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Construction intégrale d’un E74 puis d’ un E78 en HO,

ou dans l’ordre inverse ,puisque nous avons maintenant les dimensions


précises après avoir lu le dernier n° 179 de ‘’voies ferrées’’ concernant les wagons Eaos spécialisés au
transport de ferraille, plus connu sous l’appellation E74, et ses dérivés qui donneront les E78.
Mais pour anticiper sur le prochain n° 180 qui décrit comment construire ce wagon en HO, je n’ai pu
m’empêcher de vous faire part de mes constructions personnelles largement antérieures à cet article,
concernant cette série de wagons. Mais ne croyez pas que je vais critiquer ceux-ci qui s’avèrent très
complets et très précieux, et qui m’ont donné l’occasion de revoir mon parc et surtout de corriger plusieurs
erreurs de conception et véracité de mes reproductions en modèle réduit. Toujours pour rester dans l’esprit
d’anticipation, j’ai repris la construction du successeur du E74: le E 78. Mon intention ne s’arrêtant pas à la
simple réalisation statique, je voulais qu’il puisse rouler sur les réseaux.

LA construction proprement dite passe en priorité par le traçage, puis la découpe, quelque soit la matière,
en effet , les tôles des faces latérales peuvent être faites en carte bristol, pour un rendu final surprenant.

Voici mes premiers modèles en cours de finition et de patine, de nombreuses améliorations viendront par la suite.
Et c’est en reprenant mes constructions antérieures de A à Z que je me suis rendu compte de certaines
similitudes avec le E79 sorti depuis un certain temps par rivarossi ou klein ou encore liliput par exemple,
comme il est stipulé dans l’historique de Mr Disdichian dans le magazine ‘’voies ferrées’’, les E80 sont
devenus des E79 avant d’être des E74 avec ou sans passerelle, qui sont devenus eux-mêmes des E78.
Sans vouloir usurper cet admirable article, (qui s’étale sur 3,voir 4 n° ceci dit en passant), je me suis permis
d’expliquer ma façon pour faciliter sa construction tout en simplifiant ou occultant certains détails, qui ne
nuisent pas forcement au résultat final.

Pour cette fois j’utilise des bogies Y25 jouef ayant des sabots de freins présents bien qu’ils ne soient que
figuratifs, avec un semblant d’attelages à élongation. Encore une fois de plus les tampons sont faits avec
pointes ‘’déguisées ‘et de bien d’autres astuces. La plupart des renforts (fers en H) proviennent de chez
evergreen n° 281. Ce genre de profilé va servir dans la quasi totalité de la construction, le tout (ou presque)
est collé au trichloréthylène, au pinceau fin. (Bien qu’interdit à la vente on en trouve encore chez les
professionnels de la peinture.)

Construire en intégrale est aussi pour ma part, faire de la série. Aussi ai-je décidé d’une quantité de 3
wagons E74, après avoir repris les diverses corrections de mes anciennes productions, le stock de matière
première jugé suffisant pour ce nombre. Cependant, j’ai conçu 1 face latérale ainsi que 2 dossiers comme
pièces maitresses, pour éventuellement faire des moules en élastomère RTV 181, et des moulages à plat
en résine polyuréthane 78 a et b.

Ici le premier essais d’assemblage ‘’brut de décoffrage’’, reste beaucoup de mises au point, à commencer par le moule et les
assemblages à peaufiner. Mais commençons par le début.

Trois E 74, Pour commencer. Premier épisode.


Le travail débute donc par le dessin sur de la carte plastique de 1 mm d’épaisseur, puis la coupe au cutter
et règle métal, un seul trait de lame permet de casser, il n’est pas nécessaire de couper absolument.
Comme on fait de la série, il faut que chaque pièce soit identique, ce qui garantie la bonne répétitivité. Une
fois les pièces découpées, il faut les égaliser comme il est montré sur la photo, bloquer les 6 pièces
superposées dans un étau, passer à la lime fine toutes les imperfections, sans toutefois changer trop les
dimensions initiales. Si l’une des pièces s’en trouve trop erronée, il faut s’en séparer et peut-être la refaire.
On voit nettement des petites différences, même en prenant toutes les précautions d’usage, il est très
difficile de couper très exactement plusieurs pièces identiques.

Préparation des 6 faces latérales pour équarrissage dans un étau.


Nota : La plupart des profilés plastique utilisés sont issus de la gamme evergreen scale models, et sont
désignés par leur référence tout au long du texte.

Oui je sais, mon établi est très mal rangé !


L’important est d’obtenir les 6 pièces les plus identiquement possible. Elles sont ensuite préparées avec
leurs profilés 281 après avoir été unifiées. Les portes de visite ne sont pas en vis-à-vis lorsque le wagon
est monté.

Les 281 sont collés en lieu et place avec un léger biais amorçant la pose de la tôle d’angle inclinée.
Vue de l’intérieur du wagon, l’emplacement de la porte est apparente.

.
Deux triangles de plastique sont collés au droit de la future porte, qui maintiennent les parties inclinées du
fond de caisse, bouchant le trou par la même occasion.

Quelque soit le mode de fabrication choisi, (moulage ou simple découpe), la porte est gravée à l’intérieur
après avoir collé les 2 triangles. Les parties inclinées sont du même métal.

On pourrait aussi imaginer faire ces portillons fonctionnels, comme liliput l’avait fait sur ses E79. Reste une
solution à étudier pour des futurs dioramas prometteurs. Ici ils sont juste gravés au cutter à main levée.
Installation à blanc d’un plancher provisoire, celui-ci n’étant là pour la photo, bien qu’il soit à la bonne
largeur. Ce fut ma première erreur, parce qu’il faut y insérer le système à élongation dont nous verrons plus
loin son adaptation dans le plancher.

C’est pourquoi le plancher est réalisé en plusieurs panneaux, comme sur la photo, 2 longueurs de 148mm
(équivalent à la longueur des faces latérales), largeur 6 mm, collées l’une sur l’autre, donneront l’illusion
d’épaisseur du plancher, donc 2 mm. Elles serviront aussi d’assises à la base des fers en H 281 posés à la
verticale.
N’oublions pas que nous produisons en série. Ici nos 3 wagons E74 en cours de fabrication. (coté pile ),

(coté face ). Les traits de crayon sont préparatoires à la pose des fers en H 281.
Les montants de portes sont particuliers, les observations des wagons réels donnent la bonne explication.

Les 281 sont sculptés à l’aide d’un scalpel suivant ce modèle. ( C’est ce cliché qui servira pour bien des
points dans la réalisation de mes wagons).
Après avoir fabriqué 6 portes (22,5 X 8,5 épaisseur 0,4 bordé par du 131), les charnières sont des coupons
de 131 collés en encadrant les pourtours. (6 portes pour 3 spécimens).

Les charnières sont figurées par des tronçons de 131.


Un gabarit papier (collé à l’intérieur) permet de positionner tous les 281 verticaux au bon endroit. Ici sur un
de mes anciens modèles, on voit les traces des erreurs de positionnement. Les profilés sont coupés à la
longueur lors du collage, mais c’est ma façon de travailler, nul n’est tenu de procéder de la sorte. Longueur
des fers en H 281 : 26,5 mm, dont la base est biseautée à leurs extrémités, subtilité à faire suivant modèles
réels.
On peut ensuite poser les autres fers en H 281 biseautés en sifflet une fois collés en bordure du plancher.
Le haut du portillon est encadré d’un renfort en hauteur reliant les 2 fers en H. Le verrouillage est simulé
par un fil de fer bardé de points de soudure à l’étain figurant les colliers et le levier de verrouillage.

Vu du coté pile, la couleur jaune de la porte ne provient que par la transparence du plastique utilisé.
Rappelons que cette version est faite là pour le moulage, ceci pour dire que vous pouvez passer les
prochains épisodes pour assembler directement.
La ceinture haute de caisse est tirée d’un profilé maison de 0,3 X0,2 dont l’arrondi est simplement gratté au
cutter en prenant soin de garder les copeaux qui serviront au chargement ,(chutes métalliques à colorer).
L’arrondi doit être orienté vers l’intérieur du wagon.

Coller la ceinture ainsi confectionnée, à la longueur de 148 mm, c'est-à-dire à la longueur adéquate.

Pour faciliter la pose des montants 281, j’ai réutilisé mon gabarit papier cité plus haut, que je reporte sur
chaque pièce en le collant provisoirement sur la face intérieure.
La ceinture de caisse sera coupée à la longueur de 148mm pour les besoins du montage. On voit ici le
gabarit papier pour placer correctement les 281 verticaux.

Les faces frontales sont tracées et les bardages collés sur les 4 pièces à la fois en alignement, série oblige.
Les profilés plats135 représenteront les renforts horizontaux, les verticaux étant de la même épaisseur
que la tôle des faces latérales, 0,2 mm. Les trous des tampons sont déjà percés. Une fois tous les
éléments collés en place , on peut couper chaque pièces ainsi construites. Les trous des tampons sont
percés avec un autre gabarit.

Toutes les pièces étant collées, elles sont ensuite coupées. Les traces de colle seront effacées par la suite.
Préparation des semelles des futs de tampons, les 4‘’boulons’’ sont emboutis au poinçon aux 4 coins des
pièces, les trous sont percés au porte foret à main.

On voit sur la photo de gauche une pièce à l’envers et l’autre à l’endroit , laissant apparaitre les emboutis
des boulons. Toujours emboutir et percer avant de couper, ce qui évite toutes déformations intempestives.
Elles sont collées ensuite en place dans le sens relief apparent.
Vérification avec une traverse de choc en laiton du commerce. La ceinture de caisse est faite de 3
morceaux de 135 empilés collés, en vue de refaire un moulage.

A droite la pièce maitre, à gauche la pièce en résine polyuréthane obtenue par le moulage en élastomère
cité plus haut, des produits qui ne sont pas réservés qu’aux débutants, ce qui va faciliter la production. J’ai
choisi de faire le wagon dans la version rénovée en 2000, qui comporte 2 barres horizontales, (bien
souvent peintes en blanc).
Les crochets de halage sont tirés de tronçons de rails HO code 100, dont la semelle est légèrement tordue
au marteau sur une pince ronde.

Collés sur un support à la cyano ,puis ensuite sur le wagon.( ici un E 78).
Voyons aussi les tampons, de nouveau fabriqués avec des clous parés d’un morceau de tube de coton
tige. Le clou coulisse dans le tube, et coupé à la bonne longueur. J’ai réparé beaucoup d’autres wagons
accidentés de cette façon, on peut même envisager de les rendre fonctionnels, mais on en reparlera dans
un autre feuilleton…..
Les futs sont collés sur leurs semelles à la cyano, affublés de la pointe coupée à la bonne longueur.

L’ensemble est collé en lieu et place, garni de palettes légèrement arrondi à l’abrasif fin une fois posées.

Il n’y a plus qu’à peindre le tout, ici au pinceau en brun mat Humbrol n°133 légèrement diluée au trychlo.
Reste à concevoir un système d’attelage à élongation maison. Je me suis inspiré de ceux des marques,
sans aller jusqu’à la copie exacte, ce qui deviendrait de la contrefaçon ! Partant du pivot de bogie, doté
d’un épaulement épousant le centre du bogie Jouef, dont on aura conservé le plat arrière, et supprimé
l’attelage désuet.

On va ensuite découper dans du plastique de 0,2

…..
Un coupon d’élastique collé à la cyano en gel.

Le guide en aronde est taillé à main levée au cutter, le ponçage à l’abrasif fin viendra à la pose.
La vis de provenance jouef est tout simplement collée à la colle néoprène dans le trou de pivot, et donc
dévissable à volonté, on remarque la semelle du bogie maintient en place notre système d’élongation sans
gêner le mouvement de l’un ou l’autre. J’ai utilisé un élastique, à force d’avoir perdu des dizaines de
ressorts qui sautaient dans l’irrécupérable, mais cette solution économique fonctionne très bien. On peut
aussi remplacer le boitier NEM362, par un empilement de petites plaques de plastique collées pour parfaire
un boitier et son attelage de votre choix à la bonne hauteur au dessus du rail. Ce système présente surtout
le fait de conserver un plancher plat à l’intérieur de notre wagon qui peut rester visible, sans obligation d’un
chargement cachant les proéminences des différentes installations d’élongations. Mais j’en profite pour
montrer les chargements possibles sans pour cela donner du poids. Soit de la ferraille proprement dite, ou
son imitation montée sur carton plume aux dimensions du wagon. (voir la poubelle du modéliste moyen).
Le chargement n’est que rarement à raz bord, c’est le poids qui détermine la hauteur du plein.

Ou ce sont des ballots de ferrailles compressées issues d’usines d’emboutissages. Ici le ‘’trop plein’’ après
le passage à la
pesée.

On peut reproduire ces ballots avec de l’aluminium ménager, embouti dans un petit moule et couper les
morceaux à longueurs égales.
Le tout est collé à la bombe de vernis mat incolore, la façon la plus rapide selon moi.

Passons au marquage principal. J’ai utilisé la photo du spécimen réel citée plus haut, que j’ai tirée sur mon
imprimante d’ordinateur, au format de photos d’identité, découpées à la bonne taille, et collées en place .
La retouche des couleurs noyées dans l’ensemble par touches successives de peinture ad hoc.
Ici la version révisée en cours de rénovation.

Avec la bande blanche de visibilité apparue dans les années 2004 environ.
N’oublions pas les marchepieds réalisés avec des carrés de laiton soudés sur une queue de leed , mise en

forme à la pince plate

On voit ici un wagon équipé d’une passerelle de frein. Ceci fera l’objet d’un autre article.
La peinture de la rénovation est exécutée au minimum, comme le prouve cette photo.

J’avais oublié d’expliquer la fabrication des protections des commandes du système de frein, les
marchepieds, et les échelles, qui sont réalisés avec de l’aquilux, mon matèriau de prédilection !
Les cylindres à air sont représentés par des composants électroniques. Une fois peints et wagon retourné
il faut chinoiser pour reprocher cette entorse. Rien ne vous empêche d’utiliser des pièces de nos chers
artisans.

On peut remarquer que ces wagons sont très marqués par l’usure du temps et des coups de toutes sorte
de la part des utilisateurs. Ceci nous facilite la tache lorsqu’il s’agit de patine, on peut forcer impunément.

Quelques photos piquées sur le net. (tous droits réservés aux auteurs).
La patine n’est qu’à peine forcée.
Nous terminerons cet épisode sur cette mauvaise photo de la queue d’un train au départ de Soquence,
dans les années 90. On reconnais les E74 ainsi qu’un E78 bleu, qui fera l’objet du prochain article, avec
beaucoup d’astuces révélées comme dans celui-ci.

Fin de l’épisode.