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CHAPITRE TRANSVERSAL SUR TOUTE LA PERIODE DES RELATIONS INTERNATIONALES

LES CONFLITS ISRAELO-ARABES ET PALESTINIEN: UN ENJEU A


TOUTES LES ECHELLES

Les conflits israelo-arabes puis israélo-palestinien concentrent toute la complexité des relations internationales
depuis 1945.
 ils sont à comprendre entre à la fois dans une logique locale (guerre de territoires), régionale
(Moyen-Orient, question agricole et de gestion de l’eau, question de souveraineté dans cette
région), et mondiale (à la fois dans la Guerre Froide, entropie née de la décolonisation aussi( !!!)
puis au centre de l’entropie mondiale).
 Ils ne peuvent donc se résumer, ni s’expliquer de manière simpliste (antagonisme religieux,
sionisme, terrorisme…).

Le problème palestinien ouvre l’immédiat après-guerre car après la découverte de l’horreur de la shoah, les Etats
européens relancent la question juive : la solution palestinienne est de plus en plus souhaitée par les USA tandis que
les Britanniques (qui ont un mandat sur la Palestine) abandonnent progressivement le dossier (alors qu’ils sont de
ceux qui connaissent le mieux la situation :cf livre blanc sur l’arrêt de l’immigration juive en Palestine dès les années
1920). Face à la montée des protestations arabes et des attaques des extrémistes sionistes, ils décident de
soumettre le dossier à l’ONU en février 1947 puis ils se retirent unilatéralement (cad sans transmission de
souveraineté !!!) le 20 septembre 1947.
En //, une commission onusienne (votée par les deux superpuissances, les USA car importance de l’électorat juif
dans les élections de 1948 et l’URSS car volonté de nuire aux intérêts britanniques) proposent une division du
territoire en 3 : un Etat israélien sur 55% du territoire (pour moins de 40 % de la population), un Etat palestinien et
un Etat de Jérusalem sous tutelle internationale. Devant le refus des Palestiniens, elle décide le vote de la question
à l’ONU : Britanniques refusent de participer au vote, l’URSS et le bloc de l’Est donnent leur accord et la Maison
Blanche aussi : mais pour atteindre une majorité aux 2/3 qu’ils n’ont pas, les USA font pression économiquement sur
nombre de pays d’Amérique latine et aussi sur les Européens (Grèce) = or en plein plan Marshall !!!  donc vote le 29
novembre 1947 par la recommandation n° 181… dès le lendemain du partage des violences éclatent en Palestine (car
mal vu par les sionistes et refusé par les Arabes)…

 PBL : COMMENT EXPLIQUER LA COMPLEXITE D’UN TEL CONFLIT ? EN QUOI EST-IL REVELATEUR DES DYNAMIQUES
INTERNATIONALES DES 50 DERNIERES ANNEES ?

 aller voir les cartes des conflits (et autres) sur le site du monde diplo http://www.monde-
diplomatique.fr/cartes/procheorient1948
I) 1948 – 1973 : DES GUERRES CHAUDES EN PLEINE GUERRE FROIDE

 aller voir l’évolution des territoires sur le site France 5 http://www.curiosphere.tv/israel_palestine/

A) La naissance de l’Etat d’Israel et la première guerre israelo-arabe

=> la guerre civile palestinienne éclate donc de novembre 1947 à février 1948 notamment dans la région de
Jérusalem : les méthodes de guérilla rurale et de terrorisme urbain utilisées par les Palestiniens sont désormais
connues des forces sionistes, mieux équipées et plus nombreuses : elles prennent rapidement l’avantage et
organisent en quelques mois l’expulsion des populations arabes d’un grand nombre de villes littorales afin de
sécuriser leur bastion + nettoyage de la route Tel-Aviv – Jérusalem par la destruction de nombreux villages
palestiniens.
Le roi Abdallah de Jordanie entre alors dans le conflit en négociant un partage à l’amiable avec les forces sionistes
de la Palestine : outre l’échec de sa tentative, il a déjà condamné la viabilité de l’Etat palestinien en espérant
annexer la Cisjordanie et il entraîne la région dans une guerre Israelo-arabe qui apparaît alors comme irrémédiable.
Ainsi dès le départ le conflit concentre les 3 échelles, une question foncière et de cohabitation entre
Palestiniens et Juifs, puis des vues moyen-orientales sur la région, enfin un conflit qui rentre aussi dans
cette logique bipolaire de Guerre Froide.

=> le 14 mai 1948, le dirigeant juif David Ben Gourion proclame la création de l’Etat d’Israel, mais dès le 15 mai ce
nouvel Etat est attaqué par ces proches voisins (Egypte, Jordanie, Syrie) : il sort cependant largement
vainqueur de la guerre, naissance de la nouvelle armée nationale, Tsahal (en effet, les Israéliens sont de très fins
stratèges, notamment Ben Gourion et la Hagannah, qui avaient depuis longtemps envisagé une invasion des Etats
arabes.Ils s’étaient donc préparés militairement à cet affrontement, chose que n’avait pas envisagée les Etats
arabes.)  en mars 1949, un premier partage de la Palestine est donc organisé entre le vainqueur et quelques bouts
de territoires administrés par Jordaniens et Egyptiens.
Israël déclare à la conférence de Lausanne établie par l’ONU sous égide états-unienne, que son territoire sera
celui du plan de partage + les conquêtes de guerre et il refuse le retour des réfugiés palestiniens (environ 700000)
sur son sol (car ne veut pas d’Etat juif avec une population majoritairement arabe)
 la paix apparaît donc tout de suite impossible, que ce soit par le biais de traités bilatéraux ou par
l’intermédiaire de l’ONU, aucun traité de paix ne sera donc signé.

Non seulement Israël n’accepte pas le retour des réfugiés palestiniens qui s’installent dans les Etats voisins dans
des camps, mais il favorise largement l’implantation et l’immigration juive d’Europe ou d’Afrique du Nord : vote de la
loi du retour en 1950 permettant à tout juif qui en fait la demande de venir s’installer en Israël (donc la question
démographique car à terme question foncière et agricole a toujours été fondamentale).

Ainsi un nouvel Etat-nation se forme, mettant en forme une société originale puisque issue de la diversité culturelle
de sa population (cf différences entre ashkénaze et séfarade) : il devient rapidement une démocratie, empruntant
au modèle occidental!

B) Les guerres israélo-arabes : des lignes de rupture présentes jusqu’à aujourd’hui


1) la Seconde guerre israélo-arabe : 1956 ou l’expédition de Suez

Cependant la question fondamentale, car celle qui permettra de pérenniser ou non cet Etat, est celle des
relations étrangères avec les proches voisins : en 1956, Nasser, président égyptien panarabe et nationaliste,
nationalise le canal de Suez  profondément touchés dans leurs intérêts économiques et géopolitiques britanniques
et français décident l’invasion de l’Egypte, or Israël décide de participer à cette invasion : c’est la seconde guerre
israélo-arabe.
Les 3 armées pénètrent jusqu’au Caire, mais URSS et USA interviennent en faveur de Nasser en menaçant
directement les intérêts boursiers français et britanniques, voire menace d’une intervention armée pour l’URSS :
ceux-ci sont obligés de se retirer, suivis par Israël.
Cependant cette seconde guerre permet aussi l’intervention accrue des grandes puissances dans la région :
ainsi les USA considèrent qu’il faut prendre la région à l’URSS (vide de puissance suscité par l’échec franco-
britannique), afin de protéger leurs « intérêts vitaux » (religieux, pétrole, région stratégique) => la majeure partie
des pays arabe se rallient alors à la doctrine Eisenhower (voyant protection militaire et parapluie économique).

2) du 5 au 11 juin 1967 : la « Guerre des Six Jours » (3ème conflit)

Après le conflit de 1956, Israël continue de voir son existence niée par tous les pays arabes : sa priorité
est donc de consolider son territoire, et ce essentiellement par la force et la multiplication de raids de représailles
frontaliers : de nombreux litiges éclatent avec l’Egypte (golfe de Aqaba, bande de Gaza), la Syrie (lac de Tibériade
et eaux du Jourdain notamment le plateau du Golan) et la Jordanie (Cisjordanie).
En // la multiplication des actes de résistance des mouvements révolutionnaires palestiniens poussent les Etats
arabes à durcir le ton envers Israël, afin de rester maître de la situation, entre 1964 et 1967 => les Etats
retournent dans une logique de guerre.
De son côté Israël continue sa politique d’armement : armes en provenance de la RFA et premières livraisons
états-uniennes en 1962 puis soutien ouvert et total à partir de 1965 sous Johnson  donc Nasser se rapproche
intensivement de l’URSS !!! La Syrie elle aussi, révolutionnaire, entame une campagne rhétorique très belliqueuse (à
la fois contre Israël mais aussi l’impérialisme occidental et les arabes conservateurs comme la Jordanie et l’Arabie Saoudite).
Israël répond par la multiplication de raids aériens, donc réponse de la Syrie : les deux Etats concentrent donc
leurs forces militaires, l’Egypte se sent alors obligée de porter main-forte à la Syrie en mobilisant ses troupes dans
le Sinai : c’est le début de la Guerre des Six Jours.

Malgré une coalition arabe, Israël engage une guerre défensive et sort encore largement vainqueur : elle annexe le
Golan, du Sinai et de la Cisjordanie.
Cette guerre est cependant importante car elle consacre la place fondamentale de la question palestinienne dans
l’évolution des régimes de la région. De plus elle radicalise de plus en plus la résistance palestinienne => c’est cette
pensée et ces méthodes radicales (attentats, culte du martyr dès les années 1960) qui prennent de plus en plus de
place en politique.
De plus elle dessine la carte géopolitique contemporaine de la Palestine et d’Israël avec une division entre l’Etat
d’Israël et les « territoires occupés » : territoires dont Israël a pris possession unilatéralement suite à cette
guerre : Cisjordanie, péninsule du Sinaï qui sera rendue plus tard aux Egyptiens, plateau du Golan à la Syrie et bande
de Gaza.

Quelle est la réaction des grandes puissances ?


- les Etats-Unis soutiennent de plus en plus Israël mais aimeraient bien régler le conflit de manière
globale cad apaiser la région // constitution d’un lobby israélien de plus en plus important en
politique intérieure états-unienne.
- L’URSS demande un retrait d’Israël de « tous les territoires occupés »  la question est portée à
l’ONU : résolution 242 dans laquelle elle demande « le retrait des forces israéliennes des
territoires occupés », la fin de l’état de guerre et la reconnaissance de l’intégrité territoriale
entre tous les Etats de la région, la possibilité pour les réfugiés de retourner sur leurs terres
(mais le terme de « palestinien » n’est pas utilisé).
 Ainsi le conflit israélo-palestinien prend de plus en plus une dimension internationale : rapidement les
grandes puissances comprennent tout l’enjeu de cette question et l’importance géopolitique et économique
de stabiliser le conflit, cependant celui-ci ne se résume pas à la logique bipolaire, il semble leur échapper
progressivement… Enfin cette guerre entraîne une évolution des opinions internationales car Israël est vu
désormais comme la puissance agressive et non plus comme l’Etat constamment attaqué.
Ce point est important car dans les deux camps, on connaît l’importance du soutien international : c’est donc un
conflit « moderne », du système-monde, qui ne pourra se régler que par l’intervention diplomatique des opinions
internationales.

C) Palestiniens et arabes face à Israël

1) La question de la diaspora palestinienne

=> le statut des réfugiés se pose donc dès le 1er conflit israelo-arabe et continue aujourd’hui d’être l’un des points
de discorde les plus importants. En effet, pour les premières organisations sionistes, et aujourd’hui pour la majeure
partie des autorités israéliennes (mais en évolution !) un Etat israélien ne peut être viable que s’il est constitué à la
majorité de population juive => donc implicitement question de l’expulsion des populations arabes de leur territoire :
ainsi dès le premier conflit 700000 personnes fuient ou sont expulsées des zones d’invasion.
Cependant tout de suite ce problème prend une dimension internationale, mais Israël décline toute responsabilité et
dénonce un plan des autorités palestiniennes pour émouvoir les opinions internationales : elle refuse donc dès le
début un retour des réfugiés palestiniens, et ce jusqu’à aujourd’hui. Les deux camps se braquent continuellement
sur cette question !!!

L’ONU intervient donc en signant la résolution 194 (11 décembre 1948): tout réfugié doit pouvoir retourner chez
lui s’il le désire + versement d’une indemnité compensatoire pour Israël  Israël refuse catégoriquement, on
propose alors l’annexion par Israël de la bande de Gaza afin d’y reloger les réfugiés mais refus par tous les
protagonistes.
La Syrie et l’Iraq proposent alors d’accepter les réfugiés sur leur territoire.
Mais les réfugiés, jusqu’à aujourd’hui (présents dans tous les pays arabes alentours) refusent de se mêler à la
population et gardent leur identité culturelle, ils vivent donc dans des quartiers fermés autonomes ou dans des
camps (comme Sabra et Chatila au Liban, Beyrouth).
 Pendant de nombreuses années, la question palestinienne ne sera abordée qu’à travers celle des réfugiés, en
évitant soigneusement de parler de « peuple palestinien » afin d’éviter la reconnaissance politique de la Palestine
comme Etat (par Israël et ses alliés et aussi par les pays arabes qui aimeraient bien récupérer quelques
territoires…)

2) le temps du panarabisme

 complexité du conflit car aussi échelle régionale : panarabisme et volonté d’union régionale

Attention les relations entre palestiniens et Etats arabes sont complexes, car pour de nombreux chefs d’Etat cette
question est aussi un moyen de s’imposer dans la région : en effet, un certain nombre de pays progressistes (donc
contre les conservateurs comme l’Arabie Saoudite, les monarchies du Golfe ou Jordanie) prônent l’idéologie
panarabe (unité du monde arabe sur un dénominateur commun : l’arabité) comme voie de modernisation post-
indépendantiste et essaient d’unifier la région : notamment Nasser en Egypte ou Hafidh al Assad en Syrie. Or pour
eux la question palestinienne n’est qu’un moyen de s’imposer dans la région comme unificateur.
Ils sont donc contre une indépendance politique palestinienne !

La Jordanie quant à elle a des vues sur la Cisjordanie, qu’elle aimerait bien annexer : en septembre 1970, face aux
menaces de déstabilisation que Y. Arafat semble assembler pour le régime jordanien (désormais 75% des
Jordaniens sont d’origine palestinienne !!!), le roi Hussein organise le massacre des camps palestiniens proches de la
frontière Sud : plusieurs milliers de civils palestiniens sont tués  une organisation activiste palestinienne naît
alors en prenant le nom de « septembre noir » (prise d’otage de Munich).

3) la naissance d’un fort nationalisme palestinien

=> fort nationalisme palestinien accentué par la question des réfugiés et la non-reconnaissance politique
internationale. Cependant progressivement, les Palestiniens s’organisent politiquement : essai de mise en place d’une
république palestinienne indépendante mais échec.
Une nouvelle génération de palestiniens, celle des camps de réfugiés, veut passer par des solutions plus
radicales que celles institutionnelles (qui jusque là n’ont mené à rien car blocage de toutes parts) : donc
détachement du panarabisme pour un horizon bcp plus nationaliste.
 un jeune étudiant Yasser Arafat fonde en 1959 à Koweit le « mouvement de libération de la Palestine » :
FATH (ou fatah) qui demande une Palestine indépendante (donc ni israélienne ni rattachée à un Etat arabe). Pour
lui, contre le panarabisme, la libération de la Palestine ne peut passer que par la lutte armée des Palestiniens. Il
fonde aussi un journal Filistinuna
En mai 1964, lors du Congrès palestinien de Jérusalem (sur le mont des Oliviers), à l’initiative de la Ligue Arabe
(donc projet panarabe !), création de l’OLP : « Organisation de Libération de la Palestine » et de l’ALP : « Armée de
Libération de la Palestine » constituée de contingents de Palestiniens intégrés dans les différentes armées arabes
régulières => mise en place de la charte palestinienne.
Le Fatah devient la branche politique de l’OLP et l’ALP la branche armée. Ahmed Choukayri est le premier président
de l’OLP.
L’OLP doit avoir une fonction politique de rassemblement des différentes activités palestiniennes, elle ne doit avoir
aucune ambition territoriale car elle est strictement contrôlée par les vues panarabes de Nasser : Yasser Arafat
est donc contre ce mouvement à sa naissance.

En // se développent des mouvements révolutionnaires palestiniens qui, eux, prônent des revendications
territoriales, multiplication des coups de force  donc radicalisation d’une partie de la population palestinienne
face à Israël et aussi aux autres Etats arabes
 le groupe armé Septembre Noir se crée suite à l’expulsion dans le sang des camps palestiniens de Jordanie en
septembre 1970. Ce groupe revendique l’assassinat du premier ministre jordanien Wasfi Tall en Egypte en novembre
1971 puis les attentats au JO d’été de Munich en 1972 (réplique du Mosaad entre 1972 et 1973 par des assassinats
dans différents pays = opération colère de Dieu).

Suite à la défaite de 1967, l’OLP se transforme et les mouvances de résistance palestiniennes sont admises et
désormais majoritaires : priorité est donc désormais donnée à la lutte politique pour l’indépendance palestinienne.
En Février 1969, Yasser Arafat devient son président, il décide déjà des règles du futur Etat palestinien : ce sera
un Etat démocratique laïque.

II) 1973 – 2000 : UN CONFLIT AU CŒUR DE L’ENTROPIE MONDIALE

A) La guerre du Kippour (4ème conflit) et les nouvelles relations internationales

cette guerre est l’événement le plus important de 1973, en terme de conséquence à court terme mais surtout à
moyen terme.
Le 6 octobre 1973, le jour du Grand Pardon, jour le plus important du calendrier juif, l’Egypte et la Syrie décident
d’attaquer Israël (car ce jour-là aucune action militaire ne peut être menée par les juifs) de part et d’autres. 3 jours plus
tard, intervention iraqienne et jordanienne + quelques unités palestiniennes du Fatah. Cependant rapidement Israël
regroupe ses forces et organise la résistance à l’invasion arabe : elle sort une nouvelle fois vainqueur de ce conflit
=> les Syriens sont promptement repoussés au Nord et les Egyptiens contenus puis refoulés jusque dans les
faubourgs du Caire (mais c’est une victoire pour les Egyptiens car ils ont réussi à rentrer brièvement dans le
Sinai !!!).
Mais l’ONU, suite à des négociations secrètes entre URSS et USA, et les deux puissances interviennent et
ordonnent un cessez-le-feu le 25 octobre.
Quelles sont les conséquences ?
- Pour les puissances internationales, on a compris que ce conflit peut dégénérer et devenir planétaire
car totalement imbriqué dans la GF. En effet, l’URSS a une nouvelle fois, le 22 octobre, menacé d’intervenir
militairement donc les USA regroupent leurs forces). Donc il faut à tout prix éviter qu’il ne s’échauffe à nouveau.
- Pour les pays arabes, l’unité est plus forte que jamais, même si l’Egypte d’Anouar as Sadate comprend
qu’Israël est la puissance la plus forte militairement et que le conflit doit se régler de manière diplomatique. Tous
refusent de reconnaître Israël.
- Pour Israël : indéniablement la puissance militaire et stratégique la plus forte (avec le Mossad =
services secrets les plus performants au monde), mais elle ne peut continuer comme cela car fragilité, + coût de la
guerre.
- L’arme du Pétrole : le 17 octobre 1973 l’OPEAP décide, comme sanction, de baisser de 5% les
exportations de pétrole « jusqu’à la libération des territoires occupés » + embargo des livraisons envers les USA,
Afrique du Sud, Pays-Bas et Portugal pour leur soutien à Israël => 1er choc pétrolier de dimension planétaire, fin des
30 Glorieuses et bouleversement de la donne et des relations internationales sur le long terme ! L’unité arabe face à
ce conflit n’a jamais été aussi forte => cf sommet de la LEA à Alger fin novembre 1973.

 quelle place du Moyen-Orient dans la Guerre Froide ?

Nous avions vu que le MO, dès le départ, est considéré comme stratégique (réserve de pétrole + routes
maritimes) => base militaire de l’OTAN en Turquie dès le début des années 1950.
Rapidement les Etats-Unis veulent se poser comme intermédiaire dans la résolution du conflit israélo-arabe
afin de préserver la stabilité => pacte de Bagdad en février 1955, c’est la doctrine Eisenhower. Cette
politique reçoit un succès limité : l’Iran, la Turquie et le Pakistan rentrent dans le bloc occidental + les pays
conservateurs (AS, Jordanie) tandis que les pays touchés par le nationalisme arabe (Egypte, Syrie,
Iraq)refusent le bloc occidental contre « l’impérialisme ». Ils se tournent alors plus vers le régime soviétique
mais sans jamais s’inféoder à l’URSS. Celle-ci est obligée d’accroître sans cesse son aide militaire et
économique pour ne pas les perdre.
Les Etats-Unis vont jusqu’à intervenir militairement au Liban lors de la crise de 1958 (déstabilisation du
gouvernement de Chamoun suite à la crise de Suez).

B) …Les années 1970 – 1980 : tout faire pour arrêter le conflit !

1) les accords de Camp David

Suite à la guerre de 1973, les USA de Kissinger et Nixon (URSS étant de plus en plus dépassée) se posent en
négociateurs de la paix par la politique des « petits pas » : en effet la situation est bloquée de toute part,
radicalisation d’Israël, des palestiniens et des pays arabes. Ils essaient donc d’intervenir par le biais des pays
arabes : c’est donc d’abord l’Egypte de Sadate qui lance une initiative de paix envers Israël, car le président a
compris qu’il y va du salut militaire et économique de l’Egypte. Ainsi en novembre 1977, il accomplit un geste
historique dans l’histoire des relations internationales : il se rend à la Knesset (parlement israélien) et prononce un
discours de paix. Cela sous-entend donc qu’il reconnaît l’existence d’Israël comme Etat, c’est le premier Etat arabe
à l’avoir fait.
Ensuite il rencontre le 17 septembre 1978 le 1er ministre israélien à camp David (USA) et ensemble ils signent un
accord de paix, en présence du président Carter : le Sinaï est rendu à l’Egypte, mais de nombreuses questions
restent floues : l’accord parle « d’autonomie des territoires occupés » ?? Statut de Jérusalem ???
Sadate paie de sa vie cet engagement puisque les Frères musulmans, en Egypte, organisent son assassinat le 6
octobre 1981.
2) La dimension régionale du conflit : Israël et la guerre libanaise (= 5ème guerre
israélo-arabe)

Le Liban est en guerre civile depuis 1975, Israël espère multiplier les soutiens régionaux : elle se tourne donc vers
les chrétiens libanais. Or les Palestiniens qui vivent dans les camps de réfugiés prennent le parti des musulmans =>
en juin 1982, Israël lance l’opération « Paix en Galilée » afin de repousser les Palestiniens à 40 kms au nord de la
frontière israélo-palestinienne => mais elle va poursuivre son offensive jusqu’à Beyrouth (pilonnage aérien). Les USA
sont obligés d’intervenir pour cesser les opérations. Israël se retire de Beyrouth mais conserve le Liban Sud
jusqu’en 1999 (= développement de la résistance chiite du Hezbollah) ; de plus ils laissent les mains libres aux
phalanges chrétiennes pour massacrer les camps palestiniens de Sabra et Chatila (16 et 17 septembre 1982).
 la guerre israélo-palestinienne a donc des répercussions importantes dans toute la région. Chaque régime
politique voit sa politique intérieure influencée par ce conflit régional.

3) L’échec des années d’espoir : la 1ère intifadah (soulèvement)

De nombreuses entreprises internationales vont essayer de régler le conflit (Arabie Saoudite, USA et Jordanie)
mais toutes sont vouées à l’échec, hormis le fait que la Jordanie, en 1988, accepte de cesser toute tutelle politique
sur les Palestiniens et la Cisjordanie.
Cette évolution est fondamentale pour créer le visage politique actuel des Palestiniens : Arafat devient le leader
politique national et international des Palestiniens, même s’il s’installe en 1983 à Tunis (car Syrie et Israël sont ses
ennemis). De plus, les Palestiniens « de l’intérieur » prennent une place de plus en plus importante, par rapport aux
réfugiés.
Pourquoi ? - essor démographique fulgurant depuis les années 1960 car les palestiniens ont bien compris que la
démographie était aussi une « arme » pour ensuite demander un territoire important.
- nouvelle élite indépendantiste proche de l’OLP (et non plus proche de la Jordanie) qui refuse de
suivre les mesures administratives imposées par Israël + acteurs locaux issus des organisations islamistes
palestiniennes en plein essor : le « jihad islamique » qui reprend la rhétorique révolutionnaire et anti-impérialiste
communiste et demande la libération totale de la Palestine par la lutte armée.

Le 9 décembre 1987, un camion israélien percute un taxi palestinien dans la bande de Gaza : la rumeur s’étend qu’il
s’agirait en fait d’un attentat mené par les colons israéliens (colonies = implantations israéliennes sous forme de
villages, dans les territoires occupés)  des émeutes populaires éclatent alors dans la bande de Gaza et en
Cisjordanie, elles prennent la forme de jets de pierre face à l’occupation armée israélienne.
Ce soulèvement prend une ampleur considérable que la répression armée israélienne ne peut contenir
- à l’intérieur des territoires occupés, organisation des différentes factions palestiniennes pour demander
la constitution d’un Etat palestinien // les plus radicaux des islamistes forment le Hamas (mouvement de la
résistance islamique) dont le programme va bcp plus loin : destruction totale d’Israël par la lutte permanente.
- pour Israël, les territoires occupés qui étaient jusque là une ressource financière deviennent une charge
économique très lourde.
- dimension internationale : les opinions internationales prennent parti pour la population palestinienne : ainsi
le 22 décembre 1987, la résolution 605 de l’ONU (abstention états-unienne) déplore « les politiques et pratiques
d’Israël qui violent les droits du peuple palestinien dans les territoires occupés. »
 L’OLP en profite pour faire une réelle offensive diplomatique : à l’ONU, en décembre 1988, Arafat accepte de
reconnaître l’Etat d’Israël et la fin des méthodes terroristes contre la proclamation de l’Etat indépendant de
Palestine en novembre 1988.

C) A partir années 1990 : l’enlisement du conflit au cœur de l’entropie mondiale

1) les multiples tentatives états-uniennes

A partir de l’arrivée au pouvoir du gouvernement Bush père, les USA jouent un rôle fondamental dans l’évolution du
conflit. Ils apparaissent désormais ouvertement, au nom de la « pax americana », comme l’interlocuteur
particulier de résolution du conflit (bien plus que l’ONU ou que l’UE). Pourquoi ? les USA veulent favoriser la mise en
place d’une autorité politique palestinienne permettant des négociations directes.
Le problème est que la politique israélienne est de plus en plus intransigeante à l’égard des Palestiniens
(implantation accrue de colonies, refus d’une indépendance palestinienne…) et que les USA refusent de faire
pression sur Israël. Cependant suite à la guerre du Golfe qui confirme la domination états-unienne dans la région,
relance du processus de paix avec James Baker (secrétaire d’Etat de Bush, il gère la fin de la Guerre Froide et la
première Guerre du Golfe)

2) De la conférence de Madrid aux accords d’Oslo

Le 30 octobre 1991, ouverture de la conférence de paix de Madrid entre Israël, Palestiniens et représentants des
Etats arabes (avec Etats-Unis, URSS et Espagne), mais échec, donc poursuite des négociations à Washington. En //
évolution de la politique intérieure d’Israël avec l’élection du parti travailliste bcp plus favorable aux négociations
 accords d’Oslo signés en septembre 1993 entre Arafat et Rabin : l’Autorité palestinienne est créée pour
gérer les territoires palestiniens. Mais la reprise des violences sur le terrain puis l’assassinat d’I. Rabin par un
extrémiste juif en 1995 anéantit le processus.
Cependant la création de l’Autorité palestinienne est une étape fondamentale dans la reconnaissance internationale
de la Palestine comme Etat indépendant : UE en 1999, ONU en 2002

3) Dernières tentatives : les accords de Camp David II…


Devant la recrudescence des violences, en juillet 2000 Bill Clinton organise à Camp David une nouvelle phase de
négociation entre Ehoud Barak, 1er ministre israélien et Arafat, psdt de l’Autorité palestinienne. Mais, malgré une
reconnaissance accrue des deux chefs, les négociations sabotent toujours sur les mêmes motifs : retour des
réfugiés et statut de Jérusalem.
En septembre 2000, c’est le début de la 2nde Intifadah face à l’enfermement économique, sanitaire, social et
politique des territoires palestiniens : l’armée israélienne provoque les palestiniens en apparaissant sur l’esplanade
des mosquées, ce qui apparaît intolérable pour les palestiniens : le processus de paix s’échappe une nouvelle fois…

III ) L’EVOLUTION DU CONFLIT DEPUIS LES ANNEES 2000…

A) L’épreuve de force Arafat / Sharon

 antagonisme profond et personnel entre deux anciens combattants.


Suite à la 2nde intifadah, le gouvernement israélien vire de nouveau vers la droite dure : A. Sharon est promu 1er
ministre et il entend mener une politique très ferme envers les attentats palestiniens et envers Y. Arafat qu’il ne
reconnaît pas comme homme politique mais en tant que terroriste, d’autant plus que suite aux attentats du 11
septembre, les israéliens reprennent à leur compte la rhétorique états-unienne de guerre au terrorisme censée
légitimer toute action de force => cf enfermement dans son QG à partir de 2001.
La situation apparaît alors comme complètement bloquée mais les tentatives internationales se multiplient : feuille
de route mise en place par l’ONU et l’UE qui vise à la création d’un Etat palestinien avant 2005, accord de Taba en
2001, initiative de Genève réalisée par des institutions non gouvernementales en 2003 acceptée par l’autorité
palestinienne mais refusée par Israël.

B) Quelles attentes ???

Suite à la mort de Yasser Arafat fin 2004 => Mahmoud Abbas reprend le pouvoir mais il ne jouit pas de la légitimité
de Yasser Arafat. Les factions palestiniennes commencent de se désunir => élections législatives favorables au
Hamas en 2006 or antagonisme fort avec le fatah de Mahmoud Abbas. Fin des aides internationales devant la
mauvaise réputation de cette mouvance => les territoires palestiniens s’enlisent dans les difficultés économiques =>
guerre civile palestinienne depuis automne 2006 => Gaza est sous gouvernement du Hamas et la Cisjordanie avec le
Fatah.

En Israël mort politique d’Ariel Sharon remplacé par son second Ehoud Olmert, toujours fortement ancré à droite :
malgré le retrait unilatéral de la Bande de Gaza entamé par A. Sharon, E. Olmert garde une politique très ferme à
l’égard des palestiniens et des « ennemis » d’Israël : continuation de la construction du mur qui doit séparer les
deux territoires, en empiétant souvent sur les territoires palestiniens au nom de la sécurité des implantations
israéliennes, guerre contre les hezbollah en juillet 2006 avec le bombardement de tout le Liban Sud, Beyrouth et
Baalbeck au Nord, continuation de la politique de représailles…

Décembre 2008 – mi janvier 2009 : gouvernement centriste organise une offensive musclée sur Gaza suite à des
envois de rockets par le Hamas. De nombreux civils sont touchés et utilisation d’armes non conventionnelles =>
émotion vive dans les opinions publiques internationales mais les gouvernements restent timorés => le rapport
Goldstone appelle à éclaircir quelques points pour crimes contre l’humanité mais pas de sanction.

Le gouvernement actuel mené par B. Netanyahu depuis le 31 mars 2009 est très ancré à droite => politique de
reprise des colonies en Cisjordanie et Jérusalem Est, gros point d’achoppement dans le processus de paix
 allez voir la carte du monde diplo « l’archipel de Palestine orientale »

Le problème prend de plus en plus une ampleur internationale (= 3ème guerre mondiale ?) car il est récupéré
par la rhétorique islamiste et néoconservatrice : cf Iran (depuis Khomeyni).