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Le contrôle fiscal au Maroc :

Organisation et incidences

Projet de fin d’études au sein de la Direction Provinciale des Impôts, Meknès

Travail réalisé par : Encadré par :


M.
M.

Année universitaire : 2016/2017


Le contrôle fiscal au Maroc :
Organisation et incidences

Projet de fin d’études au sein de la Direction Provinciale des Impôts, Meknès

Encadré par :
Travail réalisé par : M.

M.

Année universitaire : 2016/2017


Remerciements
Avant d’entamer le présent travail, il apparaît opportun de commencer ce rapport par des
remerciements à notre encadrant pédagogique Monsieur ……, professeur au sein de l’Université
……….., qui grâce à son encadrement, ses recommandations et son orientation, nous avons pu
améliorer et enrichir ce rapport.

Je tiens à remercier sincèrement M. LIMAMI Mohamed, directeur du service des ressources


humaines et système d’information pour nous avoir offert l'opportunité d'effectuer ce stage.

J’adresse mes remerciements les plus vifs et ma sincère gratitude envers l’ensemble de
l’équipe de La Direction Provinciale des Impôts de Meknès qui m’a beaucoup aidé à réaliser ce
projet dans de très bonnes conditions et sous les meilleurs auspices.

Enfin je remercie toute personne ayant contribuée de près ou de loin à la réalisation de ce


modeste travail.
Sommaire

Introduction générale.................................................................................................................................... 8
Chapitre I : Le contrôle fiscal et son organisation administrative .............................................................. 11
Section 1 : Généralités sur le contrôle fiscal .......................................................................................... 11
Section 2 : Les types de contrôle fiscal et ses incidences ....................................................................... 19
Chapitre II : L’organisation administrative du contrôle fiscal ................................................................... 24
Section 1 : La division du contrôle fiscal ............................................................................................... 24
Section 2 : Les autres intervenants opérationnels aux opérations de vérification .................................. 25
Conclusion générale ................................................................................................................................... 27
Annexes ...................................................................................................................................................... 29
Bibliographie .............................................................................................................................................. 31
Webographie .............................................................................................................................................. 31
Liste des abréviations

CGI : Code Général des Impôts

CSP : Contrôle Sur Pièces

DGI : Direction Générale des Impôts

EESF : L’Examen de l’Ensemble de la Situation Fiscale


Liste des tableaux

Liste des figures


Introduction générale

8
Le système fiscal marocain a connu une profonde réforme depuis le milieu de la décennie
80 ;et ce dans l’objectif essentiel était l’élaboration d’un système fiscal moderne, cohérent,
efficient et plus universaliste. La fiscalité marocaine s’est donc rapprochée dans son architecture
globale des grands systèmes d’imposition connus dans le monde occidental.

En effet, le Maroc ne cesse d’entreprendre un vaste chantier de modernisation de son


économie, d’ouverture vers l’extérieur, et de démantèlement douanier par la signature d’accords
de libre-échange avec de nombreux pays ou de zones économiques importantes. Aujourd’hui, les
droits de douane ayant été fortement réduits, l’impôt constitue l’essentiel des recettes sur
lesquelles s’adosse le budget de l’Etat.

De ce fait, la fiscalité revêt une importance particulière dans un pays tel que le Maroc qui ne
dispose pas de ressources naturelles et où les charges de l'Etat sont financées quasi
exclusivement par l'Impôt.

Ainsi, l'impôtest défini comme un prélèvement pécuniaire obligatoire effectué par voie
d'autorité sur les ressources de toute personne, morale ou physique, vivant sur son territoire,
sous forme de contribution ou de cotisation sociale, pour être affecté aux services d’utilité
générale. L’impôt a pour but de financer les charges de l'Etat, des établissements publics et des
collectivités locales pour réaliser la solidarité sociale c’est pour cela que les personnes qui le
paient sont appelées « contribuables ».

Nous constatons donc queles impôts au Maroc sont d’une importance primordiale car il n’en
demeure pas moins que les recettes fiscales constituent la principale source de financement du
budget général de l’Etat.

Toutefois, il faut savoir que le régime fiscal instauré au Maroc est un régime déclaratif et c’est
pour cette raison que le législateur a doté l’Administration fiscale d’un droit de contrôle de ces
déclarations. De ce fait, on comprend que si le contribuable effectue ses calculs via son propre
système, une rectification pourra toujours être décidée par le fisc, qui se réserve le droit de
procéder à un contrôle fiscal a posteriori qui peut s’effectuer sur le terrain etqui est considéré
comme la contrepartie logique et objective du régime déclaratif.

Ainsi pour assimiler ce que c’est le contrôle fiscal et comment il s’applique au sein de
l’Administration fiscale Marocaine, nous allons présenter dans un premier temps un aperçu
théorique sur le contrôle fiscale et dans un deuxième temps les procédures mises en place pour
effectuer ce contrôle et ans un dernier temps un cas pratique serait développé.

9
10
Chapitre I : Le contrôle fiscal et son organisation administrative
Ce chapitreprésente une revue théorique surle contrôle fiscal, ses fondements et ses différents
types.

Section 1 : Généralités sur le contrôle fiscal


A. Définition :

Le système fiscal Marocain repose sur une démarche de déclarations spontanées : c’est le
contribuable qui dépose ses déclarations par conséquent le contrôle de l’administration s’effectue
a posteriori. Ce principe déclaratif concerne la plupart des impôts : IR- IS et TVA qui font de la
déclaration du chiffre d'affaires, du revenu professionnel et du résultat fiscal, la base sur laquelle
l'administration assoit l'impôt. Ainsi les obligations déclaratives peuvent être périodiques
(chaque année IR /IS, chaque mois TVA…) ou ponctuelles, liées à la réalisation d’un événement
(vente d’un bien immobilier…).

Les déclarationsréputées sincères jusqu'à preuve du contraire, souscrites par le contribuable


reflète un acte de volonté de ce dernier pour se conformer au cadre légal applicable à son
imposition. La déclaration est considérée comme un acte d’information sur la liquidation de
l’imposition en portant à la connaissance de l’administration l’évaluation faite par le
contribuable de ses bases d’imposition.Elle constitue alors de ce fait une formalité substantielle
dont le non-respect est sévèrement réprimé par le droit fiscal

Et c’est dans ce cadre que le contrôle fiscal intervient comme étant la contrepartie logique et
nécessaire du système déclaratif et se concrétise par le pouvoir dévolu à l'administration de
réparer les éventuelles omissions, insuffisances ou erreurs commises par les contribuables.

Par conséquent, le contrôle fiscal peut être défini comme le pouvoir dévolu, en vertu de la loi,
à l'administration fiscale pour procéder au contrôle des déclarations auxquelles la loi soumet les
contribuables.

C’est aussil’ensemble d'opérations permettant à l'administration fiscale d'examiner, sur place,


la comptabilité d’une entreprise et de la confronter aux éléments d’exploitation et aux
renseignements détenus par l’administration afin de mesurer la sincérité et l’exhaustivité des
déclarations souscrites.

11
Toutefois, ce contrôle s’opère dans le cadre d’une procédure stricte garantissant les droits des
contribuables comme les garanties attachées à la procédure et de rectification, les garanties de
respecter le secret professionnel (protéger la vie privée du contribuable)…

B. Fondements
1. Fondements constitutionnels

La nouvelle constitution marocaine de 2011, stipule dans son article 39 : « Tous (citoyens)
supportent en proportions de leurs facultés contributives, les charges publiques que seule la
loi peut, dans les formes prévues par la présente constitution créer et répartir »

De la lecture de cet article, il découle que la constitution énonce implicitement le principe du


contrôle fiscal.

En effet, les facultés contributives de chacun ne peuvent être cernées, voire déterminées qu'à
partir d'un contrôle effectué par l'autorité publique attributaire de ce pouvoir, en l'occurrence
l'administration fiscale.

2. Fondements énoncés par le code général des impôts

Le droit de contrôle tel qu'il a été défini est attribué, à ce niveau, à l'administration fiscale par
l'article 210 du CGI, qui stipule dans son premier alinéa : « L'administration fiscale contrôle
les déclarations et les actes utilisés pour l'établissement des impôts, droit et Taxes... »

C. Les exigences de la législation et la déclaration en vigueur

Malgré le système fiscal déclaratif, le législateur marocain exige aux commerçants plusieurs
obligations de nature comptable, juridique et fiscale.

1. Les obligations comptables

Il s’agit d’une obligation partagée entre le code du commerce dans l’article 19 et le code
générale des impôts dans son article 145 et 145 bis, qui dicte que les commerçants ont
l’obligation de tenir une comptabilité normalisée selon le plan comptable marocain. Ainsi, les
principales exigences sont les suivantes :

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a) Tenue de la comptabilité

Toutes personne physique ou morale ayant la qualité du commerçant au sens du code de


commerce et la qualité de contribuable au sens du CGI est tenu de tenir une comptabilité
conformément à la législation et la réglementation en vigueur de tel sorte que cette dernière
permette à l’administration fiscale les contrôles prévus par le CGI .Il s’agit de l’enregistrement
comptable d’une façon chronologique de toutes les opérations affectant l’actif et lepassif .

b) Tenir le livre journal et le grand livre

Les entreprises sont tenues d’inscrire leurs opérations dans un document comptable appelé le
livre journal. Les écritures de ce livre sont répétées sur un autre document comptable appelé le
grand livre.

c) Tenir le livre d’inventaire

Les entreprises sont tenues de transcrire au moins une fois les mouvements affectant son
passif et son actif sur le livre d’inventaire. Cet inventaire doit être détaillé en quantité et en
valeur des marchandises, des produits ou des matières utilisé par elle.

Le livre journal et livre d’inventaire doivent être cotés et paraphés par le greffier du tribunal
du commerce de son siège social.

d) La délivrance des factures aux clients

Les contribuables sont tenus de délivrer à leurs clients des factures ou mémoires pré
numérotées et tirées d’une série continue ou éditer par un système informatique selon une série
continue sur lesquels ils doivent mentionner en plus des indications d’ordre commercial :

-Identifiant commun de l’entreprise ;

- L’identité du vendeur ;
- Le numéro d’identification fiscale attribué par le service local des impôts, ainsi que le
numéro d’article d’imposition à la taxe professionnelle ;
- La date de l’opération. ;
- Les noms, prénoms ou raisons sociales et adresses des acheteurs ou clients ;
- Les prix, quantité et nature des marchandises vendues, des travaux exécutés ou des services
rendus ;

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- D’une manière distincte le montant de la taxe sur la valeur ajoutée réclamée en sus du prix
ou comprise dans le prix.

En cas d’opérations visées aux articles 91, 92 et 94 ci-dessus, la mention de la taxe est
remplacée par l’indication de l’exonération ou du régime suspensif sous lesquels ces
opérations sont réalisées;
- Les références et le mode de paiement se rapportant à ces factures ou mémoires ;

- Et tous autres renseignements prescrits par les dispositions légales.

Lorsqu’il s’agit de vente de produits ou de marchandises par les entreprises à des particuliers,
le ticket de caisse peut tenir lieu de facture.

Le ticket de caisse doit comporter au moins les indications suivantes :

- La date de l’opération ;
- L’identification du vendeur ou du prestataire de services ;
- La désignation du produit ou du service ;

- La quantité et le prix de vente avec mention, le cas échéant, de la taxe sur la valeur
ajoutée.

Ainsi, le CGI exige dans l’article 146 que tout achat de biens ou services effectué par un
contribuable auprès d’un fournisseur soumis à la taxe professionnelle doit être justifié par une
facture régulière ou toute autre pièce probante « établie au nom de l’intéressé et comptant les
indicateurs ci-dessus.

2. Les obligations déclaratives


a) Déclaration du résultat fiscal

Les sociétés qu’elles soient imposables à l’impôt sur les sociétés ou qu’elles en soient
exonérées, à l’exception des sociétés non résidentes, doivent adresser à l’inspecteur des
impôts du lieu de leur siège social ou de leur principal établissement au Maroc, dans les trois (3)
mois qui suivent la date de clôture de chaque exercice comptable, une déclaration de leur résultat
fiscal.

b) Déclaration globale de revenus

14
Sous réserve des dispositions de l’article 86 ci-dessous, les contribuables sont tenus
d’adresser, par lettre recommandée avec accusé de réception ou de remettre contre récépissé à
l’inspecteur des impôts du lieu de leur domicile fiscal ou de leur principal établissement, une
déclaration de leur revenu global de l’année précédente, établie sur ou d’après un imprimé-
modèle de l’administration, avec indication de la ou les catégories de revenus qui le composent,
et ce :

- Avant le 1er mars de chaque année, pour les titulaires de revenus professionnels, déterminés
selon le régime du bénéfice forfaitaire, et/ou de revenus autres que les revenus professionnels ;
- Avant le 1er avril de chaque année, pour les titulaires de revenus professionnels déterminés
selon le régime du résultat net réel ou celui du résultat net simplifié.

 Dispense de l’établissement de la déclaration annuelle du revenu (article 86) : Les


contribuables soumis au régime du bénéfice forfaitaire et dont le montant de l’IR est
inférieur ou égal à 5000 DH sont dispensé d’établir une déclaration annuelle de leur
revenu. Cette dispense s’applique :

 Pour les anciens contribuables à compter de l’année suivant laquelle le dit impôt est
émis ;

 Pour les nouveaux contribuables cette dispense n’est accordée qu’à compter de la 2eme
année suivant celle du début d’activité.

En cas de résultat déficitaire ou nul, les contribuablessont tenus de joindre à leurs déclarations
un état explicatif de l’origine de ce déficit ou de résultat nul déclaré

c)Déclaration des traitements et salaires

Les employeurs privés domiciliés ou établis au Maroc ainsi que les administrations et autres
personnes morales de droit public sont tenus de remettre avant le 1er mars de chaque année à
l’inspecteur des impôts de leur domicile fiscal, de leur siège social ou de leur principal
établissement une déclaration présentant, pour chacun des bénéficiaires de revenus salariaux
payés au cours de l’année précédente, les indications suivantes :

- nom, prénom et adresse ;

- numéro de la carte d’identité nationale ou de la carte de séjour pour les étrangers et le


numéro d’immatriculation à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale ;

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- numéro matricule de la paierie principale des rémunérations du Ministère des Finances pour
les fonctionnaires civils et militaires ;
- montant brut des traitements, salaires et émoluments ;
- montant brut des indemnités payées en argent ou en nature, pendant ladite année ;
- montant des indemnités versées à titre de frais d’emploi et de service, de frais de
représentation, de déplacement, de mission et autres frais professionnels ;
- montant du revenu brut imposable ;
- montant des retenues opérées au titre de la pension de retraite, de la Caisse nationale de
sécurité sociale et des organismes de prévoyance sociale ;
- taux des frais professionnels ;
- montant des échéances prélevées au titre du principal et intérêts de prêts contractés pour
l’acquisition de logements sociaux ;
-nombre de réductions pour charges de famille ;
-montant du revenu net imposable ;
-montant des retenues opérées au titre de l’impôt ;
-période à laquelle s’applique le paiement.

d)Déclaration des rémunérations versées à des tiers

Toute entreprise exerçant une activité au Maroc, y compris les sociétés non résidentes ayant
opté pour l’imposition forfaitaire, doit lorsqu’elle alloue à des contribuables inscrits à la taxe
professionnelle, à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu des honoraires,
commissions, courtages et autres rémunérations de même nature ou des rabais, remises et
ristournes accordés après facturation, produire, en même temps que les déclarations prévues a
article 151 du CGI , des sommes versé à des tiers au titre des rémunération précitées.

e) Déclaration de la TVA

Les contribuables qui réalisent des opérations obligatoirement imposable ou par option
souscrivent leurs déclarations de la TVA selon deux régimes de déclaration :

 Régime de la déclaration mensuelle :

Sont obligatoirement imposés sous le régime de la déclaration mensuelle:

- les contribuables dont le chiffre d'affaires taxable réalisé au cours de l'année écoulée atteint
ou dépasse un million (1.000.000) de dirhams;

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- toute personne n'ayant pas d'établissement au Maroc et y effectuant des opérations
imposables.

 Régime de la déclaration trimestrielle

Sont imposés sous le régime de la déclaration trimestrielle :

1°- Les contribuables dont le chiffre d'affaires taxable réalisé au cours de l'année écoulée est
inférieur à un million (1.000.000) de dirhams ;

2°- Les contribuables exploitant des établissements saisonniers, ainsi que ceux exerçant une
activité périodique ou effectuant des opérations occasionnelles ;

3°- Les nouveaux contribuables pour la période de l'année civile en cours.

Actuellement, on instaure le système de la télé déclaration mensuelle ou trimestrielle et


le télépaiement de la TVA qui doivent être effectués avant l'expiration du mois qui suit.

f) Déclaration de cessation, de fusion, scission et transformation de l’entreprise

Les contribuables, qu’ils soient imposables à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le
revenu ou qu’ils en soient exonérés, sont tenus de souscrire dans un délai de quarante-cinq (45)
jours à compter de la date de réalisation de l’un des changements suivants :

- pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, en cas de cessation totale d’activité,
de fusion, de scission ou de transformation de la forme juridique entraînant leur exclusion du
domaine de l’impôt sur les sociétés ou la création d’une personne morale nouvelle, la déclaration
du résultat fiscal de la dernière période d’activité ainsi que, le cas échéant, celle de l’exercice
comptable précédant cette période ;

- pour les contribuables soumis à l’impôt sur le revenu au titre d’une activité professionnelle
et/ou agricole, la déclaration du revenu global et l’inventaire des biens, conforme à l’imprimé-
modèle établi par l’administration lorsqu’ils cessent l’exercice de leur activité professionnelle
et/ou agricole ou lorsqu’ils cèdent tout ou partie de leur entreprise ou de leur clientèle ou de leur
exploitation agricole ou lorsqu’ils en font apport à une société relevant ou non de l’impôt sur les
sociétés.

3. Obligation de retenue à la source

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Les contribuables sont soumis à l’obligation de retenu à la source à l’occasion de versement :
-Des salaires et de rente viagère.

-Des honoraires à des médecins non soumis à la taxe professionnelle

-Des produits des actions, part sociales et revenus assimilés

-Des produits de placement à revenu fixe des produits bruts à des personnes physiques ou
morales non-résidentes.

4.Obligation de conservation des documents comptables

Il s’agit d’une obligation instituée par l’article 211 du CGI . Les contribuables ainsi que les
personnes physiques ou morales chargés d’opérer la retenue de l’impôt à la source sont tenus de
conserver pendant dix (10) ans au lieu où ils sont imposés, les doubles des factures de vente ou
des tickets de caisse, les pièces justificatives des dépenses et des investissements, ainsi que les
documents comptables nécessaires au contrôle fiscal

-les pièces justificatives des dépenses et des recettes.

-le livre d’inventaire

-le grand livre

- le livre d’inventaire

5. Les obligations de versement

Les contribuables qui opèrent des retenus à la source ont l’obligation de verser cette retenu le
mois suivant celui ou la retenue est opérée tel est le cas des revenus salariaux, des produits des
actions, des parts sociales et revenus assimilés, des produit de placement à revenu fixe ou des
produits bruts versés à des personnes physiques ou morales non résidente.

6. L’obligation de télé déclaration

D’après l’article 155 du CGI à partir du 1er janvier 2017, toutes les entreprises, personnes
physiques ou morales, quel que soit le montant de leur chiffre d’affaires, doivent déposer auprès
de la Direction générale des impôts (DGI), par procédé électronique, les déclarations et effectuer
les paiements prévus en matière d’impôt sur les sociétés, d’impôt sur le revenu et de taxe sur la
valeur ajoutée.

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Section 2 : Les types de contrôle fiscal et ses incidences
A. Types du contrôle fiscal

Le législateur marocain met à la disposition de l’administration fiscale une panoplie de types


de contrôle qu’elle peut utiliser pour la réalisation de la mission du contrôle fiscal. Ces différents
types de contrôle ne peuvent être déclenchés qu’après un contrôle sur pièces entamé par le
service d’assiette et une procédure complètement automatisée. La DGI a mis en place un
système d’analyse risque pour la sélection automatique des déclarations présentant des scores
élevés, révélateurs d’un risque fiscal conséquent la mission de contrôle, qu’elle soit sur place ou
sur pièces, est décidée à partir de ce système et de la notation attribuée au dossier.

1. Le contrôle sur pièces (CSP)

C’est un contrôle depuis le bureau. Le service procède à l’examen critique des déclarations
souscrites, à des rapprochements avec des renseignements et documents qu’il détient (dans les
dossiers, les bases de données…) et s’assure du dépôt des déclarations et de la cohérence du
revenu déclaré avec la situation du contribuable. Ainsi, le service peut proposer la vérification de
comptabilité du contribuable si des investigations plus approfondies sont nécessaires.

2. Examen de l’ensemble de la situation fiscale du contribuable (EESF)

Ce type de contrôle concerne surtout les contribuables qui dispose leur domicile fiscale au
Maroc, il consiste en une réévaluation du revenu lorsque l’administration constate une
discordance de ses revenus déclaré avec les dépenses engagées, en d’autres termes, il est engagé
lorsque le service a réuni des éléments permettant d’établir que le contribuable peut avoir des
revenus supérieurs à ceux déclarés .Ainsi le contribuable est appelé à justifier ses ressources par
tous moyen de preuve et fait état notamment comme stipule l’article 216 du CGI des éléments
suivants :

-de revenus de capitaux mobiliers soumis à la retenue à la source libératoire ;


- de revenus exonérés de l’impôt sur le revenu ;
- de produits de cessions de biens meubles ou immeubles ;
- d’emprunts contractés auprès des banques ou auprès des tiers pour des besoins autres que
professionnels ;
- de l’encaissement des prêts précédemment accordés à des tiers.

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3. Vérification de comptabilité

La vérification de comptabilité est communément définie comme étant la comparaison des


déclarations souscrites par le contribuable avec les écritures comptables. Il s’agit d’un contrôle
que le vérificateur réalise sur place qui s’appuie sur la vérification de l’existence des éléments
actif et passif de l’entreprise. Toutefois, le vérificateur ne se limite pas seulement à s’assurer de
l’exactitude des déclarations et leurs conformitésà la comptabilité, mais s’implique aussi à
évaluer la sincérité de cette comptabilité elle-même, ce qui suppose que le vérificateur est
amené à un examen critique des écritures comptables.

Ainsi, cette vérification peut être soit :

 Une vérification générale : au regard de tous les impôts et pour toute la période non
prescrite.
 Une vérification ponctuelle : Des postes ou des opérations déterminées au titre d’un ou
plusieurs impôts ou taxes pour une période déterminée. C’est un contrôle permettant
d’améliorer les recettes par le renforcement de la présence de l’administration et de
réduire la durée de vérification.

Les objectifs auxquels doit répondre cette vérification peuvent être présentés comme suit :

a) La bonne tenue de la comptabilité

La comptabilité est tenue (en la forme et au fond)en conformité avec la réglementation


comptable .notamment les prescriptions de la loi relative aux obligations comptables des
commerçants à la quelle réfère le code de commerce, soit :

 L’organisation comptable respecte, principalement :

-L’enregistrement chronologique, opération par opération et jour par jour, des mouvements
affectant les actifs et les passifs de l’entreprise.

-L’enregistrement de ces mouvement sur un livre journal selon un plan des comptes, reportés
le grand livre.

-La comptabilité est tenue dans le respect les7 principes fondamentaux de comptabilité

20
-Existence d’un manuel des procédures comptables pour les entreprises dont le chiffre
d’affaires annuel est supérieur à 7 500 000 DH.

 Les actifs et les passifs de l’entreprise fond l’objet d’un inventaire à la fin de l’exercice.
Ces inventaires doivent être détailles en quantité et en valeur au titre des
immobilisations d’une part et des marchandises, des produits (finis et semis finis),
emballages et métiers consommables d’autre part.
 Les livres légaux existent et tenus en conformité avec les prescriptions de la loi (livre
journal et livre d’inventaires cotés et paraphés).
 Les documents comptables (factures de vent d’achats, pièces bancaires..)sont conservés.

b) La justification des opérations de recettes et dépenses

Les opérations des dépenses et recettes doivent être aussi bien justifiées qu’elles remplissent les
conditions légales requises.

-Les opérations relatives aux recettes sont individualisées, et donnent lieu à la délivrance de
factures pré numérotées et comptent les mentions de la troisième partie de l’article 145 du CGI.

-Pour les entreprises qui se livrent aux ventes en tournées, le numéro de patente du client est
opposé sur les factures de vents.

-Les achats de biens et services sont justifiés par des factures régulières ou tout autre pièce
probante établie au nom de l’entreprise avec désignation des biens , du prix ,quantités les autres
mentions de base.

c)La comptabilité est probante

A l’issu des résultats des deux précédentes investigations, le vérificateur s’assure si la


comptabilité n’est pas entachée d’irrégularités graves, susceptibles de lui ôter sa valeur probante
est par conséquent à rejeter. La comptabilité est dite régulière lorsqu’on constate les éléments
suivants :

- La comptabilité est tenue conformément aux dispositions de l’article du CGI :

-L’existence des inventaires prévus par même article ;

-Toutes les opérations d’achats ou de ventes sont enregistrées.

-Celle-ci ne comporte pas des erreurs, omissions ou inexactitudes graves et répétées.

21
-Toutes les opérations comptabilisés sont justifiées par des pièces comptables probantes ;

-La comptabilisation de toutes opérations effectuées par le contribuable ;

-L’absence de comptabilisation d’opérations fictives

4. Contrôle de constations

L’administration fiscale dispose également d’un droit de constatation en vertu duquel elle
peut demander aux contribuables précités, de se faire présenter les factures, ainsi que les livres,
les registres et les documents professionnels se rapportant à des opérations ayant données ou
devant donner lieu à facturation et procéder à la constatation matérielle des éléments physiques
de l’exploitation pour rechercher les manquements aux obligations prévues par la législation et la
réglementation en vigueur.

B. Incidences du contrôle fiscal

Le contrôle fiscal a trois principales finalités qui se présentent comme suit :

 Budgétaire : qui consiste à récupérer (recouvrer) l’impôt éludé.


 Dissuasive : car il permet de prévenir la fraude. Les pouvoirs publics souhaitent consolider le «
civisme fiscal » de tous les contribuables en assignant une fonction dissuasive au contrôle.
 Répressive : qui consiste à sanctionner les comportements les plus frauduleux sur le plan
financier voire sur le plan pénal.

Egalement, le contrôle effectué a pour conséquence, soit d’admettre la régularité de la


comptabilité en la forme et en fond, soit de déboucher sur son rejet si elle a été entachée
d’irrégularités graves susceptibles de lui ôter toute valeur probante.

Sont qualifiées d’irrégularités graves celles limitativement énumérées par les dispositions de
l’article 213 du CGI :

 Le défaut de présentation d’une comptabilité tenue conformément aux dispositions de


l’article 145 ci-dessus ;
 L’absence des inventaires prévus par le même article ;
 La dissimulation d’achats ou de ventes dont la preuve est établie par l’administration
 Les erreurs, omissions ou inexactitudes graves et répétées, constatées dans la
comptabilisation des opérations ;

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 L’absence de pièces justificatives privant la comptabilité de toute valeur probante ;
 La non comptabilisation d’opérations effectuées par le contribuable ;
 La comptabilisation d’opérations fictives.

1. La comptabilité vérifiée est régulière

Lorsque la comptabilité vérifiée est jugée conforme et régulière en la forme et au fond, et ne


présente pas d’irrégularités grave qui lui ôtent sa probité, le vérificateur est tenu du respect des
bases d’imposition déclarées par le contribuable.

Toutefois, le vérificateur conserve le droit de rectifier les déclarations du contribuable,


lorsqu’il relève des omissions ou des insuffisances mineures ou involontaires (mauvaises
imputations, erreurs d’additions….), ou bien des manquements à certaines obligations fiscales
(charges non déductibles ; double emplois, défaut de quelques déclarations spéciales assortis de
sanctions…)

Dans ce cas, le vérificateur, sans écarter les bases déclarées par l’entreprise ou les remettre en
cause, leur apportent les réintégrations supplémentaires qui résultent de ces rectifications.

2. La comptabilité vérifiée est rejetée

Si la vérification comptable laisse apparait des anomalies grave, le vérificateur peut procéder
au rejet de la comptabilité vérifiée, ainsi ce rejet peut être total ou partiel. Le rejet est partiel
lorsque le vérificateur estime que bien que la comptabilité vérifiée est régulier en la forme mais
manque de sincérité, c’est notamment le cas où les contrôles matière ou quantitatifs dégagent des
manquants, qui se traduisent par des dissimulations importantes du chiffre d’affaire.

Une telle mission de contrôle exige d’administration fiscale une organisation particulière qui
lui permettant de la réalisation de sa mission.

23
Chapitre II : L’organisation administrative du contrôle fiscal

Ce chapitre présente l’organisation du contrôle fiscal au Marocqui permet d’assurer la


collecte des recettes de l’Etat avec toute transparence.
La lecture de la structure organisationnelle de l’administration fiscale nous permet de
distinguer quatre niveaux ou services qui interviennent ou qui beuillent selon ses prérogatives,
sur le déroulement des opérations de contrôle fiscal :

- La division du contrôle fiscal.

-Brigade nationales des grandes entreprises

-Les services régionaux de vérification

-Le service de suivi de recours fiscal

Section 1 : La division du contrôle fiscal


Crée en 2005 dans le cadre de la réorganisation de la direction général des impôts .Elle est placée
sous l’autorité du directeur général des impôts, sa mission est :

1. Etablir le programme annuel de la vérification

La division du contrôle fiscal reçoit chaque année des propositions des entreprises à vérifier
émanant des services régionaux de vérification des différentes directions régionales des impôts et
sur proposition des services régionaux d’assiette et système d’analyse des risques.

En effet, ce système d’analyse des risques permet d’évaluer et de regrouper les risques et les
contribuables à risque par ordre d’importance (en se basant sur des croisements des bases de
données détenues par la direction, des renseignements de cessation d’activité des
contribuables…). Les risques détectés peuvent être liés à l’enregistrement et l’inscription de la
population des contribuables; liés au dépôt des déclarations qui à défaut rend les contribuables
des défaillants; au contenu de la déclaration ou bien au paiement.

Suite aux propositions faites,la division du contrôle étudie et approuve dans un programme de
vérification, les entreprises à vérifier par type de contrôle.

2. Suivi de déroulement et des résultats des opérations de la vérification

La division du contrôle fiscale veille sur le bon déroulement des opérations de la


vérification.En effet, dès le déclanchement de ces opérations, les services régionaux de la

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vérification sont tenus de l’informer des états d’avancement de ces opérations et de ses résultat
de l’importance des régularisations et de la possibilité de conclure avec les contribuables des
accords à l’amiable.

Ce suivi est assuré par trois services :

-service du suivi des vérifications régionales de grandes entreprises ;

-Service du suivi des vérifications régionales des autres personnes morales ;

-service du suivi des vérifications des personnes physiques.

Parallèlement au programme annuel de vérification, des programmes ponctuels sont établies


suite à la constations d’événements particuliers qui peuvent être soit des cessations d’activités,
soit, à l’occasion de la constatation d’anomalies graves par les services d’assiette lor des travaux
de cabinet ou à la constatation des discordances qui ont un impact fiscal dont dispose
d’administration.

Outre le souci des retombées financières des opérations de la vérification, cette division veille
sur la capitalisation des différentes expériences de vérification des services régionaux de
vérification à l’échelle nationale par :

-La constitution d’une base de données à partir des informations recueillis par elle, la
réalisation des travaux de recherches ou par des investigations de détection des moyens et
des formes de fraude.

-La conception et la réalisation d’une documentation, des guides et études monographiques


sectorielles servant des références pour d’autres opérations de vérification.

Section 2 : Les autres intervenants opérationnels aux opérations de vérification


Il fait l’objet d’étude au sein de ce titre la présentation des services à caractère opérationnel
qui assurent les opérations de vérification proprement dite.

1- Brigade nationale des grandes entreprises


Ses prérogatives de contrôle fiscal s’étendent sur tout le territoire national. Elle se charge du
contrôle des contribuables d’une grande envergure qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur à
50 000 000 DH et qui présentent souvent un risque fiscal important notamment les grandes
entreprises, les organismes financiers, les groupes d’entreprises, les établissements publics, les

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établissements stables et étrangers. Les opérations de vérification sont assurées par deux brigades
l’une est situées à RABAT et une autre à CASABLANCA.
2- Les services régionaux de vérification
A l’échelle régional, chaque Direction Régional des Impôts est investi de services régional de
vérification chargé des contribuables situés les prérogatives de la dite Direction et dont le chiffre
d’affaire est supérieur à 4 000 000 Dhs.
Chaque service régional de vérification est composé de brigades des vérifications dotées en
moyenne de cinq vérificateurs épaulés par un chef de brigade.

3- Les services Régionaux d’Assiette

Malgré qu’ils n’aient pas de vocation de vérification, ils des opérations de vérifications pour
les contribuables qui réalisent un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 4 000 000dh.

4- Le service de suivi de recours Fiscal

Ce service a pour vocation d’assurer le suivi des opérations de vérification qui n’ont pas
abouti à des accords et que soit l’administration soit le contribuable a demandé le pourvoi devant
soit la Commission Locale de Taxation, soit la Commission Nationale de Recours F fiscal, soit
devant le tribunal.

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Conclusion générale

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Au Maroc, la politique fiscale ne peut plus être dissociée d’autres sujets des politiques
publiques concernant les thèmes de la solidarité, du soutien aux populations démunies et de la
stratégie de couverture sociale. A titre d’exemple, le problème de la caisse de compensation, qui
consomme aujourd’hui plus du quart des recettes fiscales du pays, et qui représente l’un des
postes de dépenses les plus important de l’Etat, a bien évidemment une incidence sur la politique
de recettes de l’Etat, et par voie de conséquence sur sa politique fiscale. De même, le
financement de différentes caisses de solidarité ou de péréquation peut amener à multiplier les
prélèvements et les taxes, faisant ainsi perdre au système fiscal marocain une partie de sa
lisibilité et de sa prévisibilité.

Ainsi, comme il a été avancé précédemment, le système fiscal marocain est un système
déclaratif qui impose au contribuable le dépôts des déclarations de la TVA de l’IR et de l’IS sous
peine de l’application de sanctions ou de taxation en place le contrôle fiscal un corollaire du
principe de déclaration et a investi l’administration fiscale d’une panoplie de type de contrôle
afin de limiter les occasions de la fraude fiscale et inciter les contribuables à respecter les
prescriptions de la législation et de la réglementation en vigueur.

L’administration fiscale est l’organe qui est chargé de l’exercice du contrôle fiscal. C’est ainsi
qu’elle est dotée d’un ensemble de moyens humains et de services pour la réalisation de de la
mission du contrôle.

De ce fait, il est essentiel d’améliorer la transparence des pratiques fiscales afin d’atténuer ce
sentiment d’injustice, de diminuer les litiges, et de mettre un frein aux pratiques de sous
déclaration et de corruption.

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Annexes

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Bibliographie

Webographie

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