Vous êtes sur la page 1sur 43

Les propositions subordonnées complétives (conjonctives essentielles)

Les propositions subordonnées circonstancielles (adverbiales)


Les propositions subordonnées relatives
Cas complexes

Introduction
La proposition est organisée autour d'un noyau verbal (le verbe étant le centre de la
proposition). Il y a donc autant de propositions que de verbes "à un mode conjugué". Il
existe deux espèces de propositions :
Les non-dépendantes :
On parle de proposition indépendante lorsqu'une proposition ne dépend d'aucune autre et
dont aucune autre ne dépend (Il pleut.) ;
On parle de proposition principale lorsqu'une proposition ne dépend de rien mais dont
dépend au moins une subordonnée.
Les subordonnées : elles sont dans la dépendance d'une proposition principale. On parle
de subordonnée rectrice lorsqu'elle régit elle-même une subordonnée (L'homme qui a vu
l'homme qui a vu l'homme...)
Les propositions subordonnées complétives
Les propositions subordonnées complétives s'opposent aux circonstancielles. Elles ne sont
ni effaçables ni déplaçables. Elles assument les fonctions essentielles du nom et dépendent
du mode du verbe de la principale. Parmi les complétives, on trouve :
Les conjonctives pures : elles sont introduites par que (Je souhaite que tu viennes.) et par
ce que (Je m'attends à ce qu'il pleuve.) Elles peuvent assumer les fonctions de sujet
(Qu'elle soit désespérée m'agace), de terme complétif (Il est regrettable qu'elle soit
désespérée), d'apposition (Elle ne veut qu'une seule chose : que tu viennes demain),
d'attribut (L'essentiel est que tu viennes), de complément du nom (Je ne condamne pas le
fait qu'elle soit désespérée), de complément de l'adjectif (Elle est heureuse que le
président du jury soit venu la féliciter), de complément d'objet direct (Elle m'a dit qu'elle
viendrait à la fête) ou indirect (Je m'oppose à ce qu'elle vienne à la fête). Le subordonnant
que n'assure aucune fonction dans la subordonnée ; il est sémantiquement vide et il est
toujours placé en tête de la subordonnée.
Les interrogatives indirectes : la notion d'interrogation est lexicalisée dans un verbe
d'interrogation (demander, s'enquérir, etc.) ou de recherche d'information (ne pas dire, ne
pas savoir, etc.), qui constitue le support de la principale. L'énoncé sur lequel porte
l'interrogation intervient sous la forme d'une proposition subordonnée, complément d'objet
direct du verbe de la principale.

Grammaire IV 1
Reza Zatalyan
Totales : elles sont introduites par si : J'ignore si elle viendra à la fête. Si perd sa valeur
hypothétique pour traduire l'idée d'un positif en cause.
Partielles : elles sont introduites par un déterminant interrogatif (Je me demande quelle
heure il est), par un pronom interrogatif (Je ne sais pas qui est venu), par un adverbe
interrogatif (Elle a demandé comment on obtenait une note supérieure à huit).
Les propositions infinitives : J'entends les oiseaux chanter. (= Je les entends chanter.)
ou encore Voici venir le moment des résultats. Avec les verbes de perception (voir,
apercevoir, écouter, entendre, regarder, sentir) et le présentatif voici (formé sur voir),
l'infinitif peut constituer le centre d'une proposition. Il possède alors un support propre
exprimé (les oiseaux et venir le moment des résultats), auquel s'applique le prédicat
(chanter, voici). Le groupe les oiseaux chanter assume la fonction nominale de
complément d'objet direct du verbe principal.
Les propositions subordonnées circonstancielles
On les appelle aussi "conjonctives relationnelles". Elles sont réputées toujours effaçables.
Leur mot subordonnant peut être une conjonction de subordination (si, quand, etc.), une
locution conjonctive (dès que, afin que, etc.), un que vicariant (quand tu es venue et que tu
m'as apporté les résultats). On en compte sept espèces :
Les circonstancielles temporelles : elles marquent l'antériorité, la simultanéité ou la
postérité. Quand il eut acheté le livre, il le parcourut rapidement.
Les circonstancielles finales (positives ou négatives) : Je te laisse pour que tu vaques à tes
occupations.
Les circonstancielles consécutives (ou de conséquence) : Il a tant de livres qu'il s'est
fatigué la vue.
Les circonstancielles causales : Je suis restée chez moi parce que j'avais du travail.
Les circonstancielles concessives (incluant les adversatives) : Bien qu'il fasse beau, elle
est restée chez elle.
Les circonstancielles comparatives : Ainsi que les vices sont frères, les vertus devraient
être sœurs. (La Fontaine)
Les circonstancielles hypothétiques : S'il faisait beau, je sortirais / Je sortirai à condition
qu'il fasse beau.
Il existe d'autres cas :
Les propositions "mixtes" : elles expriment une comparaison plus une hypothèse (Il crie
comme si on l'écorchait vif) ou une concession plus une hypothèse (Même s'il le disait, on
ne le croirait pas ; on parle d'hypotético-concessive).
La proposition participiale : La ville prise, l'ennemi cessa les hostilités (temps et cause).
Les équivalents : il s'agit des infinitifs circonstanciels (Il a été sanctionné pour avoir
dépassé la vitesse autorisée) et des gérondifs (En allant chez sa grand-mère, elle
rencontra le loup).

Grammaire IV 2
Reza Zatalyan
Les propositions subordonnées relatives
Elles sont introduites par un pronom relatif simple (qui, que, quoi, dont, où) ou composé
(lequel, auquel, duquel). Le relatif composé, contrairement au relatif simple, varie en genre
et en nombre. Les pronoms relatifs exercent une fonction au sein de la subordonnée
relative et ils sont coréférentiels à leur antécédent (on dit qu'ils le "représentent"). Il existe
deux espèces de subordonnées relatives :
Les relatives adjectives (elles ont un antécédent) :
Elles peuvent être déterminatives ou restrictives (Les enfants qui dormaient n'ont rien
entendu) ou explicatives ou non restrictives ou encore appositives (Les enfants, qui
dormaient, n'ont rien entendu).
Elles peuvent être attributives : du sujet (Elle était là, qui attendait patiemment) et de
l'objet (Je le vois qui sort / Il a les mains qui tremblent).
L'analyse de ce qui et de ce que (ce dont) pose problème. Si ce est antécédent, on parlera
de relative adjective ; et si ce qui, ce que est une locution pronominale, alors on parlera de
relative substantive.
Les relatives substantives (elles n'ont pas d'antécédent) : Qui vivra verra (sujet ; —› celui
qui vivra verra), Je parle à qui me plaît (complément d'objet indirect), etc.
Les autres cas
Les propositions couplées (comparatives) : Plus on est de fous, plus on rit (= on rit d'autant
plus qu'on est plus de fous) / Moins je la vois, mieux je me porte. / Tel père, tel fils.
La subordination inverse : À peine était-il parti qu'il se mit à pleuvoir (= dès qu'il fut parti,
il se mit à pleuvoir) / Tu crierais qu'on ne t'entendrait pas (= si tu criais...)
La parataxe : Il crierait, on ne l'entendrait pas / Elle a beau travailler, elle ne réussit pas.
Les tours d'extraction en c'est qui / c'est que : C'est hier que j'ai rencontré Julie à la piscine.
Les circonstancielles en fonction de complétives : J'aime bien quand vous prenez ce ton
là.
Les fausses subordonnées : Si elle n'est pas venue aux examens, c'est qu'elle dormait (=
elle n'est pas venue parce que...)
L'incise : J'achèterai ce château, dit-elle, dès que j'aurai gagné à la loterie nationale.
L'incidente (en parenthétique) : Paule estima — on la comprend — qu'elle ne devait pas
se rendre aux examens.
La subordination implicite et le cas du discours indirect libre : Le portier fut formel : je
devais me tromper d'adresse (discours direct : "Vous devez vous tromper d'adresse.")

Pronom relatif et proposition relative

À cause de son rôle de subordonnant de la proposition relative, le pronom relatif


anaphorique se trouve généralement placé en tête de celle-ci.

Grammaire IV 3
Reza Zatalyan
 Il peut cependant être précédé d'une préposition :

L'enfant à qui tu as parlé est l'un de mes élèves.


Le pronom relatif « qui » (antécédent : « enfant ») est CAT (complément
d'attribution, ou encore, COS, complément d'objet second) du verbe « a parlé ».
 Parfois, il peut même être précédé de tout un syntagme nominal faisant partie
intégrante de la proposition relative :

La société pour le compte de laquelle il travaille a fait faillite.


Le pronom relatif « laquelle » (antécédent : « société ») est complément du nom
« compte ». La subordonnée relative complète est « pour le compte de laquelle il
travaille ».
 Il faut veiller à ne pas confondre la fonction du pronom relatif et celle de la
subordonnée relative.

- La fonction du pronom relatif (à l'intérieur de la proposition subordonnée relative)


est l'une des fonctions possibles du nom (sujet, attribut, complément…).
- Mais la fonction de la proposition subordonnée relative est presque toujours
complément du mot qui précède ce pronom relatif, ou plus précisément,
« complément de l'antécédent ». La proposition subordonnée relative est donc le
plus souvent un satellite de cet antécédent (une expansion du nom). Cependant, en
l'absence d'antécédent (la subordonnée relative est alors dite relative substantive),
on analyse certaines propositions relatives comme étant sujet ou C.O.D. du verbe
de la principale :
Je sais où il habite.
Proposition principale : « Je sais ». Proposition subordonnée relative : « où il
habite », C.O.D. du verbe « sais ». À l'intérieur de cette subordonnée, le relatif
« où » est C.C. de lieu du verbe « habite ».
 La proposition subordonnée relative succédant nécessairement à son antécédent, ce
positionnement produit très souvent un enchâssement de la relative dans la
principale :

Les vacances que j'ai passées au Maroc sont inoubliables.


Proposition principale : « Les vacances… sont inoubliables ». Proposition
subordonnée relative enchâssée : « que j'ai passées au Maroc ». Le pronom relatif
« que » est C.O.D. du verbe « ai passées ».

Syntaxe du pronom « qui »

La fonction du pronom relatif « qui » varie selon que celui-ci est ou non précédé d'une
préposition.

« Qui » non précédé d'une préposition

Lorsqu'il n'est pas précédé d'une préposition, le pronom relatif « qui » est le plus souvent
sujet du verbe de la proposition relative :
L'enfant qui m'a parlé est le fils de mes voisins.
Le pronom relatif « qui » (antécédent : « enfant ») est sujet du verbe « a parlé ».

Grammaire IV 4
Reza Zatalyan
« qui » → sujet : [[Je vois le chat] [<qui> est énorme]] (<qui> est sujet du verbe
« être ») ;
 Quand le pronom relatif « qui » est employé sans antécédent, il représente
exclusivement une personne et équivaut au pronom relatif « quiconque » :

Qui part à la chasse perd sa place = Quiconque part à la chasse perd sa place.
Le pronom relatif « qui » (ou « quiconque ») est sujet du verbe « part ». La
proposition relative « Qui / Quiconque part à la chasse » est sujet du verbe
« perd ».
On peut comparer : « J'aime qui je veux aimer » à « J'aime ceux que je veux
aimer ».

« Qui » précédé d'une préposition

Lorsqu'il est précédé d'une préposition, le pronom relatif « qui » devient complément du
verbe, et remplace nécessairement un animé (une personne ou un objet personnifié) :
L'enfant à qui j'ai parlé est le fils de mes voisins.
Le pronom relatif « qui » (antécédent : « enfant ») est C.A.T. du verbe « ai parlé ».
[[L'homme [<à qui> je parle] connaît Boubou] (<à qui> est COI du verbe
« parler ») ;
 Si l'antécédent est un inanimé (un objet ou un animal non personnifié), il faut
utiliser lequel. Si au contraire l'antécédent est neutre (un élément linguistique sans
genre ni nombre : une proposition, une phrase, une idée…), il faut utiliser quoi.

 Notons que si la combinaison « de qui » est correcte, il est préférable d'utiliser à sa


place le pronom relatif dont :

L'homme de qui je t'ai parlé / L'homme dont je t'ai parlé.


 Le pronom relatif « qui » précédé d'une préposition peut également être employé
sans antécédent. Ici encore, il peut être remplacé par « quiconque » :

J'offre ces vieux livres à qui les voudra / J'offre ces vieux livres à quiconque les
voudra.
Les pronoms relatifs « qui » et « quiconque » sont C.A.T. (C.O.S.) du verbe
« voudra ».

Syntaxe du pronom « que »

Le pronom relatif « que » est toujours une anaphore, et n'est jamais précédé d'une
préposition (sinon, il faut utiliser « qui », « quoi »...).
 Sa fonction est le plus souvent, complément d'objet direct :

L'enfant que tu vois est l'un de mes élèves.


Le pronom relatif « que » (antécédent : « enfant ») est C.O.D. du verbe « vois ».
« que » → COD : [[Je ne supporte pas ce chat] [<que> tu as adopté]] (<que> est
COD du verbe « adopter ») ;
 Parfois cependant, il peut remplir d'autres fonctions :

Grammaire IV 5
Reza Zatalyan
- Attribut du sujet :
J'aime ce beau pays qu'est la France.
Le pronom relatif « qu' » (antécédent : « ce beau pays ») est attribut du sujet « la
France ».
- Sujet réel :
Je ferai ce qu'il faudra.
Le pronom relatif « qu' » (antécédent : « ce ») est sujet réel du verbe « faudra ».
- Complément d'objet indirect (C.A.T. ou C.O.S.) :
C'est à cet homme que j'ai parlé.
Le pronom relatif « que » (antécédent : « homme ») est C.A.T. du verbe ai parlé.
Autre forme : « C'est l'homme à qui j'ai parlé. »

Syntaxe du pronom « quoi »

Précédé d'une préposition, le pronom relatif « quoi » ne peut jamais représenter une
personne.
On notera qu'à l'origine, le pronom « quoi » (relatif ou interrogatif) est la forme
tonique du pronom « que » :
Que veux-tu ? / Tu veux quoi ?

« Quoi » non précédé d'une préposition

Lorsqu'il n'est pas précédé d'une préposition, le pronom relatif « quoi » est normalement
employé sans antécédent. Il ne peut dans ce cas être sujet :
Quoi que je dise, j'ai toujours tort.
Le pronom relatif « quoi » est C.O.D. du verbe « dise ».

« Quoi » précédé d'une préposition

Le pronom relatif « quoi » est le plus souvent précédé d'une préposition. Il est alors
complément prépositionnel (C.O.I., C.C., complément de nom, etc.) et son antécédent est
normalement neutre (« ce »…) :
C'est ce à quoi je faisais allusion.
Le pronom relatif « quoi » (antécédent : « ce ») est, soit C.O.I. de la locution
verbale « faisais allusion », soit complément du nom « allusion ».
Préposition + « quoi » (« à quoi », « pourquoi » ─ noter l'univerbation ─, « sans
quoi ») → divers compléments du verbe (seulement pour des antécédents inanimés
comme « ce », « rien ») : [Sais-tu ce [<à quoi> je pensais] ?] (<à quoi> est COI
du verbe « penser ») ;
Remarquons que « de quoi » n'est pas correct : dans ce cas, il convient d'utiliser
dont.
 Même précédé d'une préposition, le pronom relatif « quoi » peut être employé sans
antécédent :

Tu sais à quoi je pense ?


Le pronom relatif « quoi » est C.O.I. du verbe « pense ».

Grammaire IV 6
Reza Zatalyan
Syntaxe du pronom « dont »

Toujours anaphorique, le pronom relatif « dont » remplace tout complément (animé ou


inanimé) précédé de la préposition « de ». La fonction du pronom relatif « dont » ne peut
donc être que complément prépositionnel, soit :
 Complément de nom :

L'enfant dont tu es le père s'appelle Alexia.


Le pronom relatif « dont » (antécédent : « enfant ») est complément du nom
« père ».
 Complément de l'adjectif :

Alexia est l'enfant dont vous êtes si fiers.


Le pronom relatif « dont » (antécédent : « enfant ») est complément de l'adjectif
« fiers ».
 Complément circonstanciel (C.C.) :

C'est la région dont je viens.


Le pronom relatif « dont » (antécédent : « région ») est C.C. de lieu du verbe
« viens ».
 Complément d'agent (C.A.G.) :

Voici les élèves dont ce professeur était tant aimé.


Le pronom relatif « dont » (antécédent : « élèves ») est C.A.G. du verbe « était
aimé ».
 Complément d'objet indirect (C.O.I.) :

L'enfant dont je te parle est l'un de mes élèves.


Le pronom relatif « dont » (antécédent : « enfant ») est C.O.I. du verbe « parle ».
« Dont » → complément du nom, COI → dont : [[Le chat [<dont> le pelage est
roux] se nomme Boubou]] (« dont » est complément du nom « pelage » : « le
pelage de dont », mis pour le chat), [[Le chat [<dont> je t'ai parlé] se nomme
Boubou]] (« dont » est COI du verbe « parler »).
Lorsqu'un pronom relatif doit être précédé d'une préposition autre que « de », la
forme choisie doit donc être qui (pour un animé), où pour un lieu, lequel pour un
inanimé (autre qu'un lieu) ou quoi pour un neutre.

Syntaxe du pronom « où »

Le pronom relatif « où » est le plus souvent complément circonstanciel de lieu (dans le


registre soutenu, il ne s'emploie que pour des lieux concrets) ou de temps. Il peut être
précédé ou non d'une préposition.

« Où » non précédé d'une préposition

Lorsque le pronom relatif « où » n'est pas précédé d'une préposition, on peut cependant
considérer que son représenté est en fait précédé d'une préposition telle que « à », « en »,
ou « dans » :

Grammaire IV 7
Reza Zatalyan
J'ai beaucoup aimé le pays où j'ai passé mes vacances.
Le pronom relatif « où » (antécédent : « pays ») est C.C. de lieu du verbe « ai
passé » (= j'ai passé mes vacances « dans » ce pays).
Je me souviens de l'époque où je passais mes vacances chez ma grand-mère.
Le pronom relatif « où » (antécédent : époque) est C.C. de temps du verbe passais
(= je passais mes vacances chez ma grand-mère « à » cette époque)
« Où » → complément circonstanciel de lieu : [La maison [<où> Boubou est né]
est maintenant rasée] (<où> est complément circonstanciel de lieu du verbe
« naître »).
 Le pronom relatif « où » non précédé d'une préposition peut exceptionnellement
s'employer sans antécédent :

Allez où vous voulez.


Le pronom relatif « où » est C.C. de lieu du verbe « voulez ».

« Où » précédé d'une préposition

À l'instar de « qui », « quoi » et « lequel », le pronom relatif « où » peut être précédé d'une
préposition (« d', par, jusqu', vers… ») :
Les chemins par où il est passé et le pays d'où il vient, me sont inconnus.
Le pronom relatif « où » (antécédent : « chemins », puis « pays ») est C.C. de lieu
des verbes « est passé », puis « vient ».
 Le pronom relatif « où » précédé d'une préposition peut exceptionnellement
s'employer sans antécédent :

Je sais par où il est passé.


Le pronom relatif « où » est C.C. de lieu du verbe « est passé ». Notons que la
subordonnée relative « où il est passé », C.O.D. du verbe « sais », peut être
également analysée comme une proposition subordonnée interrogative indirecte
(« où » peut être analysé à la fois comme un pronom relatif et comme un adverbe
interrogatif).

Syntaxe du pronom « lequel »

Exclusivement anaphorique (il ne peut donc être employé sans antécédent), le pronom
relatif « lequel » peut en principe représenter tout élément de la troisième personne.
Cependant, si son antécédent peut être indifféremment une personne ou une chose, il ne
peut jamais être neutre.

« Lequel » non précédé d'une préposition

Le pronom relatif « lequel » non précédé d'une préposition, ne s'utilise que comme sujet de
la relative. Son emploi est une marque du registre soutenu :
L'honnête homme, lequel se doit de connaître Homère, se fait rare en ce monde.
Équivalent de « L'honnête homme, qui se doit de connaître Homère, se fait rare en
ce monde » (registre courant).

Grammaire IV 8
Reza Zatalyan
 On peut également l'employer dans le registre courant chaque fois qu'il est en
mesure de dissiper une équivoque générée par l'emploi d'un pronom relatif
invariable :

Je me souviens du parfum de cette fleur, lequel est extraordinaire.


L'emploi du pronom relatif « lequel » (antécédent : parfum, même genre et même
nombre), supprime l'équivoque que le pronom « qui » aurait pu produire. En effet,
dans : « Je me souviens du parfum de cette fleur qui est extraordinaire », on ne sait
pas trop si c'est le « parfum » ou bien la « fleur », qui est extraordinaire…
 Le pronom relatif « lequel » employé sans préposition peut parfois être analysé
comme un véritable adjectif relatif (représentant anaphorique indiquant une
détermination complète), lorsque l'antécédent est répété :

J'ai rencontré Julien, le frère de Paul, lequel Julien a fait le tour du monde.
La relative « lequel Julien a fait le tour du monde » est complément de l'antécédent
« Julien » (première occurrence). Le groupe nominal « lequel Julien » (constitué
d'un nom propre précédé d'un déterminant, adjectif relatif) est sujet du verbe « a
fait ».

« Lequel » précédé d'une préposition

 Précédé d'une préposition, le pronom relatif « lequel » peut être lui aussi la marque
du registre soutenu :

Germain, auquel j'ai offert une souris en plastique, a fière allure.


Équivalent de « Germain, à qui j'ai offert une souris en plastique, a fière allure »
(registre courant).
 On emploie normalement le pronom relatif « lequel » précédé d'une préposition, à
la place de « qui », chaque fois que celui-ci représente une chose et non une
personne :

C'est la voiture avec laquelle il a gagné la course.


Et non pas : « C'est la voiture avec qui il a gagné la course. »
 S'il doit être précédé de la préposition « de », dans le registre courant, on préférera
utiliser le pronom « dont » plutôt que les formes « duquel », « de laquelle », etc.,
jugées un peu lourdes :

C'est la légende dont il a tiré le scénario de son film.


Préférable à : « C'est la légende de laquelle il a tiré le scénario de son film. »
 Les relatifs composés sont parfois obligatoires en langue soutenue : c'est le cas pour
le complément circonstanciel de lieu, qui ne peut être rendu par « où » quand le lieu
n'est pas concret :

C'est un passage du roman dans lequel l'auteur exprime tout son amour pour
Boubou.
Préférable à l'écrit, à : « C'est un passage du roman où l'auteur exprime tout son
amour pour Boubou ».

Grammaire IV 9
Reza Zatalyan


Subordonnée relative
La subordonnée relative a comme fonction principale de compléter le sens de son antécédent. Elle
joue un rôle d'adjectif épithète. On la nomme parfois aussi subordonnée adjective. Elle occupe la
plupart du temps la fonction de complément de nom ou de pronom.
J'aime les fruits qui ont du goût.
= goûteux.
C'est un événement dont on se souviendra.
= mémorable.
Sa place dans la phrase est libre : elle suit, précède, ou coupe la proposition dont elle dépend.
J'ai vu l'homme qui porte un chapeau pointu.
L'homme qui porte un chapeau pointu est arrivé.
Qui veut aller loin ménage sa monture.
Elle est souvent elliptique, avec "dont", avec "voici, voilà", avec "qui" distributif.
Il a acheté deux chaises dont une très belle.
Tout le monde se précipite, qui sur les entrées, qui sur les boissons, qui sur la
viande.
L'homme que voici est mon médecin.
Parfois, la relative perd son rôle de détermination ou d'explication de l'antécédent et occupe alors
une fonction de nom. Ceci est habituel lorsque l'antécédent est omis, ou lorsque la relative fait
bloc avec celui-ci, situation fréquente avec un pronom démonstratif ou avec le nom "chose".
Elle n'a plus alors une valeur d'adjectif mais de substantif, elle peut être :
sujet : le pronom est "qui" ou "quiconque" (Qui a bu boira. Qui veut aller loin
ménage sa monture.
Quiconque ne sait se contrôler, ne peut trouver la paix.).
attribut : le pronom est "qui" au sens de "celui qui" ou "quoi" précédé d'une
préposition (Cet homme n'est pas qui vous pensez. C'est à quoi je rêve.).
complément d'objet : le pronom est "qui" ou "quiconque"
(Aimez qui vous aime. Il aide quiconque le sollicite.).
complément d'agent : le pronom est "qui" ou "quiconque"
précédé des prépositions "par" ou "de" (Cette voiture sera
réparée par qui l'achètera. Cette femme est appréciée de
quiconque la rencontre.).
Parfois, la relative prend une valeur de subordonnée circonstancielle. Elle est alors fréquemment
entre virgules.
L'homme, qui allait sortir, revint sur ses pas.
Mon frère, qui travaille trop, est tombé malade.
Un animal qui ferait ça serait digne du cirque.


La complétive par "que"
La complétive par "que" joue, essentiellement, un rôle de complément d'objet direct.
Je préfère que tu le fasses.
J'espère que tu reviendras bientôt.
Grammaire IV 10
Reza Zatalyan
Mais elle peut avoir d'autres fonctions :
sujet : elle précède alors, dans la construction normale, la proposition dont elle
dépend (Que tu reviennes bientôt me remplit de joie). Elle peut, plus rarement, se
trouver en position de sujet inversé (De toi seul dépend, que tu réussisses). Elle
est sujet réel avec les verbes impersonnels (Il faut que tu recommences). Voir
sujet apparent, sujet réel.
apposition : à un nom ou à un pronom, à "voici" et "voilà" ("que" a alors le sens
de "à savoir que". (Je pense à une chose, que tu aurais dû prévenir avant. Je ne
suis pas d'accord avec cette idée, que tout vient à point à qui sait attendre.).
complément de nom ou d'adjectif :
- après des noms comme "crainte, espoir, nouvelle, preuve,
opinion, sentiment, conviction, certitude", etc.
Je garde l'espoir qu'il comprendra.
La nouvelle qu'il est revenu nous inquiète énormément.
- après des adjectifs comme "sûr, certain, heureux, content",
etc.
Je suis certain que tu comprendras
Les hommes sont plus heureux qu'ils ne le croient.
Le verbe de la complétive par "que" se met :
1. à l'indicatif pour exprimer un fait réel (Je pense qu'il est arrivé).
2. au conditionnel pour exprimer un fait dépendant d'une condition - exprimée ou
non (Il me semble qu'il ferait l'affaire = si nous l'acceptions).
3. au subjonctif après des verbes de sentiment, de volonté, dans des tours
interrogatifs ou négatifs. Après des locutions impersonnelles (Il faut. Il vaut mieux.
Il se peut...). Quand elle est en tête de phrase (Que tu sois revenu me fait
plaisir).
L'emploi du mode dans la complétive par "que" obéit à des règles précises. Nous vous conseillons
de consulter sur ce sujet les entrées concordance des temps, règle des 1-3, 2-4, "que" indicatif ou
subjonctif, locutions conjonctives et mode.


[Nominalisation
Un élément nominal est un nom, seul ou accompagné d'un déterminant (Pierre, une pomme); un
nom muni d'un complément ou d'un épithète (une voiture de course, une pomme mûre); ou une
locution nominale (le chemin de fer, une pomme de terre).]

Complément d'objet direct


Le complément d'objet direct est le mot (ou groupe de mots) qui se joint au verbe sans
préposition pour en compléter le sens. C'est un complément de verbe. Il représente l'être ou la
chose qui reçoit directement l'action que fait le sujet.
Pierre mange une pomme.
Une pomme est mangée par Pierre.
Le maçon construit une maison.
Une maison est construite par le maçon.
Pour reconnaître le complément d'objet direct, on pose après le verbe la question "qui?" ou
"quoi?".
Pierre mange quoi? Une pomme.
Le maçon construit quoi? Une maison.

Grammaire IV 11
Reza Zatalyan
On observe que le complément d'objet direct est le mot qui devient sujet lorsqu'on tourne la phrase
au passif (voir voix du verbe).
Le complément d'objet direct peut être :

- un nom : Il boit un verre;


- un pronom : Elle le peigne;
- une proposition : Il pense qu'il viendra demain;
- un infinitif : Il veut partir.

Les verbes qui demandent un complément d'objet direct sont appelés transitifs directs, ceux qui
demandent un complément d'objet indirect, transitifs indirects et ceux qui n'acceptent pas de
complément (direct ou indirect) sont appelés intransitifs.
La position dans la phrase du complément d'objet direct est capitale pour régler l'accord du
participe passé conjugué avec "avoir". Voir accord du participe passé.

Complément d'objet indirect


Le complément d'objet indirect est un mot (ou groupe de mots) qui se joint au verbe par
l'intermédiaire d'une préposition pour en compléter le sens. C'est un complément de verbe. Il
représente l'être ou la chose qui reçoit indirectement l'action que fait le sujet.
Il parle à son ami.
Il se souvient de ses vacances.
Pour reconnaître le complément d'objet indirect, on pose les questions "à qui? ou "à quoi?", "de
qui?" ou "de quoi?" et, selon le sens du verbe, "pour qui? ou pour quoi?", "contre qui? ou
"contre quoi?", etc.

La plupart du temps, le complément d'objet indirect est introduit par les prépositions "à" ou "de".
Mais on trouve parfois d'autres prépositions (Il compte sur votre amitié. Il croit en nous. Je
n'attends pas après lui, etc.). Il n'y a pas de préposition avec les pronoms personnels conjoints
(Cette mauvaise habitude vous nuira).
Le complément d'objet indirect peut être :

- Un nom : Il parle à sa mère.


- Un pronom : Il lui parle.
- Un infinitif : Il demande à partir.
- Une proposition : Il doute que vous soyez cet homme.

Un même verbe peut avoir un complément d'objet direct et un complément d'objet indirect - on
appelle parfois l'objet direct, objet premier et l'objet indirect, objet second (J'ai donné ce livre à
votre ami).
Lorsque le verbe demande un complément d'objet indirect, il est dit transitif indirect. Un même
verbe peut selon le sens se construire directement ou indirectement.
"Compter", par exemple, accepte les deux constructions. On peut compter des
moutons et compter sur quelqu'un.
"Applaudir", autre exemple, est de même nature. On peut applaudir un acteur ou
applaudir à une initiative.

Complément circonstanciel
Le complément circonstanciel est un mot (ou groupe de mots) qui "complète" l'action exprimée par
le verbe du point de vue des circonstances (le lieu, le temps, la mesure, la matière, etc.).

Le complément circonstanciel est la plupart du temps introduit par une préposition. Il faut
prendre garde à ne pas le confondre avec le complément d'objet indirect. (Certains
Grammaire IV 12
Reza Zatalyan
grammairiens appellent ces compléments "compléments adverbiaux" d'autres "compléments
adverbiaux non essentiels". voir compléments du verbe). Il existe de nombreuses nuances dans
lesquelles il est impossible d'entrer ici et qui forment, au demeurant, un vaste sujet dont les
spécialistes débattent encore.
Les compléments circonstanciels selon les circonstances qu'ils précisent sont habituellement
divisés en :
- temps : Il viendra demain;
- manière : Il viendra en train;
- lieu : Il viendra dans cette maison;
- cause : Ils ont agi par jalousie;
- moyen : Il voyage en avion;
- comparaison : Il vit comme un ours;
Mais de nombreuses autres nuances sont possibles :
- but : Ils travaillent pour s'enrichir;
- conséquence : Il a réussi pour notre plus grande joie;
- concession : Il avance malgré sa douleur;
- condition : Si tu te prépares bien tu réussiras;
- matière : Il construit en terre;
- quantité : Ce buffet pèse cent kilos;
Donnant des nuances de :
- prix : Il coûte trois cents francs;
- poids : Il pèse cent kilos;
- distance : Il avance de deux mètres;
- etc.
Le complément circonstanciel peut être :

- un nom : Il viendra en train;


- un pronom : C'est pour elle qu'il est venu;
- un infinitif : Ils travaillent pour s'enrichir;
- un adverbe : Il viendra demain;
- un gérondif : Il avance en reculant;
- une proposition : Il partira quand vous arriverez.

La proposition circonstancielle
La circonstancielle joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel, dans la
proposition. On les appelle parfois adverbiales.
Il partira quand la nuit viendra.
Il partira au soir.
Elles sont introduites par des conjonctions de subordination diverses.
Il reviendra quand tu lui auras pardonné.
Il reviendra si tu lui pardonnes.
Il reviendra bien que tu ne l'aies pas pardonné.
D'après leur sens, on classe les circonstancielles en sept catégories :
temporelle
consécutive
causale
concessive
finale
comparative
conditionnelle
Grammaire IV 13
Reza Zatalyan
La proposition temporelle
La temporelle joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de temps, dans
la proposition. Elle répond à la question "quand?".
Il s'est éloigné pendant que je ne le surveillais pas.
Mais au lieu d'exprimer une date ou une durée, la temporelle précise que l'action exprimée par le
verbe dont elle dépend à lieu avant, pendant ou après l'action exprimée par son propre verbe.
- le fait exprimé par le verbe principal est antérieur à celui exprimé par le verbe de la subordonnée
: "avant que, jusqu'à ce que, d'ici que, d'ici à ce que". Le verbe de la subordonnée est au
subjonctif.
Je le verrai avant qu'il parte.
Tu l'entendras jusqu'à ce que tu sois revenu à de meilleurs sentiments.
Tu ne bougeras pas d'ici que tu n'aies demandé pardon.
Notez : "jusqu'à ce que" introduit parfois l'indicatif, lorsqu'on veut marquer la
réalité du fait (Le train s'arrêtait à chaque gare jusqu'à ce qu'apparut la Loire). On
peut utiliser, avec moins d'effet "jusqu'au moment où".
- les deux faits sont simultanés : "comme, pendant que, tandis que, en même temps que,
quand, lorsque, alors que, au moment où, à l'heure où, à présent que, maintenant que", etc.
Le verbe de la subordonnée est à l'indicatif.
Il s'écroula pendant qu'il me parlait.
Je lisais au moment où il arriva.
- le verbe principal exprime un fait postérieur à celui exprimé par le verbe de la subordonnée :
"après que, dès que, depuis que, une fois que, sitôt que, quand, lorsque", etc. Le verbe de la
subordonnée est à indicatif.
Je fermerais la porte une fois que vous serez sorti.
Nous partirons quand nous aurons fini.
Notez : "après que" exige, d'après la règle, l'indicatif (Ils sortirent après qu'il
eurent parlé et non ...qu'ils eussent).

La proposition consécutive
La consécutive joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de
conséquence, dans la proposition. La consécutive indique le résultat de l'action exprimée par le
verbe dont elle dépend.
Les mots qui l'introduisent sont variés et ne sont pas spécifiques à la consécutive.
"De façon que, de sorte que, de manière que, en sorte que" qui, originellement, impliquent la
manière, peuvent exprimer la conséquence (la manière étant alors, la plupart du temps, exprimée
par un adverbe).
Il a combattu vaillamment de sorte qu'il a triomphé.
"Que" annoncé, de près ou de loin, par "tant, tellement, si, si bien, à tel point", et par l'adjectif
"tel" pouvant se combiner avec divers mots "de telle façon, de telle manière, de telle sorte, à tel
point".
Il est si violent qu'il nous fait peur.
Le bruit est tellement fort que les voisins ont protesté.
"Pour que" et "sans que" (Tu es trop farfelu pour qu'on te prenne au sérieux. Il a fait cela sans
que je m'en aperçoive).
Notez : elle commence régulièrement par la seule conjonction "que" pour éviter une reprise (Il fut
surpris au point qu'il se tut et qu'il s'en alla).

Grammaire IV 14
Reza Zatalyan
La consécutive suit toujours le verbe dont elle dépend, sauf avec "pour que".
Le mode de la consécutive est l'indicatif. Mais on peut trouver le subjonctif lorsque la conséquence
se réaliserait si le fait principal lui-même n'avait pas lieu.
Il faisait trop froid pour qu'il se baignât.
Cette construction peut se trouver avec : "pour que", "sans que"; après une principale négative ou
interrogative; après "faire, faire en sorte que".
Faites en sorte qu'il n'en sache rien
Es-tu si égoïste qu'il faille t'éviter.

La proposition causale
La causale joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de cause, dans la
proposition. Elle répond à la question "pourquoi?", "à cause de quoi?".
Elle indique pourquoi, pour quelle raison, se fait l'action exprimée par le verbe de la proposition
dont elle dépend.
Il mange parce qu'il a faim.
La causale est introduite par : "parce que, puisque, comme" on y ajoute parfois "vu que, étant
donné que, attendu que, sous prétexte que.
La position de la causale est libre : elle précède, coupe, ou suit, la proposition dont elle dépend.
Il a eu une récompense, parce qu'il a bien fait son travail.
Parce qu'il a bien fait son travail, il a eu une récompense.
Il a eu, parce qu'il a bien fait son travail, une récompense.
Elle peut être elliptique et même se réduire au seul "parce que" dans les réponses rapides.
Pourquoi tu ne veux pas? - Parce que!
Notez : elle commence régulièrement par la seule conjonction "que" : pour éviter une reprise
(Puisque je suis de sortie, et qu'il fait beau, j'irais au bois); après une principale interrogative (A
quoi rêve-t-il, qu'il pleure et geint dans son sommeil?); avec "c'est", "ce n'est pas", "non" (S'il ne
veut pas venir, c'est qu'il a été déçu par la dernière réunion).
Le mode, dans la causale, est l'indicatif. On trouve parfois le subjonctif, lorsque la cause est
présentée comme fausse ou douteuse. Les mots de liaison sont alors : "non que, non pas que, ce
n'est pas que".
Ce n'est pas qu'il craigne ton jugement, mais il préfère te présenter un projet
achevé.
Notez : si les mots de liaison sont suivis de "parce que", le verbe retrouve indicatif (Ce n'est pas
parce qu'il craint ton jugement, mais il préfère te présenter un projet achevé.).

La proposition concessive
La concessive indique qu'il n'y a pas eu la relation logique attendue, entre le fait qu'exprime son
verbe et le fait exprimé par le verbe principal.
Il sort sans parapluie bien qu'il pleuve.
Il souriait, bien qu'il souffrît.
On parle aussi pour les concessives de propositions d'opposition (oppositives) ou de propositions
adversatives.
Elle est introduite par : "quoique, bien que, encore que, malgré que (dont l'emploi est discuté).
Mais elle peut avoir bien d'autres mots de liaison : les relatifs indéfinis "qui que, quoi que, où que,
quel(le)(s) que" (Il viendra quoi que tu fasses); la locution "sans que" au sens de "bien que... ne...

Grammaire IV 15
Reza Zatalyan
pas" (Il a bon cœur sans que cela se voie); les locutions "tandis que, alors que, au lieu que, loin
que, quand bien même".
La position de la finale est libre, elle suit, coupe, ou précède, la proposition dont elle dépend.
Notez : elle commence régulièrement par la seule conjonction "que" pour éviter une reprise (Il sort
sans parapluie, bien qu'il pleuve et que je l'ai averti).
La concessive se met au subjonctif avec : "bien que, quoique, encore que, sans que" (Il en est
très amoureux sans qu'il y paraisse. Il est sorti bien qu'il soit malade).
Elle se met à l'indicatif ou au conditionnel avec : "alors que, tandis que, au lieu que, alors même
que" (Tu es sorti alors que tu devrais te soigner).
Notez : "tout...que" hésite entre le subjonctif et l'indicatif (Tout grand qu'il est. Tout grand qu'il soit).

La proposition circonstancielle finale


La finale joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de but, dans la
proposition. Elle répond aux questions "pour quoi?", "en vue de quoi?".
Elle indique dans quelle intention, dans quel dessein, se fait l'action exprimée par le verbe dont elle
dépend.
Elle est introduite par les locutions : "afin que, pour que, à seule fin que, de peur que, de
crainte que, dans la crainte que".
Il crie de plus en plus fort, afin que tout le monde l'entende.
Il insiste, de crainte que tu ne viennes pas.
La position de la finale est libre, elle suit, coupe, ou précède, la proposition dont elle dépend.
Notez : elle commence régulièrement par la seule conjonction "que" pour éviter une reprise (Je te
téléphone pour que tu viennes et que tu manges avec nous); après un verbe à l'impératif, ou
interrogatif (Viens ici que je te fasse réciter ta leçon).
Le mode de la finale est le subjonctif, le but relève en effet du souhait.
Il parle doucement pour qu'on ne l'entende pas.
Il parlait doucement pour qu'on ne l'entendît pas.

La proposition comparative
La comparative joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de
comparaison, dans la proposition. Elle répond aux questions "comment?, comme qui?, comme
quoi?".
Tu as parlé comme je l'aurais fait à ta place.
Elle exprime plusieurs nuances par rapport au verbe principal.
1. Un rapport de proportion : elle est introduite par "que", annoncé par : "suivant, selon, au fur
et à mesure, à mesure, d'autant plus, d'autant moins".
Vous avancerez d'autant plus vite que vous serez moins chargé.
2. Un rapport d'égalité : elle est introduite par "que", annoncé par : "tel, de même, si, tant, aussi,
autant".
Il est aussi grand que tu l'étais à son âge.
3. Un rapport de ressemblance : elle est introduite par "ainsi que, de même que, comme".
Tu me regardes comme me regardait ta mère.
La comparative est très souvent elliptique (Il s'est battu comme un lion). Elle se confond alors
avec le complément circonstanciel de comparaison. Elliptique (réduite à un seul mot "comme,

Grammaire IV 16
Reza Zatalyan
que"), elle peut fusionner avec une conditionnelle (Il me parle comme s'il était menacé), ou avec
une temporelle (Il était habillé comme quand nous nous sommes rencontrés).
Son verbe se met :
- à l'indicatif lorsqu'il exprime un fait considéré dans sa réalité (Tu le feras comme
je l'ai fait).
- au conditionnel lorsqu'il exprime une simple éventualité (Tu l'as fait comme je
l'aurais fait à ta place).
- au subjonctif parfois, avec : "autant que" et le verbe "pouvoir" (Tu l'as fait?
autant que je sache).

La proposition conditionnelle
La conditionnelle joue, dans la phrase, le même rôle qu'un complément circonstanciel de condition,
dans la proposition. Elle indique à quelle condition se fait l'action exprimée par le verbe de la
proposition dont elle dépend.
Je lui parlerais si c'était nécessaire (en cas de nécessité).
La conjonction de condition par excellence est "si". Le mode du verbe de la conditionnelle par "si"
est l'indicatif.
Il mange, s'il a faim
Il mangera, s'il a faim
Il mangerait, s'il avait faim.
Il convient de distinguer deux cas selon le mode du verbe de la principale : indicatif, subjonctif,
impératif, d'une part, conditionnel de l'autre.
1. le verbe de la principale est à l'indicatif : il s'agit d'une simple hypothèse et
les temps des propositions se correspondent directement (Si tu pars tout de suite,
tu arriveras à temps. S'il a dit cela, il a eu tort).
Notez : le futur et le conditionnel sont exclus. On emploie le présent (ou une
périphrase) à la place du futur, et le passé composé à la place du futur antérieur.
(Si tu admets cette opinion, tu as tort. Si tu as admis cette opinion, tu as eu tort. Si
cela vient à se reproduire, nous prendrons des mesures).
Si le verbe de la principale est au subjonctif ou à l'impératif, rien ne change pour le
verbe de la conditionnelle (Qu'il se mette au travail, s'il est prêt).
2. le verbe de la principale est au conditionnel : la condition est seulement
imaginée ou même présentée comme irréelle.
On emploie l'imparfait ou le plus-que-parfait dans la subordonnée (Tu aurais tort, si
tu admettais cette opinion. Tu aurais eu tort, si tu avais admis cette opinion).
Selon que les faits concernent le présent, le futur ou le passé, on parle "d'irréel du
présent" (Je serais satisfait, si j'avais un bon outil = maintenant), de "potentiel"
(Je serais satisfait, si j'avais de ses nouvelles avant la fin de la semaine), "d'irréel
du passé" (J'aurais été satisfait, si j'avais eu de ses nouvelles avant qu'il
revienne).
Lorsque les faits concernent le passé, on trouve parfois le plus-que-parfait du
subjonctif, soit pour les deux verbes, soit pour l'un des deux seulement. (Je fusse
parti, s'il ne m'eût parlé. Je l'aurais remercié, s'il fût venu. Je l'eusse remercié, s'il
avait été présent).
Notez : Il faut prendre garde de ne pas confondre, "si" conjonction, et "si" adverbe introduisant une
complétive interrogative. Après "si" marquant une condition, le mode conditionnel est interdit (Si
j'aurais su??).
La conditionnelle peut être introduite par diverses conjonctions ou locutions.

Grammaire IV 17
Reza Zatalyan
Son verbe se met au subjonctif après : "à condition que, à supposer que, à moins que, pour
peu que, pourvu que, en admettant que, supposé que, soit que...soit que, soit que...ou que,
Son verbe se met à l'indicatif après : "selon que...ou que, suivant que...ou que, dans la mesure
où".
Son verbe se met au conditionnel après : "quand, quand bien même, alors même que".
"Au cas où" admet le conditionnel ou le subjonctif.


Compléments (définition)
Le complément est un mot ou une proposition qui dépend d'un autre mot et en complète le sens.
On distingue :
- le complément de l'adjectif : Un tonneau plein de vin
- le complément de nom (ou de pronom) : la porte de la maison. Ceux de l'année
dernière.
- le complément d'objet direct : Il mange une pomme.
- le complément d'objet indirect : Il abuse de son amitié.
- les complément circonstanciel : Il se promène sur le rivage. Il viendra après le
repas. Il partira dans la matinée, etc.
- le complément d'agent : La maison est construite par le maçon.
La plupart de ces catégories donnent lieu à des entrées particulières auxquelles vous pouvez vous
reporter en cas de besoin.
D'autres compléments, moins fréquents ou moins indispensables à l'analyse, ont été laissés de
côté : complément de l'adverbe, complément de l'adjectif, complément de l'infinitif, complément du
présentatif (Voir fonctions du nom).

Compléments du nom
Le complément de nom est un mot (ou groupe de mots) qui se joint au nom, la plupart du temps
par l'intermédiaire d'une préposition, pour en compléter, en préciser, étendre, le sens. Les
compléments de noms sont extrêmement variés et de nombreuses prépositions peuvent les
introduire mais les plus fréquentes sont "de" et "à".
Les yeux de Pierre.
Une armoire de toilette.
Un chien de garde.
Un fruit à pépins.
Un verre à eau.
Selon le mot support, selon le mot ou le groupe complément, selon le sens (relation,
caractérisation, pseudo-complément - voir ci-dessous -, construction directe, etc.), on distingue de
nombreux types de compléments qu'il est impossible de présenter ici. Les quelques observations
suivantes ont des effets immédiats sur la construction ou l'accord.
1. les pseudo-compléments : lorsque le nom support est un mot du type "espèce, type, sorte,
façon, genre, manière", un mot proche d'un numéral "dizaine, millier, centaine, etc., ou encore
un "collectif", c'est en fait le complément qui est le noyau du syntagme et c'est lui qui, sous
certaines conditions, est le donneur d'accord (voir le sujet est un nom collectif, un nom de
fraction, un adverbe de quantité).
2. les compléments de relation lorsqu'ils marquent l'appartenance sont presque toujours
introduits par "de". Il ne faut pas écrire Le vélo à ma sœur mais Le vélo de ma sœur.
3. les compléments des noms désignant des récipients sont introduits par "à" quand ils marquent la
destination et par "de" lorsqu'on envisage le contenu (Un verre à vin mais Un verre de vin).
Grammaire IV 18
Reza Zatalyan

Complément d'agent
Le complément d'agent est un complément qui n'apparaît qu'avec les verbes à la voix passive
(voir voix du verbe). A la voix passive le sujet subit l'action (L'élève est interrogé). Le complément
d'agent indique qui (ou quoi) fait l'action (L'élève est interrogé par le maître).
Le complément d'agent est introduit, la plupart du temps, par la préposition "par", parfois "de" (Il
était aimé de cette femme).
Lorsque la phrase est tournée à l'actif (voir active), le complément d'agent devient le sujet (celui
qui fait l'action indiquée par le verbe).
L'élève est interrogé par l'instituteur.
L'instituteur interroge l'élève.


Groupe nominal
Les grammairiens utilisent les dénominations "groupe" et "syntagme" de manière assez
semblable. Ces deux termes désignent un ensemble de mots qui sont tous en relation avec un
élément central appelé "noyau". Le groupe nominal est un groupe dont le noyau est un nom.
Le groupe nominal le plus simple est formé du nom seul (Pierre est sorti). Le groupe nominal peut
être formé de divers éléments, parmi ces éléments certains sont obligatoires, d'autres facultatifs.

Les éléments obligatoires sont le nom et les déterminants (avec certaines exceptions voir
omission de l'article).
Les éléments facultatifs sont de trois types :

- des adjectifs (épithètes ou en apposition) (Il roule avec un vélo vert. Furieux,
les ouvriers ont cessé le travail.
- des compléments du nom, la plupart du temps, introduits par une préposition
(Il roule avec un vélo de course).
- des subordonnées relatives (Le voisin qui a un drôle de chapeau est venu ce
matin.).
Ces trois types peuvent se combiner pour former des groupes nominaux complexes, emboîtés (Il
roule avec un vélo de course qui a un drôle de porte-bagages en tôle de récupération).

Le nom noyau règle, pour chaque groupe, l'accord avec les déterminants et les divers éléments
qui l'accompagnent. Cet accord maintient la cohésion du groupe il est indispensable.
Un groupe nominal peut occuper les fonctions suivantes :

- sujet du verbe : La voiture rouge est plus rapide.


- complément d'objet direct (ou indirect) : Il préfère la voiture rouge.
- attribut du sujet : La porte est en bois de cerisier.
- attribut de l'objet : Elle a traité cet homme de bandit de grand chemin.
- apposition : Le cerf, roi de nos forêts, est en voie de disparition.
- nom en apostrophe : Petit Pierre, chante la dernière chanson!
- complément circonstanciel : Il mange le soir vers 20 heures.
- complément du nom ou du pronom : Il boit un verre de vin.
- complément de l'adjectif : Il a cassé une bouteille pleine de cidre.
- complément de l'adverbe : Il a agi conformément à la loi.
- complément d'agent : Cette ordonnance a été faite par le médecin de famille.

Grammaire IV 19
Reza Zatalyan
- complément de l'interjection : Gare au gorille.
- complément du présentatif : Voici les cerises.
Bien entendu, ces diverses fonctions peuvent être occupées par un nom seul ou son équivalent
(pronom, infinitif-nom, adverbe de quantité nominalisé, etc.).

Épithète

Littéralement "qui est ajouté". L'épithète est généralement un adjectif qui se joint à un nom ou à un
pronom pour le qualifier. (Une grande maison. Un petit garçon. Un homme loquace, etc.).
L'épithète se différencie de l'attribut en ce qu'elle n'a pas besoin de liaison verbale. Comparez :
C'est un petit garçon où "petit" est épithète, et Ce garçon est petit où "petit" est attribut..

Apposition (Substantif épithète)


L'apposition se présente le plus souvent comme un élément nominal placé dans la dépendance
d'un autre élément nominal. L'élément dépendant a, vis-à-vis du nom principal, la relation qu'a un
attribut avec son sujet ou un épithète avec le nom qu'il qualifie.
Ces deux relations donnent lieu à deux "types" d'appositions :
La France, pays des droits de l'homme, se doit de...
où "pays des droits de l'homme" désigne la France et peut se lier par "être".
Il a commandé des chèques repas.
Où "repas" apparaît comme un qualificatif de même type qu'un adjectif "des
chèques périmés" ou "rouges". Certains grammairiens parlent alors de substantif
épithète.
Ce dernier exemple illustre un procédé très productif à notre époque. La publicité et les médias
l'utilisent largement.
Il donne souvent lieu à des emboîtements successifs et de l'élément principal dépendent parfois
plusieurs éléments :
L'axe Paris-Berlin.
Le duel Mitterrand-Chirac.
Un conflit mère-fille.
La trilogie immigration-insécurité-chômage.
Dans ce type de construction, les mots dépendant de l'élément principal sont liés par des traits
d'union.
Si l'apposition est donneuse d'accord c'est le premier élément qui est décisif.
Accord du nom en apposition : Lorsque l'accord peut se faire, il doit se faire (après tout les deux
noms désignent la même réalité).
L'accord se fait quand l'apposition et son support sont des noms animés, et qu'ils ont tous deux un
genre selon le sexe de l'être désigné.
Exemple : avec "père, mère, femme, homme". On écrira, bien évidemment, Son
père, homme remarquable... et Sa mère, femme remarquable...
L'accord se fait encore lorsque l'apposition, animée et pouvant varier en genre, concerne un mot
support inanimé.
Exemple : La mort, cette voleuse!
L'accord en nombre est la règle : Les villes, géantes aveugles,... Les hommes, barbares furieux,...
Lorsqu'une apposition est rapportée à deux supports elle se met habituellement au pluriel.

Grammaire IV 20
Reza Zatalyan
Nom en apostrophe
Le mot en apostrophe peut être un nom ou un pronom. Il désigne l'être ou la chose personnifiée à
qui on adresse la parole (Toi, chante-nous quelque chose! Amis, buvons à la santé de Pierre. Ça
c'est fort, Pierre!).
Il ne faut pas confondre l'apostrophe et l'apposition. L'apostrophe interpelle (c'est le vocatif latin).
La phrase interpellative utilise l'apostrophe (Garçon!), l'impératif (Venez!) ou des interjections (Allo.
Hep! Pst!). Elle fait partie du discours direct.
On peut, pour différencier l'apostrophe de l'apposition, passer la phrase au discours indirect (Il a
dit : "Toi chante-nous quelque chose!" donnera, par exemple Il lui a dit qu'il nous chante quelque
chose. Je leur ai dit : "Amis, buvons à la santé de Pierre!" donnera J'ai dit à mes amis que nous
buvions à la santé de Pierre. Le mot en apostrophe sort de la citation, il ne peut être conservé
dans le discours indirect.

Interjection
L'interjection manifeste un sentiment de joie, de tristesse, de douleur, etc., par un mot-
phrase de type exclamatif.
Ah! Oh! Ouf! Zut! Aïe! Bah! Chic! Hé! Hein! Merde! Mince!
L'interjection se rapproche du cri et certains mots-phrases sont des onomatopées de forme parfois
instable.
Chttt! Pst! Brrr! Paf! Pif!
Lorsque l'interjection est dans une phrase, on la fait ordinairement suivre par un point
d'exclamation mais celui-ci ne force pas la majuscule.
Un bruit violent nous réveille et chacun pense, merde! ça va recommencer.



Sujet nom collectif, nom de fraction ou adverbe de quantité


I. Un nom collectif est un nom constituant une collection (un groupe, une foule, une multitude,
etc.). Lorsqu'il est suivi du nom qui représente les éléments de cette collection (un groupe de
soldats, une foule de manifestants, une multitude d'oiseaux, etc.), le verbe s'accorde, selon le
sens, tantôt avec le nom collectif (singulier), tantôt avec son complément (pluriel).
La multitude de soldats avançait sur un seul front.
C'est la multitude qui avance.
Le groupe de soldats avançaient.
Ce sont les soldats qui avancent.
L'usage est très variable et dépend en priorité de l'attention portée par le scripteur à un terme ou à
l'autre, mais quelques règles, à peu près observées, peuvent aider à l'accord.
1. Avec "force (sans de), la plupart de, nombre de, bon nombre de, grand
nombre de, quantité de" l'accord se fait avec le nom qui suit (Force mots sont).

2. Avec les noms numéraux du type "douzaine, centaine, cinquantaine, etc."


l'accord se fait avec le nom qui suit (Une douzaine d'ouvriers sont partis).
3. Avec "une infinité" l'accord est plus fréquent avec le nom qui suit car l'idée de
nombre prédomine (Une infinité de sauterelles se levèrent).

4. Avec "la plupart" le verbe est toujours au pluriel - accord avec le complément,
présent ou sous-entendu. (La plupart sont partis).

Grammaire IV 21
Reza Zatalyan
II. Les noms de fractions "la moitié, le tiers, le quart, une partie de, une fraction de" obéissent
au même usage : accord avec le premier mot ou avec le second, selon que l'esprit s'attache à l'un
ou à l'autre :
La moitié des invités sont venus.
La moitié des invités est venue.

III. Lorsqu'un adverbe de quantité accompagné de son complément (Combien de difficultés.


Trop de marins. Que de patience, etc.) est sujet de la proposition, le verbe s'accorde avec le
complément. Si celui-ci est absent, il est censé être au pluriel.
Trop de marins sont partis.
Combien de lettres sont écrites?
Combien sont...

En fait, l'adverbe se comporte comme un déterminant et le nom est le noyau du groupe, c'est
avec lui que se fait l'accord.
Mais lorsque c'est l'adverbe de quantité qui exprime, en fait, l'idée dominante, il arrive que l'accord
se fasse avec celui-ci.
Trop de complaisance serait blâmé.

Cet accord est habituel lorsque l'adverbe est nominalisé par la présence d'un déterminant.
Le trop de coups a usé son cerveau.

Cette nominalisation est fréquente avec "le peu, ce peu, le trop". Mais même dans ce cas, selon
l'attention portée par le scripteur, on trouve l'accord avec le nom ou l'adverbe, et rien n'empêche
d'écrire, par exemple :
Le peu de choses qu'il avait retenues.
Notez : Après "plus d'un" le verbe se met, habituellement au singulier. Après "moins de deux" le
verbe se met au pluriel.

Déterminant (grammaire)
En grammaire, un déterminant est un mot-outil variable dont la fonction syntaxique est
d'actualiser le nom en indiquant le cas échéant, un certain nombre de précisions concernant
celui-ci : genre, nombre, personne, etc.

Grammaire IV 22
Reza Zatalyan
Sommaire
 1 Généralités
o 1.1 Catégorie de l'élément déterminé
o 1.2 Accord
o 1.3 Place du déterminant
o 1.4 Article et adjectif déterminatif
 2 Notion d'actualisation
o 2.1 Nom virtuel et nom actuel
o 2.2 Actualisation incomplète et actualisation complète
o 2.3 Remarque
 3 Caractère obligatoire du déterminant
o 3.1 Syntagmes actualisés sans déterminant
o 3.2 Syntagmes virtuels
 4 Association de déterminants
 5 Différentes catégories de déterminants
o 5.1 Déterminants indéfinis

o 5.2 Déterminants définis

Généralités
Le déterminant transforme le nom dont il est l'un des satellites, en un syntagme nominal :
Le mot « dinosaure » est un nom, mais le déterminant « un » transforme celui-ci en
un syntagme nominal (« Un dinosaure »).

Catégorie de l'élément déterminé

L'élément actualisé par le déterminant (le noyau) est le plus souvent un nom. Il peut s'agir
également d'un pronom ; dans ce cas, le syntagme obtenu est un syntagme pronominal :
Cette pomme était excellente ; j'en prends une autre.
Le noyau du syntagme « une autre » est le pronom indéfini « autre » : on a donc
affaire ici à un syntagme pronominal.
 En outre, le déterminant a le pouvoir de transformer en nom, tout élément
linguistique (n'importe quelle catégorie, mais également, une simple lettre, une
syllabe, une phrase, etc.). On dit alors que cet élément est nominalisé :

Il me fatigue avec ses « oui, mais », ses « pourquoi pas ? », ses « peut-être »...

Accord

Tout déterminant s'accorde en genre et en nombre avec le noyau dont il est satellite :
Le boulanger, la boulangère, les boulangers, les boulangères.
Le nom noyau est successivement : masculin singulier, féminin singulier, masculin
pluriel, et féminin pluriel : le déterminant (le, la, les) fléchit en conséquence.
 A l'oral, cette flexion permet de distinguer certains homophones. Elle permet
également, à l'oral aussi bien qu'à l'écrit, de connaître le genre et le nombre des

Grammaire IV 23
Reza Zatalyan
noms dont la forme est invariable, précisément, en genre (les épicènes) ou en
nombre :

Le maire / la mère ; un secrétaire / une secrétaire ; un bois / des bois…

Place du déterminant

Normalement, le déterminant précède le noyau, puisqu'il doit annoncer celui-ci. Mais il


peut en être séparé par une autre catégorie, par exemple, un adjectif qualificatif ou un autre
déterminant :
Un beau jour. Un autre jour.
Le déterminant « un » est séparé de son noyau (le nom « jour »), par un qualificatif
(« beau », épithète antéposée du nom « jour ») dans le premier exemple, et par un
autre déterminant (« autre », adjectif indéfini, actualise le nom « jour ») dans le
second.
 Lorsqu'il est placé après le noyau, le déterminant devient adjectif qualificatif. À
cette occasion, il prend souvent un sens différent :

Un quelconque objet / un objet quelconque.


L'adjectif « quelconque » est d'abord déterminant indéfini (= « n'importe quel
objet »), puis adjectif qualificatif (= « un objet banal »).

Article et adjectif déterminatif

Dans la grammaire traditionnelle, la notion de déterminant n'existait pas, et on distinguait


soigneusement les articles des adjectifs non qualificatifs (aujourd'hui également appelés
adjectifs déterminatifs). Cependant ces deux catégories ont des fonctions syntaxiques si
proches qu'on a pris l'habitude de les regrouper sous l'étiquette des déterminants :
 L'article constitue le déterminant type. On l'emploie par conséquent chaque fois
qu'une autre catégorie de déterminant (un adjectif déterminatif, donc) ne s'impose
pas :

Le pain est croustillant. Un pain de campagne. Du pain dur pour les oiseaux.
 L'adjectif déterminatif ajoute simplement une indication sémantique
supplémentaire à l'article :

Ton livre. Ce livre. Quelques livres. Trois livres. Quel livre ? Quel livre !…
L'adjectif déterminatif doit bien sûr être distingué de l'adjectif qualificatif, qui lui,
caractérise le noyau en lui affectant une qualité particulière.
Certains grammairiens aujourd'hui n'utilisent même plus le terme d'adjectif
déterminatif ou d'adjectif non qualificatif, et parlent simplement de déterminant
possessif, de déterminant démonstratif, etc.
Notion d'actualisation
Actualiser (ou déterminer) signifie permettre au nom de remplir sa fonction référentielle, à
savoir, permettre au destinataire d'identifier la chose dont on parle (appelée référent) :
Amédée lit un livre.

Grammaire IV 24
Reza Zatalyan
Dans cette phrase, le mot « livre » ne désigne pas n'importe quel livre, mais
précisément l'objet réel qu'Amédée est en train de lire, en d'autres termes, le
référent.

Nom virtuel et nom actuel

Or, lorsqu'un nom est isolé, qu'il est indépendant d'une parole, d'un discours, d'un contexte,
ce nom est dit virtuel, parce qu'il n'est pas encore mis en relation avec un référent
déterminé. Par exemple, le même mot livre, pris dans le dictionnaire cette fois, peut
virtuellement désigner un livre quelconque, parmi les innombrables livres existants (y
compris, bien sûr, celui qu'Amédée est en train de lire dans l'exemple précédent). En
revanche, dès lors que ce même nom est mis en relation avec d'autres mots du discours,
qu'il joue un rôle dans la syntaxe, qu'il participe à un acte de communication, qu'il est en
mesure de désigner un référent, un tel nom n'est alors plus virtuel, mais actuel.
 Le déterminant a pour rôle principal de participer à l'actualisation d'un nom, c'est-à-
dire, d'annoncer que ce nom n'est pas virtuel, mais est en relation avec un référent :

Un panier à fruits / Un panier pour les fruits que j'ai achetés.


Dans ces deux syntagmes nominaux, le nom complément « fruit », est virtuel dans
le premier exemple (pas de déterminant, pas de référent propre) et actuel dans le
second (présence du déterminant « les », et référent propre).
 L'actualisation d'un nom par le déterminant est souvent aidée par divers éléments
syntaxiques appelés expansions ou satellites du nom noyau. Il peut s'agir d'adjectifs
épithètes, de noms compléments de nom, de subordonnées relatives, comme dans
l'exemple précédent (« les fruits que j'ai achetés »)...

Actualisation incomplète et actualisation complète

Or dans la communication, cette fonction référentielle du nom revêt deux aspects distincts,
suivant que les indices produits par le déterminant, et donc, transmis au destinataire,
permettent ou non à ce dernier d'identifier complètement le référent.
 Lorsque les informations fournies par l'énonciateur sont insuffisantes pour
identifier le référent, le déterminant indique que le référent existe bien (le nom n'est
donc pas virtuel), mais qu'il n'est pas identifiable par le destinataire. On parle alors
d'actualisation incomplète (certains grammairiens parlent d'actualisation pour
désigner la seule actualisation incomplète et de détermination pour désigner
l'actualisation complète). Les déterminants concernés sont appelés déterminants
indéfinis. Il s'agit principalement des articles indéfinis et partitifs, ainsi que des
adjectifs indéfinis, numéraux et interrogatifs.

 Si au contraire les informations fournies par l'énonciateur sont suffisantes pour


identifier le référent, ce déterminant annonce et effectue alors une actualisation
complète : dans ce cas, donc, le destinataire, non seulement sait que le nom n'est
pas virtuel, mais en plus, il est en mesure d'identifier précisément le représenté. Les
déterminants concernés sont appelés déterminants définis. Il s'agit des articles
définis, ainsi que des adjectifs possessifs, démonstratifs, exclamatifs et relatifs.

Remarque
Grammaire IV 25
Reza Zatalyan
En fait, le terme de déterminant est plutôt mal choisi, puisque dans de nombreux cas, on
devrait parler d'indétermination plutôt que de détermination. Par exemple, lorsqu'on dit
« quelques livres », on sait qu'il s'agit bien de livres, mais il est plutôt paradoxal de dire que
quelques détermine le nom livres, puisque dans ce cas, les livres en question sont
complètement indéterminés. Voilà pourquoi certains linguistes préfèrent parler
d'actualisateur plutôt que de déterminant, terme trompeur comme nous venons de le voir.
Le terme de déterminant étant cependant largement utilisé dans la grammaire
contemporaine, il ne nous semble pas indispensable d'en changer.
Caractère obligatoire du déterminant
De par le rôle qu'il joue dans la fonction référentielle du nom, le déterminant a en principe
un caractère obligatoire, c'est-à-dire que tout syntagme nominal ou pronominal doit être
précédé d'au moins un déterminant. Il existe toutefois quelques exceptions : les noms
actualisés sans la médiation du déterminant, et les noms employés de manière virtuelle.

Syntagmes actualisés sans déterminant

On trouve de nombreux exemples de noms (ou éléments nominalisés) employés sans


déterminant. À chaque fois, le référent est normalement identifiable pour les deux actants
de l'énonciation.
 Certains noms propres (la plupart des noms de personnes, de villes...) :

Victor Hugo fut un grand écrivain. Martin est absent depuis quatre jours.
Organisera-t-on un jour des voyages sur Mars comme il s'en organise à Tahiti ? Je
ne suis jamais allé à Paris.
D'autres noms propres cependant, contre toute attente, nécessitent dans certaines
circonstances, l'emploi d'un déterminant (article défini) :
L'Amérique ; la Loire ; l'Amazonie ; les Alpes ; le Sahara...
 Les dates :

En 1956, nous avons eu un hiver rigoureux. En septembre 2002, il y a eu de graves


inondations. La Bastille fut prise le 14 juilllet 1789...
 Certaines apostrophes :

Salut, collègue ! Soldats, je suis fier de vous !


 Enfin, les mots pris dans une énumération, sont souvent employés sans
déterminant, afin de donner plus de vivacité au discours. Il s'agit alors d'une figure
de style appelée disjonction, asyndète ou parataxe :

Adieu, veau, vache, cochon, couvée. (Jean de La Fontaine - La Laitière et le Pot au


lait)

Syntagmes virtuels

Dans les cas suivants, le nom est employé sans déterminant parce qu'il doit être considéré
comme virtuel.

Grammaire IV 26
Reza Zatalyan
 Dans certaines locutions. De nombreuses expressions anciennes et figées, et que
l'on devrait plutôt analyser comme des locutions verbales ou adverbiales, emploient
des noms sans déterminant :

Avec joie, avoir faim, faire peur, prendre froid, se rendre compte, tenir parole, avec
enthousiasme, de plein gré, blanc comme neige…
 Un élément linguistique autonyme. Devant un nom employé comme autonyme,
c'est-à-dire, lorsqu'il renvoie, non pas au référent qui lui est habituellement associé,
mais à lui-même :

L'hirondelle a deux ailes / Hirondelle a deux « L ».


Dans la première phrase, les deux syntagmes nominaux renvoient à deux référents
distincts (« L'hirondelle » et « deux ailes »). Dans la seconde, le mot « hirondelle »
n'est pas actualisé, il s'agit donc d'un autonyme : il ne renvoie pas à l'oiseau, mais à
lui-même (le mot écrit). Donc, pas de référent.
 Un nom satellite d'un autre nom. La suppression du déterminant a souvent lieu
lorsque le syntagme nominal est complément de nom du type « complément de
caractérisation », prépositionnel ou non (nom apposé), ce qui est logique puisque le
complément de caractérisation est toujours virtuel :

Une cabane de gardian, un pull-over en laine, un train à grande vitesse, une chaise
pour enfant, un cassoulet maison… Je vous présente Léonard, médecin à
Marseille...
On peut également comparer : Le bonnet de ma grand-mère / Le bonnet de coton.
Le premier syntagme nominal renvoie à deux référents distincts (« bonnet » et « ma
grand-mère »). Le second, ne renvoie qu'à un seul, puisque seul le mot « bonnet »
est actualisé (le nom « coton » ne l'étant pas, il ne désigne aucun référent).
 Un nom attribut, attribut du sujet ou attribut de l'objet :

Denise est institutrice. Michel a été employé comme secrétaire.


 Les titres d'œuvre, les étiquettes, les pancartes, etc. :

Fables choisies. Courrier arrivé. Fermeture annuelle. Sortie…


 Certains noms renvoyant au temps qui passe. Cela concerne les noms de mois, de
fêtes religieuses, de jours de la semaine, de moments de la journée, etc. :

En avril, ne te découvre pas d'un fil. Je viendrai à Noël. Il reprend le travail lundi...
Association de déterminants
Pour un même noyau, les déterminants peuvent être multiples. Ce type d'association de
déterminants, obéit cependant à certaines règles.
 Les adjectifs démonstratifs, possessifs, interrogatifs et exclamatifs se substituent
obligatoirement à l'article et ne se combinent que de manière exceptionnelle :

Le pain ; du pain ; un pain ; mon pain ; leur pain ; ce pain ; quel pain ! Quel
pain ?…
Et non « Le mon pain ; leur un pain ; mon ce pain… »
 En cas de pluralité de déterminants, l'article se place généralement en premier. Seul
l'adjectif indéfini « tout » se place avant lui.
Grammaire IV 27
Reza Zatalyan
 En cas d'actualisation incomplète, on emploie un déterminant indéfini, qui peut être
accompagné d'un ou plusieurs déterminants indéfinis (mais jamais par un
déterminant défini). Les adjectifs indéfinis et les numéraux sont particulièrement
concernés par ce type de combinaison :

Trois autres gâteaux / Quels autres gâteaux as-tu mangés ?


 En cas d'actualisation complète, un déterminant défini est employé à l'exclusion de
tout autre déterminant défini ; mais ce déterminant peut être accompagné d'un ou
plusieurs déterminants indéfinis. Dans ce cas, ce déterminant défini se met en
première position (excepté avec « tout ») :

Les deux autres objets / Tous les autres objets


Le nom noyau « objets » est précédé des déterminants suivants : « les » (article
défini), « deux » (adjectif numéral cardinal), « autres » (adjectif indéfini) et « tous »
(adjectif indéfini).
Différentes catégories de déterminants
Compte tenu de l'importance de l'opposition entre actualisation complète et actualisation
incomplète, la distinction classique entre l'article et l'adjectif déterminatif sera ici mise en
retrait au profit de la distinction déterminant indéfini et déterminant défini, chacune de ces
deux sous-catégories regroupant des articles et des adjectifs déterminatifs.

Déterminants indéfinis

Le déterminant indéfini assure une actualisation incomplète au syntagme qu'il annonce.


Un tel syntagme, ainsi imparfaitement déterminé, constitue obligatoirement un
représentant référentiel. Les sous-catégories de déterminants indéfinis sont les suivantes.
 Article indéfini
 Article partitif
 Adjectif indéfini
 Adjectif numéral
 Quantificateur
 Adjectif interrogatif

Un adjectif interrogatif est une variété d'outil interrogatif. Il s'agit principalement


du déterminatif « quel » (ainsi que ses flexions « quelle, quels, quelles ») auquel est
habituellement associée la locution « combien de ».

Déterminants définis

Le déterminant défini assure une actualisation complète au syntagme qu'il annonce. Un


tel syntagme, ainsi déterminé peut être, soit un représentant textuel (anaphore ou
cataphore), soit un représentant référentiel : dans les deux cas, il est toujours parfaitement
défini. Les sous-catégories de déterminants définis sont les suivantes.
 Article défini
 Adjectif possessif
 Adjectif démonstratif
 Adjectif exclamatif

Grammaire IV 28
Reza Zatalyan
Un adjectif exclamatif est une variété d'outil exclamatif. Il s'agit principalement du
déterminatif « quel » (ainsi que ses flexions « quelle, quels, quelles ») auquel est
habituellement associée la locution « que de ».
 Adjectif relatif

L'adjectif relatif a la forme du pronom relatif « lequel » (ainsi que ses flexions
« laquelle, duquel, auquel... »), suivi de la répétition de son antécédent.
Articles connexes
 Nom
 Adjectif qualificatif
 Syntaxe
 Pronom
 Préposition

Article défini
En grammaire, l'article défini est une sous-catégorie de déterminant défini, qui participe à
l'actualisation du nom noyau en indiquant, soit que le référent (la chose, l'animal, la
personne dont il s'agit) est connu des actants de l'énonciation, soit que des satellites vont
suivre (adjectif qualificatif, complément de nom, proposition relative…) qui permettront à
l'interlocuteur d'identifier précisément ce représenté.
 L'article défini est donc l'outil type de la détermination complète. Il s'oppose ainsi à
l'article indéfini et à l'article partitif, qui eux, présupposent que le référent n'est pas
connu des interlocuteurs :

Une hirondelle est venue. L'hirondelle est revenue.

Sommaire
 1 Forme simple
 2 Forme contractée

 3 Forme agglutinée avec « dit »


Forme simple
L'article défini connaît deux formes au singulier (« le » pour le masculin, et « la » pour le
féminin) ; et une seule au pluriel (forme épicène) (« les ») :
La maison dont je vous parle... / Le chien dont il est question... / Les enfants que
vous connaissez... / Les fleurs que vous avez cueillies...
 L'article défini singulier s'élide devant un mot commençant phonétiquement par
une voyelle : « le » et « la » deviennent alors « l' » :

Le boucher, la bouchère, l'autre boucher, l'autre bouchère...


L'épicier, l'épicière, le même épicier, la même épicière...
 L'article défini singulier peut également désigner une espèce, et pas seulement un
individu :

Grammaire IV 29
Reza Zatalyan
Le chien est le meilleur ami de l'homme.
Il ne s'agit pas ici d'un chien et d'un homme particuliers, mais de l'espèce canine
(tous les chiens), ainsi que de l'espèce humaine (tous les humains).
Forme contractée
Les articles définis « le » et « les » prennent une forme contractée lorsqu'ils sont précédés
des prépositions « à » ou « de » :
- Avec « à », « le » devient « au », et « les » devient « aux » :
Une tarte au potiron. / Une tarte aux pruneaux.
- Avec « de », « le » devient « du », et « les » devient « des » :
La maison du voisin. / La maison des voisins.
 Les articles définis « la » et « l' » ne se contractent jamais lorsqu'ils sont précédés
des prépositions « à » ou « de » :

Paul va à la plage. Paul va à l'école.


 L'article contracté « du » doit être distingué de l'article partitif de même forme ; et
l'article contracté « des » doit être distingué de l'article partitif et de l'article indéfini
de même forme :

J'aime le parfum du lilas. J'ai cueilli du lilas.


L'article « du » est contracté dans le premier exemple (préposition + article défini),
et partitif dans le second.
J'aime le parfum des fleurs. J'ai cueilli des fleurs.
L'article « des » est contracté dans le premier exemple (préposition + article défini),
et indéfini dans le second.
 Jadis, l'article défini « les » se contractait en outre avec la préposition « en » (en +
les = « ès »). On trouve encore la trace de ce phénomène dans certains titres
honorifiques figés, tels que :

Professeur ès lettres. Docteur ès sciences…


Forme agglutinée avec « dit »
Qu'il soit simple ou contracté, l'article défini peut s'agglutiner avec le participe passé
« dit » pour produire les formes suivantes :
- au masculin singulier : « ledit » (formes contractées : « audit » et « dudit ») ;
- au féminin singulier : « ladite » ;
- au masculin pluriel : « lesdits » (formes contractées : « auxdits » et « desdits ») ;
- au féminin pluriel : « lesdites ».
 Sous ces différentes formes, fréquemment employées dans le langage administratif,
l'article défini a la valeur d'un représentant anaphorique et se rapproche d'un
adjectif démonstratif :

Suite aux récentes innondations, une remise en état du pont de la République


devant être effectuée de toute urgence, le passage des véhicules à moteur sera
interdit sur ledit pont pendant quinze jours à compter de la date du présent arrêté.
Pour « ce pont », « le pont dont on vient de parler ».

Grammaire IV 30
Reza Zatalyan
Article indéfini

En grammaire, un article indéfini est une sous-catégorie de déterminant indéfini, qui


participe à l'actualisation du nom noyau en indiquant simplement que le représenté, le
référent (la chose, l'animal, la personne dont il s'agit), existe bien, mais demeure inconnu
des actants de l'énonciation : c'est l'outil type de la détermination incomplète. Il s'oppose
ainsi à l'article défini, qui lui, présuppose que le référent soit connu des actants de
l'énonciation.
 L'article indéfini prend deux formes au singulier : « un » et « une » ; et un seule au
pluriel : « des » (forme mixte ou forme épicène) :

Un jardin ; une maison ; des jardins ; des maisons.


Remarques sur l'article indéfini singulier
 L'article indéfini singulier a la même forme que l'adjectif numéral cardinal (« un /
une »). Si cette forme renvoie globalement un référent inconnu du locuteur, il s'agit
de l'article. Si au contraire cette forme ne renvoie qu'à une quantité unaire, il s'agit
de l'adjectif numéral. C'est le contexte linguistique ou extralinguistique qui seul
permet cette déduction :

Une hirondelle est revenue.


Si l'on sous-entend « une hirondelle quelconque... », « une » peut être analysé
comme un article. Si au contraire on sous-entend « une seule hirondelle, pas deux,
ni trois... », « une » peut être analysé comme un adjectif numéral cardinal.
 Il peut prendre une valeur générale, proche du défini singulier appliqué à l'espèce :

Un chien ne trahit jamais son maître.


Pour signifier « Le chien ne trahit jamais son maître », ou « Les chiens ne trahissent
jamais leur maître ».
 Il peut adopter une forme particulière appelée article partitif.

Remarques sur l'article indéfini pluriel


 L'article indéfini pluriel est presque toujours converti en « de » par un verbe à la
forme négative :

Il mange des fruits / Il ne mange jamais de fruits.


 Il devient habituellement « de », lorsque entre lui et le nom noyau vient s'intercaler
un autre élément (soit un qualificatif épithète, soit un autre déterminant) :

Un fruit délicieux / des fruits délicieux


Un délicieux fruit exotique / de délicieux fruits exotiques / d'autres fruits
exotiques…

Article partitif

Grammaire IV 31
Reza Zatalyan
En grammaire, un article partitif est une sous-catégorie de déterminant indéfini, plus
proche de l'article indéfini singulier, employée devant les noms exprimant une quantité
massive (les linguistes parlent également de notion continue), c'est-à-dire, une partie d'un
référent (l'objet dont on parle), ne pouvant être comptée.
 Tout comme l'article indéfini, l'article partitif participe à l'actualisation du nom
noyau en indiquant simplement que le représenté (le référent) existe bien, mais
demeure inconnu des actants de l'énonciation. Ainsi, il s'oppose lui aussi à l'article
défini.

Article partitif singulier


Du point de vue morphologique, l'article partitif singulier est le même que l'article défini
singulier précédé de la préposition « de » :
- Forme masculine contractée : « du » ;
- Forme féminine : « de la » ;
- Forme épicène : « de l' » (devant un mot commençant phonétiquement par une
voyelle) :
Je bois du lait, de l'orgeat, de la grenadine et de l'eau.
 On notera que les formes « de la » et « de l' » sont des composés flexionnels
détachés.

 Le nom actualisé par l'article partitif désigne généralement un inanimé (du sable).
S'il désigne un animé (un animal plus qu'un humain), il transforme celui-ci en
matière consommable, en viande de boucherie :

Un veau [article indéfini] ; le veau [article défini] ; du veau [article partitif].


Article partitif pluriel
Désignant une partie non comptable d'un ensemble continu, l'article partitif ne devrait
normalement connaître que le singulier.
 Cependant, lorsque le nom concerné n'existe qu'au pluriel, on utilise la forme
épicène de l'article indéfini pluriel « des », elle-même calquée sur l'article défini
pluriel précédé de la préposition « de » (forme contractée, encore une fois) :

Des archives, des cendres, des décombres, des rillettes, des ténèbres, des vivres…
En dehors des cas particuliers ci-dessus, un syntagme actualisé par un article
partitif singulier ne peut se mettre au pluriel qu'au prix d'une modification
sémantique :
Par exemple, « des eaux » est le pluriel de « une eau », et non pas celui de « de
l'eau », qui normalement n'en possède pas.
Notons que l'article partitif pluriel est presque toujours converti en « de » par un
verbe à la forme négative :
Il mange des rillettes / Il ne mange jamais de rillettes.
 Malgré leur forme identique, l'article partitif et l'article défini précédé de la
préposition « de » ne doivent pas être confondus :

Je parle de l'eau. / Je veux de l'eau.

Grammaire IV 32
Reza Zatalyan
Dans le premier exemple, « de l' » est l'article défini précédé de la préposition
« de » (« eau » est donc C.O.I. du verbe « parle »). Dans le second, « de l' » est un
article partitif (« eau » est donc C.O.D. du verbe « veux », puisqu'il n'y a pas de
préposition).

Omission de l'article
L'article est habituellement absent devant :

- l'apposition : Sa mère, femme remarquable...

- l'attribut : Son fils est médecin.

- le nom en apostrophe : Compagnons, jurons de ne jamais nous rendre.


- certains compléments de noms : Une maison de bois. Un esprit de synthèse, etc.
- devant les noms de jours et de mois s'ils ne sont pas accompagnés d'un élément
subordonné : Nous nous verrons lundi.
- devant "minuit" et "midi" : Nous nous verrons à midi.
- devant des noms faisant partie d'une énumération dynamique : Meubles, objets d'art, véhicules
brûlaient...
- avec de nombreuses expressions figées : Crier victoire. Avoir peur. Perdre patience, etc.
- dans le style proverbial : Pierre qui roule n'amasse pas mousse.
- devant les noms qui se désignent eux-mêmes et dans les inscriptions : Axe vient du latin
"axis" et signifie proprement "essieu. Voiture à vendre.

Avec les noms propres de personne il n'y a pas, habituellement, d'article. Certains noms,

cependant, prennent l'article (voir noms propres).

Les noms propres géographiques :

- les noms de villes se construisent sans article sauf s'ils sont qualifiés (Il visite Toulouse. Il visite
le vieux Toulouse.
- les noms des continents, des pays, des rivières, des montagnes, des régions, etc. prennent
normalement l'article s'ils ne se construisent pas avec la préposition "en" ou "de" (Il aime la
France. Il vit en France. Il vient de France).

Pluriel des noms propres

Les noms propres représentent des personnes, des lieux géographiques, des marques déposées
ou des titres d'œuvres. L'invariabilité est la règle (des Picasso, les Bossuet, etc.), mais ils prennent
le pluriel dans des cas bien précis.

1. les noms de personnes qui prennent la marque du pluriel :

Grammaire IV 33
Reza Zatalyan
- les noms de familles royales, français ou francisés; (les Bourbons. Les Capets. Les Stuarts,
etc.)
- les noms propres employés "génériquement" à la place d'un nom commun (antonomase); (Ce
sont des Harpagons = Harpagons pour avares.)
- les noms propres qui désignent des œuvres d'art. (Des Cupidons.)

2. les noms géographiques qui prennent la marque du pluriel :

- les noms désignant plusieurs pays, fleuves, etc. de même nom; (Les Guyanes. Les Amériques.
Les Espagnes, etc.)
- les noms employés "génériquement" à la place d'un nom commun (antonomase). (De modernes
Babylones.)

En dehors de ces cas particuliers tous les autres noms propres sont invariables : titres
d'œuvres ou de journaux, marques déposées, noms de famille non francisés (les Romanov), noms
composés homonymes (Il existe plusieurs Saint-Sauveur).

Les possessifs
Les possessifs sont des déterminants (mon, ton, son…) ou des pronoms (le mien, le tien, le
sien…).
Variation en genre et en nombre

Tout comme les autres déterminants, les possessifs reçoivent les marques de genre et de
nombre du nom auquel ils se rapportent. Les pronoms reçoivent ces marques du nom
qu’ils représentent.
Son livre ; le sien (son, le sien : masculin singulier comme livre).
Ses affaires ; les siennes (ses, les siennes : féminin pluriel comme
affaires).
Variation en personne

Les possessifs présentent la particularité de varier également en personne : le possessif


prend des formes différentes selon la personne du terme qu’il représente (appelée
possesseur).
Ce sont certes tes ambitions, mais nous devons respecter notre
programme.

On retrouve ce terme en décomposant :


– « déterminant + nom = article + nom + de + terme représenté »
– « pronom = article + nom + de + terme représenté »
Mon livre, le tien (= « le livre de moi » : 1re personne du singulier).
Ton livre, le mien (= « le livre de toi » : 2e personne du singulier).

Grammaire IV 34
Reza Zatalyan
On veillera ainsi à bien identifier le terme que représente le possessif pour en déterminer la
personne.
L’équipe dirigeante nous présentera son programme (et non nous
présentera leur programme : le possessif représente l’équipe dirigeante, 3e
personne du singulier qui se traduit donc par son et non par leur qui, lui,
représente une 3e personne du pluriel).

Le possessif ou l’article
Article à la place du possessif

Lorsque le contexte est suffisamment clair pour montrer les liens d’appartenance (en
particulier pour déterminer les noms de partie du corps), on emploie de préférence l’article
défini et non le déterminant possessif.
Il a mal à l’estomac (et non il a mal à son estomac).
Le cheval dresse les oreilles (et non le cheval dresse ses oreilles).

Ainsi on préférera souvent employer un pronom personnel et un article défini pour


marquer les liens de possession, plutôt que le possessif seul.
Il s’est cassé le bras (et non il a cassé son bras).
Essuyez-vous les pieds avant d’entrer. (ou Essuyez vos pieds avant
d’entrer.)
Possessif à la place de l’article

Le possessif s’impose si le nom est accompagné d’une épithète.


Le cheval dresse ses grandes oreilles. (on ne dirait pas °le cheval dresse
les grandes oreilles).
Essuyez vos pieds sales avant d’entrer (on ne dirait pas °Essuyez-vous les
pieds sales…).

On emploie également le possessif si on veut insister sur un fait ou lever une ambiguïté.
Heureusement, il n’a plus mal à son bras (celui qui lui faisait mal).



Quantificateur
En grammaire, un quantificateur est une sous-catégorie de déterminant indéfini, ajoutant
une idée de quantité à l'actualisation du nom noyau.

Grammaire IV 35
Reza Zatalyan
Pour certains grammairiens le quantificateur est analysé comme un adjectif indéfini au sens
large. On peut remarquer que le quantificateur s'apparente également à l'adjectif numéral
cardinal.
Revêtant la forme d'une locution déterminative, un quantificateur est le plus souvent
construit à partir de deux éléments : le premier pouvant être, soit un syntagme nominal,
soit un adverbe de quantité, et le deuxième étant presque toujours la préposition « de ».
Quantificateur adverbial
Le quantificateur adverbial est une locution adverbiale, formée à partir d'un adverbe de
quantité et de la préposition « de » : assez de ; autant de ; beaucoup de ; davantage de ;
moins de ; peu de ; plus de ; trop de ; etc.
Chez lui, il y a beaucoup de livres.
Toujours invariable, le quantificateur adverbial peut déterminer un noyau, de nombre et de
genre indifférents :
Beaucoup d'eau [féminin, singulier], beaucoup de vin [masculin, singulier],
beaucoup de cerises [féminin, pluriel], beaucoup de gâteaux [masculin, pluriel].

Quantificateur nominal
Le quantificateur nominal est une locution nominale formée à partir d'un syntagme
nominal (plus précisément, à partir d'un nom collectif) et de la préposition « de » : un tas
de ; une bande de ; un dizaine de ; une centaine de ; un millier de ; un million de ; un
kilogramme de ; un groupe de ; un troupeau de ; un grand nombre de ; quantité de ; la
plupart de ; une infinité de ; une multitude de ; un nuage de, etc.
Chez lui, il y a un tas de livres.
 Les quantificateurs nominaux posent souvent des problèmes d'accord, parce qu'on
n'est jamais sûr du véritable noyau du syntagme nominal : est-ce le premier nom,
suivi d'un complément de nom, ou bien, est-ce le deuxième nom précédé d'un
déterminant indéfini ?

Une bande de moineaux s'est posée dans l'arbre. / Une bande de moineaux se sont
posés dans l'arbre.
Un groupe de d'enfants m'a abordé. / Un groupe de d'enfants m'ont abordé.
Autres types de quantificateur
Un certain nombre de quantificateurs ont une autre origine : syntagme verbal, adjectival,
etc. : On ne sait quel (quelle, quels, quelles) ; on ne sait combien ; pas un (une) ; tout plein
de ; n'importe quel (quelle, quels, quelles) ; force :
Chez lui, il y a on ne sait combien de livres.
 Parmi eux, certains s'accordent :

Je prendrai n'importe quelle voiture.


 Le quantificateur « pas un » (« pas une ») doit toujours être accompagné de la
négation :

Pas un oiseau ne chantait.

Grammaire IV 36
Reza Zatalyan


Analyse logique de la phrase (aide-mémoire) : les propositions


La proposition est organisée autour d'un noyau verbal.
Les propositions non dépendantes :
indépendantes : ce sont les propositions qui ne dépendent d'aucune autre et dont aucune
autre ne dépend : Il pleut.
principales : ce sont les propositions qui ne dépendent de rien mais dont dépend au moins
une subordonnée : Je crains tout de même que cela l'impressionne trop.
Les propositions subordonnées : elles dépendent d'une proposition principale. Une
proposition subordonnée rectrice régit elle-même une subordonnée : La femme qui a vu
l'homme qui était assis sur le banc.
les subordonnées complétives : elles ne peuvent être effacées ou déplacées. Elles ont les
fonctions du nom.
les conjonctives pures :
introduites par « que » : Je souhaite que tu viennes.
introduites par « ce que » : Je m'attends à ce qu'il pleuve.
les propositions interrogatives indirectes :
totales (toujours avec « si ») : J'ignore s'il viendra.
partielles :
introduites par un déterminant interrogatif : Je me demande quelle heure il est.
introduites par un pronom interrogatif : Je ne sais pas qui est venu.
introduites par un adverbe interrogatif : J'ignore pourquoi il n'est pas venu.
les propositions infinitives : J'entends les oiseaux chanter. (Fonction : complément
d'objet direct)
les subordonnées circonstancielles : ces propositions peuvent être effacées et déplacées.
Les mots subordonnants peuvent être une conjonction de subordination (si, quand,
lorsque, etc.), une locution conjonctive (dès que, afin que, etc.) ou que.
les circonstancielles temporelles : Quand je travaille, j'écoute de la musique.
les circonstancielles finales (ou « de but ») : Nous parlerons doucement de façon que
vous puissiez travailler.
les circonstancielles consécutives (ou « de conséquence ») : Elle parle si vite que
personne ne la comprend.
les circonstancielles causales : Il est allé au cinéma parce qu'il voulait absolument voir
cette actrice.
les circonstancielles concessives : Bien qu'il soit un orateur malhabile, il est écouté.
les circonstancielles comparatives : Pierre est plus courageux que son frère ne l'était.
les circonstancielles hypothétiques : Quand Alice serait milliardaire, je ne l'épouserais
pas.
les autres cas :
les propositions mixtes :
comparaison + hypothèse : Elle crie comme si on l'écorchait vive.
concession + hypothèse : Même si elle le disait, je ne la croirais pas.
le cas de la proposition participiale : Alice amoureuse, elle s'habilla mieux. Ou encore :
Le chat parti, les souris dansent. La proposition participiale est une proposition non
conjonctive : elle a la valeur d'une circonstancielle. Elle a un sujet propre, lequel est

Grammaire IV 37
Reza Zatalyan
distinct de la proposition principale. La fonction du participe est centre de proposition
dans la participiale.
les subordonnées relatives : elles sont introduites par un pronom relatif, lequel a un
antécédent.
les relatives adjectives (avec antécédent) :
déterminatives : Les enfants qui dormaient n'ont rien entendu.
explicatives : Les enfants, qui dormaient, n'ont rien entendu.
attributives : Je le vois qui sort.
les relatives substantives (sans antécédent) :
Qui vivra verra. (Sujet)
Je parle à qui me plaît. (Complément d'objet indirect)
les autres cas :
les propositions couplées (comparatives) : Tel père, tel fils.
la subordination inverse : Tu crierais qu'on ne t'entendrait pas. (= « Si tu criais... »)
la parataxe : Il a beau travailler sa grammaire, il ne réussit pas ses devoirs.
les tours d'extraction c'est qui / c'est que : C'est hier que j'ai rencontré Alice.
l'incise : Je viendrai, dit-il, dès que j'aurai fini de réviser ma grammaire.
etc.
Remarques :
Il y a autant de propositions que de verbes (à un mode conjugué).
La proposition est organisée autour du noyau verbal. S'agissant de la fonction syntaxique
du verbe, on dit qu'il est base ou pivot ou noyau ou centre de la proposition.
Il ne faut pas confondre la proposition subordonnée complétive avec la relative :
Relative : J'ai la certitude que m'ont transmise mes parents. (« certitude » est l'antécédent,
« que » est un pronom relatif et il a une fonction dans la relative.)
Complétive : J'ai la certitude que tu viendras me voir. (« que » est une conjonction de
subordination qui n'a pas de fonction dans la complétive.)


L'adjectif et le groupe adjectival

Introduction
Adjectifs qualificatifs et adjectifs relationnels
Les classes morphosyntaxiques de l'adjectif
Les variations en genre et en nombre des adjectifs
Les degrés de signification des adjectifs qualificatifs
Le groupe adjectival

Le terme adjectif, par son étymologie latine, signifie « qui s'ajoute ». Il s'ajoute à un autre
mot auquel il apporte une précision de sens. Il est donc inapte à être employé seul. La
grammaire classe comme qualificatifs tous les adjectifs qui indiquent une qualité ou
propriété essentielle ou accidentelle de l'objet désigné par le nom (ou le pronom) sur lequel
ils portent. On réserve l'appellation d'adjectif à la seule catégorie de mots variables en
genre et en nombre ; on oppose ainsi cette classe à l'ensemble des déterminants du nom : il
faut étudier séparément les adjectifs « non-qualificatifs » (possessifs, indéfinis,
démonstratifs, interrogatifs, numéraux) qui fonctionnent en réalité comme déterminants du
nom.

Grammaire IV 38
Reza Zatalyan
Adjectifs qualificatifs et adjectifs relationnels

Comme le nom, l'adjectif est un mot dont la forme peut varier en genre et en nombre ; mais
contrairement au nom, il ne possède pas par lui-même un genre. Les adjectifs dépendent
d'un autre terme de la phrase, généralement nominal ou pronominal, et leur fonction se
définit selon la manière dont ils sont mis en relation avec cet élément régisseur :

reliés à un terme recteur par l'intermédiaire d'un verbe, ils sont attributs du sujet ou de
l'objet :

Ce film est intéressant et Je trouve ce film intéressant.

comme modificateurs facultatifs à l'intérieur du groupe nominal, ils sont épithètes :

J'ai regardé un film intéressant.

lorsqu'ils se rapportent à un groupe nominal dont ils sont séparés par une pause et surtout
par l'intonation (à l'écrit, par une virgule), ils sont dits apposés ou détachés :

Cette jeune fille, paresseuse depuis un an, va rater ses examens.

L'ensemble de ces propriétés syntaxiques définit la classe des adjectifs qualificatifs qui
sont appelés ainsi parce qu'ils indiquent une caractéristique du terme auquel ils se
rapportent. Les adjectifs qualificatifs varient en degré (si, très, plus, moins paresseuse). Ils
ont régulièrement un correspondant nominal (paresseux / paresse, courageux / courage) et
forment souvent la base d'un adverbe : courageusement, etc. Ils se pronominalisent par le
invariable, mais peuvent être aussi repris par tel(s), telle(s) :

Elle a toujours été paresseuse et le restera ; Elle est paresseuse et est considérée comme
telle par tous ses camarades.

Contrairement aux noms ordinaires, les adjectifs qualificatifs renvoient à des propriétés,
c'est-à-dire à des concepts exclusivement descriptifs dépourvus d'autonomie référentielle.

Une classe d'adjectifs très productive ne s'emploie normalement qu'en fonction épithète :
un couscous royal, une voiture diplomatique, un décret ministériel, etc. Ces adjectifs
immédiatement postposés au nom sont dits relationnels parce qu'ils indiquent une relation
(qui ne peut varier en degré : *un couscous très royal) avec le référent du nom dont ils sont
dérivés. Cette relation dépend du sémantisme de leur nom recteur (un décret ministériel
‹—› un décret du ministère). Ils constituent dès lors l'équivalent syntaxique et sémantique
d'un complément du nom ou d'une relative qui expliciterait cette relation : une voiture de
diplomate, une voiture qui appartient à un diplomate.

Les classes morphosyntaxiques de l'adjectif

Les adjectifs à forme simple ou complexe

Les adjectifs à forme simple (bon, rapide, etc.) se réduisent à un radical


morphologiquement inanalysable et sémantiquement opaque, auquel s'ajoutent directement
Grammaire IV 39
Reza Zatalyan
les marques du genre et du nombre. Les adjectifs à forme complexe sont construites par
dérivation ou par composition : vert / verdâtre, sport / sportif, flatter / flatteur
(suffixation) ; impur, immoral, maladroit (préfixation). Les adjectifs composés, quant à
eux, sont formés de deux adjectifs variables (sourd-muet, ivre-mort) ou d'un adjectif
invariable à valeur adverbiale suivi d'un adjectif variable : nouveau-né, etc.

Les adjectifs par conversion

Certains éléments peuvent acquérir le statut d'adjectif qualificatif grâce au phénomène de


dérivation impropre. Il peut s'agir d'adjectifs verbaux (brillant, amusant, méfiant), de
participes passés (usé, vieilli), de noms réduits par métaphore à leur(s) propriété(s) : il est
tarte, vache, etc. ; de noms employés indifféremment comme noms et adjectifs (il est
joueur, menteur), d'expressions nominales (elle est vieille France, ce vin est bon marché).
Il peut s'agir aussi d'expressions prépositionnelles dénotant une propriété ou un état, et
pronominalisables par le : il est de bonne humeur, en colère, etc.

Les variations en genre et en nombre des adjectifs

L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.

Les marques du genre

On forme le féminin en ajoutant un -e muet à la forme du masculin. Mais la forme du


masculin peut subir d'autres modifications en passant au féminin : bon / bonne, léger /
légère, etc. Certains adjectifs appelés épicènes ont une seule forme pour le masculin et le
féminin : un récit véridique, une histoire véridique.

Les marques du nombre

Pour la formation du pluriel, les adjectifs suivent les mêmes règles que les noms. À l'écrit,
on ajoute généralement à la forme du masculin ou du féminin singulier un -s pour former le
pluriel. Quelques adjectifs ne suivent pas cette règle :

les adjectifs masculins en -eau prennent un -x au pluriel (beaux)

les adjectifs masculins en -al ont généralement un pluriel en -aux (brutaux, spéciaux)

les adjectifs de couleur issus de noms prennent ou non le -s selon leur degré
d'adjectivisation

les adjectifs terminés au singulier par -s ou -x ne varient pas au pluriel (nerveux, doux).

Les degrés de signification des adjectifs qualificatifs

Intensité et comparaison

Les notions exprimées par les adjectifs qualificatifs sont généralement variables en degrés.
Le français distingue deux échelles : soit la variation est considérée en elle-même (degrés
d'intensité avec un peu, assez, très, trop, etc.), soit en rapport avec un autre élément
Grammaire IV 40
Reza Zatalyan
(degrés de comparaison avec plus, moins, aussi... que, etc.). En emploi absolu, l'adjectif
n'est pas marqué relativement au degré de la qualité qu'il dénote. Ce degré dit positif
constitue en fait le degré zéro de l'évaluation des adjectifs. Certains adjectifs n'admettent
pas la variation en degré : les adjectifs relationnels, les adjectifs exprimant une qualité non
soumise à variation (carré, circulaire, etc.), les adjectifs dont le sens intègre déjà une
notion d'intensité ou de comparaison (majeur, mineur, aîné, cadet, premier, dernier, etc.).

Les degrés d'intensité

intensité faible : minuscule, infime, etc., préfixation avec sous-, hypo-, etc.

intensité moyenne : elle est marquée par quelques adverbes (assez, moyennement), etc.

intensité élevée : c'est la plus fréquente. Elle est marquée par les adverbes (très, tout, fort,
bien, tout à fait), les préfixes et les suffixes (archi-, extra-, hyper-, -issime, etc.), par le sens
même des adjectifs (divin, absolu, excellent, etc.), etc.

Les degrés de comparaison

On distingue le comparatif et le superlatif relatif selon la manière dont le degré de l'adjectif


est évalué par rapport à autre chose : au comparatif, la propriété est simplement mise en
rapport avec un ou plusieurs éléments de référence (le thé est plus chaud que le café) ; au
superlatif relatif, il y a également mise en rapport comparatif avec d'autres éléments
présentant la même propriété mais le référent du nom qualifié par l'adjectif est présenté
comme possédant soit le plus haut degré (le plus) soit le plus bas degré (le moins) de la
propriété par rapport à l'ensemble des autres référents.

On distingue trois sortes de comparatif : supériorité (plus + adjectif), égalité (aussi


antéposé à l'adjectif), infériorité (moins + adjectif).

Le groupe adjectival

Comme mot-tête d'un groupe adjectival, l'adjectif qualificatif peut être complété par
différents types de modificateurs :

La modification par un adverbe

Les adjectifs qualificatifs peuvent être modifiés par des adverbes d'intensité qui spécifient
le degré de la propriété dénotée ou qui modalisent le rapport de caractérisation entre
l'adjectif et le nom (confer supra).

Les compléments prépositionnels

L'adjectif peut être complété par un groupe prépositionnel traditionnellement appelé


complément de l'adjectif : apte à, enclin à, exempt de, etc.)

Les compléments propositionnels

Grammaire IV 41
Reza Zatalyan
Pour un grand nombre d'adjectifs, le groupe nominal introduit par la préposition peut être
remplacé par une complétive : Je suis content de ce travail / que vous soyez là.

Les pronoms relatifs

Les pronoms relatifs servent à introduire une proposition dite subordonnée. Ils sont les
plus souvent employés dans la subordination en français. On les utilise souvent à la place
d'un adjectif qualificatif : l'enfant qui rit = l'enfant rieur.
Il existe deux adverbes relatifs : dont et où.
L'antécédent peut être un nom (l'enfant qui rit), un pronom (ce que je veux), un chiffre
(vous êtes cinq qui voulez...), un adverbe (là où je vais), une proposition tout entière : Il
me pria de donner mon adresse, ce que je fis (subordonnée relative ; ce est un faux
antécédent : il condense la proposition qui précède).
QUI : du latin qui, c'est le pronom relatif sujet. Il peut avoir n'importe quel sujet, animé ou
inanimé.
Emplois littéraires ou anciens :
Un qui... : « n'importe qui » ;
Qui (employé sans antécédent) + subjonctif ou indicatif ou conditionnel :
Tout vient à point qui sait attendre. (= si on)
Ils prenaient qui du thé, qui du café, ... (= les uns prenaient... les autres... —> emploi
distributif).
QUE peut être :
le plus souvent, complément d'objet direct : le pain que je mange ;
pronom adverbial relatif : au moment que... (= lorsque) ;
adverbe de restriction : ne... que... ;
partie intégrante des comparaisons : plus... que..., etc. ;
dans une proposition subordonnée complétive (je pense que...) ou circonstancielle ;
dans quelques expressions, il est sujet : advienne que pourra, vaille que vaille, coûte que
coûte, etc. ;
employé en attribut du sujet : Insensé que je suis !
[ Il ne faut pas confondre quoi que (= « quelque chose que ») et quoique (= « bien
que »).]
QUOI : il n'a pas d'antécédent animé, il ne s'applique qu'à des choses.
DONT : il ne peut être sujet. Il marque la cause, la manière, l'origine, la possession, etc. :
Un livre dont l'auteur est connu.
Ce dont j'ai besoin, c'est...
etc.
OÙ : il ne peut être sujet. Il a comme antécédent soit un nom non animé, soit un syntagme
prépositionnel, soit un adverbe. Au XVIIe siècle, à noter cet emploi : « Vous avez vu ce fils
où mon espoir se fonde ? » (Molière, L’Étourdi, acte IV, 2). Parfois, il s'emploie sans
antécédent : Où j'habite je n'ai pas de voisins.
LEQUEL : l'antécédent est un nom ou un pronom pouvant désigner une personne ou une
chose. Il est complément prépositionnel ou sujet de la relative.

Grammaire IV 42
Reza Zatalyan
Grammaire IV 43
Reza Zatalyan