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DROIT DES CONTRATS

Application dans le temps de l’ordonnance du 10/10/2016 : Entrée en vigueur à partir du 1er octobre 2016 et applicable aux contrats conclus dès cette
date. D’autres dispositions sont applicables dès le 10/10/2016 et indifféremment de la date de conclusion.
INTRODUCTION : NOTION ET CLASSIFICATIONS DES CONTRATS
§.1 : La notion de contrat
1101 CCiv « Le contrat est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations »
§.2 : Les classifications de contrats
LES CONTRATS SYNALLAGMATIQUES ET LES CONTRATS UNILATERAUX
Distinction Intérêt
1106 al1 CCiv « s'obligent réciproquement les uns envers les autres » Preuve : double original (1375 CCiv) vs 1 exemplaire au creancier
al 2« sans qu'il y ait d'engagement réciproque de celles-ci » Force obligatoire : exception d’inexécution (synall)
≠ acte juridique unilatéral (une seule volonté)
LES CONTRATS A TITRE ONEREUX ET LES CONTRATS A TITRE GRATUIT
Distinction Intérêt
1107 al1 CCIv « chacune des parties reçoit de l'autre un avantage en Actes gratuits @ formalisme pour protéger celui qui s’engage
contrepartie de celui qu'elle procure » @ sa resp est réduite (osef vices cachés)
al2 « l'une des parties procure à l'autre un avantage sans attendre ni
recevoir de contrepartie »
LES CONTRATS COMMUTATIFS ET LES CONTRATS ALEATOIRES
Distinction Intérêt
1108 al1 CCiv « chacune des parties s'engage à procurer à l'autre un Le juge peut contrôler le déséquilibre excessif du contrat commutatif au
avantage qui est regardé comme l'équivalent de celui qu'elle reçoit » moment de sa formation (ex : lésion vs alea)
al2 « les parties acceptent de faire dépendre les effets du contrat,
quant aux avantages et aux pertes qui en résulteront, d'un événement
incertain »
LES CONTRATS CONSENSUELS, SOLENNELS ET REELS
Distinction
1109 al1 CCiv « il se forme par le seul échange des consentements quel qu'en soit le mode d'expression »
al2 « sa validité est subordonnée à des formes déterminées par la loi »
al3 « sa formation est subordonnée à la remise d'une chose »
LES AUTRES CLASSIFICATIONS
Distinction Intérêt
1110 CCiv « Le contrat de gré à gré est celui dont les stipulations sont 1171 CCiv : contrôle du déséquilibre significatif des contrats d’adhésion
librement négociées entre les parties. Le contrat d'adhésion est celui dont
les conditions générales, soustraites à la négociation, sont déterminées à
l'avance par l'une des parties »
1111 CCiv « Le contrat cadre est un accord par lequel les parties 1164 CCiv : le prix peut ne pas être fixé dans un contrat-cadre
conviennent des caractéristiques générales de leurs relations contractuelles
futures. Des contrats d'application en précisent les modalités d'exécution »
1111-1 CCiv « Le contrat à exécution instantanée est celui dont les La principale différence est dans les conséquences de l’anéantissement
obligations peuvent s'exécuter en une prestation unique. Le contrat à selon le type du contrat.
exécution successive est celui dont les obligations d'au moins une partie
s'exécutent en plusieurs prestations échelonnées dans le temps »
CHAPITRE 1 : LA FORMATION DU CONTRAT : LA RENCONTRE DES VOLONTES
Section 1 : Les contrats entre présents (2 modes de rencontre des volontés)
Sous-section 1 : La rencontre instantanée des volontés (contrats simples)
1113 CCiv « Le contrat est formé par la rencontre d'une offre et d'une acceptation par lesquelles les parties manifestent leur volonté de s'engager. Cette
volonté peut résulter d'une déclaration ou d'un comportement non équivoque de son auteur »
§.1 : L’obligation précontractuelle d’information (1112-1 CCiv)
Celui qui sait ou devrait savoir doit informer son cocontractant (bonne foi contractuelle).
- Oblig de renseignement ou d’info : vise des faits objectifs (vendeur occasionnel)
- Oblig de mise en garde : vise le danger d’une chose ou du contrat (étab de crédit)
- Devoir de conseil : incombe au vendeur pro ou aux prof libérales vis-à-vis de leurs clients
Condition de cette oblig : détention d’une info déterminante au consentement + ignorée légitimement du cocontractant
Régime : - Preuve : 1353 CCiv « Celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le
paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation »
- Sanction : - oblig précontractuelle = resp civile de 1240 CCiv : DI
- éventuellement nullité du contrat (erreur, dol)
§.2 : L’offre
A - La notion d’offre
1114 CCiv = une proposition précise et ferme de contracter
La précision : comprend les éléments essentiels du contrat envisagé (1583 CCiv : offre de vente = chose + prix)
La fermeté : volonté irrévocable de conclure le contrat projeté si acceptation (Ø réserve expresse ou tacite -CdT, bail...-)
B - Formes de l’offre
Consensualisme : 1113 al2 CCiv « peut résulter d'une déclaration ou d'un comportement non équivoque de son auteur »
C - Régime juridique de l’offre
Offre + acceptation = contrat
QUID de la révocation de l’offre ?
- La libre révocation : 1115 CCiv « tant qu'elle n'est pas parvenue à son destinataire »
- Limites : 1116 CCiv : - Offre avec délai = rétractation après le délai
- Offre sans délai = rétractation après délai raisonnable (usages)
- Sanction : 1116 CCiv : le contrat ne peut être conclu mais DI
- Caducité : 1117 CCiv : après délai fixé / délai raisonnable / si incapacité ou décès de l’auteur
§.3 : L’acceptation
A. L’existence de l’acceptation
Conditions : 1118 CCiv « manifestation de volonté de son auteur d'être lié dans les termes de l'offre » (Ø réserve) + « Tant que l'acceptation n'est pas
parvenue à l'offrant, elle peut être librement rétractée »
Portée (1119 al1 CCiv) : l’acceptant s’engage juste sur les éléments de l’offre et non tout le contrat (clauses...)
B. L’expression de l’acceptation
Consensualisme, mais univoque (1113 al2 CCiv)
Silence ? 1120 CCiv « ne vaut pas acceptation », sauf :
- Prévu par la loi : 1738 CCiv (silence du bailleur à l’issue du bail)
- Usage : certains pro @ offre avec oblig de refus exprès
- Habitudes de la relation d’affaire
- « Circonstances particulières » : = non exhaustif (Cass, 1970 : silence = acceptation pour offre faite dans l’intérêt exclusif du destinataire)
Sous-section 2 : La rencontre progressive des volontés (contrats importants)
§.1 : La négociation du contrat futur
A. La négociation sans contrat de négociation (1112 CCiv)
Principe : liberté : « L'initiative, le déroulement et la rupture des négociations précontractuelles sont libres »
Limite : bonne foi : « Ils doivent impérativement satisfaire aux exigences de la bonne foi »
-> Rupture abusive (DI) = intention de nuire ou légèreté blâmable (Cass, 2000 : si les négo sont avancées, il faut justifier d’un motif légitime de rupture)
B. Les contrats de négociation
Pour les contrats très importants = contractualisation de la phase de négo précontractuelle.
Types : - Lettre d’intention : reprend l’intérêt des parties pour un contrat + volonté d’entamer des négo (éléments essentiels à fixer)
- Accord de principe : accord sur la nature du contrat (éléments essentiels à fixer)
- Accord partiel : accord sur certains éléments essentiels du contrat
Efficacité : - Oblig générale de négo de BF du contrat
- Oblig spé : clause de confidentialité, sincérité, exclusivité...
Sanction : DI (sauf accord partiel sur tous les éléments essentiels = exécution forcée + complété par juge)
§.2 : Les avant-contrats
Ils permettent à un cocontractant la possibilité de conclure à terme le contrat définitif.
A. Variété des contrats préparatoires
Promesse unilatérale de contrat : 1124 CCiv : le promettant accorde au bénéficiaire le droit d'opter pour la conclusion d'un contrat dont les éléments
essentiels sont déterminés et pour la formation duquel ne manque que le consentement du bénéficiaire.
-> CDD (délai fixé) ou CDI (révocable par toute partie à tout moment, 1211 CCiv)
-> Promesse unilatérale de vente : le bénéficiaire de la promesse l’accepte (contrat de promesse formé) mais n’a pas encore accepté la vente.
-> 1589-2 CCiv : constatée par un acte authentique ou sous seing privé enregistré sous 10j (nullité)
-> Promesse synallagmatique de vente : parties acceptent de vendre/acheter mais la vente est retardée à des formalités.
Pacte de préférence : 1123 CCiv « une partie s'engage à proposer prioritairement à son bénéficiaire de traiter avec lui pour le cas où elle déciderait de
contracter »
B. Efficacité des contrats préparatoires
Effets de la promesse de contrat (1124 CCiv) :
- Pour bénéficiaire : exclusivité contractuelle + délai pour lever l’option (si clause de DI pour refus = promesse synall)
- Pour promettant : il est engagé à la conclusion du contrat, sauf refus rendant promesse caduque.
- Révocation : acceptation avant = contrat parfait / acceptation après = révocation sans effet
- Contrat conclu avec un tiers : conclusion pendant promesse + tiers savait = nullité
Effets du pacte de préférence (1123 CCiv) :
- Pour bénéficiaire : créancier d’une propriété contractuelle
- Pour promettant : débiteur de l’oblig d’émettre une offre au bénéficiaire s’il veut contracter (libéré que si refus)
- Sanction : contrat conclu avec tiers = DI + (si tiers MF) nullite ou substitution à lui.
- Action interrogatoire du bénéficiaire par le tiers (al3 et 4)
Sous-section 3 : Le droit spécial de la rencontre des volontés
Ces dispositions viennent compléter les vices du consentement, inefficaces et lourds.
§ 1. L’information des contractants
Obligation générale d’information : cf Chap1 (1112-1 CCiv)
Obligations spéciales d’information (CConso) :
- Oblig du pro au conso : faire connaître les caractéristiques essentielles de la chose/service, modalités du contrat et garanties (L111-1 CConso) +
assurer la publicité d’éléments (prix, prix/kg, TEG, labels...)
- Formalisme informatif des contrats par le pro : mentions et info juridiques + infos sur l’objet du contrat.
§ 2. La réflexion des contractants (1122 CCiv)
Délai de réflexion : la conclusion du contrat est interdite pendant ce délai (ex: 10j credit immo L313-34 CConso)
Droit de repentir : possibilité de rétractation après la formation du contrat (14j si contrat conclu à distance ou démarchage L221-18 CConso)
Section 2 : Les contrats entre absents
§.1 : Le traitement classique de la question
1121 CCiv « Le contrat est conclu dès que l'acceptation parvient à l'offrant. Il est réputé l'être au lieu où l'acceptation est parvenue »
§ 2. Le renouvellement de la question avec les dispositions sur le contrat électronique
Validité des contrats sous forme électronique : 1174 et 1175 CCiv
Contrats sous forme électronique : 1125 s. CCiv

CHAPITRE 2 : LA VALIDITE DU CONTRAT : LE CONTROLE DES VOLONTES


SOUS-CHAPITRE 1 : LES CONDITIONS DE VALIDITE DU CONTRAT
1128 CCiv : consentement des parties + capacité de contracter + contenu licite et certain
Section 1 : Les conditions de validité tenant aux personnes
Sous-section 1: l'aptitude à consentir
§.1. La capacité
A. Les incapacités d'exercice
1. Les mineurs non émancipés
2. Les majeurs protégés
B. Les incapacités de jouissance
§.2. L'insanité d'esprit
Sous-section 2: l'intégrité du consentement
§.1. L’erreur
A. Les différentes variétés d’erreurs
1. Les erreurs sanctionnées
2. Les erreurs indifférentes
B. Les caractères nécessaires à la nullité
C. Preuve et sanctions
§.2. le dol
A. La notion de dol
1. L’aspect délictuel
2. L’aspect psychologique
B. Preuve et sanctions du dol
§.3. : La violence
A. La notion de violence
1. Une contrainte illégitime (aspect délictuel)
2. Une crainte déterminante du consentement (aspect psychologique)
B. L’origine de la violence
C. Preuve et sanctions de la violence
Section 2 : Les conditions de validité tenant au contenu du contrat
Sous-section 1 : L’ancienne appréhension du contenu du contrat
§. 1 : L’objet
I. L’objet de l’obligation
A. Un objet déterminable ou déterminé
1. Règles générales
2. Hypothèse particulière de la détermination du prix
B. Un objet possible
C. Un objet licite
II. L’objet de l’opération contractuelle
A. La lésion
1. La notion de lésion
2. Le principe
3. Preuve et sanctions de la lésion
B. Les clauses abusives
1. Les critères des clauses abusives
2. Les techniques d’identification des clauses abusives
3. Sanctions des clauses abusives
§. 2 : La cause
I. La cause de l’obligation
A. Dans les contrats à titre onéreux
1. Dans les contrats synallagmatiques
2. Dans les contrats unilatéraux
3. La cause dans les ensembles contractuels
B. Dans les actes à titre gratuit
C. Cas particulier : la fausse cause
D. Preuve et sanctions de l’absence de cause
II. La cause du contrat
A. Raisons de la prise en compte
1. Dans les contrats à titre onéreux
2. Dans les actes à titre gratuit
B. Modalités de la prise en compte
1. Caractères des motifs pris en compte
2. Preuve et sanctions de l’illicéité ou de l’immoralité de la cause
Sous-section 2 : La nouvelle appréhension du contenu du contrat
§. 1. Les règles relatives aux stipulations du contrat
A. L’objet de l’obligation
B. L’équilibre du contrat
1. L’équilibre des prestations
2. Les clauses déséquilibrantes
§. 2. Les règles relatives au but du contrat
SOUS-CHAPITRE 2 : LA SANCTION DES CONDITIONS DE VALIDITE DU CONTRAT
§.1 : La summa divisio des nullités
A. Les nullités absolues
B. Les nullités relatives
§. 2 : Les effets de l’annulation
A. L’étendue de l’annulation
B. La portée de l’annulation
1. La portée de l’annulation entre les parties : les restitutions réciproques
2. La portée de l’annulation à l’égard des tiers
CHAPITRE 3 : LES EFFETS DU CONTRAT
Section 1 : La force obligatoire du contrat
§1 La force obligatoire du contrat entre les parties
A. L'irrévocabilité et l'intangibilité du contrat
1. La révocation conjointe du contrat
2. La modification conjointe du contrat
B. L’exécution de bonne foi du contrat
1. Les manifestations de la bonne foi
2. Les sanctions de la mauvaise foi
§2 La force obligatoire du contrat à l’égard du juge
A. L’interprétation du contrat par le juge
1. L’interprétation explicative selon la volonté des parties
2. L’interprétation créatrice au nom de la bonne foi et de l’équité
B. La modification du contrat par le juge
1. Le rejet jurisprudentiel de la révision pour imprévision
2. L’admission légale d’un principe général de révision pour imprévision
Section 2 : L’effet relatif du contrat
§1 Le corollaire de l’effet relatif : l’opposabilité du contrat
A. L’opposabilité aux tiers absolus
1. L’opposabilité du contrat par les parties aux tiers
2. L’opposabilité du contrat par les tiers aux parties
B. L’opposabilité aux créanciers chirographaires
§2 « Les dérogations » à l’effet relatif
A. Les contrats pour autrui
1. La promesse de porte-fort
2. La stipulation pour autrui
B. Les groupes de contrats
CHAPITRE 4 : L’INEXECUTION DU CONTRAT
Section 1 : Les sanctions en nature
§. 1. L’exception d’inexécution
A. Les conditions de l’exception d’inexécution
1. L’exception pour inexécution
2. L’exception pour risque d’inexécution
B. Les effets de l’exception d’inexécution
§. 2. L’exécution forcée en nature
§. 3. La réduction du prix
§. 4. La résolution
A. Les conditions de la résolution
1. La résolution par l’application d’une clause résolutoire
2. La résolution par notification
3. La résolution judiciaire
B. Les effets de la résolution
Section 2 : La sanction par équivalent : la responsabilité contractuelle
§1 Les conditions de la responsabilité
A. La violation d’une obligation contractuelle
B. Le dommage
1. L’exigence d’un dommage réparable
2. La détermination du dommage réparable
C. Le lien de causalité
§2 L’exonération de la responsabilité
A. Exonération totale : les cas de force majeure
B. Exonération partielle : la faute partiellement causale du créancier
§3 L’aménagement conventionnel de la responsabilité
A. Les clauses exclusives et limitatives de responsabilité
B. La clause pénale
ANNEXE I : fiche de synthèse : La responsabilité des notaires
ANNEXE II : fiche de synthèse : la responsabilité des avocats
ANNEXE III : fiche de synthèse : Les liens entre garanties des vices cachés et défaut de conformité
ANNEXE IV : fiche de synthèse : La représentation
ANNEXE V : fiche de synthèse : La simulation
ANNEXE VI : fiche d'approfondissement : l'exception de nullité
Section 1 : La capacité à contracter
§.1. La capacité
Capacité = aptitude à acquérir un droit et à l’exercer
= capacité de jouissance (aptitude à être titulaire de droits) et d’exercice (aptitude à les exercer directement)
1145 al1 CCiv « Toute personne physique peut contracter sauf en cas d'incapacité prévue par la loi »
1146 CCiv incapables = mineurs non émancipés + majeurs protégés
A. Les incapacités d'exercice
1. Les mineurs non émancipés
414 CCiv = incapacité générale d’exercice pour accomplir des actes.
Représentation : - administration légale (parent)
- tutelle (tuteur/ConsFam)
Actes : - de vie courante : seul
- d’admin : 382-1 CCiv chaque parent peut faire seul
- de dispo : Admin légale (381-2 a contrario, 387 s. CCiv) Tutelle (505 al1 CCiv)
2. Les majeurs protégés
Sauvegarde de justice (433 s. CCiv) : personnes dont la guérison rapide est envisagée
Curatelle (440 s. CCiv) : assistance pour les actes les plus graves
Tutelle (440 s. CCiv) : représentation continue pour tout acte hors vie courante
B. Les incapacités de jouissance
Une mesure de protection : ex : 903, 904 CCiv c/ mineur-16 ou majeur incapable de disposer d’un bien à titre gratuit.
Une mesure de méfiance : ex : anc.1125-1 CCiv (CSP now) : personnel de maison retraite ne peuvent acquérir un bien, droit ou bail d’un pensionnaire.
1596 CCiv : mandataire c/ achat du bien qu’il doit vendre.
Sanction : nullité
§.2. L'insanité d'esprit
Nullité pour incapacité ≠ pour insanité d’esprit -> On vise ici une personne a priori capable.
414-1 CCiv « Pour faire un acte valable, il faut être sain d'esprit. C'est à ceux qui agissent en nullité pour cette cause de prouver l'existence d'un trouble
mental au moment de l'acte »
Conditions : preuve de l’existence d’un trouble mental (suffisamment grave) + caractère contemporain a la formation du contrat (JP souple « à l’époque »)
Régime : 414-2 CCiv « De son vivant, l'action en nullité n'appartient qu'à l'intéressé » « Après sa mort (...) ne peuvent être attaqués par ses héritiers, pour
insanité d'esprit, que dans les cas suivants... »
Section 2 : L'intégrité du consentement
1130 CCiv « L'erreur, le dol et la violence ... »
§.1. L’erreur
Erreur = discordance entre la croyance de l’errans et la réalité.
A. Les différentes variétés d’erreurs
1. Les erreurs sanctionnées
1132 CCiv « L'erreur de droit ou de fait, à moins qu'elle ne soit inexcusable, est une cause de nullité du contrat lorsqu'elle porte sur les qualités essentielles
de la prestation due ou sur celles du cocontractant » + JP @ erreur obstacle.
Erreur obstacle : erreur si grave qui bloque la rencontre des volontés qui ne se sont en réalité pas entendues sur les éléments essentiels du contrat (sur la
nature ou l’objet de l’acte)
Erreur sur les qualités essentielles de la prestation : 1133 CCiv « Les qualités essentielles de la prestation sont celles qui ont été expressément ou tacitement
convenues et en considération desquelles les parties ont contracté »
- De fait : authenticité d’une œuvre d’art, constructibilité terrain
- De droit : bailleur pense devoir appliquer régime des baux comm et fait une offre d’indemnité d’eviction
- Sa propre prestation : Cass, 1983, Poussin
Erreur sur les qualités essentielles de la personne : identité ou qualités essentielles mais recevable que dans un contrat intuitu personae.
2. Les erreurs indifférentes
Erreur sur des qualités non essentielles (personne ou prestation) / sur la personne hors intuitu personae / sur l’appréciation économique d’une chose
(1136 CCiv) MAIS peut-être un cas de lésion.
Lésion : - erreur sur le prix : pas de nullité, sauf rare cas de confusion de devise ou erreur d’étiquetage
≠ - erreur sur la valeur (consentement ok sur le prix) : pas de nullité sur la mauvaise appréciation économique (sauf données erronées) mais si elle
résulte d’une erreur sur la substance il y a nullité.
B. Les caractères nécessaires à la nullité
L’errans a cru faussement que la chose ou la personne présentait une qualité + elle a été la raison déterminante de son engagement + cette qualité
manquante est enfin entrée dans le champ contractuel + une erreur excusable in concreto (1132 CCiv)
C. Preuve et sanctions
Charge de la preuve sur l’errans par tout moyen (fait juridique)
Nullité relative (vice du consentement) l’errans @ action, il peut aussi confirmer l’acte
Nullité totale sauf si le juge n’annule qu’une clause accessoire pour garder le contrat
Faute du cocontractant = DI pour l’errans si préjudice (1178 al4 CCiv)
§.2. Le dol
A. La notion de dol
1137 CCiv « Le dol est le fait pour un contractant d'obtenir le consentement de l'autre par des manœuvres ou des mensonges. Constitue également un dol
la dissimulation intentionnelle par l'un des contractants d'une information dont il sait le caractère déterminant pour l'autre partie »
1. L’aspect délictuel
Elément matériel :
- Manœuvres : actes positifs créant chez le cocontractant une fausse apparence de la réalité
- Mensonges : fausse affirmation sur un élément du contrat
- Silence : réticence dolosive dès qu’un élément, connu comme déterminant pour l’autre partie, lui est dissimulé (osef si Ø oblig info)
Elément intentionnel : volonté de tromper, à prouver par la victime (plus difficile si silence)
Origine du dol : cocontractant + 1138 CCiv son représentant, gérant d'affaires, préposé, porte-fort ou tiers de connivence.
2. L’aspect psychologique
Le dol doit provoquer une erreur + déterminante dans le consentement au contrat.
Erreur : 1139 CCiv « L'erreur qui résulte d'un dol est toujours excusable ; elle est une cause de nullité alors même qu'elle porterait sur la valeur de la
prestation ou sur un simple motif du contrat »
Déterminante : 1130 CCiv « ... l'une des parties n'aurait pas contracté (dol principal) ou aurait contracté à des conditions substantiellement différentes (dol
incident) »
B. Preuve et sanctions du dol
Dol (fait juridique) = prouvé par tout moyen par la victime.
-> Nullité relative (prescription 5 ans) + DI car faute (précontractuel : 1240 CCiv)
-> OU maintien du contrat (1178 al4 CCiv) + DI
§.3. : La violence
1140 CCiv « Il y a violence lorsqu'une partie s'engage sous la pression d'une contrainte qui lui inspire la crainte d'exposer sa personne, sa fortune ou celles
de ses proches à un mal considérable »
A. La notion de violence
1. Une contrainte illégitime (aspect délictuel)
Une contrainte : sur sa personne, ses proches (crainte physique ou morale), son patrimoine
Une contrainte illégitime : vs menace légale : exercice d’une voie de recours ou d’une grève (sauf abus)
2. Une crainte déterminante du consentement (aspect psychologique)
Crainte vice du consentement = exister au moment de la conclusion + suffisamment grave (in concreto 1130 al2 CCiv)
B. L’origine de la violence
1142 CCiv « exercée par une partie ou par un tiers »
1143 CCiv « état de dépendance»
C. Preuve et sanctions de la violence
Nullité relative (prescription 5 ans) + DI car faute (précontractuel : 1240 CCiv)
Section 3 : L’appréhension du contenu du contrat
§. 1. Les règles relatives aux stipulations du contrat
A. L’objet de l’obligation
1163 à 1167 CCiv : objet possible, déterminé ou déterminable
B. L’équilibre du contrat
1168 à 1171 CCiv : contrôle de l’équilibre des prestations + clauses de déséquilibrantes
L’équilibre des prestations :
- 1168 CCiv (ppe) : déséquilibre ≠ nullité
- 1169 CCiv : c/ contrepartie illusoire ou dérisoire
- 1170 CCiv : c/ clause qui prive de sa substance l'obligation essentielle
Les clauses déséquilibrantes :
- 1171 CCiv « Dans un contrat d'adhésion (1110 CCiv), toute clause qui crée un déséquilibre significatif »
§. 2. Les règles relatives au but du contrat
1162 CCiv « Le contrat ne peut déroger à l'ordre public ni par ses stipulations, ni par son but, que ce dernier ait été connu ou non par toutes les parties »