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H 7] Fondations et ouvrages en terre ‘i Gérard Philipponnat Fe 278, Bertrand Hubert Préface de André Isnard EYROLLES 2S FONDATIONS et OUVRAGES en TERRE AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR La mise a disposition au lecteur du présent document vise a un but d'information. Cette information est fournie en état, les Editions Eyrolles déclinant toute responsabilité quant a son utilisation, adaptation ou interprétation, dans le cadre d'une activité professionnelle. Lorsque l'ouvrage se référe aux normes et réglementations, il s‘agit de celles en vigueur au moment de la publication. Aussi, nous invitons le lecteur a verifier leur validité eu moment de leur application UFG Union Francaise des Géologues LUFG est une association professionnelle, reconnue d'utilité publique qui regroupe les praticiens des sciences de la terre. Sa mission est de représenter la profession de géologue en France et en Europe auprés des instances dirigeantes, des organismes publics ou privés et des médias : protection du titre de géologue, application d'un code de déontologie, défense de la démarche qualité, service de l'emploi... Elle organise des réunions scientifiques et techniques (colloques, congrés, visites..) et participe également a la vie d'autres associations nationales ‘et européennes du domaine de la géologie (AGAP, SGF, FEG...) La revue Géologues est son organe de communication Elle permet & ses membres de postuler au titre de «géologue européen» décerné par la Fédération Européenne des Géologues. UNION FRANCAISE DES GEOLOGUES 77, rue Claude Bernard - 75005 PARIS Tél. : 01 47 07 91 93 FONDATIONS et OUVRAGES en TERRE Gérard PHILIPPONNAT Bertrand HUBERT Doctor logie Préface de André ISNARD EYROLLES EDITIONS EYROLLES: 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 ww weditions-eyrolles.com Lecodede lu propriété intellectuelle du I juillet 1992 interdit en effet expressément la photocopie a usage collectif sans autorisation des ayants droit, Or, cette pratique s'est généralisée notamment dans les établissements d’enseignement, provoquant tune baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilité méme pour les auteurs de créer des ceuvres nouvelles et de les faire éditer correctement est aujourd'hui menacée, Enapplication de ia loi du 11 mars 1957, ilestinterdit de reproduireintéeralement ou partiellement Je présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l'éditeur ou du Centre Frangais d’ Exploitation du Droit de Copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris, © Groupe Eyrolles, 1998, ISBN : 2-212-07218-X + ISBN 13 ; 978-2-212-07218-1 Preface = En 1979, paraissait aux Editions Eyrolles la premiére édition de « Fondations et Ouvrages cen terre Son auteur, Gérard Philipponnat, fort d'une longue expérience pratique sur le terrain dans ‘ce domaine, avait formalisé dans cet cuvrage lessentiel de Venseignement qu'il dispensait alors a des ingénicurs, éleves au Centre des Hautes Etudes de la Construction (C.H.E.C), Cette longue pratique professionnelle, face & des ingénieurs-constructeurs dgja aguerris qui n'hésitent pas 2 reprendre Menseignant sur la clarté ou la cohérence de ses exposés et qui visent avant tout & pouvoir utiliser rapidement les connaissances qui leur sont dispensées, a permis & l'auteur d’offrir au lecteur un ouvrage particuligrement didactique et complet qui fa trés vite trouvé une place de choix dans les bibliothéques des bureaux d'études et des entreprises, place qui comblait effectivement une lucune évidente dans un ensemble de Publications trop théoriques ou trop spécialisées pour satisfaire les besoins immédiats et Quasi quotidiens des ingenieurs de bitiment ct de géno e1vil controntés aux problémes de «sols », Le succés de cette premitre édition s'est bien traduit par une trop rapide disparition des rayons des librairies spécialisées. D’od le souci des auteurs et de I’6diteur d'une remise & Jjour de cet ouvrage sous le méme titre quelque peu « fétiche » de « Fondations et Ouvrages centre», Le lecteur avisé constatera vite au vu du sommaire de cette nouvelle édition importance de cette remise a jour qui, non sculement, touche aux méthodes de reconnaissance et de carae- on des sols, ax essais en lahoratoier ot en place mais aussi au dimensionnement dos ‘ouvrages selon les démarches pseudo-empiriques modemes qui tendent aujourd'hui & sim poser griice a des expérimentations et des observations de plus en plus nombreuses, en ‘matidre de « sols », la complexibilité des lois de comportement, lige & Ie histoire », Mhété- rogénéité ot 'anisotropie de ces sols, rendant 8s difficile toute approche « théorique » Mais, de plus, et pour la premiére fois dans un ouvrage de ce genre, apparait importance des apports de la géologie &.ce que nous nommons communément la « géotechnique », cette emigre étant il est vrai un vocable commode pour synthétiser en vue de adaptation au sol de nos constructions les approches « Mécaniques des Sols » et les données « géologiques », cces demires permettant de mieux appréhonder spécialomont, tomporellement et structure] lement les composantes du « sous-sol » dont l'eau fait «ailleurs partie iniégrante et active | D’od la remarquable participation & cet ouvrage de Bertrand Hubert, géologue, la complé- mentarité professionnelle des deux auteurs trouvant dans ce cadre toute son expression FONDATIONS ET DUVRAGES EN TERRE Puisse cette partic inciter les ingénieurs-constructeury 2 ne pas négliger la compo- santo « g6ologie appliquée » au cours de leurs études ! Lrexpérience montre hélas trop souvent combien des négligences dans ce domaine ont pu. tre a Vorigine de graves sinistres.. Je ne sera certainement pas prophéte en prédisant pour ce nouvel ouvrage un succes encore plus important auprés des praticiens que celui qu’a connu la premiere édition. Que les auteurs soient chaudement remercis dofirir ainsi aux ingénieurs-constructeurs, apres un véritable travail de bénédictin, une approche claire et accessible & tous, des pro- bltmes qui se posent & eux dds lors u'll s“agit de « sols » sans se laisser impressionner ou décourager par certains aspects apparemment « ésotériques » qui ne sont en fait que le reflet «une mauvaise communication des connaissances faute d'une maitrise suffisante du fond des choses. st vrai, on le dit, mais on dit aussi te complexité, Ici, pas de « mystére » : les sols sont 8s complexes, ‘comment on peut raisonnablement prendre en compl André Isnard Ingénieur civil des Ponts et chaussées. Secrétaire général du Comité Francais de Mécanique de Sols Expert pres la Cour d’Appel de Paris. Sommaire PREMIERE PARTIE — LES SOLS ‘GHAPITRE |. LES SOLS ET LA GEMLOGIE _ | TaNOUETON a ne) 2. MERLE 4 24. Definition 4 22, Sean seven 4 23, Minéraux non siicats 6 ‘9. PETROLOGE . . 6 LA. Les roches magmatiques 6 1. Générales 6 3.1.2. Classification 3.13. Structure des oches magmatiques 1 3.2. Les rochessélimentaires 8 GENELUES snes 8 3.22. Formation des roches sésimentires 8 32.3. Classification amt - u 194 Stratgraphie 2 13 3.3. Les roches métamorphiques cece : “ 33.1 Géndsal iar 14 3.32, Classification. Ma 4 us werner eos rate : 15 ane Fructus ran ucs aa™ner™ mem w IM ~— TA 2.2 Perméamre & charge constante 3 Perméambire 3 chars wtih | | | iil | ning T ili ea: sneha | om FONDATIONS ET OUVRABES EN TERRE 4. ETUDE QUALTATWEDELA CONSOLIDATION |. Remarques p 3.14. Definition o 3.1.2, Condition d'application 3.1.3, Condition iitiales 3.2, Tassement dans le temps sous une charge donnée... 3.3. Tassement en fonction de la charge. 4, THEORE MATAEMATIQE DE LA CONSOLATION UNIMENSIONELLE 5, CONSOLATION UME COUCHE DRE PAR LES DEUX FACES, 68S PARTICULERS. 6, Malti 6.2. Prise en compte du temps de chargement. ache compressible. 7 ESSA COMPRESSIBLE A EDOMETRE TL. Description de Vapparellage 12. Procédures Messi 73. Caractéristiques de compressibilité 7A, Clasiieation des sols vscvis de la compressibiité 7.4.1 Diflérens éats de consoldation 7.4.2. Comportement des sols selon leur 75. Courbe de consolidation.Détermination du coefficient C, 7.6, Consolidation secondaire. fat de consolidation 6. PLANS PATE ELA cos, - 8. PRECHARGEMENT DU SOL. 10. OR WEAK 71. CONSOLIDATION PAR LE VIDE. INTRODUCTION 2 AERATION DS CONTRANTES RETOUR UPON. 2A, Rappel de mée 222, Definition et conventions de signe des milicux continus 6 16 16 16 16 16 » 80 8 8 83 85 85 86 88 *9 9 ” 2 9% 95 98 98 100 101 101 102 102 103 2.3. Propriétés du cercle de Mohr: 9.18 SOLS ET LA THEORE DE LELASTICTE 3.1. Rappel de quelques no 32. Modules drainé et non drainé 33. Champs d"application de 1st ine 3.3.1, Divergenoes avec la théorie de Mélatciné 3.2. Diflérenty modules d'sastcit 34. Ordres de grandeur 35. Relation entre le module cedométrique et le (Le SLs 7 Ut TREDREDELA PstI lule d°élastieité draine. 4.1, Courbe intrinstque, crttre de Mohr-Coulomb, 42, Bat dq re limite des sols pulvérulents... 43. Sols eohérents ~ Théoréme des états correspondant... . 44, Propriétés particulres de la deoite iretions conjuguées... DES CARACERISTIOUES ECANQUES DES SOL. trinseque et du cercle de Mohr. |. Détermination des caractérstiques de plasicité @ etc 51-1. Description somnaire de "essai de cissillement rectiligne 5.1.2. Description sommaire des essai triaxiaux Conditions particuliéres dessa 5.21. Consolidation sn 5.2.2. Drainage. 52.3. Vitesse desi 5.3. Principales earactéristiques mécaniques d’un sot. 5.3.1. Caractérstiques apparentes 5.3.2. Caratéristiques effectives 5.3.3. Caractérstiques eonsolidées non drainges S.4, Exemples d’application pratique des différents essais 5.4.1. Exemple «application des caratérstiques apparentes ys Gx» ct offectives @ 5.4.2, Exemple «application du facteur d SS. Essai de compression simple 5.6, Mesure des coractéristiques d’élastic uePLEMENTS SUR LA ROLOGI BCS SOLS 6.1, Critéres de rupture - Etat eritique 6.1.1. Comportement des sable 6.1.2. Comportement des argiles gestation de la cobésion Ay tance - Contractance. wos 07 wor 107 109 109 Ho 10 m Ww in 13 6 ur hs 9 us 9 i 3 123 124 124 124 24 125 126, 127 17 Las 29 130 130 130 130 132 62. Chemin des contraintes. 63. Modiles ehéologiques: 7. UNUEFAETION OES STL. “ele Deseipton ds poem 72, Catégorie de sas sensibles it quéaction 7. Bude du risque de tiquétaction OAPI 8, RCOMNASANGE DES SUS 1. TES sEaTECHES, 1.1, Mission du géotechnic 1.2. L’enquéte préliminaire 3. ifférentes phases de Péude péotechnique. Programme de Ptude géotechnique. 11, Nature des investigations 142, Dense des sondages et esas 1.4.3, Profondeur d investigation LS. Repérage et nivellement des sondages. 2 EEOPYSIOE. 7 2.1, Principes généraux. 22. Gravimétrie 22.1. Principe 2.2.2. Applications nonomsen om 23. Mise en axvee - 2.244, Limits d'utilisation, 2.3, Méthodes sismiques 2.31, Principe sma ~ 2.3.2, Sismique réfraction 2d, Méthodes électriques. 2.4.1. Principe 2.4.2. Applications 2.4.3, Description des méthodes usuelles 2.8.4. Limiteseutilication 2. Flectromagnétisme. 25.1 Principe. 2.5.2. Application 134 134 137 137 137 138 18 1B tt 141 4 ian a2 M3 a3 as las lat 4 144 14s 4s as 46 146, lar a7 as, 130 150 151 151 153 153 153, 133 2.5.3, Mise en UV weesnsonse 254. Limites utilisation. : 2.6, Demaines d’appication des méthodes geophysiques ‘8. SODAGES ET FORGES. 3. Définitions. 3.1.1. Sondages par puits, tranchée, fouille et galerie. 1.2. Sondages caottés 3.1.3, Sondages semi-destAUCtfS oon a 3.14, Sondages destruct neste 32. Sondages carottés 3.2.1. Objectif... 3.2.2. Techniques de canetge, 3.2.3. Choix des techniques de carottage 3.24, Coupe de sondage. 33. Forages destructits. 33.1. Introduction 53.3.2 Operation ies a foration 3.3.3. Techniques de fortion. 3.3.4. Choix des techniques de foraion 3.3.5. Diagraphies instantanées 34, Diagraphies ditferées, o 4. Paseo enn 13.4.2. Ditferens types de diagrapies différées 4 sus mECANOUES, 4.1, ssais par battage... 4.1.1, Présentation, 4.1.2. Essai de pénétration au carotier. 4.1.3, Essai de pénétration dynamique - Sondage au pénétrométe dynamique cece 4.2. Essai de pénétration statique (CPT) et piézocéne 4.2.1 Principe . ‘Types «apparel ~ Appareil normalisé. 4.2.3. Résultats, 42:5. Pigzocéne.. = 43. Essai au pressiométre Ménard. 43.1. Présentation, - 4.3.2 Principe de Pes reno ete 443 Appareiliage 4.34, Realisation de Messai - Courbe brute 4.355 Resultats - Courbes COHig6eS nnn 43.6. Présentation des résultats - Forage pressiomeriqu.. 4.3.7, Prinipes théoriques. 7 136 iss. 158 158 159 159 159 160 162, 64 64 64 64 168, 169 169 m0 170 173 m3 13 IB 13 173 vs 9 19 179 180 182 183) 183 183 83 185; 186 87 187 FONOATIONS ET OUVRAGES EN TERRE 43.8, Corrlation entre modile pressiomstrique et edométrique Coefficient hgologique 439, Clasiication conventionnelle des S018 wm 44, Essai de cisallement au phicométre 4.4.1, Présentation, 44.2. Principe: 44.3, Deserition de apparel 4.4.4 Interprétaion - Domaine dapplication 4.4.5. Comparaison aves les esas de laboratoire 45, Ess 45.1, Présentation 4.5.2 Principe de Vessai 453, Appareillage et procsdure dessa 454. Results. 45.5. Utilisation - Correction sométrique en place 406. Corrdlations entre essais: 47. Instrumentation et suivi des ouvrages 48. Choix des techniques d’investigation. DEUKIEME PARTIE — STABILITE DES DUVRAGES CHAPIRE 7, WTRODUCTION AU CALCUL AUK ETAT LIMITS 1 PRéSETATON GENERALE 2 Sinn Et acTons 4. CONBNSONS ATION SOLITONS 4 ISTIRATONS DES URGES 5 VERS LES EUROS. ~ RBLOGRAPE. CHAPITRE 8 STBILITE DES PENTES ET DES TALUS 1. NTROOUGTION- CLASSIFICATION DES MOUVEMENT DE TERRA LA. Pentes naturelles 41.2, Talus artificiels 1 192 3 193 193 wot 195, 196 198 198, 198, 199) 201 201 202 202 204 208 ag 219 219 220 2 ESERPTION DES PRINGPRIN TYPES DE MOUVEMENT . 20 2.1. Keroulements et chutes de plete... een 220 2.2. Glissements so 7 oe 20 2.2.1. Glissement plan 20 2.2.3. Glissement rotations 2.2.3. Glissement roationnel ~ ees RT 22 23. luage et solifluxion, 23.1 Fluage 232. Solifluxion 2A, Coulées houeuses ss 2.5, ‘Talus en déblai ef talus en remblai sur sols non compressibles 26, Talus cn remblai sur sols compresses a = 4 2.7. Stabilité sous les souténements. 2.8, Digues et barrages en terre ‘8. SIMBILTE El RUPTURE CIRCULAR AVEC COTFCEMT DE SURE GLOBAL 3.1, Méthode des tranches de Felleni a 3.1L Stabilité selon un ceele don. 3.1.2. Recherehe du coefficient de séeurité minimal 3.2, Prise en compte des nappes et des éenulements 32.1. Nappe statque os 3.2.2. Prise en compte des €eoulementsau-dessus du niveau aval 3.253, Prise en compte des éeoulements en dessous dv niveau aval 3.3, Méthodes des tranches de Bishop. 33.1. Méthode dail... a 3.3.2. Méthode de Bishop simplifige 34. Choix dela méthode etd coefficient de sécurité 235 4 STABIUTE EX RUPTURE CIRCULAR ALX EATS UNITES soe 236 65. SABIE DES PEVTES EN RUPTURE PLE... | 4.1, Pente indéfinie - Rupture selon wn plan parallle la pente snes 28 5.1.1 Désompositon des forces. sens 288 5.1.2. Coefficient de sécurité global 239 5.1.3, Calcul aux Etats Limites. son _ - 240 5.2 Pente de hauteur fine - 20 6 STABUTE EN RUPTURE WOM CIRCULAR. aN 22 7. RBAQUES ET FORMULES, 2a2 TAL. Talus dans un sol pulvérulent ——— 24a Ti. Sans ECOWEEN nnn se 240 TA. Avee 6euleMentvnevnnnnnnean mn 243 FONDATIONS ET DOVRAGES EN TERRE 7.2. Talus dans un sol homogéne cohérent... 7.2.1. Sols purement cohérents ~ Abaques de Taylor 7.2.2, Sols cohSrents 8 frottement interne ‘73. Talus verticaux 8. COU ES CARACTERSTIQUE MECAMOUES. ‘8 DIGUES ET BARRAES EN TRE... “ 94, Principe types de barrages en terreno 9.2. Réseaux d’écoulement 9.2.1, Détermination dela surface phréatigue 9.2.2, Débit, pression inerstitelle, regle de Lane. 9.3. Stabil 9.3.1, Stabilité en fin de construction 9.32. Stabilité en nigime permanent 9.3.3, Vidange rapide ‘10, STHBLITE EN ZOE SISMIUE 10.1, Préambute 10.2. Principe du modéle statique équivalent. (des talus 11 CONFORTEMENT ES TALS beer. IRLOSAAPHE. CHAPITRE 8. ACTION ES TERRES SUR LES SOUTENEMENTS Introduction... fou nea etiitons 1.1, Sola repos 1.1.2 Equilibre limite de bur. 1.1.3. Equilibre limite de poussée. 1.2, Btude dun cas simple 13, Plan de Pétude détailge de ta poussée et de la butée. 1.3.1 tude d'un iti purulent pesant en equine 1.3.2. Brule dun mien non pest surcharge 1.33. fluence deta cohesion U3, Cas général 1.4, ftude du milieu pesan pulvérutent 1.41, Equiibres timites de Rankine 1.42: Equine tmites wénéraux 23 243 247 249 254 254 255 ass 256 258 258 259 260 260 260 281 267 268 26% 268 269 269 270 273 an 23 27 4 214 m4 28 1.5, Etude d’un milieu non pesant surcharge et pulvérulent, 1.5.1, Hypotheses. ° on 1152. Bude de M équilire de pousée. 3. Etude de 'equiibre ce la bute 1.6. Milieux cohérents 1.6.1, Prise en compte de a cohsion. 1.6.2. Rugosié (contact éeran-so). 116.3, Influence de la cohesion sur le eoetcient de sécurité 1.7. tude particule du milieu purement colérent LA, Tableanx récapitulati ETERATION PRATIODE DS POUSSEES ET BTEES SUR LES Ec. 2.1, Simplifications ~rugosit — diagramme de pression des terres 21.1 Remarguespreliinares 211.2. Rugosité—inelinaison de a content 2.1.3. Diagramme de pression des teres. 22, Caleul pratique des contraints de poussée et de butée 22.1, Coin de Coulomb 222. Sols satis 22.3. Présence d'une nappe 2.2.4, Surface libre de forme queleongue. 225 Tus intent an Made de ey 2.2.6, Surcharge uniforme semi-infioie 22:7 Surcharge partielle de longueur infinie 2.28 Surcharges locales 23. Tranchées blind ore sev 2.3.1. Determination el pression ds te 2332, action des surcharges 2.33, bie du fond de foul icitations ssmigues... 24.1. Principe general du catcul sttlque équivatemt. 2.4.2. Poussée aetive en sol homogene ~ Méthexle de Mononobe- Okabe. 2. PRNGPES DE ERS HS OVA nnn JM. Avertisement ~ Classification des soutenements ‘32, Murs de soutinement autostables 2.1. Definition des actions. 32.2, Combinaisons des ations. 3.2.3. Stabilité au renversement (EU) 3.2.8 Stabilité du so de fondation EAL-U. ot ELS.) enone 3.2.5 But limite de service de décomprestion du sol 3.26. But Kimite ule de glisemet nnn 3.2.7. as limites concernant les matéiaux constiuis du mur $32.8 Fat imite de subiité ensemble 281 281 282 268 286 286 287 287 288 289 21 201 201 22 293 204 295 296 208 299 ~» 301 303 304 308 307 307 sor s07 308 309 300 310 310 3 312 313 314 34 Bis 315 eaux de palplanches et parois diverses 3.3.1. Clas tion et méthodes de caleul rin 33.4, Méthode élasto plastique: (CHAPITRE 10, FONDATIONS SUPERFIGIELLES 1 OESCRPTON ET COMPORTEMENT Ld. 12, 13, Definitions, ‘Textes réglementaires Comportement d'une semelle chargée.. [3.1 Charge et contrainte ultime o 1.3.2. Principe de justification d'une semelle superficie. 133, Contrainte de référence. 2 TERMINATION DE LA CONTRAINTE UTNE, 24. 23. 24. 25. 26. Analyse qualitative de la rupture... o Détermination de la charge limite dune semelle a aide de la théorie de la plasticité 2.2.1. Formule générale 2.2.2 Determination des coefficients Ni, , et, solon A. Caquot oJ. Kérisel 2.2.3, Déermination de la charge ultime sur une semelle isolée Détermination de la charge limite sur une semelle ATraide des essais au pressiométre Ménard 2.3.1, Formule générale 2.3.2. Pression limite équivalemte pn. 2.3.3, Hamteur d'encastrement auivalente D, 2.3.4, Valeurs numériques du coefficient de portance. Détermination de la charge limite sur une semelle A Paide des essais an pénétrometre statique, 2.4.1, Formule générale 2.4.2. Résistance de pointe équivalemt. 2.4.3, Valeurs numériques du coefficient de portance k, Détermination de la charge limite sur une semelle par les essals de pénétration dynamique et S.P-T, 2.5.1. Pénétrométre dynamique 2.5.2. Essai de pénétration au carotier ~ SPT. Semelles, charges et sol inclinés, Calcul & Ta rupture d'un rideaw encasiré en pied (sans Gran) 3.3.3. Calcul 8 la rupture d'un rideau anené en t8te et encastré en pied... as 3s 316 318, xt 304 325 aw nT 208 308 328 329 aI 332 332 332 332 3M a8 338 339 339 340 34) 32 3a 32 3 a3 33 33 a4 2.6.1. Description ~ Application de la taéorie de la plasticité 2.6.2. Autres approches . ns ‘Semelles superficilles anerées dans un bicouche, 2.7.1. Présence dune couche dargie en profondeur 2.7.2. Présence d'un substratum rigide en profondeut 2.7.3, Fondation sur ds sols HGS - ‘. ESTINATION DS TASSEMENTS, 3.1. Méthodologie ~ Contraintes de contact sous la fondation 32. Détermination du tassement parla théorie de V'élasticité — ‘Coefficient de réaction du sol 43, Détermination du tassement parla méthode dintégraton par tranches 33.1. Principe. 5313.2 Réparttion des contaites en profondeut sous une charge ponctuelle 3.3.3. Réparttion des contraintes en profondeur sous une semelle souple 3344. Contraintes dans angle d'un rectangle et au centre "une semellecirculaire, 335. Btfet Radier 3.3.6, Diagramme de répantion des contraintes en profondeur ~ Méthode des tranches. 3.3.7. Tassemet 338 Semele igi i (len det tcc pr la bts prong. 34.1. Formule générale . 134.2. Valeurs de Bet Ey 35. ‘Tassements admissible. . 3.5.1. Tassement total et tassement diférentiel. 3.5.2. Estimation des tassements totaux 3.5.3. Estimation des tassements différentes. 3.5.4, Tassements admissibles 36, Protection contre le gel ~ Fondations sur sols gonflants, 3.6.1. Protection contre le gel 3.62. Dispositions constuetives spscifiques relatives aux sols gonflants et rétractables 4 FOMUATON DES MACHINES VBBANTE, cn es 4.1, Introduction 42, Réponse dune machine vibrante 42.1, Principes du Cale. 4.2.2. Paramttres dynamigues du sol “Comeetion de A. W. Skempton et L. Bjerrum 43. Tassements dus aux vibrations RES. BLOGRAPHE. a4 348 49 351 351 352 352 ase 356 36 356 357 359 x00 361 363 366 366 367 370 370 37 371 371 373 373 375 376 376 an an 382 382 384 FONDATIONS ET OUVRAGES EN TERRE ‘CHAPITRE 11. FONDATIONS PROFUNDES ET SEML-PROFONDES | DMITIONS —PRINPES DE DIENSIOAN EMER LA. Definitions, 1.2, Pieu soumis & une charge verticale 1.2.1. Détermination de la charge limite d'an peu isolé - Formules générales 1.22. Groupe de piews 1.3. Pieu soumis i des efforts parasites et divers. 1A, Résistance des matériaux constitulifs Cun piev. 1.5. Méthodes pratiques de détermination de la charge ultime d’un piew sollicté selon son axe ‘3 COMPORTEMENT (7 PE SOOM A UE CAARGE VERTICAL 3.1, Résistance limite de poi 3.2, Mobilisation du frottement tatéral ‘33. Mobilisation progressive de la résistance du sol 4 OOWNEES THEORIES ET EXPERIENTALES DE DIMERS ONNENENT SOUS CHARGE VERICALE— ‘METHODE PAR ESSAVS DE LABORATOORE, 4.1. Contrainte limite de pointe — Ancrage critique 42. Frottement latéral limite 5 DIMENSIONVEMENT O'UN PIE IOLE SOUS CHARGE VERTICALE A CRIDE DES ESGAS AU PENETROMETRE STAIQUE, S.. Domaine d'application Hauteur d’encastrement équivalente 5.2, Contrainte limite de pointe 5.21, Formule générale 5.2.2. Couche rows jaconte pou récixtante 3. Frottement latéral unitaire limite (6 OENSOMMENENT BUM HEL ISOLE SOU CHARGE VERTICAL PAR LA ETHODE PRESSOMET RUE 6.1. Domaine dapplication ~ Hauteur dencastrement équivatente 62. Contr 6.2.1, Formule générale so (62.2. Valeurs numérigues selon le faseicule 62 limite de p Frottement latéral unitaire limite. 62.1, Méthodologie gé 6.32. Valeurs numériques de g, selon le fascicule 62 7. DMENSIONNEMENT OES PIEUX SOLES EN COMPRESSION OW ENTRASTION........ . érale a 387 387 388 388 390 390 391 391 3 393 393 304 304 397 397 400 402 402 403 406 408 408 408 408 409 410 410 au {ASST es PEN ‘8. PENETROMETRE DUAMNQUE — FORMULES DE BATTAGE — ESSA DE CHAAGEMENT DYNAMIQUE. 10, GROUPE ne PEN os 10.1. Comportement d'un groupe de pieus. 10.2. Sécurité vis-a-vis de la rupture du groupe de 10.2.1. Méthode de la pile fictive de K. Terzaghi et R, Peck. 10.2.2. Formule de Converse-Labare 103. Tassement um groupe de pieux 104. Dispositions réglementaies. 11 PIX SOUMES DES SOLUTIONS NON VERICALES EN ETE... 1.1, Nature des sllictatons.. 11.2, Lois dinteraetion sol-piew - 3. Résolution dans le domaine éastique 11.3.1. aquations g6nérae§ se 11.3.2 Pew tgéométrie et inerie constants et ol homogene 113.3. Applications pratique o.snnnnnnnnon 12. FORTS PARASITES SUR LES PEUX So - . 12.1, Frottement megan 12.1. Description du phénoméne. 12.1.2. Méthode de calcu. 12.1.3. Application pratique 12.14, Frotiement négatit sur les picux d'un groupe 122. Fluage latéral d’une couche compressible. 12.2.1. Deseription du phéoomene... 2.2. Méthade de Tschebotaraff 12.2.3, Principe de la méthode en gt 12.3, Flampement des plete... 123.1, Méthode de M. Mandel... 12.32, Piew avoe hauteur libre 12.33 Prise en compte d'un défaut de forte. 18 FOMDAIONS SEM PROFOHOES, P 13,1. Définition et description des solicitations 13.2, Fondations semi-profondes soumises & une charge verticale centrée. 132.1. Détermination de la contrainte de rupture 4’ 132.2. Extinstion des easennents 133. Fondations semi-profondes soumises d un effort d’arrachement 133.1. Domaine 'application - Types de massif studi. 133.2. Determination de Peffortdarrachement 2 la rupture Qy. als ais als 41s 416 M6 4i7 418 418 a9 419 20 4233 423 24 426 426 20 426 aa 430 431 433 433 433 434 435 436 437 437 437 437 438 438 42 482 442 FOMDATIONS ET DUVRAGES EN TERRE 13.4, Fondations semi-profondes soumises 2 des efforts latérau, cet de renversement. a6 134.1. Méthode de M. Cassa sun o 444 aa a4 1342, Méthode du Réseau dBtat 134.3, Méthode simplifige 14 CONTRGLE De OTST DES PEK. nie “7 CIES. 448 BIBLIDGRAPRIE. me “ sno ee 449 [GUAPITRE 12, REVFONGEMENT DCS 8OL8 CT FONDATIONS MOKTES _ 461 Présentation générale 451 Ast S82MEH en sn 451 1. SOWTEMEMENTS SOLS REVFORCES. 7 452 LLL, La Torre Armée (armatures peu extensible). 482 1.14, Description sen son 482 1.1.2 Pincpes de dimensionnement vn 454 1.1.3, Chix et mise en wvre du rembla cnn 457 1.1, Applications des ouvrages en Terre Armée. 437 1115, Autres prooédés de enforcement avec des armatures peu extensible. 4s7 1.2. Murs en sols renforeés par des armatures soups et « extensibes » 458 1.2.1, Description - a 458 1.22 Principals méthodes de dimensionnement. 459 1.2.3, Cale fa rupture aux tats imies uimes 460 12.4. Bude en deformations : 463 1.2.5. Applicaton. 7 - 463 Coage des sls. 464 12.1, Bessie . 464 1.3.2, Prncipes de dimensionnement : 46s ‘2 FONOATIONS MIXTES — vs 4nd 2. sen an 22. Definitions € hypotheses on 47 23, Determination def charge limite Pune fondation miste pour > Ry an imation des tasements~ Cas général H® Byconssnnn 4m 2.4.1, Principe — Compressbité de la fondation minte 4m 2.2. Lois charge fOr 475 25, Cas particulier des peu COUPES: H < By oom vom ATT 2. NOR EMENT ES SOLS DASE. « a8 3.1. Renforcement par inclusions rigies. BALA. Pricpe ren ~ 3.1.2. Justification un remblai eposant sur des inclusions rigides traversantes. 3.13. Justification d'un dallage ou d'un rier souple reposant sur des inclusions rigdestaversantes 32 Colonnes de sol stalls: jet-grouting, COL MIX, et. 32.1, Jee grouting 322. COL MIX 33 Colonnes ballastés et autres inclusions souples.. 33.1. Deseipion 3.32 Dimensionnement 333, Applications. 334, Contble 3A, Injection side meron 7 3.4.1. Destin nn 3.4.2. Elément technologies et eites are 44.3 Dimensionnement ~ Contes 3.4.4 Applications BS. Vibrotottation enn 35.1. Description ~ domaine d application... 3.52. Applications 353. Contole 36, Pilonnage intensit 26.1. Principe 306.2. Résultats 3.63, Cones 5.6.4 Applica jections classiques. 38, Autres méthodes de stabilisation InasGos eur la thGorie de la consolidation nonnn ~ AMEN ANNE Aone 1 son -ANNENE B (cowie 2) 478 478 479 484 485 485 487 488 488 490 490 491 401 491 492 492 492 498 495 498 494 498 a4 495 495 495 495 497 so sis sis FONDATIONS ET OUVRAGES EN TERRE ANNEXE © (eur 3) ANNEXE ure ANNEXE Eee 5). ANNEXE F(T Bn sess ANNEXE: NORMS OESAS DANS LE OWAIE DEA GECTEEAMOUE 520 523 327 529 Avant propos de la 3 edition La premitre édition de cet ouvrage date de 1979. II fut réédité en 1987 sans aucune correc- tion ni modification, L’objectif était de procurer, tant 2 'éléve ingénieur qu’aux praticiens, tun ouvrage de base permettant de comprencie les fondements de la mécanique des sols, de trouver les données indispensables & la résolution des problemes courants et d"orienter le lecteur vers des ouvrages ou articles spécialisés afin de lui permettre dapprofondir ses connaissances, La large utilisation de ces éditions, tant dans les écoles dingénieurs des pays francophones ‘que dans lon bureaux d'études de gés ciens, montre que cet objectif a été atteint. vil, mais également cher nos confttres eéotechni- Si la mécanique des sols en tant que science n’a pas subi de modifications profondes depuis ) Structure tidimensionnlle Te quartz Bi. Ld. Bsomples de sraeturesristlines 2.2. SILICATES ates se rangent au sein de six grandes familles déerites ci-apres. — Nésosilicates : les ttraédres de ces minéraux sont isolés ct religs par des cations, Dans cette famille, il faut citer les grenats et les silicates alumineux ayee les trois minéraux = Les sols ot la géolgio indissociables du métamorphisme : le disthéne, ta sillimanite et landalousite, caractéris- tiques des roches ot aluminium est en exc2s par rapport aux autres éléments, Hl faut sur- lout retenir les péridors, série continue allant d’un pole magnésien 2 un pole ferreux ; ‘mingraux ne pouvant cohabiter avec le quarts, cos demiers sont caruetSristiques de> roches intrusives provenant du manteau ; la variété la plus commune est aussi appelée ol vine, du fait de sa couleur, Ces minéraux sont tres sensibles & Paltération, = Sorosilieates : ces mingraux possédent la particularité ’avoir leur ossature constituée de \étraédres unis par paire, avec un atome d'oxygéne en commun. L'épidote est le seul ‘minéral vraiment répandu dans cette famille ~ Cyclositieates : la disposition des tstraédres en anneaux confére souvent 2 ces mingraux tune cristallisation en prismes. Parmi ces minéraux généralement accessoires, nous retien- ddrons les tourmalines compte tenu de leur présence fréquente dans les roches magima- tiques, métamorphiques mais aussi détrtiques. ~ Inosilicates : ils posstdent une structure formée de chaines simples ou de rubuns de {éiraddres, doi la cristallisation allongée de ces minéraux. Ils sont représentés par deux grandes familles : les pyraxénes et les amphiboles, mingraux essenticls des roches méta- ‘morphiques et magmatiques. ~ Phyllosilicates : ils sont constitués par une superposition de couches de ttradres, Pod tune structure caractéristique en feuillets. En font partie les micas (biotite, muscovite ..) mais aussi les argiles. Ces demigres, issues le plus souvent de P'altération d’auttes sili ‘ales et notamment des feldspaths, présentent la particulavité d'@tre des minéraux de Us, petite dimension, nécessitant des moyens d'étude particulier Crest a leur structure en feuillets que les argiles doivent leur plasticité, Pour cette méme raison, certaines se distinguent par leurs propriéiss absorbantes exceptionnelles et leur capacité a Schanger des ions, tele In montmorillonite, Parmi cette grande famille asse7 complexe, généralement classée en fonetion de Mespacement des feuillets, nous retion- drons les trois principales argiles : la kaolinite, Vilite et Ia montmorillonite. ~ Tectosilicates: les ttrabdres y étantligs par tous leurs sommets, insertion au sein de ta structure d'autres ions est relativement difficile. Les minéraux essentiels des roches: mag- ‘matiques et métamorphiques, le quarte et les feldspar se sluent dans ceue famille + Le quartz (Si 03) en raison de sa grande stabilté, est le minéral le plus commun des roches. Sa dureté, son insolubilité, son absence de elivage le rendent tres résistant vi vis des phénomenes daltération ct en font élément de base des roches sédimentaires Aétrciques. Finement cristalisé et assemblé en fibres, il porte le nom de calcédoine, constituant des accidents siliceux des roches sédimentaites(silex, challes.cte:) + Les feldspaths et feldspathoides sont issus d'une substitution de certains ions Si** par AD, avec une compensation des charges par K*, Nat ou Ca. Cette grande hétsro- énéité chimique conduit & les classer en feldspaths alcalins, sodipotassiques (ex : Por- tose) ct sorlicalciques ou plagioclases (ex : Malbite). Quant aux feldspathodes, plus rare, ils se caractérisent par une moinde richesse en silice et une incompatiilité avec le quartz. Les feldspaths sont des minéraux essentiels dans a classification des roches ma matiques, ‘FONDATIONS ET OUVRAGES EN TERRE * Les sols Les feldspaths sont diversement sensibles & Maltération, en fonction de leur teneur en silice, les plus pauvres étant moins résistants. Sous les climats chauds, ils donnent nai sance 8 des argiles alors que les phénomnes de dissolution prédominent en climat tem- péeé ou Froid. 2.3. MINERAUX NON SILICATES Parmi ces nombreux. minéraux héiéroclites et souvent accessoires, les principaux sont décrits ci-apris. ~ Chlorures : formés par évaporation en milieu marin ou lacustre, ils peuvent constituer tune grande part de certaines roches sédimentaires, les évaporites, Le plus commun est le sel gemme ou halite (NaC), ~ Sulfures : parmi ce grand groupe de mingraux dits « minéraux minerais » citer la pyrite (eS) et la galéne (PbS). Sulfates les plus communs sont souvent associés ux chlorures au sein des évaporites. I S‘agit de anhydrite (Ca8O,) et de sa forme hydratée, te gypse (CaS04.2H,0). convient de Carbonates : le plus répandu d’entre eux, le carbonate de calcium (CaCOs), ou calcite dans sa forme cristallisée la plus eépandue, est l'un des minéraux essentiels des roches sédimentaires, 8, PETROLOGIE ‘Trois grandes familles de roches sont distinguées : les roches magmatiques, les roches sédi -mentaires et les roches métamorphiques. 3.1. LES ROGHES MAGMATIQUES 38.1.1. Généralités Cos roches présentent en commun Ia particularité de s’étre formées par consolidation dun magma, ¢"est-i-dire d'un liquide renfermant des cristaux en proportion vatiabl, Dans le cadre des mouvements des plaques lithosphériques, ces magmas sont dorigine plus ‘ou moins profonsde, depuis le manteau jusqu’a la crofite terrestre,& partir de roches préexi tantes. Lorsqu’ils ont attcint la surface pour se solidifies, ils ont alors donné naissance & des roches voleaniques. Ils peuvent également avoir cristalisé & lintérieur de la lithosphere et former des roches plutoniques, roches anciennes que seule 'érosion permet d'observer actuellement, La nature de ces magmas est extrémement variable, variété qui nésulte des conditions de formation mais aussi des phénoménes ultérieurs de différenciation (sédimer tation magmatique par cristallisation fractionnée). Il est actuellement dusage de différes Les sats et a yéologe cier ces magmas en trois séries sholéitique, alcatine et calcoalcaline, auxquelles il convient @ ajouter, pour les roches plutoniques, les mobilisats granitiques.ete 3.1.2. Classification La logique actuelle se fonde sur un regroupement génétique des roches au sein des séries ‘magmatiques, mais une systématique est néanmoins nécessaire, Celle-ci peut étre basée sur a minéralogie ou la géochimie. La tendance consiste & classer les roches plutoniques selon les proportions de minéraux présents et les roches voleaniques selon la géochimie. est important de signaler que, selon les systémes, une méme roche peut étre désignée sous des dénominations différentes, ‘Lo tableau I etablit les correspondances entre ces deux families de roches, en mentionnant ‘uniquement les roches les plus fréquemment rencontrées. Tableau 1 - Classification simpifite des roches magmatiques Roches: Roches Plutoniques: Voleaniques Roches quartzo-eldspathiques | Granite Arita Roches feldspathiques. syénte “Trachyte Disa andesite Gabbro Basalte Foches feldspathiques et feldspathoidiques _ Syénite néphlinique Phonaite Roches foldspathoidiques, = - Roches ultrabasiques Peridotte - 3.1.3. Structure des roches magmatiques La dimension et arrangement des minéraux des roches magmatiques dépendent des condi- tions de cristallisation ; notamment plus le refroidissement a été lent, plus les eristaux ont pu se développer. Trois grandes catégories de structures peuvent étre distinguces. ~ Structure vitreuse ; c'est le cas rare, ot la roche est issue d’un magma qui s*est brutale- ‘ment refroidi. En fait, le plus souvent le verre existe sous forme de matrice enserrant des — Structure microcristalline: la plus grande partic, voire la totalité des eristaux, est invi- sible & "ceil nu, L’examen au microscope montre que ces demniers peuvent étre de forme allongée (structure microlitique) ow en grains (structure microgrenue). Lorsque de gros 7 ‘FONDATIONS ET OUVRAGES EN TERRE * Les sols cristaux sont individualisés au sein de la pte microcristalline, cette disposi fige de porphyvique. jon est quali- Structure macrocristalline : [a majorité des cristaux est visible & Pcl nu. Ils peuvent tre de taille tes variable, du millimetre & plusieurs centimetres. La présence de cristaux de tres ‘grande taille au sein d’une roche grenue lui confere la dénomination de porphyroide. Les roches magmatiques sont souvent hétérogenes, Des enclaves, provenant de fragments de roches entrainés par Ie magma, peuvent y éue rencontrées. Lorsque le refroidissement a fig6 les traces de mouvement du magma, des figures de flux sont observées, lement dans les laves, mais aussi au sein des roches plutoniques. Enfin, i nest pas rae d'observer dos phénomnes de sédinentaton dans les roches mag- imatiques, figures lige des dférenciations mingrales a sci des chambres magmatiques 3.2. LES ROCHES SEDIMENTAIRES. 3.2.1. Généralités ar définition, les roches s& rentaires sont des roaches exogenes, c"est-dire formées 2 la surface de la terre oi elles se sont sédimentées. Leur caractéristique principale est de se pré senter généralement sous forme de dépats en couches suecessives paralléles entre elles (str- tification). Une consSquence importante en mécanique des sols est que les roches sédimen: taires sont anisotropes. Si les roches sédimentaires ne représentent, e11 masse, qu’ une petite partie des roches For- ant la crodite terrestre, elles en constituent ressentiel de la couverture, doi Mintérét 4queelles présentent pour le géotechnicien, Qu'elles soient d'origine détritique, c’est-A-clire constituées de debris, ou chimique, les roches sédimentaires sont issues de roches préexistantes. Leur formation repose sur tois étapes : = la mobilisation des constituants ; 1 mise en place des sédiments (transport et dépot) la diagendse ({ransformation du sédiment en roche sédimentaire) 3.2.2. Formation des roches sédimentaires MiPremiére phase : mobilisation ‘Alin que les faturs sédiments puissent étre transports, i leur faut préalablement étre indi Vidualisés, L¥ensemble des mécanismes qui librent les particules de roches et ls éléments dlissous est résumé sous le terme daltération est possible de distinguer = Valtération physique. Le plus souvent en raison de leurs discontinuités, les roches sont sonsibles aux chocs qui vont contribuer a les désagréger tels que I'action mécanique du Les sols et la géologie vent, de l'eau, du gel, de la dessiccation, I'action biologique des terriers d’animaux, des racines des plantes, ete ~Paltération chimique, Ele est souvent associée altération physique et constitue um des processus essentiels de la formation des sols, au sens pédologique, & partir des raches, Le mécanisme daltration chimique le plus important est "hydrolyse, e'est-a-dire Vat taque des minéraux par des eaux pures ou chargées en COy. Leau tant le vecteur essen- tiel de cette action, par consSquent Ialtération des roches est particuligrement importante ddans les régions humides. Cependant d'autres conditions favorisent hydrolyse + la nature des minéraux : si le quartz est pratiquement insoluble, les ferromagnésions, comme les péridots, sont particuliérement sensibles a Ialtgration ; taille des minéraux : plus leur taille est petite, plus leur surface spéeifique est ce qui favorise Pattaque ; + Vactivité bactérienne, par la production d'acides organiques ; la température, qui accétere les réactions chimiques * le drainage des sols, qui maintient des conditions de sous-saturation des eaux. Les particules minérales issues de Maltération sont essentiellement des silicates + mingraux argileux dégradés (ex :Vilite), + mingraux argileux transformés (ex : la vermiculite), + mingraux argileux néoformés (ex : la kuolinite) Par ailleurs, 'altgration entraine la mise en solution des ions solubles Enfin, il ne faut pas oublier ta matiére organique qui subit généralement une dcomposition microbienne conduisant 4 la minéralisation et participe & la formation des sols. Cependant, dang certaines conditions (manque d’oxygéne, faible activité biologique, forte acidité), la mingralisation peut étre considérablement ralentie et la matiére organique peut s'accumuler ct entrainer la formation de sourbes Mi Deuxiéme phase : transport et dépt Sclon la nature des produits de Vs tabs différents ration. les processus de transport et de dépdt vont étre ~~ Eléments en solution Laconcentration des ¢léments en solution est variable selon la nature des eaux. Si les eaux, continentales sont peu mingralisées, généralement de ordre de 100 mg, les eaux de mer atteignent des concentrations trs importantes pouvant dépasser, exceptionnellement, 200 g/l. Les ions dissous sont également différents, Ca* et HCO, tant prspondérants dans le ceas des eaux douces, alors que CI et Na* dominent largement dans les eaux de mer. La précipitation done le dép6t des minéraux peuvent se produire dés que le seuil de satu- ‘atin est allcint, Si Ce processus est Courant dais Ia Formation des roche salines, par €v poration de I'eau de mer, en revanche la précipitation direct des carbonates est peu répan- due, Lessentiel du calcium contenu dans eau est fixé par les organismes dont les tests, squelettes, coquilles, etc., vont Gure utilisés dans la formation de certaines roches sé FONDATIONS ET OUVRAGES EN TERRE © Les sols ‘mentaires. Eni important pour étre cit .signalons un autre processus de formation des carbonates suffisamment il s‘agit de la précipitation physico-chimique engendrée par action de certains organismes (algues, bactéries). ~ EEtéments solides Le transport des éléments solides dépend de deux types de paramétres ‘les paramétres spécifiques aux éléments eux-mémes, c’esta-dire leur walle, qui peut varier de la poussi¢re au bloc, mais aussi leur forme, leur densité, leurs proprigtés de surface, ete, + les param@ires dépendant de agent de transport : sa nature (eau, le vent, la glace), sa vitesse, sa force, ete Le transport s‘accompagne dune mise en forme et d'un tri des éléments, Lorsque énergie de I'a rat de transport n’est plus suffisante (fig. 1.2) les éléments se déposent selon une organisation dépendant des conditions de sédimentation, organisation qui est Vorigine de la grande diversi des tructures sédimentaires (rides, granoclasse ‘ments, stratifications, ete.) Les dSpdts peuvent garder également la trace de phénomenes postéricurs leur mise en place : érosion, déformations mécaniques, traces d'organismes, te 100 [EROSION + TRANSPORT i 5 10 5 = & 3 10 3 3 g te é | seem as fon aon on 1 ‘oo Tailed parteues séches en mm ig. £2. Comportement des grains en fonction de leur tile et de la vitese d'un courant dea ‘Diagramme expérimental de Mjalsrbm, extrait de [2] [i Troisiéme phase : diagonése I s‘agit de la phase ultime du hénoméne sédimentaire, Elle recouvre tous les processus permettant la transformation d'un sédiment en une roche solide, 2 savoir Les sols et la péologle = les transformations minérales : la matitre organique, sauf conditions particuligres, est _généralement détruite ; les squelettes organiques sont dissous et remplacés par des ming ‘aux néoformés ; d’autres minéraux, par remplacement de certain ions, se transforment : ~ ta compaction : sous Maction de la surcharge lige 2 Menfouissement des sédiments, Veau est chassée et les particules subissent un réarrangement ; la réduetion de volume qui en résulte est us variable selon la nature des sédiments ; — la cimentation : les vides résiduels situés entre les particules vont @tre remplis, le cas échéant, par des éléments en solution (principalement carbonates et silice, accessoirement ‘oxydes de fer, phosphates, etc.) ; le liant peut également étre constitué de minéraux argi feux, 3.2.3. Classification Compte tenu de leur complexité, il n'est pas envisageable dadopter pour les roches sédi- ‘mentaires un systéme simple de classification, Leur distinction impose de retenir plusieurs ccaractéristiques = leur composition chimique (siliceuse, calcaire, argileuse, etc.) — leur origine (détrtique, chimique, biologique, etc), = la taille ot la naaure des éléments qui les composent. Ten découle de nombreuses nomenclatures plus ou moins subordonnées entre elles. Parmi les nombreux groupes de roches sEdimentaires, seuls les plus courants en géotechnique sont abordés ic. ~ Roches terrigénes : elles sont formées de matériaux issus de terres émergées ; pour ces roches, il est possible de retenir une classification lige & la granulométrie et présentée dans. le tableau II ci-dessous. Tableau 1 - Classification des races terigines Tall dos éléments ‘Arénites opm Péltes Roche _Blocs (D> 20m) Boves meubles _Galets (2< D = 20 cm) Sables Vases Graviers (0,2 30% de fldspath) (Glémonts anguioux) | Grauwakes (dis rechaux) ~ Roches carbonatées, Il est d'usage «utiliser la classification de Folk établie selon deux criteres, la nature du ciment et.celle des éléments. Indépendamment de cette classification, FONDATIONS ET OUVRAGES EN TERE « Le sols purement pétrographique, il convient de retenir des dénominations issues autres eritéres comme I'origine, le chimisme, etc. ‘Sous le terme de caleaires sont regroupées les roches dont le minéral prédominant est la cal= cite, Les caleaires peuvent étre différenciés selon + leur mode de dépdt : calcaires lacustres, travertins (dép6ts de sources), et + Teur grain : calcaires lithographiques (8 grain «rs fin), cristallins, ete, + leur structure : caleaires massifs, lités, oolithiques, noduleux, ec., * los fossiles qui peuvent y étre présents en grande proportion : caleaires récifaux, ccoguilliers, lumachelliques, a entroques, ete. les éléments dézritiques qu’ils renferment : calcaires sableux, argileux, ete Du caleaire & Iargile, et selon le pourcentage de carbonate de calcium que contient la roche, les appelations suivantes sont utilisées plus de 90% : caleaire de70490% : caleaire marneux de3070% : mame de 10130% : mare argileuse moins de 10 % : argile La dolomite tant équivalent magnésien de la caleite, la roche comespondante s'appelle la dolomie. La plupart des dolomies proviennent de la transformation de calcaires, si bien qu’il cexiste une série continue entre ces deux natures de roches. Parmi les caleaires, il convient de faire une place particulitre aux craies compte tenu de epaisseur de ces dépéts durant le Crétacé. Ces roches & grain fin sont formées d'une accu- ‘mulation de coccolites, petits tests calcaires d’algues. Poreuses, souvent peu résistantes, sen- sibles au temaniement, elles constituent un matériau « délicat » pour Te géotechnicien. ~ Bvaporites. Elles sont le résultat de Iévaporation de Meav de mer dans des conditions exceptionneles. Des successions d'invasions marines au sein de bassin subsidents sont en effet nécessies pour permetre des dts sur de grandes épaisseus Les évaporites étant sensibles aux phénomanes de dissolution, seule a protection d hori ~zons imperéables a permis a préservaion de ces formations Les évaprites es plus couramment rencontées sont esl geme (appellation commune