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Nouveau

CAHIER TECHNIQUE

psycho,

Carrière,

composition,

inspiration

16 pages

’:HIKTOD=XU]UUV:?a@a@n@o@a"

M 09433 - 34 - F: 8,00 E - RD

lAquarelle

L’A RT DE

N °34

LE

AGAZ INE

D’ART DES AQUARELLISTES

DYLAN SCOTT PIERCE Les couleurs de l’Afrique

EUGENIU GOREAN Ses dernières peintures

KEN THRIFT

LA FORCE DE LIMPROVISATION p. 32

PORTFOLIO p. 48

RICK HUANG, JEUNE PRODIGE DU PORTRAIT

RUHYIE YALGIN p. 72

VISAGES, NATURE MORTE:

LA PASSION DU DÉTAIL

DOSSIER : ÊTRE p. 76 FEMME ET ARTISTE

7 FEMMES TÉMOIGNENT

RESTER CRÉATIF DANS LA DURÉE p. 88

DÉMO FLEURS

JASMINE HUANG VOUS LIVRE SES SECRETS p. 68

KATHLEEN MALING : COMMENT DONNER DE L’IMPACT À VOS ŒUVRES p. 90

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édito

Aborder l’aquarelle sous toutes ses facettes

La rentrée est déjà là et nous espérons que vous avez mis à profit la période estivale pour faire le plein de Salons, d’expositions et surtout que vous avez pu vous adonner à la peinture autant que vous le souhaitiez. Si vous rêvez encore de dépaysement, nous vous donnons dans ce numéro la possibilité de vous évader dans l’île de Patmos, en compagnie de Pedro Cano, grâce au compte rendu d’un de ses stages sous le soleil de la Grèce. Envolez-vous également pour l’Afrique avec Dylan Scott Pierce, jeune prodige américain dont les portraits sont empreints d’une délicatesse rarement atteinte.

Ce numéro de l’Art de l’Aquarelle fait également la part belle aux conseils pratiques, avec notamment notre cahier technique, où vous trouverez les recommandations avisées de Joseph Zbukvic sur la manière de mener une carrière artistique, des astuces pour savoir si votre peinture est terminée, ainsi que 7 clés pour réussir votre composition. Deux aquarelles des artistes américains Ken Thrift et Denny Bond sont également analysées en profondeur par Janine Gallizia, vous permettant ainsi de mieux comprendre leurs ressorts en matière de création visuelle.

Enfin, n’oublions pas notre important dossier sur ce que signifie aujourd’hui le fait d’être femme et artiste. L’aquarelle est sans doute l’une des rares techniques où les artistes féminines sont aussi nombreuses (voire plus nombreuses ?) que leurs homologues masculins. Pour preuve, dans ce numéro, des reportages consacrés à des artistes femmes du monde entier : Olga Litvinenko, Martine Humbert, Xi Guo, Ruhyie Yalgin et Jasmine Huang. Nous avons pourtant posé la question afin de tenter d’en savoir plus : est-il plus difficile d’être artiste quand on est une femme ?

De quoi donner matière à réflexion, car l’Art de l’Aquarelle cherche à aborder la création sous tous les angles et l’aquarelle sous toutes ses facettes.

Bonne lecture et bonne rentrée !

La rédaction

Ken Thrift, Blue Mountain. 76,2 x 56 cm.

Notre couverture :

Eugeniu Goran, Parlement en bleu. 37 x 53 cm

Sommaire

22

32

48

40

92

6 CONCOURS LECTEURS

Plus de lauréats, plus de conseils !

12 ACTUS FRANCE & MONDE

16 LE TOUR DU MONDE DES SOCIÉTÉS

La Société française de l’aquarelle

18 RETOUR SUR…

La biennale d’aquarelle de Brioude.

20 RÉVÉLATIONS

Pierre Mach et Ken Karlic.

22 ON Y ÉTAIT

En stage avec Pedro Cano à Patmos.

24 OLGA LITVINENKO

Ses œuvres saisissent avec poésie la vie quotidienne à Saint-Pétersbourg, entre tradition et modernité.

30 MA PEINTURE PRÉFÉRÉE

Soleil couchant sur les quais de Paris, par Éric Laurent.

L’ART DE

l’Aquarelle

www.lartdelaquarelle.com

Édité par DIVERTI Éditions - S.A.S. au capital de 250 000 - 490 317 369 RCS Poitiers - 17, avenue du Cerisier Noir 86530 Naintré, France Tél. : 05 49 90 37 64.

E-mail : redaction@lartdelaquarelle.com Imprimé en France/Printed in France Directrice de publication : Édith Cyr-Chagnon RÉDACTION Directeur de la rédaction : Jean-Philippe Moine Directrice artistique : Janine Gallizia Rédacteur en chef adjoint : Laurent Benoist Secrétaire générale de la rédaction : Élodie Blain Secrétaire de rédaction : Caroline Duchesnes Première rédactrice graphiste : Audrey Salé Rédacteurs graphistes : H. Magnin Scannériste : Franck Sellier.

32 KEN THRIFT

Peignant dans un style expressionniste abstrait, l’artiste exprime ses émotions intérieures à travers la couleur, sur un mode opératoire tout aussi intuitif qu’organique.

38 MARTINE HUMBERT

Tout en cherchant à créer une atmosphère, l’artiste cherche à traduire l’aspect esthétique des paysages du Nord.

40 DYLAN SCOTT PIERCE

L’artiste américain saisit la beauté et la diversité du continent africain, pour lequel il ressent un sentiment profond.

46 TABLEAU À LA LOUPE

L’Attente, par Bertrand Martin.

48 PORTFOLIO RICK HUANG

Ce jeune peintre s’attache à représenter les peuples de Chine au travers de portraits empreints de délicatesse et d’humanité

58 TABLEAU À LA LOUPE

Once upon a time, par Denny Bond.

DIFFUSION : Frédérik Favier,

05 49 90 09 19.

Messagerie : Presstalis RÉGLAGES ET CONTACTS DÉPOSITAIRES : Christelle Czornyj, tél. : 05 49 90 37 52. RESPONSABLE E-COMMERCE : Sonia Seince ABONNEMENTS : Nathalie Réveillon

PUBLICITÉ : régie Tahoma, Cédric Célestin,

06 24 38 66 21 - c.celestin@tahomafrance.com

ADMINISTRATION : Fabien Richard Principal actionnaire : Capelitis Groupe

Président : Jean-Paul Cyr

Présidente Diverti Éditions : Édith Cyr-Chagnon Imprimerie : MEGATOP, 13, avenue du Cerisier Noir 86530 Naintré L’envoi des textes ou photos implique l’accord des auteurs pour une reproduction libre de tous droits et suppose que l’auteur se soit muni de toutes les autorisations éventuelles nécessaires à la parution. Tous droits réservés pour les documents et textes publiés dans l’Art de l’Aquarelle. La reproduction

totale ou partielle des articles publiés dans l’Art de l’Aquarelle. sans accord écrit de la société Diverti Éditions est interdite, conformément à

N° 34

NOUVEAU

psycho/astuces/carrière/inspiration

Être femme et artiste : le challenge d’une vie?

Composition : 7 clés pour la réussir

Joseph Zbukvic : ses conseils pour rester créatif

K. Maling : donner de l’impact à ses œuvres

• K. Maling : donner de l’impact à ses œuvres Toutes les réponses aux questions que

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez réunies en un seul cahier. p 76 et suivantes

90

60

60 XI GUO

Teintée de mélancolie, la peinture de Xi Guo est une réflexion sur le cycle de la vie, reflet de la nature.

68 LEÇON DE PEINTURE

Alliant expressivité et délicatesse, élégance et modernité, les peintures florales de Jasmine Huang sont des jeux de forme où l’ensemble prime sur le détail.

72 RUHIYE YALGIN

La passion du détail anime cette artiste turque, qu’elle jette son dévolu sur des personnages, des objets ou des textures.

92 NOTRE LAURÉAT, EUGENIU GOREAN

Le gagnant de notre précédent concours lecteurs nous parle de son amour pour la peinture de plein-air.

96 APPELS À CANDIDATURES

La liste des prochains concours internationaux et tout ce qu’il faut savoir pour y candidater.

ET AUSSI

66

LIBRAIRIE

76

VOTRE

CAHIER TECHNIQUE

98 VOS PETITES

ANNONCES

Au sommaire de ADA 35

(sortie le 5 déc. 2017)

ALISA SHEA

Des œuvres hyperréalistes et rafraîchissantes qui combinent l’art et l’humain.

JUDY SALTZMAN

Une approche mêlant support photographique et multiples

couches d’aquarelle.

MARIE-FRANÇOISE INGELS

Comment et pourquoi libérer sa créativité.

www.lartdelaquarelle.com

la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. Les articles et photos non retenus ne sont pas renvoyés. La rédaction n’est pas responsable des textes, illustrations et photos qui lui sont communiqués.

Commission paritaire : 0917 K 90149. ISSN : 2103-2653. Dépôt légal à la date de parution. Trimestriel – N° 34 – Septembre-Novembre 2017. Abonnement France 1 an (4 n os ) : 27 . Abonnement Belgique : Service Abonnements Partner Press, 451, Route de Lennik,

1070 Bruxelles. Tél. : 02 556 41 40/Fax : 02 556 41 46. Web : www.viapresse.be. Compte bancaire :

IBAN : BE 93 2100 9808 7967 - BIC : GEBABEBB. Important ! Nous prions nos abonnés belges d’indiquer lisiblement sur le talon de versement leurs noms et adresses et de spécifier que l’abonnement est destiné à l’Art de l’Aquarelle.

Ce numéro comporte 3 encarts brochés p. 18, 66 et 82. L’Art de l’Aquarelle ISSN : 2103-2653 is published quarterly, 4 times a year (March, June, September,

December) by Diverti Éditions c/o Distribution Grid. at 900 Castle Rd Secaucus, NJ 07094, USA. Periodicals Postage paid at Secaucus, NJ. POSTMASTER: send address changes to L’Art de l’Aquarelle c/o Express Mag, P.O box 2769, Plattsburgh, NY

12901-0239.

Origine du papier : France Taux de fibres recyclées : 0% Certification : PEFC Eutrophisation :

Ptot 0.01 Kg/tonne

DENNY BOND

Ce maître de la composition nous explique ce qui marche… et ce qui ne marche pas.

Concours

lecteurs

Encore un excellent concours! Nous avons reçu une vaste sélection de peintures de très bonne qualité. Bravo à tous ceux qui ont participé. N’oubliez pas que, même si vous ne voyez pas votre œuvre dans ces pages, cela ne signifie pas qu’elle est mauvaise. Pour réussir dans quelque concours que ce soit, il faut surtout comprendre les raisons qui ont poussé les organisateurs à le mettre sur pied. En analysant simplement leurs intentions, vous allez augmenter vos chances de réussite et, de surcroît, profiter pleinement de l’occasion. Certains concours existent pour attirer de nouveaux artistes, pour favoriser l’émergence de nouveaux styles, pour encourager les artistes à produire des œuvres de très grande qualité ou à être encore plus créatifs. L’Art de l’Aquarelle est le plus prestigieux magazine d’aquarelle du monde. Il est publié en français et en anglais (The Art of Watercolour) et distribué dans 36 pays. Notre concours n’est pas une exposition. Notre motivation est très simple : nous souhaitons inciter les artistes à produire des œuvres de très grande qualité et les publier ensuite pour qu’ils puissent profiter d’une visibilité internationale grâce à notre magazine. Notre action n’est pas seulement profitable aux lauréats, mais devrait inspirer d’autres artistes à viser encore plus haut. C’est pour cette raison qu’il y aura toujours une diversité de styles, de sujets et de techniques parmi les peintures sélectionnées, ainsi que des approches différentes en termes de couleurs et de valeurs. Si nous recevons 10 portraits magnifiques, nous ne pouvons pas tous les publier. Nous nous efforçons d’illustrer la qualité du travail actuel, mais également la diversité. Si vous souhaitez augmenter vos chances de voir votre œuvre dans ces pages ou de gagner un prix, c’est quelque chose à garder à l’esprit.

Janine Gallizia

LES CHOIX DU JURY

Janine Wiget

Escargots au repos. 2017. 36 x 24 cm.

Un sujet intéressant avec un choix sympa de fond et de palette. Un peu plus d’ombre sur les coquilles donnerait plus de lumière et de profondeur, sinon, très bien !

Anne-Marie Alicot

Regard de jaguar. 2015. 50 x 70 cm

Un bon portrait animalier. Le résultat est bien, mais attention à ne pas trop séparer le fond du sujet ; cela crée un effet copié/collé. Sinon, belle peinture !

François Durand

Méli-vélo. 2012. 48 x 71 cm.

Une bonne illustration de la patience ! Cette peinture est très bien, mais rien ne se détache concrètement de l’ensemble ; il nous manque un point principal qui donnerait beaucoup plus de force à cette peinture.

Alexis Le Borgne

Underwater World II. 2017. 61 x 46 cm.

Un sujet extrêmement difficile ! Mais l’effet sous l’eau est très bien rendu, félicitations. Le jeu des bleus est bien maîtrisé et bien pensé, et la composition nous invite et nous tire en avant pour en découvrir davantage.

CONCOURS LECTEURS

PREMIER

PRIX

Jean-Louis Thibaut

Portrait d’Yves. 1990. 95 x 76 cm.

Un portrait superbe qui montre un savoir-faire qui se respecte. L’attention aux détails qui permet de sentir les différents types de tissus vestimentaires, le volume des poches au-dessus des yeux et la rondeur de la cigarette entre les lèvres, l’épaisseur du béret en cuir… La composition est classique, mais même si le personnage est centré sur la feuille, tout est décalé ou coupé pour éviter une symétrie qui le rendrait ordinaire. Son regard est parfait ! Une belle peinture.

NOS COUPS DE CŒUR

Françoise

Tolbiac

Labour labeur. 2017. 45 x 60 cm.

Alain Rolland

Flânerie nocturne.

2017.

33 x 48 cm.

Régis Coulomb

Torrent du Pleynet II. 2047. 46 x 28 cm

Olivier

Surin

Instant,

Carnaval

du Roeulx.

2017.

42 x 31 cm

Anne-Marie Cassière

Sylvain. 2011. 30 x 42 cm.

CONCOURS LECTEURS

Patrick

Laureys

Clairière. 2017. 40 x 50 cm.

Robert Scholer

Sarada. 2015. 40 x 30 cm.

Théo Cathelinais

Chez Huguette. 2017. 29 x 41 cm

Date limite de participation au prochain concours :

5 novembre 2017 à minuit

Pour finir, et bien que toutes ces peintures soient excellentes, nous constatons une tendance très nette : la plupart des artistes font des efforts délibérés pour être « différents », créatifs » et « originaux ». N’essayez pas d’être extravagant et merveilleux dans le seul but de vous faire remarquer – soyez sincère, car c’est dans la sincérité que nous trouvons la vraie beauté. C’est pour cette raison que nous allons conserver un thème libre pour le prochain concours ; présentez juste le meilleur de vous-même. Bonne peinture à tous ! Janine Gallizia

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FUTURES À redaction@lartdelaquarelle.com

R

Ce concours est ouvert à tous les lecteurs de l’Art de l’Aquarelle âgés de 18 ans et plus résidant dans n’importe quel pays du monde. Il est limité à une seule participation par personne pour chaque numéro.

Participer à ce concours ne peut s’effectuer que par voie électronique. Pour cela, vous devez vous rendre sur le site www.lartdelaquarelle.com et cliquer sur l’onglet « Concours l’Art de l’Aquarelle ».

Les peintures réalisées 100 % à l’aquarelle sont acceptées, mais aussi celles dont la réalisation a nécessité l’utilisation d’autres techniques, à condition que la technique de l’aquarelle soit dominante dans l’œuvre.

Il n’y a pas de taille minimale pour les œuvres ni de taille maximale. Aucun format n’est imposé.

Pour participer, chaque candidat doit renseigner le formulaire proposé en ligne et joindre les documents listés ci-dessous :

• Une photo en format numérique de bonne qualité présentant l’aquarelle choisie pour participer au concours (dimension 10 x 15 cm en 300 DPI minimum, sous le format JPEG exclusivement). Le poids de chacune des images ne doit pas dépasser 10 Mégaoctets. Meilleure sera la qualité des images, meilleures seront vos chances d’être sélectionné(e)s.

Concouurs

lecteurs

Michel Michaux

L’Inconnu, 50 x 65 cm

Participer a des concours, c’est sympa et ça nous permet d’apprendre beaucoup de choses si on est attentif. Par contre, on ne sait jamais réellement pourquoi notre travail est sélectionné : est-ce l’ensemble de l’œuvre qui a plu au juge ? Ou certains éléments sont-ils plus réussis que d’autres, et lesquels ? Vos peintures ont-elles été sélectionnées car celles des autres étaient moins réussies ? Et comment savoir? Si on expliquait tout cela, on pourrait améliorer nos points faibles, mais dans les concours, vous n’avez jamais les réponses à vos questions ; c’est-à-dire jamais avant aujourd’hui !

C’est en travaillant sur nos propres faiblesses qu’on progresse le plus, mais la plupart des gens n’ont pas les moyens de les identifier. Attention cependant : ce n’est pas parce que je propose un commentaire sur une œuvre qu’elle est forcément plus faible que les autres. J’en signale juste quelques-unes pour vous aider à mieux

Cette peinture est intéressante animée et fa t sourire Il y a une belle harmon e de couleurs et de contrastes Ma sug est on à l’artiste sera uste de fa re attent on à ce que ’appel e des formes malheureuses C’est à dire les formes qui sont créées par la présence d’autres formes L’alignement est trop systématique ci ce qui montre une faib esse de vision au n veau de la compos ti on mais e reste est très b en Mon commentaire est un peu dur ma s toujours dans e but d’aider à progresser

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• La photo de l’œuvre doit être accompagnée du nom

de son auteur, de son adresse e-mail, du titre de l’œuvre, du format (hauteur x largeur), de l’année de réalisation

et de la technique utilisée.

• Une photo portrait de l’auteur de bonne qualité

(dimensions 10 x 15 cm, en 300 DPI minimum, sous le format JPEG exclusivement).

• Les coordonnées complètes du candidat : nom, prénom,

âge et date de naissance, adresse, code postal, ville, pays,

téléphone et adresse e-mail.

• Le candidat doit cocher l’autorisation de reproduction des

photos transmises (œuvre et portrait) dans les magazines l’Art de l’Aquarelle et The Art of Watercolour, sur les sites www.lartdelaquarelle.com et www.artofwatercolour.com, ainsi que sur les sites web partenaires du concours.

• Le candidat doit cocher la déclaration sur l’honneur

précisant que la reproduction de la peinture transmise est le fruit de son travail original. Original signifie que l’œuvre n’est pas une copie/contrefaçon d’une autre œuvre, et que si elle a été réalisée d’après photo, cette dernière a été prise par l’artiste-candidat lui-même ou qu’il a obtenu l’autorisation de l’auteur de la photographie pour sa reproduction en peinture.

Un jury procédera à la sélection du lauréat.

Les candidats retenus seront publiés dans le magazine de décembre 2017 (n° 35). Le lauréat bénéficiera d’un article publié dans le numéro de mars 2018 (n° 36).

Le 5 novembre 2017 à minuit.

ACTUALITÉS FRANCE

AIGUILLON (47)

FESTIVAL INTERNATIONAL CONFLUENCES

Photo des 4 aquarellistes péruviens invités d’honneur du Festival Confluences : Leonel Ever Pamo Quiroga, Dario Percy Callo Anco, David Cesar Villalba Quispe et Guzman Emilio Huanca Ynariko

Les Drapeaux du peuple. 55 x 35 cm

C e Salon, tourné aussi bien vers l’aqua- relle que vers le carnet de voyage, conti-

nue de rassembler à chaque édition une fine sélection d’artistes d’horizons divers. Côté aquarelle : Roland Palmaerts et 4 aqua- rellistes professionnels péruviens issus des Beaux-Arts d’Arequipa : Leonel Ever Pamo Quiroga, Dario Percy Callo Anco, David Cesar Villaba Quispe et Guzman Emilio Huanca Yanariko, qui seront les invités d’honneur de cette édition. Et côté carnets de voyage, Céline Roussel et Samuel Chardon seront mis également

à l’honneur. Au total, ce ne sont pas moins de 55 artistes qui seront exposés, soit un total de 250 aquarelles et de plusieurs cen- taines de carnets de voyage. À noter que de nombreuses animations et démonstrations seront dispensées. Retrouvez toutes les informations sur le site de la manifestation.

RENSEIGNEMENTS Festival International Confluences Musée Raoul Dastrac (3 salles d’exposition) www.aquarelleaiguillon.com

VINCENNES (94)

9 E SALON DE VINCENNES AQUARELLE

V incennes Aquarelle présen- tera son 9 e Salon au mois de

novembre. Les deux invités d’hon- neur en sont Reine-Marie Pinchon et David Chauvin, tous deux bien connus de nos lecteurs. Chacun présentera au public une vingtaine d’œuvres et animera par ailleurs un stage, sur le thème « Aller plus loin dans les tech- niques à l’eau » pour la première, et sur celui « Des rues et des paysages » pour le second.

RENSEIGNEMENTS 9 e Salon Vincennes Aquarelle Salle des Fêtes Mairie de Vincennes http://vincennes.aquarelle.free.fr/

POUILLY-LES-NONAINS (42)

UN WEEK-END SOUS LE SIGNE DE LAQUARELLE!

A utour de l’invité d’honneur, Igor Sava, exposeront entre

autres Didier Brot, Jane Coppere, Violaine Abbatucci, Isabelle Corcket,

Magali Dion-Novak, Franck Rollier, Ekaterina Sava, Franck Hérété et Franck Perrot, soit en tout 45 artistes. Des démonstrations gratuites auront lieu tout au long de la manifestation et le tirage de la tombola le dimanche après-midi.

RENSEIGNEMENTS 12 e festival d’aquarelle de Pouilly-les- Nonains http://festival.aquarelle.over-blog.com

Igor Sava, The Bicycle, 75 x 55 cm

GAILLON (27)

Reine-Marie Pinchon,

Zion, aridités

AQUARELLEURE 2018

V ous souhaitez participer en tant qu’artiste au festival

Aquarell’Eure 2018, à Gaillon, lequel aura lieu au mois de mai prochain ? Sachez que vous avez jusqu’à la fin du mois de septembre pour fina- liser votre inscription. Toutes les informations sont disponibles sur le site de l’association. Si deux artistes sont cette année invités d’honneur, leurs noms n’ont pas encore été dévoilés à l’heure où nous mettons sous presse.

RENSEIGNEMENTS

adagge.fr/

aquarelleure-2018/

Date limite

d’inscription :

Par Laurent Benoist. Photos : D. R. (sauf mentions).

COËX (85)

6 E RENDEZ-VOUS DE L’AQUARELLE DE COËX

G roupés autour de l’invitée d’honneur, Martine Vanparijs (Belgique), exposeront les artistes suivants : Carine Minguet

(Belgique), Fernand Thienpondt (Belgique), Pierre Valaincourt

(parrain de l’association), Corinne Izquierdo, Christine Créhalet, Nadine Dieulefit, Adrien Coppola, David Chauvin, Thierry de Marichalar, Danny Gaboriau, Annie Chauwin ainsi que les adhé- rents de l’association Palettes

et Pinceaux. Des démons- trations d’artistes auront lieu tout au long du week-end. Un rendez-vous sous le soleil de Vendée à ne pas manquer!

RENSEIGNEMENTS Salles du Parc, Rond-point de l’Atlantique. E-mail : minie9453@hotmail.fr

Aquarelle de Martine Vanparijs.

PARIS (75)

PIERRE-JOSEPH REDOUTÉ, LE POUVOIR DES FLEURS

P our la première fois en France, une exposition conséquente au musée

de la Vie romantique, à Paris, et en col- laboration avec le Museum d’histoire naturelle, dévoile comment l’œuvre de Pierre-Joseph Redouté, peintre botaniste surnommé le « Raphaël des fleurs », a contribué au dévelop- pement des sciences naturelles. Les œuvres de Pierre-Joseph Redouté sont si détaillées que l’on a le senti- ment que l’on pourrait cueillir chaque pétale de ses fleurs. Son influence se fait encore sentir aujourd’hui. Peintre officiel de Marie-Antoinette et de l’im- pératrice Joséphine, sans doute nul autre artiste que lui a réussi à rendre avec une telle acuité la beauté éphé- mère des fleurs. À noter que l’expo- sition est prolongée jusqu’à la fin du mois d’octobre.

Pierre Joseph Redouté

(1759-1840),

Fritillaire impériale dans Les Liliacées par Augustin Pyrame de Candolle, Pierre-Joseph Redouté, François de Laroche, Alire Raffeneau-Delile, Paris,

1802-1816.

Paris, MNHN, direction des Collections, Bibliothèque centrale © Muséum national d’Histoire naturelle / Dist. RMN.

RENSEIGNEMENTS Musée de la Vie romantique Hotel Renan-Scheffer 175009 Paris http:// museevieromantique. paris.fr/fr

REIMS (51)

12 E EXPOSITION INTERNATIONALE D’AQUARELLES AQUATUOR

RENSEIGNEMENTS Maison diocésaine Saint Sixte, www. aquarellereimsevenement. com/index.php

Q uatre artistes aux tempéraments et aux expressions différents

ont été invités par Aquarelle Reims

Événement à exposer dans la capitale champenoise. Il s’agit de David Poxon (Angleterre), Diane Boilard (Québec), Naomi Tydeman (Pays de Galles) et Pierre Tougas (Québec). Un des points forts de cette manifestation sera la démonstration publique de David Poxon et Pierre Tougas le vendredi 29 septembre à 14 h 30. L’exposition est quant à elle ouverte tous les jours de 10 à 18 heures. Les aquarelles réalisées durant les démonstrations seront offertes au public après tirage au sort.

David Poxon, It’s my party.

E T

AUSSI

82 E SALON DE

LA SOCIÉTÉ DES AQUARELLISTES

LYONNAIS

Sont invités uniquement les sociétaires.

Le Salon est ouvert tous les jours de 10 h à 12 h et de 15 h à 19 h, les week-ends de 10 h à 19 h sans interruption. Espace Berthelot

69007 Lyon

www.societe-des-aquarellistes-lyonnais.com Salon du 11 au 27 novembre 2017

DE POUSSIN À CÉZANNE, CHEFS- DŒUVRE DU DESSIN FRANÇAIS DE LA COLLECTION PRAT

Fondation Bemberg

Hôtel d’Assézat

31000 Toulouse

Tél. : 05 61 12 06 89 E-mail : accueil@fondation-bemberg.fr. Exposition jusqu’au 1 er octobre 2017

12 E EXPOSITION ET SYMPOSIUM DE L’EUROPEAN CONFEDERATION OF WATERCOLOUR SOCIETIES

Salamanque, en Espagne. Organisé par l’AEDA (Agrupación Española de Acuarelistas). Symposium du 26 septembre au 1 er octobre 2017

EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ DES AQUARELLISTES DE BRETAGNE

Invités d’honneur : les membres bigoudens de la Société des Aquarellistes de Bretagne Invités : les membres de Montgermont, des antennes de Guidel et de Guipavas. Plusieurs démonstrations d’aquarelle auront lieu le 2 décembre de 14 h 30 à 17 h. Infos pratiques :

Ouvert tous les jours de 14 h 30 à 18 h, sauf les jeudis de 10 h à 12 h 30. Sous-sol du Château Place de l’Europe Pont-l’Abbé www.societedesaquarellistesdebretagne.org Salon du 25 novembre au 10 décembre 2017

ACTUALITÉS MONDE

ITALIE

AQUARELLE EUROPÉENNE

L ’Associazione Italiana Acquerellisti (AIA)

organise une exposition dans le cadre magnifique de Castello Visconteo, à Abbiategrasso, près de Milan. Quatre-vingt-dix pein- tures des membres de la société italienne, ainsi que 30 aquarelles d’artistes de la Société Française de l’Aquarelle, de la Deutsche Aquarell Gesellschaft et de la Agrupación de Acuarelistas Vascos voisineront avec les fresques de l’ancien palais médiéval. Le but de cette exposition est de montrer la diversité de styles en aquarelle non seulement en Italie, mais aussi dans les différents pays invi- tés à cette occasion. Des démonstrations publiques auront lieu le 21 octobre et le 12 novembre.

RENSEIGNEMENTS Associazione Italiana Acquerellisti Castello Visconteo Abbiategrasso Milan www.acquerello-aia.it

RENSEIGNEMENTS

Waterworks: Western

Ohio Watercolor

Society 2017

Exhibition

Springfield Museum

of Art

Springfield, Ohio.

ÉTATS-UNIS

43 E EXPO ANNUELLE DE LA WESTERN OHIO SOCIETY

L a 43 e exposition annuelle de la Western Ohio Watercolor Society présente 76 nouvelles œuvres, toutes créées

à l’aquarelle. Cette exposition avec jury présente l’aqua- relle dans toute sa diversité technique et couvre un large éventail de thèmes, y compris le paysage, le portrait et la nature morte. Fondée en 1974, la Western Ohio Watercolor Society s’efforce de promouvoir le milieu de l’aquarelle et de fournir des opportunités éducatives pour le public. Cette exposition démontre l’ampleur et la pertinence de l’aqua- relle comme moyen d’expression artistique.

Premier prix :

Rhonda Sloan, Adkins’ Acres, 35,5 x 48,2 cm.

JAPON

THIERRY DUVAL EXPOSE AU JAPON !

Un petit matin, toit de Paris, 33 x 41 cm.

L ’artiste français, épris de Paris, exposera à deux reprises au Japon cet automne, où il se rendra. C’est toujours avec un

souci extrême du réalisme et une attention particulière portée à la lumière et ses effets qu’il entreprend ses œuvres. À noter également son compte Instagram très actif où il dispense de nombreuses astuces : tension du papier, bonne utilisation du liquide à masquer, ses outils, ses pinceaux, sa palette, son papier, etc. Comme il le dit lui-même : « Vous pourrez ainsi découvrir l’élaboration de mon process créatif de A à Z, de la feuille blanche jusqu’à l’aquarelle terminée ! » À ne pas manquer : www.ins- tagram.com/thierryduvalaqua/

RENSEIGNEMENTS Exposition à Isetan Shizuoka Exposition à Tobu Funabashi

ÉTATS-UNIS

AMERICAN WATERCOLOR SOCIETY

D epuis plus d’un siècle, l’American Watercolor Society expose le meilleur de l’aquarelle amé-

ricaine. Fondée en 1866, elle a compté parmi ses membres certains des meilleurs praticiens. Chaque année, la société organise une exposition avec jury ouverte aux artistes du monde entier. Après une pre- mière exposition à New York, l’exposition itinérante traverse les États-Unis. De nombreux prix sont dis- pensés et cette année Chien Chung-Wei, Elaine Daily- Birnbaum et Dean Mitchell, parmi bien d’autres, ont été récompensés.

RENSEIGNEMENTS EXPOSITIONS Mooresville Art Mooresville, NC 28115 www. americanwatercolorsociety .org

Wassenberg Art Center Van Wert, OH 45891

Peter Jablokow, Scissor Bridge, 66 x 104 cm. Cette année, Peter Jablokow a reçu le prix Joan Ashley Rothermel Memorial d’une valeur de 1 000 dollars.

HONG KONG

KONSTANTIN STERKHOV

L ’aquarelle est véritablement une confrérie inter- nationale ! Pour preuve, Konstantin Sterkhov va

avoir l’honneur d’être un des premiers artistes russes à donner un stage en Asie, lors d’une exposition de ses aquarelles à Hong Kong. Et qu’en pense l’artiste ? « Bien que je me considère comme un aquarelliste tradi- tionnel, je suis également d’accord avec l’idée que la fin doit justifier les moyens. De par ma formation académique, je suis toujours en train de chercher de nouvelles approches techniques, surtout lorsque j’enseigne. » Les aquarelles de Konstantin Sterkhov sont ainsi des instantanés, avec des personnages saisis dans toute la banalité et la poésie du quotidien.

RENSEIGNEMENTS Cawaj Arts Gallery 23 Square Street Sheung Wan, Hong Kong

GRANDE-BRETAGNE

William Henry Hunt, The Gardener.

WILLIAM HENRY HUNT

L ’artiste anglais (1760-1864) fut un des aqua- rellistes les plus prolifiques et appréciés de la

bonne société de l’époque victorienne. Il com- mença à exposer ses aquarelles dès 1814, en tant que membre de la Old Water-Colour Society. Ses tableaux de nids et d’oiseaux étaient tout particu- lièrement appréciés. L’exposition du Courtauld Institute s’attache, grâce à une sélection d’œuvres en majeure partie issue de sa collection, à dévoiler une autre facette de son œuvre : la représentation des hommes et des femmes de la campagne, vaquant à leurs tâches quotidiennes. Ces aqua- relles de William Henry Hunt, peintes pour la plu- part entre 1825 et 1845, sont ainsi un précieux témoignage de la transformation que connais- saient alors la campagne et les villes européennes.

RENSEIGNEMENTS William Henry Hunt : Country People Courtauld Institute Londres WC2R 0RN

Sunny side of the street. 2016. 21 x 29 cm.

GRANDE-BRETAGNE

SUSSEXWATERCOLOUR

SOCIETY

C ette année marque le 40 e anniversaire de la Sussex Watercolour Society. Plusieurs membres de

cette société font également partie du Royal Institute of Painters in Water Colour ainsi que de la Royal Watercolour Society. Citons ainsi Nick Osborn, Peter Amos ainsi que Shirley Trevena (que vous pouvez retrou- ver par ailleurs dans notre dossier consacré aux femmes artistes en page 76). Tous les artistes exposeront ainsi leurs œuvres cet automne dans ce qui promet d’être une exposition éclectique !

RENSEIGNEMENTS Sussex Watercolour Society Oxmarket Gallery, Chichester West Sussex PO19 1YH www.sussexwatercoloursociety.com

Shirley Trevena, Tall Black & White Plant Pot

T

AUSSI

MASTERS OF WATERCOLOUR 2018, ST PETERSBURG

La prochaine édition de Masters of Watercolour aura lieu en février prochain, du 1 er au 28, toujours à Saint-Pétersbourg, en Russie. La précédente édition avait réuni plus de 15 000 visiteurs et offrait un remarquable aperçu de l’aquarelle contemporaine à travers le monde. Nous y reviendrons plus en détail dans le numéro prochain. Du 1 er au 28 février http://watercolormasters.com

SOCIETY OF BOTANICAL ARTISTS

L’exposition annuelle de la Society of Botanical Artists (SBA) britannique a cette année pour thème le changement des saisons. Si un grand nombre de techniques sont autorisées, un grand nombre d’aquarelles seront exposées

à Londres (Grande-Bretagne).

Du 13 au 21 novembre 2017. www.soc-botanical-artists.org/

SUNDAY TIMES WATERCOLOUR COMPETITION 2017

Ce concours, qui récompense l’excellence et l’originalité en aquarelle, attire de nombreux artistes. Les lauréats seront exposés aux Mall Galleries de Londres en septembre. Du 19 au 24 septembre 2017 https://sundaytimeswatercolour.org/

AQUARELLES

VICTORIENNES

L’Art Gallery of New South Wales présente des artistes australiens de tout temps. Pour découvrir des aquarelles de l’époque victorienne, rendez-vous à Sydney. Exposition jusqu’au 3 décembre 2017 www.artgallery.nsw.gov.au

LES AQUARELLES DE JOHN SINGER SARGENT

La Dulwich Picture Gallery de Londres

présente la première exposition consacrée

à Sargent au Royaume-Uni depuis presque 100 ans. Un must-see ! Exposition jusqu’au 8 octobre 2017 www.dulwichpicturegallery.org.uk/

LE TOUR DU MONDE DES SOCIÉTÉS

La SFA s’expose

À LOCCASION DE LA 18 E EXPOSITION NATIONALE DE LA SFA À SANARY-SUR-MER, NOUS AVONS INTERROGÉ DANIÈLE FABRE, VICE-PRÉSIDENTE DE LASSOCIATION, POUR EN SAVOIR PLUS.

L’Art de l’Aquarelle : Comment s’est effec- tué le choix des artistes et des œuvres pour cette exposition? Danièle Fabre : Ce sont les artistes de la SFA qui décident de participer ou non aux expositions que leur conseil d’admi- nistration propose. Les artistes sociétaires choisissent eux-mêmes leurs œuvres, les artistes non sociétaires proposent leurs aquarelles à notre commission de sélec- tion, composée de 6 artistes de la SFA et de 2 personnalités extérieures. La commission de sélection choisit aussi les œuvres des artistes membres des socié- tés régionales que nous invitons.

ADA : Combien de temps demande la pré- paration d’une telle manifestation? D. F. : Au minimum un an. Cela commence par les négociations avec les gestion- naires des lieux, puis par l’information vers nos membres. Dans les quelques mois qui précèdent le vernissage, nous travaillons à la création des supports de communication (affiches, invitations, flyers, etc.). Lorsque nous connaissons le nombre d’artistes participants, nous calcu- lons le métrage que nous pouvons allouer à chacun, puis organisons les stages, les conférences et autres animations. Ensuite, nous suivons la procédure pour la sélec- tion des œuvres. Depuis l’année dernière, nous proposons une inscription en ligne à nos membres. Cela demande tout autant de travail, mais il y a moins d’erreurs et les données informatisées nous permettent

« C’est l’un de nos membres qui a signalé la possibilité d’exposer à Sanary-sur-Mer. D’abord, il y a l’attrait du sud de la France, pas seulement pour son soleil, mais aussi parce que l’on sait qu’il y a de nombreux amateurs d’art dans cette région. »

de mieux traiter toute la communication nécessaire à ce type d’évènement.

ADA : La SFA existe depuis maintenant presque quinze ans, puisqu’elle a été créée en 2003. En quoi a-t-elle changé ou évolué depuis ses débuts?

D. F. : À sa création, elle comptait une

dizaine de membres, actuellement nous sommes 77. La sélection des candidats qui postulent pour nous rejoindre est très rigoureuse : si une très bonne maîtrise de l’aquarelle est exigée, l’artiste doit aussi et surtout avoir une écriture très personnelle.

ADA : Quels sont vos critères de sélection?

D. F. : C’est un sujet délicat, qui a beaucoup

évolué depuis 2003. Nous avons par exemple intégré à notre commission de sélection des personnalités extérieures à la SFA : cela permet une plus large ouver- ture et un regard moins spécialisé qui apporte un surcroît d’objectivité. Nous en discutons régulièrement, notamment lors de nos Rencontres, un rendez-vous annuel qui aura lieu cette année à Sanary.

Muriel Buthier- Chartrain, Impressions Stradbroke. 43 x 43 cm.

ADA : Quel regard portez-vous sur l’évolu- tion du monde de l’aquarelle ? D. F. : De plus en plus d’expositions sont proposées chaque année. Il y a un réel engouement pour l’aquarelle actuelle- ment et une volonté des peintres de défendre le choix qu’ils ont fait en utili- sant ce médium plutôt qu’un autre. Si son image s’est améliorée, l’aquarelle peine encore à être considérée à l’égale d’une peinture à l’huile ou acrylique. Il y a encore beaucoup à faire et nous devons rester vigilants face à cette évolution si nous voulons qu’elle aille dans le bon sens. Malheureusement, les lieux d’exposition ne sont pas toujours à la hauteur, les frais

Annie Chemin, Lumière en coings. 28 x 18 cm.

« La galerie d’exposition est grande, belle et très bien située, à quelques mètres du port. Ce très beau lieu nous est gracieusement prêté par la mairie de Sanary qui prend aussi à sa charge les affiches, les invitations et le vernissage, ce qui nous permet de ne pas exiger de nos membres des frais d’exposition trop lourds – ce qui est un critère très important pour nous, car les artistes peintres sont généralement trop sollicités financièrement lorsqu’ils exposent. »

Danièle Fabre, Printemps.

Sonia Privat, Moinillons à Bodnath. 110 x 130 cm.

Marie-Hélène Stokkink, L’Amour des moutons. 40 x 50 cm.

LE RÔLE DE LA SFA AU SEIN DU PAYSAGE NATIONAL ET INTERNATIONAL DE LAQUARELLE

« Nous voulons montrer une aquarelle contemporaine de qualité. Nous voulons défendre la diversité des écritures et le respect des artistes. Nous espérons avoir un rôle de plus en plus fédérateur au sein du paysage national, nous avons commencé à inviter les sociétés régionales lors de nos expositions pour les faire connaître et les soutenir. Nous travaillons aussi à montrer une aquarelle française à l’international via différents échanges avec la Confédération des Sociétés Européennes d’Aquarelle (ECWS), mais aussi Mexico, San Diego. La grande Exposition Européenne que nous avons organisée à Avignon en 2016 a eu un très grand succès. Le public très nombreux a été particulièrement intéressé de voir les influences et les orientations artistiques de chaque pays. Il a aussi beaucoup complimenté la diversité et la qualité du travail des artistes français. Une des orientations importantes de notre association depuis trois ans est une plus grande ouverture aussi bien vers les associations régionales (nous invitons désormais l’association la plus proche géographiquement lors de chacune de nos expositions nationales) qu’au niveau international :

en 2017, la SFA est présente à Mexico, à Salamanque, à Milan et à San Diego. En 2018, nous avons un projet d’échange avec les aquarellistes du Canada, deux expositions : l’une à Toronto et l’autre à Avignon. Au-delà de la grande convivialité de ce moment et de notre assemblée générale qui s’y déroule, nous y organisons depuis quatre ans des tables rondes qui nous permettent de débattre ensemble de sujets ayant trait à notre métier, de l’avenir de la SFA et de celui de l’aquarelle. Notre site, entièrement géré par deux de nos membres, s’est étoffé de façon significative depuis deux ans et est devenu un véritable outil professionnel. Il nous a permis d’améliorer considérablement notre communication et notre organisation. Il contient un espace réservé et sécurisé pour les artistes de la SFA où ils peuvent s’inscrire aux diverses activités, communiquer, débattre et aussi s’organiser entre eux (covoiturage par exemple). Nous avons démarré l’année dernière un partenariat avec Sennelier- Raphaël et Canson, prometteur de jolis projets. Nous sommes très fiers d’avoir obtenu en 2016 le statut “d’association reconnue d’intérêt général” auprès de l’État, ce qui nous encourage à aller dans la direction d’une organisation de plus en plus professionnelle. Ajoutons que la SFA est une association d’artistes, tous bénévoles pour la gérer. »

d’exposition restent élevés et, surtout, les ventes sont trop rares. La multiplicité des Salons d’aquarelle, tels qu’ils existent actuellement, finit par banaliser ces événe- ments et peut les amener à se scléroser. La SFA réfléchit et échange beaucoup sur ce sujet : nous pensons que l’abondance, voire l’excès de « démos » dans toutes les manifestations ne rend service ni au public ni aux peintres. Les artistes, le plus souvent, se sentent de plus en plus désar- més face à ce diktat des démonstrations et à la faible rémunération de leur travail. Nous pensons que la réussite d’une expo- sition est d’abord liée à la qualité de ses œuvres. Nous sommes conscients que

les échanges avec le public sont égale- ment importants. Mais notre public ne doit pas être réduit aux seuls amateurs

d’aquarelle. Nous devons attirer un public plus large, amateur de peinture, et plus généralement d’art. Nous devons propo- ser des échanges plus variés, plus origi- naux, mais aussi défendre la démarche et

le travail des artistes.

ADA : Parlez-nous de quelques temps forts

dans l’histoire de la SFA… D. F. : L’organisation de l’exposition et du symposium ECWS, l’an dernier à Avignon,

a été un tournant : nos membres y ont

quasiment tous participé, nous avons reçu

les œuvres de 180 peintres de 14 pays d’Europe, 250 personnes ont participé au symposium. Les membres des socié- tés européennes ont ainsi pu découvrir le travail des artistes de la SFA, et les artistes français ont pu découvrir le pano- rama de l’aquarelle européenne, avec ses tendances très marquées. Avec l’impact important de cet événement, notre asso- ciation a pu prouver ses compétences artistiques, mais aussi sa capacité de ges- tion et d’organisation. Nous avons amé- lioré la communication interne et de nom- breuses idées émergent. Il y a beaucoup à faire et à inventer pour faire grandir l’aqua- relle dans le paysage artistique.

R ETOUR SUR

Brioude au rythme del’aquarelle

LA BIENNALE DE BRIOUDE A UNE NOUVELLE FOIS ATTIRÉ UN GRAND NOMBRE DE VISITEURS, SÉDUITS PAR LORIGINALITÉ DUNE EXPOSITION ENTIÈREMENT OUVERTE SUR LA VILLE.

Les visites décalées en compagnie des Tisseurs de mots ont permis d’évoquer autrement les œuvres des artistes.

La Biennale d’aquarelle de Brioude s’est tenue cette année du 12 au 25 juil- let. Fidèles au concept d’une aquarelle ouverte à des approches différentes et à une exposition pensée en une douzaine d’espaces disséminés dans le joli centre ancien de la petite ville auvergnate, les organisateurs ont convié à cette édi- tion 38 aquarellistes, 3 carnettistes et 2 artistes performeurs, auxquels se sont joints des artistes animateurs. Les visi- teurs ont ainsi pu découvrir les œuvres de 22 nouveaux exposants, 20 artistes étrangers, soit 12 pays représentés. Proposée depuis 2003, la Biennale de Brioude mobilise près de 150 béné- voles, qui ont une nouvelle fois travaillé avec ferveur à la réus- site d’un événement ponctué de nombreuses animations. Démonstrations, stages et ini- tiations, conférences, perfor- mances, animations nocturnes, Extrabiennales rayonnant dans tout le département de la Haute- Loire… À travers une proposition variée, des entrées vers l’art adaptées à tous (une large place était réservée aux scolaires), le public a pu apprécier des facettes très différentes de l’aquarelle contemporaine, grâce à l’impli- cation conjointe de l’association organisatrice, de la municipalité et des artistes. La 8 e Biennale de Brioude aura une nouvelle fois été un événement taillé sur mesure pour les amoureux de l’aquarelle. Retour en images.

Sylvette Jacquet, Nadine Chateauneuf et Éliane Sauvan, coprésidentes de l’association Festival d’aquarelle.

Pour aborder cette 8 e édition, un spectacle a été proposé afin de permettre le croisement des arts, cher aux organisateurs de la Biennale de Brioude.

Les Extrabiennales sont un projet d’expression artistique proposé à plus de 50 classes d’écoles, collèges et lycées du département de la Haute- Loire — soit 1 200 élèves — en lien avec la Biennale de Brioude. Thème de l’expo 2017 : « Ceci est une fenêtre ».

La fresque évolutive de Donna Acheson-Juillet. Plus de 200 festivaliers ont participé à cette œuvre collective, qui a pris la forme de 205 carrés de 10 x 10 cm. Point de départ de la composition géante :

une petite aquarelle de Donna représentant un cerf.

Au cours de l’une des 55 démos de la Biennale, avec Anne Christophe.

Au fil de l’exposition :

à l’espace 1 aménagé dans l’école Jean- Pradier, Jean-Luc Decron s’est tenu à la disposition de ses nombreux visiteurs.

Quatre artistes de la SFA, Dominique Gioan, Donna Acheson- Juillet, Joëlle Krupa et Marie-Hélène Stokkink, ont proposé une « Aventure picturale à quatre mains » (1 h 30), accompagnée en musique par le pianiste de jazz Paul Gioan. Une première du genre, très appréciée du public.

La boutique de la Biennale : un passage presque obligé pour les visiteurs…

Invitée à Brioude en tant qu’artiste performeur, Marie-Gilles Le Bars proposait une installation composée de feuilles de papier artisanal aquarellé suspendues à des arbres, dans la cour de l’école Sainte-Thérèse.

Une journée pour croquer les rues de Brioude en compagnie d’artistes carnettistes.

RENSEIGNEMENTS

Lors des Nocturnes de la Biennale, adultes et enfants ont pu expérimenter la pratique de l’aquarelle en compagnie d’artistes exposants tirés au sort. Ici, avec Eth de Melaou, Daniel Hardyns et Emmanuelle Brunet.

La 8 e Biennale d’aquarelle de Brioude s’est tenue du 13 au 25 juillet 2017. Les dates pour la 9 e édition ne sont pas encore connues ; nous vous invitons à vous rendre régulièrement sur le site de la manifestation :

www.biennale-aquarelle.com

TEXTE ET PHOTOS : ELSA COLIN

RÉVÉLATIONS

Pierre Mach / France

DATES CLÉS

Naissance à Perpignan Se consacre à l’aquarelle 1 er Prix d’aquarelle de la ville de Cabestany Invité d’honneur au palais des congrès de Perpignan Invité d’honneur au Musée des arts à Thuir Festival animalier « Delta birding Festival », Espagne 32 e Festival ornithologique de Ménigoute

CONTACT

www.peinture-animaliere.com

Chouette de Tengmalm. Aquarelle, 36 x 51 cm

Spatule blanche. Aquarelle, 60 x 40 cm.

La nature et le monde sauvage sont mes sources d’inspirations ; amoureux des formes vivantes, la peinture est pour moi le moyen d’exprimer l’émerveillement que je ressens devant l’ingéniosité de la nature. Avec l’aide de ma longue-vue, je peux observer, dessiner, aquareller à bonne distance, et donc sans dérangement, l’animal dans le seul but de reproduire cet instant et enfin de le partager. Il ne suffit pas d’observer la nature pour créer une œuvre d’art à part entière. Pour ma part, je m’inspire plutôt d’un Robert Bateman, qui peint dans l’hyperréalisme, que d’un Monet, dont la peinture est plutôt cérébrale. L’aquarelle en peinture animalière relève d’une grande tradition. Cette tech- nique est plus appropriée pour peindre en milieu naturel, mais l’observation reste au centre des démarches. Ce qui importe, c’est de saisir l’instant furtif. La difficulté est de s’adapter au milieu : contrairement au paysagiste, on ne choisit pas le sujet, c’est le sujet qui choisit le lieu et le moment, d’où la varia- tion de luminosité et de couleurs qui se succèdent au fil des saisons.

Grand Tétras. Aquarelle, 40 x 60 cm.

Une représentation fidèle de ce qu’on a sous les yeux ne suffit pas à créer une impression de vérité. La vérité se traduit par les formes furtives de l’animal, telles qu’elles se présentent à l’observateur. La technique de l’aquarelle est particuliè- rement appropriée : le coup de pinceau rapide, la magie de l’eau et des pigments, la transparence du papier contribuent à

créer un éclairage qui figera cette ren- contre furtive. Le grand tétras que j’ai aquarellé il y a de cela quelques années me fascine encore. J’étais dans mon affût quand, vers 21 h, un coq de grand tétras est venu se poster à quelques mètres au-dessus de moi. Je bouge au ralenti, mon souffle se fait discret, tous mes sens sont en éveil. J’ai tout le temps de dessiner mon compagnon d’un soir, il me saluera même de quelques strophes. Nous pas- serons la nuit ensemble, moi dans mon duvet douillet, lui sur sa branche, sans que l’un dérange l’autre. Le matin, avant que le jour ne pointe, il descendra de son per- choir pour exécuter sa parade nuptiale. Il me gratifiera de sauts battus, de demi- tours avec ses rectrices en éventail,et au bout de quelques heures de démonstra- tions il disparaîtra avec beaucoup de dis- crétion dans la végétation environnante.

DÉCOUVREZ À CHAQUE NUMÉRO NOS COUPS DE CŒUR ARTISTIQUES. SI VOUS SOUHAITEZ VOUS AUSSI PARTAGER VOS DÉCOUVERTES, CONTACTEZ-NOUS : redaction@lartdelaquarelle.com

Ken Karlic / États-Unis

Par Élodie Blain / Photos : D. R.

7 th and Chestnut. Aquarelle, 17 x 56 cm.

DATES CLÉS

Diplômé en beaux-arts de l’université de l’Illinois

- Prix de la meilleure

aquarelle, Cityscape

2016, Baltimore, USA

- Premier prix, 7 th

Annual 2016 Juried Art Show, New

Hope, USA

- Exposition personnelle :

« Watercolor Expressions »,

McBride Gallery, Annapolis, USA

- Exposition personnelle :

« Representational Ambiguity »,

Maryland Hall for the Creative Arts, Annapolis, USA

- Prix de la meilleure marine, Paint Annapolis, USA

CONTACT

www.kenkarlic.com

Sam shipping. Aquarelle, 25 x 56 cm.

Il n’y a pas de meilleur terme pour décrire mes aquarelles que la « sophistication du chaos ». Mon objectif principal est d’expri- mer la sensation de quelque chose, plutôt que son aspect visuel et de saisir la pure physicalité du sujet dans la pure physica- lité de la peinture. Je ne cherche pas de pré verdoyant à peindre par une journée ensoleillée, dans mon travail j’embrasse les rudes contours du béton, du fer et le monde industriel en général. À travers des gestes et des textures spontanés, je révèle la beauté d’un échafaudage ou d’un gréement, ainsi que les rigueurs de la

GAF on Ponca. Aquarelle, 17 x 56 cm.

vie quotidienne. Les caractéristiques des différentes structures et architectures, c’est-à-dire l’architectonique, sont des éléments vitaux dans mon travail. J’aime explorer ces formes comme moyen d’ex- primer la lumière et les ombres. Je des- sine et je construis mes œuvres avec de la géométrie pure, que j’interprète ensuite de manière picturale. Mes peintures sont fondées dans une représentation figu- rative, mais sont souvent, et à différents degrés, gagnées par l’abstraction. Les surprises sont les bienvenues, d’ailleurs je les encourage sous forme de marques, griffures, éclaboussures et coulures, qui deviennent toutes une partie intégrale de l’œuvre finie. Sur site ou dans l’atelier, je m’épanouis dans ce manque de maîtrise, dans le fait de ne pas être entièrement aux commandes – parfois c’est moi qui mène, parfois je suis et parfois je m’accroche de toutes mes forces pour ne pas être éjecté en chemin. J’ai l’habitude de travailler rapi- dement, mû par un sentiment d’urgence et, au final, je prends plaisir dans le fait de peindre rapidement une œuvre qui s’ap- précie dans la lenteur.

ON Y ÉTAIT

En stage avec PedroCanoàPatmos

COMME SI VOUS Y ÉTIEZ, ISABEL ALOSETE NOUS FAIT PART DE SA SEMAINE AVEC LE MAÎTRE PEDRO CANO, SUR LÎLE GRECQUE DE PATMOS. LE THÈME? PEINDRE LE BLANC

Nous avons quitté Madrid le 10 juin pour Athènes, avant de rallier l’île de Rhodes où nous avons retrouvé d’autres stagiaires italiens. Tout le monde était très excité – Pedro Cano compris – à l’idée de retrouver l’île de Patmos, où aurait été écrite l’Apocalypse selon Saint-Jean. Lorsque j’ai rencontré Pedro Cano pour la pre- mière fois, il y a vingt ans, mon approche de l’aquarelle a changé. Il m’a donné le goût de par- tir en voyage. Je l’ai depuis accompagné dans différentes villes, la plupart en Italie : Rome, Fabriano, Matera, Naples, la Toscane, ainsi qu’au Maroc – Marrakech, Fez, Essaouira –, en Grèce et en Espagne. J’ai été conquise par la passion de la peinture en plein air : rendre en un temps rapide l’essence du lieu. Lorsqu’il m’a parlé de ce séjour à Patmos, il m’a prévenue : « Ce stage va être difficile, Patmos est une ville blanche avec un ciel bleu immense, nous utiliserons très peu de cou- leurs. Les ruelles sont très étroites, avec beaucoup de passages, d’arches. Nous résiderons sur les hau- teurs de Chora, où le silence et la spiritualité du lieu sont presque palpables. Nous irons sur des plages difficiles d’accès, par des chemins en pierre, et nous verrons des eaux bleues et émeraude. Nous serons seuls avec la nature. »

Journée de peinture près du monastère où Saint-Jean aurait écrit l’Apocalypse.

Pour ce stage, Pedro Cano a utilisé des carnets Arches de 300 grammes. En peignant sur la double page, il obtient des aquarelles de format 76 x 56 cm.

3 CONSEILS DU MAÎTRE À SES STAGIAIRES

- Prenez le temps de regarder

longtemps votre sujet et observez également son atmosphère et ses couleurs.

- Le choix des éléments qui composent

votre sujet doit être guidé par la lumière et les contrastes.

- Dessinez uniquement avec le pinceau, sans crayon. Rien de plus que la lumière et l’eau ! Vous garderez ainsi la pureté des couleurs.

« J’ai vu Pedro Cano peindre à de nombreuses reprises : c’est un peu comme s’il priait. Il aime garder le silence, reportant sur la feuille tout ce que son âme ressent. »

« Tous les stagiaires ont reçu des commentaires sur leurs travaux. »

Le premier jour, nous avons peint Rhodes, la ville du Colosse, et son mur. Pedro Cano est très sobre dans son choix de matériel : une boîte à godets Winsor & Newton et deux pinceaux suffisent. Pour ce stage, il préconisait de peindre sur des carnets Arches de 300 grammes.

Les commentaires de Pedro Cano

à chaque séance servaient autant

à corriger qu’à faire ressortir ce qui est intéressant et fondamental.

Par groupe de deux, chaque stagiaire a pu voir son travail apprécié et critiqué par un autre stagiaire, avant de donner à son tour son avis.

PAR LAURENT

BENOIST.

PHOTOS : D. R.

Parole de stagiaire :

« Quel que soit notre niveau, nous avons tous profité des conseils avisés de Pedro Cano !»

Sa vie entière, animé par la passion de l’aquarelle, Pedro Cano a peint des paysages en tant que voyageur et amoureux de l’art. C’est cette passion qu’il a avant tout cherché à insuffler à ses stagiaires.

Toutes les couleurs peuvent être obtenues par des mélanges de trois primaires.

LES RÉSULTATS : MON OPINION EN TANT QUE STAGIAIRE

Ce voyage à Patmos fut pour moi tout à fait positif, à la fois artistiquement et personnellement. Et je pense que tout le monde a pu profiter des conseils du maître. Le thème principal, « Peindre le blanc », est présent dans toutes ses œuvres : respecter le blanc du papier pour obtenir un maximum de lumière et la transparence qui rendent l’aquarelle aussi unique.

5 uglov. Aquarelle sur papier Saunders Waterford, 42 x 60 cm.

Bankovskiy Most. Aquarelle sur papier Saunders Waterford, 42 x 60 cm.

Olga Litvinenko

«Saint-Pétersbour

LA PRINCIPALE SOURCE DINSPIRATION DE LAQUARELLISTE RUSSE OLGA LITVINENKO EST SAINT-PÉTERSBOURG, LA « VENISE DU NORD », OÙ ELLE HABITE DEPUIS VINGT ANS. SES ŒUVRES SAISISSENT AVEC POÉSIE LA VIE QUOTIDIENNE DUNE VILLE ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ.

g mon amour»

Autant que je m’en souvienne, j’ai toujours été atti- ée par le dessin. Toute petite, je crayonnais déjà sur toutes les surfaces blanches à ma portée, les murs, les portes… Les illustrations des livres, les magazines d’art me fascinaient. J’aimais regarder des films sur les artistes. Au fur et à mesure des années, je suis passée à des supports plus classiques, feuilles de papier, carton. Très tôt, j’ai su que je voulais devenir peintre. C’était une évidence. J’ai suivi des cours de peinture et à 16 ans, je suis entrée dans une école spécialisée. Enfin, j’ai réussi le concours de l’Aca- démie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg. Mes

parents, qui n’étaient pas artistes, n’ont jamais cher- ché à m’empêcher de réaliser mon rêve. Même si mon père, qui est quelqu’un de très pratique, pen- sait qu’il serait compliqué de gagner ma vie, que j’allais vers les difficultés. Ma mère, quant à elle, m’a soutenue sans réserve. Je lui en suis extrêmement reconnaissante. Grâce à elle, je n’ai pas eu de soucis matériels. J’ai pu terminer mes études à l’Académie et d’obtenir mon diplôme avec la mention très bien. Progressivement, j’ai atteint mon objectif : devenir artiste. Les années à l’Académie des beaux-arts comptent parmi les plus heureuses de ma vie. Sans

OLGA LITVINENKO

Vue sur la rue Bolshaya Podyacheskayan. Aquarelle sur papier Saunders Waterford, 42 x 60 cm.

« EN PEIGNANT MA VILLE, CEST COMME SI JE DRESSAIS LE PORTRAIT

hésitation, je peux dire qu’on y professe le meilleur enseignement artistique de toute la Russie. C’est une école classique, célèbre dans le monde entier, qui attire beaucoup d’étudiants étrangers. En outre, d’un point de vue architectural, c’est un bâtiment magni- fique, à l’allure sévère et majestueuse. Impossible de ne pas être fière d’y avoir étudié ! J’ai eu aussi l’occa- sion de rencontrer un professeur remarquable et un grand aquarelliste, Vladimir Starov. Cet homme avait été blessé six fois pendant la Seconde Guerre mon- diale. Ce destin incroyable avait renforcé son amour de l’art. C’était un artiste de la vieille école, un grand patriote. Il nous disait qu’un artiste doit éprouver l’amour de sa culture, de son pays, sinon il perd son authenticité. J’ai suivi ses conseils. Dans mes œuvres, j’essaie de transmettre mon amour de la Russie.

IMPRÉVISIBLE AQUARELLE

L’aquarelle est l’une de mes techniques favorites. J’en pratique beaucoup d’autres : l’encre à la plume, le dessin au crayon, la gravure, la lithographie. Mais l’aquarelle est le médium le plus difficile, le plus subtil. Derrière l’apparente facilité se cache le dur labeur du

peintre, qui a gâché de très nombreuses feuilles de papier avant de réussir ses effets. Mais le spectateur ne doit pas voir cet effort comme, devant un ballet, il ne doit pas ressentir la souffrance des danseurs. À l’aquarelle, j’aime expérimenter, mixer les techniques. Je travaille dans le mouillé, sur fond sec, alla prima ou sur plusieurs séances. J’essaie toujours de limiter les couches de lavis, pour que mon aquarelle soit suf- fisamment complexe sans être trop chargée. De même, quand je réalise un mélange, je n’utilise que deux ou trois couleurs, pour ne pas salir mes teintes. Pour être réussie, une aquarelle doit montrer une certaine fraîcheur, ne pas être « torturée ». Mais cette technique est tellement imprévisible… Je peux réus- sir mon dessin en quelques touches ou au contraire peiner pendant plusieurs jours. On ne contrôle pas l’aquarelle. Comment en effet dompter l’eau et le pig- ment ? C’est une illusion. Mais j’aime cet aléa. Dans mes œuvres, je suis inspirée par la beauté de la nature et mon environnement quotidien. La ville est une de mes principales sources d’inspiration. Chaque ville possède sa personnalité, du fait de son histoire, de son architecture, de sa culture. En la peignant, c’est

DE CHAQUE PERSONNE VIVANT ET TRAVAILLANT ICI. »

comme si je dressais le portrait de chaque personne vivant et travaillant ici. Chacun peut se reconnaître dans ces paysages. Si je peins une vue ensoleillée avec des couleurs vives et chaudes, beaucoup de

gens se disent : « Oui, c’est ma ville ». Mais si je peins la même scène dans le brouillard, dans les tons de gris et d’argent, d’autres trouveront que mon œuvre reflète une image fidèle de leur ville bien-aimée. Je peins presque exclusivement Saint-Pétersbourg,

« Peter », comme disent ses habitants. J’y habite

depuis vingt ans et pour moi, c’est l’une des plus belles villes du monde. Son architecture, très riche,

mêle tous les styles : l’austérité néo-classique, l’élé- gance baroque, l’architecture russe traditionnelle, l’art nouveau… Ses très nombreux canaux captent la lumière, ils sont enjambés par des centaines de ponts qu’on a tous envie de peindre. Partout des monuments magnifiques nous rappellent le passé, les grands hommes qui y ont vécu ici. L’atmosphère

y est vraiment unique. Pas étonnant que des géné- rations d’artistes trouvent leur inspiration ici !

Texte : Valérie Auriel / Photos : Olga Litvinenko

AQUARELLES RUSSES

Je peins à la fois avec des aquarelles en godet Winsor & Newton et avec des aquarelles russes de la marque Leningrad (l’ancien nom de Saint-Pétersbourg pendant la période soviétique). J’utilise ces aquarelles, car elles font partie de notre patrimoine. Elles sont fabriquées dans notre ville, à la manufacture de Nevskaya Palitra. Leurs couleurs sont plus opaques et plus sourdes que les aquarelles anglaises, qui sont plus nuancées, plus transparentes. Je les utilise quand j’ai besoin de teintes intenses. Leur petit défaut est d’avoir tendance à durcir et à craqueler avec le temps.

MON MATÉRIEL

J’utilise des pinceaux en martre Kolinski (n° 12, 10, 5), un spalter pour les fonds, des pinceaux synthétiques pour les détails (n° 3 et n° 2). Ma palette varie en fonction des sujets, mais on retrouve souvent cette gamme : jaune cadmium moyen, ocre jaune, jaune d’or, orange de cadmium, terre de Sienne brûlée, rouge écarlate, carmin, laque de garance, violet, bleu outremer, bleu de cobalt, terre d’ombre brûlée, sépia. J’ajoute parfois des rehauts de lumière avec de la gouache blanche. Il m’arrive d’employer de la gomme à masquer pour créer des réserves, mais le plus souvent, je crée mes blancs en les peignant en négatif. Je peins sur du papier Saunders Waterford 300 g. Mes formats sont souvent identiques, car je coupe les feuilles du commerce en deux pour travailler. Mais je compte bientôt passer à des formats plus importants.

Les feux de Saint- Pétersbourg. Aquarelle sur papier Saunders Waterford, 42 x 60 cm.

OLGA LITVINENKO

Railway station à la loupe

Railway station. Aquarelle sur papier Saunders Waterford, 40 x 60 cm.

Cette aquarelle représente le hall de la gare de Vitebsk, à Saint-Pétersbourg, la première construite en Russie, en 1837. Elle a été démolie et rebâtie plusieurs fois. L’édifice actuel date de 1904. Sa façade est de style classique, mais son intérieur est de style Art nouveau, avec une abondance d’éléments métalliques, de détails raffinés. J’ai choisi ce lieu et ce point de vue, car je trouve

La gare de Vitebsk est très claire, car les arches ne recouvrent pas la totalité

des quais. La lumière qui vient de l’extérieur crée de beaux effets de contre-jour et détache la silhouette des voyageurs. Les lignes de fuite de mon dessin conduisent vers

J’ai laissé le blanc du papier pour évoquer cet éblouissement. La tonalité générale est plutôt froide. La gare est peinte dans des lavis à base de bleu outremer, bleu de cobalt, et vert mélangé de noir. Des notes chaudes intenses de jaune cadmium et de rouge écarlate peintes

magnifique cette structure métallique

la

fin du quai, située

avec les aquarelles Leningrad ponctuent la scène.

protégeant les quais. J’ai saisi une scène de la vie quotidienne : des voyageurs chargés

sous la verrière de droite. Sous l’effet

Elles donnent l’indication du mouvement des voyageurs

de valises se pressent pour prendre

du contre-jour, celle-

et sont comme des balises

leur train, des adieux se font sur les quais.

ci

est quasiment

désignant le bon chemin.

Ma composition est axée sur la lumière.

transparente.

ESQUISSES SUR LE MOTIF

Même si je peins principalement dans mon atelier, la base de mon travail est l’observation. Quand je suis en extérieur, je réalise de brèves esquisses à l’aquarelle : je pose rapidement la couleur dans le mouillé pour saisir l’atmosphère, la luminosité des lieux. Ces esquisses ne sont pas détaillées, c’est un assemblage de taches colorées. En même temps, je prends quelques photographies, celles-ci me permettront de reproduire précisément les bâtiments. Quand on peint une ville, son architecture, on doit pouvoir la reconnaître. Il est important que le dessin soit juste. Ensuite, à l’atelier, mes esquisses me servent pour déterminer ma palette. Je les étale sur de ma table de travail. Quand j’attaque mon grand format, je sais où je vais, quel résultat je veux obtenir ! J’essaie de reproduire le mieux possible la composition et les effets colorés. Mais souvent l’esquisse et le grand format sont très différents. C’est la magie de l’aquarelle.

MON INSTALLATION

Mon atelier est situé dans mon appartement. Je travaille sur une table installée tout près d’une grande fenêtre orientée vers le soleil, qui m’apporte une belle luminosité. À Saint- Pétersbourg, les journées sont très courtes pendant l’hiver, nous recherchons toujours la lumière ! Je peins matin et après-midi à la lumière naturelle. Parfois, en fonction de mon humeur, je peux travailler tard dans la soirée et même la nuit. Je pratique tous les jours. La peinture est comme la musique, il faut faire ses gammes régulièrement si l’on ne veut pas perdre sa dextérité. Mon mari est artiste également. J’échange régulièrement avec lui. Il ne peint pas à l’aquarelle, mais à l’huile. Nous nous complétons !

Ambiance nocturne pas à pas

LA PERSPECTIVE NEVSKI EST UN PEU À SAINT-PÉTERSBOURG CE QUE SONT LES CHAMPSLYSÉES À PARIS. NOUS SOMMES ICI À LA FIN DE LAVENUE. LE BÂTIMENT DE L’AMIRAUTÉ, SITUÉ DANS LAXE DE LA RUE, IMPOSE SA PRÉSENCE MONUMENTALE À LHORIZON. MON OBJECTIF DANS CETTE AQUARELLE EST DE RENDRE LATMOSPHÈRE NOCTURNE, LE TRAFIC INTENSE DE LA VILLE. LE CHALLENGE EST DE DONNER LA SENSATION DU MOUVEMENT DANS UNE IMAGE FIXE. LES VOITURES NE DOIVENT PAS ÊTRE IMMOBILES!

6 Quand le papier est sec, je dessine

sur le sol des lignes très fines avec un pinceau acrylique. Celles-ci soulignent le mouvement des voitures et les lignes de fuite convergeant vers le bâtiment de l’Amirauté. Il m’aura fallu trois ou quatre séances pour peindre cette aquarelle. Il est important de savoir s’arrêter quand on est fatigué, car il est difficile de rattraper ses erreurs à l’aquarelle.

2 Je fixe les bords de mon papier

à la colle blanche

sur une planche de bois et dessine ma composition au crayon en veillant à la justesse de la perspective. Après avoir mouillé ma feuille, je peins le ciel dans un lavis de bleu outremer. L’Amirauté est cachée par des arbres, qui se fondent avec le ciel. L’ambiance est mystérieuse.

Les lumières sur les bâtiments

4

sont peintes dans des lavis d’ocre jaune, de jaune orangé. Le feu

tricolore à droite est dessiné sur fond sec avec un pinceau très fin. Je ne cherche pas

à détailler. J’ai retiré

la gomme à masquer sur certains panneaux de signalisation, qui se détachent désormais du ciel. Mais je suis déçue, l’effet est un peu trop marqué.

1 Je m’inspire d’une étude à l’aquarelle

et au crayon de papier, peinte à la tombée de la nuit, et d’une photo. Le ciel décline des nuances de bleu et de violet. L’éclairage électrique crée des notes chaudes de couleurs vives, complémentaires des tonalités du ciel.

3 Je peins partie par partie, du fond

aux premiers plans. J’ai remouillé mon papier pour peindre les immeubles longeant la rue. Ils ne doivent pas être trop présents pour ne pas attirer le regard, qui doit glisser vers le bout de l’avenue. Sur fond sec, je trace certains détails à la gouache comme les fils électriques qui envahissent le ciel.

5

Le tiers inférieur du tableau est peint

dans des couleurs très vives, avec de l’orange de cadmium, du jaune d’or. Je prends soin de réserver des zones blanches sur les carrosseries des véhicules pour évoquer les reflets de lumière. Pour rendre l’impression de vitesse, je trace dans l’humide des traînées horizontales avec

des lavis de violet, de rouge de cadmium…

Night fires. Aquarelle sur papier Saunders Waterford, 38 x 60 cm.

« IL FAUT BEAUCOUP DE PATIENCE POUR LAQUARELLE. MAIS ON PROGRESSE SANS CESSE. »

MA PEINTURE PRÉFÉRÉE

CHAQUE ARTISTE VOUS LE DIRA, IL EST DES ŒUVRES DONT ON EST PARTICULIÈREMENT FIER. VOICI CE QUI FAIT LEUR DIFFÉRENCE.

Éric Laurent

UN TRAVAIL VERTICAL ET HORIZONTAL

J’ai tendance à peindre de façon impulsive et spontanée. Pour un sujet tel que celui-ci, il faut savoir garder l’essentiel du lieu tout en apportant une émotion et rendre une atmosphère. Lorsque je démarre, je mets toujours beaucoup de pigments. Ma palette, c’est le papier. Je procède parfois de la façon suivante : je place sur la feuille les trois couleurs primaires, que je mélange ensuite, au gré de l’intonation que je vais vouloir insuffler à l’œuvre. L’atmosphère générale se décide dès ces premiers gestes. Ma feuille n’est jamais tendue. Elle est simplement posée sur une toile en cours, ou tout autre support que j’ai sous la main. Je travaille à plat ; mais je ne m’interdis pas parfois de tenir la planche inclinée, afin d’obtenir des coulures et des effets intéressants.

LE SUJET ABORDÉ

Cette aquarelle représente les bords de Seine à Paris, et plus précisément l’île Saint-Louis. J’ai effectué toute une série de vues de Paris, entre mai et juin 2017 et cette aquarelle en fait partie. Le ciel et l’eau représentent les deux tiers de la composition et enveloppent la partie urbaine.

LES RAISONS POUR LESQUELLES JAIME CETTE AQUARELLE

J’aime cette aquarelle car j’ai su réaliser à partir d’un sujet urbain une aquarelle qui comporte un aspect abstrait et inattendu, voire imaginaire d’une part et un aspect figuratif d’autre part. Je suis content de cette alchimie qui fonctionne.

MA MÉTHODE DE TRAVAIL

Je commence avec un léger croquis et quelques repères. Ensuite, j’applique plusieurs lavis successifs avec quelques réserves de blanc. Je me détache du sujet, je recherche une force et une transparence dans les couleurs. Puis je recompose mon sujet avec les ombres et les détails.

Soleil couchant sur les quais de Paris. Aquarelle sur papier Arches satiné, 61 x 101 cm.

« PARADOXALEMENT, LES PARTIES LES PLUS SIMPLES À RÉALISER ONT ÉTÉ LES DÉTAILS. »

LES COULEURS UTILISÉES

Cette aquarelle a été réalisée sur la base de trois couleurs primaires. J’ai ainsi utilisé un bleu de phtalo, un jaune gomme-gutte et un rouge de cadmium.

MES PINCEAUX

Des petits-gris, des kolinskis, des pinceaux Raphaël.

BIEN UTILISER LES BLANCS

J’utilise en aquarelle toutes les techniques et méthodes existantes : sec sur mouillé et mouillé sur mouillé, sans me poser la question de leur légitimité. Il en va de même pour le blanc, auquel j’ai régulièrement recours. J’effectue ainsi quelques passages de blanc sur sec, afin de « casser » un peu la couleur. Le blanc vient déstructurer certaines formes un peu trop rigides. J’utilise aussi le blanc en projection, à l’aide d’un pinceau copieusement chargé en couleurs. Concernant les réserves du blanc de la feuille, il faut les envisager dans leur ensemble et telles qu’elles apparaîtront au final. Toujours les prévoir plus grandes que prévu, puisque lors de la peinture, on mord toujours un peu dessus.

DANS LATELIER DE

KenThrift

Abstractions

colorées

PEIGNANT DANS UN STYLE EXPRESSIONNISTE ABSTRAIT, LARTISTE EXPRIME SES ÉMOTIONS INTÉRIEURES À TRAVERS LA COULEUR. EXPLICATIONS SUR UN MODE OPÉRATOIRE TOUT AUSSI INTUITIF QUORGANIQUE.

L’Art de l’Aquarelle : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé vers l’aquarelle ? Ken Thrift : J’aime les effets que procure l’eau dans une peinture. Même lorsque je peins à l’acrylique, j’ai tendance à m’en servir comme s’il s’agissait d’aqua- relle. Lorsque j’ai commencé, je me suis lancé dans le paysage, comme bien d’autres avant moi. Mais j’ai rapidement compris que je pouvais appliquer à la peinture toutes les formes de traitement que je souhaitais. J’ai donc entrepris des contrastes plus forts et j’ai incorporé des formes et des figures. En ajoutant parfois de l’encre de Chine. Cela prend du temps d’apprendre à connaître exactement com- ment se comporte le pigment en fonction de la quantité d’eau. Il existe avec l’aquarelle une certaine tonalité que l’on ne peut pas exactement obtenir avec les autres techniques.

ADA : Quel rôle joue la couleur dans vos œuvres ? K. T. : Elle joue un rôle important dans la mesure où elle oriente les émotions du spectateur. Certaines juxtapositions de couleurs peuvent ainsi évoquer

Blue Mountain. 76,2 x 56 cm. (Voir Tableau à la loupe p. 36)

The Amusement Lark. 56 x 76,2 cm. « Je me suis naturellement tourné vers l’aquarelle, parce qu’il s’agit d’une technique complexe et que j’ai tendance à être un peu perfectionniste. »

L’UTILISATION DES COULEURS

J’utilise généralement les marques Grumbacher et Van Gogh, car elles possèdent une quantité généreuse de pigments. Cette saturation signifie que même lorsqu’elles sont diluées, les couleurs gardent toutes leur force. Je commence généralement par les couleurs primaires, le noir et le blanc. Je peux aussi partir d’anciennes palettes pleines de couleurs. Ces peintures, parce qu’elles ont séché, sont généralement plus granuleuses et sont donc appropriées pour des effets de texture.

REPÈRES

Ken Thrift possède un diplôme en art, délivré par l’université of Wisconsin Whitewater, et a également suivi des stages en dessin d’après modèle vivant, en composition et en étude des couleurs. Ses œuvres ont été exposées sur tout le territoire américain et notamment au Wisconsin Trade Center. En outre, il a également exposé lors de la manifestation « Art Fair on the Square », à Madison, qui attire chaque année un quart de millions de visiteurs. Il est par ailleurs membre de la Wisconsin Watercolor Society.

des réactions différentes. J’adore la façon dont une palette restreinte peut être contenue dans une seule œuvre. À l’artiste de choisir ce qu’il veut que le spec- tateur ressente.

ADA : Est-ce que vous déterminez votre gamme colorée avant de vous lancer ou est-ce un aspect intuitif qui se développe en cours de route ? K. T. : La couleur joue sur l’ambiance du tableau, et sur ce que l’on ressent face à lui. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré la couleur. Ma grand-mère, Esther Thrift, était une artiste et ma grand-tante Frieda, sa sœur, me procurait des livres de coloriage. Elle me demandait : « Est-ce que ces couleurs vont bien ensemble ? », tout en me répri- mandant pour n’avoir pas respecté le tracé des lignes. Aujourd’hui, je ne réfléchis pas beaucoup au préalable quand je peins ; je n’ai jamais peur de commettre d’erreurs, car il n’y en a pas. Si le résultat d’une peinture ne me convient pas, je passe tout simplement à la suivante !

KEN THRIFT

Divine Intermission. 56 x 76,2 cm. « Mon processus intuitif remonte à mon enfance, alors que j’observais ma grand-mère peindre sur toile et sur céramique dans une petite ferme au pied des collines de San José. Ce fut le catalyseur qui m’a ouvert les yeux sur la nature. »

« QUAND JE PEINS DE MANIÈRE INTUITIVE, JACCÈDE À MON MOI PROFOND. »

ADA : Jusqu’où votre peinture est-elle le reflet de votre état intérieur et de vos émotions ?

K. T. : Je cherche à créer quelque chose qui n’a

jamais été vu auparavant. À travers la couleur et la composition, je crée une œuvre unique. Comme j’ai grandi avec des troubles bipolaires, mon humeur change radicalement d’un jour à l’autre. Une pein- ture est un reflet de mon humeur le jour où je l’ai peinte. Il n’y a pas deux jours identiques, donc aucune œuvre ne peut être dupliquée. Quand je peins de manière intuitive, j’accède à mon moi profond.

ADA : Quelles sont les règles que vous mettez en

œuvre – ou que vous choisissez de délaisser – dans la mise en place de votre composition ?

K. T. : Je démarre généralement par une petite

esquisse figurative au crayon, avant d’appliquer un lavis ou un glacis, généralement un ton clair. Ensuite, je laisse mon intuition prendre le dessus, et la pein- ture se développer par elle-même.

ADA : L’expérience vient avec la pratique… Y a-t-il eu des moments dans votre apprentissage où vous avez vraiment eu le sentiment d’avoir passé une étape ?

K. T. : Il m’a fallu des années d’apprentissage de la

couleur et de la composition, ainsi que des années

de pratique du dessin de nature morte et de corps humain pour établir mes bases. À l’aquarelle, vous devez savoir quelles sont les couleurs qui fonc- tionnent lorsqu’elles sont superposées les unes aux autres. Et aussi connaître la quantité d’eau néces- saire. Qui peut le plus peut le moins : si vous appor- tez trop d’eau, vous perdez le contrôle de ce que vous tentez d’accomplir.

You should’ve known me better. 56 x 76,2 cm.

Les 5 clés de l’abstraction

1 LE DESSIN PRÉLIMINAIRE Je commence par une petite

esquisse préliminaire, sur laquelle je passe ensuite un lavis léger.

2 LES PREMIERS PASSAGES DE COULEUR

Je pose ensuite mes premières masses colorées en m’inspirant de mon tracé au crayon pour leur emplacement.

3 CERNER LES FORMES Je continue à poser mes

couleurs ; j’en profite également pour cerner à l’encre de Chine certaines des formes.

4 ARRIÈRE-PLAN ET TEXTURES Je me lance maintenant

dans l’arrière-plan. Grâce à des crayons aquarellables, j’apporte des textures.

5 LES DERNIERS DÉTAILS

Je reviens et ajoute des détails sur les formes. Je m’assure également que les couleurs

s’équilibrent et créent une belle harmonie.

ADA : Quelle est la proportion de tableaux qui se

déroulent sans problème ? Et est-ce que ne sont pas ceux qui vous donnent précisément du fil à retordre que vous appréciez le plus, au final ?

K. T. : Une peinture est toujours une nouvelle expé-

rience. Chaque fois que je peins, j’apprends quelque chose de nouveau, et tel devrait être le cas. Je suis toujours en train de chercher des solutions, quand

je peins de l’art abstrait. La plupart des mes pein- tures se déroulent bien, mais cela est sans doute dû à des années de pratique. Et souvenez-vous : tous vos tableaux ne sont pas des chefs-d’œuvre. Je suis également compositeur et interprète – et lorsque j’écris des chansons, vous ne vous dites pas que chacune d’entre elles sera un tube. Il y aura beau- coup de faces B, et même de « faces C ». Et c’est très bien comme ça. Cela fait partie du processus. Je pense que c’est Lou Reed qui disait : « Vous pouvez dessiner un cercle un millier de fois, mais un seul sera parfait. »

ADA : Existe-t-il un fil rouge ou une thématique générale qui traverse votre production ?

K. T. : Pas vraiment, je suis en fait plutôt ouvert à

l’interprétation. Il semblerait que je sois inspiré par le

contexte du moment – un peu comme s’il se passait quelque chose et que je devais trouver la réponse adéquate. J’adore le fait que les spectateurs aient chacun leur propre interprétation de ma peinture. C’est cette diversité qui s’appelle « art ».

ADA : Utilisez-vous des outils peu orthodoxes ?

K. T. : Absolument ! Je ne suis pas du tout opposé à

l’idée d’employer tout ce qui peut m’aider à laisser une trace sur la feuille. Il ne faut pas en revanche que j’abîme la toile ou la feuille. Je suis une personne tactile… et je n’hésite pas à déplacer la peinture avec mes doigts et mes ongles. J’utilise également des vieilles clés de voiture, un filet de pêche et un

presse-purée. Rien ne m’est interdit. J’habite dans la Silicon Valley, en Californie, terre de nouvelles tech- nologies et d’innovation. La plupart des gadgets et des logiciels que nous utilisons proviennent d’ici. Et toutes ces inventions n’ont pas été créées en répé- tant les mêmes choses. Il faut toujours avoir l’esprit ouvert.

ADA : Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui souhaiteraient se lancer dans l’abstraction ?

K. T. : Commencez par expérimenter avec une

diversité de techniques. Vous ne saurez jamais quelle sera votre technique de prédilection avant de les avoir toutes essayées. Et n’abandonnez pas sous prétexte que vous êtes frustrés ou que vous avez fait une erreur. Une « erreur » n’est rien de plus qu’un signal qui vous indique que vous empruntez la mauvaise direction. Prenez-en note et passez à autre chose !

TEXTE : LAURENT BENOIST.

PHOTOS : D. R.

KEN THRIFT

“Blue Mountain” à la loupe

ON PARLE SOUVENT DE LIMPORTANCE DE LA CRÉATIVITÉ, MAIS ÊTRE CRÉATIF NEST PAS QUELQUE CHOSE QUI VIENT NATURELLEMENT À BEAUCOUP DENTRE NOUS. L’ARTISTE AMÉRICAIN KEN THRIFT DÉVELOPPE SA CRÉATIVITÉ, SON EXPÉRIENCE ET SA CONFIANCE GRÂCE À UNE MÉTHODE QUI LUI PERMET DÊTRE SPONTANÉ ET DEXPÉRIMENTER SANS PEUR.

UNE APPROCHE TÉMÉRAIRE

La peinture abstraite et la peinture figurative sont souvent vues comme opposées, alors qu’en fait il s’agit de la même chose. Dans certains cas, l’abstraction peut être l’évolution naturelle de la figuration, ou bien elle peut ne pas avoir d’origines figuratives. Dans les deux cas de figure, il n’y a quasiment pas de différence, à part le degré de reconnaissance des formes au sein de la peinture : sont-elles reconnaissables ou non ? Ces deux formes de peinture demandent une composition solide, une bonne palette et gamme de valeurs, une vision cohérente, un équilibre et une harmonie, et enfin une idée menée jusqu’à son terme. Certaines peintures visent à susciter une atmosphère ou une émotion, d’autres cherchent à créer un jeu de couleur, une ambiance apaisante, une danse énergique de couleurs/formes/valeurs… tout est possible et, comme je le dis souvent, « les limites d’un artiste sont uniquement celles qu’il accepte ». Il n’y a rien de bien ou de mauvais, mais les choix que nous faisons dans notre peinture afin d’en soutenir le message auront plus d’impact et créeront une peinture qui fonctionne. Ken Thrift est un artiste protéiforme, il peint et est aussi acteur. C’est un passionné d’improvisation dans sa peinture, ce qui lui permet d’accroître ses talents d’acteur. J’ai découvert l’improvisation théâtrale grâce à ma sœur il y a environ vingt-cinq ans, lorsqu’elle se rendait au théâtre Last Laugh, à Melbourne, en Australie. C’était très drôle ! Je m’y suis rendue à plusieurs reprises et cette idée d’improvisation m’est restée dans la tête. J’ai très clairement vu les atouts de cette technique et je m’en suis servie depuis dans de nombreux domaines. L’improvisation peut être un grand avantage pour les peintres, car elle leur permet d’essayer de nouvelles choses qu’ils n’auraient pas envisagées et de gagner en confiance. Le génie se trouve dans une liberté créative entretenue. Blue Mountain est une bonne illustration de la manière dont les contrastes fonctionnent afin de créer un tout équilibré. La force de cette peinture réside dans son approche téméraire. Sa moitié inférieure est une masse gris foncé « cassée » par des lignes bleu vif qui créent un mouvement vertical. La partie supérieure du tableau est peinte dans des valeurs claires avec un fond chaud. Les formes, bien qu’abstraites, donnent l’apparence d’être des personnages dans une bande dessinée. Les larges formes aux bords arrondis contrastent agréablement avec la partie inférieure, mate et froide. Quelques touches de couleurs et de valeurs fortes stimulent le regard et retiennent l’attention. Les formes larges à travers la peinture sont équilibrées par d’autres, plus petites, ou simplement des lignes. Un bel équilibre de formes simples et de détails qui nous encourage à contempler à loisir le tableau et à y découvrir constamment de nouvelles choses.

PAR JANINE GALLIZIA

PLUSIEURS

ŒUVRES

EN UNE

J’apprécie le fait que cette peinture puisse être découpée en plusieurs parties plus petites et que ces parties fonctionnent comme un ensemble. Cela arrive seulement lorsqu’une composition est particulièrement bien réfléchie. Voici ci-dessous les parties qui pourraient fonctionner indépendamment.

LA COMPOSITION

La structure de cette peinture va à l’inverse de ce que certains considèrent comme étant les « bonnes règles », mais il est bon parfois de voir que des œuvres qui s’en affranchissent fonctionnent également. La partie supérieure de la peinture forme clairement un X. La direction des formes

est statique, car l’œil n’est pas poussé à circuler dans la composition (voir ci-dessous image de gauche). La partie inférieure de la peinture est complètement opposée

à la partie supérieure. Le gris mat et sombre remplit presque tout l’espace et le bleu saturé crée des lignes qui guident l’œil vers la partie supérieure de l’image (voir ci-dessous image de droite). Les deux masses sont séparées par une ligne très nette qui coupe le centre de la peinture, là aussi quelque chose qui va à l’encontre des idées reçues. Ce qui permet

à la composition de fonctionner, c’est la répétition subtile mais précise des petites

formes bleues qui sont parfaitement réparties dans la partie supérieure de la peinture, ainsi que les formes brunes et mates qui se fondent dans la moitié inférieure.

IMPROVISATION = CONFIANCE ET LIBERTÉ

Ken est un peintre intuitif, comme la plupart d’entre nous ; pourtant, même lorsque notre esprit divague, notre regard cherche toujours à équilibrer inconsciemment les formes qui sont sous nos yeux. Cette capacité d’organisation est innée chez l’être humain et nous l’avons tous à des degrés divers. Elle peut pourtant être développée afin d’améliorer nos aptitudes dans un grand nombre de domaines de la vie courante, y compris la peinture. Ken a, je trouve, développé une méthode d’improvisation qui à mon avis lui donne plus de liberté et de confiance en tant que personne et dans ses idées – et cela se voit dans ses peintures. L’aquarelle est une technique qui exige de réfléchir vite et de trouver des solutions rapidement. Elle requiert aussi une grande faculté d’adaptation et de faire des compromis, d’essayer de nouvelles idées et de suivre toutes les opportunités qui apparaissent. L’aquarelle exige que nous soyons flexibles. La pratique de l’improvisation, sur scène et en peinture, est une méthode qui permet de développer ces aptitudes.

Un autre exemple de cette liberté peut être vu dans une autre peinture de Ken, Summerville Savannah (ci-dessous). Ici aussi, il a privilégié un rythme libre, mais cette fois-ci il a créé des contrastes grâce à des formes et des couleurs simples posées avec des lavis alla prima. Il s’est servi de petites lignes et formes pour équilibrer les grandes masses et les espaces vides, créant ainsi une composition légère et aérienne. L’énergie est la même que dans Blue Mountain, mais l’approche est différente, démontrant une liberté par rapport à la technique habituelle. Le rôle d’un artiste consiste vraiment à repousser sa perception des limites afin de voir ce qu’il adviendra. La peinture abstraite offre pour cette raison plus de flexibilité et le fait d’utiliser l’improvisation afin de développer une plus grande confiance et variation dans son style est une bonne idée qui peut profiter à tous.

DÉCOUVERTE

Parfum de glycine. 28 x 38 cm.

TOUT EN CHERCHANT À CRÉER UNE ATMOSPHÈRE DANS SES AQUARELLES, LARTISTE SATTACHE À TRADUIRE LASPECT ESTHÉTIQUE DES PAYSAGES DU NORD.

Martine

REPÈRES

Médaille d’argent de l’Académie des sciences, arts et lettres, Arras Prix des éditions Hatier , Prix Alpha Cadres Prix de l’université d’Anchin Prix au Salon des Artistes douaisiens Prix toutes catégories, Lys-lez- Lannoy - Médaille de la ville de Marcq-en-Barœul Salon International de l’Aquarelle de Belgique à Namur Salon des Artistes Français, Paris, avec prix des paysagistes français 1 er prix d’aquarelle au Salon Paul Bellon, Arras. Martine Humbert est par ailleurs sociétaire du groupe Aqua-Sol, des Artistes douaisiens, d’Aquarellistes en Bord et d’APAPCO Le Touquet.

Humbert

L’amour de la nature

« Je peins et je dessine depuis ma plus tendre enfance. D’abord à la gouache, puis au fusain. À l’époque, je peignais surtout des portraits. En 1990, je découvre l’aquarelle, mais je dois dire que le coup de foudre ne fut pas immédiat ! J’ai même failli arrêter en cours de route. Puis, j’ai eu ma pre- mière exposition en 1991, avec le groupe Aquasol de Douai. Je vois mon travail un peu comme celui d’un musicien : vingt-deux ans de gammes… En fait, il n’y a pas de secret : pour avancer, il faut travailler et travailler encore…

MES TROIS RÈGLES EN AQUARELLE

1. Le dessin est primordial. Un dessin bancal mène

une peinture droit à l’échec. Cela est encore plus vrai lorsque l’on dessine des éléments architecturaux, où chaque élément est là pour une raison précise.

2. Je réfléchis au placement des ombres et des lumières.

J’aime les contrastes forts et évite le plat et le fade.

3. Enfin, je détermine ma palette de couleurs à l’avance.

MA TECHNIQUE

TEXTE :

LAURENT BENOIST.

UNE PEINTURE DE LINTIME

PHOTOS : D. R.

Je peins ce que j’aime, comme je l’aime. Ma réalité est une réalité revisitée, un monde concret où s’insi- nue la poésie et où j’essaie de dévoiler la beauté du quotidien. Il y a bien sûr une infinité de manières de

Je peins avec une technique mouillé sur sec, à sec essentiellement. Tout découle de l’observation, des matériaux et d’une pratique continue et régulière. J’utilise du papier Arches grain torchon 300 grammes, qui correspond bien à mon style de travail et avec lequel je peins depuis plus de vingt ans. J’en ai bien sûr essayé d’autres, mais je trouvais que la peinture glissait trop sur la surface.

« J’essaie d’intégrer des trouées pour faire passer l’air et la lumière dans ma composition, ainsi qu’un horizon très lointain qui emmène l’œil. »

À travers champs. 28 x 44 cm. « Un beau paysage n’est rien sans émotion. En regardant un tableau, on doit sentir le vent dans les feuillages, les rayons du soleil, le bruissement des feuilles. Une bonne peinture résulte de plusieurs choses : je dois intérioriser mon sujet, exercer l’œil avant la main. En fait, je cogite mon tableau le plus longtemps possible. »

TROIS GESTES POUR BOOSTER LA TECHNIQUE

Parfois, le pinceau ne suffit pas… Aussi, pour rendre certains détails, rien de mieux que des accessoires facilement disponibles. Voici trois conseils pour dynamiser sa technique.

1. préalablement trempée dans mon mélange de couleurs, me permet de dessiner les herbes.

2. Quoi de mieux

qu’ pour représenter des branchages sur la feuille ? Chargée en peinture, je la laisse glisser afin d’imprimer une marque irrégulière et plus naturelle.

3.

à l’aide d’une brosse à poils durs, m’aident à obtenir des textures sur les murs des bâtiments.

peindre. Je suis pour ma part fascinée par la beauté des détails : une jolie branche au bord de l’eau, une vieille masure abandonnée au bout du chemin, une antique grille rouillée dévorée par la verdure. Mes tableaux sont composés de sujets et d’éléments qui m’ont séduite ; à moi ensuite de composer une syn- thèse harmonieuse.

DES PAYSAGES TOUT EN CONTRASTES

Mon inspiration me vient avant tout de la nature. Je ne me lasse pas du spectacle des saisons qui passent, des lumières de l’aube et du crépuscule, des ciels changeants, du jeu de l’eau, des arbres. Peut- être tout simplement parce que mon enfance s’est déroulée dans un grand jardin. Jamais je ne pourrais vivre en ville. Le plus grand risque qui guette l’aqua- relle est la fadeur, que l’on pourrait tout aussi bien nommer platitude ou banalité. J’ai besoin pour ma part de paysages contrastés, baignés d’ombre et de lumière… autrement dit, ce paysage doit constituer une invitation à la balade.

RETRANSCRIRE LÉMOTION

Chacun de mes tableaux doit comporter une part de mystère ou de rêve. Je dois arriver à retranscrire l’émotion que j’ai ressentie face au lieu. Mon but est d’emmener le spectateur, qu’il rentre dans mon tableau. Tout fonctionne par équilibre : par exemple, une vieille grille rouillée sera réchauffée par une cas- cade de rosiers et un vieux volet sera en partie dissi- mulé par des roses trémières. Il s’agit toujours un peu

d’un équilibre entre le minéral et le végétal et d’ap- porter un élément vivant et coloré. Je me demande en vérité si je ne cherche pas à peindre des lieux qui peuvent rappeler l’enfance.

LE RÔLE DE LA LUMIÈRE

La source lumineuse est primordiale dans un paysage. Les plus belles lumières se trouvent le matin à 8 heures et le soir à 20 heures. Il faut tou- jours déterminer sa source lumineuse avant de commencer à peindre, définir les zones de soleil et d’ombre qui vont rendre le tableau vivant. En fait, j’aime les lumières franches qui vont projeter des ombres. Et toujours avec des contrastes forts.

Douceur du soir. 28 x 38 cm. « La peinture est pour moi une manière de m’évader, un besoin d’être seule. J’aime la solitude choisie. C’est peut-être pour cela que je ne peins pas de scènes de rue ou de vues urbaines. Si je n’inclus jamais de personnages, en revanche j’aime peindre des portraits, des enfants et des scènes de maternité. »

RENCONTRE

Dylan Scott Pierce

Peindre l’Afrique avec passion

APRÈS AVOIR PASSÉ DU TEMPS AU BOTSWANA ET AU SWAZILAND, CET ARTISTE AMÉRICAIN A CONTINUÉ À PEINDRE LAMPLEUR DE LA BEAUTÉ ET DE LA DIVERSITÉ DU CONTINENT AFRICAIN, EN PARTICULIER SES PEUPLES, AVEC LESQUELS IL PARTAGE UN LIEN PROFOND.

L’Art de l’Aquarelle : Dylan, pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre éducation artistique ? Dylan Pierce : Le dessin a toujours été mon passe- temps favori. À l’âge de 12 ans, j’ai découvert l’aqua- relle grâce mon professeur Robert Long, et c’est rapidement devenu une passion. Depuis, l’aquarelle est ma technique de prédilection. Adolescent, je peignais probablement 15 à 25 heures par semaine. À l’âge de 19 ans, j’ai commencé à apprendre les principes de l’art classique, sous l’impulsion de Chris DiDomizio, en copiant les maîtres anciens.

Dix ans avec DiDomizio m’ont fourni les outils

nécessaires pour développer mon processus créa- tif. Mes étudiants en aquarelle m’ont également

aidé à apprendre, en me posant le défi de créer des

moyens de communiquer sur la réussite d’une aqua- relle.

ADA :Vous avez également passé dutemps en Afrique… D. P. : L’Afrique est une terre d’aventure, ce qui

signifie que c’est un peu en dehors de ma zone de confort. C’est la beauté et la diversité des merveilles naturelles qui vous touchent profondément si vous êtes capable de garder l’esprit ouvert. J’ai passé le plus clair de mon temps au Swaziland et dans le bush du Botswana. Je suis tombé amoureux des habitants, je me suis vraiment connecté avec eux. Ils sont généralement très proches de la nature, ils

ont un sens de la communauté très fort et un sens

de l’humour très rafraîchissant – et ils aiment aussi la bonne musique ! Dans la brousse, il y a un tel sen- timent de paix, de tranquillité et d’émerveillement

REPÈRES

À l’âge de 10 ans, en 1996, Dylan

Scott Pierce a remporté le premier

prix dans une compétition artistique pour enfants, le Festival des arts d’Atlanta. Après ce succès précoce,

il

a commencé à voyager à travers

le

pays pour exposer ses aquarelles,

représentant généralement la faune. Depuis 2007, Dylan a également commencé à utiliser des huiles en parallèle de l’aquarelle. Outre l’animalier, il aime également peindre des portraits. Travaillant actuellement dans son atelier en

Floride, ces jours-ci, Dylan a exposé dans plus de 40 lieux différents, notamment à l’International Artexpo de New York et le Safari Club International de Reno.

Il a remporté de nombreux prix

tout au long de sa carrière d’artiste,

y compris les Prix Best of Show, les Prix du mérite et le Prix

du public. Il a reçu l’attention des médias locaux et nationaux,

y compris, entre autres, National Geographic Today, Wildlife Art Magazine, QVC et Teen People Magazine.

Passively Waiting. 81 x 66 cm.

« LORSQUE TROP DE COULEURS ATTIRENT LATTENTION, CEST COMME UN ORCHESTRE OÙ LES MUSICIENS NE JOUENT PAS EN HARMONIE LES UNS AVEC LES AUTRES :

CELA CRÉE UNE DISCORDE PLUTÔT QUE DE VENIR EN SOUTIEN À LA MÉLODIE PRINCIPALE. »

DYLAN SCOTT PIERCE

« LA COULEUR POSSÈDE UNE FORTE DIMENSION PSYCHOLOGIQUE ET AFFECTIVE ET, LORSQUELLE EST MANIPULÉE DE MANIÈRE CIBLÉE, ELLE PEUT CRÉER UNE AMBIANCE TRÈS EFFICACE. »

Feed My Lambs. 76 x 46 cm. « Lorsque vous appréciez les personnes en Afrique et que vous voyez les nombreuses difficultés qu’elles rencontrent chaque jour, des circonstances de vie auxquelles vous ne serez sans doute jamais confrontés, cela provoque en vous des sentiments très forts et vous fait ressentir des émotions encore plus fortes. Même si nos vies sont différentes, je me connecte à leurs expériences à ma manière et je peins avec ce je ressens dans mon cœur. »

– qui peut aussi être déconcertant, comme lorsque par exemple un lion et son clan vous croisent ou quand un éléphant charge dans votre direction, en feignant d’attaquer. Vous devez dans ces cas-là vraiment avoir confiance en votre guide ! Je pense que même notre guide est devenu un peu nerveux, lors de l’une de nos escapades, lorsque nous nous sommes retrouvés face à face avec une mère rhino- céros et son bébé ! Je pense que ces expériences ont renforcé mon sentiment d’émerveillement que je cherche à capturer dans mes peintures.

ADA : Quand vous peignez en plein air en Afrique, comment faites-vous pour gérer la chaleur et le soleil ?

D. P. : Peindre à l’extérieur au Swaziland ou au

Botswana n’est pas si pénible que ça au printemps ou en automne, mais il faut porter des sandales et un chapeau avec un rebord afin de conserver la fraî- cheur. Peindre à l’extérieur est une expérience mer- veilleuse qui vous donne un sens plus profond de l’endroit où vous êtes. C’est également une oppor- tunité de prendre de précieuses notes sur la couleur, afin que vous puissiez saisir ce qui rend ce sujet si unique. Je prends également un appareil photo avec moi, afin d’être sûr de ne rien rater.

ADA : Si vous deviez décomposer votre processus

créatif en plusieurs étapes, quelles seraient-elles ?

D. P. : D’abord, je commence par les mots, en cher-

chant à répondre à la question : de quoi parle ma peinture ? Ensuite, je prends des notes. Quel est le message ? Puis, je réalise quelques petits croquis

The Long Stretch. 76 x 102 cm. « J’utilise les différents éléments de l’art :

couleur, contraste, motif, texture et forme ; chacun d’entre eux joue un rôle dans la composition d’une manière ou d’une autre, il est utile de garder une dominante. Par exemple, dans The Long Stretch, il y a beaucoup de formes abstraites en arrière-plan qui font circuler l’œil du spectateur d’une manière circulaire, mais la couleur bleue et la texture sur le visage continuent d’interpeller. Les taches au contraste élevé permettent au regard du spectateur de se déplacer afin qu’il soit guidé sans être entravé. »

qui me permettent d’élaborer la composition. Je fais ensuite un dessin de recherche avec des traits libres qui me permettent de saisir ce qui a retenu mon regard la première fois. Cela aide à comprendre quelles sont les lignes et les formes les plus impor- tantes tout en me permettant de positionner mes contours perdus et nets, par ordre de préférence. Je réalise également quelques études de couleurs pour choisir une couleur dominante et une palette limitée en fonction de mon message, et en fonction des mots-clés de mon tableau. Après cela, je réalise souvent un dessin plus fini qui aide à appréhender les nuances et les subtilités. Enfin, je me lance alors dans l’aquarelle proprement dite, qui est l’aboutisse- ment de toutes les études.

ADA : Avez-vous toujours été adepte de l’approche « qui peut le plus peut le moins » avec la couleur ? D. P. : Je n’ai toujours pas été conscient de mes choix en matière de couleurs, j’avais l’habitude de peindre les choses telles que je les voyais et je laissais le sujet dicter mes choix. La couleur est un outil très puis- sant, et elle peut apporter beaucoup si elle est bien gérée, ou faire beaucoup de mal si elle n’est pas canalisée. La chose la plus importante est d’avoir un ton dominant qui donne une présence à la peinture.

DYLAN SCOTT PIERCE

ADA : Cherchez-vous à retranscrire une ambiance particulière dans vos œuvres ?

D. P. : Oui, capturer une humeur est important pour

moi, et cela va de pair avec la narration. Je veux que le spectateur se connecte avec le sujet et s’y rattache de manière émotionnelle. Avec un peu de chance, il pourra en faire l’expérience et ressentir le sujet de la même manière que moi. Je commence un processus de découverte pour révéler et com- prendre ce qui me pousse vers un sujet en particu- lier. Qu’est-ce qui a attiré mon attention ? Et en quoi est-ce que je me sens relié à cet élément ? Ce sont mes dessins de recherche et mes prises de notes qui me donnent les réponses. Par prise de notes, je veux simplement dire écrire une histoire simple pour révéler la peinture. Un message aide à me gui- der dans la prise de décisions créatives. J’aime écrire un paragraphe avec des mots-clés. Ils représentent mes désirs, par exemple : « connexion, espoir, com- préhension, paix ». Ces mots permettent d’améliorer la clarté du message de ma peinture.

Haitian Girl. 36 x 28 cm. « Une période éclairante pour moi a été d’apprendre à utiliser

les contours perdus et nets dans mes dessins. Ce fut une étape majeure pour moi. Cela signifie mettre en avant les contours qui sont importants par contraste ou par couleur et fondre les contours qui ne le sont pas. Les contours importants sont ceux nécessaires

à véhiculer l’humeur

ou la ressemblance. Parfois, j’aime perdre un contour, à un point

tel qu’on ne le voit plus. Des contours nets et perdus aident également l’œil du spectateur

à se déplacer et à ne pas

rester focalisé sur un seul endroit, et cela aide

à éviter les contours raides

et artificiels. La clé pour une peinture forte réside souvent dans ce que l’on décide de ne pas inclure. »

« PLUS VOUS ACCORDEZ DE TEMPS ET DEFFORTS À LA PRÉCISION, MEILLEUR VOTRE ŒIL DEVIENDRA. »

ADA : Est-ce que vous avez l’impression que vous réussissez à traduire vos idées en peinture ?

D. P. : La plupart du temps, oui. Parfois, un tableau

ne fonctionne tout simplement pas parce que je n’ai pas consacré assez d’efforts à mes études. Peu importe votre capacité en tant qu’artiste, il y a telle- ment de choses à apprendre et tant d’expériences qui amélioreront votre vision en tant qu’artiste. Et c’est ça qui est excitant !

TEXTE : LAURENT BENOIST.

PHOTOS : D. R.

MES COMBINAISONS DE COULEURS

J’ai apprécié l’utilisation de cette combinaison (gomme-gutte/alizarine/bleu paon) parce que j’aime le bleu paon dans beaucoup de mes peintures et il est difficile pour moi de me passer du jaune. En ce qui concerne le schéma tertiaire, il y a beaucoup de combinaisons qui fonctionnent : il suffit en fait de choisir 3 couleurs également espacées sur le cercle chromatique, comme un triangle. Pour décider quelles couleurs utiliser, je choisis d’abord la couleur dominante et décide quelles couleurs devront rester propres. Une combinaison

polyvalente est constituée des couleurs suivantes :

bleu d’Anvers, jaune auréoline et rose permanent.

PEINDRE AVEC UNE PALETTE LIMITÉE

Il existe une variété de palettes limitées que j’utilise :

- Une palette analogue avec une seule complémentaire

est agréable, elle est « calme » tout en étant stimulante et peut être belle. Par « palette analogue », je désigne simplement une palette constituée de trois couleurs côte à côte sur le cercle chromatique.

- Deux ensembles de complémentaires peuvent

également être un bon choix, c’est une palette plus stimulante et active, tout en étant très belle selon les couleurs utilisées. Certains ensembles de complémentaires sont magnifiques, mais certaines peuvent être oppressantes.

- Une palette tertiaire vous permet d’utiliser plus

de couleurs car tout est composé de seulement trois couleurs qui s’harmonisent automatiquement les unes avec les autres. Les semi-neutres peuvent être magnifiques, surtout lorsque vous les mélangez sur la feuille afin de garder les variations subtiles de chaque couleur.

ZOOM SUR

Token of Honour, 91,3 x 73,6 cm.

LE SUJET

Inglesio, garçon du Swaziland, porte une poule qu’il ramène à la maison pour le dîner. Nous avons eu l’honneur d’être gracieusement accueillis dans la maison de sa famille.

LES ESQUISSES

J’explore les choix de composition en réalisant de petits croquis. Ensuite, je fais une esquisse un peu plus poussée pour prendre conscience de ce qui est important, afin de trouver les lignes et les formes sur lesquelles je veux attirer l’attention des spectateurs. Le croquis permet aussi d’établir la hiérarchie d’importance des différentes formes. Et je fais souvent un dessin plus fini, qui servira de référence, dans lequel je prête plus d’attention aux subtilités. Commencer par un bon dessin