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SURFACE :35 %
PERIODICITE :BiHebdomadaire
28 juin 2018 - N°3448

Industrie
Mylan fête les50 ans
deson site de Mérignac
violabilité, en attendant mieux : en juillet, elle externali-
Née de l'aventure industrielle d'un pharmacien sera son service expédition, ce qui devrait libérer 30 % de
d'officine bordelais, l'usine de Mérignac, en Gironde, sa surface (près de 5000 m 2) pour de nouvelles opportuni-
est devenue le centre européen de la fabrication tés, comme le souligne Fabien Darasse : « Nous nous tenons
de Bétadine, avant de rejoindre, en 2016, le groupe disponibles pour le groupe afin de produire de nouveaux
Mylan et ses ambitions européennes. volumes. »
• Patrice Jayat

• « Grand cru, fleuron de nos sites industriels... » Artur * Autres sites deproduction Mylan enFrance :
Cwiok, président Mylan France et Sud-Europe, n'a pas lé- Chatillon-sur-Chalaronne (Ain) etMeyzieu. dans la métropole
siné sur les métaphores lors de la cérémonie d'anniversaire lyonnaise.
de son site de Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux.
Le 21 juin, cette usine de 230 salariés (dont 8 pharma-
ciens) a fêté sescinquante ans d'existence et de succès. Une
histoire, née de la volonté d'un pharmacien d'officine bor-
Del'officine à l'industrie
delais (voir encadré) qui a donné naissance à une unité de • L'aventure du site de Mérignac a démarré dans
production pharmaceutique de pointe, centre européen de l'officine de quartier du pharmacien bordelais
la production de Bétadine.
Georges Négrevergne. En 1945, il crée le Laboratoire
Ceproduit phare dont la production (38 millions d'uni- Sarget, lance le Sargenor en 1964, devient le leader
tés flacons, tubes, boîtes) est déclinée sous de nombreuses français des produits de pansement, ouvre en 1968, le
formes destinées aux officines comme au milieu hospita- site industriel de Mérignac, conçu en béton blanc par
lier (liquide, unidoses, gazes imbibées, bientôt lingettes). l'architecte hongrois Marcel Breuer*.
Une variété de présentations qui permet de stabiliser ce
En 1970, l'entreprise crée la Bétadine, antiseptique
marché, malgré la relative décroissance de certains pro-
universel. Elle entrera ensuite dans le giron d'Asta
duits de la gamme (savon liquide).
Medica (1986), Advent International (2001), Meda
(2005) et enfin Mylan (2016).
Diversification
L'usine de Mérignac a également su diversifier ses acti-
* Également à l'initiative du siègede l'Unesco à Paris
vités avec la poursuite de la production de Sargenor (anti- et du Whitney Muséum de New York.
asthénique) ou le développement d'Elidel (traitement des
dermites atopiques) qui a obtenu en 2014 l'agrément FDA.
Elle exporte ainsi près de 300 références vers 50 pays et a
investi 20 M€ durant les 5 dernières années. Quant à son
avenir, les dirigeants de Mylan n'ont fait strictement au-

cune annonce, sinon rappelé leur attachement à leur pré-


sence européenne : « Alors que d'autres délocalisent, nous
allons à contre-courant, en développant notre production en
Europe, a expliqué Jacek Glinca, président de Mylan Europe
(4,4 milliards $ de CA). Et la France* est au cœur de ce dispo-
sitif. Avec 3 000 représentants commerciaux en Europe dans
35 pays, et10 000 salariés, personne ne peut se comparer à
notre réseau. »

Un savoir-faire intransférable
Si l'exemple régional d'UPSA (projet de vente par BMS)
peut poser question, Fabien Darasse, directeur du site de
Mérignac, s'est montré résolument rassurant : « Le trans-
fert est inenvisageable pour notre production de Bétadine,
en raison des savoir-faire et de la maîtrise opérationnelle de
nos équipes. Les techniciens de nos lignes de production ont
en moyenne 12 ans d'expérience. Et le produit n'est pas facile
à copier.» Alain Anziani, maire de Mérignac et Fabien Darasse,

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