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Notes et Etudes critiques

L'arbre de la vie et l'arbre de la science du bien


et du mal
Au Congrès de la Société anglaise pour l'étude de l'Ancien Testament
tenu à Oxford en septembre dernier, le professeur Obbink de Leyde a lu
une communication sur la légende biblique du Paradis'. Essayant de mettre
en lumière la signification de la double mention de l'arbre , de vie et de
l'arbre de la science du bien et du mal, l'éminent rapporteur a estimé qu'il
fallait rendre au verset 22 du chap. III de la Genèse son vrai sens et tra -
duire: « Que l'homme ne cueille plus de l'arbre de vie et n'en mange plue. »
Jusqu'à ce moment, en effet, l'homme habitant le Paradis se serait nourri
du fruit de cet arbre.
La thèse du savant hollandais est parfaitement vraisemblable, L'arbre
de la vie est en effet un trait caractéristique de la conception qu'on se fait
du Paradis, pays miraculeux de la vie divine et éternelle. Donc, la suite
logique de la transgression du commandement de Dieu était pour l'homme
l'expulsion du Paradis, où se trouvait l'arbre dont les fruits donnent la vie
éternelle. Et cette expulsion était équivalente à une sentence de mort pour
le premier couple humain. (Voir dans les Actes des Apôtres le motif de la
récompense des martyrs par la vie éternelle, chap. II, 27.) La question se
pose, dans quels rapports se trouvent les deux conceptions dominantes de la
légende de la Genèse, chap. 2 et 3, l'idée de l'arbre de la science du bien et
du mal, et l'idée de l'arbre de la vie. Ces deux conceptions sont étroite -

ment liées avec le sort de l'homme. Les exégètes qui cherchent à expliquer
les difficultés du récit en question au moyen de la critique littéraire voient
dans le fait qu'il est question de deux arbres J'indice d'une double tradition.
Nous aurions ici deux sources différentes qui auraient contribué à former
le texte actuel. C'est pourquoi on considère fréquemment (c'est en parti -
c u l i e r d e G u n ke l ) l a me n t i o n d e l ' a r b r e d e v i e da n s G e n . I I , 9
comme une interpolation harmonistique. Dans le récit primitif, il aurait
été question seulement de l'arbre de la science. Proksch, au contraire,
suppose que c'est l'arbre de la science qui aurait été intercalé dans la
légende, et que le récit primitif n'aurait parlé que de l'arbre de la vie situé
près de la source de la rivière du Paradis. Comment savoir qui est-ce qui a
raison? Il est manifeste qu'on n'avance pas en séparant ainsi les sources
V. les actes du Congrès Oid Testament Egags, pp. 25 à 28.