De plus, le temps d'élimination du défaut devient excessif lorsqu'il se produit près
de la source, et on arrive souvent à une incompatibilité entre la temporisation trop longue nécessaire
pour la sélectivité et celle plus courte (0,2 sec. en 20 kV) que le distributeur accorde au niveau de son
disjoncteur de livraison.

D SEC 3109 A

Le schéma de la page suivante montre un exemple de protections sélectives basées sur les seuils de
courant et les temporisations.

Pour être comparables, les courants indiqués sont rapportés au même niveau de tension, ici 15 kV.

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63 KV

Temps en sec. 63 KV

1 15 KV
3 4 2 1

2 Départ B

1,2 In
8 sec.
1,2 In
Protection 10 sec.
basse tension
four F6 1,2 In
30 sec. 3 32 A 4
30
5855 KVA
630 KVA In = 225 A
10
BT
8 C6 Four F6

2,5 In à 0,9
0,9 sec.

2,5 In à 0,6
0,6 sec.
3 In à 0,3
0,3
sec.

Fusible 32 A
TR 630KVA
- C4 -
D SEC 3110 A

I sous 15 KV

Courbes de sélectivité - Départ B

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c - Sélectivité logique

Ce type de sélectivité est utilisé lorsque le nombre des relais en cascade devient trop grand pour
permettre une simple sélectivité par le temps. L'échange d'informations logiques entre les protections
de deux postes successifs permet en effet la suppression des intervalles de sélectivité.

Le principe est le suivant.

Dans un réseau en antenne lors d'un défaut, les protections situées en amont du point de défaut sont
sollicitées ; au contraire, toutes les protections situées en aval ne le sont pas. Il y a là un moyen simple
de localiser sans retard le point de défaut, et de définir sans ambiguïté le seul disjoncteur à
commander : le point de défaut est en aval de la dernière protection sollicitée, et en amont de la
première qui ne l'est pas. Chaque protection sollicitée doit :

- verrouiller ou mettre en attente la protection située immédiatement en amont qui n'a pas à
intervenir

- de donner un ordre de déclenchement au disjoncteur qui lui est associé ; il y a


déclenchement si aucun ordre d'attente ou de verrouillage n'est reçu de la protection située
immédiatement en aval ; afin d'obtenir une sélectivité parfaite, les disjoncteurs associés à
chacun des relais sont actionnés par l'intermédiaire d'un contact légèrement temporisé qui
tient compte du temps d'exécution du verrouillage ; pour pallier la déficience éventuelle
d'une liaison d'échange d'informations, on prévoit en secours un déclenchement temporisé

Cette méthode de sélectivité s'applique au réseau en antenne. Elle peut être utilisée seule
ou en association avec un autre principe de protection sélective.

Exemple de sélectivité logique

Prenons l'exemple d'une distribution en antenne. Pour simplifier un seul départ par étage est pris en
compte.

À chaque disjoncteur est associé un "relais logique" qui reçoit les informations défaut et ses capteurs
(T.C. tores) et émet des ordres de déclenchement et d'attente logique.

Tout relais sollicité par un défaut envoie :

- un ordre d'attente logique (AL) à l'étage amont (ordre d'augmentation de la temporisation


propre du relais amont)

- un ordre de déclenchement au disjoncteur auquel il est associé, sauf s'il a lui-même reçu un
ordre d'attente logique de l'étage aval

Dans l'exemple de la figure lorsqu'un défaut apparaît en A, les (n) relais voient ce défaut.

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Le relais logique 1 envoie un ordre AL au relais


logique 2 et un ordre de déclenchement du
disjoncteur D1.

Le relais logique 2 met temporairement en


attente le relais logique 3, etc. le relais logique
(n-1) transmettant un ordre AL au relais logique
(n), ceci jusqu'au poste de livraison à moins qu'à
partir d'un certain niveau, le courant de défaut
devienne inférieur aux seuils de réglage
(sélectivité ampèremétrique).

Le disjoncteur D1 s'ouvre au bout d'un temps.

TD1 = TI + t1

TI : temporisation propre du relais logique 1

t 1 : temps propre d'ouverture du disjoncteur D1


(temps d'arc compris)

Si le défaut apparaît en B, le relais logique 1 et


D1 ne sont pas sollicités et le relais logique 2 ne
reçoit pas d'ordre AL, le défaut sera éliminé en

TD2 = TI + t2

Le même raisonnement peut être appliqué à l'un


quelconque des disjoncteurs constituant un
réseau de distribution.

Le défaut au niveau de l'étage "n" sera éliminé en

TDn = TI + tn

Il est cependant du nombre d'étages "n".


D SEC 3111 A

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II - CONTRÔLE PERMANENT DE L'ISOLEMENT

1- RÉSEAU À NEUTRE À LA TERRE


Dans un réseau à neutre à la terre, un défaut à la terre se traduit par un courant important qui fait
ouvrir les moyens de protection différentiels.

Un tore, associé à un relais, est placé sur l'antenne à contrôler. L'apparition d'un défaut d'isolement en
aval du tore se traduit par un courant de fuite à la terre. Le secondaire du transformateur-tore délivre
alors une faible tension qui est appliquée aux bornes du relais amplificateur associé. Lorsqu'un seuil
prédéterminé est atteint, le relais provoque le déclenchement de l'organe de coupure.

D SEC 3112 A
Protection différentielle

2- RÉSEAU À NEUTRE IMPÉDANT


Dans un réseau à neutre impédant, un premier défaut à la terre est sans danger, il ne provoque pas
de coupure.

Mais il y a danger potentiel, car un second défaut (très possible sur les grosses installations), ferait
apparaître cette fois un courant et donc des tensions dangereuses pour l'homme. Il faut alors
déclencher.

La non-coupure au premier défaut est acceptable à condition d'être informé de l'existence d'un défaut
de façon à le rechercher et à l'éliminer avant qu'apparaisse un autre.

Chaque réseau, c'est-à-dire chaque installation en aval d'un transformateur, doit être doté d'un
Contrôleur Permanent de l'Isolement (C.P.I.).
D SEC 3113 A

Contrôleur Permanent d'Isolement à injection de courant continu


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C 5 -1/D

Un générateur Ec injecte une tension continue entre le réseau et la terre. Cette tension crée, dans
l'ensemble des résistances d'isolement (ρ1, ρ 2, ρ3), un courant de fuite.

Ce courant traverse :

- un appareil de mesure (A), directement gradué en kΩ, qui donne l'indication permanente de
la valeur de l'isolement

- une résistance (Ri), aux bornes de laquelle apparaît une différence de potentiel —
proportionnellement au courant de fuite — qui est appliquée à un relais électronique. Ce
relais provoque l'alarme lorsqu'un seuil prédéterminé est atteint. Sur certains CPI, un
deuxième seuil est prévu au-delà duquel un ordre de déclenchement est donné. La mesure,
effectuée en courant continu, est indépendante de la valeur de capacité des câbles C1, C2,
C3

3- LOCALISATION DU DÉFAUT D'ISOLEMENT


Une alarme défaut d'isolement doit donc être suivie de sa localisation sur l'installation.

Cette recherche est souvent délicate et représente la principale difficulté dans l'utilisation d'un réseau à
neutre isolé ou impédant.

a - Recherche par coupures sélectives

C'est la plus simple, mais rarement acceptable pour les utilisateurs, d'autant que la logique serait
d'avancer de l'amont vers l'aval.

b - Recherche sous tension

Elle peut se faire au moyen d'un générateur injectant un courant basse fréquence (4 à 10 Hz selon les
constructeurs) que l'on cherche à retrouver au moyen d'une pince ampèremétrique associée à un
récepteur accordé à cette basse fréquence.

Il n'est plus nécessaire de faire des coupures. Selon l'investissement réalisé, cela peut aller d'une
simple pince mobile à des installations fixes avec recherche manuelle (par commutateur) ou
automatique (par automate).

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Recherche mobile

Recherche fixe

Recherche automatique
D SEC 3114 A

Recherche de défaut sous tension

Document Merlin-Gérin

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B - NORMES DE PROTECTION VIS-À-VIS DES AMBIANCES EXTÉRIEURES

La fiabilité de fonctionnement et la sécurité exigent que soient compatibles les matériels et installations
électriques avec leur environnement.

Le matériel électrique doit être protégé de l'ambiance extérieure : c'est le rôle de l'indice de protection.

Par ailleurs, en zone où l'atmosphère peut être explosive, l'installation électrique ne doit pas être source de
danger : c'est le rôle des normes concernant le matériel pour atmosphères explosibles.

I- INDICE DE PROTECTION DU MATÉRIEL ÉLECTRIQUE


Tout matériel subit des agressions externes plus ou moins prononcées, et doit donc en être protégé.

On définit pour cela un "Indice de Protection" ou "degré IP" auquel obéit la construction de l'enveloppe du
matériel pour supporter sans dommage ces agressions.

Cet indice comporte 2 ou 3 chiffres précisant, selon le tableau suivant, le niveau de protection vis-à-vis de
trois agressions normalisées :

- 1er chiffre : protection contre les corps solides


- 2ème chiffre : protection contre les liquides
- 3ème chiffre (éventuel) : résistance aux chocs mécaniques

Les degrés IP les plus utilisés sont :

- IP 23 dit "Protégé" pour du matériel situé à l'intérieur de locaux


- IP 44 dit "Fermé" pour l'extérieur, si possible sous abri
- IP 55 dit "Étanche" pour l'extérieur, sans abri

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C 5 -1/D

D SEC 3105 A

Indices de protection

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II - MATÉRIEL POUR ATMOSPHÈRES EXPLOSIBLES

1- MODES DE PROTECTIONS
Le matériel électrique destiné aux atmosphères explosibles est, par habitude, appelé
"ANTIDÉFLAGRANT", sans doute parce que ce mode de protection a longtemps été le plus courant
en France.

Pourtant, plusieurs modes de protections sont utilisés aujourd'hui dont la dénomination commune est
"EEx" suivie d'un indice caractérisant le mode proprement dit de protection.

Les modes les plus couramment utilisés sont :

- "EEx - d" = protection par enveloppe antidéflagrante


- "EEx - e" = protection par sécurité renforcée
- "EEx - p" = protection par surpression interne
- "EEx - i" = protection par sécurité intrinsèque

Sans entrer dans les détails techniques qui sont complexes, (et qui font l'objet des normes C 23.514 à
23.520), voici leurs principales caractéristiques.

a - Règles générales

Le rôle des protections Ex est d'éviter d'amorcer ou de transmettre une explosion.

Pour cela, il suffit :

- soit d'éviter la pénétration des atmosphères explosibles dans les parties du matériel où il y a
risque d'étincelle ou d'échauffement (par surpression interne par exemple)
- soit d'éviter d'amorcer l'atmosphère explosible (sécurité intrinsèque ou sécurité renforcée)
- soit d'éviter qu'une éventuelle explosion à l'intérieur du matériel se propage à l'extérieur
(enveloppe antidéflagrante)

Le tableau suivant résume les modes de protection existants.

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Modes de protection Principe Symbole

Surpression interne La pénétration d’une atmosphère


environnante à l’intérieur de l’enveloppe du
matériel électrique est empêchée par le
maintien, à l’intérieur de la dite enveloppe, p
d’un gaz de protection à une pression
supérieure à celle de l’atmosphère
environnante.
Immersion dans l’huile Le matériel électrique est immergé dans
l’huile de telle sorte qu’une atmosphère
explosive se trouvant au-dessus du niveau o
Suppression de de l’huile ou à l’extérieur de l’enveloppe ne
l’atmosphère puisse pénétrer et donc s’enflammer.
explosive

Encapsulage Les pièces qui pourraient enflammer une


atmosphère explosive par des étincelles ou
par des échauffements sont enfermées dans
une résine de telle manière que cette m
atmosphère explosive ne puisse pénétrer et
donc s’enflammer.

Sécurité augmentée Mode protection consistant à appliquer des


mesures afin d’éviter, avec un coefficient de
sécurité élevé, la possibilité de températures
excessives et l’apparition d’arcs ou e
d’étincelles à l’intérieur et sur les parties
Suppression de la externes du matériel électrique qui ne
source produit pas en service normal.
d’inflammation
Sécurité intrinsèque Un circuit de sécurité intrinsèque est un
circuit dans lequel aucune étincelle ni aucun
effet thermique, produit dans les conditions
d’épreuve prescrites par la norme, n’est i
capable de provoquer l’inflammation d’une
atmosphère explosive.

Enveloppe antidéflagrante Les matériels, qui peuvent enflammer une


ATEX, sont enfermés dans une enveloppe
non étanche qui résiste à la pression
développée lors d’une explosion interne d’un d
mélange explosif et qui empêche la
transmission de l’explosion à l’atmosphère
Non propagation environnante de l’enveloppe.
Remplissage pulvérulent Les parties susceptibles d'enflammer une
de l’inflammation atmosphère explosive sont en position fixe
et sont complètement noyées dans un
matériau de remplissage de telle sorte que q
l'inflammation d'une atmosphère explosive
environnante soit évitée .

Modes de protection des matériels électriques


(d'après l'INERIS - Guide des bonnes pratiques en vue de l'application de la directive 1999/92/CE)

Cas particulier du mode protection (n) : ce mode de protection ne peut être utilisé que pour du
matériel situé dans un emplacement où une atex n’est pas susceptible de se produire en
fonctionnement normal, ou, si elle se présente , elle n’est que de courte durée.

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Selon le risque d’exposition à une atmosphère explosive, le matériel à utiliser est classé en trois
catégories, dépendantes de la zones à laquelle il est destiné.

Le tableau ci-après résume pour ces trois catégories, la manière d’assurer la protection et le mode de
protection à utiliser selon les zones considérées :

Niveau de
Catégorie de Zone Protection Protection
protection Manière d’assurer la protection
protection d’utilisa- équipement équipement non
de la de l’équipement
du matériel tion électrique électrique
catégorie

2 moyens indépendants Zone 0 Sécurité intégrée


d’assurer la protection ou la ou surpression
1G Très haut sécurité, même lorsque 2 Zone 1 Sécurité interne ou de type
défaillances se produisent intrinsèque (ia) (b) ou (c)
indépendamment l’une de l’autre Zone 2

Adaptée à une exploitation Zone 1 Mode de protection Mode de protection


normale et à des perturbations pour 1G ou mode pour 1G ou de type
2G Haut survenant fréquemment ou aux Zone 2 de protection de (d)
équipements pour lesquels les type (o) ou (p) ou
défauts de fonctionnement sont (q) ou (d) ou (e) ou
normalement pris en compte (m) ou (d)

3G Normal Adaptée à une exploitation Zone 2 Mode de protection Mode de protection


normale pour 2G ou mode pour 2G ou de type
de protection (n) (fr)

De plus, les gaz sont classés en différents groupes dépendantes de l’énergie minimale d’inflammation
(EMI), qui influent sur le choix des matériels :

Groupe de gaz
(et subdivision)

Méthane I

Propane IIA

Éthylène IIB

Hydrogène IIC

Par exemple un matériel adapté au groupe de gaz IIB, peut être utilisé en présence de propane IIA
mais pas en présence d’hydrogène.

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Enfin, il appartient à l’utilisateur de vérifier que les niveaux de température d’auto-inflammation de


l’atmosphère sont supérieurs à la température maximale de surface des appareils.

Les classes de températures mentionnées sur les appareils sont définies comme suit :

Classe de température Valeur maximale (°C)

T1 450°C

T2 300°C

T3 200°C

T4 135°C

T5 100°C

T6 85°C

La température peut aussi être indiquée en clair (par exemple 140°C).

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Le matériel allemand peut porter la lettre G au lieu de T.

Certains matériels électriques répondent à plusieurs types de protection (par exemple, une partie est
antidéflagrante, l'autre est de sécurité renforcée).

Dans tous les cas, le matériel doit être marqué de façon complète. Outre les indications habituelles, la
plaque signalétique doit comporter, dans l'ordre :

- le symbole EEx (matériel pour zone explosible)


- le symbole "d", "i", "e", … selon mode d'exécution
- le symbole du groupe (ex. : II B.)
- la classe de température (T.1 … T.6.)
- le numéro du certificat d'agrément et le nom de l'organisme qui l'a délivré (LCIE,
CERCHAR, PTB, …)

Il est à noter que certains équipements se font facilement en classe T.6 (la plus exigeante) comme les
interrupteurs, les boutons poussoirs, les boîtes de dérivation et seront donc presque toujours de ce
type, même si une classe inférieure suffit.

Par contre, les moteurs et l'éclairage sont fabriqués dans plusieurs classes pour des raisons de prix.
La classe de température doit être précisée à la commande.

En dehors des protections "Ex", le matériel électrique continue de posséder un "degré IP" qui est lié à
son étanchéité aux corps solides (1er chiffre), son étanchéité aux liquides (2è m e chiffre) et
éventuellement à sa solidité mécanique (3ème chiffre).

Aucun matériel "Ex" agréé ne peut être modifié en quoi que ce soit sans perdre aussitôt son agrément
(on ne peut pas percer un boîtier A d F pour placer un presse-étoupe A d F non prévu, par exemple).

b - Protection par enveloppe antidéflagrante "d"

Le matériel électrique est enfermé dans une enveloppe qui résiste à une éventuelle explosion interne
et empêche la transmission de l'explosion à l'atmosphère explosible environnante.

Ceci est principalement obtenu par :

- une enveloppe massive

- un "joint" antidéflagrant : c'est un contact métal sur métal, de deux faces parfaitement
usinées, caractérisé par sa longueur (distance entre l'intérieur et l'extérieur du joint) et par
son interstice. Le joint antidéflagrant sert à laminer et refroidir les gaz de l'explosion interne
qui sortent sans pouvoir provoquer une explosion à l'extérieur

Le matériel antidéflagrant ("Ex-d") a longtemps été du type non étanche (IP 44 maxi), mais on trouve
de plus en plus de matériel IP 55 ou plus, bien qu'antidéflagrant.

Un matériel ne peut être antidéflagrant que si son joint antidéflagrant est correct (non corrodé, sans
rayures, sans peinture, etc.) et ses presse-étoupes étanches. Sa classe de température doit être
compatible avec l'atmosphère explosible.

La protection antidéflagrante se prête assez bien aux moteurs, à l'éclairage, mais très mal aux coffrets
contenant de nombreux boutons et surtout du relayage. Il reste en plus, assez lourd.

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c - Protection par sécurité renforcée "e"

Cette méthode a surtout été utilisée en Allemagne, mais est maintenant reconnue en France et s'est
bien développée chez les constructeurs français.

Le principe est d'éviter l'apparition d'étincelles ou de températures excessives sur le matériel


électrique.

Ceci est principalement obtenu par :

- un enrobage des conducteurs de façon à les protéger mécaniquement


- des connexions spéciales dites "indesserrables"
- un choix de matériaux offrant une grande solidité mécanique, allié parfois à un
surdimensionnement
- une protection par relais thermique appropriée, assurant la coupure du courant avant que le
matériel atteigne une température dangereuse pour l'atmosphère ambiante, dans le pire des
cas envisageables

Les conditions de montage et d'installation doivent bien sûr être faites avec soin, surtout en ce qui
concerne les raccordements.

Ce type de protection donne un matériel moins lourd que l'antidéflagrant, et ressemble fort,
extérieurement, au matériel standard. La plaque signalétique est donc très importante.

La protection "e" se prête bien aux moteurs, à certains éclairages, mais surtout aux boîtiers de
raccordements.

Par contre, le matériel de coupure (contacteurs, …) du fait des étincelles inévitables, ne peut pas être
protégé de cette façon.

d - Protection par surpression interne

Le principe est d'empêcher l'atmosphère explosible de pénétrer dans l'enceinte à protéger (salle de
contrôle, coffrets électriques, moteurs, …), en injectant de l'air (ou un gaz neutre).

Le système est simple dans son principe, mais difficile à obtenir, car il faut assurer :

- un balayage initial à grand débit


- une surpression de 5 à 20 nb (contrôlée par pressostat sensible, donc volumineux, et lui-
même de sécurité Ex)
- une température maxi. de l'enveloppe en contact avec l'atmosphère explosible
- la coupure du courant si les conditions ne sont pas remplies

Il faut donc tout un appareillage de contrôle et d'automatisme pour assurer tout cela. En pratique, c'est
valable pour une salle de contrôle, mais compliqué pour du matériel de petites dimensions.

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e - Protection par sécurité intrinsèque "i"

Le principe n'est plus d'éviter à tout prix une étincelle, ou de l'enfermer, mais de la rendre trop faible
pour pouvoir provoquer une explosion.

Ce mode de protection est donc limité aux circuits ne réclamant pas de puissance : mesures,
instrumentation, petits équipements, …

Ceci est principalement obtenu par :

- une séparation par "barrière de sécurité intrinsèque" entre la partie située en zone
dangereuse (le capteur, la petite électrovanne, …) et la partie en zone non dangereuse
(régulateur, électronique de traitement du signal de mesure, etc.). Cette barrière limite la
puissance pouvant aller en zone dangereuse, et ceci avec un fort degré de fiabilité

- un matériel spécialement étudié pour la zone dangereuse

- une installation cheminant le plus loin possible des zones d'influence de l'installation non de
sécurité intrinsèque. (Les câbles "i" ne doivent pas côtoyer les câbles force motrice par
exemple). Les câbles pour circuits "i" devront être de couleur bleu-clair

Ce type de protection est très intéressant en instrumentation, car le dépannage se fait sans
précautions particulières au danger d'explosion (toutefois, une étincelle ne fait jamais de bien à
l'équipement électrique).

Mais ici, les conditions d'installation sont très strictes sous peine de ne plus être de sécurité, malgré
l'emploi de matériel agréé. La norme C 23539 décrit ces conditions d'installation.

Encore plus que pour les autres modes de protection, c'est le système complet qui fait la sécurité
intrinsèque.

En résumé, s'il existe plusieurs modes de protection du matériel électrique pour zone explosible, il faut
se rappeler que cette "protection" n'est réelle que si :

- le matériel a été correctement choisi (classe, température)


- le matériel a été correctement installé
- le matériel est correctement entretenu

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2- ENTRETIEN ET MONTAGE DU MATÉRIEL DE SÉCURITÉ

Le personnel de montage et d'entretien du matériel installé en atmosphère explosible joue un rôle


direct dans la sécurité de l'installation.

a - Entretien - Montage du matériel "Ex - d" (Antidéflagrant)

"Joint antidéflagrant" : c'est lui qui assure le laminage et le refroidissement des gaz d'explosion
interne vers l'extérieur.

C'est un contact de 2 surfaces métalliques finement usinées (6 microns). Il y en a de plusieurs types :


plan, cylindrique, à emboîtement, fileté.

Il est caractérisé par sa longueur (L) et


son interstice (i) de 0,1 à 0,3 mm selon le
volume du matériel.

Règle de montage - entretien

Son état de surface doit rester net :

- pas de rayures (ne pas le


gratter)
- pas de peinture
- légère couche de graisse pour

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éviter la corrosion

b - Entrées de câbles

Si le joint antidéflagrant n'a pas à être véritablement étanche, les entrées de câbles doivent l'être
impérativement sous peine de ne plus être antidéflagrant.

Donc, ne pas hésiter à changer le caoutchouc du presse-étoupe. S'assurer qu'il correspond bien au
diamètre du câble.

c - Enveloppes antidéflagrantes

Il est interdit de les modifier. En particulier, ne pas les percer pour un nouveau presse-étoupe.

La boîte à bornes des moteurs doit être laissée avec le moteur lorsqu'on le démonte (ne pas laisser
traîner le câble avec la boîte à bornes. Il faut refaire le presse-étoupe).

Extérieurement, le matériel "Ex - d" se distingue par :

- un aspect souvent massif


- des presse-étoupes imposants
- des boulons à tête encastrée (il faut une clé à pipe à 5 pans)
- et surtout par sa plaque signalétique où apparaît "Ex - d …" ou "AdF" (pour les anciens
matériels)

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d - Entretien - Montage du matériel "Ex - e" (Sécurité Renforcée")

Attention : Ce matériel a un aspect extérieur tout à fait standard. Certains constructeurs le distinguent
par une couleur noire (boîtes à boutons Télémécanique, Legrand).

Donc : Se fier à la plaque signalétique où doit apparaître "Ex - e …".

• Câblage

Les bornes de raccordement agréées sont dites 'indesserrables" : on trouvera toujours une rondelle
élastique ou quelque chose de similaire sous la tête de vis.

Il ne faut pas modifier ces borniers.

L'usage de "sucres" est interdit.

Soigner le dénudage des conducteurs et le sertissage des cosses. La sécurité est basée sur l'absence
d'étincelles et d'échauffements.

✳ Conducteur blessé = risque de rupture = risque d'étincelles


✳ Sertissage mal serré = risque d'étincelles et d'échauffements
✳ Cosse mal serrée sur la borne = risque d'étincelles et d'échauffements

• Entrées de câbles

Pour éviter qu'une traction sur le câble entraîne une détérioration des raccordements décrits ci-dessus,
utiliser des presse-étoupes spéciaux "Ex - e" qui maintiennent la gaine extérieure du câble.

Attention : ces presse-étoupes n'ont souvent aucun signe extérieur particulier.

• Protection des moteurs

Dans tous les types de protection "Ex", on doit assurer que la température du matériel en contact avec
l'atmosphère explosible ne dépasse pas une valeur donnée.

Pour les moteurs "Ex - e", le constructeur assure qu'une telle température ne sera pas dépassée, à
condition que le relais thermique de protection soit correctement calibré.

En cas d'ennui, le relais doit disjoncter avant que le moteur n'ait atteint cette température.

IL EST DONC IMPÉRATIF DE NE PAS SURCALIBRER LE RELAIS THERMIQUE SI L'ON VEUT


ASSURER LA SÉCURITÉ.

Si ceci est particulièrement critique pour la sécurité renforcée, il reste dangereux de surcalibrer tout
moteur en zone explosible, d'autant plus que si on vous demande de le faire, c'est parce que le moteur
est sans doute surchargé et donc qu'il va s'échauffer (jusqu'à griller au besoin).

SACHEZ DIRE NON - Le problème devra être résolu autrement (soit diminuer la puissance demandée
par nettoyage de l'organe entraîné par exemple, soit mettre un moteur plus puissant).

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e - Entretien - Montage des installations "Ex - i" (Sécurité "intrinsèque")

Là aussi, et plus qu'ailleurs, les conditions d'installation du matériel sont partie intégrante de la
sécurité.

• Matériel

Le matériel de sécurité intrinsèque ("Si") est souvent en 3 parties :

- l'électronique que l'on place en zone non explosible (matériel "NSI" = non de sécurité
intrinsèque)
- le capteur (de "Si") que l'on place en zone explosible
- la barrière de sécurité ("BSi") qui fait le lien entre les deux, est placée en zone non
explosible
IMPORTANT : L'agrément "Ex - i" du constructeur doit porter sur l'ensemble des
différentes parties (seul cas plus simple : un contact fin de course "sec" devient "Si" en aval
d'une BSi prévue pour cela).

• Câblage

Utiliser des câbles à gaine bleu-clair pour les circuits "Si".

Séparer les chemins de câble "S.I." des chemins câbles "NSI" (si pas possible, il faut une séparation
physique entre les câbles SI et NSI).

Le blindage général du câble SI doit être mis à la terre du côté capteur (et d'un seul côté, comme tout
blindage).

Par contre, les écrans individuels de chaque paire peuvent rester isolés : leur rôle est de court-circuiter
les paires qui seraient écrasées mécaniquement, pour éviter que l'addition de plusieurs circuits "SI" ne
devienne dangereuse.

Dans les coffrets contenant les barrières "BSI", séparer physiquement les circuits "S.I." des circuits
"N.S.I.".

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