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Adrien Balbi, Atlas Ethnographique du Globe ou classification des peuples anciens et modernes d'après leurs langues,

Paris, Rey et Gravier, 1826.

Dedicato a Alessandro Imperatore, con richiamo nella dedica a Caterina II di Russia

La II tavola dedicata all'Europa parla dell'italiano.

163. ITALIENNE, par les Italiens dans presque toute l'Italie et les îles qui en dépendent géographiquement, dans le
canton du Tessin et en partie de ceux des Grisons et du Valais en Suisse et dans une partie du Tyrol méridional; en outre
on parle en italien et illyrien dans les villes de l'Istrie et de la Dalmatie, et italien et romeïka dans celle des îles
Ioniennes et dans l'île de Tine; l'italien est aussi très commun à Constantinople et dans quelques autres villes
marchandes de l'empire Ottoman. La grammaire italienne nous paraît offrir plus de singularités qu'aucune autre de ses
soeurs; elle peut former un seul mot de deux, de trois et même de quatre, en fondant ensemble des verbes, des pronoms,
des articles, des prépositions, des négations et des adverbes. Par ses augmentatifs et diminutifs, pas l'emploi des verbes
à l'infinitif comme des substantifs, par la différente manière de placer les pronoms personnels et par la variété des
formes qu'elle donne au participe présent, elle peut exprimer des nuances particulières de la pensée, qu'il serait très
difficile de faire sentir dans ses langues soeurs et en beaucoup d'autres. Elle peut former des superlatifs par la répétition
de l'adjectif et de l'adverbe. Très libre dans sa construction, elle peut comme la latine, l'allemande et autres, disposer les
mots selon l'ordre relatif au sentiment qui prédomine dans l'âme de celui qui parle. L'italien est peut-être l'idiome parlé
le plus mesuré et le plus cadencé qu'on connaisse; ses syllabes ont une quantité tellement prononcée que l'on peut
composer dans cette langue les hexamètres et pentamètres des Latins par les mêmes combinaisons de longues et de
brèves. C'est aussi pour donner plus d'harmonie à ses phrases, surtout dans la poésie, qu'elle varie de différentes
manières la forme et le son des mots par le changement, le retranchement ou l'addition de certaines lettres; cependant
on peut lui reprocher d'avoir des paroles un peut trop longues comme le sont la plupart des adverbes et les troisièmes
personnes du pluriel du conditionnel. L'italien est très riche en expressions figurées, et le langage poétique diffère
beaucoup de celui employée dans la prose. Il paraît qu'on doit faire remonter vers le XIe siècle la formation de la langue
italienne. Sa littérature est la première qui se soit formée lors de la renaissance des lettres, et a beaucoup contribué aux
progrès littéraires des nations modernes de l'Europe; riche dans toutes les branches du savoir, elle abonde peut-être un
peut trop en poésies. Après avoir brillé dans les XIVe et XVIe siècles, et être restée dans la décadence jusqu'à la moitié
du XVIIIe, elle a repris une nouvelle vie dans ces derniers temps. La richesse de sa littérature, les chefs-d'oeuvre de sa
poésie et la supériorité de sa musique vocale ont répandu le goût de cette langue parmi toutes les nations civilisées de
l'Europe, et même parmi les classes élevées des habitans des principales villes du Brésil. La langue écrite, qui n'est nulle
part généralement parlée, est connue à toutes les personnes bien élevées et diffère beaucoup de la langue vulgaire, qui se
subdivise en un grand nombre de dialectes, dont voici les principaux: le Piémontais et le Génois, mêlés de plusieurs
mots français, et dont le second s'approche le plus du provençal; le Milanais ou Lombard propre; il a les sons eu, u, et j
et l'n nasal des Français, qu'on retrouve aussi dans le génois et le piémontais; les Bas-Lombard, parlé dans le Bressan, le
Cremonais, le Mantuan, les duchés de Parme er de Modène, le Ferrarais, etc.; on n'y trouve pas les sons français du
milanais, quoiqu'il en approche beaucoup; le Bolonais et le Bergamasc, parlés dans les provinces de ce nom; ils sont les
plus rudes de tous; le Vénitien, qui est le plus doux, et dans lequel il faut distinguer, outre le vénitien propre, parlé à
Venise est ses environs, le vénitien continental, parlé avec des nuances différentes depuis l'ancien Dogado jusqu'au
Mincio, et le vénitien maritime, parlé aussi avec des nuances différentes dans les villes de l'Istrie, du Littoral Hongrois,
de la Dalmatie, des îles Ioniennes et de quelques îles de l'Archipel; le Frioulain, mélé de plusieurs mots romaniques,
français et slaves; le Tyrolien, parlé dans les hautes vallées de Fassa ou Evaes, de Livinalongo ou Buchenstein, de
Enneberg, de Badia ou Abtey; il diffère beaucoup de l'italien parlé dans le reste du Tyrol, et est peut-être les plus
corrompu de tous les dialectes italiens; le Toscan Vulgaire, parlé en plusieurs sous-dialectes dans le grand duché de
Toscane, le duché de Lucques, le Perusin et en Sardaigne a Sassari, Castel-Sardo, Tempio, Sorso, Agio et Semori; ce
dialecte, poli et perfectionnée, est devenu la langue de la littérature et du beau-monde en Italie, mais il se distingue
(surtout tel qu'on le parle dans le Florentin) par les fortes gutturales ha, he, hi; le Romain, parlé à Rome et avec des
nuances différentes dans la partie méridionale de l'Etat du Pape; c'est le plus pur après le toscan, sur lequel il a même
l'avantage d'une prononciation plus douce; le Sabin avec l'Abruzze, parlés dans la Sabine et les Abruzzes; le Calabrais
et l'Apulien ou Pugliese, très incultes et rudes, parlés dans les Calabres et la Pouille; le Tarentin, mêlé de plusieurs
expressions grecques, et parlé à Tarente et ses environs; le Napolitain, parlé en plusieurs sous-dialectes à Naples et
dans les provinces voisines; il est remarquable pour avoir la littérature la plus riche de tous les dialectes italiens; le
Sicilien, mêlé de plusieurs mots d'origine arabe, grecque et provençale; on peut le regarder comme la souche de la
poésie italienne; le Sarde, parlé dans presque toute l'Ile de Sardaigne; on le dit mêlé de plusieurs mots grecs, français,
allemands et espagnols. Presque tous ces dialectes possèdent des livres imprimés sur différens soujets; quelques-uns
même ont des dictionnaire, des grammaires, des comédies et même des poèmes; la fameuse épopée du Tasse a été déjà

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traduite en bellunais, bergamasque, bolonais, calabrais, génois, milanais, napolitain, perousin et vénitien.

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Tableau polyglotte des langues européennes

sole,luna, giorno, terra, acqua, fuoco, padre, madre, occhio,


testa, naso, lingua, denti, mano, piede, uno, due, tre, quattro,
cinque, sei, sette, otto, nove, dieci

itliano "littéraire", e anche Laziale di Preneste, piemontese,


genovese, milanese, bergamasco, bolognese, veneziano, friulano,
Tirolese della valle di Fassa superiore, napoletano di Napoli,
Siciliano e calabrse di S.Nicolò, sardo "propre ou écrit", sardo
di Sassari, corso di Sartena