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CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET

METIERS

CHAIRE DE TRAVAUX PUBLICS ET BATIMENT

___________

" BETON ARME "


Chapitre 17 : Murs et parois en béton banché (DTU 23.1)
et voiles de contreventement

(Code CCV109)

Enseignant : J. PAÏS 2008 – 2009


CNAM CCV109 – Béton armé 2

Sommaire
17. MURS ET PAROIS EN BETON BANCHE (DTU 23.1) ............................................................. 3
17.1. DEFINITION .............................................................................................................................. 3
17.2. JUSTIFICATION ET RESISTANCE DES MURS (COMPRESSION CENTREE) .......................................... 3
17.2.1. Domaine de validité ....................................................................................................... 3
17.2.2. Longueur de flambement .............................................................................................. 4
17.2.3. Effort normal limite ultime et contrainte limite ultime..................................................... 6
17.2.4. Principes de vérifications............................................................................................... 7
17.2.5. Armatures minimales des murs armés........................................................................ 11
17.2.6. Exemple de ferraillage d'un mur armé. ....................................................................... 12
17.3. DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES MINIMALES .............................................................................. 13
17.3.1. Armatures minimales................................................................................................... 13
17.3.2. Chaînages au niveau des planchers ........................................................................... 13
17.3.3. Armatures des murs intérieurs .................................................................................... 14
17.3.4. Armatures et épaisseurs des murs extérieurs............................................................. 15
17.3.5. Dispositions particulières............................................................................................. 16
17.4. NOTIONS SUR LES VOILES DE CONTREVENTEMENT ................................................................... 18
17.4.1. Introduction à la méthode de Bielle-tirant.................................................................... 18
17.4.2. Calcul en flexion composée sous torseur (M,N). ........................................................ 23
17.5. DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES PS92 ..................................................................................... 24
17.5.1. Murs principaux ........................................................................................................... 24
17.5.2. Murs secondaires ........................................................................................................ 28
17.5.3. Les linteaux. ................................................................................................................ 28
17.6. EXEMPLE DE CALCUL .............................................................................................................. 29
17.6.1. Dimensionnement du mur sous charges verticales (DTU 23.1) ................................. 30
17.6.2. Vérification par la méthode « Bielle-Tirant ». .............................................................. 32
17.6.3. Dimensionnement du voile en flexion composée........................................................ 35
17.7. DIMENSIONNEMENT DES VOILES A L’EC2. ................................................................................ 41
17.7.1. Flambement................................................................................................................. 41
17.7.2. Méthode de calcul simplifiée pour voiles en béton non-armé ..................................... 42
17.7.3. Dimensionnement d’un voile armé. ............................................................................. 43
17.7.4. Dispositions constructives (pour les voiles armés) ..................................................... 43
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17. Murs et parois en béton banché (DTU 23.1)

17.1. Définition
On entend par parois et murs en béton banché les ouvrages verticaux en béton, coulés dans des
coffrages à leur emplacement définitif.

Les ouvrages comprennent habituellement des armatures dites constructives. Ils ne sont considérés
comme des ouvrages armés que s’ils contiennent en plus, des armatures calculées pour contribuer à
leur stabilité.

Ces ouvrages assurent, dans un bâtiment d’usage courant, les fonctions suivantes :
 La stabilité mécanique sous sollicitations normales provenant des charges appliquées.
 La sécurité en cas d’incendie, séisme ou sollicitations exceptionnelles prévisibles.
 L’étanchéité à la pluie pour les murs concernés.
 La contribution à l’isolation thermique et acoustique.

Le DTU 23.1 fait la distinction entre les murs intérieurs et les murs extérieurs. On considère
conventionnellement comme murs intérieurs ceux qui ne sont pas directement exposés à la pluie.

17.2. Justification et résistance des murs (compression centrée)


La justification de la résistance du mur décrite ci-après est basé principalement sur le paragraphe 3 du
DTU23.1 (NFP 18-210 édition 2001.1).

17.2.1. Domaine de validité

Selon le DTU, le calcul des murs est assimilé à un calcul en compression centrée.

Le principe de dimensionnement est donc le suivant :


 Détermination de l’élancement et de la longueur de flambement du voile.
 Détermination et vérification de l’effort normal et de la contrainte normale limite.
 Mise en place des dispositions constructives.

Ces règles s’appliquent aux parois de tout bâtiment, quelle que soit la destination, dans le cas où la
résistance à des forces horizontales perpendiculaires à son plan moyen n’est pas statiquement
nécessaire.

Pour que les hypothèses prises restent valides, il faut respecter le domaine de validité suivant:
 Longueur du mur au moins égale à 5 fois son épaisseur.
 Epaisseur du mur au moins égale à 10 cm.
 Elancement mécanique au plus égal à 80.
 Les dispositions constructives ainsi que les méthodes d'exécution sont telles que
l'excentricité initiale (géométrique et mécanique) reste inférieure à la valeur maximale de
2 cm et de la longueur de flambement divisée par 300 ;
 La résistance caractéristique du béton à 28 jours est au plus égale à 40 MPa.

Si l’ensemble de ces paramètres n’est pas vérifié, il faut faire une vérification complète suivant le
nd
BAEL avec prise en compte des effets du 2 ordre, tel que le dimensionnement d’un poteau
(méthode forfaitaire ou itérative).
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17.2.2. Longueur de flambement

La convention de notation est la suivante:


 l f : longueur libre de flambement du mur non-raidi.

 l 'f : longueur intermédiaire de flambement du mur raidi.


 l : hauteur libre du mur.

La longueur de flambement d'un mur est définie par le tableau suivant:

Il est également possible d'appliquer une méthode du type Ka, Kb telle qu’elle a été décrite au
chapitre du dimensionnement des poteaux en compression centrée.

Ces valeurs sont à pondérer comme suit en fonction de la présence d’un raidisseur à une ou deux
extrémités du voile. Dans ce cas, la valeur précédemment obtenue est appelée "longueur
'
intermédiaire de flambement du mur raidi" et notée l f .

Pour déterminer la longueur de flambement finale, il faut distinguer les cas ci-dessous.

Mur raidi à ses deux extrémités

Si c représente la distance entre nus intérieurs des raidisseurs, on pose : b = c

Mur raidi à une seule extrémité

Si c représente la distance entre le nu intérieur du raidisseur et le bord libre, on pose : b = 2,5 c


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Pour qu'un raidisseur puisse être pris en compte, il faut que sa dimension transversale mesurée
suivant la direction perpendiculaire au mur soit au moins égale à 3 fois l'épaisseur « a » de ce mur.

La longueur libre de flambement lf se déduit de la valeur intermédiaire l 'f par les relations suivantes :

Mur non armé Mur armé


Horizontalement horizontalement
l 'f ≤ b l 'f l 'f
lf = 2
lf = 2
1  l f   l 'f 
'

1+  1+  
2  b 

b



l 'f > b lf =
b
lf =
b
1,5 2

A partir de la longueur de flambement du voile, on peut déterminer son élancement mécanique noté λ,
en utilisant la formule suivante :

l f 12
λ=
a
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17.2.3. Effort normal limite ultime et contrainte limite ultime.

Le principe consiste donc à déterminer un effort normal limite ultime, qui déterminera si l'on est dans
le cas d'un mur armé ou d'un mur non-armé:
 Nu ≤ Nu lim => voile non-armé.
 Nu > Nulim => voile armé

L'effort limite ultime est donné par la formule suivante :

B . f f 
N u lim = α  r c 28 + A. e 
 0,9.γ b γs 

On remarque que cette formule est identique à celle utilisée pour dimensionner les poteaux en
compression centrée.

 Dans le cas d'un mur d'épaisseur a et de longueur d, la surface Br est égale à d (a - 2 cm).
 Pour les autres paramètres tels que fc28 , γb , fc , γs , on utilise les valeurs décrites dans le
BAEL.

0,65
 Mur non armé A = 0 => α=
λ 
2

1 + 0,2. 
 30 

 Mur armé :
0,85
o Si λ ≤ 50 => α =
λ 
2

1 + 0,2. 
 35 

2
 50 
o Si λ > 50 => α = 0,6. 
λ 

Les valeurs de α sont données pour le cas où plus de la moitié des charges est appliquée après
90 jours. Dans le cas contraire, les valeurs de α sont divisées par un coefficient égal à 1,10 pour
autant que la majeure partie des charges soit appliquée après 28 jours.

Lorsque la majeure partie des charges est appliquée avant 28 jours, on remplace fc28 par fcj et on
remplace α par α/1,2.

La contrainte ultime limite σu lim est donnée par :


N u lim
σ u lim =
d .a
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Pour déterminer le type de mur, on peut donc appliquer l'algorithme suivant:

Murs non armé


 Détermination de lf
 Détermination de λ

Nu ≤ Nulim non Mur armé

oui

Mur non armé: ferraillage mini

17.2.4. Principes de vérifications.

Les vérifications sont réglementairement à mener dans 2 sections :


 Immédiatement sous le plancher ( zone II)
 A mi étage ( zone I).
ème
 Nous ajouterons une 3 zone en pied de voile (non imposé par le règlement).

III III

Il convient de vérifier :
 En zone I, que σu < σulim
 En zones II et III, que σu < σulim/α

Autrement dit, il faut faire une vérification au flambement en milieu d’étage et sans flambement au
droit des planchers.
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Pour le calcul de Nu, le DTU distingue deux types de contraintes :


 Les contraintes planes qui proviennent des charges verticales des étages supérieurs.
 Les contraintes verticales locales issues des éléments du plancher situé immédiatement au
dessus de la zone horizontale concernée (appui de dalles\Poutres, appui de linteaux).

Les vérifications à mener sont donc les suivantes:


 La vérification en zone II (σu < σulim/α) porte sur la contrainte obtenue par sommation des
contraintes planes et des contraintes locales.
 La vérification en zone I (σu < σulim ) et III (σu < σulim/α) porte sur la contrainte obtenue par
sommation des contraintes planes et des contraintes locales obtenues après diffusion sur la
hauteur de l’étage selon la règle décrite ci-après.

17.2.4.1. Contraintes globales.


En l'absence de charges localisées, la contrainte globale peut être déterminée sur une bande de
longueur d par la formule:
Nu
σu =
ad
« a » étant l'épaisseur du mur.

L’effort normal Nu est un résultat de la descente de charges en tête du voile.

Il en résulte donc que si les charges sont uniformément réparties, cette contrainte aura un diagramme
uniforme.

Lorsque les charges varient le long du mur, on peut donc calculer cette contrainte par bandes, en
s'assurant que la largeur "d" de chaque bande soit inférieure à la plus petite des deux valeurs
suivantes:
 La moitié de la hauteur de l'étage concerné.
 Les 2/3 de la zone d'action des contraintes de compression non nulles agissant sur le mur.

Ces conditions se traduisent par le schéma suivant:


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En ce qui concerne les charges localisées, on peut admettre qu'elles se diffusent uniformément à
l'intérieur du voile, dans une zone délimitée par les deux droites partant du point d'application de la
charge et inclinée sur la verticale de 1/3 pour les murs non armés et 2/3 pour les murs armés, à
condition que la charge répartie ainsi trouvée ait une résultante portée par l'axe de la charge
concentrée d'origine .

Cela se traduit par les schémas suivants:

17.2.4.2. Contraintes locales - Appuis de dalles\Poutres.


Le supplément local de contrainte dû à la réaction d'appui d'une poutre continue / dalle continue
perpendiculaire au mur est évalué en prenant en compte l'aire de la surface d'appui de la poutre sur le
mur.

Ces contraintes supplémentaires dues aux charges réparties apportées par une dalle ou par une
poutre sont évaluées en supposant que la largeur d'appui de la dalle/poutre est limitée à son
épaisseur/hauteur et que la distribution des contraintes correspondantes est triangulaire ou
trapézoïdale (résultant du diagramme triangulaire tronqué) .
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17.2.4.3. Contraintes locales - Appuis d'un linteau.


Le supplément local de contrainte dû à la réaction d'appui d'un linteau ayant même plan moyen que le
mur est déterminé en supposant que la profondeur d'appui est au plus égale à la hauteur du linteau et
que la distribution des contraintes correspondantes est triangulaire.

On recherche donc un diagramme uniforme ou linéaire équilibrant les sollicitations.

Les figures ci-dessous donnent deux solutions possibles:


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17.2.5. Armatures minimales des murs armés

Dans le cas du dimensionnement d’un voile en « voile armé », il convient de satisfaire aux conditions
minimales d’armatures indiquées ci-dessous.

17.2.5.1. Armatures verticales


La distance entre axes des armatures verticales d'une même face ne doit pas dépasser deux fois
l'épaisseur du mur sans pouvoir excéder 33 cm.

Le pourcentage minimal ρv d'une bande verticale donnée, rapporté au volume total de la bande, doit
être au moins égal à la plus grande des 2 valeurs :

 0,001
 400.θ  σ u
ρ v ≥ max  
0,0015. . 3 − 1
 f e  σ lim 

Avec :
 θ= 1 pour un mur intermédiaire,
 θ= 1,4 pour un mur de rive.

La section d'armature correspondant au pourcentage ρv doit être répartie par moitié sur chacune des
faces de la bande de mur considérée, en respectant l'intervalle défini plus haut.

17.2.5.2. Armatures horizontales :


Les armatures horizontales doivent être retournées aux extrémités du mur et aux bords libres qui
limitent les ouvertures sur l'épaisseur du mur à défaut de toute autre disposition constructive
équivalente.

La distance entre axes des armatures horizontales d'une même face ne doit pas dépasser 33 cm
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Le pourcentage minimal de ces armatures, rapportée au volume total du mur ou de l'élément de mur
considéré, doit être au moins égale à :
2
ρv
ρ h ≥ max 3
0.001

Dans cette formule, ρv représente le pourcentage minimal de la bande la plus armée

17.2.5.3. Armatures transversales


Seuls les aciers verticaux pris en compte dans le calcul de Nu lim doivent être tenus par des
armatures transversales.

Dans le cas où le diamètre des aciers verticaux est inférieur ou égal à 12 mm, les armatures
transversales sont à prévoir à raison d'une densité de 4/m² au moins.

Dans le cas où le diamètre des aciers verticaux est supérieur à 12 mm, les armatures transversales
doivent tenir toutes les barres avec un espacement d'au plus 15 fois le diamètre des aciers verticaux.

Les armatures transversales peuvent être des épingles de diamètre 6 mm lorsque les barres
longitudinales sont de diamètre au plus égal à 20 mm et de diamètre 8 mm dans le cas contraire. La
nuance de ces aciers est indifférente.

17.2.6. Exemple de ferraillage d'un mur armé.


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17.3. Dispositions constructives minimales


Les dispositions constructives indiquées ci-après s’appliquent à tous les murs, qu’ils soient armés ou
non-armés.

On utilise les abréviations suivantes :


 CH : chaînage horizontal.
 RH : renfort horizontal.
 RH1 : renfort horizontal local.
 CV : chaînage vertical à l’extrémité des murs.
 RV : renfort vertical.

17.3.1. Armatures minimales.

Toutes les sections d’aciers minimales données ci-après correspondent à des aciers de limite
d’élasticité égale à 400 MPa. Pour l'utilisation d'aciers de limite d'élasticité différente, on procédera par
règle de trois sur celle-ci (en bleu, on donne les valeurs pour du fe = 500 MPa)

17.3.2. Chaînages au niveau des planchers

Il faut placer au minimum 1.5 cm² (1.2 cm²) dans le cas d’un chaînage entre :
 un plancher et un mur pignon
 un plancher et un mur contre terre
 un plancher et une façade maçonnée
 un plancher et une façade coulée sur place

Dans les autres cas, la section A doit être supérieure à 0.28 L (0,224 L) avec L la largeur du plancher
porté.
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17.3.3. Armatures des murs intérieurs

On distingue les étages courants des étages sous terrasses :

 Dans les étages courants : RV = 0.85 cm² (0.68 cm²), ces aciers doivent border l’ouverture sur
au moins à 0.4m
 Dans l’étage sous terrasse :CV = 1.5 cm² (1.2 cm²), ces aciers partent du bas du dernier
étage et sont ancrés par retour dans le plancher terrasse
 RH = 1.5 cm² (1.2 cm²), ces aciers doivent être placés dans la partie du mur au-dessus des
ouvertures et à 0,50 m au plus sous le plancher ou dans le plancher lui-même.

Ces conditions peuvent également se résumer par le schéma suivant (attention, valable pour un
Fe500)issu de l'ouvrage de Victor Davidovici:
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17.3.4. Armatures et épaisseurs des murs extérieurs

17.3.4.1. Epaisseur minimale


L'épaisseur minimale des murs dont les caractéristiques de résistance à la pénétration de l'eau
peuvent être affectées par la fissuration du béton doit être au moins égale à 15 cm dans les parties
courantes.

Pour les autres murs, l'épaisseur minimale des autres murs extérieurs doit être au moins égale à
12 cm.

17.3.4.2. Section minimale d’acier


 1.2 cm² (0.96 cm²) d’acier horizontal par mètre linéaire
 0.6 cm² (0.48 cm²) d’acier vertical par mètre linéaire

17.3.4.3. Enrobage
 3 cm dans les cas d'exposition courante,
 3 ou 5 cm dans les cas d'exposition aux embruns ou aux brouillards salins (bord de mer) ainsi
que dans les autres cas d'exposition à des atmosphères très agressives, suivant qu'il existe
ou non une protection complémentaire efficace de l'acier ou du béton

17.3.4.4. Entraxe
L'entre-axe des aciers est à adapter au projet sans que l'on puisse excéder, sauf justification
particulière, 33 cm entre deux aciers horizontaux successifs et 50 cm entre deux aciers verticaux
successifs
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17.3.5. Dispositions particulières

17.3.5.1. Etage courant

Pour les étages courants, les ouvertures sont bordées par des aciers ayant les sections minimales
suivantes : aciers verticaux 0,85 cm² (0.68 cm²), aciers horizontaux 1 cm² (0.80 cm²)(aciers RV et RH1
de la figure ).

17.3.5.2. avant-dernier plancher


La section d'acier verticale, ancrée de part et d'autre de ce plancher qui est de 0,6 cm² (0.48 cm²)au
titre des aciers de peau, est à porter à 1 cm² (0.80 cm²) (aciers repérés AT sur la figure ). Les aciers
complémentaires, éventuellement nécessaires pour le respect de cette règle, doivent s'insérer dans
les quatre lits mentionnés ci-dessus pour les aciers de peau.

17.3.5.3. Etage sous terrasse


 Aciers verticaux : la section minimale des aciers verticaux situés aux extrémités des murs
est de 1,5 cm² (1.2 cm²). Ces aciers partent du plancher bas de l'étage sous terrasse et
sont ancrés par retour d'équerre dans le plancher-terrasse (aciers CV sur la figure ).
 Aciers horizontaux : des aciers horizontaux complémentaires de section au moins égale à
2,35 cm² (1.75 (aciers repérés RH sur la figure ) doivent être placés dans la partie du mur au-
dessus des ouvertures et à 0,50 m au plus sous le plancher ou dans le plancher lui-même
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Ces conditions peuvent également se résumer par le schéma suivant (attention, valable pour un
Fe500) issu de l'ouvrage de Victor Davidovici:
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17.4. Notions sur les voiles de contreventement


Un voile de contreventement est par définition un voile qui participe activement au contreventement
de la structure. Il est donc soumis à un torseur M,N, T (Moment, effort normal, effort horizontal).

Comme nous l'avons vu précédemment, les méthodes décrites dans le DTU 23.1 se limitent à un
calcul en compression centrée.

Dans le cas des voiles de contreventement, il y a deux vérifications et dimensionnement à faire :


 Un dimensionnement du voile pour reprendre le couple (M,N) => dans ce cas, le voile sera
calculé en flexion composée.
 Une vérification et un dimensionnement le cas échéant pour reprendre l’effort horizontal T.

En général, les efforts horizontaux appliqués dans le plan du voile proviennent essentiellement:
 Des effets dus au séisme.
 Des effets dus au vent.

Le seul article du DTU faisant référence à des sollicitations tangentes est le §4.2.3:
"Il n'y a pas lieu de justifier un mur sous sollicitation tangente ultime tant que la contrainte
tangente correspondante reste inférieure à 0,05 fc28 et pour autant que l'effort normal
sollicitant le mur soit une compression.
Dans le cas contraire, la justification sous sollicitation tangente et le calcul des aciers
éventuellement nécessaires se font par application des Règles de béton armé en vigueur ,
compte non tenu des dispositions constructives minimales prévues par ces Règles pour ces
aciers".

Si on note T, l'effort de cisaillement appliqué au voile:


T

Tu
On doit vérifier: τu = ≤ 0,05 f c 28
ad

Lorsque cette vérification n'est satisfaite, il faut donc procédé à un calcul plus poussé.

Pour prendre en compte ces efforts horizontaux, on peut appliquer générale dite de la "bielle-tirant".

17.4.1. Introduction à la méthode de Bielle-tirant

Cette méthode consiste a assimiler le voile de contreventement à un système triangulé, treillis


isostatiques, composé de:
 Bielles travaillant en compression.
 Tirant travaillant en traction au niveau du chainage verticale et du chainage horizontal.

Cette méthode est issue de l'ouvrage "formulaire du béton armé" de Victor Davidovici aux éditions Le
moniteur.
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Le schéma de fonctionnement d'un voile ainsi modélisé est le suivant:

Sous l'effort V, calculé aux ELU, on doit vérifier la compression dans la bielle. La largeur b de la bielle
de compression doit vérifier:
D
b = min(4e, )
6
Avec:
 D: longueur de la diagonale du voile considéré.
 E: épaisseur du voile considéré.

L'inclinaison de la bielle doit vérifier:


h
0,5 ≤ tgθ = ≤2
l

La contrainte dans la bielle est définie par la formule suivante :


V
σ=
eb cosθ

Cette contrainte doit vérifier:


0,90 f c 28 ( ELU )
 σ ≤  pour un mur armé.
 0,60 f c 28 ( ELS ) 
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On part du principe que les bielles sont établies à 45°, on a donc le schéma suivant:

avec:
 Av: section des armatures verticales mobilisables sur la largeur lb "largeur de la bielle".
 Nb: effort normal agissant sur cette même largeur.

 L'effort tranchant qui peut être alors repris par les armatures verticales est défini par la
formule:
fe
Va = Av × + N b (1)
γs
 La valeur limite de l'effort tranchant imposé par la contrainte de compression dans la bielle
est:
2Vb
σ bc = . Cette contrainte doit respecter la limite précédemment énoncé, ce qui nous
elb
0.9 f c 28 × e × lb
amène à écrire: Vb = (2)
2

L'effort tranchant final qui peut être repris par le voile est donc V = min[Va ,Vb ] .

En faisant cette comparaison, on peut donc être amené à augmenter la section d'armature Av afin de
satisfaire l'équation (1).
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Une vérification supplémentaire peut nous amener à majorer également la section d'armatures
horizontales :

Il faut vérifier que la part V1 de la bielle qui "tombe dans le vide" peut être suspendue en traction par
les armatures horizontales.

V1 est déterminé à partir de la formule suivante:

l1
V1 = V ×
lb

Cette méthode n'est valable que s'il n'y a pas d'ouvertures.


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En présence d'ouvertures, l'effort tranchant est transmis par plusieurs bielles au prorata des longueurs
concernées entre chaque ouverture, tel que décrit dans le schéma ci-dessous:

l1 l l
Par exemple, au niveau 3, on peut considérer la distribution suivante: F1 + F1 2 + F1 3
l l l
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17.4.2. Calcul en flexion composée sous torseur (M,N).

Nous avons vu précédemment la méthode de la bielle-tirant qui permet de vérifier et de reprendre


l’effort horizontal qui arrive en tête de voile.

En ce qui concerne le couple (M,N), il convient également de faire un dimensionnement en flexion


composée :

N
Af

M
Zone comprimée

Epaisseur : e
Axe neutre
L

Af
Armature tendue
e

Comme on peut le voir ci-dessus, on assimile le voile à une section rectangulaire de hauteur L et de
largeur « e ».

ATTENTION, le calcul en flexion composée doit être mené en tenant compte de deux choses :
 Il faut prendre en compte la totalité de l’effort vertical, en fonction de la combinaison, pour
faire le dimensionnement en flexion composée, même si ce dernier a déjà été pris en
compte dans le dimensionnement DTU.
 En cas d’action sismique, les armatures tendues Af trouvées lors du dimensionnement en
flexion composée doivent être placées aux deux extrémités du voile (voir schéma ci-
dessus), car le séisme agit dans les deux directions.

De plus, en cas d’actions sismiques, les règles PS92 (règlement sismique français) impliquent des
vérifications complémentaires et des dispositions constructives particulières.
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17.5. Dispositions constructives PS92


Les règles sismiques PS92 distinguent deux types de voiles :
 Les voiles dit « Murs principaux ». Il s’ agit des voiles qui participent activement au
contreventement de la structure. Dans ce cas, les règles PS92 imposent à la fois des
dispositions constructives de ferraillage et des vérifications locales de dimensionnement.
 Les voiles dit « Murs secondaires », pour lesquels les PS92 ne définissent que des règles
de dispositions constructives.

17.5.1. Murs principaux

17.5.1.1. Définition de la notion de zone critique


Les règles PS92 définissent la notion de zone critique et zone courante. Attention, cette distinction se
fait sur toute la hauteur d’une façade et non pas uniquement en considérant le voile sur un étage.
er
La zone critique correspond à la partie inférieure d’une façade, sur une hauteur égale à celle du 1
niveau.

En d’autres termes, dans un bâtiment « RDC+5 », tous les voiles du RDC seront considérés en zone
critique.

17.5.1.2. Dispositions constructives minimales


Les dispositions constructives minimales pour les murs principaux sont les suivantes :
 Les murs doivent présenter une épaisseur minimale de 15 cm et une largeur au moins égale
à 4 fois l’épaisseur.
 Chaînages verticaux, notés CV, placés en extrémité des murs, à chaque intersection de
murs et sur la hauteur des ouvertures :
o En zone critique => CV= 4 HA 12 + cadres HA 6 e = 10 cm au plus.
o En zone courante => CV = 4 HA 10 + cadres HA 6 e = 10 cm au plus.
 Chaînages horizontaux des planchers :
o CH = max ( 1.5 cm2, 0.28 L, L étant la largeur de plancher portée)
 Chaînages horizontaux au droit des linteaux et allèges :
o CL = 2 HA 10 ancrés de 50 Φ.

17.5.1.3. Longueurs de recouvrement et d’ancrage

Toutes les longueurs de recouvrement et d’ancrage, définies dans le BAEl91, sont à majorer de 30%
hors zone critique et de 50% en zone critique.

17.5.1.4. Vérification des contraintes normales


On vérifie tout d’abord que (vérification ELU classique, en flexion composée, sous M,N) :
0,85. f cj
 La contrainte dans le béton n’excède pas σ bc < σ bc lim = avec γ f = 1,3
1,15.γ f
fe
 La contrainte dans les aciers n’excède pas σs < avec γs =1
γs
CNAM CCV109 – Béton armé 25

De plus, comme nous l’avons vu précédemment pour les voiles sous charges verticales, il faut vérifier
la contrainte maximale dans les bandes :
 En zone I, on doit vérifier σ u < σ u lim
σ u lim
 En zones II et III, on doit vérifier σu <
α
Ces vérifications doit être menées en considérant les corrections suivantes :
 L’élancement du mur doit être calculé avec l’épaisseur « a » du mur déduite de 2cm.
l f . 12
λ= (longueur et épaisseur exprimées en cm).
a−2
 La distance entre raidisseurs pour le calcul de la longueur de flambement doit être réduite du
3
a −2 4
coefficient   , « a » étant exprimée en cm.
 2 

17.5.1.5. Ferraillage longitudinal et pourcentages minimaux


Les aciers verticaux dans les deux bandes d’extrémités définies par une largeur bf = min ( b/2 ; 100
cm) ( b étant la largeur du voile) doivent respecter les valeurs suivantes :
 ρ = 0 si ρ1 ≤ 0.001 avec ρ1 = 0.001 q σu / σbclim
 ρ = 0.001 si ρ1 > 0.001

Dans cette formule, q est le coefficient de comportement et σu la contrainte moyenne de la bande


considérée.

17.5.1.6. Vérification à l’effort tranchant


Concernant l’effort tranchant, deux vérifications sont à faire :
 Vérification de cisaillement.
 Vérification de non glissement.

De plus, il faut prévoir un ferraillage transversal minimal.


 Vérification du ferraillage transversal minimal.

17.5.1.7. Vérification de cisaillement

Notations :

Af Af
a

d
CNAM CCV109 – Béton armé 26

Soient :
 ωf = (100*Af)/(ad)
 N: effort normal
 M: moment de flexion
 V: effort tranchant

On définit:
 σ = N/(ab)
 αN = M/(bN)
 V* = V(1+q)/2
 τ* = V*/(ad)
 αV = M/(bV*)
 Mlim = ab²/6(σ + ftj)
 τ1 = τ*. Mlim / M
(0.5)
 τ2 = 0.45(ftj(ftj+2/3 σ)) ( attention : si σ > 0.5 fcj, le voile doit être considéré comme un
poteau vis des sollicitations tangentes )
τ3 = (min (τ1 ; τ2))*(1+3 ωf)+0.15 σ, la valeur de ωf étant plafonée à 2%

La vérification nous donne:


 Si τ* ≤ τlim avec τlim = max (τ3 ; 0.5 ftj) => pas d’acier d’effort tranchant.
 Sinon At/(a.st) > (τ*- τlim)/(0.9 fe)

Il faut st < b/3 et At doit être positionné :


 horizontalement si αV ≥ 1.5
 verticalement si αV ≤ 0.5
 horizontalement et verticalement si 0.5 < αV < 1.5

17.5.1.8. Vérification du non glissement

Fa Fb

A'

Af a Af

Vue en élévation du voile

Soit x la largeur comprimée, Il faut vérifier :


V * ≤ 0,35. f tj .a. x + ( Fb + A'. f e )tgφ
CNAM CCV109 – Béton armé 27

Avec:
 tgΦ = 0.7
 fe = limite élastique des aciers des aciers A’
 A’ : armatures verticales réparties hors membrures d’extrémité existant dans la section a x b
à laquelle est associé une quantité d’armatures horizontales respectant le même
pourcentage
 Fb : résultante des contraintes de compression dans le béton (issues du calcul en flexion
composée).

Cette largeur comprimée est définie suite au calcul en flexion composée du voile pour obtenir les
sections d’armatures Af à mettre en place.

17.5.1.9. Ferraillage transversal minimal


Chaque armature longitudinale résultant d’un calcul de flexion ou de vérification de contraintes
normales doit être ligaturée transversalement par des épingles de diamètre Φt et d’espacement st
vérifiant :
 10.φl
 st ≤ min 
20cm
 φl

 φt ≥ max  3
6mm

Les aciers ainsi calculés doivent être placés dans un potelet de dimensions a × d ' , avec


 a
 σ
d ' = max  a.q. u .
 σ bc lim
l f σu
15 .q. σ
 bc lim

Si le mur est raidi, la condition relative à lf n’est plus à appliquer et ce potelet peut indépendamment
être placé dans le mur ou le raidisseur.

Les aciers horizontaux constituant les cadres du potelet sont de diamètre Φt défini ci dessus et sont
espacés au plus de 20 cm.
CNAM CCV109 – Béton armé 28

17.5.2. Murs secondaires

En ce qui concerne les murs secondaires, les règles PS92 imposent uniquement la mise en place des
chaînages suivants :
 Chaînages verticaux CV : 3 HA 10 ou 4 HA 8 – cadres HA 6 e = 10 cm
 Chaînages de linteaux CL : 2 HA 8
 Chaînages horizontaux CH: dito murs principaux.

17.5.3. Les linteaux.

Dans le cas d'une ouverture dans un voile, les dispositions constructives au séisme dans les linteaux
doivent respecter:
 Les dispositions constructives PS92 propres aux poutres, lorsque la hauteur h du linteau
vérifie h>l/4.
 Dans le cas contraire, il faut vérifier les dispositions constructives des éléments courts: il faut
prendre les dispositions PS92 relatives aux poteaux, en considérant comme longueur
critique, la longueur totale du linteau.
CNAM CCV109 – Béton armé 29

17.6. Exemple de calcul


Prenons un voile soumis à une charge linéaire répartie sous charges permanentes et surcharges
d’exploitation.

De plus, ce même voile est soumis à un effort de vent en tête.

Vent

Les données du voile sont données ci-dessous.

Géométrie:
 Longueur du voile: 5 m
 Epaisseur: 0.15m
 Hauteur: 3.50m

Chargement:
 Une charge répartie: G=50 T\ml et Q=40 T\ml.
 Les contraintes locales dues au plancher sont négligées.
 Charge horizontale de vent : 5 T.

Hypothèses:
 Fc28= 25Mpa.
 Fe= 500 Mpa
 Fissuration non préjudiciable.
 Durée d'application des charges "supérieure à 24h".
 Plus de 50% des charges appliquées après 90j.
 Enrobages: 3cm.
 Mur intérieur
 Coefficient de comportement : q=2.4
CNAM CCV109 – Béton armé 30

Raidisseurs.
 Raidisseur de gauche: épaisseur de 0.20 m et longueur de 1.00m.
 Raidisseur de droite: épaisseur de 0.20 m et longueur de 1.00m.

17.6.1. Dimensionnement du mur sous charges verticales (DTU 23.1)

17.6.1.1. Longueur de flambement.


Pour déterminer la longueur de flambement, il faut prendre en compte les raidisseurs.

Le mur est considéré Encastré en tête et en pied avec un plancher de part et d'autre.
 On a donc un coefficient de 0.8 pour un mur armé, ce qui nous donne L'f=0.8*3.5= 2.80m.
 Mur raidi à ses deux extrémités: b= c=5-2*0.20=4.60m
l 'f
 L'f < b => lf = si on suppose un mur armé horizontalement
l 'f
1+ ( )²
b

2.80
On a donc lf = = 2.04m .
2 .8
1+ ( )²
4.60

l f 12 2.04 12
L'élancement mécanique vaut: λ= = = 47.11
a 0.15

17.6.1.2. Valeur de ALPHA


0,85
Dans le cas d'un mur armé avec λ<50, on a: α= = 0,623 .
λ
2

1 + 0.2 
 35 

17.6.1.3. Vérification de la contrainte en tête du mur.

Le poids du mur vaut 2.5*5*0.15=1.875 Tonnes par mètre de hauteur de mur.

Prenons des bandes de 2.00m.

En tête de mur, il n’y a pas de poids propre du voile, les charges sont les suivantes:
 Charges permanentes: Ng= 2.00*50=100 Tonnes= 1.00 MN.
 Charges d'exploitation: Nq= 2.00*40= 80 Tonnes= 0.80 MN.
CNAM CCV109 – Béton armé 31

On a Nu= 1.35*1.00+1.5*0.80= 2.55 MN

Nu 2.55
La contrainte effective à mi-hauteur vaut donc: σ u = = = 8.5Mpa
ad 0.15 * 2
La section d'acier se calcul à partir de la formule :

N u lim α  Br f c 28 Af e  γ s σ lim × a × d Br f c 28 
σ lim = =  +  => A =  −  avec Br=d(a-2cm)
ad ad  0,9γ b γs  fe  α 0.9γ b 

1.15  8.5 × 0.15 × 2 0.26 × 25 


En posant σ lim = σ u , on obtient: A = − = −52.09cm² , ce qui veut
500  1 0.9 × 1.5 
dire qu’il n’y a pas besoin d’armatures.

Il n’y a théoriquement besoin d’aucune armature, mais on place en général un TS sur chaque face ou
un treillis soudé au centre du voile.

17.6.1.4. Vérification de la contrainte à mi-hauteur

Le poids du mur vaut 2.5*5*0.15=1.875 Tonnes par mètre de hauteur de mur.

Prenons des bandes de 2.00m

A mi-hauteur, les charges sont les suivantes:


 Poids du mur: 1.875*1.75 (mi hauteur)=3.28 Tonnes= 0.033 MN.
 Charges permanentes: Ng= 2.00*50=100 Tonnes= 1.00 MN.
 Charges d'exploitation: Nq= 2.00*40= 80 Tonnes= 0.80 MN.

On a Nu= 1.35*(0.033+1.00)+1.5*0.80= 2.59 MN

Nu 2.59
La contrainte effective à mi-hauteur vaut donc: σ u = = = 8.63Mpa
ad 0.15 * 2
La section d'acier se calcul à partir de la formule :

N u lim α  Br f c 28 Af e  γ s σ lim × a × d Br f c 28 
σ lim = =  +  => A =  −  avec Br=d(a-2cm)
ad ad  0,9γ b γs  fe  α 0.9γ b 

1.15  8.63 × 0.15 × 2 0.26 × 25 


En posant σ lim = σ u , on obtient: A = − = −15.16cm² , ce qui veut
500  0.623 0.9 × 1.5 
dire qu’il n’y a pas besoin d’armatures.
CNAM CCV109 – Béton armé 32

17.6.2. Vérification par la méthode « Bielle-Tirant ».

On doit vérifier le voile sous la combinaison :

1,35G + 1,5V + 1,3*0,77*Q

On doit ramener les charges linéaires au centre du voile.

Comme nous l’avons vu précédemment, le fonctionnement du voile est le suivant :

Sous l'effort V, calculé aux ELU, on doit vérifier la compression dans la bielle. La largeur b de la bielle
de compression doit vérifier:
D 5
b = min(4e, ) = min(0.6m, = 0.83m) = 0.6m
6 6

L'inclinaison de la bielle doit vérifier:


h 3 .5
0,5 ≤ tgθ = = = 0.7 ≤ 2 => Vérification OK
l 5

La contrainte dans la bielle est définie par la formule suivante :


V 0.075
σ= = = 1.02 Mpa
eb cosθ 0.15 × 0.6 × cos 34.99

Cette contrainte doit vérifier:


0,90 f c 28 ( ELU ) = 0,90 × 25 = 22.5Mpa 
 σ ≤  pour un mur armé.
 0,60 f c 28 ( ELS ) 
CNAM CCV109 – Béton armé 33

On part du principe que les bielles sont établies à 45°, on a donc le schéma suivant:

avec:
 Av: section des armatures verticales mobilisables sur la largeur lb "largeur de la bielle".
 Nb: effort normal agissant sur cette même largeur.

 lb = 5 − 3.5 = 1.5m
 N b = (1.35G + 1.3 × 0.77Q) × 1.5 = 107.54 × 1.5 = 161.31T = 1.613MN

 L'effort tranchant qui peut être alors repris par les armatures verticales est défini par la
formule:
fe γs 1.15
Va = Av × + N b ⇒ Av = (Va − N b ) = (0.075 − 1.613) × = −35.37cm²
γs fe 500

Il n’y a donc pas d’armatures complémentaires à placer dans le voile pour reprendre l’effort dans la
bielle.

 La valeur limite de l'effort tranchant imposé par la contrainte de compression dans la bielle
est:
2Vb
σ bc = . Cette contrainte doit respecter la limite précédemment énoncé, ce qui nous
elb
0.9 f c 28 × e × lb 0.9 × 25 × 0.15 × 1.5
amène à écrire: Vb = = = 2.5MN (2)
2 2
CNAM CCV109 – Béton armé 34

Une vérification supplémentaire peut nous amener à majorer également la section d'armatures
horizontales :

Il faut vérifier que la part V1 de la bielle qui "tombe dans le vide" peut être suspendue en traction par
les armatures horizontales.

V1 est déterminé à partir de la formule suivante:

l1 l − lb 5 − 1 .5
V1 = Va × = Va × = 0,075 × = 0.175MN
lb lb 1 .5

0.175
Ce qui représente une armature de A= = 4.025cm²
434.78
En pied de voile, on placera donc 3HA10 (2.36 cm²) par face.
CNAM CCV109 – Béton armé 35

17.6.3. Dimensionnement du voile en flexion composée.

En pied de voile, on a un moment de 5*3.5= 17.5 T.m, non pondéré.

On doit faire un dimensionnement en flexion composée :

Af

Zone comprimée

Epaisseur : e
L=5
Axe neutre
N m

Af
Armature tendue
e= 0.15m

 Le poids propre du voile vaut 0.15*5*3.5*2.5= 6.56 T


 N= [1.35(50+6.56)+1.3*0.77*40]*5=582T=5.82MN
 M= 0.175*1.5= 0.2625MN.m (Pondération du moment à l’ELU).

Nous allons dimensionner ce voile en utilisant la méthode de l’équilibre (on aurait également pu le
dimensionner en calculant une section partiellement comprimée en flexion composée).

Pour pouvoir appliquer la méthode de l’équilibre, il faut avoir une section d’armatures de départ.
Prenons le pourcentage minimum que l’on fixe à 1/1000 de la section soit
0.15 × 5
= 0.00075 = 7.5cm²
1000

On choisit de mettre en œuvre 4HA16 qui nous donne 8.04cm² à chaque extrémité du voile.

On considère donc Af= A’f= 8.04cm².

La méthode de l’équilibre (voir chapitre CCV109 sur la stabilité de forme) nous amène à vérifier :

 M int (ε , 1 ) l 2f 1
eint (ε , ) =
1 r ≥ eext = e1 + f = e1 +
 r N int (ε , 1 ) π² r
 r
 1 ε bc + ε s
 =
r d
CNAM CCV109 – Béton armé 36

Excentricité externe

Déformation de l'acier:
f ed 435
 εs = = = 2.18 / 1000
E s 200000

Déformation du béton :
2
 ε bc = (1 + αϕ )
1000
N g .e0 56.56
o α = = = 0.585
N g .e0 + N q .e0 56.56 + 40.04
o ϕ= 2 (coefficient de fluage)
2
o ε bc = (1 + 0,585 × 2) = 4.34 / 1000
1000

Valeur de l'excentricité externe :


 d=0.9*5=4.5 m
1 ε bc + ε s 0.00434 + 0.00218
 = = = 0.00149m −1
r d 0 .9 × 5
l 2 1 2.04²
 f = f = × 0.00149 = 0.000628m
π² r π²
l 2f 1
 eext = e0 + f = e0 + = 0.075 + 0.0006 = 0.076m
π² r
Effort normal externe :
 Next= 5.82 MN

Excentricité interne

M int (ε , 1 )
eint (ε , 1 ) = r
r N int (ε , )
1
r
Contrainte sur les aciers comprimés :

ε bc 4.34
 y=d = 4 .5 = 2.99m
ε bc + ε s 4.34 + 2.18
y − d' 2.99 − 0.05
 ε sc = ε bc = 4.34 = 4.27 / 1000
y 2.99
CNAM CCV109 – Béton armé 37

 σ sc se déduit du diagramme de contrainte suivant :

 ε sc > ε sl ⇒ σ sc = f ed = 434.78Mpa

Effort normal interne :

 N i = Fbc + Fsc − Fs

Effort normal béton comprimé :

 Fbc = ψ .b0 . y. f bu
2 2
 ψ = puisque ε bc = (1 + αϕ ) (voir rappel sur le coefficient de remplissage – pivot
3 1000
C – chapitre 9)
2
 Fbc = × 0.15 × 2.99 × 14.17 = 4.24 MN
3
Effort normal aciers comprimés :
 Fsc = A'.σ sc = 8.04.10−4 × 434.78 = 0.35MN

Effort normal aciers tendus :


 Fs = A.σ c = 8.04.10 −4 × 434.78 = 0.35MN

Effort Nint:
N i = Fbc + Fsc − Fs = 4.24 MN

Moment interne :

 M int = M bc + M sc + M s
CNAM CCV109 – Béton armé 38

Moment béton comprimé :


h
 M bc = Fbc ( − δ g . y )
2
3 2
 δ g = puisque ε bc = (1 + αϕ )
8 1000
5 3
 M bc = 4.24( − 2.99) = 5.84 MN .m
2 8

Moment aciers comprimés :


h 5
 M sc = Fsc ( − d ' ) = 0.35( − 0.05) = 0.86 MN .m
2 2
Moment aciers tendus :
h 5
 M s = Fs (d − ) = 0.35(4.5 − ) = 0.70 MN .m
2 2
Moment interne :
M int = M bc + M sc + M s = 7.4MN .m

Excentricité interne :

M int 7 .4
eint = = = 1.74m
N int 4.24

Vérification de l'équilibre

L'équilibre est assuré si:


 Nint > Next
 eint > eext

Dans notre cas, on a :


 Nint= 4.24 MN < Next= 5.82 MN
 eint= 1.74m > eext= 0.076m

La stabilité n’est donc pas assurée car Nint < Next, il nous faut donc itérer en réduisant la valeur de
ε s et en conservant le même valeur pour ε bc .

Prenons ε s = 0.60 / 1000

Excentricité externe – itération 2

Déformation de l'acier:
 ε s = 0.60 / 1000

Déformation du béton :
 ε bc = 4.34 / 1000 (avec le fluage)
CNAM CCV109 – Béton armé 39

Valeur de l'excentricité externe :

 d=0.9*5=4.5 m
1 ε bc + ε s 0.00434 + 0.0006
 = = = 0.0011m −1
r d 0 .9 × 5
2
l 1 2.04²
 f = f = × 0.0011 = 0.000464m
π² r π²
l 2f 1
 eext = e0 + f = e0 + = 0.075 + 0.000464 = 0.075m
π² r

Effort normal externe :


 Next= 5.82 MN

Excentricité interne – itération 2

M int (ε , 1 )
eint (ε , ) =
1 r
r N int (ε , )
1
r
Contrainte sur les aciers comprimés :
ε bc 4.34
 y=d = 4 .5 = 3.95m
ε bc + ε s 4.34 + 0.60
y − d' 3.95 − 0.05
 ε sc = ε bc = 4.34 = 4.285 / 1000
y 3.95
 ε sc > ε sl ⇒ σ sc = f ed = 434.78Mpa

Contrainte sur les aciers tendus :


 ε s < ε sl ⇒ σ s = E × ε s = 200000 × 0.60 / 1000 = 120 Mpa

Effort normal interne – itération 2 :

 N i = Fbc + Fsc − Fs

Effort normal béton comprimé :

 Fbc = ψ .b0 . y. f bu
2 2
 ψ = puisque ε bc = (1 + αϕ )
3 1000
2
 Fbc = × 0.15 × 3.95 × 14.17 = 5.60 MN
3
Effort normal aciers comprimés :
 Fsc = A'.σ sc = 8.04.10 −4 × 434.78 = 0.35MN

Effort normal aciers tendus :


 Fs = A.σ c = 8.04.10 −4 × 120 = 0.096 MN
CNAM CCV109 – Béton armé 40

Effort Nint:
N i = Fbc + Fsc − Fs = 5.60 + 0.35 − 0.096 = 5.85MN

Moment interne – itération 2:

 M int = M bc + M sc + M s

Moment béton comprimé :


h
 M bc = Fbc ( − δ g . y )
2
3 2
 δ g = puisque ε bc = (1 + αϕ )
8 1000
5 3
 M bc = 5.60( − 3.95) = 5.70 MN .m
2 8

Moment aciers comprimés :


h 5
 M sc = Fsc ( − d ' ) = 0.35( − 0.05) = 0.86 MN .m
2 2
Moment aciers tendus :
h 5
 M s = Fs (d − ) = 0.096(4.5 − ) = 0.192MN .m
2 2
Moment interne :
M int = M bc + M sc + M s = 6.75MN .m

Excentricité interne :

M int 6.75
eint = = = 1.59m
N int 4.24

Vérification de l'équilibre – itération 2

L'équilibre est assuré si:


 Nint > Next
 eint > eext

Dans notre cas, on a :


 Nint= 5.85 MN > Next= 5.82 MN
 eint= 1.59m > eext= 0.075m

La stabilité est donc assurée.


CNAM CCV109 – Béton armé 41

17.7. Dimensionnement des voiles à l’EC2.


On ne s’intéresse dans ce chapitre qu’aux voiles soumis à des charges verticales (équivalent du
dimensionnement DTU 23.1 vu précédemment).

En ce qui concerne le dimensionnement des voiles de contreventement, les méthodes indiquées


précédemment (bielle-tirant et dimensionnement en flexion composée) sont compatibles avec les
principes énoncés dans l’EC2 et restent donc applicables.

Pour le dimensionnement des voiles sous charges gravitaires, l’EC2 reprend les principes du DTU
23.1, à savoir qu’un voile sera dimensionné comme un poteau.

Pour cela, on fait intervenir dans le dimensionnement, la longueur de flambement du voile.

17.7.1. Flambement

Cf articles 5.8.3.2(7) et 12.6.5.1(1) de l’EC2.

La longueur de flambement d’un voile est notée L0 :

L0 = β Lw

 Lw : Hauteur libre entre planchers


 β : Coefficient donné par le tableau ci-dessous pour tenir compte des conditions aux limites
du voile :
CNAM CCV109 – Béton armé 42

L0 βLw βLw
L’élancement est donné par : λ= = = 12
i i hw
hw
 i : rayon de giration = i =
12

Le tableau précédent indique que la présence d’un voile transversal peut réduire l’élancement du voile
longitudinal.

Toutefois, un voile transversal ne pourra être pris en compte que si :


Lw S
 Le voile longitudinal ne comporte pas d’ouverture de hauteur ≥ ou de surface > (S
3 10
étant la surface du voile longitudinal)
 L’épaisseur du voile transversal est ≥ 0.5hw
 Si on note hauteur du voile transversal = Lw (i.e. le voile transversal fait toute la hauteur de
l’étage), la longueur du voile transversal doit être ≥ 0.2 Lw

De plus, si les voiles sont liés monolithiquement aux planchers haut et bas avec du béton coulé en
place et un ferraillage approprié, on prend en compte une réduction de l’élancement en multipliant β
par 0.85.

17.7.2. Méthode de calcul simplifiée pour voiles en béton non-armé

Épaisseur minimale des voiles non-armés : 0.12m.

L’effort résistant d’un voile (par unité de longueur) est donné par (article 12.6.5.2 de l’EC2) :
N Rd = b ⋅ hw ⋅ f cd ⋅ Φ

 b : largeur de la section
 hw : épaisseur de la section
f ck
 f cd = 0.8 pour un béton non-armé
1 .5
 Φ : facteur d’excentricité du 2nd ordre et de fluage

  2e  L  2e 
Φ = Min 1.141 − tot  − 0.02 0 ; 1 − tot 
  hw  hw  hw 
avec :
 etot = e0 + ei
 e0 : excentricité du 1er ordre
L 
 ei : excentricité additionnelle ei = Max  0 ;2cm 
 400 

L’effort résistant N Rd est ensuite comparé à l’effort normal agissant N Ed .

Si N Rd ≥ N Ed , alors le voile sera non-armé.


CNAM CCV109 – Béton armé 43

17.7.3. Dimensionnement d’un voile armé.

Dans le cas d’un voile armé, on déduira donc les armatures de la formule suivante :

[
N Rd = Φ. b ⋅ hw ⋅ f cd + A. f yd ]
On détermine les armatures en posant N Rd = N Ed .

17.7.4. Dispositions constructives (pour les voiles armés)

Les voiles armés sont traités au chapitre 9.6 de l’EC2 (dispositions constructives) et de l’annexe
nationale.

17.7.4.1. Armatures verticales

La section minimale d’armatures verticales Asv ,min est égale à 2/1000 de la section de béton Ac .
Asv ,min = 0.002 Ac

Asv ,min est ensuite répartie sur les deux faces du voile.

La section maximale est égale à 4% de la section de béton (dans les zones de recouvrement, elle est
égale à 8% de la section de béton).

Les armatures verticales sont espacées de sv ≤ min(3hW ;400mm ) .

L’Annexe Nationale Française précise que, pour les bâtiments et pour les voiles de moins de 25 cm
d’épaisseur :
 Les extrémités libres, débouchant en façade ou pignon de tout voile doivent comporter un
chaînage vertical continu d’au moins 1,5cm².
 Les portes, fenêtres… doivent être bordées par des aciers verticaux d’au moins 1cm² et
convenablement ancrés.
 Le ferraillage vertical des voiles constituant tout ou partie d’une façade ou d’un pignon doit
constituer une armature de peau continue d’au moins 0.5cm² par mètre linéaire. Cette section
est doublée à la reprise basse de tout voile du niveau supérieur sous plancher terrasse.

Pour les voiles de plus de 25cm d’épaisseur, les sections ci-dessus sont majorées au prorata de
l’épaisseur.

17.7.4.2. Armatures horizontales

La section minimale d’armatures horizontales Ash ,min doit être au moins égale à 25% de la section
d’armatures verticales Asv et 1/1000 de la section de béton :

Ash ,min = min[0.25 Asv ;0.001Ac ] .

Les armatures horizontales sont espacées de sh ≤ 400mm .


CNAM CCV109 – Béton armé 44

L’Annexe Nationale Française précise que, pour les bâtiments et pour les voiles de moins de 25 cm
d’épaisseur :
 Les portes, fenêtres… doivent être bordées par des aciers horizontaux d’au moins 1cm² et
convenablement ancrés.
 Le ferraillage horizontal des voiles constituant tout ou partie d’une façade ou d’un pignon doit
constituer une armature de peau d’au moins 1cm² par mètre linéaire.

Pour les voiles de plus de 25cm d’épaisseur, les sections ci-dessus sont majorées au prorata de
l’épaisseur.

17.7.4.3. Armatures transversales :


On met en place des cadres, des étriers ou des épingles entre les deux faces du voile si la section
d’acier vertical Asv est supérieure à 2% de la section de béton Ac .

Asv > 0.02 Ac

Ces armatures transversales sont espacées de st ≤ min(20Φ L ; h;400mm )

avec :

Φ L : Diamètre des armatures verticales

Les armatures transversales sont obligatoires si les aciers verticaux sont situés à l’extérieur des aciers
horizontaux, sauf s’il s’agit de treillis soudés de diamètre Φ L ≤ 16mm et d’enrobage ≥ 2Φ L .