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Economie industrielle

Cours du 20/09/11

Chapitre introductif : Les développements de l’économie industrielle.

Introduction :
L’économie industrielle a pour objet l’étude des firmes et des structures de marché (CPP, monopole,
oligopole). L’intérêt dans cette matière est le lien entre les stratégies des firmes et l’évolution des
structures de marché. L’évolution des industries connait différentes causes les stratégies des firmes,
les politiques publiques, le progrès technique.

Ce cours est orienté vers la stratégie des firmes. Le progrès technique permet de glisse de l’économie
industrielle vers la dynamique industrielle.

La définition d’industrie renvoie à des activités de production manufacturières, elle renvoie aussi aux
activités de transformation de matière première ou de bien intermédiaires en produits et services.

Une industrie correspond généralement à l’ensemble des firmes qui produisent des biens ou des
services proches, étroitement substituables qui donc se trouve en concurrence sur le même marché.

L’élasticité croisée prix de ces biens est relativement élevé car ces biens sont substituables.

L’économie industrielle s’est développé en levant les hypothèses de la microéconomie standard tout
d’abord l’économie industrielle est l’étude de la concurrence imparfaite. Qui dit concurrence
imparfaite dit défaillance du marché. En micro une « market failure » dès qu’on s’éloigne de
l’équilibre concurrentiel de LT est un défaut de marché.

En levant les hypothèses de la CPP, l’économie industrielle s’est construite au départ. (Atomicité,
homogénéité, transparence, libre entrée et sortie, libre mobilité des capitaux)

En ce qui concerne l’atomicité des marchés, l’économie industrielle s’intéresse à la concurrence


imparfaite voire la concentration industrielle, c’est le fait que les industries se sont concentrées sur
quelques firmes, l’extrême étant le monopole.

En ce qui concerne la fluidité du marché c'est à dire libre entrée et sortie du marché, l’économie
industrielle rejette cette hypothèse en s’intéressant aux barrières à l’entrée.

En ce qui concerne l’homogénéité du produit, il n’existe pas de produits homogènes en économie


industrielle étant donné que les firmes s’intéressent à la différenciation des produits.

En ce qui concerne la transparence, en économie industrielle, on parle d’information imparfaite.

Ce qui caractérise l’économie industrielle c’est un dualisme méthodologique, un dualisme parce que
tout d’abord l’économie industrielle part toujours de l’empirie, pour en déduire des liens de causalité
et des lois. La seconde préoccupation est de nature théorique c'est à dire qu’on essaye de construire
des modèles théoriques susceptible de faire avancer la réflexion.

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Ces deux approches sont complémentaires. On va donc avoir une approche inductive et positive
plutôt qu’une approche normative.

Ainsi on va essayer des respecter le passage de la théorie à l’empirie.

On va développer des outils, des concepts pour appréhender l’économie industrielle.

Concrètement l’économie industrielle, se rapproche de phénomènes concrets.

I. L’école Anglo-américaine
1. Les pères fondateurs.

a) A . Marshall (1842-1924) :

Il s’est intéressé aux transformations du système productif engendré par la révolution industrielle. Il
était aussi un défenseur de la méthode empirique, il prônait une approche par les faits. Il a été un
des premiers à étudier l’organisation industrielle. (Industrial Organization IO)

A son époque ce terme désigne cette nouvelle forme d’entreprise qui apparait avec la révolution
industrielle, c'est à dire des grandes entreprises industrielles qui produisent à grande échelle et sont
donc des nouvelles formes d’organisation.

Marshall insiste aussi sur la nécessité d’une analyse dynamique c'est à dire qui tiennent compte du
temps historique. Il va faire la distinction fondamentale entre le CT et le LT, en particulier il va
introduire une notion importante, la notion de courbe d’expérience. La courbe d’expérience est un
des éléments qui permet d’expliquer les rendements d’échelle et les économies d’échelles.

Les rendements d’échelles renvoient aux quantités produites, alors que les économies d’échelles
renvoient au coût. Ils peuvent être croissant décroissant ou constant.

La courbe d’expérience renvoie au fait qu’au fur et à mesure de l’expérience les entreprises arrivent
à produire plus efficacement ce qui entraine un coût moyen décroissant. Ce sont les économies
d’échelles. Elles font des économies internes, car parce qu’elle produit plus, elle baisse ses coûts et
amortie ses coûts fixes. Elles font des économies externes car il existe des débouchés de clients plus
stables, ainsi que l’amélioration des prix des fournisseurs et de la qualité des consommations
intermédiaires.

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Eco d’échelle
interne

intern

Eco d’échelle
externe
CM

e
On voit s’accroitre de façon significative et durable la taille des firmes. Face à cet accroissement de la
taille des firmes on se demande si ce phénomène ne va pas conduire à des monopoles dans toutes
les industries. Si c’est le cas est-ce-que c’est une bonne chose ?

Marshall va étudier le monopole en choisissant un exemple qui est la distribution de gaz. Il se


demande si l’Etat doit intervenir ou pas et si oui comment ?

Cette question demeure encore aujourd’hui une des questions centrales de l’économie industrielle.

Ce débat va encore s’intensifier aux USA puisque de 1840 à 1900 la taille des firmes va augmenter et
à la fin du 19ème apparaissent les géants de l’industrie. Cette crainte des géants de l’industrie fait peur
et en 1890 la première loi anti trust apparait, elle s’appelle le « sherman act ». C’est le début de la
politique de la concurrence et des lois anti trust. Cette loi prohibe le monopole et les tentatives de
monopolisation, elle interdit aussi toute forme de collusion et prévoit des pénalités en cas de non-
respect de la loi.

Il faut qu’il y est un certain degré de concurrence sur le marché pour qu’ils fonctionne bien.

Marshall va aussi être le premier à travailler sur la dimension territoriale de l’OI, il va introduire ce
concept de district industriel.

Cela signifie que la localisation des industries est importante en effet il souligne l’importance des
relations entre les industries et les firmes. Il va en fait suggérer que localiser des firmes à proximité
des unes des autres permet des économies externes locales et donc permet une plus grande
efficacité de l’OI.

Ces économies externes viennent des économies de coûts de transactions (de transports de
coordination), des externalités positives de recherche (innovation se diffuse) Marshall parle d’une
atmosphère industrielle propice à l’efficacité. Ex : le nord de l’Italie avec le Textile.

On ne parle plus de district industriel mais de technopole comme « la silicon valley ».

La question moderne de la localisation géographique est la question relative à la délocalisation.

b) La concentration industrielle : les travaux de Berk et Means (1932)

Dans un ouvrage ils présentent des statistiques sur la concentration industrielle aux USA. On dit que
l’industrie est concentrée quand la production se répartit entre peu de firmes de grande taille. Ils

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montrent en 1932 que la moitié du capital américain appartient à moins de 200 firmes dont la taille
augment encore. A la fin des 50’s c’est moins de 100 firmes qui détiennent la moitié de la production
industrielle des EU.

Ils vont constater aussi que les dirigeants d’entreprises possèdent en moyenne moins de 3% du
capital. Ces dirigeants ne sont pas les véritables propriétaires de l’entreprise. C’est là que nait la
structure moderne de l’entreprise, les vrais propriétaires sont les actionnaires.

Ce phénomène de séparation est un phénomène de post-industrialisation. Pour des économistes


théoriciens cela aurait pu remettre en cause les modèles microéconomiques.

Le phénomène de concentration s’est cassé après la seconde guerre mondiale, il va y avoir après les
années 50’s une stabilisation de la concentration économique.

La raison de ce ralentissement est dû à la mise en place de loi anti-trust. Mais aussi à la période des
30 glorieuses qui a créé de nouvelles activités donc l’opportunité de créer de nouvelles entreprises
donc limiter ce phénomène de concentration.

c) La concurrence imparfaite : Chamberlain et Robinson

Robinson s’est intéressé à la concentration économique et en particulier à la concurrence


monopolistique des facteurs de production. Elle critique dans la théorie Keynésienne le fait que les
facteurs de production sont rémunérés par leur productivité marginale.

En concurrence imparfaite les entreprises ont tendance à rémunérer leur facteur de production à
une valeur inférieure à leur produit marginal net. Elle va s’intéresser notamment au travail. Ce qui
implique qu’en concurrence imparfaite les entreprises ont tendance à payer des salaires inférieurs au
produit marginal du travail ce qui constitue une exploitation monopolistique du facteur travail et
permet au firme de réaliser des surprofits.

Dans son analyse Robinson travaille aussi sur les rendements croissants et elle fait partie des
économistes remettant en cause la forme en U des fonctions de coût moyen et marginal avec
l’argument selon lequel cette forme en U n’aboutirait pas à une concentration économique.

L’analyse de Chamberlain porte sur la concurrence imparfaite mais selon lui l’imperfection de la
concurrence est lié à l’action volontaire des firmes qui cherche à se délimiter un domaine de marché.

Les firmes différencient leurs produits pour s’accaparer un segment de marché. Il va montrer qu’il
existe différentes formes de différenciations et que chacune des formes apporte un élément de
monopole à la firme.

Ce que permet cette différenciation permet aux firmes de pratiquer un prix plus élevé ce qui génère
un surprofit lié à la différenciation. Ce surprofit est accepté par les consommateurs car c’est le » prix
à payer pour pouvoir avoir le choix d’une variété de produit.

d) L’analyse Schumpetérienne de la concurrence.

Schumpeter va renouveler la théorie de la croissance économique, 2 ouvrages « une théorie de


l’évolution économique » et « capitalisme socialisme et démocratie ».

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Schumpeter a mis au cœur de l’évolution économique l’entrepreneur innovateur ou entrepreneur
schumpetérien, c’est l’acteur fondamental de l’économique, c’est un agent héroïque. Cet
entrepreneur est innovateur, il crée de l’activité économique grâce à son innovation. L’innovation
devient un facteur clé de croissance économique.

Schumpeter distingue 5 types d’innovations :

o Production de nouveaux biens


o L’utilisation de nouvelles méthodes de production
o L’émergence de nouveaux débouchés
o L’utilisation de nouvelles matières premières
o Des nouvelles formes d’organisation du travail ;

Ces innovations ont plusieurs effets en effet il montre que ces innovations produisent des
externalités positives, en innovant un entrepreneur créait de la compétence.

Schumpeter a prouvé que les innovations sont associées à des monopoles temporaires. Le principal
instrument de création de ce monopole est le brevet.

Il dit qu’ensuite il y aura l’imitation et la diffusion de la technologie. Il va dire encore que ces
innovations arrivent par grappes. L’économie évolue grâce à ses grappes d’innovations. Il va dire que
ses grappes sont le moteur de l’évolution économique mais créait un phénomène de destruction
créatrice.

2. L’émergence de l’industrial organization (IO) et du triptyque S-C-P

a) Les principes de Mason (1957)

C’est en 1941 que l’association économique américaine reconnait l’industrial organization comme
une discipline à part entière de la science économique.

Mason a joué un rôle important dans cette reconnaissance puisque cet un des fondateurs de l’IO.

Mason définit 4 principes :

o Sur le plan théorique, l’IO doit s’affranchir de la microéconomie qui utilise des concepts trop
abstrait et dont le modèle de CPP est trop statique.
o Il faut combiner étroitement théorie et empirisme en privilégiant une approche inductive
plutôt qu’une approche normative.
o Il faut remettre en cause le concept de marché définit par un produit homogène au profit de
la notion plus réaliste d’industrie au sens Marshallien c'est à dire constitué d’un nombre
variable de firmes produisant des produits hétérogènes plus ou moins substituables et où les
caractéristiques de l’offre l’emporte sur la demande.
o Selon Mason il faut adopter l’hypothèse selon laquelle les comportements des firmes et leurs
performances sont largement déterminé par les structures de marché. C’est le triptyque SCP.
On peut qualifier ça d’approche structuraliste de l’économie américaine.
Structure  Comportement  performance

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Les conditions de base

Offre Demande
Matières premières Taux de croissance de la demande
Durée de vie des produits Elasticités prix et revenus
Technologie de production Caractéristique cycliques
Règles juridiques Possibilité de substitution
Conditions de commercialisation

Structures de marché :

o Nombres d’offreurs et de demandeurs


o Barrières à l’entrée
o La structure des coûts (rendements d’échelles)
o Segmentation du marché
o Relations verticales

Comportements :

o Stratégie de prix
o Stratégie de différenciation
o Investissement en R&D et stratégie d’innovation
o Investissement en marketing
o Investissement en capacité de production

Performances :

o Efficacité de la production
o Efficacité de l’allocation de ressources
o Evolution des parts de marché des firmes
o Taux de profits, de marges
o Dépôts de brevets
o Evolution de l’emploi

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3. Les limites de l’approche S-C-P.
Dès l’apparition de ce schéma, beaucoup de critiques ont été formulé, la première critique vient de
l’aspect linéaire de cette relation. (Dans le même sens) En effet il faudrait aussi prendre en compte
des boucles de rétroaction. Le caractère interactif de schéma qui faut mettre en relief. En effet selon
l’école de Chicago c’est la performance de la firme qui détermine la structure.

Une des autres critiques vient de l’évaluation des performances. En effet un des buts de l’éco
industrielle est de savoir quelle structure est la plus efficace. La diversité des indicateurs de
performance est problématique pour évaluer l’efficacité d’une industrie.

Il existe un débat entre l’efficacité statique et l’efficacité dynamique.

L’efficacité statique est mesurée par le surplus social, c'est-à-dire l’efficacité de l’allocation des
ressources.

L’efficacité dynamique est l’efficacité de la création de ressources.

L’opposition entre ces deux efficacités est un grand sujet d’économie industrielle et notamment par
rapport à l’innovation. Cette opposition est réelle en effet en particulier pour innover une entreprise
à un besoin de monopole et d’une certaine capacité d’investissement.

Une autre critique vient de l’analyse des comportements, en effet pour Mason les comportements
ne sont qu’un filtre entre les structures et les performances. Les comportementalistes vont venir
souligner que le comportement est un élément central de l’analyse.

La dernière critique vient des relations inter-industries. Cette approche S-C-P est faites pour une
industrie donné ; on ne prend pas en compte les relations entre industries or elles sont multiples et
très importante dans le système économique et ne sont pas prises en compte dans l’école anglo-
américaine.

II. L’éco industrielle française.

1. Les principales caractéristiques de l’éco industrielle française.


Il y a un renouveau de l’éco industrielle pour deux raisons :

o C’est lié aux mutations industrielles de l’époque avec une vague de concentration
industrielle. Ainsi on se rend compte qu’en France les recommandations en termes de
politiques publiques ne sont pas très claires. On veut régler ce problème.
o Ce second élément vient de l’évolution des statistiques (INSEE,…)

Dans ce contexte l’éco indus va se développer en France de façon très empirique et avec pour
question centrale une nouvelle question qui est le découpage du système productif.

5 principes caractérisent le développement de l’éco industrielle française :

o Elle veut se démarquer de l’IO et du tryptique S-C-P, les économistes français reprochent à
l’IO une approche pro microéconomique. L’école française veut s’inscrire dans une tradition

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marshallienne. En particulier en rejetant un déterminisme trop strict et en prenant en
compte le temps et les relations entre les entités.
o Les analystes se concentrent sur les stratégies des acteurs et leurs articulations au sein du
système industriel. (relations verticales, sous-traitance stratégie de groupes)
o Les travaux sont consacrés au départ à l’analyse des différents découpages du système
productif.
o L’approche est dites englobant c'est à dire qu’elle cherche à intégrer l’ensemble des
dimensions de la réalité industrielle. (technologies, rapports syndicaux, conditions juridiques)
o Cette analyse des systèmes productifs est qualifiée de méso-économique en particulier à leur
insatisfaction des approches micro et macro. La méso-économie se situe à un niveau
intermédiaire, c’est l’industrie voire un ensemble d’industrie qui permettent de décrire et de
comprendre les comportements des firmes et l’évolution industrielle.

2. Les découpages du système productif.

Secteur et branche.
C’est de cette question que sont nait les concepts de secteurs, branches filières.

Pour chaque entreprise on va regarder son APE c'est à dire activité principale exercée, en effet une
même unité peut avoir plusieurs activités mais la principale correspond à la majeure partie du CA.

Les autres activités sont dites des activités secondaires. C’est à partir de ce critère que l’on va définir
les notions de secteur et de branche. Le secteur représente l’ensemble des entreprises qui ont la
même activité principale, par définition une entreprise ne peut appartenir qu’à un seul secteur. En ce
qui concerne le concept de branche celle-ci regroupe l’ensemble des fractions d’entreprise ou
établissement qui ont la même activité que ce soit à titre principal ou secondaire. Par conséquent
une entreprise qui produit plusieurs biens appartient à plusieurs branches.

Ex :

E1 produit uniquement le bien A

E2 produit A en APE et B en activité secondaire

E3 produit B en APE et A en activité secondaire

Le secteur A comprend E1 et E2.Le secteur B comprend uniquement E3.Toutefois la branche A


comprend les 3 entreprises et la branche B comprend E2 et E3.

On utilise le secteur lorsque l’on étudie l’entreprise dans son ensemble, financement, rentabilité et
compétitivité. En particulier lorsque l’on veut faire des comparaisons internationales. Le problème
est que plus les entreprises sont pluri productrice moins le concept de secteur est adapté.

Toutefois en ce qui concerne la production c’est la branche qui va être pertinente.

On peut se demander quel est le lien avec le marché, ce serait plutôt un lien avec la branche. En effet
en micro un marché est définit par un produit.

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Il existe des limites à ce découpage en effet plus les entreprises sont diversifiées plus le découpage
est difficile à utiliser. A ce niveau-là il existe des cycles dans les 80’s il y a eu une tendance à la
diversification mais avec la crise on a vu une tendance à un mouvement inverse, une
reconcentration.

Ce qui signifie que ce découpage évolue.

Les relations entre les secteurs industriels.


L’éco indus française s’est concentrée sur les relations entre les industries en montrant que les
fluctuations au sein d’un secteur ne dépendent que du comportement des firmes au sein de ce
secteur. En particulier la situation de chaque industrie est conditionnée par la situation des secteurs
qui sont ses débouchés.

De plus les situations des secteurs débouchés sont eux même déterminés par la conjoncture
économique globale.

Par conséquent pour comprendre l’évolution d’une industrie il faut aussi tenir compte des
fluctuations conjoncturelles de l’activité économique et de la politique économique générale. C’est
dans cette optique que l’éco indus française tient compte de ces relations. Ce schéma propose une
autre approche du système productif et on y observe deux types de relations. (cf système productif)

o Les relations verticales, celle-ci vont des matières premières vers les biens de consommation,
il s’agit donc de relation de valorisation.
o Les relations transversales, ce sont celles qui concernent les fonctions disponibles pour tous
le système productif. Par exemple : l’énergie, la finance, communication, transports.

Une telle représentation est trop englobant ainsi on va plutôt travailler sur la notion de groupes et de
filières.

Filières et groupes
Le concept de filière est totalement français, il ‘existe pas de traduction.

Ce concept s’est développé dans les 70’s et est vite devenue le symbole de l’éco indus française.

La filière est définie comme une succession d’opérations de transformation aboutissant à la


production de biens. Au départ la filière est conçue comme un enchainement d’activité permettant la
mise à disposition sur le marché d’un bien de consommation.

Ce concept de filière se définit toujours de l’amont vers l’aval.

On a trois types de relations :

o Les relations de transformation sont les opérations techniques.


o Les relations commerciales et financières qui existent à tous les stades de la filière
o Les stratégies déployées par les firmes au sein de la filière.

Les différentes utilisation de la filière :

La filière a été utilisée comme un outil de description technico-économique.

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La filière comme un outil de découpage du système productif, on essaye de découper tous le système
productif en combien se découpe le système industriel.

La filière comme méthode d’analyse de stratégie des firmes. On va s’intéresser aux stratégies de
filières. En particulier à la stratégie des groupes de firmes, stratégie d’intégration verticale, on intègre
toute la filière.

La filière comme instrument de politique industrielle, c’est une référence originale et pertinente pour
mettre en œuvre une politique industrielle. On peut mettre en œuvre une politique de filière en
soutenant toute la filière.

La politique d’industrialisation du Japon a été de choisir des filières et le gouvernement soutenait


complétement la filière afin qu’elle se développe.

L’éco indus française des 60’s est connoté comme une économie interventionniste prônant le
concept de filière.

Un groupe industriel et financier est un ensemble d’entreprise qui relève d’un même pôle de
décision à la tête du groupe il y a une holding (la société qui détient les différentes activités du
groupe). Cette holding va détenir plusieurs types de participations financières, des participations
dans des banques, des compagnies d’assurance. Le but de ces participations est d’avoir des capitaux.
La holding contrôle un certains nombres de firmes dans lesquelles elle a une participation majoritaire
dans des activités d’industrie ou de services. La holding détient des participations minoritaires dans
d’autres activités secondaires, le but est de se diversifier.

L’industrie française dans les 80’s se sont structurés autour de quelques groupes avec une
diversification, toutefois dans les 90’s on a vu un mouvement inverse avec un abandon des
participations minoritaires.

Aujourd’hui il reste des traditions d’éco indus à la française toutefois, il n’existe plus de recherche.

CCL : Assiste-t-on à une désindustrialisation ?

La notion de désindustrialisation renvoie au recul du poids de l’industrie dans notre économie


concomitant à une forte croissance du secteur des services. Ce phénomène est un phénomène
commun à l’ensemble des pays industrialisés.

En ce qui concerne la France quelques données :

Entre 1980 et 2007 l’industrie française perd 2 millions d’emplois ceci représente une baisse de 36%
des effectifs industriels, la majorité de ces baisses d’effectif ont lieu dans les industries
manufacturières. Sur la même période le poids de l’industrie dans le PIB passe de 24 à 14%. Si on
regarde les services aux entreprises sur la même période sont passés de 45 à 56% du PIB, et l’emploi
a augmenté de 53%.

Il existe donc un transfert de l’industrie au service. Il faut toutefois signaler que ce phénomène est
différent selon la branche de secteur. En France ce qui a le plus chuté est l’industrie de bien
intermédiaires, en effet elle représente 40% des pertes d’emplois industrielles.

Les principaux facteurs explicatifs :

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o L’externalisation de certaines tâches vers les services, dans le but d’une meilleure
compétitivité, les entreprises ont externalisés. (Compatibilité, sécurité, entretien…) Il y a
donc eu un transfert malgré les frictions et les difficiles reconversions.
o Les gains de productivité, ces derniers ont énormément joué en effet ceux-ci sont été
énormes et sont dû au progrès technique, la nécessité de main d’œuvre est de ce fait moins
élevé.
o L’effet de la concurrence étrangère et la mondialisation. Dans quelle mesure les
délocalisations pèsent sur la désindustrialisation. On assiste à une délocalisation lié à la
concurrence étrangère et aux coûts plus élevés qu’en France. Il y a eu des vagues de
délocalisation, on estime que les délocalisations n’expliquent que 3 à 10 des pertes d’emploi
industriel.

Pour conclure il faut noter que même s’il existe cette industrialisation, elle représente une grande
part dans l’économie française, 18% de l’emploi, 80% de la R&D et 20% de la VA totale.

On pourrait donc parler de marginalisation, de transformation des activités industrielles, vers des
activités de plus en plus intensives en R&D mais moins intensives en main d’œuvre.

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Chapitre 1 : Structure de marchés et
politiques de la concurrence.
Section 1 : les indicateurs de concentration industrielle.

Le but est de caractériser les structures de marché, on cherche à mesurer le pouvoir de marché des
firmes dominantes en particulier. L’éco industrielle s’est doté d’un certains nombres d’indicateurs
permettant de mesurer le degré de concentration des industries.

Cet indicateur doit donc avoir 3 propriétés :

o Il faut que cet indicateur varie quand le nombre d’unités (firmes) varie du fait de la création
d’entreprise ou de sortie de firmes.
o Il faut que cet indicateur varie lorsque la taille moyenne des unités varie du fait de fusion,
scission, d’une innovation.
o On aimerait que notre indicateur varie avec la distribution des unités et en particulier avec
les asymétries de taille. (Dispersion Variance)

Pour les indices de concentration, il en existe 4 et pour qu’il soit plus pertinent on voudrait qu’ils
permettent une mesure non ambigüe. On veut aussi que cette mesure ne dépende pas des
spécificités des industries. Il faut que l’indicateur augmente s’il y a un transfert de parts de marché
d’une firme vers une autre. Il faut que la mesure diminue avec le nombre de firme lorsque l’industrie
est divisée en firme de taille approximativement égale.

Ils existent donc plusieurs indices, il faut choisir l’unité pertinente et le critère, la variable.

S’agissant de l’unité faut-il prendre l’établissement, l’entreprise ou le groupe, le groupe est trop
concentrée le plus souvent on choisit l’entreprise. Toutefois s’agissant du critère on a le choix, le CA,
l’effectif, la part de marché… Le choix de la variable est essentiel et dans ce cas cela varie le plus
courant est le CA, la part de marché de production et l’effectif. Le plus souvent on calcule la part de
marché en production.

Qi
Part de marché : Pi = avec Qi : quantités produites
åQj
j=1

Il y a deux catégories d’indice de concentration :

Ce qui mesure vraiment la concentration (indice de concentration)

Le rapport de concentration noté C

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n
Cn = å Pi
i=1

Avec Pi la part de marché, on prend généralement n=4 qui donne les n plus grandes firmes.

si n = 4 donc C4.

Cette indice ne respecte pas le principe de non ambiguïté car il dépend du choix de n, il ne tient pas
compte non plus des inégalités de taille.

L’indice de Hirschmann-Herfindal noté H

Cet indice a une propriété remarquable en effet si on note :

Q
Soit q la taille moyenne des firmes : q =
N
1 N
Soit la variance s 2 = å
N i=1
(qi - q)2

s2
Soit V le coefficient de variation de la taille : V =
q2
V 2 +1
La propriété qui nous intéresse est : H =
N

En effet cet indice nous permet de capturer les inégalités de taille, si V ne change pas alors H diminue
avec le nombre de firme. Cet indice n’est donc pas ambigu. C’est donc une mesure de concentration
qui tient compte des inégalités de taille.

o H est toujours compris entre 0 et 1


o si monopole H=1 et CPP H = 0.
o Si oligopole avec répartition équitable des parts des parts de marché  H =1/N

1/H est appelé l’équivalent firme de l’indice H, il nous dit que l’industrie est concentrée comme si elle
été composée de 1/H firmes de tailles égales.

Exemple :

 H = 0,25 1/H = 4

 N=6 1/N=0,17

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 0,25 – 0,17 = 0,08 (concentration due aux inégalités de tailles)

Plus 1/N ≠ 1/H plus il y a des inégalités de taille.

Toutefois il existe une limite en effet il surestime le poids des grandes firmes vu que Pi est élevé au
carré.

Ce qui mesure les inégalités de taille (indice de dispersion)

Le coefficient d’entropie

Il mesure l’incertitude sur le marché, plus précisément on l’interprète comme une mesure de
l’incertitude associée à la conservation d’un client pris au hasard, il mesure l’inverse de la
concentration.

N æ1ö
E = å Pi × ln ç ÷
i=1 è Pi ø

Si il y a un monopole E = 0 et si toutes les firmes ont la même taille E = ln(N).

Plus la valeur de E est élevée, plus y a de l’incertitude et moins la concentration est forte.

Cet indice est peu utilisé.

Le coefficient de Gini

G = Surface hachurée (entre les deux courbes)/ surface OST (triangle sud-est)

o Si monopole G = 1
o Si égalité de taille G = O  courbe de Lorentz est confondu avec la droite.

On doit donc combiner les indicateurs tout en gardant à l’esprit qu’ils ne peuvent pas rendre compte
du phénomène de concentration, la diversité des phénomènes de concentration. De plus l’industrie
est affectée par des phénomènes structurels et conjoncturels.

La courbe de Lorentz :

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100%

% cumulé du nombre d’entre


T
par ordre croissant de taille
0 100%

Section 2 : Les barrières naturelles à l’entrée.

Il faut savoir qu’ils existent des barrières à l’entrée naturelles et certaines barrières stratégiques. Un
des premiers à avoir donner une définition de barrière à l’entrée est un économiste nommé Stigler
qui va définir les barrières à l’entrée en termes de coûts : « La barrière à l’entrée est un cout de
production supporté par une firme voulant entrer sur un marché alors que les firmes déjà sur le
marché n’ont pas à supporter ce coût. «

Un autre économiste Bain les définit en terme d’avantage, selon la définition de Bain de 1968 : « les
barrières à l’entrée sont les avantages que détiennent les firmes d’un secteur sur les entrants
potentiels, ces avantages se manifeste dans leur capacité à vendre au-dessus du prix concurrentiel
sans attirer de nouvelles entreprises dans l’industrie. »

D’où viennent ces barrières naturelles à l’entrée ?

Dans la lignée de Baine on distingue 4 types de barrières naturelles à l’entrée

I. Les barrières à l’entrée réglementaires et juridiques.

Malgré la libéralisation des marchés, ils subsistent des réglementions sur les marchés mais si elles
ont diminuées. Ces conditions réglementaires et juridiques sont de différents ordres :

 Les modalités d’installation :

Par exemple :

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o la possession d’un diplôme, d’une autorisation
o Des numerus closus, des normes en termes de nombres
o Des modalités d’installation en terme environnemental

Ainsi plus il y a de normes plus il y a de barrières à l’entrée, une des industries où il y a de


nombreuses normes est le secteur pharmaceutique.

 Des monopoles publics ou quasis publics :

L’entrée peut être impossible même si ce nombre à beaucoup diminuer (électricité, gaz…)

 Barrières protectionnistes :

Au moyens de taxes, de droit de douanes, de quotas…

 Les brevets et les licences :

Le brevet est un droit de propriété sur une innovation, il a un terme de 20 ans. Une protection, un
brevet octroie un pouvoir de monopole temporel sur les innovations. Les firmes ne sont pas obligées
de renouveler tous les ans leur protection contre paiement. La durée moyenne effective est
inférieure à 10 ans.

Ainsi si on a un brevet, on peut accorder ou pas des licences, le brevet est donc un double instrument
de protection et de diffusion.

Il existe donc un lien fort entre brevets et barrières à l’entrée.

II. Les avantages absolus de coûts.

Les avantages en termes de coût impliquent que dans une industrie donnée les coûts de production
supportée par un entrant sont supérieurs au coût de production des firmes installés.

Un vanatge absolus de coût signifie qu’il existe aucun moyen de production pour que l’entrant ait des
coût identiques à l’entreprise sur le marché. Par conséquent pour l’entrant il sera difficille d’entrer et
de pratiquer un prix compétitif étant donné ses coûts.

Ils existent de nombreuses causes à ces avantages absolus :

o technologies de production, les firmes installées disposent de technologie plus efficace. C’est
lié à l’effet d’expérience mais aussi à des activités de R&D.
o position privilégiée des firmes installés sur le marché des inputs, elles arrivent à négocier les
inputs à moindre coût parce qu’elle a une ancienneté sur le marché ou alors une stratégie
d’intégration verticale.
o L’accès aux liquidités peut être plus limité pour les entrants

III. Les économies d’échelle et de variétés


A. Economies d’échelles.
Le concept d’économie d’échelle met en relation l’échelle de production et les coûts, ce concept est
très important pour appréhender les barrières à l’entrée.

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Les économies d’échelles se définissent par rapport à la courbe de coût moyen, une fonction de
production qui exhibe des rendements d’échelles croissants conduit toujours à une fonction de coût
moyen à long terme décroissante et donc à des économies d’échelle.

Plus la firme augmente son échelle de production plus elle diminue ses coûts moyens.

Les économies d’échelle vont conduire les firmes à rechercher la taille optimale c'est à dire celle qui
lui permet de minimiser ses coûts.

La TMO est la quantité minimale de production qui permet de produire au minimum de coût moyen.

En particulier plus cette TMO est grande plus l’entrée est difficile pour les nouvelles firmes, c’est
pour cela qu’on dit que les éco d’échelles sont sources de barrières à l’entrée puisqu’elle augmente
la TMO. En effet il est plus difficile d’entrée dans ce marché si on doit au moins produire la TMO.

On appelle la quantité minimale de production (TMO) qui permet de produire au minimum du coût
moyen :

La TMO correspond à l’optimum technique ici

Plus la TMO est grande plus l’entrée est difficile pour les firmes. Les économies d’échelle sont une
barrière à l’entrée car elles augmentent la TMO. En effet il est plus difficile d’entrer sur une industrie
si elle doit entrer avec une très grande capacité de production.

Les économies d’échelle sont dues à :

- La division et spécialisation du travail


- Les coûts fixes
- Les économies liées au coût de fonctionnement des entreprises

Toutes les activités industrielles sont caractérisées par des économies d’échelle. Ces économies
d’échelle peuvent être plus ou moins importantes, c’est la valeur de la TMO qui va varier.

B. Les économies de variétés.


Les économies de variété concernent la pluri-production. Les économies de variété correspondent au
cas où produire plusieurs biens différents permet à la firme de réduire son coût moyen de
production. Il est moins coûteux qu’une firme produise les deux biens que deux firmes qui

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produisent un seul bien. Il y a souvent des économies de variété liées à la mise en commun de
certains équipements, de certains coûts, ce qui évite la duplication des coûts. Il existe aussi des
synergies entre les biens ou des effets de complémentarité.

Pour pouvoir rentrer sur un marché il faut qu’il reste de la place sur le marché. Un moyen d’éviter
l’entrée d’un concurrent est de couvrir au maximum le marché via la prolifération de pluri-produits
pour ne plus laisser de place pour les entrants.

IV. Les barrières à la sortir : les coûts irrécupérables.


Les barrières à la sortie expriment le fait que sortir d’une industrie ne se fait pas sans coûts, en
particulier les coûts irréversibles. On dit que des coûts sont irrécupérables lorsque la sortie d’une
industrie ne peut se faire sans perte en capital supérieure au coût d’usage. À l’inverse une firme qui
peut sortir de l’industrie et récupérer le coût initial de ses équipements moins les dépréciations on
dit que les coûts récupérables. Cette propriété est essentiellement liée à la spécificité des actifs, un
actif est spécifique quand il est dédié à la production d’un bien particulier.

Ces coûts irrécupérables limitent les stratégies de raids : on rentre sur un marché, on y reste peu de
temps, on récupère un maximum de profit et on sort. Cela va fortement impacter les structures de
marché.

Ces coûts irrécupérables sont une autre source importante de barrière à l’entrée

Section 3 : La politique de la concurrence.

I. La politique de la concurrence aux USA


A. Les lois anti-trust
Le Sherman Act (1890) est composé de deux parties :

« Tout contrat tout association sous forme d’un trust ou sous tout autre forme, ou toute entente
destinée à restreindre les échanges ou le commerce entre les différents états ou avec les pays
étrangers sont illégaux »

« Toute personne qui monopolisera, tentera de monopoliser le marché ou participera à une


association ou à une entente avec d’autres personnes se rendra coupable d’un délit »

La première partie stipule toutes les pratiques qui sont réglementées et qui sont susceptibles de
restreindre la concurrence sont interdites.

En particulier les ententes sur les prix. La deuxième partie règlemente le monopole et les pratiques
monopolistiques.

Le Sherman Act a été complété par le Clayton Act en 1914 qui va viser certaines pratiques plus
spécifiques. Le Clayton Act interdit notamment la discrimination par les prix, les ventes liées, les
clauses d’approvisionnement exclusif et enfin les fusions lorsque cela réduit la concurrence. On verra
plus tard que les discriminations par les prix sont règlementées mais il en existe toujours
énormément. Les ventes liées impliquent que l’on est obligé d’acheter un bien A lorsque on achète
un bien B. Les fusions sont règlementées, certaines sont acceptées mais si on estime que la fusion va
créer une situation de quasi-monopole elle est interdite.

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L’article qui règlemente les fusions est l’article 7 :

« Nul société qui relève de la federal trade commission ne peut acquérir tout ou partie des avoirs
d’une société lorsque l’effet de cette acquisition risque d’affaiblir notablement la concurrence ou de
créer un monopole dans une branche quelconque du marché »

B. Les objectifs et les critères d’efficacité


Ces textes se sont développés dans une vision structuraliste, les autorités de la concurrence
s’appuient fréquemment sur le tryptique SCP pour justifier un besoin de renforcement de la
concurrence.

Ces arguments ont été critiqués par l’école de Chicago qui est contre cette réglementation :

« La rentabilité d’une grande entreprise n’est pas le fait d’une domination abusive du marché mais
provient d’une efficience supérieure »

L’école de Chicago insiste sur le fait que la relation entre concentration et rentabilité des firmes doit
s’apprécier de façon dynamique. Selon eux seules les situations où la position dominante est pérenne
doivent faire l’objet de règlementations. Si le monopole temporaire est lié à un avantage
technologique il ne durera pas éternellement. Cette école de Chicago a influencé la politique
américaine qui s’est assouplie au cours du temps. C’est le cas des fusions où ils se sont rendus
compte qu’en terme d’efficacité il y avait un arbitrage à faire. Beaucoup de fusions permettent des
gains d’efficacité technologiques, il faut arbitrer ces gains d’efficience car sinon les firmes ont un plus
grand pouvoir de marché et elles augmentent les prix. Toute la question pour le décideur public est
d’arbitrer l’efficience et la perte nette. On va essayer d’estimer ex ante ce qu’on pense être l’impact
sur l’efficience et l’impact sur les prix.

C. Délimitation du marché et définition du pouvoir de marché


La délimitation du marché doit spécifier le produit concerné mais aussi la zone géographique à
prendre en compte pour évaluer le degré de concurrence. Plus l’échelle géographique est grande
plus l’impact de la fusion est limité. Cette question se pose aussi pour le type de produit.

Définition d’un marché pertinent :

« Un marché est le plus petit groupe de produits et la plus petite zone géographique qui permettrait
un monopole hypothétique d’élever le prix au dessus du niveau courant et ce d’un certain
pourcentage »

Une fois le marché pertinent défini, l’étape suivante consiste à étudier la corrélation des prix des
différents produits que l’on va inclure dans notre définition du marché. On va donc évaluer
l’élasticité croisée des biens pour évaluer le marché que l’on a défini. Puis on va évaluer le pouvoir de
marché en évaluant la capacité à fixer un prix au dessus du coût marginal avec le taux de marge :

p- Cm 1
=-
p es / p

Ce taux de marge dépend de l’élasticité, on va ainsi calculer le pouvoir de marché avant et après la
fusion.

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HO = indice Herfindale avant la fusion
DH = DH après la fusion
® Si HO < 10% : pas effet sur la concurrence
® Si 10%< HO < 18% : effet notable sur la concurrence (∆H > 1%)
® Si HO > 18% : effet sur la concurrence (∆H > 0,5%)

II. La politique européenne de la concurrence


Il subsiste deux niveaux de contrôles : un premier national et un deuxième européen. Au sujet des
fusions le seul niveau valable est européen, on a mit en place l’autorité de la concurrence
européenne qui repose sur deux articles fondateurs.

Les articles fondateurs de la politique de la concurrence européenne sont les articles 85 et 86 du


traité de la concurrence :

o L’article 85 : « sont incompatible avec le marché commun et interdit tout accord entre
entreprises, toute décisions d’association entre entreprises et toute pratique concertée
susceptible d’affecter la concurrence entre Etats membres et qui ont pour objet ou pour
effet d’empêcher de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur du
marché commun. »

Ce qui va être interdit c’est de fixer de façon directe ou indirecte les prix, contrôler la production ou
les débouchés, répartir les marchés ou les sources d’approvisionnement, appliquer des conditions
inégalitaires à des partenaires commerciaux et pratiquer les ventes liés.

Il existe toutefois un alinéa qui comprend une exception qui va s’appliquer et en particulier il est dit
que toutefois cet article peut être déclaré inapplicable à tout accord, toute décision ou pratique
concerté qui contribue à améliorer la production ou la distribution des produits ou à promouvoir le
progrès technique ou économique tout en réservant aux utilisateurs ou aux partenaires une partie
équitable du profit qui en résulte. On peut donc avoir un degré de tolérance que s’il a un impact
positif sur le PT en effet en terme d’innovation ou de PT la commission finance des accords de
coopération en R&D ce sont des ACRD.

o L’article 86 lui va interdire les abus de position dominante : « est incompatible avec le
marché commun et donc interdit le fait par une ou plusieurs entreprises d’exploiter de façon
abusive un position dominante sur le marché. »

Cet article nous dit qu’une ou plusieurs entreprises ne peuvent pas abuser de leur position
dominante et notamment pour influencer les prix ou la production. Certaines pratiques sont
interdites.

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Chapitre 2 : La théorie des marchés
contestables.
Cette théorie a été développée à la fin des 70’s par Baumol, Panzar et Willig. Elle a pour ambition de
fournir une nouvelle analyse des structures de marché et en particulier des monopoles. Cette théorie
met en avant la question des barrières à l’entrée et porte sur la concurrence potentielle (entrants
potentielles) à l’opposé de la concurrence effective (entreprises installées).

Cette théorie va montrer que ce qui est déterminant est la concurrence potentielle et non la
concurrence effective. Ils vont essayer de montrer qu’on peut avoir des marchés et des structures de
marchés très concurrentielles même avec un petit nombre d’entreprises sur le marché en raison de
cette concurrence potentielle. Les entrants potentiels sont déterminés par les barrières à l’entrée et
dans ces barrières il y a celles qui sont réglementaires. Elles s’est mise en place en même temps que
la dérèglementation des marchés aux EU cela a été une justification. Baumol dit que cette théorie
n’est pas complètement libérale. Cela dit dans les faits ces auteurs étaient conseillers et sont
intervenus dans la vie politique pour défendre la libéralisation des marchés.

Section 1 : Présentation de la théorie

I. Le concept de marché contestable.


Définition : un marché est dit parfaitement contestable lorsque deux conditions sont réunis :

o L’entrée doit être libre ce qui signifie que les firmes déjà installé ne disposent d’aucun
avantage par rapport aux entrants.
o La sortie doit pouvoir s’effectuer sans coût irrécupérables. (firmes ne doivent pas subir
d’autres coûts que la dépréciation du capital)

La première condition implique que les entrants peuvent utiliser les mêmes technologies de
production et peuvent servir les mêmes demandes que les firmes installés. Ce qui signifie qu’ils
n’existent pas de barrières à l’entrée au sens de Stigler.

Sur un marché parfaitement contestable l’entrée et sortie est libre et le pouvoir de marché des
firmes installés est contestable.

II. La détermination de l’équilibre.


Le principe va être de minimiser les coûts moyens de l’industrie, le nombre de firmes va être
endogène. On va chercher le nombre de firmes qui minimisent les coûts de production de l’industrie.
On va chercher la structure industrielle efficace qui va être tel que :

Si Q0= TMO

Si Q-= demande de marché donc n =

Remq :

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o Sous-additivité des coûts : est le cas où il vaut mieux avoir une seule firme qui produit tout
C(Q) est sous additive si ( ) ∑ ( )  avec ∑  agglomération ou
concentration de la production  monopole naturel
Ainsi la sous additivité des coûts est une condition nécessaire au monopole naturel. Les
économies d’échelles sont une condition suffisante à la sous additivité des coûts. Ceci signifie
au niveau de l’industrie et non d’une seule firme.
o Ces monopoles naturels vont typiquement correspondre aux industries de réseau. Tout ce
qui nécessite un réseau de transport de communication ou de distribution (eau, gaz,
électricité…) Ce réseau nécessite un investissement en coût fixe énorme qui crée des
économies d’échelle et qui souvent entraine une sous-additivité des coûts. C’est ce type
d’argument qui a justifié la nationalisation et la monopolisation de ces industries.

Un équilibre dans cette économie réalisé par une configuration réalisable et soutenable.

Pour les auteurs ont peut définir un équilibre par trois variables, le nombre de firmes n, la quantité q
et le prix p.

Configuration réalisable et soutenable :

- Configuration est réalisable si elle vérifie les conditions suivantes :


o ∑ ( )
o ( ) pas de perte
- Configuration est dites soutenable si elle n’offre pas de possibilité d’entrée profitable ce qui
implique :
o Toutes les firmes ont accès à la même technologie de production
o L’entrant suppose que le prix p ne sera pas modifier par son entrée
o ( ) pour pe< p et Qe<Q(pe) peu importe le prix l’entrant ne pourra pas
faire de profit

Proposition : Dans un marché parfaitement contestable, seule une configuration réalisable et


soutenable peut constituer un équilibre.

III. Les propriétés de l’équilibre.


1. L’efficacité technologique.
Ce qui signifie qu’on minimise le coût total de l’industrie.

Pq configuration soutenable et réalisable minimise le coût ?

L’argument intuitif est le suivant, si il existe une configuration technologiquement plus efficace c'est
à dire qui peut réaliser la même production à un moindre coût que la configuration d’équilibre cela
signifie qu’il y a au moins une firme de cette configuration alternative qui pourrait entrer dans
l’industrie et réaliser des profits (puisqu’elle a un coût plus faible) par conséquent la configuration
initiale n’était pas soutenable et ne peut pas constituer un équilibre.

2. L’égalité des coûts marginaux. (Propriété de l’oligopole)


Ceci signifie que si deux ou plusieurs firmes produisent le même bien à l’équilibre leurs production
respectives est telle que les coûts marginaux sont égaux.

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Comme min des coûts forcément égalité des coûts marginaux.

3. Tarification au Cm dans le cas de l’oligopole.


Dans le cas où plusieurs firmes produisent à l’équilibre chaque firme produit un niveau de production
tel que p=Cm.

- Si le prix < Cm cela signifie qu’à l’équilibre une firme peut ne pas faire de pertes avec un prix
inférieur au Cm (configuration réalisable). Cela implique que l’on est dans la phase croissante
du Cm au-dessus du CM. Dans ce cas un entrant pourrait entrer et faire un profit positif en
produisant une quantité légèrement inférieure à celle de la firme déjà installé. Par
conséquent cette configuration n’était pas soutenable ce n’est pas un équilibre.
- Si le prix > Cm, ce n’est pas possible sinon il subsisterait des opportunités de profits pour les
entrants (qui pourrait entrer avec un prix légèrement inférieur. Ce qui implique que la
configuration n’est pas soutenable et ce n’est pas un équilibre.
- P=Cm

Cm, CM
Cm(Q)

Cm(q)

4. Profit nul
Une configuration réalisable et soutenable requiert qu’aucune firme ne doit faire de profit.

Si les profits sont négatifs la configuration n’est pas réalisable par définition, et si les profits sont
positifs la configuration n’est pas soutenable car des profits positifs vont attirer des entrants.

Si n >= 2

A l’équilibre :

- Efficacité technologique
- P=Cm=cm1=cm2…
- Π= 0  p = cm

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 P*= Cm= Min CM

Equilibre monopole :

- Efficacité technologique
- Π=0

 p*=CM

Dans cette théorie l’équilibre concurrentiel de LT est un cas particulier. Il y a donc une généralisation
de la théorie de la concurrence. Dans cette théorie il n’est pas nécessaire que l’industrie soit dans
une situation de concurrence pure et parfaite pour que p = Cm et les profits nuls. Il suffit que le
marché soit parfaitement contestable. (Libre entrée pas de barrières à l’entrée libre sortie pas de
coût irrécupérables)

Section 2 : Les configurations soutenables.

I. Le cas du monopole naturel.

P,CM
CM
D(Q)2

D(Q)1

Qs

Entre O et Qs = zone de sous additivité des coûts.

Avec la première demande il est très difficile pour un entrant de rentrer puisque les coûts moyens
sont supérieur à la demande.

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Pour DQ(2) tant que le coût moyen est inférieur à la demande possibilité de profit.

Prop 1 :

Au-delà de la zone de sous additivité des coûts il n’y a plus de monopole.

Prop 2 :

Le monopole naturel est soutenable uniquement si la courbe de demande coupe le CM dans sa


partie décroissante avant ou au minimum.

Remq : c’est le seul cas où il y a besoin d’une intervention politique en effet un monopole est
nécessaire mais il n’est pas soutenable donc menacer par les entrants. Il faut donc protéger le
monopole.

Prop 3 :

Si la courbe de demande coupe le CM au-delà de son minimum mais à l’intérieur de la zone de la


sous additivité des coûts il n’existe pas de configuration soutenable.

Remq :

La zone 2 existe que s’il existe à un moment donné des déséconomies d’échelle.

II. Le cas de l’oligopole.


Dans le cas de l’oligopole l’existence d’une configuration soutenable est aussi problématique, le
problème est lié à la forme des fonctions de coûts.

P,CM

D(q) D(q)2

qm 5 qm Q
m
On ne prend que le bas pour les coûts de l’industrie.

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Hypothèse : toutes les firmes ont la même technologie de production donc la même fonction de
coût.

Si la courbe de demande coupe le CM a un niveau de production qui est un entier multiple de Qm


alors il existe une configuration soutenable caractérisé par un nombres de firmes égal à cet entier.
Dans l’exemple 3 firme produisent chacune qm. Dans ce cas on a un oligopole avec tarification au Cm
est égal au minimum du CM donc profit nul. On a les 4 propriétés de l’équilibre.

Toutefois il existe un problème lorsque la demande ne coupe pas à un entier.

Dans le cas de D(q) 2 il n’existe pas de configuration soutenable en effet si la courbe de demande
coupe le CM en un tout autre point alors il n’existe pas de configuration soutenable parce qu’il reste
des plans d’entrée profitable.

En conclusion dans le cas des firmes en fonction en U. l’existence d’une configuration soutenable est
rare et fortuite. Et cette limite est liée à la forme en U du coût moyen.

La théorie va répondre à cette limite en disant que les études empiriques montrent que les fonctions
de coût moyen sont rarement en U mais qu’elle présente généralement une zone plate de
rendement constant qui va étendre considérablement la zone d’existence de configuration
d’équilibre soutenable. Ils montrent que il suffit d’une petite zone de rendements constants pour
que les conditions d’existence d’une configuration soutenable se relâche considérablement.

CM
K=0,25

CM(q)

q
1 1+k

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CM(q)

1 2 3 4 5 Q

[ ][ ][ ][ ][ [

Prop 4 :

Si la courbe de coût moyen individuelle est aplatie dans l’intervalle 1,1+k la courbe de coût moyen de
l’industrie est horizontale. Pour toutes les quantités qi > h où h est l’entier le plus petit tel que h*k
soit supérieur ou égale à 1.

Dans le cas h=4.

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n Configuration
N=q
soutenable

N=

Exemple :

Q=6 donc n = 6 si q =1 mais n =5 si q=1,2

Prop 5 :

Plus les technologies sont flexibles au sens de Stigler (plus la zone de rendements constants est
importante) plus petite est la valeur limite de la production à partir de laquelle l’existence d’une
configuration soutenable est assuré.

Portée et limites de la théorie des marchés contestables.

I. Les principales critiques.


Il existe 5 grandes critiques qui remettent en cause cette théorie :

 La première critique concerne l’hypothèse d’absence de réaction des firmes installées, c’est
une hypothèse implicite. En effet la firme installée ne réagit pas à l’entrée d’une firme qui
propose un prix plus bas. C’est cette absence de réaction qui rend l’entrée profitable. Cette
hypothèse est très restrictive et si les firmes sont rationnelles elles doivent intégrer dans
leurs calculs économiques non pas le prix qu’il y a sur le marché avant l’entrée mais celui
après leurs entrées or dans la théorie des marchés contestables l’entrant raisonne en
regardant le prix avant l’entrée. Dans la réalité le prix va changer lors de l’entrée d’un
concurrent. Cette hypothèse exclut la prise en compte des interactions stratégiques ce qui
contraint à une analyse statique.

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 La contestabilité du marché implique la libre sortie et donc l’absence totale de coût
irrécupérable, cette hypothèse est également très restrictive car de nombreuses études
empiriques ont montrées qu’il était très rare de ne pas avoir de coûts irrécupérables surtout
dans le domaine industriel. En effet dans le domaine industriel la plupart des équipements
sont spécialisés et leurs revente est très difficile. Cette hypothèse peut être observée dans
les services. De ce fait cette critique la portée de la théorie et elle est d’autant plus forte que
le niveau des coûts irrécupérables est lié à l’horizon temporel plus la période est courte plus
ces coûts sont importants. Cette hypothèse s’inscrit dans une longue période alors que la
première dans une courte période c’est une forte contradiction. S’il y a des coûts
irrécupérables libéraliser l’entrée ne suffit pas pour assurer la contestabilité du marché. S’il
n’y a pas contestabilité du marché il y a un gros dysfonctionnement.
 Hypothèse d’identité des fonctions de coûts et des technologies de production des firmes
installées et des entrants. En effet cette hypothèse implique qu’il n’y a pas d’hétérogénéité
des firmes, cette théorie utilise l’hypothèse de firme représentative. Cette hypothèse est
critiquable en particulier car il y a généralement des différences significatives entre les
technologies des entrants et des firmes installées.
 Il subsiste une incertitude forte quant à la définition du marché pertinent. Il y a un grand
doute pour savoir à quelle échelle du marché marche cette théorie. En effet chaque marché
n’est qu’un sous marché d’un marché plus large. Le problème vient du fait que tout
processus de dérèglementation sur un marché donné à des implications sur d’autres secteurs
ce que ne peut prendre en compte cette théorie.
 La théorie des marchés contestables suppose que l’unique variable décisive des
comportements des consommateurs est le prix. En effet chaque fois on s’est basé sur une
baisse du prix.

II. Les implications en termes de déréglementation du marché.


Cette théorie a beaucoup influencé les politiques de dérèglementations, et le principe même de
concurrence potentielle a été adopté et en particulier ils utilisent ce concept dans les politiques anti-
trust.

Bomol se défend d’avoir voulu faire une théorie libérale.

Conclusion de la théorie :

Lorsque les marchés sont parfaitement contestables la plupart des réglementations sont inutiles
puisque même des structures avec un petit nombre de firmes sont efficaces, ils ne pénalisent pas les
consommateurs. Il suffit de laisser jouer la concurrence potentielle pour que les structures tendent
vers des configurations soutenables qui sont technologiquement efficace et assure une tarification
au Cm. Il n’y a donc aucune raison d’intervenir si le marché est parfaitement contestable.

A l’inverse s’il ne l’est pas, il faut intervenir pour le rendre contestable (barrière à l’entrée ou sortie)
ou restaurer les conditions de contestabilité ce qui signifie qu’il faut libéraliser l’entrée et la sortie.

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C’est donc cet argument qui a justifié les politiques de déréglementation aux EU et en particulier
dans les industries de réseau et plus précisément libéraliser l’entrée en dérèglementant le marché et
libéraliser la sortie en diminuant les coûts irrécupérables.

Ces arguments ont surtout joué dans le cas du monopole naturel en effet dans le monopole naturel si
le marché est parfaitement contestable et le monopole soutenable, alors le monopole s’autorégulera
sous la pression de la concurrence potentielle et aucune intervention ne sera nécessaire.

Le seul cas où une intervention sera nécessaire ce sera le cas du monopole naturel non soutenable
sur un marché contestable là il peut y avoir nécessité d’intervenir pour protéger ce monopole
puisqu’il n’est pas soutenable.

La principale conclusion de cette théorie est de rendre les marchés soutenables.

En réalité : cas des transports aériens.

Au EU les transports aériens était réglementé et en 1978 on assiste à la déréglementation, on


libéralise les conditions d’entrée et la tarification.

Ce cas a vraiment reconnu l’attention des économistes et notamment Bomol… car ce cas se prêtait
vraiment très bien à leur théorie car il pensait que cette déréglementation suffisait pour rendre ce
marché parfaitement contestable en effet selon eux il n’existait pas de coût irrécupérables en effet il
existe un marché de l’occasion inhérent aux flottes aériennes.

 Les effets attendus étaient des vagues d’entrée de compagnie

à une baisse de prix, plus de concurrence, plus d’efficacité technologique. Une augmentation de la
concurrence était attendu étant donné l’absence d’économie d’échelle et donc in fine un
accroissement du surplus social et celui du consommateur.

Les premiers effets de la libéralisation des transports aériens a été la réorganisation des transports
aériens vers un réseau en étoile (en hubs). Il existe des plaques tournantes.

Hubs Cette réorganisation a été faite pour trouver


des économies d’échelle et baisser le coût.
Cette réorganisation a aussi permis aux
firmes installées d’accroitre leur pouvoir de
monopole et en particulier de constituer des
monopoles locaux c'est à dire sur les hubs.

Une fois que les hubs sont constitués, l’entrant doit rentrer dans ce hub, toutefois les grands
aéroports ont une capacité limité ce qui a entrainé un afflux des grandes firmes vers ces hubs, ils ont
donc crées des monopoles locaux.

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Les hubs sont devenus une telle source de barrières à l’entrée que les petites compagnies ont crée
d’autres hubs. (ex : Carcassonne, Béziers)

Il y a aussi un effet de saturation des aéroports, en effet la théorie nous dit tant qu’on libéralise il y
aura des entrants alors que dans la réalité il y a des effets de congestion. Ainsi au final le marché
américain est plus concentrée, il y a eu des vagues d’entrée mais les entrants n’ont pas survécu mais
aussi des mouvements de rachat ce qui a entrainé une concentration. Donc la déréglementation n’a
pas entrainé une augmentation durable de la concurrence.

 Ya-t-il eu une baisse générale des prix donc une hausse du surplus du consommateur ?

On a assisté à quelque chose de très classique qui s’appelle des subventions croisés. Une subvention
croisée est de dire qu’on va baisser le prix sur un produit mais récupérer sur un autre produit. On a
assisté à une baisse des prix sur les vols internationaux mais à un maintien voire une hausse sur des
vols nationaux ou locaux. Le prix du vol n’est plus proportionnel à la distance.

On a assisté à un autre phénomène, de reconcentration et de restructuration liée au rachat de


compagnies.. Accompagnés de coûts sociaux (licenciements…) Le coût social des dérèglementations
a eu un effet sur l’emploi mais aussi sur la qualité. Les effets sont donc plus complexes que ceux qui
sont préconisés par la théorie des marchés contestables. Il existe très peu d’exemple de
déréglementation qui a respecté la théorie des marchés contestables, venant de l’absence de
réaction stratégique des firmes.

Indication partiel : cas avec des documents à lire sur un cas de déréglementation

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Chapitre 3 : L’analyse des stratégies des
firmes.
Il va y avoir 3 grandes types de stratégies :

- Barrières à l’entrée
- Différenciation de produits
- Discrimination par les prix

Section 1 : Les barrières stratégiques à l’entrée.

I. La théorie du prix limite.


A. Postulat de Sylos-labini :
Ce postulat est en deux parties :

 En matière de prix les firmes installés supposent qu’aucun entrant ne se présentera si elle
propose un prix post entrée inférieur au CM de LT.

 En matière de q les entrants font l’hypothèse que les firmes installées ne modifieront pas
leur niveau de production après l’entrée.

Ce que l’on veut étudier et comment les firmes peuvent se servir du prix comme barrière à l’entrée.
Ce prix qui va empêcher d’entrer va être le prix limite. Ce que l’on va appeler une stratégie de prix
limite (Pl, Ql), c’est uen stratégie de prix limite et une quantité qui bloque l’entrée de nouveaux
concurrents.

Ce modèle est l’un des premiers modèles de prix limites et marque le début des modèles de barrières
à l’entrée. Ce postulat le résume de manière simple, deux choses d’une part il suffit de fixer un prix
ou de menacer de fixer un prix après l’entrée inférieur au coût moyen pour qu’il n’y ait plus
d’entrée ; d’autre part la deuxième hypothèse est une hypothèse de comportement qui implique que
les entrants n’anticipent aucune réaction de la part des firmes installées.

Cette deuxième partie implique qu’il y aura une baisse de prix associé à l’entrée ainsi l’entrant va
regarder le prix et va anticiper cette baisse de prix avant de rentrer.

B. Le prix limite.
Hypothèse :
Finst Même CM
2 firmes

Ent
ère
1 période : po

La Fi produit Qi au prix Pi

2ème période :

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L’entrant prend la décision d’entrée ou non.

Si la firme installée produit Qi avant et après l’entrée, la demande résiduelle correspond à la


demande totale du marché – Qi.

Ainsi en fixant Qi la firme installée détermine la demande résiduelle de l’entrée. Ainsi plus la firme
produit un Qi élevé moins il reste de demande pour l’entrant, la firme installée va chercher à
déterminer Qi tel que la demande résiduelle de l’entrant corresponde à un prix inférieur au CM ipso
facto l’entrant ne peut pas faire de profit et n’entre pas.

P, CM

CM
Q-

D(Q)

Ql
Q- Qc Q

TMO = Q-

Si elle produit Ql = Qc - TMO, elle dissuade l’entrée tel que le prix soit égal au coût Cm.

Ce résultat ne tient que si la firme installée maintient exactement cette quantité de production après
l’entrée. Or cette hypothèse n’est pas crédible.

Elle pose un problème de crédibilité de la menace. (Théorie des jeux) Si la firme installée est
rationnelle ne maintiendra pas cette quantité de production. On parle donc de problème de
crédibilité de la menace. Ce problème de crédibilité de la menace est récurrent dans les jeux
stratégiques non coopératifs.

Le problème peut se résumer à un jeu avec deux joueurs la firme installée et un entrant potentiel.
C’est un jeu stratégique car l’installée doit mettre en place un stratégie doit empêcher l’entrant de
rentrer et non coopératif car chaque firme cherche à maximiser son profit individuellement.

Ce que va essayer de montrer la théorie des jeux et comment la firme installé peut dissuader l’entrée
et en particulier grâce à une menace crédible.

II. La dissuasion de l’entrée : le modèle avec engagement.


A. Le modèle de base (sans engagement)

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Il y a deux firmes (deux joueurs), un monopoleur et un entrant potentiel, c’est un jeu non coopératif
et séquentiel à deux étapes.

La première étape : décision d’entrée ou non

La deuxième étape la réaction du monopoleur soit elle accepte l’entrée c'est à dire partager le
marché ou rejeter en pratiquant une guerre des prix.
Ep .

E E-

(O)
-
A A
(πm)

(πg) Avec πm>πd>πg et πg 0


(πd)
Un équilibre de Nash est une situation où aucun
(πg) joueur n’a intérêt à dévier unilatéralement de sa
(πd)
stratégie d’équilibre.
Duopole Guerre des prix ( )
C’est un équilibre de nash ce qui signifie
( ) ( )
M

A A-
EA E Πd, Πd Πg,,πg
E- 0,πm πm,0
Remq : Πg tend vers 0 ils vont baisser leur prix jusqu’à que le profit soit nul c'est à dire p=Cm

Deux équilibres :

(E ;A) et (E - ;A- ) le deuxième équilibre est non crédible, en effet « ne pas accepter » est on crédible
car si l’entrant entre il ne jouera pas la guerre des prix car le profit du duopole sera plus grand que
celui de la guerre des prix.

Au final le seul équilibre qui va se réaliser est (E ;A)

Pour répondre à ce problème un deuxième équilibre va être proposé l’équilibre de Selten ou


l’équilibre parfait en sous-jeu. (Partir de la fin du jeu et prendre ce qui est plus crédible)

En partant du fond le monopoleur va forcément jouer A car le profit est plus important donc
l’entrant va entrer.

B. Le jeu avec engagement.

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Un engagement est une action entreprise par un joueur qui tend à modifier le résultat du jeu en sa
faveur. Cette action doit le contraindre et être connu de tous les autres joueurs.

On va introduire un coût C qui est le coût de l’engagement. Ce coût est connu des autres joueurs. On
va ajouter l’étape au premier jeu.
M

G G-

EP
EP
E- E
E
E- M

Πm A
A-
A Πm- 0
A- c

0 Πd Πg

Πd Πg
Πd-C Πg

Πd Πg

Crédibilité de l’engagement :

Πg > Πd –C

Rentabilité de l’engagement :

Πm – C > Πd

Ce qui implique :

Gain supplémentaire résultant d’un duopole plutôt que de la guerre des prix Πd-Πg<C<Πm-Πd  gain
supplémentaire résultant du monopole au lieu du duopole c’est donc l’avantage à rester en monopole.

Si cette condition est respectée l’entrée est bloquée et nous avons une barrière stratégique à l’entrée.

C. les différentes formes d’engagement.


Au départ l’engagement était considérée comme un investissement en capacité de production en
effet cela consiste à investir dans une surcapacité de production, des équipements du capital fixe qui
font que la firme est capable si elle a en besoin de produire plus.

Grâce à ce type d’investissement, la firme peut faire des économies d’échelles et produire plus à
moindre coût.

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Dans ce type d’engagement on peut mettre tous les engagements permettant de réduire les coûts
comme l’investissement en R&D, cette rechercher dans le but de développer une innovation lui
permettant de baisser ces coûts de production.

Les barrières stratégiques peuvent prendre beaucoup d’autre forme par exemple en plus de
l’innovation, les firmes peuvent avoir recours à la réglementation et avoir des stratégies de capture
réglementaire (c’est le cas où une firme participe à un processus de réglementation et fait tout pour
qu’une norme stricte soit imposée car elle sait que cela va poser des barrières à l’entrée alors qu’elle
est capable de répondre à cette norme lobbying)

Section 2 : La différenciation du produit.

I. Les différentes formes de différenciation.


Le but est d’influencer les choix des consommateurs et si possible de s’attacher et de fidéliser une
partie de la clientèle en proposant des produits différents de ses concurrents. Elles vont se
développer un pouvoir de monopole local.

Ceci revient à dire que les consommateurs ne vont pas raisonner qu’en fonction du prix. Il a donc
fallu prendre en compte que le consommateur raisonne aussi à partir des caractéristiques du
produit, Lancaster a mis en place un modèle qu’un produit peut se résumer à un vecteur de
caractéristiques, le prix en est une.

La question est comment se différencier et ces Lancaster qui a défini ces différentes formes :

- objective : elle confère au produit une réelle différence en termes de caractéristiques, on agit
sur le vecteur de caractéristiques. Mais cela peut se faire de deux façons :
o horizontale : deux biens sont dit différenciés horizontalement si tout en étant
identique du point de vue de la qualité, ils présentent des caractéristiques
objectivement différentes, dans ce cas même pour un prix identique les préférences
des consommateurs peuvent être hétérogènes Il n’y a pas de différence de qualité.
o Verticale : deux biens sont dit différenciés verticalement si vendus au même prix, les
préférences des consommateurs quant aux produits préférés sont homogènes parce
que les biens présentent des différences objectives de qualités.il y a donc
homogénéité des préférences. Il y a une différence de qualité.
- subjective : on n’agit pas sur le bien lui-même mais sur la perception qu’en ont les
consommateurs. On ne change pas le produit et son image.(Marketing, pub…)

Ces trois formes de différenciation, nous allons les voir de façon séparé mais dans la pratique
elles sont concomitantes.

II. La différenciation horizontale : les modèles de localisation.


Ce terme est très ancien et vient d’un modèle de la cité linéaire développer par Hotteling. Ce terme
de localisation est entendu au départ de manière géographique.

Les biens peuvent être défini par leurs localisations géographiques.

A. Le modèle de la cité linéaire


Eb :
Ea Bien B
0 1
Bien A

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Les consommateurs sont distribués uniformément sur ce segment et n’achète qu’une unité de bien
donc chaque point de ce segment est un consommateur qui achète un bien. Il y a deux entreprises A
et B qui cherche à se localiser sur ce segment et offrir le même bien.

Il y a un intérêt que si les consommateurs ont un cout de transport qui dépend de la distance.

Il va y avoir un consommateur indifférent c'est à dire que cela lui coûte la même chose d’acheter en a
ou en b.

Consommateur indifférent :

( ) ( )

Remq 1 :

On ne sait pas où son localiser les firmes mais aussi x le consommateur indifférent n’est pas au
milieu.

Remq 2 : fonctions de demande

Remq 3 : fonctions de profit

( ) ( )( )

( ) ( )( )

Chaque firme maximise son profit

Max

Max

 A l’équilibre a*=b*=1/2

Ce résultat s’appelle le principe de différenciation minimale. On a donc

Les firmes n’ont pas intérêt à se différencier, en effet si une firme se différencie elle peut traduire
cette différenciation dans son prix, or dans ce modèle les firmes n’ont pas de marge de manœuvre
dans le prix donc elles n’ont pas intérêt à se différencier mais se situer au milieu et récupérer
chacune le maximum de part de marché c'est-à-dire la moitié. Ce principe de différenciation
minimale et ce modèle montre deux choses d’une part la concurrence motive la différenciation et si
ce n’est pas le cas on a une agglomération des activités donc une concentration.

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B. Le modèle de l’Aspremont et al.
Fa Fb
(a,P1) (b,p2)

On fait l’hypothèse de coût de transport quadratique c'est à dire p + t*x²

1) Le consommateur intermédiaire est tel que

( ) ( )

( ) ( )
( )

2) Fonction de demande

( ) ( )

3) fonctions de profit

( ) ( )[ ]
( )

( ) ( )[ ]
( )

Max π à localisations données (a,b) données

( ) ( ) ( )

( )( )
( ) ( ) ( )

( ) ( ) ( )

( )( )
( )

( )( ) ( )( )
( )

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( ( )( ) ( )( )

Equilibre de nash en prix :

Ainsi le prix de b augmente avec b et le prix de la firme A diminue quand a augmente.

Localisations optimales a* et b*

( ) ( )

( ) ( )

( ) ( )

( ) [ ( ) ] [ ( ) ( )]

On va utiliser le théorème de l’enveloppe  une fois que la firme maximise son profit πa par rapport
au prix dans un second temps on aura d πa/ πa=0

Pour maximiser πa on ne peut prendre en compte que l’effet direct de a sur πa c'est-à-dire l’effet
demande et l’effet indirect que l’on appelle l’effet stratégie par rapport à pb(a,b)

Ainsi

( )[ ]

( )
( )

( )( )
( )

( )
( ) ( )

( )[ ] ( )[ ]
( ) ( ) ( )

On sait que le premier terme est positif et que 0<a<b<1 donc le second membre sera négatif de ce
fait le profit de la firme diminue quand a augmenté. Symétriquement on a dπb/b>0 donc le profit de
la firme b augmente quand b augmente.

Ce qui signifie que l’on a un équilibre de Nash tq a*=0 et b*=1

On parle donc de principe de différenciation maximale.

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Cet équilibre résulte de la conjonction de deux effets opposés qui sont l’effet demande et l’effet
stratégie.

L’effet demande : ( )
si a <1/2  donc la demande croit avec a elle gagne des
parts de marché en augmentant a. Cet effet incite à se déplacer vers le centre c’est un effet
centripète. Cet effet a été plus fort dans la différenciation minimale du fait qu’il n’y avait pas d’effet
de stratégie.

Toutefois l’effet stratégie :

si les firmes se rapprochent, la firme b va baisser son prix car le rapprochement et la


concurrence en prix. Mais si la firme b baisse son prix il va y avoir un effet négatif sur la demande de
la firme a, elle sera compétitive, c’est la guerre des prix. Pour minimiser cet effet les firmes vont
chercher à se différencier et au maximum donc aux extrémités c’est l’effet centrifuge. Ainsi dans ce
modèle l’effet centrifuge domine l’effet centripète ce qui conduit à un équilibre de Nash avec
différenciation maximale.

Il faut savoir que les firmes sont toujours confronté à ces deux effets à un arbitrage entre les deux ce
qui signifie que dans la réalité il existe un niveau optimal de différenciation. Une trop légère
différenciation favorise la guerre des prix et trop de différenciation limite la part de marché.

Un des prolongements important de ce modèle est le modèle des cités linéaires qui au lieu de
raisonner sur un cercle ce qui éliminer les effets de bords, un des autres apports était qu’on ne doit
pas uniquement analyser en distance en effet ce segment sert à positionner une variable de
différenciation pas forcément la distance. Au final le segment représente une caractéristique de
différenciation.

C. La différenciation verticale

La différenciation verticale porte sur des caractéristiques du produit qui déterminent objectivement
sa qualité. L’application essentielle de cette propriété est qu’à prix identiques, les préférence des
consommateurs sont homogènes, car ils vont tous préférer la qualité la plus élevée.

Donc pour que des produits de qualité différente puisse se vendre, il faut qu’il y ait des différences
de prix qui compensent la différence de qualité.

Le principe est que le fait qu’il existe des niveaux de qualités différents sur le marché permet au
consommateur d’avoir un étalon de valeurs pour comparer et évaluer la qualité des biens. Les
consommateurs vont évaluer la qualité et établir une préférence. Pour que cela soit possible il faut
que le consommateur soit capable d’évaluer ces niveaux de qualité. D’où l’importance des signaux de
qualités, labels, qui sont là uniquement pour permettre au consommateur d’évaluer la qualité.

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Avec q2 > q1

Les deux entreprises ont le même coût unitaire c

(p2 ; q2)
Les préférences des consommateurs sont telles que :

Uj(qi ; pi) = Oj.qi - pi


(p1 ; q1)
Avec Oj.qi = disponibilité à payer du consommateur j pour la qualité qi

Hypothèse : Oj est uniformément distribué sur [Omin ; Omax] avec Omax > 2Omin

1) Le consommateur indifférent :

Est tel que : Oj.q1 – p1 = Oj.q2 – p2

Oj* =

2) Les fonctions de demande :

D1(pi ; p2) = Oj* - Omin

= _ Omin Demande de qualité faible

D2(pi ; p2) = Omax – Oj*

= Omax - Demande de qualité élevée

C’est le rapport qualité prix qui détermine la frontière du marché.

Si de prix est très élevé par rapport à la différence


de qualité.

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3) Les profits :

π1 = (p1 – c) . [ ] avec ∆q = q2 – q1

π2 = (p2 – c) . [Omax – ]

4) Max π par rapport au prix :

Max π1 

Evaluation monétaire du différentiel de qualité/conso


Avec Omin.∆q = Min et Max

Omax.∆q = ̅

==>

p1(p2) = Fonction de réaction

 P2(pi) = Fonction de réaction

Or, l’équilibre de Nash est à l’intersection des deux fonctions de réaction :

P1(p2*) = p2(p1*)

p1* =

P1* = c + p2* > p1* c = coût marginal = coût moyen

P2*=

et = marges des entreprises

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S’il n’y a pas de différentiation par la qualité, on retrouve une tarification au coût marginale. Duopole
de Bertrand. C’est donc une guerre de prix qui conduit au prix = coût marginal et un profit nul.

( ) ( )
(p2*- p1*) =

On peut résumer avec deux résultats :

- Dans le domaine à différenciation verticale, la firme qui offre le niveau de qualité plus élevé
peut pratiquer un prix supérieur. La différentiation par la qualité est donc bien source de
pouvoir de marché.
- Le différentiel de prix p2 – p1 est croissant avec le différentiel de qualité et avec
l’hétérogénéité des préférences pour la qualité Omax - Omin

A l’équilibre (p1* ; p2*). On a :

( )
D1 = et D2 =

( )
π1 = Différentiation maximale

( )
π2 =

Du fait

On a deux équilibre de Nash. On ne peut pas choisir entre les deux.

- Les niveaux de qualité d’équilibre correspondent à une différentiation maximale (c'est-à-dire


aux extrémités du segment de qualité)
- Il y a une indétermination dans le modèle, car nous avons deux équilibre de Nash possibles,
et car chaque firme préfère produire la qualité élevée.
( )( )

Conclusion :

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Tout comme dans la différenciation horizontale, on voir dans ce modèle que la différentiation
verticale est aussi une source de pouvoir de marché, et qu’elle permet donc d’éviter la guerre des
prix, et permet aux firmes de fixer des prix plus élevés.

Dans la différenciation verticale, le rapport qualité/prix joue un rôle centrale.

La différence de prix est proportionnelle à l’hétérogénéité des consommateurs.

Sur les produit de consommation courante, il y a une grande différenciation par la qualité. Car le
marché est énorme, avec des consommateurs très hétérogènes. Chaque niveau de qualité va trouver
preneur.

Nous retrouverons là le principe de différenciation maximale à l’équilibre, qui est liée au fait que les
firmes ont intérêt à se différencier aux maximum car cela peut se traduire en prix et donc en profit.

Limites :

 L’identité des coûts est une hypothèse restrictive. Il faudrait observer les conséquences s’il y
avait une différence des coûts de production. Il y a deux cas de figure :
o Soit produire des niveaux de qualité différents engendre des coûts différents. Dans
ce cas, les prix traduiront les différences de coût, et les firmes chercheront à se
différencier.
o Produire des niveaux de qualité différent ne modifie pas le coût.

 La difficulté est que les firmes combinent plusieurs formes de différenciation.

 Tous ces modèles ne fonctionnent que si les consommateurs sont capables de percevoir et
d’évaluer la qualité des biens. Les consommateurs sont très rarement capables d’évaluer la
qualité d’un bien. Dans tous les cas, la perception de la qualité est subjective et donc propre
à chaque consommateurs.
o Il y a d’abord différents types de biens :
 Les biens d’expériences : on ne peut évaluer la qualité qu’en
l’expérimentant. (le vin)
 Les biens de recherche : pour évaluer la qualité il faut faire des recherches.
Cela peut vite devenir compliqué.
o Les signaux de qualité sont donc essentiels. Rôle des labels de qualité. La
différentiation verticale est généralement associé à des labels qualité.
o Il serait très intéressant de faire un modèle qui intègre que le consommateur
évaluent différemment la qualité.

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Section 3 : La discrimination par les prix.

I. Présentation du concept.
On va remettre en cause l’idée d’un prix unique, il va y avoir des prix différents pour le même type de
bien. C’est Robinson qui va le premier proposer une définition selon laquelle la discrimination par les
prix c’est le fait de vendre le même bien produit par une entreprise à des prix différents et des
consommateurs différents. Un écart de prix peut être lié à une différence de coûts, ce n’est pas de la
discrimination mais de la différenciation.

En 1983 Phlips propose une autre définition et celle-ci constitue la différence : « la discrimination par
les prix implique que deux variétés d’un bien sont vendues par la même entreprise à deux acheteurs
différents à des prix nets différents. » le prix net étant défini comme le prix payé par le
consommateur corrigé des coûts associés à la différenciation du produit.

- Variété de produits
- Référence aux coûts

Le concept de prix nets permet de prendre en compte les coûts liés à la différenciation et de faire
vraiment la différence entre ce qui est de la discrimination et la différenciation.

Ex : des tarifs Sncf, avec les places seconde classe et première classe, il y a une différence de prix
énorme qui ne vient pas de la différence de coût. On a donc deux variétés de biens vendus à des prix
différents qui ne s’expliquent pas par la différence de coûts.

L’intérêt de ce concept est un intérêt stratégique pourquoi elle pratique cette discrimination et
comment ?

1. Conditions nécessaires pour pratiquer la discrimination par les prix.

 Les firmes doivent disposer d’un certains pouvoir de marché suffisant pour fixer leur
prix. C’est pour cela qu’on va se concentrer sur le monopole.
 Il faut une certaine imperfection de l’information en particulier du côté du
consommateur. Si les consommateurs ont une information parfaite sur les
caractéristiques des produits et les coûts de production alors ils ne seront pas prêts à
payer le bien à des prix nets différents.
 Il faut que la firme puisse identifier différentes catégories de consommateur disposé
à payer des prix nets différents pour un même produit. Les firmes doivent être
capables d’opérer une segmentation du marché en différent sous marché
notamment sur la base de l’élasticité prix de la demande.
 Il faut qu’il y est non transférabilité des biens, si le transfert des biens est possible.
Alors la discrimination ne l’est pas car les consommateurs ayant payé le prix plus
faible peuvent revendre le bien à ceux susceptible de payer un prix plus élevé.
 Non transférabilité de la demande entre les différents segments de marché sinon les
consommateurs vont aller sur le segment où le bien est le moins cher. il faut qu’il y

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est des mécanismes efficaces pour que les consommateurs aillent sur le segment qui
leur correspond et payer le prix adapté.

II. Les trois types de discrimination.

La discrimination du 1er degré ou discrimination parfaite : chaque unité d’un même bien est
vendu à un prix différent à un chaque consommateur de telle sorte que le prix payé par chaque
consommateur soit égal à son prix de réserve c'est à dire le prix maximum qu’il est prêt à payer.

La discrimination par les prix du second degré, elle n’a pas d’information sur le prix de réserve
des consommateurs mais elle est quand même en mesure de segmenter son marché et de fixer n
prix différents de telle sorte que les consommateurs qui ont un prix de réserve supérieur à P1 vont
payer P1 les consommateurs qui ont un prix de réserve compris entre P1 et P2 vont payer P2 etc…
mais elle ne sait pas qui est sur chaque segment de marché. Il va y avoir une autorévélation des
préférences qui va créer les segments.

La discrimination du 3ème degré l’entreprise est capable de distinguer grâce à un critère


exogène et directement observable de distinguer différents segments de marché et les
consommateurs de chaque segment. Dans ce cas l’entreprise fixe un prix différents sur chaque
segment de marché et un prix différent en fonction de l’élasticité prix.

A. La discrimination parfaite.

On va se concentrer sur des cas de monopoles suce :

Il va vendre à chaque consommateur au prix de réserve tant que le prix est supérieur à C.

Le profit est maximum est et égal au surplus social. La quantité vendue n’est plus celle du monopole
(mais la bleue). Il a absorbé, il s’est accaparer le surplus du consommateur et s’est accaparer la perte
sèche. Ce qui améliore le surplus total.

Cf cours de 2nd année micro.

Tarification en 2 parties ou tarif binôme :

Partie fixe : forfait et prix unitaire : partie variable

Le prix unitaire va être égal au coût et la partie fixe va être le surplus du consommateur, du coup le
monopoleur absorbe le surplus du consommateur.

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B. La discrimination du second degré.
Dans ce cas le monopoleur n’a pas l’information sur les prix de réserves et ne connait pas les
préférences des consommateurs mais il sait que son marché n’est pas homogène mais qu’il y a des
segments. Il va chercher à fixer des structures de prix tel que les consommateurs choisissent des
couples prix qualité ou prix quantité en fonction de leur préférence.

(P1,Q1)

(P,Q) (P2,Q2)

(P3,Q3)

Consommateur ont des préférences et vont choisir leur couple qui leur convient, on parle
d’autorévélation des préférences.

La variable Q peut être la qualité, ou la quantité on parle de tarif non linéaire et enfin les ventes par
assortiment (bundling).

Application tarifs non linéaires :

Hypothèse : avec V1 et V2 tariftotal


G1 (Q1,V1)
- Monopoleur
G2 (Q2,V2)

- U(Q,G2) > U(Q,G1) le G2 est prêt à payer plus cher


( ) ( )
- La propension marginale à
dépenser du groupe 2 est
plus important.
U U(G1)
U

U(G2)

- Contraintes :

( )

( )

- Contraintes d’incitations compatibles ou d’auto sélection

( ) ( )

( ) ( )

Si ces 4 hypothèses sont vérifiées la discrimination par les prix est effective.

Comment va-t-il fixer ces couples prix quantité et comment maximiser son profit ?

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V1=u(Q1 ;G1)

V2=U(Q2 ;G2)-U(Q1 ;G2)+U(Q1 ;G1)

= U(Q2 ;G2)-U(Q1 ;G2)+V1

Hypothèse : α=part du g1

1-α=part du g2 c = coût unitaire de production

( ) ( )( )
( ( ) ) ( )[ ( ) ( ( ) ( ) )]

Max π=

( )
( )[ ]

( ) ( ( )
[ ] ( )[ ]

( ) ( ) ( )
[ ]

C’est deux conditions de maximisation exprime que pour maximiser son profit le monopoleur va
pratiquer une tarification non linéaire tel que :

- Les consommateurs du groupe 2 à forte demande consomment une quantité Q2, telle qu’il
valorise une unité supplémentaire offerte à son coût marginal, on retrouve une condition
d’optimisation telle que le monopoleur exploite au maximum le potentiel de demande de ce
groupe.
- Les consommateurs du groupe 1 qui sont donc à faible demande la valeur affectée à une
unité supplémentaire du produit est supérieure à son coût marginal. Ceci implique que ces
consommateurs ne consomment pas le maximum de ce qu’il pourrait consommer mais le
monopoleur s’arrange pour le faire payer exactement ce qu’ils ont prêt à payer (pas de
surplus) et leur vendre une quantité Q1 qui va dépendre de la répartition du marché entre
les deux groupes et de la différence de préférence entre les deux groupes. Plus la différence
entre les deux groupes est grande (en terme de part où en terme d’utilité marginale) plus le
monopoleur va vendre davantage de quantité au groupe 2 plutôt qu’au groupe 1.

On peut représenter :

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U

U(G2)

U(G1)
V2

V1

C
Q1* Q2*

U(Q2,G2)-V2=U(Q1,G1)-V1

V2 doit être égal aux deux flèches.

- Les consommateurs du groupe 2 arrivent à tirer un surplus alors que le groupe 1 ne tire
aucun surplus donc le groupe 2 gagne à ce type de discrimination par rapport au groupe 1.
Exemple des différences de tarif dans la téléphonie mobile.
- La contrainte d’incitation compatible est telle que les consommateurs à demande élevé
n’achètent pas le couple Q1,V1 mais Q2,V2. Ce principe est essentiel puisque c’est ce qui
permet l’autorévélation des préférences qui est le but de la discrimination du second degré.
- Les consommateurs à demande élevé consomment la quantité socialement optimale alors
que ceux du groupe 1 consomment une quantité sous optimale.
- Plus la différence entre les deux groupes est forte , en terme de part de marché et de
propension à consommer, plus le monopoleur a intérêt à vendre une part importante au
groupe le plus intéressant c'est à dire le groupe à demande élevé.

Il faut noter qu’on peut appliquer les mêmes raisonnements en terme de qualité, on fera là une
différence entre la différenciation et la discrimination. On aurait une discrimination par la qualité.
C’est le mélange entre différenciation et discrimination.

On peut aussi utiliser le tarif en deux parties. (partie fixe, partie variable)

C. La discrimination du troisième degré.


Les firmes ont un critère pour différencier, elle est susceptible de segmenter le marché et à chaque
segment correspond une élasticité prix de la demande.

On peut considérer un monopoleur avec deux groupes :

- G1 : P1(Q1)
- G2 : P2(Q2)

Donc max Q1,Q2 P1(Q1)*Q1(RTQ1) + P2(Q2)Q2(RTQ2)-CQ1-CQ2

( )
( )

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( )
( )

( )[ ]

De même pour g2 don si E1<E2 P1>P2

Donc le groupe à forte élasticité va payer un prix plus faible et va y gagner et le prix à faible élasticité
va payer un prix plus élevé que s’il y avait un prix uniforme et donc y perdre.

Les prix faibles sont plus proches du coût marginal alors que les prix forts sont plus élevé ce sont les
consommateurs à forte élasticité qui font le plus de surplus.

Conclusion :

Il faut avoir à l’esprit les deux questions les problématiques relatives aux structures de marché mais
celui aussi sur la stratégie. On a vue différents type de variables sur lesquelles les firmes peuvent
jouer barrières à l’entrée, prix et caractéristiques du produit.

On a décomposé les différentes stratégies mais elles vont toutes être mélangées donc attention.
Ainsi elle peut nous demander un exercice portant sur un modèle de différenciation. Ou on nous
donne un cas donc on décortique les stratégies et on doit mobiliser ce qu’on a vu.

Notes examens :

3 modalités possible : exos de micro avec un arbre de théorie des jeux. Le seul souci calculer
équilibre de monopole et concurrentiel. Calculer un prix limite.

Cas avec des données, ou un texte.

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