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CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1

Transcription : Le Campus

DROIT DES
CONTRATS SPECIAUX

L’art 1107 du Code civil propose la distinction entre, d’une part les règles intéressants les contrats
en général, titre 3 du livre III du code civil intitulé « Des contrats ou des obligations
conventionnelles en général », et, d’autre part, les règles intéressants certains contrats déterminées à
travers les titres spéciaux du code civil.

Parmi ces contrats spéciaux, on trouve : la vente, l’échange, le louage de chose ou encore le louage
d’industrie ou enfin le louage d’ouvrages, et également le contrat de dépôt, le mandat, le
cautionnement, la transaction, le compromis ou enfin le nantissement.

Depuis l’élaboration du Code civil, de nombreux contrats spéciaux sont apparus. La matière est
devenue immense. Il est impossible dans le cadre de ce cours d’envisager tous les contrats spéciaux.
Certains contrats ont en effet donné naissance à des droits spéciaux qui relèvent aujourd’hui de
matières à part entière. C’est le cas du droit des sociétés, du droit des assurances ou encore du droit du
travail. Nous reprendrons donc, pour aborder les principaux contrats spéciaux contenus dans le Code
civil, une distinction classique qui tient compte de l’objet principal de ces contrats.

Ainsi, nous aborderons en trois parties successives,

• tout d’abord, les contrats relatifs aux biens (partie 1),
• ensuite les contrats relatifs aux services (partie 2),
• et enfin les contrats relatifs à la production ou à la distribution (partie 3).

Avant d’aborder ce cours, il apparaît fondamental de préciser que notre matière risque d’être très
prochainement bouleversée avec l’adoption croissante de directives communautaires.

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Partie 1 : Contrats relatifs aux biens

Les contrats relatifs aux biens ont pour objet soit un transfert d’un droit sur une chose, soit de
permettre l’utilisation de cette chose par le cocontractant. La vente et le louage de chose en sont les
exemples les plus utilisés. Ces contrats ont été marqués ces dernières années par deux phénomènes :
une spécialisation et une transformation.

Les contrats relatifs aux biens ont été marqués par le phénomène de spécialisation qui caractérise tous
les contrats spéciaux.

Cette spécialisation se manifeste principalement à deux égards : l’objet du contrat d’une part et la
qualité des cocontractants d’autre part.

• C’est ainsi tout d’abord que suivant que l’objet du contrat est relatif à un meuble ou à un
immeuble, son régime juridique est distinct. En matière de louage, par exemple, le louage de
meuble laisse aux parties au contrat une liberté presque totale quant à l’organisation de leurs
rapports. Alors que le louage d’immeuble, lui, exclut presque totalement la liberté
contractuelle.

• La spécialisation des contrats relatifs aux biens est également marquée par la prise en
considération de la qualité des cocontractants. Il s’agit ici plus particulièrement du cas du
vendeur professionnel dont les obligations sont aujourd’hui devenues beaucoup plus lourdes.
En revanche, ce phénomène n’a pas affecté le contrat de bail où les droits du locataire
demeurent identiques quelle que soit la qualité du bailleur, professionnel ou non professionnel.

Au titre des transformations subies par le droit des obligations, la plus remarquable en matière de
contrats spéciaux est l’apparition de contrats mixtes qui associent notamment la vente et le bail. On
peut citer en ce sens la location-vente, la location-promesse de vente, la location-accession, le crédit
bail et bien d’autres encore. Bien souvent, cette transformation aboutit à une opération de crédit, plus
proche du prêt d’argent que le contrat dont elle paraît issue. A côté du texte du Code civil se sont
multipliés les textes de droit spécial.

Les grands contrats que sont la vente et le bail sont plus touchés que les autres. Nous étudierons ici
dans un titre premier unique le contrat de vente.

Titre 1 : La Vente
La vente est un contrat translatif de la propriété d’un bien moyennant une contrepartie monétaire. Le
Code civil l’a définie par rapport au contenu des obligations auxquelles elle donne naissance. L’art
1582 du Code civil dispose ainsi que « la vente est une convention par laquelle l’un s’oblige à livrer
une chose et l’autre à la payer ».

• C’est un contrat synallagmatique car il met des obligations à la charge des deux parties.
• C'est un contrat translatif de propriété ce qui le différencie du bail.
• C’est un contrat à titre onéreux car il y a une obligation de payer contrairement à la donation.

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• C’est aussi et surtout un contrat consensuel qui se forme donc par la seule rencontre de
volontés des cocontractants et non par la remise d’une chose, ce qui caractériserait un contrat
réel, ou par la rédaction d’un écrit, ce qui caractériserait un contrat solennel.

Le droit de la vente a fait l’objet d’une véritable mutation. Cette dernière s’est réalisée en dehors du
Code civil dont les dispositions sont pourtant demeurées pour l’essentiel inchangées.

La construction de la jurisprudence a ainsi réinterprété les obligations du vendeur professionnel en
leur redonnant leur plein effet. Elle a créé une obligation de renseignement et de conseil, étendu la
garantie des vices cachés ainsi que l’obligation de délivrance et interdit les clauses élusives de
responsabilité.

De son côté, le législateur a cherché, lui, à moraliser la vente entre professionnels et également la
vente aux consommateurs grâce, d’une part, au droit pénal et, d’autre part, au droit de la concurrence.
Le législateur a également cherché à mettre en place de nouveaux mécanismes afin d’éclairer les
cocontractants au moment de la formation du contrat. Il résulte de l’évolution du droit de la vente que
différents droits spéciaux de la vente vont s’affirmer par référence à la nature de la chose vendue,
meuble ou immeuble, et également par référence à la personne des contractants, vente entre
professionnels, vente au consommateur ou encore vente internationale.

En attendant que cette évolution devienne réellement le droit positif, on reprendra une distinction
classique en matière de droit des obligations, la formation de la vente (sous-titre 1) et ses effets (sous-
titre 2).

Sous-titre 1 : La formation du contrat de vente
Comme tous les contrats, au terme de l’art 1108 Code civil, la vente suppose, pour être formée, la
réunion de quatre éléments essentiels : le consentement, la capacité des parties, la cause et l’objet du
contrat. Tous ne présentent pas d’égales particularités au regard de la vente. C’est pourquoi nous
consacrerons nos développements aux seuls consentements des contractants et à l’objet de la vente.

L’art 1583 Code civil déclare « la vente parfaite dès lors que l’on est convenu de la chose et du prix
». La formation du contrat de vente requiert donc

• la rencontre des volontés du vendeur et de l’acheteur (chapitre 1)
• sur la chose (chapitre 2)
• et sur le prix (chapitre 3).

CHAPITRE 1 : La rencontre des volontés du vendeur et de l’acheteur

Pour qu’il y ait rencontre de volontés, il faut échange des consentements. Chacun des consentements
ne doit pas avoir été vicié au sens du droit général des obligations, il faut absence de dol, d’erreur ou
de violence. En réalité, il faut distinguer suivant que la vente porte sur un meuble ou sur un
immeuble.

Ainsi en ce qui concerne les immeubles, par opposition aux meubles, la rencontre des volontés
suppose la souscription d’un avant-contrat.

Il convient également de relever qu’à côté des règles générales relatives aux vices du consentement,

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à la fois complexe et exigeant du temps. Droit spécial relatif aux ventes de meubles ou droit spécial relatif aux ventes d’immeubles. • Elle se poursuit si le bénéficiaire décide de poursuivre à l’issue d’un certain délai. La levée de l’option exprime en effet le consentement de l’acquéreur à l’acquisition. par la levée de l’option. le contrat. Sous-section 1 : Caractères de la rencontre de volonté Les ventes d’immeuble sont caractérisées par un formalisme très lourd. l’acte écrit reste requis ad probationem. le processus de vente commence par un contrat préparatoire de la vente. Le but de ce formalisme est de favoriser la protection de l’acquéreur. 4 . • Tout d’abord. si la vente est conclue par un professionnel. l’opposabilité de la vente d’immeuble à des tiers impose que le contrat ait lieu en la forme authentique. nécessite l’entremise de professionnels spécialisés. nous traiterons successivement la vente d’immeubles (section 1). L’acte défini n’a que pour objet de constater l’exécution concomitante du contrat et d’en assurer la publicité. tel qu’un pacte de préférence. • L’opération peut commencer par une promesse unilatérale de vente par laquelle le vendeur s’engage à vendre. Le contenu des obligations mises à la charge des parties par l’avant-contrat est étroitement réglementé par la loi. une promesse unilatérale ou synallagmatique de vente. Elles nécessitent la conclusion d’un avant-contrat. • Ensuite. promesse unilatérale ou synallagmatique de vente. Par souci de logique. Ces ventes sont formalistes et complexes. Ce dernier acte sert surtout à la réalisation des publicités foncières et à assurer l’opposabilité aux tiers du transfert de propriété. dont la situation est fragilisée par la valeur du bien. Généralement. il est indispensable pour une série de raisons d’établir un acte formel écrit. il ne pourra être payé que s’il y a un écrit. puis la vente de meubles (section 2). en raison de la valeur des immeubles. Section 1 : La vente d’immeubles La vente de meubles tout comme la vente d’immeubles. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus la formation du contrat de vente suppose de respecter un tissu de règles contraignantes issues du droit spécial. • Enfin. • L’opération se terminera enfin par l’établissement et la signature d’un acte authentique. §1 : Formalisme et complexité Si la vente d’immeuble est en principe un contrat consensuel.

La loi SRU distingue selon que l’acte auquel l’acquéreur non professionnel peut renoncer est sous seing privé ou authentique. Cette disposition vise la promesse unilatérale d’achat et l’offre d’achat. La loi n° 1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain. 5 . détermination du prix). dispose « est frappé de nullité tout engagement unilatéral souscrit en vue de l’acquisition d’un bien ou d’un droit immobilier pour lequel il est exigé ou reçu de celui qui s’engage un versement quel qu’en soit la cause et la forme ». etc. neuf ou à construire. à l’obtention de prêts en vue de financer l’achat. et ce quelle que soit la qualité du vendeur. Le compromis de vente. professionnel ou non». Une fois l’autorisation obtenue. par exemple. détermination de la chose. Cette disposition n’interdit pas non plus les promesses synallagmatiques de vente avec versement d’un dépôt de garantie car alors les deux parties sont engagées. A . le bénéfice du droit de renoncer à acquérir est réservé aux seuls acquéreurs non- professionnels. En présence d’un acte préparatoire on trouvera également des conditions suspensives qui subordonnent la réalisation de la vente. A côté des règles classiques de protection du consentement. par exemple. non garantie des vices cachés par le vendeur. il existe des dispositions spécifiques qui protègent l’acquéreur d’un immeuble qui achète pour se loger. Cette disposition n’interdit pas les promesses unilatérales de vente à titre onéreux puisque dans celles-ci le bénéficiaire ne prend pas l’engagement d’acquérir. il est imposé qu’aucun contrat ne peut être conclu avant l’arrêté préfectoral autorisant le lotissement. (art L 316-3-1 Code rural). tout comme l’acte authentique. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Dans l’hypothèse des immeubles devant faire l’objet d’un lotissement. des clauses relatives aux charges et conditions générales de vente (« prend l’immeuble en l’état ».Le droit de renoncer à acquérir La loi SRU a généralisé le délai de 7 jours pour les candidats à l’achat immobilier prévu à l’origine uniquement pour les biens neufs ou à construire.). §2 : Protection de l’acquéreur d’un immeuble destiné à l’habitation. Sont donc concernées les seules personnes physiques qui ne font pas profession d’acquérir des immeubles. Acte préparatoire qui engage l’acquéreur de manière unilatérale. contient des clauses relatives à sa validité (vérification de la capacité et des pouvoirs des parties. Aussi on peut penser qu’il sera cohérent d’exclure les personnes morales du bénéfice de cette loi. un droit de renoncer sans perdre de l’argent (A) et un droit de lier le contrat d’acquisition avec les contrats de prêts nécessaires au financement l’achat (B). dite loi SRU. Il n’est pas interdit de conclure de tels actes mais à condition de ne pas demander au candidat-acquéreur de verser une somme quelconque. Ensuite. le propriétaire du bien demeurant alors libre de décider de ne pas vendre. Cette loi a en effet réécrit l’art L 271-1 du Code de la construction : « Le droit de renoncer à l’acquisition est étendu à tous les actes ayant pour objet l’acquisition d’immeubles à usage d’habitation. La vente d’immeuble donne lieu à un contrat dont le contenu s’est uniformisé. seule une promesse unilatérale de vente pourra être conclue. ancien. avant-contrat.

des agents immobiliers ou des experts). qui concerne les contrats préparatoires et les ventes portant sur les seuls immeubles bâtis existant à usage d’habitation. • S’il s’agit d’un acte authentique. Toutefois. lui. Il consiste seulement à refuser de signer l’acte. Le candidat-acquéreur qui exerce un droit de rétractation le fait dans une de ces mêmes formes. ou encore dans les 7 jours qui suivent cette signature. le candidat-acquéreur. Quand l’acquisition doit se réaliser à partir d’une promesse unilatérale de vente ou d’achat ou d’une promesse synallagmatique. Il peut uniquement s’engager à verser une somme à l’issue de ces 7 jours. 6 . il fallait l’assurer de la gratuité. Pour faire en sorte que cette renonciation soit libre. c’est pourquoi la loi SRU a prévu deux moyens en ce sens. • Dans les 2 cas. ne peut rien avoir versé au vendeur lors de la signature du contrat. qui peut retirer son consentement dans les 7 jours. on relèvera que la loi ne prévoit pas de sanction particulière en cas de méconnaissance de ce droit. l’art 1589-1 du Code civil qui concerne l’offre d’achat et la promesse unilatérale d’achat. promesse ou vente et donc avant tout engagement. • Le droit de réflexion s’exerce. La réflexion consiste ainsi dans l’interdiction de signer l’acte authentique dans les 7 jours à compter de la notification ou de la remise du projet d’acte. la notification s’opère par lettre recommandée avec accusé de réception ou par tout autre moyen présentant des garanties équivalentes ou de remise. l’art L 272-2 du Code de la construction et de l’habitation. Ce droit s’exerce dans un délai de 7 jours à compter de la première présentation de la lettre lui notifiant l’acte. le droit de renoncer à acquérir ne s’applique qu’à l’occasion de cette promesse. C’est le cas lorsque le candidat-acquéreur ne se rend pas par exemple à la signature de l’acte. • Tout d’abord. la rétractation anéantit rétroactivement le contrat conclu. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • S’il s’agit d’un acte sous seing privé. Pour les promesses unilatérales de vente ou pour les promesses synallagmatiques de vente ou encore pour les ventes sous seing privé. il s’agit alors d’un droit et d’un délai de réflexion avant signature. il s’agit d’un droit et d’un délai de rétractation qui permet au signataire de remettre en cause le contrat conclu. cette somme devra lui être restituée dans l’hypothèse où il se rétracte. le candidat pourra alors déposer une somme dès la conclusion du contrat. Cet article interdit tout versement par le candidat acquéreur sous peine de nullité de l’acte. Le contrat est ainsi conclu sous la condition suspensive de la remise de cette somme. avant la signature de l’acte authentique. Les modalités de la rétractation sont les suivantes : • En présence d’un acte sous seing privé. Cet art prévoit une peine d’amende en cas de non-respect de ces prescriptions. • Ensuite. • Pour en terminer sur ce point. Si le contrat est conclu par l’entremise d’un professionnel disposant d’une garantie financière affectée au remboursement des fonds déposés (c’est le cas des notaires. L’acquéreur ne pourrait en effet revenir sur son consentement donné devant le notaire.

promesse unilatérale d’achat ou promesse unilatérale de vente. Dans la promesse unilatérale d’achat. B . CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Si le contrat est conclu en la forme authentique. Dès la promesse. La difficulté majeure réside ici sur le point de savoir si oui ou non un prêt a été obtenu par le candidat acquéreur. l’avant contrat serait nul. le promettant s’engage à vendre. ou promettant (promesse d’achat). a entendu éviter ce genre de situation dans l’hypothèse de l’acquisition d’un immeuble bâti ou non ou à construire. Le bénéficiaire acquiert un droit d’option. A défaut d’un terme conventionnellement fixé. Dans les deux sortes de promesses. dispose d’un droit de rétractation ou de réflexion de 7 jours quand le contrat a pour objet un immeuble d’habitation. Ce délai constitue un terme extinctif. alors le candidat-acquéreur ne devra rien verser. Il devra alors au moment de la levée de la promesse avoir la capacité d’acheter. il se trouvera alors dans une situation délicate. • Si le bénéficiaire ne lève pas l’option. Le bénéficiaire doit exercer son droit d’option dans un certain délai. expressément ou implicitement. Sous-section 2 : Promesse unilatérale de vente et d’achat §1 : Les éléments principaux des promesses unilatérales de vente et d’achat Dans la promesse unilatérale de vente. qu’il soit bénéficiaire (promesse de vente). Le bénéficiaire accepte la promesse sans prendre l’engagement de vendre. à usage d’habitation ou mixte.Le droit de lier acquisition et emprunt Il résulte de l’effet relatif des contrats qu’il serait regrettable qu’une partie candidat-acquéreur continue d'être liée par le contrat de vent alors qu’elle n’aurait pas obtenu les prêts nécessaires afin de réaliser son acquisition. les caractéristiques sont identiques sauf que c’est le promettant qui s’engage à acheter. codifiée dans les art L 312-2 et suivants du Code de la consommation. accepte la promesse ce qui lui permet de fixer l’offre sans prendre l’engagement d’acquérir. il doit donc avoir dès la promesse la capacité de vendre. Le législateur a fixé un réseau de clauses suspensives et résolutoires entre les actes de prêt et les actes d’acquisition. • Si le bénéficiaire lève l’option. Au-delà de ce terme. lui. la chose et le prix doivent donc être déterminable licitement. A défaut. la jurisprudence permet au promettant de mettre le bénéficiaire en demeure d’opter dans un délai raisonnable qu’il détermine. Si le candidat obtient son prêt et si la vente ne se réalise pas. C’est en cela que la promesse est unilatérale. Une loi du 13 juillet 1979. 7 . le candidat-acquéreur non-professionnel. la promesse devient caduque. A défaut de précision dans le contrat de vente sous condition de l’obtention du prêt. la promesse deviendra caduque. On évite ainsi en principe que le candidat acquéreur se retrouve lié par un seul contrat. c’est-à-dire le droit d’acquérir dans un certain délai l’immeuble promis. Le bénéficiaire. la promesse deviendra synallagmatique. • Ce terme peut être conventionnellement fixé dans la promesse. la jurisprudence considère que la condition est remplie quand le candidat-acquéreur reçoit une offre complète de prêt.

Pour se dédire il faut d’abord avoir dit. ainsi que la cession de ces promesses. le droit d’option se prescrit par l’écoulement du délai de droit commun de 30 ans. En versant par contre un dédit. Il s’agit de l’art L 271-2 du Code de la construction et de l’habitation. l’acquéreur achète cette liberté qu’il a aliénée. cette somme indemnise le promettant pour la période durant laquelle le bien n’a pas pu être proposé à la vente à une autre personne que le bénéficiaire. En effet. comme nous avons eu déjà l’opportunité de le préciser. cette somme n’a pas la même finalité. à peine de nullité. Pour ce qui concerne la PUV. le candidat vendeur peut toujours décider de vendre le bien à autrui. En matière immobilière. soumet à un enregistrement. • L’indemnité d’immobilisation ne doit pas non plus être confondue avec la clause pénale. bénéficiaire d’une promesse de vente ou promettant dans une promesse d’achat. Ce dépôt de garantie est devenu prohibé depuis la loi du 13 décembre 2000. il suffit que l’option soit acceptée dans les 10 jours pour échapper à l’emprise de ce texte fiscal. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • A défaut. Cette interdiction est valable pour tous les immeubles et pour tous les contractants. l’opération a été constatée dans un acte authentique. §2 : L’indemnité d’immobilisation et le dépôt de garantie. Par exemple. L’art 7 de la loi de finance de 1963 devenu art 1840 A du CGI. l’art 1589-1 du Code civil dispose « est frappé de nullité tout engagement unilatéral souscrit en vue de l’acquisition d’un bien ou d’un droit immobilier pour lequel il est exigé ou reçu de celui qui s’engage un versement quelle qu’en soit la cause et la forme ». Toutefois. selon la jurisprudence. • Dans la PUA. • Dans une PUV. le versement d’une somme au moment de la conclusion du contrat préparatoire. toute PUV relative à un immeuble. En versant l’indemnité d’immobilisation. on peut stipuler que le bénéficiaire ne pourra exercer l’option qu’après avoir obtenu les prêts nécessaires à l’acquisition. • L’indemnité d’immobilisation ne se confond pas avec le dédit. Il n’en va différemment que si dans ce délai de 10 jours. tout versement d’argent par celui-ci est interdit sauf quelques exceptions pendant la durée du délai de renonciation dont dispose le candidat-acquéreur. La clause pénale a pour objet la fixation conventionnelle et indemnitaire des dommages et intérêts qui sont dus par un débiteur en cas d’inexécution de son obligation. Le délai peut aussi retarder l’exercice du droit d’option. cette même loi a introduit une disposition qui a restreint la possibilité d’exiger cette indemnité d’immobilisation. Quand la promesse porte sur un immeuble à usage d’habitation et que le bénéficiaire est un non professionnel. art 2262 Code civil. La formalité d’enregistrement doit être accomplie dans un délai de 10 jours à compter de l’acceptation de la promesse ou de la cession. Cette somme s’imputera sur le prix en cas de réalisation de la vente et demeurera acquise au vendeur dans le cas contraire. c’est le cas dans la PUV quand le bénéficiaire ne peut exercer son droit qu’avant l’écoulement d’un certain temps ou la survenance d’un événement déterminé. En effet. à un droit immobilier ou à un fonds de commerce. le bénéficiaire paie la liberté de ne pas acquérir. il est d’usage d’exiger du candidat-acquéreur. Il s’agit comme 8 . Aussi elle constitue plutôt un dépôt de garantie au profit du vendeur qui démontre le sérieux de la promesse de l’acheteur.

Dans la PUV. Elle reste en principe acquise au promettant dans le cas contraire. Le pacte de préférence est souvent l’accessoire d’un autre contrat. Pour opérer la qualification. Il peut être stipulé ainsi dans un bail au profit du locataire. §3 : Distinction de la PUV avec des institutions juridiques proches. A . CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus son nom l’indique d’une punition. 9 . A la différence de la PUV. Le pacte de préférence est un droit de créance transmissible et cessible mais cette opération suppose le respect des formalités de l’art 1690 du Code civil. et d’autre part entre la PUV et d’autre part la PSV (Promesse Synallagmatique de Vente). Ainsi pour éviter par exemple l’application d’un impôt. Également. Si le bénéficiaire a usé de son droit à renonciation. Si par exemple. En cas de promesse croisée d’achat et de vente. Cette recherche peut toutefois s’avérer particulièrement délicate. On relèvera que la jurisprudence considère que si l’indemnité d’immobilisation dans une PUV a un montant beaucoup trop élevé. L’indemnité d’immobilisation va connaître un sort différent suivant que le bénéficiaire lève ou non l’option. on aura préféré qualifier une promesse de PSV. Il existe des risques de confusion entre la PUV d’une part avec le pacte de préférence. la PSV comporte des engagements réciproques de vendre et d’acheter. L’indemnité d’immobilisation ne sanctionne pas. Il est également difficile de distinguer une PUV avec indemnité d’immobilisation d’une PSV avec possibilité de dédit pour l’acquéreur. En effet. Il existe toutefois des exceptions dans lesquelles l’indemnité devra être restituée. alors cette promesse doit être requalifiée comme PSV. et bien. Dans toutes ces hypothèses. dans l’hypothèse où on souhaite obtenir la nullité de l’avant-contrat. il accorde simplement une priorité dans l’hypothèse où il déciderait de vendre.PUV et PSV En théorie la distinction entre ces deux notions est aisée. la jurisprudence a qualifié l’opération de PSV. L’indemnité d’immobilisation s’impute sur le prix en cas de levée d’option. l’indemnité d’immobilisation devra être restituée même en cas de non levée de l’option. à en faire prioritairement la proposition au bénéficiaire. la non levée de l’option est due à un tiers -exercice du droit de préemption par un tiers. le promettant s’engage à vendre alors que dans le pacte de préférence. le juge va donc rechercher si le bénéficiaire avait ou non la volonté d’acquérir. elle.PUV et pacte de préférence Le pacte de préférence est un avant-contrat par lequel un promettant s’engage pour le cas où il se déciderait à conclure un contrat donné. le candidat acquéreur ne fait qu’exercer un droit. B . On notera ainsi que certaines promesses peuvent avoir fait l’objet d’une qualification à la lumière de l’art 1840 du CGI. d’une sanction. l’inexécution d’une obligation par le candidat acquéreur. on aura tendance à soutenir devant les juges que l’on est en présence d’une PUV tout simplement pour exciper de sa nullité au regard de l’art 1840 du CGI. ou lorsque encore la condition suspensive de l’obtention du prêt a défailli.

la créance du bénéficiaire n’est jamais passée dans le patrimoine du stipulant.2 juillet 1969 (Dalloz périodique 1970 p151). Sous-section 3 : Promesse synallagmatique de vente Le compromis de vente ou PSV est un contrat par lequel les parties s’engagent l’une à vendre l’autre à acheter pour un prix déterminé. Cette analyse de la jurisprudence est contestable. • Toutefois. les contrats de promesse prévoient souvent une clause qui accorde une faculté de substitution et permet au bénéficiaire de se substituer ainsi un tiers qui profitera de l’option. Faute de cet élément supplémentaire. la vente. En effet. Elle peut faire l’objet d’une cession. En ce sens. par exemple. En ce sens. Il est possible d’imaginer des PSV qui ne valent pas vente. le jugement rendu vaudra constat authentique de vente. il s’agirait d’un simple projet non obligatoire. La jurisprudence voit dans cette opération non pas une cession de créance qui serait soumise aux formalités de l’art 1690 du Code civil mais une stipulation pour autrui. le consentement ou le prix. Ici. En effet. Elle ne peut en principe être cédée par le promettant. encore faut-il qu’il y ait eu échange de consentements sur la chose et sur le prix. le promettant devenu vendeur s’est obligé à signer l’acte authentique. Aussi l’art 1589 alinéa 1 du Code civil dispose que la promesse de vente vaut vente lorsqu’il y a consentement réciproque des deux parties sur la chose et sur le prix. Il y a consentement réciproque sur le contrat envisagé. La PUV est transmissible à cause de mord. A défaut. C’est le cas lorsque la promesse a prévu que le transfert de propriété se produirait au jour de la réitération de la vente en sa forme authentique. que la vente ne sera formée qu’après l’obtention d’une autorisation administrative ou qu’après la signature d’un acte authentique. L’exécution forcée est possible. §1 : Existence de la PSV On ne peut répondre à la question de l’autonomie de la PSV sans procéder à des distinctions. §5 : Exécution en nature. S’agirait-il d’une vente mal qualifiée ? Après avoir étudié cette question. la promesse ne vaudra pas vente. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus §4 : Cession et transmission d’une PUV. mieux. Le transfert de propriété peut ne pas être immédiat. En dehors de ces hypothèses particulières où on a étendu la liste des éléments essentiels dans l’avant- 10 . En fait cette jurisprudence vise à éviter en cas de cession l’obligation d’enregistrer cette dernière dans les 10 jours sous peine d’annulation. cela supposerait qu’il ait violé sa promesse pour vendre le bien à autrui. • Il se peut tout d’abord que les parties aient décidé d’étendre la liste des éléments essentiels à leur avant-contrat en stipulant. On peut dès lors s’interroger sur l’existence propre de la PSV. Elle peut par contre être cédée par le bénéficiaire. l’élément supplémentaire n’est pas une modalité accessoire mais subordonne la formation même de la vente au même titre que la chose. on envisagera l’exécution de la PSV. Cassation Chambre Civ 3ème . pour qu’il y ait avant-contrat synallagmatique. Dans cette hypothèse. premier bénéficiaire de la promesse.

§2 : Exécution de la PSV Quand le compromis de vente assure que la formation de la vente est retardée au jour de la signature de l’acte authentique réitérant la vente. et qu’aucune circonstance n’est de nature à démontrer que les parties avaient fait de la réitération par acte notarié un élément constitutif de leur consentement. On a alors en concurrence l’obligation de faire réitérer l’acte et l’obligation de donner que fait naître la vente qui. • Soit le compromis a fait de la réitération de la vente une modalité d’exécution de la vente. La vente n’est pas formée. conditionnel et incertain se réalise. Civ 3ème 11 . • On peut ainsi être en présence d’une vente sous condition suspensive. il y a le droit de renonciation que la loi accorde à l’acquéreur non professionnel d’un immeuble à usage d’habitation. 22491). chose et prix. dont la date peut être connue (on parle alors de terme certain). CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus contrat. La vente formée n’est pas définitive. Elle sera alors une vente non encore translative de propriété. Si on analyse cette solution. parce que la promesse s’efface derrière la vente qui est conclue. Ces modalités accessoires peuvent commander une autre qualification. Selon la jurisprudence. réitérée en 1994. elle ne le deviendra que si l’événement futur. Le terme est un événement futur dont la réalisation est certaine. ou dont la date peut être inconnue (on parle alors de terme incertain). ou que la vente est formée. La vente sera alors réalisée rétroactivement. la question se pose de savoir quelles sont les conséquences du refus du vendeur de procéder à la signature de l’acte authentique. Depuis 1983. il n’est pas possible de refuser de signer l’acte authentique dès lors que l’acte comporte les éléments essentiels à la formation de la vente. mais que son exécution est repoussée au même acte authentique. elle. • Parmi elles. La vente est alors formée et elle produit ses effets. et seule une obligation de faire n’est pas exécutée. la jurisprudence. est susceptible d’exécution forcée. notamment celle de réitérer l’acte en sa forme authentique. Seule l’exécution des obligations nées du contrat de vente est retardée pour les parties. généralement conclue sous seing privé et assortie de modalités accessoires. Cette réitération est alors l’objet d’une obligation de faire de la promesse. • Soit le compromis a fait par une clause de la réitération par acte authentique un élément de formation de la vente. La vente à terme est une vente déjà formée. Cette solution résulte de l’arrêt Cassation Civ 3ème – 20 décembre 1994 (JCP Général 1995-2. • Il peut s’agir également d’une vente avec arrhes ou d'une vente avec faculté de dédit. a décidé de faire ici emporter l’obligation de donner. de deux choses l’une. Mais alors. Ce versement sera d’ailleurs étroitement limité par l’application de la loi SRU. Cette inexécution se résoudra donc en dommages et intérêts. Elle a ainsi admis que le refus de signer l’acte authentique devait être surmonté par le jugement valant acte authentique en raison de l’autorité de la chose jugée qui s’y rattache. le vendeur doit exécuter les obligations qui naissent. • Il peut s’agir d’une vente à terme. la promesse synallagmatique de vente vaut vente. Ces formes de vente permettent à l’une ou aux parties au contrat de renoncer à l’acte moyennant le paiement d’une somme d’argent. En ce sens.

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– 20 décembre 1994 et Civ 3ème – 5 janvier 1983 (Dalloz 83 p 617).

Section 2 - La vente mobilière
La vente mobilière ne relève pas exclusivement du droit des contrats ; ainsi, le droit de la
concurrence, le droit pénal et le droit de la consommation régissent également cette matière. Il existe
plusieurs formes de vente, visant à obtenir un mûrissement progressif du consentement. Certaines
suscitent l’expérimentation ou encore, la réflexion. Enfin, certaines techniques de vente mises au
point par les vendeurs ont nécessité la mise en place d’un dispositif spécifique de protection de
l’acheteur.

§1 : Le mûrissement du consentement.

Deux formules principales assurent un mûrissement du consentement en matière de vente mobilière.
Il s’agit d’une part de l’expérimentation (A) et d’autre part de la réflexion (B)

A - L’expérimentation

Au titre de l’expérimentation, on peut relever deux types de vente : la vente à l’essai, la vente à la
dégustation ou encore agréage.

1. La vente à l’essai.

La vente à l’essai est prévue par l’article 1588 du Code civil. L’acheteur est alors autorisé à utiliser
le bien qu’il envisage d’acheter le temps qu’il procède à son essai ou bien qu’il mesure l’adéquation à
ses besoins.

Traditionnellement on affirme que cette vente est une vente sous condition suspensive. Cette solution
est d’ailleurs affirmée par l’article 1588 du Code civil, ce dernier disposant en effet que « la vente à
l’essai est toujours présumée faite sous condition suspensive ». Cette qualification n’est pas
satisfaisante. En effet, la condition suspensive retarde la vente jusqu’à sa réalisation. Or, dans
l’hypothèse de la vente à l’essai, la vente est déjà conclue puisque l’acheteur peut se servir de la
chose. La condition serait donc plutôt une condition résolutoire.

L’essai, dans la vente à l’essai, doit être entendu de façon objective. L’acheteur n’est pas maître de la
réussite ou de l’échec de l’essai. Si l’essai est de façon objective satisfaisant, alors la vente est
conclue.

2. La vente à la dégustation ou encore, agréage.

Dans la vente à la dégustation, l’acheteur n’achètera la chose qu’après l’avoir agrée ou dégustée.
L’article 1587 du Code civil envisage cette modalité pour la vente de vin, d’huile, et d’autres choses
que l’on est dans l’usage de goûter avant d’en faire achat.

Il n’y a point de vente tant que l’acheteur ne les a pas goûté ou agréé. Encore faut-il que le caractère
de la vente à l’agrément ou à la dégustation ait été convenu entre les parties. Ici, la vente n’est formée
qu’après un agrément discrétionnaire de l’acheteur. Il s’agit donc d’une promesse de vente et
l’acheteur pourra lever ou ne pas lever l’option après avoir goûté la chose.
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Pour l’anecdote : livre « Droit de la famille » du professeur Malaurie : la comparaison de la vente à la
dégustation et les fiançailles.

B - La réflexion

Nous ne reviendrons pas ici sur la liaison entre la vente et le crédit, que nous avons déjà abordé en
matière de vente immobilière. Nous nous contenterons de préciser qu’en matière mobilière, comme
en matière immobilière, la loi est intervenue pour lier le crédit et la vente de la même façon. En ce
sens, nous renvoyons à l’article 311-1 du Code de la consommation.

Les parties peuvent, de leur propre chef, assortir leur contrat d’une condition afin de faciliter leur
réflexion. La réflexion peut aussi résulter d’une possibilité de rétractation.

1. La condition prévue par les parties ou la vente à réméré

La vente à réméré est une vente de forme conditionnelle réglementée par les articles 1659 et
suivants du Code civil.

Il s’agit d’une vente dans laquelle le vendeur d’une chose se réserve la possibilité de la racheter
contre la restitution du prix. C’est donc un moyen de se procurer du crédit puisque le créditeur
devient propriétaire et bénéficie ainsi de la meilleure sûreté qu’il soit avec la propriété, souvent
comme contrepartie financière.

En termes de qualification, puisque le code évoque une faculté de rachat, on peut estimer qu’il
s’agirait d’une condition résolutoire mais alors cette dernière aurait la particularité d’être potestative.

2. Les ventes assorties d’une faculté de rétractation.

L’acheteur ou le vendeur peut souhaiter se réserver la possibilité de revenir sur son acceptation. Ce
que, en principe, l’article 1134 du Code civil rend impossible.

La vente avec arrhes, prévue par l’art. 1589 du Code civil permet à l’acheteur de reprendre sa
liberté en versant une somme d’argent au vendeur.

• Si la vente est conclue, les arrhes s’imputeront sur le prix à payer.
• Si par contre, l’acheteur refuse d’acheter, alors, il perdra cette somme.
• Si le vendeur renonce de son côté à vendre, il devra alors verser à l’acquéreur le double de la
somme qui a été payée au titre des arrhes.

Autre vente assortie d’une faculté de rétractation, il s’agit de la vente avec faculté de dédit.

• La vente avec faculté de dédit est voisine de la vente avec arrhes. Si l’acheteur s’est réservé la
faculté de se dédire moyennant la remise d’une somme d’argent, il peut l’exercer en perdant
cette somme. Mais réciproquement, le vendeur n’a pas cette possibilité.

• Le même montage est possible du côté du vendeur : si le vendeur s’est réservé la faculté de se
dédire moyennant la remise d’une somme d’argent à l’acheteur, le vendeur pourra exercer
cette faculté en perdant cette somme. Mais, l’acheteur n’aura pas cette possibilité.
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Transcription : Le Campus

• Dans l’hypothèse particulière où le dédit est prévu pour les deux parties, il ne s’agira plus
alors d’une vente avec dédit mais d’une vente avec arrhes.

• L’article 114-1 alinéa 4 du Code de la consommation, prévoit que toute somme versée par
avance par le consommateur est présumée avoir la nature d’arrhes sauf stipulation qu’il s’agit
d’un dédit.

La loi du 22 décembre 1972 réglemente une autre forme de vente, la vente à domicile. Cette loi
impose un formalisme important afin de protéger le consommateur.

• Ainsi, un écrit est obligatoire, il doit être assorti d’un formulaire détachable qui informe
l’acheteur qu’il dispose d’un délai de 7 jours pour renoncer au contrat et exercer ainsi une
faculté de rétractation.

• Le vendeur ne peut aucunement recevoir paiement, pas même un chèque qu’il s’engagerait à
déposer après expiration du délai.

• Ce mécanisme s’applique également au démarchage par téléphone, au démarchage fait à la
demande du consommateur, le démarchage en dehors des lieux prévus pour la
commercialisation et aussi le démarchage de nombreux contrats tels que le placement de
produits financiers.

• Les règles protectrices du consommateur mises en place dans le cadre de la vente à domicile
ne sont pas applicables aux personnes morales.

Dernière hypothèse de vente donnant lieu à une réglementation particulière, la vente à distance. La
vente à distance est une forme de plus en plus empruntée par les vendeurs.

• La loi du 5 janvier 1988, art. L. 121-16 du Code de la consommation impose la présence
d’une faculté de renonciation au contrat que l’acheteur peut exercer dans les 7 jours de la
livraison de la chose. Il s’agit d’une renonciation gratuite ouverte à compter de l’exécution
par le vendeur de son obligation de livraison.

• Une directive du 10 mai 1997 qui régit cette question a été transposée en droit français par
une ordonnance du 23 août 2001. C’est ainsi que l’article L. 121-16 du Code de la
consommation dispose dorénavant que « ces règles s’appliquent à toute vente d’un bien ou
toute fourniture d’une prestation de service conclue sans la présence physique simultanée des
parties entre un consommateur et un professionnel qui, pour la conclusion de ce contrat
utilisent exclusivement une ou plusieurs techniques de communication à distance ». Cet
article procède également à un certain nombre d’exclusion, notamment dans l’hypothèse de la
vente et la construction d’un immeuble.

• Pour le contrat d’entreprise, il est également prévu un délai de réflexion du consommateur de
7 jours, à compter de la formation du contrat.

§2 : Techniques de vente et protection du consentement.

Certaines techniques de vente font l’objet d’une réglementation rigoureuse afin de protéger les
consommateurs (A), mais d’autres techniques coexistent également (B), (C) et (D).

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Les ventes de produits préemballés sont admises. 15 . impossible de les livrer pour le vendeur s’ils étaient placés. La vente par envoi forcé Elle consiste à forcer le consentement de l’acheteur en lui envoyant une marchandise comme si un contrat était conclu. Seules des primes de très faibles valeurs sont admises. le consommateur est incité à acquérir des bons qui représentent la totalité du prix et à vendre tous les bons.111-1 du Code de la consommation). L’article L. le vendeur mise sur le fait que l’attrait d’un cadeau ou une prime est un bon moyen de promouvoir ses ventes. Enfin. Il devient donc d’une part. le nombre de personnes touchées dépasse la population française. une prime auto-payante.122-6 et 7 du Code de la consommation. s’agissant de sa composition ou des prescriptions d’emploi (art. Les ventes par lots qui consistent à vendre le produit en en achetant un autre sont interdites. 2. Ou bien encore. il a été mis en place une information minimale de nature à éclairer son consentement. En ce sens. 3.121-35 du Code de la consommation limite les possibilités de recourir à une telle technique. L’article L122-2 du Code de la consommation prohibe cette technique.La vente au consommateur Afin de protéger le consommateur. d’affichage ou de marquage de ces informations. Certaines ventes sont également prohibées ou étroitement réglementées. voir article L. Dans le même esprit. aucun contrat n’est ainsi conclu. sauf celui qu’il conserve. étant précisé que passé ce délai. l’article L. dans la mesure où le lot ne dépasse pas les besoins d’un consommateur ou s’il lui est laissé la possibilité d’acquérir chaque bien séparément. 121-36 du Code de la consommation.122-1 du code de la consommation. à moins qu’il s’agisse de produits identiques. les conditions de forme et de livraison. Cette technique donc est prohibée par les articles L. 1. d’étiquetage. on admet dès lors des primes du genre « treize à la douzaine ». CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus A . les ventes avec lot tiré au hasard sont interdites sauf s’il s’agit d’un concours ouvert à tous. à d’autres consommateurs qui reproduiront la même technique. Cette information concerne les caractéristiques essentielles du bien vendu. L’acheteur peut alors la conserver et parfaire ainsi le contrat ou la renvoyer dans le délai indiqué. Pour obtenir un bien en n’en payant qu’une très faible valeur. La vente à la boule de neige Cette vente correspond à la vente dite pyramidale. sans obligation d’achat. La vente avec prime Dans la vente avec prime. il existe également une autre technique de vente prohibée. la vente est réputée conclue et le prix payable. il s’agit des ventes liées. Au bout de quelques niveaux. et d’autres part. impossible de les placer pour les consommateurs. L.

avec le prix. elles ont une vocation à avoir un caractère international. CHAPITRE 2 : La chose Selon l’article 1583 du Code civil. la chose est l’élément essentiel sur lequel le consentement doit porter. elle se caractérise par plusieurs éléments. • Il s’agit tout d’abord de contrats à distance. il sera nécessaire que ces dernières aient fait l’objet d’une approbation avant la conclusion définitive du contrat. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus B . La chose doit être susceptible d’être vendue (section 1) et déterminée ou déterminable (section 2). Il peut s’agir de vente au comptant ou de vente à terme.La vente électronique La vente en ligne. chapitre III. • Troisièmement. • Deuxième élément caractéristique des ventes en ligne. C .La vente en bourse Les ventes en bourse permettent les grands approvisionnements de matières premières et la spéculation sur ces biens. acheter à terme en espérant que les cours baisseront. il s’agit de contrats d’adhésion où le consentement se manifeste par un clic. La directive du 8 juin 2000. tant aux consommateurs qu’aux professionnels se multiplie. Il peut s’agir de ventes fermes ou conditionnelles avec faculté de dédit. c’est-à-dire de professionnel à professionnel. La rencontre des volontés que nous venons d’étudier dans le chapitre I s’effectue d’une part sur la chose. Ces ventes se dénouent par versement d’une différence correspondant aux gains ou aux pertes. la Convention de Vienne sur la vente internationale a vocation à s’appliquer et d’autre part. pour que les conditions générales du site internet puissent être imposées à l’acheteur. Les règles protectrices du consommateur relatives à ce type de vente s’imposent donc. il est utile d’insérer une clause de choix de la loi applicable au contrat et une clause de choix du tribunal compétent en cas de litige. d’une part. exclue toute négociation du contenu du contrat.La vente aux enchères Il s’agit de vente publique volontaire ou forcée. 16 . D . On peut ainsi vendre un stock que l’on aura à terme et que l’on espère avoir acheté moins cher ou réciproquement. dont le régime a été modifié par la loi du 10 juillet 2000 et qui n’appelle pas de commentaires particuliers. • Il s’agit enfin de contrats dématérialisés : la forme de la vente doit obéir aux nouvelles dispositions sur preuve de l’écrit électronique. qui en raison de sa nature. En toute hypothèse. et d’autre part sur le prix. n°20031 envisage les règles de conclusion des contrats conclus par voie électronique. En cas de business to business. chapitre II.

s’engage non pas à transférer la propriété d’une chose. §2 : Une chose existante La nécessité d’une chose existante pose deux difficultés : quel sort réserver à la chose perdue ou à la chose future dans le cadre d’une vente. Il existe des hypothèses qui sont plus délicates du pont de vue de la qualification. 17 . dans des hypothèses où il n’y a pas à proprement parler une vente. Il s’agit toutefois d’une erreur de qualification. de logiciel. de parts sociales. C’est le cas dans un même contrat lorsque le débiteur s’engage. parfois on évoque la vente de services. l’enseigne. accessorium principale seguitur) et de la spécificité ou non du travail à réaliser. la loi du 13 juillet 1992 est relative à la vente de voyage. Encore faut-il qu’il s’agisse d’une chose (§ 1) d’une chose existante (§ 2) et d’une chose qui se situe dans le commerce juridique (§ 3).141-1 et suivants du Code de la consommation. sont régies par une loi du 2 janvier 1981. Dans ces contrats. il existe ici multiples législations spéciales relatives à chaque type de cession. de fonds de commerce. §1 : Une chose La vente est un contrat translatif de propriété. La cession de fonds de commerce est particulière car le fonds de commerce est considéré comme une universalité qui comprend de multiples éléments tels le droit au bail. le nom commercial. La qualification s’opérera alors essentiellement en fonction de deux critères : l’importance respective des services et des matériaux fournis (c’est la règle de l’accessoire. • Ainsi. • On retrouve ce type d’hypothèse dans le cadre de la vente d’une usine clé en main. éventuellement accompagné d’un contrat d’hôtellerie. Ainsi. le stock. d’une part à transférer la propriété d’une chose et d’autre part à fournir un travail particulier. mais à fournir un travail particulier. une vente est essentiellement une vente de chose corporelle. encore appelées cessions Dailly.313-23 et suivants du Code de la consommation. Les règles de vente s’adaptent cependant aux choses incorporelles. le contrat de voyage est un contrat d’entreprise : il s’agit d’un contrat de transport. la notion de vente de services s’avère particulièrement inadaptée en droit. il faut donc s’assurer que la chose visée au contrat est bien susceptible de faire l’objet d’un transfert de propriété. le voyagiste. Dans l’esprit du code civil. Ainsi. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Section 1 : La chose doit être aliénable Selon l’article 1598 du Code civil tout ce qui est dans le commerce peut être vendu lorsque des lois particulières n’en ont pas prohibé l’aliénation. cession de droits d’auteurs. • Ainsi. la cession de créances et celle de droits incorporels est régie par les articles 1689 et suivants du Code civil. d’usufruit. La terminologie alors change : on ne parle plus de vente mais de cessions : cession de brevets. Il en va de la chose comme du prix : on ne peut concevoir une vente portant sur une chose qui n’existe pas. les contrats relatifs à l’informatique ou encore les contrats relatifs à la construction d’immeubles. et surtout la clientèle. de la fourniture d’eau. les cessions de fonds de commerce sont régies par les articles L. articles L. Les cessions de créances professionnelles. le débiteur de la prestation caractéristique. • De même. En effet.

la question sera résolue par la théorie des risques. un élément caractéristique est notamment la communication du savoir-faire par le franchiseur au franchisé. l’acheteur devient propriétaire de l’immeuble au fur et à mesure de l’avancement des travaux par le mécanisme de l’accession. Dans le cas où il y a simple probabilité que la chose existe dans le futur. Tel est le cas de la vente d’une chose à fabriquer qu’il est toutefois délicat de distinguer du contrat d’entreprise. L’article 1601 du Code civil règle cette hypothèse : il distingue suivant que la perte est totale ou partielle au moment de la vente. le savoir faire. La jurisprudence semble imposer la réfaction du prix lorsque la perte partielle est de faible importance. La chose vendue doit également être la propriété du vendeur. Cependant. • En cas de perte partielle. Aussi ces choses peuvent faire l’objet d’un contrat mais sûrement pas d’un contrat de vente : par exemple la cession d’information est impossible. La vente peut enfin être une vente dite en état futur d’achèvement. La vente d’un tel immeuble peut alors être une vente à terme dans laquelle l’acheteur ne deviendra propriétaire qu’à l’achèvement de l’immeuble et le transfert de propriété s’opérera rétroactivement au jour de la formation de la vente. La vente ne sera alors parfaite que lors de l’achèvement de la chose et c’est seulement à ce moment que s’opèreront le transfert de propriété et le transfert des risques. Elle peut donner lieu à des dommages et intérêts 18 . L’article 1130 dispose que les choses futures peuvent être l’objet d’une obligation : la vente d’une chose future est donc valable. La vente d’une chose future est la vente d’une chose qui n’existe pas encore. Selon l’article 1130 du Code civil. 1601 du Code civil offre une option à l’acheteur : il peut soit abandonner la vente. en cas de contrat commutatif. cette chose soit appropriable. c’est le cas de choses sans maître comme l’air ou l’eau. le contrat ne peut se former valablement puisque l’obligation du vendeur n’a pas d’objet et celle de l’acheteur n’a pas de cause. L’article 1599 du Code civil dispose ainsi que « la vente de la chose d’autrui est nulle. le principe de la nécessité d’une chose existante doit être nuancé. Dans cette vente. en est-il de la vente d’une récolte sur pied. La question se pose alors avec acuité pour les choses incorporelles comme l’information. On relèvera également que dans le cadre du contrat de franchise. son enseignement est envisageable par un contrat d’entreprise. Ainsi. • En cas de perte totale. mais sa communication. Il faut toutefois réserver l’hypothèse de l’immeuble à construire : il est réglementé par les articles 1601 et suivants du Code civil. soit demander la partie conservée moyennant une diminution proportionnelle du prix. antérieure ou concomitante à la vente. soit parce que le vendeur n’en dispose pas encore soit parce qu’il ne l’a pas encore fabriquée. En effet. l’objet de la vente résulte de la chose elle même que le vendeur s’engage à faire exister. encore faut-il que ce bien. §3 : Une chose dans le commerce juridique Pour qu’il y ait un transfert de propriété d’un bien. qui ne font pas l’objet d’un droit de propriété. En revanche. si la chose disparaît une fois la vente formée. il y aura contrat aléatoire. cette chose existera au moins probablement dans le futur. le contrat est nul de nullité absolue. c'est-à- dire au moment de l’échange solo consensu des consentements. Certaines choses ne sont pas appropriées. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Ainsi. l’art. si la chose à vendre disparaît.

suivent le fonds. il existait des cessions de clientèle qui étaient hypocritement appelées cessions de fichiers clients et qui en réalité masquaient une opération visant à vendre une clientèle. seulement ouverte à l’acheteur et ce dernier ne l’invoquera que s’il n’est pas protégé par les mécanismes de la possession. II. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus lorsque l’acheteur a ignoré que la chose fut à autrui ». de plus cette nullité est relative. n°10452. il faut ici noter que certaines ventes de certaines choses nécessitent une autorisation de l’administration. • Dans un arrêt du 7 novembre 2000 (civ 1ère 7 novembre 2000. C’est le cas par exemple de l’agence de voyage. c’est-à-dire que tout le monde l’aurait commise. salariat). • D’autres choses qui sont dans le commerce voient des limites dans leur commercialisation : il en est ainsi des armes. des éléments du corps humain.. Les clientèles civiles des professions libérales. mais qui est apparu au tiers comme tel (ex : le vendeur est héritier apparent) cette vente sera valable à la condition que l’acheteur soit de bonne foi et que l’erreur qu’il a commise était commune. On doit distinguer suivant que ces autorisations sont données intuitu personae ou suivant qu’elles sont simplement attachées à un fonds et soumises à déclaration. il s’agit des droits de la personnalité (sous réserve de certaines exceptions. la cause du contrat aurait été illicite car la cession de la clientèle faisait échec à la liberté du choix du médecin par le patient. la licence du débit de boisson dite licence IV. où de fait. note Viallat). Elle a affirmé que si la cession de la clientèle médicale à l’occasion de la constitution ou de la cession d’un fonds libéral d’exercice de la profession n’est pas illicite. c’est à la condition que soit sauvegardée la possibilité de choix du patient. article 2279 du Code civil. et celui qui cède le fonds devra simplement réaliser une déclaration de la cession auprès de l’autorité de tutelle. • Aussi. On ne peut que se réjouir de ce revirement dans la mesure. En ce qui concerne les autorisations données par l’administration. par exemple. la Cour de cassation a opéré un véritable revirement. des arrêts annulaient ces cessions sur le fondement de l’indisponibilité de la personne et visaient l’art. contrairement aux clientèles artisanales. 1128 du Code civil ou encore l’absence de cause licite. des drogues ou certains produits dangereux. dans l’hypothèse de la vente d’une chose dont le vendeur n’est pas propriétaire. Cette interdiction se justifie surtout par le caractère solo consensu du transfert de propriété. Les autorisations qui sont attachées à un fonds. En effet. jusqu’à un arrêt récent faire l’objet d’une cession : le caractère intuitu personae de la relation existant entre le professionnel libéral et son client justifiait cette impossibilité de cession. du droit de vote. • Les autorisations données intuitu personae ne peuvent en principe êtres transmises qu’avec l’agrément du cessionnaire par l’autorité de tutelle. 1599 : la nullité de l’article 1599 du Code civil n’est permise que lorsque le transfert de propriété est immédiat. Ainsi. La jurisprudence tente de limiter cette règle de l’art. comme le nom). du corps humain. • La reconnaissance d’un fonds libéral sur le modèle voisin du fonds de commerce devrait ainsi permettre aux praticiens de réaliser des investissements et passer un certain nombre de contrats nécessaires à l’exercice moderne de son activité (emprunts. des attributs de la souveraineté ou enfin du droit d’auteur sur son œuvre. 19 . • Un certain nombre de choses ne peuvent pas faire l’objet d’une vente par l’effet de la loi. ne pouvaient pas. JCP 2001.

Les clauses d’inaliénabilités se rencontrent essentiellement dans les libéralités. Ces clauses interdisent au bénéficiaire de la libéralité de vendre le bien : elles ne sont licites que dans la mesure où elles sont à la fois limitées dans le temps et justifiées par un intérêt sérieux et légitime. La description d’une chose par ses caractéristiques ou simplement le fait de donner l’adresse d’un immeuble suffit pour déterminer la chose. C’est encore le cas des ventes dites en bloc ou l‘acheteur acquiert tous les biens individualisés en bloc parce que rassemblés par exemple dans un local. Il existe ainsi des conditions relatives à sa détermination (section 2) et à sa licéité (section 3). nous allons voir la deuxième condition qui permet que la chose fasse l’objet d’une vente : la chose doit être déterminée ou déterminable (section 2). il résulte du texte de l’article 1129 que la quotité de la chose doit être déterminable au jour de la formation du contrat à peine de la nullité de la vente pour absence d’objet. Les choses de genre sont déterminées uniquement quant à leur espèce. La détermination des corps certains ne suscite guère de difficultés. Cette dernière résulte de la mesure de comptage ou de pesage de la chose. pourvue qu’elle soit déterminable. il doit donc exister (section 1). La détermination viendra plus tard. Détermination de la chose. La détermination de la chose proviendra pour les choses de genre de leur individualisation. Déterminabilité de la chose. la chose doit être déterminée ou déterminable pour que le contrat soit valable. Au moment de la formation. C’est le cas par exemple le cas des ventes au poids. contrairement au corps certain. Section 2 : La chose doit être déterminée ou déterminable Selon l’article 1583 du Code civil. Toutefois. Il doit être soit librement fixé par les parties. La détermination de la chose selon l’article 1129 du Code civil signifie sa désignation dans son espèce (blé. La quotité ne l’est pas encore. au compte. Il faudra également que la chose soit individualisée. L’article 1129 du Code civil dispose pour tous les contrats : il faut que l’obligation ait pour objet une chose au moins déterminée quant à son espèce La quotité de la chose peut être incertaine. Après avoir défini les choses qui étaient aliénables et donc susceptibles de vente. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • La mise hors commerce juridique peut enfin résulter d’une stipulation contractuelle. en kilogramme suffira. dans le droit commun des obligations permet de qualifier d’offre une proposition de vente. Le prix est un élément essentiel à la formation de la vente. la mesure en litre. maison dans tel lotissement) et également sa désignation dans sa quantité. CHAPITRE 3 : Le prix La vente est un contrat à titre onéreux. soit répondre à d’autres critères. Le prix constitue la contrepartie monétaire du transfert de propriété de la chose. Le degré requis de précision est celui qui. 20 . Pour les choses de genre. la détermination ne suffira pas. ou à la mesure qui sont visées par l’article 1585 du Code civil.

les parties se donnent respectivement une chose pour une autre. Les parties peuvent fixer le prix qu’elles entendent même si ce prix est très différent de la valeur que d’autres personnes auraient donnée au bien vendu. La dation en paiement est un acte modificatif d’une obligation existante. Son caractère élaboré provient de ce que la contrepartie de la délivrance d’une chose et du transfert de propriété consiste en la remise d’un bien à caractère abstrait et symbolique. §2 : Le prix est libre.Le prix doit être réel et sérieux 1. lui assurer sa nourriture sa vie durant. avec l’accord de celui-ci. le prix doit être réel et sérieux (A) et une exception. C’est par cette exigence de prix en argent que la vente se distingue d’autres contrats translatifs de propriété à caractère onéreux. La dation en paiement diffère également de la vente. Depuis le 1er janvier 2002. par lequel un associé transfert la propriété d’un bien à la société. le prix a toujours un caractère monétaire et exprime une somme d’argent. Cette solution est d’ailleurs conforme au droit de la concurrence. Dans le contrat d’apport en société. moyennant rémunération. Ainsi. dans le contrat d’échange. Le prix doit être réel. d’autre part. La dation en paiement produit ainsi un double effet modificatif et extinctif de l’obligation. Si le prix a un caractère monétaire. il est possible que dans certains cas on puisse obtenir une remise en cause du prix payé dans le cadre d’un mécanisme appelé la lésion (B). Le prix est alors un élément de qualification du contrat. En effet. A . le prix présente une seconde particularité. Elle a également un effet translatif qui la rapproche d’une vente dont elle suit l’essentiel du régime. §1 : Le caractère monétaire du prix La vente est une forme élaborée du troc. acte par lequel un débiteur remet à son créancier. 21 . il est libre. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Section1 : L’existence du prix Le prix doit exister dans la vente. Il présente un caractère monétaire et doit être libre. Dans le bail à nourriture par lequel une personne s’engage à loger une autre personne. la contrepartie est là exprimée en parts sociales. Elle s’apparente ainsi à un mode de paiement. La dation en paiement permet à un débiteur d’une somme d’argent d’exécuter son obligation en transférant à son créancier la propriété d’un bien regardé comme équivalent. Il existe toutefois une limite et une exception à cette liberté : d’une part. un autre bien que celui qui avait été convenu. Il est concevable de prévoir une unité de compte en monnaie étrangère mais le paiement devra toujours être réalisé en euros. l’expression du prix en euros est obligatoire pour les contrats internes. Le principe en matière de fixation de prix est la liberté.

• De même. Toutefois. voire inexistant. c’est la notion de cause objective du contrat. par le souci de respecter l’autonomie de la volonté des parties au contrat et. Par exemple. En principe. des cessions de droits sociaux pour 1 € ne peuvent pas être considérées comme consenties à un prix dérisoire à partir du moment où l’acquéreur reprend ainsi une partie du passif de la société. Dans cette hypothèse. la lésion ne vicie pas les conventions. Cette question s’avère particulièrement importante dans les domaines où la règle de la lésion ne trouve pas à s’appliquer. d’une part. Il existe également des hypothèses où la contre-lettre augmente le prix qui figure sur l’acte ostensible. Le prix sérieux s’oppose au prix dérisoire. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Le prix réel s’oppose au prix fictif qui est un prix simulé. Le prix doit être sérieux. surtout. Cette solution se justifie. payer un euro quelque chose qui en vaut en réalité mille. par le souci d’assurer la sécurité des transactions. Une vente qui comprendrait une contre-lettre valant remise de paiement du prix ou dont le prix ne serait pas payé pourrait être requalifiée en donation déguisée (art. • Ainsi. une contre-lettre indique un prix différent du prix figurant sur l’acte ostensible. L. d’autre part. Une obligation ne constitue pas la contrepartie de l’autre lorsque le prix est dérisoire.La lésion La lésion est le préjudice qui résulte du défaut d’équivalence entre plusieurs prestations contractuelles au moment de la formation du contrat. l’art. En effet dans cette hypothèse. et c’est là la sanction la plus efficace. 18 du Livre des Procédures Fiscales assure alors un droit de préemption à l’administration fiscale sur la base du montant qui figure dans l’acte ostensible. Ce qui justifie ici que le prix doit être sérieux. la jurisprudence annule la rente viagère lorsqu’il s’avère que cette dernière est inférieure ou égale au montant des revenus de l’immeuble. il est concevable d’estimer que ladite vente correspond en réalité à une donation déguisée qui sera sauvée par l’intention libérale du vendeur. d’office ministériel. Appliqué à la vente. La simulation existe lorsque le prix simulé n’a pas vocation à être payé ou lorsqu’il doit être complété par ce qu’on appelle un dessous de table. Cette pratique illicite a pour but de diminuer le montant des droits de mutation. l’article 1840 du CGI annule toute contre-lettre de ce type en matière de vente d’immeuble ou de cession de fonds de commerce. sans que pour autant il y ait un prix dérisoire. l'une des parties n’a rien à débourser à l’autre et la rente viagère est en réalité dérisoire. 2. B . dans une vente faite au prix de 1 €. Mais. le principe signifie que le contrat ne peut pas faire l’objet d’une action en 22 . • Le prix peut enfin être dérisoire sans pour autant être ridicule. Aussi. Ainsi dans les rentes viagères rémunérant une vente immobilière. de clientèle ou encore de droit au bail. le prix peut être très faible. 931 du Code civil). article 1118 du Code civil. Le prix est considéré comme dérisoire quand il n’existe pas ou quand il est ridiculement bas par rapport à la valeur de la chose dont la propriété est transférée.

alors que l’acheteur a déjà donné son consentement. le don. • Certaines ventes immobilières échappent toutefois à la lésion. Le risque de lésion. Il faut donc se demander si l’aléa existe réellement ou non dans le contrat. La vente sera alors en principe annulée. l’apport en société. notamment en matière de vente immobilière où la lésion est admise. il n’y aura plus d’aléa. L’article 1674 du code civil dispose : « si le vendeur a été lésé de plus de 7/12ème dans le prix d’un immeuble. Cette décision résulte de l’article 1683 du Code civil. la prestation d'une des parties ne peut pas être chiffrée au moment de la conclusion du contrat. une telle clause figurerait dans tous les contrats. de telles ventes sont effectuées sous contrôle d’un juge après publicité. L’acheteur. c’est-à-dire que le vendeur devra restituer le prix et l’acheteur devra restituer l’immeuble. En effet. dans cette hypothèse. La rescision sera ainsi admise si par exemple. il faudra trois rapports d’experts concordants. comme l'on dit. la rente viagère correspond à un prix exprimé en capital payé en plusieurs fois. En revanche. • Cette solution est toutefois exclusive à la vente d’immeubles. dès lors. le mécanisme de la rescision pour lésion est admis. • Il en va différemment de ventes qui sont effectuées volontairement en justice. article 1684 du Code civil. L’acheteur aura toutefois la possibilité de maintenir le contrat. La lésion est également exclue pour les cessions de droits sociaux quand bien même ceux-ci représenteraient une société immobilière. est donc réduit. Le vendeur ne peut renoncer à l’action. en revanche. Pour établir la rescision. articles 1678 à 1681 du Code civil. l’acheteur aurait pu choisir une vente volontaire. En effet. • L’action en rescision est ouverte au seul vendeur et non à l’acheteur. 23 . Dans l’hypothèse d’une promesse unilatérale de vente. dans les contrats aléatoires. Ce principe connaît toutefois des limites et des exceptions. la servitude ou le droit d’usage constituent des immeubles et la lésion est donc parfaitement invocable lorsqu’il s’agit de leur cession. le bénéficiaire de la vente peut y renoncer dès lors que le bien est acquis. article 1676 du Code civil. à défaut. l’aléa chasse la lésion. Elle se justifie en ce que le vendeur mérite protection parce qu’il risque d’être spolié lorsqu’il est contraint de vendre son immeuble pour se procurer rapidement de l’argent. C’est le cas des ventes aléatoires parce que. vente en viager ou vente avec réserve en usufruit. la lésion s’appréciera au jour de la levée de l’option par l’acheteur car c’est à ce moment que la promesse de vente deviendra vente. c’est-à-dire après la formation du contrat. Elle sera donc exclue pour les contrats voisins comme l’échange. la donation déguisée ou enfin. il a le droit de demander la rescision de la vente. n’est jamais obligé d’acheter. En effet. quand même il aurait expressément renoncé dans le contrat à la faculté de demander cette rescision et qu’il aurait déclaré donner la plus value ». Seules les lésions d’une certaine importance (soit de plus de 7/12ème de valeur de l’immeuble estimé au moment de la formation de la vente de l'immeuble) peuvent donner lieu à la rescision. s’il n’est pas exclu. En effet. En effet. article 1674 du Code civil. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus rescision ou en révision si le prix est disproportionné en plus ou en moins par rapport à la valeur du bien vendu. Le délai pour agir du vendeur est un délai préfixe de deux ans à compter du jour de la formation de la vente. la cause du contrat c’est précisément l’existence de l’aléa : le risque de perdre ou celui de gagner. Par contre. • La rescision est également refusée dans les ventes par autorité de justice.

contrats d’abonnement). Ces solutions ne sont toutefois pas celles du droit positif français. des prix précédemment fixés par les parties ou encore. sauf. Cette règle est justifiée en ce que la vente produit ses effets instantanément. le contrat encourra donc la nullité. Aussi. faute de permettre au juge de réviser le contrat et de fixer lui-même le prix. Le supplément de valeur qu’aurait pu acquérir entre temps l’immeuble donnera lieu à des difficultés supplémentaires. La déterminabilité du prix. L’acheteur doit payer le prix dès la formation de la vente. remises ou ristournes. que le prix ne peut pas être connu dans la mesure où la vente est assortie de remises dont la valeur est conditionnée à la quantité achetée. • Il se peut que la quantité vendue soit encore inconnue (ex : la vente d’une récolte de raison à 100 € l’hectolitre). 1. Le prix doit donc faire l’objet d’un accord dans son intégralité : le principal du prix mais également ses accessoires comme les éventuels rabais. 24 . à la lumière. que le prix puisse évoluer (contrats de vente à exécutions successives. Section 2 : La détermination du prix Si le principe de la détermination du prix ne génère pas trop de difficultés pour les contrats de vente à exécution instantanée. notamment. Ce qui importe. si les parties s’en sont remises à un tiers pour déterminer le prix. cette somme devra être majorée des intérêts. cette fixation ne peut être faite que par les parties et non par un juge. Cette solution est reconnue par l’article 1592 du Code civil qui admet que la fixation du prix peut être effectuée par un tiers. en se fondant sur le prix du marché. L’article 1583 du Code civil dispose que : « la vente est formée dès que les parties sont convenues du prix ». on admet en réalité qu’il soit seulement déterminable. A défaut de prix. 1591 du Code Civil affirme que le prix doit être déterminé. Le prix peut ne pas être déterminé au jour de la vente pour un ensemble de raisons. • Ou ensuite. c’est que cette fixation ne dépende pas de la volonté d’une seule des deux parties au contrat. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Il devra alors payer judiciairement le complément de prix constaté moins 1/10ème. eu égard aux circonstances de l’espèce. C’est-à-dire que la détermination du prix dépend d’éléments objectifs fixés dans le contrat. les contrats de fourniture ont donné lieu à une polémique qui a aboutit à une jurisprudence de l’Assemblée Plénière de la Cour de cassation détachant la question du prix de l’objet du contrat. sur un prix raisonnable. Si l’art. naturellement. ou enfin. qui pourrait être demandé par un cocontractant ordinaire. §1 : Le principe de la détermination du prix L’article 1591 du Code civil dispose que : « le prix de la vente doit être déterminé et désigné par les partie s ». • Ou encore. Toutefois.

la Cour de cassation a continué à annuler ces contrats mais elle a changé le fondement juridique de sa décision. compagnie pétrolière) promet d’approvisionner son cocontractant (par ex. elle est valable à condition que les indices choisis aient une relation directe avec l’activité de l’une ou l’autre des parties. ils sont également concernés par le droit des contrats spéciaux et plus particulièrement par la question de la détermination du prix. puisqu’elle s’est appuyée sur l’article 1129 du Code civil. 2. • A partir de 1978. l'article 1591 du Code civil exige que le prix soit fixé par les parties. La question de l’indétermination du prix a posé de graves difficultés dans le cas de contrats de fournitures ou de distribution. selon ses besoins. Cour de cassation. ce dernier s’engage à s’approvisionner exclusivement auprès de ce fournisseur. 25 . on relèvera tout d’abord la clause dite clause de prix à dire de tiers. La clause prix catalogue ou prix fournisseur est valide dans les contrats de distribution. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • Il est également concevable que le prix se modifie en fonction de divers coûts. Toutefois. d’autres sont beaucoup plus discutées. La Cour de cassation a prononcé cette annulation sur le fondement de l’article 1591 du Code civil. un pompiste). De tels contrats sont conclus sur le long terme et ils intéressent exclusivement le droit de la concurrence interne et le droit de la concurrence communautaire. le prix sera alors assorti d’une clause d’indexation. Elle est valable à condition que ce tiers soit impartial. aide à l’installation. Le contrat de fourniture est un contrat cadre par lequel le fournisseur (généralement concédant d'une marque. Cette clause laisse à un tiers la fixation du prix. Elle a considéré ces contrats comme des promesses de vente à exécution répétée. Les clauses admises : Parmi les clauses admises. Cette clause ne saurait être valable pour une vente. Dans toutes ces hypothèses. puisque la Cour de cassation admet la licéité de la clause sauf texte particulier. relatif à l’objet. Ces contrats ont donné lieu à une jurisprudence évolutive. afin d’éviter l’annulation. Nous allons maintenant nous attarder sur cette solution qui est l'aboutissement d'une longue maturation jurisprudentielle. la Cour de cassation a annulé ces contrats pour indétermination du prix lorsque le tarif au jour de la livraison dépendait de la seule volonté du fournisseur. 1er décembre 1995. assistance). Il existe ainsi toute une série de clauses pour parvenir à déterminer le prix dans le contrat. il faudra que tous les éléments qui permettent de déterminer le prix soient fixés dans le contrat. Autre clause admise. Or. par ex. Diverses prestations du fournisseur peuvent s’y ajouter (exclusivité. • En 1971. Certaines sont admises. la clause dite d’indexation ou clause d’échelle mobile. et non par une seule d'entre elles. §2 : Difficultés d’application dans les contrats de fournitures. en matière de vente. En échange.

• Ainsi. en procédant de la sorte. 1591 du 26 . n’affecte pas la validité du contrat. l’indétermination du prix de ces contrats dans la convention initiale n’affecte pas. Dans 4 arrêts de principe du 1er décembre 1995. fixée par l’Assemblée plénière : la clause d’un contrat de franchisage faisant référence au tarif en vigueur au jour des commandes d'approvisionnement à intervenir. elle a estimé que lorsqu’une convention prévoit la conclusion de contrats ultérieurs. qui concernaient des contrats de location d’installation téléphonique. par référence aux tarifs futurs du fournisseur. on a l’obligation d’acheter ? Cette solution illogique ne pouvait pas être maintenue et ce d’autant plus que tant le Conseil de la Concurrence au niveau français. en réalité. peu importait que le prix dépende de la volonté unilatérale d’une partie et il s’opérait un glissement vers l’article 1134 du Code civil avec le critère de l’exécution de bonne foi des contrats. cette liberté laissée au fournisseur n’était pas totale : ce dernier ne devait pas abuser de l’exclusivité qui lui était ainsi réservée pour majorer son tarif dans le but d’en tirer un profit dans un but illégitime car. • A compter de 1991. formule de l'art L410-2 du Code de commerce. dès lors que l’on veut annuler un contrat pour indétermination du prix. 1129 du Code civil n’est pas applicable à la détermination du prix. • Troisième règle énoncée par la Cour de Cassation : l’art. • Deuxième règle. il faut pouvoir se référer à un texte particulier. Peu importe donc l’absence de prix. sauf disposition légale particulière la validité de celui-ci. Ainsi. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • A compter de 1987. Aussi. c’est-à-dire. la 1ere Chambre Civile de la Cour de Cassation a validé le contrat cadre à condition d’une déterminabilité du prix. contrats de pompiste). l’Assemblée Plénière de la Cour de cassation prenant acte que les prix des biens et services sont librement déterminés par le jeu de la concurrence. Cette solution résulte d’un arrêt civ 1ère du 24 nov. l’exclusivité d’approvisionnement. celui de l’obligation d’acheter. La solution de l’Assemblée plénière. Aussi. Toutefois. le fournisseur aurait méconnu son obligation de bonne foi. Mais ce résultat n’était pas satisfaisant : comment pouvait–on exiger la libre négociabilité du prix dans un contrat où. tel l’art. la jurisprudence a encore évolué : elle a subordonné la validité du contrat cadre à la libre négociabilité du prix. la Cour de cassation a limité la nullité pour prix indéterminé aux seuls contrats cadre qui ne comportaient essentiellement que sur des obligations de donner (contrats de bière. la Cour de cassation a posé 4 principes complémentaires : • Tout d’abord. précisément. Toutefois. la jurisprudence de la chambre commerciale n’évoluait pas de la même façon. Le revirement s’est produit en deux temps : Dans deux arrêts Alcatel. validaient de tels contrats au regard du droit de la concurrence. ou le fait que sa fixation soit laissée à une seule des parties au contrat. masquait un autre critère. l’Assemblée Plénière de la Cour de cassation dû intervenir. Ce critère. la clause tarif fournisseur est totalement licite. 1994. au regard de l’article 1129 du Code civil. le domaine d’application de l’article 1129 du Code civil a été limité aux contrats cadre qui imposaient au revendeur de s’approvisionner exclusivement auprès de son cocontractant. que la Commission Européenne au niveau communautaire. laissant ainsi hors de portée les contrats cadre qui faisaient essentiellement naître des obligations de faire. Aussi. à compter de 1992.

Le droit de la concurrence influence le prix de vente : selon l’article L. Il peut également intenter une action en résolution des contrats d’exécution conclu à des prix anormaux. la détermination du prix est bien une condition de validité de la vente. Le glissement de la mauvaise foi (retenu par l’arrêt Alcatel) vers l’abus s’explique probablement en ce que la Cour de cassation opère un contrôle sur l’abus alors qu’elle n’en opère pas sur la mauvaise foi qui relève du pouvoir souverain des juges du fonds.410-1 et suivants contient de nombreuses dispositions qui intéressent directement le droit des contrats et particulièrement la licéité du prix.410-2 du code de commerce. • Quatrième règle fixée par la jurisprudence de l’Assemblée plénière : la seule limite à ces principes de libre choix des modes de déterminabilité du prix réside dans l’abus dans la fixation du prix. le prix de vente doit être exprimé en euros. qui était fâcheuse en raison de son effet rétroactif. l’article L. Cette solution résulte de l’article L. • Dans le même sens. la revente à perte est prohibée par l’article L. Afin d’éviter cette situation. sont constitutives de fautes civiles les discriminations illicites qui consistent en des différences de traitement de partenaires. la jurisprudence nouvelle a préféré une solution plus pragmatique : l’abus dans la fixation du prix ne donne lieu qu’à résiliation ou indemnisation. Aussi.441–6 du Code de commerce impose la communication des conditions générales de vente à tout acheteur professionnel qui en fait la demande.441–3 du Code de commerce impose de mentionner sur la facture nombre de mentions obligatoires concernant essentiellement le prix et les réductions de prix accordées par un vendeur à un acheteur. Section 3 : La licéité du prix En droit interne. L’article L. • Ensuite. La 27 . Après avoir examiné la détermination du prix et l’exécution du prix.441-3 du Code de commerce crée ainsi un mécanisme de transparence tarifaire. intégrée au code commerce dans ses articles L. Quelles vont être les sanctions envisageables ? A la sanction de la nullité.142-6-1-1° du Code de commerce qui souhaite éviter que l’on crée un avantage ou un désavantage dans la concurrence. nous allons nous attarder sur la licéité du prix. Il ne faut pas. • Ainsi. On peut toutefois regretter que ces exigences concernent uniquement les ventes entre professionnels.142–2 du Code de commerce. en effet. l’article L. défavoriser l’entreprise française dans le commerce international. ou il peut enfin intenter une action en résolution du contrat cadre en raison de la gravité des fautes commises par le fournisseur. sans contrepartie réelle. En matière de vente internationale. Cet apparent libéralisme ne doit pas faite illusion : l’ordonnance de 1986. comme l’unité de paiement peuvent être stipulées en monnaie étrangère. le distributeur victime a le choix : il peut intenter une action en responsabilité contractuelle visant à la réparation du préjudice subi par l'allocation de dommages et intérêts. Ces demandes pourront être formées cumulativement mais de façon divisée. les prix sont librement déterminés par le jeu de la concurrence. l’unité de compte. sans l’être pour le contrat d’entreprise. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Code civil pour la vente. Ainsi.

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revente à perte correspond à la revente à un prix inférieur au prix porté sur la facture d’achat
de ce revendeur. Ce sont les distributeurs qui sont ici visés. On protège ainsi, d’une part, les
consommateurs, qui risquent de payer plus chers d’autres produits que ces produits d’appel, et
on protège également les autres distributeurs d’une concurrence déloyale. Il existe toutefois
quelques exceptions à ce principe : les produits démodés, défraîchis et les ventes en
liquidation (art. L.442-4 du Code de commerce).

• Dans le même sens, on peut relever que l’article L.420–5 du Code de commerce interdit les
ventes à prix abusivement bas, sanctionnant cette fois les producteurs.

• Enfin, l’article L.442-5 du Code de commerce, afin que le revendeur maîtrise la fixation de
ses prix de revente et pour éviter également une hausse artificielle des prix, interdit les prix
imposés de revente.

Sous titre 2 : Les effets de la vente
La vente produit deux types d’effets différents : des effets réels, à savoir le transfert de propriété qui
accompagne celui des risques (chapitre 1), des effets personnels, c’est-à-dire les obligations de
parties (chapitre 2).

CHAPITRE 1 : Le transfert de la propriété et des risques
Le transfert de la propriété et des risques permet de qualifier le contrat de vente et de le distinguer
d’autres contrats. Ces deux effets sont complémentaires : le transfert de propriété est l’objectif, la
cause du contrat, alors que le transfert des risques en est la conséquence logique. Il s’agit toutefois de
deux notions différentes.

Section 1 : Le transfert de propriété
Nous examinerons successivement les règles supplétives et les clauses relatives au transfert de
propriété.

§1 : Les règles supplétives gouvernant le transfert de propriété.

Ces règles supplétives concernent la réalisation du transfert et son opposabilité.

A - La réalisation du transfert

L’article 1583 du Code civil dispose que : « la vente est parfaite et la propriété est acquise de droit
à l’acheteur à l’égard du vendeur dès qu’on est convenu de la chose et du prix ». Le transfert de
propriété se réalise dès que la vente est parfaite, soit dès que les volontés se sont rencontrées sur les
éléments essentiels de la vente : la chose et le prix. Ce transfert s’opère solo consensu. C’est-à-dire,
même si les obligations respectives des acheteurs et des vendeurs n’ont pas été accomplies.

Ce mécanisme qui s’impose pour l’ensemble des obligations et la donation ne peut valoir que pour

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les corps certains.

• Pour les choses de genre, le transfert de propriété est quelquefois différé. Le transfert de
propriété des choses de genre ne peut se produire qu’au moment de leur individualisation.
C’est-à-dire au moment où la chose de genre devient un corps certain. Le procédé
d’individualisation est indifférent. Il peut s’agir de la mise de côté d’une chose dans un
magasin ou son mensuration, article 1583 du Code civil. A défaut, l’individualisation se
produira au plus tard au moment de la livraison.

• La vente en bloc constitue une hypothèse particulière visée par l’article 1586 du Code civil.
Il s’agit d’un ensemble de marchandises localisées dans un endroit particulier. Le transfert de
propriété s’effectue alors immédiatement. On peut considérer la vente en bloc comme la vente
d’un corps certain, le bloc lui-même étant formé d’un ensemble de choses de genre.

• En ce qui concerne les choses futures, le transfert de propriété ne pourra se produire qu’à
partir du moment de l’achèvement de la chose, puisqu’elle n’existe pas encore. S’il s’agit de
corps certains, l’achèvement permettre l’individualisation et donc le transfert de propriété.
S’il s’agit de choses de genre, le transfert sera naturellement retardé au moment de son
individualisation.

B - L’opposabilité du transfert de propriété

Le transfert de propriété a une influence sur le droit des tiers. Le créancier du vendeur voit l’assiette
de son droit de gage général se modifier. De même, une victime d’une chose peut vouloir en trouver
le gardien. La question de l’opposabilité aux tiers est donc fondamentale.

Il faut distinguer les ventes immobilières (1) et les ventes mobilières (2), ainsi qu’au sein de ces
dernières, les ventes mobilières corporelles et les ventes incorporelles (2, 3).

1. Les ventes immobilières :

L’opposabilité de la vente des immeubles aux tiers est organisée par les règles de publicité foncière.
Si A vend successivement la même chose à B et C. Si l’on s’en tient au transfert de propriété (visé
par l’article 1583 du Code civil), B est propriétaire depuis la date de formation du contrat et C ne
peut pas le devenir.

Toutefois, les règles du droit de biens viennent modifier cette solution. Selon l’article 30 du décret
du 4 juin 1955, les actes sont, s’ils n’ont pas été publiés, inopposables aux tiers, qui sur le même
immeuble, ont acquis des droits concurrents en vertu d’actes soumis à la même organisation de
publicité. Aussi, le premier publié sera considéré comme le propriétaire aux yeux des tiers. La bonne
foi sera toutefois prise en compte. Celui qui conclurait la vente tout en connaissait l'existence la vente
précédente, ne pourrait évoquer les règles de publicité foncière.

2. Les ventes mobilières, meubles corporels :

Ici c’est l’origine de la possession qui assure l’opposabilité aux tiers. Cela est curieux car la
possession est un élément de fait qui résulte de la délivrance de la chose, alors que le transfert de
propriété est un effet de droit automatique.

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En cas de ventes successives à deux acquéreurs, aux yeux des tiers, il sera préféré, non pas le premier
acquéreur, mais celui qui le premier aura été mis en possession de bonne foi. En effet, l’article 1141
du Code civil applique à la vente les solutions de l’article 2279 du même code.

En cas de vente en cascade, les choses deviennent plus complexes. Le premier vendeur a vendu une
chose sous réserve de propriété, le sous-acquéreur qui ignore l’existence de cette clause de réserve de
propriété devient propriétaire à quel moment ? Selon l’article 2279 du Code civil, il est propriétaire
du seul fait de sa possession.

3. Les ventes de meubles incorporels : de nombreuses règles existent

Pour ce qui concerne les cessions de brevets, de marques, il existe un registre spécifique tenu par
l’INPI.

Pour les cessions de créances, ou parts de sociétés, c’est à la notification de la cession du débiteur
cédé que cette dernière pourra lui être opposée (article 1690 du Code civil, loi du 2 janv. 1980 art.
5, loi du 24 juil. 1966, art. 20).

Pour les autres cessions, le transfert de propriété s’opère dans les conditions du droit commun : dès la
réalisation du contrat, pour la cession de droits d’auteurs ou de fonds de commerce.

§2 : Les aménagements conventionnels du transfert de propriété

L’article 1583 du Code civil pose une règle supplétive à laquelle il peut être dérogé par contrat, soit
pour retarder le transfert de propriété, soit pour l’avancer.

A - Les clauses retardant le transfert de propriété

La condition retarde la formation même du contrat. La vente affectée d’une condition suspensive
n’est pas encore formée et le transfert de propriété ne peut donc se produire. L’acheteur deviendra
propriétaire rétroactivement dès que la condition sera réalisée.

• Le terme suspensif, lui, ne retarde que l’exécution de l’obligation. Aussi, si le transfert de
propriété est affecté d’un terme suspensif, son exécution est retardée. C’est le cas de la clause
qui retarde le transfert de propriété en matière de vente immobilière au moment de la
réitération de la vente devant notaire. Cette solution se justifie en ce que c’est à ce moment
que le prix est payé.

• La clause de réserve de propriété retarde également le moment du transfert de propriété. Plus
attachée aux ventes mobilières, la clause de réserve de propriété permet de retarder le transfert
de propriété au moment du paiement du prix entier ou plus rarement au moment du paiement
d’une fraction du prix. Cette clause de réserve de propriété constitue une véritable sûreté au
profit du vendeur. L’article L.621-121 du Code de commerce admet l’opposabilité de la
clause, en cas de redressement judiciaire de l’acheteur, pour autant que plusieurs conditions
soient respectées. La clause doit faire l’objet d’un écrit établi avant la date de livraison. La
chose qui fait l’objet de la réserve de propriété ne doit pas être incorporée dans une autre, sauf
hypothèse de démontage possible sans dommage, ou bien être transformée.

Le transfert de propriété doit être distingué de l’obligation de délivrance. Aussi dès que le transfert de
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celui des risques l’est aussi. c’est le principe de res perit dominium. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus propriété est retardé. Encore que la tradition n’en ait point été faite à moins que le débiteur ne soit en demeure de la livrer. obligation de moyen selon l’article 1137 du Code civil. auquel cas la chose reste aux risques de ce dernier. article 1138 alinéa 2 du Code civil. En principe. Cette solution est toutefois supplétive (§1). Cette solution résulte de l’article 1182 al 2 et 3 du Code civil. c’est sur ce dernier que repose l’obligation de conservation. • Lorsque l’acheteur a mis en demeure le vendeur de livrer la marchandise. L’article 1136 du Code civil dispose que : « l’obligation de donner emporte obligation de conserver ». la perte est pour l’acheteur qui doit malgré cela en payer le prix.Les clauses avançant le transfert de propriété Ce type d’hypothèse est beaucoup plus rare. Pourtant le vendeur demeure tenu des risques jusqu’au jour de la réalisation de la condition. §1 : Les règles supplétives relatives au transfert des risques L’article 1138 alinéa 2 du Code civil dispose : « la vente rend le créancier propriétaire et met la chose à ses risques dès l’instant où elle a dû être livrée ». la marchandise sortie du magasin du vendeur ou de l’expéditeur voyage. Si la chose est perdue après la formation de la vente mais avant la livraison. Section 2 : Le transfert des risques Le transfert des risques est en principe lié au transfert de propriété. le vendeur demeure propriétaire alors que la chose a pu être remise à l’acheteur. on le rencontre dans les ventes d’immeubles à construire ou de choses futures dans en général. Cela a l’avantage de protéger l’acheteur de l’éventuelle faillite du vendeur comme en matière de navire à construire. et donc susceptible d’aménagements conventionnels (§2). en ce sens article 6 de la loi du 3 janvier 1967. L’article 100 du Code de commerce dispose ainsi : « pour la livraison de marchandises avec transporteurs. B . Quand le transfert de propriété est immédiat. s’il n’y a de convention contraire. l’acheteur devient propriétaire au moment de l’achèvement de chacune des tranches. Il existe deux situations dans lesquelles le Code civil dissocie transfert des risques et transfert de propriété : • Lorsque la vente a été conclue sous condition suspensive : l’acheteur devient propriétaire rétroactivement une fois la condition accomplie. Ici. Aussi l’acheteur non propriétaire de la chose mais maître de la chose assume l’obligation de conservation. aux risques et périls de celui à qui elle appartient. les risques 31 . Cette solution est confirmée par le droit des transports. Si le transfert de propriété n’est pas retardé mais que le vendeur n’ait pas livré la chose. sauf son recours contre le commissionnaire ou le voiturier chargé du transport ». A côté des clauses retardant le moment du transfert de propriété il existe aussi des clauses avançant ce transfert. le transfert de propriété ne s’opère qu’au moment de l’achèvement de la chose.

Section 1 : Les obligations du vendeur Selon l’article 1603 du Code civil. Ainsi dans la vente FOB (Free On Board). le transfert des risques peut être dissocié du transfert de propriété. Ainsi. C’est surtout dans le domaine des ventes internationales que se sont développées les clauses aménageant le moment du transfert des risques. Cette solution est énoncée à la fin de l’article 1138 alinéa 2 du Code civil. les risques de la chose pèsent sur la tête du débiteur. qui retardent le transfert de propriété au paiement complet du prix. avant la mise en demeure. Cette solution est quelque peu surprenante. se désintéressant du moment du transfert de la propriété. On étudiera successivement les obligations du vendeur (section 1) et les obligations de l'acheteur (section 2). ici de l’obligation de livrer puisque l’acheteur a mis en demeure le vendeur de le faire. les risques sont transférés à l’acheteur au moment où les marchandises franchissent le bastingage du navire au port de départ. En réalité. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus demeurent alors sur la tête du vendeur. En effet. CHAPITRE 2 : Les obligations des parties On étudiera ici les obligations des parties prisent en tant qu’effet personnel de la vente. §2 : Les aménagements conventionnels au transfert des risques De même que le transfert de propriété peut être retardé par rapport à la formation de la vente. Les clauses de transfert de propriété. Cette règle sert moins à fonder une obligation de renseignement du vendeur qu’à fonder le principe d’interprétation selon lequel tout pacte obscur ou ambigu s’interprète contre le vendeur. la Convention de Vienne du 11 avril 1980. celles de délivrer et de garantir ce qu’il vend. L’article 1602 alinéa 1 du Code civil ajoute cependant que le vendeur est tenu d’expliquer clairement ce à quoi il s’oblige. On trouve également des aménagements conventionnels du transfert des risques dans les Incoterms de la Chambre du Commerce Internationale qui sont des clauses type insérées sous forme de lettres dans les contrats. le vendeur a deux obligations principales. soit de l’interprétation prétorienne par les juges des articles 1134 alinéa 3 ou 1135 du Code civil. Ainsi. L’article 1603 du Code civil laisse entendre que d’autres obligations accessoires peuvent être mises à la charge du vendeur puisqu’il parle d’obligations principales. Depuis le Code civil. de nombreuses obligations nouvelles tels que l’obligation de renseignement ou l’obligation de sécurité sont nées à la lumière des préoccupations consuméristes. Ces nombreuses obligations résultent soit de législations spéciales. Il existe de nombreuses autres clauses Incoterms qui aménagent le transfert des risques. les risques reposaient sur l’acheteur. elle s’explique par l’adage res perit debitori. quand la chose n’est pas 32 . lie le transfert des risques au moment de la délivrance sauf si la perte est due à un fait du vendeur. sont assorties d’une clause anticipant le transfert des risques au jour de la livraison.

la vente connaît un florilège d’obligations laissées à la charge du vendeur. professionnel ou profane. le plus souvent ignorant de ces informations. d’autre part. de conseil. Enfin. le vendeur est tenu de renseigner l’acheteur dans la mesure où la compétence de celui-ci ne lui donne pas les moyens d’apprécier la portée exacte des caractéristiques techniques de la chose.Les caractères des obligations de renseignement L’obligation de renseignement pèse de façon différente selon la qualité des parties. En effet. A . 33 . ou bien il doit encore laisser à l’acheteur le soin de procéder à des essais lorsque la vente est conclue à l’essai. Si on étudie successivement ces obligations dans leur ordre d’apparition. qui font appel à la bonne foi dans l’exécution du contrat et à l’équité et aux suites naturels du contrat. le champ d’efficacité du contrat s’est élargi par le développement direct des actions directes dans la vente. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus immédiatement livrée. sur une jurisprudence volontariste des articles 1134 al 3 et 1135 du Code civil. Le vendeur est un professionnel : Si l’acheteur est un profane alors toute la lourdeur de l’obligation. • Lors de la vente d’une supérette. d’une part. sur le mouvement consumériste qui a envahi le droit des contrats. C’est pourquoi. on examinera : • Les obligations de renseignement (§1) • L’obligation de délivrance (§2) • L’obligation de garantie (§3) • L’obligation de sécurité (§4) §1 : Les obligations de renseignement Il y a une différence de connaissance entre le vendeur. 1. Au surplus. et l’acheteur. il existe un devoir de parler à la charge du vendeur. Cependant cette obligation n’est pas absolue en ce que l’acquéreur devra avertir le vendeur d’un usage exceptionnel de la chose. Si l’acheteur est également un professionnel. mais également au renforcement de l’obligation de garantie. l’obligation de renseignement résulte du constat de défaut de connaissances essentielles entre les deux parties. non seulement à un développement des obligations de renseignement. de renseignement) reposent. Ainsi. pèse sur le vendeur professionnel. et. le vendeur n’a pas à informer l’acheteur du projet d’implantation d’un supermarché. le vendeur a une obligation de conservation. qui devrait connaître l’ensemble des informations tenant à la chose. On a assisté. • Ainsi en serait-il également d’un produit nouveau ou technique ou dangereux. les obligations du vendeur avec le consumérisme sont devenues de plus en plus sophistiquées. vendeur ou acheteur. telle qu’on la définira plus loin. Les obligations de renseignement (obligation de mise en garde.

une obligation dite de résultat atténué. Quelle est la teneur de l’obligation d'information ? • L’obligation d’information est renforcée dans certaines matières. L’obligation unilatérale du vendeur : Le premier niveau de l’obligation de renseigner. il n’en demeure pas moins que la Cour de Cassation. • Le sous-acquéreur bénéficie t-il d’une action directe contre le vendeur initial pour manquement à son devoir d’information ? La Cour de Cassation a répondu par l’affirmative à plusieurs reprises.L’objet de l’obligation de renseignement L’obligation de renseignement peut être unilatérale ou bilatérale (on parle alors d’obligation de collaboration). l’obligation d’information porte sur les caractéristiques techniques de l’immeuble vendu (surface. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus 2. Cette obligation consiste à apporter à l’acheteur toutes les informations qui l’aideront à donner un consentement éclairé. On s’oriente alors vers une obligation dont l’objet passe de la simple information au conseil. • Celui qui est légalement tenu d’une obligation particulière d’information doit rapporter la preuve de l’exécution de cette obligation. Si l’acheteur est un professionnel. bulletin civ. en matière médicale. En matière immobilière. c’est l’obligation de mise en garde. mais il devra également le mettre en garde contre les dangers afférents à son utilisation. c’est l’obligation d’information. cette systématisation tend à disparaître aujourd’hui en droit positif au profit d’un régime particulier pour chaque type d’obligation. 1 n°64. a vu récemment dans cette obligation d’information. 34 . B . Cette dernière se trouve essentiellement dans le cadre des ventes de choses dangereuses. Le vendeur devra non seulement informer l’acheteur de la dangerosité de la chose. 1. ou bien qui lui permettront d’utiliser correctement le bien acquis. la solution reste identique. de procédures judiciaires intentées par des voisins). C’est le cas des choses dangereuses ou techniques. matériaux utilisés) et sur son environnement juridique (existence de servitudes. Toutefois on peut attendre de l’acheteur qu’il se renseigne. Il doit fournir à l’acheteur tout renseignement nécessaire afin d’éviter de subir l’annulation pour dol. Le vendeur est un profane : Si l’acheteur est un profane comme le vendeur. • Il est délicat à ce jour de qualifier l’obligation de renseignement d’obligation de moyen ou de résultat. • C’est ainsi que si beaucoup voient dans l’obligation d’information une obligation de moyen. il existe une obligation plus dense. A côté de l’obligation d’information. le vendeur n’est pas épargné par le fait qu’il soit profane. Cette solution résulte d’un arrêt de la Première Chambre Civile du 25 février 1997. En effet.

on s’est interrogé sur l’existence éventuelle d’une obligation unilatérale d’information à la charge de l’acheteur. La question demeure donc ouverte car la jurisprudence sur le dol est ici loin d’être unanime entre les différentes chambres de la Cour de Cassation. une mise en garde contre l’opportunité d’acquisition d’une telle machine ou sur son utilisation. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Il est des cas où le vendeur. Le vendeur ne doit pas alors se contenter d’informer l’acheteur. devra délivrer une obligation de conseil. A l’opposé. Son régime est précisé aux articles 1604 à 1624 du Code civil ainsi qu’aux articles L111-1 et 111-2 du Code de la consommation. à titre d’exemple. L’obligation de collaboration : Pour illustrer cette évolution qui est reprise à ce jour au niveau européen. Dans une décision récente. L’article 1604 du Code civil expose qu’il s’agit du transport de la chose en la puissance et la 35 . dans une affaire dite des Grands Moulins de Paris. la question était posée à la Cour de Cassation de savoir s’il existait une obligation de renseignement à la charge de l’acheteur qui connaissait la valeur réelle des photographies achetées et qui avait caché cette valeur à l’acheteur. Cour de Cassation civ 1ère. il doit en outre l’informer sur la pertinence de l’information qu’il donne. La Cour de Cassation a retenu qu’il n’y avait aucune obligation d’informer pesant sur l’acheteur. au-delà de l’obligation d’information. Ainsi. dite l’affaire des photographies de Baldus. Elle a ainsi cassé l’arrêt de la Cour d’appel qui avait retenu un dol de l’acheteur. il y a des hypothèses dans lesquelles il y a une véritable obligation de collaboration entre le vendeur et l’acheteur. le dol a été retenu à l’encontre d’un cessionnaire d’actions qui avait dissimulé leur véritable valeur au cédant. alors qu’il s’agissait d’un bateau destiné à la pêche. A côté de ces obligations unilatérales à la charge du vendeur. A côté de ces obligations à la charge du vendeur. Il faut une information sur les caractéristiques de la chose. S’agissant de l’opportunité d’acquérir telle chose plutôt que telle autre ou bien encore sur la meilleure utilisation possible de la chose. c’est une petite société où chacun doit travailler dans un but commun. Cette obligation se trouve particulièrement dans la vente d’ordinateurs ou de logiciels. il nous faut manifestement expliquer ce qu’est l’obligation de délivrance. Après avoir exposé le contenu de l’obligation de renseignement. bull civ 1 n°131. la Cour de Cassation a retenu qu’il existait une obligation de collaboration entre l’acheteur et le vendeur à propos d’un contrat de vente d’un bateau avec installation d‘un moteur prévu pour la navigation de plaisance. on peut reprendre la formule ancienne de Demogue selon laquelle les contrats forment une sorte de microcosme. §2 : L’obligation de délivrance Avec la garantie. l’obligation de délivrance est une des obligations principales du vendeur. Une obligation de conseil sur le choix du matériel adapté aux besoins de l’acheteur. Il existe bel et bien une obligation de collaboration qui est aujourd’hui reprise par la jurisprudence. 2. ce qui suppose une obligation de se renseigner sur ses besoins pour mieux le conseiller. C’est en réalité le déficit de connaissances qui va permettre de mesurer l’intensité de l’obligation. 3 mai 2000.

La délivrance de la chose Il faut délivrer non seulement la chose elle-même mais également les accessoires de la chose. puis les modalités de cette obligation (B). affectés à l’immeuble vendu. en matière de véhicules. Une clause peut naturellement aménager l’obligation de délivrance. les fruits. Les frais de délivrance et d’enlèvement de la chose sont à la charge de l’acheteur selon l’article 1608 du Code civil : la chose est quérable. En l’absence de clause sur ce point. la délivrance s’entend de la chose mais également de ses accessoires et de tout ce qui a été destiné à son usage perpétuel. article 1614 du Code civil. la délivrance consiste à laisser la chose vendue à la disposition de l’acheteur dans l’état où elle se trouve au moment de la vente. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus possession de l’acheteur. l’article 1605 du Code civil dispose que la délivrance est exécutée par la remise des clés ou des titres de propriété. Seront également transmis avec la chose. de donner à l’acheteur la maîtrise véritable de la chose convenue. pour les autres produits. la maîtrise matérielle de la chose. L’obligation de délivrance permet. et enfin la sanction en cas de manquement à l'obligation de délivrance (C). La délivrance de la chose elle-même. d’assurer le transfert de la possession de la chose. La délivrance est également celle des accessoires de la chose. Certaines ventes de meubles incorporels indiquent aussi que la délivrance a lieu par la remise des titres ou par l’usage de ces meubles. clauses de non-concurrence. En matière immobilière. il s’agira des immeubles par destination. 1. Ainsi. et mieux. elle.L’objet de l’obligation de délivrance Il faut délivrer la chose vendue. La délivrance de la chose se distingue de la livraison en ce qu’il s’agit simplement de mettre la chose à la disposition de l’acheteur ou du transporteur. dans les ventes mobilières. il faudra remettre éventuellement un mode d’emploi ou encore des documents nécessaires afin de débloquer la chose en douane. A . On envisagera d’abord l’obligation de délivrance (A). les contrats qui accompagnent la chose : contrats de bail. la chose convenue c’est-à-dire il faut délivrer une chose conforme à celle qui a été vendue. il faudra remettre la carte grise dudit véhicule. en tant qu’accessoires. Selon l’article 1605 du Code civil. Ainsi. les droits réels accessoires. Le transfert de propriété porte sur la maîtrise juridique de la chose alors que la délivrance porte elle sur la possession. contrats de travail. En matière immobilière. Certains droits personnels 36 . L’obligation de délivrance est différente de l’obligation de transférer la propriété. L’obligation de donner assure à l’acheteur le transfert de propriété. Il s’agit une fois que le transfert de propriété a eu lieu. il s’agira d’emballage ou de conditionnement ou encore de documents administratifs nécessaires pour utiliser la chose.

2. Il s’agit ici de comparer entre les caractéristiques de la chose livrée et celles de la chose qui faisait l’objet de la convention. • Les parents du Vilain Petit Canard attendaient un petit canard. il faut que cette chose soit conforme. b) Non-conformité et vices cachés La garantie des vices cachés de la chose vendue est due par le vendeur lorsque la chose présente un vice qui rend la chose impropre à l’usage auquel l’acheteur la destinait. Il se peut que le vendeur ait remis à l’acheteur une chose différente de celle prévue au contrat. • Il peut enfin s’agir d’une différence tenant à la qualité de la chose vendue. Cette différence peut résulter d’un défaut d’identité. en ce sens article 1610 du Code civil. L’obligation de délivrance doit donc porter sur la chose qui a été achetée et non sur une autre chose. La chose 37 . on reprendra ici l’exemple donné dans son manuel par le professeur Daniel Minguy (cours de contrats spéciaux Dalloz) qui correspond au Vilain Petit Canard. Le bail commercial qui va avec le fonds de commerce. • La différence entre la chose vendue et la chose délivrée peut tenir également à la quantité. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus sont aussi transmis avec la chose vendue. la non-conformité apparaît simple à définir (1). La délivrance de la chose ne suffit pas. La conformité de la chose Si dans les principes. cela pourra être le cas du kilométrage de ce véhicule. Il s’agira alors d’une résolution pour inexécution. si on prend l'exemple d’un véhicule. sa distinction avec la notion de vice caché peut s’avérer délicate (2). Pour exposer la différence entre défaut de conformité et vices cachés. ou enfin de qualité. Or en réalité il s’agissait d’un cygne. A défaut de délivrance conforme. En ce sens. dont les caractéristiques avaient été précisées dans le contrat. ou bien il encourra l’exécution forcée de l’obligation. Ici encore. il obtiendra ainsi l’allocation de dommages et intérêts. a) La non-conformité L’obligation de délivrance porte sur la chose qui a fait l’objet du contrat. La délivrance devait s’effectuer sur ce modèle et pas un autre. • Le défaut d’identité de la chose résulte par exemple de ce que la vente portait sur un modèle particulier. Cela peut se produire lorsque la vente a été réalisée sur échantillon ou encore lorsqu’il s’agit d’évaluer la surface d’un immeuble. ce qu’ils ne savaient pas encore au moment où ils reçoivent le petit canard. Toute substitution constituerait alors une inexécution de l’obligation d’exécuter la chose. de quantité. Il y a eu en effet sur ce dernier point une évolution de la jurisprudence de la Cour de Cassation (3). le vendeur engagera sa responsabilité sur le fondement de l’article 1147 du Code civil. Les baux qui servent l’immeuble ou encore les contrats nécessaires à l’acquisition d’une entreprise cédée lors d’une procédure judiciaire. la vente d’un véhicule de couleur rouge doit être exécutée par la délivrance d’un véhicule de cette couleur et non par celle d’un véhicule d’une couleur voisine. ou enfin verra le risque de voir le contrat résolu aux termes de l’article 1184 du Code civil.

• Revenons à l’exemple du petit canard : si les parents du Vilain Petit Canard avaient reçu un petit caneton donc apparemment parfait mais qui nageait mal. alors qu’elle correspond pleinement au contrat. ledit caneton. né en bonne santé. c’est à dire impropre à l’usage auquel l’acheteur la destinait. conservant une conception dualiste des deux notions. c’est la conception dite moniste. Si par contre. le défaut de conformité est apprécié par rapport aux stipulations du contrat alors que les vices 38 . • Ainsi. Si par contre la chose livrée est de moins bonne qualité. la 1ère Chambre civile et la Chambre commerciale de la Cour de Cassation se sont finalement ralliées à cette conception dualiste. la délivrance d’une chose non conforme correspond à la délivrance d’une chose qui ne remplit pas les caractéristiques attendues de la chose. En ce sens. • En d’autres termes. Cette conception correspond à ce qu’on appelle la conception dualiste ou matérielle de l’obligation de délivrance et du vice caché. en raison du régime plus favorable à l’acheteur dans le cadre de l’obligation de délivrance d’une chose conforme. Une autre différence permet de distinguer non conformité et vice caché. le vendeur a remis une chose différente de la chose achetée. on peut estimer qu’en délivrant une chose inapte à satisfaire l’attente de l’acheteur. • L’intérêt pratique de la distinction entre les deux mécanismes : non-conformité et vice caché est fondamentale. La non-conformité absorbe alors le vice caché. alors on peut estimer que ce petit canard aurait été affecté d’un vice caché. A compter de 1993. La 3ème chambre civile de la cour de cassation a cependant résisté. apparaissait malade plus tard pour une cause antérieure. en principe. n’apparaîtra qu’à l’usage. Ainsi. On peut noter également que l’obligation de garantie des vices cachés ne pourra pas être remise en cause dans le cas d’une clause limitative de responsabilité. Il s’agit tout d’abord du délai pour agir : l’acheteur pourra exercer l’action en réparation de l’inexécution de l’obligation de délivrance conforme pendant 30 ans et pendant 10 ans en matière commerciale. La 1ère Chambre civile et la Chambre commerciale de la Cour de Cassation ont adopté cette conception moniste. au moment de la délivrance alors que le vice caché. on peut soutenir que l’acheteur s’attendait à ce qu’on lui délivre une chose qui fonctionne. Il y a donc un défaut de conformité. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus remise est donc différente de celle qu’attendaient les parents du Vilain Petit Canard. il y aurait eu délivrance d’une marchandise conforme. Ainsi. la délivrance non conforme devient la délivrance d’une chose non conforme à sa destination. ce qui ne lui permettrait plus par exemple de nager comme le font normalement les petits canards. si la chose est une autre chose que celle qui faisait l’objet du contrat. elles ont considéré que les vices de conception ou les vices de fabrication pouvaient relever du régime du défaut de conformité. La non-conformité s’apprécie et apparaît donc. • Si cette chose ne fonctionne pas par la suite. lui. c’est à l’usage qu’on se serait aperçu que le petit caneton nageait mal et donc il s'agirait d'un vice caché. l’acheteur devra agir dans un bref délai. a proposé une construction visant à faire absorber le vice caché par la non-conformité. Si les parents du VPC avaient eu un caneton. Une partie de la doctrine. comparé à sa destination normale. il y aura vice caché. • Dans cette construction. il y a défaut de conformité. Pour agir sur le fondement du vice caché.

il s’agira d’un vice caché. la chose est quérable. L’article 1609 du Code civil précise que la délivrance doit se faire au lieu où était. qu’un délai raisonnable est laissé au vendeur. • Dans l’hypothèse de stipulations peu claires. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus cachés sont appréciés. En ce sens article 12 du NCPC. au temps de la vente. 39 . il s’agit d’une délivrance non conforme. C’est le cas par exemple des fameuses tuiles Gélives vendues pour ne pas geler. Les stipulations contractuelles implicites ou explicites permettront de mettre en lumière cette différence. Il peut s’agir de la remise de documents représentant les marchandises. il faut être conscient que la directive du 25 mai 1999 sur les biens de consommation organise un régime qui fusionne conformité et garantie des vices cachés. En effet. B . la non conformité sera avérée puisque. le contrat précise que le bateau vendu ira à une vitesse de 20 nœuds alors qu’il n’atteint pas les 15 nœuds. • Ensuite. on sera en présence d’une délivrance non conforme. il existe toujours des cas ambigus où il est bien délicat de savoir si le défaut constaté correspond à un défaut de non conformité ou à un vice caché. Si les parties ont prévu dans leur contrat une stipulation spécifiant la date de délivrance. par rapport à l’usage attendu de la chose vendue. De même. il est prévu. tout pacte obscur s’interprète contre le vendeur. c’est le cas en matière maritime avec la remise du connaissement. la transposition prochaine de cette directive devrait modifier le droit positif sur ce point. Cette règle de l’article 1609 du Code civil est une règle supplétive. toujours de façon supplétive. De même si la chose n’est pas immédiatement disponible. qualité. une stipulation du contrat précise que c’est le vendeur qui est tenu de livrer la chose. l’article L 114-1 du Code de la consommation impose au vendeur d’indiquer la date limite à laquelle il entend délivrer alors que la délivrance n’est pas immédiate. l’acheteur peut demander la résolution du contrat ou l’exécution forcée de la vente. par opposition à portable. Pour le cas particulier des ventes aux consommateurs. • Si par contre. l’article 1610 du Code civil fait de ce délai un délai de rigueur. • Si par exemple.Les modalités de l’obligation de délivrance En principe. Ainsi. si le défaut résulte d’une différence entre la chose livrée (identité. au-delà de ce délai. On admet cependant en jurisprudence. la chose qui en a fait l’objet. Aussi. quantité) et la chose vendue. Parfois. L’acheteur n’a donc plus le choix entre les actions à intenter et le juge doit rechercher la nature exacte du défaut pour éventuellement requalifier l’action qui lui est présentée. que le moment de la délivrance se situe au moment de la vente. Il n’en ira autrement que si le délai a été précisé comme étant simplement indicatif. il est prévu que la délivrance aura lieu par remise de la chose. pour exécuter son obligation de délivrance. selon l’article 1602 du Code civil. On terminera sur cette distinction par deux remarques : • Nonobstant l’adoption de l’analyse dualiste. Dans certaines hypothèses. Quérable signifie que c’est à l’acheteur de venir chercher la chose. le défaut résulte d’une différence entre l’usage attendu et l’usage réel pour la destination normale de la chose. la délivrance devra s'effectuer dans un délai raisonnable après achèvement de la chose. eux.

Les différentes sanctions Il peut y avoir inexécution partielle ou provisoire de l’obligation de délivrance : retard dans la délivrance ou délivrance non conforme appelant soit la résolution judiciaire. soit l’exécution forcée de l’obligation de délivrance. Des clauses peuvent toutefois aménager la responsabilité du vendeur. Dans l’hypothèse où il existe une clause résolutoire du contrat.Sanction de la délivrance Le manquement à l’obligation de délivrance est sanctionné. le vendeur dispose alors d’un droit de rétention opposable à tous. La faculté de remplacement est expressément envisagée par l’article 75 de la Convention de Vienne sur la Vente Internationale de Marchandises. L’exécution forcée de l’obligation de délivrance répond aux règles traditionnelles du droit des obligations. passé un délai de 7 jours après cette date. Le vendeur peut invoquer un certain nombre d’exception pour justifier le retard de la livraison : tout d’abord un événement présentant les caractéristiques de la force majeure et qui l’a empêché de livrer. L’acheteur insatisfait de l’exécution de l’obligation de délivrance peut refuser de prendre livraison. Enfin le vendeur peut ne pas livrer même s’il a consenti un délai de paiement lorsque l’acheteur subit une procédure collective. Elle est expressément prévue dans l'article 86 de la Convention de Vienne sur la Vente Internationale de Marchandises. Cette faculté soulève des difficultés si l’acheteur paie un prix plus élevé à ce tiers. il pourra allouer des dommages et intérêts. si l’acheteur n’a pas payé. dans la mesure où la délivrance reste possible (c’est ce que l’on appelle l’envoi en possession). Si la délivrance n’était plus possible. le consommateur pourra dénoncer le contrat. Cette solution résulte de l’article 1613 du Code civil et curieusement elle est démentie par l’article L 621-28 du Code de commerce qui impose la continuité des contrats en cours en cas de procédure collective. En l’absence d’une clause résolutoire. L’article L 114-1 du Code de la consommation prévoit que dans l’hypothèse où le vendeur ne tient pas son délai de livraison. en ce sens articles 1610 et 1611 du Code civil. Ensuite. c’est ce que l’on appelle la faculté de remplacement. le juge appréciera si la faute est suffisamment grave pour engendrer une résolution du contrat. L’envoi en possession pourra se doubler d’une action en revendication si l’acheteur est déjà propriétaire. au besoin sous astreinte. il y aurait attribution de dommages et intérêts. Il peut y avoir également une inexécution totale de l’obligation de délivrance appelant la résolution judiciaire assortie de dommages et intérêts. L’acheteur peut également solliciter la résolution judiciaire du contrat. Il faut remarquer que le sous-acquéreur d’un bien peut également intenter une action directe contre le vendeur initial du bien pour manquement à son obligation de délivrance. L’article 1610 du Code civil dispose ainsi que l’acheteur peut demander au juge l’exécution forcée de l’obligation de délivrance. le juge ne pourra que constater la résolution du contrat sans pouvoir exercer aucune appréciation. 1. il est admis que le débiteur peut réclamer l’exécution de l’obligation par un tiers. A défaut. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus C . 40 . En matière commerciale. Cette faculté de rejet est appelée faculté de laisser pour compte.

aussi une clause qui tendrait à écarter cette garantie d’éviction serait totalement inefficace. faute 41 . comme une exécution correcte. Pour les ventes aux consommateurs. 1. on ne saurait admettre une remise en cause des obligations essentielles du contrat de vente. malgré tout. si une clause exonératoire s’avérait licite après avoir passé l'ensemble les filtres décrits précédemment. l’acheteur du fonds est garanti de ce que le vendeur ne viendra pas lui reprendre en quelque sorte une partie d’un des éléments du fonds de commerce qu’il a acquis. Les clauses de non-concurrence que l’on trouve dans les cessions de fonds de commerce procèdent de cette garantie. il s’agit d’une part de la garantie d’éviction (A) et d’autre part de la garantie des vices cachés (B) A . En effet. la 2ème est constituée par les défauts cachés de la vente. par cette clause. Les clauses réduisant l’objet de l’obligation de délivrance sont admises si elles affectent le délai de livraison ou admettent qu’une part de non-conformité sera considérée. elle serait applicable à la seule garantie contractuelle et pas à la garantie des vices cachés. et qui seraient de nature à entraver la possession paisible de la chose par l’acheteur. mais également contre le fait d’un tiers (2). L’obligation de garantie d’éviction traduit une obligation de ne pas faire : ne pas compromettre l’action de l’acheteur.La garantie d’éviction : Le vendeur doit protéger l’acheteur contre les troubles. C’est une garantie non seulement contre le fait personnel du vendeur (1). à savoir la clientèle. L’article 1625 du Code civil précise qu’elle porte sur deux points : le 1er est la possession paisible de la chose vendue. La garantie. Les clauses limitatives de responsabilité seront admises dans la mesure où elles n’aboutiront pas à exonérer le vendeur d’accomplir son obligation de délivrance. Au-delà de cela. qui pourraient provenir du vendeur ou de tiers. après avoir vendu. procéder à toutes sortes d’atteintes à la propriété de l’acheteur. En d’autres termes. l’article L 132-1 du Code de la consommation dispose que les conventions exonérant le vendeur de sa responsabilité ne sont pas valables qu’elles soient partiellement ou totalement exonératoires de responsabilité. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus 2. article 1628 du Code civil. §3 : L’obligation de garantie L’obligation de garantie est l’autre obligation principale du vendeur selon l’article 1603 du Code civil. Il peut s’agir de clause pénale ou encore de clause d’astreinte visant à sanctionner les retards de livraison. ne pas lui nuire. Les clauses spécifiques à la responsabilité du vendeur La responsabilité du vendeur pour inexécution de son obligation de délivrance peut faire l’objet d’un aménagement contractuel. La garantie d’éviction du fait personnel du vendeur Il serait trop facile que le vendeur puisse. quels qu’ils soient. La règle de l’article 1626 du Code civil est d’ordre public. Enfin.

Les troubles de droit constituent des prétentions à un droit sur la chose vendue par le vendeur. selon article 1629 du Code civil. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus de pouvoir être écartée. mais il ne devra pas les autres charges. pourra cependant être étendue. Cela est totalement interdit par la garantie d’éviction. sont également prohibés les troubles de fait. • L’éviction totale par le tiers. il ne peut s’en prendre au vendeur mais qu’à lui même. Ainsi. Cependant la clause de non garantie ne présentera qu’un effet limité. Le vendeur prétend être propriétaire de la chose. C’est le cas par exemple du cédant d’un fonds de commerce. Cependant la garantie du vendeur ne concernera alors que les troubles de droit du fait d’un tiers et non les troubles de fait. malgré cette clause. Cependant. A côté des troubles de droit. ou bénéficier d’un droit réel accessoire (usufruit. L’acheteur doit être de bonne foi. il ne devait pas connaître le risque d’éviction lorsqu’il a acquis le bien. La garantie d’éviction concerne non seulement la garantie d’éviction du fait personnel du vendeur mais également la garantie du fait d’un tiers. L’éviction peut également résulter d’un droit réel qu'un tiers invoquerait et qui conduirait à l’éviction de l’acheteur. qui cherche à détourner la clientèle qu’il a cédée avec le fonds. Si l’acheteur a consenti un droit qui diminue sa propriété. 2. L’acheteur bénéficie toutefois d’une présomption d’ignorance sauf si le droit du tiers ou le risque d’éviction était manifestement apparent. la garantie d’éviction du fait d’un tiers n’est pas d’ordre public. le vendeur ne saurait garantir l’acheteur contre un vol ou un trouble de voisinage.) ou encore un droit personnel (bail) sur la chose vendue. Toutefois. non seulement les troubles de droit mais également les troubles de fait. faits d’un tiers. restituer le prix de la chose. l’aléa chasse la garantie. servitude. Tous les troubles émanant du vendeur sont interdits. • Il peut y avoir également éviction partielle par le tiers parce que ce tiers dispose d’une partie du bien vendu à laquelle l’article 1626 du Code civil assimile les charges non déclarées. cette clause ne saurait être valable dans la mesure où il est démontré que le vendeur connaissait les risques d’éviction. fruits et dommages et intérêts. Il s’agira par exemple d’un droit réel ou personnel au profit d’un tiers. En effet. le vendeur devra. La garantie du fait d’un tiers a) Conditions de la garantie L’acheteur peut être troublé dans sa jouissance par un tiers. Les troubles de fait correspondent à n’importe quel trouble qui porterait atteinte à la jouissance de la chose. qui aurait pour effet de réduire l’usage de l’acheteur et qui n’aurait pas été déclaré par le vendeur. En effet. si un jugement reconnaît à ce tiers la qualité de propriétaire doit également être garantie par le vendeur. Le trouble subi par l’acheteur du fait d’un tiers ne fera l’objet de la garantie que s’il est antérieur à la vente ou s’il trouve sa source antérieurement à la vente. Le vendeur devra alors sa garantie. Le vendeur peut seulement exercer une action en nullité ou en résolution de la vente. par exemple une cession de brevet ou de marque s’avérant nulle. b) Effets de la garantie 42 .

soit une diminution du prix. tend à confondre au sein de l’obligation de sécurité. les frais et coûts qu’il pourrait supporter. B .La garantie des vices cachés L’article 1641 du Code civil dispose que : "le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine ou qui diminueraient tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise ou n’en aurait donné qu’un moindre prix s’il les avait connus". des immeubles. En effet. Si l’action en garantie est un succès. Cette notion tend cependant vers une diminution de son champ d’application matérielle. à l’exception des immeubles à construire. 43 . le vendeur doit restitution du prix de vente qu’il a perçu de l’acheteur et ce même si le vendeur avait exclu sa garantie. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus La garantie peut être principale ou incidente. De même. article 284 du Code Rural. l’acheteur peut demander soit la résolution du prix de la vente s’il démontre qu’il n’aurait pas acheté la chose s’il avait connu l’éviction. Si le bien a perdu de la valeur. • La garantie peut également être incidente lorsque l’acheteur appelle le vendeur en garantie au cours du litige qui l’oppose au tiers Le vendeur sera tenu à garantie si le tiers voit son action triompher. cette solution s’avère particulièrement avantageuse pour l’acquéreur. • Elle est principale quand l’acheteur exerce contre le vendeur une action en garantie après avoir subi une éviction par le tiers ou lorsqu’il est sous la menace d’une telle éviction. mais également entre les vices cachés et l’erreur sur la substance voire avec le dol. • En cas d’éviction partielle. La garantie des vices cachés est également exclue pour les ventes d’animaux s’agissant des maladies contagieuses. Il y a un risque de confusion non seulement entre la conformité et le vice caché. en ce sens article 1649 du Code civil. des actions. alors un mécanisme spécial à la vente. • La garantie joue pour toutes les autres ventes portant sur des meubles : corporels. ou encore d’autres dommages qu’il pourrait faire valoir. L’acquéreur bénéficie également de dommages et intérêts qui portent sur le dommage subi par l’acheteur évincé parce qu’il peut devoir restituer les fruits au tiers. la directive du 30 mai 1999 menace elle aussi le régime traditionnel des vices cachés. la loi du 19 mai 1999 qui a transposé la directive sur la responsabilité du fait des produits défectueux. toutes les garanties qui existaient jusqu’alors dans le droit de la vente. mais également la valeur de la plus value prise par la chose entre le jour de la vente et le jour de l’éviction. doit être appliqué. • En cas d’éviction totale. Il risque toutefois de se faire reprocher de ne pas avoir invoqué les moyens de défense pour s’opposer à l’éviction. • La garantie des vices cachés est exclue des ventes faites par autorité de justice en raison de l’aléa qui affecte ces ventes. précisé aux articles 1630 à 1640 du Code civil. La garantie des vices cachés constitue le complément de l’obligation de délivrance. incorporels voire même d’occasion.

qu’il s’agisse ou non d’un défaut. Le délai peut être allongé dans l’hypothèse de la recherche d’un règlement amiable. il nous faut un vice. Les défauts de la chose résultant de son usure ne sont naturellement pas garantis. En général. une altération. Pour que la garantie des vices cachés puisse être utilement invoquée. 1. sa mise en œuvre. son 44 . cela résulte aussi du transfert des risques. Dans la conception moniste qui englobe vice caché et non conformité. Le vice doit être caché c’est-à-dire que l’acheteur doit ignorer l’existence du vice. il faut non seulement un vice mais surtout un vice qui soit caché. d’un vice caché. les juges du fonds retiennent un délai d’un an. il faut être en présence d’un vice. la jurisprudence considère que le vice était indécelable sauf s’il avait pu être révélé par une vérification élémentaire. Le bref délai est laissé à l’appréciation souveraine des juges du fonds. le vice était décelable ou non. une malfaçon qui empêche d’utiliser normalement la chose. après une petite vérification. ce qui signifie que la Cour de Cassation ne porte aucune appréciation sur la quantification du délai telle qu’elle a été retenue par les juges du fonds. Si l’acheteur est un professionnel. d’autre part. que l’on prouve le vice. Le point de départ du délai est donc le moment de la découverte du vice. La conception dualiste du défaut considère ce défaut comme une anomalie. retient depuis 1993 la conception dualiste. A défaut. puis enfin le domaine et le régime des actions directes. un défaut de conception. Mais la question se pose tout de même de savoir. C’est autant la nature du défaut que ses conséquences qui permettent de repérer le vice. si. L’article 1648 du Code civil dispose que l’action doit être intentée par l’acquéreur dans un bref délai suivant la nature des vices rédhibitoires et l’usage du lieu où la vente a été faite. Il n’est pas nécessaire que le défaut de la chose empêche d’utiliser cette chose. Pour invoquer la garantie des vices cachés. sinon il s’agirait de vices apparents. ou encore s’il démontre qu’il a été victime d’un dol de la part du vendeur. pour l’acheteur. Quand le transfert de propriété est retardé. Ce délai est parfois déterminé par la loi : un an pour les navires ou les ventes d’immeubles à construire. La jurisprudence. nous l’avons vu. Tout d’abord. 2. et. l’appréciation de l’antériorité se fait s’effectue ainsi au jour dudit transfert. l’acheteur peut cependant renverser cette présomption s’il démontre que le vice n’aurait pu être décelé nonobstant les moyens d’investigation que lui permettait sa connaissance. il a acquis une chose avec ses défauts. ses effets. La mise en œuvre de la garantie des vices cachés La mise en œuvre suppose d’une part qu’on agisse dans un bref délai. Les conditions de la garantie La garantie pourra être mise en œuvre si on est en présence d’un vice. on étudiera successivement les conditions de la garantie. c’est tout ce qui nuit à l’utilité de la chose. la jurisprudence présume qu’il connaissait le vice. d’un vice antérieur à la vente. L’acheteur assume tous les risques de la chose après la vente et non les vices antérieurs. quelques jours pour les animaux atteints de maladies contagieuses. le vice est alors apparent. La charge de la preuve du vice pèse sur l’acheteur : il doit démontrer l’existence du vice. un vice caché et enfin un vice antérieur à la vente. il suffit qu’il en diminue l’usage normal. Le vice est le défaut qui rend la chose impropre à l’usage auquel on la destine. Si l’acheteur est un non professionnel. Le vendeur assume les vices apparus après la vente mais qui étaient en germe avant la vente. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Pour mieux comprendre la spécificité du vice caché.

Effets de la garantie des vices cachés L’acheteur a le choix entre deux actions : l’action dite rédhibitoire et l’action dite estimatoire. outre la restitution du prix qu’il en a reçu. il ne sera tenu qu’à la restitution du prix et rembourser à l’acquéreur les frais occasionnés par les vente. il est tenu. Les actions directes Souvent. qui lui même la revend à un acheteur qui l’utilisera. ne subit pas cette présomption. Ces dommages et intérêts peuvent être très importants. L’option entre ces deux actions appartient à l’acheteur. L’acheteur conserve la chose mais il obtient une réduction de prix. Le sous-acquéreur qui subit le vice peut exercer l’action contre son vendeur et ce vendeur actionné peut effectuer un appel en garantie contre son propre vendeur. le vendeur peut soulever comme fin de non recevoir. • L’article 1645 du Code civil dispose. C’est pourquoi il est admis que le sous-acquéreur peut bénéficier d’une action contre le vendeur initial. la jurisprudence considère que le vendeur professionnel est présumé irréfragablement connaître les vices de la chose. la chose vendue a été fabriquée par un fabricant qui la vend à un acheteur. de tous les dommages et intérêts envers l’acheteur. lui. etc. Il s’agit ici d’un mécanisme spécial de responsabilité contractuelle accompagnant la garantie. comme connaissant les vices de la chose. en effet. l’acheteur peut demander davantage. Cette solution présente néanmoins de nombreux inconvénients. que si le vendeur connaissait le vice de la chose. Le vendeur non- professionnel. Un des vendeurs intermédiaires peut être insolvable ou difficilement repérable. en sorte que le sous-acquéreur pourrait ne pas bénéficier de la garantie promise. • L’article 1646 du Code civil précise que si le vendeur ignorait les vices de la chose. Il y a eu chaîne de contrats de vente. l’acheteur est donc définitivement protégé puisque le vendeur professionnel est considéré. Ce vendeur non professionnel ne devra alors que la restitution du prix et les frais de la vente. Chaque vendeur assume à l’égard de son acquéreur une garantie des vices cachés. Pour se défendre. l’article 1644 du Code civil dispose que : « l’acheteur a le choix de rendre la chose et de se faire restituer le prix ou garder la chose et se faire rendre une partie du prix ». • L’action estimatoire est une réfaction judiciaire de la vente. 3. En effet. 4. l’acheteur récupère son argent et le vendeur sa chose. un distributeur. • L’action rédhibitoire est une action en résolution judiciaire puisqu’elle a un effet rétroactif. Une présomption irréfragable édictant une règle de fond. Au delà de ces deux actions. en faveur de l’acheteur. l’expiration du bref délai. Il peut démontrer qu’il ne connaissait pas le vice. Il peut également invoquer le caractère apparent du vice. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus antériorité et le fait que le vendeur connaissait l’existence du vice. a) Le domaine des actions directes 45 . systématiquement. C’est pourquoi.

Cependant. En effet. le sous-acquéreur n’obtiendra du fabricant que la restitution du prix de la vente conclue entre le fabricant et le vendeur intermédiaire. De même. selon cet article. Les aménagements conventionnels de la garantie Pour le vendeur. éviction ou manquement à l’obligation de sécurité. nous avons vu que le vendeur 46 . Elle existe également dans d’autres chaînes de contrats que la vente. Or. la garantie des vices cachés est extrêmement lourde. il n'ait stipulé qu’il ne sera tenu à aucune garantie. dans ce cas. Il en résulte que l’action directe du sous-acquéreur est en réalité celle de son auteur. c) Le fondement des actions directes Comme on l’a indiqué. selon la jurisprudence. le sous- acquéreur peut se voir opposer une clause limitative de responsabilité contenue dans le contrat conclu entre le fabricant et le vendeur intermédiaire ou bien encore se voir opposer une clause compromissoire contenue dans ce contrat. Ainsi. s’il exerce une action rédhibitoire. b) Le régime de la garantie Selon la jurisprudence. la garantie en ce qui concerne l’option entre les actions offertes à l’acheteur (action rédhibitoire et action estimatoire) et le bref délai. Aussi. Cependant. justifiant que l’action directe soit transmise par des ventes qui se succèdent comme accessoire de la transmission de la chose 5. aussi ce dernier cherche à limiter cette garantie. Cette solution n’est pas propre aux vices cachés Elle existe aussi pour délivrance non conforme. d’après la jurisprudence. c’est la thèse de l’accessoire qui l’emporte généralement. On envisagera successivement ici les clauses limitatives de garantie (a) et les clauses extensives de garantie (b). La jurisprudence estime que l’action en garantie est transmise au sous-acquéreur comme un accessoire de la chose. irréfragablement présumé connaître les vices cachés. correspond à des règles d’ordre public qui ne peuvent être conventionnellement écartées. C’est ainsi que les vendeurs ont cherché à insérer des clauses limitatives de la responsabilité née de la garantie. il résulte de l’article 1643 du Code civil que le vendeur est tenu des vices cachés quand bien même il ne les aurait pas connus. à moins que. la clause ne peut affecter que les dommages et intérêts prévus par l’article 1645 du Code civil. a) Les clauses limitatives de responsabilité Le vendeur professionnel est. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Il est admis que l’acquéreur peut exercer une action directe contre l’un quelconque des vendeurs d’une chaîne de ventes successives (par exemple contre le fabricant). En ce sens les articles 1648 et 1644 du Code civil. il se peut qu’entre temps la valeur du bien ait été modifiée. Aussi. le vendeur. l’action directe est une action nécessairement contractuelle. défaut d’information. ne peut pas invoquer une clause limitative de responsabilité s’il connaissait les vices.

Ici. peut insérer une clause limitative de garantie. ce qui devrait donc en application de l’article 1643 exclure toute clause de garantie. Le vendeur occasionnel. à l’exception des biens vendus par autorité de justice (eau. article 3 de la directive. qui trouve sa limite dans la mauvaise foi du vendeur. électricité).La directive du 25 mai 1999 : La directive du 25 mai 1999 a pour objet d’harmoniser certains aspects de la vente et des garanties des biens de consommation. ou en cas d’impossibilité d’une réparation ou remplacement. cela correspond à la conformité au sens du droit français. La chose est présumée comme telle lorsqu’elle correspond aux spécifications contractuelles. Les biens visés sont tout objet mobilier corporel. consommateur ou professionnel profane. C . il y a souvent des aménagements de la garantie notamment quant à la durée. Cette dernière option n’est toutefois pas totalement libre puisque le consommateur ne peut demander la résolution que si le défaut de conformité est mineur. Les personnes concernées sont les vendeurs professionnels. Aussi l’acheteur pourra toujours choisir d’intenter une action rédhibitoire ou estimatoire sur le fondement du Code Civil plutôt que d‘invoquer ces clauses. la chose propre à l’usage habituel ou spécial recherché par le consommateur. La garantie est exposée à l’article 2 de la directive intitulé « Conformité du contrat » et met en place un régime de garantie auquel il ressemble davantage. C’est pourquoi le vendeur peut préférer des solutions alternatives. ces clauses n’affectent pas la garantie des vices cachés. on entend ceux qui agissent à des fins qui n’entrent pas dans le cadre de leur activité professionnelle ou commerciale). Dans ces clauses. On y trouve tout comme dans la Convention de Vienne sur la Vente Internationale de Marchandises. ce qui correspond ici à la garantie des vices cachés au sens de l’article 1641 du Code civil. Le bien est donc réputé conforme s’il correspond aux attentes du consommateur. • A défaut de conformité. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus professionnel connaît toujours les vices. une fusion entre non-conformité et vice caché. article 2-2 A de la directive. Est présumée également comme une chose conforme au contrat. Il peut également demander. Il peut demander la réparation ou le remplacement du bien sauf si cela est impossible ou disproportionné. C’est le cas des clauses de service après vente ou de garanties contractuelles. article 2-2 B et C. • Le vendeur doit livrer une chose conforme au contrat. la jurisprudence admet la validité des clauses de non garantie entre un acheteur professionnel et un vendeur de même spécialité. Si par contre l’acheteur est occasionnel. la présomption joue à nouveau. Toutefois. 47 . gaz. le consommateur disposera de deux types d’action. les producteurs et les consommateurs (par consommateurs. exercer à son choix une action en résolution de la vente ou une action en réduction de prix. b) Les clauses extensives de garantie La garantie des vices cachés est très processuelle. Quel que soit leur contenu. Mauvaise foi qui se caractériserait par sa connaissance du vice ou encore si ce dernier commettait une faute. s’il le souhaite. ne subissant pas ces présomptions.

les intérêts du prix qui peuvent être stipulés dans le contrat. Nous sommes toujours dans l’attente de la transposition de ce texte en droit français et dans la mesure où cette transposition pourra mettre en place un régime qui se substitue entièrement au droit actuel ou qui sera concurrent du droit actuel. Dalloz 1989. susceptible d’exonération par la démonstration d’une cause étrangère. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • L’action doit également être accomplie dans des délais strictement encadrés définis à l’article 5. on a affirmé l’autonomie de l’obligation de sécurité par rapport à la garantie des vices cachés. Dans un arrêt de 1989. selon les règles de la responsabilité délictuelle. Cette jurisprudence a été confirmée depuis. • L’acheteur doit également payer à côté du prix convenu. de 2 mois à compter de la constatation de la non-conformité. § 4 : L’obligation de sécurité La jurisprudence a identifié une obligation de sécurité à la charge du vendeur. facultatif pour les États Membres. celle de payer (§1) et celle de retirer la marchandise (§2). Cette solution résulte de l’arrêt de la 1ère chambre civile du 20 mars 1989. A défaut. ce régime ne mérite pas une étude dans le cadre de ce cours dans la mesure où à l’heure actuelle. ayant pour fondement les articles 1134 al 3 et 1135 du Code civil. il existe un délai de dénonciation. La jurisprudence admet que le vendeur est responsable à l’égard du contractant et des tiers. il est optionnel et il semble que les parties au procès lui préfèrent le droit civil d’origine interne plus protecteur. §1 : L’obligation de payer L’obligation de payer porte sur le prix convenu. Le juge ne pourrait réviser le principal du prix proposé par le contrat. au moment de la transposition de ce texte. la 1ère chambre civile a ainsi précisé que le vendeur professionnel est tenu de livrer des produits exempts de tout vice ou de tout défaut de fabrication de nature à créer un danger pour les personnes ou pour les biens. le vendeur est libéré de sa garantie. Si aucun défaut ne s’est manifesté durant ce délai. on ne peut aujourd’hui affirmer quel sera. Le contrat peut également mettre toute une série d’obligations à la charge de l’acheteur. Ensuite. l’état du droit positif français. délai de forclusion. La jurisprudence a fait de cette obligation une obligation de résultat. L’article 1652 du Code civil dispose que l’acheteur doit payer des intérêts lorsque la chose vendue et livrée produit 48 . mais alors dans cette dernière hypothèse. sauf réfaction judiciaire. Si le défaut se manifeste. La responsabilité du vendeur est engagée lorsque le défaut de conformité apparaît dans un délai de deux ans à compter de la délivrance du bien. Section 2 : Les obligations de l’acheteur L’acheteur assume deux obligations principales. et au surcroît. le prix peut toutefois être aménagé par une clause. Le plus souvent fixe. le taux d’intérêt légal s’appliquera. • Cette obligation de sécurité est issue d’une jurisprudence prétorienne. • Si la loi du 19 mai 1998 a rajouté les articles 1386-1 et suivants au Code Civil afin de créer un régime nouveau de responsabilité du fait des produits défectueux conforme à la directive de 1985. l’action est alors soumise au délai de prescription de droit commun. il existe un second délai. Tout d’abord. page 381.

mais surtout pour adresser des oppositions pour se faire payer leurs créances. Il peut toutefois en aller différemment : le prix peut être consigné. Le caractère instantané de la vente impose l’exécution simultanée de leurs obligations par le vendeur et l’acheteur. on en déduit que l’obligation est quérable. • L’acheteur doit enfin payer les frais de la vente. La preuve du paiement repose sur l’acheteur. Il faut donc que l’acheteur 49 . C’est pourquoi il est prévu que le prix est remis à un séquestre. Mais l’acheteur devra également payer des intérêts dans l’hypothèse où il paie le prix en retard. Dans le cadre de la cession d’un fonds de commerce. c’est à l’acheteur de prendre livraison. En principe. l’article 1651 du Code civil précise que le paiement du prix doit être fait au lieu où doit être effectuée la délivrance. billet à ordre ou lettre de change. de retirer la chose pour autant que la chose ait bien été mise à sa disposition. Aucun cas de force majeure ne peut être invoqué pour justifier le non-paiement. le paiement du prix est quérable comme pour le paiement de toutes les obligations : article 1247 du Code civil. le prix est payé comptant. Pour les ventes immobilières. Il se peut que le prix soit remis à un tiers par une clause d’indication de paiement. Le paiement du prix est donc portable. A côté du paiement comptant. un compte public ou bien à un notaire. L’article 1651 du Code civil précise en ce sens que l’acheteur doit payer au lieu et temps où doit se faire la délivrance. Tout retard de paiement constitue une faute pouvant entraîner la résolution de la vente. Quand le prix est payé comptant. c’est-à-dire déposé sur un compte particulier. il est concevable que le paiement soit différé. le paiement doit donc se produire à ce même moment. Dans les autres hypothèses. tous les paiements supérieurs à 800 € doivent être faits par chèque. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus des intérêts ou autres revenus. l’usage est de payer le prix à l’étude du notaire qui authentifie la vente. Le lieu du paiement doit être connu. Le paiement peut également être anticipé par le versement d’un acompte ou d’arrhes. le prix doit être payé au vendeur. virement ou carte bleue sauf pour les non commerçants. La réception de la chose est l’acte juridique qui libère le vendeur de son obligation de délivrance et surtout purge la chose de ses vices : défaut de conformité et vice apparent. Or la délivrance doit se faire au jour de la formation de la vente. Enfin. C’est au moment de l’exécution de l’obligation de retirement que s’opère la réception de la chose. La quittance est un écrit qui constate le paiement. Aussi. En principe. §2 : L’obligation de retirement L’obligation de délivrance est exécutée par la simple mise à disposition de la chose. Mais l’acheteur peut refuser de payer dès lors que la délivrance n’a pas lieu. Le paiement peut être fait par effet de commerce. parce que le transfert de propriété est immédiat. Il n’en ira autrement que dans la mesure où le juge dans le cadre prévu par l’article 1244 du Code civil accorderait des délais de paiement. Quel que soit le délai prévu. c’est-à-dire les frais d’acte ou autres accessoires. si le paiement est différé. Le vendeur au comptant dispose d’un droit de rétention sur la chose tant que l’acheteur ne l’a pas payé. la forme du paiement peut varier. article 1595 du Code civil : les frais d’établissement de l’acte notarié pour une vente immobilière et les droits de mutation que le droit fiscal impose de même que la TVA. le prix doit être réglé à bonne date. le prix est indisponible pendant un certain délai pour permettre aux créanciers du cédant de surenchérir. En principe.

50 . C’est pourquoi l’article 1647 du Code civil prévoit la résolution de plein droit sans même avoir à mettre en demeure l’acheteur de retirer. Cette solution serait ici trop lente et trop coûteuse. La protestation doit être faite dans un bref délai. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus ait été en mesure d’effectuer ce contrôle en un trait de temps ou durant une période d’essai. La sanction du défaut d’exécution est propre à cette obligation pour éviter que le vendeur ne soit encombré par trop de marchandises. L’acheteur devra alors protester en faisant part de ses réserves pour faire échec à la réception de la chose. La jurisprudence précise que la résolution unilatérale n’est possible que pour autant que l’acheteur ait été mis en demeure de retirer la marchandise et cela va sans dire que la chose soit sans vice et conforme. permettant ainsi au vendeur de vendre à nouveau la chose. Il pourra le faire uniquement sur le terrain du vice caché. En droit commun. l’acheteur pourrait demander la résolution judiciaire de la vente ou son exécution forcée. L’acheteur qui accepterait sans protester ne pourrait plus agir ensuite contre le vendeur pour défaut de conformité.

qui sont le contrat de mandat. c’est le contrat de transport). Et il existe des règles particulières à certains contrats d’entreprise (sous-titre 2). Nous envisagerons successivement ces deux volets. En effet. ou encore. On retient donc une autre définition selon laquelle le contrat d’entreprise est le contrat par lequel une personne.Contrats relatifs aux services. Cette définition ne permet pas de distinguer le contrat d’entreprise du contrat de mandat ou du contrat de travail. ou marchés. devis. financiers. d’effectuer un travail moyennant rémunération. Le critère de l’activité des contractants permet de retenir l’expression de contrats relatifs aux services. Ils peuvent être matériels. en ce qu’ils peuvent porter sur une prestation matérielle ou manuelle. Les services sont de prestations qui ne portent pas sur des biens. intellectuels. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Partie 2 . le contrat d’entreprise est devenu « la bonne à tout faire du droit des contrats ». ou sur une personne (comme par exemple. moyennant un prix convenu entre elles.Les éléments du contrat d’entreprise On traitera ici successivement des caractères de ce contrat (section 1). juridiques. Sous-titre 1 -Les règles communes au contrat d’entreprise. étant entendu qu’ils peuvent se recouper. entrepreneurs d’ouvrage et techniciens par suite d’études. le contrat d’entreprise. Cette définition de l’article 1779 du Code Civil s’avère en réalité trop étroite. Titre I -Le contrat d’entreprise Le contrat d’entreprise n’est pas envisagé sous cette appellation dans le Code Civil. selon l’expression de Messieurs Malaurie et Aynés. En effet. le louage d’ouvrage des architectes. le louage des voituriers (qui se charge du transport des personnes ou des marchandises par eau ou par terre. Les règles communes aux contrats d’entreprise sont relatives aux éléments du contrat d’entreprise (chapitre 1) à sa formation (chapitre 2). On traitera ici du contrat d’entreprise (titre I) et du contrat de mandat (titre II). et sans représentation. l’art 1710 du Code Civil traite du contrat de louage d’ouvrage. le contrat de dépôt et le contrat de prêt d’argent. L’article 1779 du Code civil considère que le contrat d’entreprise connaît trois types de contrats : le louage de service (c’est le contrat de travail). en toute indépendance. à ses effets (chapitre 3) et à son extension (chapitre 4). en matière de santé). on s’aperçoit que ces services se concrétisent en quatre types de contrats. les règles de ces contrats sont globalement semblables (sous-titre 1). contrairement au contrat de travail. pour le distinguer ensuite des 51 . le maître d’ouvrage ou le donneur d’ordre. tant en quantité qu’en qualité. Chapitre 1 . ou encore une prestation totalement intellectuelle (prestation d’un avocat. contrairement au contrat de mandat. charge une autre personne. En affinant l’analyse. l’entrepreneur. contrat par lequel l’une des parties s’engage à faire quelque chose pour l’autre. prestation juridique). Si les contrats d’entreprise apparaissent différenciés.

dans ces hypothèses. l’obligation de donner caractérise en principe le contrat de vente. C’est le cas. du contrat portant sur la construction ou la façon d’un bien. sous peine de sanctions pénales. il ne s’agira pas d’un contrat d’entreprise. de réparation. La majorité des contrats d’entreprise sont conclus par des entrepreneurs professionnels. ou encore. Toutefois si l’obligation de faire ne correspond pas à une véritable prestation. Quand bien même il serait effectué à titre gratuit. • Par contre. l’acquisition de la propriété se réalisera par accession. Le contrat d’entreprise met à la charge de l’entrepreneur la réalisation d’une prestation. Mais. On admet que le plus souvent le contrat d’entreprise est un contrat onéreux. Ce constat résulte de la compétence exigée de ces derniers. les contrats qui contiennent de telles obligations de ne pas faire. Mais beaucoup de contrats d’entreprise. Une autre question délicate est de déterminer si le contrat dans lequel apparaît un transfert de propriété peut être considéré comme un contrat d’entreprise. la donation. lui. par exemple. • À l’inverse. du contrat médical. des contrats d’entreprise. • Soit un contrat qui comporte une obligation de non-concurrence. ou sa réparation. du contrat passé avec un avocat. et éventuellement par transfert de propriété. ou encore. une obligation de faire (mettre un bien à la disposition du preneur) contient en réalité une obligation de faire qui n’est pas un travail. qui se caractérisent par l’exécution d’un travail. le plus souvent. de soins sont des contrats d’entreprise. Ce sera le cas. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus autres contrats (section 2). La prestation contenue dans le contrat d’entreprise est une obligation de faire. ou non. sans pour autant aboutir à une disqualification du contrat d’entreprise. On peut se demander si cette obligation de ne pas faire ne permet pas de caractériser un contrat d’entreprise. le contrat demeurerait un contrat et le prestataire s’engagerait de la 52 . en toute indépendance et sans représentation. Il s’agit donc d’une prestation (§1). Certains même de ces contrats sont réservés à des professionnels. par exemple. Section 1 -Les caractères du contrat d’entreprise. Les contrats de construction. qui accompagnent à titre accessoire une obligation de faire. Ces contrats conclus à titre onéreux engendrent une responsabilité accrue du professionnel. le contrat de bail. car ils contiennent une telle obligation de faire et se caractérisent par une telle prestation. • Faire quelque chose renvoie à un travail. Ces contrats sont très éloignés d’un travail. prestation matérielle ou intellectuelle et personnelle de l’entrepreneur. indépendante (§2). peuvent être. qui contient. Faire quelque chose selon l’art 1710 du Code Civil. §1 -Une prestation. dans l’exécution de la prestation à laquelle ils s’obligent. de discrétion. Certains contrats comportent des obligations de ne pas faire. et sans représentation (§3). Le contrat qui la contiendrait à titre principal ne serait pas un contrat d’entreprise. emportent aussi un mécanisme de transfert de propriété d’un bien. En effet.

mais en toute indépendance. l’article 1795 du Code civil dispose que le contrat d’entreprise s’éteint avec la mort de l’ouvrier. Une requalification est alors concevable. Cependant. au nom et pour le compte du mandant. Le contrat d’entreprise est un contrat qui nécessite une prestation. le contrat d’entreprise et le mandat (§4). De sorte que dans l’hypothèse de la sous-traitance. qui n’est pas le tiers-client avec lequel il contracte. le mandataire effectue un acte juridique. inversement. la gratuité ne saurait dispenser de la responsabilité contractuelle du prestataire. effectue quelque chose en son nom et pour son propre compte. et enfin. §2 -Une prestation indépendante. mais pas systématiquement. Pourtant leurs tâches sont souvent similaires et seul le nombre de leurs clients diffère. il agit tout de même pour le compte de son client. En d’autres termes. qui constitue une application des formes de circulation du contrat. Le contrat de travail se caractérise par l’obligation d’exécuter un travail. §1 -Contrat d’entreprise et vente. l’intuitu personae semble avoir disparu. la qualification de contrat d’entreprise peut servir uniquement à masquer le lien de subordination. Cependant. par l’obligation d’effecteur un travail. Cette indépendance a pour contrepartie la responsabilité de l’entrepreneur. Le contrat d’entreprise se traduit. En ce sens. Section II -La distinction du contrat d’entreprise avec d’autres contrats Au titre de cette distinction. L’entrepreneur. une prestation indépendante. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus même façon que si le contrat était onéreux. Le contrat d’entreprise n’est pas un contrat de représentation. Cependant. Mais le commissionnaire agit toujours pour le compte d’autrui. un contrat conclu intuitu personae. l’entrepreneur agit toujours pour son client. lui. Le contrat d’entreprise est très souvent. le contrat d’entreprise et le dépôt (§3). de l’avocat indépendant. 53 . par l’adjonction d’un sous-contractant. si l’entrepreneur agit en son nom. Parfois. Dans le contrat de mandat. de l’architecte ou de l’entrepreneur. Le contrat d’entreprise ressemble alors étrangement au contrat de commission. nous envisagerons le contrat d’entreprise et la vente (§1). cette distinction peut parfois être obscurcie. dans le contrat d’entreprise. mais aussi par une prestation indépendante. Or. la loi organise elle- même un régime de sous-traitance. afin de bénéficier d’une exonération de charges sociales. salarié d’une entreprise. Le contrat d’entreprise est caractérisé par une prestation. le contrat d’entreprise et le bail (§2). mais aussi une prestation sans représentation. Ainsi. sous la subordination du donneur d’ordre. il est délicat de différencier le juriste d’entreprise. §3 -Une prestation sans représentation.

§4 -Contrat d’entreprise et mandat. Louage de choses et louage d’ouvrages. • Lorsque toutefois la recherche de l’accessoire et du principal s’avère impossible. En matière immobilière. effectué selon des instructions particulières. le contrat sera une location (ce sera le cas. le problème de qualification se pose. La jurisprudence admet ici parfois des qualifications mixtes. Ces deux opérations semblent très différentes. la production en série de choses à fabriquer est une vente. Si le terrain appartient à l’entrepreneur. suivant que la chose a été remise en vue de la réalisation d’un travail ou en vue d’être conservée. c’est en principe la règle de l’accession qui prévaut. il s’agira d’un contrat d’entreprise (ce sera le cas si le client utilise par exemple les transports en commun). La différence entre ces deux contrats. Chaque fois que l’exécution du contrat d’entreprise nécessite la remise de la chose à l’entrepreneur. si une construction s’effectue sur le terrain du maître de l’ouvrage. par exemple. on utilisera le critère de dépendance. ce qui est souvent le cas pour une réparation. d’un service. La crainte d’application des règles du bail commercial ou celles de la sous-traitance peuvent justifier la nécessité de distinguer ces deux contrats. alors que le contrat d’entreprise est consensuel. mais à celui de la formation. résultant d’une vente. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus La distinction d’une vente de chose à fabriquer et du contrat d’entreprise peut s’avérer particulièrement délicate. Le contrat de bail et le contrat d’entreprise reposent sur une souche commune : le louage. La solution sera trouvée avec la théorie de l’accessoire. C’est le cas dans le contrat de restauration ou l’hôtellerie. L’intérêt de procéder à cette distinction entre le contrat d’entreprise et le mandat est manifeste. Le bail consiste en la mise à disposition d’une chose. Ainsi. • Le critère de l’accessoire paraît le meilleur critère pour procéder à la qualification de ce contrat. non au stade de la responsabilité. du point de vue juridique. le client utilise la chose sous le contrôle de celui qui lui a fourni. §2 -Contrat d’entreprise et bail. la jurisprudence retient ici un critère objectif fondé sur l’existence d’un travail particulier. En matière mobilière. le maître d’ouvrage deviendra propriétaire par le transfert de propriété. 54 . alors que la production sur mesure d’une chose à fabriquer est un contrat d’entreprise. se situe. §3 -Contrat d’entreprise et dépôt. pour la location d’un véhicule avec chauffeur). Le contrat d’entreprise consiste en la mise à disposition d’une prestation humaine. Si le client utilise la chose en toute indépendance. Aussi. Si par contre. ce dernier devient propriétaire par accession du contrat d’entreprise. Il existe des hypothèses où les deux opérations se cumulent. Le contrat de dépôt est un contrat réel.

De même. Il est tout à fait concevable. l’entrepreneur peut passer des contrats de sous- traitance. de saisir le juge. le mandat. mais des actes juridiques au nom et pour le compte du mandant. contrairement au contrat d’entreprise. en cas de contestation sur le prix. Le contrat d’entreprise se forme par échange des consentements sur des éléments essentiels du contrat. est révocable ad nutum. conseiller. • Le contrat d’entreprise impose à l’entrepreneur d’accomplir des actes matériels : réparer. et ce faisant. les règles de sous-traitance sont applicables au seul contrat d’entreprise. tour-opérateur. 55 . et L 114-1 du Code de la Consommation exigent que les caractéristiques essentielles du bien ou du service. il existe trois types de méthodes classiques pour déterminer le prix du contrat d’entreprise : le marché à forfait (§1). à savoir le travail à effectuer. C’est le cas. pour les agences de voyage. par exemple. Parfois la qualification s’avère trop complexe. étiquetage ou affichage. L’agence de voyage associe mandat pour la conclusion de contrat de transport ou de réservation. lorsqu’elle organise une opération plus large. qui associe logement et nourriture. une méthode de détermination du prix. les articles L 111-1. non plus des actes matériels. Chapitre II -La formation du contrat d’entreprise En principe. • Enfin. fassent l’objet d’une information par marquage. Le critère de la distinction entre contrat d’entreprise et mandat réside en ce que l’entrepreneur agit en son nom et pour son compte. le marché en régie (§2) et le marché en série (§3). À ce titre. par opposition au consensualisme. les éventuelles limitations de responsabilité et conditions particulières du contrat. tels que le prix. La raison en est que la prestation est une activité humaine et que la quantité de prestation. afin d’éviter sa révision judiciaire. Toutefois. La distinction peut s’avérer délicate quand le mandataire est chargé de négocier le contrat (agent d’immobilier. • Comme pour la vente. • Le contrat de construction d’une maison individuelle doit également être conclu par écrit. ne peut être toujours déterminée à l’avance. L 113-3. aussi on opte pour une qualification distributive. Il est toutefois concevable de définir dans le contrat. et. • Ensuite. au moment de la formation du contrat. art L 231-1 du Code de la Construction et de l’Habitation. • Alors que le mandat impose au mandataire de le représenter. Il n’est pas en principe nécessaire que les parties s’entendent sur le prix. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • D’abord. le droit de la consommation tempère ce principe. le contrat d’entreprise est un contrat consensuel. d’accomplir. agent d’assurances). au su du maître de l’ouvrage. et donc le prix. Il n’emporte pas de représentation. afin que ce dernier le fixe. soigner. contrat d’entreprise. l’obligation par le mandant d’indemniser les pertes subies par le mandataire est une obligation inconnue du contrat d’entreprise.

• L’établissement du devis doit-il faire l’objet d’une rémunération ? Est-ce lui-même un contrat d’entreprise ? Faute d’accord sur ce point. En effet. Cette technique. en fonction d’un devis établi par avance et prévoyant l’étendue des travaux avec un prix prévu selon la quantité de matériau employé. le prix est fixé en fonction d’un taux horaire. 56 . si ces augmentations n’ont pas été autorisées par écrit et le prix convenu avec le propriétaire. §3 -Le marché sur série. comme nous l’avons déjà vu. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus §1 -Le marché à forfait. En effet. Dans le marché en régie. De plus. le prix est déterminé article par article après achèvement des travaux. l’étendue du marché avait été prévue. est surtout utilisée dans l’immobilier. contrat dans lequel il n’est pas nécessaire de fixer dès le départ le prix. aucune augmentation de prix ne peut être exigée du fait de l’augmentation de la prestation fournie. et également le contrat d’entreprise peut avoir pour objet une chose. Dans le marché sur série. en ce qui concerne les contrats d’entreprise. selon ce dernier. par référence à un barème. il existe également ce que l’on appelle le marché en régie. elle permet d’adapter le prix au coût de la construction. puisque dans le marché à forfait. comme on l’aura compris. Soit que la chose soit la propriété du maître d’ouvrage qui la confie à l’entrepreneur. Le contrat d’entreprise est un contrat consensuel. en cas de travaux supplémentaires à ceux initialement prévus par l’accord. qui permettront par la suite de choisir celui qui sera retenu pour effecteur le contrat d’entreprise. le devis est gratuit. L’article 1793 du code civil accroît la règle en matière immobilière pour les marchés à forfait. le prix ne croîtra pas. si ce devis a été établi sur l’initiative de l’entrepreneur. Une clause de révision de prix peut cependant être insérée. Peu importe que des modifications du travail s’ajoutent. §2 -Le marché en régie. Dans le marché à forfait. d’une offre qui forme le contrat après son acceptation ? Tout dépend. c’est l’établissement d’un devis. Quelle est sa nature juridique. posent des difficultés de qualification. en réalité. Surtout. le prix est fixé dès la conclusion du contrat d’entreprise en fonction du travail à effectuer. des stipulations des parties. Il peut s’agir de simples pourparlers. soit que la chose appartienne à l’entrepreneur qui la fournit au maître d’ouvrage. Il n’en ira autrement que si le devis correspond à un véritable travail. A côté du marché à forfait. Ces situations. ou de véritables avant-contrats. C’est la technique utilisée par les professions libérales. un devis est souvent envoyé par l’entrepreneur au maître de l’ouvrage. ces derniers devront être payés. On remarquera également que le contrat d’entreprise peut donner lieu à une procédure d’appel d’offre. de surface ou de volume traité. Autre difficulté concernant le prix. ou bien. quelle est sa valeur ? • S’agit-il d’une invitation à entrer en pourparlers.

comme cela peut être le cas pour une prestation intellectuelle ou artistique. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Chapitre III -Les effets du contrat d’entreprise Les effets du contrat d’entreprise intéressent d’abord les obligations des parties (section I). personnelle. analogue à celle du dépositaire. ou les règles de l’art. Ainsi. Ces obligations sont différentes suivant que la chose est fournie à l’entrepreneur ou que ce dernier la fournit. De sorte que l’entrepreneur peut procéder à une exécution par un tiers. La perte de la chose est donc subie par l’entrepreneur. qu’il s’agisse de la réparer ou de la construire. exécuter la prestation promise dans le contrat d’entreprise (A). quoique sans faute de la part de l’ouvrier. Certains contrats sont complexes. Selon lui. la garagiste ne peut se contenter d’une réparation partielle. Lorsque le contrat d’entreprise porte sur une chose. ainsi que de nombreuses obligations annexes (B) A . L’exécution de l’obligation par le prestataire n’est pas. ce dernier assume une obligation de conservation.L’obligation principale : exécution de la prestation On examinera ici successivement. avant que l’ouvrage ait été reçu et sans que le maître fût en demeure de la vérifier. Les usages de la profession. à moins que la chose n’ait péri par le vice de la matière ». entretenir. En cas de perte de la chose. également analysée comme celle résultant du contrat de dépôt. et l’exécution de l’obligation devient plus difficile à cerner. • Lorsque la chose est remise à l’entrepreneur. il s’ajoute des obligations supplémentaires. en principe. le contenu de l’obligation (a) et les conséquences de son inexécution (b) a) Le contenu de l’obligation. L’entrepreneur assume une obligation principale. On étudiera ici successivement les obligations de l’entrepreneur (§1) et celles du maître de l’ouvrage (§2) §1 -Les obligations de l’entrepreneur. sans plus de précision par les parties dans le contrat. par ce que l’on appelle un sous-traitant. L’objet de l’obligation d’exécution de la prestation correspond très exactement au titre du contrat : réparer. l’ouvrier n’a point de salaire. Il assume également une obligation de restitution. Il permet également la circulation du contrat grâce au mécanisme de la sous-traitance (section II) Section I -Les obligations des parties au contrat d’entreprise. mais doit effectivement réparer le véhicule qui lui est confié. qui doit supporter le risque de cette perte ? L’art 1790 du Code civil règle la question de la charge des risques. Il en va différemment quand la clause du contrat contient une clause d’intuitu personae. qui est empêché de 57 . peuvent aider à définir le contenu de l’obligation. « si la chose vient à périr.

à moins qu’il n’ait mis le maître en demeure de la retirer. à moins qu'elle fasse l'objet d’une clause à cet effet. Le maître de l'ouvrage pourra également solliciter une exécution en nature par l'entrepreneur. puisque l’entrepreneur est chargé à titre principal de l’exécution de la prestation la plus large qui comprend cette fourniture. en utilisant la procédure dite d'injonction de faire. aux frais de l'entrepreneur. cela signifie qu’elle s’applique quel que soit le mode d’acquisition de la propriété. un notaire. La question de l'intensité de l'obligation à la charge de l'entrepreneur. • En présence d'une obligation d'exécuter une prestation intellectuelle. nous allons maintenant nous attarder sur les conséquences de son inexécution. le débiteur de l’obligation d’exécuter la prestation. mais elle peut devenir une obligation de résultat. • Généralement. qui en résulterait pour le débiteur ou de l'inefficacité d'une telle mesure. en raison de l’atteinte à la personne. comprendrait-elle la fourniture d’une chose. Ainsi. il devra alors livrer la chose dans des délais convenables. Qui supporte alors la charge des risques de la chose ? L’article 1788 du Code civil pose une règle de principe : si la chose vient à périr avant d’être livrée. l'obligation peut être de résultat. En l'absence de clauses claires. se pose avec acuité pour les contrats d'entreprise. l'obligation est une obligation de moyens. un bureau d'études. obligation de moyens ou obligation de résultat. l'article 1142 du Code civil est écarté à chaque fois que la personnalité du prestataire n'est pas l'enjeu de l'exécution. assume les risques de la perte de cette chose. Ce sera le cas pour un contrat d'ingénieur. il y aura véritablement des difficultés. par transfert ou par accession. Ce sera le cas dans un contrat de conseil conclu par un avocat. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus percevoir sa rémunération. b) Les conséquences de son inexécution. sans que cette livraison ne libère pour autant. L'exécution forcée de l'obligation d'exécuter la prestation est une hypothèse d'exécution forcée d'une obligation de faire. La jurisprudence affirme que cette règle s’applique de façon autonome. à moins qu’il ne démontre que la perte résultait d’un vice caché de la chose. l'obligation sera le plus souvent d'une obligation dite de moyens. destinée à forcer le débiteur à s'exécuter. Ce 58 . • Or. qui est prévue par les articles 1425 et suivants du Nouveau Code de Procédure Civile. lorsque l'entrepreneur maîtrise la mise en œuvre de ses conseils. Tout dépendra ici de la clarté des clauses insérées dans le contrat d'entreprise. • Si la chose est fournie par l’entrepreneur. • Quand la prestation porte sur une chose. • L’article 1144 du Code civil permet ainsi de demander en justice que la prestation soit effectuée par un tiers. permettant d'opposer en cette matière obligation de résultat et obligation de moyens porte sur l'existence et la maîtrise de l'aléa existant dans l'exécution de la prestation. Cette exclusion de l'exécution forcée est tempérée par la possibilité que soit prononcée une astreinte. la perte est subie par l’entrepreneur. Le critère. l'article 1142 du Code civil lui préfère l'allocation de dommages-intérêts. Après avoir examiné le contenu de l’obligation principale. vice qu’il ne maîtrisait point. Mais surtout.

De telles clauses seraient également écartées. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus sera particulièrement le cas à propos d’un contrat d’architecte. fondée sur une présomption de faute d'entrepreneur. à savoir l’exécution de la prestation. l’obligation est plutôt une obligation de résultat. en démontrant l'absence d'une faute. un régime juridique qui correspond finalement à une obligation de résultat. • Cependant. • Si la chose principale appartient à l’entrepreneur qui devait la construire et est fournie au maître. ou l'existence d'un événement. s'agissant de ces choses . 29 octobre 1996. on l'aura deviné. La jurisprudence en fait une obligation de résultat atténuée. Ainsi. Certaines obligations portent sur la fourniture d'une chose. l’article 1789 fait peser sur l'entrepreneur une responsabilité liée à la perte de la chose. de telles clauses seraient écartées. En effet. affirmant que c'est à l’entrepreneur débiteur de démontrer qu'il n’a commis aucune faute. au travail s'ajoute la fourniture d'une chose (des pièces détachées par exemple). on comprend que l'action en garantie dont bénéficie l’entrepreneur soit transmise avec la chose à l’acquéreur de cette chose. selon elle. assure une obligation de résultat. les règles de la garantie des vices cachés peuvent s'appliquer. si l’inexécution de l'obligation était assimilée à un dol au sens de l'article 1150 du Code civil. B -Obligations annexes. on peut citer l'arrêt Chronopost. nous allons maintenant nous attarder sur les obligations annexes. pour ne pas dire casuelles. • Face à une obligation d’exécuter une prestation manuelle ou matérielle. ou sur celui de la garantie des vices cachés ? • Si la chose principale appartient au maître de l'ouvrage. La jurisprudence admet cependant que le garagiste peut s'exonérer de sa responsabilité. Les obligations annexes au contrat d’entreprise sont respectivement l'obligation d'information (a) et l'obligation de sécurité (b). 132-1du Code de la consommation les écarterait. La doctrine parle ici d'obligation de résultat atténuée. Le teinturier est titulaire d'une obligation de moyens. si elles étaient invoquées contre un consommateur. Opposées à un professionnel. On notera enfin qu'il existe un régime particulier pour la construction. sans qu'aucun vice n'affecte la chose fournie avec le travail. La garantie des vices cachés pourrait être due par l'entrepreneur. mais on peut admettre que la garantie de l'entrepreneur soit mise en jeu du fait des choses fournies. 59 . Logiquement l'entrepreneur est tenu à l'exécution de son obligation. lui offrant ainsi une action directe. En ce sens. l'article L. curieuses. cependant sa faute est présumée et il doit démontrer l'absence de faute. la jurisprudence retient ici des solutions très variées. soit. Il n'est pas concevable d'insérer efficacement des clauses limitatives de responsabilité dans les contrats d'entreprise. Après avoir étudié l’obligation principale. ayant les caractéristiques de la force majeure. La défaillance de l'entrepreneur doit- elle être sanctionnée alors sur le terrain de la responsabilité contractuelle. Si la chose est confiée à l'entrepreneur par le maître de l'ouvrage. Com. de sa prestation. Le garagiste. il s'agit alors de l'extrapolation des règles de la vente aux contrats d'entreprise. si elles se heurtent au caractère essentiel de l'obligation d'exécution dans le contrat. même si la jurisprudence préfère ici une obligation d'exécution de résultat.

pour cette obligation de sécurité. conseille sur celle qui paraît le plus appropriée. ce que l'on peut appeler le diagnostic. la sécurité quant aux produits est similaire à celle existant dans la vente. portant sur la nature des travaux nécessaires ou utiles. Ces obligations sont devenues des obligations de résultat atténuées. tout en l’informant des risques qu’il encourt. la responsabilité sera contractuelle. Le rôle passif permettra de conclure à une obligation de sécurité du résultat.221-1du Code de la consommation dispose ainsi que « les produits et les services doivent. La loi du 19 mai 1988 transposant la directive sur la responsabilité du fait des produits défectueux. Cette obligation de sécurité se trouve dans presque tous les contrats d’entreprise. et ne pas porter atteinte à la santé des personnes ». met en place un régime spécifique optionnel. L'exemple le plus typique réside dans les obligations du médecin. Faute de précisions sur le régime de la responsabilité ainsi mise en place. et délictuelle. article 1386 et suivants du Code civil. L'entrepreneur prend garde à ce que les travaux ne créent aucun dommage. • Elle se poursuit. C'est surtout dans les prestations portant sur les personnes que l'obligation de sécurité se manifeste. Il s'agit ici d'obligations annexes à l'obligation principale du contrat d'entreprise. Cependant. Il fournit d’abord un diagnostic précis. et ensuite. L'article L. semble reposer sur l’appréciation du rôle actif ou passif du maître. qui s'accompagne d'une autre obligation d'information sur les risques encourus par la chose ou par la personne. • Elle est d'abord une obligation d'information. présenter la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre. S'il s'agit d'une prestation portant sur une chose. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus a) L’obligation d’information de l’entrepreneur. b) L’obligation de sécurité à la charge de l’entrepreneur. dans l'exécution de la prestation. par une obligation de conseil. tenant à l'opportunité de réaliser telle ou telle prestation. dans lesquels la prestation s'exécute d’une façon que ne maîtrise pas le maître de l'ouvrage. Il s'agissait plus exactement du contrat de transport dès 1911. La loi a ici repris la construction de la jurisprudence. si la chose cause un dommage au contractant. dans des conditions d'utilisation normale ou dans d'autres conditions raisonnablement prévisibles par le professionnel. L'intensité de l'obligation d'information. et le rôle actif à une obligation de moyens. tant aux personnes qu’aux biens. et cette solution vaut pour toutes les obligations d'information. informe le patient des méthodes de soins possibles. ensuite. et non d'une obligation principale comme cela est le cas dans les contrats de conseil ou d'étude. Cette obligation d'information se dédouble. si elle cause un dommage à un tiers. car c'est au médecin qu’il appartient de démontrer qu'il a effectivement accompli ces obligations. 60 . obligation de résultat ou de moyens. Le contrat d'entreprise est le premier contrat dans lequel l’obligation de sécurité s'est manifestée. on remarquera que le degré de compétence ou d'incompétence du maître d'ouvrage guide l'intensité de l'obligation.

Il existe cependant des textes spéciaux. qu'il soit fixé. lors l'échange des consentements. casuelle. Afin de garantir le paiement du prix. Le contrat d'entreprise est un contrat à titre onéreux. l'article 1799-1 du Code civil. du type contrat de marché de travaux privés pour une activité professionnelle. B . suivant que le contrat est civil ou commercial. Enfin il existe des privilèges légaux. parce que les privilèges s'avèrent peu efficaces. plusieurs mécanismes ont été mis en place : l'exception d’inexécution en cas de non-paiement d’une échéance. par contre. prescription de deux ans pour les honoraires d’avocats ou pour les médecins. article 2102-3° du Code civil. privilèges prévus pour les frais relatifs à la conservation de la chose. par exemple. l’exploitant d'un télésiège a une obligation de résultat de sécurité. quand il conduit une automobile tamponneuse. et le maître de l'ouvrage assume une obligation d’en payer le prix. La prescription de sommes dues est de 30 ou 10 ans. Il assumera. de coopérer. une véritable obligation de coopération qui traduit l'expansion contemporaine de l'article 1134 alinéa 3. §2 -Les obligations du maître de l’ouvrage. si la personne se blesse au bord de la piste. relatif à l'exécution de bonne foi des contrats. quand le client est dans l'automobile. 1) L’obligation de coopérer. Ainsi. 61 . la date de paiement du prix est généralement fixée à l'achèvement de la prestation. une fois de plus. le maître de l'ouvrage doit garantir le paiement de sommes dues par le biais d'un cautionnement solidaire. prévoit que. lorsque le prix du marché est supérieur à 15 000 €. introduit en 1994. ou enfin par un juge. alors que celui d'un téléski a une obligation de sécurité de moyens. Il existe également des règles spécifiques de paiement du prix dans le cadre de la sous-traitance. Il apparaît à la charge du maître de l'ouvrage. L'entrepreneur ne peut exécuter cette prestation tant que cette garantie n'est pas fournie. l’exercice d’un droit de rétention par l'entrepreneur sur la chose confiée ou fournie. d’une part. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus La jurisprudence est cependant sur ce thème complexe pour ne pas dire. qui s'imputeront sur le prix total dont le solde est versé à la réception. Cependant. quand un contrat d'entreprise. de prendre livraison et de réceptionner. et même après la réception des travaux par le maître de l'ouvrage. de payer le prix (A) et d’autre part.L’obligation de coopérer. l'exploitant forain d'un manège d'autos-tamponneuses assume une obligation de sécurité du résultat. accordé par un établissement de crédit. En principe. de prendre livraison et de réceptionner (B) A . Pourtant on ne peut pas dire qu’il est vraiment passif. Ensuite en matière de ski.L’obligation de payer le prix. Le paiement du prix peut être fractionné. au début du contrat à titre d'acomptes ou d'arrhes. Le maître de l'ouvrage peut avoir à verser une somme d'argent. une obligation de moyens. ou lors de l'exécution du contrat. Le maître de l’ouvrage à l’obligation.

La forme de la réception s'avère indifférente. l'article 1795 du Code civil semblait interdire cette solution. article 1788. par lequel le maître de l'ouvrage constate le travail effectué et surtout reconnaît qu'il l'a été correctement. Elle peut être expresse. par l'adjonction d'un sous- contractant. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Le maître de l'ouvrage doit coopérer avec entrepreneur pour la bonne réalisation de la prestation. §1 -Définition. L'entrepreneur peut alors faire vendre aux enchères publiques le bien. La réception est un acte juridique. lui. transfert des risques de la chose. objet du contrat. par exemple si le maître de l'ouvrage prend effectivement possession de la chose ou s'il paie les travaux. confie à un autre entrepreneur le soin de réaliser l'ouvrage. sa fourniture. La réception produit de multiples effets. Il se peut cependant que la réception intervienne plus tôt ou plus tard. l'inexécution du paiement est souvent le corollaire du défaut de l'exécution de l'obligation de retirer. Quand le contrat d'entreprises porte sur une chose. en facilitant l'accès à la chose et en fournissant des informations utiles. C'est également le cas dans le contrat de dépôt. dans un délai d’un an et se payer sur le prix ainsi reçu. Il ne doit pas entraver l'exécution de la prestation et même rendre plus aisée cette exécution. ou tacite. exécuté sa prestation. par un acte traduisant la réception. Section II -La circulation du contrat d’entreprise : la sous-traitance. Comme le prix est souvent payable à la réception. Les réserves empêchent que les vices apparents soient purgés de façon à exiger la reprise de la prestation. l'entrepreneur principal et le sous-traitant. mais alors il y aura simplement présomption simple de réception. Réception. Les dispositions du Code civil n'étaient pas favorables à une telle construction. • Dans le même sens. Elle emporte exigibilité du solde du prix. sauf clause contraire. elle purge la chose de ses vices apparents qui n'ont pas fait l'objet de réserve. une obligation de prendre livraison est mise à la charge du maître de l'ouvrage. 3) L’obligation de réceptionner. L'intérêt de cette obligation se mesure dans les hypothèses où le maître de l'ouvrage ne retire pas la chose. • En effet. Les parties deviennent alors le maître de l'ouvrage. Le maître d'ouvrage conclut un contrat d'entreprise avec un entrepreneur qui. pour exécuter tout ou partie de l'ouvrage. La sous-traitance est une forme de circulation du contrat d'entreprise. paiement et retirement ont lieu en principe au même moment. 2) L’obligation de prendre livraison. l'article 1237 du Code civil dispose que « l'obligation de faire ne peut 62 . Il s'agit d'une obligation voisine de l'obligation de retirement que l'acheteur exécute dans la vente. ou une partie de l'ouvrage à sa place. puisqu’il semblait considérer le contrat d'entreprise comme un contrat intuitu personae. alors que l'entrepreneur a. solution contestée à ce jour. et surtout.

ou les créanciers. mais la jurisprudence admet qu'en présence d'actes positifs du maître de l'ouvrage dépourvus de toute ambiguïté. On l'aura compris cette loi s'applique aussi bien au maître d'ouvrage. • Enfin l'article 1165 du Code civil. • Ensuite. en cas de non-agrément. à une autre personne appelée sous-traitant. L'article 1er de la loi définit la sous-traitance. il y a agrément tacite de sous-traitant. pour être payé à sa place. Cette loi assure au sous-traitant une action directe en paiement contre le maître de l'ouvrage (§3). Selon le professeur Bénabant. dans les relations entre le sous-traitant et le maître de l'ouvrage. Il faudrait donc l’accord du maître de l'ouvrage pour s'adjoindre un sous-traitant. • Cet agrément porte à la fois sur le nom des sous-traitants et sur les conditions de leur paiement. à défaut d'agrément. à savoir par exemple une banque à laquelle l’entrepreneur principal aurait cédé sa créance. le défaut d’agrément constitue une faute contractuelle. lui aussi. recourant à un sous-traitant. • Le moment de l'agrément est indifférent. les contrats de sous- traitance. La sanction. le sous-traitant.L’agrément du sous-traitant. ne pourra pas être payé par le maître de l'ouvrage. En effet. a l'obligation de soumettre le sous-traitant à l'agrément de maître de l'ouvrage. le moment de la conclusion du contrat de sous-traitance. et sous sa responsabilité. tout ou partie de l'exécution d’un contrat d'entreprise ou du marché public. à la demande du maître de l'ouvrage. • Enfin. 63 . et non l'entrepreneur principal. ou bien l'exécuter et être payé. lui aussi. personne publique que personne privée. le défaut d'agrément constitue également une faute. conclu avec le maître de l'ouvrage. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus être acquittée par un tiers contre le gré du créancier». mais ne pourra invoquer le contrat de sous-traitance à l'encontre du sous-traitant. l'entrepreneur principal. encourir des difficultés financières. est source de difficulté. La loi du 31 décembre 1975 a cherché à protéger le sous-traitant contre ce risque. • Tout d’abord. §2 . Le contrat d'entreprise et le contrat de sous-traitance s'ignorant. L'article 3 vise certes. dans les relations entre le maître de l'ouvrage et l’entrepreneur principal. Et l’article 3 prévoit alors que l'entrepreneur principal est néanmoins tenu avec le sous-traitant. De son côté. dans les relations entre le sous-traitant et l'entrepreneur. Selon l’article 3 de la loi de 1975. s'effectue sur trois plans. On remarquera cependant que seul le maître de l'ouvrage peut soulever le défaut d'agrément au sous- traitant. le maître de l'ouvrage sait que l'entrepreneur recourt à un sous-traitant. le sous- traitant pourrait. • Il doit même communiquer. à la condition que celui-ci ait été agréé par le maître de l'ouvrage (§2). Il s'agit de l'opération par laquelle un entrepreneur confie à un sous-traité. le résilier. il y a là une faculté de résiliation unilatérale pour le sous-traitant. la jurisprudence affirme que le sous-traitant peut alors refuser d'exécuter le contrat. si l'entrepreneur principal venait à faillir.

le maître de l'ouvrage. par l'exécution de la prestation. un mois après avoir été mis en demeure par ce dernier. la résiliation bilatérale. Ces sommes seront éventuellement réparties proportionnellement en cas de pluralité de sous-traitants. §4 -La responsabilité. délégant. obtenue par le maître de l'ouvrage. ou des sous-traitants dont il a utilisé les services pour la réalisation de sa prestation. 64 . l'action directe en responsabilité du maître d'ouvrage contre le sous-traitant est une action délictuelle. Depuis le fameux arrêt Besse de l'assemblée plénière de la Cour de Cassation en date du 12 juillet 1991. sans que ce paiement transite par le patrimoine de l'entrepreneur principal. délégué. ou en application de règles spécifiques. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus §3 -Le paiement direct. et ce. quoique l'ouvrage soit déjà commencé. délégataire. Cette solution résulte de l'article 6 de la loi de 1975. quelle que soit sa durée dans le cadre du marché à forfait. Par l'arrivée du terme si le contrat est à durée déterminée. par le maître de l'ouvrage. qui ne souhaite plus réaliser l'ouvrage. Cette dernière n'aura pas à être fournie. Le contrat d'entreprise peut s'éteindre. à propos de la garantie de l'entrepreneur fournisseur de matière. l'action directe portera sur les sommes restant dues au sous-traitant. la résolution judiciaire pour faute. l'article de 1794 du Code civil ajoute que le maître de l'ouvrage a une faculté de résiliation unilatérale du contrat. d'abord. le sous-traitant bénéficie d'un mécanisme de paiement direct impératif. qu'il s'agisse de ses salariés. qui aurait fourni un produit défectueux. En sorte que le maître devient alors personnellement débiteur du sous-traitant. On protège ainsi le maître. Selon l'article 1787 du Code civil. auprès d'un établissement de crédit. à hauteur seulement des sommes que le maître de l'ouvrage doit encore à l'entrepreneur. si l'entrepreneur ne paie pas le sous-traitant. En effet. selon que le marché est un marché privé ou un marché public. • Si le marché est privé. est également organisée par les articles 1386-1 et suivants du code civil. Cette solution résulte de l'article 14 de la loi. Chapitre IV -L’extinction du contrat d’entreprise Le contrat d'entreprise peut s'éteindre en application des règles de droit commun. le sous-traitant bénéficie d'une action directe en paiement (article 12 de la loi de 75) que la jurisprudence a quelque peu canalisée. l'entrepreneur répond des personnes qu'il emploie. L'action directe est par ailleurs garantie par une caution personnelle et solidaire. • Si le marché est un marché public. à savoir le constructeur. de tous ses travaux et de tout ce qu'il aurait pu gagner dans cette entreprise. En ce qui concerne la faculté de résiliation. Si l'entrepreneur principal ne paie pas le sous-traitant. la loi de 1975 a mis en place deux régimes. en dédommageant l’entrepreneur de toutes les dépenses. même si l'entrepreneur n'a commis aucune faute. La responsabilité d'un sous-traitant. s'il existe une délégation parfaite de paiement entre l'entrepreneur. Il n'en ira autrement que dans les hypothèses prévues par l'article 1792 du Code civil. et le sous-traitant. ou la résiliation unilatérale si le contrat est conclu pour une durée indéterminée.

seuls les contrats d'entreprise conclus intuitu personae sont rompus du fait du décès de l'entrepreneur. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus L'article L. qui traitent des contrats de construction. Elle purge alors toutes les inexécutions et décharge le constructeur de sa responsabilité. en cas de redressement judiciaire de l'entrepreneur. Elle peut être amiable. de la loi du 19 décembre 1990. de ce fait. confie à un entrepreneur. maître de l’ouvrage. contre le maître de l'ouvrage. le promoteur.Les contrats de construction Le Code civil contenait peu de textes. 65 . Ensuite. Depuis. ou relatives à la réception. Sous-titre II . les entrepreneurs de construction. dans la mesure où l'article L. lui. régi par les articles 1831-1 à 1831-5 du Code civil. ou éventuellement tacite. 114 du code de la consommation précise que l'entrepreneur doit indiquer à quelle date la prestation sera réalisée et permet que le consommateur résilie le contrat lorsque la date indiquée pour l'exécution est dépassée de plus de sept jours. Il n'est pas concevable de recenser ici tous les contrats d'entreprise. judiciaire. un code de la construction a été adopté et de grandes lois sont intervenues. le contrat d'entreprise ne sera pas. est un contrat par lequel le propriétaire d’un terrain. Le contrat de construction immobilière ne présente pas de spécificités. Chapitre unique . qui sera édifié par d'autres. s'ajoutent le droit de l'urbanisme et le droit de la construction immobilière. en ce qui concerne la construction immobilière : les articles 1792 et 1793 du Code civil. s'agissant des défauts de conformité et des vices apparents qui n’auraient pas fait l'objet de réserves. par rapport aux règles du contrat d'entreprise. est relatif à l'action directe ouverte aux maçons et ouvriers. ipso facto rompu. que nous avons déjà exposées. A à cela. Nous avons également déjà vu les règles relatives aux travaux supplémentaires de l'article 1793 du Code civil. L'entrepreneur assume alors la charge de l'intermédiation entre le propriétaire et les entrepreneurs de construction. la réception a un rôle crucial. Section I -Le contrat de promotion immobilière. Ici. Enfin. nonobstant la lettre de l'article 1795 du code civil. Nous avons donc choisi d'exposer brièvement les règles spécifiques au contrat de construction.Les règles particulières à certains contrats d’entreprise. 621-28 du code de commerce tend à assurer la poursuite des contrats en cours. qui détermine précisément le contenu du contrat de construction de maisons individuelles. C'est le cas de la loi du 16 juillet 1971 sur les retenues de garantie. Section II -Le contrat de construction immobilière. le soin de se charger de la réalisation d'un immeuble. et 1798 qui. sans que cette exécution n’ait été effectuée. Il coordonne les travaux et les réceptionne. Le contrat de promotion immobilière.

ou de chauffage. • Il y a également responsabilité contractuelle. Le régime de responsabilité de droit commun joue ici indépendamment des règles spéciales. Cette garantie d'achèvement joue indépendamment des autres mécanismes de garantie ou de responsabilité. La garantie biennale couvre la garantie de bon fonctionnement d’équipements liés à l'ouvrage. ou par des architectes. construction très laide ou ratée. articles 1792-3 et 1793 du Code civil. §1 -La responsabilité du constructeur selon les règles de droit commun. • Il y a enfin responsabilité du fait des produits défectueux. la responsabilité du constructeur selon les règles spéciales (§2). article 1792 du Code civil. etc. et non par d'autres. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus C'est en matière de responsabilité des constructeurs que vont apparaître de spécificités. Elle est prescrite dans un délai d’un an. Elle couvre toutes sortes de dommages. est ce que l'on appelle la garantie d'achèvement. qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. • À côté de cette garantie d'achèvement ou garantie annale. Il s'agit d'une garantie qui est due pour les dommages les plus graves. comme des ascenseurs. travaux non commencés ou non achevés. • Le premier mécanisme. • Il y aura également responsabilité contractuelle en cas de manquement à l'obligation de surveillance du promoteur immobilier. qu’ils relèvent de la catégorie des vices ou de celle de la non-conformité. ou des installations de climatisation. qu'il s'agisse du choix des matériaux. garanties biennales ou décennales profitent tant au maître de l'ouvrage qu’à ses ayants causes. Ces deux derniers mécanismes. etc. ou du maître de l'ouvrage. En ce sens. • Enfin autre garantie. Elle est due par le seul entrepreneur de la construction. ou la garantie annale. à propos de l'exécution de travaux : défaut de vérification du terrain. Cette garantie concerne les défauts signalés lors de la réception de l'ouvrage. En ce sens. L'article 1792 met en place un régime d'action directe. des tarifs. 66 . • Il y a responsabilité contractuelle pour défaut de renseignements. Les articles 1792 du Code civil et suivants mettent en place un régime spécifique de responsabilité du constructeur. de l'architecte. mis en œuvre par l'article 1792-6 du Code civil. à compter de la réception de l'immeuble. selon les règles de droit commun (§1) puis. la garantie décennale. travaux non conformes aux stipulations contractuelles. il existe ce que l'on appelle la garantie biennale. Nous envisageons successivement la responsabilité du constructeur. à l'exception de ceux résultant de l'usure normale de l'immeuble ou de son usage. §2 -La responsabilité du constructeur selon les règles spéciales. des risques liés à leur utilisation.

un agent de voyages réservant une place dans un avion. pour autant que ces composants soient conçus pour satisfaire les exigences précises et déterminées à l'avance. l'architecte. Section I -L’établissement du mandat. un huissier signifiant un acte. qui est en réalité l'importateur d'une chose fabriquée à l'étranger. Il peut s'agir des bureaux d'études. Chapitre 1 -Le mandat ordinaire Le mandat doit être scindé en deux étapes : la phase de constitution ou d’établissement du mandat (section I) et la phase d'accomplissement ou d'exécution du mandat (section II). CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • Selon l’article 1792-1 du Code civil. les garants sont : les constructeurs. car il permet à une personne d'accomplir des actes. un agent immobilier passant une location au nom d'un client. le vendeur d'immeubles à construire. à l'exclusion cependant des sous-traitants. définition du Littré. puisqu'elle est remplacée par son mandataire. mais aussi les autres locateurs d’ouvrages liés au maître de l'ouvrage. En d’autres termes. par un contrat de louage d'ouvrage. le vendeur d'un immeuble en état futur d'achèvement. sans que cette dernière soit effectivement présente. des entreprises de contrôle technique. selon l'article 1792 du Code civil et ils ne pourront s'exonérer que par la démonstration d'un cas de force majeure. ou celui qui présente la fabrication comme la sienne. • Ce même article dans ses alinéas 3 et 4 vise également le fournisseur. Cette solution résulte de l'article 1792-4 du Code civil. Afin de mieux la connaître on étudiera successivement le droit commun du mandat (chapitre 1) que l'on complétera par le droit spécial du mandat (chapitre 2). les fournisseurs du constructeur. en y imposant un signe distinctif. Devant la multiplication aujourd'hui des mandats. etc. enfin et surtout. Le mandat est essentiel dans le monde juridique. 67 . Les constructeurs assument alors une responsabilité objective. • On relèvera que la loi assimile au constructeur. L'article 1984 du Code civil dispose que le mandat est l'acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom. c'est le contrat par lequel on commet le soin d’une affaire à quelqu'un qui s'en charge. La loi vise. Ce quelqu'un peut être un avocat conduisant une procédure. Titre II -Le mandat. ainsi que le promoteur ou le constructeur de maisons individuelles. Le mandat. On envisagera successivement la source du pouvoir (§1) et son objet (§2). et qu'ils aient été mis en œuvre conformément aux instructions du fabricant et sans modification. on peut s'interroger sur l'unité de l'institution. les garants sont l'ensemble des entrepreneurs qui entourent le constructeur. §1 -Source de pouvoir. les fabricants de composants. Toutes ces personnes sont solidairement responsables avec le constructeur.

exécute sa mission et le mandant le ratifie.L’acte Le mandat peut être légal. Lorsqu'il est contractuel. par exemple. • La loi exige ainsi parfois que le mandat soit donné par acte authentique. C'est également le cas lorsque l'acte. le mandat est un acte juridique dont la forme (a) et la preuve (b) doivent être précisées. par exemple. par exemple. devra justifier qu'il ait reçu le mandat. A . qui indique que l'acceptation du mandat peut être tacite. on considère que l'offre de contracter elle-même peut être tacite. C’est le cas lorsque les actes qu'il faut accomplir sont graves : acte de l'état civil (article 36 du Code civil). L'article 1985 du Code civil renvoie ici aux dispositions du droit commun. judiciaire. • Dans le domaine commercial la preuve sera libre. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus La source du pouvoir. • Aussi. Le contrat de mandat est un contrat consensuel. opposition à mariage (article 66 du Code civil). Pour représenter une partie en justice. à l'exception de l'avocat. le mandataire. b) La preuve du mandat. 68 . l'existence du mandat devra être prouvée par écrit. échangé des lettres. le mandataire. Il n'obéit à aucune forme. c’est l’acte (A) par lequel une personne donne (B) à une autre (C) le pouvoir de faire quelque chose. a) La forme du mandat. il ne pourra pas prétendre à rémunération. est authentique et lorsque la forme notariée est requise pour protéger une des parties : ce sera le cas. le mandat n'aura pas à être authentique. • Toutefois si la forme authentique sert uniquement à informer les tiers dans un but de publicité. Ainsi. la preuve pourra se faire par aveu. En l'absence d'écrit. si l'objet du mandat dépasse une valeur de 800 €. • La preuve pourra se faire également par commencement de preuve par écrit. de la donation. à défaut d'un écrit. Une fois l'existence du mandat établi. son étendue pourra être prouvée par tout moyen. Le mandat devra alors être authentique. les parties ont. ou dans cette hypothèse (commencement de preuve par écrit) il sera nécessaire de prouver l’impossibilité morale de se procurer un tel écrit. que doit passer le mandataire. Il existe à ce principe de consensualisme du mandat quelques tempéraments. • La loi peut également exiger que le mandat soit passé par écrit : c'est le cas pour l’agent immobilier. malgré les termes de l'article 1984 alinéa 2 du Code civil. Il peut donc être passé par écrit ou résulter d'un échange de parole. ou encore conventionnel. On va même jusqu' à admettre qu'il puisse se former tacitement. à peine de nullité.

une source d'obligations. • Le mandant ne donne pas un conseil ou recommande pas. Le mandant donne pouvoir. notaires. La disparition du mandataire. Cependant le mandataire doit achever la mission. article 2003. Les héritiers ont toutefois une obligation de persévérance. et au surplus. l’extinction du mandat. Il n’est même pas exigé que la personne du mandataire soit désignée. le mandant reste libre de choisir celui qu’il désire. Le mandat prend également fin par la renonciation du mandataire. La révocation du mandataire dépend du bon vouloir du mandant. en effet. elle aussi. et que. ce qu'il a fait dans l'ignorance du décès sera maintenu. agir. suite à un décès. La révocation ne requiert donc aucune forme. c'est-à-dire qu'il donne un ordre au mandataire. ce qui signifie signe manifestant la volonté. conserve un pouvoir d'initiative et d'appréciation personnelle. dans la mesure où il ne se trouvait pas dans l’impossibilité de continuer le mandat. Elle est ce que l’on appelle ad nutum. s'il y a péril en la demeure. Cela résulte de ce que la pratique de la procuration en blanc est bien commode. le mandat sera. si son inaction a causé préjudice. pour lui. sous réserve d'engager sa responsabilité. Le mandant doit réunir certaines qualités. et de même. Cependant ce mandat devra naturellement avoir un objet licite et ne pourra pas transgresser les règles d'ordre public du droit successoral. c'est le mandant. les abus sont sanctionnés. sans en éprouver lui-même un préjudice considérable. • Le mandataire qui reçoit un ordre du mandant n'est toutefois pas totalement à la botte de ce mandant. Le mandant a toute liberté pour le choisir. 69 . avocats. • C'est pourquoi le décès du mandant entraîne l'extinction du mandat. Sa personnalité est donc prise en considération. ordre en vertu duquel celui-ci pourra. Au surplus. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Le mandat est un acte et (B). • Le mandant doit d'abord être capable de s'obliger. Le mandataire.À une autre. c’est un acte par lequel une personne donne… B . entraîne. La personnalité du mandataire est essentielle. Rien ne s'oppose à ce qu’il s'adresse même à un incapable. La personne sur laquelle le mandant se repose et à qui il fait confiance. devra. Quand la loi impose de recourir à certains intermédiaires qui jouissent d'un monopole. Ainsi il doit avertir le mandant du décès et prendre des mesures conservatoires. • Les règles de l'article 2003 du Code civil étant supplétives. Le mandat est un acte par lequel une personne donne (C) à une autre… C . En effet. il n’est jamais tenu d'accepter le mandat et peut toujours y renoncer. de toute façon. on peut convenir d'un mandat post-mortem. c’est le mandataire.Par lequel une personne donne La personne à l'origine du pouvoir.

sauf à prouver là encore la faute de ce dernier. rien n'interdit aux parties de s'engager dans un mandat à durée déterminée. le mandataire accomplit des actes juridiques. Il s'agit ici de prévenir les abus. Il lui confère une mission et forme l'objet de ses obligations. non pas au jour où le mandant la décide. La libre révocation prendra effet. §2 -Objet du pouvoir. Il peut toutefois se substituer une personne.Le pouvoir de faire quelque chose. En toute hypothèse. Le pouvoir est un devoir pour le mandataire. Peu importe leur nombre et leur nature. Cependant même en cas de substitution. elle entraîne la nullité de la vente. Il 70 . même si la révocation peut alors engager sa responsabilité. le mandant disposera alors d'une action directe contre le sous-mandataire. • La volonté des parties peut aussi remettre en cause le principe de libre révocabilité du mandataire. car alors. Cette solution apparaît contradictoire avec l’intuitu personae du mandat. à savoir le mauvais choix ou la mauvaise surveillance du sous-mandataire. Certains mandataires sont frappés d'incapacité. A . En réalité. Il s'agit d'une action directe parfaite. mais au jour où le mandataire sera informé de la décision du mandant. Conformément au droit commun des contrats. ce pouvoir doit répondre aux exigences du droit du mandat : faire quelque chose (A) pour le mandant (B) et en son nom (C). Sa méconnaissance aura pour effet l'obtention de dommages-intérêts par le mandataire. soit de l'exécution par le mandant lui-même de l'acte envisagé. cet objet doit être licite et déterminé. Cette nullité peut être soulevée par le seul mandant dans un délai de 5 ans. Les parties peuvent également prévoir une clause dite d'irrévocabilité du mandat. qui sont caractérisés dès que le mandant abuse de ses prérogatives. soit de la désignation d'un autre mandataire dans la même affaire. Les parties peuvent ainsi convenir que le mandant pourra révoquer son partenaire. l’abus de droit. Cette solution résulte de l'article 1596 du code civil. permettant au sous-mandataire d’obtenir du mandant le remboursement des sommes qu'il a payées pour son compte. En d’autres termes les parties peuvent conclure une clause de non-responsabilité. chargés de la vente de biens d'autrui. La révocation n'appelle aucune justification et ne donne lieu à aucune indemnité. En outre. article 1994 alinéa 2 du code civil. La libre révocabilité connaît toutefois quelques exceptions : l'abus de droit et la volonté des parties. dans l’exécution de sa mission. ne peuvent se rendre adjudicataires des biens qu'ils doivent vendre. le mandataire reste responsable de tous les faits de son substitut. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Elle peut être expresse ou tacite. puisque le mandant ne peut opposer au sous-mandataire les exceptions qu'il aurait pu opposer au mandataire initial. Cela ne privera pas pour autant le mandant de son droit de révoquer. s'il démontre la faute de celui-ci. Il en va différemment uniquement si la faculté de substitution a été agréée par le mandant. et résulter. Cette dernière cédera toutefois devant le dol ou la faute lourde. Lorsqu’elle est transgressée. Ainsi les représentants. La jurisprudence a bilatéralisé cette action. • Tout d’abord. Cette règle est interprétée largement par les tribunaux. sans jamais encourir de responsabilité. Cette solution résulte de l'article 1994 du code civil. article 2006 du code civil. le mandataire ne sera responsable que de sa faute personnelle. il pourra obtenir des dommages-intérêts. Le mandataire ne peut pas céder son contrat. Enfin. Si le mandataire prouve que la révocation un caractère vexatoire ou repose sur des motifs illicites.

avec le pouvoir de disposer et l'obligation de remettre au mandant une somme déterminée et forfaitaire. bilatéraux (conclusion d’un contrat) ou même collectifs (fixation d'un prix ou constitutions de société). lorsque les actes matériels ne sont pas accessoires. d'une certaine initiative. Cela signifie que pour prendre des actes de dispositions le mandat n'a pas à être spécial à chaque acte juridique. Les actes accomplis par le mandataire sont des actes juridiques. celui-ci perd sa qualité pour prendre celle d’un vendeur. Il agit également dans l'intérêt du mandant. Le problème surgit quand un mandataire accomplit. le pouvoir de vendre n’emporte pas celui d'emprunter. mais qui en réclame aussi parfois le paiement au destinataire. il devra justifier d'un mandat exprès. à la fois des actes matériels et des actes juridiques. Il y a ainsi vente. • Si le mandataire agit pour le mandant et pour un tiers. Dans le même sens. mais qui dirige également des travaux. une qualification globale. Il s'agit ici de prendre garde à la terminologie. car si c'est le cas. l’objet du pouvoir. l'article 1989 du Code civil interdit au mandataire d'agir au-delà de ce qui est porté dans son mandat. • Si le contrat est conclu en termes généraux et embrasse toutes les affaires du mandant. il peut y avoir des difficultés pour 71 . il ne pourra accomplir que des actes d'administration et de conservation. Le mandataire n'est pas neutre. et non mandat. des dispositions légales. Le mandataire doit donc disposer d'une marge de manœuvre. Sa mission dépend. Le mandataire reçoit le pouvoir d'agir pour le mandant. Le mandat peut aussi être conclu dans l'intérêt des deux parties. Sa mission doit être interprétée strictement. pour pratiquement tous les actes. si le mandataire a reçu la mission de vendre. qui imposent parfois que son mandat soit spécial. B . du pouvoir qu'il a été confié. Le mandat profite au mandant. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus doit faire ce qu'on lui dit. Ils peuvent être unilatéraux (congés. le mandataire deviendrait un simple messager ou salarié. Cette dernière retient en effet parfois une qualification distributive. Il ne peut pas s'agir d'actes matériels. confirmation). et parfois. Il n'y a pas ici de réponse très nette de la jurisprudence. Cet intérêt ne peut être apprécié par le seul mandant. renonciation.Pour le mandant En effet. en faveur de contrats de conseil ou de contrat de gestion. • Si les actes qu'on demande mandataires sont des actes de dispositions. • Si le mandat est conclu dans l'intérêt exclusif du mandataire. article 1987 du Code civil. il suffit qu'il habilite le mandataire à accomplir tel ou tel acte de disposition. le pouvoir de transiger ne renferme pas celui de compromettre. c’est le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant. On exige un mandat exprès et non un mandat spécial. et également des clauses de la convention. sauf à ce que le mandataire devienne alors un entrepreneur. à la place de celui-ci. Il agit. Ainsi l'architecte qui conclut des marchés. Cela explique que l'intervention du mandataire ne prive pas le mandant des droits qu’il peut avoir par ailleurs (obligation d'information). avant tout. Ainsi. le transporteur qui déplace la marchandise. à l’exception de ceux qui sont attachés à la personne.

une fois le pouvoir conféré. Puisqu'il agit au nom du mandant et pour lui. Il n’en irait autrement que si le mandataire avait contracté en son nom personnel. Depuis que le mandat salarié est devenu la règle. En conséquence l'exécution des obligations contractuelles passées par un mandataire. Section II -L’accomplissement du mandat. Les articles 1991 et 1992 du Code civil énoncent que le mandataire doit exécuter sans faute la mission qui lui incombe (A). il reste mandataire. S'il déclare payer pour le compte du débiteur. • Dans un second temps. • Récemment. mais aussi (C) en son nom. la Cour de Cassation avait affirmé. Le mandataire agit pour le compte et au nom d'autrui. pour définir l'intensité de l'obligation du mandataire. c’est le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant. ses obligations se sont renforcées. chambre civile 24 juin 1964. L’objet du pouvoir. L'article 1993 lui impose de rendre compte de sa gestion (B) car le mandant doit être instruit de la manière dont ses affaires ont été conduites. On envisagera donc successivement les obligations du mandataire (§1) puis celles du mandant (§2). §1 -Les obligations du mandataire. dans le sens d'une obligation de moyens. incombe à ce dernier seul. A . le mandataire était présumé en faute. la Cour de Cassation a décidé. C'est la différence entre l’indication de payer et la délégation.Exécuter la mission. Le mandataire est devenu un professionnel spécialisé. dans le sens d'une obligation de résultat.En son nom. que le mandataire salarié était tenu à une obligation générale de prudence et de diligence. Le texte n'est pas très parlant. Dans le silence du contrat. il faut donc trouver des directives. le mandataire est un représentant. Il agit ouvertement en tant que tel et se révèle sous cette identité. au nom et pour le compte de son mandant. ou encore en matière maritime. La jurisprudence non plus. En s'engageant personnellement. compétent et rémunéré. remettant en cause cette construction. la 1ère Chambre Civile a suggéré une autre 72 . le mandataire peut être tenu comme un délégataire. L'article 1991 dispose : « le mandataire est tenu d'accomplir le mandat. La question se rencontre souvent en matière d'assurance. Il s'agit d'une solution de chambre sociale du 30 novembre 1945. il pèse également des obligations sur le mandant. et depuis qu'il est un contrat synallagmatique. Une fois le mandat donné. Le mandat est une source de représentation. s’il n'exécutait pas ses obligations. il faut se demander si le mandataire a bien accompli sa mission. tant qu'il en demeure chargé et répond des dommages et intérêts qui pourraient résulter de son inexécution ». que hors le cas de force majeure. • Dans un premier temps. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus identifier le bon mandant. C . Aussi.

B . Ainsi. afin que ce dernier puisse faire appel. par exemple. cette présomption ne saurait être étendue à l'hypothèse d'une mauvaise exécution de ce dernier. Cette obligation de diligence est normalement une obligation de moyens. Selon l'article 1993 du Code civil. lorsqu'il n'aura pas accompli sa mission. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus distinction. sauf cas fortuit. Elle peut donc être écartée par les stipulations des parties. Le mandataire doit agir pour autrui car il accomplit une mission dans l'intérêt d'autrui. Plus spécialement. étant précisée que la mission n’est pas exécutée. Elle a ainsi fait observer que. En réalité. la faute est présumée. Cette solution qui s'intéresse plus à des questions de preuve qu'au contenu de l'obligation ne nous informe pas totalement sur le contenu et l'intensité de l'exécution de sa mission par le mandataire. il commet un détournement de pouvoir et engage sa responsabilité. le mandataire chargé de contracter un emprunt ne peut en utiliser le montant à des fins privées. l'obligation de loyauté. • Autre obligation. Elle se traduit par un compte-rendu sur les difficultés éprouvées dans le déroulement de la mission. Il ne peut pas prendre la place du contractant à l'acte qu’il doit passer au nom du mandant. 73 . il faut distinguer ici l'obligation de diligence et l'obligation de loyauté. La loyauté lui interdit d'agir dans son intérêt personnel. quand même ce qu’il aurait reçu n’eût point été dû au mandant ». Ainsi. Le banquier mandataire doit dire au remettant si la créance a bien été encaissée.19 janvier 1999 (Bulletin Civil 1 – n°26). présumé en faute du seul fait de l'inexécution de son mandat. Il s'agit d'une solution de la Civ 1ère . ou au contraire si l'effet n'a pas été payé. si le mandataire est. Elle doit donc être considérée comme une obligation de résultat. un aspect juridique (fournir un compte-rendu) et un aspect comptable (obtenir une reddition de compte). mais aussi sur le résultat de la mission. la faute doit être prouvée. • Tout d’abord. L’obligation de rendre compte présente deux aspects.Rendre compte. et cette fois pour éviter les détournements de pouvoir potentiels. tandis que si son exécution est incorrecte. Il s'agit d'une obligation générale qui pèse sur tous les mandataires. Le mandant devra donc prouver la faute du mandataire. le banquier doit respecter les délais d'encaissement des effets qui lui sont remis. sous peine de sanctions pénales (article L. L'avocat doit avertir le client d'un jugement qui lui est défavorable. Rendre compte oblige à faire un bilan de sa mission à tenir des comptes. Cette obligation de compte-rendu ne comporte aucun aléa. Autre obligation du mandataire. un compte-rendu. lorsque le mandat a été mal exécuté. Elle résulte toutefois de la nature du contrat. et c’est au mandataire qu'il appartiendra de se justifier. ce serait aller à l'encontre du principe selon lequel le mandataire doit véritablement agir dans l'intérêt du mandant. le mandataire doit rendre compte. « tout mandataire est tenu de rendre compte de sa gestion. le mandataire ne peut se porter contrepartie. S'il agit de manière égoïste ou en faveur d'un tiers. l'avocat doit suivre les délais de procédure. • L'obligation de diligence suppose que le mandataire doit respecter les instructions qui lui ont été données et agir avec diligence. et de faire raison au mandant de tout ce qu'il a reçu en vertu de sa procuration. à restituer les sommes qu'il a pu recevoir des tiers. En effet. Cette obligation ne caractérise pas le contrat de mandat. admettre une telle solution. 314-1 du code pénal).

et les honoraires s'il y a lieu. même si l'affaire n'a pas réussi. aura le droit à indemnisation. le mandant est tenu d'exécuter les engagements contractés par le mandataire. des fonds remis par le mandant et des intérêts produits par ces diverses sommes. Le mandat doit alors être salarié et la clause claire et précise. quand bien même cela n'aurait pas été dû au mandant. ce n'est pas contre lui que le tiers agira en réception. Ce compte devra ventiler les dettes et les créances. le mandataire doit être. Le mandataire doit rendre périodiquement. Le mandataire dispose de garanties : il a un droit de rétention sur les objets qu'il a reçus du mandant ou des tiers. des comptes au mandant. En effet. Ainsi. mais contre le mandant. la plupart du temps. mais comptable : la reddition de compte. Deuxième question. dans la mesure où ces pertes ne lui sont pas imputables. puis la question du salaire du mandataire. Le mandant doit. Mais le mandant n'est pas uniquement débiteur des tiers avec qui le mandataire a contracté (B). non plus juridique. article 1986 du Code civil. article 2002 du Code civil. en le mettant à l'épreuve dans l'accomplissement de sa mission. il est obligé à l'égard du mandataire (A) : lui rembourser ses dépenses. ou à la fin de l'opération. Dans la colonne passif. Il n’en irait autrement qu'en cas de faute du mandataire. En effet. indemnisé des pertes essuyées à l'occasion de sa gestion. lors d'un contrôle fiscal. Il doit fournir un compte de gestion. le mandataire d'une société de promotion immobilière. selon l'article 2000 du Code civil. d'abord. qui reçoit des fonds et qui. Toutefois. article 1999. les intérêts de ces avances à dater du jour où elles ont été constatées. Le mandataire est débiteur des recettes encaissées par les tiers. On envisagera ici successivement : le remboursement et l’indemnisation. fait l'objet d'un redressement. doit figurer tout ce que le mandataire a reçu. A . • Les tribunaux vont même jusqu'à admettre une présomption de mandat salarié en faveur des personnes dont la profession consiste à s'occuper des affaires d'autrui. En application du principe de la représentation. il est aujourd'hui rémunéré. seront mentionnés les avances et frais nécessités par l'exécution du mandat. par exemple. Dans la colonne actif. §2 -Les obligations du mandant. article 1196 du code civil. pour toutes les dépenses qu'il a pu engager à l'occasion de sa mission. Si le mandant est en principe gratuit. article 2001. et ce. les dispositions de l'article 2000 du Code civil ne sont pas d'ordre public : les parties peuvent donc conclure un forfait excluant tout autre versement au mandataire.Les obligations du mandant à l’égard du mandataire. rembourser le mandataire. Le mandant doit également indemniser le mandataire pour le préjudice qu'il peut lui causer en ne respectant pas une clause d’exclusivité. le salaire du mandataire. et lui régler le cas échéant son salaire. l'indemniser pour les pertes qu'il a pu subir. il peut mettre en jeu la solidarité qui dit les comandants. ou encore. Les juges peuvent 74 . CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • Autre obligation.

• Si le mandataire agit au-delà de ses pouvoirs. qui règle les risques du contrat. Si. à une meilleure protection des tiers. qui peuvent prévoir que la rémunération sera proportionnelle aux résultats. Pour déterminer les effets de l'acte juridique accompli par le mandataire. sous réserve de ce qui a été exécuté conformément au mandat. En cas de forfait. compensation entre son salaire et sa dette de dommages et intérêts. comme nous allons le voir. • Si le mandataire a traité en son propre nom avec un tiers. il ne peut rien réclamer. Le contrat formé n'engagera dès lors pas le mandant. Il ne doit aucune garantie aux tiers. Plus exactement. C’est une façon de distinguer le problème de la détermination des obligations de celui de l'appréciation de sa responsabilité. l'acte du mandataire est nul. vend un bien alors qu'il devait seulement administrer. 1924. • Autre question qui surgit : le mandataire peut-il percevoir son salaire en cas d'échec dans la réalisation de la mission ? Si cet échec lui est imputable. Il y aura. par la suite. • Quand le mandataire n'a pas fait connaître ses droits au tiers. et même sous certaines conditions. Il existe toutefois des tempéraments. il faut distinguer suivant que le mandataire a agi dans la limite ou au-delà de ses pouvoirs. dans la mesure où le prix a été déterminé avant l'accomplissement de la mission. Cette solution dérogatoire au droit commun est interprétée strictement. En l’absence de précision. article 1997 du code civil. la représentation joue. ce qui ne l'empêche pas de recourir. tout d'abord. au mandant. l'échec ne lui est pas imputable et résulte d'un cas de force majeure. et ensuite. B . car la représentation ne peut pas jouer. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus déterminer le prix. le réviser. en quelque sorte. Depuis très longtemps. • Si le mandataire a agi dans la limite de ses pouvoirs. qu'en matière de mandat. Elle ne joue. Le principe vaut pour tous les actes juridiques accomplis par le mandataire au nom du mandant. On peut supposer que le mandataire accepte de conclure un acte juridique au nom du mandant. Quels seront alors les effets de cet acte ? On peut aussi chercher à tirer les conséquences des fautes contractuelles ou délictuelles que le mandataire a commises à l'occasion de sa gestion. La ratification et le mandat apparent conduisent. lorsque ces honoraires paraissent exagérés.Les obligations du mandant à l’égard des tiers. Le mandataire n'est pas tenu. ou encore. conduit à dire que le mandataire ne pourra rien réclamer. il en est le débiteur direct. des usages. la maxime res perit debitori. par contre. qu'en l'absence de texte. la jurisprudence permet au juge de réduire les honoraires des mandataires. 75 . se résolvant par l’allocation de dommages et intérêts en cas d'inexécution. et enfin. la rémunération n'est pas davantage révisable. • Rien n'interdit enfin de rechercher la responsabilité délictuelle du mandataire. il ne s’est jamais formé. Le mandant est tenu vis-à-vis des tiers comme s'il avait contracté avec lui. il faudra ici tenir compte de l'intention des parties. il est tenu en tant que porte-fort et se trouve ainsi débiteur d'une obligation de faire.

ou encore. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • La ratification. Ce qui compte. en sa qualité de commettant. Selon cette dernière. La formule qu’elle a retenue est la suivante : « le mandant peut être engagé sur le fondement d'un mandat apparent. L'idée qui préside au mandat apparent. assure une protection des tiers. Cette solution résulte de l’article 1998 alinéa 2 du code civil. Si son erreur est grossière. Il en assume. Le tiers a été abusé au point de croire qu'il traitait avec un véritable mandataire. ce caractère supposent que ces circonstances autorisaient le tiers à ne pas vérifier les limites exactes du pouvoir ». Cette rétroactivité signifie que l'acte sera considéré comme régulier. c’est que le tiers soit de bonne foi et qu'il se soit légitimement trompé. et en quoi elle est légitime. mais aussi que les droits acquis par les tiers dans l'intervalle pourront être remis en cause. dire en quoi l'erreur est constituée. L'apparence doit être prouvée par celui qui l’invoque et la notion fait l'objet d'un contrôle de la part de la cour de cassation. Il faut s’assurer naturellement que le mandant a donné son accord en toute connaissance de cause. sur le fondement de l'article 1382 du Code civil. Cela suppose naturellement que toutes les conditions de la responsabilité du fait d’autrui soient remplies. Le principe repose sur la croyance légitime. respectivement du mandant et du mandataire. Et. par le mandant. Si le mandataire a utilisé le papier à en-tête du mandant. lorsqu'il ratifie l'acte du mandataire. • La faute du mandataire peut permettre de retenir la responsabilité du mandant. Le mandant sera alors engagé. source d'obligation. c'est le principe error communis facit jus. l'habitude. lui aussi. pour le mandant. • Le mandataire peut commettre des agissements illicites à l'occasion de sa mission. ce sera la mise en évidence de la qualité de commettant et de préposé. La qualité des parties. La ratification est un acte rétroactif. Si la croyance du tiers à l'étendue des pouvoirs du mandataire est légitime. ou si elle porte sur un élément qu’il doit connaître. son bureau ou revêtu son uniforme. Le mandant est tenu de ce qui a été fait au-delà du pouvoir qu'il a donné. il doit en répondre. comme la loi. même en l'absence d'une faute susceptible de lui être reprochée. se rend coupable d'une faute détachable de sa gestion. le juge doit détailler les éléments constitutifs de l'apparence. les usages le seront également. Il s'agira 76 . il a ainsi créé un climat psychologique. en principe. • Ensuite. Peu importe que son erreur soit invincible. ce qui posera le plus de difficultés. il n'a aucune raison d'être protégé. assemblée plénière de la cour de cassation du 13 décembre 1962. comme la ratification. Mais le mandant peut également engager sa responsabilité • Le mandataire est responsable envers les tiers des délits et quasi-délits qu’il peut commettre dans l'accomplissement de sa mission. conduisant le tiers à ne pas douter de l'étendue de ses pouvoirs. au point que tout le monde se trompe. Tout dépendra donc des circonstances. la cour de cassation a estimé que l'apparence était. • Le mandat apparent. la nature du contrat. il n'est pas nécessaire que l'apparence soit établie. raisonnable. Les circonstances sont donc décisives. La responsabilité du mandant et du mandataire. l'erreur commune fait le droit. acte ou circonstance qui manifeste de la part du mandant la volonté certaine de ratifier. Depuis un arrêt de 1962. S'il blesse quelqu’un . peut-être expresse ou tacite. ou qu'il est censé connaître. à compter de sa conclusion. Elle résulte de tout fait. le mandant peut endosser une responsabilité contractuelle du fait d’autrui. la responsabilité. endommage un bien. La ratification.

La représentation n’est pas de l'essence du mandat. Le mandataire peut ne pas représenter le mandant. De même. La convention de prête-nom est donc soumise aux principes qui régissent la simulation. La première. Dans le code civil. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus de l'hypothèse où le mandataire commet des fautes. comme la législation consumériste. le mandant est responsable contractuellement de cet abus de confiance. s'ils le connaissent. en secret. C'est ainsi que sont apparus des mandats particuliers. Après avoir examiné les règles relatives au mandat ordinaire. représentatif et aménagé dans l'intérêt du mandant. du patrimoine du prête-nom dans le patrimoine du mandant. Ce contrat était gratuit. le dol du mandataire dans la conclusion de l'acte rejaillira sur le mandant. une personne promet d'agir pour le compte d'une autre. Entre les parties. Le mandat produit donc ses effets et il oblige le prête- nom à restituer et à rendre compte. Dans le contrat de prête-nom. Ainsi. Naturellement. non pas dans l'exécution de son contrat. mais dans l'exécution de l'obligation que le mandant avait déjà contracté envers un tiers. C'est le cas dans le prête-nom (§1) et dans la commission (§2). si le mandataire le détourne. ont cependant modifié le modèle type du Code civil. le mandat avait été conçu comme un contrat de bienfaisance et de confiance. 77 . le mandant est concerné par les actes illicites du mandataire. ce que la loi interdit de faire ostensiblement. ce dernier en répondra. Les mandats sans représentation. • Ce sera ainsi le cas s'il s'agit de restituer un bien. §1 -Prête-nom. La pratique. Enfin si le délit du mandataire s’explique par des instructions malveillantes du mandant. simulation plus précisément par interposition de personne. une double transmission de la propriété va s'opérer. soit l'acte occulte. après en avoir obtenu la remise. nous allons envisager les mandats particuliers. De même. Si le prête-nom a acheté quelque chose pour le mandant. la fraude du mandataire autorise le tiers contractant à exercer une action paulienne contre le mandant. Ils peuvent agir contre le prête-nom ou contre l'instigateur. Section I -. Chapitre II. en dissimulant sous sa propre personnalité le véritable intéressé à l'opération projetée. Cela se produira chaque fois que le mandataire agit en son nom. Il s'agit donc d'une forme de simulation. ce contrat ne devra pas permettre de réaliser. La seconde. l'acte secret est obligatoire. soit l'acte apparent. Si l’on met de côté le mandat salarié déjà étudié. Les tiers peuvent invoquer. ces mandats se résument aux mandats sans représentation (section I). aux mandats d'intérêt commun (section II) et aux mandats réglementés (section III). du patrimoine du tiers dans celui du prête-nom. Les mandats particuliers.

ou sous un nom social. ou encore. pour le compte du commettant. et donc. La déclaration de command contient un délai. c'est-à-dire le commandé. les parties peuvent recourir à ce que l'on appelle la déclaration de commande. Le commissionnaire a des obligations similaires au mandataire. 132-1 alinéa 1 du code de commerce précise que le commissionnaire est celui qui agit en son propre nom. double transmission. Cette convention est de droit dans les adjudications sur saisie immobilière. L’article L. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • Pour éviter de payer alors deux fois les droits de mutation. l'élection d’ami. Cela peut éviter que le vendeur réclame un prix trop élevé. c'est-à-dire le command. et en conséquence. et est marqué par l’intuitu personae. En ce sens. §2 -Contrats de commission. • Les caractères généraux du contrat sont effectivement ceux du mandat. • Ce qui est original dans la commission. • L'acheteur. Le plus souvent. Il lui appartient de prendre toutes les mesures nécessaires à la conclusion de l'opération. sans indiquer au vendeur l'identité du candidat à l'achat. • Chargé de vendre. Le commissionnaire est donc un mandataire (A). Le contrat est consensuel. Chargé d'acheter. Le commissionnaire agit en son nom. 24 heures selon les règles fiscales. ou sous un nom social. délai pendant lequel le commandé doit révéler au vendeur le nom du command. • Il doit exécuter la mission qui lui a été confiée. 78 . Ce dernier déclare qu’il traite pour autrui. • Le contrat de commission est donc un contrat de mandat. au besoin en se faisant aider ou en recourant à un substitut. Le commissionnaire agit donc pour le compte d'autrui. L'article L.Le commissionnaire est un mandataire. il y aura simple prête-nom. il doit trouver des fournisseurs. il doit rechercher ou trouver des acheteurs. mais un contrat de mandat très particulier. le commissionnaire est un commerçant. un commissionnaire agit donc en son nom propre. un mandataire particulier (B). mais il contracte en son propre nom. un professionnel spécialisé dans telle ou telle opération. double imposition. article 707 du nouveau code de procédure civile. a) Les obligations du commissionnaire. à la différence d'un mandataire. Le commissionnaire est un mandataire qui a des obligations (a) et des droits (b). synallagmatique. Il déclare agir pour un ami qui lui a commandé d’acheter. À défaut. A . fait acheter un bien par quelqu'un d'autre. c’est l’absence de représentation. qui n'est pas celui de son commettant. 132-1 alinéa 2 du code de commerce ajoute que les règles du mandat sont applicables au commissionnaire qui agit au nom d'un commettant.

• Le commissionnaire n'est pas caution. • Le commissionnaire n'est toutefois pas responsable du fait du tiers avec qui il a contracté. Le commissionnaire garantira alors le non-paiement d'une échéance par le tiers. Il n'est pas non plus responsable si l'acquéreur. Pour garantir ses créances. faute d’obligation principale entre le tiers et le commettant. de même il ne peut renoncer à sa 79 . Quand il s'agit de le révoquer. il a aussi des droits. S'il est vrai que des dommages et intérêts ne lui sont dus qu'en cas de rupture abusive de son contrat. • Comme un mandataire. Si le commissionnaire a des obligations. le commissionnaire sera effectivement garant de la bonne fin de l'opération. ou encore. à qui il a vendu une marchandise. d'un droit de rétention. déposées ou consignées entre ses mains. Le commissionnaire a le droit d'obtenir le remboursement de tous les frais et dépenses qu'il a pu engager dans l'accomplissement de sa mission. l'obligent à agir au mieux. 132-2 du code de commerce prévoit que cette sûreté grève toutes les marchandises expédiées. indicatives. le commissionnaire devra les respecter scrupuleusement. cette solution ne joue que lorsque le contrat est conclu pour une durée indéterminée. pas de l’exécuter : il n'est donc pas responsable si le tiers livre une marchandise atteinte de vices cachés. on peut assimiler ici sa garantie avec celle d'une garantie à première demande. c'est-à-dire de réaliser la mission pour son propre avantage. même perturbée par des circonstances fortuites. Le commissionnaire n'est donc pas révocable ad nutum. ne pas conclure le contrat projeté. mais il est garant. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • Le commissionnaire doit respecter les instructions du commettant. Lorsqu’elles sont impératives. le commissionnaire doit rendre compte de sa mission et il se voit interdire de se porter contrepartie. procurer au commettant une marchandise dont il n'a pas vérifié les qualités. si le commissionnaire détient encore les marchandises. qui est acquise dès lors qu'il a conclu l'opération. • Si le commissionnaire n'est pas tenu à une obligation de moyens renforcée. elle ne peut être révoquée tant qu'elle n'est pas achevée. le commissionnaire jouit d'un privilège. Le commissionnaire a le droit d'obtenir la rémunération convenue. avec qui il a contracté. b) Les droits du commissionnaire. Ces instructions. Elle s’accompagne. Il répondra de l'exécution parfaite des obligations du tiers. Dans ce cas. ainsi qu'à l'indemnisation de toutes les pertes qu'il a pu essuyer et qui ne lui sont pas imputables. Cette commission est généralement forfaitaire. Si la commission est précise. sa responsabilité doit tout de même être appréciée avec une certaine vigueur. en vue d'une succession d'opérations. puisqu'il s'agit d'un professionnel. Le commissionnaire répond de ses fautes. Il est tenu de conclure une opération. lorsque la commission s'accompagne d’une clause dite de ducroire. n'en règle pas le prix. • Il en sera différemment en matière de commission de transport. et non sa solvabilité. le commissionnaire n'est plus qu’un simple mandataire. traiter avec un insolvable. L'article L. À ce titre.

Il y a effectivement représentation de fait. • Le commissionnaire agit en son nom. ce que l'on appelle une représentation imparfaite. 621-22 et L. Le commissionnaire est un mandataire particulier. le commettant ne peut lui en réclamer le paiement. ce dernier est tenu à l’égard des tiers. Seul. nous venons de le voir. le tiers ne peut agir que contre le commissionnaire. Cette solution résulte des dispositions spécifiques du code de commerce. 80 . agi au nom et pour le compte du commettant. • Si le tiers ne verse pas le prix des marchandises. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus mission en toute liberté.Le commissionnaire est un mandataire particulier. Certains auteurs croient pouvoir en déduire l'existence d'une action directe du commettant contre le tiers et réciproquement. mais le commissionnaire est également un mandataire particulier. Et ce. chargé de vendre. Il met en rapport. Ainsi si le donneur d'ordre souhaite vendre. Cependant la jurisprudence est contre. • Le courtier est un intermédiaire indépendant. B . La représentation imparfaite peut devenir parfaite. • Le commissionnaire n'est pas un courtier. le courtier ne contracte pas avec les tiers. Il lui proposera un partenaire. • Toutefois le commissionnaire agit pour le compte du commettant. et un bon candidat. Tout d’abord. ses conseils. le courtier doit lui soumettre un candidat à l’achat. pour qu'un accord soit trouvé. si le commissionnaire a. tenu vis-à-vis de son client que l'on appelle le donneur d'ordre. Des relations vont donc s'établir entre le commettant et le tiers. Il y a absence de représentation. mais si le commettant refuse de livrer les marchandises. Il se borne à rapprocher des personnes qui veulent traiter ensemble une opération. Les effets de contrat conclu vont donc se produire dans le patrimoine du commettant. Le commissionnaire. article L. et il est nécessaire de s'arrêter ici sur un certain nombre de contrats pour les comparer à la commission. son organisation. la situation s’avère plus complexe. est un mandataire. le courtier. Il est lié au tiers et personnellement tenu des obligations contractées avec ce tiers. La commission se sera alors en effet transformée en mandat. en réalité. Le commettant reste étranger au contrat conclu par le commissionnaire. • Si le commissionnaire. En effet. En réalité. cette action directe existe uniquement dans l'hypothèse d'une procédure collective frappant le commissionnaire et dans l'hypothèse d'une action du commettant envers le tiers. 621-23. donne son aide. et il se trouve donc obligé comme tout contractant. a bien vendu. même si ce tiers connaissait l'identité du commettant. ou encore.

On parle alors de centrales de référencement. que l'on dénomme 81 . dans les termes du droit de mandat : obligation de résultat atténuée ou obligation de moyens. • Son rôle est d’offrir à des commerçants distributeurs de produits. due par les deux intéressés : le donneur d'ordre. le tiers en tant que maître d'une affaire. vis-à-vis du donneur d’ordre. en sa qualité de contractant . • La responsabilité du courtier se rapproche de celle du commissionnaire : il peut. par les fournisseurs au groupement. tenu de conclure le contrat avec la personne qu'il a pressentie. le courtier répond de ses fautes et de ses négligences. • N'intervenant pas dans la conclusion de ces contrats. tout en prenant une commission. en principe. être révoqué quasi-discrétionnairement. elle joue bien le rôle d'un courtier. en fin d'année. modalités). Les centrales d’achat. de négocier en leur faveur des conditions d'achat plus favorables. quand bien même le groupement aurait accepté de le payer en qualité de délégué. Il n'est pas. ou encore. le conseiller et lui rendre compte. Toutefois. ayant rapproché les parties. article 1375 du Code civil. dans les termes de la convention. • Le courtier peut engager sa responsabilité à l'égard du tiers mis en relation avec un donneur d'ordre fantaisiste. peuvent jouer le rôle de courtiers. • Ces avantages se traduisent généralement par des remises versées. en principe. • La centrale n'a cependant pas à garantir la solvabilité des acquéreurs. la centrale favorise la conclusion de contrats entre des fournisseurs et des distributeurs. c'est-à-dire lui dire qu'il a trouvé le partenaire en lui adressant une lettre de confirmation. dans le cadre d'une délégation imparfaite. qui s'occupe ensuite de les répartir entre ses adhérents. si elle a connaissance de leur situation difficile. dans les conditions fixées par la centrale. contractuellement. elle peut engager sa responsabilité. négocie des conditions intéressantes et transmet leurs offres à ses adhérents. • Le courtier est responsable. ou encore. ses clients adhérents. les premiers sont en droit d'obtenir des seconds les prix des marchandises livrées. Autrement dit. de sa mauvaise exécution. mais d'un courtier particulier. • La centrale recherche des fournisseurs. Sa rémunération forfaitaire est. • Le courtier perçoit une rémunération dont le principe est acquis dès l'instant où. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • Le courtier doit également fournir à son client des informations exactes et précises sur l'opération à conclure (détails. Autre contrat qui se rapproche de la commission : la centrale de référencement. il n'est pas non plus responsable de la non-conclusion du contrat. auprès de fournisseurs. qui sont normalement des commissionnaires. compte-tenu de l'engagement contractuel pris à son égard par les fournisseurs : engagement à satisfaire les commandes. le contrat est passé. selon la jurisprudence. • La rémunération que perçoit la centrale de la part des fournisseurs. • En tant que professionnel. Parce que les ventes se concluent directement entre les fournisseurs et les distributeurs. celui- ci une fois signé.

Les courtiers spécialisés. la rémunération des services rendus aux adhérents assurés d’achats aux meilleures conditions. quelle que soit la qualification utilisée dans le contrat. • Le courtier est un professionnel et un commerçant. • Le cabinet de recrutement est un entremetteur. les courtiers en vin. le contrat devra mentionner le nom de professionnel. son adresse. Elle constitue d'une part. et doit être remis par le professionnel au non-professionnel au moment de sa conclusion. Offrir ses services afin de faciliter l'adoption est ainsi prohibé. • En ce qui concerne les courtiers matrimoniaux. compte tenu des qualités exigées du candidat et des affinités entre celui-ci et le futur employeur. L'article 6 de la loi du 23 juin 1989 et son décret d’application du 16 mai 1990. Une obligation de résultat impliquerait qu’il ait la maîtrise de toutes les données relatives à la définition des postes à pourvoir et de la rémunération à offrir. ces éléments dépendent du client. 82 . n'incombera qu’au futur employeur. Ce contrat est un contrat de courtage. et enfin. son siège social et la nature de prestations fournies. • La décision définitive. à un cabinet de recrutement pour découvrir un cadre performant. • Il s'agit d'un contrat par lequel l'entreprise s'adresse. • Il existe beaucoup de courtiers spécialisés qui obéissent à des textes particuliers : les courtiers de marchandises. Le cabinet de recrutement n’est tenu que d'une obligation de moyens. défini par la loi comme « le contrat portant sur l'offre de rencontre en vue de la réalisation d'un mariage ou d'une union stable». Elle a. Le contrat doit être écrit en caractère lisible. réglemente le contrat de courtage matrimonial. • Il faut que soit établi un contrat écrit. • L’agence doit cependant respecter certaines règles : titre 5 ou dispositions relatives au regroupement et aux libertés individuelles. Or. est licite. La loi impose aux entremetteurs des délais de réflexion et des obligations d'information. qui se voient offrir un marché d'une toute autre ampleur que ce qu'ils auraient pu obtenir par leurs propres moyens. comportant des mentions obligatoires et il a été prévu un droit de rétractation. et d'autre part. • Ses activités ne sont pas limitées. un courtier. elle constitue la rémunération de services rendus aux fournisseurs. Rien ne s'oppose à ce que le cabinet de recrutement soit rémunéré une fois l'accomplissement concluant de l'essai par le candidat recruté. une cause certaine. Autre contrat particulier : Le contrat de recrutement. moyennant rémunération. Sous peine de nullité. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus commission de gestion et qui est proportionnelle au chiffre d'affaires réalisé par les fournisseurs auprès des adhérents. à la condition naturellement d'être licites. les courtiers d'assurance. le montant et les modalités de paiement du prix. • L’agence spécialisée recherche les candidats répondant aux qualifications attendues et les présente au client. en effet. de la loi nº 92-1446 du 31 décembre 1992. le législateur a dû intervenir. relative à l'emploi.

sans possibilité de renouvellement par tacite reconduction. poussant le mandataire à agir. sa révocation n'est plus libre. empruntant au contrat principal sa stabilité. avec restitution des sommes versées par le client. A . un entrepreneur avant tout. • Enfin. le législateur a appliqué la notion à des hypothèses où l'existence même du mandat était douteuse. • Le promoteur immobilier. • Enfin. dont l'intérêt est de multiplier les ventes des entreprises pour lesquelles ils œuvrent. • La durée du contrat doit également être déterminée. il s'agissait de mandat accessoire. • La notion de mandat d'intérêt commun s'est étendue aux intermédiaires. À l'origine. Les mandats d’intérêt commun. Il suffit ici de s'assurer de l'accord des parties. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • En annexe du contrat doit figurer l'indication des qualités de la personne recherchée. qui lui permettait de diriger le procès en lieu et place de l'assuré. Section II. • Le mandat confié au banquier de recouvrer une somme d'argent avec la faculté de prélever une commission sur la somme encaissée. en application des clauses et conditions spécifiques du mandat. Le mandat d'intérêt commun est un mandat de collaboration. ou enfin. • Le mandat donné à l'assureur. 83 . Aucun paiement ne pourra être reçu pendant cette période de réflexion. Une faculté de résiliation pour motif légitime est prévue au profit de deux parties. ou pour une cause légitime reconnue en justice. Notion. s'est vu ainsi reconnaître la qualité de mandataire d'intérêt commun. en vertu d'une clause de défense-recourt contenue dans la police. Le mutuus disensus n'est qu'une projection de l'article 1134 alinéa 2 du Code civil. et notamment aux agents commerciaux. le client dispose d'un délai de rétractation de sept jours à compter la signature du contrat. §1. On étudiera successivement la théorie générale du mandat d'intérêt commun (§1) puis ses applications (§2). Cet élément constitue naturellement une obligation de moyens. Le mandat ne peut être révoqué que du consentement mutuel des parties. aussi bien dans l'intérêt du mandant que dans le sien propre. dans la limite d'un an maximum.Intérêt de la notion Quand le mandat est un mandat d'intérêt commun.

toujours de l'existence même du contrat de mandat. est. lui. 84 . qui exploite un journal. 134 -4 du code de commerce. En développant son activité. Ces solutions conventionnelles aboutissent à la suppression de toute indemnité. Selon la jurisprudence. B . pour l'une de ses éditions. chaque fois qu'elles contribuent par leur collaboration à l'accroissement d'une chose commune. charge un de ses correspondants de rechercher. Enfin. Le mandat peut également contenir un préavis de rupture. Rien ne s'oppose également à ce que les contractants prévoient que la charge de la preuve du motif de révocation pèsera sur le mandataire. L'agent commercial est le prototype du mandataire d’intérêt commun. Il est nécessaire que le mandataire ait un intérêt dans la réalisation même de l'objet du mandat. ou le développement de clientèle. en la matière. 134-4 du code de commerce. et qu’il est établi que l'intéressé a pu constituer un réseau de clientèles. L'intérêt du mandat se déduit. l'agent commercial développe une clientèle et il contribue à l'augmentation du chiffre d'affaires de sa société. La notion d'intérêt du mandataire est déterminante de la qualification du contrat. qui correspond à la transposition d'une directive communautaire du 18 décembre 1986 et qui est devenu l'article L. chaque fois qu'elles ont intérêt à l'essor de l'entreprise par la création et le développement d'une clientèle. C'est le cas lorsque le mandat a pour objet la prospection. la cause légitime peut consister en la réorganisation des services du mandataire. moyennant commission des ordres de publicité. • Toutefois. • Selon cet article L. au nom et pour le compte de l'entreprise qu’il représente. Elle peut également résulter de la concurrence que se font les parties. plus délicate à apprécier. ce dernier texte a quelque peu altéré la théorie du mandat d'intérêt commun en modifiant les conditions de sa révocation. On notera enfin que ce texte n’est applicable aux contrats internationaux que dans la mesure où le droit français est applicable. Ce texte ne s'applique toutefois que si un certain nombre de conditions de fonds sont réunies. elle. compensant de préjudice entraîné par la révocation du mandataire. Après avoir vu l’intérêt de la notion. dans l'article 3 du décret du 23 décembre 1958. les parties peuvent définir dans leur contrat les causes et conditions de cessation de leurs relations. §2 -Le mandat de l’agent commercial. ou conclut des contrats de vente. Il négocie.Critère. reconnue en justice. il nous faut maintenant nous attarder sur le critère qui permet de mettre en lumière l’intérêt commun. la création. puis dans l'article 4 de la loi du 25 juin 1991. l'analyse de la jurisprudence. parmi les annonceurs du journal. Ainsi. le mandat est d'intérêt commun. Le législateur a consacré. les contrats intervenus entre les agents commerciaux et leurs mandants sont conclus dans l'intérêt commun des parties. quand une société. La qualification de mandat d'intérêt commun doit être retenue chaque fois que les parties ont des droits directs et concurrents sur l'objet du mandat. Cela englobe l'activité des agents commerciaux. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus La cause légitime.

un VRP ou encore un simple gérant. Les parties ont la possibilité d'exclure par écrit l'application de la loi. de commerçants ou d'autres agents commerciaux . l'agent commercial ne peut pas avoir la qualité de commerçant : son contrat est civil. En cas de concurrence. 134-15 du Code de Commerce. par lui-même un caractère civil pour le mandataire. il encourra une amende. de façon positive ou de façon négative. • Il en résulte que l'agent commercial ne peut être assimilé à un concessionnaire. • C'est un mandataire qui. 134-13 du code de commerce. En effet. En ce sens. Chaque partie a toutefois le droit d'en obtenir un à sa demande. en son nom et pour son compte. sauf à respecter les directives de son entreprise. sans être lié par un contrat de louage de services. le contrat est consensuel. à titre de profession indépendante. La définition positive de l'agent commercial. d'achat. en ce sens. L'agent doit justifier de l'immatriculation sur un registre spécial. recruter des sous-agents. • L'agent commercial. accomplir des opérations pour son compte personnel. Il agit au nom ou pour le compte d'une entreprise industrielle ou commerciale. qui exerce son activité de façon habituelle. par détermination de la loi. Définition négative de l'agent commercial. Il a. 134-1 du code de commerce. est chargé de façon permanente de négocier. qui est tenu au tribunal de commerce. On peut définir de deux façons l'activité de l'agent commercial. il reste commerçant. lorsque l'activité de l'agent est l'occasion d'une autre activité. de location. • L'agent commercial est d'abord un mandataire. ou de prestation de services. comme on l’a déjà vu. • L'agent commercial est un professionnel. achetant de marchandises pour les revendre en son nom 85 . dans la mesure où il ne porte pas concurrence à son mandant. • L'agent commercial est ensuite un mandataire indépendant. tout d'abord. Cette solution résulte d'un arrêt de la chambre commerciale de la Cour de Cassation du 28 mai 2002. si ce dernier est un organe de distribution. personne physique ou morale. Il doit. celui-ci agissant au nom et pour le compte du mandant. Il ne comporte aucun acte de commerce passé au nom de l'agent et diffère du contrat de courtage commercial. article L. Il peut. ne peut être assimilé à un concessionnaire. au nom et pour le compte de producteurs industriels. cette solution résulte de l'article L. • Parce qu'il est un mandataire qui représente le mandant. Cette solution résulte de l'article L. s'engager envers plusieurs mandants. il devra solliciter l’accord de son mandant. et éventuellement de conclure des contrats de vente. Cela signifie qu'il organise son travail comme il l’entend. négocier et conclure des opérations. À défaut. l'accès au statut d'agent commercial était subordonné à une condition de forme : l'existence d'un contrat écrit. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus A . Aujourd’hui. qui prospecte aussi une clientèle dans un secteur déterminé.La notion d’agence commerciale Auparavant.

conformément à la directive communautaire. VRP. tandis que les agents commerciaux négocient et passent des contrats. accomplir sa mission avec diligence. et le cas échéant. Toutefois ces gérants sont des mandataires agissant au nom et pour le compte d'une entreprise. l'agent a droit à une 86 . • Il précise également que l'agent commercial doit exécuter son mandat en bon professionnel et que le mandant doit mettre l'agent commercial en mesure d'exécuter son mandat. Ces gérants ont pour mission d’exploiter une succursale et ils bénéficient des avantages accordés aux salariés : sécurité sociale. • Ils indiquent que l'agent doit veiller aux intérêts du commettant et agir loyalement et de bonne foi. Si rien n'est prévu dans le contrat. ces obligations sont précisées en pratique par des normes professionnelles. lui. il n'est donc pas un voyageur représentant placier. lié à l'employeur par un contrat de travail. ils ont la même activité : prendre ou transmettre des commandes d'une ou plusieurs entreprises. le voyageur représentant placier se voit interdire de faire des opérations commerciales pour son compte personnel. congés payés. Cela résulte des dispositions de l’article 7811 de code du travail. à la négociation. • L'agent commercial n'est pas non plus salarié. et se conformer aux instructions raisonnables données par le commettant. respecter le mandat qui lui est confié. on examinera successivement les droits et obligations des parties (a) et la révocation du mandat (b) a) Les droits et obligations des parties.Le régime de l’agence commerciale. Le décret de 1992 précise les modalités de l'information des parties. et enfin rendre compte. B . Souvent. • Il doit s'employer. • L’agent commercial n'est pas non plus un simple gérant. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus propre et à ses risques et périls. Le mandant est. comme il se doit. Au surplus. • Il doit régler à l'agent sa rémunération. à la conclusion des opérations dont il est chargé. tenu d'exécuter des engagements contractés par le mandataire. compétence prud'homale. 134-4 alinéa 2 dispose que les rapports entre l'agent commercial et le mandant sont régis par une obligation de loyauté et un devoir réciproque d'information. conformément au pouvoir qui lui a été donné. Certes. Ils ont l'obligation de gérer un fond. communiquer au commettant toute information nécessaire dont il dispose. La distinction est délicate lorsqu'il s'agit d'un gérant mandataire. Dans le cadre du régime de l’agence commerciale. Les articles 134-1 à 134-17 du code de commerce déterminent les obligations des agents commerciaux. comme tout mandataire. les gérants de succursales de maisons d'alimentation de détail ou des coopératives de consommation bénéficient de certaines institutions du droit du travail : conventions collectives. compétences des conseils de prud’hommes. L'agent doit donc. Cependant. • L'article L.

le droit à commission de l'agent commercial naît lorsque l’opération a été conclue grâce à son intervention. Il n’en ira autrement que cette démission est justifiée par une faute du mandant. quand le contrat est à durée déterminée. lorsque le contrat est à durée indéterminée . b) La révocation du mandat d’agence commerciale Nous envisagerons ici successivement les conditions de la révocation et son montant. 134-10 du Code de Commerce. En ce sens également. l'agent commercial sera aussi privé de dédommagement dans l'hypothèse où son contrat à durée déterminée n'a pas été renouvelé pour un motif légitime. voir les dispositions des articles L. Le montant de la révocation. • En l’absence d’usages. le droit commun est de nouveau applicable. ou de résiliation unilatérale. Par cessation. ou lorsque l’opération a été conclue avec un tiers dont il a obtenu antérieurement la clientèle pour des opérations du même genre. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus rémunération. La cessation des relations ne doit pas être provoquée par la transmission du contrat à un tiers. • En cas de démission de l'agent commercial. la maladie ou l’infirmité de l'agent. 134-5 alinéa 3 du Code de Commerce. • Ensuite. ou procédure collective. • Enfin. L'agent commercial est protégé d'une rupture intempestive de son contrat ou de son non- renouvellement injustifié. • Généralement. Les conditions de la révocation. pour bénéficier de la protection. le contrat fixe avec précision le taux de la commission. la baisse sensible d'activité entraînant un fléchissement des ventes. Cette solution résulte de l'article L. conforme aux usages pratiqués dans le secteur d'activité qui est couvert par son mandat. 134-6 à L. l'agent commercial a droit à une rémunération raisonnable qui tient compte de tous les éléments qui ont trait à l'opération. Il faut toutefois. La cessation du mandat d'agent commercial ouvre droit. son assiette. Ces négligences répétées le priveraient de toute indemnisation. ses modalités de paiement et son fait générateur. maladie. article L. L'agent recouvrirait alors son droit à indemnisation. 87 . La cession à titre onéreux du contrat est privative d'indemnité. 134-12 du Code de Commerce. qu'il n’ait commis aucune faute grave. à son profit. c'est-à-dire pour une faute grave ou si le contrat vient à cesser pour cause de décès. sauf faute grave ou circonstance de force majeure. Après avoir examiné les conditions de la révocation. à une indemnité compensatrice du préjudice subi. il nous faut maintenant nous attarder sur le montant de la révocation. l'âge. Ainsi le non-respect d'une obligation de non-concurrence. il faut entendre les hypothèses de non-renouvellement. • Selon l'article 7 de la directive communautaire. étant précisé que dans ce dernier cas (contrat à durée indéterminée) la résiliation devra s’accompagner d'un préavis.

134-14 du Code de Commerce. étudier les mandats réglementés. dans la mesure où les textes interdisent de déroger aux dispositions accordant à l'agent un droit à une indemnité compensatrice du préjudice subi. Les mandats réglementés. Les agents d'affaires. 88 . durant les deux ou trois dernières années d'exercice de son mandat. Attardons-nous d’abord sur les avocats. • Ils agissent toujours en qualité d'intermédiaires. ce qui explique leur assujettissement au droit commercial. afin de contrôler leurs opérations. • L'article L. C’est la solution de l'article L. vente. ils seront exposés des tentations. • Les avocats assistent. sont remplies. puis le mandat d’intérêt commun. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Si les conditions. • Ce sont des commerçants car ils ont une activité d'entremise qui est commerciale par nature et ils en font leur profession habituelle. il nous faut apporter des précisions sur la notion d'agents d'affaires. respectivement parce qu'ils sont investis d’une charge publique et parce qu'ils appartiennent à une profession libérale. tant interne que communautaire. • Professionnels rémunérés. en cas de cessation de ses relations avec le mandant. Section III. l'agent commercial peut être tenu de respecter une obligation de non- concurrence pour une période maximale de deux ans. location d'immeubles ou de fonds de commerce. Avant d’entamer l’étude du mandat d’agents de voyage. postulent ou plaident devant les juridictions et les organismes juridictionnels de quelque nature que ce soit. Les notaires et les avocats échappent à cette qualification. dans une section III. Ces derniers ont pour fonction de prendre en charge les intérêts d'autrui et de les gérer. la jurisprudence fixe généralement le montant de l'indemnité attribuée à l'agent commercial. renseignements commerciaux. par référence aux commissions brutes acquises par l'argent. sur les professions d'avocats et de notaire. Après avoir vu le régime juridique du mandat. Ces clauses ne semblent pas licites. pour être indemnisé. qui constituent des mandats réglementés. ou encore du mandat de l’agent immobilier. Ils poursuivent une activité d'entremise et sont le plus souvent des mandataires. Il est possible que les parties aient entendu fixer conventionnellement ce montant. À l'issue de son mandat. 110-1 du Code de Commerce vise les agents d'affaires. Les avocats. représentent les parties. Leur activité est variée : achats. Cette solution résulte de l'article 4 de la loi du 31 décembre 1971. recouvrement de créances. Les indemnités sont fixées en général à la totalité des commissions perçues pendant les deux dernières années. estime que ses clauses prévoient des indemnités qui ne peuvent que s'ajouter aux indemnités légales. nous allons maintenant. La jurisprudence.

doivent justifier d’une licence et de garanties financières. le contrat qui le lie à son client est alors un contrat de mandat : C'est ce qu'on appelle le contrat ad litem. les notaires ne peuvent. En contrepartie. La finalité de cette intervention législative a été la volonté de moraliser cette profession. Les agences de voyages sont réglementées par la loi nº 92-645 du 13 juillet 1992. responsables de leurs actes sur plusieurs fondements. article 7 de la loi. assister son client ou représenter son client. loi du 13 juillet 1992. sauf cause légitime. La jurisprudence sanctionne curieusement les manquements à ce devoir sur le fondement de 1382 du Code civil. pour exercer leur profession. ou plutôt rendus. prendre contact avec un prêteur. Les notaires constituent également en quelque sorte un mandat réglementé. Certaines 89 . Si l'avocat représente son client devant un tribunal. On s’attardera successivement sur le mandat de l’agent de voyages (§1) et sur le mandat de l’agent immobilier (§2). il s'agit des dispositions des articles 520-1 et suivants du code des assurances. C'est ainsi que les administrations ou entreprises. dont ils doivent assurer la validité et l'efficacité. Il y a ainsi des textes spécifiques pour les agences artistiques chargées de placement des artistes de spectacle. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus • L'avocat a donc deux fonctions essentielles : l'assistance et la représentation. • Ils se voient également soumis à de nombreuses contraintes. c'est la loi du 26 décembre 1969. les agences privées de recherche. Les notaires peuvent être tenus. En tant que mandataire. qui fixe les conditions d'exercice des activités relatives à l'organisation et à la vente de voyages ou de séjours. c’est l’article 4 de la loi de 1992. l'avocat est tenu à des obligations professionnelles et déontologiques. • Les agents de voyages. les agents généraux d'assurance. à lui donner des conseils sur le plan juridique. il agit alors comme un entrepreneur. • Quelle que soit la fonction exercée par l'avocat. refuser leur ministère. transmettre des fonds aux créanciers de son client. Le notaire est alors un négociateur tenu par toutes les règles du mandat. Le législateur s'est efforcé de réglementer certaines professions donnant lieu à un mandat parce que l'exploitation d'autrui peut y être tentante. les agences immobilières. • Ensuite les notaires peuvent également être chargés de mandats particuliers : trouver un acquéreur. loi du 23 décembre 1980. ayant leur service de voyages géré par l'intermédiaire d'associations. doivent être titulaires d'un agrément de tourisme. il engagera sa responsabilité en cas de faute. ils ont la charge de rédiger des actes officiels. le contrat entre lui et son client est alors un contrat de louage de services. • D’abord en qualité d’officiers ministériels. Si l'avocat se borne à assister son client dans une audience. On relèvera aussi qu'en tant qu'officier ministériel. les agents de voyages sont protégés contre une certaine forme de concurrence. ils sont tenus d’un devoir de conseil. §1 -Le mandat de l’agent de voyages. • Dans le cadre de ce mandat. dont le régime est fixé par la loi du 2 janvier 1970 dite loi Hoguet et les agences de voyage. ou encore. Ses honoraires sont alors libres et par voie de conséquence sa responsabilité plus grande.

Elle a ainsi décidé que l'agent de voyages. un arrêté du 14 mars 1982 définit les conditions générales de vente. On est même allé jusqu'à l'assimiler à un transporteur ou un vendeur. Cette solution résulte de l'article 14 alinéa 2 de la loi de 1992. si cette activité reste accessoire par rapport à leur activité principale. et non des fautes imputables au tiers avec qui il est en relation. au nom et pour le compte de l'un de ses clients. a) L'obligation à la charge de l'agent de voyage. la jurisprudence semble très près d'imposer à l'agent de voyages mandataire une obligation de résultat. Cependant la jurisprudence tend à devenir plus stricte. L'agent de voyages peut jouer le rôle d'un intermédiaire. les droits et obligations du client (b). Il ne sera pas responsable si l’avion a du retard ou si l'hôtelier est défaillant. En effet. chargé de fournir un titre de transport. ni les voyages. pour faire confirmer des billets d'avion que ses clients lui avait demandé de prendre. s'obligeait à en garantir l'efficacité. de même. mais également en qualité d’entrepreneur. Cela résulte de l'article 12 de la loi de 1992. il propose des expéditions dont il assure l'organisation. Quand l'agent joue le rôle d'un architecte de voyages. B -L’agent de voyage entrepreneur. ni le séjour.L’agent de voyage mandataire. C'est le cas lorsqu'il réserve des places dans un avion. Il n'organise. L'agent de voyages peut prendre la qualité d'entrepreneur. comme nous venons de le voir en tant que mandataire. Il y a longtemps que l'on décide que. en effet. De même. et ce. Il est mandataire salarié et répond de ses fautes personnelles. à savoir les gestionnaires d’activités de loisirs. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus personnes. qui existent entre les agences de voyages et leurs clients. dans cette hypothèse la responsabilité de l'agent de voyages est celle d'un entrepreneur. • L’analyse semble juste. par des textes multiples. A . le client qui souhaite faire un voyage ne connaît que l'agence 90 . Le contrat proposé par l'agence de voyages est aujourd'hui un contrat très réglementé. quand il conclut un contrat de jouissance d'immeubles à temps partagé. Ainsi. Le contrat dans lequel intervient l'agent de voyages est complexe en ce que celui-ci peut intervenir en qualité de mandataire (A) ou en qualité d'entrepreneur (B). L’agent de voyages peut intervenir. les transporteurs de voyageurs et les agents immobiliers peuvent être autorisés à vendre des voyages. a été tenue pour responsable des conséquences dommageables liées à l’impossibilité d'embarquer sur l'avion à bord duquel les places avaient été réservées. La loi du 13 juillet 1992 reprend ce terme puisqu’elle s'intitule dans son titre 6 « De la vente de voyages ou de séjours ». Nous envisagerons ici successivement les obligations à la charge de l’agent de voyages (a). une directive communautaire du 13 juin 1990 a conduit à modifier les dispositions légales jusque-là applicables. Une agence mandatée. Ainsi. ou encore.

que l'agence de voyages est garant de l'organisation du séjour et responsable de sa bonne exécution. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus et il ignore l'identité des prestataires de services. l'article 49 de la loi du 18 juin 1966 dispose que l'organisateur de la croisière est responsable des dommages survenus aux passagers ou à leurs bagages. de la carence d'une compagnie d’aviation. Il résulte de ce qui précède que le contrat proposé par l'agent de voyages n'a plus guère d'affinités avec le contrat de mandat. du restaurateur. celle de l'hôtelier. de la chute d'un voyageur dans des épineux. ou encore. il a été jugé que l'agence devait répondre de la défaillance d'un autocar. Il devra cependant en informer l'agent. Cette solution résulte de l'article 16 de la loi de 1992. du chauffeur auxquels l'agence aura recours. Elle en a déduit que l'agence est directement tenue de la même responsabilité que les divers prestataires de services auxquels elle a recours. Il est alors logique de soumettre l'agence à une responsabilité du fait d'autrui. sauf si des conditions particulières de révision ont été prévues. De même. Si le client est défaillant avant de partir. Elle décide ainsi. s'il n'a pas pris la précaution de contracter une assurance le couvrant contre tous les risques d'annulation. L'agence se charge de tout et propose une formule tout compris. il s'expose alors à la perte de ces acomptes. Le client est également tenu de payer le prix. le client sera alors garant du cessionnaire. • Dans l’hypothèse d'une croisière. soit à l'acheteur. • La jurisprudence actuelle est en ce sens. et ce. Dans l’hypothèse d'une cession. soit aux faits imprévisibles et insurmontables d'un tiers étranger à la fourniture des prestations prévues au contrat. afin de tenir compte du coût des carburants. L'agent pourra toutefois s'exonérer. et l'agence doit indemniser son client de la perte de ses bagages intervenus au cours des opérations de transport. en apportant la preuve que l'inexécution ou la mauvaise exécution du contrat est imputable. ou encore. sans préjudice de son droit de recours contre ceux-ci. que ces obligations soient à exécuter par lui-même ou par d'autres prestataires de service. nous allons maintenant nous intéresser aux droits et obligations du client. Il doit l'informer par écrit de toutes les modalités de la prestation proposée. L'article 23 de la loi du 13 juillet 1992 reprend cette solution pour le vendeur de voyages qui est responsable de plein droit. Le contrat doit détailler toutes les conditions du voyage et du séjour. L'agent de voyages a une obligation particulière d'information à l'égard du client. Après avoir vu l’obligation à la charge de l’agent de voyage. Il s'agit du prix fixé par le contrat qui n'est pas négociable. Le client peut céder son contrat. 91 . Les documents publicitaires sont donc une offre de contracter obligatoire. Il ne pourra par ailleurs transmettre ses droits et obligations qu'à une personne remplissant toutes les conditions requises pour le voyage et le séjour. Cette solution résulte de l'article 19 de la loi de 1992. à l'égard de l'acheteur. sur le fondement de l'arrêté du 14 juin 1982. de la bonne exécution des obligations résultant du contrat. des redevances et taxes afférentes aux prestations et des taux de change. §2 -Le mandat de l’agent immobilier. Il était devenu un véritable contrat d'entreprise réglementé. b) Droits et obligations du client. avant la conclusion du contrat. soit enfin à un cas de force majeure.

en effet. et prenant souvent la forme d'un engagement de caution. ou encore. la sous-location d'immeubles relèvent eux de la loi Hoguet. • La loi Hoguet vise les personnes qui prêtent leur concours à des opérations immobilières. • Les marchands de biens. ou du contrat de l'agent immobilier. Elle a. Le contenu du décret laisse à penser qu'il s'agit de courtiers. • Ils devront. estimé que la loi de 1970 n’exigeait pas que le mandataire ait reçu le pouvoir d'engager le mandant dans l'opération projetée. les agents immobiliers sont astreints à une déontologie stricte. • Les textes emploient le mot de mandat alors que pourtant l'opération ressemble à une opération faite par un courtier. justifier d'une garantie financière permettant de répondre des fonds. même à titre accessoire. l'article 72 du décret de 1972 prévoit que seule une clause expresse du mandat. effets ou valeurs déposés entre leurs mains. en effet. En effet. • Ces textes s'appliquent à toute personne physique ou morale qui. Il leur est ainsi interdit de détourner la clientèle de leurs mandants. à la location. l'agent immobilier n'a pas le pouvoir d'engager son mandant pour l'opération envisagée. des recherches de clients. le contrat ne comporte aucune représentation. • Les vendeurs de liste ou de fichiers relatifs à la vente. et que le mandat donné à une personne. La Cour de Cassation a confirmé cette analyse. qui achètent des immeubles pour les revendre avec un bénéfice et qui agissent pour leur propre compte. peut autoriser le mandataire à engager son mandant. n'était en principe qu'un mandat d'entremise consistant en la recherche de clients et la négociation ou l'une de ces missions seulement. les notaires. le contrat suppose l'accomplissement d'actes matériels. Il n’en ira autrement que s’il existe une clause expresse en ce sens dans le contrat de mandat. • Il en va de même pour les sous-mandataires. Ainsi. couvrant les éventuels dommages et intérêts auxquels ils pourraient être condamnés. en les commercialisant. Au surplus. se livrant ou prêtant son concours à une opération visée par la loi. Les professionnels soumis à cette loi sont assujettis à de lourdes contraintes. des visites. ceux qui procèdent à la vente de leurs propres immeubles. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus La profession d'agent immobilier est réglementée par la loi du 2 janvier 1970. Il s'agit donc d'un mandat formel. 92 . au besoin par des agents commerciaux. l’achat. d'une manière habituelle. se livre ou prête leur concours. Au surplus. dite loi Hoguet. etc. et son décret d'application du 20 juillet 1972. Enfin le mandat qui va être proposé par l'agent immobilier est extrêmement réglementé. justifier d'une carte professionnelle. • Ils devront également justifier d'une assurance de responsabilité professionnelle. à des opérations de transaction ou de gestion immobilière. Cette solution résulte d'un arrêt de la première Chambre Civile de la Cour de Cassation du 8 juillet 1986. Et la plupart du temps. en sont exclus. modifié en 1995. Le mandant reste libre de ne pas conclure la vente avec le candidat pressenti.

Le mandat d’entremise. Elle est ainsi sanctionnée par la nullité du contrat et par le prononcé d'une amende. Sa responsabilité ne peut être présumée. et il fait naître des obligations à la charge de l’agent immobilier mais également des droits. selon la jurisprudence. il s'agira alors d'assurer l'administration des biens d'autrui. À défaut. ce qui exclut. le mandat de l'agent immobilier est un contrat formel. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus L'agent immobilier. n'est pas limité dans le temps et encourt donc la nullité. l'agent est tenu d'une obligation de sécurité. • Le mandat mis en place doit être limité dans le temps. Cette règle est d'ordre public. • L'écrit doit contenir des indications précises sur l'objet du mandat. le contrat prévoit un mandat exclusif. un écrit électronique. • L'écrit n’est cependant exigé qu'à compter du moment où l'agent négocie une opération. Cette obligation varie selon la volonté. Dans la pratique. ou encore. les conditions de rémunération de l'agent et la personne ayant la charge du mandat. il doit également préciser l'autorisation de manier des fonds. Les obligations de l'agent immobilier. un bon de visite. si l'agent immobilier est rédacteur. Sa durée est alors limitée à trois mois et le contrat ne peut être dénoncé qu'à l'issue de cette période. Il s'agit toutefois d'une obligation d'ordre public. • Au surplus. (obligation de 93 . il devra renseigner les parties sur toutes les difficultés et modalités de l'opération. Ainsi. au-delà de l'entremise. Comme on l’aura compris. qui contient une clause de renouvellement indéfini par tacite reconduction. les circonstances et les connaissances des parties. La nullité ne concernera alors que la clause de renouvellement. peut également proposer un contrat de gestion à ses clients. ainsi que les modalités de reddition des comptes. • La loi impose que le contrat soit passé par écrit. ce qui a pour effet de priver l'agent de rémunération. A . prouver que l'agent n'a pas fait la publicité nécessaire ou s'est abstenu de faire visiter les lieux en temps voulu. selon la jurisprudence. Cependant. devoir de conseil qui l’oblige à s'assurer de la réalisation effective de l'opération. Le mandat de l'agent immobilier est un contrat formel. puisque la Cour de Cassation fonde sa violation sur l'article 1382 du Code Civil. • L'agent immobilier est débiteur d'une obligation de moyens. il est nul de nullité absolue. c'est- à-dire publie une offre de contracter. Nous étudierons donc successivement le mandat d’entremise de l’agent immobilier (A) et le mandat de gestion de l’agent immobilier (B). • Il pèse sur l'agent immobilier un devoir de conseil. à l'issue de la première période. S’il est négociateur. Il faut prouver sa faute. • L'agent immobilier doit accomplir sa mission avec la diligence que l'on peut attendre d'un professionnel. La Cour de Cassation décide qu'un mandat à durée déterminée. il devra accomplir toutes les formalités nécessaires pour que l'acte soit valable et efficace.

il pourra rechercher la responsabilité de l’agent immobilier. ou indiqué un acquéreur. Les tribunaux peuvent la réduire si elle est excessive. un agent immobilier qui fait une offre de vente au locataire qui l'a acceptée ne peut prétendre à rémunération. la rémunération est proportionnelle à la valeur du bien. les prix des prestations qu'ils assurent. l'opération est effectivement conclue. il ne peut pas se porter contrepartie et doit rendre compte. 94 . • Depuis une loi du 29 janvier 1993. L'agent doit justifier d'un résultat substantiel et formel. Celle-ci doit être fixée dans le contrat. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus moyens) vis-à-vis de son client. Et l'agent a droit au paiement de la commission convenue. Il s'agit là du droit commun du mandat. Ainsi. tant que la condition suspensive. malgré la nullité du mandat de vente. L'agent immobilier au-delà des activités d'entremise peut avoir un autre mandat. sont tenus d’afficher à l'entrée de leur établissement de façon visible et lisible de la clientèle. à quelque titre que ce soit intervient pour mettre en relation acquéreur ou locataires et vendeurs ou bailleurs de biens immobiliers. ou des circonstances. Les droits de l'agent immobilier. qui doit préciser quel en est le débiteur. n'est valable que si elle est postérieure à la réitération de la vente par acte authentique. S’il manque des mentions ou si le mandat est à durée indéterminée. ne s'est pas réalisée. ou des fautes de l'agent. tant qu'il n'a pas présenté. Si celui-ci est blessé à l'occasion d’une visite. De même. Un agent immobilier ne peut percevoir de rémunération. ou s’il y a faute de l'agent. adressé. • La rémunération de l'agent immobilier est la question qui soulève le plus de contentieux. En principe. il est nul. et plus précisément le professionnel qui. ou encore. l'agent immobilier ne peut plus céder le bénéfice d'une promesse de vente qui lui a été consentie. objet de l'opération. lorsque le contrat conclu par son entreprise contient une clause de dédit. Enfin. l'agent. sauf à tenir compte du prix de vente réel de l'immeuble. Au surplus. le vendeur traite directement avec cette personne. c'est-à-dire un candidat à l'acceptation. • Les conditions d'octroi de la rémunération de l’agent immobilier suscitent. préalable et valable. quand un agent immobilier fait visiter à une personne l'immeuble mis en vente. elles. selon la jurisprudence. En revanche. la convention par laquelle un client s'engage à payer les services d'un agent. Elle peut aussi être forfaitaire ou laissée à la libre discussion des parties. plus de difficultés. L'agent ne peut obtenir de rémunération sans établir que l'opération a été effectivement menée à bien et formellement menée à bien. qui affecte la vente qu'il a conclue. et l'agent sera privé de son droit à commission. et qu’ensuite. c'est ce que l'on appelle le mandat de gestion. et notamment celles liées à la vente ou à la location de biens et à la rédaction de bail . La rémunération n’est due que si l'agent peut justifier d’un mandat écrit.

prestations. de sa propre initiative. un contrat formel. 95 . • La gestion immobilière consiste à administrer les biens d'autrui. à sa garde et à son entretien. des mesures conservatoires. article 5 de la loi du 6 juillet 1989. article 64 du décret du 20 juillet 1972. Les agents immobiliers sont alors chargés de recevoir des sommes représentant des loyers. Il n'est donc pas responsable du fait des tiers et n'encourt donc aucune responsabilité. à raison des dégradations commises par des locataires sur des biens qu'il administre. charges. tout comme le mandat d'entremise. etc. Le gérant d'immeuble perçoit des honoraires fixés librement. Le gérant d'immeuble n'est cependant pas un garant. • La responsabilité du gérant d’immeuble s'apprécie conformément aux dispositions de l’article 1992 du Code Civil. • Le mandat de gestion ne permet pas de faire des actes de disposition. Elle s’applique également au syndic d'immeubles et au gérant de société civile immobilière. cautionnement. conservation. il fait naître des droits et des obligations. Le gérant d'immeuble répond de toute faute ou négligence dans l'exécution de son mandat. indemnités d'occupation. Il est tenu de respecter les règles édictées par le droit de la concurrence. Le gérant d'immeuble doit accomplir des actes d'administration et prendre. le cas échéant. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus B . amélioration et exploitation des immeubles. Leur rémunération est alors partagée entre le bailleur et le locataire. • Quand les agents ont pour mission de recouvrer des loyers. pourvoir à sa conservation. La loi les oblige alors à détenir un mandat écrit qui précise l’étendue de leur pouvoir et les autorise à recevoir des biens.Le mandat de gestion Le mandat de gestion est. au profit ou au dépend du gérant d'immeuble. article 6 de la loi du 2 janvier 1970 et 66 alinéa 2 du décret du 20 juillet 1972. à des travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble. Les droits et obligations du gérant d’immeuble. Il doit exécuter sa mission avec prudence et diligence et il doit également rendre compte annuellement. sommes ou valeurs. avances sur travaux. En ce sens. article 67. En cas d’urgence il pourra faire procéder. les sommes qu'ils peuvent encaisser sont plafonnées. • La réglementation issue de la loi de 1970 a vocation à saisir toutes les manifestations de l’activité des administrateurs de biens : entretien. Le détail de la somme à verser doit être précisé dans le contrat. garde. Il doit administrer l’immeuble. Ils doivent s'assurer de la solvabilité du locataire et si celui-ci a bien pris l'assurance requise. Le mandat de gestion est un contrat formel.

puis dans une seconde partie. Ensuite. Or. Cette pratique contractuelle se rencontre dans le domaine de l'hôtellerie. retrait de sa carte professionnelle. les fabricants cherchent à écouler leur production. envisagés par le Code Civil (la vente. assurent aujourd'hui l'essentiel de la fonction commerciale fondamentale. Titre unique – Contrats relatifs à la distribution : L’exemple de la franchise. dans celui de l'industrie. et enfin. à savoir acheter pour revendre. des contrats de concession très utilisés dans le domaine automobile. dans le secteur de la distribution. Au contraire. Les contrats spéciaux. tout à la fois. en cas de révocation ou de survenance d'une modification dans sa situation personnelle : décès. une fois les produits fabriqués. dans l'accomplissement de sa mission. ce que l'on appelle les contrats de coopération ou d'intégration. nous allons maintenant dans une troisième partie nous attarder sur les contrats relatifs à la production ou à la distribution. On appelle ces contrats des contrats-cadre de distribution. Par exemple. Il s'agit des contrats de distribution sélective. En ce sens. des opérateurs spécialisés. les ventes à conclure et l'encadrement juridique de ces ventes. Dans la mesure où ces derniers sont l'objet d'une croissance remarquable en pratique. de l'organisation de ses relations contractuelles au sens large. Le contrat de franchise est un contrat de coopération entre 96 . et donc. Partie 3 -Contrats relatifs à la production ou à la distribution. « la protection du réseau de franchise ». CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus Le gérant d'immeuble est responsable. le mandat) n’épuisent pas la liberté contractuelle des contractants. ou encore. cette liste apparaît étriquée face à la révolution contractuelle qui a accompagné les révolutions industrielles et commerciales du XXe siècle. Le mandat du gérant d'immeuble expire. etc. soit spontanément. Les relations contractuelles envisageront. La responsabilité pénale du gérant d'immeuble peut parfois être engagée. soit sur instruction des mandants. qui correspondent à la fabrication de produits finis ou semis finis destinés à la vente. comme tout mandataire. le contrat d'entreprise. L'intérêt du producteur repose alors sur l'optimisation de ses ventes. c'est-à-dire à vendre à des consommateurs. les contrats portant sur des services. Il y a en France plus de 500 franchises intéressant plus de 30 000 points de vente. C'est ainsi que sont apparus des contrats dits de production. des contrats de franchise qui fleurissent aujourd'hui dans le cadre des commerces de proximité. très utilisés dans le domaine de la vente de produits de luxe et notamment des parfums. un article paru dans Dalloz Affaires 1999. le syndic pourra être responsable pour non- paiement des dettes par le syndicat. Il s'agit d'une matière en pleine expansion. nous avons choisi de consacrer un développement unique au contrat de franchise. page 1151. dans le secteur des services. Après avoir examiné dans une première partie du cours. avec les distributeurs. les contrats portant sur des choses. Les obligations du gestionnaire sont parfois plus lourdes que celles pesant sur un simple mandataire : ce contrat est alors un véritable contrat d'entreprise. les distributeurs. envers les tiers des délits et quasi-délits qu’il peut commettre.

d'un savoir-faire et qui va en faire bénéficier une personne prête à faire des investissements financiers. le franchisé s’engage à exploiter ce savoir-faire. Le contrat de franchise est un accord en vertu duquel une personne. page 188. Définitions de la franchise. c) a) Franchise et contrat de travail. c'est-à-dire à la lumière du contenu des obligations qu'il impose (A). Contrairement au contrat de travail. nous exposerons les différentes étapes de ce contrat (section II). Il s'agit ici surtout du droit de la concurrence. s'il apparaît au juge qu'un contrat de franchise exclut toute autonomie 97 . Le contrat de franchise peut être défini. Cette définition est celle donnée dans le précis Dalloz du droit du travail. Section I. concéder au franchisé une exclusivité territoriale. En effet. Le contrat de franchise est un contrat entre deux personnes qui restent indépendantes. Le contrat de travail est la convention par laquelle une personne physique s’engage à mettre son activité à la disposition d'une autre personne physique ou morale. et d'autre part. un savoir-faire et une assistance technique et commerciale. il ne saurait y avoir lien de subordination entre le franchiseur et le franchisé. à utiliser la marque. De son côté. Après avoir défini la franchise (section I). d'expérience. le franchisé a une autonomie juridique. positivement. à condition de respecter le droit la concurrence française et communautaire. 21ème édition. à s'approvisionner auprès du seul franchiseur.Le contenu des obligations au contrat de franchise. A . Le contrat de franchise se situe au carrefour de plusieurs disciplines juridiques : il s'agit d'un contrat assujetti. Le franchiseur peut également. s'engage à assister une autre personne.Distinction entre la franchise et d’autres opérations contractuelles La franchise est en principe bien distincte du contrat de travail (a). d’une part. dénommée le franchisé. d'un nom. et éventuellement à le fournir. Il devra également s'acquitter d'une redevance et respecter les différentes variétés de clauses contenues dans le contrat. Il est commerçant ou a créé une société commerciale. d'origine tant nationale que communautaire. B . enseigne. et éventuellement. Cependant. sous la subordination de laquelle elle se place. dénommée le franchiseur. moyennant une rémunération. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus un professionnel aguerri qui dispose dans un secteur donné. notamment en ce qui concerne les obligations de non-concurrence dans la mesure où elles sont licites. nom commercial. négativement c'est-à-dire. en recherchant ce qui le distingue d'autres contrats (B). en mettant à sa disposition des signes distinctifs. mais également à des règles de droit spéciales. non seulement aux règles de droit des obligations. marque. telles définies dans le Code Civil. Elle est plus délicate à différencier d’autres contrats de distribution (b.

la franchise s'accompagne nécessairement de licence de marque. Selon la définition du vocabulaire juridique Capitant (page 173). Cour d'Appel de Montpellier 6 janvier 1999 (Dalloz 2001. tenu de ne vendre que des produits du franchiseur. la concession est un contrat de fourniture. ainsi que les conditions commerciales et le prix de ce dernier. le franchisé est. la plupart du temps. comme nous venons de le voir. nous allons (section II) envisager les étapes du contrat de franchise. il peut requalifier ce contrat de contrat de travail. un droit d'usage de leur enseigne. Après avoir défini ce qu’est le contrat de franchise. La différence essentielle entre ces deux contrats réside donc en ce que la franchise nécessite la communication d'un réel savoir-faire. Le contrat de distribution sélective est surtout utilisé dans le domaine du luxe. un ou plusieurs commerçants qu’il choisit. p. engagement de s'approvisionner exclusivement auprès du concédant en produits contractuels. le distributeur souhaite que celui qui va distribuer son produit distribue également des produits de luxe concurrents. en général. qui réserve au concessionnaire. Il vise à ce que la marque distribuée ne soit pas dévalorisée par certains modes de commercialisation. Là encore. Il existe des points identiques entre le contrat de concession et le contrat de franchise. appelé aussi « arrêt Nina Ricci ». b) Franchise et concession exclusive. et par lequel le distributeur est autorisé à vendre d'autres produits concurrents. Tel a été le cas d'une opération de franchise dans laquelle le franchisé proposait à ses clients un contrat préétabli par le franchiseur. Le contrat de distribution sélective a été défini par un arrêt de la Cour de Cassation du 3 novembre 1982. • Et d'autre part. en fonction de critères objectifs. Il s'agit d'un contrat par laquelle un fournisseur s'engage à approvisionner dans un secteur déterminé. et emporte en général de la part de ce dernier. son exécution (B) 98 . Il existe trois moments importants dans le contrat de franchise : sa formation (A). Alors que. dans la distribution sélective. • Mais. par exemple la vente en hypermarchés. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus juridique du franchisé. sur un territoire déterminé. sans discrimination et sans limitation quantitative injustifiée. l’exclusivité de la distribution d’un produit. de caractère qualitatif. lui concède une assistance technique et lui accorde une exclusivité territoriale. Les étapes du contrat de franchise. On ajoutera également que dans le contrat de franchise. d'une part. Section II. la distinction avec la franchise tient essentiellement en ce que dans la distribution sélective. l'exclusivité territoriale n'est pas l’essence du contrat de franchise. c) Franchise et distribution sélective. il n'y a pas de communication de savoir-faire. généralement accompagné d'un contrat de licence de marque ou d’enseigne. 287). Le concédant et le franchiseur confèrent à l'autre partie au contrat.

au moment de la signature du contrat. il faut que le franchiseur l’ait déjà expérimenté aux moyens d'une installation-pilote. À cette fin. au moment de la conclusion du contrat de franchise. ne prive pas le contrat de franchise d'un objet déterminé. En pratique. faisant référence aux tarifs en vigueur. Enfin. Pour éviter toute contestation sur l’existence d'un savoir-faire original. franchisé qui est souvent dépourvu d'expérience.L’exécution du contrat de franchise. Généralement. Le contrat de franchise doit également remplir toutes les conditions de formation des contrats exigés par le Code Civil. Les obligations essentielles à la charge franchiseur sont de transmettre les signes distinctifs de son enseigne. B . Il a été ainsi jugé que la clause d'un contrat de franchise. de sa marque. jurisprudence. a) Les obligations à la charge du franchiseur. généralement proposés aux futurs franchisés. En ce qui concerne l'objet déterminé. 414). la loi Doubin a établi une obligation d'information préalable à la charge du franchiseur. Après avoir vu la formation du contrat de franchise. un savoir-faire identifié. n'affecte pas la validité du contrat. il faut que les parties au contrat aient donné un consentement libre et éclairé.La formation du contrat de franchise. Il se devra alors de ne pas accorder une franchise à autrui dans cette même zone 99 . que le franchiseur fournira au franchisé. Ce dernier précise que le franchiseur a créé et développé un savoir-faire original identifié par une marque et qui connaît un certain succès commercial. et le décret du 4 avril 1991. il est usuel que le franchisé soit tenu de payer un droit entré au franchiseur. les contrats-types de franchise. il convient de préciser que l'absence de prix des produits. il doit aussi avoir un objet déterminé. substantiel et secret. devenue l’article L. Le franchiseur doit également apporter aux franchisés une assistance technique ou commerciale. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus et sa fin (C). contiennent un préambule. Accessoirement il est concevable que le franchiseur ait concédé aux franchisés une exclusivité territoriale. il est transmis grâce à des manuels du franchiseur. l’abus dans la fixation du prix ne donnant lieu qu’à résiliation ou indemnisation. 330-3 du code de commerce. p. Le contrat de franchise doit donc avoir une cause réelle et licite. Arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation du 21 janvier 1997 (Dalloz 1997. Pour qu'un contrat puisse être valablement formé. au jour des commandes d’approvisionnement à intervenir. dans l'objectif de favoriser l'information précontractuelle du franchisé. Le contrat de franchise va générer des obligations à la charge du franchiseur (a) mais aussi des obligations à la charge du franchisé (b). pour satisfaire à cette obligation précontractuelle. A . nous allons maintenant nous attarder sur son exécution. Il doit également communiquer aux franchisés un véritable savoir-faire. Cette obligation d'information préalable est contenue dans la loi nº 89-1008 du 31 décembre 1989.

Le franchisé devra également verser une redevance. en ce sens. Le franchisé pourra enfin être assujetti à d'autres clauses. dans l'espace et dans le secteur d'activité. le contrat de franchise est conclu pour une durée déterminée. de l'identité et de la réputation du réseau. sous réserve de ce que ladite rupture ne présente pas un caractère abusif. dans le temps. être fixé à la lumière de son chiffre d'affaires annuel. qui se pose dans l'hypothèse où le contrat de franchise prend fin. sauf volonté contraire exprimée dans un délai de préavis précédant l'arrivée du terme. le matériel publicitaire et les documents fournis par celui-ci. CAVEJ – 2007 / 2008 – Contrats Spéciaux – Cours de Monsieur Nicolas Auclair – Paris 1 Transcription : Le Campus géographique. Il devra. article L. ce dernier pourra être résilié à tout moment. dans la mesure où elles sont limitées.330-1 du Code de Commerce. la durée déterminée ne peut dépasser 10 ans. 100 . ou ne pas ouvrir lui-même un magasin. En cas de contrat à durée indéterminée. tout au plus. respecter les normes établies par le franchiseur. par exemple. et ne pas diffuser auprès de tiers le savoir-faire qui lui a été transmis par le franchiseur. Il n'est pas concevable ici de recenser toutes ces clauses. b) Les obligations à la charge du franchisé. tant français que communautaire. L’un des problèmes majeurs. À l’arrivée du terme prévu au contrat. Dans le cas où le contrat prévoit un approvisionnement exclusif. on peut relever ici que la clause d'achat exclusif. À la fin du contrat de franchise. conformément au droit commun. le franchisé ne touchera pas d'indemnités de clientèle et devra également restituer au franchiseur l'enseigne. La plupart du temps il est prévu une clause de durée qui prévoit une reconduction tacite. Le contrat pourra également être résolu judiciairement avant la survenance du terme. La jurisprudence admet la licéité de ces clauses. dans l'hypothèse où l'une des parties méconnaîtrait ses obligations essentielles. est celui de l'application des clauses de non-concurrence prévues au contrat. exploiter la franchise dans les locaux visés au contrat. dont le montant pourra. dans la mesure où ces dernières sont à la fois compatibles avec le droit de la concurrence. C .La fin du contrat de franchise. Le franchisé ne récupérera pas le droit d'entrée dont il s'est acquitté au début du contrat. ou la clause imposant des prix minimaux de revente ne peuvent être admises que sous certaines conditions. les parties ne seront pas tenues de renouveler le contrat. En principe. Le franchisé devra respecter les clauses de protection du savoir-faire.