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Inflammabilité - Lutte contre l'Incendie

PHÉNOMÈNES DE LA COMBUSTION -3
PROPAGATION DU FEU - COMPORTEMENT AU FEU
Ingénieurs en DES MATÉRIAUX
Sécurité Industrielle

I - COMPOSANTS SUSCEPTIBLES DE BRÛLER SUR UN SITE INDUSTRIEL ......................... 1

II - PROPAGATION DU FEU .......................................................................................................... 2

1 - Différents modes de propagation .................................................................................................2


2 - Différentes phases d’un incendie .................................................................................................6

III - COMPORTEMENT AU FEU DES MATÉRIAUX ....................................................................... 7


1 - Définitions.....................................................................................................................................7
2 - Réaction au feu ............................................................................................................................ 7
3 - Résistance au feu des éléments de construction....................................................................... 11

IV - AMÉLIORATION DU COMPORTEMENT AU FEU DES MATÉRIAUX ................................... 13

1 - Rappels sur le transfert de chaleur ............................................................................................ 13


2 - Ignifugation................................................................................................................................. 14
3 - Refroidissement .........................................................................................................................17

Ce document comporte 18 pages


SE FEU - 02724_A_F - Rév. 0 08/08/2005

 2005 ENSPM Formation Industrie - IFP Training


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I- COMPOSANTS SUSCEPTIBLES DE BRÛLER SUR UN SITE INDUSTRIEL


Les risques sont ceux des bureaux et autres locaux, des laboratoires, des unités de production, transfert et
stockage, et surtout des produits.

• Bureaux :

- revêtements de sols, matériaux des cloisons et faux plafonds


- tissus (rideaux, vêtements, …)
- mobilier (sièges, meubles, …)
- documents (papiers, films, …)
- matériels électriques divers (ordinateurs, imprimantes, …)

La limitation des risques passe, par exemple, par un mobilier métallique, un rangement en armoire fermée
des papiers et documents, …

À titre préventif, il n’est pas recommandé de stocker de produits hydrocarbonés dans les bureaux et il
convient d’éviter de fumer.

• Laboratoires

Aux risques rencontrés dans les bureaux s’ajoutent les risques liés aux produits chimiques et pétrochimiques.

• Salles de contrôle

Les risques sont là aussi similaires à ceux des bureaux avec possibilité de présence de produits combustibles
(échantillons, vêtements souillés…). A titre préventif, les salles de contrôle doivent être fermées et en légère
surpression pour éviter des entrées extérieures de gaz combustible.

• Unités de production, transfert et stockage :

- produits traités, véhiculés, stockés, sources principales de chaleur

- éléments combustibles des équipements utilisés, par exemple, les câbles électriques et
éléments de filerie, les vinyls, les boîtiers plastiques, certains flexibles

- pendant les arrêts ou travaux :

• catalyseurs chargés en carbone et présence de produits pyrophoriques,


• platelages d’échafaudages (on limitera les risques en utilisant des planchers
métalliques)
• emballages divers - bois, carton, sacs plastiques : limitation des risques par
consignes d’ordre et de propreté
• chiffons, souvent gras et cordages : limitation des risques par consignes d’ordre et
de propreté

- à cela peuvent s’ajouter les risques liés à la végétation, sèche en été (limitation des risques
par entretien)

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II - PROPAGATION DU FEU

1- DIFFÉRENTS MODES DE PROPAGATION


a - Phénomènes

À l’instant où les réactions de combustion sont déclenchées, d’importantes quantités de chaleur sont
libérées et leur transmission peut entraîner une généralisation de l’incendie.

La propagation du feu s’effectue par :


- transmission de chaleur : conduction, convection, rayonnement
- transport du feu : protection de corps enflammés

Convention (c) Conduction (b)

Projection (e)

Étincelles
Rayonnement (d)

D SEC 1563 A
Foyer initial Porte
en fer
Exemple de propagation d’incendie

b - Propagation par conduction

C’est le mode de propagation à travers un corps solide en contact avec une source chaude.

Exemples :
- feu dans un local qui se communique à un bâtiment mitoyen par échauffement de cloison
- soudure au chalumeau sur une canalisation et inflammation de combustibles à l’extérieur de
la canalisation et à quelques mètres
D SEC 1102 A

Allumage par conduction

- soudure sur le toit d’un bac en service qui enflamme la phase vapeur

La présence de conducteurs métalliques favorise évidemment le transfert de chaleur.


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c - Propagation par convection

C’est le mode de propagation résultant des mouvements d’air ou de gaz chauds générés par les
flammes.

Les masses gazeuses très chaudes s’élèvent en remplacement des masses d’air frais et entraînent les
flammes sur de grandes hauteurs, cependant le trajet peut être modifié vers l’horizontale par
l’existence d’obstacles ou de courants d’air variés.

La dilution gaz-combustible se fait au fur et à mesure des appels d’air. Il peut y avoir saute de
flamme, c’est à dire que les gaz combustibles entraînés par les courants d’air peuvent s’enflammer
très loin de leur point d’émission.

Exemples :
- propagation du feu dans les gaines de ventilation et gaines techniques (hottes de
laboratoire)
- propagation du feu d’un étage à l’étage supérieur dans un bâtiment ou un immeuble

d - Propagation par radiation

La propagation s’effectue en ligne droite et sans support. Elle résulte de la chaleur rayonnante
dégagée par les corps portés à haute température ou à incandescence. On notera que ce ne sont pas
les flammes qui rayonnent le plus de chaleur mais les corps solides qu’ils soient portés à
incandescence ou seulement portés à haute température. Cela explique qu’il vaut mieux refroidir les
parois des bacs voisins plutôt que la robe du bac en feu.

Exemples :
- inflammation d’un bac voisin d’un bac en feu
- inflammation de bâtiments et habitations lors d’un BLEVE

e - Propagation par des corps enflammés (projections)


- chute d’objets enflammés
- projection de liquides enflammés (BLEVE, feux en pied de torche, …)
- projections d’étincelles

+
D SEC 1564 A

Propagation par projections

- transport par le vent ou les courants de convection de brandons et flammèches


- dards par rupture de ligne ou d’équipement
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f - Exemple industriel

Ci-dessous un exemple de propagation d’incendie par transmission de chaleur et transmission du feu.

D SEC 1570 A

Entrepôt en flammes

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D SEC 1571 A
Embrasement généralisé

D SEC 1573 A

Rafales d’explosions de bouteilles de gaz


D SEC 1574 A

Entrepôt détruit

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2- DIFFÉRENTES PHASES D’UN INCENDIE


À la suite de tests pratiqués en local fermé, la NFPA (National Fire Protection Association) a établi les
différentes phases d’un incendie et estimé l’évolution de la température avec le temps.

Température
Flash over Retombée du feu
Allumage
début d'incendie
Début de
l'accélération de
la combustion
à l'emplacement
d'origine

Durée

Phases
1 2 3 4 6
Latence Démar- Accélération Embrasement Extinction
rage généralisé

D SEC 1575 A
Phénomènes Phénomènes
primaires secondaires
Feu couvant Feu ouvert
Température temps lors d’un incendie

L’examen de cette courbe permet de clarifier les moyens de prévention et de protection à


mettre en œuvre pour prévenir un incendie ou limiter sa propagation :

- phase 1 :
• déceler la présence de gaz combustibles (opérateur, explosimètres, détecteurs fixes,
…)
• supprimer tout risque de contact entre combustibles et source d’ignition
(équipements électriques, feux nus, travaux, …)

- phase 2 :
• déceler tout début d’incendie (opérateur, détecteur de chaleur, de fumées, de feu)

- phase 3 et 4 : empêcher tout développement catastrophique de l’incendie


• mise en sécurité des tuyauteries et des capacités
• compartimentage
• protection des structures et des équipements (ignifugeage, sélection de matériaux
résistant au feu…)
• refroidissement à l’eau
• moyens d’extinction
• …
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III - COMPORTEMENT AU FEU DES MATÉRIAUX

1- DÉFINITIONS
Le comportement au feu en cas d’incendie des matériaux de construction est apprécié d’après deux
critères :
- la réaction au feu c’est-à-dire l’“aliment” qui peut être apporté au feu et au développement
de l’incendie
- la résistance au feu c’est-à-dire le temps pendant lequel les éléments de construction
peuvent jouer le rôle qui leur est dévolu malgré l’action d’un incendie

2- RÉACTION AU FEU
a - Aspects Législatifs

Dans le cadre réglementaire français, la réaction au feu d’un matériau est définie à la suite d’essais de
réaction au feu menés suivant les dispositions de l’arrêté du 30 juin 1983 “portant classification des
matériaux de construction et d’aménagement selon leur réaction au feu et définition des méthodes
d’essais”.

L’arrêté du 21 novembre 2002 a fixé de nouvelles catégories de classification des produits de


construction et d’aménagement vis-à-vis de leur réaction au feu. Publié dans le cadre de la directive
européenne “Produits de construction”, ce texte prévoit l’introduction progressive de ces nouvelles
catégories, désignées “euroclasses”, en remplacement de l’actuelle classification française .

b - Classement selon arrêté du 30 juin 1983

Les résultats de divers essais normalisés permettent de classer les matériaux et les éléments de
construction en 5 catégories MO à M5 en fonction de leur :
- combustibilité (qui dépend de leur pouvoir calorifique)
- inflammabilité (qui dépend des dégagements de gaz et vapeurs combustibles libérés au
cours de la combustion)

Le processus des essais et le classement qui en découle peuvent être schématisés comme suit :
ESSAIS DE COMBUSTIBILITÉ

Incombustible
Combustible
M0

Essais
d'inflammabilité

Non inflammable Inflammable


M1

Difficilement Moyennement Facilement Très facilement


D SEC 1576 A

inflammable inflammable inflammable inflammable


M2 M3 M4 M5

Processus des essais et classement de réaction au feu des matériaux

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Exemples :

- le béton, les aciers et le verre (et le laine de verre) sont classés M0


- une plaque de plâtre cartonnée est classée en M1
- le polystyrène est classé de M1 à M4
- le bois est classé en M3 ou M4 selon l’essence et l’épaisseur

Rappel : il est ici question de résistance à la combustion et non des conséquences éventuelles d’une
fragilisation (par exemple, les appels d’airs liés à la rupture d’une vitre, les pertes de rigidité d’un
acier, …)

c - Classement selon arrêté du 21 novembre 2002

A1, A2, B, C, D, E, F sont les nouvelles classes en vigueur, communes à l’ensemble des pays de
l’Union Européenne (des matériaux les plus combustibles à ceux qui le sont moins) . Ainsi harmonisée,
la classification Euroclasse devrait faciliter la libre circulation des produits de construction sur le
territoire européen. Cinq essais normalisés caractérisent les matériaux.

Schématiquement, par rapport au classement “M”, la classe F remplacera la catégorie des matériaux
non classés, les matériaux relevant des catégories M1 à M4 se répartiront entre les classes B, C, D et
E et les classes A1 et A2 sont accessibles aux produits à faible fraction organique et se substituent à
la catégorie M0.

L’attribution d’une euroclasse de réaction au feu est construite sur la contribution énergétique
uniquement. Elle est accompagnée, pour certaines des euroclasses, de classifications additionnelles
relatives à la production de fumées et/ou de particules ou gouttes enflammées.

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Classe Norme essai Critère de classification Classification supplémentaire

Élévation de température< 30°C


ISO 1182 Perte de masse < 50°
A1 et Pas d’inflammation prolongée

ISO 1716 Pouvoir Calorifique Supérieur < 1.4 (ou 2)


MJ/kg

ISO 1182 Elévation de température< 50°C


Perte de masse < 50°
ou Inflammation < 20s

Pouvoir Calorifique Supérieur < 3 (ou 4)


ISO 1716
A2 MJ/kg

et
Accélération de la production énergétique
ISO 13823 < 120 W/s
Fumées et gouttelettes/particules
Propagation latérale de la flamme < bord
enflammées
de l’éprouvette
Dégagement thermique total < 7,5 MJ

Accélération de la production énergétique


< 120 W/s
Fumées et gouttelettes/particules
ISO 13823 Propagation latérale de la flamme < bord
enflammées
B de l’éprouvette
et Dégagement thermique total < 7,5 MJ

ISO 11925-2
Propagation de flamme < 150 mm en 60s
exposition 30s

Accélération de la production énergétique


ISO 13823 < 250 W/s
Fumées et gouttelettes/particules
Propagation latérale de la flamme < bord
et enflammées
C de l’éprouvette
Dégagement thermique total < 15 MJ

ISO 11925-2
Propagation de flamme < 150 mm en 60s
exposition 30s

ISO 13823 Accélération de la production énergétique Fumées et gouttelettes/particules


et < 750 W/s enflammées
D
ISO 11925-2
Propagation de flamme < 150 mm en 60s
exposition 30s

ISO 11925-2
E Propagation de flamme < 150 mm en 20s Gouttelettes/particules enflammées
exposition 15s

F Aucune performance déterminée

Euroclasses des produits de construction hors les sols

(Extrait JO de la République Française du 31/12/2002 p 22128)

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d - Cas des câbles électriques

Les câbles électriques sont classés en trois familles pour leur réaction au feu, selon la norme NFC
32.070 :

- C1 : non propagateurs de l’incendie


- C2 : non propagateurs de la flamme
- C3 : câbles ordinaires

D SEC 1568 A

Essai de résistance au feu de câbles

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3- RÉSISTANCE AU FEU DES ÉLÉMENTS DE CONSTRUCTION


La classification est établie en fonction :
- du respect de certains critères
- de la durée du respect de ces critères

Cette classification repose sur l’arrêté du 3 juin 1999, avec mise en place, en parallèle de la
réglementation européenne.

a - Essais de résistance au feu

Les essais de résistance au feu se déroulent suivant un programme reproductible d’évolution de la


température en fonction du temps. La courbe standard (courbe température/temps normalisée dite
ISO), qui cherche à refléter l’évolution de la température des éléments de construction dans un
incendie, obéit à l’équation :
θg = 20 + 345 log10.(8t + 1)

θg : température des gaz dans le compartiment en feu (en °C)


t : temps après le début de l’essai (en minutes)

Température (°C°

1200

1000

800

600
D SEC 1577 A

400

200

0 15 30 60 90 120 180 240 300 360


Durée de l'essai (mm)

Courbe ISO : température/temps

b - Critères de résistance au feu

Selon la réglementation française, 4 critères sont considérés pour l’ensemble des matériaux
combustibles :
- critère n°1 : résistance mécanique, ce qui signifie stabilité de l’élément de construction et
maintien du rôle mécanique (un poteau continue à supporter les charges)
- critère n°2 : étanchéité aux flammes et aux gaz chauds ou inflammables. L’élément
formant écran est considéré comme non étanche aux flammes dès que s’est enflammée
une nappe de coton placée à 25 mm derrière l’élément. (exemple des murs pare-feu)
- critère n°3 : absence d’émission de gaz inflammables sur la face de l’élément non
exposé à l’incendie. Ce critère n’est plus respecté dès que les gaz émis prennent feu à
l’approche d’une flamme quelconque et continuent à brûler pendant au moins 20 secondes
après éloignement de la flamme
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- critère n°4 : isolation thermique. Ce critère est respecté tant que réchauffement moyen
sur la face non exposée à l’incendie ne dépasse pas 150°C (cet échauffement pouvant
ponctuellement atteindre 180°C)

Les éléments de construction sont alors classés de la façon suivante :

Catégorie de classement

Critères Stable au feu (SF) Pare-flamme (PF) Coupe-feu (CF)

1. Résistance mécanique x x x

2. Étanchéité x x

3. Non émission gaz x x

4. Isolation thermique x

Dans chaque catégorie, le classement s’exprime en “degré” en fonction du temps pendant lequel
l’élément satisfait aux différents critères. Ces degrés de résistance au feu réglementaires sont : 1/4 h,
1/2 h, 3/4 h, 1 h, 1 h 1/2, 2 h, 3 h, 4 h, 6 h.

Le degré retenu correspondant à la valeur immédiatement inférieure au temps pendant lequel


l’élément satisfait effectivement les différents critères.

Application

Un mur porteur, au cours d’un essai normalisé, donne les résultats suivants :

- critère n°1 : 380 mn


- critères n°2 et 3 : 128 mn
- critère n°4 : 56 mn

Comment classer ce mur pour résistance au feu ?

Par ailleurs, les critères retenus par le Comité Européen de Normalisation dans le cadre de
l’élaboration des Eurocodes (normes expérimentales européennes) sont les suivants : résistance ou
stabilité mécanique (R) ; étanchéité aux flammes (E) ; isolation thermique (I).

Ces critères, très proches des critères français, se définissent comme suit :

- résistance (R) : critère permettant d’évaluer la capacité d’une structure ou d’un élément de
structure à résister aux actions spécifiées pendant une exposition au feu donnée
- étanchéité (E) : critère permettant d’évaluer la capacité d’un élément de séparation à
empêcher le passage des flammes et des gaz chauds
- isolation thermique (I) : critère permettant d’évaluer la capacité d’un élément séparatif à
empêcher une transmission excessive de chaleur

c - Résistance au feu des conducteurs et câbles électriques

Les câbles électriques sont classés, selon la réglementation française, en deux familles :

- CR1 : câbles résistant au feu


- CR2 : câbles ordinaires

Dans la nouvelle réglementation européenne, la résistance au feu s’exprime selon une échelle de
durée, déterminant 5 catégories : 15, 30, 60,90 ou 120 minutes de tenue au feu.

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IV - AMÉLIORATION DU COMPORTEMENT AU FEU DES MATÉRIAUX


Améliorer le comportement au feu ne modifie pas la réaction au feu. Son but est de ralentir les effets
néfastes de l’incendie, par exemple la possibilité de fluage des structures et leur effondrement., donc de
respecter le premier critère de résistance au feu.

1- RAPPELS SUR LE TRANSFERT DE CHALEUR


Lors d’un transfert de chaleur, le flux thermique Φ exprime le débit de chaleur échangé au travers de
1m 2 de surface d’échange :
Q
Φ=
S
Φ en W/ m2 ; Q en W ; S en m2

Le flux thermique au travers d’une paroi d’épaisseur e soumise à un potentiel thermique ∆t est donné
par :
Φ = λ × ∆t/e

λ conductibilité thermique en W.m-1.K-1, ∆t en °C, e en m


e/λ est la résistance qui transfert de chaleur par conduction

L’augmentation de température d’un matériau soumis au feu est donc :

∆t = Φ × e / λ

Conductibilité thermique
Composant
(W/m.°C) à 20° (*)

Cuivre 390

Aluminium 210

Acier 45

Acier Inox 316L 15

Béton 0,10 à 0,85

Vermiculite 0,14 à 0,19

Verre 0,5 à 1

Laine de verre ≅ 0.04

Liège 0,10

Exemple de valeurs de conductibilités thermiques

(*) la conductibilité thermique diminue quand la température augmente

En cas d’incendie, la chaleur produite va porter progressivement les éléments voisins de la source à
haute température. Si l’action en surface de ces éléments est rapide, la phase d’homogénéisation de
la température sur l’ensemble de l’élément prendra un certain temps, fonction de la résistance au
transfert de chaleur.

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2- IGNIFUGATION
Améliorer la résistance au feu s’appelle l’ignifugation.

L’ignifugation, qui va jouer sur λ, peut être obtenue de différentes façons : couche statique, effet
chimique, combinaison des deux.

On attendra de cette protection qu’elle soit efficace pendant un temps minimum fixé, qu’elle permette
la pulvérisation ou projection d’eau de refroidissement, qu’elle résiste aux chocs thermiques et ne soit
pas un danger complémentaire en cas d’incendie par émission de vapeurs nocives.

La protection devra ne pas favoriser la corrosion, être stable dans le temps et résister aux intempéries
pour ce qui est des protections en plein air.

a - Protection par couche statique

Dans ce cas, la protection est assurée par une protection externe qui apporte une augmentation
directe de la résistance au transfert de chaleur :

- protection par laine de roche constituée de fibres minérales (t de fusion > 1000°C) utilisée
sous forme de plaques ou d’enduit (λ = 0,10 W/m.°C)
- protection par couche de béton, couramment effectué dans l’industrie pétrochimique

Température Modification structurelle

< 100°C Dilatation

Évaporation de l’eau contenue dans les pores du


À partir de 100°C
béton

Contraction du ciment durci et dilatation des


De 150 à 180°C
granulats constitutifs

Décomposition de Ca(OH)2 : la vapeur d’eau


A partir de 400 à 500°C
produite peut mener à écaillage

570°C Modification de structure minérale du quartz

Décomposition des phases d’hydrate de silicate


700°C
de calcium

Décomposition du carbonate de calcium en CaO


800°C
et gaz carbonique

De 1150 à 1200°C Le béton commence à fondre

Au delà de 1300/1400°C Le béton n’est plus qu’une masse fondue, …

Modification du béton en phase d’échauffement

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E 1 -3

D SEC 1565 A
Résistance comparée des structures béton et éléments métalliques

(R.G.S n° 111 de mars 1992)

D SEC 1566 A

Poteau métallique ignifugé Aprés l'incendie, les poteaux ignifugés ont tenu…

Effet de l’ignifugeage sur les poteaux de structure

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- par le passé protection par éléments d’amiante (λ = 0,155 W/m.°C) ou contenant de


l’amiante ont été installées mais les risques liés à l’amiante en interdisent dorénavant
l’emploi.

- protection par enfouissement (cas des stockages gaz)

- …

b - Protection par effet chimique

– Application en surface de produits ignifuges (silicate ou borate de sodium) sous forme de peinture
et de vernis qui donnent naissance, sous l’action de la chaleur, à une couche protectrice vitrifiée.

– Imprégnation en profondeur du bois (phosphate d’ammonium). On notera que, par nature, la


formation d’une couche carbonisée lors de la combustion isole le bois non brûlé de la chaleur
dégagée par les flammes.

– Peinture intumescente (à base d’hydrates de carbone ou de polyols) qui s’expanse lorsque la


température atteint 250 à 300°C. Elles forment ainsi une mousse (“meringue”) isolante avec
dégagement de l’eau contenue.

D SEC 1572 A

Application de peinture intumescente

c - Combinaison des deux effets

Projection de mortier à base de vermiculite (minéral de la famille des micas) qui se déshydrate sous
l’action de la chaleur avec une importante augmentation de volume (λ = 0,07W/m.°C).

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3- REFROIDISSEMENT
II s’agit le plus souvent de refroidir à l’eau par ruissellement, diffuseurs ou sprinklers les matériaux
pour améliorer leur résistance au feu, tout en assurant une absorption maximale de calories par la
vaporisation de l’eau.

D SEC 1567 A
Protection par ruissellement d'eau Exemple de protection par rampe sur un four
(Rhourd Nouss)

Protection par ruissellement et diffuseurs d’eau

Pour certains équipements de stockage (sphères, bacs), l’administration fixe par arrêtés les débits
minima requis.

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