Vous êtes sur la page 1sur 84

MERCREDI 15 se pt embre 2010 / E di tion Bruxelles / Qu ot idien / N o 215 / EUR 1,10 / 02 225 55 55

Murakami, l’artiste japonais qui fait scandale à Versailles notre nouveau cahier P.37 & 38 La
Murakami, l’artiste japonais
qui fait scandale à Versailles
notre nouveau cahier
P.37 & 38
La vertu
du pardon
Le mariage
d’amour
+ MAD
Aborder le mal
de face
Les raisons
de son échec
Le nouveau bijou
de Stephen Frears
P.15 & 17
P.18 & 19

Chômage, pensions :

la hausse menacée

CELA COINCE entre patrons et syndicats. Augmentation des allocations sociales et mesures de crise sont remises en cause.

M auvaise nouvelle sur le front so- cial. Il y a de l’électricité dans l’air entre les patrons et les syn-

dicats. Et d’importantes mesures sont menacées, qui concernent des milliers de travailleurs et d’allocataires sociaux. Les partenaires sociaux devaient s’en- tendre avant ce mercredi sur l’augmenta- tion des allocations sociales. Il s’agit de s’accorder sur le partage d’une envelop- pe de 274 millions d’euros au bénéfice des chômeurs, des pensionnés, des béné- ficiaires d’indemnités d’accidents de tra- vail et d’invalidité. La Fédération des en- treprises de Belgique (FEB) bloque, affir- ment les syndicats. Les patrons souhaite- raient intégrer cette discussion dans cel-

le de fin d’année concernant les salaires dans le secteur privé et l’harmonisation du statut des ouvriers et des employés. La FEB refuse de s’exprimer, avant la réunion prévue ce mercredi à 17 heures. Autre gros dossier social en péril : la prolongation des mesures de crise, ce système de crédit-temps et de réduction du temps de travail. Elles arrivent à échéance le 30 septembre, mais peuvent être prolongées jusqu’au 31 décembre. Là aussi, les partenaires sociaux se divi- sent. Le gouvernement en affaires cou- rantes, appelé à prendre le relais en cas de désaccord, le serait tout autant.

P.7 NOS INFORMATIONS

le serait tout autant. ■ P.7 NOS INFORMATIONS La dernière chance du duo Ce sont les
le serait tout autant. ■ P.7 NOS INFORMATIONS La dernière chance du duo Ce sont les

La dernière chance du duo

Ce sont les deux hommes incontournables, ceux qui ont les clés d’un déblocage des négociations communautaires. Bart De Wever (N-VA) et Elio Di Rupo (PS) se revoient une première fois ce mercre- di, en présence des deux médiateurs royaux. Selon nos informations, le pessimisme prévaut toujours dans les rangs francophones au sujet de la capaci- té de la N-VA à conclure un accord. P.6& 7 NOTRE DOSSIER

L’école catholique déjuge l’Eglise

U n « pardon » a finale- ment été exprimé par un haut responsable de

l’Eglise. Devant l’assaut de criti- ques suite au mea culpa man- qué de lundi, Guy Harpigny, évêque de Tournai, a finale- ment prononcé fermement ses mots, mardi. Un peu tard… Le séisme provoqué par le scandale pédophile plonge tou- jours plus profondément l’Egli- se dans la crise. Même l’ensei- gnement catholique, un de ses principaux piliers, a pris ses dis- tances avec l’attitude de l’arche-

vêque André Léonard. Ce der- nier préconisait la création avant Noël d’un « centre pour la reconnaissance, la guérison et la réconciliation » ? Le Secré- tariat général de l’Enseigne- ment catholique (Segec) a tenu à faire savoir que, pour sa part, il souhaitait plutôt la création ou le renforcement de cellules publiques d’aide aux victimes d’abus sexuels. Une nouvelle voix dissonante, un nouveau couac de communication.

P.2 À 4 NOTRE DOSSIER

Pourquoi les victimes fustigent l’Eglise

Trois témoignages édifiants. P.2& 3

L’Eglise refuse de payer

A la Justice de veiller aux indemnisations. P.4

La Justice a aussi étouffé la pédophilie

Jusqu’en 1996 et l’affaire Dutroux… P.4

La commissaire européenne qui défie Sarkozy

L a Commission européen- ne sort de sa léthargie et passe à l’action contre la

politique menée par la France à l’égard des Roms. La Luxembour- geoise Viviane Reding, vice-prési- dente de la Commission, en char- ge de la Justice et des Droits fon- damentaux, a annoncé des pour- suites contre Paris, suite à la di- vulgation de la circulaire Horte- feux. Ce texte, sur les modalités d’expulsion des Roms, a été dissi- mulé aux autorités européennes, accuse-t-elle. Avec des mots très fermes : « Je pensais que l’Euro- pe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la Secon- de Guerre mondiale. Je vais être très claire : les discriminations ethniques ou raciales n’ont pas leur place en Europe. »

P.11

NOS INFORMATIONS

P.16

« LA FRANCE

EST UN ÉTAT DE DROIT ! »

© OLIVIER HOSLET/EPA.
© OLIVIER HOSLET/EPA.

Le drame pakistanais, peu vendeur

P.13 Malgré l’am- pleur des inonda- tions, l’aide tarde à venir. Reportage.

La nouvelle guerre des jeux vidéo

P.24 Les géants du secteur cherchent à immerger toujours plus les joueurs.

BOURSES & MARCHÉS

28-29

ANNONCES

30

NÉCROLOGIE

31

BONS À DÉCOUPER

37

LOTERIE

40

DÉTENTE

41

TÉLÉVISION

42-43

MÉTÉO & PETITE GAZETTE

44

5

3 7 4 1 3 6 3 5 0 0 8 3 6 8
3 7
4 1 3 6 3 5
0 0 8 3 6 8

SCIENCES&SANTÉ

30

Carottages à plus de 2.000 mètres sous terre en Chine

Un sondage géologique en Chi- ne atteint des couches terres- tres situées à plus de deux kilo- mètres de profondeur. Les ca- rottes récoltées, qui remonte- ront jusqu’au Crétacé, de- vraient permettre de mieux comprendre l’évolution du cli- mat sur notre planète et la dis- parition des dinosaures.

La zone 30 voit le jour à Bruxelles

C ’est une petite révolution

qui est annoncée ce jeudi

à Bruxelles : le Pentagone

passe intégralement en zone 30, à l’exception du boulevard de Dix- mude et de l’axe Nord-Midi. Objectif ? Améliorer la sécuri- té routière dans une zone très fré-

quentée par les piétons et les cy- clistes. Des exemples étrangers, à Amsterdam ou à Londres, ont té- moigné de l’effet positif d’une tel- le mesure. A Bruxelles, l’aména- gement des voiries doit suivre.

P.5 NOS INFORMATIONS

16257490

Les Belges optent en masse pour la mobilité BRUXE Découvrez L’Internet et le surf mobiles
Les Belges optent en masse pour la mobilité
BRUXE
Découvrez
L’Internet et le surf mobiles avec un GSM et un ordinateur portable ? De plus en
sur votre GSM, GRATUITEMENT
le surf mobiles avec un GSM et un ordinateur portable ? De plus en
pendant 100 jours.
plus de Belges adorent ! Pour combler ce nouveau fossé Internet, Mobistar lance
via
une action passionnante. Pendant les 100 jours « Toujours plus avec votre PC
Envoyez LS au 8022 ou surfez sur
www.mobistar.be/toujoursplus
et votre GSM », vous découvrirez l’Internet mobile, bénéficierez de 100 jours de
services mobiles gratuits et gagnerez peut-être une nuitée pour 6 à l’Hôtel de
Glace, en Suède.
Lisez article
cet
aussi mobile. sur
l’Internet
www.lesoir.be 4BX
www.lesoir.be
4BX

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

l’actu

l’actu

2

Scandale pédophile

3

L’édito

◆

◆

Marc Metdepenningen

Scandale pédophile 3 L’édito ◆ Marc Metdepenningen LE DOUBLE LANGAGE D’UNE ÉGLISE AUX ABOIS L a

LE DOUBLE LANGAGE D’UNE ÉGLISE AUX ABOIS

L a hiérarchie de l’Eglise est décidément un monde

étrange, hypocrite et cons- tant dans son souci de préser- ver ses privilèges. Elle a com- battu avec succès et férocité (et avec la bienveillance du parquet général de Bruxelles et du ministre de la Justice) toute immixtion des magis- trats dans les affaires pénales concernant ses centaines de prêtres déviants. Elle renvoie aujourd’hui, à cette même jus- tice humaine les victimes qui entendent obtenir réparation civile des années de douleur qui leur ont été infligées. Une mission quasi impossible, dès lors que les bases pénales de leurs revendications ont été complaisamment effacées à la demande de l’Eglise elle- même. A entendre Guy Harpi- gny, l’évêque référendaire pour les affaires d’abus sexuels, l’Eglise craindrait, qu’en s’ouvrant à une com- pensation financière de la res- ponsabilité de ses clercs, elle s’expose à des demandes « d’indemnisations massi- ves ». L’argent, c’est certain, éveille l’appétit et réveille aussi la mémoire. L’Eglise re- doute surtout qu’une abon- dance redoutée de sollici- tants amplifie encore l’am- pleur du scandale. Ce cabra- ge sur les questions financiè- res rend compte d’un double langage. L’Eglise dit vouloir assumer ses responsabilités morales, sans en subir les con- séquences pénales ou finan- cières. Elle persiste par inté- rêt vénal à préconiser le seul baume du pardon catholique pour cautériser toutes les plaies. Cette position est ini- que et destructrice pour son image et, surtout, pour l’équi- té réparatrice qui veut qu’à un dommage qu’elle recon- naît corresponde une respon- sabilité financière, fût-elle modique. L’Eglise (300 mil- lions d’euros d’argent public par an) est réticente à envisa- ger la création d’un Fonds

d’indemnisation alimenté par ses congrégations, ses évê- chés et ses prêtres déviants. Ce qui indique que l’institu- tion ecclésiale a le souci de préserver ses trésors, en n’of- frant rien ; et de protéger ses prêtres déviants, en refusant de les soumettre à la Justice.

◆

◆

2LG

Pourquoi les victimes de prêtres abuseurs fustigent l’Eglise

L’ESSENTIEL

Trois témoignages de victimes. Et trois par-

cours qui ont buté sur l’indifférence, voire le mé-

pris des représentants de l’Eglise catholique.

Avec le recul, un grand sentiment de gâchis.

Et la conviction que l’institution n’a pas été à

l’écoute de ceux qui souffraient dans leur corps et dans leur tête.

Le monde politique divisé sur la réaction.

Léonard écoute mais n’agit pas

Les faits J’ai été violé par un prêtre, tel est le titre d’un livre signé l’an dernier par Joël Devil- let, un jeune homme de 37 ans originaire d’Aubange. Depuis le début des années 80, il était en contact avec les prêtres de sa ré- gion. En 1987, Gilbert H., un jeune vicaire de 27 ans, arrive à Aubange. Il séduit les enfants de la commune. « Il avait un baby-foot, une console de jeux, un grand lit, relate Joël. Il n’en fallait pas plus pour attirer les enfants. J’en faisais partie. Tout a commencé par des cares- ses. Puis c’est allé plus loin. Lors- qu’il avait joui, il me renvoyait chez moi. Je n’aimais pas ça et je lui ai écrit plusieurs lettres. Il me répondait. » Une correspon- dance qui allait servir de preu- ves à Joël des années plus tard. Leur dénonciation « Dès 1990, j’ai écrit à l’évêque auxiliaire de

 

Joël Devillet se bat depuis 20 ans

Joël avait 14 ans quand un nouveau vicaire de 27 ans s’est installé dans sa commune, à Aubange. Très tôt, l’homme d’Eglise a gagné la confiance des enfants. C’est alors que les abus ont commencé. Joël les a dénoncés dès 1990, quand il avait 17 ans, aux plus hautes auto- rités ecclésiastiques. Le prêtre a avoué les faits à ses supérieurs. Pourtant, aujourd’hui encore il est repris dans l’Annuaire dio- césain des prêtres. Joël, lui, poursuit son combat pour être reconnu comme victime. Devant l’Eglise mais aussi devant les tri- bunaux civils.

Namur, M gr Musty pour lui fai- re part des abus dont j’étais vic- time et pour lui demander à ce que le vicaire parte », se sou- vient Joël Devillet. « Un an plus tard, poursuit la victime, en février 1991, j’ai écrit une lettre à M gr Léonard qui allait devenir évêque de Na- mur. Je lui ai fait part de mon vécu. Deux mois plus tard, il ve- nait à Aubange pour effectuer sa première sortie depuis sa no- mination. Il y célébrait la con- firmation des enfants. Il m’a dit avoir reçu ma lettre. Durant une demi-heure, nous avons dis- cuté dans sa voiture. » En 1994, Joël Devillet entre au séminaire. C’est lors de cette première année que, finale- ment, il parle de son vécu à son « directeur spirituel ». Une pro- cédure devant le tribunal ecclé- siastique à charge de l’abbé Gil- bert H. est lancée. On invite aus- si le jeune séminariste à suivre une thérapie en lui promettant

de prendre en charge le coût de celle-ci en échange de son silen-

Aujourd’hui, plusieurs instan-

ces, dont le primat de Belgique

M

gr Léonard, affirment que le

prêtre Gilbert H. n’a plus de fonctions pastorales depuis 1996. Visiblement, c’est faux. Certes, le 5 mars 2001, il a été contraint de mettre fin à sa mis- sion canonique et de quitter sa paroisse de Flawinne. Mais, les statuts du conseil presbytéral de Namur indiquent que « sont électeurs tous les prêtres diocé- sains incardinés dans le diocèse ainsi que les prêtres résidant

dans le diocèse, dont les noms fi- gurent dans l’Annuaire diocé- sain de Namur, et y exerçant, à titre principal, une fonction pastorale pour le bien du diocè- se. » (Art. 8,-§1) Plus loin, « Tous les électeurs sont éligi- bles, à l’exception des membres de droit et de ceux qui auraient renoncé expressément par avan- ce à la charge de membre du Conseil presbytéral. » (Art. 8.-§2) Or, Gilbert H. est repris dans l’Annuaire diocésain dans

ce. « Cela n’a jamais été fait », affirme-t-il. Devant le peu de réactions de l’Eglise, le 4 juillet 1996, Joël Devillet porte plainte au tribu- nal ecclésiastique de Namur pour dénoncer les abus dont il a

la

catégorie secteur socio-carita-

tif de la liste des prêtres éligi- bles pour les élections du Con- seil presbytéral de 2009. Pour Joël Devillet, « il est évi- dent que ce prêtre est toujours

été victime. « Une confronta- protégé par ses supérieurs et

tion a eu lieu le 14 novembre 1996 en présence de mon psycho- logue, (qui soit dit en passant est devenu prêtre quelques an- nées après), du prêtre abuseur et du vicaire judiciaire. Je ne

son Eglise. Il a quitté son presby- tère en 2008 suite à mes visites chez son doyen et auprès de son bourgmestre. Et peut-être, suite à une autre plainte déposée, en 2007, contre lui par une autre

sais ce qu’est devenue cette personne dont il a abusé. Actuel-

plainte, n’ayant jamais eu de nouvelles depuis (en 1996). » La réaction de l’Eglise Lors de cette fameuse confrontation en- tre les deux hommes, en novem- bre 1996, « le vicaire a avoué les faits, soutient Joël. En pré- sence de notre correspondance, il ne pouvait faire autrement. »

lement, il travaille auprès d’adultes en très grandes diffi-

cultés… comme éducateur spé- cialisé. » En juillet, Joël a dépo- sé une nouvelle plainte à Na- mur. Elle vient d’être transmise

à

Rome à la Congrégation pour

la

doctrine de la Foi.

FRÉDÉRIC DELEPIERRE

la doctrine de la Foi. ■ FRÉDÉRIC DELEPIERRE De Clercq renvoie les victimes au « monde

De Clercq renvoie les victimes au « monde de l’aide » et crispe le PS

A l’avant-veille de la réunion de la commission de la Justice de

la Chambre qui entendra Peter

Adriaenssens, auteur du rapport sur « le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une rela- tion pastorale », les partis restent divisés sur la réponse politique la plus adéquate à livrer, après le séis- me qui vient d’ébranler l’Eglise de Belgique. Divisés et parfois au bord de la crise de nerfs. Au PS, on ne se montre guère rassuré, après les pro- pos du ministre de la Justice sor- tant, Stefaan De Clerck (CD&V), in- vité du JT de mardi, sur la RTBF. François de Brigode lui a deman- dé à qui une victime, en cas d’hésita- tion, devait s’adresser : au nouveau centre à créer au sein de l’Eglise d’ici Noël « pour la reconnaissan- ce, la guérison et la réconciliation » ou à la Justice ? « Au monde de l’ai-

de » a répondu le ministre de la Jus-

tice, en faisant sursauter le PS, chantre de la séparation entre l’Eglise et l’Etat, qui reproche au

ministre de continuer à entretenir la confusion des genres. Les démocrates chrétiens fla- mands étaient en tout cas les der- niers à prendre position : ils ont plaidé mardi à Courtrai, fief du mi- nistre de la Justice sortant, en fa- veur de l’installation d’une commis- sion parlementaire élargie. Pour le CD&V, les travaux de cet- te commission ne doivent pas seule- ment se focaliser sur les abus sexuels commis au sein de l’Eglise mais porter aussi sur toutes les for- mes d’abus sexuels dans l’ensemble des relations de pouvoir. Le CD&V insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de noyer le drame mis au jour au sein de l’Eglise. « Oui, le politique doit prendre une initiative et dé- ployer ses efforts pour porter assis- tance aux victimes, à toutes les vic- times, en commençant bien sûr, ce- la va de soi, par l’Eglise catholique romaine » souligne Rik Torfs, pro- fesseur de droit canon à la KUL et fraîchement élu sénateur CD&V.

Mais il poursuit : « Il ne s’agit donc pas de nier ce qui s’est passé dans l’Eglise mais d’élargir les travaux de la commission aux abus com- mis dans toutes les relations de pou- voir, thérapeutiques et pastorales » Et Rik Torfs de préciser encore, dans une interview accordée mardi à Radio Één (VRT) : « Je m’at- tends à ce que d’autres faits soient révélés dans l’avenir, dans d’autres secteurs que dans l’Eglise et je plai- de donc pour qu’une commission parlementaire puisse élargir ses travaux qui dépassent le cadre de la seule Eglise. » Le CD&V estime la mise en place d’une commission spéciale mixte plus opportune que l’installation d’une commission d’enquête parle- mentaire. Stefaan De Clerck (CD&V) ren- contrera jeudi, le collège des procu- reurs généraux. Et, le lendemain, il peut déjà s’attendre à des sèches in- terpellations du PS suite à ses sor- ties controversées… D.V.

Le cardinal Danneels se dit incompétent

Les faits « J’ai été abusé par un abbé en 1961 et 1962, à Saint Fé-

 

Raoul a demandé un

lix

de Reilhac, près de Lascaux,

en France. Je vivais, à l’époque, chez mes grands-parents. J’avais 11 ans. Après l’école, nous sui-

vions le catéchisme avec l’abbé N. Il a commencé par m’isoler du groupe, en me demandant de res-

 

geste au cardinal, sans succès

Le cas de Raoul (prénom d’emprunt) montre à quel point les victimes d’abus sexuels ont du mal à obte- nir réparation, même quand les faits sont claire- ment établis. Raoul dispo- se d’aveux écrits de son abuseur et d’un jugement qui atteste des abus sexuels endurés. Il a solli- cité, sans succès, un ges- te du cardinal Danneels. La réponse de l’archevê- ché de Malines, en 1993, traduit bien l’état d’esprit

ter

auprès de lui, après le départ

des autres. Il m’installait dans la sacristie, avec une bande dessi- née. Il se masturbait, devant moi. Parfois, il me donnait la fes- sée… Un jour, il m’a emmené dans sa 2 CV, jusqu’à l’église de Mortemart, où il a tenté de me so-

 

domiser. Je l’en ai empêché et j’ai refusé de le revoir. Mais mes grands-parents, qui n’avaient

pas

compris, m’ont contraint à le

de l’institution.

revoir. Deux ou trois ans après

 

les faits, j’en ai parlé à mon père

 

qui

m’a répondu que j’avais trop

d’imagination… ». Leur dénonciation En 1989, alors qu’il est rentré en Belgique, Raoul (prénom d’emprunt) prend le train pour la Dordogne, où il compte obtenir les aveux écrits de son abuseur. La con- frontation, à Hautefort, est terri- ble. Mais l’abbé N. cède. Raoul dénonce immédiate- ment les faits, aveux écrits à l’ap- pui, auprès du vicaire de Péri- gueux. Qui refuse de convoquer l’abuseur. Même indifférence à la Direction de l’Action sociale (DAS) locale : « Rentrez chez vous, monsieur ». Raoul saisit la Justice françai- se, au civil. Il est confronté à son abuseur, qui minimise les faits. Le tribunal tranchera en 1992 :

les faits sont établis, mais il n’est pas possible d’établir un lien de causalité entre les abus endurés et l’état psychologique de la victi- me, ses dépressions et sa tentati- ve de suicide. Le dossier médical établit par le professeur Léon Cassiers (UCL) ne permet pas de conclure. Raoul se voit finale- ment accorder l’euro symboli- que, sans plus.

aveux écrits de l’abuseur et du ju- gement qui établit les faits, Raoul s’adresse au cardinal Dan- neels, « afin qu’il fasse un geste, la Justice française n’ayant pas jugé utile de m’indemniser »… Ses lettres restent sans réponse. Il insiste, appelant, à plusieurs reprises, le secrétariat de l’arche- vêque. Qui finira par lui adresser un courrier, le 14 septembre 1993. La lettre, signée par le chanoine Brieven, secrétaire de l’archevê-

ché, comporte à peine trois phra-

ses… « Cher Monsieur, j’ai bien reçu votre lettre récente, et en ai parlé au Cardinal Godfried Danneels. Le Cardinal comprend votre souffrance, mais, comme les cho- ses se sont passées en France, il n’est pas du tout compétent. Il vous suggère d’écrire directe- ment à l’évêque de Périgueux, Monseigneur G. Poulain, Evê- ché, 22 rue Paul-Louis Courier, B.P. 5064, F – 24005 Périgueux Cedex. Très cordial bonjour, W. Brieven, Secrétaire ». Raoul vient d’adresser copie de son dossier au juge d’instruc- tion Wim De Troy.

La réaction de l’Eglise Fort des

 

RICARDO GUTIÉRREZ

SA ROSSEL ET C ie Directeur général Didier Hamann Ventes Tél. : 070-22.10.10 Fax :
SA ROSSEL ET C ie
Directeur général
Didier Hamann
Ventes
Tél. : 070-22.10.10
Fax : 02-225.52.14
Abonnements
Tél. : 078-05.05.10
Fax : 02-225.59.01
Rue Royale, 100
E-mail :
Site : www.clubdusoir.be
1000 Bruxelles
Rédactrice en chef
Béatrice Delvaux
rosselventes@rossel.be
Président
et éditeur responsable
Patrick Hurbain
Formule « Virement »
Administration générale
Rue Royale, 100
Rédaction centrale
Tél. : 02-225.54.32
Fax : 02-225.59.14
ou 02-225.59.10
Prix de vente à
3
mois : EUR 75,00
l’étranger
6
mois : EUR 143,00
Allemagne EUR 2,00
12 mois : EUR 262,00
Chypre EUR 2,95
Compte :
310-0496377-17
1000 Bruxelles
Tél. : 02-225.55.55
Courrier des lecteurs
Fax : 02-225.51.31
forum@lesoir.be
Croatie HRK 25,00
Espagne EUR 2,00
Formule « Liberté »
PUBLICITÉ
lesoir.be (internet)
http://www.lesoir.be
Tél. : 02-225.54.32
internet@lesoir.be
France EUR 2,00
(Nº com. paritaire
0111 U 83380)
Grande-Bretagne
GBP 1,30
Grèce EUR 2,00
EUR 22,00/ mois
Par domiciliation
Rendez-vous sur
http://clubdusoir.
lesoir.be/liberte
ou
Rossel Advertising
Annonces téléphonées
Tél. : 02-225.55.00
Fax : 02-225.59.06
annonces.tel@lesoir.be
Annonces
Tél. : 02-225.55.55
Fax : 02-225.59.08
ou 02-225.59.00
Publicité nationale
Tél. : 02-542.10.10
Fax : 02-542.10.11
Italie EUR 2,00
Irlande EUR 3,40
Maroc MAD 25,00
Portugal EUR 2,00
République tchèque
CZK 70,00
Suisse CHF 4,00
Ténériffe EUR 2,50
Turquie YTL 5,00
078/05.05.10
Ce journal est protégé par le droit d’auteur, tous droits réservés. ©
Rossel & C ie S.A. – Le Soir, Bruxelles, 2010. Si vous souhaitez copier un
article, une photo, une infographie, etc., en de nombreux exemplaires,
les utiliser commercialement, les scanner, les stocker et/ou les diffuser
électroniquement, veuillez contacter Copiepresse au 02-558.97.80 ou
via info@copiepresse.be. Plus d’infos : http://www.copiepresse.be.

Harpigny contacte le thérapeute

Les faits A la charnière entre les années 70 et 80, dans le Hai- naut, Antoine (prénom d’em-

prunt) est fasciné par l’Eglise. A l’âge de 8 ans, il devient enfant

de chœur dans sa paroisse. Très

vite, le prêtre se montre entre- prenant envers lui. « Il est en- fant de chœur, ce qui lui donne

beaucoup de joie et, déjà, la foi, relate la marraine d’Antoine. (…) Mais qui aurait pu croire que ce prêtre s’intéresserait trop aux petits garçons. Plusieurs en- fants ont été victimes de ce prê- tre pédophile. Antoine aussi. Mais tout le monde se tait car ce prêtre a du pouvoir (…). » Ces abus, l’abbé D. les aurait commis les mercredis après-mi-

di alors qu’il organisait des ex-

cursions à la piscine pour ses en- fants de chœur. Il s’arrangeait, selon des témoignages précis, pour occuper un vestiaire collec- tif. Durant les congés scolaires,

il invitait aussi régulièrement

ses petits assistants pour des voyages en caravane ou dans

des fermes, durant trois ou qua-

tre jours. Il possédait un sac de

couchage de deux places qu’il partageait toutes les nuits avec un enfant différent. C’est à ces moments-là qu’il se livrait à des

attouchements. Leur dénonciation Lors d’une excursion à Paris organisée par le prêtre, alors qu’Antoine est devenu adolescent, il se décide à entrer dans une église. Il y con- fesse les actes qu’il subit. Le prê- tre lui conseille de dénoncer son bourreau. De retour en Bel- gique, Antoine n’ose pas. Il est vrai que son père est actif dans l’enseignement catholique. Et qu’il lui a d’ailleurs déjà dit que « ces choses ont toujours exis- té », que « ce sont les choses de la vie », qu’il ne fallait « plus fré- quenter l’abbé ». Muté, le prêtre n’a plus impor- tuné Antoine. Plus tard, une re- ligieuse le dénonce à l’évêché.

Dans sa nouvelle paroisse, dit- elle, l’abbé D. hébergerait une douzaine d’adolescents défavo- risés avec lesquels il se compor- terait bizarrement. Aucune sui- te.

Antoine suit son parcours. Toujours très dévoué à l’institu- tion religieuse, il est ordonné prêtre dans les années 90. En 1999, sa hiérarchie veut le nom- mer dans la paroisse de son abu- seur. Antoine contacte son évê- que à qui il fait part de son vécu. Il est entendu et envoyé dans

L’abbé Antoine face au silence de son évêque

Entre 8 et 15 ans, Antoi- ne était enfant de chœur. Il était aussi l’objet sexuel d’un prê- tre. A plusieurs repri- ses, le jeune homme a fait part de son calvai- re au sommet de l’Egli- se, dont au cardinal Danneels, mais il n’a ja- mais été entendu. De- venu prêtre lui-même, il se dit harcelé par sa hiérarchie.

une autre paroisse. Les années passent et Antoine change de paroisse à plusieurs reprises à travers l’espace francophone. On le dit instable. Lui se justifie en disant qu’il veut juste fuir son abuseur duquel on veut le rapprocher. La réaction de l’Eglise En mars 2006, Antoine est reçu à l’évê- ché. On lui signifie qu’une plain- te pour harcèlement le concer-

ne et qu’une thérapie et une expertise s’imposent. L’abbé Antoine ne se rend pas immédiatement chez le psy. Sa hiérarchie le menace. Il cède. Et, en pleine consultation, l’évê- que Guy Harpigny téléphone au thérapeute pour savoir si Antoine est là. Il pose des ques- tions au médecin au sujet de ses confidences. Depuis lors, les convocations à l’évêché se sont multipliées. Désespérée, le 20 octobre 2009, la marraine d’Antoine, re- late le calvaire du jeune prêtre dans une lettre de 14 pages en- voyée au cardinal Danneels. Pour toute réponse, elle recevra un accusé de réception. Pour l’abbé Antoine, c’en est trop. En avril, sur les conseils du nou- veau primat de Belgique M gr Léonard, il adresse une plainte à la Commission Adriaenssens. Pendant ce temps, dans la ré- gion de Charleroi, l’abuseur pré- sumé, âgé de 80 ans, prêche tou- jours la bonne parole. Rencon- tré voici dix jours, il nous disait « n’avoir jamais abusé de qui que ce soit ». Quant à M gr Harpi- gny, il nous assure qu’il recevra Antoine prochainement.

FRÉDÉRIC DELEPIERRE

16183330

Antoine prochainement. ■ FRÉDÉRIC DELEPIERRE 16183330 www.lesoir.be 14/09/10 22:54 - LE_SOIR du 15/09/10 - p. 2

www.lesoir.be

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

l’actu

4

Scandale pédophile

4 Scandale pédophile

Même l’école catholique déjuge Léonard

L ’archevêque aura eu tout faux… Même l’enseigne-

ment catholique francophone a pris ses distances, mardi, avec les propositions formulées, lundi, par André Léonard et ses évê- ques, suite à la publication du rap- port de la Commission Adriaens- sens sur les abus sexuels commis par les clercs. Les survivants des prêtres abu- seurs et les décideurs politiques avaient déjà largement contesté la volonté de l’Eglise de mettre sur pied, avant Noël, un « centre pour la reconnaissance, la guéri-

son et la réconciliation », qui au- rait pour mission essentielle d’of- frir un espace d’écoute aux victi- mes… Manifestement, la confé- rence épiscopale, avant de faire sa proposition, n’a pas davantage consulté l’enseignement catholi- que que les survivants. Le Secrétariat général de l’En- seignement catholique (Segec) a tenu, hier, à faire savoir qu’il sou- haitait la création ou le renforce- ment de cellules publiques d’aide aux victimes d’abus sexuels. « Il s’agit bien de structures pu- bliques, organisées par les pou-

UN DISCOURS À GÉOMÉTRIE VARIABLE

© THIENPONT.
©
THIENPONT.
les pou- UN DISCOURS À GÉOMÉTRIE VARIABLE © THIENPONT. voirs publics , insiste François Te- fnin,

voirs publics, insiste François Te- fnin, du service de communica- tion du Segec. Par définition, cet- te option suppose que nous ne pré- conisons donc pas une structure privée propre à l’Eglise ». Un avis qui déjuge l’archevê- que. Mais un avis qui compte : le Segec, ce sont des centaines d’éco- les, des milliers d’enseignants et 475.000 élèves, en Wallonie et à Bruxelles. Vendredi, le pédopsychiatre Pe- ter Adriaenssens avait plaidé la création, par les pouvoirs pu- blics, de centres de confiance

© BELGA.
©
BELGA.

pour adultes… « Des équipes SOS Adultes, qui viendraient complé- ter le réseau d’assistance SOS En- fants ». C’est cette option que défend le Segec : des « cellules chargées de proposer aux victimes une écou- te, une assistance psychologique et une information relative à leurs droits et aux possibilités de recours judiciaires, tant au pénal qu’au civil, précise Etienne Mi- chel, directeur général du Segec. Les écoles et les centres PMS peu- vent également jouer un rôle béné- fique de relais dans la perspective

jouer un rôle béné- fique de relais dans la perspective DÉCRYPTAGE La courbe rentrante André Léonard

DÉCRYPTAGE

La courbe

rentrante

André Léonard s’est replié dans son palais archiépis- copal, mardi. C’est l’évêque référendai- re pour les abus sexuels qui est mon- té au front, seul, pour tenter de recti- fier le tir, après la communication insi- pide et désastreuse de la veille. Guy Harpigny a con- cédé que les évê- ques s’étaient abs- tenus de reconnaî- tre la responsabilité morale de l’Eglise pour éviter les pro- cès en dédommage- ment des survi- vants. En avril, l’Eglise évo- quait son « silence coupable ». En mai, elle demandait par- don aux victimes et à la société. Lundi, ni excuses ni aveux de responsabilité… Une rétractation unanimement con- damnée, y compris dans la communau- té catholique. Sous la pression, l’évêque Harpigny a tenté de corriger le tir, mardi matin, sur les ondes de la RTBF, quitte à con- tredire, sur la for- me, l’archevêque Léonard. Alors que ce der- nier n’envisageait, lundi, que la voie de la « réconciliation » pour les 91 clercs abuseurs encore en vie qui ont été iden- tifiés, M. Harpigny se dit prêt à deman- der à chaque évê- que d’entamer vis-à- vis d’eux un procès canonique. Tout nouveau cas, ajoute- t-il, doit systémati- quement être trans- mis au parquet. Res- te à régler le sort des prélats qui se sont complu dans le silence coupable que dénonçait l’ar- chevêque.

RICARDO GUTIÉRREZ

d’une prise en compte juste et em- preinte d’humanité de la souf- france des victimes »« Toute victime d’abus sexuel ou de maltraitance est une victi- me de trop, qu’elle soit le fait d’un ecclésiastique, d’un éducateur ou d’un enseignant laïc, d’un parent au sens large du terme ou de toute autre personne », insiste le Segec, rappelant qu’il suggère, dans tous les cas, aux écoles d’« orienter sans tergiverser les parents vers les services de police, de manière à ce qu’ils puissent porter plainte au pénal ». R. G.

© BELGA.
©
BELGA.

« C’est un péché, c’est un crime, ce sont les pires choses. Je de- mande pardon, je présente mes excuses. Mais sachez que je n’étais pas à ce moment-là, en charge. Pour les indemnités, il faudra s’adresser à la justice. »

4 avril

19 mai

11 septembre

13 septembre

14 septembre

André Léonard

Lettre des évêques

Roger Vangheluwe

André Léonard

Guy Harpigny

« Pendant des décennies, l’Egli- se, comme d’autres institutions, a mal géré le problème de la pé- dophilie en son sein alors qu’elle avait toutes les raisons évangéli- ques de veiller au respect de la dignité de ces enfants. Par un si- lence coupable, on a souvent préféré la réputation de certains hommes d’Eglise à l’honneur de ces enfants abusés. »

« A toutes les victimes d’abus sexuels nous demandons par- don, tant pour l’agression que pour le traitement inadéquat de celle-ci. Nous demandons égale- ment pardon aux proches des victimes et à la société pour les séquelles humaines causées par ces abus. »

« Je tiens une fois encore à re- connaître ma culpabilité et à de- mander pardon à notre Eglise, à la société ainsi qu’à tous ceux qui sont marqués par la souffran- ce. »

« Nous vous assurons que cette suite d’événements boulever- sants nous touche douloureuse- ment. »

boulever- sants nous touche douloureuse- ment. » L’Eglise refuse de payer M g r Guy Harpigny,

L’Eglise refuse de payer

M gr Guy Harpigny, évêque de Tournai et référendaire de la Conférence épisco-

pale pour les plaintes d’abus sexuels commis dans le cadre d’une relation pastorale, a esti- mé mardi, sur les antennes de Matin Premiè- re, qu’il appartiendrait à la Justice de statuer sur d’éventuelles demandes d’indemnisa- tions financières émanant de victimes d’abus sexuels commis par des ecclésiastiques. « Je reconnais tout à fait que l’Eglise com- me institution doit assumer tout le mal qui a été commis et je dois faire fort attention parce que, si je dis que je reconnais une responsabi- lité morale de l’Eglise par rapport à des faits anciens, assez rapidement on va déduire une responsabilité juridique et la machine judi- ciaire va se mettre en route pour obtenir des indemnisations dans tous les cas », a-t-il dé- claré, ajoutant que « s’il y a exigence d’indem- nisation, que ce soit le monde de la justice qui l’exige ». L’Eglise s’est toujours refusée à indemniser les victimes, sauf à leur consentir quelques eu- ros pour le payement de leurs frais médicaux. La Commission pour les abus sexuels, autre- fois présidée par l’ex-magistrate Godelieve Halsberghe, avait démissionné en raison du refus de l’Eglise de prendre en considération les recommandations d’indemnisations qu’el- le recommandait : 50.000 euros par victime.

M me Halsberghe nous avait expliqué alors ce

refus de l’Eglise par l’opinion de celle-ci selon laquelle « les prêtres et religieux appartien- nent à une caste supérieure et ne sont nulle- ment soumis au paiement d’indemnités ». Cette position, à entendre M gr Harpigny, ne semble pas avoir varié dans le chef de l’Eglise. Si les victimes veulent obtenir de- vant la Justice un dédommagement civil, il leur faudrait d’abord établir une faute dans le chef de la hiérarchie de leur abuseur, un dom- mage et une relation causale entre cette faute et ce dommage. L’Eglise semble pouvoir dor- mir tranquille et laisser ses ouailles se perdre dans les méandres juridiques. Comme le rap- pelle le professeur Jean-François Husson, spécialiste du financement des cultes, l’Egli- se « ne constitue pas une entité juridique ». Les prêtres ressortissent à l’autorité de leur évêque. Les biens de l’Eglise, la plupart aux mains d’établissements publics (les fabriques d’église, par exemple), sont difficilement sai- sissables et l’organisation même de l’Eglise a dispersé ses biens dans une kyrielle d’ASBL. Pour les victimes, attaquer l’Eglise ou ses commettants en responsabilité civile s’appa- rente à s’aventurer dans un labyrinthe juridi- que, à l’issue incertaine et forcément coûteu- se en frais de procédure. L’Eglise catholique bénéficie chaque année in globo de près de 300 millions d’euros de subventions publi-

ques.

MARC METDEPENNINGEN

Jusqu’en 1996, la Justice a aussi étouffé les plaintes pour pédophilie

P ourquoi les victimes d’abus sexuels commis par des prêtres

ne se sont-elles pas adressées aux au- torités judiciaires ? La Justice au- rait-elle pu mettre fin à leurs souf- frances ? Pas sûr du tout. Pour la majorité des personnes si- gnalées dans le rapport Adriaens- sens, les faits ont été commis dans les années 70 et 80. A cette époque, la prise en charge des victimes d’abus sexuels par la Justice était nulle ou à peu près. Stephane Durviaux, conseiller au- près du délégué aux Droits de l’en- fant, se souvient qu’en 1994, Claude Lelièvre avait créé des groupes de travail avec les autorités judiciaires sur la pédophilie. « La Justice avait reconnu sa difficulté à traiter ce ty- pe de crime. Le viol sur mineur de moins de dix ans était du ressort de la cour d’assises. Les parquets avaient tendance à classer sans sui- te les plaintes en raison de la lour- deur de la procédure », explique Ste- phane Durviaux. Porter plainte était, pour la victime, un parcours du combattant et « les multiples au- ditions par les policiers et les magis- trats représentaient un calvaire ».

Amaury de Terwagne, avocat spé- cialisé en droit de la jeunesse, esti- me qu’il aura fallu attendre le séis- me provoqué par l’affaire Dutroux pour voir se modifier réellement l’approche par la Justice du crime pédophile. L’arsenal juridique s’est adapté, la prise en charge des victi- mes par des cellules spécialisées a suivi.

Une prise de conscience récente « Auparavant, l’efficacité de la Justice pour les victimes de pédophi- les était pour le moins déficiente. On classait et c’est tout, résume l’avocat. Mais, même aujourd’hui, je suis très perplexe quant à la capacité qu’aurait la Justice à prendre en charge des affaires vieilles de 20 ou 30 ans. Une plainte pour des faits commis de nos jours prend déjà des mois. Aller devant les juridictions ci- viles ? Il ne faut pas oublier que c’est la victime qui doit intenter l’action, c’est elle qui doit supporter les frais de justice. » Quant à la création d’un centre d’écoute des victimes, Amaury de Terwagne ne voit a priori rien de ré- préhensible à la création de cette

structure « comme on en crée après des catastrophes » mais il com- prend bien les soupçons que s’attire ainsi l’Eglise d’essayer d’étouffer d’éventuelles nouvelles affaires de pédophilie. La prise de conscience de la gravi- té du crime de pédophilie est récen- te. Jusqu’au début des années 90, rappelle Stephane Durviaux, c’était un tabou. « C’est la raison d’ailleurs pour laquelle le délégué avait créé ce groupe de travail avec la Justice. Dans les familles, on ne dénonçait pas le tonton abuseur. La victime se taisait. » Avec Claude Lelièvre, Stephane Durviaux a entendu des victimes d’ecclésiastiques mais aussi d’ensei- gnants et d’éducateurs. « Quand on dénonçait un abus sexuel commis par un enseignant, on ne savait pas si celui-ci ne serait pas simplement muté. La victime n’avait pas accès au dossier. Comme l’Eglise, l’institu- tion scolaire tentait d’étouffer le scandale. Si on ouvrait aujourd’hui une ligne verte sur les abus commis dans les écoles il y a vingt ou trente ans, on aurait des surprises. »

MARTINE VANDEMEULEBROUCKE

1NL www.lesoir.be
1NL
www.lesoir.be

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

La Belgique a totalement détruit son stock d’armes à sous-munitions, conformément au traité adopté à

La Belgique a totalement détruit son stock d’armes à sous-munitions, conformément au traité adopté à Oslo en décembre 2008 et interdisant ce type d’engins, a annoncé mardi le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V). © B.

l’actu

5

Mobilité / Dès demain, on lève le pied dans le Pentagone

Le cœur de Bruxelles en zone30

L a semaine de la mobilité se déroulera dans tout le pays

du 16 au 22 septembre. C’est à Bruxelles qu’elle prendra son tour le plus spectaculaire avec un dimanche sans voitures, le 19 sep- tembre. Mais dès ce jeudi, en une manière de zakouski, la capi-

tale offre à ses habitants et aux vi- siteurs une surprise de taille :

dès demain, le Pentagone passe intégralement en zone 30, à l’ex- ception du boulevard de Dixmu- de et de l’axe Nord-Midi (les bou- levards Jacqmain, Anspach et Le- monnier) où la vitesse maximale autorisée restera à 50 km/h. Tous les véhicules sont concer- nés, sauf les trams. La zone située à l’intérieur de la petite ceinture a déjà été dotée d’une signalisation ad hoc. Seul un conducteur particulièrement distrait pourra ignorer les ins- criptions ornant le macadam ou les pavés. Objectif premier de la mesure : améliorer la sécurité routière dans une zone très fré- quentée par les piétons et les cy- clistes. Des exemples étrangers (Amsterdam, Londres) l’ont montré. La distance de freinage d’une voiture circulant à

30

km/h est de 13 mètres, contre

26

m à 50 km/h. « Lors d’une col-

lision avec une voiture à 50 km/h, le risque d‘accident mortel est de 45 %, explique-t-on à la Vil- le de Bruxelles. A 30 km/h, il n’est plus que de 5 % environ ». L’impact positif en matière de pollution est moins évident. Il dé- pend largement du comporte-

est moins évident. Il dé- pend largement du comporte- LA SIGNALISATION est en pla- ce. Un

LA SIGNALISATION est en pla- ce. Un peu confusionnante au début. Mais désormais, il va fal- loir se calmer. © DUCHESNES

ment des conducteurs qui, s’ils choisissent d’opter pour la nervo- sité, émettront tout autant de polluants, voire plus. En revan- che, piétons, travailleurs et habi- tants profiteront d’une réduc- tion du bruit de 2 à 3 décibels, « soit une diminution de moitié de la perception de l’intensité du bruit du trafic ». Pour assurer le contrôle du res- pect de la nouvelle règle, la ville

LE PENTAGONE EN ZONE 30

LE SOIR - 15.09.10

Bd Albert II Bd du Jardin Botanique Bd de Dixmude Bd Jacqmain Bd Anspach Bd
Bd Albert II
Bd du Jardin Botanique
Bd de Dixmude
Bd Jacqmain
Bd Anspach
Bd Lemonnier
Zone 30
Voiries hors zone 30
Boulevard du Midi
Boulevard de la Toison d'Or
Bd Barthélémy
Bd du Régent

de Bruxelles a installé 10 radars préventifs qui informeront l’auto- mobiliste sur sa vitesse. Après une période d’adaptation (un an, quand même !), les radars pré- ventifs seront doublés en alter- nance d’un radar répressif. Reste que l’instauration de la zone 30 a fait quelques per- plexes. Calmer le trafic n’est pas seulement une question de pan- neaux de signalisation ou de ra-

dars. Encore faut-il que l’aména- gement de la voirie n’encourage pas à écraser le champignon. Il

faut que le « paysage », le revête- ment, la surface, le tracé de la route découragent les Fangios. Les techniques sont archi-con- nues. Bruxelles va les « étu- dier ». Et, plus tard peut-être,

agir.

MICHEL DE MUELENAERE

www.z30.be/

  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
  Le non-marchand dans la rue Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi
 

Le non-marchand dans la rue

Q uelque 500 travailleurs du non-marchand ont manifesté mardi devant le cabinet du ministre-président de la Région bruxelloise. Ils demandaient une revalorisation

du secteur tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Un préavis de grève a été déposé. « Des mesures doivent être prises pour le pouvoir d’achat des travailleurs mais aussi pour leur bien-être au travail », explique Yves Dupuis, responsable SETCa. Les syndicats demandent notamment l’octroi d’un 13 e mois

et la prise en charge des frais de transport en commun. (b)

RECTIFICATIF Herman Daems n’a pas porté le T-Shirt « Splits BHV » Lundi, nous écrivions, dans un ar- ticle sur le groupe de recherche Vives, de la KUL, que Herman Daems avait porté le T-shirt « Splits BHV ». C’est une erreur. C’est Eric Van Rompuy, dont Her- man Daems était le chef de cabi- net, qui l’a porté. Herman Daems, actuellement président de la So- ciété flamande d’investissement, fait partie des fondateurs de Pro Vives, aux côtés de certains natio- nalistes flamand, mais il nous pré- cise y avoir été invité par des pro- fesseurs de la KUL et n’avoir ja- mais pris aucune position institu- tionnelle. Dont acte. (B.Dy)

PARLEMENT Début d’incendie Une prise de courant a pris feu mardi au Parlement, à Bruxelles, mettant hors d’usage appareils

téléphoniques et ordinateurs de l’accueil. Les dégâts sont limités.

(b)

ANGLETERRE Le percolateur explo- se : sept blessés Une machine à café a explosé mardi dans un su- permarché du Hampshire, fai- sant sept blessés. (ap)

FRANCE La tour Eiffel évacuée Deux mille personnes ont été éva- cuées des Tour Eiffel et Champ- de-Mars, à Paris, mardi soir, après une alerte à la bombe. (afp)

[ expresso ]

Toni Musulin à nouveau jugé Le convoyeur de fonds Toni Musu- lin, 39 ans, auteur présumé du vol rocambolesque et sans violence de 11,6 millions d’euros, a été jugé mardi en appel à Lyon, à la de- mande du parquet qui juge trop légère sa condamnation à 3 ans de prison en mai dernier. Le 5 novembre 2009, cet employé avait faussé compagnie à ses deux collègues au volant de son fourgon blindé, avec plus de 11,6 millions d’euros à bord. (afp)

16381100

CRÉÉE POUR FAIRE TOURNER LA TÊTE. La nouvelle Kia
CRÉÉE POUR FAIRE
TOURNER LA TÊTE.
La nouvelle Kia

Limitée à 150.000 km*

www.kia.be

7 ans de garantie n’ont jamais été aussi séduisants.

7 ans de garantie n’ont jamais été aussi séduisants. 5,5 L/100 KM 147 G/KM * L’offre

5,5 L/100 KM

n’ont jamais été aussi séduisants. 5,5 L/100 KM 147 G/KM * L’offre de garantie et de

147 G/KM

jamais été aussi séduisants. 5,5 L/100 KM 147 G/KM * L’offre de garantie et de l’assistance

* L’offre de garantie et de l’assistance de voyage pendant 7 ans ou 150.000 km (selon le premier critère atteint) est valable sur toute la gamme Kia vendue par un concessionnaire officiel Kia en Belgique ou au Grand-Duché de Luxembourg à partir du 01.01.2010.

www.lesoir.be 1NL
www.lesoir.be
1NL

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

lapolitique

lapolitique

6

La crise

7

[ entre nous ]

[ entre nous ] Manneken-Pis… Els Ampe, la chef de groupe VLD du parlement bruxellois (photo)

Manneken-Pis…

Els Ampe, la chef de groupe VLD du parlement bruxellois

(photo) s’est réconciliée mar-

di avec Jan Peumans, le prési-

dent N-VA du parlement fla-

mand. Elle l’avait interrompu

le 11 juillet dernier en plein

discours officiel à l’hôtel de

Ville de Bruxelles, lors de la fê-

te de la Communauté flaman-

de. « Vous salissez la réputa- tion de la Flandre », avait-elle lâché au moment où Peu- mans définissait la Flandre comme un Etat-nation, après avoir de surcroît « oublié » de citer Bruxelles. « Nous ne som- mes pas à un congrès de la N-VA. Vous êtes ici pour parler au nom d’une majorité de Fla- mands », s’était encore écriée

la parlementaire libérale.

… (ré)conciliateur

« Jan Peumans a reconnu qu’il avait utilisé des mots malheu- reux et a regretté de ne pas avoir mentionné Bruxelles, en me jurant qu’il aurait une at- tention particulière pour la ca- pitale à l’occasion de son dis- cours du 11 juillet prochain », s’est réjouie Els Ampe au ter- me de son entretien. Elle n’était pas venue les mains vi- des au rendez-vous fixé par le président du parlement fla- mand. Outre l’ouvrage de Karl Popper La société ouverte et ses ennemis, Els Ampe lui a re- mis une bouteille de Stouterik (« Vilain garnement »), une bière brassée à Bruxelles et un verre en forme de Manne- ken-Pis. Jan Peumans lui a of- fert un ouvrage sur le Parle- ment flamand, une œuvre en céramique et une bouteille de vin du Limbourg, sa provin- ce. (D. V.)

De Wever-Di Rupo : dernière chance pour le duo de choc

L’ESSENTIEL

Rupo : dernière chance pour le duo de choc L’ESSENTIEL ● Les vainqueurs des élections se

Les vainqueurs des élections se rencontrent ce

mercredi , avec les médiateurs royaux.

La N-VA ne désarme pas : elle veut des « garan-

ties », notamment sur la loi de financement.

Le duo pourrait se revoir jeudi ou vendredi.

● Le duo pourrait se revoir jeudi ou vendredi. ILS NE S’ÉTAIENT plus rencontrés depuis le

ILS NE S’ÉTAIENT plus rencontrés depuis le 3 septembre. Bart De Wever et Elio Di Rupo se retrouvent. Gare au crash. © BELGA.

Q ue se passe-t-il derrière le « paravent chinois », se- lon l’expression de Mark

Eyskens pour qualifier la

mission de nos deux médiateurs royaux, André Flahaut (PS) et Dan- ny Pieters (N-VA), présidents de la

Chambre et du Sénat ? Après avoir repris contact téléphoniquement lundi soir (la VRT l’affirme, ils ne

confirment pas), Bart de Wever et Elio Di Rupo se rencontreront une première fois – si ça se passe bien, ils remettront ça les jours suivants – ce mercredi matin, au Parlement fédéral, devant les médiateurs. Un « sommet » N-VA/PS et tou- jours le même problème : la réfor- me de l’Etat. En trois chapitres, synthétisés par les médiateurs après leurs entrevues de la semai- ne : BHV, transfert de compéten-

ces, refinancement de Bruxelles et révision de la loi de financement. Nous expliquions mardi que la N-VA veut des « garanties » sur la loi de financement. Les nationalis- tes flamands ont des états d’âme aussi sur BHV. Le « deal » sur la ta- ble ne leur plaît qu’à moitié : ren- forcer les droits des francophones dans les six communes à facilités en échange de la scission de l’arron- dissement électoral, ainsi qu’en échange d’un nouveau mécanisme de désignation des bourgmestres, non plus par les Régions mais par le conseil communal ? La N-VA hé- site à dire « oui ». Et pousserait les feux, par ailleurs, en transferts de compétences. Son appétit vient en mangeant. Ce qui, hier, répandait un certain pessimisme dans les rangs francophones : « Veulent-ils vraiment un accord ? » Sachant que si l’on touche à un chapitre de la réforme de l’Etat, cela nécessite- ra de rééquilibrer le tout. Exem- ple : si la N-VA obtient des garan- ties sur la loi de financement, il fau- dra qu’elle baisse pavillon dans un autre domaine.

La tension monte. Est-elle ja- mais retombée ? Le contexte est le

suivant : si la rencontre De Wever-

Di Rupo ne débouche sur rien,

tous feront une croix sur les négo- ciations à sept (N-VA, CD&V, SP.A, Groen, PS, CDH, Ecolo), pour d’autres scénarios – lire ci- contre. D’autres aventures. Contexte toujours : d’aucuns no- tent que la réunion, vendredi, de la commission Justice, appelée à dé-

battre du dossier « Eglise et pédo- philes », ouvre une brèche au parle- ment fédéral… Aucune commis- sion n’avait été convoquée ni mê- me composée depuis le 13 juin, pour cause de crise politique. Avec la réunion de la commission Justi-

ce, les travaux parlementaires, en

quelque sorte, reprennent. Et il n’est pas impensable que des partis flamands en tirent argument pour vouloir relancer leur proposition

de loi sur la scission sans condi-

tions de BHV, par exemple en ré- clamant de convoquer la commis- sion de l’Intérieur. Bart De Wever et Elio Di Rupo peuvent-ils dissiper tout danger et remettre le pays sur les rails ?

DAVID COPPI

Et si l’issue passait par la loi de financement ?

B art et Elio se l’étaient promis début juillet : la loi de financement – qui défi-

nit l’architecture des finances publiques bel- ges – ne serait pas sur la table de négocia- tions. Elle s’y est pourtant retrouvée en août, à la grande fureur du président du PS – c’est l’une des causes de la rupture de con- fiance avec la N-VA – et d’Ecolo. Après quel- ques jours de crise, un accord a toutefois été trouvé entre les sept partis à la table. Com- me le souhaitent les Flamands, la loi de fi- nancement sera bel et bien révisée. Mais, comme l’exigent les francophones, ce ne se-

ra pas réglé en deux jours : un groupe de sept experts, « de très haut niveau », devra proposer des modèles. Qui devront respec- ter douze principes, négociés durant la pré- formation. Ils prévoient, notamment (pour apaiser les craintes francophones) que la ré- forme ne pourra appauvrir une entité, que la solidarité entre entités doit être mainte- nue. Mais aussi, et c’est un point pour les Flamands, que les entités fédérées auront une plus grande autonomie financière et se- ront d’avantage responsabilisées. On croyait que tout le monde était con-

tent avec ces garanties… Las, certains, à la N-VA mais aussi au CD&V, craignent une révision remise aux calendes grecques. Dissiper ces doutes permettrait-il de ra- mener tout le monde à la table ? C’est l’hy- pothèse de base. Aussi les experts et ténors des partis travaillent-ils, dans la plus gran- de discrétion, sur trois points. Un, il s’agit d’offrir des garanties sur le ca- lendrier de révision. Initialement, il était prévu que le groupe de réflexion fasse un premier rapport fin octobre ; on accélére- rait le tempo. Deux, on approfondirait sans

tarder le dossier de la responsabilisation des entités fédérées – qui prévoit de condi- tionner les moyens alloués aux performan- ces. Les francophones sont prêts à aller très loin sur cette voie chère aux Flamands, en matière d’emploi ou d’environnement no- tamment. Trois, on imaginerait un moyen de lier (tout ou partie du) refinancement de Bruxelles et vote de la révision de la loi de financement. Autant de gages au Nord qui

permettraient, croit-on au Sud, à la N-VA de se rasseoir à la table. Si du moins elle est

de bonne volonté.

VÉRONIQUE LAMQUIN

Et s’ils échouent ?

Louis Michel dans les starting-blocks

Ce ne serait pas tant le fruit de l’activisme en coulisses de Didier Reynders (revendiqué, du reste :

oui, j’ai vu la N-VA, j’ai vu aussi le SP.A, et le CD&V…), mais bien l’effet de l’impasse au fédéral : le retour des bleus ! Le raisonnement qui court en vil- le est le suivant : « si » la rencon- tre entre Elio Di Rupo et Bart De Wever devait être un nouveau coup d’épée dans l’eau et que, dans la foulée, les deux média- teurs, André Flahaut et Danny Pieters, devaient se rendre, pe- nauds, chez le Roi pour lui avouer leur impuissance, plus rien ne pourrait justifier (même si l’ingénierie nationale est sans bornes) que l’on tienne les libé- raux à l’écart. Le souverain serait contraint de : 1. prendre acte de l’échec des négociations à sept (N-VA, CD&V, SP.A, Groen, PS, CDH, Ecolo), 2. d’ouvrir le jeu. A qui ? Aux exilés du 13 juin. A la fa- mille libérale MR-VLD, deuxième à la Chambre en nombre de siè- ges, derrière les socialistes. Vraisemblable ? Ni plus ni moins.

Qui donc, dans ce scénario, se-

rait chargé de tenter de relancer le dialogue du nord au sud ?

« On » cite Louis Michel. Hypo-

thèse lourde. L’ancien président du MR, ministre des Affaires étrangères et commissaire euro- péen passe pour un « sage », il pourrait prendre la main pour une nouvelle période charnière vouée à faire retomber la ten-

sion. Présent déjà aux côtés de Didier Reynders lors des con- tacts avec Bart De Wever (le fa- meux déjeuner chez Bruneau il y

a quinze jours), Louis Michel

s’était, en quelque sorte, « pla- cé » déjà sur la scène politique in-

térieure. Au cas où.

Leterme un peu aussi

Le Morgen faisait état, ce mardi, d’un « plan C » : on relancerait un gouvernement Leterme (III) en bonne et due forme. L’argu- ment ? Les affaires courantes ne permettent pas de voter un bud- get 2011 (il faudrait travailler avec des douzièmes provisoires). Dans les cabinets, on dément. « Politiquement infaisable : des par- tis promis à l’opposition ne vote- raient pas le budget. Et la N-VA n’est pas au gouvernement. » V.LA.

D. CI

© PIERRE-YVES THIENPONT.
© PIERRE-YVES THIENPONT.

Grosses tensions entre

patrons et syndicats

I l y a de l’électricité dans l’air, entre les patrons et les syndicats. Pour ce mercredi, ils devaient s’entendre sur deux dossiers concernant des mil- liers de travailleurs et allocataires sociaux. Tout indique que ce ne sera pas le cas.

1 L’augmentation des allocations sociales est gelée. Mardi soir, patrons et syndicats n’étaient toujours pas parvenus à s’entendre sur

le partage d’une enveloppe de 274 millions d’eu- ros, qui doit bénéficier aux allocataires sociaux (chômeurs, pensionnés, et bénéficiaires d’indem- nités d’accidents de travail et d’invalidité). En principe, les partenaires sociaux doivent s’enten- dre sur la répartition de cette enveloppe pour le 15 septembre. C’est la loi sur le Pacte des généra- tions qui le prévoit. Mais, sauf revirement impro- bable, aucun accord n’interviendra ce mercredi, nous assure-t-on, tant auprès de la FGTB que de la CSC. « La Fédération des entreprises de Belgi- que bloque le dossier », indique une source syndi- cale. Selon les syndicats, le patronat souhaiterait intégrer ce débat dans les négociations de la fin de l’année, qui concernent les hausses de salaires dans le secteur privé et l’harmonisation du statut des ouvriers et des employés. « Le patronat consi- dère que la revalorisation des allocations sociales est une concession aux syndicats, et entend la monnayer dans le cadre des négociations plus lar- ges de la fin de l’année, poursuit notre source. Mais c’est malhonnête : l’augmentation des allo- cations sociales est prévue par la loi, et ne se négo- cie pas. » Les syndicats indiquent aussi que la FEB serait très insatisfaite d’une manifestation sur la revalorisation des pensions, qui aura lieu ce mercredi (lire ci-dessous). Les patrons seraient, dès lors, peu enclins à accepter un accord sur la hausse des allocations sociales. De son côté, la Fé- dération des entreprises de Belgique n’a pas sou- haité réagir, à ce stade. Elle pourrait s’exprimer ce mercredi sur le sujet, après une réunion du Con- seil national du Travail, qui aura lieu à 17 heures. Du côté du cabinet de la ministre des Affaires so- ciales, Laurette Onkelinx (PS), on ne panique pas. On constate certes que la loi prévoit un avis pour le 15 septembre, « mais nous plaidons pour qu’un accord intervienne entre partenaires so- ciaux, sans intervention du gouvernement. » A ce stade, cette situation n’a pas encore d’impact sur les allocataires sociaux. Cela dit, un accord doit

intervenir avant la fin de l’année, pour que les 274 millions puissent être répartis

2 Les mesures de crise pourraient prendre fin. Patrons et syndicats s’opposent aussi sur la

prolongation des mesures de crise. Il s’agit des sys- tèmes de crédit-temps et de réduction du temps de travail mis en place par le précédent gouverne- ment pour lutter contre la crise. Il s’agit aussi d’une prime de crise exceptionnelle de 1.666 eu- ros que l’employeur doit verser s’il licencie un ou- vrier. Ces mesures arrivent à échéance le 30 sep- tembre, mais peuvent être prolongées jusqu’au 31 décembre. Mais il faut au préalable un avis du Conseil national du travail, une instance réunis- sant patrons et syndicats. Ce conseil se réunit ce mercredi. Selon nos informations, il n’y aura pas d’avis unanime. L’Union des classes moyennes vo- tera contre. « Nous sommes opposés à la prolonga- tion des mesures de crise, parce que l’une d’entre elles, la prime de 1.666 euros à verser aux ou- vriers en cas de licenciement est pour nous inac- ceptable », nous a indiqué le porte-parole des clas- ses moyennes flamandes. Le patronat lui-même est divisé, car plusieurs organisations, l’Union des classes moyennes et Agoria (secteur technolo- gique) ont plaidé en faveur de la prolongation. Agoria a même précisé que ces mesures avaient sauvé 1.500 emplois en 2010. Si aucun accord n’intervient, le gouvernement devra trancher sans avis unanime des partenaires sociaux. Mais il y a deux obstacles : d’abord le VLD serait réti- cent. Ensuite, certains estiment, que, faute d’avis unanime des patrons et des syndicats, il ne s’agit pas d’affaires courantes et le gouvernement ne se- rait pas habilité à décider. La ministre de l’Em- ploi, Joëlle Milquet, est, de son côté favorable à la prolongation, nous a indiqué son cabinet. Mais ce- la pourrait devenir un épineux dossier pour l’équi- pe Leterme, qui s’ennuyait un peu ces derniers

temps…

BERNARD DEMONTY

Pensions : 3.000 manifestants attendus ce mercredi

Des militants des trois grands syndicats défileront ce mercredi, à Bruxelles, pour une réforme des pen- sions. Les organisateurs attendent 3.000 person- nes. Ils demandent notamment une pension mini- male de 1.150 euros net par mois. Actuellement, dans le cas le plus défavorable (les pensions d’iso- lé), le minimum est fixé à 1.004 euros. (B. Dy)

16324890

Tout pour les meilleurs prix Nos surgélateurs-coffres fermés conservent mieux les produits et consomment beaucoup
Tout pour les meilleurs prix
Nos surgélateurs-coffres fermés
conservent mieux les produits
et consomment beaucoup moins
Encore un coût en moins…
et vous voyez la différence
sur votre ticket de caisse !
www.colruyt.be

« Il n’y aura pas de négociation avec le MR sans le FDF, m’a assuré Didier »

ENTRETIEN

D epuis quelque temps, l’im- pression d’une certaine mise

à l’écart du FDF au sein du MR grandit. Qu’en pense son prési- dent, Olivier Maingain, surtout après les propos prêtés à Didier Reynders (lire ci-contre) concer-

nant le vote de la réforme de l’Etat

par les libéraux sans le FDF ?

Vous avez demandé des explica- tions à Didier Reynders, mardi ? Oui. Je prends acte de son démenti. Plusieurs éléments n’accréditent- ils pas la thèse d’un certain isole- ment du FDF au sein du MR ? On n’a jamais pris le FDF en dé- faut de loyauté à l’égard du MR, même dans les moments difficiles. Aujourd’hui, les libéraux, et singu- lièrement les libéraux bruxellois, s’interrogent par rapport à notre rôle. Mais peut-on nous reprocher de garder une force à Bruxelles ? Les candidats FDF occupaient 35 % des places à Bruxelles et ils ont recueilli 51 % des voix de préfé- rence de la liste. On ne va pas repro- cher aux électeurs de donner des voix qui bénéficient aussi au MR ! Je demande que la sérénité revien- ne. L’apport du FDF est utile et né- cessaire à Bruxelles. Si ce n’était plus l’analyse, on en prendrait acte et on en tirerait les conséquences.

Mais ce n’est pas le cas ? Je suis lucide et serein. J’attends des libéraux qu’ils clarifient leur positionnement. Le MR a surmon- té d’autres difficultés… Vous demandez tout de même une clarification… Oui. Je veux que les thèmes électo- raux que nous avons défendus soient confirmés ; je n’entends pas brader nos engagements. C’est la seule manière pour le MR de gar- der sa force électorale sur Bruxelles et le rapprochement libéraux-FDF.

électorale sur Bruxelles et le rapprochement libéraux-FDF. « J’ATTENDS des libéraux qu’ils clarifient leur

« J’ATTENDS des libéraux qu’ils clarifient leur positionnement. » © SYLVAIN PIRAUX.

Il faut donc avoir ce dialogue dans

un délai pas trop éloigné. Mais vous ne croyez pas à une mi- se de côté du MR ? Je crois que le MR n’a pas d’autre chance de se redéployer que d’affir- mer le projet francophone. La fédé- ration PRL-FDF a été un précur- seur en la matière. Aujourd’hui, l’unité francophone est la convic- tion la mieux partagée par l’opi- nion publique wallonne et bruxel- loise. Il serait éminemment regret- table de perdre cette force. Il faut la redéfinir, l’amplifier.

me étant en mesure de convaincre mieux la N-VA, mais comme étant en capacité de se faire respecter. Le MR joue-t-il ce jeu de position- nement que vous évoquez ? Didier Reynders et les autres le nient farouchement. On ne pourra le vérifier que si, un jour, on est à la table des négociations… Mais avez-vous des doutes ? Je ne suis plus à savoir ce qui s’est dit à une table de restaurant. Ça me laisse assez indifférent. Le test de vérité aura lieu si on est appelé à négocier.

FDF et libéraux doivent juger ensemble de l’échec ou la réussite des négociations »

Vous n’êtes pas inquiet qu’on veuille vous écarter parce que vous seriez un obstacle au retour du MR à la table de négociation ? Des négociations, j’en ai fait en 2005, 2007, 2008 – et ce n’est pas nous qui les avons fait échouer. Nous avons été exigeants, dans le respect des engagements francopho- nes. Ce n’est pas un débat entre

francophones, de savoir si un parti

a plus de chance de séduire la N-VA

qu’un autre. Avec la N-VA, il faut dire clairement les enjeux. Le MR n’a donc pas à se positionner com-

Vous pensez que vous le serez ? Je n’en sais rien. Mais Didier Reyn- ders m’a confirmé qu’il n’y a pas une seule négociation institution- nelle où le MR serait sans que le FDF n’y soit associé. Et jusqu’ici, il m’a toujours associé pleinement. La nouvelle stratégie du MR ne se- rait donc pas de lâcher le FDF pour retourner à la table ? Ce serait le plus mauvais calcul

pour le MR. Je n’imagine pas que ce calcul, cynique, puisse être fait par quelqu’un qui a la responsabi- lité de l’avenir du MR.

Avez-vous participé aux contacts flamands de Didier Reynders ? Non. On m’en a parlé a posteriori et j’ai appris certaines choses par la presse. Mais on m’a toujours af- firmé que c’était une prise de con- tact, car ce n’est pas le choix délibé- ré du MR d’être dans l’opposition. Certains disent que vous ne croyez pas au retour du MR… Il ne serait pas responsable de ne

pas chercher à peser sur les choix politiques. J’ai envie d’avoir une in- fluence sur le débat institutionnel, pas de rester au balcon. Si le MR est invité à table, sera-ce plus facile ou plus difficile qu’avec d’autres francophones ? Ce n’est pas le problème. Quel que soit le parti francophone, ce sera plus difficile que par le passé, car la logique de la N-VA est différente.

Est-il imaginable que les élus libé- raux votent la réforme de l’Etat et pas les députés FDF ? Le MR ne peut réussir une négocia- tion qu’ensemble ou constater en- semble qu’il n’y a pas de terrain d’entente possible avec les nationa- listes. Je ne crois pas qu’on puisse être dans une logique où chaque en- tité de la fédération apprécie diffé- remment les choses. Il faut consta-

ter ensemble l’échec ou la réussite. Sinon ? Ça porterait atteinte à la percep- tion des électeurs de l’existence du MR. Il s’est porté garant d’engage- ments vis-à-vis des francophones, ce n’est pas pour montrer la divi- sion quand des enjeux importants sont devant nous. Ce n’est pas mon

choix.

Propos recueillis par MARTINE DUBUISSON

MR-FDF Ils font « dîner à part », sans rompre

C ’est la saga parallèle aux discussions prégouvernementales : celle des contacts

du président MR avec des négociateurs fla- mands. Il y a eu le repas chez Bruneau avec Bart De Wever ; les entretiens avec « les partis fla- mands sauf Groen »… démentis par le CD&V et

le SP.A ; voilà deux repas avec Johan Vande La-

notte (SP.A), notamment à L’Ecailler du Palais

royal, relatées hier par La Libre ; comme l’apar-

té, en marge d’un conseil des ministres, avec les

CD&V Pieter De Crem et Stefaan De Clerck.

Lors de cet aparté, Didier Reynders aurait fait offre de service : « Je vous offre 15 dépu- tés », soit le vote des députés libéraux sur la futu-

re réforme de l’Etat… sans l’appui des élus FDF.

Voilà qui n’est pas passé inaperçu au parti ama- rante, surtout dans le contexte actuel d’une cer- taine mise à l’écart du FDF au sein du MR. Mar-

di matin, le président Maingain a donc interro-

gé Reynders, attendant un démenti public –

dans la foulée d’autres contacts depuis le bu- reau de parti chahuté d’il y a dix jours (Le Soir du 7 septembre). Et Didier Reynders a démenti. Pas par communiqué, mais sur le site de La Libre : il y nie toute offre de service « et encore moins de séparation avec le FDF ». Olivier Maingain nous dit en prendre acte (lire ci-con- tre). Mais demande une « clarification du posi- tionnement » libéral. Et laisse entendre que le MR ne survivrait pas à un vote divergent entre bleus et amarantes sur la réforme de l’Etat. Lundi, le bureau du FDF s’était déjà penché sur les tensions internes au MR. Conclusion ? « Restons attentifs, vigilants. On avisera si on nous met dans une position inacceptable. » Reste que si Didier Reynders a associé diffé- rents libéraux à ses rencontres (Louis Michel pour voir De Wever, Armand De Decker pour rencontrer fin août le VLD Alexander De Croo), il n’a jamais convié Olivier Maingain. Mais ce

dernier assure avoir obtenu l’assurance d’être associé à toute négociation institutionnelle. Officiellement, la confiance n’est donc pas rompue. Le bourgmestre FDF non nommé de Linkebeek, Damien Thiery nous dit d’ailleurs garder sa confiance à Didier Reynders. Comme le secrétaire d’Etat Bernard Clerfayt, qui recon- naît une certaine « nervosité » au FDF, mais ne croit pas à une stratégie libérale du lâcher tout. Pourtant, parmi les libéraux, le sentiment grandit que le FDF est un obstacle au retour du MR au gouvernement. Et un bleu bien informé nous assure : si Reynders dément avoir offert 15 votes libéraux, « “Vous pouvez avoir 15 voix, si pas 18’’ est bien le message qu’il délivre depuis les élections, à Bart De Wever, Johan Vande La- notte, au VLD, au CD&V ». C’était aussi le mes- sage, en juillet dans Le Soir, du fidèle du prési- dent Armand De Decker, sur le mode : avec le FDF si possible, sans lui s’il le faut… Ma.D.

16324900

Tout pour les meilleurs prix La nuit, nous éteignons l’enseigne lumineuse sur le parking Encore
Tout pour les meilleurs prix
La nuit, nous éteignons
l’enseigne lumineuse
sur le parking
Encore un coût en moins…
et vous voyez la différence
sur votre ticket de caisse !
www.colruyt.be
1NL www.lesoir.be
1NL
www.lesoir.be

14919270

Hommage à Claude Chabrol Barbara Louys glamour www.soirmag.be TV du 18.09 4082 au 24.09 Les
Hommage à Claude Chabrol Barbara Louys glamour
www.soirmag.be
TV du 18.09
4082
au 24.09
Les terribles
témoignages
La mise
en cause
de la hiérarchie
qui a fermé
les yeux
des victimes
des prêtres
pédophiles
La réponse
décevante
de Mgr Léonard
L'Église en
enfer
HEBDOMADAIRE N°4082 - 15 SEPTEMBRE 2010 - BELGIQUE, LUXEMBOURG: 2
HEBDOMADAIRE N°4082 - 15 SEPTEMBRE 2010 - BELGIQUE, LUXLUXLUX
G: 2

Cette semaine:

Le dossier Dutroux de l’Église

M

G: 2 Cette semaine: Le dossier Dutroux de l’Église M L’adieu à Claude Chabrol Le témoignage

L’adieu à Claude Chabrol

dossier Dutroux de l’Église M L’adieu à Claude Chabrol Le témoignage bouleversant de la veuve du

Le témoignage bouleversant de la veuve du boulanger

M

Le témoignage bouleversant de la veuve du boulanger M Belge et belle, Barbara Louys 100 vins

Belge et belle, Barbara Louys

de la veuve du boulanger M Belge et belle, Barbara Louys 100 vins à moins de

100 vins à moins de 10 euros

Belge et belle, Barbara Louys 100 vins à moins de 10 euros Abonnez-vous dès maintenant! 52

Abonnez-vous dès maintenant!

52 numéros au prix de 84 € au lieu de 104 € (prix de vente au numéro) Par téléphone au 078-05.05.10 Par fax au 02-225.59.01 Surfez sur http://soirmag.lesoir.be/services/abonnement/

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

8 lasociété

Justice / A Charleroi, un procès butte sur le délicat arrêt Salduz

Pas d’avocat, donc acquitté ?

le délicat arrêt Salduz Pas d’avocat, donc acquitté ? UN AVOCAT dès le premier interrogatoire par

UN AVOCAT dès le premier interrogatoire par la police ? Une obligation que la Belgique peine à appliquer. © THOMAS BLAIRON.

J e ne parlerai qu’en présence de mon avo- cat. » Cette réplique de série télé américaine

peut désormais s’appliquer au droit belge, de- puis que la Cour européenne des Droits de l’Homme a condamné la Turquie en 2008, en rendant son « arrêt Salduz ». En substance, ce dernier précise qu’une personne détenue préven- tivement doit être assistée d’un avocat lors de son premier interrogatoire par la police ou un juge d’instruction, sous peine de voir les poursui- tes déclarées irrecevables. Chez nous, cette assis- tance juridique de la première heure n’était pas prévue jusqu’à la proclamation de cet arrêt. Mais depuis, les avocats de la défense en font un argument de poids, profitant du flou juridique qui enveloppe encore ce texte et son application. Ce mardi, M e Thomas Cloet défendait un qua- dragénaire soupçonné de viol et d’attentats à la pudeur sur deux fillettes de son entourage, âgées de 9 et 10 ans. L’intéressé nie aujourd’hui les faits mais, lors de son arrestation en mars, il est passé partiellement aux aveux. Après 9 heu- res d’interrogatoire sans être assisté d’un avocat. La brèche étant ouverte, M e Cloet s’y est en- gouffré, réclamant l’irrecevabilité des poursui- tes sur base de l’arrêt Salduz. A titre subsidiaire, il sollicite l’écartement des aveux sur base de la jurisprudence belge qui prévoit de mettre de cô- té l’audition d’un inculpé réalisée sans avocat, sans pour autant annihiler le reste de la procédu-

re. « Mais dans ce cas, je reste intimement per- suadé que mon client est innocent », a lancé

M e Cloet qui réclame donc l’acquittement au bé-

néfice du doute. Selon lui, les déclarations de la fille de son ex-compagne et de la nièce de sa pré- cédente conquête ne sont pas crédibles. « On l’a trop chargé en l’accusant notamment de faire partie d’une secte ou de vouloir engager des tueurs à gages pour éliminer une des parties civi- les. C’est grotesque », dit-il.

La Belgique condamnée ? M es Cipriano et Delatte, qui défendaient les

victimes, se basent eux sur les rapports d’experti-

se qui estiment les fillettes cohérentes, vu la pré-

cision de leurs déclarations. Le substitut Philip- pe Dujardin a réclamé cinq ans de prison ferme, convaincu de la culpabilité du prévenu. Mais face à l’argument de l’arrêt Salduz, le siè- ge tricéphale s’est trouvé quelque peu déstabili-

sé, au point de se retirer pour discuter du problè- me. La présidente Catherine Evaldre a égale- ment demandé au parquet de se positionner sur

la recevabilité des poursuites, mais le ministère

public a renvoyé la patate chaude, se référant à la décision du tribunal. Celle-ci tombera le 28 septembre, mais ne sera sans doute pas le der- nier épisode de cette affaire. A quand la condam- nation de la Belgique devant la Cour européen- ne des Droits de l’Homme ? FRÉDÉRIC DUBOIS

Au barreau de Charleroi, on s’organise

L’incertitude planant pour l’ins- tant au-dessus de cet arrêt Sal-

duz, le barreau de Charleroi a pris

le pli de s’organiser pour mettre

en place un rôle de garde. Car l’in- terpellation de justiciables ne se fait pas qu’en journée et on ne saurait retarder les interrogatoi- res. Dès lors, le barreau carolo a lancé un appel aux avocats volon- taires pour, en cas d’urgence, as- sister un « client » lors de sa pre- mière audition, comme le veut l’ar- rêt Salduz. Les juges d’instruction ont décidé que les conseils pou- vaient s’entretenir une vingtaine de minutes avec le justiciable, avant qu’il soit présenté seul de-

vant le magistrat. Cela remplit-il les conditions de l’arrêt ? Cer- tains en doutent déjà. Enfin, le bar- reau s’interroge : l’avocat de gar- de conservera-t-il un droit de sui-

vi sur le dossier ? Et sera-t-il rétri-

bué pour ce travail ? Le ministère de la Justice répondra à cette

question le 28 octobre. F. DS

[ l’histoire ]

Le Liégeois voulait se faire descendre par la police : raté !

Le tribunal correctionnel de Liège a accordé mardi la sus- pension du prononcé pour une durée de 5 ans à un hom- me de 34 ans qui avait simulé une prise d’otages dans une station-service dans le but de se faire tirer dessus par des policiers. L’homme voulait se suicider et espérait que les policiers allaient l’abattre.

Les faits s’étaient déroulés en mai 2009 dans une station- service de Seraing. L’homme

y avait pénétré et avait inter-

dit aux clients de quitter l’en- droit. Il avait appelé la police et tenu des propos mena- çants envers les policiers et les clients. Le service 101 avait réalisé qu’il s’agissait d’un appel de détresse d’un homme désespéré. A l’arrivée du peloton anti-banditisme, l’homme s’était immédiate- ment rendu et n’avait fait aucun mal aux otages. Durant l’enquête, le prévenu avait révélé qu’il espérait que les policiers allaient l’abattre

car il souhaitait se suicider. Il avait expliqué que, le jour des faits, sa femme venait de lui annoncer qu’elle avait avorté.

Il avait bu dix litres de bière avant d’imaginer une fausse

prise d’otages avec issue dra- matique. L’avocat du prévenu avait mis en évidence l’acte d’un désespéré pour justifier

« ce suicide manqué » par

policiers interposés. (b)

16425690

suicide manqué » par policiers interposés. (b) 16425690 1NL www.lesoir.be 14/09/10 20:49 - LE_SOIR du 15/09/10
1NL www.lesoir.be
1NL
www.lesoir.be

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010 la société L’industrie alimentaire et la grande distribution vont réduire

lasociété

L’industrie alimentaire et la grande distribution vont réduire de 11 % leurs dons aux banques alimentaires cette année. En cause, notamment, l’augmentation de l’efficacité des méthodes de production dans l’industrie alimentaire. © DECESARE.

9

Justice / La mort du boulanger de Jamioulx devant les assises du Hainaut

De longues années de pain noir

L’ESSENTIEL ● Pascal Hennuy, peu gâté par la vie, s’était fait tout seul. ● Courageux,
L’ESSENTIEL
● Pascal Hennuy, peu gâté par
la vie, s’était fait tout seul.
● Courageux, dur à la tâche,
il avait réussi.
● Il avait cru voir en son ap-
prenti l’homme qui lui succéde-
rait. Il se trompait : le gamin
l’avait perdu.
S a vie aussi, somme toute, était mal par-
tie. Pire que celle des autres, là, dans le
box. A treize ans, Pascal Hennuy
PASCAL HENNUY, tué
à ce moment de sa vie
où il récoltait enfin les
fruits de son courage.
© D.R.
n’avait rien. Même pas le physique : il traî-
nait en ahanant le boulet de son obésité. Il
venait de perdre sa mère, morte inopiné-
ment. Il était seul, ou presque. Richard, son
frère aîné, n’était pas mieux loti que lui. Leur
père tentait lui-même de reconstruire sa vie.
La partie n’était pas gagnée. « Pourtant, ra-
conte un de ses proches, Pascal était parve-
nu à faire de sa vie quelque chose de bien. »
Il n’avait pour lui que sa force de caractère.
Il l’avait mobilisée pour arriver. Il s’était ins-
crit à l’Université du Travail, à Charleroi.
D’aussi loin que ses proches se souviennent,
il voulait devenir boulanger. Il était étonnam-
ment dur à la tâche : il n’était pas rare qu’il
travaille pour trois boulangeries, durant les

vacances et les week-ends. Il faisait la nuit ici, une demi-journée là, une autre ailleurs. Le reste du temps, il était livré à lui-même. Le mercredi, il mangeait chez sa grand-mè- re. « Mes parents, qui l’avaient pris en affec- tion, le recevaient souvent, raconte un de ses anciens condisciples. Ces jours-là, il man- geait bien. Le reste du temps, c’était frites et hamburgers. » Pascal Hennuy était devenu boulanger en 1992. Deux ans plus tard, il avait racheté le fonds de commerce de cette boulangerie de Jamioulx qui l’avait employé, à l’époque où il s’échinait à gagner trois sous. Les débuts n’avaient pas été faciles. Il dormait là où le sommeil le terras- sait, à côté du pétrin ou ailleurs. « Je lui ai prêté de l’argent parce que personne ne le méritait autant que lui, raconte un ami. C’était un homme intègre et son courage forçait l’admiration. » L’affaire s’était mise à tourner rond. Puis à prospérer. « Il y avait chez lui un souci cons- tant de progresser, d’innover, se souvient un confrère. Il est allé en Italie apprendre à fa- briquer des crèmes glacées, en France pour améliorer la qualité de ses baguettes. » Il avait entrepris de maigrir, aussi, quand il s’était avisé que sa corpulence – il avait pas- sé la barre des 160 kilos – l’empêchait de sé- duire une compagne. Il avait perdu du poids et il avait trouvé une femme. Il avait épousé Dominique Scailquin en 2003. Ils avaient uni leurs forces, transformé la boulangerie, aménagé cet appartement au-dessus de l’ate- lier. « C’était un patron exigeant mais gentil et jovial, explique une de ses vendeuses. Quand je travaillais, les enfants venaient me rejoindre à la boulangerie après l’école. Il ado-

rait ça. Il arrivait qu’il aille les reprendre lui- même à la sortie des classes. » Il avait eu des apprentis. Dont Anthony Marziani qu’il avait pris sous son aile. « Je crois qu’il avait senti chez ce gamin une vraie graine d’artisan, dit un ami. Pascal n’avait pas d’enfant. Il regardait Anthony comme son propre fils. Il voulait lui trans- mettre son savoir, son goût intraitable de la perfection. Il m’avait confié que, le moment venu, c’est à Anthony qu’il remettrait son af- faire. »

« J’espère, avait dit l’apprenti en apprenant la mort de son patron, qu’on trouvera ceux qui ont fait ça. Parce qu’il faudra qu’ils paient »

Il avait pris le gamin en main dans cet es- prit-là. Il serait son héritier, son continua- teur, le dépositaire de son savoir-faire. Il l’emmenait dans ses sorties. Il le titillait vo- lontiers – « Rien de méchant », assure une serveuse –, le brusquait parfois quand l’ou- vrage n’était pas faite à son goût. « Anthony, lui, n’a rien compris », soupire un proche. L’apprenti n’avait vu en Pascal Hennuy qu’un patron tyrannique, prioritairement soucieux de le brimer, de l’humilier, de l’avi- lir. Il se taisait. Ourdissait sa vengeance. Tout le mal était venu de là. De ce malenten- du. Une nuit, Pascal Hennuy avait été abattu, par des voyous que l’apprenti avait convain- cus « de faire le coup ». Il était venu se re- cueillir sur la dépouille de son patron, quel- ques heures après sa mort. « J’espère, avait-il dit à quelqu’un qui se trouvait là, qu’on iden-

tifiera ceux qui ont fait ça. Parce qu’il faudra

qu’ils paient. »

STÉPHANE DETAILLE

EN BREF Les faits Le 5 no-

vembre 2007 vers 2 h 30 du matin, Pas- cal Hennuy était mor- tellement atteint par un coup de feu tiré pendant le cambriola- ge de sa boulangerie à Jamioulx.

Les accusés Dorian

Cherpion, né en 1984, Abdelah Mostefa (1988), Frédérick Echa- zar (1991) et Tahar Zouad (1989). Cer- tains répondent aussi de vols avec violence commis à Wayaux, Vi- relles et Lodelinsart. Au contraire de Zouad, Aubin Bellens faisait aussi partie de l’expédition à Ja- mioulx. Mineur, il n’a pas été renvoyé de- vant les assises. Il y a seulement témoigné.

Le procès Il devrait se poursuivre jusqu’au 23 septembre.

Aujourd’hui Les té-

moins de moralité de Mostefa, Echazar et Cherpion.

16252540

Vous êtes indépendant ou dirigez une PME ? Payez uniquement les jours où vous utilisez
Vous êtes indépendant ou dirigez une PME ?
Payez uniquement les jours où vous utilisez l’internet mobile.
Mobile Internet Start
Pour seulement
€1
tvac
par jour

Vous avez besoin de l’internet mobile mais vous ne comptez pas l’utiliser tous les jours ? Proximus a la solution : Mobile Internet Start. Vous ne payez que les jours où vous utilisez l’internet mobile, et ce pour 1 euro par jour tvac. Plus d’infos dans votre Bizz Corner ou sur www.proximus.be/bizz

d’infos dans votre Bizz Corner ou sur www.proximus.be/bizz Prix et conditions d’application en Belgique pour un

Prix et conditions d’application en Belgique pour un usage national. Mobile Internet Start : Abonnement mensuel de € 4,12 + € 0,83 par jour d’utilisation ou Belgacom Mobile Internet Start : abonnement mensuel de € 1,64 / mois + € 0,83 par jour d’utilisation. Belgacom Mobile Internet Start est un tarif préférentiel uniquement accessible aux clients Belgacom Internet Start, Comfort, Favorite, Intense, Bizz Internet Favorite ou Intense, avec ou sans ligne fixe, Belgacom Internet Pro ou Pro Extended, Office, SDSL pour l’internet rapide et les services Explore de Belgacom. 1 GB de trafic data inclus par mois. Au-delà de 1 GB, le tarif en vigueur est de € 0,0248/ MB. Un jour d’utilisation commence et se termine à minuit. Prix HTVA.

de 1 GB, le tarif en vigueur est de € 0,0248/ MB. Un jour d’utilisation commence
www.lesoir.be 1NL
www.lesoir.be
1NL

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

10

lasociété

10 la société La mise en place d’une phase finale de play-offs n’a pas plombé la

La mise en place d’une phase finale de play-offs n’a pas plombé la facture policière de la Pro League de football, selon une étude de l’ULg réalisée à la demande de la ministre de l’Intérieur. Celle-ci veut désormais faire baisser les coûts. © BELGA.

Liège / L’auditorat travaille sur les causes, inconnues, du drame

Stupéfiants

La nacelle se décroche :

Delarue dealer de cocaïne ? Ça se discute

R éveil en fanfare ce mardi matin pour l’animateur

une mère et sa fille tuées

et producteur vedette de Fran- ce Télévisions, Jean-Luc Dela-

L’ESSENTIEL

LA NACELLE MORTELLE gît sur la chaussée à proximité immédiate de Médiacité. Deux personnes ont

LA NACELLE MORTELLE gît sur la chaussée à proximité immédiate de Médiacité. Deux personnes ont perdu la vie sur le chantier.

rue. Sur le coup de 6 heures, il a été interpellé à son domicile pour être apparu, au moins comme client important, dans un important trafic de produits stupéfiants. Après

heures de garde à vue, il a

dix

La Médiacité en chan-

tier a été le théâtre d’un drame.

Une nacelle devait ap-

porter des dalles dans les étages.

remis en liberté. Selon les premiers éléments

été

Etait-elle trop char-

gée ? Elle s’est en tout cas décrochée tuant deux personnes de la même entreprise.

l’enquête, l’interpellation

de l’ex-gendre idéal de la télé française a eu lieu en même temps que celle de sept autres trafiquants présumés. « Mais Jean-Luc Delarue était le prin- cipal objectif car l’enquête a montré qu’il achetait de gran- des quantités de cocaïne », a déclaré une porte-parole du parquet de Nanterre. Selon certaines sources pro- ches de l’enquête, l’animateur dont les nombreuses et très importantes commandes de cocaïne des derniers mois ont été écoutées et enregistrées par les policiers, achetait 150 grammes de cocaïne par mois, pour une dépense de 10.000 euros. Soit une con- sommation de 5 g par jour, la limite de ce que le corps hu- main pourrait supporter. Toujours selon ces écoutes, lundi soir, l’animateur de 46 ans aurait passé une com- mande de 20 g. Or, 16 g seule- ment ont été retrouvés et sai-

de

sis chez lui lors de la perquisi- tion matinale. La question que se posent

Trois personnes sont

également blessées.

© BELGA.

L a Médiacité, « projet symbole » du renouveau de la cité Ardente, est devenue ce mardi vers 11 heures

l’écrin d’un accident tragique durant le- quel une mère et sa fille ont perdu la vie. Un autre membre de la même famille – âgé de seize ans – était encore, ce mardi soir, entre la vie et la mort. Deux autres personnes sont blessées. « Une vision

chantier, parmi une petite centaine d’ou- vriers d’une grande quantité d’autres sous- traitants, quand le drame est arrivé. Selon les premiers éléments de l’enquê- te menée par l’auditorat du travail, Julie Van Werelt, 25 ans, était avec Kevin Nailis, 16 ans, dans la nacelle installée à flanc de façade. Celle-ci devait les mener, avec de gros paquets de dalles, aux étages.

au cœur d’un chantier de cette ampleur, a créé l’émoi parmi les ouvriers. Certains étaient en pleurs, effondrés, dans le mu- sée voisin transformé en centre de crise. La nacelle est la propriété de la société Moury : « Elle a cinq ans, et nous la fai- sons réceptionner régulièrement. Le der- nier contrôle date de juin », y explique-t- on. L’auditorat du travail s’apprête à audi-

La Médiacité, l’autre « Calatrava»

Dessinée par le designer et architecte israélien Ron Arad, la Médiacité du quartier du Longdoz est l’autre « grand geste architectural » qui, avec la gare de Santiago Calatrava, doit former un nouvel axe de développement pour la cité Ardente. L’imposant projet (plus de 300 millions d’investissement), por- té par le groupe Wilhem & Co qui y au- ra travaillé plus de dix ans, compte plu- sieurs pôles, dont un centre commer- cial d’une quarantaine de milliers de mètres carrés. Près de 150 commerces y accueillent leurs clients depuis le 20 octobre dernier, date de l’ouverture de ce premier « volet » de la Médiacité. La Médiacité, ce sera aussi une grande patinoire pour la construction de la- quelle les travaux vont débuter sous peu, ainsi qu’un pôle « Média » de 25.000 m 2 . C’est là que la RTBF a pré- vu d’installer, sur 16.000 m 2 , son pôle de fiction et divertissement. C’est là aussi, en travaillant aux finitions, que Patricia Vanwerelt et sa fille Julie ont perdu la vie ce mardi. (L.W.)

les

enquêteurs est de savoir si

Delarue est un très gros con- sommateur ou s’il partage ou revend de la cocaïne. Auquel

cas,

l’animateur serait considé-

ré comme un trafiquant.

épouvantable », déclarait le bourgmestre Demeyer sur les lieux. Les travaux du pôle « média » de la Médiacité, dans lequel la RTBF doit s’im-

planter, se déroulaient jusqu’à présent sans même un retard. « La date ultime de fin des travaux était la fin d’année, mais

Mais la nacelle s’est décrochée au niveau du deuxième étage, et a chuté dix mètres plus bas.

tionner l’ensemble des ouvriers présents pour évaluer si la charge dans la nacelle – limitée à 800 kilos – n’était pas trop éle-

« La nacelle a cinq ans, et nous la faisons réception- ner régulièrement. Le dernier contrôle date de

FRÉDÉRIC DELEPIERRE

JEAN-LUC DELARUE, gros consom- mateur ou revendeur de cocaïne ?

© D.R.
© D.R.
   

juin »

Un représentant de l’entreprise Moury

nous avons prévu de terminer pour octo- bre », explique-t-on chez Moury, entrepri- se liégeoise qui a décroché le marché. L’heure est aux finitions de ce bâtiment vitré donnant sur la Meuse, sur six ni- veaux, qui doit abriter la chaîne publique. Et pour ce faire, la société travaille avec pas mal de sous-traitants spécialisés. Ainsi, deux entreprises implantées dans les environs de Bruxelles et apparte- nant à la même famille, la SPRL Nailis et la société Van Werelt, ont été embauchées pour la pose de grandes dalles de faux- plancher. Elles étaient mobilisées sur le

Patricia Van Werelt-Nailis, maman de Julie, était quant à elle restée au sol, à côté du camion qui déchargeait les dalles. Ecra- sée par la nacelle elle est, comme sa fille, décédée sur le coup. Elle avait 50 ans. Deux électriciens qui travaillaient là ont également été écrasés par la nacelle. Il s’agit de Samuel Taurrijos, 26 ans de Mons, dont les jours sont toujours en dan- ger, et de Luigi Gallina, 30 ans, de Colfon- taine, plus légèrement blessé. Le drame,

vée. D’autres pistes (défauts dans la sou- dure, surcharge lors d’autres travaux qui auraient abîmé l’outil…) sont explorées, a indiqué l’auditeur Luc Falmagne. Notons enfin qu’une fois les premiers devoirs d’enquête opérés, le chantier n’a pas été fermé. Les travaux reprendront progressivement, certaines des sociétés ayant donné congé ce mercredi à leurs ou- vriers choqués.

LAURENCE WAUTERS

 

16216350

16209120

concert de
concert de

Ce jeudi, écoutez et gagnez les dernières places pour le

www.classic21.be

SPÉCIAL JEUX Le Soir Fléchés N°31 100% détente!
SPÉCIAL
JEUX
Le Soir
Fléchés
N°31
100% détente!
SPÉCIAL JEUX Le Soir Fléchés N°31 100% détente! En librairie 4,95 € seulement. 1NL www.lesoir.be

En librairie 4,95 seulement.

1NL www.lesoir.be
1NL
www.lesoir.be

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010 monde 11 Naoto Kan, Premier ministre japonais, conforté après avoir

monde

11

Naoto Kan, Premier ministre japonais, conforté après avoir largement remporté un scrutin interne au Parti
Naoto Kan, Premier ministre japonais, conforté après avoir largement remporté un scrutin interne au Parti
Naoto Kan, Premier ministre japonais, conforté après avoir largement remporté un scrutin interne au Parti

Naoto Kan, Premier ministre japonais, conforté après avoir largement remporté un scrutin interne au Parti démocrate, mardi :

« Le Japon est au milieu du gué. Je ferai tout pour léguer un pays revitalisé à la génération suivante. » © AP.

Japon est au milieu du gué. Je ferai tout pour léguer un pays revitalisé à la

Union européenne / La Commission épingle les expulsions françaises de Roms

Sarkozy finit au ban de l’Europe

L’ESSENTIEL

La commissaire

européenne Viviane Reding a eu des

mots très durs, mar- di, au sujet de la poli- tique de la France à l’égard des Roms.

Elle a même an-

noncé des sanctions

pour violation des lois européennes.

Jusqu’ici, la Com-

mission s’était mon-

trée plus coulante.

Récit de quatre se-

maines d’atermoie- ments.

● Récit de quatre se- maines d’atermoie- ments. RÉCIT L a circulaire du ministre français de

RÉCIT

L a circulaire du ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux, concer- nant le démantèlement des camps illi-

cites, et ciblant expressément les Roms, a mis le feu aux poudres. Mardi, la Commis- sion européenne est enfin sortie de sa réser- ve. La vice-présidente de la Commission, Vi- viane Reding, en charge de la Justice et des Droits fondamentaux, a eu des mots d’une rare force pour qualifier la politique de Pa- ris. « J’ai été personnellement interpellée par des circonstances qui donnent l’impression que des personnes sont renvoyées d’un Etat membre juste parce qu’elles appartiennent à une certaine minorité ethnique. Je pensais que l’Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la Seconde Guerre mondiale, a-t-elle lancé au cours d’une con- férence de presse. Je vais être très claire : les discriminations ethniques ou raciales n’ont pas leur place en Europe ». Faisant allusion à la circulaire Hortefeux, qui avait été dissimulée aux autorités euro- péennes, Viviane Reding a poursuivi : « Il est choquant qu’une partie du gouverne- ment français vienne à Bruxelles dire des choses et qu’une autre partie du gouverne- ment fasse le contraire. (…) Après onze ans d’expérience à la Commission, je dirais mê- me que c’est une honte ». La responsable eu- ropéenne a annoncé de probables poursui-

tes contre la France pour non-respect de la législation communautaire. « Il ne suffit pas de changer les mots (de la circulaire). Le com- portement doit également être modifié », a-t- elle conclu. La « saillie » de Viviane Reding tranche avec la tonalité générale adoptée par la Com- mission ces dernières semaines. Rappel. Mi-août. La Commission montre simple- ment un immense embarras face aux expul- sions de Roms par la France. Les commissai- res sont en vacances, et les (pauvres…) porte- parole de garde se perdent en d’intermina- bles exercices de langue de bois. Il est vrai que Nicolas Sarkozy et José Manuel Barro- so, le président de la Commission, viennent d’échanger des courriers peu amènes au su- jet de l’aide européenne au Pakistan. Ne pas mettre de l’eau sur le feu… 25 août. Viviane Reding sort du bois dans un communiqué. Elle annonce qu’elle a de- mandé à ses services une analyse de la situa- tion française. Elle écrit que « les développe- ments des derniers jours » en France ont sus- cité « une certaine inquiétude » à la Com- mission et ajoute : « Il est clair que ceux qui enfreignent la loi doivent faire face aux con- séquences. Il est aussi clair que personne ne doit être expulsé juste parce qu’il est Rom. (…) Je regrette qu’une partie de la rhétorique utilisée dans certains Etats membres ces der- nières semaines ait été ouvertement discrimi- natoire et partiellement incendiaire ».

27 août. José Manuel Barroso effectue sa rentrée, au cours d’un déplacement à Rimi- ni. Il fait part de sa position : « C’est une question très sensible et nous avons tous la responsabilité d’éviter toute sur-politisa- tion. Il y a des droits et des devoirs. Les Etats membres doivent aussi protéger l’ordre pu- blic. (…) En même temps, nous devons éviter que des groupes jettent l’anathème sur d’au- tres ». Ce sera la ligne officielle.

« Barroso n’était pas insensible à la question, il n’approuvait pas la façon de faire de Sarkozy, mais il ne voulait pas hurler avec les loups – sans preuve »

1 er septembre. Les commissaires se mettent

au vert à Val-Duchesse. Viviane Reding fait rapport à ses pairs, et leur annonce qu’elle a demandé des explications supplémentaires à Paris. Le débat entre commissaires est hou- leux, plusieurs d’entre eux se montrant aga- cés par la prudence de leur institution. José Manuel Barroso reste intraitable.

6 septembre. Le président de la Commis-

sion est reçu par le président français à l’Ely- sée. Les deux hommes estiment, selon un porte-parole de l’exécutif européen, qu’« il n’y a aucun intérêt pour les deux parties à créer une controverse sur la question » des Roms, qui doit « être traitée avec sérieux ».

7 septembre. José Manuel Barroso prend la parole devant l’Europarlement, à Stras-

bourg. Face à des eurodéputés en majorité déchaînés contre Paris, il maintient le cap :

« Ne faites pas de la politique politicienne avec cette question ! Il faut un équilibre en- tre la liberté et la sécurité. Soyons responsa- bles ! » L’après-midi, le président de la Com- mission envoie Viviane Reding au casse-pi- pe, défendre ses atermoiements lors du dé- bat en plénière. Le lendemain, les eurodépu- tés voteront un texte très sévère avec Paris. Pourquoi a-t-il fallu attendre mardi pour voir la Commission se rallier à l’évidence ? « Barroso n’était pas insensible à la ques- tion, il n’approuvait pas la façon de faire de Sarkozy, mais il ne voulait pas hurler avec les loups – sans preuve, nous disait hier un haut responsable. Il est très soucieux de la crédibilité de la Commission, qui doit préser- ver toute sa capacité d’agir à l’avenir ». Certes. Il faut aussi souligner la proximité politique du trio Sarkozy-Barroso-Reding, tous trois membres du PPE, la grande fa- mille conservatrice européenne – comme, du reste, beaucoup de commissaires euro- péens (13 sur 27…). Enfin, on peut compren- dre que le président de la Commission n’ait pas voulu se fâcher avec l’Elysée à la veille de très importantes négociations européennes, que ce soit sur la gouvernance économique, le budget futur de l’UE ou l’avenir de la politi- que agricole commune… MAROUN LABAKI

P. 16 « LA FRANCE, UN ÉTAT DE DROIT »

L A B A K I P. 16 « LA FRANCE, UN ÉTAT DE DROIT »

LES EXPUL- SIONS de Roms ont conti- nué hier en France. En mé- daillon : la com- missaire Vivia- ne Reding.

© AP.

RÉACTIONS

Daniel

Cohn-Bendit,

chef de file des Verts européens :

« Mieux vaut tard que jamais. Il faut maintenant que la Commission passe à l’action. C’est une oc- casion en or pour el- le de sauver l’hon- neur ».

Martin Schulz,

chef du groupe so- cialiste-démocrate au Parlement euro- péen : « Pour des centaines de Roms concernés par l’ac- tion du gouverne- ment français, la dé- cision de la Commis- sion européenne arri- ve trop tard ».

Guy

Verhofstadt,

chef du groupe libé- ral au Parlement eu- ropéen : « Ceci doit servir d’avertisse- ment à tous les Etats membres : l’UE ne peut ignorer – ou fai- re des compromis sur – les violations des droits fondamen- taux européens ».

Iran / Farzad Farhangian, diplomate à l’ambassade iranienne de Belgique, demande l’asile politique à la Norvège

« J’espère être la voix de l’opposition »

L e conseiller en communication de l’ambassade d’Iran en Belgique,

Asadollah Farzad Farhangian, a cla- qué ce mardi matin la porte de la diplo- matie iranienne et, se manifestant de- puis la Norvège, a officiellement re- joint l’opposition au régime Ahmadi- nejad. Avec l’aide de l’ex-consul d’Iran à Oslo Mohammed Raza Heydari, lui- même transfuge depuis février, M. Fa- rhangian a demandé à son tour l’asile politique à Oslo. Mardi soir, il était en- tendu par les autorités norvégiennes. Il pourrait ne s’agir que de la première de plusieurs défections à venir au dé- part de l’avenue Roosevelt. L’idée était dans l’air depuis une

quinzaine de jours, mais le diplomate ne savait pas encore s’il allait opter pour un asile politique en Belgique ou en Norvège : il avait pris contact avec l’opposition iranienne en Belgique – la plus récente, celle alimentée par les élections présidentielles de juin 2009 – puis a décroché son téléphone, lundi soir, pour prévenir ses amis belges :

Oslo serait le lieu où il demanderait asile. Pour la diplomatie iranienne, la perte de cet excellent professionnel se- ra non seulement une gifle supplémen- taire (la 3eme défection en un an), elle sera aussi un handicap spécifique dans les pays francophones. En poste à Paris puis à Bruxelles, Fa-

rhangian est l’un des très rares diplo- mates iraniens à maîtriser le français. Blanchi sous le harnais, il était par ail- leurs un vrai professionnel des rela- tions publiques, qualité dont la diplo- matie iranienne ne dispose pas en abondance. Il ne s’entendait guère avec le département des Affaires étran- gères – notamment avec celui qui l’avait précédé à Bruxelles et qui le court-circuitait parfois au départ de Téhéran – mais ces accrochages étaient de ceux qui se produisent dans toute administration. Depuis les élections de juin 2009, Farhangian était visiblement mal à l’aise avec le discours de Téhéran, et

FARZAD FA- RHANGIAN : « Les dérives at- teintes par ce régime ne me laissent
FARZAD FA-
RHANGIAN :
« Les dérives at-
teintes par ce
régime ne me
laissent pas le
choix ». © AP.

spécifiquement avec les péroraisons de son supérieur direct, l’actuel ambas- sadeur d’Iran à Bruxelles. Ce qui n’em- pêchait pas Farhangian de se montrer acerbe – sans faux-semblant – envers certains opposants, notamment les Moudjahidines du peuple. « Je présente mes excuses au peuple iranien », a déclaré Farhangian à Os- lo. « Au cours des 30 dernières années,

j’ai été au service du peuple iranien. Mais les dérives atteintes par la répu- blique iranienne ne me laissent pas le choix. J’espère être la voix de l’opposi- tion ». Farhangian devrait s’exprimer plus longuement dans les prochains

jours.

ALAIN LALLEMAND

www.lesoir.be 1NL
www.lesoir.be
1NL

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

12

lemonde

12 le monde Sarah Shourd, la jeune randonneuse américaine détenue pour « espionnage » en Iran

Sarah Shourd, la jeune randonneuse américaine détenue pour « espionnage » en Iran depuis juillet 2009, a été libérée mardi par les autorités de Téhéran après le versement d’une caution de 5 milliards de rials – environ 500.000 dollars. © AP.

Proche-Orient / Négociations à Charm el-Cheikh

Un sondage accentue encore le scepticisme

L ’Américaine Hillary Clinton a présidé hier à Charm el-

Cheikh (Egypte) – et continuera ce mercredi à Jérusalem – à la re- prise des négociations de paix di- rectes entre l’Israélien Binyamin Netanyahou et le Palestinien Mahmoud Abbas. Le tout et mal- gré les sourires obligés, dans un climat de scepticisme généralisé. « Aujourd’hui, les parties ont entamé des discussions sérieuses sur des questions de fond », a dé- claré l’émissaire américain pour le Proche-Orient George Mit- chell sans donner d’autres indica- tions. Il fut seulement précisé que les négociateurs des deux camps « se rencontreront dans les prochains jours pour poursui- vre ces négociations et préparer le terrain en vue de la prochaine série de discussions au niveau des dirigeants ». A court terme, les parties doi- vent résoudre un problème très concret : le moratoire israélien sur la construction dans les colo- nies juives de Cisjordanie (qui ne concerne pas Jérusalem) se clôt le 26 septembre et les Palesti- niens ont annoncé la fin des né- gociations si la construction re- prenait comme l’ont dit les Israé- liens. La semaine dernière, Ba- rack Obama en personne a révé- lé avoir demandé au Premier mi- nistre israélien de prolonger le moratoire. Pour celui-ci, la par-

israélien de prolonger le moratoire. Pour celui-ci, la par- LES SOURIRES francs et massifs de Netanyahou,

LES SOURIRES francs et massifs de Netanyahou, Clinton et Ab- bas n’occultent pas le scepticisme généralisé. © NASSER NASSER/AP.

tie est serrée puisque des pans en- tiers de sa coalition menacent de le quitter s’il obtempérait. Quant à l’opinion publique is- raélienne, elle ne se montre pas plus optimiste que la palestinien- ne (voir Le Soir du 14 septem- bre). En atteste un sondage effec- tué pour le quotidien Maariv par l’institut Dahaf et rendu pu- blic ce mardi. En effet, quelque 71 % des sondés ne croient pas à la conclusion d’un accord de paix (56 % estiment en outre que Ne- tanyahou n’est pas sérieux et qu’il s’est lancé dans le processus de paix en raison des pressions américaines, 70 % pensent de

même concernant Abbas). Plus inquiétant encore, 51 % des per- sonnes interrogées estiment que Binyamin Netanyahou doit or- donner la reprise de la construc- tion à l’issue du moratoire le 26 septembre, alors que 39 % sont favorables à la poursuite du gel partiel de la colonisation. B. L.

L’armée reconnaît une bavure à Gaza

Des soldats israéliens ont commis une bavure en tuant dimanche trois Palestiniens, dont un nona- génaire et un adolescent, dans la bande de Gaza, a reconnu mardi un général israélien. (afp)

Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui
Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui
Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui
Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui
Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui
Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui
Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui
Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui
Couvre-feu au Cachemire de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui

Couvre-feu au Cachemire

de sénateur du vice-président américain Joe Biden. Ces élec- tions primaires, qui divisent le parti républicain, sont observées avec intérêt par les démocrates, qui préfèrent des opposants aux vues controversées, plus faciles à battre que les candidats républi- cains traditionnels. (afp)

CONGO Le calvaire des Kivu L’ONG Human Rights Watch a ap- pelé mardi le gouvernement con- golais et l’ONU à « renforcer la pro- tection » de quelque 1,8 million de personnes déplacées, en majo- rité dans l’est du pays où elles sont victimes de violences récur- rentes. Selon l’ONG, il y a quelque 1,8 million de personnes dépla- cées en RDC, dont 1,4 million dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, où sévissent de nom- breux groupes armés, en particu- lier des rebelles Hutu. (afp)

L es forces de sécurité indiennes imposaient un strict couvre- feu mardi au Cachemire au lendemain de la journée la plus sanglante (17 morts) depuis le début d’un mouvement de

protestation en juin dans cette région à majorité musulmane. La police anti-émeutes et les forces paramilitaires patrouillaient dans les rues de Srinagar, la capitale, n’hésitant pas à ouvrir le feu sur ceux qui ne se conformaient pas aux mesures : cinq civils, qui jetaient des pierres vers les forces de l’ordre, ont encore été blessées, dont deux grièvement, lors d’une manifestation. (afp)

IRAN Manifestation de soutien à Sakineh à Bruxelles Une manifes- tation de soutien à l’Iranienne Sa- kineh Mohammadi Ashtiani, dont la condamnation à mort a été suspendue par les autorités iraniennes, aura lieu samedi pro- chain à 11h. place du Luxem- bourg à Bruxelles. Cette manifes- tation, organisée notamment à l’initiative de l’eurodéputé belge Marc Tarabella et d’Amnesty In-

ÉTATS-UNIS Primaires républicai- nes Les ultra-conservateurs améri- cains du mouvement « Tea Par- ty » inquiétaient les républicains traditionnels mardi, à l’occasion d’une dernière série d’élections primaires en vue des élections lé- gislatives de mi-mandat prévues le 2 novembre. Parmi les batailles les plus regardées, figurait notam- ment l’élection primaire du Dela- ware pour occuper l’ancien siège

ternational, est soutenue par le Parlement européen. Les cinq in- firmières bulgares, condamnées à mort en Libye en 1999 et libé- rées en 2007 grâce à l’interven- tion de l’Union européenne, se- ront présentes en témoignage de leur solidarité. (b)

PAKISTAN Missiles américains Au moins 15 insurgés islamistes ont été tués mardi par deux salves de missiles tirés par des drones américains – avions sans pilote–, qui ont frappé 11 fois en 11 jours dans les zones tribales du Nord- Ouest du Pakistan, où la CIA ci- ble régulièrement les talibans et les militants d’Al-Qaïda. (afp)

[ expresso ]

La justice ukrainienne referme le dossier Gongadzé

Le parquet ukrainien a désigné mardi un ancien ministre de l’Inté- rieur, retrouvé mort en 2005, comme le commanditaire du meur- tre 5 ans plus tôt du journaliste Guéorgui Gongadzé, une conclu- sion qui soulève des doutes à Kiev. Ministre de l’Intérieur de 1995 à 2001, Iouri Kravtchenko, qui s’est suicidé dans des circonstances mystérieuses, a été identifié comme « l’instigateur et le commandi- taire de ce crime ». L’ancien subordonné du ministre, l’ex-général de police Olexy Poukatch, arrêté en 2009, a avoué avoir étranglé le journaliste d’opposition avec sa ceinture, puis l’avoir décapité avec une hache. Cette affaire avait créé un scandale sans précé- dent : l’opposition, s’appuyant sur des enregistrements audio, avait alors mis en cause le président de l’époque Léonid Koutch- ma, dont M. Kravtchenko était un proche. (afp)

16340500

GRATUIT ! au lieu de 1,59 €
GRATUIT !
au lieu de 1,59 €

L’application Le Soir pour iPad, gratuite pendant 1 mois, grâce à notre partenaire ING!

gratuite pendant 1 mois, grâce à notre partenaire ING ! Téléchargez et feuilletez votre journal du
gratuite pendant 1 mois, grâce à notre partenaire ING ! Téléchargez et feuilletez votre journal du
gratuite pendant 1 mois, grâce à notre partenaire ING ! Téléchargez et feuilletez votre journal du

Téléchargez et feuilletez votre journal du jour, maintenant possible également en mode offline, soit au format PDF,

soit d’article en article, en mode texte. Toute l’info en direct

(actualité, sports, culture

Maintenant disponible sur iTunes en vous rendant sur www.lesoir.be/ipad

),

les vidéos, les photos

L’application Le Soir pour iPad, aussi gratuite que l’ING Lion Account.

2L G www.lesoir.be
2L G
www.lesoir.be

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, a été nommée mardi à la tête de la

Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, a été nommée mardi à la tête de la nouvelle structure des Nations unies, chargée d’accélérer l’amélioration de la condition des femmes dans le monde, « ONU-Femmes ». © EPA.

lemonde

13

Humanitaire / Un voyage destiné à sensibiliser les Belges au sort des sinistrés

Le drame peu vendeur du Pakistan

REPORTAGE

JAIL CAMP, THATTA DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

U ne télévision américaine

m’a demandé : ’Mada-

me, pourriez-vous nous

indiquer un hôpital où trouver beaucoup de victimes mutilées, en sang ? J’ai dû répondre que rien ici ne correspond à cela », ex- plique dans un hôtel de Karachi Valérie Batselaere, la porte-paro- le de la Croix-Rouge de Belgique au Pakistan. L’anecdote en dit long : le drame provoqué par les caprices de l’Indus a le tort de ne pas être spectaculaire. Du moins pour les médias. Les chiffres donnent le tournis. Vingt et un million de Pakista- nais ont fui les inondations de- puis la fin juillet, laissant leurs biens et parfois leurs proches der- rière eux. Dans la seule province du Sindh (sud-ouest), où l’Indus trouve son embouchure, sept mil- lions de personnes sont tou- chées. 7500 villages détruits, 900.000 sans-abri. Les flots ont tout dévasté. Pourtant, moins de 200 personnes sont décédées à ce jour – 1800 pour tout le pays. Cette mortalité relativement faible eu égard aux circonstances

« Dans trois mois, faute d’une solution, la situation sera désastreuse, gravissime »

Laurent Van Eeckhout, envoyé de la Croix-Rouge

serait en partie responsable du peu d’attention que réservent la communauté internationale et les médias à la catastrophe. On est loin des deux cent mille morts provoquées en janvier par le tremblement de terre en Haïti. La compassion est affaire de sta- tistiques mais aussi d’immédiate- té. Or ce n’est que dans plusieurs mois que le « tsunami au ralen- ti » pourrait tuer des milliers de personnes au Pakistan. Il y a une semaine, le Comité 12- 12 qui réunit plusieurs ONG bel- ges (Caritas, Handicap Interna- tional, Oxfam, Unicef et Méde- cins du monde) a tiré la sonnette d’alarme. Pour éviter ce drame, il faudra des moyens. Mais quatre millions d’euros seulement sur les 12,4 millions nécessaires à l’ai- de d’urgence ont été pour l’ins- tant collectés. « Il n’y a pas de se- cret, lâche un responsable. Pour y parvenir, nous comptons sur le gouvernement et sur les journalis- tes. Mais ce sera difficile ». Avec le ministre de la Coopéra- tion au développement Charles Michel pour figure de proue, un voyage éclair a été organisé pour

figure de proue, un voyage éclair a été organisé pour UNE OPÉRATION de communication de plus

UNE OPÉRATION de communication de plus pour Charles Michel ? Voire. L’alliance du politique et du Comité 12-12 est comprise comme un biais susceptible de réveiller la compassion des Belges. Les Pakistanais voudraient y croire. © BENOIT DOPPAGNE/BELGA.

Contexte

Le problème. De- puis fin juillet, 20 % du Pakistan sont sous eau. Plus de vingt millions de personnes sont tou- chées. L’enjeu. La situa- tion est jugée « évo- lutive ». Le secrétai- re général des Na- tions unies Banki Moon parle d’un « tsunami au ralen- ti ». Les inonda- tions ont fait peu de morts. Mais pour les ONG, le pi- re reste à venir :

choléra, malnutri- tion, maladies pul- monaires… Le spec- tre de milliers de décès est brandi. A suivre. Com- ment trouver l’ar- gent ? Seuls 64 % des 460 millions de dollars réclamés par l’Onu à la com- munauté internatio- nale ont été satis- faits. A ce jour, la Belgique a versé deux millions d’eu- ros. Charles Michel évoque un nouvel écot, sans en préci- ser le montant. (P.Ma)

tenter de sensibiliser l’opinion. Bruxelles-Karachi-Bruxelles en 38 heures chrono. Quarante ton- nes de matériels destinés à l’Uni- cef ont été convoyées dans le mê- me temps. La Croix-Rouge de Belgique et SOS Children Villa- ges étaient aussi du voyage. C’est ainsi que l’on s’est retrou- vé lundi dans le district de That- ta, à l’est de Karachi. Pour deux heures. Le temps de constater que les eaux commencent à bais- ser. Mais aussi que dans le Jail Camp où 6000 sinistrés se sont agglutinés, la misère reste intac- te. Charles Michel y est accueilli chaleureusement. Ici, il donne une interview devant un système de purification de l’eau. Là, il s’as- sied parmi les enfants et les fem- mes. En guise de décor, des cen- taines de tentes de secours s’ali- gnent parmi les détritus. Et pour- tant, il est difficile de se faire une idée précise de l’ampleur du dra- me. Difficile de faire la distinc- tion entre les ravages dus aux

L’ESSENTIEL

Au Pakistan, les inon-

dations touchent vingt millions de personnes.

L’aide de la commu-

nauté internationale tar- de à venir. La situation se détériorant, la morta- lité pourrait se révéler galopante.

Un voyage destiné à

sensibiliser les Belges a été organisé à l’initiati- ve de Charles Michel.

inondations et la misère ordinai- re. Sous le soleil écrasant, qua- drillé par des hommes en armes, le Jail Camp est extraordinaire- ment calme. La souffrance ici ne se crie pas. Timide, Youssouf a d’abord refu- sé de se confier. Puis, pudique-

ment, il a raconté avoir tout per-

du à Sujawal, un village du dis- trict. Le vieux fermier et ses six fils y ont tout abandonné : les chè- vres, les lits, la télé. Depuis 17 jours, ils croupissent dans le Jail

Camp. Comme Radja, un petit saisonnier de 10 ans qui appar- tient à la minorité chrétienne. Comme Muhammad, barbu jus- qu’aux yeux : « J’ai laissé ma vie derrière moi ». La sérénité du petit groupe étonne. « Malgré leur malheur,

les gens d’ici sont d’une gentilles- se extraordinaire », témoigne Béatrice Demol qui tient sur pla- ce un journal de bord pour le Co- mité 12-12. Un jour pourtant, ils sont sortis de leurs gonds. « On a soif, on a soif », hurlaient-ils. L’eau et l’hygiène sont les clés de la survie des hôtes inattendus de ce Jail Camp, destiné à l’origi- ne à servir de prison. Faute de toi- lettes, les excréments humains sont partout et contaminent les mares où les déplacés viennent boire. Une ONG allemande a

bien fourni de l’eau potable, mais elle sentait le chlore. Alors les femmes sont revenues remplir les cruches dans les flaques. Si ce- la ne change pas, s’il n’y a pas rapi- dement de distribution d’eau po- table et la mise en place d’un sys- tème sanitaire, préviennent les ONG, les épidémies tueront un nombre incalculable de gens dans les mois qui viennent. La Croix-Rouge de Belgique, qui dis- tribue quant à elle 35 tonnes de vivres par jour, estime que cette quantité devra tripler pour satis- faire les besoins des sinistrés. Toutes les ONG rencontrées sur le terrain s’attendent au pire. Choléra, maladies pulmonaires, malnutrition… « Dans trois mois, faute d’une solution, la si- tuation sera désastreuse, gravis- sime », estime Laurent Van Eec- khout qui termine sa première mission sur place pour la Croix- Rouge. Pour y faire face, c’est une question de moyens humains et fi- nanciers ». A bon entendeur…

PASCAL MARTIN

TADJIK. TADJIK. TURKM. CHINE AFGHANISTAN Islamabad PAKISTAN Thatta INDE Karachi Mer d’Oman 300 km Zone
TADJIK.
TADJIK.
TURKM.
CHINE
AFGHANISTAN
Islamabad
PAKISTAN
Thatta
INDE
Karachi
Mer d’Oman
300 km
Zone inondée
20 % du pays sont inondés
13 % de la population
pakistanaise, soit 21 millions
de personnes sont affectées
à divers degrés
Indus
de personnes sont affectées à divers degrés Indus 64 % des 460 millions de dollars réclamés

64 % des 460 millions

de dollars réclamés par l’ONU à la communauté internationale ont été versés

LE SOIR - 15.09.10

Diplomatie / L’Assemblée générale de l’ONU repousse une motion belge

L’UE reste muette à l’ONU

L ’Union européenne espérait avoir désor- mais une voix et un visage lors des As-

semblées générales de l’ONU : c’est raté ! Une résolution proposée par la Belgique au nom des 27 pays membres n’a finalement pas pu être adoptée hier par cette même As- semblée générale. Elle devait permettre au président perma- nent du Conseil européen, (actuellement le Belge Herman Van Rompuy) ou au haut re- présentant de l’UE pour la politique étrangè- re (la Britannique Catherine Ashton) de prendre la parole lors des sessions de l’As- semblée générale, de participer aux débats et aux groupes de travail, de faire des propo- sitions. Bref, de participer réellement aux travaux de l’Assemblée, alors que l’UE ne dis- pose jusqu’ici que du statut – muet – d’obser- vateur. L’UE ne demandait cependant pas

un « vrai » siège avec droit de vote. Mais visiblement, l’Assemblée générale n’était pas prête pour ce changement : une majorité de 76 voix contre 71 (et une vingtai- ne d’abstentions) s’est prononcée en faveur d’une motion du Surinam qui, au nom des Etats de la Communauté des Caraïbes, a de- mandé que l’examen de la résolution soit re- porté. L’adoption de cette résolution aurait per- mis à l’UE de mieux faire vivre concrète- ment ses nouvelles institutions issues du Traité de Lisbonne. Mais un intense travail de persuasion auprès des pays membres de l’Assemblée générale n’a pas suffi. « Il y avait une certaine méfiance, notamment du côté des grands pays onusiens, explique un diplomate européen. Sans qu’il y ait un mouvement anti-européen, certains pays

n’avaient guère envie de faire une faveur aux Européens, déjà bien représentés. L’ONU fonctionne sur un système relative-

ment égalitaire, il n’est donc pas facile d’y in- troduire une innovation qui créée un précé- dent. Il faudra plus de temps ». Et pourquoi aurait-il fallu accorder un pri- vilège à l’UE et pas à d’autres organisations régionales comme l’Union Africaine ou la Li- gue Arabe ? Pour surmonter cet écueil, un des projets de résolution concocté par les Eu- ropéens indiquait que, lorsqu’une de ces or- ganisations régionales aura atteint un ni- veau élevé d’intégration, elle pourra elle aus- si bénéficier du même droit de parole. Cela n’a pas convaincu. L’UE a perdu une bataille, pas la guerre :

une nouvelle résolution sera proposée pro-

chainement.

VÉRONIQUE KIESEL

16422620

pro- chainement. ■ VÉRONIQUE KIESEL 16422620 www.lesoir.be 2LG 14/09/10 22:55 - LE_SOIR du 15/09/10 -
www.lesoir.be 2LG
www.lesoir.be
2LG

16283050

16283050 4BX www.lesoir.be 14/09/10 20:28 - LE_SOIR du 15/09/10 - p. 14

16283050 4BX www.lesoir.be 14/09/10 20:28 - LE_SOIR du 15/09/10 - p. 14

16283050 4BX www.lesoir.be 14/09/10 20:28 - LE_SOIR du 15/09/10 - p. 14

16283050 4BX www.lesoir.be 14/09/10 20:28 - LE_SOIR du 15/09/10 - p. 14

4BX www.lesoir.be
4BX
www.lesoir.be

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010 polémiques + RÉGIONS 15 LE ZOOM Le mariage d’amour a-t-il

polémiques

+ RÉGIONS

15

LE ZOOM Le mariage d’amour a-t-il échoué ? Ben,

il n’a pas forcément gagné

P.18 & 19

LE BLOG « La partition de la Belgique pourrait être contagieuse. » © Alain Lamassoure. P.16

Le rayon x

ERIC DEFFET

MAIS OÙ SONT LES POLITOLOGUES ?

Le rayon x ERIC DEFFET MAIS OÙ SONT LES POLITOLOGUES ? Où se cache le très

Où se cache le très distingué Pas- cal Delwit qui berçait nos débuts de soirée avec ses considérations universitaires sur la réforme de l’Etat ? Qu’a-t-on fait de l’honora- ble Pierre Vercauteren et de sa science de la négociation commu- nautaire, qui vaut bien celle du « centre banane » qui fit la gloire d’un autre Vercauteren, Franky de son prénom ? Avez-vous vu l’An- versois Dave Sinardet ? Et Pierre Verjans, où a-t-il disparu ? Et Vincent de Coorebyter, l’auriez- vous aperçu ? Et Jean Faniel, dites, avec son look d’éternel adolescent et de premier de classe à la fois, est-il en vacances, en examen, en dépression (biffez les mentions inutiles), après trois mois passés à hanter les plateaux de télévision et les studios de radio ? Le paysage médiatique a changé de climat. L’été fut la saison des politologues et des constitutionna- listes. L’automne est celle des doc- teurs en théologie, prêtres pen- seurs et vaticanistes informés. De Brigode, Vrebos et consorts usent jusqu’à la corde Gabriel Ringlet (notre photo), Charles Delhez et Tommy Scholtès, la Trinité des con- sultants catholico-cathodiques. Un direct ici, un débat là-bas, un pla- teau pour couronner le tout : les hommes d’Eglise sont partout à la fois. Le don d’ubiquité ne serait-il pas une vue de l’esprit ? Que nos politologues soient rassu- rés : leur tour (re)viendra. Et vite.

La une

soient rassu- rés : leur tour (re)viendra. Et vite. La une Le retour de la main

Le retour de la main

jaune Elle était apparue en France il y a un quart de siè- cle, lors de la création de SOS racisme, après la percée élec- torale du FN. Revoici la main jaune. «Touche pas à mon po- te» est devenu «Touche pas à ma nation». Le visuel s’affi- chait mardi en une de Libéra- tion. Après l’expulsion des Roms et après le projet de dé- choir de la nationalité cer- tains délinquants, Libé s’asso- cie à un appel contre la discri- mination. Parmi les signatai- res, des responsables du PS (Aubry, Delanoë, Fabius, Ro- card) et des gens du specta- cle. Un rassemblement est prévu dimanche soir au Théâ- tre du Châtelet à Paris.

Demander pardon LE 7 AVRIL 2000, à Ki- gali, Guy Verhofstadt présentait ses excu- ses
Demander
pardon
LE 7 AVRIL 2000, à Ki-
gali, Guy Verhofstadt
présentait ses excu-
ses au nom de la Bel-
gique au peuple
rwandais pour le re-
trait des troupes bel-
ges en 1994, alors
que le génocide avait
débuté. © GIANLUIGI
GUERCIA/AFP.

« Ça n’a pas de prix » « C’est aborder le mal de face »

n’a pas de prix » « C’est aborder le mal de face » ENTRETIEN c’était d’assumer
ENTRETIEN
ENTRETIEN

c’était d’assumer la responsabili- té d’autres. Mais si l’on veut pré- server ce que l’on représente, il

L ’Eglise ne s’est pas ex-

cusée devant les faut admettre la continuité des

institutions. C’est absolument in- dispensable si l’on veut que les ci- toyens croient à ces institutions. La démarche est également très importante pour les victimes. Dans le cas du génocide de 1994, cela a contribué au processus de deuil des Rwandais et les a aidés à se réconcilier entre eux. Dans le cas de la mort de Patrice Lumum- ba, il s’agissait de reconnaître no- tre part de responsabilité dans certains événements qui se sont déroulés dans la précipitation de l’Indépendance, quarante ans auparavant. Qui avoue s’expose à des deman- des de réparations – ce qui sem- ble expliquer la relative « froi- deur » de l’Eglise… Je ne me prononcerai pas sur l’at- titude de l’Eglise dans cette affai- re. Je dirai simplement, pour les dossiers que j’ai eus à gérer, que l’honneur d’un pays aux yeux de l’humanité n’a pas de prix.

Propos recueillis par WILLIAM BOURTON

victimes « d’abus sexuels dans une relation pastorale ». Est-ce trop demander à une institution ? Sous le gouvernement arc-en- ciel (1999-2003), dont Louis Mi- chel (MR) fut ministre des Affai- res étrangères, la Belgique a pour- tant présenté ses excuses à deux reprises, pour des événements tragiques et anciens. La première fois, le 7 avril 2000, pour le re- trait des troupes du Rwanda en 1994, suite à la mort de dix Cas- ques bleus belges, alors que le gé- nocide avait débuté. La deuxiè- me fois, le 5 février 2002, pour l’implication de certains mem- bres du gouvernement belge de l’époque dans la mort de Patrice Lumumba, le 17 janvier 1961.

Louis Michel, est-il difficile de demander pardon ? Dans les deux cas que vous avez évoqués, ce qui pouvait être diffi- cile, c’était de s’excuser alors que l’on n’était pas responsable,

de s’excuser alors que l’on n’était pas responsable, ENTRETIEN Patrick Jans- sens, vous êtes bourgmestre
ENTRETIEN
ENTRETIEN

Patrick Jans- sens, vous êtes bourgmestre d’Anvers (SP.A). En octobre 2007, vous avez présenté des excuses publiques à la commu- nauté juive pour le rôle joué par l’administration anversoise dans la persécution et la dépor- tation des Juifs durant la Secon- de Guerre mondiale. Pourquoi ? Les faits étaient connus de lon- gue date. Mais, sur base d’une étude historique d’envergure (« La Belgique docile », menée par le Centre d’études et de do- cumentation guerres et société contemporaines), il me sem- blait cette fois nécessaire de reconnaître publiquement les erreurs commises dans le passé. Non pas en mon nom propre ni celui du conseil communal – nous ne sommes pas responsa- bles de cette situation. Mais en tant qu’héritiers politiques dans une ville qui doit se servir de son passé pour aller de l’avant.

En quoi ce geste était-il indis- pensable à vos yeux ? Il me semblait important de franchir une étape supplémen- taire : dire que ça s’est produit, admettre ces erreurs, s’en excu- ser et passer à autre chose. Avec une série de questions plus im- portantes à mes yeux : com- ment construire un mieux-vi- vre ensemble ; comment envisa- ger un futur commun ? Reconnaître une faute collecti- ve est-ce un geste politique difficile à poser ? Non, même si certains ont jugé mon geste facile ou gratuit. D’autres y ont vu une forme de récupération politique. Mais dans l’ensemble, notre initiati- ve a été bien reçue. Mais là n’est pas l’important. J’ai la convic- tion qu’on n’aurait pas dû atten- dre près de 60 ans pour recon- naître ces fautes. Quand le mal est fait, il faut l’aborder de face. Et le plus vite possible. Sans quoi, les blessures et l’émotion s’accumulent. Ce n’est pas la voie que l’Eglise belge semble suivre… Je ne veux pas commenter ce qui

se passe pour l’instant. Je dis seulement que la tentation est grande de taire les choses qui fâ- chent. Ça nous semble plus faci- le. On se trompe. A mon sens, c’est tout l’inverse. Le silence ne permet pas d’oublier. Les victi- mes, elles, n’oublient jamais. Il faut pouvoir en parler ouverte- ment, ne rien cacher, partager la douleur et, le cas échéant, re- connaître publiquement une faute, une responsabilité. C’est aussi notre rôle en tant que poli- tiques. Dans votre cas, ce geste était avant tout symbolique. En effet, ça ne m’engageait en rien sur le plan personnel. Et je n’étais pas directement impli- qué dans les faits en question. Mais je sais que pour la commu- nauté juive, mais pas seulement pour elle, cette reconnaissance publique des fautes commises par la police et l’administration anversoise, était attendue. Plus encore : souhaitée.

Propos recueillis par HUGUES DORZÉE

P.17 LE DOSSIER

le buzz du monde

Commande d’armes record pour les Saoudiens

Le Wall Street Journal et CNN l’ont révélé lundi : le Pentagone va demander au Con- grès d’approuver dès la semaine prochai- ne des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite pour un montant de quelque 60 milliards de dollars (46,75 milliards d’euros). Il s’agirait tout simplement du contrat « le plus important du genre dans l’histoire », se- lon un officiel de la Défense cité par la té- lévision d’information en continu. Quel- que 77.000 ouvriers américains seraient

employés pour honorer la commande. Les Saoudiens, en l’occurrence, veulent re- nouveler une partie de leur flotte aérien- ne. Sont concernés par le « deal », en ef- fet, 84 chasseurs bombardiers et 178 héli- coptères, ainsi que des quantités impor- tantes de bombes et de missiles. But à pei- ne caché de la démarche : faire face à la menace iranienne. Les Israéliens n’auraient pas marqué d’op- position à ce contrat. On les sait pourtant très attentifs à conserver une supériorité militaire incontestable sur tous leurs voi-

© EPA.
© EPA.

sins. Mais, selon l’officiel cité par CNN, les ventes prévues ne mettraient pas en cause l’avantage technologique dont jouit Israël. Les Saou- diens, eux, n’ont guère l’occa- sion de pratiquer l’art de la guerre. Selon William Hartung, un analyste vétéran de la New America Foun- dation interrogé par l’agence IPS, « ces ventes d’armes apparaissent surtout desti- nées à acheter leur relation avec les Etats-

Unis ». BAUDOUIN LOOS

www.lesoir.be 1NL
www.lesoir.be
1NL

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

16 forum “ La Commission européenne est en train de comprendre que le Parlement européen
16 forum
“ La Commission européenne est en train de comprendre que le Parlement européen
avait raison en demandant l’arrêt immédiat des expulsions des Roms ». DANIEL COHN-BENDIT,
CO-PRÉSIDENT DU GROUPE DES VERTS AU PARLEMENT EUROPÉEN
Ça va mal finir « La France est un Etat de droit ! » Thomas
Ça va mal finir
«
La France est un Etat de droit ! »
Thomas Gunzig
Ecrivain
J eannette Bougrab est la présidente
de la Halde, la Haute autorité françai-
se de lutte contre les discriminations
On vous a cependant peu entendu sur
ce dossier… Lorsqu’une circulaire du
ministère de l’Intérieur, corrigée de-
Les frissons
de Léonard
et pour l’égalité. Sa visite à Bruxelles, ces
mardi et mercredi, pour coordonner les
politiques européennes, survient en plei-
ne polémique sur les
puis (« Le Soir » d’hier), parle de l’éva-
cuation prioritaire des camps roms,
n’est-ce pas de la discrimination ?
La Halde n’a pas été sai-
J
e n’ai jamais aimé l’anticlérica-
lisme primaire.
Sans doute, est-ce dû au fait
que je n’ai jamais fréquenté les
églises que de très loin et que j’ai
rencontré pas mal de catholiques
sympathiques et plutôt critiques.
Des gens avec qui il y avait
moyen de discuter, de rire en se di-
sant que la religion c’était une cho-
se ne valant vraiment pas la peine
de se taper sur la gueule.
Du coup, sans très bien savoir
pourquoi, j’ai toujours eu de la
sympathie pour les curés.
J’en voyais des engagés à la télé-
vision, s’ouvrant au monde, des-
cendant dans la rue pour aider les
pauvres ou même risquant leur
peau dans des coins de la planète
où même les militaires hésitaient
à se rendre.
En tout cas, si j’en étais un com-
me ça, un curé héroïque plus sou-
cieux d’aider les gens que de les
gronder et plus à l’aise dans l’ac-
tion que dans le sermon, j’aurais
sans doute eu beaucoup de mal à
ne pas interrompre la conférence
de presse que Monseigneur Léo-
nard tint lundi en réaction au rap-
port Adriaenssens.
On m’a toujours dit que la reli-
gion catholique était une religion
dont le pilier était l’amour de l’au-
tre. Par les temps qui courent, je
trouvais ça pas mal.
Paradoxalement, de cette confé-
rence de presse tenue par les plus
hautes autorités catholiques de
Belgique, ne se dégageait pas le
moindre gramme d’amour…
Les spectateurs éberlués purent
assister à un discours froid, pres-
que clinique, absolument pas criti-
que et dans lequel, pire que tout,
Monseigneur Léonard essayait de
démontrer que la pédophilie
n’était, finalement, qu’un problè-
me de la société en général, que ce
mal était présent partout, dans les
familles, dans les écoles, dans les
colonies de vacances et que, par
voie de conséquence, il ne voyait
finalement pas vraiment ce qu’on
lui reprochait, à l’Eglise.
Aucune mention de ce que Ga-
briel Ringlet désignait comme un
« problème structurel » de l’Insti-
tution elle-même.
Ce n’était pas dit comme ça, évi-
demment, le propos était plus pru-
dent, il était recouvert d’un vernis
d’une soi-disant bonne volonté,
d’une prétendue ouverture, d’un
mystérieux projet de « centre »
d’aide où les « dommages pasto-
raux trouveraient des soins pasto-
raux ».
Il avait mis en avant le « coura-
ge » d’avoir accepté la publication
du rapport (comme s’il avait eu le
pouvoir de l’interdire).
La crise de la pédophilie s’ajou-
te à la crise de la foi qui mine l’Egli-
se depuis des années.
Avec la publication du rapport
Adriaenssens, on avait eu pen-
dant quelques jours l’impression
que l’Eglise avait une chance for-
midable : celle de changer radica-
lement de discours.
On aurait rêvé voir des cardi-
naux en colère, honteux, rageurs.
On aurait aimé « sentir » que
quelque chose s’était passé, que
quelque chose avait changé.
On aurait aimé sentir cet amour
dont l’Eglise nous parle si sou-
vent.
Il n’y eut rien.
Rien de rien.
C’est fou comme le vide peut fai-
re aussi mal.
Roms.
Vous rencontrez en
Belgique la vice-prési-
dente de la Commis-
sion européenne Vivia-
ne Reding et le Centre
pour l’égalité des chan-
ces… (1)
C’est l’occasion de faire
le point sur l’égalité hom-
mes-femmes, notamment
à propos des retraites. La
pension des femmes équi-
vaut à peine à la moitié de
celle des hommes. Il sera
aussi question de la discri-
mination des handicapés.
L’ESSENTIEL
sie de cette circulaire. Elle
Pour Jeannette
Bougrab, le débat
actuel sur les Roms
renvoie à la faibles-
se des politiques
d’intégration au ni-
veau européen.
le sera peut-être. C’est un
texte interne. Ce que je
peux dire, c’est que le dé-
bat actuel renvoie à la fai-
blesse des politiques d’inté-
gration au niveau euro-
péen. On oublie que certai-
nes des règles qui sont con-
testées découlent des direc-
tives européennes comme
JEANNETTE BOUGRAB, présidente
de la Haute autorité française de
lutte contre les discriminations. © AFP.
Elle reste convain-
celle de 2004 sur la nécessi-
té au-delà de trois mois
d’avoir des revenus pour
pouvoir subvenir à ses be-
soins. Aujourd’hui, on re-
proche des choses qui ont
Le fait d’avoir été nommée directe-
ment par Nicolas Sarkozy et d’avoir
été candidate UMP aux législatives à
Paris en 2007 vous empêche-t-il
d’avoir une totale liberté de parole ?
Si j’avais été directrice de cabinet d’un mi-
nistre de gauche (c’était le cas de son pré-
décesseur, Louis Schweitzer, chez Lau-
rent Fabius), j’aurais été considérée com-
me indépendante. Mais le fait d’avoir af-
fronté le suffrage universel fait de moi quel-
qu’un de partisan. Vous êtes à droite, vous
êtes suspect. C’est regrettable ! Je lutte con-
tre les stéréotypes, et c’en est un. Mon tra-
vail à la tête de cette autorité indépendan-
te n’est pas d’aller dans les médias pour ali-
menter la polémique mais de traiter de dos-
siers individuels de discriminations ; 13.000
cas par an sont soumis à la Halde.
cue que la France
est un Etat de droit,
avec une justice in-
dépendante.
cultés. La politique migratoire ne doit pas
se limiter à une politique de flux. Elle doit
s’accompagner d’une politique d’intégra-
tion sur laquelle l’Europe doit avancer unie.
Le programme européen
d’action arrive à échéance,
il faut imaginer une nouvelle stratégie.
été décidées au niveau eu-
ropéen au moment de
l’adhésion de la Bulgarie et de la Rouma-
nie.
Vous arrivez en pleine polémique sur
les Roms. Sont-ils victimes de discrimi-
nation ?
La Halde a eu à plusieurs reprises l’occa-
sion de se prononcer sur les gens du voyage
en général. Elle a eu à connaître de discrimi-
nations, notamment à propos de l’inscrip-
tion sur les listes électorales ou à propos du
refus de certains maires de scolariser des en-
fants roms. La Halde avait remis un rapport
au Premier ministre dans lequel elle relevait
un certain nombre de problèmes.
La France n’a-t-elle pas outrepassé le
droit européen en reconduisant des
centaines de Roms ?
Je suis juriste, membre du Conseil d’Etat,
et convaincue que la France est un Etat de
droit, avec une justice indépendante. Si des
reconduites sont faites de manière illégale,
elles sont annulées. La France connaît des
difficultés, il ne faut pas pour autant remet-
tre en cause son modèle. Beaucoup d’au-
tres pays européens connaissent des diffi-
Le projet de déchoir certains délin-
quants de la nationalité est aussi très
controversé. N’est-ce pas instituer des
citoyens de seconde zone, ceux qui ne
sont pas français de souche ?
C’est un sujet difficile et délicat. La dé-
chéance de la nationalité existe déjà dans
notre droit. C’est une mesure exceptionnel-
le qui ne s’applique que dans un cadre très
restrictif. Faut-il l’étendre ? Un réajuste-
ment substantiel a déjà été opéré. Exclure
la polygamie de ce cadre, c’est déjà prendre
en compte les limites de l’exercice. Le légis-
lateur et le Conseil constitutionnel se pro-
nonceront. Mais là aussi, la faiblesse de
l’Union européenne est regrettable.
Quels sont les dossiers les plus fré-
quents ?
Ceux qui concernent l’emploi. Avec la cri-
se, les personnes les plus vulnérables sont
les premières frappées par les licencie-
ments économiques. Je pense notamment
aux femmes enceintes qui sont licenciées
dès l’annonce de leur grossesse, aux handi-
capés dont on ne renouvelle pas le contrat,
aux seniors à qui on refuse des promotions
ou que l’on remercie. Quand on est confron-
té quotidiennement à de telles situations
de détresse, on ne perd pas son temps avec
des polémiques. ■
Propos recueillis à Paris par JOËLLE MESKENS
(1) Cet entretien a été réalisé avant la prise de
position de la Commission européenne.
P. 11
L’EUROPE MENACE LA FRANCE
Le blog
«
Ce que nous dit le mal belge »
L’ESSENTIEL
(…)
Une éventuelle par-
tition de la Belgique
pourrait être conta-
gieuse dans l’Union
européenne.
A u-delà de la France, tous les Euro-
péens sont interpellés par cette crise
insolite survenant au cœur de la ville
siège des institutions de l’Union. Car même
si l’origine doit en être trouvée dans l’histoi-
re propre à la Belgique, le mal belge nous ai-
de à porter un regard différent sur d’autres
Extraits du dernier
éditorial publié par
l’eurodéputé français
Alain Lamassoure sur
son site internet.
parties de l’Europe.
Flamands, Lombards, Catalans, Ecossais,
Bavarois : tous ont en commun l’affirmation
d’une forte identité culturelle régionale.
Mais aussi une forte tentation égoïste de ré-
gions riches, lasses de payer pour les territoi-
res moins développés de leur pays. Un senti-
ment de ce genre avait déjà joué un rôle
dans l’éclatement de la malheureuse Yougo-
slavie, comme dans le « divorce de velours »
des Tchèques et des Slovaques. Il ne nous ap-
partient pas de porter des jugements mo-
raux : au vu du gaspillage colossal des fonds
alloués au Mezzogiorno italien, il est difficile
de refuser quelques circonstances atténuan-
tes aux Milanais et aux Turinois. Mais obser-
vons qu’après 60 ans de paix et de réconcilia-
tion historique des pays du vieux continent,
les peuples qui vivent désormais au sein de
la grande famille européenne ne ressentent
plus toujours la même exigence de solidari-
té dans le vieux cadre national : tandis que
les Flamands, plus nombreux et plus riches,
ne veulent plus payer pour la Sécurité socia-
le des Wallons, les Catalans ont obtenu de
limiter leur contribution au budget national
espagnol à la stricte proportion de leur part
dans le PIB national – s’exonérant ainsi du
devoir de solidarité envers l’Andalousie et
l’Estrémadure. Brandi d’abord par des terri-
toires en retard ou en crise, qui avaient l’im-
pression d’être maintenus dans un sous-dé-
veloppement relatif par rapport à leurs voi-
sins nationaux, le flambeau du régionalisme
Alain Lamassoure
Membre du PPE, la grande famille
conservatrice européenne, Alain
Lamassoure est l’un des « poids
lourds » du Parlement européen.
Son franc-parler a failli lui coûter
son siège aux dernières élections.
L’Elysée l’avait en effet rétrogradé
en troisième place de la liste UMP
dans sa circonscription…
Aujourd’hui, ce spécialiste des
affaires institutionnelles de l’UE
occupe l’une des fonctions les
plus stratégiques de l’Europarle-
ment : il en préside la commission
des Budgets, qui sera appelée à
jouer un rôle clé dans le débat sur
le futur budget de l’Union.
www.alainlamassoure.eu
– fiscal, autonomiste ou indépendantiste –
est aujourd’hui porté par quelques-unes des
régions les plus dynamiques d’Europe. Quel-
le est la portée du phénomène ? Est-il passa-
ger ou durable ? Quelles conséquences poli-
tiques ? Voilà un sujet qui mérite réflexion à
Bruxelles, capitale de plus en plus européen-
ne et de moins en moins belge.
Une autre question surgit, quand on ima-
gine l’issue possible du mal belge : la parti-
tion. Hors de Belgique, tout le monde le re-
gretterait, mais qui pourrait s’en indigner ?
Le premier fondement de l’ordre internatio-
nal est le droit des peuples à disposer d’eux-
mêmes. Seulement voilà : cela signifierait im-
plicitement que rien ne s’oppose à un redé-
coupage des frontières selon la philosophie
d’une partition « ethnique ». Et, là, malaise !
Car voilà ouverte une redoutable boîte de
Pandore. Après la décolonisation en Afrique,
après l’effondrement du rideau de fer en Eu-
rope, l’intangibilité des frontières a été pro-
clamée comme nécessité absolue au main-
tien de la paix. Plus encore : quand Milosevic
s’est lancé dans l’effroyable épuration « eth-
nique » des territoires qu’il jugeait serbes, la
communauté internationale n’a cessé de
proclamer qu’en aucun cas l’homogénéité
ethnique ou religieuse ne pouvait être la ba-
se d’une construction nationale dans les Bal-
kans. Et la communauté internationale a
veillé avec acharnement à ce que les Etats
issus de la décomposition de la Yougoslavie
restent peu ou prou « multiethniques » –
« multi-religieux » serait ici plus exact. Mais
si aucune rectification de frontières n’est ac-
ceptable dans la violence, comment refuser
une aspiration à vivre ensemble différem-
ment lorsqu’elle s’exprime pacifiquement et
par des voies démocratiques ? Le hic réside
dans le fait qu’il est aussi facile de proclamer
le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
qu’il est difficile de définir ce qu’est un « peu-
ple ». Le plus délicat étant de préciser à quel-
le dimension territoriale il faut s’arrêter : la
région, la province, voire l’agglomération ?
Question particulièrement ardue à partir du
moment où la paix « perpétuelle » assurée
sur le continent et la totale liberté de circula-
tion au sein du grand ensemble européen
éliminent le concept de « viabilité » d’un
nouvel ensemble : privé de ressources natu-
relles et de tout débouché sur la mer, peuplé
à plus de 30 % d’étrangers, le tout petit
Luxembourg a le ruban bleu de la riches-
se par habitant en Europe. (…) ■
© AFP.
1NL www.lesoir.be
1NL
www.lesoir.be

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010 “ Un monde où le consommateur a remplacé le citoyen,

Un monde où le consommateur a remplacé le citoyen, où le divertissement supplante le réa- lisme et la réflexion, où l’égoïsme règne me semble favorable à la droite nouvelle, qui d’ail-

leurs le facilite et l’entretient. » RAFFAELE SIMONE, PHILOSOPHE, AUTEUR DE « LE MONSTRE DOUX. L’OCCIDENT VIRE-T-IL À DROITE ? » (GALLIMARD)

forum

17

Reconnaître ses fautes, pour marcher la tête haute ?

L’ESSENTIEL

vail de mémoire n’est pas simplement un récit de soi. Il s’agit plutôt – tel est l’esprit de l’éthique reconstructive – de se décen- trer vers autrui, de s’ouvrir au récit de son vécu plus ou moins traumatique. Et l’autre doit pouvoir en faire autant de son côté. Ainsi peut-on espérer la satisfaction de ce grand besoin symbolique, besoin de “ justi- ce historique ” en quelque sorte, qui peut servir de base pour la réconciliation. » Si l’on dénie aux victimes de faire con- naître et reconnaître à la face du monde les violences, injustices et humiliations dont elles ont pu être victimes, si l’on refu- se, autrement dit, d’assumer une respon- sabilité morale à l’égard du passé, non seulement leur fait-on offense, mais l’on

Les individus comme les « institutions » ont souvent des difficultés

à demander pardon.

Pour le philosophe Jean-Marc Ferry, la reconnaissance mutuelle

des fautes constitue pourtant l’indispensable base de toute réconciliation.

Pour sa part, le chanteur et poète Julos Beaucarne pardonna à celui qui

ôta la vie à sa compagne.

P ardon. Regrets. Repentance. Mora-

le de chaisière ? En l’occurrence, de-

ces publiques ne concourent-elles pas à rouvrir nos blessures, tout en encoura- geant la faiblesse constitutive de ceux qui aiment à se fustiger et se complaisent dans d’ambigus mea culpa ? La question se pose et s’impose, souvent avec acrimo- nie, aux êtres humains comme aux Etats – que l’on ne songe qu’au douloureux dossier du « bilan de la colonisation ». Selon le philosophe Jean-Marc Ferry, qui a théorisé la notion d’« éthique re- constructive » (1), lorsque des individus ou des peuples se sont infligé des violen- ces, ils ne peuvent se réconcilier qu’à la condition de reconnaître publiquement leurs fautes passées, d’accepter d’enga-

ger – moyennant la médiation éventuelle d’un tiers – une thématisation coopérati- ve de ce passé « qui ne passe pas ». « Pour panser leurs plaies, explique le philosophe, les individus comme les peu-

ples ont besoin de raconter mais aussi de confronter leur vécu. Il ne suffit pas, en ef- fet, de “ se raconter soi-même ”, sans consi- dération pour le vécu de l’autre. Le vrai tra-

puis lundi, les reproches pleu-

vent… sur l’Eglise de Belgique, pour n’avoir pas su, ou voulu, présenter des ex- cuses aux victimes de ses gens. Pour rap- pel : 475 plaintes recensées et 13 suicides avérés, renvoyant pour la plupart à des faits de pédophilie commis des années 50 à la fin des années 80 par des ecclésias- tiques, mais aussi des professeurs de reli- gion ou des accompagnateurs de mouve- ments de jeunesse. Mais au fond, si l’on range la simple po- litesse au magasin des accessoires, pour- quoi faudrait-il s’excuser ? Les repentan-

Pour panser leurs plaies, les individus comme les peuples ont besoin de raconter mais aussi de con- fronter leur vécu. » Jean-Marc Ferry

se prive de la possibilité d’une reprise cri- tique des récits relatifs à son histoire pro- pre : ce fameux « travail de mémoire », qui fait (aussi) avancer sa cause.

Illustration par l’exemple en Allema- gne (de l’Ouest), à l’été 1986. Un débat fort vif éclata entre intellectuels – la « Querelle des historiens » – à propos du passé national-socialiste Parmi ces savants, certains tenaient ce discours : « Nous en avons assez de la cul- pabilité, de l’auto-contrition et nous vou- lons désormais marcher la tête haute, en nous réconciliant avec notre Histoire et nos traditions ». A l’opposé, d’autres figures d’intellec- tuels – avec, à leur tête, le philosophe Jür- gen Habermas – firent valoir que le fait de reconnaître les fautes et les crimes pas- sés n’avait rien de spécialement maso- chiste, ne relevait pas de la délectation morose. Et que, pour pouvoir « marcher la tête haute », précisément, il fallait pou- voir assumer la responsabilité de son pro- pre passé, y compris dans ses aspects les moins valorisant pour le narcissisme Même si l’on n’était pas au stade, les se- conds l’emportèrent.

WILLIAM BOURTON

(1) J.-M. Ferry, L’Éthique reconstructive , Cerf, 1996.

Le courrier

La condition schizophrène des prêtres

D ans Le Soir du 11 septembre, le Père Charles Delhez estime

que la pédophilie de certains clercs « n’est pas un problème d’Égli- se mais un problème de société. Il ne s’agit pas de nier ce qui s’est pas- sé, mais il faut arrêter de vouloir ex- pliquer les actes de pédophilie par le célibat des prêtres. (…) Ce serait un gâchis de se donner bonne cons- cience en donnant mauvaise cons- cience à l’Église (…) ».

Bel exemple de diversion fami- lier à une opinion catholique moyenne, préoccupée de combi- ner « ouverture » et « pondéra- tion » – mais que reste-t-il à ses yeux de la violence de l’Évangile ? Non qu’il faille ignorer un problè- me social bien réel, mais qu’en dé- plaçant sur lui tout le poids du scandale, on escamote la responsa- bilité grave et spécifique de l’Égli- se en tant qu’institution romaine, en raison de la confusion qu’elle entretient de la façon la plus désin- volte entre service pastoral et céli- bat. Par cette confusion qui lie inextricablement ceux-ci l’un à l’autre, elle enferme dans un cer- cle « vicieux » nombre de prêtres qui spontanément n’auraient ja- mais choisi le célibat : leur faisant porter tout le poids de l’obligation qu’elle leur impose arbitraire- ment, elle les plonge dans un dé- bat de conscience sans issue entre responsabilité pastorale et vécu personnel, si problématique soit- il. Les laissant se détruire en contra- diction frontale avec l’Évangile qu’elle leur donne pour mission de rayonner, elle les contraint en même temps à cette condition schizophrène par le secret de cons- cience qu’elle leur impose. ( )

CLAUDE FLORIVAL

THÉOLOGIEN

L’Eglise réagit comme BP

L ’Eglise catholique, après le rap- port Adriaenssens, réagit com-

me BP après la marée noire ! Com-

ment

Com-

ment rassurer les croyants/action- naires ? Quelle stratégie adopter ? Que dire ? Quand ? Que cacher ? L’Eglise catholique n’est finale- ment rien d’autre qu’une multina- tionale soucieuse de son image de marque et de son influence.

JEAN-CLAUDE CAVENAILE MONS

limiter

les

dégâts ?

Julos : « La colère ne résout rien »

les dégâts ? Julos : « La colère ne résout rien » L e 2 février

L e 2 février 1975, Louis-Hélè-

ne France, appelée Loulou,

épouse du chanteur Julos

Beaucarne, est sauvagement as- sassinée de neuf coups de cou- teau par quelqu’un qu’ils ont en- gagé pour assurer des tâches mé-

nagères. Elle avait 33 ans. La nuit suivante, le poète de Tourinnes-la- Grosse rédigeait un appel rempli d’indulgence et de tolérance (lire ci-dessus). Il en appelait alors à

« reboiser l’âme humaine » et à

« s’aimer à tort et à travers » . Un

geste humain et littéraire hors du commun.

Comment est née l’idée de cet- te « Lettre aux amis bien ai- més » ? Je n’ai pas réfléchi, j’ai écrit. D’un seul trait. Pour me libérer. Pour dire ce que je ressentais intensément et transmettre un message à la fois in- time et politique, au sens « noble » du terme. Dans la presse, j’avais lu

des choses horribles comme le fait que ma femme et moi n’étions pas assez racistes (l’assassin était d’ori- gine étrangère). Ça me révulsait. Je ne voulais pas laisser s’installer ce type de message et couper court à l’idée selon laquelle on peut faire justice soi-même.

Une forme de pardon ? Si l’on veut. La colère, la haine et la rancœur ne mènent nulle part. Et

surtout, ça ne résout rien. La haine,

aussi grande soit-elle, n’a jamais permis de ressusciter qui que ce soit. Cette nuit-là, je me devais de rebondir. Je voulais convertir mon énergie dans quelque chose de posi- tif. Ce message m’était dicté par Loulou elle-même. Ça n’avait rien d’intellectuel. C’était comme une li- bération, doublée d’une mise au point. Pour continuer à marcher droit devant.

Accepter sans dépit, c’était cou-

rageux ? Non, je ne le crois pas. J’ai agi de cette manière pour avancer. Le res- sentiment, la vengeance, ça bloque toute forme de libération intérieu- re. Ça n’aide pas à faire son deuil.

Trente-cinq ans après avoir écrit « Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doi- vent se mettre ensemble pour l’embellir », vous le pensez tou- jours ? Bien entendu. Mais il faut mal- heureusement admettre qu’en 35 ans, peu de choses ont réellement changé. Notre monde reste guidé par la peur. La haine est omnipré- sente. L’argent reste la religion do- minante. Et les marchands d’armes continuent à engranger des bénéfi- ces faramineux. J’ai écrit ça dans le contexte que l’on connaît, mais il me semble que modestement ça reste d’une actualité criante.

Propos recueillis par H.Do.

ILS ONT DEMANDÉ PARDON Willy Brandt

recueillis par H.Do. ILS ONT DEMANDÉ PARDON Willy Brandt Chancelier alle- mand, en visite officielle en

Chancelier alle- mand, en visite officielle en Polo- gne, le 7 décembre 1970, il s’agenouille devant le mémo- rial dédié aux héros et aux vic- times du ghetto de Varsovie.

dédié aux héros et aux vic- times du ghetto de Varsovie. Jean-Paul II Pape, il fait

Jean-Paul II

Pape, il fait acte de repentance, en 2000, à Jérusa- lem, au nom de l’Eglise, pour les souffrances subies par le peuple juif, tout au long de l’Histoire.

subies par le peuple juif, tout au long de l’Histoire. Jacques Chirac Président de la Ré-

Jacques

Chirac

Président de la Ré- publique en exerci- ce, il reconnaît en 1995 la res- ponsabilité de l’Etat français dans les rafles de Juifs de l’été 1942 et dans la Shoah.

dans les rafles de Juifs de l’été 1942 et dans la Shoah. Le Sénat US En

Le Sénat US

En 2009, il présen- te ses excuses pour « l’esclavage et la ségrégation ra- ciale » envers les Noirs améri- cains. Dans un vote unanime, au nom de tout le peuple US.

ILS N’ONT PAS DEMANDÉ PARDON Zinedine Zidane

peuple US. ILS N’ONT PAS DEMANDÉ PARDON Zinedine Zidane Exclu pour un coup de tête en

Exclu pour un coup de tête en finale du Mondial en 2006, il « demande pardonaufootball, aux supporters, à l’équipe mais à lui (Materazzi), jamais Je préfère mourir».

mais à lui (Materazzi), jamais Je préfère mourir» . Maurice Lippens Président du C.A. de Fortis

Maurice

Lippens

Président du C.A. de Fortis démis de ses fonctions par le gouverne- ment en 2008, il refuse de- puis de s’excuser auprès des petits actionnaires, floués par la crise bancaire.

 

François

André-Joseph

Mitterrand Il n’a jamais voulu présenter ses ex- cuses pour le régime collabo- rationniste de

Mitterrand

Il n’a jamais voulu présenter ses ex- cuses pour le régime collabo- rationniste de Vichy, durant la Deuxième Guerre.

collabo- rationniste de Vichy, durant la Deuxième Guerre. Léonard L’archevêque, chef de l’Eglise ca- tholique

Léonard

L’archevêque, chef de l’Eglise ca- tholique belge, n’a pas deman- dé pardon aux centaines de victimes d’abus sexuels com- mis par des religieux.

Un journaliste du Soir vous répond, tous les jours de la semaine, à 11h02 précises,
Un journaliste du Soir vous répond, tous les jours de la semaine, à 11h02 précises,
Un journaliste du Soir vous répond, tous les jours de la semaine, à 11h02 précises,

Un journaliste du Soir vous

répond, tous les jours de la semaine, à 11h02 précises, face caméra. Posez-lui vos questions dès 10h, sur www/lesoir.be/polemiques/ Aujourd’hui : Marc Metdepenningen sur le scandale pédophile qui touche l’Eglise belge, sur les déclarations de M gr Léonard, sur celles de l’évêque de Tournai Guy Harpigny, etc.

Les tweets de la rédaction du « Soir »

http://twitter.com/lesoir/

Saga Belgica

Retrouvez le blog des journalistes de la rédaction politi- que du « Soir. » http://blogs.lesoir.be/sagabelgica/

Geeko

Découvrez le nouveau-né de la rédaction web : Geeko, le blog technologeek à la portée de tous :

http://geeko.lesoir.be/

www.lesoir.be 1NL
www.lesoir.be
1NL

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

18

zoom

Le Soir Mercredi 15 septembre 2010

zoom

19

L’acteur