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Centre de Rennes Institut de Recherches

65 rue de Saint Brieuc CS 84215 Agronomiques et Forestières (IRAF)


35042 Rennes Cedex BP 2246 Tél : (241) 73.23.75
Tél : 02 23 48 55 00 Libreville Gabon

Mémoire de fin d’études


Pour l’obtention du Master Sciences Agronomiques et Agroalimentaires
Spécialité Sciences Halieutiques et Aquacoles
Dominante Aquaculture

Contribution à la mise au point d’aliments pour tilapia


Oreochromis niloticus à base d’intrants locaux :
cas du Gabon

Présenté par : IGA-IGA Robert

Soutenu le : 11 septembre 2008

Devant le jury
M. Hervé LE BRIS.……………………………………Agrocampus Rennes
M. Richard SABATIE…………………………………Agrocampus Rennes
M. Yann MARCHAND…………………………..…...Le Gouessant aquaculture

"Les analyses et les conclusions de ce travail d'étudiant n'engagent que la responsabilité de


son auteur et non celle de l’IRAF".
Remerciements

Au terme de ce travail, il m’est particulièrement agréable de remercier toutes les


personnes qui ont d’une manière ou d’une autre contribué à sa réalisation.

Qu’il me soit tout d’abord permis d’exprimer ma profonde gratitude à messieurs Jean
Daniel MBEGA, Directeur de l’IRT (Institut de Recherches Technologiques) et Jean Hervé
MVE BEH, responsable du laboratoire d’hydrobiologie et d’ichtyologie de l’IRAF (Institut de
Recherches Agronomiques et Forestières), pour l’enthousiasme qu’ils m’ont communiqué
tout au long de cette étude, et pour avoir bien voulu placer ce travail sous leur parrainage en
acceptant de m’encadrer et ce nonobstant leurs multiples occupations.

Je remercie la Direction Générale des Pêches et de l’Aquaculture (DGPA) du Gabon


pour le soutien financier apporté à cette étude. Puisse la qualité de ce travail être le
témoignage de ma gratitude.

Ce travail n’aurait pas été possible sans l’appui logistique et humain du laboratoire
d’hydrobiologie et d’ichtyologie de l’IRAF. Que toute l’équipe trouve ici l’expression de ma
profonde reconnaissance.

Je remercie très sincèrement le corps professoral d’Agrocampus rennes, en particulier


les enseignants-chercheurs du pôle halieutique, de qui je dois cette formation.

Je ne saurais terminer sans remercier mon épouse pour son soutien psychologique et sa
compréhension qui m’ont permis de persévérer jusqu’à la fin.
Table des matières

Liste des tableaux


Liste des annexes
Glossaire
Résumé

Introduction générale.………………………………………………………………………..1

PREMIERE PARTIE : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE …………………………………3

Chapitre 1 : Biologie et écologie de Oreochromis niloticus.……...………………………...4

1.1 - Taxonomie, morphologie et exigences écologiques ……………………………………..4


1.2 - Anatomie et physiologie du tube digestif ………………………………………………..5
1.3 - Régime alimentaire ……………………………………..………………………………..5
1.4 - Croissance et reproduction.……………………………………………………………....5

Chapitre 2 : Besoins nutritionnels de O. niloticus en élevage intensif …………………....7

2.1 - Protéines ………………………………………………………………………………....7


2.2 - Lipides …………………………………………………………………………………...8
2.3 - Vitamines et minéraux ……………………………………….…………………………..8
2.4 - Energie …………………………………………………….…………………………......9

Chapitre 3 : Quelques ingrédients potentiels pour l’alimentation de O. niloticus au


Gabon ……………………………………………………………………………………......11

3.1 - Sous-produits de céréales : drêches de brasserie et brisures de maïs …………………..11


3.2 - Tourteaux d’oléagineux : tourteaux de palmiste et d’arachide …………………………11
3.3 - Farines d’origine animale et les micro-ingrédients…………………………………......12
3.4 - Produits divers…………………………………………………………………………..12

DEUXIEME PARTIE : ETUDE EXPERIMENTALE, RESULTATS ET DISCUSSION

Chapitre 1 : Matériels et méthode…..……………………………………………………...14

1.1 - Matériels ………………………………………………………………………………..14


1.1.1 - Milieu d’étude et infrastructures d’élevage …………………………………………..14
1.1.2 - Origine et choix des juvéniles ………………………………………………………..14
1.1.3 - Intrants alimentaires ………………………………………………………………….15
1.2 – Méthode…………………………………………………………………………….......15
1.2.1 - Formulation, fabrication des aliments et nourrissage………………………………...15
1.2.2 - Résultat attendu.………………………………………………………………………17
1.2.3 - Conduite de l’essai …………………………………………………………………...17
1.2.4 - Paramètres zootechniques et indices calculés ………………………………………..16
Chapitre 2 : Résultats et discussion.……………………………………………………….20

2.1 - Survie, croissance et efficacité alimentaire …………………………………………….20


2.1.1 - Survie ………………………………………………………………………………...20
2.1.2 - Performances de croissance des poissons …………………………………………....20
2.1.2.1 - Gain de masse corporelle ………………………………………………………….20
2.1.2.2 - Taux de croissance spécifique.…………….…………………………………….....21
2.1.2.3 - Indice de croissance journalier…..………………………………………………....21
2.1.3 - Ingestion et efficacité alimentaire …………………………………………….……..22
2.1.3.1 - Ingéré volontaire ………………………………………………………………......22
2.1.3.2 - Indice de consommation ………………………………………………………......22
2.1.3.3 - Coefficient d’efficacité protéique ……………………………………………........22
2.2 - Approche économique ……………………………………………………………...….22
2.2.1 - Estimation du prix de revient d’un kg d’aliment …………………………………….22
2.2.2 - Estimation du coût alimentaire de production d’un kg de poisson …………………..23

Conclusions et perspectives ……………………………………………………………….27

Références bibliographiques.………………………………………………………………28

Annexes.……………………………………………………………………………………..31
Liste des tableaux

Tableau 1 : Quelques critères de qualité d’eau pour la pisciculture des tilapias..……………..4

Tableau 2 : Besoins quantitatifs en acides aminés essentiels de O. niloticus ………………....7

Tableau 3 : Besoins en vitamines des tilapias ………………………………………………...9

Tableau 4 : Quelques besoins en macro-minéraux et en oligo-éléments des tilapias ………...9

Tableau 5 : Récapitulatif des besoins nutritionnels, contraintes de fabrication de l’aliment et


pratique de l’alimentation chez les tilapias.………………………………………………….10

Tableau 6 : Synthèse sur les ingrédients potentiels (lieux d’approvisionnement, prix et


disponibilité)………………………………………………………………………………….12

Tableau 7 : Résultats d’analyses bromatologiques des intrants alimentaires ………………..15

Tableau 8 a : Composition des aliments expérimentaux ……………………………...……..16

Tableau 8 b : Composition analytique des aliments expérimentaux ………………………...16

Tableau 9: Schéma de nourrissage prévisionnel ………………………………………...…..17

Tableau 10 : Variation du taux de survie au cours de l’expérience ……………..…………..20

Tableau 11 : Evolution du poids moyen individuel des poissons par régime alimentaire ….20

Tableau 12: Valeurs des coefficients estimant les performances de croissance des poissons au
cours de l’expérience ……………………………………………………………………......21

Tableau 13: Principaux indices d’efficacité alimentaire : valeurs moyennes pour la durée
totale de l’expérience …………………………………………………………………….….22

Tableau 14 : Estimation du prix de revient d’un kg d’aliment………………………………23

Tableau 15 : Estimation du coût de production d’un kg de poisson ………………..……….23

Tableau 16 : Intérêt économique dans l’utilisation des aliments R2 et SMAG ……………..26


Liste des annexes

Annexe A : Vue d’ensemble de l’infrastructure et schéma d’une structure flottante ………..32

Annexe B : Aperçu des cages et schéma d’une mangeoire flottante ……………………...…33

Annexe C: Aspect morphologique du tilapia Oreochromis niloticus…………………....…...34

Annexe D : Récapitulatif des pêches de contrôle ………………………………….…………35

Annexe E : Quantité cumulée moyenne d’aliments distribués ………………………………36

Annexe F: Présentation de la structure d’accueil ……………………………………………37


Glossaire de quelques termes techniques

Comme toute science ou technique, la nutrition a sa terminologie propre formée de


néologismes et de mots communs auxquels est attribué un sens bien défini. Il parait utile de
rappeler les termes se rapportant aux notions principales.

Alimentation : application de la nutrition à la production animale et plus spécialement pour


tout ce qui touche l’estimation des rations et leur distribution.

Appétence : attraction d’un animal vers un aliment. L’animal manifeste vis-à-vis de l’aliment
une appétence (ou un appétit).

Digestibilité : elle exprime la quantité de nutriments supposée absorbée par l’animal par
différence entre la quantité ingérée et la quantité excrétée dans les fèces.

Facteurs antinutritionnels : composés indésirables des matières premières (anti-enzymes,


polluants, contaminants d’origine microbienne) qui limitent l’efficacité des processus
digestifs et réduisent l’utilisation des nutriments spécifiques.

Formulation : la technique de l’élaboration des aliments composés comprend la formulation


(conception des formules) et la technologie des aliments (procédés de fabrication).

Indispensable (acide aminé indispensable) : se dit d’un nutriment nécessaire que l’organisme
de l’animal ne peut synthétiser.

Ingrédient : matière première ou autre composé rentrant dans la formulation d’un aliment
composé.

Nourrissage : ensemble de méthodes de distribution de l’aliment.

Nutriment : molécule douée de propriétés nutritives.

Nutrition : branche de la physiologie ayant pour objet l’ensemble des processus assurant la
fourniture à l’organisme de l’énergie et des nutriments nécessaires aux processus vitaux.

Rationnement alimentaire : établissement des rations (quantité d’aliment distribuée). En


pratique, l’éleveur doit ajuster au mieux la quantité d’aliment allouée aux besoins
nutritionnels supposés du poisson à un instant donné.

Régime : les nutritionnistes parlent de régimes pour désigner les aliments expérimentaux.

Loin d’être exhaustif, ce glossaire est complété par d’autres termes techniques comme
taux de croissance spécifique, gain de masse corporelle, etc. (indices pour estimer la
croissance des poissons) ; ingéré volontaire, indice de consommation, coefficient d’efficacité
protéique (indices pour caractériser l’efficacité d’utilisation des aliments mis en essai), qui
sont clairement définis dans le rapport (pages 18 et 19).
Pôle Halieutique :
Spécialité Sciences Halieutiques et Aquacoles
Dominante Aquaculture
Enseignant responsable : Pr. Hervé LE BRIS Cadre réservé à la bibliothèque centrale
Centre de Rennes

Organisme d'accueil : Institut de Recherches


Auteur : IGA-IGA Robert Agronomiques et Forestières (IRAF)
Adresse : BP. 2246 Libreville – Gabon
Nombre de pages : 38 Annexe(s) : 6
Maître de stage : Dr. Jean-Daniel MBEGA
Année de soutenance : 2008
Titre : Contribution à la mise au point d’aliments pour tilapia Oreochromis niloticus à base d’intrants
locaux : cas du Gabon
Résumé :

La présente étude, réalisée au Gabon, est une contribution à la mise au point d’aliments pour
poissons à partir d’intrants locaux. Parmi les ingrédients alimentaires potentiels identifiés, certains, en
fonction de la composition analytique, de la disponibilité et du prix, ont été retenus. Deux aliments ont
été formulés et fabriqués. Le régime R1, comprenant majoritairement de la drêche de brasserie, est
formulé pour être l’aliment le plus accessible aux pisciculteurs aux revenus modestes. Le régime R2
est formulé en incorporant une gamme plus large de sous-produits d’origine agricole.

Un test de performance dont l’objectif était de comparer l’ingestion d’aliments, l’efficacité


alimentaire et le taux de croissance spécifique chez les juvéniles monosexes mâles de tilapia
Oreochromis niloticus, a été réalisé en cages flottantes, pendant une période de 90 jours. Les
poissons, répartis en duplicats, étaient nourris avec les aliments expérimentaux. Les aliments étaient
distribués à la main 3 fois par jour, tous les jours de la semaine, dans des mangeoires flottantes. Des
pêches de contrôle de différents paramètres zootechniques étaient réalisées tous les 30 jours, et des
réajustements des rations alimentaires apportés en fonction de la biomasse dans les cages.

À l’issue de cette investigation, des résultats encourageants, bien que préliminaires, ont été
obtenus :

- Pour la durée totale de l’expérience, le taux de survie a varié de 97,61 ± 0,99 % à 98,30 ± 1,24 %.
Aucune différence significative n’étant observée (P>0,05), les aliments testés ne semblent présenter
de toxicité pour l’espèce élevée ;

- Au niveau des performances de croissance, les résultats obtenus (TCS variant de 1,04 ± 0,07 à 1,56
± 0,08 %/j) se rapprochent des valeurs rapportées par plusieurs auteurs pour des régimes incorporant
plus de 25 % d’ingrédients sources de protéines non conventionnelles. Nos résultats sont toutefois
moins intéressants comparativement aux données rapportées avec des régimes plus équilibrés (TCS
> 3 %/j, Jauncey (1982)) ;

- Concernant l’efficacité alimentaire, l’IC a varié de 1,41 ± 0,24 à 2,57 ± 0,59. De fabrication
artisanale, l’aliment R2 retenu comme présentant le meilleur compromis en termes de rapport
qualité/prix accuse encore des déficiences en nutriments ; aussi d’autres études viendront compléter
ce travail.

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Mots-clés : Nutrition, alimentation, tilapia O. niloticus, performances de croissance, efficacité


alimentaire.
Title: Contribution to the development of food for tilapia O. niloticus on base of intrants premises: case
of the Gabon

Abstract :

The present study, realized in Gabon, is a contribution to the development of food for fish based
on local food ingredients. Among the potential ingredients identified, some were selected, according to
their analytical composition, their availability and their price. Two food formulas where made. The R1
regime, including mainly brewery drêche, is formulated to be the most accessible food for fish
breeders with modest incomes. R2 regime is formulated by incorporating a broader range of spinoffs
of agrarian origin.

A test of performance the objective of which was to compare the ingestion of food, the food
efficiency and the specific growth rate to the young male monosexe of tilapia Oreochromis niloticus,
was realized in floating cages, during a period of 90 days. Fish, divided in duplicats, were nourished
with the experimental food. Food was distributed by hand 3 times a day, every day of the week, in
floating cribs. The fishing of control of various the zootechnical parameters were realized every 30
days, and adjustments of daily food rations were brought according to the biomass in cages.

At the conclusion of this investigation, encouraging results, although preliminary, were obtained:

- For the total duration of the experiment, the rate of survival varied from 97,61 ± 0,99 % to 98,30 ±
1,24 %. No significant difference being observed (P > 0,05), the tested food seems to present no
toxicity for the species ;

- At the level of growth performance, the results obtained (TCS varying 1,04 ± 0,07 - 1,56 ± 0,08 % / j)
get closer to values reported by several authors for regimes incorporating more than 25% of
unconventional protein sources. Our results are however less interesting compared with the data
reported with better-balanced regimes (TCS > 3 %/j, Jauncey (1982));

- Concerning the food efficiency, the IC has vary 1,41 ± 0,24 - 2,57 ± 0,59. Of home-made
manufacturing, the R2 food presents the best compromise in terms of value for money but still exhibits
deficiencies in nutriments; therefore other studies will come to complete this work.

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Keywords : Nutrition, food, tilapia O. niloticus, performances of growth, food efficiency.

Diffusion :
Non limitée
Limitée (préciser au verso)

Je soussigné…………………..propriétaire des droits de reproduction du résumé du présent document,


autorise toutes les sources bibliographiques à signaler et publier ce résumé.

Date : 26/08/08 Signature :


Introduction générale

La production aquacole mondiale a considérablement augmenté au cours des 50


dernières années. D’un niveau inférieur à un million de tonnes au début des années 50, elle est
passée à 45,5 millions de tonnes en 2004. Elle a progressé à un taux annuel moyen de 8,8 %
depuis 1970, contre seulement 1,2 % pour les pêches de capture (dont la production stagne
autour de 90 millions de tonnes depuis quelques décennies). Aujourd’hui, 43 % des poissons
sur le marché mondial proviennent de l’élevage, alors que cette part ne représentait que 9 %
en 1980. L’aquaculture poursuit son essor à un rythme plus rapide que celui de tous les autres
secteurs de production alimentaire d’origine animale (FAO, 2006). Cet essor prodigieux est le
résultat des recherches et d’innovations dans la maîtrise de la conduite des élevages et surtout
dans l’alimentation.

Ces progrès spectaculaires de l’aquaculture sont moins visibles dans certaines régions
du globe. L’Afrique subsaharienne continue d’occuper une place mineure (0,16 %) en dépit
de son potentiel naturel. Au niveau du Gabon, malgré d’immenses potentialités naturelles
(complexe fluvio-lacustre d’une superficie totale estimée à 10.686,7 km2 ; façade maritime
longue de 750 km, etc.) (1) et des conditions climatiques locales favorables (climat équatorial
chaud et humide, les précipitations moyennes annuelles atteignent 2.515 mm, etc.), après plus
d’un demi-siècle d’efforts menés au début dans le cadre colonial puis des coopérations
bilatérale et internationale, la pisciculture n’a pas encore atteint une dimension économique
viable (production très marginale : entre 100 et 120 tonnes de poissons par an, constituée
essentiellement de tilapia ; soit 0,3 % seulement de la production halieutique nationale, située
autour de 46.000 tonnes par an) (2).

Au nombre de contraintes majeures reconnues comme entrave au développement de


cette activité, on note le manque, sur le marché local, d’aliments performants à prix accessible
aux pisciculteurs. En effet, la taxation importante à l’importation sur les produits destinés à
l’alimentation animale restreint les importations d’aliments pour poissons, ainsi que celles des
farines nécessaires à la fabrication sur place de ces aliments (l’agriculture au Gabon est peu
développée, avec environ 170.000 km² de superficies cultivées (3) ; l’économie du pays repose
essentiellement sur la rente pétrolière, l’exploitation du bois et l’extraction du manganèse).

Il apparaît dès lors indispensable de valoriser les sous-produits agricoles locaux en vue
de proposer aux pisciculteurs des solutions adaptées au contexte de leurs exploitations.

La présente étude constitue donc le début d’une série de recherches dont l’objectif à
terme est de proposer aux pisciculteurs locaux un aliment composé performant (qui assure une
croissance optimale tout en garantissant un produit sain et de qualité), qui respecte
l’environnement et d’un prix accessible (prix stable et modéré).

Le présent rapport s’articule en deux parties :

La première, prélude à notre étude, fait la synthèse des connaissances sur la nutrition
et l’alimentation du tilapia Oreochromis niloticus, espèce retenue pour notre étude. Après une
brève présentation de la biologie et l’écologie de l’espèce (chapitre 1), de ses besoins
nutritionnels (chapitre 2), un recensement des ingrédients potentiels pour son l’alimentation
au Gabon, en termes de coûts, de disponibilité et de composition, est présenté (chapitre 3).
La partie centrale du rapport (deuxième partie) aborde l’étude expérimentale de la
valeur nutritionnelle des aliments formulés sur la croissance de O. niloticus en cages
flottantes. Elle présente d’abord le milieu d’étude et le matériel utilisé (chapitre 1) avant
d’énoncer la méthodologie mise en œuvre et les résultats préliminaires obtenus (chapitre 2).
Le rapport se termine sur de nouvelles perspectives de recherche.

----------------------------------------------------------------------------
(1)
Ondoh Mve Robert et Jean-Daniel Mbega (1998). Gestion des pêches et de la biodiversité au Gabon. Fish Base 98.
(2)
Cellule des statistiques de la Direction Générale des Pêches et de l’Aquaculture du Gabon, 2006.
(3)
BAD (2005). Rapport d’évaluation du programme d’appui au secteur de la pêche et de l’aquaculture au Gabon. 64 p.
PREMIERE PARTIE :

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
CHAPITRE 1 : BIOLOGIE ET ECOLOGIE DE Oreochromis niloticus

1.1 – Taxonomie, morphologie et exigences écologiques


Oreochromis niloticus (Linné, 1758) fait partie du genre Tilapia, famille des
Cichlidés, ordre des Perciformes. Le genre Tilapia (Smith, 1840), essentiellement africain, a
d’abord été divisé sur la base de différences morphologiques en trois sous-groupes : Tilapia,
Sarotherodon (Ruppel, 1852) et Neotilapia (Regan, 1920). Mais depuis le siècle denier, le
nombre d’espèces de Tilapia a fortement augmenté avec la découverte d’espèces nouvelles, ce
qui a conduit les systématiciens à revoir régulièrement la taxonomie de ce genre.
Dernièrement, certains taxonomistes s’accordaient à diviser la tribu des Tilapiinés en
quatre genres en se basant non seulement sur les caractères anatomiques, mais aussi,
originalité en taxonomie, sur le comportement reproducteur et la nutrition (Trewavas, 1983) :
- Incubation des œufs sur substrat avec garde biparentale, macrophytophages : Tilapia ;
- Incubation buccale avec garde biparentale ou paternelle, planctonophages: Sarotherodon ;
- Incubation buccale avec garde uniparentale maternelle, planctonophages: Oreochromis ;
- Caractéristiques éco-morphologiques particulières: Danakilia.
L’espèce Oreochromis niloticus, retenue pour notre étude, est facilement
reconnaissable grâce aux bandes verticales régulières noires qui existent sur la nageoire
caudale. La teinte générale est grisâtre, relativement foncée chez l’adulte. Le dos est vert-
olive, les flancs sont pâles et le ventre blanchâtre (annexe C, page 34). Enfin, le pisciculteur
exercé reconnaîtra le sexe de O. niloticus en examinant la papille génitale qui, chez les mâles,
est protubérante en forme de cône et porte un pore urogénital à l’extrémité ; alors que chez la
femelle, elle est petite, arrondie avec une fente transversale au milieu (pore génital) et un pore
urinaire à l’extrémité (Trewavas, 1983).
De nombreuses études de terrain et de laboratoire (Pullin et Lowe-McConnel, 1982 ;
Fishelson et Yaron, 1983, etc.) montrent que O. niloticus est une espèce relativement
eurytope, adaptée à de larges variations des facteurs écologiques du milieu aquatique et
colonisant des milieux extrêmement variés. Dans l’habitat naturel, cette espèce peut supporter
des températures comprises entre 14 et 31 °C, mais l’intervalle de tolérance thermique
observé en laboratoire est plus large : 8 et 40°C, pendant plusieurs heures (Balarin et Hatton,
1979). Les meilleures performances de croissance sont observées à 24 - 28°C. De plus, O.
niloticus peut survivre dans des eaux dont la salinité est proche de 30 %0 et dont le pH varie
de 8 à 11. Cette espèce survie également durant plusieurs heures à des teneurs en oxygène
dissous très faibles, de l’ordre de 0,1 ppm (Mélard, 1986).
Tableau 1 : Quelques critères de qualité d’eau pour la pisciculture des Tilapias.

Paramètres physico-chimiques de l’eau Valeurs


Gamme de température (°C) 8 - 40
Limite létale en oxygène (mg/l) 2-3
pH : gamme de tolérance 5 - 11
Concentration létale en CO2 (mg/l) > 72,6
Concentration létale en NH3-NH4+ (mg/l) > 4 à pH 7,3 - 7,5
Turbidité (ppm) 13 000
Salinité %0 < 20 - 35

Source : Balarin et Hatton (1979).


1.2 - Anatomie et physiologie du tube digestif

L’appareil digestif de O. niloticus est simple et peu spécialisé. On distingue


schématiquement et dans l’ordre antéro-postérieur : les dents (maxillaires et pharyngiennes),
l’œsophage, un estomac en forme de sac, et un long et sinueux intestin caractéristique des
animaux à chaîne alimentaire courte. Une étude histologique de l’estomac de O. niloticus
révèle une structure autorisant une grande possibilité de distension, d’où une accommodation
facile en cas de larges variations dans la quantité des particules ingérées. L’intestin est
différencié en un duodénum antérieur court à parois minces, et une section postérieure très
longue, avec un plus petit diamètre. La longueur totale de l’intestin entier varie de 5 à 8 fois la
longueur du corps (Moriarty, 1973).
Dans l’estomac, la digestion se fait en deux temps. Les cellules épithéliales sécrètent
d’abord des mucines neutres et absorbent les composés aisément digestibles tels que les
disaccharides et les acides gras courts. Ensuite, le milieu devient de plus en plus acide. Alors
que le pH habituel d’une forte activité digestive chez la plupart des poissons est de 2-2,2, on
enregistre dans un estomac de O. niloticus en pleine digestion, des pH de 1,25. Dans ces
conditions, la chlorophylle est décomposée et la lyse des parois cellulaires des algues bleues
est possible. La digestion se poursuit par la suite dans l’intestin à un pH de 6,8 à 8,8
(Moriarty, 1973).
La prise alimentaire en milieu contrôlé a lieu essentiellement en période éclairée, et
l’ingéré met 9 à 11 heures pour traverser le tube digestif chez l’adulte et moins de 2 heures
chez le juvénile (Bowen, 1982).

1.3 - Régime alimentaire

Plusieurs travaux relatifs aux contenus stomacaux de O. niloticus révèlent qu’en


milieu naturel l’espèce est essentiellement phytoplanctonophage, mais peut aussi ingérer des
algues bleues, du zooplancton ainsi que des sédiments riches en bactéries et diatomées
(Moriarty, 1973).
En milieu artificiel (système de pisciculture), cette espèce est pratiquement omnivore,
valorisant divers déchets agricoles (tourteaux d'oléagineux, drèches de brasserie, etc.), tirant
parti des excréments de porcs ou de volailles, de déchets ménagers, acceptant facilement des
aliments composés sous forme de granulés ou pulvérulent.
Il convient de relever que l’acidité gastrique particulièrement forte chez O. niloticus
lui permet d’être parmi les rares espèces à pouvoir digérer les cyanophycées (abondante
source de protéines) sans concurrence notable avec d’autres espèces piscicoles dans
l’écosystème aquatique (Lauzanne, 1988). Cette capacité phénoménale d'adaptation à divers
aliments et déchets est à la base de sa haute potentialité pour la pisciculture.
Le spectre alimentaire de ce tilapia est donc très large : c'est une espèce opportuniste,
qui est capable de se nourrir à partir des aliments les moins digestibles. Le degré
d'opportunisme de l'espèce est très grand et son régime alimentaire est souvent plus proche de
celui des poissons omnivores ou détritivores que des herbivores stricts (Bowen, 1982).

1.4 - Croissance et reproduction

En général, O. niloticus est connue pour sa croissance rapide, elle présente un indice
de croissance plus performant que les autres espèces de tilapia (Pauly et al. , 1988). Sa durée
de vie est relativement courte (4 à 7 ans), sa vitesse de croissance est extrêmement variable
selon les milieux. Dès que les individus atteignent l’âge de maturité, les sujets mâles
présentent une croissance plus rapide que les femelles et atteignent une taille nettement
supérieure, dans de petites surfaces (Lowe-Mc Connell, 1982).
Pour ce qui est de la reproduction, dans les milieux naturels, la taille de première
maturation de O. niloticus varie généralement entre 14 et 20 cm (Ruwet et al., 1975).
Toutefois, cette taille de maturité peut varier au sein d’une même population en fonction des
conditions fluctuantes du milieu (déficit alimentaire qualitatif et quantitatif, dimensions
réduites du milieu, etc.). En conditions stressantes de pisciculture rurale mal conduite, O.
niloticus peut se reproduire dès l’âge de trois mois, à un poids inférieur à 50 g. La période de
reproduction de cette espèce est exponentiellement continue pendant toute l’année, si la
température de l’eau est supérieure à 22°C, et il peut se reproduire tous les 30 à 40 jours
(Ruwet et al., 1975). Ainsi, quand mâles et femelles sont élevés ensemble, la population
s’accroît rapidement et l’on peut obtenir en fin de cycle beaucoup d’individus « nains »
difficilement commercialisables. Parmi les méthodes préconisées pour pallier ce défaut,
l’association à un prédateur Hemichromis fasciatus apparaît dans l’état actuel des
connaissances comme la solution la plus adaptée.

Toutes ces caractéristiques de O. niloticus démontrent non seulement la plasticité de


l’espèce à s’adapter à des conditions diverses mais expliquent aussi sa haute résilience à
savoir sa capacité à revenir rapidement après perturbation à un seuil optimum de densité dans
son milieu naturel.
CHAPITRE 2 : BESOINS NUTRITIONNELS DE O. niloticus EN ELEVAGE
INTENSIF

2.1 – Protéines

Il existe une abondante littérature sur les besoins ou les teneurs optimales en protéines
des rations destinées aux tilapias. Selon la taille des poissons et la teneur énergétique des
rations, les taux de protéines brutes recommandés peuvent varier de 25 à plus de 35 % (De
Silva et al., 1985). Jauncey et Ross (1982) suggère un optimum de 40 % avec un rapport
protéines : énergie (P/E) de 27,75 mg/kJ. Wang et al. (1985), qui utilisent des régimes purifiés
contenant de la caséine et de la cellulose en teneurs variables, rapportent que la meilleure
croissance d’alevins de O. niloticus (3 - 10 g) est réalisée avec un régime à 40 % de protéines
et contenant un niveau d’énergie digestible suffisant pour le poisson. Les niveaux d’ingestion
pour une croissance maximale avec un tel régime sont estimés à 502 - 543 kJ d’énergie
digestible et 1,6 - 1,7 g d’azote/kg de poids vif/jour (soit un rapport PD/ED de 20 mg/kJ).
Kaushik et al. (1993) trouvent des valeurs proches de ces dernières : le maximum de
croissance est obtenu avec un régime à 32 % de protéines brutes et un rapport PD/ED de
18mg/kJ, le besoin optimum en protéines étant estimé à 10-12g/kg de poids vif/jour.

Les travaux relatifs aux besoins en acides aminés des tilapias sont peu nombreux.
Mazid et al. (1979) effectuant des tests avec Tilapia zillii rapportent que les tilapias ont besoin
des mêmes 10 acides aminés essentiels que les autres poissons. Jauncey et al. (1983)
quantifient ces besoins avec le tilapia O. mossambicus, en estimant la rétention relative
d’acides aminés dans la carcasse du poisson. D’autres données obtenues en évaluant
l’incidence sur la croissance d’une supplémentation graduelle de chaque acide aminé chez O.
niloticus nous sont rapportées par Santiago et Lovell (1988). Kaushik et al. (1993) trouvent
des valeurs proches de ces dernières. Ces informations sont présentées dans le tableau 2 ci-
dessous.

Tableau 2 : Besoins quantitatifs en acides aminés essentiels de O. niloticus (g/16g N)

Acides aminés essentiels Besoins quantitatifs (g/16gN)


Arginine 4,1
Histidine 1,7
Isoleucine 3,1
Leucine 3,4
Lysine 4,6
Méthionine + cystine 3,2
Phénylalanine + tyrosine 5,6
Thréonine 3,8
Tryptophane 1,0
Valine 5,6

Sources : Santiago et Lovell (1988), adapté par Kaushik et al. (1993)


2.2 – Lipides

L’apport de lipides dans l’alimentation des poissons est d’abord indispensable pour
satisfaire les besoins en acides gras essentiels, acides gras non synthétisés par l’organisme et
nécessaires au métabolisme cellulaire (pour la synthèse des prostaglandines et composés
similaires) ainsi qu’au maintien de l’intégrité des structures membranaires. Les lipides servent
aussi de vecteur lors de l’absorption intestinale des vitamines liposolubles (vitamines A, D, E,
K) et des pigments caroténoïdes.
Enfin, les lipides, généralement bien digérés, jouent également un rôle majeur pour la
fourniture d’énergie, rôle d’autant plus important chez les poissons que la majorité de ces
derniers digèrent mal les glucides complexes (Guillaume et al., 1999). La quantité de lipides à
apporter pour un régime dépend de la source de matières grasses et de l’équilibre protéines-
énergie du régime. En utilisant des régimes isocaloriques à teneurs en lipides variables, De
Silva et al. (1985) mettent en évidence une épargne des protéines chez l’alevin du tilapia
rouge, qui augmentait avec l’incorporation croissante des lipides dans le régime, jusqu’à un
maximum de 18 %. Dans une étude portant sur l’hivernage des tilapias, Viola et al. (1983)
observent que la supplémentation du régime en acides gras polyinsaturés n’engendre des
dépôts que dans les viscères. Des observations semblables sont rapportées par Hanley (1991)
pour O. niloticus.

Takeshi et al. (1983) ont montré que chez les tilapias, le besoin en acides gras de la
série oméga 6 (acide linoléique 18 : 2n-6) est plus important. Ils évaluent ce besoin à 0,5 % du
régime. Ce chiffre nous est également rapporté par Kaushik et al. (1993). Les mêmes auteurs
ont par ailleurs montrent que l’apport d’acides gras autres que le 18 : 2n-6 ne stimule pas la
croissance chez O. niloticus.

2.3 - Vitamines et minéraux

Si les besoins sont connus avec une précision notable chez les salmonidés où ils ont
été établis à partir de régimes purifiés, les études réalisées sur des tilapias sont plutôt limitées,
bien que quelques données éparses existent. Dans la plupart des cas, les nutritionnistes et les
fabricants d’aliments en sont réduits à utiliser les normes établies pour les salmonidés. Un
vaste travail de détermination des besoins reste donc à faire, bien que tout porte à croire que
les différences interspécifiques ne soient pas très grandes. Tacon et al. (1982) ont proposé un
prémix vitaminique pour tilapia sur la base des besoins connus chez les salmonidés (tableau
3). Les tilapias, à l’instar de tous les poissons, ont besoin de minéraux qui sont des
constituants de certains tissus (formation squelettique surtout) ou de certaines molécules,
servant de co-facteurs enzymatiques et participant à l’équilibre ionique intra- et extra-
cellulaire ainsi qu’à la régulation des fonctions endocrines. Ces besoins sont en partie
satisfaits grâce à leur capacité d’absorber des minéraux continus dans l’eau.

Le tableau ci-après présente les besoins en vitamines des tilapias.


Tableau 3 : Besoins en vitamines des tilapias (d’après Pouamogne, 1994)

Vitamines Besoins (g/kg aliment) Prémix (1) (g/kg prémix)


Thiamine (Vit. B1) - 2,5
Riboflavine (Vit. B2) 6 (2) 2,5
Pyridoxine (Vit. B6) - 2,0
Acide pantothénique (Pantothénate) 10 (3) 5,0
Inositol - 100
Biotine (Vit. H) - 0,3
Acide folique - 0,75
Acide para-N-benzoïque - 2,5
Choline 26 – 125 (4) 200
Niacine (ac. nicotinique ou Vit. P.P.) - 10
Cyanocobalamine (Vit. B12) - 0,005
Rétinol (Vit. A) - -
(Palmitate de …) - -
α-Tocophérol (Acétate de …) - 20,1
Vit. K - 2,0
Acide ascorbique (Vit. C) 50(5) 50
Cholecalciférol (Vit. D3) - -

Sources : (1) Tacon et al. (1982)(incorporer au taux de 2% dans l’aliment sec) ; (2) Soliman et Wilson (1992a) ; (3)
Rouem et al. (1991) ; (4) Shiau et Suen (1992) ; (5) Stickney et al. (1984).

Tableau 4 : Quelques besoins en macro-minéraux (% MS) et en oligo-éléments (ppm) des


tilapias
Calcium 0,65*
Phosphore 0,9
Potassium -
Magnésium 0,06
Fer -
Zinc 10
Manganèse 12
* en eau sans Ca
Source : Guillaume et al. (1999).

2.4 – Energie
L’efficacité dans l’utilisation des nutriments d’un régime chez le poisson est
généralement appréciée en terme de pourcentage de rétention des protéines ou d’énergie.
Kaushik et al. (1993) estiment les besoins énergétiques d’entretien de O. niloticus à 70 kJ/kg
de poids vif/j (température 28-30°C). Par rapport aux autres espèces, O. niloticus fixe de
manière générale avec une meilleure efficacité les protéines ingérées. Les mêmes auteurs
rapportent aussi que le taux de fixation des protéines et d’énergie est supérieure à 55% chez
cette espèce, contre 30-50 % chez la truite arc-en-ciel, le poisson-chat américain ou la carpe.
La rétention de l’énergie sous forme non protéique serait par contre beaucoup plus faible chez
le tilapia (30-41 %).
Le tableau 5 ci-dessous résume les données sur les teneurs recommandées en divers
nutriments par rapport aux besoins des poissons, les contraintes de fabrication des régimes
alimentaires et les modalités pratiques d’apport des aliments chez les tilapias en élevage
intensif.
Tableau 5 : Récapitulatif des besoins nutritionnels, contraintes de fabrication de l’aliment et
pratique de l’alimentation chez les tilapias 1 (d’après Lazard J., 2007).

Classe de tailles
Aliments de
Nutriments démarrage 0.5 g à 10 g 10 à 35 g 35 g à la taille Géniteurs
jusqu’à 0.5 g marchande 2

Protéines brutes 50 % 35-40 % 30-35 % 25-30 % 30 %

Lipides bruts 10 % 10 % 6-10 % 6% 8%

Glucides digestibles 25 % 25 % 25 % 25 % 25 %

Fibres 8% 8% 8-10 % 8-10 % 8-10 %

Rapport P/E (mg/kJ) 3 - 20 (a) 18 (b) - -

Taux rationnement 4 30-10 10.5 5-3 3 -


(% ichtyobiomasse/j)
Nombre de repas 4 8 6 4 3 -

Taille granulés 4 - - - 3-5 -


(diamètre en mm)

Source : Jauncey et Ross (1982) modifié en 3 et 4


1
Incorporer 2 % de premix vitaminique et 4 % de premix minéral
2
Lazard (1991) adapté
3
P/E : protéine digestible sur énergie digestible. (a) Wang et al. (1985), (b) Kaushik et al. (1993).
4
Kubaryk (1980) adapté.
CHAPITRE 3: QUELQUES INGREDIENTS POTENTIELS POUR
L’ALIMENTATION DE O. niloticus AU GABON

Bien que l’agriculture soit relativement peu développée au Gabon (les principales
productions agricoles du Gabon proviennent essentiellement des cultures vivrières et
maraîchères, et dans une moindre mesure des cultures de rente, des filières canne à sucre,
palmier à huile et de l'hévéa. Les cultures vivrières traditionnelles, essentiellement d'origine
rurale, sont le manioc, la banane, le taro, l’igname, le maïs et l’arachide), on peut néanmoins
noter la présence sur le marché local de quelques sous-produits agricoles et de l’industrie
agro-alimentaire, couramment utilisés en alimentation animale. Hormis les végétaux (herbes)
et les fèces d’animaux utilisables pour la fertilisation des étangs, quatre de ces sous-produits
sont disponibles en quantité suffisante pour l’élaboration d’aliments piscicoles.

3.1 – Sous-produits de céréales : drêches de brasserie et brisures de maïs

Les drêches de brasserie sont des résidus solubles du malt et d'autres céréales
concassées, séparées par filtration ou décantation pendant le brassage. Elles sont composées
d'amidons, de sucres, de protéines (jusqu'à 26 % de la MS), de cellulose (20 à 25 % de la MS)
et de minéraux. Sur les 26 % de protéines brutes, 16,2 % seulement sont digestibles
(Pouomogne, 1994). C’est un produit particulièrement humide (75 % d’eau au minimum)
qu’il est souvent nécessaire de sécher. Riches en amidon (plus de 50 %), qui cependant est
peu digestible à l’état cru, surtout s’il est incorporé à dose élevée ; les traitements thermiques
améliorent leur digestibilité qui peuvent de ce fait devenir une source d’énergie intéressante.
L'amidon, gélifié après cuisson ou traitement thermique, est un excellent liant et augmente
considérablement la stabilité des granulés dans l'eau (Guillaume et al. , 1999).
La Société des Brasseries du Gabon (SOBRAGA), implantée dans les quatre régions
du pays, produit autour de 65.000 tonnes de drêches humides par an (1). Encombrant pour la
brasserie, les drêches sont gratuites ; les éleveurs doivent cependant se charger du transport.
C’est un ingrédient disponible en toutes saisons, qui est souvent utilisé comme aliment en
réservoirs (compostières) ou jeté directement dans l'étang comme aliment complémentaire.

Les brisures de maïs sont des résidus du décorticage de maïs composés de rafles de
maïs, de spathes, de pailles et de son. Contenant essentiellement de l’amidon, peu de cellulose
et une quantité relativement élevée de matières grasses, elles constituent avant tout une source
d’énergie. La production nationale de maïs se situe autour de 25.900 tonnes par an (2). Récolté
du mois de décembre au mois de mars, une grande quantité de maïs est autoconsommée. Base
de l’alimentation des animaux terrestres, une partie de la demande urbaine est satisfaite par
des importations du Cameroun. Moins disponible que les autres ingrédients, les prix pratiqués
sur le marché connaissent des spéculations par moments et sont jugés trop élevés (150 à 250 F
CFA le kg de maïs séché) *.

3.2 - Tourteaux d’oléagineux : tourteaux de palmiste et d’arachide


Le tourteau de palmiste est un résidu de l’extraction de l’huile des amandes de noix de
palme. Sa teneur en protéines brutes est moyenne (14 %), sa teneur en lipides est élevée (20
%), sa teneur en fibres, au sens large, dépasse 50 % ; ce qui limitent son utilisation dans
l’alimentation des poissons (Guillaume et al. , 1999). Plus de 13.000 tonnes de tourteaux de
palme (résidus de l'extraction de l'huile de la pulpe du fruit) et de palmiste sont produites
chaque année par SIAT Gabon (3a), une société privée qui exploite les plantations industrielles
de palmier à huile (7.500 hectares) (3b) dans plusieurs régions du pays.
À part une quantité importante de tourteau de palme, utilisée comme combustible pour le
fonctionnement des usines, ces sous-produits sont disponibles pour l'alimentation animale ; en
charge à l’éleveur d’assurer le transport.

Obtenus à partir d'arachides décortiquées, les tourteaux d’arachide contiennent peu de


cellulose. Riche en lipides (20 à 25 %) et en protéines (48 à 50 %) de haute teneur en arginine
mais carencées en lysine et méthionine, bonne digestibilité qui est presque exempt de facteurs
antinutritionnels (Guillaume et al., 1999). La conservation est cependant difficile sous nos
latitudes en raison de leur sensibilité accrue aux attaques du champignon (Aspergillus flavus),
responsable des aflatoxines ; particulièrement néfastes sur les élevages. L'entreposage des
tourteaux bien séchés dans un endroit adéquat avec un faible taux d'humidité est donc
indispensable (Pouomogne, 1994). Située autour de 16.200 tonnes par an (4) depuis cinq ans,
la production nationale d’arachide reste insuffisante. Une partie de la demande urbaine est
satisfaite par des importations du Cameroun et du Sénégal. Les tourteaux d’arachide sont
vendus au prix de 150 F CFA le kg.

3.3 - Les farines d’origine animale et les micro-ingrédients

Ce sont des farines de poisson, de viande, d’os calcinés et de coquillages divers, de


même que les premix minéraux et vitaminiques, importés. Leur utilisation en nutrition
animale en tant de pourvoyeurs de protéines de haute valeur ou de micro-nutriments déficients
est bien connue. Cependant, il sera plus avantageux de chercher à tirer le meilleur profit de la
productivité naturelle de l’étang que d’utiliser ces produits relativement coûteux.
Pour ce qui est de la farine de poisson locale, elle est composée majoritairement de
sardine fumée écrasée. En période d’abondance, la sardine fumée est vendue au prix de 500 F
CFA le kg. Prix qui peut aller jusqu’à 700 F CFA le kg lorsque l’offre diminue (décembre-
janvier).

3.4 - Produits divers

D’autres ingrédients comme le manioc, les feuilles de patate, la mélasse de canne à


sucre, les pulpes et les parches de café, les cabosses de cacao, plusieurs autres légumineuses,
sont autant d’ingrédients potentiels pour l’alimentation des tilapias.

Tableau 6 : Synthèse sur les ingrédients potentiels (lieux d’approvisionnement, prix et


disponibilité)

Lieux Prix moyen/kg


Ingrédients d’approvisionnement (F CFA) Disponibilité

Drêche de brasserie Usines de SOBRAGA Gratuit En toutes saisons


Brisures de maïs Moulins à grains 150 Pénurie en saison sèche*
Tourteaux d’arachide Moulins à grains 150 Pénurie en saison sèche
Tourteaux de palmiste Usines de SIAT-Gabon Gratuit En toutes saisons
Sardine fumée Débarcadères et marchés 500 Pénurie déc.–janvier
-* saison sèche (juin-août) : période de pénurie pour un grand nombre de fruits et légumes locaux,
cultivés en saison pluvieuse.
(1)
chiffre obtenu auprès de la société des brasseries du Gabon
(2)
et (4) service des statistiques agricoles, Ministère de l’agriculture (mars 2002).
(3a)
et (3b) rapport d’activités 2005 de SIAT-Gabon.
* 1 € = 655,957 F CFA
DEUXIEME PARTIE

ETUDE EXPERIMENTALE, RESULTATS ET DISCUSSION


CHAPITRE 1 : MATERIELS ET METHODE

1.1 - Matériels

1.1.1 - Milieu d’étude et infrastructures d’élevage

La station qui nous a servi de cadre d’étude est située sur la frange littorale (Cap Santa
Clara) à environ 25 km au nord de Libreville. Cette station se situe dans une ferme gérée par
un promoteur privé en partenariat avec l’Institut des Recherches Agronomiques et Forestières
(IRAF) et l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts (ENEF). Les résultats de l’étude limnologique
réalisée par le laboratoire d’hydrobiologie et d’ichtyologie de l’IRAF sur ce plan d’eau
(lagune d’environ 3,5 ha) et la présence d’infrastructures pour des essais d’élevage de
poissons en cages, justifient notre choix.
Le climat est équatorial de transition avec une pluviométrie annuelle de 2800 à 3000
mm, en 170 à 200 jours de pluie. La température moyenne annuelle est de 25°C, descendant
jusqu’à 22°C durant la grande saison sèche (de juin à août).
La lagune est alimentée en eau douce par trois rivières de moyenne importance. Une
digne de 35 m de long sur une hauteur de 3 m isole la lagune de la mer et permet d’avoir une
profondeur minimale de 2,5 m en basses eaux et une vitesse de courant compatible avec la
distribution d’aliments dans les cages, sans trop de risques de perte par entraînement.

Les tests de performances des aliments expérimentaux sur la croissance de O. niloticus


ont été réalisés sur une structure implantée en pleine eau (structure hors-sol), comprenant six
cages flottantes d’une capacité de 20 m3 chacune. Le module d’élevage de base est composé
de deux parties : la cage proprement dite et la structure flottante. Les cages de 20 m3 (3,50 m x
3,55 m x 1,60 m), maille 14 mm, pour le grossissement des juvéniles (p.m.i. environ 35 g),
ont la forme d’un parallélépipède rectangle en filet sans nœuds dont un des côtés est ouvert.
Cet ensemble est rigidifié par des drisses plombées qui maintiennent la forme rectangulaire de
la cage. La structure flottante quant à elle, est formée d’un cadre en bois posé sur des fûts de
récupération de 100 litres, hermétiquement fermés, assurant la flottabilité du système. Au
centre du cadre se trouve l’ouverture du filet, lequel est fixé par des crochets. On utilisera de
préférence un bois imputrescible comme le Padouk (Ptérocarpus soyauxii) pour la confection
du cadre, et toutes les parties métalliques sont en inox (Coche, 1982). L’ensemble formé est
installé sur un plan d’eau de profondeur moyenne supérieure à 2,5 m, la plate-forme flottante
se trouve à 0,5 m au-dessus du niveau de l’eau. Le fond de la cage étant situé à une distance
d’au moins 0,5 à 1 m du fond (pour éviter les phénomènes de remontée des gaz toxiques et de
diminution de la concentration en O2).

Une vue d’ensemble du site et un schéma d’une structure flottante de grossissement se


trouvent en annexe (page 32).

1.1.2 - Origine et choix des juvéniles

Les juvéniles de O. niloticus utilisés dans cette étude ont été produits in situ.
L’échantillonnage par pesée a permis de sélectionner des individus dans une plage de poids de
31-39 g, pour un poids moyen individuel de 35 ± 4 g (un âge d’environ 6 mois). Les poissons
ont été sexés manuellement pour ne retenir que les mâles. 6 lots expérimentaux, soit trois
duplicats de 200 poissons chacun ont été constitués.
Au 2ème mois d’élevage, la présence de nombreux nuages d’alevins d’espèces sauvages
aux alentours et dans les cages nous a conduit à y introduire un prédateur pour réguler la
population. Des Hémichromis fasciatus d’un poids moyen individuel d’environ 40 g ont ainsi
été introduits, en raison de 10 individus par cage (5 % de la population). Rappelons que dans
l’association tilapia-H. fasciatus, les individus adultes H. fasciatus (p.m.i. = 40 g) ne
consomment pas l’aliment exogène ; et que la prédation est plus efficace sur des alevins de
p.m. < 6 g (Pouomogne, 1994).

1.1.3 - Intrants alimentaires


Parmi les ingrédients potentiels identifiés, certains, en fonction de la composition
analytique, de la disponibilité et du prix, ont été retenus. Il s’agit de la drêche de brasserie, des
brisures de maïs et d’arachide et de la sardine fumée. Les échantillons de différents
ingrédients entrants dans la fabrication des aliments ont été envoyés pour analyse au
laboratoire d’analyses bromatologiques vétérinaires de l’Ecole Inter-Etats des Sciences et
Médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar au Sénégal. Les résultats desdits analyses sont
présentés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 7 : Résultats d’analyses bromatologiques des intrants alimentaires

Drêche Brisures Brisures Sardine


Composantes déterminées
de brasserie de maïs d’arachide fumée
Matières sèches (%) 86,47 86,12 93,47 90,41
Protéines brutes (% MS) 23,89 09,96 23,25 58,72
Matières grasses (% MS) 01,46 08,95 41,10 16,43
Cellulose brute (% MS) 20,11 14,41 06,75 ---
Calcium (% MS) 0,36 0,13 0,24 01,79
Phosphore (% MS) 0,42 0,28 0,28 01,99
Cendres (% MS) 05,00 03,51 03,94 12,35
Source : Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar.

La drêche de brasserie, d’une teneur relativement faible en protéines, est l’ingrédient


bon marché et disponible en toutes saisons. Pouamogne (1994) nous rapporte que
l’incorporation de la drêche de brasserie jusqu’à un taux de 40 % du régime, ne provoque pas
la baisse de croissance chez le tilapia. Les brisures d’arachide sont intéressantes pour leurs
protéines très digestibles et pour leur apport en matières grasses. L’incorporation des brisures
de maïs pourrait améliorer le profil en acides aminés essentiels des régimes et réduire
d’éventuels facteurs antinutritionnels. La sardine fumée, riche en minéraux, constitue une
bonne source protéique.

1.2 - Méthode

1.2.1 – Formulation, fabrication des aliments et nourrissage

Trois régimes ont été testés en duplicats : Le régime R1, comprenant majoritairement
de la drêche de brasserie, est formulé pour être l’aliment le plus accessible aux pisciculteurs
aux revenus modestes. Le régime R2 est formulé en incorporant une gamme plus large de
sous-produits d’origine agricole ; et un aliment témoin dénommé « SMAG », produit et
commercialisé par la Société Meunière et Avicole du Gabon (SMAG). Il est composé de
produits et sous-produits de graines oléagineuses, de céréales et de légumineuses, et destiné
au grossissement de tilapia à partir de 20 g. Les régimes R1 et R2 sont sous forme
pulvérulente et l’aliment SMAG est présenté en granulés de 3 mm. Les compositions et les
résultats des analyses chimiques sont donnés dans les tableaux 8 a et 8 b ci-dessous.

Tableau 8 a : Composition des aliments expérimentaux (% de poids sec)

Aliment SMAG b
Ingrédients R1 R2

Farine de poisson locale a 10 15 --


Drêche de brasserie 90 40 --
Brisures de maïs 0 5 --
Brisures d’arachide 0 40 --
Total 100 % 100 % --

a
- Farine de poisson à base de restes de poissons fumés écrasés, contenant majoritairement de la sardine.
b–
Composition tenue sécrète par le fabricant. Il est néanmoins indiqué sur l’étiquette que l’aliment est composé
de produits et sous-produits de graines oléagineuses, de céréales et de légumineuses (100 % végétale).

Tableau 8 b : Composition analytique des aliments expérimentaux c

Aliment SMAG
Composantes déterminées R1 R2
(aliment témoin)
Matières sèches (%) 86,89 89,84 90,05
Protéines brutes (% MS) 27,37 28,16 27,64
Matières grasses (% MS) 02,95 18,74 12,13
Cellulose brute (% MS) 20,11 11,46 08,11
Cendres (% MS) 06,23 5,60 06,42

c.
Analyses réalisées par le laboratoire d’analyses bromatologiques vétérinaires de l’Ecole Inter-Etats des
Sciences et Médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar.

Ces régimes contiennent entre 27 et 29 % de protéines brutes, 3 à 19 % de matières


grasses, 8 à 20 % de cellulose brute.

 Fabrication :

1. Séchage des ingrédients humides au soleil, sur des séchoirs avec des tamis en aluminium
(drêche, sardines, etc.) puis stockage ;
2. Réduction des ingrédients secs en fines particules par broyage dans un moulin broyeur à
marteaux de mailles 5 à 2,5 mm ;
3. Pesage des ingrédients sur une bascule et/ou une balance selon la formule de l’aliment à
fabriquer ;
4. Mixage des ingrédients dans un mélangeur ;
5. Mise en sacs de 25 kg et stockage avant utilisation.

Capacité de production : 200 kg/jour, soit 8 sacs de 25 kg/jour.


 Nourrissage :

Dans les cages, à la différence des étangs, les poissons ne peuvent espérer sur la
production primaire (phyto et zooplancton) pour se nourrir, car le milieu n’y contribuant pas
ou très marginalement à cause du renouvellement permanent de l’eau. L’aliment proposé
devra donc pouvoir répondre à tous leurs besoins nutritionnels.
Tout comme en étangs, une sous-alimentation pourrait aboutir à une diminution de
performances de croissance des poissons, de même qu’une sur-alimentation conduirait au
gaspillage d’aliments ; ce qui aura inexorablement une incidence sur le coût de l’élevage et
sur la qualité de l’eau.

Selon des études réalisées, entre autres, par Jauncey et Ross (1982), New (1987) et les
valeurs adaptées par Lazard (2007), la ration alimentaire optimale quotidienne sera plus
élevée pour les poissons de 2-10 g (environ 11 % de la biomasse), plus faible pour les
juvéniles de 30-35 g (autour de 3 % de la biomasse), et nettement plus faible pour les adultes
de 100-200 g (proche de 1,5 %).

Sur la base de ces recommandations, un schéma de nourrissage prévisionnel a été


établi en début d’élevage (tableau 8). Au cours de l’expérience, en fonction de l’évolution de
la biomasse dans les cages, des réajustements ont été apportés. Les quantités distribuées sont
présentées en annexe (annexe E, page 36).

Tableau 9: Schéma de nourrissage prévisionnel

Intervalles de Taux de rationnement


Mois
poids moyen (g) (% de biomasse)
1 30 - 50 3,5
2 50 - 70 3
3 70 - 90 2,5
4 90 - 110 2
5 110 - 150 1,5
6 150 - 200 1,3

1.2.2 - Résultat attendu

Jauncey et Ross (1982), Pauly et al. (1988) indiquent, selon les milieux et les
conditions d’élevage, une croissance de l’ordre de 1,5 à 1,9 g/j avec un aliment granulé
renfermant 30 % de protéines avec 2 % de premix vitaminique et 4 % de premix minéral
incorporés. Sachant que nos aliments sont sous forme pulvérulente et ne renferment que 27 à
28 % de protéines, sans premix vitaminique ni minéral, atteindre 150 g en trois mois (un gain
de poids moyen de 115 g, soit une croissance individuelle journalière d’environ 1,28 g/j)
serait un bon départ, vu que d’autres études visant à améliorer les formulations et la
présentation des aliments sont prévues.

1.2.3 - Conduite de l’essai

La méthode mise en œuvre a consisté à :


• L’alevinage de 6 cages de 20 m3 chacune avec des juvéniles monosexes mâles de O.
niloticus de poids moyen individuel initial de 35 ± 4 g, à une densité de charge de 10
poissons au m3, soit 200 poissons par cage ;

• Les poissons, répartis en trois duplicats, étaient nourris avec les trois aliments
expérimentaux, chaque duplicat recevant un régime ;

• Les aliments étaient distribués à la main 3 fois par jour (9h00, 12h00 et 16h00), tous
les jours de la semaine, dans des mangeoires flottantes ; pendant 90 jours (de mai à
juillet) ;

• Une pêche de contrôle des différents paramètres zootechniques était programmée tous
les 30 jours, trois pêches de contrôle ont été effectuées (annexe D, page 35) ;

• Pendant les pêches de contrôle (les poissons ayant subit au moins 12 h de jeûne avant
la pêche), la population était entièrement dénombrée pour déterminer le taux de survie.
Puis, dans un échantillon de 100 individus par cage (50 % de la population) pris au
hasard, les poissons étaient pesés (g) ;

• Après chaque pêche de contrôle, les rations alimentaires journalières étaient réajustées
en fonction de la biomasse en élevage, sur la base d’un schéma de nourrissage
prévisionnel (tableau 9, page 17).

À la fin de l’expérience, les valeurs moyennes obtenues dans les traitements pour
estimer la croissance des poissons et caractériser l’efficacité des aliments ont été comparées
par analyse de variance à un facteur (ANOVA). Si les différences révélées par ANOVA
étaient globalement significatives, les comparaisons des moyennes étaient par la suite
exécutées par le test de Student. Le seuil de signification était P < 0,05.

Par ailleurs, les paramètres de la qualité de l’eau étaient contrôlés régulièrement. La


température et la concentration d’oxygène dissous étaient suivies tous les jours et le pH de
l’eau, toutes les semaines ; à l’aide d’un multiparamètre portatif à sonde (de marque HANNA
instruments, HI 9828). La température, l’oxygène dissous et le pH ont varié respectivement
dans les limites suivantes : 22,5 à 24°C, 7 à 8 mg/l et 6,2 à 6,7.

1.2.4 - Paramètres zootechniques et indices calculés

Pour estimer la croissance des poissons au cours de l’expérimentation et caractériser


l’efficacité d’utilisation des aliments mis en essai, les différents paramètres zootechniques et
indices suivants ont été calculés :

• Gain de masse corporelle

Appelé couramment gain de poids moyen, ce critère permet d’évaluer la croissance


pondérale des poissons pendant un temps donné. Il est calculé à partir de la formule ci-
dessous :

Gain de poids moyen (g) = Poids final (g) – Poids initial (g)
• Croissance individuelle journalière (CIJ)

Appelé encore gain de poids quotidien (GPQ), cet indice permet d’apprécier le gain de
poids journalier des poissons en élevage. Il est déterminé à partir de la relation ci-
dessous :
CIJ (g/j) = Poids final (g) – Poids initial (g)
Durée d’élevage (j)

• Taux de croissance spécifique (TCS)

Ce coefficient permet d’évaluer le poids gagné par le poisson chaque jour, en


pourcentage de son poids vif.
TCS (% pc/j) = [ln (poids final) – ln (poids initial)] x 100
Durée de l’expérience en jours

• Ingéré volontaire (IV)

Donnée qui intéresse directement l’éleveur, l’ingéré volontaire est la quantité


d’aliments volontairement ingérée par unité de temps et par unité de biomasse. Cet indice de
consommation est déterminé à partir de la relation suivante :
IV (%/j) = 100 x D / [(Bi + Bf) / 2)] /durée de l’expérience (jours)
Avec D : quantité cumulée d’aliments distribués (g), Bi et Bf, biomasses initiale et finale (g).

• Indice de consommation (IC)

Ce coefficient couramment utilisé par les zootechniciens pour caractériser l’efficacité


d’utilisation de l’aliment est un rapport entre l’aliment ingéré et le gain de masse corporelle. Il
est fonction non seulement de la nature de l’aliment et de l’animal, mais dépend également de
la quantité ingérée. En effet, le gain de masse corporelle est proportionnel à l’ingéré au-dessus
du besoin d’entretien. La croissance n’est possible que lorsque les nécessités principales du
métabolisme sont satisfaites, c'est-à-dire quand l'énergie introduite est supérieure aux besoins,
pour les activités fondamentales des animaux, telles que la respiration, le mouvement et
l'excrétion. Dans ce cas, l'énergie en excès peut être utilisée pour la croissance du corps.
IC = Quantité d’aliment sec ingéré
Gain de masse corporelle

• Coefficient d’efficacité protéique (CEP), pour apprécier l’efficacité d’utilisation des


protéines contenues dans l’aliment.
CEP = Gain de masse corporelle (g)
Protéines ingérées (g)

• Taux de survie

Le taux de survie est calculé à partir du nombre total de poissons à la fin de


l’expérience et de l’effectif en début d’élevage, selon la relation ci-dessous :
Survie (%) = Nombre de poissons final x 100
Nombre de poissons initial
CHAPITRE 2 : RESULTATS ET DISCUSSION

 RESULTATS

2.1 – Survie, croissance et efficacité alimentaire

2.1.1 - Survie

Au cours de l’expérience, le taux de survie des poissons dans les différents réplicats a
été calculé après chaque pêche de contrôle (tous les 30 jours). Les pourcentages obtenus par
régime alimentaire sont présentés dans le tableau ci-dessous :

Tableau 10 : Variation du taux de survie (%) au cours de l’expérience

1ère pêche 2ème pêche 3ème pêche Moy. ± écart-type

Régime R1 96,50 97,92 98,41 97,61 ± 0,99


Régime R2 97,00 98,45 99,47 98,30 ± 1,24
SMAG (aliment témoin) 97,50 97,94 98,95 98,13 ± 0,74

Pour la durée totale de l’expérience, le taux de survie dans les différents réplicats a été
respectivement de 97,61 ± 0,99 %, 98,30 ± 1,24 %, et 98,13 ± 0,74 ; pour les aliments R1, R2
et SMAG. Aucune différence significative entre ces valeurs moyennes n’a été observée.

2.1.2 - Performances de croissance des poissons

Afin d’évaluer la croissance des poissons au cours de l’expérience, des méthodes


analytiques fondées sur la détermination de différents indices zootechniques couramment
utilisés ont été appliquées. Les principaux résultats obtenus sont consignés dans les tableaux
11 et 12 ci-après :

Tableau 11 : Evolution du poids moyen individuel (g) des poissons par régime alimentaire.
Les valeurs portant la même lettre en indice ne sont pas significativement différentes (P > 0,05)

J0 1ère pêche (J30) 2ème pêche (J60) 3ème pêche (J90)

Régime R1 35 ± 4 46,3 ± 0,54 65,3 ± 0,32 89,3 ± 0,61a


Régime R2 35 ± 4 61,9 ± 0,42 95,7 ± 0,17 135,6 ± 0,26b
SMAG 35 ± 4 67,3 ± 0,39 101,6 ± 0,31 142,7 ± 0,18b

La représentation graphique de l’évolution du poids moyen individuel des poissons par


régime alimentaire, au cours de l’expérience, a donné la figure ci-après :
Figure 1 : Croissance pondérale des poissons par régime alimentaire

160
a
a
120
Poids moyen (g)

b Régime R1
80 Régime R2
SMAG

40
35

0
0 30 60 90 120
Temps (jours)

Les poissons recevant le régime R1, aliment comprenant majoritairement de la drêche


de brasserie, présentent une croissance plus faible et significativement différente (p < 0,05) de
celle des animaux nourris avec les deux autres aliments. Les poids moyens finaux des
poissons nourris avec les aliments R2 et SMAG ne sont pas significativement différents. On
constate aussi que la croissance des poissons, tous régimes confondus, devient plus rapide au
fil du temps : lente pendant la période J0 – J30 (un gain de poids moyen de 11,3 g pour les
poissons nourris à l’aliment R1) ; plus rapide en période J60 – J90 (un gain de poids moyen
de 24 g pour le même réplicat).

Tableau 12: Valeurs (moyenne ± écart-type) des coefficients estimant les performances de
croissance des poissons au cours de l’expérience. Sur chaque ligne, les valeurs portant la
même lettre en indice ne sont pas significativement différentes (P > 0,05).

Régime R1 Régime R2 SMAG


GMC (g) 54,3 ± 0,16a 100,6 ± 0,21b 107,7 ± 0,18b
CIJ (g/j) 0,60 ± 0,09a 1,12 ± 0,15b 1,20 ± 0,06b
TCS (% pc/j) 1,04 ± 0,07a 1,50 ± 0,04b 1,56 ± 0,08b
GMC : gain de masse corporelle (en 90 jours d’élevage)
CIJ : croissance individuelle journalière
TCS : taux de croissance spécifique

Avec un gain de poids moyen de 107,7 ± 0,18 g en 90 jours, une croissance individuelle
journalière de 1,20 ± 0,06 g/j et un taux de croissance spécifique de 1,56 ± 0,08 % pc/j, les
poissons nourris avec l’aliment SMAG présentent de meilleures performances de croissance
pas rapport aux autres réplicats. Ces valeurs se rapprochent des résultats attendus (gain de
poids moyen de 115 g en 90 jours, pour une croissance individuelle journalière de 1,28 g/j).
Les poissons recevant le régime R2 présentent de performances moyennes, acceptables
(GMC : 100,6 ± 0,21 g, CIJ : 1,12 ± 0,15 g/j, TCS : 1,50 ± 0,04 % pc/j). Statistiquement, ces
résultats ne sont pas différents de ceux obtenus avec l’aliment SMAG (P > 0,05).
Par rapport aux deux premiers réplicats, les performances de croissance des poissons
recevant le régime R1 sont faibles (seulement 54,3 ± 0,16 g en 90 jours, soit une CIJ de 0,60 ±
0,09 g/j et un TCS de 1,04 ± 0,07 % pc/j).
La comparaison de l’aliment R1 avec l’aliment SMAG permet d’observer les
différences entre deux régimes possédant presque le même pourcentage de protéines (27 %)
mais différant de par l’origine des nutriments. On observe que les poissons nourris avec
l’aliment R1 ont un taux de croissance spécifique inférieur et significativement différent de
celui des animaux nourris avec l’aliment SMAG. Les différences observées et les résultats
obtenus viendraient de la présentation des aliments mais surtout du type et des proportions des
sous-produits utilisés.

2.1.3 – Ingestion et efficacité alimentaire

L’ingestion et l’efficacité d’utilisation des aliments mis en essai ont été évaluées par
calcul des principaux indices couramment utilisés, à savoir l’ingéré volontaire (IV), le
coefficient d’efficacité protéique (CEP) et l’indice de consommation (IC). Les différentes
valeurs moyennes obtenues par régime alimentaire au cours de l’expérience, sont consignées
dans le tableau ci-dessous :

Tableau 13: Principaux indices d’efficacité alimentaire : valeurs moyennes pour la durée
totale de l’expérience (90 jours)

Régime R1 Régime R2 SMAG


IV (%/j) 2,14 ± 0,38a 2,01 ± 0,26a 1,88 ± 0,21a
CEP 1,98 ± 0,47a 3,57 ± 0,31b 3,90 ± 0,19b
IC 2,57 ± 0,59a 1,56 ± 0,37b 1,41 ± 0,24b

Il a été observé que les poissons mangeaient avec une avidité apparente les aliments
distribués. L’ingéré volontaire a varié de 1,88 ± 0,21 à 2,14 ± 0,38 %/j, aucune différence
significative n’étant observée entre les régimes (P > 0,05).
Au niveau du coefficient d’efficacité protéique, les valeurs de 3,90 ± 0,19 et 3,57 ±
0,31 pour les aliments SMAG et R2 contre 1,98 ± 0,47 pour l’aliment R1, laissent penser que
les protéines des aliments SMAG et R2 semblent mieux valorisées que celles du régime R1.
À la fin de l’expérience, en tenant compte de la biomasse produite et de la quantité
totale d’aliments distribués, l’indice de consommation de chaque aliment a été calculé. Il est
respectivement de 1,41 ± 0,24 et 1,56 ± 0,37 pour les aliments SMAG et R2, et de 2,57 ± 0,59
pour le régime R1. L’IC des deux premiers aliments cités est meilleur par rapport à celui de
R1.

2.2 - Approche économique


2.2.1 - Estimation du prix de revient d’un kilogramme d’aliment
Le prix du kg d'aliment a été déterminé à partir du prix des matières premières
disponibles sur le marché local et du pourcentage d’incorporation de différents ingrédients
dans la formulation. La démarche est résumée dans le tableau ci-dessous :
Tableau 14 : Estimation du prix de revient d’un kg d’aliment

Prix des ingrédients (FCFA)* Prix d’un kg d’aliment R1 Prix d’un kg d’aliment R2

Sardines fumées : 500 F CFA le kg (10 x 500)/100 = 50 (15 x 500)/100 = 75


Drêche de bière : gratuite 0 0
Brisures d’arachide : 150 F CFA le kg 0 (40 x 150)/100 = 60
Brisures de maïs : 150 F CFA le kg 0 (5 x 150)/100 = 7,5
Forfait (pour transport des ingrédients,
usure du matériel, électricité et main-
d’œuvre) : 50 F CFA/kg 50 50
Total 100 192,5
*1 EURO = 655,957 F CFA

Les aliments R1 et R2 coûtent respectivement 100 et 192,5 F CFA le kg. L’aliment


témoin SMAG, produit et commercialisé par la Société Meunière et Avicole du Gabon est
vendu sur le marché local au prix de 20.500 F CFA le sac de 50 kg, soit 410 F CFA le kg.
L’écart de prix entre les aliments R2 et SMAG est de plus de 215 F CFA.

2.2.2 - Estimation du coût alimentaire de production d’un kilogramme de poisson

Le coût alimentaire de production du kg de poisson a été estimé en multipliant le prix


du kg d'aliment par l'indice de consommation défini comme le rapport aliment consommé sur
gain de poids.

Tableau 15 : Estimation du coût alimentaire de production d’un kg de poisson

Aliments Prix d’un kg d’aliment IC Coût de production d’un kg de


(F CFA) poisson (F CFA)
R1 100 2,57 257
R2 192,5 1,56 300,3
SMAG 410 1,41 578,10

Produire un kilogramme de poisson avec l’aliment SMAG coûte presque deux fois
plus cher qu’avec l’aliment R2, alors qu’en termes de croissance des poissons, les
performances ne sont pas vraiment différentes (tableau 12, page 21).

 DISCUSSION

 Survie
Au regard des valeurs obtenues, il ressort que nous n’avons pas enregistré des
problèmes majeurs au niveau de la mortalité ; le pourcentage de survie se situant au-dessus de
96 % tous les mois. Les quelques morts dénombrés au cours de l’expérience ne semblent pas
être liés à l’alimentation. Car les décès survenaient un, deux ou trois jours après les
manipulations ou à la suite des blessures infligées par les martins pêcheurs. La mortalité serait
donc due au stress des manipulations et à la prédation.
Pour la durée totale de l’expérience, les survies moyennes varient de 97,61 ± 0,99 % à
98,30 ± 1,24 %. On ne note pas de différences significatives (P>0,05) en ce qui concerne les
survies des animaux nourris avec les différents régimes. Aucun des aliments ne présente donc
de toxicité pour le tilapia O. niloticus. Le taux de survie de 90 % étant généralement admis en
élevage, et ceux obtenus se situant au-dessus, nous pouvons donc considérer que nos résultats
se situent dans la norme admise.

 Performances de croissance des poissons


Les résultats enregistrés ici (TCS de 1,04 ± 0,07 à 1,56 ± 0,08 %/j) se rapprochent des
chiffres rapportés par plusieurs auteurs pour des régimes incorporant plus de 25 %
d’ingrédients sources de protéines non conventionnelles. Nos résultats sont toutefois moins
intéressants comparativement aux données rapportées avec des régimes plus équilibrés (taux
de croissance spécifique supérieur à 3 %/j, Jauncey (1982)).
Les faibles performances de croissance observées chez les poissons nourris avec le
régime R1, composé à 90 % de drêche de brasserie, pourraient être liées au taux élevé de
cellulose brute (20,11 %) dans les rations alimentaires, qui diminuerait le coefficient
d’utilisation digestive des nutriments. Il est en effet connu que chez la plupart des téléostéens,
la cellulose des régimes alimentaires à l’état brute est peu digestible. Toutefois, selon Viola et
al. (1988), le tilapia utiliserait efficacement les polysaccharides complexes et la cellulose
(jusqu’à une certaine teneur) pour couvrir ses besoins énergétiques. À ce sujet, Jauncey et
Ross (1982), Lazard (1991), et bien d’autres, recommandent un taux de cellulose en dessous
de 10 %, pour l’alimentation des tilapias.
En revanche, les performances moyennes acceptables obtenues avec le régime R2
nous permettent de penser comme Pouomogne (1992) que dans la formulation des aliments
pour tilapias, l’utilisation d’une gamme de sous-produits aussi variés que possible réduirait les
effets néfastes de facteurs antinutritionnels présents en teneurs élevés dans les ingrédients
isolés.

 Ingestion et efficacité alimentaire


Au regard des valeurs obtenues, l’ingéré volontaire ne présente pas de différences
significatives au niveau de la consommation des aliments. En apparence, aucun des aliments
testés ne présente de caractère répulsif (inappétence). La différence de croissance des poissons
peut être expliquée, soit par la variation de l’ingéré volontaire, soit par la différence dans
l’efficacité d’utilisation des aliments. Comme au niveau de la consommation, la différence
entre les régimes est moins apparente, les faibles performances de croissance des poissons
nourris avec l’aliment R1 résulteraient de la mauvaise digestibilité des nutriments de cet
aliment. En effet, Kaushik et al. (1993) font remarquer que l’incorporation de protéines
végétales, susceptibles de présenter des carences en acides aminés pour les poissons ou encore
des facteurs antinutritionnels, peut modifier la digestibilité, et l’utilisation métabolique des
nutriments peut aussi être affectée. Il peut en résulter de moins bonnes performances et en
corollaire, une pollution azotée et phosphorée plus importante.
Pour ce qui est du coefficient d’efficacité protéique, l’écart entre les valeurs trouvées
nous fait penser que les protéines brutes de l’aliment R1 (27,37 %) sont moins valorisées que
celles des aliments R2 et SMAG, qui renferment respectivement 28,16 et 27,64 %. Le
mauvais CEP de R1 pourrait être attribué à la faible digestibilité de ses nutriments due à la
teneur élevée en cellulose (20,11 %). Cette hypothèse repose sur les observations faites par
Kaushik et al. (1993).
Concernant l’IC, les valeurs relativement « élevées » semblent contrastées avec les
performances de croissance pondérale des poissons. Nous savons que l’IC peut être influencé
par plusieurs facteurs (température, densité, modalités de nourrissage, etc.). Pour ce qui est de
notre expérimentation, la dérive de l’IC observée serait la résultante de deux facteurs
principaux :
Les pertes d’aliments : dans les systèmes d’élevage piscicole de type « hors-sol », du fait du
renouvellement permanent de l’eau, les pertes par entraînement sont souvent considérables
(Melard, 1986). L’utilisation des mangeoires flottantes n’a eu pour effet que de les limiter.
La présentation des aliments : deux des trois aliments utilisés étaient sous forme
pulvérulente, comme l’a fait remarqué Campbell (1978), la forme pulvérulente augmente non
seulement les possibilités de pertes quantitatives mais aussi de déséquilibres qualitatives en
raison de démélange et du lessivage des composés hydrosolubles (vitamines, minéraux).
Il est par ailleurs important de considérer que la quantité d’aliment prise en compte
dans le calcul de l’IC peut dépasser notablement la quantité réellement consommée par le
poisson. Il en est de même pour la quantité de protéines ingérées, considérées dans le calcul
du CEP ; car dans les deux cas, nous avons supposé que la quantité d’aliments distribués était
totalement consommée par les poissons ; ce que nous n’avons pu vérifier.

 Approche économique
Il est question ici d’établir la comparaison des résultats économiques obtenus dans
l’utilisation des aliments R2 et SMAG, qui ont donné des performances zootechniques très
proches ; ceci afin d’identifier l’aliment le plus rentable. Le bilan des élevages consiste
traditionnellement à dresser un compte d’exploitation où figurent le total des charges et le
produit d’exploitation. Pour ce qui est de notre étude, comme il s’agit d’un essai de
production, nous avons omis volontaire les autres charges inhérentes à l’exploitation, pour ne
confronter que le coût des aliments à la valeur de la production induite. En admettant que le
poste alimentation représente près de 70 % des charges totaux de production (le prix de
l'alimentation est le facteur le plus important dans les frais généraux), la démarche aborde une
approche prévisionnelle sur la marge bénéficiaire brute que peut générer l’utilisation de
chaque aliment.
Les quantités moyennes d’aliments distribués pour l’ensemble de l’expérience ont été
respectivement de 29,742 kg pour aliment R2 contre 28,694 kg pour l’aliment SMAG (annexe
E, page 36).
Nous avons déterminé précédemment que produire un kilogramme de poisson avec
l’aliment R2 coûte 300,3 F CFA contre 578,1 F CFA avec l’aliment SMAG.
Ce qui donnerait un coût de 8.931 F CFA pour l’aliment R2 contre 16.588 F CFA pour
l’aliment SMAG.
L’utilisation de ces aliments a généré une biomasse totale finale de 19,114 kg avec
l’aliment R2 contre 20,355 kg pour l’aliment SMAG.
Avec un prix de vente moyen de 1.500 F CFA le kg de poisson sur le marché local, la
vente de cette production générerait une recette de 28.671 F CFA en utilisant l’aliment R2
contre 30.532 F CFA pour l’aliment SMAG.
En confrontant le coût de l’alimentation à la valeur de la production, on obtient une
marge bénéficiaire brute de 19.740 F CFA en utilisant l’aliment R2 contre 13.944 F CFA pour
l’aliment SMAG. L’aliment SMAG serait performant en termes de croissance et de
rendement, mais les charges qu’il induit font qu’il serait moins rentable que l’aliment R2.
Résumons ceci dans le tableau ci-après :
Tableau 16 : Intérêt économique dans l’utilisation des aliments R2 et SMAG

Rubriques Aliment R2 Aliment SMAG


Produit
Biomasse produite (kg) 19,114 20,355
Valeur de la production (F CFA)* 28.671 30.532
Charges
Quantité d’aliments distribués (kg) 29,742 28,694
Coût des aliments (F CFA) 8.931 16.588

Marge bénéficiaire brute (F CFA) 19.740 13.944


*1 EURO = 655,957 FC FA

Quoique sommaire, ce calcul montre l’intérêt économique à utiliser l’aliment R2


plutôt que l’aliment SMAG. Le régime R2 semble valoriser au mieux les sous-produits
locaux, tout en maintenant les performances de croissance à un niveau moyen. Sous les
tropiques, la ration optimale pourrait, dans certains cas, être celle qui optimise les résultats
économiques plutôt que les performances de production. Par rapport à l’aliment SMAG, R2
semble présenter le meilleur compromis qualité/prix.
Conclusions et perspectives

L’objectif majeur poursuivi par cette étude était d’identifier parmi les aliments
formulés à partir d’intrants locaux, un qui soit zootechniquement et économiquement
intéressant. Ceci pour tenter de résoudre le problème posé par le manque d’aliments pour
poissons accessibles aux pisciculteurs moyens ; et ainsi contribuer à l’essor de cette activité
dont le pays n’a pas le droit de se passer.

À l’issue de cette investigation, des résultats encourageants, bien que préliminaires,


ont été obtenus.

Au vu des performances de croissance, de l’indice de consommation et surtout du coût


de production d’un kilogramme de poisson, si l’on privilégie la réduction des coûts de
production plutôt que l’obtention de performances maximales, nous pouvons, dans l’état
actuel des connaissances, considérer le régime R2 comme étant le plus intéressant en termes
de rapport qualité/prix, car le meilleur aliment est celui qui couvre au mieux et au moindre
coût les besoins nutritionnels de l’animal et qui optimise les résultats économiques.

Nous devons néanmoins reconnaître que l’aliment R2 retenu accuse encore de


déficiences en nutriments, ce régime est loin d’être équilibré. Sa formulation et sa fabrication
sont artisanales. Car la formulation des régimes équilibrés pour l’élevage des poissons obéit à
un certains nombre d’exigences nutritionnelles. En particulier pour couvrir les besoins en
acides aminés et acides gras indispensables, en minéraux et en vitamines, il est souvent
nécessaire de supplémenter les régimes avec des mélanges contenant ces nutriments. De plus,
la technologie de fabrication des aliments de manière à conserver les propriétés nutritionnelles
de certains de ces composés (vitamines C en particulier) et assurer une bonne stabilité dans
l’eau et une densité adéquate des granulés doit être bien maîtrisée (utilisation des substances
anti-oxydants et anti-fongiques, d’alginates, recours aux techniques d’extrusion, etc.). À
défaut de satisfaire à ces exigences, l’alternative de l’alimentation mixte (apport d’aliments
exogènes peu coûteux et de fertilisants) doit être prise en considération. On essayera dans ce
cas, en formulant l’aliment, de tenir autant que possible compte des besoins nutritionnels du
poisson ; la couverture des besoins en nutriments déficients sera assurée par la production
« endogène » du milieu, que l’on cherchera à renforcer.

Ce travail réalisé dans une structure hors-sol mériterait donc d’être repris en étang, où
la productivité naturelle pourrait contribuer à améliorer les résultats. Connaissant le potentiel
du tilapia à tirer profit de sources alimentaires diverses dans le milieu naturel, les organismes
du plancton ou du benthos, ingérés par les poissons, pourraient ainsi résoudre, dans une
certaine mesure, le problème des nutriments déficients.

Pour améliorer sa qualité et favoriser une meilleure accessibilité aux particules


alimentaires, l’aliment R2 doit être présenté sous la forme de granulés.

Des mesures de digestibilité (matières premières et aliments) et une analyse de la


composition corporelle des poissons viendront compléter ce travail. Car un bon aliment est
formulé à base de matières premières disponibles de bonne qualité, couvre les besoins
nutritionnels et énergétiques des poissons, permet une croissance optimale, limite les rejets ;
et surtout, donne un produit ayant de bonnes qualités (nutritionnelles, technologiques et
sensorielles).
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ANNEXES
Annexe A : Vue d’ensemble de l’infrastructure et schéma d’une structure flottante

Photo 1 : Vue d’ensemble de l’infrastructure d’élevage

Photo 2 : Schéma d’une structure flottante


Annexe B : Aperçu des cages et schéma d’une mangeoire flottante

Photo 3 : Aperçu du ponton, de la cage et de la mangeoire flottante

Photo 4 : Schéma d’une mangeoire flottante


Annexe C: Aspect morphologique du tilapia Oreochromis niloticus

Photo 5 : J. L.
Annexe D : Récapitulatif des pêches de contrôle

Régime R1 Régime R2 Aliment SMAG


Paramètres 1ère pêche 2ème pêche 3ème pêche 1ère pêche 2ème pêche 3ème pêche 1ère pêche 2ème pêche 3ème pêche

Poids moyen initial (g) 35 46,3 65,3 35 61,9 95,7 35 67,3 101,6

Poids moyen final (g) 46,3 65,3 89,3 61,9 95,7 135,6 67,3 101,6 142,7

Gain de poids moyen (g) 11,3 19 24 26,9 33,8 39,9 32,3 34,3 41,1

Durée d’élevage (j) 30 30 30 30 30 30 30 30 30

Croissance/jour/individu (g/j) 0,37 0,63 0,80 0,89 1,12 1,33 1,07 1,14 1,37

Nombre de poissons initial 200 193 189 200 194 191 200 195 191

Nombre de poissons final 193 189 186 194 191 190 195 191 189

Taux de survie (%) 96,50 97,92 98,41 97,00 98,45 99,47 97,50 97,94 98,95
Annexe E : Quantité cumulée moyenne d’aliments distribués (kg) pour chaque période
expérimentale (28 jours de ration) par régime alimentaire

Période 1 Période 2 Période 3 Total


J0 – J30 J30 – J60 J60 – J90 J0 – J90

Régime R1 6,860 8,757 10,367 25,984


Régime R2 6,860 10,087 12,795 29,742
SMAG 6,860 10,967 10,867 28,694
Annexe F: Présentation de la structure d’accueil

Statut

L’Institut de Recherches Agronomiques et Forestières (IRAF) a été créé à la suite de la


nationalisation de la recherche scientifique gabonaise par le décret n°01159/PR/MRSEPN du
11 décembre 1976. Il fait partie des cinq instituts regroupés au sein du Centre National de la
Recherche Scientifique et Technologique (CENAREST). Établissement public à caractère
scientifique, l’IRAF est placé sous la triple tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur,
de la Recherche et de l’innovation technologique, du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage
et du Développement Rural et du Ministère de l’Economie Forestière, des Eaux, de la Pêche,
de l’Environnement et de la Protection de la nature.

Missions

L’IRAF a pour missions de :


1- Entreprendre et de développer les recherches sur les productions végétales, animales,
forestières, halieutiques et sur l’économique rurale, pour le développement économique et
social du Gabon ;
2- Œuvrer au développement de la coopération scientifique interafricaine et internationale
dans le domaine de ses compétences ;
3- Mener au profit des investisseurs, des études de projets dans les domaines agronomiques et
forestiers (études techniques et économiques) ;
4- Promouvoir la formation des chercheurs nationaux, des techniciens, des producteurs et des
étudiants.

Ressources humaines, infrastructures et équipement.

L’IRAF compte quatre départements de recherche, à savoir :


 Agronomie générale ;
 Zootechnie ;
 Phytotechnie (sciences forestières) ;
 Economie rurale.
TECHNIQUE
68 Agents actifs animent cet institut. Ils sont répartis comme suit :
 3 Maîtres de recherche ;
 2 Chargés de recherche ;
 22 Attachés de recherche.
Le reste du personnel étant constitué de chercheurs associés, de techniciens et d’agents
d’appui.

Pour exécuter ses missions, l’IRAF dispose de :


 une bibliothèque ;
 quatre laboratoires (laboratoires des sols, de biotechnologies végétales,
d’hydrobiologie et d’étude des marchés) ;
 une station expérimentale ;
 une xylothèque ;
 un atelier bois.
Programmes et projets majeurs

Sous-programmes 1 : Productions végétales

 Fertilité des sols des zones agro écologiques et amélioration de la productivité des
cultures vivrières de base au Gabon ;
 Amélioration génétique des cultivars locaux de manioc et du plantain ;
 Biotechnologie végétale et valorisation de la biodiversité végétale ;
 Amélioration des rendements des systèmes agricoles intégrés de production dans la
région de l’Estuaire
 Amélioration de la productivité des cultures hors sols,

Sous-programmes 2 : Productions animales

 Evaluation du cheptel national ;


 Cinétique et efficacité des macrolides antiparasitaires dans le contexte vétérinaire
africain ;

Sous-programmes 3 : Productions aquacoles continentale du Gabon

 Diversification et optimisation des systèmes de productions aquatiques ;

Sous-programmes 4 : Gestion durable des écosystèmes forestiers

 Valoriser les Produits Forestiers non Ligneux (PFNL) et leur intégration dans les
systèmes agraires ;
 Promouvoir et valoriser les essences forestières peu connues ;
 Etudier la dynamique des peuplements naturels d’Okoumé ;

Sous-programmes 5 : Analyse des politiques agricoles et forestières

 Politique agricole, fonctionnement et dynamique des filières agricoles, développement


d’outils méthodologiques ;
 Evaluation des besoins en recherches agronomiques comme appui à l’amélioration de
la sécurité alimentaire au Gabon.