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Mutus Liber

M u t u s L i b e r revu le 4 août 2006 Plan

revu le 4 août 2006

Plan : I. introduction [journal des Savants, 1677 - frontispice du ML - les versets du Pentateuque : Gen 28, 11, 12 - Gen 27, 28, 39 - Deut 33, 13, 28 - le sel végétal fixe - l'esprit volatil sulfureux - quaternité - l'esprit nitro-aérien - le sacrifice d'Abraham - la Philosophie - putrefactio - la Discorde - la source vive - planche quatrième : la fixation - Nemrod ou la parabole sur la cohobation - la tunique de Nessus - les cinq formes de renaissance] - tableau des planches - II. Explication des opérations - III. Mutus Liber :

planches I - II - III - IV - V - VI - VII - VIII - IX - X - XI - XII - XIII - XIV - XV - IV. Epilogue : Soulat des Maretz - bibliographie sommaire -

figures du Rosarium Philosophorum commentées : I - III - IV - V - VI - VII - VIII - IX - XI - XVII - XXI -

Abréviations : Myst. : Mystère des Cathédrales [Fulcanelli] ; DM I ou II :

Demeures Philosophales [Fulcanelli et Eugène Canseliet] - BCC :

Bibliotheca Chemica Curiosa [Manget] - TC : Theatrum Chemicum [Zetzner] - ML : Mutus Liber - Ros. Phil. : Rosarium Philosophorum - Ancien Testament : Gen (Genèse) ; Deut (Deutéronome) - | SH : Serge Hutin - Turba XXXV, 1 [Tourbe des philosophes, sermon 35, version 1] -

I. Introduction

Le 16, d'août 1677 paraît un article dans le Journal des Sçavants [pp.

193-196]

JOURNAL DES SAVANTS

Du Lundi 16 Aout M. DC. LXXVII.

MUTUS LIBER, IN QUO TATEM TOTA

Philosophia Hermetica figuris hieroglyphicis depingitur, Aurore cujus nomen est Altus. In fol. Rupellae apud Petrum Savouret 1677.

Et se trouve à Paris chez Pierre le Petit et Estienne Michaller.

Tout le monde sait qu’Hermès est le premier qui a eu la Science de la Transmutation des Métaux, après laquelle on voit encore tant de gens inutilement occupés. L’Auteur de ce livre prétend

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montrer ici tout le mystère de cette haute Philosophie & tout le progrès de cet Art, par de seules figures hiéroglyphiques, sans aucun discours & sans nulle explication. C’est ce qui le fait

appeler le Livre Muet, ne disant pas même le nom de celui à qui il doit le jour. Ceux qui se plaisent à se ruiner à la recherche du grand œuvre ne seraient peut-être pas fâchés qu’on donnât ici l’âme & la parole à tant de figures muettes qui composent ce Livre. Je me contenterai d’en déchiffrer quelques- une, laissant à l’Auteur la liberté de leur donner tel autre sens qu’il lui plaira. Un peu au-dessus du milieu de la deuxième planche on voit une Vessie de verre ou Œuf des Philosophes, dans lequel il paraît un Neptune, qui s’élève sur un Dauphin ayant sous ses bras deux figures humaines avec les caractères de l’or & de l’argent sur la tête. Il semble que l’Auteur veuille montrer par-là qu’il faut mettre ces deux nobles Métaux dans l’œuf des Philosophes pour s’y fermenter & s’ouvrir par le sel volatil du Nitre tiré du sel commun qui est très fixe, représenté par un Dauphin, duquel ce Neptune s’élève. Ce sel volatil nitreux qui est l’agent universel des Philosophes, et qui contient leur sel, leur soufre & leur mercure est excité par la douce & humide chaleur du Bain vaporeux à feu de lampe, comme on voit au bas de cette même Planche. Mais parce que ce sel nitre doit être parfaitement purifié, & tel qu’il se trouve partout dans l’air, séparé des soufres étrangers, de l’alun,

& d’un sel fixe commun, la quatrième Planche semble montrer que

lorsque le Soleil est dans le Signe du Bélier ou du Taureau, il faut ramasser sur des linges bien nets la Rosée céleste imprégnée de ce feu fixe, & sel solaire, que l’air condensé par la fraîcheur de la

nuit laisse tomber sur la terre, ainsi qu’une éponge pressée rend l’eau qu’elle contenait dans ses pores. Lorsque ce sel Solaire qui n’est autre chose qu’un Nitre très purifié est concentré & pétrifié par une adroite préparation, il imbibe la lumière & devient un petit Soleil artificiel. Peut-être est-ce ce feu perpétuel des Urnes des anciens si célèbre dans l’Antiquité, & si recherché par les modernes : & peut-être aussi les nouveaux Phosphores de M.

Krafft [p. 190 : Liqueur de Terre Seiche de sa composition qui jettent continuellement de grands éclats de lumière] dont nous avons parlé

dans le journal précédent, ne sont-ils autre chose qu’une préparation de ce même Nitre. Ce même sel étant dûment réduit en liqueur devient l’alcaest, ou dissolvant universel tant caché par

les Maître de l’art : aussi l’expérience fait voir que le sel volatil de la Rosée de Mai dissout l’or aussi facilement que l’eau chaude dissout la glace. On voit dans la huitième Planche ce mercure des Philosophes qui est le soleil & l’âme des plantes employé à ouvrir ces deux nobles Métaux à l’aide de la chaleur du Bain vaporeux,

& par le moyen de deux substances qu’il contient, dont l’une est

blanche & l’autre rouge. La blanche est la Lune des philosophes,

& la rouge ou l’intérieure est leur Soleil ; & c’est de cette dernière

que les Maîtres de l’Art tirent avec de l’esprit de vin une teinture qui est le véritable Or Potable des Philosophes, après que le Nitre étant refroidi a pris une couleur bleue en quittant la verte, qu’il avait acquise dans le Creuset par deux heures de cuisson. C’est

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aussi cette partie intérieure du Nitre, qui est le soufre homogène à celui de l’or, puisqu’il acquiert sa couleur par degrés, & qu’étant préparé d’une façon il donne un très belle teinture d’or au Régule d’antimoine. Dans les quatre Planches qui suivent ce Sel Nitre ou menstrue universel est employé à disposer le mercure commun. La treizième Planche contient la Projection, & la quatorzième semble enseigner la façon d’une minière artificielle & perpétuelle, dans laquelle l’or & l’argent croissent comme les Plantes sur la Terre : Puisque l’expérience fait voir qu’une once d’argent de coupelle dissout dans l’esprit de Nitre croît dans une fiole en arbre Métallique, si on y ajoute demi-livre d’eau de fontaine, & environ deux onces de bon Mercure commun. Enfin la quinzième & dernière Planche semble montrer que le Mercure commun qui était autrefois indomptable comme un Hercule, sous la figure duquel cet Auteur le représente, est enfin terrassé, & qu’après sa mort il s’en forme le Soleil & la Lune, c’est-à-dire l’or & l’argent artificiel des véritables philosophes Hermétiques.

L'analyse du ML est pour le moins sommaire mais l'auteur dégage l'importance du Nitre [appelé sel volatil nitreux] ainsi que de la rosée céleste. Autant dire la substance et la forme du feu secret des alchimistes, autrement appelée Mercure

.
.

Le 9, de mai 1686, Limojon de saint Didier, l'un des Français les mieux éclairés sur l'Art sacré écrit une Lettre d'un Philosophe Sur le

fecret du grand Oeuvre écrite au fujet des Inftructions qu'Ariftée a laiffées à fon Fils, touchant le Magiftere Philofophique. Des

passages de cette Lettre pourraient presque servir de sous titre à bien des planches du ML.

Pifcis pifce capitur, volucrifque avi, Aer quoque capitur aere fùavi.

Remarquez bien ces paroles, elles renferment tout le fecret de l'air des Philosophes que le Cosmopolite nous expofe fous le nom de l'aiman

Philofophique ; lorsqu'il dit, aer generat magnetem, magnes vero generat, vel facit apparere aerem noftrum ; c'eft-là ( dit-il ) l'eau de noftre rofée, de laquelle fe tire le falpetre des Philofophes, qui nourrit, & qui fait croître toutes chofes ;

On voit que la rosée est le processus dynamique qui conduit, progressivement, à l'obtention du dissolvant des métaux ou alkaest de Glauber. Rosée et salpêtre sont à l'identique de rose et croix, c'est-à-dire en langue hermétique, fleur et étoile. Nous y reviendrons dans le § II touchant aux explications de certaines planches.

Le Mutus Liber ou Livre Muet est l'un des fleurons de l'iconographie

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alchimique. Eugène Canseliet en a établi une édition critique en

1958 [L'Alchimie et son Livre muet (Mutus Liber). Réimpression première et intégrale de l'édition originale de La Rochelle - 1677 - Introduction et commentaires par Eugène Canseliet, F.C.H., disciple de Fulcanelli. A Paris, chez Jean-Jacques Pauvert - cité in l'Alchimie expliquée sur ses Textes classiques, Pauvert, 1972, 1980, p. 37]. Il y

revient dans l'Introduction de son Alchimie quand il évoque la composition gravée qui abrite le titre :

Le livre Muet, dans lequel cependant toute la Philosophie herméti est représentée en figures hiéroglyphiques, consacré au Dieu miséricordieux, trois fois très bon et très grand, et dédié aux seuls fi l'art, par l'auteur de qui le nom est Altus.

Mutus Liber, in quo tamen tota Philosophia hermetica, figuris hieroglyphisis depingitur, ter optimo maximo Deo misericordi consecratus, solisque filiis artis dedicatus, authore cuius nomen Altus.

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planche inaugurale du Mutus Liber, Bibliotheca Chemica Curiosa, Mangetus, 1702 [cliquez sur les nombres associés

planche inaugurale du Mutus Liber, Bibliotheca Chemica Curiosa, Mangetus, 1702 [cliquez sur les nombres associés aux chapitres du Pentateuque pour accéder au verset correspondant]

Ce texte est suivi de nombres en chiffres arabes qui indiquent des passages du Pentateuque :

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21. 11. 82. Neg. - 93. 82. 72. Neg. - 82. 31. 33. Tued. dont le rétablissement conduit à : Gen(esis) - Genèse - chap. 28, 11 et 12 - Gen(esis) - Genèse - chap. 27, 28 et 39 - Deut(eronomium) - Deutéronome - chap. 33, 13 et 28.

[certaines sources donnent Deut 33, 18 au lieu de 33, 13 mais la graphie indique bien 33, 13. Du reste, à prendre le verset Deut 33, 18 on se rendrait compte que le sens serait perdu].

La Bible a donné lieu à des interprétations très variées en dehors de son sens premier. On a voulu y voir, entre autre, des intentions occultes. Ce n'est pas là le message professé par des hermétistes comme Fulcanelli ou E. Canseliet qui ont su dégager l'alchimie de la gangue d'obscurantisme théosophique dans laquelle, vers la fin

du XIX e siècle, des cercles de sectateurs égarés voulaient faire choir l'Art sacré. Le passage de la Bible qui a les rapports peut-être les plus immédiats avec l'alchimie est le suivant, repris maintes fois :

« C'est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé. » [Lc 12, 49]

Le verset se rapporte à la raison de la présence du Christ parmi

nous; d'un autre point de vue, l'Artiste y voit une parabole sur le

feu secret dont sa

son Mercure

qui, d'abord, marque l'oeuvre du sceau de la ténèbre. Sceau

marque l'oeuvre du sceau de la ténèbre. Sceau doit être mondée. Ce feu, c'est évidemment dont

doit être mondée. Ce feu, c'est évidemment

Sceau doit être mondée. Ce feu, c'est évidemment dont l'obscurité radiante est la marque du sol

dont l'obscurité radiante est la marque du sol niger

dont l'obscurité radiante est la marque du sol niger ou plutôt scel que la cabale autorise

ou plutôt scel que la cabale autorise à rapprocher du vocable SEL. Mais déjà, l'égarement guette l'impétrant car les Adeptes ont dissimulé le fait suivant : il y a deux « S(C)ELS » dans l'oeuvre dont l'un sert de moyen - d'objet - alors que l'autre est la fin - et le sujet - des Sages. Comment démêler l'écheveau ? Le feu secret des alchimistes se présente comme une substance poudreuse

voire porphyrisée, devant être tenue à l'abri de

préférence, en dehors des rayons du là-dessus :

de préférence, en dehors des rayons du là-dessus : et de . Cyliani s'exprime ainsi «

et de

de préférence, en dehors des rayons du là-dessus : et de . Cyliani s'exprime ainsi «

. Cyliani s'exprime ainsi

« Je vis alors deux superbes vases en cristal reposant chacun sur un piédestal du plus beau marbre de Carrara. L'un de ces vases était en forme d'urne, surmonté d'une couronne en or à quatre fleurons; on avait écrit en lettres gravées dessus: Matière contenant les deux natures métalliques. L'autre vase en cristal était un grand bocal bouché à l'émeri, d'une forte épaisseur, on avait gravé pareillement dessus ce qui suit: Esprit astral ou esprit ardent, qui est une déjection de l'étoile polaire. Ce vase était surmonté d'une couronne d'argent ornée de neuf étoiles brillantes. » [Hermès Dévoilé, Introduction]

L'étude de nombreux textes du corpus permet de montrer que le premier vase contenant la nature métallique ressortit de la fleur

ou anqoV ammonoV. La forme d'urne [qui est aussi celle du noeud

ascendant du dragon ou ingrès ] atteste qu'il s'agit d'un tertre tumulaire où il n'est pas difficile de voir le tombeau récurrent des

atteste qu'il s'agit d'un tertre tumulaire où il n'est pas difficile de voir le tombeau récurrent

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gravures du Ros. Phil. En d'autres termes, il s'agit de l'antimoine saturnin d'Artephius et de Tollius. Et les deux natures métalliques sont les corps du et de . Quant à l'autre vase, il s'agit du vase de nature qui est formé d'une substance d'origine ou plutôt d'essence céleste: les Adeptes la nomment crachat de Lune ou

suc de la Lunaire : c'est la déjection de l'étoile polaire ou Aimant des métaux. Ce second vase est surmonté d'une couronne

d'argent, dont le symbole n'est pas

de distinguer le SCEL de l'oeuvre du principe SEL dont

l'idéogramme est

toute virtualité, vifs : les corps mêlés sont réduits sous trois genres principaux, savoir le végétal, l'animal et le minéral. Le minéral joue un rôle particulier par sa relation aux terres et aux pierres : il forme donc la matrice du lapis [la résine ou toyson de l'or

alchimique que certains appellent encore terra alba foliata]. Le végétal

correspond au principe de multiplication du lapis et et permet de jeter quelque lumière sur l'obscurité des chiffres que l'on observe à la planche 13 du ML [100 - 1000 - 10 000, etc.] où, manifestement, un processus d'accroissement est à l'oeuvre, après que l'oeuf philosophique a été introduit dans l'athanor.

philosophique a été introduit dans l'athanor. mais . Voilà qui permet . Nous avons ainsi trois
philosophique a été introduit dans l'athanor. mais . Voilà qui permet . Nous avons ainsi trois
philosophique a été introduit dans l'athanor. mais . Voilà qui permet . Nous avons ainsi trois

mais

philosophique a été introduit dans l'athanor. mais . Voilà qui permet . Nous avons ainsi trois

. Voilà qui permet

. Nous avons ainsi trois principes qui sont, enété introduit dans l'athanor. mais . Voilà qui permet Baro Urbigerus, Besondere Chymische Schriften , Hamburg,

qui permet . Nous avons ainsi trois principes qui sont, en Baro Urbigerus, Besondere Chymische Schriften
qui permet . Nous avons ainsi trois principes qui sont, en Baro Urbigerus, Besondere Chymische Schriften

Baro Urbigerus, Besondere Chymische Schriften, Hamburg, 1705 - les deux natures métalliques et la matière minérale

À gauche, l'esprit astral dans la vision d'Urbigerus. À droite, les natures métalliques. L'esprit astral ou esprit ardent permet de spiritualiser les corps en les rendant glorieux, ce qu'atteste la forme stellaire prise par les métaux, de même que la couronne. De l'autre côté, le personnage affecte la même pose que le rêveur

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de la planche I du ML. Les Soufres des métaux dorment dans leur gîte, ce qu'on reconnaît à l'amande dans laquelle chacun se trouve reclus. Amande où là encore on devine sans effort celle des branches d'églantier ou de rosier qui ornent le frontispice du ML. Il n'est pas jusqu'au Monde, la lame XXI du tarot, qui ne

puisse être évoquée [voir Antoine Court de Gébelin : Monde primitif, analysé et comparé avec le monde moderne vol. 8, tome 1, Paris 1781,

pp. 365- 410] mais nous ne pouvons, dans le cadre de cette section, développer une amplification là-dessus [voir tarot alchimique]. Quoi qu'il en soit, l'artifice mystérieux qui fait l'un des grands secrets des alchimistes permet de transformer une substance - ou un ensemble de substances - en sorte d'opérer sa transmutation [transfert] d'un état inanimé [état amorphe] à un état où l'âme a été infusée [état cristallin] où survient une circulation.

Urbigerus [alias Borghese ou C. de Siebenb] a consacré son Circulatum minus Urbigeranum [London, 1690] au sujet. Il n'est

peut-être pas inutile de donner un extrait de la Circulation Mineure

Urbigurienne :

VI. La troisième manière commune consiste seulement en la conjonction d’un Sel Végétal fixe avec son propre Esprit volatil sulfureux, choses qui peuvent être aisément trouvées toutes préparées par tout vulgaire chimiste ; et puisque dans leur préparation le soufre le plus pur, contenant l’esprit, a souffert par leur manipulation non philosophique, ils ne peuvent être inséparablement liés sans un médium sulfureux, par lequel l’Ame étant renforcée, le Corps et l’Esprit sont aussi à travers lui rendus capables de la plus parfaite union.

C'est évidemment au mariage de

invités. Le sel végétal fixe est évoqué dans la planche 4 du ML.

Est-il besoin d'ajouter que l'encadrement de la scène par le Bélier

que l'encadrement de la scène par le Bélier et de que nous sommes [ lieu d'exaltation

et de

que l'encadrement de la scène par le Bélier et de que nous sommes [ lieu d'exaltation

que nous sommes

[lieu d'exaltation traditionnelle du

de que nous sommes [ lieu d'exaltation traditionnelle du ] et le Taureau [ exaltation de

] et le Taureau [exaltation de la

]
]

abonde dans le sens de cette interprétation ? Il faudrait revoir la

planche qui débute le Triomphe hermétique [Limojon de saint Didier]. L'esprit volatil sulfureux [il s'agit de l'esprit sulfureux volatile vitriolique de Stahl, obtenu dans la distillation du vitriol : l'exposition à l'air libre le rend à la qualité d'acide vitriolique - voir planches du Dictionnaire de Pernety, n°

166] se rapporte sans doute à celui qui est évoqué par Basile

Valentin dans son Dernier Testament [voir Christophle Glaser, Traité de la Chymie, Paris, 1663, pp. 242-246 in http://pwp.netcabo.pt/r.petrinus/calc-destvitr-f.htm]. Le renforcement de

l'Âme passe, on l'a vu, par un agent intermédiaire qui prend divers noms dont celui de rosée. Il s'agit là d'une partie du feu secret, véritable aqua viva ou fontaine de jouvence. Cette aurifontina est décrite dans l'une des gravures du Ros. Phil. et elle forme le

chapitre I de Jung, Psychologie du Transfert [trad. Albin Michel 1980].

Des rapports nets s'établissent entre quatre planches [1, 4, 9, 12] du ML et cette première gravure. La fontaine est tripartite : la planche 1 du ML possède aussi ce caractère, quoique moins

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évident : le rêveur dont la tête repose sur le rocher est comme un

trait d'union entre la Terre

s'agit presque de la représentation d'un tableau dans un autre tableau puisque nous voyons ce que voit le personnage : un songe. C'est donc, d'une certaine manière, une réalité psychique. Peut-on en dire autant de la croyance en Dieu qui est l'expression numineuse d'une représentation éidétique ? Nous ne saurions aller jusque là, mais Jung, dans sa Réponse à Job [trad. Buchet Chastel, 1959] semble formel. C'est un point d'importance :

et l'air

formel. C'est un point d'importance : et l'air [ entendu comme spiritus ]. Il « La
formel. C'est un point d'importance : et l'air [ entendu comme spiritus ]. Il « La

[entendu comme spiritus]. Il

« La controverse est née du préjugé singulier selon lequel rien n'est vrai que ce qui se présente ou s'est présenté sous la forme d'une donnée physique. » [Réponse à Job, Lectori Benevolo, p. 13]

Si un rêve possède le statut de réalité tangible, ce qu'on ne saurait assurément lui refuser - et il s'agit du produit inconscient de notre psyché - prêterait-on un caractère moins réel à la partie de notre esprit accessible à la conscience en état d'éveil ? Ne peut-on point y voir les traits d'une réalité catégorielle ?

« Car le critère d'une vérité n'est pas seulement son caractère "physique" : il est aussi des vérités psychiques, vérités de l'âme qui, dans la perspective physique, ne sauraient pas plus être expliquées que récusées ou démontrées. » [idem, p. 14]

Il nous semble important d'insister sur cet aspect du rêveur et du songe quasi matérialisé qui nous est donné sur cette planche de frontispice du ML. On peut même aller plus loin si l'on tient compte

que le feuillage de la roseraie [un clin d'oeil possible au Ros. Phil., i.e.

la Roseraie des Philosophes] prend l'allure d'un opercule, d'une sorte d'oeilleton d'où la scène est vue non par accident mais de manière consciente. On pourrait croire qu'il s'agit là d'un jeu de miroir voulu du graveur et du commanditaire. Si nous avons évoqué la Foi, c'est que, le lecteur l'aura remarqué, la spiritualité est omni présente dans les quinze planches du ML. C'est aussi le cas pour certaines des gravures du Ros. Phil. et de toute manière, le parallèle est aisé à établir - on le verra bientôt - entre le ML et des versets de l'Ancien Testament. Le second point trinitaire est à établir entre le ciel firmamental [que le Philalèthe nomme l'Air des Sages, voir Introïtus, VI] et la Terre , via un système complexe où pas moins de trois éléments participent.

n t r o ï t u s , VI ] et la Terre , via

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fig. 1 du Ros. Phil. - auri fontina La figure de l'ange d'abord qui exprime

fig. 1 du Ros. Phil. - auri fontina

La figure de l'ange d'abord qui exprime la liaison entre le spirituel [versant humain] et le divin ; l'échelle visualise la liaison et, à son tour, représente une graduation [voir infra Michelspacher]. Le son, enfin, donne comme une troisième dimension à l'ensemble : les anges portent des buccins et l'on sait l'importance de la musique dans l'Art sacré [voir Atalanta fugiens]. Espace et temps sont ainsi représentés en une scène qui, certainement, est unique dans l'histoire de l'alchimie. Il manque un autre élément qui permette de transformer cette trinité en quaternité : on le trouve dans le phénomène de transformation intérieure, psychique. Cet élément n'est pas immédiatement perceptible et nécessite de résoudre un rébus très facile qu'Altus a fait inscrire sur la planche I. Ce rébus conduit à la lecture des versets bibliques inscrits à gauche du rêveur. Il s'agit de six extraits du Pentateuque, Gen (1, 2, 3, 4) et Deut (1, 2). Ce n'est pas un hasard si le nombre d'extraits est de

six [d'autres versets évoquent en effet la rosée] mais il s'agit là d'un

artifice pour signaler l'entrelacement du

l'étoile de Salomon

lapis. Cette lecture permet de comprendre qu'une transformation radicale s'opère dans la psyché de Jacob et qu'à la tripartition AER - TERRA - COELUM vient s'ajouter le transfert psychique dont le rêve forme la précipitation. Ainsi, d'un état corrompu et amorphe, Jacob passe-t-il d'un état dépuré à un état pour ainsi dire limpide, clair comme du cristal de roche. Désormais, il sera en paix avec sa conscience. Nous l'avons dit, c'est la rosée qui forme la trame ou le continuo des versets. L'intérêt d'un lien « externe » en direction du Pentateuque procède d'un double but :

imposer la relation, exotérique, entre la Bible et la planche

la relation, exotérique, entre la Bible et la planche et de qui aboutit à ou digamma

et de

la relation, exotérique, entre la Bible et la planche et de qui aboutit à ou digamma

qui aboutit à

la relation, exotérique, entre la Bible et la planche et de qui aboutit à ou digamma

ou digamma qui est l'image même du

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inaugurale du ML. Exposer une autre relation, ésotérique, entre le lecteur ainsi prévenu et l'ensemble des quinze planches, via la méditation des six versets. C'est là une entreprise ardue que seul, à ce sommet d'expression, saura égaler sans la dépasser, Michel

Maier en son Scrutinium Chymicum [alias Atalanta fugiens, version

datant de 1687]. Sur ce que nous disions de l'Hermès Dévoilé, nous relevons des points de convergence avec la fig.1 du Ros. Phil. dont l'exotérisme est suffisant pour que nous puissions y trouver la contre partie ésotérique dans la planche 1 du ML. Les quatre fleurons évoqués par Cyliani sont à trouver dans la

« quaternité carrée délimitée aux quatre coins par les quatre étoiles. Ces quatre sont les quatre éléments. En haut et au centre du bord supérieur se

trouve une cinquième étoile Alchimie, op. cit., p. 61]

la quinta essentia. » [Jung, Psychologie et

La quaternité sera plus difficile à trouver dans la planche de frontispice du ML, même si l'on possède une lanterne et que l'on est chaussé de bonnes lunettes.

lanterne et que l'on est chaussé de bonnes lunettes. Chartier, le Plomb sacré des Sages, p.

Chartier, le Plomb sacré des Sages, p. 59, d'après Hans von Osten, Eine grosse Herzstärkung für die Chymisten, 1771 [cliquez pour une autre version]

& fi apres ces raifons & ces experiences confirmées par l'authorité de fi grands Philofophes & Chemiftes vous n'eftes affez illuminé, vous pouvez prendre les Lunetes, les Torches, & les Flambeaux du Hibou de Khunrath, pour vous conduire, puifque au recit d'Ariftote, la plus grande partie des Hommes eft de la nature des Chats-Huans, & ne peut voir clair en pleine lumiere; mefme aux chfes qui naturellement & vifiblement tombent d'elles-mefme en leur cognoiffance.

Nous allons examiner ce point . On connaît au moins deux versions de la planche 1 du ML : l'une dans laquelle le fond de la scène est représenté par la mer comme c'est le cas pour la version que donne Mangetus, dans sa Bibliotheca Chemica Curiosa. L'autre qu'E. Canseliet a présenté dans son Alchimie [Etudes de symbolisme, Pauvert, 1978] et où l'on voit un champ s'étendre jusqu'à l'horizon. Cette seconde version semble originale puisqu'on peut

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lire, au bas de la planche :

RVPELLAE apud PETRVM SAVOURET . cum Privilegio Regis M . DC . LXXVII .

Il suit donc de cette observation, qu'il y a deux versions, dont l'une - originale - ne rend pas compte de la richesse conceptuelle véhiculée par cette parabole du songe de Jacob. Aussi avons-nous donné les deux versions, celle utilisée par Mangetus, sur laquelle porte l'analyse liminaire que nous voyons ici. L'autre [voir infra] a servi à une amplification antérieure. Pour en revenir à la quaternité de la planche posée en frontispice, on voit qu'elle ne se dévoile évidemment que si l'on a sous les yeux les planches du

ML exposées dans la Bibliotheca Chemica Curiosa [elle est accessible sur le serveur de la bibliothèque Complutense madrilène]. Des quatre

Eléments, deux sont immédiatement perçus :

d'ailleurs des aspects variés : rochers [dont celui sur lequel est posée

la tête du rêveur], sable [sel d'Ammon], et au loin, à droite, terre fertile

comme en témoigne un bosquet de pins.

renfermant les sels dont l'Artiste a besoin, concentrés dans les salicornia. Baro Urbigerus est disert sur ce chapitre [Circulatum

minus Urbigeranum] :

disert sur ce chapitre [ Circulatum minus Urbigeranum ] : qui prend tranquille, mer étale V

qui prend

sur ce chapitre [ Circulatum minus Urbigeranum ] : qui prend tranquille, mer étale V -

tranquille, mer étale

V - Notre seconde façon de préparer notre élixir végétal consiste en une manipulation exacte d’une plante du plus noble degré, se tenant à part, ou soutenue par d’autres : après la préparation de laquelle, sa putréfaction, réduction en une huile, séparation des trois Principes avec leur purification, union et spiritualisation, l’ensemble doit être transformé en une Fontaine spirituelle éternelle, renouvelant toute plante qui sera plongée en elle.

C'est de la préparation du dissolvant - alkali fixe - qu'il est question. Cet alkali peut être obtenu à partir de borith ou de natron [dans le cas des salicornia]. Urbigerus ajoute que de cette plante peut être extrait une substance bitumineuse et Fulcanelli [Myst.] précise une préférence pour le bitume de Judée, trait de cabale qui n'a nul rapport avec le lac Asphaltite voisin de la Mer

Morte [voir Niepce et Chevreul]. Non. C'est du signe

l'Adepte entend nous parler, et de la façon d'incorporer un rayon igné qu'il prend à la matière sulfureuse, tirée de la vitreuse

provision du

philosophique par quoi il faut entendre le vase de nature. Du reste, l'asphalte ou bitume de Judée est une substance qui partage quelques traits externes avec la matière saline du

est solide, cassante, noire, sulfureuse, inflammable, exhalant en brûlant une odeur fort désagréable. Ne peut-on pas voir là quelques-uns des caractères du premier Mercure des alchimistes

des caractères du premier Mercure des alchimistes , du que . Cette façon nécessite l'emploi du

, du

des caractères du premier Mercure des alchimistes , du que . Cette façon nécessite l'emploi du

que

des caractères du premier Mercure des alchimistes , du que . Cette façon nécessite l'emploi du

. Cette façon nécessite l'emploi du lut

des caractères du premier Mercure des alchimistes , du que . Cette façon nécessite l'emploi du

: elle

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quand il ressemble au dragon babylonien ? Ce dragon qu'il faut que l'Artiste choisisse d'un beau noir, luisant, compact, plus dur que la poix. Ce n'est certes pas la vulgaire substance vendue dans le commerce qui fera son affaire : il est presque toujours le caput mortuum de la rectification de l'huile de succin. Les Hollandais ont en Hongrie des mines de succin dont ils retirent à

part le sel

Hongrie des mines de succin dont ils retirent à part le sel et l'esprit [ animus

et l'esprit [animus

dont ils retirent à part le sel et l'esprit [ animus ] et qu'ils dépurent; quant

] et qu'ils dépurent; quant à

l'huile [anima

], ils en obtiennent l'huile d'ambre [l'ambre jaune

évoquée par Michel Maier dans l'Atalanta fugiens, emblème XXXII] dont se

servent les maréchaux et cette substance, vendue presque pour rien, et nommée bitume de Judée. Le pouvoir remarquable qu'elle possède d'attirer à elle les corps légers était de nature à entretenir dans l'esprit l'idée d'une sorte d'action vitale, qu'elle partageait avec la pierre d'aimant. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la magnétite a souvent était confondue, par les rusés alchimistes, avec l'Aimant des Sages. On a aussi confondu l'ambre jaune avec la murrhe [voir idée alchimique, VI] mais il s'agit là d'une distinction déjà assez subtile [au vrai, de ses nombreux

noms, myrritha ou même ambar pourraient prêter à confusion; il ne semble pas y avoir de rapport entre ambar et cambar, cf. Artephius, Turba et Senior, De chemia]. Lemery a, dans son Cours de Chymie, traité du

succin en l'appelant karabé [chap. XXI, pp. 458-486]. Sous ce rapport, l'ambre végétal était l'objet de recherches dont on a pu affirmer qu'elles revêtaient, chez certains peintres [notamment les frères Van Eyck] un caractère quasi alchimique. En effet, on ne connaît pas de dissolvant adéquat à l'ambre, à l'instar du

de dissolvant adéquat à l'ambre, à l'instar du alchimique. Mais pour en revenir à la susbtance

alchimique. Mais pour en revenir à la susbtance sulfureuse qui fait tout l'intérêt du Mercure, il s'agit du Souphre principe que Jung

nomme sulphur

affecte une forme sensiblement huileuse, à ce qu'en rapporte

Homberg [Du Souphre principe, article troisième, Histoire de l'Académie royale des sciences avec les mémoires de mathématique et de physique tirés des registres de cette Académie, 1705, pp. 88-96]. Il n'y a

de cette Académie , 1705, pp. 88-96 ]. Il n'y a . Ce principe se retrouve

. Ce principe se retrouve dans les Mixtes et

manifestement que le

moins sous forme vive, cette huile. Cette matière sulphureuse est mêlée ou enchassée dans le chaos de la prima materia et elle paraît alors sous une apparence protéiforme [voir Typus Mundi]. Le principe actif ne peut être dégagé que dépuré de tout élément étranger et nous arrivons alors au paradoxe, relevé par Homberg, que :

Tous les mixtes qui paffent par une Analyfe rigoureufe ou très-exacte, perdent, comme nous avons dit, le Souphre principe qui avoit compofé ce smixtes; en forte que plus l'Artifte fe met en epine de le débrouiller, moins il le trouve. Nous n'avons donc aucune connoiffance pofitive du Souphre principe par le moyen de nos Analyfes, ou par la décompofition des mixtes

principe par le moyen de nos Analyfes, ou par la décompofition des mixtes qui puisse conserver,

qui puisse conserver, sinon intact, du

13

Le lecteur peut se demander pourquoi nous parlons du Souphre

Le lecteur peut se demander pourquoi nous parlons du Souphre alors que le sujet du ML

alors que le sujet du ML est le

nous parlons du Souphre alors que le sujet du ML est le , à n'en point

, à n'en point douter. La

lecture des quinze planches lui aura fait voir qu'un élément est présent qui, jusqu'à présent, n'a pas été étudié pour ce qu'il était :

la lumière. Voyez ces rais aux planches 4, 9 et 12, décomposées à la façon d'un prisme.

4 , 9 et 12 , décomposées à la façon d'un prisme. Robert Fludd (1574-1637) -

Robert Fludd (1574-1637) - Philosophia moysaica, Gouda, 1638

La décomposition des mixtes donnent des indices permettant de montrer que c'est la matière même de la lumière qui est notre Souphre principe et, du reste, le seul principe actif de tous les mixtes. L'univers est rempli de la matière de la lumière [que les Modernes nomment photons] et le point crucial est que cette matière extrêmement ténue, peut pourtant faire augmenter de poids et de volume les autres principes. Voici, à cet égard, une expérience proposée par Homberg :

Le Mercure commun ayant été purifié fuffifamment par le fer & par l'antimoine, devient plus vif & plus liquide qu'il n'étoit avant cette purification : cependant en le mettant en digeftion à une chaleur qui lui convient, il arrive que ce Mercure, fans y ajouter aucune autre matière fenfible, s'arrête peu à peu & ne coule plus, contre le naturel de ce mineral , fe changeant en une poudre noire, blanche ou rouge, felon qu'il plaît à l'Artifte ; cet-te poudre devient plus pefante que n'étoit le Mercure quand on l'a mis en digeftion, & enfin de très-volatile qu'étoit

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ce Mercure, jufqu'à fe fublimer par un petit feu de lampe, il devient par une longue cuiffon fi pareffeux au feu, qu'il en fouffre la rougeur pendant plus de vingt- quatre heures, & en le pouffant vivement au feu nud, la plus grande partie s'en va à la vérité en fumée , mais il refte un petit grain de métail dur, qui s'eft formée dans ce Mercure.

Homberg considère à juste titre qu'il s'est introduit quelque chose dans ce mercure et qu'il y a eu transformation de la substance

même du

d'une certaine variété de verre - malléable. Enfin, en dépit du

4 ème degré de feu, il reste un bouton métallique irréductible. L'erreur de Homberg, le lecteur l'aura deviné, tient à ce qu'il confond la matière de la lumière et l'effet de la combustion. Erreur conceptuelle que seul Lavoisier saura rectifier pour faire sortir la science des ornières occultes [précédé par Mayow (1669), Boyle

(1668) et Priestley (1774), cf. Chevreul - le ML, rappelons-le était sorti dans

son édition rochelaise en 1677]. Mais il est possible, via la cabale hermétique, de poursuivre cette voie qui, en toute autre circonstance, conduirait à une impasse. Homberg ajoute :

Cependant en toute cette opération il n y a eu que le feu feul qui ait touché le Mercure, non pas immédiatement, mais au travers d'un vaiffeau de verre. Nous avons dit ci-deffus que le feu ou la flame n'eft autre chofe qu'un mélange de la matière de la lumière & de l'huile du charbon , ou de quelqu'autre corps qui brûle ; on ne pourra pas dire ici que c'eft l'huile de ce charbon qui a échauffé le fourneau, qui fe foit introduit & refté dans le Mercure pour le rendre plus pefant, puifque l'huile ne fçauroit paffer par les pores du verre : c'eft donc la partie du feu qui s'eft feparée de l'huile du charbon ; c'eft-à-dire, la matière de la lumière qui compofoit avec l'huile du charbon la flame qui a échauffé le fourneau, & cela doit ne-ceffairement être ainfi ; parce qu'aucune autre matière que celle de la lumière n'a pu paffer au travers des pores-du. verre pour fe joindre au Mercure.

au travers des pores-du. verre pour fe joindre au Mercure. , attendu qu'il ne coule plus

, attendu qu'il ne coule plus et devient - à l'instar

Il est bien évident qu'un autre principe actif est présent dans le ballon de verre utilisé par Homberg, l'air atmosphérique, qui contient le gaz oxygène. Seul avant Lavoisier, John Mayow (1640 -1679) avait eu la prescience de ce fait :

« En effet, il prouve expérimentalement qu'il n'y a qu'une portion de l'air, pour un volume donné, qui entretient la combustion et la respiration, et que cette portion est l'esprit nitro-aérien. C'est encore à ce principe qu'est due la rouille du fer exposé à l'air. Toutes ces vues sont parfaitement justes ; mais, après avoir fait remarquer que l'esprit nitro-aérien diffère de l'esprit acide de nitre (l'acide azotique hydraté) en ce que celui-ci éteint la flamme et agit sur les animaux comme corrosif, il n'explique pas en quoi consiste la différence. Ainsi, en traduisant la manière de voir de Mayow en langage moderne, il

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avait vu deux gaz également élastiques dans l'air, l'oxygène et l'azote. » [Chevreul, critique de Hoefer, III]

Nous voilà au coeur du problème puisque c'est précisément cet esprit nitro-aérien que le couple alchimique du ML tente de s'approprier grâce aux toiles tendues [planche 4]. Les anciens

chimistes supposaient qu'il y avait dans l'air un sel universel ou

esprit subtil d'action incessante, tenant de la nature de

nommé par eux nitre aérien ou nitre volatil ou enfin, esprit universel. Philalèthe le nomme Air des Sages [voir Introïtus, VI]. La

, dans cette philosophie de la nature, serait formée d'un mixte de

sel fixe

reçu en son sein, il s'y forme un corps appelé Nitre et dont

l'hiéroglyphe est

forme un corps appelé Nitre et dont l'hiéroglyphe est et , et de souphre , attirant

et

,
,
un corps appelé Nitre et dont l'hiéroglyphe est et , et de souphre , attirant cet
un corps appelé Nitre et dont l'hiéroglyphe est et , et de souphre , attirant cet

et de souphre

Nitre et dont l'hiéroglyphe est et , et de souphre , attirant cet esprit universel; l'ayant
Nitre et dont l'hiéroglyphe est et , et de souphre , attirant cet esprit universel; l'ayant

, attirant cet esprit universel; l'ayant

, et de souphre , attirant cet esprit universel; l'ayant qui n'en forme que [ il

qui n'en forme que

[il ne s'agit pas de la stibine

l'enveloppe et pour ainsi dire, la coque]. Cet esprit nitre aérien est

nécessaire à l'Artiste qui souhaite entretenir la flamme invisible de

son feu secret et animer le sulphur

rayon

expérience fera voir une curieuse propriété de notre Nitre aérien

[à propos du Tractatus Quinque Medico Physici aut. Io. Mayovv. etc. Varennes, Paris, Journal des Sçavants, 1665, pp. 30-34] :

D'où vient que fi l'on enfonce dans l'eau une chandelle allumée, dune telle manière que le lumignon refte élevé d'un ou de deux doigts au deffus de la fuperficic de l'eau ,& qu'au deffus de la chandelle on mette une ventoufe qui s'enfonce auffi un peu dans l'eau , on voit d'abord l'eau s'élever dans la ventoufe ; parce que les parties nitreufes de cet air enfermé étant confumées par la flamme, laiffent le refte de. l'air affoibly & bcaucoup fort. Et de là vient encore que l'air qui eft le plus voifin de la flamme, fe trouvant plus foiblc par la perte de ces parties folides, ne fçauroit refifter à la preffion de l'air voifin. Ainfi il vient inceffamment de l'air nouveau auprès de la flamme.

inceffamment de l'air nouveau auprès de la flamme. en sorte d'en préparer un igné qui teigne

en sorte d'en préparer un

nouveau auprès de la flamme. en sorte d'en préparer un igné qui teigne en masse sa

igné qui teigne en masse sa terra alba foliata. Cette

Résumons :

Au XV e siècle, Eck de Sulzbach ayant chauffé six livres de mercure et d'argent amalgamés, dans quatre vases différents, pendant huit jours, constata que le poids de l'amalgame avait augmenté de trois livres. Cette expérience, fut répétée au mois de novembre 1489, Mais quelle est la cause de cette augmentation de poids? Cette augmentation vient, dit Eck de Sulzbach, de ce qu'un esprit s'unit au corps du métal ; et, ce qui le prouve, c'est que le cinabre artificiel (oxyde rouge de mercure), soumis à la distillation, dégage un esprit, (Hœfer, Histoire de la chimie). J. Rey, en 1630, expliquait cette augmentation de poids par la fixation d'une certaine quantité d'air. A cette demande, pourquoi l'étain et le plomb augmentent de poids quand on les calcine,

« il respond et soutient glorieusement que ce surcroît de poids vient

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de l'air, qui dans le vase a été espessi, appesanti, et rendu aucunement adhésif par la véhémente et longuement continue chaleur du fourneau ; lequel air se mesle avec la chaux et s'attache a ses plus menues parties. »

la chaux et s'attache a ses plus menues parties. » frontispice du Tractatus Quinque Medico-Physici de

frontispice du Tractatus Quinque Medico-Physici de Johannes Mayow

En 1669, Jean Mayow, médecin anglais, publia à Oxford un ouvrage intitulé Tractatus quinque medico-physici, quorum primus agit de sale nitro et spiritu nitro-aero ; secundus de respiratione, etc. Dans sa première dissertation, Mayow cherche à expliquer la composition du nitre, sa production spontanée dans la nature, l'analogie de son acide avec l'air, l'existence d'un principe dans l'atmosphère de la même nature que celui du nitre, qui entretient la combustion, la flamme et la vie.

« Il est d'observation, dit-il, que les sels fixes et les sels volatils, et môme les vitriols, ayant été calcinés jusqu'à expulsion totale de leurs esprits acides, absorbent, par une longue exposition à l'air, une certaine acidité. De plus, la limaille de fer, exposée à l'air humide, est corrodée comme si elle était attaquée par des acides, et se convertit en safran de mars apéritif. II semble donc qu'il existe dans l'air un certain esprit acide et nitreux. Cependant en examinant la chose plus attentivement, on trouve que l'esprit acide de nitre est trop pesant proportionnellement à l'air dont il se compose ; et puis, l'esprit, nitro-aérien, quel qu'il soit, sert d'aliment au feu et entretient la respiration des animaux, comme nous le démontrerons plus bas ; tandis que l'esprit acide du nitre est éminemment corrosif, et, loin d'entretenir la vie et la flamme, il n'est propre qu'à les éteindre. Bien que l'esprit de nitre ne provienne pas en totalité de l'air, il faut cependant admettre qu'une partie en tire son origine. D'abord, on m'accordera qu'il existe, quel que soit ce corps, quelque chose d'aérien, nécessaire a l'alimentation de la flamme. Car l'expérience démontre qu'une flamme exactement emprisonnée sous une cloche ne tarde pas à s'éteindre, non pas, comme on le croit communément par l'action de la suie qui se produit, mais par privation d'un aliment aérien. Dans un verre où on a fait le vide, il est impossible de faire brûler, à l'aide d'une lentille, les substances mêmes les plus combustibles, telles que le soufre et le charbon. Mais il ne faut pas s'imaginer que l'aliment igno-aérien soit tout l'air lui-même; non, il n'en

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constitue qu'une partie, mais la partie la plus active. Il faut admettre que les particules igno-aériennes, nécessaires à l'entretien de la flamme, se trouvent également engagées dans le sel de nitre, et

qu'elles en constituent la partie la plus active, celle qui alimente le feu. Car un mélange de nitre et de soufre peut être très bien enflammé sous une cloche vide d'air, par conséquent d'où on a extrait cette partie de l'air qui sert à alimenter la flamme. Et ce sont alors ici les particules igno aériennes du nitre qui font brûler le soufre. Donc le nitre renferme en lui-même les particules igno-aériennes nécessaires

à l'alimentation de la flamme. Dans la déflagration du nitre, les

particules igno-aériennes deviennent libres par l'action du. feu, qu'elles alimentent puissamment. »

Mayow dit encore plus loin :

« Dans la combustion produite par l'action des rayons solaires (à

l'aide d'une lentille), ce sont les particules igno-aériennes qui interviennent exclusivement. Car l'antimoine calciné a l'aide d'une lentille se convertit en antimoine diaphorétique, entièrement semblable

à celui qu'on obtient en traitant l'antimoine par l'esprit acide de nitre. L'antimoine, ainsi traité par l'une ou par l'autre méthode, augmente de poids d'une manière à peu près constante. Et il est à peine concevable que cette augmentation de poids puisse provenir d'autre chose que des particules igno- aériennes, fixées pendant la calcination. » (Traduction du Dr Hoefer.)

Mayow dit positivement que le sang absorbe une partie de l'air, et que le changement du sang veineux en sang artériel est une conséquence du contact de l'air atmosphérique avec ce liquide. Ainsi donc, d'après Mayow, la respiration, la combustion dans l'air et le pouvoir comburant du salpêtre sont produits par un seul et même principe. Boyle entreprit, de 1668 à 1678, une série d'expériences sur la respiration, et en conclut qu'il y a quelque substance vitale, disséminée dans l'atmosphère, qui intervient dans la combustion et la respiration,

« Il est suprenant, dit-il, qu'il y ait quelque chose dans l'air qui soit seule propre à entretenir la flamme, et qu'une fois cette matière consommée, la flamme s'éteigne aussitôt; et pourtant l'air qui reste a fort peu perdu de son élasticité. »

Boyle pense, sans cependant oser se prononcer d'une manière bien nette, qu'une portion de l'air seulement est capable d'entretenir la respiration. Avec une grande sagacité, il prévit qu'en déterminant la composition de la rouille des métaux, on arriverait à connaître celle de l'air. Priestley découvrit l'oxygène, en cherchant, à l'aide d'une lentille, quelle espèce d'air pouvaient fournir différentes substances ; à cet effet, il mettait celles-ci dans un matras rempli de mercure et renversé sur la cuve à mercure.

« Le 1 er août 1774, dit-il, je tâchai de tirer de l'air du mercure calciné

per se (oxyde rouge de mercure), et je trouvai sur-le-champ que par le moyen de ma lentille j'en chassais l'air très promptement. Ayant ramassé de cet air environ trois ou quatre fois le volume de mes matériaux, j'y admis de l'eau, et je trouvai qu'elle ne l'absorbait point ; mais ce qui me surprit plus que je ne puis l'exprimer, c'est qu'une chandelle brûla dans cet air avec une flamme d'une vigueur remarquable. En même temps que je fis l'expérience que je viens de rapporter, je tirai du précipité rouge ordinaire une quantité d'air qui

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avait la même propriété ; et cette substance étant produite par une dissolution de mercure dans l'esprit de nitre, je conclus que cette propriété particulière dépendait de quelque chose qui lui était communiqué par l'acide nitreux ; et puisqu'on fait le mercure calciné, en exposant du mercure à un certain degré de chaleur, de manière que l'air commun ait un libre accès autour de lui, je conclus pareillement que cette substance, à ce degré de chaleur, avait reçu quelque chose de nitreux de l'atmosphère. Trouvant cependant ce fait beaucoup plus extraordinaire qu'il n'aurait dû me le paraître, je conservai quelque soupçon que le mercure calciné, sur lequel j'avais fait mes expériences, ayant été acheté a une boutique ordinaire, pouvait dans le fait n'être rien de plus que le précipité rouge ; quoique pour peu que j'eusse été praticien en chymie, je n'eusse pu concevoir un pareil soupçon. Mais je fis part de mon doute à M. Warltïre, et il me fournit du mercure calciné qu'il avait gardé pour modèle de cette préparation, et dont il m'assura qu'il pouvait garantir la composition. Je traitai celui-ci comme le premier, et en continuant seulement plus longtemps l'application de la chaleur, j'en tirai beaucoup plus d'air que de l'autre. Cette expérience aurait pu satisfaire un sceptique modéré. Mais cependant me trouvant à Paris au mois d'octobre suivant, et sachant qu'il y a de très habiles chimistes en cette ville, je ne manquai pas l'occasion de me procurer, par le moyen de mon ami M. Magellan, une once de mercure calciné préparé par M. Cadet, et dont il n'était pas possible de suspecter la bonté. Dans le même temps, je fis part plusieurs fois de la surprise que me causait l'air que j'avais tiré de cette préparation à MM. Lavoisier, Leroi, et autres physiciens qui m'honorèrent de leur attention dans cette ville, et qui, j'ose dire, ne peuvent manquer de se rappeler cette circonstance. »

Priestley pensait que ce gaz était le même que celui qu'il avait obtenu,une année auparavant, en maintenant, pendant longtemps, l'air nitreux (bioxyde d'azote) sur de la limaille de fer humide, c'est-à-dire qu'il confondit tout d'abord l'oxygène avec le protoxyde d'azote.

« Dans le même temps où j'avais obtenu l'air en question du mercure calciné et du précipité rouge, j'avais tiré la même espèce d'air du

minium. Dans cette expérience, la partie du minium sur laquelle je fis tomber le foyer de la lentille devint jaune. Un tiers de l'air fut promptement absorbé par l'eau; mais une chandelle brûla très

fortement et avec pétillement dans le résidu

le minium me confirma davantage dans mon idée, que le mercure calciné doit emprunter de l'atmosphère la propriété de fournir cette espèce d'air; le procédé de cette préparation étant semblable à celui par lequel on fait le minium. Comme je ne fais jamais un secret d'aucune de mes observations, je fis part de cette expérience, aussi

bien que de celles sur le mercure calciné et sur le précipité rouge, à toutes mes connaissances de Paris et ailleurs. Je ne soupçonnais pas

alors où devaient me conduire ces faits remarquables

dans l'ignorance de la nature réelle de cette espèce d'air, depuis ce

temps (en novembre) jusqu'au 1 er mars de l'année suivante

Jusqu'à ce 1 er mars 1775, j'avais si peu de soupçon que l'air tiré du mercure calciné fut salubre, que je n'avais pas même pensé a y appliquer l'épreuve de l'air nitreux. Mais réfléchissant (comme mon lecteur s'imaginera sans doute que je dois avoir fait souvent) sur la faculté qu'avait encore cet air d'entretenir la flamme d'une chandelle, après avoir été longtemps agité dans l'eau, il me vint enfin en idée d'en faire l'expérience; et ayant mis une partie d'air nitreux (bioxyde d'azote) dans deux de cet air, je trouvai non seulement qu'il était

Cette expérience avec

Je restai

19

diminué, mais qu'il l'était tout-à-fait autant que l'air commun, et que la rougeur du mélange était égale à celle d'un semblable mélange d'air nitreux. et d'air commun.»

Raoul Jagnaux, Histoire de la chimie, tome I, Paris, 1892

Le décors est planté pour une étude entièrement rationnelle, quoique s'appuyant sur des principes obéissant à la plus pure orthodoxie hermétique, des arcanes du ML. Trois séries de planches permettent de dégager les idées phare suivantes :

a)- allégorie de la préparation d'un sel, de vertu céleste, aux

époques où le

Bélier et du Taureau, envisagés dans le zodiaque tropical ; il s'agit d'un sel formé d'une terre où abonde le foie de soufre et le

vitriol vert. [planches 5, 6, 7, 10, 13]

b)- allégorie sur l'esprit nitro aérien présidant à l'animation des choses vivantes ; permet d'expliquer en quoi le feu secret des alchimistes brûle d'une flamme invisible et transforme les corps morts des métaux en un esprit corrompu dont l'idéogramme est . Le processus de transformation est expliqué en susbtance dans

la Tabula Smaragdina. [planches 1, 4, 9, 12]

c)- allégorie des opérations hermétiques. [planches 2, 3, 8, 11, 14, 15] Nous les détaillons infra.

, 3 , 8 , 11 , 14 , 15 ] Nous les détaillons infra .

- la

, 8 , 11 , 14 , 15 ] Nous les détaillons infra . - la

par projection - traverse les signes du

infra . - la par projection - traverse les signes du Homberg ( 1705 ) était

Homberg (1705) était sur le bon chemin mais n'avait pas tenu

compte de ce que son verre contenait de l'air et il attribuait donc à l'imprégnation de la lumière l'excès de poids mesuré après la calcination. Peut-être était-il imbus, comme tant d'autres, d'idées

occultes

génie d'avoir pu, d'un seul tour, à la fois résoudre la question de l'esprit nitro aérien et du sel nitre; par là découvrait-il, peut-être

sans le savoir, ce que les alchimistes avaient caché depuis mille ans ? Il serait téméraire de l'affirmer.

? Mais c'est à John Mayow (1669) que devait revenir le

Voyons à présent le premier extrait de la Genèse dont Altus a fait disposer la référence dans la planche de frontispice :

Gen, 28, 11 : Il atteignit un certain lieu et s'y arrêta pour la nuit, car le soleil était couché. Prenant une des pierres du lieu, il en fit son chevet et se coucha en ce lieu.

Il s'agit de l'épisode du songe de Jacob. Naturellement, l'hermétiste ne verra pas dans ce texte ce qu'y voit le prêtre. Pour l'alchimiste, Jacob s'assimile à la matière même du Mercurius

et le

Jacob s'assimile à la matière même du Mercurius et le couchant est pour lui l'aurore de
Jacob s'assimile à la matière même du Mercurius et le couchant est pour lui l'aurore de

couchant est pour lui l'aurore de l'oeuvre puisqu'il s'agit de

la mise au tombeau des matières [voir Aurora consurgens et Ripley

Scrowle]. La pierre que prend Jacob, dont il fait son chevet, n'est autre que la prima materia que l'Artiste doit élire au début de l'opus. On sait que Jacob lutte avec l'ange de Yahvé au gué de Jaabok. Jung insiste sur le fait suivant :

20

« L'agression de la violence pulsionnelle est un événement divin lorsque l'homme ne succombe pas à cette surpuissance, autrement dit ne la suit pas aveuglément, mais défend au contraire avec succès sa nature d'homme contre le caractère animal de la force divine. » [Métamorphoses de l'Âme et ses Symboles, trad. Georg, Pochothèque, p. 560]

Chose étrange ! Ne voit-on pas là une contradiction intrinsèque entre Yahvé, posé en « caractère animal », c'est-à-dire en forme pulsionnelle et instinctive pure, et l'homme doué de raison? Au lieu que la logique voudrait que Dieu ne soit pas habité par la Colère! C'est un thème récurrent chez Jung et il trouvera son

épilogue dans sa Réponse à Job, bien plus tard

aurons l'occasion d'observer que si Dieu peut être aimé, en tout cas, il doit être craint. D'une certaine manière, il s'agit là d'un truisme puisque Dieu, en toute hypothèse, n'est que la manifestation élémentaire de l'anthropos [envisagé bien entendu dans

le contexte exclusif du petit monde des alchimistes, i.e. l'unus mundus ; voir Ripley Scrowle]. Jacob [Ya-Aqob] signifie protégé de Dieu c'est-à-dire

de l'Esprit ; il y a une autre relation entre le nom de Jacob et le mot hébreu 'aqeb, qui signifie talon. On a encore rapproché ce nom du verbe 'aqab qui signifie supplanter. Ce jeu de mot a bien sûr pour origine la scène de l'usurpation de la bénédiction promise à Esaü par Isaac [Gen, 27]. Voici qui nous amènera tout à l'heure à Gen 27, 28. Pour l'heure, il convient de rappeler que - dans Gen 28, 11 - Jacob vient d'arriver de Béer Shéva [Gen 11, 1 :

5]. Béer Shéva signifie le puits des sept [Gen 21, 25 : 32], expression dans laquelle - par cabale - il est difficile de ne pas imaginer les planètes, c'est-à-dire les métaux, assimilables à des brebis dont la toison représente l'écorce métallique. Expression dont se souviendra Valentin Andreae, quand il rédigera le premier chapitre des Noces Chymiques non moins que le compilateur du Musaeum hermeticum, dans cette gravure :

Mais nous

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Musaeum hermeticum, p. 2 Béer Shéva prend le sens, tout autant, de puits du serment

Musaeum hermeticum, p. 2

Béer Shéva prend le sens, tout autant, de puits du serment : en liaison avec la première acception, le doute ne semble plus possible : c'est de fusion qu'il est ici question. En effet, le serment

renvoie en alchimie renvoie à la [crux] : nous pourrons noter au passage qu'il s'agit là de l'hiéroglyphe grâce auquel, sans doute, Jacob a combattu l'ange. Dès lors, si l'on se reporte à Gen 32, 25-33 et Gen 18, on remarquera sans doute ce qui lie, d'un entrelacs à la fois brûlant et incombustible, cette légende de Jacob à celle de Job [Jung, Réponse à Job] : le combat spirituel.

et Jacob resta seul.

Et un homme lutta avec lui jusqu'à l'aurore. Voyant qu'il ne pouvait le vaincre, ll le frappa à l'articulation de la hanche et l'articulation de la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui.

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Il dit alors "Laisse-moi partir, car voici l'aurore", mais Jacob répondit :

"Je ne te laisserai pas partir avant que tu ne m'aies béni". Il lui demanda : "Quel est ton nom ? - Jacob". Il reprit : "On ne t'appellera plus Jacob mais Israël, car tu as été fort contre Dieu, et tu l'emporteras aussi contre les hommes". Jacob demanda : "Révèle-moi ton nom, je te prie", mais il répondit "Pourquoi me demandes-tu mon nom ?" et, là même, il le bénit. Jacob donna à cet endroit le nom de Phenuel, "car, dit-il, j'ai vu Dieu face à face et je ne suis pas mort". Au lever du soleil, il avait passé

Phenuel

Gen 32, 25-32

mais il boitait de la hanche.

L'ange de Jacob est un messager, un envoyé - du moins peut-on

a priori le supputer - du spiritus sanctus, de Dieu en un mot.

L'hermétiste verra ici la marque du

de prima materia : c'est une véritable transmutation spirituelle qu'il subit puisque l'ange, le combat ayant pris fin et l'onction ayant été administrée, lui assure qu'il ne sera plus appelé Jacob mais Israël

[allusion à un jeu de mots entre le nom d'Israël et l'expression traduite par « tu as lutté avec Dieu » - le nouveau nom donné à Jacob marque un changement profond dans son existence]. L'image de la Force

s'impose, plusieurs fois illustrée dans l'iconographie.

plusieurs fois illustrée dans l'iconographie. . Jacob prend ainsi le sens la Force, bas-relief de Notre

. Jacob prend ainsi le sens

dans l'iconographie. . Jacob prend ainsi le sens la Force, bas-relief de Notre Dame de Paris

la Force, bas-relief de Notre Dame de Paris, portail central

Jung ajoute :

« Il est "terrible de tomber aux mains du Dieu vivant" et "qui est près de lui est près du feu, et qui est loin de lui est loin du royaume" car "Dieu est un feu dévorant", le Messie est "un lion qui est de la race de Juda". » [Métamorphoses de l'Âme et ses symboles, trad. Georg, Pochothèque, pp. 560-561]

C'est ce Juda qui est incrusté dans le bouclier tenu par la Force. Il s'agit d'une véritable offrande à Dieu [comprenez : il s'agit du moyen

23

pour l'alchimiste d'allumer le feu, interne à sa materia prima. Il y a, dans la Vulgate, un jeu de mots entre Juda et l'expression : « je louerai le Seigneur

», voir Gen 29, 35 ; 49, 9]. L'artifice permettant de pratiquer l'opération est représenté par le glaive de feu tenu en dextre par la Vertu. Glaive qui n'est pas sans rapport avec le sulphur : le

Glaive qui n'est pas sans rapport avec le sulphur : le combat de Jacob contre l'ange

combat de Jacob contre l'ange [Peniël] s'achève à l'auro hora [voir Aurora consurgens] : Jacob souffre de sa hanche [iscion] que son adversaire lui a luxée. Par cabale, il n'est pas absolument impossible de voir un coup d'arrêt mis à la mobilité naturelle du

Mercurius

mis à la mobilité naturelle du M e r c u r i u s [

[iscnoV, en proche assonance phonétique de iscion, a

le sens de dessécher, rendre sec : les alchimisent traduisent cela par fixer le

volatil]. Cette luxation de hanche est donc l'équivalent - si l'on nous entend bien - du grappin ou loup hermétique [lequel n'a alors plus

rien, on le voit bien, de rapport avec le loup « ravisseur » des métaux, du

moins à ce stade de l'oeuvre] qui est le symbole de la coagulation du Mercure en Soufre. Quelques mots sur Juda : le passage cité par Jung trouve son origine de Gen 49, 9-10 :

« Tu es un lionceau, ô Juda, ô mon fils, tu es revenu du carnage ! Il a fléchi le genou et s'est couché tel un lion et telle une lionne, qui le fera lever ? Le sceptre ne s'écartera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds jusqu'à ce que vienne celui auquel il appartient et à qui les peuples doivent obéissance. »

Nous pouvons y voir une allusion au Lion vert [lionceau], premier état de l'aqua permanens. L'eau permanente ou fons mercurialis représente l'animus rector dans lequel il n'est, là encore, pas interdit de voir le bâton de commandement ou la droite ligne à partir de laquelle l'oeuvre, à en croire les Adeptes, n'est plus qu'un jeu d'enfants [ludus pueorum] ou un travail de femme. Quoi qu'il en soit, par le biais du lion [d'abord assimilé à Juda puis à Dan], nous sommes en droite de rattacher Juda à Jean : de là, transition facile avec saint Jean l'Evangéliste et surtout Jean le Baptiste ou Précurseur. Quant à la correspondance entre le Christ et le lion, on la trouve dans Ap 5, 5 :

« Et l'un des vieillards me dit : Ne pleure point ; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. »

Verset qui renvoie à Ap 3, 7 et Es. 22, 22 où l'on apprend que celui qui détient la clef de la maison de David est investi d'une mission de confiance et des pleins pouvoirs pour la remplir [dans Ac. 2, 30 il

est par ailleurs précisé que le Christ descend du roi David]. La maison de

David pour l'alchimiste est l'athanor, celui-là même que l'on

aperçoit aux planches 2 et 11 [moitié inférieure, côté laboratoire] du

Mutus Liber. Est-il besoin d'insister, enfin, sur l'ouverture du livre

sacré [conçu en tant que materia prima] et les sept sceaux [les âmes métalliques, c'est-à-dire l'humide radical du métal, sa chaux vive] ? David

fait de Jérusalem sa capitale et achète une colline : le mont Moria. C'est là que Jacob rêve d'une échelle s'élevant vers le ciel, ce qui nous ramène à notre planche.

24

Gen 28, 12 : Il eut un songe : voici qu'était dressée sur terre une échelle dont le sommet touchait le ciel; des anges de Dieu y montaient et y descendaient.

En ce lieu s'élève le dôme du rocher dont le sens musulman s'éloigne fort peu de la symbolique alchimique : il s'agit en effet de la « pierre de boisson » ou de « l'eau vivante ». Voilà qui rappelle la

fons mercurialis, aqua vitae ou aqua permanens des vieux textes. C'est

le temple d'où la présence du spiritus sanctus peut être le mieux perçue; on ne saurait le comparer qu'à l'omphalos de Delphes [voir blasons alchimiques] : c'est la porte du ciel chymique [Gen, 28, 17 et voir Tollius]. Comment donc ne pas évoquer ici la figure de l'olivier [moria : olivier sacré] à propos de ce verset coranique :

« [la lumière de Dieu]

dans un verre, le verre comme un astre de grand éclat; elle tient sa lumière

d'un arbre béni, l'olivier

que le feu y touche. » [24, 35]

est une niche où se trouve une lampe, la lampe

dont l'huile éclaire, ou peu s'en faut, sans même

qui, là encore, rejoint de manière surprenante la symbolique de

l'athanor ou feu de lampe

oleum [huile de verre] et sa nature sulfureuse, enfouie, n'est-elle pas évoquée par l'olivier ? Du reste, Jacob, lorsqu'il se réveille, prend la pierre dont il avait fait son chevet, l'érige en stèle et

verse de l'huile à son sommet [Gen 28, 18 : en versant cette huile, Jacob la consacre et fait de l'endroit un lieu de culte]. Dans la même

veine, nous devons évoquer Abraham : c'est aussi au mont Moria qu'il reçoit l'ordre d'immoler Isaac. Un bas-relief de Notre-Dame de Paris restitue cette scène :

Le Mercurius

Isaac. Un bas-relief de Notre-Dame de Paris restitue cette scène : Le Mercurius n'est-il pas un

n'est-il pas un vitri

25

le sacrifice d'Abraham, Notre-Dame de Paris , portail central [cliché Alain Mauranne] Au dernier moment,

le sacrifice d'Abraham, Notre-Dame de Paris, portail central [cliché Alain Mauranne]

Au dernier moment, un ange intervient qui substitue un bélier au fils du patriarche.

« Le bélier est

comme le serpent du paradis qui aurait été le Christ selon

l'interprétation des Manichéens. Meliton de Sardes aurait enseigné que le Christ était un agneau comparable au bélier qu'Abraham sacrifia à la place

de son fils. » [Jung, Métamorphoses de l'Âme, op. cit., p. 698, note 208]

Jung renvoie à l'Homélie sur la Pâque de Méliton de Sardes. Rappelons que ce fut Méliton qui employa pour la première fois, vers 180 ap. J.-C. l'expression de Livre de l'Ancien Testament et que l'assimilation du Christ à l'agneau renvoie à l'Apocalypse, ouvrage rédigé vers 95 ap. J.-C., dans lequel le Christ est comparé à l'agneau céleste ou à un enfant divin échappant au pouvoir d'un dragon [voir Ripley Scrowle]. Les anges du rêve de Jacob, par leur mouvement de va-et-vient, évoquent la cohobation, opération par laquelle le ciel entier devient le pélican de l'Artiste :

« Il monte de la terre au ciel, & derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures & inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; & pour cela toute obscurité s'enfuira de toi. » [Tabula Smaragdina, verset VIII]

On peut encore voir dans cette échelle de Jacob un escalier monumental dont les alchimistes ont donné plusieurs variations

iconographiques, tels Libavius [Alchemia, Tractatus quartus De Lapide

26

Philosophorum, p. 56], Lambsprinck [De Lapide Philosophorum, planche IX] ou encore Michelspacher [Cabala, Spiegel der Kunst und

Natur: in Alchymia]. D'autres en ont donné des variations symboliques sur des idéogrammes; ainsi dans l'Aurea Catena Homeri, chaque anneau de la chaîne d'Hermès forme l'une des marches qui conduit l'Artiste de la massa confusa du chaos au faîte de l'oeuvre [voir Aurora consurgens, II]. Enfin, maints bas-reliefs se ressentent à l'évidence d'une semblable symbolique, telle la Philosophie du portail central de Notre-Dame de Paris [voir

Gobineau].

du portail central de Notre-Dame de Paris [ voir Gobineau ]. Vices et Vertus - la

Vices et Vertus - la Philosophie

La Philosophie, de son air hiératique, nous présente les deux livres de la philosophie hermétique, l'un ouvert [exotérique] dont le sens est connu de tous et l'autre fermé [notre ML] dont l'expression ésotérique n'est reconnue que des Amoureux de science pour

lesquels Limojon a écrit sa Lettre aux vrais disciples d'Hermès. La

tête de la Vertu est panachée des nuées du flos coeli, en quoi il

faut imaginer les étoiles et la

planche I du ML. L'échelle est posée des pieds à sa tête,

exprimant la liaison entre

la Force mais aussi de l'Harmonie, il exprime assez qu'à la fin de son travail opiniâtre, toute obscurité s'enfuira de l'Artiste,

c'est-à-dire que le sulphur

impuretés, héritées du Soufre comburant.

que le sulphur impuretés, héritées du Soufre comburant. et qui encadrent le haut de la .

et

qui encadrent le haut de la

du Soufre comburant. et qui encadrent le haut de la . Quant au sceptre, attribut de
du Soufre comburant. et qui encadrent le haut de la . Quant au sceptre, attribut de
du Soufre comburant. et qui encadrent le haut de la . Quant au sceptre, attribut de

. Quant au sceptre, attribut de

sera dépuré de ses souillures et

Gen 27, 28 : Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de gras terroirs, du froment et du vin nouveau en abondance.

Ce passage est encore tiré de Jacob : celui-ci usurpe l'identité d'Esaü et Isaac, devenu vieux et aveugle, donne sa bénédiction à

27

son fils cadet alors qu'il croit la donner à son aîné

quatre principes de philosophie qu'Isaac accorde ainsi à l'Artiste :

la rosée du ciel représente le

terroirs forment la constellation du corps adamique [Adam pris

comme prima materia, voir Splendor solis, planche VIII]. Le froment est

l'or enté qui peut, par analogie, être rapporté à l'entrée royale de Jésus à Jérusalem :

Ce sont les

l'entrée royale de Jésus à Jérusalem : Ce sont les [ voir Verba Aristei ]; les

[voir Verba Aristei]; les gras

« si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. » [Jn 12, 24]

Les grains de froment étaient le symbole de la vie, et, par extension, le symbole de la résurrection et de la vie éternelle, non pas tant parce qu'ils servaient de principale nourriture à l'homme, mais plutôt parce qu'ils étaient employés pour ressusciter et revivifier les métaux morts ou réduits en cendre. D'après

Louis-Claude de Saint-Martin [Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers, Chamuel, Paris, 1900], le

froment est la substance passive, de base, c'est-à-dire le Mercure du grand oeuvre; il ajoute que le froment est désigné par un mot hébreu qui signifie pureté, tout de même qu'alliance et bénédiction. L'épi de blé est très anciennement connu comme le symbole de résurrection et il désigne l'or alchimique dans les textes. Quant au vin nouveau, c'est la représentation classique du second Mercure qu'il faut se garder de confondre avec le vinaigre décrit dans la Turba et d'autres anciens écrits [voir Artephius, Senior, etc.] L'explication hermétique de la parabole du grain de blé se trouve dans le passage suivant, à propos du corps des ressuscités :

« Ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps à venir, mais un grain tout nu, du blé par exemple… et Dieu lui donne un corps à son gré… on sème de la faiblesse, il ressuscite de la force ; on sème un corps animal, il ressuscite un corps spirituel. » [1 Co, 15, 35-44]

Pour celui qui a étudié les textes alchimiques, il ne peut faire aucun doute que Dieu est assimilé à l'esprit Mercure [pour

reprendre un titre extrait de Jung, Essais sur la symbolique de l'Esprit,

trad. Albin Michel] en tant que rotundum et crux . Quant au

Michel ] en tant que rotundum et crux † . Quant au corps, il renvoie à

corps, il renvoie à Adam kadmon [voir Ripley Scrowle] comme Jung en parle dans ses Paracelsica. La faiblesse vaut pour malakia

[semé dans la mort, analogue de la nigredo] et le corps animal peut renvoyer au spiritus abscondus [voir Aurora consurgens, II] en tant qu'il

est dépourvu d'âme [anima

II ] en tant qu'il est dépourvu d'âme [ anima ]. Cette image se retrouve dans

]. Cette image se retrouve dans le

Ros. Phil. : corruptio unius generatio est alterius [Aurora consurgens, Artis Auriferae, I, XII, d'après Jn 12, 24].

28

fig. 7 du Ros. phil. - putrefactio « le premier homme Adam fut un être

fig. 7 du Ros. phil. - putrefactio

« le premier homme Adam fut un être animal doué de vie, le dernier Adam

est un être spirituel donnant la vie

terrestre. Le second homme, lui, vient du ciel. » [1 Co, 15, 45-47]

Le premier homme tiré de la terre est

C'est en substance ce que montre la planche de frontispice du ML : le rêveur, Jacob, se repose sur une lourde pierre : c'est l'Adam primordial. L'Adam kadmon [au sens jungien] est l'homme éveillé ou,

si l'on préfère, individualisé [ce qui est manifesté par le processus de spiritualisation ou échelle de Jacob].

Gen 27, 39 : Alors Isaac prit la parole et dit : "Vois, hors du gras terroir sera "

ton habitat et loin de la rosée qui est au ciel

Il s'agit des versets qui terminent la bénédiction d'Isaac à Esaü. Il est clair que ces versets ne peuvent s'entendre pour l'alchimiste que tirés hors de leur contexte. Cet extrait n'a, du reste, plus le même sens que Gen 27, 28 où l'on peut déceler un sens numineux. Car, loin du sens d'onction que revêt la bénédiction d'Isaac à Esaü [Jacob], c'est presque un bannissement que celle, dramatique, que le patriarche accorde à Jacob [Esaü]. On remarquera le phénomène de miroir qui se produit dans cette intersection : dans la première partie de Gen 27, Jacob joue un rôle actif [agens] en usurpant l'identité d'Esaü et, dans cette

mesure, il adopte la position du sulphur

senex [Isaac]. Tel n'est plus le cas dans la deuxième période de Gen 27 où Esaü en est réduit au rôle passif [patiens] de premier

Mercure par lequel se signale le Soufre blanc ou Sel

l'histoire montre que, progressivement, les rôles vont s'inverser :

blanc ou Sel l'histoire montre que, progressivement, les rôles vont s'inverser : en face du mercurius

en face du mercurius

blanc ou Sel l'histoire montre que, progressivement, les rôles vont s'inverser : en face du mercurius

. Mais

29

Jacob s'enfuit et prend alors le masque du Mercurius

qu'Esaü prend les traits d'Ares

l'épisode du songe de Jacob [Gen 27, 10-22, voir supra] suivi, avant sa rencontre avec Esaü, de l'autre épisode de sa lutte contre Dieu [Gen 32, 23-33, voir supra]. C'est ainsi que, juste avant de rencontrer son frère, Jacob subit une conversion, une véritable transmutation, puisque désormais on le nomme Israël. La Genèse s'achève par la mort de Jacob [Gen 50].

La Genèse s'achève par la mort de Jacob [ Gen 50 ]. alors . C'est ensuite

alors

Genèse s'achève par la mort de Jacob [ Gen 50 ]. alors . C'est ensuite que

. C'est ensuite que survient

de Jacob [ Gen 50 ]. alors . C'est ensuite que survient La Discorde - Notre-Dame

La Discorde - Notre-Dame de Paris, portail central

Nous avons eu plusieurs fois l'occasion d'évoquer et de commenter ce chef d'oeuvre de cabale hermétique. Comment ne pas à nouveau le convoquer ici, en un moment de l'oeuvre où l'Artiste, de toute urgence, a besoin de son sel harmoniac, c'est-à-dire de son anqoV ammonoV : c'est nommer l'antimoine saturnin. C'est par son entremise que les Artistes parviennent à extraire la racine métallique du corps des métaux. C'est cette science d'Égypte qui vient de CHAM comme l'écrit justement

Chartier dans son Plomb sacré des Sages [Senlicque et François Le

Cointe, 1551, Paris]. La racine arabe CHAMMON signifie en effet le

feu

conserve les métaux comme les hommes [il faut comprendre un

certain principe vital qui est semblable au mondes minéral et animal : chez

l'animal il s'agit de l'arch de nature dont notre moderne ADN est la contre partie. Dans le monde minéral, c'est l'orientation moléculaire des cristaux qui détermine la forme du minéral et le fait désigner par son nom]. La

planche I du ML donne donc à voir les deux principes de philosophie sans lesquels il est impossible de préparer le

philosophie sans lesquels il est impossible de préparer le ; ce feu a cette particularité qu'il

; ce feu a cette particularité qu'il est dit « de repos » car il

lesquels il est impossible de préparer le ; ce feu a cette particularité qu'il est dit

: la

30

pierre, tout d'abord, celle-là même qui est évoquée dans Gen 28,11 et plus tard dans Gen 29, 2 :

« Une grande pierre fermait l'orifice du puits. Quand tous les troupeaux y étaient rassemblés, on roulait la pierre de dessus l'orifice du puits, on faisait boire le petit bétail et l'on remettait la pierre en place sur l'orifice du puits. » [Gen 29, 2-3]

Le puits a une grande importance dans la cabale hermétique [voir Mylius, Philosophia Reformata]. Ici, l'intérêt est redoublé en ce sens qu'il faut attendre que les circonstances soient favorables pour étancher la soif des brebis. Dans l'iconographie, nous avons vu que les Adeptes insistent sur le danger d'hydropisie qui doit prémunir l'Artiste contre l'excès d'eau [qu'il faut comprendre comme le

dissolvant]. Dans Gen 29, 7 on lit :

« Voyez ! Il fait encore grand jour; ce n'est pas le moment de rassembler le

bétail

sont pas tous rassemblés; alors on roule la pierre de dessus l'orifice du puits

et nous abreuvons les moutons. » [Gen 29, 7-8]

Nous ne pouvons pas [faire boire le bétail] tant que les troupeaux ne

C'est au crépuscule que paraît Hesperus

de l'oeuvre et représente l'hiéroglyphe de la stibine ou plomb sacré. Celui-ci est considéré comme étant le fils naturel de

est passionément aimé de

Levant. De cet antimoine se forme l'alliage que les Sages ont

appelé leur airain ou laiton; on sait que l'étain

pas de subsistance assez forte pour servir aux ouvrages des

hommes et résister à la violence du feu [Héphaistos] s'ils n'ont, au préalable, été alliés à l'antimoine. Éclat, dureté et lustre sont les qualités que l'on reconnaît communément à cet airain qui le font signaler comme l'Acier des Sages, ainsi que le fait observer

Pernety [Fables Egyptiennes et Grecques, tome I]. E. Canseliet a

assez parlé des rapports que la musique entretenait avec l'Art sacré pour que l'on ne soit pas surpris d'apprendre que les orgues qui servent à la musique n'auraient pas l'harmonie et la délicatesse du ton que l'on sait et ne seraient pas assez justes pour résonner telles si le forgeron divin n'avait par son mélange

modéré l'aigreur de

apprend qu'il faut attendre la nuit noire et sereine pour que l'influx astral descende, en forme de rosée, amenée par les anges et

annoncée par la Clangor Buccinae [un des classiques du corpus, voir

bibliographie]. Cette rosée est d'essence mercurielle : le mystérieux Adepte qui fit une transmutation sous les yeux d'Helvetius lui en a parlé ; il s'agissait d'Élie l'Artiste qui se présenta à son domicile le

27 décembre 1666 [voir Husson, Transmutations métalliques, J'ai Lu,

1974]. Helvetius fit une recension de cet épisode dans son Vitulus aureus. Cependant, la rosée est un ingrédient qui, s'il est indispensable, n'est pas le seul qui soit nécessaire. L'Artiste doit

pas le seul qui soit nécessaire. L'Artiste doit : elle signale l'aurore et il que l'on

: elle signale l'aurore

nécessaire. L'Artiste doit : elle signale l'aurore et il que l'on aperçoit, à l'opposé, au et

et il

L'Artiste doit : elle signale l'aurore et il que l'on aperçoit, à l'opposé, au et le

que l'on aperçoit, à l'opposé, au

et il que l'on aperçoit, à l'opposé, au et le n'ont . Eh bien ! Le

et le

et il que l'on aperçoit, à l'opposé, au et le n'ont . Eh bien ! Le

n'ont

et il que l'on aperçoit, à l'opposé, au et le n'ont . Eh bien ! Le

. Eh bien ! Le verset de Gen 29, 7 nous

31

encore s'occuper à trouver les éléments du Lait de Vierge sans lesquels le Rebis, forme évoluée de l'Airain et du laiton, ne saurait s'épanouir. Précisément, ces éléments doivent être cherchés dans la Discorde qui oppose, si l'on nous entend bien, Jacob à Esaü. Fulcanelli a suffisamment insisté sur les deux ingrédients pour qu'il nous soit permis, ici, de passer outre. Nous ferons toutefois remarquer que Basile Valentin a noté que l'Artiste, pour peu qu'il trouve la prima materia, trouvera toujours un pot pour la cuire. Et que cette première matière est réputée être dans le même temps pierre et non pierre : son expression consacrée, par cabale, est

donc l'hexagramme de Salomon

de la

remarque qu'une pierre ne peut être trouvée volant dans l'air que si elle y a été projetée de terre, expulsée du cratère de quelque

volcan [où elle est donc, en ce cas, littéralement, à la fois pierre et non

pierre, puisqu'à l'état pâteux] ou si elle a franchi les bornes de notre atmosphère, en forme de météorite et reliquat de quelque comète

[voir nos symboles et le chapitre 9 consacré à la pierre noire]. Là encore,

c'est l'état igné qui domine. Dans les deux cas, nous avons affaire à une pierre qui chute [cado, cassito : dégoutter] dont la masse de cabale rend, pour ainsi dire, le poids négligeable compte tenu qu'il s'agit là d'un poids de nature, mais non point de l'Art. Seul Dieu connaît, à ce qu'en disent les plus grands Adeptes, ce poids de nature. Nous terminerons ce bref exposé en faisant remarquer que la partie métallique, nécessairement l'étoile, est à chercher dans la pierre tandis que la partie minérale, la fleur, doit être recherchée dans le pot.

minérale, la fleur, doit être recherchée dans le pot. qui signe l'alliance du et . Or,

qui signe l'alliance du

être recherchée dans le pot. qui signe l'alliance du et . Or, si l'on reprend les

et

recherchée dans le pot. qui signe l'alliance du et . Or, si l'on reprend les possibilités

. Or, si l'on reprend les possibilités de nature, on

Deut 33, 13 : Pour Joseph, il dit : son pays soit béni du Seigneur ! Que le meilleur don du ciel, la rosée, et l'abîme qui gît en bas

Il s'agit d'un extrait du Deutéronome où Moïse bénit les douze tribus d'Israël. Le don du ciel est, bien sûr, le don de Dieu, c'est-à-dire du soufre [assonance qeion - qeioV]. Rappelons que les alchimistes admettent la présence de deux Soufres parmi les métaux : l'un est combustible tandis que l'autre résiste au feu et préserve le métal contre toute élévation de degré du feu de fonte. L'antimoine, à ce qu'en dit Chartier [voir supra], gouverne ainsi les forges métalliques et par son Soufre incombustible, se joint aux métaux et purifie une partie de leur soufre impur et combustible :

telle est l'oeuvre de la rosée de mai. C'est pourquoi les Sages l'ont appelée l'Aimant des métaux :

Prenez, ont-ils dit, du Lyon noir qui ait les yeux étincelants comme Opalles.

Voici la clef minérale pour ouvrir les corps métalliques et faire voir les teintures. Chartier ajoute que les Hébreux appellent une pierre précieuse que nous nommons émeraude Nophech qui se tire de

32

l'antimoine, selon ce que nous en avons dit. Ce mot veut que ce soit le même que les Arabes ont entendu par Atmadon : Nophech et Atmadon signifient Antimoine ou anqoV ammonoV. On peut, par cet artifice, extraire de la substance antimoniale des teintures et coloris divers pour les pierres précieuses, rubis, émeraudes, opales, etc. De ses entrailles, se tire des teintures différentes tant pour colorer les pierreries que pour conserver et embellir les yeux. La rosée est ainsi assimilable au porte flambeau [christophore] des métaux. En les spiritualisant, c'est-à-dire en les sublimant, elle permet de chasser la ténèbre du sang minéral et de faire ainsi sortir des cendres de ce phénix la vertu cachée du métal. C'est ce qu'exprime ces versets :

« Leur vigne sont des vignes de Sodome, des plantations de Gomorrhe; leurs raisins sont des raisins vénéneux, leurs grappes sont amères. Leur vin, c'est du venin de dragon, un cruel venin de cobra. » [Deut 32, 32-33]

Les alchimistes peuvent reprendre à leur compte ces paroles du Cantique de Moïse : le venin de dragon représente, en effet, le Mercurius senex de Jung ou, si l'on préfère, le vinaigre d'Artephius. D'où ce rappel à l'abîme [Deut 33, 13] où se devine une allusion au Tartare.

Deut 33, 28 : Confiant, Israël se repose; elle coule à l'écart, la source de Jacob, vers un pays de blé et de vin nouveau, et le ciel même y répand la rosée.

Cette dernière citation de l'Ancien Testament se situe à la fin du Cantique de Moïse. On a supputé que la source de Jacob pouvait être le peuple issu du frère d'Esaü. Mais l'hermétiste y verra plutôt la fontaine de vie qui sourd du pied de l'Arbor solari.

33

la sourve vive de Cadmos - Notre-Dame de Paris [cliché Alain Mauranne] La source de

la sourve vive de Cadmos - Notre-Dame de Paris [cliché Alain Mauranne]

La source de Jacob est cette fontaine décrite par Bernard Le

Trévisan où se viennent baigner

métaux doit être imprégné en cette eau de rose que les Adeptes nomment encore le Lac virginis. Ses vertus que l'on remarque dans ce vinaigre antimonié sont en rapport avec ses écailles feuilletées et brillantes où l'on peut deviner les poissons argentés et sulfurés de D'Espagnet [voir Oeuvre secret d'Hermès]. Basile Valentin parle en son Char Triomphal de l'Antimoine de ce baume de la vie qu'il appelle Balsanum vitae & medentem Mumiam. Fulcanelli a insisté sur l'aspect feuilleté que devait avoir cette prima materia, qui doit posséder un aspect éclatant et nacré, semblable en cela aux yeux de poissons [voir Ripley Scrowle]. Notre matière première, quand elle a été dépurée de ses ordures, est mise en forme carrée ou tetragwnon par quoi on insiste sur le fait qu'elle possède,

principiés, les quatre Éléments. C'est également insister sur son brillant par lequel on reconnaît qu'elle est chargée de régule étoilé

ou sulphur

du spiritus. L'obtention de l'anima se fait au prix de la destruction progressive de cet antimoine saturnin, d'où vient que le pseudo Geber affirme :

Eft generalis caufa inventionis calcinationis corporum a terreitate depuratio.

inventionis calcinationis corporum a terreitate depuratio. et . Le corps dissous des , premier état de

et

calcinationis corporum a terreitate depuratio. et . Le corps dissous des , premier état de l'âme

. Le corps dissous des

corporum a terreitate depuratio. et . Le corps dissous des , premier état de l'âme en

, premier état de l'âme en voie de dépuration au sein

34

Il est donc de toute nécessité que l'Artiste fasse calciner les

parties hétérogènes des Soufres imparfaits et combustibles, qu'il

élimine les fèces et que la vertu corroborative de ses parties plus

déliées que sont les brillants de

de ses parties plus déliées que sont les brillants de soient communiqués et transférés au donc

soient communiqués et

transférés au

donc que la

le soutien du corps mêlé [airain, laiton] ; les parties contenues sont les trois autres éléments enfermés dans la terre du Mixte : on les

a comparés aux sucs de la rose et scindés en Sel, Soufre et

Mercure. Le Sel est pris comme la lie de vin ; la seconde est aqueuse ou moyenne substance [Mercure]. La troisième est aérée, volatile et comparée à la fleur du vin [sulphur]. Cette source est encore nommée toison de Gédéon par les Adeptes et il faut y deviner l'origine, probable, de la planche 4 du ML. La légende de

Gédéon fait partie du livre des Juges et met en scène, là encore, la visitation d'un ange du seigneur. Cet ange voulut lui donner comme preuve de l'existence et de la force de Dieu cette expérience de la toison :

et de la force de Dieu cette expérience de la toison : avant qu'il soit déchargé

avant qu'il soit déchargé de sa . On conçoit

soit une terre façonnée en un Mixte puisqu'elle est

« voici,

de rosée, et que tout le sol alentour reste sec, je connaîtrai que vous

délivrerez Israël par ma main, comme vous l'avez dit. » [Jg, 6, 37]

je mettrai une toison de laine sur l'aire: si la toison seule se couvre

La vocation de Gédéon a donné lieu à un article qu'E. Canseliet a fait paraître dans la revue Atlantis puis dans ses Études de

symbolisme alchimique [Pauvert, 1978]. Il y évoque bien sûr le mythe

de la Toison d'or et le bélier magique Chrysomelle [voir Trismosin, Splendor solis]. Sans vouloir raconter à nouveau la légende qui se rattache à Hellè et Phryxos, il semble utile de rappeler que le

principe volatil ou mercuriel

[la lune à l'aurore] se rattache à Hellè

: elle fait une chute vertigineuse dans la mer qui portera son nom, l'Hellespont [mer noire - nigredo]. Hellè [voir Atalante II] correspond au principe qui permettra à l'Adepte de faire circuler l'aqua

permanens [et on peut la rattacher à l'allégorie des épisodes du voyage

des Argonautes]. Quant à Phryxos, il correspond au point fixe emporté par le bélier magique. Selon les mythographes, Hellè eut

de Neptune Paeon ou Edon [voir zodiaque alchimique, cité in Charles Dupuis, Origine de tous les cultes, ou Religion universelle. vol.

6, Paris : E. Babeuf, 1822]. Paeon est connu pour être un dieu de la

médecine [Paeoniae herbae : herbes médicinales] et par cabale, on

peut y voir un principe de purification, lié au sulphur

on peut y voir un principe de purification, lié au sulphur [ de Paihwn , Paian
on peut y voir un principe de purification, lié au sulphur [ de Paihwn , Paian
on peut y voir un principe de purification, lié au sulphur [ de Paihwn , Paian

[de

Paihwn, Paian ou Péan, le dieu médecin, surnom d'Apollon] dont on a

fait la figure du secours [paiwn] ce qui peut paraître surréaliste

quand on connaît la perfidie d'Apollon

d'un indice sur le processus de rubigo puisque paiwnia [les fêtes de Paeon] désigne notre pivoine. Remarquons qu'en chinois, le mot pivoine contient le mot tan [meoutan] ou cinabre, ce qui renvoie au

Quoi qu'il en soit, il s'agit

35

dragon rouge des vieux alchimistes [le cambar - kinnabariV -

d'Artephius et de la Turba]. Basile Valentin l'a transcrit en IAMSUPH sur sa Clef X [voir Douze Clefs]. Selon Pline, Paeon découvrit les propriétés médicinales de la pivoine et s'en servit pour guérir les blessures d'Hercule [voir Fontenay]. On préconisait de cueillir la

pivoine à la lune décroissante

ainsi que le recommande Thessalus dans sa Lettre à Néron. De tout ce que nous venons d'écrire, il suit que la pivoine contracte des rapports avec le phénix, symbole suprême de l'individuation. Voyons à présent Edon. Nous pouvons le rapprocher de Hdwnoi dont la racine signifie réjouir ou charmer. La transition est facile à faire avec Orphée et sa lyre dont nous savons quel est le sens hermétique : il s'agit du lien du Mercure. C'est l'artifice dont l'Artiste a besoin afin que l'aqua permanens reste stable au feu du

4 ème degré et que les éléments du Rebis évoluent vers le lapis. Cette fixation a donné le nom d'Aimant des sages à la matière capable, telle la lyre sur les animaux sauvages, de susciter de l'ordre dans le chaos primordial. C'est ce qui fait dire à Senior :

le chaos primordial. C'est ce qui fait dire à Senior : [ par cabale lors de

[par cabale lors de la chute d'Hellè]

Je suis la lune, croissant humide et froide, et toi, soleil, tu es chaud et sec. Quand nous nous épousons dans la justice de notre état dans une maison qui n’est faite que d’un feu léger portant en lui ce qui est lourd, nous sommes là de loisir, comme sont de loisir une femme et un homme de noble naissance. Cette image est vraie. Et quand le soleil et moi aurons été unis pour demeurer en loisir dans le ventre de la maison fermée, je recevrai de toi l’âme avec tes caresses. Si tu ôtes ma beauté et mon aspect charmant en t’approchant de moi, nous nous réjouirons et l’esprit en nous s’exaltera quand nous serons montés dans l’ordre des vieillards. Alors la lampe de ta lumière versera ses rayons dans ma lampe. Il se fera de toi et de moi un mélange de vin et d’eau douce après que j’aurai recouvert ma couleur de la noirceur semblable à de l’encre après ma dissolution et ma coagulation. Quand nous serons entrés dans la maison d’amour, mon

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Ros. Phil., fig. 17 - Revificatio corps se coagulera et je serai dans ma vacuité.

Ros. Phil., fig. 17 - Revificatio

corps se coagulera et je serai dans ma vacuité. Le soleil répond à la lune : Si tu fais cela, si tu ne me causes pas de dommage, ô lune, mon corps reviendra et ensuite je te donnerai une nouvelle force de pénétration par laquelle tu seras puissante dans le combat du feu de liquéfaction et de purgation. Tu sortiras de ces épreuves sans diminution, et sans ténèbres, comme l’airain et le plomb, et tu ne lutteras pas, car tu ne seras pas rebelle.

Ros. Phil., Réponse de la Reine Lune, Artis Auriferae, t. II, pp.

133-253

Ce passage pourrait être tiré de l'Aurora consurgens, Septième

parabole : conversation du bien-aimé et de la bien-aimée [voir M.L. von Franz, trad. la Fontaine de Pierre, 1982, p. 141]. Rappelons que

l'Aurora consurgens, en bien des passages, est librement transcrite du Cantique des cantiques [certains comme M.L. von

Franz ont été à deux doigts de l'attribuer à saint Thomas d'Aquin, voir

AC] et le texte que nous avons cité fait partie des morceaux à la fois les plus beaux et les plus profonds de l'art d'Hermès. Avant de commenter ce passage du Ros. Phil., il paraît nécessaire de voir en quoi il se rapporte au ML. Nous avons vu que la planche de frontispice du ML formait comme une sorte de compendium concernant l'idée que l'on pouvait se faire quant au contenu inconscient véhiculé par les images des textes; c'est d'ailleurs l'une des raisons qui font que le ML est unique en son genre. Il est en effet possible, en se livrant à ce que Jung formule comme l'imagination active, de se livrer, dans l'examen des quinze planches du ML, à une introspection poétique permettant de saisir, en un processus d'interrelation archétypale, l'expression raisonnable tout autant que l'impression sensible. Ce fait a son

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importance, de l'interrelation archétypale, puisqu'il permet d'étendre notablement la signifiance sémiotique d'une figure qui ne passe pas seulement qu'en image. Voilà que se dégage la véritable richesse conceptuelle de l'alchimie, déjà relevée par

Simon Diner [Louis de Broglie que nous avons connu, Fondation Louis de Broglie, Paris, 1988, pp. 59-64] : la pensée alchimique

oscille sans cesse entre la corruption de la matière et la purification de l'esprit; elle s'exprime de manière lapidaire par la célèbre formule : SOLVE ET COAGULA. Cette oscillation trouve sa correspondance dans le phénomène de l'imbibition ou mondification : il fait l'objet, pour certains, des détails que l'on voit à la planche IV. En voici la belle version dans l'édition de Manget :

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planche quatrième du Mutus Liber, Bibliotheca Chemica Curiosa, Mangetus, 1702 Voici les commentaires de SH

planche quatrième du Mutus Liber, Bibliotheca Chemica Curiosa, Mangetus,

1702

Voici les commentaires de SH :

Tendue sur des piquets, cinq draps reçoivent la rosée céleste (flos

39

coeli) à la partie inférieure nous voyons l’alchimiste et son épouse recueillir cette rosée en tordant l’étoffe pour l’en exprimer : la divine liqueur tombe dans le récipient disposé à cet effet. Sur le sol, en remarquera des formations végétales d’allure curieuse. Or, flos coeli est le nom volontiers donné par les « fils de sciences » à une algue bleue, le nostoc, qui apparaît soudain - comme mystérieusement tombée du ciel (d’où son nom populaire lui-même aux résonances alchimiques : crachat de la lune) - dans les près ou les jardins après la pluie. Des alchimistes traditionnels ont effectivement employé le nostoc pour préparer la matière première de l’Œuvre. Mais la rosée proprement dite soigneusement recueillie (et d’ordinaire au printemps) de la manière bien indiquée sur la figure, est d’usage très courant en alchimie opératique; d’où le nom de « Frères de la rosée

cuite » quelquefois donné aux alchimistes rosicruciens du XVII e siècle. On remarquera la partie supérieure de la planche, où - entre le Soleil et la Lune - nous voyons descendre l’éventail des influences célestes (de deux polarités complémentaires). Le flos coeli peut également, en effet, désigner un mystérieux agent céleste de nature magnétique. L’alchimie opératique suppose en fait la connaissance précise des forces magnétiques: magnétisme solaire, magnétisme lunaire, magnétisme terrestre et même (semble-t-il) ce que les astronomes modernes nomment rayons cosmiques. D’autre part, il ne faut pas oublier que les alchimistes semblent (comme jadis les fulguratores étrusques) aussi avoir eu la maîtrise d’une source colossale d’énergie : celle provenant de la captation directe du « feu du ciel », c’est- à-dire de la foudre. Quant à la possibilité de capter directement cet autre « feu du ciel » que sont les rayons solaires, il semble bien que les adeptes en aient également eu la maîtrise. Voici, à ce propos, ce qu’écrit Magophon dans son commentaire à la planche précédente (car il se demande comment il doit être possible d’allumer la lanterne magique portée par la compagne de l’alchimiste) : Certains auteurs, et non des moindres, ont prétendu que le plus grand artifice opératoire consiste à capter un rayon de soleil, et à l’emprisonner dans un flacon fermé au sceau d’Hermès. Ce miracle, le photographe l’accomplit en quelque sorte, en se servant d’une plaque sensible qu’on prépare de différentes manières.

Sur le nostoc, voir infra [on trouvera de plus amples renseignements sur cette algue terrestre dans Atalanta XXXVII]. Il participe

assurément des influences extérieures mais c'est en vain, comme l'affirme avec raison Pierre Dujols, qu'on y chercherait l'arcane mercuriel. C'est cet agent magnétique, l'Aimant des Sages, qui permet en effet de rassembler les restes épars de la prima materia, après qu'elle a été démembrée par le serpent Python [Typhon] à l'instar d'Osiris. La planche X du Splendor solis en donne une belle représentation. De fait, trois influences, principalement, se manifestent à l'Artiste dont il lui faut accorder les poids s'il veut éviter de « brûler les fleurs » : le rayon, l'ombre et l'étai. C'est ce que Fulcanelli a essayé de faire voir avec l'un des bas-reliefs du portail central de Notre-Dame où un chevalier défend son athanor - son vitri oleum - qu'un rayon cosmique va venir percuter. C'est à Nemrod que l'Adepte a fait appel.

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Nemrod, Notre-Dame de Paris Il n'est pas inutile de rappeler la légende de Nemrod, dont

Nemrod, Notre-Dame de Paris

Il n'est pas inutile de rappeler la légende de Nemrod, dont la Genèse fait le robuste chasseur devant l'Éternel. Fils de Chus et petit-fils de Cham : Cham était autrefois l'ancien nom de l'Égypte dont Kircher fait dériver le nom d'alchimie.[voir supra] Mais Cham, c'est aussi le petit fils de Noé et le neveu de Miçraïm dont Franck fait le premier roi d'Egypte [voir Paracelse].

« Koush engendra Nemrod. Il fut le premier héros sur la terre, lui qui fut un chasseur héroïque devant le Seigneur. D'où le dicton : "Tel Nemrod, être un chasseur héroïque devant le Seigneur." [Gen, 10, 8-9]

On traduit parfois « contre le seigneur » et non « devant le seigneur »

pour affirmer le caractère d'orgueil et d'impiété accusé de Nemrod. La figure de Nemrod se profile comme l'ombre de Job.

L'orgueil est lié par cabale à la cohobation, c'est-à-dire à la

dépuration du

appelle encore Aigles. Cette inflation de la matière spiritualisée, Nemrod ou ses semblables la transpose en bâtissant la tour de Babel [de la racine Bll : confondre] qui nous renvoie d'ailleurs à l'échelle céleste de Jacob [planche 1], en ce qu'il faut y voir

l'artifice de la communication entre

construction de la tour de Babel apparaît ainsi comme un rêve

éveillé, c'est-à-dire une illusion. Celle de l'adoration des valeurs matérielles. Sur le plan psychologique, il s'agit de l'inflation du

le plan psychologique, il s'agit de l'inflation du par le , objet des laveures de Flamel

par le

psychologique, il s'agit de l'inflation du par le , objet des laveures de Flamel qu'on firmamental

, objet des laveures de Flamel qu'on

firmamental etdu par le , objet des laveures de Flamel qu'on . La MOI - anima, équivalent

le , objet des laveures de Flamel qu'on firmamental et . La MOI - anima, équivalent

. La

MOI - anima, équivalent du sulphur

l'évolution de la psyché vers l'individuation puisqu'il résulte de cette inflation - dont le miroir terrestre est la tour de Babel - une carence des rapports entretenus normalement entre le MOI et le

ÇA [voir Ripley Scrowle et Aurora consurgens]. On trouve dans le

- tout à fait préjudiciable ànormalement entre le MOI et le ÇA [ v o i r Ripley Scrowle et Aurora

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tarot l'arcane XVI ou Maison Dieu qui résume à merveille le symbolisme véhiculé par la ziggourat biblique [voir notre tarot alchimique]. La tour de Babel était un avertissement pour Dieu :

« Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres. - Et l'Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre; et ils cessèrent de bâtir la ville. - C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que l'Éternel les dispersa sur la face de toute la terre. » [Gen, 11, 8-9]

Il y a dans cette action une ventilation, un essaimage aux quatre

vents d'où l'hermétiste tire sa cohobation; le moyen d'éviter une fixation trop précoce de sa matière dissoute. Le premier signe de

la fixation - coagulation du

- est l'irisation, marque des couleurs

de la queue de paon. Mais ici, victime de son inflation, c'est un coup de foudre qui guette l'impétrant par trop impatient, autrement dit l'explosion pure et simple de son creuset. Le rayon igné dont l'Artiste a besoin doit être mesuré en sorte qu'il puisse l'imprimer - grajh - dans sa matière grave [voir héliographie]. Ce rayon est équivalent au phénomène psychique de la projection et

dépendant de

victorieux, cette gloire divine largement étalée, que nous apercevons à la planche 4 du ML. Nous donnons infra les correspondances planétaires et zodiacales des rais de l'arc-en-ciel. SH poursuit son analyse :

des rais de l'arc-en-ciel. SH poursuit son analyse : [ voir Aurora consurgens, II ]. C'est
des rais de l'arc-en-ciel. SH poursuit son analyse : [ voir Aurora consurgens, II ]. C'est
des rais de l'arc-en-ciel. SH poursuit son analyse : [ voir Aurora consurgens, II ]. C'est

[voir Aurora consurgens, II]. C'est ce rayon

« L’un des édifices figurés juste au bord de l’horizon (la construction conique à droite) est surmonté de la Croix de Lorraine : ce n’est pas seulement l’emblème d’une grande province française mais c’est un symbole ésotérique traditionnel. »

Rappelons que la croix d'Anjou ou de Lorraine, initialement, n'avait aucun sens ésotérique : il s'agissait d'un reliquaire contenant une parcelle de la vraie croix, vénéré par les ducs

d’Anjou, depuis Louis I er (1339 -1384) qui le fit broder sur sa bannière. Ce reliquaire, conservé à Baugé, avait un double croisillon. La croix d'Anjou à double traverse en bois de la vraie croix du Christ fut rapportée en 1241 de Crête par Jean d'Alluye qui la cèda en 1244 aux moines de la Boissière. Cachée à Angers pendant la guerre de Cent Ans, elle devint le symbole du Duché d'Anjou. Après le mariage du roi René avec Isabelle de Lorraine, la croix d'Anjou devint la croix de Lorraine. Ce n'est que de façon détournée que certains hermétistes ont utilisé à des fins ésotériques la croix d'Anjou si l'on se souvient qu'elle passa dans le cou des aigles, support des armes. Et l'Aigle, en alchimie, est le symbole majeur de la sublimation. Quoi qu'il en soit, il nous semble bien difficile de distinguer une croix de Lorraine dans la construction conique signalée par SH. Manifestement, la draperie de l'arc-en-ciel constitue un temple,

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érigé en partant de la

apte à recueillir les effluves célestes est représenté par les toiles tendues entre le Bélier et le Taureau. Le faîte de ce temple est le ciel firmamental et son toit est tendu de cet arc-en-ciel zodiacal - ésotérique pour le coup - où se devine l'influence du symbolisme de la rota. Le centre de cette roue ou rose cosmique se situe en dehors du plan de la gravure : ce point central n'en a qu'une valeur plus virtuelle car nous ne savons pas, au vrai, faire la part de ce qui monte et de ce qui descend dans ces flux entrelacés

entre terre et ciel. Les commentateurs ont, en effet, raisonné sur cette planche en considérant que les rayons descendaient forcément. La Tabula Smaragdina, toutefois, est formelle :

La Tabula Smaragdina , toutefois, est formelle : jusqu'à la sphère du . Et le récipient

jusqu'à la sphère du

, toutefois, est formelle : jusqu'à la sphère du . Et le récipient « Il monte

. Et le récipient

est formelle : jusqu'à la sphère du . Et le récipient « Il monte de la

« Il monte de la terre au ciel, & derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures & inférieures. »

La fig. 8 du Ros. Phil., par ailleurs, montre clairement que c'est un

spiritus abscondus [esprit caché] et corruptus qui monte, c'est-à-dire

qui est sublimé [sur le sens à donner à cet « esprit Mercure »

,
,

voir Jung, Essais sur la symbolique de l'esprit, op. cit.]. D'où vient cet

esprit ? Si nous regardons la planche 4 de façon élémentaire, il

ressort clairement que cet esprit ne peut provenir que de la

ne saurait évidemment provenir du

émané d'une production chthonienne. Il faut donc, en même temps que nous évoquons des effluves célestes, ne pas oublier

les efflorescences salines [voir là-dessus l'arcanum duplicatum ; son caput mortuum ainsi que le caput corvii du Donum Dei]. Elles seules

semblent capables de produire l'esprit - au sens d'animus - dont

. Il
.
Il
de produire l'esprit - au sens d'animus - dont . Il qu'il ne fût, au préalable,

qu'il ne fût, au préalable,

les alchimistes ont besoin, et pour préparer leur

préparer leur

ont besoin, et pour préparer leur préparer leur . C'est ce qu'assure Batsdorff : , et

. C'est ce qu'assure Batsdorff :

leur préparer leur . C'est ce qu'assure Batsdorff : , et pour « Or la sublimation

, et pour

« Or la sublimation présuppose toujours la dissolution du corps , et tout corps est dissout par l'esprit avec lequel il est mêlé, et par lui il est fait spirituel ; et lorsque le corps est dissout, l'esprit se coagule par la même opération, qui est divine, surnaturelle et incompréhensible » [Filet d'Ariadne]

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fig. 9 du Ros. Phil. Mundificatio Cette ascension spirituelle - prélude à la dépuration -

fig. 9 du Ros. Phil. Mundificatio

Cette ascension spirituelle - prélude à la dépuration - ne vaut donc pour autant, que le corps [i.e. la materia prima] ait été dissout [corrompu] dans et par l'esprit. On voit le paradoxe : l'accès à l'anima [MOI] purifiée passe essentiellement par une corruption du corps médiée par l'animus [SOI]. Le problème du Bien et du Mal paraît contenu - sous réserve des limites de notre analyse - dans cette antinomie, chose déjà relevée dans l'Aurora consurgens et le Ripley Scrowle. Nous terminerons cet examen sommaire avec une troisième planche, la quatorzième.

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planche quatorzième du Mutus Liber, Bibliotheca Chemica Curiosa, Mangetus, 1702 Cette planche est bien connue

planche quatorzième du Mutus Liber, Bibliotheca Chemica Curiosa, Mangetus, 1702

Cette planche est bien connue des disciples d'Hermès par la maxime finale :

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Ora Lege Lege Lege Relege labora et Invenies.

Le panneau supérieur de la planche donne à voir trois tours. Comme on le dit dans l'analyse de l'ensemble des planches, il est plausible, sinon probable, que les trois tours soient mises pour les signes zodiacaux signalés au deuxième panneau. Ces tours sont du reste à l'image de ces Mont- Joie que Fulcanelli évoque dans son Myst. Cath. [p. 68]. Nous avons indiqué ailleurs qu'il s'agissait d'une allégorie dont le sujet est la rosée qui s'élève jusqu'au mont de la Magnésie [par cabale, les sept boeufs de labour]. L'occasion nous est donnée de citer Appolonios de Tyane, également évoqué par Fulcanelli dans l'un de ses calembours,

Tableau des planches

Voici les quinze planches du Mutus Liber en grandes vignettes qu'accompagnent la gravure initiale et l'Incipit :

qu'accompagnent la gravure initiale et l'Incipit : AU LECTEUR Quoy-que celuy qui a fait les frais

AU LECTEUR

la gravure initiale et l'Incipit : AU LECTEUR Quoy-que celuy qui a fait les frais de

Quoy-que celuy qui a fait les frais de l'Impreffion de ce Livre, n'ait voulu mettre à la telle ni Lettre dédicatoire, ni Préface, pour des raifons qu'il a par devers luy; j'ay cru, pourtant, qu'il ne trouveroit pas mauvais qu'il foit intitulé, Livre Muēt ; néanmoins toutes les Nations du monde, les Hébreux, les Grecs, les Latins, les François, les Italiens, les Efpagnols, les Allemans, &c. peuvent le lire & l'entendre. Auffi eft-ce le plus beau Livre qui ait jamais efté imprimé fur ce fujet, à ce que difent les Savans, y ayant-là des chofes qui n'ont jamais efté dites par perfonne. Il ne faut qu'eftre un véritable Enfant de l'Art, pour le connoître d'abord. Voilà (cher Lecteur) ce que j'ay cru devoir vous dire.

En 1677, apparut un ouvrage ne comportant aucun texte. Il fut édité à La Rochelle par Pierre Savouret. Une autre édition parut

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vers 1725 à Paris. C'est Eugène Canseliet qui en retrouva la trace dans le catalogue distribué en 1937 par un libraire parisien,

Thiebaud, successeur de Nourry [les planches sont celles présentées

dans l'édition de La Rochelle]. On connait aussi des planches dépareillées qui sont conservées dans la collection alchimique de l'université de St Andrews. Plus tard, vers 1702, le médecin genevois Jean-Jacques Manget inclut les planches dans sa Bibliotheca chemica curiosa ; il semble que la version de Manget soit la plus soignée. On suppose que l'auteur se serait dissimulé sous l'anagramme d'Altus, qu'en décodant, l'on peut transformer en Sulat : il s'agirait de Jacob Saulat, sieur des Marez. Celui-ci déclara en effet avoir découvert le manuscrit lorsqu'il sollicita le privilège de l'éditer à son compte. Il fut accordé par Louis XIV à Saint-Germain, le 23 novembre 1676. J. Van Lennep ajoute dans son Alchimie (p. 231) qu'un argument de poids fut ajouté par Serge Hutin quand il découvrit que les armoiries figurant sur la quinzième planche étaient celles du sieur Saulat des Marez. Nous commentons les planches du Mutus Liber en y ajoutant des commentaires de Magophon, alias Pierre Dujols, tirés de son Hypotypose. On verra que plusieurs passages de ce texte ont été repris à peu intacts dans le Myst., ce qui, de notre avis, laisse

peu de doute quant à l'auteur présumé du I er tome de la trilogie. Voici les commentaires de Magophon, avant qu'il entame l'examen des quinze planches :

"Il s’est formé autour du Mutus Liber une légende absurde. Une Ecole - qui n’a d’hermétique que le nom - a fait à cet ouvrage une réputation d’obscurité impénétrable et, de ce chef, le vénère comme un sacrement, sans le comprendre. C’est une erreur; de même que traduire Mutus Liber par le Livre muet, sans paroles, est un contresens philosophique. Tous les signes adoptés par l’industrie humaine pour manifester la pensée sont des verbes. Les Latins - ce mot entendu congrûment appellent le dessin, la peinture, la sculpture et l’architecture, au moyen desquels les Hiérogrammates réservent aux élus les arcanes de la Science, mutae artes, c’est-à-dire les arts symboliques.

Qu’est-ce qu’un symbole? Sumbolh est une convention, un signe de reconnaissance. Un symbole est donc ce que nous nommons aujourd’hui un " Code ", un système tacite d’écriture adopté pour la correspondance diplomatique, voire commerciale, les communications télégraphiques, sémaphoriques, etc. Pour un homme illettré, tout livre est mutus. Un volume en hébreu, sanscrit, chinois, est un mutus liber, un libre muet, pour le plus grand nombre, encore qu’ils soient instruits dans leur propre langue. Il faut donc se faire à cette idée, toute simple, que le Mutus Liber est un libre comme les autres et qu’il peut se lire en clair, si l’on en possède la grille.

D’ailleurs, les ouvrages d’alchimie, en vers, en prose, en latin, en français ou tout autre idiome, ne sont eux-mêmes que des cryptogrammes. Bien qu’écrits avec les lettres banales de l’alphabet et le vocabulaire commun, ils n’en demeurent pas moins indéchiffrables pour quiconque en ignore la clef. A dire vrai, entre les deux procédés sténographiques, celui du Mutus Liber est encore le plus transparent, car l’image objective est certainement plus parlante

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que les tropes littéraires et les figures de rhétorique, surtout en une matière aussi expérimentale que celle de la chimie.

En épinglant ces quelques pages de commentaires aux planches allégoriques du Mutus Liber, nous nous sommes proposé, sans quitter le manteau du philosophe, d’en faciliter la lecture, par une interprétation sincère, aux véritables inquisiteurs de science, probes, patients, laborieux comme les diligentes abeilles, et non aux curieux, désœuvrés et frivoles, qui passent leur vie à papillonner inutilement de livre en livre, sans jamais s’arrêter à aucun pour en extraire la mellifique substance.

Eh quoi ! La grammaire, la géographie, l’histoire, les mathématiques, la physique, la chimie et le reste ne deviennent accessibles qu’après de longs et pénibles efforts, et l’on voudrait entrer au débotté dans le " Palais du Roi " sans observer les convenances et se soumettre aux lois de l’étiquette ! Une lecture hâtive et superficielle ne saurait remplacer l’étude austère et grave. Les sciences profanes elles-mêmes ne sont pénétrables et assimilables qu’à la suite d’un travail soutenu et prolongé.

On peut nous objecter que l’Université compte d’illustres grammairiens, géographes, historiens, mathématiciens, physiciens et chimistes, mais qu’on n’y signala jamais le moindre alchimiste. Et si l’agrégé d’alchimie est inconnu, c’est que l’alchimie est une chimère. Cet argument ad hominem n’est pas sans réplique : une chose cachée n’est point pour cela inexistante, et l’alchimie est une science occulte ; nous dirons mieux : elle est la science occulte tout entière, l’arcane universel, le sceau de l’absolu, le ressort magique des religions, et c’est pourquoi on l’a appelée l’Art Sacerdotal ou Sacré.

Il y a dans toutes les croyances imposées au vulgaire au moyen d’une mythologie appropriée: Bible, Védas, Avesta, Kings, etc., un substratum positif qui est l’assise des sanctuaires de tous les cultes répandus sur le globe. Ce mystère, reconnu dans le catéchisme comme l’apanage des Pontifes - qui ne sont pas les Dignitaires publics - est l’alchimie sur tous les plans: physique et métaphysique. La possession exclusive du sacrarium fait la force des Eglises; aussi veillent-elles sur le " secret maçonnique " avec un soin inquiet et jaloux, secondées par une police et une censure ombrageuse.

Nous n’avançons rien au hasard, et cependant ces allégations peuvent sembler gratuites, parce qu’invraisemblables, attendu que, depuis l’invention de l’imprimerie, les livres hermétiques ont toujours été publiés librement avec la licence des autorités civiles et religieuses. Et rien, en effet, ne s’opposait à la diffusion de ces libellés écrits en langues connues, mais en dedans; à telle enseigne que les plus grands chimistes de L’Ecole de Lavoisier à Berthelot- s’y sont brisé le front sans résultat. N’est ce pas ici le lieu de rappeler la méprisante apostrophe d’Artéphius et les avertissements hautains des Adeptes qui déclarent, sans ambages, n’écrire que pour ceux qui savent et leurrer les autres ! Ainsi fait-on parler le " Christ " dans les Evangiles, et les disciples se modèlent sur le " Maître ".

Mais, pour être une science cachée, l’alchimie n’en est pas moins une science réelle, exacte, conforme à la raison et, de plus, rationaliste. De tous temps, il y eut des " faiseurs d’or "; les " gentilshommes verriers ", même de nos jours, la transmutation opère encore des miracles. A la suite de débats sensationnels et peu distants [Cette introduction a été écrite avant la première guerre mondiale. (N. de

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l’Ed.)] on a laissé dire - et au milieu de quelle stupeur que l’Administration de la Monnaie aurait saisi, sans autre forme de procès - et pour cause ! - la production d’un alchimiste contemporain:

- " Vous ne devez pas savoir pouvoir faire de l’or ! " Lui dit-on d’un air comminatoire, en le renvoyant les mains libres, mais vides. Est-il donc défendu d’être savant ou alors l’alchimie serait-elle un secret d’Etat ? Cela n’emporterait point cette conclusion naïve les ministres qui se succèdent soient au fait de la Kabbale. Les rois règnent, mais ne gouvernent pas, suivant un aphorisme célèbre. Et il semble bien, par moment, qu’il y ait encore, dans la coulisse, quelque éminence grise qui tire les ficelles! Le fameux " Galetas du Temple " n’est peut-être pas si aboli qu’on le suppose, et il y aurait un livre surprenant à écrire sur les filigranes des billets de banque et les sigles des pièces de monnaie.

Mais dans ce cas, dira-t-on, pourquoi l’or est-il devenu si rare que la vie sociale en est comme paralysée ? Les espèces ne se sont pas volatilisées, elles se sont déplacées, et il faut attendre qu’elles reviennent à leur point de départ par un mouvement économique inverse. Seulement, une trop grande lenteur dans ce retour peut avoir des conséquences incalculables.

La politique des peuples est réglée par un pacte métallique secret qui ne peut être violé sans entraîner les plus graves complications internationales. On tirera donc des billets à tour de bras, mais on ne frappera plus de pièces d’or. Et pourtant, ce n’est point que l’or manque : il s’étale ostensiblement, et avec quel faste, sur d’innombrables épaules, autour de poignets, de doigts et même de jambes dont d’élégance et l’esthétique laissent parfois à désirer. Rien ne serait, partant, plus facile pour l’Etat que d’échanger son papier contre de la matière précieuse et de mettre les " coins " à l’œuvre. C’est paradoxal, mais c’est la vérité. Il y a donc à cette éclipse momentanée du numéraire or une raison profonde fondée sur la sagesse. " Or est qui or vaut ", dit un adage. Si la frappe en était licite aux nations qui ont épuisé leurs réserves normales, la surabondance en entraînerait l’avilissement. L’étalon fiduciaire n’offrirait plus aucune garantie et équivaudrait à de la fausse monnaie. L’équilibre financier serait rompu; ce serait la mort des affaires, la ruine mondiale. C’est pourquoi la production " naturelle " de l’or est elle-même limitée, si bien qu’on refuse la concession de nouvelles mines et jusqu’à son extraction à pauvre rendement des sables fluviatiles et autres.

Cependant, l’heure est proche où la science réclamera intégralement tous ses droits, et ou l’occulte redeviendra manifeste comme il le fut jadis. Le savant Girtaner l’a annoncé en basant son opinion sur des

lois ignorées, mais certaines: " Au XX ème siècle, la Chrysopée sera dans le domaine public ". Cet événement considérable est subordonné, évidemment, à un statu social tout différent de celui qui nous régit; mais nous allons fort, le monde tourne vite, et qui peut prévoir la charte de demain !

Toutefois, si l’alchimie se bornait uniquement à la transmutation des métaux, ce serait une science inappréciable sans doute au point de vue industriel, mais assez médiocre au sens philosophique. En réalité, il n’en est pas ainsi. L’alchimie est la clef de toutes les connaissances, et sa divulgation complète est appelée à bouleverser de fond en comble les institutions humaines, qui reposent sur le mensonge, pour les rétablir dans la vérité.

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Ces considérations préliminaires nous ont paru opportunes, avant de prendre charitablement le lecteur par la main pour le conduire dans les inextricables méandres du labyrinthe.

Comme notre désir est d’être utile aux chercheurs, mais que nous ne pouvons, en quelques pages, écrire un traité technique, nous devons, avant d’entrer en matière, orienter le disciple vers l’ouvrage qui semble le mieux correspondre aux figures du Mutus Liber. La plupart des manipulations indiquées dans ce recueil de symboles se trouvent assez bien décrites par le plus notoire des philosophes, dans L ‘Entrée Ouverte au Palais Fermé du Roy d’Eyrénée Philalèthe.

Ce n’est pas qu’il n’y ait plus rien à y ajouter. Loin de là, au contraire. La pratique de Philalèthe, qui nous est présentée sous des dehors aimables et persuasifs, compte parmi les fictions les plus subtiles et les plus perfides de la littérature hermétique. Elle renferme cependant la vérité, mais comme le poison recèle quelquefois son antidote, si on sait l’isoler de ses alcaloïdes pernicieux. Le cas échéant, nous signalerons les traquenards à mesure qu’ils se présenteront sous nos pas.

Le Mutus Liber se compose de quinze planches d’emblèmes, les unes véridiques, les autres sophistiques, et disposés dans un de ces beaux désordres qui, suivant le précepte de Boileau, est un effet de l’art."

Nous sommes dans l'ensemble d'accord avec ce qu'écrivait Pierre Dujols, même si nous ne pouvons pas partager ses vues quant à la possibilité même des transmutations. Ce n'est pas que nous ne le souhaitons pas, mais la raison a ses bornes là même où commence la poésie. Et même encore plus loin, si l'on veut bien entendre que la cabale hermétique a pour base une forme rare de poésie, celle qui dit par les mots du coeur et de la finesse d'esprit ce que d'aucuns voudraient ne prendre qu'à la lettre. Auquel cas, inutile qu'ils s'attardent sur l'alchimie, car, comme le dit Magophon, la " Philosophie ne leur est pas idoine ". Voici ce qu'écrivait E. Canseliet, en introduction à l'analyse de la Porte alchimique de la villa Palombara :

"Magophon, c'est la voie du mage : magou, magou, du mage et jwnh, phoné, voix, parole. Le pseudonyme dissimulait Pierre Dujols de Valois qui rédigea, pour la première fois, une excellente explication des planches du Livre muet - Mutus Liber.cette édition, la troisème depuis 1677, après celle de Jean-Jacques Manget, en 1702, qui fut achevée d'imprimer le 23 juin 1914, donna la naissance à 285 exemplaires, numérotés et paraphés par Emile Nourry. Parmi ceux-ci, nous possédons le numéro 22 dont Pierre Dujols fit hommage à notre Maître et dont nous donnons, en fac-similé, l'envoi manuscrit sur la page de faux titre. Cela sans commentaire, si ce n'est que nous traduisons ces petits vers latins, simplement pour détromper ceux qui veulent que le libraire-érudit, mort en 1926, ait été Fulcanelli :

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Ouverte aux ingénieux, - Et scellée pour les sots, - Je t'offre cette lecture -

Ouverte aux ingénieux, - Et scellée pour les sots, - Je t'offre cette lecture - Pour nous élucidée." [Deux Logis Alchimiques, Pauvert, 1979]

élucidée." [ Deux Logis Alchimiques , Pauvert, 1979 ] Pierre Dujols de Valois (1862-1926) Pierre Dujols

Pierre Dujols de Valois (1862-1926)

Pierre Dujols était persuadé que l'alchimie spéculative était incomplète et trompeuse et que les textes, de même que les images, revêtaient des significations plus profondes, non pas par leur ésotérisme avoué mais par leur exotérisme caché. Il répondit un jour à son ami Paul le Cour, qui voyait l’alchimie comme une ascèse intérieure :

« qu’il était complètement dans l’erreur et qu’il ne pouvait pas comprendre l’intellectualisme hermétique sans travailler sur la matière, que la terminologie hermétique ne pouvait être remplacée par une terminologie scientifique »

Le 19 avril 1926, peu après qu'il eût terminé de lire Le Mystère des Cathédrales, Pierre Dujols devait décéder, âgé de 64 ans.

"Je l'ai salué quelquefois, déclare Canseliet, entr'aperçu sur son grabat, où il gisait perclus, souffrant d'une arthrose - comme Scarron. Il ne pouvait pas plier les genoux ni, par conséquent, quitter la position assise. Alors, le soir, quand il s'étendait, ses genoux restaient en angle et lui servaient de pupitre."

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Nous ne saurions passer sous silence le travail de Serge Hutin [SH] sur le ML, publié aux éditions Le Lien, à Maizière-lès-Metz en 1966. Rappelons que S. Hutin (1927-1997) fut un hermétiste de haut vol et qu'on lui doit plusieurs ouvrages d'importance sur l'Art sacré dont un Que Sais-je sur l'Alchimie, récemment réédité.

Que Sais-je sur l' Alchimie , récemment réédité. Serge Hutin Il était tentant de reprendre le

Serge Hutin

Il était tentant de reprendre le travail de Hutin à propos du ML, en miroir de celui que propose Dujols dans son Hypotypose ; après tout, le hasard a voulu que M. Hutin soit né l'année qui a suivi celle de la mort de Dujols. Nous avons donc amplifié l'analyse consacrée à chaque planche, en remployant les notes de Hutin, non pas in extenso car il y aurait eu de nombreuses redites, au regard de nos commentaires propres, mais en faisant ressortir l'acuité de ses remarques concernant tel point qui aurait pu nous échapper ou tel autre qui aurait dû mériter un développement spécial. Le texte de Hutin peut être trouvé dans ce site :

[pour la commodité de la consultation, vous trouverez d'abord les planches en vignettes, à agrandir en cliquant dessus. Chaque planche est ensuite commentée, et peut être agrandie de même. Nous donnons d'autres planches, en couleur, dans la section des gravures.].

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planche 1 p l a n c h e 6 p l a n c

planche 1

planche 1 p l a n c h e 6 p l a n c h

planche 6

planche 1 p l a n c h e 6 p l a n c h

planche 11

1 p l a n c h e 6 p l a n c h e

planche 2

l a n c h e 6 p l a n c h e 1 1

planche 7

c h e 6 p l a n c h e 1 1 planche 2 planche

planche 12

6 p l a n c h e 1 1 planche 2 planche 7 planche 12

planche 3

n c h e 1 1 planche 2 planche 7 planche 12 planche 3 planche 8

planche 8

e 1 1 planche 2 planche 7 planche 12 planche 3 planche 8 planche 13 planche

planche 13

2 planche 7 planche 12 planche 3 planche 8 planche 13 planche 4 planche 9 planche

planche 4

7 planche 12 planche 3 planche 8 planche 13 planche 4 planche 9 planche 14 II.

planche 9

12 planche 3 planche 8 planche 13 planche 4 planche 9 planche 14 II. Explications concernant

planche 14

II. Explications concernant les opérations qui se déroulent aux planches 4, 5, 6, 7 et 10 -

Pour un livre muet, le Mutus Liber [ML] peut être disert à un étudiant qui a lu ses textes. Posons d'abord que le ML est constitué d'une série de planches formant l'oratoire et d'une autre série formant le laboratoire. La planche 1 sert de portique et montre que c'est du Mercure qu'il sera question ici. La relation à l'airain ne fait aucun doute là-dessus. La planche 4 montre comment on obtient la première matière, celle qui donne accès au Mercure commun. Cette matière est formée de deux substances,

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l'une voilée par la figure d'Arès et l'autre par celle de Vénus-Aphrodite. La réunion des deux fournit une substance

liquide [ou plus exactement pâteuse, objet de la sublimation

philosophique], idéalisée par la rosée de mai, que le couple recueille dans de larges bassines. Ce sel fait l'objet d'une première calcination à la planche 5. On recueille un premier Caput mortuum, qui correspond à un sel en forme de D et sans doute de nature mercurielle, là encore purement idéalisé : il s'agit du Mercure commun. L'esprit, qui s'est condensé dans le gros ballon qui correspond au récipient est ensuite mis au fourneau au bain de sable. La planche 6 montre le recueil de la substance après qu'elle a été mise en digestion au bain de sable. Le matras ouvert est disposé au fourneau à réverbère et va donner, là encore deux produits, l'un sous forme d'un résidu qui correspond au Soufre,

figuré par une | et l'autre sous forme d'un autre esprit qui va se condenser dans le récipient. A la fin de la planche 6, le Mercure

D est mis à calciner au fourneau dans un pot. Vient la planche 7. Dans un premier temps, on mêle l'esprit obtenu précédemment et le Mercure commun qui a été calciné. Le tout est mis en

calcination et on recueille un troisième sel, sous forme d'une ¯ qui correspond au double Mercure. C'est ce qu'exprime la scène de l'oratoire du bas de la gravure où l'on voit Saturne dévorer son propre enfant. Enfin, vient la planche 10. On prend le Soufre qui

correspond à la | que l'on joint à ¯ qui correspond au double

Mercure. Le tout {|¯} est pesé selon les proportions requises

et mis dans un matras qui est scellé au feu de lampe : ce serait le fameux sceau d'Hermès. C'est manifestement la voie humide qui est ici exposée, celle que nous n'avons pu, jusqu'à présent, malgré une section entière, dévoiler autant que nous l'aurions

voulu

philosophique et la Grande coction démarre. On doit passer, selon la tradition, par trois couleurs, en débutant par le noir, puis le blanc et enfin le rouge. L'opération entière semble plus

complexe que celle qui a été décrite, parce qu'il faut passer par des réitérations de la même technique, ainsi que semblent le montrer les planches intercalées, notamment les deux couples 8 - 9 et 11- 12. Les planches 8 et 11 ont un rapport évident avec la planche 2. C'est la partie supérieure qui diffère en ce que, à la planche 2, les acteurs hermétiques nous sont en quelque sorte

présentés, de part et d'autre de Jupiter, tandis qu'aux planches 8 et 11, nous apercevons le Mercure philosophique et les aigles qui indiquent une sublimation. La planche 13 ne diffère de la planche 10 que par les chiffres qui apparaissent en bas et à droite. Ils

indiqueraient le pouvoir de multiplication de la teinture

planche 14 semble être comme un mode d'emploi. La partie supérieure montre trois tours qui correespondent à l'athanor. Il y a trois coctions. La vignette au-dessous montre les trois chiffres romains : VI - II - X qui correspondent au triangle de feu des

Le matras est disposé ensuite dans l'athanor

La

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astrologues, avec respectivement : Lion - Bélier - Sagittaire [cf. zodiaque alchimique]. Si l'on fait l'hypothèse qu'il y a concordance entre les tours et les 3 séries, la quenouille serait peut-être l'indice d'un feu qui doit être dosé en sorte que le contenu soit dans un état filant, mais alors on ne comprend plus pourquoi c'est la voie humide qui est exposée, car la température s'élève bien au-delà de 500 °C et le matras volerait en éclat. En résumé, il serait excessif d'observer dans ces gravures allégoriques le travail réel pour la voie humide. Mais il y a d'importantes indications à retenir concernant les questions de la séparation, de la conjonction et de la sublimation.

III. Mutus Liber

planche 1

conjonction et de la sublimation. III. Mutus Liber planche 1 L'échelle des philosophes sépare en deux

L'échelle des philosophes sépare en deux parties cette image, encadrée par des branches de rosier ; deux anges sonnent de la trompette ; un dormeur est étendu, allongé sur le côté droit sur une roche ; en haut, la lune en son dernier quartier.

L'échelle se retrouve à la planche II du Myst. et Fulcanelli la commente ainsi :

"Maintenue entre ses genoux et appuyée contre sa poitrine se dresse l'échelle aux neuf degrés - scala philosophorum - hiéroglyphe de la patience que doivent posséder ses fidèles, au cours des neuf opérations successives "

du labeur hermétique

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L'Adepte commente ici l'échelle de la Philosophie, au grand portail central de Notre-Dame de Paris. Et d'ajouter :

"La patience est l'eschelle des Philosophes, nous dit Valois [Oeuvres de Nicolas Grosparmy et Nicolas Valois, Mss. biblioth. de l'Arsenal, n° 2516 (166 S.A.F.)], et l'humilité est la porte de leur jardin ; car quiconque persévérera sans orgueil et sans envie, Dieu lui fera miséricorde."

Essayons de décrypter les mots-clefs ; la patience renvoie à patio [souffrir, supporter] qui est une indication sur l'un des deux principaux corps dont est composée la pierre : le patient d'abord, qui est le Corps ou Sel, dont l'animal fétiche est le cerf. L'agent ensuite, qui est le Soufre rouge et dont l'animal symbolique est la licorne. Nous avons identifié ailleurs le patient à une Terre et l'agent à une chaux métallique qui est la teinture de la Pierre. L'humilité [humilis] de humus [sol, terre] nous indique qu'une substance ne s'élève pas du fond de la cuve lorsqu'elle est maintenue en solution : autrement dit, elle précipite. C'est la classique allégorie de l'état « humble et modeste » ou du caractère « boueux, limoneux » que les Adeptes emploient pour désigner la pierre des philosophes. Lorsque Nicolas de Valois dit que l'humilité est la porte du jardin, il s'agit de la stricte vérité puisque, sous l'humilité, se cache le dissolvant universel à son stade premier - Lion vert -, appelé aussi Mercure commun. Son animation, par infusion des Soufres, le transformera en Lion rouge. L'orgueil ou la fierté [ferus] traduit un caractère sauvage, non cultivé mais aussi grossier, cruel et se rapproche par assonance

de ferrum [le fer, au sens de glaive ou d'épée mais aussi au sens de

rouilleà ferre] ; il s'agit là d'une indication sur le travail du 3 ème oeuvre, en son début, là où le chevalier doit combattre le dragon

écailleux qui figure le Mercure [on peut trouver dans l'emblème XLI de M. Maier en son Atalanta fugiens, une bonne analogie avec le sanglier de

Calydon]. Ce dragon, d'ailleurs, est un symbole ubiquitaire. Il signifie dans une première acception l'une des matières premières qui se trouve dans un état feuilleté, friable et qui présente parfois des points colorés qui signalent une partie vitriolique. Dans une seconde acception, le dragon écailleux est le symbole du Mercure, comparable à Cronos ; c'est alors l'équivalent de la terre feuillée des Sages qui doit être ouverte avant que l'or puisse y être « enté ». L'une des gravures du De Lapide Philosophorum de Lambspinck [gravure 2] illustre parfaitement le devenir de ce dragon, à une phase avancée de la Grande coction. L'envie doit être comprise dans le sens de désir [regretter, déplorer une perte] qui nous renvoie aux pleurs des mères du massacre des Innocents de N. Flamel, c'est-à-dire à l'époque de l'introduction du

Corps et de l'Âme dans l'Esprit [comprenez la dissolution du Sel et du Soufre dans le Mercure].

Les neuf opérations, enfin, représentent le temps hermétique de la Grande Coction

[Léto souffre pendant neuf jours et neuf nuits les douleurs de l'enfantement,

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i.e. avant le début de la coagulation. Léto ou Latone fut assez heureuse pour aborder l'île de Délos, où elle accoucha d'Apollon et d'Artémis, autre nom de Diane aux cornes lunaires]

et les Anges, qui selon le pseudo-Denys, sont hiérarchisés en trois triades. Ces anges, nous les voyons, qui s'apprêtent à éveiller le dormeur, c'est-à-dire à animer le Mercure. Car cette scène n'est qu'une allégorie de l'animation du Mercure et nous donne le sujet du ML. cette scène se rapporte évidemment au Lion vert, la grande inconnue du problème ; cette allégorie se rapporte aussi à la dissolution des deux principes dans le Mercure philosophique et au laiton que certains auteurs ont appelé l’airain. Ce dormeur est sur le point d'être réveillé au son de l'airain. C'est l'opération de la transformation du Lion vert en Lion rouge qui est symbolisée. Les roses doivent être rapprochées de « nitri flore » qui désigne la fleur de nitre. On en récoltait jadis en Egypte et en Macédoine. Il s'agit probablemant d'un sel alcalin. Un doute subsiste dans l'interprétation du quartier lunaire dans la mesure où certains critiquent ont indiqué que la lune devrait plutôt être à son premier quartier ; nous nous rangeons à cette vision dans la mesure où le travail va commencer. La Lune en son premier quartier, nous l'avons montré dans la section de l'Olympe Hermétique, désigne le Mercure philosophique, alors que la Lune dans son dernier quartier désigne le Sel des philosophes. On connait une autre version de cette planche où l'on voit, d'après E. Canseliet, que :

" l'alchimiste

sommeille, paresseusement étendu, une énorme roche lui

servant d'oreiller, non loin d'une nappe profonde qui alimente, en chute vive, le ruisseau coulant à ses pieds."

On ne saurait en vérité mieux parler du Mercure philosphique. Le ciel étoilé et serein renvoie évidemment à Jupiter, arbitre suprème dont le rapport avec Thémis est des plus étroits. Ce ciel serein est aussi celui de la rosée de mai, qui symbolise le dissolvant. De cette première planche, Magophon nous a donné l'interprétation suivante :

"La première, qui sert de frontispice, est vraiment capitale. De sa compréhension dépend tout le succès de l’Œuvre. On y voit, dans un cartouche formé de deux rosiers entrelacés, un homme endormi sur un roc où végètent des kermès rabougris. Une eau limpide s’en épanche avec des reflets métalliques. A côté du dormeur, sur une échelle - l’Escalier des Sages - deux anges sonnent de la trompette pour le réveiller. Au-dessus, un ciel nocturne propice au repos : les étoiles brillent et la lune découpe sa corne d’abondance.

Cette page initiale comporterait une critique non imputable à l’auteur instruit, mais à l’artiste profane qui, dans la reproduction des figures, a commis, sans s’en douter, un lourd contresens. Et c’est déjà un grand point que de le signaler, sans qu’il soit nécessaire d’insister davantage. Les gloses hermétiques en avertiront le disciple qui ne jugera pas inutile de s’informer.

L’Homme endormi est le sujet de l’Œuvre. Quel est ce sujet ? Les uns

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disent que c’est un corps ; d’autres affirment que c’est une eau. Les uns et les autres sont dans le vrai, car une eau, dénommée " la belle d’argent ", jailli de ce corps que les Sages appellent la Fontaine des Amoureux de Science. C’est le mystérieux selage des Druides, la matière qui donne le sel ( de sel pour sal et agere produire ). Le secret du magistère est d’en dégager encore le soufre et d’en utiliser le mercure, car tout est dans tout. Certains artistes prétendent s’adresser ailleurs pour cet effet, et nous ne nierons pas que l’hydrargyre de cinabre puisse être de quelque secours dans le travail, si on sait dûment le préparer soi-même ; mais on ne doit l’employer qu’à bon escient et à propos. Pour nous, celui qui parvient à ouvrir le rocher avec la verge de Moïse, et ce n’est pas une mince confidence, a trouvé la première clef opératoire. Alors, sur cette pierre abrupte fleuriront les deux roses qui pendent aux branches de l’églantier, l’une blanche et l’autre rouge.

On nous demandera, et non sans raison, quel verbe magique est capable d’arracher aux bras de Morphée notre Epiménide, qui semble vraiment sourd aux clameurs des buccins. Ce Verbe vient de Dieu, porté par les anges, les messagers de feu. C’est un souffle divin qui agit de manière invisible, mais certaine, et ce n’est pas une hyperbole. Sans le concours du ciel, le travail de l’homme est inutile. On ne greffe les arbres ni on ne sème le grain en toutes saisons, chaque chose a son temps. L’Œuvre philosophale est appelé l’Agriculture Céleste, ce n’est pas pour rien ; un des plus grands auteurs a signé ses écrits du nom d’Agricola, et deux autres excellents adeptes sont connus sous les noms de Grand Paysan et de Petit Paysan.

Le disciple devra donc méditer longuement sur cette première planche, la confronter avec les apologues en langue vulgaire. Puisse-t-il être assez heureux pour entendre lui-même la voix du ciel ; mais qu’il sache, auparavant, qu’il y prêtera l’oreille en vain, s’il n’est nourri lui-même des Saint Lettres." [Hypotypose, Pierre Dujols]

Pierre Dujols, alias Magophon, manie la cabale hermétique avec une dextérité consommée. Certains prétendent que Dujols, le

libraire-érudit, aurait pu être Fulcanelli

trouve dans son Hypotypose des passages qui évoquent fortement Myst. et que le style de Dujols se rapproche étrangement de celui de Fulcanelli. Quoi qu'il en soit, il est facile de voir que ses propos

se rapportent à la préparation du Mercure. Et qu'un sulfate [ou un sulfure] est nécessaire à l'oeuvre, sans lequel l'hydrargyre philosophique ne peut se manifester. Cette hydrargyre vient-il du cinabre ? Voilà une grave question à laquelle beaucoup d'apprentis alchimistes, et encore de nos jours, semblent avoir répondu de manière positive, puisqu'ils oeuvrent avec le « Dragon rouge », du cinabre, et d'autres avec le sublimé corrosif. Cette planche 1 représente l'allégorie du réveil du Mercure. L'évocation du kermès [voir ce terme en recherche] n'est pas innocente et ceux qui savent l'analogie qui existe entre le kermès, la noix de galle et l'étain grenaillé, en savent déjà assez sur le moyen de préparer le Laiton. Cette première figure a aussi été commentée par Armand

Barbault dans son Or du Millième matin [J'ai Lu, 1969] :

Il est certain que l'on

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" vous

y verrez un personnage curieux, endormi au creux d'une petite

colline, tandis qu'en songe il perçoit le son de la trompette d'un ange qui lui

apporte l'Annonciation. Cet ange, placé sur l'échelle de Jacob, reçoit l'écho d'un autre ange, situé lui, au sommet de l'échelle et qui, dans sa trompette, produit également le son que l'autre ange doit faire entendre à l'Adepte. Cette figure, placée à l'intérieur d'une couronne de roses, doit être méditée "

par quiconque désire entrer dans la citadelle alchimique

A. Barbault n'évoque pas le kermès. C'est donc une indication précise que nous donne Dujols : ceux qui ont lu Myst. sauront l'apprécier à sa juste valeur. L'Escalier des Sages, outre qu'il s'agit de l'échelle de Jacob, constitue un clin d'oeil aux Amoureux de science qui y reconnaîtront deux ouvrages majeurs : la Scala

Philosophorum [Guido de Montanor, BCC, II, pp. 134-147; Artis Auriferae,

vol. II, pp. 71-111 ; De Alchimia opuscula

,

I, f. 101-135] et l'Escalier des

Sages de Barent Coenders van Helpen [voir gravures]. Quant au son de la trompette, c'est évidemment une allusion au Clangor

Buccinae [parfois attribué à Guido de Montanor, BCC, II, pp. 147-165; Artis

Auriferae, vol. I, pp. 289-349; De Alchimia opuscula

,

I, f. 19-69]. Notons

encore une allusion à la Cassette du Petit paysan, attribuée à

Grasseus [l'Arche ouverte ou Arca arcani in Bibliothèque des philosophes chymiques, IV, 186-234 ; BCC, II, 585-619 ; TC, VI, 294-323].

Quant à l'Artiste qui signait ses oeuvres Agricola, il ne peut s'agir que de Daniel Agricola. Voici ce qu'en dit Ferguson.

AGRICOLA (Daniel), Philopistius.

Galerazeya. Siue Revelator Secretorum. I. De Lapide Philosophorum. II. De Arabico Elyzir. III. De Auro potabili, & Pomis Paradisi. Authore Agricola Philopistio Germano Coloniae. Apud Petrvm Metternich, prope Augustinianos Anno M.DC.XXXI. 24°. pp. 109, 173 [8, 1 blank). This volume contains: title, pp. 2 ; Printer to the reader (explaining the deceptive title), pp. 3-8; origin and occasion of the book, pp. 9-14. Part I. consisting of the contents, pp. 15.17; first dialogue of Daniel and Joachimus, pp. 18-92: Contents, pp. 93.102; first part of the Galerazeya, called Lapis Philosophorum, subdivided into seven sections, pp. 1-173; Index and Errata, pp, [8] The remaining two parts (with their introductory dialogues) are not contained in this volume. Were they ever printed? In the first edition of the first part the introductory dialogue was somehow left out; but now in the second edition It has been put in its right place (p. 16),

This is considered an alchemical book, and is ascribed to "G. Agricola Philopistius" by Borel (Bibl. Chemica, 1654, p. 4), who gives "Lapis Philosophorum" as an alternative title and the date, Coloniae, 1531, 24°. Borel is copied by Dufresnoy (Hist. de la Phil. Hermétique, 1742. iii p. 82, who identifies the author with G. Agricola the metallurgist, adding the date 1534. Schmieder [Gesch. d. Alchemie 1832, p. 269) copies from these writers, but makes additional difficulty by ascribing the Rechler Gebrauch d' Alchimei, Köln, 1531 (q.v.), also to Agricola the metallurgist. None of these writers mentions the 1631 edition, and if it were not that reference is made in itself (p. 16) to a previous edition, I should incline to the belief that Borel had made a mistake in the date, which was copied by subsequent writers. The ascription of the book to George Agricola, and the statement by Schmieder that Agricola had pursued Alchemy in his youth, but that his books though printed then did not attract notice till after he had

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become otherwise distinguished, will not stand investigation. 1. The Rechler Gebrauch d' Alchimei is a book of miscellaneous receipts and treats very slightly of transmutation, and, although its date be 1531, the place of printing is not given; most likely it was printed by Egenolph at Frankfurt 2. The Galeraseya does not treat of Alchemy at all, but is a book of Roman Catholic controversy and beliefs, and it was recommended to be used for converting heretics. The Lapis Philosophorum spoken of is entirely symbolical, and signifies faith in the Roman Catholic church. 3. The nominal author is Daniel — not G. or Georg — Agricola Philopistius, 'lover of the faith,' — not Philopeusles, ' lover of enquiry or research,' as Schmieder gives it 4. The author or editor confesses frankly that the title is an ingenious one, a bait to catch readers, "esca in hamo, quo pisces capiuntur," as he says, so that those who buy or read the book in the hope that they will learn now to make gold, the gold that perisheth, will find that they have acquired instead a pearl of priceless value. 5. The origin of the book is described in the introduction and first dialogue. The author (Daniel Agricola), who was living in Germany some 50 years before the date of the book, after long study and making great acquirements, at the age of 30 travelled over all the world and learned all he could. After an absence of 60 years, he returned to Germany. A young men, called Joachimus. who had wasted his substance in searching for the philosopher's stone, and was forsaken of his kinsfolk and acquaintance, came to the town where Daniel was, and as luck would have it met him and told him his sorrows. Daniel consoled him and promised that he would reveal to him the true stone. After Daniel and Joachimus had lived together for so years, Daniel died calmly at the not immature age of one hundred and ten years. Joachimus then committed his teaching to writing, both for the guidance of others, and in memory of Daniel himself. This work came into the hands of the writer of the preface, whoever he was, who had it printed. 6. The dates now given will not suit George Agricola under any circumstances. If Daniel flourished 50 years prior to 1631, say in 1580, then he was alive twenty-five years after George Agricola was dead. If the book was published in 1531 and Daniel was alive 50 years before that time, say in 1480, he must have been ten years old at least, possibly fourteen, before George Agricola was born. The whole story seems to be fictitious. The book is not by George Agricola, it is not about Alchemy, so that Schmieder's derivation of the

name from galeroV and azo meaning the'' fortunate " or "joyful blackness," and referring to that product of "putrefaction" which the alchemists called "caput corvi," is mere nonsense. If the Galeraseya be the result of a hundred and ten years' study, travel, meditation, instruction, it is very small for its age. If Schmieder's statements about Agricola's youthful alchemical studies and publications were correct, and the Galeraseya were one of these printed in 1531, Agricola at that time was thirty-seven (possibly forty-one) years of age; not a youth, therefore, and he had already published the Bermannus, was settled at Chemnitz, and was a man of distinction for scholarship. The book hardly merits so much notice, but it has been so persistently ascribed to G. Agricola that it is as well that the account it gives of itself should be known, and the current errors rectified. Kopp, however, says (Die Alchemie, 1886, i, p, 41) that these works are erroneously ascribed to him, though he is not correct in saying that the Galeraseya is by a G. Agricola; but he quotes Schmieder as to the meaning of the word (Ibid, ii. p. 339), and does not seem to have been alware that the book does not deal with Alchemy at all.

Revenons un instant sur la planche 1 : SH rappelle

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opportunément cet ouvrage de Bernard Le Trévisan, le Songe Verd. Ce petit écrit fait partie de ces textes où le héros est endormi et fait l'objet de ses songes; citons d'autres exemples comme l'Hermès Dévoilé de l'Adepte Cyliani ou encore la Fontaine des Amoureux de science de Jean de Meun. Quand ce ne sont pas des rêves, ce sont des visions : celle de Zozime que Jung a

analysée dans ses Racines de la Conscience [trad. Buchet Chastel] ou celles de Ripley [voir Ashmole, Theatrum Chemicum Britannicum ainsi que : Compound of Alchemy et Ripley Scrowle]. Zosime voit un prêtre

blanc [Berthelot, Alchimistes Grecs, III, t. 2] dont le nom Iwn peut, à ce qu'en rapporte Jung [Psychologie du Transfert, trad. Albin Michel,

p. 129, n. 13] être l'une des formes du Mercure, par le biais de la forme Merqûlius ou Marqûlius [il s'agirait d'un Sabéen].

« La conception primitive de l'alchimie apparaît sous une forme dramatisée dans la vision de Zosime, à peu près comme elle pourrait se présenter dans un rêve réel. » [Jung, Racines de la Conscience, op. cit., les visions de Zosime, p. 189, Pochothèque]

Jung ajoute que dans la première version de la Vision, le prêtre se soumet volontairement au sacrifice qui se trouve accompli par le hiérourgos [celui qui opère l'action sacrée] : il transperce Iwn de son épée. L'un des passage des Visions de Zosime peut être mis en relation avec la planche I du ML :

Avec peine, je fus pris du désir de gravir les sept degrés et de contempler les sept châtiments : et, comme il convient, en un seul des jours, je parcourus le chemin de l'ascension. En m'y reprenant à plusieurs fois, je me trouvai enfin sur la route. Au retour, je perdis complètement mon chemin et, plongé dans un grand découragement, ne voyant pas par où sortir, je tombai dans le sommeil. Berthelot, III, V, 1

Ces degrés doivent être rapprochés de ceux de plusieurs planches, à commencer évidemment par l'échelle de Jacob. Citons l'une des gravures de l'Alchemia de Libavius [Tractatus

quartus De Lapide Philosophorum, p. 56]. L'attention est attirée par la

droite ligne de l'aller, l'ascension ne posant guère de problème tandis que le retour est marqué par l'installation de la confusion. Voilà qui nous rappelle la parabole du labyrinthe de Salomon dont Fulcanelli assure qu'il faut non seulement savoir accéder à la chambre centrale [le sel fixe ou sulphur ] mais encore trouver la

centrale [ le sel fixe ou sulphur ] mais encore trouver la sortie, c'est-à-dire le degré

sortie, c'est-à-dire le degré de coction permettant d'éviter de

brûler les fleurs [autrement dit d'éviter que l'Esprit ne parte en fumée

avec le

que l'Esprit ne parte en fumée a v e c l e qui y est infusé

qui y est infusé]. Ce morcellement de la conscience qui

consiste en une progressive domination de l'inconscient sur le conscient trouve évidemment sa résultante dans le sommeil,

éclipse du MOI. C'est là que le prêtre Iwn apparaît à Zosime. Il joue le rôle de psychopompe c'est-à-dire de transporteur d'âme.

Pour l'alchimiste, c'est le véhicule du

ce que l'on aperçoit sur la gravure 8 du Ros. Phil. : l'esprit sortant

ou s p i r i t u s corruptus . C'est spiritus corruptus. C'est

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du corps correspond à l'entrée du labyrinthe. Le sommet de la

montagne est à mettre en relation avec la dépuration du

;
;
montagne est à mettre en relation avec la dépuration du ; De Lapide Philosophorum, duodecima figura,

De Lapide Philosophorum, duodecima figura, Musaeum Hermeticum, 1678, p. 365

Voyons les rapports entre la planche I du ML et la figure 12 du De Lapide Philosophorum de Lambsprinck. Le rêveur trouve sa forme

projetée dans le couple {

Le rêveur trouve sa forme projetée dans le couple { } du sommet de la montagne

} du sommet de la montagne là où le

ciel se fait couleur d'azur [ioV]. C'est le cas du ciel étoilé du ML

que l'on retrouve à droite, encadrant la

d'idéogrammes notés entre {}, nous avons fait figurer l'animus avec, en exposant, le Mercurius. Il faut nous attarder un peu sur un point, que nous avons déjà relevé dans l'analyse des aquarelles de l'Aurora consurgens et qui trouve ici un intérêt

renouvelé. C'est à propos de l'ambiguité entre animus

C'est à propos de l'ambiguité entre animus . Dans le couple et anima . Ambiguité que

. Dans le couple

à propos de l'ambiguité entre animus . Dans le couple et anima . Ambiguité que l'on

et anima

de l'ambiguité entre animus . Dans le couple et anima . Ambiguité que l'on retrouve par

. Ambiguité que l'on retrouve par exemple chez Jung, depuis

ses premiers écrits [Introduction au Yi-King, in Synchronicité et Paracelsica, trad. Albin Michel, 1990] jusque dans ses dernières

oeuvres en relation avec l'Art sacré. Non pas que les concepts d'esprit et d'âme soient confondus; mais en tout cas, ils ne sont pas indépendants [voir Ripley Scrowle].

« La noirceur rougeâtre apparaît, et elle tombe en maladie et en rouille, puis meurt par la putréfaction. Normalement, elle n'est plus soumise à la fuite, puis quand elle est libre, elle se rassemble avec son conjoint et fait des prières sincères pour prendre sa couleur et pas seulement un ornement. Mais, avec une monnaie qu'on leur donne, ils deviennent de l'or. Cet esprit et âme, les philosophes l'appelèrent vapeur. Ils dirent aussi que ce noir humide était exempt de souillure, comme dans l'homme, il n'y a pas de l’humidité et de la sécheresse. Ainsi, notre œuvre que les envieux ont caché n'est que vapeur et eau » [Turba, sermon XXXV, version 1]

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Il est difficile de tirer le grain de l'ivraie de cette version abominable de la Turba [BCC, I, pp. 445-465] qui, malheureusement, est encore la seule disponible en français [in Salmon, Bibliothèque

des Philosophes Chymiques, vol. II, pp. 1-55]. Du moins, l'essentiel