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1. CE, 7 avril 1916 Astruc.

En effet, si le critère organique est important, il ne suffit pas. Il est


nécessaire que l’activité gérée directement ou indirectement par une
personne publique soit d’intérêt général. La notion d’intérêt général n’est
pas figée dans le temps. Bien au contraire, elle évolue avec lui. Il a ainsi
fallu attendre l’arrêt du Conseil d’Etat du 7 avril 1916, Astruc et Société du
Théâtre des Champs-Elysées, pour que les activités culturelles soient enfin
considérées comme des activités de service public.

un théâtre n’est pas un Sp mais au regard des circonstances de l’espèce


(petite commune), peut en devenir un.
> Diversité des activités des Sp : variabilité dans le temps et l’espace.
2. CE sect., 28 juin 1963, Narcy.

Les faits :
Le sieur Narcy, employé au Centre technique des industries de la
Fonderie demande à ce que lui soit versée, en plus de son salaire, sa solde
de réserve d’officier général de l’armée de mer.

Procédure :
Le sieur Narcy a exercé un recours auprès du secrétaire d’Etat aux
Forces armées (Marine), demande qui a été rejetée une première fois le 20
juin 1957 puis une seconde fois, implicitement, le 8 août 1957. Ces deux
rejets successifs ont été confirmés par le ministre des Finances. Narcy a
ensuite exercé un nouveau recours pour excès de pouvoir contre cette
décision. Recours une nouvelle fois infructueux, se soldant par un arrêt de
rejet du CE.

Problème de droit :
Un établissement privée, détenteur de prérogatives de puissance
publique, chargé de la gestion d’un service public peut-il être assimilé à un
établissement public auquel s’appliquent des normes de droit administratif
ou bien a t’il un statut juridique particulier ?

Solution :
Depuis sa création, le Centre technique des industries de la fonderie a
été financé par l’Etat et ce jusqu’à hauteur de 97% en 1958, ce centre a
bénéficié de prérogatives de puissance publique (en l’espèce le droit de
percevoir des cotisations obligatoires sur les membres de la profession) et
étant donné également qu’il appartient aux ministres chargés de la tutelle
de pourvoir à la nomination des membres du conseil d’administration. Il
convient donc de qualifier l’organisme privé en question comme chargé de
la gestion d’un service public. Or c’est cette condition indépendamment
de toute autre qui fait peser sur les employés du centre la réglementation
des cumuls d’emplois et de rémunération.
La demande du sieur Narcy est donc rejetée.

Portée :
Cet arrêt du CE (Sect. 28 juin 1963, Narcy.) relatif comme l’arrêt Caisse
primaire «Aide et Protection», à l’application de la réglementation sur les
cumuls d’emplois dans les services publics aux centres techniques
industriels, permet de mieux cerner les critères applicables.
Trois éléments entrent ainsi en ligne de compte :
_La mission d’intérêt général confiée à l’organisme ;
_Les prérogatives de puissance publique qui lui sont attribuées à cette
fin ;
_Le contrôle que l’administration exerce sur lui.
3. CE, 25 mars 1988 Commune d’Hyères

Le Conseil d’État a jugé « qu’eu égard à l’intérêt général d’ordre culturel et


touristique que
présente cette manifestation, l’organisation du festival avait le caractère
d’une activité de service public »
Le juge considère qu’il faut négliger la personne privée qui est tellement
dépendante de la personne publique que c’est comme si elle était gérée
directement par la personne publique : la personne privée négligée est
considérée comme « transparente. »
4. CE 27 octobre 1999 : ROLIN

Q. de droit : la question que l’on peut se poser en l’espèce est celle de


savoir si, la nature de l’activité des françaises des jeux permet d’en
déduire un service public. Autrement c’est la question de savoir si pour
déterminer un SP d’une activité faut il prendre en compte les conditions
d’organisation de l’activité ou bien la nature même de la mission ?

Le juge devait se prononcer sur la nature de l’activité de la française des


jeux
Le CE n’analyse pas les conditions d’organisation de l’activité mais se
réfère à la nature même de la mission
Il estime qu’il ne s’agit pas d’une mission d’intérêt général, et pour
procéder à une telle qualification, il se réfère à la loi, mais aussi au
caractéristique des jeux du hasard.
Le commissaire du gouvernement estime que les jeux de hasard ne sont
pas vraiment récréatifs ou sportif, cette activité a pour but l’espérance de
gain, de ce fait le législateur n’a pas entendu créer un SP mais que la loi, a
pour objet essentiellement d’assurer des recettes nouvelles.
L’encadrement de cette activité par l’Etat (critère organique) ne suffit pas
a qualifier une tel activité d’intérêt général en raison même de la nature
de cette activité.

Lorsque l’intérêt général d’une activité ne ressort pas clairement des


textes, le juge (sans se substituer au législateur) est conduit à faire valoir
sa propre conception. Ce travail de qualification permet de situer l’activité.
Il en déduit alors que la Française des Jeux ne poursuit pas un intérêt
général donc ce n’est pas un Sp.
2. Service et rattachement à une personne publique.

5. CE, 22 novembre 1974, Fédération des indus tries françaises


d’articles de sport, AFDA 1-58 : La Fédération française de tennis de
table organise l’homologation des balles de compétition, et exige des
droits très élevés des entreprises candidates à l’homologation de leurs
balles (en contrepartie tant de la publicité qui était accordée aux
intéressés que de l’octroi d’un monopole de fourniture de ces balles dans
les compétitions officielles) ; décidé que le législateur a confié à ces
associations de la loi de 1901 l’exécution d’un service public administratif
dès lors qu’elle leur délègue le pouvoir du ministre de donner les
autorisations d’organiser les épreuves sportives ayant pour objet de
désigner une équipe ou un athlète comme vainqueur national ou régional
ou comme représentant de la France ou d’une région dans les épreuves
internationales ; jugé que la décision de la fédération sur l’homologation
des balles entre dans la mission de service public qui lui a été conférée ;
mais que l’établissement qui a été fait du prix de l’examen « débordait »
les limites de la mission, dès lors que ce dernier excédait largement le seul
coût de l’examen technique de la conformité des balles.
6. CE, Sect., 18 mai 1979, Association urbanisme judaïque Saint-
Seurin.
Le commissaire du gouvernement faisait valoir que « ni la circonstance
qu’en pratique le théâtre-casino de l’Alhambra paraissait davantage
destiné à abriter les festivals de musique pop ou des bals du samedi soir
que des manifestations culturelles plus classiques (…) ne doivent nous
conduire à écarter en l’espèce la notion de concession de service public»,
le Conseil d’État ayant suivi son Commissaire du gouvernement. Ainsi,
pour que l’exploitation d’une salle de spectacle c’est un caractère de
service public et que la convention à intervenir ne court pas le risque
d’une requalification en convention d’occupation du domaine public, la
collectivité délégante doit imposer à l’exploitant des sujétions c’est-à-dire
des contraintes de service public, qui ne relèvent pas de ses prérogatives
domaniales, mais sont justifiées par la
participation à une activité de service public. C’est ainsi que des
contraintes dans le choix de la programmation doivent être imposées au
futur exploitant, tant sous la forme de quota de réservations obligatoires à
une certaine catégorie d’usagers, que dans l’obligation de respecter la
vocation musicale de la salle, ou encore, concernant l’encadrement des
tarifs notamment pour certaines catégories de manifestations. De même,
le contrôle exercé sur l’exploitant ne se limitera pas à vérifier qu’il assure
une exploitation compatible avec la destination générale du site mais
portera bien sur l’exploitation économique du service public.
7. TC, 4 novembre 1996,Société Datasport c/ Ligue Nationale de
Football

« la délibération du conseil d'administration de la Ligue Nationale de


Football, (...), a été prise dans le cadre de la mission de service public
assignée à la Ligue Nationale de Football, et relève de l'exercice d'une
prérogative de puissance publique ; qu'elle ne constitue pas, en
conséquence, une activité de production, de distribution ou de services, à
laquelle s'appliqueraient les règles de l'ordonnance du 1er décembre
1986, et qu'il n'appartient qu'à la juridiction administrative d'en apprécier
la validité »
3. Service public et prérogatives de puissance publique.

8. CE, Sect. 13 octobre 1978, Association départementale pour


l’aménagement des structures des exploitations agricoles
(ADASEA) du Rhône.

Personne privé qui gère une activité d’IG (les bois) avec une contrôle de la
personne publique bien que dépourvu de toute prérogative de puissance
publique, le CE a qualifié de SP.

Ici au centre de l’arrêt : quelle la jurid compétente pour connaître de la


resp découlant d’un dommage causé par un organisme chargé de service
public.

Quels sont les critères ?

- Que l’activité ne soit pas détachable,


- que le dommage ait été causé dans l’exercice de la mission de service
public et dans le cas de l’exercice de prérogatives de service public.

En l’espèce pas de prérogatives de puissance publique, donc juge


judiciaire compétent.
Correction : Q. de droit? La question que l’on peut se poser en l’espèce
est de savoir si, une personne privée gérante d’une activité d’intérêt
général dépourvue de prérogative de puissance publique, exerce-t-elle un
service publique ?

Personne privé qui gère une activité d’Intérêt Général (les bois) avec une
contrôle de la personne publique bien que dépourvu de toute prérogative
de puissance publique, le CE a qualifié de SP

9. TC, 6 novembre 1978, Sieur Bernardi c/ Association hospitalière


Sainte-Marie.
Il utilise la notion de prérogative de puissance publique pour justifier
l'application du droit administratif.
10. TC, 28 avril 1980, Mme Girignon c/ Hopital psychiatrique
Sainte-Marie de l’Assomption.
Les établissements privés seulement chargés d'assurer à leurs usagers
des prestations à caractère de service public ne se voient pas pour autant
reconnaître des prérogatives de puissance publique (en l’espèce pour ceux
participant au service hospitalier).

Mission de service public, pour autant aucune prérogative de service


public donc juge judiciaire compétent
11. TC, 25 janvier 1982, Mme Catherine Cailloux c/ Comité
nationale pour la sécurité des usagers de l’électricité (Consuel) .
Le préjudice indemnisable par l'Etat doit en principe avoir été commis par
lui. Cependant la responsabilité peut quand même être mise en jeu quand
une prérogative de puissance publique mise en oeuvre par une personne
chargée de gérer un Service Public Administratif cause un dommage !
12. CE, 23 mars 1983, SA Bureau Veritas
Il n'existe pas, à la connaissance du rédacteur de cette page, de définition
nette de la prérogative de puissance publique. Dans son cours le Président
Odent parle de «prérogative régalienne». Le commissaire du
gouvernement Schmelck, concluant sur C.E. 8 Décembre 1969, SAFER de
Bourgogne c/ époux S... et V... la définit comme «un pouvoir d'autorité
exorbitant du droit commun et qui s'exerce dans un but d'intérêt général.»

En l’espèce de transport
13. CE, 20 juillet 1990 Ville de Melun
Différents indices constituent le faisceau d’indices et permettent au juge
de qualifier ou non de Sp l’activité de la personne privée. Ainsi, une
association dont les comptes ont par leur nature et par leur objet le
caractère de documents administratifs et qui est subventionnée par une
commune ne doit pas communiquer les dits comptes aux tiers. La
personne privée est donc rattachée à la personne publique.
14. Commentaire d’Arrêt CE, 13 octobre 2003, André M.- plan détaillé.
Thème : Le Service Public et les prérogatives de puissance publique.

Introduction :

Le service public et les prérogatives de puissance publique sont devenus des notions
complémentaires. En principe les litiges nés des rapports entre les organismes privés et
les personnes privées relèvent du droit commun. Toutefois, il arrive qu’on assiste à un
élargissement de compétence du juge administratif pour statuer sur ces litiges, en raison
de l’accomplissement par ces personnes de mission de service public.
L’arrêt du 13 octobre 2003 est une parfaite illustration de l’élargissement de ce pouvoir
de compétence du juge administratif. Dans cet arrêt le Conseil d'Etat devait se prononcer
sur un différent juridique opposant M.André M médecin au directeur de la caisse CAFAT de
Nouvelle-Calédonie. M. André M a pratique des dépassement de tarifs conventionnels
dans son cabinet. Déjà suspendu dans le passé ,il est cette fois-ci réprimandé plus
sévèrement par le directeur de la CAFAT de Nouvelle-Calédonie, en raison de la politique
de maîtrise médicalisée des dépenses ayant pour but de diminuer le déficit de la CAFAT
de Nouvelle-Calédonie .En effet, le directeur de CAFAT ,a notifié à M. André M par un
acte du 5 mai 2003 qu’il n’a pas respecté l’art.42 de la convention médicale de Nouvelle-
Calédonie signée le 17 décembre 1997 et de ce fait la sanction doit lui être applicable. M.
André M a saisi le juge de référé du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie en REP
contre la décision des sanctions à son encontre. Le juge des référés en rendant une
ordonnance le 4 juin 2003 sur la requête du requérant ,se considéra incompétent en la
matière en raison du litige entre un organisme privé et des personnes privés donc
susceptible de relever du juge judiciaire. M. André M a saisi le Conseil d’Etat utilisant la
procédure du référé suspension instauré par la réforme des procédures d’urgence loi du
30 juin 2000.
Le CE dans son laconisme remarquable considère la requête de M. André recevable et
annule l’ordonnance du 4 juin 2003 du juge des référés du TA de Nouvelle-Calédonie et
renvoi devant le même juge de référés l’affaire.
La question qu’il convient de se poser en l’espèce, est celle de savoir dans quelle
mesure le litige né des sanctions prononcées à l’encontre d’un praticien de santé, lié par
un rapport de droit privé avec un organisme de protection sociale, se rattache-t-il à
l’exercice des prérogatives de puissance publique et relève ainsi de la compétence du
juge administratif ?

Dans un premier temps il convient de voir..


Dans un second temps, il convient de

I/ Les rapports de droit privés sont régis par la compétence du juge judiciaire.

A/
1.
2.

B/
1.
2.

II/ Le rattachement à l’acte des prérogatives de puissance publique devient un


critère de compétence du juge administratif.

A/
1.

2.

B/

1.

2.