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ETHNOBOTANIQUE

ETHNOMEDECINE

ETHNOPHARMACOLOGIE

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Bases historiques
Depuis la nuit des temps, l’homme a du lutter contre le mal-être qui affectait son
corps et son esprit. Face à la maladie, il a cherché dans son environnement les
moyens qui pouvaient le soulager. Ceux qui découvrirent les premières vertus des
plantes eurent la reconnaissance immédiate de leur entourage et se distinguèrent
progressivement comme les premiers guérisseurs. Par l’intuition et l’expérimentation,
ils sélectionnèrent les végétaux utiles, les plantes alimentaires qui nourrissent, les
plantes médicinales qui soignent et les plantes toxiques qui tuent.

Des théories explicatives du monde et plus particulièrement des conceptions de la


santé et de la maladie furent alors élaborées. Dans chaque région du monde s’est
échafaudé un système cohérent de croyances et de conceptions de la physiologie et
de la pathologie du corps et de l’esprit, où seront décrites les causes des maladies et
les principes thérapeutiques pour rétablir la santé.

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HIPPOCRATE
460 – 370 avant J.C.

Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos, est un médecin grec considéré


traditionnellement comme le « père de la médecine ».

Il a fondé l'école hippocratique qui a révolutionné intellectuellement la médecine en


Grèce antique. Il rend la médecine distincte et autonome d'autres domaines de la
connaissance, comme la théurgie et la philosophie, pour en faire une profession à
part entière.

C'est l'initiateur d'un style et d'une méthode d'observation clinique, et le fondateur


des règles éthiques pour les médecins, à travers le serment d'Hippocrate et d'autres
textes du Corpus hippocratique.

La plupart des histoires qui sont rapportées sur la vie d'Hippocrate sont
probablement fausses parce qu’elles sont incompatibles avec les données
historiques, et qu’on raconte des histoires similaires ou identiques, à propos d’autres
personnages comme Avicenne et Socrate, ce qui suggère qu’il s’agit de légendes.
Les deux anecdotes les plus célèbres, car reprises par des écrivains ou des peintres,
sont la rencontre d'Hippocrate et de Démocrite, et le refus d'Hippocrate de l'invitation
du roi de Perse Artaxerxès Ier.

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La maladie d'amour

Appelé auprès du nouveau roi de Macédoine, Perdiccas II, que l'on croyait
gravement malade, il aurait diagnostiqué une maladie d'amour du jeune roi pour la
courtisane de son père décédé.

Une histoire analogue est rapporté à propos d'autres médecins de l'antiquité


comme Érasistrate. Dans tous les cas, un grand médecin découvre chez un jeune
prince (en lui prenant le pouls et en faisant défiler devant lui, une à une, toutes les
femmes du palais) une maladie d'amour cachée pour la femme (sa belle-mère) ou la
courtisane de son père, vivant ou décédé.

Œuvres

Hippocrate est largement considéré comme le « Père de la Médecine ». Son école a


donné beaucoup d'importance aux doctrines cliniques d'observation et de
documentation. Ces doctrines s'appuient sur une pratique d'écriture, claire et
objective. C'est la première littérature médicale que l'on ait conservée, se présentant
sans séparation nette entre technique et esthétique.

Parmi les textes importants, le plus célèbre est le serment d'Hippocrate, sur l'éthique
de la pratique médicale. Traditionnellement attribué à Hippocrate, mais cette
attribution est mise en doute par la plupart des historiens.

Fondamentaux de la médecine hippocratique

Introduction d’une nouvelle vision de l'homme et de sa place dans l'univers, où la


médecine doit se définir par ce qu'elle fait et plus important encore par ce qu'elle ne
fait pas.

Causalité naturelle : la mise à l’écart du divin

La maladie : une histoire logique du corps dans son environnement

La médecine : une relation thérapeutique

Il est défini dans le traité De l'art, il s'agit « d'écarter les souffrances des malades et
de diminuer la violence des maladies » ; dans Épidémies I, on trouve la maxime
« Avoir dans les maladies deux choses en vue : être utile ou du moins ne pas
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nuire », source probable de la fameuse locution latine Primum non nocere « D'abord
ne pas nuire ».

La triade hippocratique

Selon l'auteur de Épidémies I, « L'art de la médecine se compose de trois termes : la


maladie, le malade et le médecin. Le médecin est le desservant de l'art. Le malade
doit s'opposer à la maladie avec l'aide du médecin ». Cette triade a été appelée « le
triangle hippocratique »

La médecine hippocratique se distinguait par son strict professionnalisme, sa


discipline et la rigueur de sa pratique.

…Les difficultés du métier sont ramassées dans le


premier aphorisme des Aphorismes (sentence présentant en peu de mots ce qu'il y a
de plus important à connaître sur une chose), plus connu par l'expression latine Ars
longa vita brevis (l'art est long et la vie est courte).

Régimes de vie

La diététique tient une place centrale dans la thérapeutique hippocratique. Selon


des textes comme Régime, Des aliments, Du régime dans les maladies aiguës, c'est
le moyen le plus sûr de traiter la maladie et ce, dès le début.

De l'ancienne médecine fait de l'invention de la cuisine le début de la médecine. En


inventant la cuisine, les hommes passent du cru indigeste au cuit bénéfique. La
cuisine fonde et entretient une nature humaine qui se distingue de celle des bêtes
sauvages. La diététique vise d'abord à rétablir l'équilibre naturel des quatre humeurs.
Selon cette approche, la diététique repose sur quatre idées :

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 la digestion est une cuisson des aliments ;
 il est préférable de manger certains aliments crus, ou d'autres légèrement ou
longuement cuits, cela pour faciliter la digestion ;
 le corps est composé d'éléments ou humeurs qui déterminent
un tempérament général et individuel ;
 il est recommandé de manger une nourriture équilibrée et proportionnée, c'est-à-
dire des aliments sans abus correspondant à ses besoins du moment et à son
tempérament individuel.

Aliments et boissons

Le régime des malades les plus faibles se limitait aux boissons. L'eau est considérée
froide et humide et s'oppose au vin sec et chaud. Par analogie de couleurs, le vin
rouge est jugé fortifiant pour le sang et le vin blanc diurétique.

Ces conceptions qui ont largement dominé la médecine en Occident pendant plus de
mille ans ont laissé des traces importantes dans la culture populaire. Cette tradition
survit également dans certaines pratiques culinaires (manger du melon avec du
jambon cru, en début de repas, des poires au vin en dessert, boire un digestif en fin
de repas) ou dans certains conseils diététiques de grands-mères (comme ne pas
boire en milieu du repas).

Règles de vie

Cette diététique s'inscrit dans un mode de vie. Hippocrate pensait tantôt le repos,
tantôt l'exercice, d'une importance souvent capitale. Les exercices concernent les
personnes en bonne santé comme les malades. L'idéal est de trouver pour chacun
l'équilibre convenable entre alimentation et exercices. Du régime distingue les
exercices naturels comme la promenade, la lecture, le discours, le chant, la musique
(écouter de la musique est un exercice de l'âme)... et les exercices intenses qui
relèvent de la gymnastique (mouvements des bras, exercices de balançoire, course,
lutte...).

Plusieurs genres de bains sont prescrits, chacun ayant leurs propriétés. Sont ainsi
distingués le bain par immersion ou par aspersion ; chaud, tiède ou froid ; à jeun ou

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après le repas ; eau douce ou eau de mer. Les règles d'applications sont très
précises, de l'ordre du rituel.

L'alternance veille-sommeil se règle aussi selon les repas et les exercices. L'activité
des rêves est prise en compte dans l'évaluation clinique.

Les relations sexuelles peuvent être conseillées ou interdites selon les cas. Le coït
est considéré comme échauffant, humidifiant et amaigrissant. Il est déconseillé pour
les contusionnés de la poitrine et les femmes enceintes. Il est conseillé pour les
jeunes filles atteintes de délire lors de leurs premières règles, se marier au plus vite
est alors un gage de guérison.

Serment d’Hippocrate

Le Serment d'Hippocrate n'est plus qu'un symbole rituel, mais qui garde son
prestige.

Version Originale
« Je jure par Apollon, médecin, par Asclépios, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes
les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment
et l'engagement suivants :
Je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai
avec lui mon savoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je tiendrai ses enfants pour
des frères, et, s'ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni
engagement. Je ferai part de mes préceptes, des leçons orales et du reste de l'enseignement à
mes fils, à ceux de mon maître et aux disciples liés par engagement et un serment suivant la loi
médicale, mais à nul autre.
Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je
m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en
demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à
aucune femme un pessaire2 abortif. Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et
la pureté.
Je ne pratiquerai pas l'opération de la taille, je la laisserai aux gens qui s'en occupent.
Dans quelque maison que j'entre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout
méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou
esclaves.
Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l'exercice de ma
profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion comme un
devoir en pareil cas.
Si je remplis ce serment sans l'enfreindre, qu'il me soit donné de jouir heureusement de la vie et
de ma profession, honoré à jamais des hommes ; si je le viole et que je me parjure, puissé-je
avoir un sort contraire ! »
Traduction par Émile Littré (médecin et lexicographe français, 1801 – 1881) du serment d'origine.

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Versions modifiées du serment

Déclaration de Genève ou Serment de Genève : amandé plusieurs fois, sa dernière


version (2017) est la suivante ;

« En qualité de membre de la profession médicale,


Je prends l'engagement solennel de consacrer ma vie au service de l’humanité ; Je considérerai
la santé et le bien-être de mon patient comme ma priorité ; Je respecterai l’autonomie et la dignité
de mon patient ;
Je veillerai au respect absolu de la vie humaine ; Je ne permettrai pas que des considérations
d’âge, de maladie ou d’infirmité, de croyance, d’origine ethnique, de genre, de nationalité,
d’affiliation politique, de race, d’orientation sexuelle, de statut social ou tout autre facteur
s’interposent entre mon devoir et mon patient ;
Je respecterai les secrets qui me seront confiés, même après la mort de mon patient ; J’exercerai
ma profession avec conscience et dignité, dans le respect des bonnes pratiques médicales ; Je
perpétuerai l’honneur et les nobles traditions de la profession médicale ;
Je témoignerai à mes professeurs, à mes collègues et à mes étudiants le respect et la
reconnaissance qui leur sont dus ; Je partagerai mes connaissances médicales au bénéfice du
patient et pour les progrès des soins de santé ;
Je veillerai à ma propre santé, à mon bien-être et au maintien de ma formation afin de prodiguer
des soins irréprochables ; Je n'utiliserai pas mes connaissances médicales pour enfreindre les
droits humains et les libertés civiques, même sous la contrainte ; Je fais ces promesses sur mon
honneur, solennellement, librement.»

Conseil de l’Ordre des Médecins – France (2012)

« Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de
l'honneur et de la probité.
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses
éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination
selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies,
vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai
pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.
J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je
ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour
forcer les consciences.
Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas
influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l'intérieur
des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les
mœurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne
provoquerai jamais la mort délibérément.
Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai
rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au
mieux les services qui me seront demandés.
J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité.

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Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ;
que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque. »

Belgique (2011)

Au moment où je deviens membre de la profession médicale, je m’engage à œuvrer de mon


mieux pour une médecine de qualité, au service des personnes et de la société. J’exercerai la
médecine avec conscience et application. Au service de mes patients, je favoriserai leur santé et
soulagerai leurs souffrances. J’informerai correctement les personnes qui font appel à mes soins.
Je garderai les secrets appris du fait de la pratique de ma profession et les confidences faites par
mes patients, même après leur mort. Je tiendrai mes professeurs et tous ceux qui m’ont formé en
haute estime pour ce qu’ils m’ont appris. J’actualiserai mes connaissances, ne dépasserai pas
les limites de mes compétences et je contribuerai autant que possible au progrès de la médecine.
J’utiliserai de manière responsable les moyens que la société met à disposition et j’œuvrerai pour
des soins de santé accessibles à tous. J’entretiendrai des rapports collégiaux avec mes
confrères. Je serai respectueux envers mes collaborateurs. Je veillerai à ce que des convictions
politiques ou philosophiques, des considérations de classe sociale, de race, d’ethnie, de nation,
de langue, de genre, de préférence sexuelle, d’âge, de maladie ou de handicap n’influencent pas
mon attitude envers mes patients. Je respecterai la vie et la dignité humaine. Même sous la
pression, je n’admettrai pas de faire usage de mes connaissances médicales pour des pratiques
contraires à la dignité humaine. Je fais ces promesses solennellement, librement et sur l’honneur.

Canada (en usage depuis 1999)

« J’affirme solennellement que :


Je remplirai mes devoirs de médecin envers tous les patients avec conscience, loyauté et
intégrité ;
Je donnerai au patient les informations pertinentes et je respecterai ses droits et son autonomie ;
Je respecterai le secret professionnel et ne révélerai à personne ce qui est venu à ma
connaissance dans l’exercice de la profession à moins que le patient ou la loi ne m’y autorise ;
J’exercerai la médecine selon les règles de la science et de l’art et je maintiendrai ma
compétence ;
Je conformerai ma conduite professionnelle aux principes du Code de déontologie ;
Je serai loyal à ma profession et je porterai respect à mes collègues ;
Je me comporterai toujours selon l’honneur et la dignité de la profession. »

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La médecine hippocratique et sa philosophie « hippocratisme » constituent une
médecine « sans anatomie, ni physiologie » du point de vue moderne. Elle se
situerait dans le cadre plus général des médecines traditionnelles d'autres
civilisations, plus proche des médecines naturelles que de la médecine académique
moderne, laquelle est surtout fondée sur la méthode anatomo-clinique et les
sciences biologiques.

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CLAUDE GALIEN (CLAUDIUS GALENUS)
131 – 201 après JC

Galien est après Hippocrate la plus grande figure de la médecine antique. Ses
études anatomiques sur les animaux et ses observations sur les fonctions du corps
humain dominèrent la théorie et la pratique médicales pendant quatorze siècles.

Son œuvre immense, fut d'abord en grande partie oubliée en Europe occidentale
jusqu'au XIe siècle. Transmise à Byzance et dans le monde musulman, elle reviendra
en Europe d'abord à partir de traductions de l'arabe en latin puis à partir de
la Renaissance, des sources grecques d'origine.

La théorie médicale de Galien a dominé la médecine jusqu'au XVIIIe siècle. Mais elle
devra s'incliner devant le développement irrésistible de la méthode expérimentale qui
permettra d'établir sur une base empirique solide les modèles du système
cardiovasculaire, respiratoire, digestif et nerveux. Toutefois, la version arabe
du galénisme qui fut importée en Inde par les musulmans, y a survécu jusqu'à
l'époque moderne sous le nom de médecine Yunâni ou unani. Considérant
l'anatomie comme la base fondamentale de la médecine, mais ne pratiquant la
dissection que sur les animaux, - l'autopsie des corps humains étant interdite à
l'époque - il énoncera des contre-vérités qui ne seront rétablies qu'à la Renaissance
(il se trompe sur les rôles respectifs du foie et du cœur, faisant du premier le centre
de la circulation sanguine. Il croit à une communication inter-ventriculaire dans le
cœur, que l'utérus humain est bifide, au doublement des voies biliaires).

Dans son schéma de physiologie humaine Galien reprend la théorie des humeurs
d'Hippocrate qui repose sur les 4 éléments (eau, air, terre, feu) qui, combinés aux 4
qualités physiques (chaud, froid, humide, sec), influent sur les quatre humeurs : le
sang, la bile, la pituite et l'atrabile. il y ajoute les quatre tempéraments qui classent
les hommes en sanguins (chaleureux et aimables), flegmatiques (lents et
apathiques), mélancoliques (tristes et déprimés) et colériques (emportés et prompts
à réagir).

Contrairement à Hippocrate sa thérapeutique repose sur l'emploi des contraires:


"contraria contrariis curantur" ; les plantes médicinales tenant dans l'arsenal

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thérapeutique une place de choix, cette partie de la pharmacopée garde encore le
nom de "pharmacie galénique".

ECOLE DE SALERNE

C’est non seulement la première école de médecine fondée en Europe au Moyen


Âge (vers le IXe siècle), mais encore l'une des plus importantes.

Si l'on ignore la date précise de sa création, les noms de ses fondateurs. Selon la
légende, la fondation de l'école est due à quatre maîtres mythiques : le juif Helinus,
le grec Pontus, l’arabe Adela et le latin Salernus, enseignant chacun dans sa langue.
L'école dispensa, du IXe au XIVe siècle, un enseignement théorique et pratique de la
médecine et de la chirurgie, fondé non seulement sur l'étude des textes anciens mais
sur l'examen des malades eux-mêmes, qui étaient hébergés dans la partie
hospitalière de l'université. Celle-ci, bien qu'en excellents termes avec l'Église, était
d'esprit résolument laïque et fut ouverte à toutes les nations, à toutes les religions.
Les étudiants venaient de l'Europe entière et des pays bordant la Méditerranée, et le
diplôme décerné par Salerne conférait au jeune médecin une estime et une
réputation inégalables. Les femmes participèrent à l'enseignement, tout autant donné
que reçu : la célèbre Trotula enseignait la gynécologie et laissa des ouvrages
d'obstétrique et d'hygiène, et l'on connaît les noms de cinq femmes parmi les
étudiants.

L'école a connu trois grandes périodes. La première, du IXe au XIe siècle, évoque
l'école hippocratique de Cos : enseignement strictement laïque, étude des textes
anciens grecs et latins ; la seconde concerne l'enrichissante introduction de la
médecine arabe, grâce, en grande partie, à Constantin l'Africain ; ce nouveau
courant donnera à l'école de Salerne un âge d'or s'étendant de la fin du XIe siècle à
celle du XIIIe. Puis s'amorce un déclin assez rapide et, déjà tombée dans l'oubli au
début du XVIe siècle, elle est officiellement dissoute par Napoléon en 1811.

Mais l'école doit aussi sa célébrité aux œuvres écrites, souvent collectives et
anonymes, dues aux grands maîtres qui l'animaient. Le plus célèbre ouvrage
reste La Médecine selon le régime sanitaire de l'école de Salerne (Flos medicinæ vel
regimen sanitatis Salernitanum) dont les préceptes médicaux, rédigés vers 1060 en

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vers latins, étaient assortis de règles de morale, de déontologie et d'hygiène
élémentaire ; son influence va durer des siècles, et le Regimen est à l'origine d'une
foule d'ouvrages sur la préservation de la santé.

LE LIVRE DE LA THERIAQUE
Le livre de la Thériaque (Kitâb al-Diryâq) de Paris appelé aussi Livre des
antidotes est un manuscrit arabe illustré contenant un traité de pharmacologie
rédigé à l'époque antique par un auteur anonyme. Daté de 1199, il s'agit d'un des
plus anciens manuscrits arabes illustrés encore conservés. Il est actuellement à
la Bibliothèque nationale de France. L’ouvrage a été réalisé en Syrie ou en Irak.
Plusieurs inscriptions, écrites dans le style coufique, semblent indiquer que le
manuscrit a été écrit par un scribe chiite de son nom complet Muhammad ibn Abî l-
Fath ‘Abd Al Wâhîd ibn Abîl-Hassan ibn Abîl-Abbâs Ahmad, à l'attention de son
neveu Mahmoud. Tous deux Chiites, ils appartenaient à une grande famille
religieuse, nombre de leurs ancêtres étant des imams.

Le manuscrit donne la recette pour obtenir la thériaque, antidote à de nombreux


poisons, considérée alors comme une véritable panacée.

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PARACELSE
(1493-1541).

Philippus Aurolus Theophrastus Bombast von Hohenheim dit Paracelse a été un


célèbre médecin et alchimiste suisse.

Abstraction faite des propriétés occultes qu'il prêtait à certaines substances, on peut
dire que Paracelse a pour ainsi dire créé la doctrine moderne des spécifiques. De
même, il préluda aux théories humorales de l'avenir, et, en somme, il a ouvert à la
médecine des voies nouvelles. Les magnétiseurs le considérèrent également comme
l'un de leurs précurseurs, et non sans quelque raison. Il croyait au surnaturel et
s'efforçait de le prouver par des arguments d'ordre naturel; bref, il s'était fait le
vulgarisateur du monde métaphysique.

C’est à Paracelse que l’on doit la théorie des signatures qui stipule que la plante, par
sa morphologie ou sa couleur, signe son indication thérapeutique, comme les fleurs
jaunes sont en rapport avec la bile jaune du foie.

Paracelse une fois mort, le nombre des partisans de ses doctrines médicales s'accrut
de jour en jour, surtout en Allemagne. Ambroise Paré et Fernel adoptèrent quelques-
unes de ses idées. La Faculté de Paris, cependant, ne voulut pas entendre parler
des préparations chimiques qu'il avait introduites dans la thérapeutique, et
particulièrement de l'antimoine.

L'énumération de ses ouvrages n'aurait pas grand intérêt; il a écrit sur les
préparations médicamenteuses, la médecine pratique en général, la syphilis, la
chirurgie; les impostures des médecins, la nature des choses, la peste,
la philosophie et l'astrologie, etc.

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RHAZES

Rhazès, Rhasès ou Rasés (Er-Razi Mohammed ben Zukariya), né à Ray, dans le


Khorassan (province du nord-est de l’Iran, ville : Machad), mort très vieux vers 923.
Après une jeunesse agitée, il étudia la médecine qu'il exerça à Ray sous un prince
nommé El Mansour, puis à Bagdad. Il aurait aussi visité l'Espagne et habité Cordoue.
Il a fait de l'alchimie, comme la plupart des savants de son temps. Il existe sous son
nom, à la Bibliothèque nationale de Paris, un traité de médecine, désigné, sous le
nom de El Mansouri, qui contient une anatomie d'après d'Oribase et des préceptes
pour le diagnostic, l'hygiène et la thérapeutique.

Son principal ouvrage porte le nom de El Hhawi (le Contenant), compilation confuse,
fondée en grande partie sur les livres grecs, tels ceux d'Hippocrate et de Galien. On
sait que les médecins arabes étaient les disciples des Syrciens, eux-mêmes
traducteurs et imitateurs des Grecs. Cependant le traité de Razhès sur les maladies
éruptives, et spécialement sur la variole et la rougeole, renferme des observations
originales; il a été traduit en grec, en latin, et en français au XVI e siècle.
L'énumération de ses ouvrages a été donnée par Casiri dans sa Bibliothèque
hispano-arabe.

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AVICENNE

Médecin, savant et homme politique de l’ancienne perse, Ibn Sina, connu sous le
nom d'Avicenne en Occident était perse, il est l'un des plus grands savants à
l'époque médiévale, il fut à la fois philosophe, médecin, mathématicien et astronome.
Il est peut-être le meilleur représentant de l'universalité des connaissances,
l'élévation de sa pensée ainsi que la qualité de ses écrits furent parmi les plus
remarquables du génie humain.

Son ouvrage al-Qanun fi al-Tibb, connu comme le « Canon » a été le manuel de


référence des écoles européennes jusqu’au 17è siècle.

« Le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe
la haine ; alors le passé est comme s’il n’eût jamais existé. » Avicenne.

Ibn Sina s'est particulièrement distingué en médecine où il fit de nouvelles


découvertes. Il est le premier à parler, en détail, d'un ver circulaire, connu aujourd'hui
comme l'Ancylostoma. Il a étudié les troubles nerveux et débouché sur certaines
réalités psychologiques et pathologiques par le biais de la psychanalyse. Il estimait
que les facteurs psychiques et cérébraux influent énormément sur les organes du
corps et leurs fonctions. Il a décrit, en outre, l'apoplexie, causée par l’hypertension
sanguine.

Son apport en médecine est immense, fondé sur ses propres observations. Car c'est
grâce à l'expérimentation, à laquelle il accordait une place de premier ordre, qu'il
parvint à des observations fiables. Citons, à titre d'exemple, sa perception de la
nature contagieuse de la tuberculose, la propagation des maladies à travers l'eau et
le sol, sa description minutieuse des maladies de la peau, ainsi que les maladies
vénériennes. Sans oublier sa description pharmaceutique pour la préparation d'un
certain nombre de remèdes.

Ibn Sina fut aussi le premier à découvrir les infections contagieuses de la membrane
cérébrale, qu'il distingua des autres infections chroniques. Il établit le premier
diagnostic explicite de la sclérose du cou et de la méningite. Il traita également la

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paralysie faciale et ses causes, distinguant entre la paralysie provoquée par une
cause cérébrale et celle d'origine locale.

Œuvres écrites

Le nombre dépasse les 200 ouvrages et thèses.

C'est pendant la période de son séjour auprès de l'émir d'Ispahan qu'il écrit son
ouvrage le plus célèbre et le plus considérable sur la philosophie et la médecine
le "Kitab Al Qanun fil-Tibb" ("Canon de la médecine") qui est une revue de synthèse
claire et ordonnée de tout le savoir médical, un essai grandiose de codification des
doctrines médicales d'Hippocrate, de Galien et d'Aristote..

Cette encyclopédie est composée de 5 livres (kutub):


- Volume I - Description des principes et des théories de la médecine. Panorama de
l'anatomie, de la philosophie et de la pathologie des différents organes
- Volume II - Classification des médicaments simples par ordre alphabétique, avec
description des propriétés thérapeutiques de chacun.
- Volume III - Description des maladies localisées du corps, de la tête aux pieds.
- Volume IV - Description des symptômes des maladies, les fièvres par exemple.
- Volume V - Enumération de 760 médicaments composés.

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Principales Pharmacopées à
travers le monde
Depuis l'aube des temps, l'homme a cherché des produits végétaux et animaux
appropriés pour le maintien de sa santé et de son bien-être.
Au fil du temps, les sociétés humaines à travers le monde ont développé de riches
expériences et explications relatives à leurs environnements et une large
pharmacopée naturelle composée d'espèces végétales et animales sauvages pour
combattre les maladies.

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Pharmacopées des sociétés de tradition orale

La connaissance des plantes médicinales se transmet de génération en génération


au fil des siècles par un apprentissage ou une initiation dans toutes les sociétés de
tradition orale, notamment chez certains peuples d’Afrique, d’Amérique et du
Pacifique.

Reconnues depuis plusieurs décennies comme source essentielle de l’identité de


nombreuses populations dans le monde, les traditions orales constituent le matériau
privilégié de l’histoire du continent africain. En raison de leur extrême fragilité, cette
catégorie de sources se révèle comme difficilement manipulables. De surcroit, elle
est exposée à des menaces sérieuses de destruction.

Dans un monde en pleine mutation technique et technologique, on est en droit de se


demander quel sera l’avenir des cultures traditionnelles et populaires. En effet, face
aux agressions culturelles de toutes sortes, il y a un danger réel de voir les traditions
orales se désagréger, voire de disparaître de façon irrémédiable. Dès lors on
comprend aisément la nécessité d’une action urgente pour protéger le patrimoine
culturel immatériel de l’humanité et surtout d’assurer sa conservation efficace et sa
transmission méthodique aux générations montantes.

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Pharmacopées contemporaines – EUROPE
Communauté Economique Européenne (CEC)

En 1975, la CEC a émis des directives pour que ses pays membres effectuent une
révision systématique des produits médicaux sur le marché. Les experts de la
Pharmacopée Européenne élaborent des monographies de plantes qui font l’objet
d’un consensus et qui s’appliquent alors aux différents pays de la Communauté
Européenne.

Depuis le 1er janvier 2002, l’édition de la pharmacopée Européenne devient


obligatoire au sein de l’Union Européenne. Les monographies de la Pharmacopée
Européenne précèdent les substances chimiques (principes actifs ou marqueurs
d’identification) qui servent au contrôle chimique d’identification ou de qualité, mais
ne donnent aucune indication sur la composition chimique détaillée ou sur les
propriétés pharmacologiques.

Depuis 1989, des association européennes de phytothérapie regroupées dans


l’European Scientific Cooperative on Phytotherapy (ESCOP) élaborent des
monographies.

European Scientific Cooperative on Phytotherapy (ESCOP)

La ESCOP a été créée en 1989 et regroupe des associations nationales de


phytothérapie. Elle compte 15 membres issus de pays européens et 5 membres
provenant d’Australie, d’Inde et des Etats-Unis. Son comité scientifique est composé
d’experts issus des pays membres et compte des médecins, phytothérapeutes,
pharmacognostes, pharmacologues, et experts de la réglementation.

La principale mission de l’ESCOP consiste à faire avancer les connaissances


scientifiques en matière de phytothérapie et à contribuer à l’harmonisation de leur
statut au sein de l’Europe. L’institution vise également à favoriser l’acceptation de
l’utilisation des plantes, notamment au sein de la pratique médicale. L’ESCOP
organise régulièrement des symposiums réunissant des spécialistes de haut niveau
qui partagent leurs connaissances et leurs préoccupations en matière de

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phytothérapie : innocuité, efficacité, évaluation des recherches scientifiques,
réglementation…

Depuis 1996, l’ESCOP a publié 80 monographies de plantes médicinales qui font la


synthèse bibliographique des travaux de chimie, de toxicologie, de pharmacologie et
de clinique. L’ESCOP propose pour chaque espècedes indications thérapeutiques,
des posologies, et les précautions d’emploi.

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Pharmacopée Française

Les plantes médicinales sont inscrites dans les différentes éditions de la


Pharmacopée Française. La liste publiée dans la 10è édition, seule édition officielle
reprend les plantes de l’ancienne liste rédigée en 1979 et déjà publiée dans la 9è
édition en 1993. Cette liste révisée en 2000, est divisée en 2 parties :

Une liste A comprenant 454 plantes médicinales utilisées en allopathie et, pour
certaines d’entre elles en homéopathie ;

Une liste B de 73 plantes dont l’évaluation du rapport bénéfice/risque est négatif pour
une utilisation traditionnelle en préparation magistrale. En effet, ces plantes peuvent
présenter des effets secondaires ou toxiques indésirables. Par contre en dilution, ces
plantes peuvent servir à la préparation de médicaments homéopathiques et sont
vendues exclusivement par les pharmaciens.

Dans ces monographies, les caractéristiques spécifiques de chaque espèce, les


techniques d’identifications botaniques (macroscopiques et microscopiques) et
chimiques (CCM, CPG, CLHP…) et de contrôle de qualité à mettre en œuvre
(recherche de pesticides, de radioactivité, de métaux lourds). Ces monograhie
permettent aux industriels de préparer les dossiers de demande de mise sur le
marché de plantes ou de médicaments de qualité répondant à des normes
standardisées. De nouvelles monographies sont régulièrement publiées et les plus
anciennes sont régulièrement mises à jour.

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Allemagne

Le gouvernement mettra en place en 1978 une série de comités scientifiques ayant


chacun une spécialité :

Commission B3 pour les médicaments utilisés en neurologie,

Commission D pour l’homéopathie

Commission E pour la phytothérapie

Les 24 membres de la Commission E constituaient un panel interdisciplinaire qui


comptait des experts reconnus en médecine, en pharmacologie, en pharmacie et en
phytothérapie. De 1978 à 1994, ces spécialistes ont évalué 360 plantes en se basant
sur une documentation très fournie comprenant entre autres, des analyses
chimiques, des études expérimentales, pharmacologiques et toxicologiques ainsi que
des recherches cliniques et épidémiologiques.

Les critères d’évaluation de la Commission E reposent sur les deux doctrines du Pr


Varg E. Tyler (éminent expert amériacain dans le domaine des plantes) :

La « doctrine de la preuve absolue » en ce qui concerne l’innocuité

La « doctrine de la certitude raisonnable » pour l’efficacité.

Pour obtenir une approbation, une plante doit présenter un rapport bénéfice/risque à
toute épreuve. D’où la présence sur le marché allemand de produits de
phytothérapie offerts uniquement sous ordonnance (quand ils sont plus ou moins
toxiques) ou en vente libre (quand ils sont suffisamment inoffensifs).

Parmi les 380 monographies publiées par la Commission E, 126 concernent en fait
des plantes « non approuvées », c’est-à-dire que la documentation consultée n’a pas
été jugée suffisante pour justifier un usage thérapeutique efficace ou sécuritaire.

Les préparations dites traditionnelles offertes depuis longtemps sur le marché mais
ne respectant pas les critères fixés par la Commission E ne peuvent prétendre traiter
ou guérir une maladie, mais peuvent en revanche s’afficher comme utiles pour
renforcer, tonifier ou soutenir l’organisme, dans la mesure où leur usage s’est révélé

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utile depuis de nombreuses années et qu’ils respectent certains critères d’innocuité
et de qualité.

Même si la commission E n’a pas publié de monographies depuis 1995, il faut


cependant noter la publication d’une version « allongée » de 100 monographies en
2000. La Commission E a maintenant un rôle de comité aviseur pour l’Institut fédéral
des médicaments et des dispositifs médicaux qui approuve les demandes de mise en
marché des produits de phytothérapie vendus sous ordonnance en Allemagne.

A ce jour, la Commission E demeure le seul organisme officiellement mandaté par un


gouvernement pour évaluer l’efficacité des plantes médicinales.

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Association for African Medicinal Plants Standards
(AAMPS)

Les normes arrêtées par AAMPS fournissent une littérature complète et une mise à
jour des données botaniques, phytochimiques, pharmacologiques et commerciales
des plantes médicinales africaines les plus importantes.

Les espèces ont été sélectionnées après une étude complète et systématique de la
littérature scientifique publiée ou non-éditée et aussi couplée d’une concertation
étroite avec les principaux acteurs à travers le continent.

Les monographies tiennent compte également des besoins en informations des


cultivateurs, des collectionneurs, des consommateurs, des commerçants et des
producteurs.

Pharmacopée d’Afrique de l’Ouest (1ère édition)


Parue en 2013, cette première édition résume la base scientifique de quelques
plantes médicinales communes aux Etats membres et indique les critères permettant
d’en assurer l’identité, la pureté, et la qualité.

Initiée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) et compilée par des
experts des Etats membres de la CEDEAO, cette pharmacopée comprend 55
monographies de plantes médicinales communes à l’ensemble des 15 Etats de
l’espace. Chaque plante est décrite avec ses noms botaniques, communs et
vernaculaires, sa description botanique, son habitat et sa répartition géographique, la
définition de la drogue, sa composition chimique, ses activités biologiques et
pharmacologiques, ses données d’innocuité, ses indications et actions
thérapeutiques, ses tests d’identité et de pureté, ses dosages, et ses conditions de
conservation.

Sous la houlette constante de l’OOAS, une 2è édition de la Pharmacopée d’Afrique


de l’Ouest est attendue en 2018.

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Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

En 1986, à Tokyo, au cours de la 4è Conférence Internationale des instances


réglementaires sur les médicaments (CIIRM), l’OMS a été mandatée pour établir des
spécifications internationales sur les plantes médicinales les plus utilisées. Les lignes
directrices d’évaluation ont été adoptées au cours de la 6è Conférence qui s’est
tenue à Ottawa en 1993.

C’est au WHO Collaborating Center for TraditionalMedicine de l’Université de l’Illinois


à Chicago qu’on a confié le soin de préparer les monographies. Les experts de ce
Centre ont fait une revue systématique de la recherche scientifique publiée entre
1975 et 1995. Par la suite, les textes ont été lus et commentés par plus de 100
experts issus de 40 pays.

En 1996, à Munich (Allemagne), 16 spécialistes de la phytothérapie et les instances


réglementaires des pays membres ont approuvé 28 des 31 monographies. Quelques
mois plus tard, à Bahrein (Golfe arabo-persique), les monographies ont de nouveau
été revues puis validées pour publication et c’est en 1999 que le 1 er Volume a paru.
Un 2è Volume a été publié en 2002.

Les monographies de l’OMS ont la particularité de mentionner les indications


confirmées par des études cliniques, celles mentionnées par les médecines et les
pharmacopées traditionnelles et, celles non confirmées par des recherches, qui
relèvent d’un usage populaire. Elles comportent en outre des informations sur les
critères de qualité de traitement et de préparation des produits médicinaux.

En somme, c’est là un ouvrage de référence important, autant pour les pays


développés que pour les nations moins privilégiées dans lesquelles la médecine
traditionnelle est encore bien populaire, mais parfois pratiquée avec des plantes dont
les critères d’innocuité, d’efficacité et de transformation sont souvent mal encadrés et
mal documentés.

L’OMS encourage les pays à fournir des approches et des remèdes traditionnels sûrs
et efficaces au sein de leurs systèmes de santé publics et privés.

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Evolution des Principales
Médecines traditionnelles

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MEDECINE TRADITIONELLE INDIENNE (MEDECINE AYURVEDIQUE)
(Médecine ayurvédique = « science de la vie » ; « le savoir sur la durée de vie »)
Sanskrit : ayur (vie) ; veda (science de la connaissance)

C'est un ensemble pratique et holistique de lignes directrices pour maintenir


l'équilibre et l'harmonie dans le corps humain. Les partisans de ce système médical
traditionnel croient que l'adhésion aux principes ayurvédiques aiderait à assurer la
longévité pour la poursuite de la droiture (dharma), la richesse (artha) et le bonheur
(sikha).

La Médecine ayurvédique est vraisemblablement issue des médecines védiques qui


se sont développées en Inde il y a de cela 5000 – 10.000 années. Considérée
comme l'origine de la médecine systémique, l'Ayurveda est considérée comme la
plus ancienne de toutes les traditions médicales documentées, étant probablement
plus ancienne que la MTC.

En effet, alors que les textes médicaux grecs et moyen-orientaux se réfèrent à des
idées et à des drogues d'origine indienne, les anciens écrits hindous sur les
médicaments ne contiennent aucune référence aux médicaments étrangers.
Dioscoride, qui a vécu au 1er siècle après Jésus-Christ et a influencé Hippocrate,
aurait pris beaucoup de ses idées de l'Inde.

La transmission de la connaissance et de la sagesse d'une génération à l'autre en


Inde a eu lieu à travers des chants et des poèmes, que les érudits et les médecins
ont dû apprendre par cœur et réciter. Le plus ancien de l'ancien texte indien, le Veda
(écrit en quatre parties: Rig Veda, Samta Veda, Yajur Veda, et Atharva Veda)
remonte à 2000 ans avant JC. Le Rig Veda se compose de nombreux hymnes
poétiques sur les principes de la médecine ayurvédique et il utilise des plantes
médicinales. En 500 av. J.-C., le premier enseignement médical ayurvédique fut
établi à l'Université de Banaras, et la grande Samhita (Encyclopédie de médecine)
fut écrite à peu près au même moment. cela a été suivi 700 ans plus tard, avec la
rédaction d'une autre grande encyclopédie. Ces deux textes forment ensemble la
base de l'Ayurveda.

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Dans ce système de médecine, l'environnement vivant et non vivant est composé
des éléments terre (prithvi), eau (jada), feu (tejac), air (vaju) et espace (ou éther)
(akasa). La matière est constituée de 5 élements : l’éther, le vent, le feu, l’eau, et la
terre. En se combinant, ils forment le dhâtu : le chyle, le sang, la chair, la graisse, les
os, la moelle et le sperme. On croit que la maladie est le résultat d'un déséquilibre
entre les divers éléments. Le but du traitement ayurvédique est donc de rétablir
l'équilibre.

Les plantes médicinales ayurvédiques notables incluent l'Azadirachta indicva, la


Centellaasiatica, la Cinnamomemcamphora, l'Elettaria cardamomum, la Rauwolfia
serpentina, l'album de Santalum, l'espèce Terminalia, la Withaniasomnifera ...

De nos jours, les systèmes de soins de santé traditionnels en Inde sont encore très
performants, et plus de 400 000 praticiens traditionnels sont en pratique, contre
environ 332 000 médecins inscrits.

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MEDECINE TRADITIONNELLE DU MOYEN-ORIENT

Les documents écrits les plus anciens sur l'utilisation des plantes médicinales dans
les traditions arabes ont été découverts à partir des travaux des Sumériens et des
Akkadiens de Mésopotamie. Les fouilles archéologiques de la tombe de l'homme de
Neandertal de Shanidarin en Irak ont découvert du pollen de diverses espèces de
plantes, y compris Centaurea solstitialis (Asteraceae), Ephedraaltissima et Altheasp
(Malavaceae), qui peuvent avoir été utilisées jusqu'à 60000 avant notre ère. De
façon intéressante, ces plantes d'espèces étroitement apparentées du même genre
sont encore utilisées aujourd'hui dans la phytothérapie irakienne et d'autres traditions
culturelles. Les écrits cunéiformes des Babyloniens, des Assyriens et des Sumériens,
en particulier le Code d'Hammourabi (vers 1700 av. J.-C.), énumèrent plusieurs
plantes médicinales, dont certaines sont encore utilisées aujourd'hui.
Les Arabes sont crédités de la préservation d'une grande partie de l'expertise
médicale gréco-romaine et ont été les premiers à créer des pharmacies privées. Le
Canon Medicinae de Avicenne est considéré comme la «codification finale de toute
la médecine gréco-romaine» et la base du système de guérison islamique appelé
unani-tibb , il contient également des informations sur d'autres traditions de guérison.
Le M-E, y compris l'Egypte, est noté pour les plantes médicinales importantes telles
que Trachyspermum ammi, Prunus dulcis, Ferulaassafoetida, Carum carvi,
Ricinuscommunis, Trigonelle foenum-graecum, Vitis vinifera, Lawsoniainermis,
Allium cepa, Papaver sominiferum, Punicagranatum, Carthamustinctorius, Senna
alexandrina, Sesamumindicum, Peganumharmala, Salvadorapersica,
Astracanthagummifera...

La médecine arabo-persane est l’héritière à la fois de la médecine hippocratique et


de la médecine ayurvédique de l’Inde.

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MEDECINE TRADITIONNELLE DES AMERIQUES

Le chamanisme est au cœur de la pratique de la médecine traditionnelle dans les


Amériques. Les chamans traitent également la maladie d'un point de vue holistique
en gérant les aspects physiques et spirituels. Le traitement consiste à exécuter des
cérémonies chamaniques avec des chants, des danses et des rituels censés éloigner
les forces du mal. Fait intéressant, plutôt que de détruire ces pratiques, les premiers
colons ont appris des pratiques indigènes et adopté de nombreux remèdes à base
de plantes, qui constituaient par la suite la base de la pharmacopée américaine.
Hydrastis purpurea (Echinaceae) et Hydrastis canadensis (hydraste du Canada) font
partie des célèbres plantes médicinales des États-Unis. Avec l'avènement des
médicaments synthétiques au 20ème siècle, la pratique de la phytothérapie a perdu
de son élan, et les plantes étaient plutôt considérées comme des sources
potentielles de nouveaux composés pour le développement de médicaments. Trois
des principales sources de médicaments anticancéreux utilisés en clinique
provenaient de plantes nord-américaines grâce à l'observation en laboratoire conclue
avec sérénité. Ce sont: Asimina spp., Taxus brevifolia (tt cancer des ovaires), et
Podophyllum peltatum for (tt leucémie, K poumons et testicules) ...
Cependant, au cours des deux dernières décennies, il y a eu un regain d'intérêt pour
les herbes et les plantes en Amérique du Nord, bien qu'ils soient encore considérés
comme des suppléments nutritionnels plutôt que comme des médicaments.

Les pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud ont également des traditions de
guérison riches et diverses, qui sont aussi mal documentées que leurs homologues
d'Afrique subsaharienne. Un grand nombre de cultures vivrières, notamment le
manioc, le maïs, les arachides, les pommes de terre, les citrouilles, les patates
douces et les tomates, proviennent de cette partie du monde.
Des exemples bien connus de plantes médicinales indigènes de la région
comprennent Cinchonapubescens, Erythroxylum coca, Ilexparaguariensis,
Paulliniacupana, Psidiumguajava, Spilanthesacmella, Uncariatomentosa,
Tabebuiaimpetiginosa.

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MEDECINE TRADITIONNELLE DU SUD-OUEST ASIATIQUE & AUSTRALIE

Les aborigènes australiens avaient une tradition de guérison complexe, dont une
grande partie a été perdue sans être documentée. En revanche, les traditions
médicales de pays comme la Malaisie, la Thaïlande, le Vietnam, la Nouvelle-
Zélande, Bornéo et les îles polynésiennes ont été préservées et développées.
Les régions se vante de telles plantes médicinales importantes ou leurs produits
comme Croton tiglium, Duboisiahopwoodi, Eucalyptus globulus,
Melaleucaalternifolia, Myristicafragrans, Piper methysticum, Strychnos nux-vomica,
Styrax benzoin, Syzygium aromaticum ...
Ces dernières années, la région a été témoin d'un regain d'intérêt pour la médecine
traditionnelle, de nombreux pays encourageant la recherche sur les plantes
médicinales en tant que sources potentielles de nouveaux médicaments.

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MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE

La médecine traditionnelle chinoise est une médecine non conventionnelle fondée


sur une théorie du fonctionnement de l'être humain en bonne santé en équilibre avec
son environnement. Elle tente également d'expliquer les causes des maladies et les
mécanismes biologiques et psychiques qui en sont les conséquences. La
médecine chinoise cherche à comprendre l'être humain, aussi bien en bonne santé
que malade, par une gestion de l'équilibre de l'énergie interne appelée qi.

La médecine chinoise est avant tout une médecine de prévention. En cas de


pathologie, elle observe les déséquilibres énergétiques au niveau des méridiens pour
rétablir l'harmonie. La médecine traditionnelle chinoise se compose de 5 disciplines :
la pharmacopée, le massage et les exercices énergétiques (qi gong, taiji
quan, kungfu…), la diététique, l’acupuncture et la moxibustion.

C'est une médecine dont l'élaboration est généralement datée de 1250 ans av. J.-C

La médecine antique

Elle est essentiellement marquée par trois figures légendaires, trois empereurs
mythiques :

 Fuxi : on lui attribue la rédaction du Yi Jing (Livre des Mutations), généralement


considéré comme le plus ancien livre chinois.
 Shennong : père de l’agriculture et de la phytothérapie. Il est appelé le « divin
laboureur ». On lui attribue le premier Bencao (Traité des Matières Médicinales).
 Huang Di : l’Empereur Jaune, créateur des rites et de la médecine. On lui attribue
la rédaction du Nei Jing (Huang Di Nei Jing ou Classique de la Tradition
ésotérique de l’Empereur Jaune) qui traversera les siècles.
En dehors de ces figures légendaires, on considère que les premiers écrits médicaux
attestés, datant d’entre 580 et 320 av. J.-C., apparaissent dans
le ZuoZhuan composé au début du Ve siècle av. J.-C.. Ils seraient donc
contemporains des textes grecs hippocratiques. Cela ne signifie pas, bien entendu,
que la médecine chinoise date de cette époque, car avant d’être écrite, elle se
transmettait oralement de façon ésotérique.

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Les remèdes d’immortalité

Les remèdes d’immortalité (《chángshēngbùlǎoyào ou « médicaments de longue vie


et de jouvence ») ont alimenté les recherches de la médecine chinoise et du taoïsme,
notamment lors du règne de Qin Shihuangdi (Qin Shihuang). L'empereur Qin
Shihuang parcourut les côtes de Chine orientale afin de trouver ces remèdes, et
envoya vers les mythiques îles des immortels une vaste expédition menée par Xu
Fuaccompagné de 3 000 filles et garçons vierges, de gardes et de vivres.

Des Han aux Sui (206 av. J.-C. - 589)

Grâce à la paix qui règne sous la dynastie des Han (206 av. J.-C. - 220), de
nombreux ouvrages sont rédigés. Ils sont mentionnés dans les Annales des
Han (Han Shu) sous les catégories suivantes :

 Yijing : Classiques de la Médecine,


 Jin fang : Recueils de Recettes,
 Fangzhong : Traités de la Chambre à Coucher,
 Shenxian: Méthode et Recettes pour Devenir Immortel.

Du côté des spécialistes, trois grandes figures marquent cette époque :

Chúnyúyì ( 215 av. J.-C. ou 216 av. J.-C. –167 av. J.-C.)

À travers ses observations (anamnèse, examen clinique, diagnostic, pronostic,


traitement, pathogénie, discussion des symptômes et justification de traitements), on
reconnaît diverses maladies telles que la cirrhose du foie, l’hernie étranglée,
le lumbago traumatique, l’abcès péritonéal, l’angine infantile, la pyélonéphrite,
la congestion pulmonaire, la goutte, paralysie progressive, l’hémoptysie, etc. Il
possédait une bibliothèque importante dont le Nei Jing est le seul rescapé.

ZhāngZhòngjǐng (158-166)

On l’appelle l’« inventeur de la symptomatologie et de la thérapeutique chinoise ». il


est considéré comme l’Hippocrate chinois. Il est le premier à avoir nettement
différencié les symptômes yang des symptômes yin.

Dans la cosmologie chinoise, Yin et Yang sont deux entités qui suivent le souffle
originel qi à l'œuvre dans toutes choses. Le Yin, représenté en noir, évoque entre
autres, le principe féminin, la lune, l'obscurité, la fraîcheur, la réceptivité, etc. Le

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Yang (quant à lui (laissant apparaître le fond blanc), représente entre autres le
principe masculin, le soleil, la luminosité, la chaleur, l'élan, etc.

HuáTuó (110-207)

Hua Tuo est le grand chirurgien de l’époque. On lui attribue la découverte de


la narcose (sommeil artificiel induit par un médicament) et l’« Art des ouvertures
abdominales » HuáTuó est également connu dans l’histoire de l’obstétrique. Il note
aussi que la culture physique facilite la digestion et la circulation, et qu’elle fortifie le
corps. Il invente l’exercice de gymnastique dit « Jeu des cinq animaux » comprenant
tigre, cerf, ours, singe et grue.

GěHóng (283–343)

L’un des taoïstes les plus connus de la période qui s’étend de la fin des Han aux Sui.
Il rédige un traité d’alchimie, de diététique et de magie, le Bàopǔzinèipiān (vers 326)
et deux traités de médecine : les Médications du Coffre d’Or (Jīnkuìyàofāng) et
les Prescriptions d’Urgence [après la prise du pouls](Zhǒuhòubèijífāng). Dans ces
livres, sont donnés des conseils de médecine préventive pour prolonger la vie et
éviter les maladies.

En pathologie, on lui doit la description de la variole (500 ans avant Rhazès, 864-
925), de la phtisie, le béribéri, la peste bubonique.

Ge Hong a voulu mettre à la portée de tous des remèdes bon marché et faciles à
trouver. Il donne le traitement de l’ictère épidémique par l’armoise, la rhubarbe et
le gardénia ; le traitement de l’asthme par l’éphédra, la cannelle, la réglisse et
l’amande d’abricot... Il livre aussi sa propre expérience de l’utilisation de
la jusquiame dans les démences ; des badigeons au soufre et à l’ail dans la
prévention des morsures de tiques ; des bouillottes d’eau chaude sur le ventre dans
les gastro-entérites.

Alchimiste, il donne également la formule d’une pilule d’immortalité à base d’or, de


mercure, de jade, de soufre, de cinabre et d’orpiment, le tout dissout ou mélangé
dans des préparations végétales.

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TáoHóngjǐng (456-536)

Un autre personnage important dont la principale œuvre est le Commentaire du


Traité des matières médicinales (běncǎojízhù) (494~ 500), nouvelle version du plus
ancien ouvrage de référence pharmaceutique connu, qu’il corrige et complète
d’après ses propres recherches. Il classe les remèdes selon les symptômes qu’ils
soignent, précise les relations entre le lieu de production, la récolte, le temps
d’infusion et l’efficacité, ainsi que la forme sous laquelle ils doivent être utilisés :
pilule, poudre, etc. Perdu, cet ouvrage a été reconstitué d’après les larges extraits
cités dans des traités ultérieurs, en particulier le Zhengleibencao et
le běncǎogāngmù. Un manuscrit de la préface a été retrouvé à Dunhuang.
TáoHóngjǐng a aussi complété les Prescriptions d’urgence de GěHóng pour
produire Cent une prescriptions (zhǒuhòubǎiyīfāng).

Les Sui et les Tang : la médecine classique

Une réunification de la Chine a lieu sous les Sui (581 ou 589 - 618) et les Tang (618-
907).La médecine chinoise atteint son apogée entre le VIIe et le VIIIe siècle.
En 624 est créé le Grand Service médical qui supervise les études de médecine et
organise la recherche. On décrit systématiquement et précisément de nombreuses
maladies : lèpre, variole, rougeole, gale, dysenterie aiguë et chronique, choléra,
hydropisie, maladies carentielles (béribéri, héméralopie, rachitisme, goitre), maladies
vénériennes, tuberculose pulmonaire et osseuse, adénopathie
cervicale, diabète, tumeurs.

La thérapeutique chirurgicale connaît déjà le traitement de la cataracte, le traitement


orthopédique des fractures, l’extraction des séquestres osseux.

La carie dentaire est traitée par obstruction et plombage (amalgame mercuriel).

L’un des médecins les plus célèbres de l’époque est le moine-médecin Sun Simiao
(581-682),

De la fin des Tang à l’avènement des Ming

Qian Yi (1035-1117) est le plus grand des pédiatres chinois. Il distingue, le premier,
la varicelle, la rougeole, la scarlatine et la variole.

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La médecine légale fait sa première apparition avec le Xi Yuan Ji Lu Recueil pour
laver les injustices (1247) de Song Ci (1188-1249). Ceci coïncide avec un renouveau
de l’anatomie. Une dissection est datée de 1106.

La matière médicale est extrêmement développée et s’enrichit de nombreux


médicaments exotiques (mandragore, myrrhe, thériaque, fenugrec, opium).

Wang Wei Yi (vers 1026), à la fois médecin et sculpteur, rédige un compendium


d’acupuncture et fond deux « hommes de bronze » (statuettes) bien souvent
reproduits depuis. Ils permettent le repérage aisé des points d’acupuncture.

La médecine à l'époque moderne

Poussée au pouvoir par une révolution populaire paysanne, la Dynastie Ming (1368-
1644) s’intercale entre deux dynasties de conquête, celle des Mongols et celle
des Mandchous. Elle libère Beijing et y établit sa capitale.

La Chine connaît alors un nouvel âge d’or. Zheng He se rend, en bateau et à


plusieurs reprises, jusqu’en Afrique occidentale (1405-1433). Le R.P. Matteo
Ricci arrive à Beijing en 1601. Les Jésuites apportent avec eux la médecine
occidentale, mais elle restera réservée au seul empereur. On traduit en chinois les
textes consacrés à l’anatomie et à la circulation du sang. L’empereur Kangxi les juge
très intéressants pour lui mais très dangereux pour le peuple.

La Chine produit à cette époque un chef-d’œuvre de la médecine : le Grand Traité de


Matière Médicale de Li Shizhen (1518-1593), résultat de presque 30 ans de travail. Il
s’agit non seulement d’un grand traité de pathologie et de thérapeutique, mais
encore d’un traité d’histoire naturelle donnant une classification des produits
minéraux, végétaux et animaux. Cette encyclopédie a été traduite dans toutes les
langues de l’Extrême-Orient et dans les principales langues occidentales. Elle
mentionne la syphilis qui apparaît en Chine vers 1505-1506, à peu près au même
moment où elle est signalée par les médecins occidentaux, arabes et indiens.

Le plus grand acupuncteur de la dynastie des Ming est Yang Jizhou. C’est lui qui
rédige les 10 chapitres du Zhen Jiu Da Cheng (gravé en 1601). Il s’agit d’une
encyclopédie d’acupuncture comportant un excellent historique non seulement des
classiques, mais aussi des traditions orales. L’ouvrage renferme en outre une partie
technique très complète, une partie clinique et une section thérapeutique. Le dernier

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chapitre est consacré au diagnostic en pédiatrie et au traitement de l’enfant par le
massage.

Chen Yu Fa a publié un traité de massothérapie


pédiatrique Chenshixiao'eranmojing Traité de massage pour les jeunes enfants de
M. Chen qui est un véritable manuel de secourisme, et qui contient une partie
sémiologique conduisant au diagnostic, ainsi qu’une partie thérapeutique. On y
trouve des manœuvres de kinésithérapie, des cataplasmes, des emplâtres, la
manière de provoquer le vomissement, des conseils concernant l’utilisation
des moxas, sans oublier les amulettes et les incantations, car le taoïsme a encore
une incidence sur la médecine. Un traité en particulier, le Jing Ming Gui
Je (vers 1622), détaille la théorie des « champs de cinabre ».

Les éléments de la thérapie

La médecine chinoise s'appuie en pratique sur des éléments thérapeutiques


primordiaux :

 la pharmacopée chinoise comprenant la phytothérapie (plantes), les minéraux les


substances animales voire humaines (ex. : le placenta). Le premier ouvrage de
matière médicale est le Shennongbencaojing, le Classique de la matière
médicale de Shennong, datant des alentours du début de notre ère.
La phytothérapie chinoise contient des milliers de plantes, décoctions, poudres
etc. Elles ont une action importante dans la médecine chinoise. Enfin, la
pharmacopée rejoint souvent la cuisine chinoise avec l'usage des saveurs.
 L'acupuncture et la moxibustion (combustion d'une herbe aidant à faire circuler
l'énergie vitale, le qi).
 La diététique.
 Le massage traditionnel chinois, An Mo / Tui Na.
 Le qi gong, ou Gymnastique chinoise, qui permet par une pratique régulière,
d'équilibrer le qi, donc de prévenir les maladies. Accompagnée des autres
éléments thérapeutiques, elle aide au soin du malade.
 La gestion des émotions

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La médecine chinoise traditionnelle aujourd'hui

Le développement de la méthode scientifique a favorisé l'essor d'une nouvelle


médecine en Chine, fondée sur l'étude clinique et joignant des techniques
traditionnelles à l'efficacité plus robuste, et une approche médicale plus élaborée.

Aujourd’hui, en Chine, la médecine traditionnelle repose sur environ 5 000 plantes


qui sont utilisées pour traiter 40% des patients en milieu urbain et 90% des patients
en milieu rural. En 1991, plus de 700 000 tonnes de matériel végétal ont été utilisées
pour la préparation de médicaments en Chine, dont 80% ont été prélevés dans la
nature.

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MEDECINE OCCIDENTALE

L'histoire de la médecine européenne est en effet l'histoire de la médecine


conventionnelle. Son compte rendu historique va au-delà de la médecine à base de
plantes et couvre des percées médicales importantes qui ont influencé la santé de
l'humanité. Cependant, en raison de son influence déterminante sur la santé
mondiale et du grand nombre d'acteurs clés qui ont contribué à son développement,
son compte rendu historique peut au mieux être sélectif, voire unique.
Les apports des connaissances des médecines grecque, arabo-persane et indienne
ont constitué les bases de la médecine moderne qui s’est formalisée dès le début du
19è siècle à partir de démarche expérimentale.

Dès le 9è siècle, Charlemagne recommandait la culture de 88 plantes médicinales


dans les monastères et les abbayes pour favoriser leur utilisation en thérapeutique.
Dès l’amorce du déclin arabe en Espagne, des moines ont consacré leur vie à la
traduction en latin des traités médicaux comme le « Canon » d’Avicenne qui,
pendant 800 ans servira de référence à l’enseignement de la médecine dans toute
l’Europe, notamment dans les écoles de Montpellier et de Louvain.
L’école de Salerne (Italie), développée par Constantin l’Africain au 11è siècle,
enseigne la botanique médicale et publie un poème didactique, le « régime de santé
de Salerne ».
Du 14è au 17è siècle, la médecine stagne, laissant la place aux pratiques magiques
et au charlatanisme.

Jusqu'à la fin du 19ème siècle, presque tous les médicaments étaient d'origine
naturelle et comprenaient des plantes médicinales fraîches ou séchées ainsi que des
parties d'animaux.
Alors que les plantes occupaient une place centrale dans le traitement de la maladie,
d'autres domaines de la médecine ont connu des développements significatifs.
Dans le domaine de l'anatomie, Vesalius (1533-1545), un jeune étudiant en
médecine belge, commença à disséquer des cadavres et démontra par la suite
l'inactivité des théories anatomiques de Galien, qui étaient encore le centre de
l'orthodoxie médicale de l'époque. Contrairement à Galien, qui a fait beaucoup de

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ces expériences sur les singes, Vesalius a comparé les squelettes humains et celui
d'un singe.
Dans le domaine de la chirurgie, Le plus grand chirurgien de l'époque, Ambroise
Paré, est célèbre pour avoir découvert le traitement traditionnel de toute blessure par
balle, qui avait jusqu'ici impliqué une cautérisation violente avec de l'huile bouillante
qui a causé un préjudice considérable au patient. Paré a obtenu un succès
remarquable en simplifiant l'habillage des plaies avec un mélange de jaune d'œuf,
d'huile de roses et de térébenthine. Il a également fait des progrès dans l'utilisation
de ligatures pour bloquer des hémorragies.

La découverte des anesthésiques a marqué une autre étape importante dans le


progrès de la médecine européenne, notamment en chirurgie. L'oxyde nitreux était le
premier anesthésique à être utilisé dans l'extraction dentaire. Cela a été suivi par de
l'éther et plus tard du chloroforme. Une fois de plus, les groupes religieux s'opposent
à l'utilisation du chloroforme pour soulager les douleurs de l'accouchement, arguant
que le verset biblique «J'augmenterai vos problèmes de prématurité et votre douleur
à l'accouchement» (Gen.3.16) le rendra «blasphématoire». "Utiliser des
médicaments antidouleur pour" frustrer "le dessein de Dieu. Cependant, James
Simpson, un obstétricien anglais, a souligné que c'était une interprétation claire de la
Bible parce que par l'histoire de la création, Dieu était devenu le premier à utiliser
l'anesthésie générale quand il faisait tomber Adam dans un profond sommeil afin qu'il
puisse retirer une de ses côtes pour créer Eve. Ce n'est que lorsque la reine Victoria
d'Angleterre a administré du chloroforme lors de la naissance de l'un de ses fils que
l'anesthésie générale est devenue largement acceptable.

Anton van Leeuwenhoek (1632-1723), scientifique néerlandais, a été le premier à


observer des cellules vivantes au microscope. A l'aide de son microscope, Van
Leeuwenhoek fut le premier à observer et décrire les bactéries, les levures, la vie
grouillante de gouttes d'eau et la circulation des corpuscules sanguins dans les
capillaires. La découverte du microscope permit l’étude des structures cellulaires de
bien de tissus et organes. Toutefois, le développement de l’anatomie fut handicapé
par une nette opposition à toute dissection de cadavres par les autorités religieuses
et par les législations en vigueur. Ce qui eut pour conséquence des vols de cadavres
dans les cimetières et ce avec la complicité tacite de respectables professeurs.

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Bien d’autres faits marquants ont été enregistrés au cours du 17è siècle. C’est le cas
entre autres de la transfusion sanguine, de la vaccination (Edward Jenner, 1796-
1798).

A partir du 18è siècle, siècle des lumières, le développement de la physique, de la


chimie et de la pharmacologie, eut un fort impact sur la thérapeutique (découverte du
thermomètre, du stéthoscope, des rayons X ; théorie des germes de Louis
Pasteur...). La botanique deviendra une science universelle reconnue par tous grâce
aux travaux des botanistes suédois et français. La chimie végétale fait des progrès
considérables et les premières molécules sont isolées et identifiées (strychnine,
colchicine, quinine, nicotine, cocaïne, digitaline). Cette période a été également
marquée par l’avènement de la biologie et de la physiologie expérimentale,
développée par Claude Bernard. La botanique médicale devient la matière médicale
avec les premiers ouvrages de synthèse des connaissances comme celui du Codex,
première pharmacopée officielle, publié en 1818 par l’Ecole de Pharmacie de Paris.

Au cours de la première période du 20è siècle, la plupart des médicaments sont tirés
du règne végétal. La chimie se développe à partir de 1930 avec la découverte des
sulfamides et de la chimie de synthèse (antibiotiques, anticancéreux).
Comme l'intérêt pour les remèdes à base de plantes a connu un regain, des
préoccupations ont été soulevées au sujet de la sécurité et de l'efficacité des herbes.
En Allemagne, d'où provenait la plus grande source de produits à base de plantes,
des efforts ont été faits pour évaluer les herbes utilisées par la population,
aboutissant à la création en 1976 de la Commission E par l'Agence fédérale de la
santé. Entre 1984 et 1991, une série de 300 monographies à base de plantes a été
produite et publiée en allemand, qui a ensuite été publiée en anglais en 1998 par
l'American Botanical Council sous le titre "The Complete German Commission E
Monographs:Therapeutic Guide to Herbal Medicine". En 2000, l'American Botanical
Council a révisé ces travaux afin d'inclure de nouvelles monographies et de fournir
des informations à jour dans la publication intitulée «Monographies de la Commission
élargie sur la phytothérapie».

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MEDECINE TRADITIONNELLE AFRICAINE

De tous les anciens systèmes de médecine, la médecine traditionnelle africaine


(MTA) est probablement la plus diversifiée et pourtant la moins documentée. MTA
est holistique et considère le corps et l'esprit comme une unité intégrale. On croit que
la maladie, la bonne santé, le succès et l'échec sont les produits des actions des
individus et des esprits ancestraux selon l'équilibre ou le déséquilibre entre l'individu
et l'environnement social. En MTA, les maladies peuvent être attribuées au
mécontentement des dieux ou de Dieu, ou à cause d'une personne, d'une famille ou
d'un village enfreignant un code moral universel.
Les praticiens de médecine traditionnelle cherchent à établir un lien entre la
personne et la société et ses ancêtres, et les tentatives sont généralement faites
pour reconnecter l'équilibre social et affectif des patients en fonction des règles et
des relations communautaires.
En Afrique sub-saharienne, les anciens royaumes et empires d'Asante, du Bénin, de
Borno, d'Éthiopie, de Jukun, de Monomotapa et du Mali, de Nubie, de Nupé, d'Oyo,
de Songhaï, etc. avaient des recettes de guérison remarquablement codifiées.
Avant l'introduction de la médecine occidentale, la médecine traditionnelle était la
seule source de soins de santé pour la grande majorité des Africains.
Cependant, l'influence de la domination coloniale européenne sur le continent
africain au 19ème siècle a marqué un tournant significatif dans l'histoire de cette
tradition et culture séculaire. Outre l'utilisation de la loi pour supprimer le MTA,
l'influence de la «culture occidentale», qui a fait de la médecine conventionnelle un
élément clé, a également conduit à son érosion progressive.
La suppression du MTA dans de nombreux pays africains s'est poursuivie même
après l'indépendance. Cependant, vers la fin du 20ème siècle, les attitudes ont
commencé à changer quand on s'est rendu compte que MTA faisait partie intégrante
de la culture africaine et méritait donc une attention appropriée.

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Notions d’ethnobotanique et
d’ethnopharmacologie

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Ethnopharmacologie

Etude scientifique interdisciplinaire de l'ensemble des matières d'origine végétale,


animale ou minérale, et des savoirs ou des pratiques s'y rattachant, que les cultures
vernaculaires mettent en œuvre pour modifier les états des organismes vivants, à
des fins thérapeutiques, curatives, préventives, ou diagnostiques.

L’ethnopharmacologie est une discipline qui s’intéresse aux médecines


traditionnelles et aux remèdes constituant les pharmacopées traditionnelles. Très
schématiquement un programme d’ethnopharmacologie mis en œuvre dans une
région particulière se déroule en trois temps :

 un travail de terrain destiné à recenser les savoirs thérapeutiques in situ,


 un travail en laboratoire visant à évaluer l’efficacité thérapeutique des
remèdes traditionnels et
 un programme de développement de médicaments traditionnels préparés
avec des plantes cultivées ou récoltées localement.

Cette discipline se situe donc au carrefour entre l'ethnologie, la biologie, la


pharmacologie, la chimie, la botanique. Elle offre la possibilité d'avoir un accès à des
soins dans des pays peu développés, en utilisant des ressources locales. De
nombreux médicaments dérivent de remèdes traditionnels.
L’ethnopharmacologie a bâti son émancipation par la mise en place de
méthodologies qui se sont affinées au fil des ans. Elle trouve son originalité et sa
force dans sa pluridisciplinarité recherchant systématiquement la collaboration de
spécialistes des sciences de l’homme (anthropologues, historiens, linguistes, juristes)
et des sciences de la nature (botanistes, pharmacologues, toxicologues, chimistes,
cliniciens et agronomes).

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Ethnomédecine

L’ethnomédecine est une approche scientifique des sociétés et de leur culture,


décrivant notamment les conceptions vernaculaires de la santé, de la maladie et des
remèdes.

Ethnobotanique

Etude des relations entre l’homme et son environnement végétal

Expression déjà utilisée en 1896 par Harsshberger pour indiquer l’étude des plantes
employées par « les peuples primitifs et aborigènes »

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Prospection et exploitation
durable de la biodiversité des
ressources médicinales

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Marché des plantes

Le développement du marché des plantes médicinales est une affaire publique dans
la mesure où, contrairement aux médicaments occidentaux qui sont développés dans
des laboratoires, les médicaments à base de plantes sont connus, utilisés et adoptés
en partie à cause de leur longue utilisation. Alors que les tests scientifiques sur les
médicaments à base de plantes sont en augmentation, la compréhension et la
déclaration de leur efficacité et des effets secondaires possibles des essais - s'ils ont
été réalisés - ont nécessairement été entrepris rétrospectivement. Cela peut les
rendre vulnérables à la réaction négative aux rapports de mise en garde et aux
histoires médiatiques. L'attention négative des médias et la surexposition ont
entraîné un déclin récent de certaines des plantes médicinales les plus populaires
comme le ginseng et le kava kava ; Le kava kava (Piper methysticum) a fait l'objet
d'une publicité négative après une période de ventes en plein essor (voir fiche
d'information Kava). Sa sécurité est étudiée après six cas d'insuffisance hépatique
signalés et un décès en Europe a été attribué à la surutilisation d'extraits de kava
standardisés (Laird 1999).
Un médicament traditionnel pour lequel la demande est supérieure au potentiel
d'approvisionnement est l'arbre africain Pygeum (feuille d'information de Prunus
africana). L'écorce est un remède naturel très populaire pour les troubles de la
prostate dans certains pays européens comme l'Espagne…
En occident, la loi limite la quantité d'informations que l'industrie de la phytothérapie
peut donner sur l'utilisation thérapeutique d'une plante particulière. Dans de
nombreux pays, l’information est véhiculée par les médias et de plus en plus par
internet, mais cela est quelque fois biaisé vers tous les traitements populaires
actuels.
En 2012, les ventes mondiales de phytothérapie chinoise ont atteint 83 milliards de
dollars EU, en hausse de plus de 20% par rapport à 2011. Le marché mondial de
tous les suppléments et remèdes à base de plantes pourrait atteindre 115 milliards
de dollars d'ici 2020, avec la plus large demande en Europe et la plus rapide
croissance en Asie-Pacifique. On estime que ce sont surtout les femmes qui en
demandent, notamment des compléments alimentaires dans un souci de vie saine et
de thérapeutiques moins agressives.

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Prospection

Les médicaments à base de plantes sont une partie essentielle et croissante de la


pharmacopée internationale. La connaissance de leurs propriétés médicinales est en
croissance à la suite de la recherche et des tests, ce qui en fera une alternative de
plus en plus sûre ou une option privilégiée pour la médecine occidentale. Cependant,
une grande partie du marché repose sur l'approvisionnement non durable par des
collecteurs sous-payés - une base précaire pour n'importe quelle industrie.
Pour une santé et un développement durable avec une charte éthique Développer
des médicaments à base de plantes requiert le respect des Conventions de
Washington et de Rio. Une étude au niveau européen, entreprise par le WWF,
montre que des espèces sauvages européennes (busserole, arnica, gentiane),
asiatiques (réglisse) ou africaines (hargophytum) sont menacées par des récoltes
excessives. Aujourd’hui, Rhodoliacrenulata, une plante de l’Himalaya risque de
disparaître car ses rhizomes sont récoltés intensivement pour en faire des
compléments alimentaires proposés au travers de plus de 900 sites internet. Face à
ces menaces, la Convention de Washington répertorie les espèces pour lesquelles le
commerce est autorisé exceptionnellement. Une autre question est celle de la
propriété intellectuelle des savoirs traditionnels. Si l’usage traditionnel d’une plante
est connu et a déjà fait l’objet d’une publication, aucun brevet revendiquant les
propriétés de cette plante ne peut être déposé. La Convention de Rio sur la diversité
biologique stipule que les ressources naturelles d’un pays ne peuvent être exploitées
par un organisme public ou privé d’un autre pays sans accord préalable précisant les
droits d’exploitation et le partage des retombées économiques. Ainsi formalisée en
trois étapes, terrain (le recensement des savoirs), laboratoire (l’évaluation) et retour
au terrain (les projets de développement durable), l’ethnopharmacologie apparaît
comme un programme logique et rigoureux pour proposer un accès aux soins avec
des médicaments à base de plantes produits dans leur terroir et issus des savoirs
locaux.

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Schéma d’une exploitation (exemple)
 Cueillette des plantes médicinales (lieu, période, bonnes pratiques de
cueillette) Constitution d’herbier
 Séchage, Broyage des plantes médicinales (Techniques de séchage,
risques de formation d’artéfacts)

 Préparation
 Evaluation ethnothérapeutique ;
 Tests de l’activité biologique (In vivo et in vitro) ;
 Identification des marqueurs chimiques (flavonoïdes, alcaloïdes,
hétérosides cardiotoniques, coumarines, tanins) ;
 Formulation galénique (solution, sirop, teinture, pommade, formes sèches
gélule, comprimé) ;
 Contrôle de qualité des matières et des produits finis (Teneur en corps
étranger, en eau, en cendre totale et cendre chlorhydrique, résidus de
pesticide, métaux lourds, Recherche de Salmonelles et Escherichia coli,
conformité de la forme pharmaceutique et les teneurs en principe actif) ;
 Essai cliniques, étude comparée du phytomédicaments avec un produit de
référence ou un placebo ;
 Agrotechnie
 Méthodes de protection des savoirs médicaux traditionnels et des
inventions et innovations technologiques en matière de médicaments
(brevets, marques, noms commerciaux, secret d’affaire…)
 Elaboration de dossier technique pour l’obtention de l’autorisation de mise
sur le Marché (dossier administratif, Résumé des caractéristiques du
produit, dossier chimique, toxicopharmacologiques, dossier clinique)

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Centres d'intérêt liés