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Vocabulaire juridique.

Rédigé
par des professeurs de droit,
des magistrats et des
jurisconsultes sous la
direction de [...]

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Vocabulaire juridique. Rédigé par des professeurs de droit, des
magistrats et des jurisconsultes sous la direction de Henri
Capitant. 1930-????.

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JURIDIQUE
Rédigé par des Professeurs de Droit, des Magistrats
et des Jurisconsultes

sous la direction de

Henri CAPITANT
Membre de l'Institut
Professeur à la Faculté de Droit de Paris

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JURIDIQUE
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et des Jurisconsultes

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Henri CAPITANT
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Professeur à la Faculté de Droit de Paris

LES PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE


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à la Cour d'Appel de Paris.
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1
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d'Appel de Paris.
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M. CABY, Professeur Agrégé à la Faculté de Droit de Strasbourg.
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M. HUGUENEY (Louis), Professeur à la Faculté de Droit de Paris.
M. JAUFFRET, Professeur agrégé à la Faculté de Droit d'Aix.
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M. LEMONNIER, Professeur à la Faculté de Droit de Caen.
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M. LE FUR, Professeur à la Faculté de Droit de Paris.
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M. ROGER-PICARD, Professeur à la Faculté de Droit de Lille.
M. ROLLAND, Professeur à la Faculté de Droit de Paris.
M. ROSIER, Docteur en Droit, Professeur à l'École des Hautes Études commerciales.
Chargé de Conférences au Conservatoire national des arts et métiers.
M. ROUAST, Professeur à la Faculté de Droit de Paris.
M. SAVATIER, Professeur à la Faculté de Droit de Poitiers.
M. ScEEEE, Professeur à la Faculté de Droit de Dijon.
M. SIBERT, Professeur à la Faculté de Droit de Lille.
M. SIMONNET, Professeur à la Faculté de Droit de Nancy.
M. SOLUS, Professeur à la Faculté de Droit de Poitiers.
M. THOMAS, Professeur à la Faculté de Droit de Toulouse.
M. TROTABAS, Professeur à la Faculté de Droit de Nancy.
M. VAILLANT, Professeur à l'Ecole forestière de Nancy.
M. VIARD, Professeur à la Faculté de Droit de Montpellier.
M. VIZIOZ, Professeur à la Faculté de Droit de Bordeaux.
M. WALINE, Professeur agrégé à la Faculté de Droit de Poitiers.
« Les paroles de la loi doivent se
peser comme des diamants ».
BENTHAM.

PRÉFACE

Nous nous proposons de donner dans cette préface quelques explications sur
l'objet, le but et la méthode de cet ouvrage.

Et d'abord, c'est un vocabulaire, ce n'est pas un répertoire ; c'est un recueil de


définitions, non de règles. Il ne faudra donc pas y chercher un exposé du Droit fran-
çais ; on n'y trouvera pas d'articles concernant les institutions juridiques. Il sera
inutile de le consulter, si l'on est en quête d'un renseignement sur un point de droit.
Sans doute, certaines solutions juridiques y sont parfois indiquées, mais elles ne
figurent alors qu'à titre d'exemples, de citations destinées à expliquer le sens du
mot défini. L'énoncé d'une règle ne se justifie dans un vocabulaire que comme
complément de la définition, l'objet de l'entreprise étant exclusivement de définir.
Notre vocabulaire, outre les définitions proprement dites, contient encore l'indi-
cation des étymologies, grâce à la collaboration d'un savant spécialiste, M. Oscar
Bloch, qui prépare actuellement un Dictionnaire étymologique de la langue française.
L'étymologie est presque toujours la meilleure définition ; c'est elle qui fait sentir le
suc des mots, qui révèle l'image voilée par l'habitude ou les déformations linguis-
tiques, ou encore qui laisse apercevoir comment des sens nouveaux ont pu découler
du sens primitif.
On pensera peut-être que l'explication des adages ou brocards latins ou français
qui seront joints à cet ouvrage rentre moins directement dans son cadre. L'objec-
tion ne nous a pas échappé. Nous reconnaissons que les adages sont l'énoncé de
règles juridiques et qu'à ce titre ils sembleraient devoir être exclus de notre plan.
Mais ce que nous avons tenu à mettre dans notre vocabulaire, ce n'est pas le commen-
taire juridique de ces adages, c'est seulement leur traduction. Rédigés en latin ou en
vieux français, en un style d'une concision extrême, leur véritable sens n'apparaît
pas toujours à la lecture. On risque, en les lisant ou les entendant, de commettreun
contre-sens. C'est donc leur explication, leur commentaire sémantique que nous avons
voulu présenter avant tout, et ainsi nous ne pensons pas avoir été infidèles à la
méthode que nous nous sommes imposée. Notre vocabulaire reste un recueil de
définitions soit de mots isolés, soit de propositions entières, lorsque celles-ci consti-
tuent des expressions toutes faites, c'est-à-dire revêtent une sorte d'individualité
linguistique. Au surplus, nous n'avons admis dans cette liste, qui sera publiée en
appendice, que les adages qui forment un fond de droit coutumier toujours en vi-
gueur et font partie de notre droit positif français.
Preface 6

Ceci nous amène à préciser le dernier trait caractéristique de cet ouvrage : c'est
un vocabulaire de la langue technique du Droit français moderne.
C'est dire tout d'abord qu'il ne définit que les mots de la langue juridique. Mais à
quoi reconnaître cette langue ?
La question s'est posée dès le début de nos travaux. Il ne pouvait s'agir évidem-
ment de relever tous les mots que l'on rencontre dans les Codes, les Lois, les ouvrages
de droit, ou les actes de la pratique, car ces mots sont en majeure partie ceux de la
langue courante. Ce n'est que par image qu'on peut parler de la langue juridique,
comme d'ailleurs des langues propres aux différentes sciences. Toutes ces langues
ont un fond commun et elles ne se distinguent que par certains de leurs éléments. Il
n'est pas du reste facile de faire le départ des éléments qui forment la partie
technique de la langue du Droit. Si aucun doute n'est possible pour les termes carac-
térisant des institutions, des notions ou des catégories juridiques, il n'en est pas de
même pour une série de mots (notamment ceux qui désignent les professions). Sou-
vent l'on hésite pour décider si tel mot de la langue usuelle employé dans les textes
a acquis droit de cité dans la langue du Droit. En principe, nous n'avons fait accueil
à ces mots qu'autant qu'ils s'y présentent avec une ou des significations spéciales.
Ainsi, par exemple, nous avons retenu le mot artisan parce qu'il est employé dans les
lois comme désignant tantôt toute personne qui exerce pour son compte personnel un
métier manuel, tantôt le patron qui occupe un apprenti. Au contraire, nous n'avons
pas retenu les mots aubergiste, hôtelier, ni les autres noms de professions, bien que
le Code civil édicté certaines règles les concernant. Lorsqu'un mot a simultanément
une acception usuelle et une acception juridique, nous n'avons généralement donné
que cette dernière, sauf lorsqu'il nous a paru nécessaire de rapprocher les deux,
notamment lorsqu'on les trouve l'une et l'autre dans les textes (par exemple,
pour les mots : absent, acte). Il est difficile de préciser davantage. La méthode ne
peut pas être absolument rigoureuse. Il est nécessaire de corriger l'esprit de géométrie
par l'esprit de finesse.
Nous n'avons retenu que les termes usités dans notre droit français moderne, éli-
minant par conséquent ceux qui désignent des institutions ou notions n'ayant plus
actuellement aucune application ou n'existant que dans d'autres législations.
Nous nous sommes également abstenus de pénétrer dans le domaine propre à
l'économie politique. Celui du Droit moderne nous a paru suffisamment vaste et
c'est ce domaine seul que nous avons exploré, mais nous l'avons fait le plus minu-
tieusement que nous avons pu. Nous n'en avons omis aucune des régions, aujourd'hui
si nombreuses, si variées. Toutes les ramifications du droit privé, toutes celles du
droit public, sans oublier la philosophie du droit, dont le renouveau s'accuse par la
publication de tant d'oeuvres, ont fourni leur apport et cet ouvrage sera, au sens le
plus complet, le vocabulaire du Droit français moderne.
Dans ce cadre, on s'est attaché à bien séparer les diverses significations d'un
même mot et, pour éclairer le lecteur, on a, toutes les fois que cela a été possible
sans resserrer artificiellement le sens lui-même, indiqué la branche du Droit à
laquelle se rapporte telle ou telle signification. Lorsque cette indication n'est pas
donnée, cela veut dire que la définition s'applique à plusieurs branches du Droit.
De ce point de vue même, nous avons songé un moment à rechercher et à distin-
guer les diverses acceptions des mots suivant les auteurs, non seulement quand ces
acceptions sont clairement indiquées, mais encore, et c'est alors que l'entreprise était
le plus tentante, lorsque les différentes acceptions sont inconscientes. Chaque auteur
a sa langue qui lui est propre et qui le caractérise souvent, à son insu. Dès lors, toute
affirmation de l'un devrait être traduite pour devenir affirmation de l'autre. Ce sont
des indications en vue de faciliter ces transpositions que nous aurions fournies si
nous avions cédé à la tentation. Mais nous nous sommes résignés à plus de modestie.
7 Préface

Les terminologies des auteurs individuellement considérées ne sont pas toujours


bien fixées. Quel choix, d'autre part, faire entre les auteurs ? Comment enfin ne pas
empiéter sur le domaine des controverses ? Voilà les difficultés qui nous ont arrêtés.

L'utilité d'un ouvrage ainsi composé ne paraît pas contestable, et quelles que
soient les difficultés de notre tâche, du moins sommes nous certains d'éviter le
reproche de faire une oeuvre vaine.
La plus immédiate, celle qui a été d'abord considérée et a peut être éveillé le pro-
jet de ce vocabulaire, c'est l'utilité qu'en retirera le public composé de non juristes,
de tous ceux qui considèrent comme un monde inconnu et quelque peu redoutable le
cercle des questions juridiques. A tous ceux-là, qui se moquent souvent, qui s'ir-
ritent parfois du langage des arrêts, de la procédure, des actes notariés, nous dédions
notre vocabulaire. Il leur permettra d'en éclaircir les obscurités apparentes, d'en
comprendreles expressions parfois archaïques, les formules compliquées mais utiles.
L'homme vit dans une atmosphère juridique ; la trame de la vie sociale est faite
de rapports de droit. Il est donc indispensable de connaître le sens des mots qui en
constituent la langue.
Notre vocabulaire s'adresse aussi aux étudiants. De même qu'il faut d'abord
apprendre sa langue pour connaître un peuple étranger, pour comprendre ses moeurs
et pénétrer son génie, de même la langue juridique est la première enveloppe du droit,
qu'il faut nécessairement traverser pour aborder l'étude de son contenu. Les diffi-
cultés que rencontre l'étudiant du fait de la terminologie sont considérables. Elles
créent chez lui une sorte de malaise indéterminé ; il se sent dépaysé et, dans l'état
actuel des choses, ce n'est qu'une longue accoutumance qui le guérira. Pour parler
correctement la langue du Droit, il faut plusieurs années d'études. Le professeur,
habitué à cette langue, ne se rend pas toujours suffisamment compte des difficultés
qu'elle présente pour le débutant. Il faudrait qu'il fût en contact constant avec ses
élèves pour leur apprendre à employer les termes précis, les locutions propres. Notre
vocabulaire, désormais, sera le maître toujours prêt à répondre ; mieux même, il
prévient les questions ; il n'avance pas un mot qu'il n'en ait préparé la définition.
Mais qui ne se rangera dans la classe du public ou des étudiants ? Qui prétendra
tout savoir et pouvoir se passer de notre livre ? Ce ne sera pas certes le juriste, à
quelque catégorie qu'il appartienne. Ni le législateur, ni le praticien, ni le théoricien
ne peuvent mépriser un dictionnaire.
« Le législateur, a dit Bentham, doit veiller scrupuleusement au choix des mots.
Tels mots, telles lois. Fait on les lois autrement qu'avec des mots ? Vie, propriété,
liberté, honneur, tout ce que nous avons de plus précieux dépend du choix des mots...
Les paroles de la loi doivent se peser comme des diamants. » Bentham sera donc
notre ambassadeur auprès du législateur. Sans doute, le législateur doit peser tous ses
mots et non seulement ceux qui appartiennent à la langue juridique. Le moindre
mot, une conjonction, plus encore une virgule peuvent transformer le sens du texte
qu'il élabore. Bien des controverses tiennent à l'ambiguité des termes dont il s'est
servi. Il doit donc veiller à l'extrême précision des mots qu'il emploie et surtout de
ceux qui ont un sens technique .Et s'il ne veut pas abdiquer son autorité devant celle
des juges et des jurisconsultes, qu'il commence par leur proposer des textes clairs,
traçant la voie à l'interprète ; sinon c'est celui ci qui devra la chercher lui-même,
au risque de méconnaître sa volonté.
Quant aux praticiens, la variété même de leurs fonctions a créé entre eux des
différences de langage. On voit le Droit autrement dans une étude d'avoué ou d'agréé
que dans une étude de notaire. On n'y parle pas toujours la même langue. Nous
Préface 8

avons écouté la voix des uns et des autres et nous espérons que, dans les pages sui-
vantes, ils s'enseigneront mutuellement. Quant au barreau, s'il cultive une langue
plus large et se garde de l'hermétisme d'un langage trop technique, il lui faut néan-
moins tout entendre et faire partout figure d'initié.
Pour les juges et les auteurs, dont le rôle est essentiellement d'interpréter et d'argu-
menter, ils connaissent la puissance des définitions. On rapporte que Descartes,
dès le collège de La Flèche, « lorsqu'il était question de proposer un argument dans la
dispute, faisait d'abord plusieurs demandes touchant la définition des noms (i) ».
Un raisonnementn'a de valeur qu'autant qu'il s'appuie sur une base solide. Or, com-
ment vérifier la vérité ou la précision des prémisses, sinon en sondant les mots qui les
forment ? Chaque mot est lui-même comme un résumé de toute une phrase. Chaque
mot n'est qu'un signe, il faut savoir de quoi. Est il autre chose qu'une vaine appa-
rence, et s'il cache réellement quelque chose, craignons qu'il ne le cache trop bien et
que nous ne nous laissions prendre à sa puissance de mensonge. Que de querelles
édifiées sur des équivoques ou sur des confusions ! La méthode de Descartes est
seule sûre ; avant de discuter, il faut s'assurer que l'on discute sur la même chose, et
notamment que l'on emploie les mêmes mots dans les mêmes acceptions.
Est-il besoin d'insister enfin sur les services que pourra rendre cet ouvrage aux
jurisconsultes étrangers désireux d'étudier le Droit français ? Il en sera la clé néces-
saire. Bien plus, et quoique la présente édition ne donne pas, comme il en avait
d'abord été question — mais nous avons reculé, au moins provisoirement,devant la
difficulté de la tâche l'équivalent dans les principales langues étrangères des mots
définis, par notre seul effort d'un dictionnaire exclusivement français, nous pensons
collaborer directement à l'établissement du vocabulaire juridique comparé des
langues allemande, anglaise, espagnole, française et italienne que vient d'entreprendre
l'Académie Internationale de Droit comparé. Nous franchissons vers ce but une étape
préparatoire nécessaire. L'établissement de ce lexique international sera une oeuvre
considérable. Il ne suffira pas, en effet, de donner les équivalents étrangers pour
chaque mot de chaque langue. Souvent cet équivalent n'existe pas. Souvent aussi
les contenus des mots ne coïncident qu'en partie. C'est pourquoi il faudra se livrer
à un travail d'analyse très minutieux pour relever les chevauchements et les dépasse-
ments exacts de sens entre les mots de chaque langue. De plus, bien des mots ont
plusieurs significations, et c'est chacune de leurs significations qu'il faudra traduire.
Ce sont toutes ces raisons qui nous ont déterminés à abandonner l'idée de donner les
équivalents en langues étrangères, en nous montrant qu'il appartient aux juristes
de chaque nation de préparer ce monument en dressant d'abord un vocabulaire de
leur propre langue. Le vocabulaire international devra être, en effet, la synthèse
des vocabulaires nationaux. C'est seulement lorsque, pour les cinq langues consi-
dérées, le travail d'analyse et de définition que nous entreprenons en France aura
été accompli, qu'on possédera les matériaux nécessaires pour la constitution d'un
lexique international, de façon que celui ci puisse être dressé comme une sorte de
table de concordance entre les vocabulaires nationaux préalablement établis.
Enfin, un vocabulaire est une sorte d'inventaire qui doit nous apporter toute une
série de renseignements sur l'état et la caractéristique de notre langue juridique. Il
nous permettra de vérifier son contenu, ses richesses,de dire si elle s'accroît ou si elle
reste figée, s'il est possible de la perfectionner,de l'enrichir. Ce sont là des questions
auxquelles les juristes seraient actuellement fort embarrassés de répondre avec
quelque certitude. Nous ressemblons à des industriels qui négligeraient de faire
l'inventaire de leur matériel et de leurs marchandises. La seule chose que l'on puisse
dire, c'est que notre langue juridique est pauvre, surtout si on la compare à la

(1) Maxime LEROY, Descartes, le philosophe au masque, I, p. 53, Paris, 1929.


9 Préface
langue juridique allemande. La preuve s'en trouve dans le fait qu'elle contient beau-
coup de mots à sens multiples (1).
Cette indigence tient sans doute à ce que nous avons beaucoup emprunté
à la terminologie du droit romain dont les catégories étaient étroitement limitées.
Ainsi, pour ne donner que quelques exemples, nous continuons à réunir sous le nom
de louage une série de contrats à objets distincts (louage proprement dit, contrat de
transport, de travail, d'entreprise) ; il y a des conventions que, comme les Romains,
nous qualifions encore de contrats innomés ; il y a des opérations juridiques dont
nous ne pouvons indiquer l'originalité qu'en disant qu'elles sont sui generis. Pendant
longtemps aussi le latin a été la langue des arrêts, car c'est seulement au XVIe siècle
que la royauté a ordonné que les arrêts fussent « prononcés, enregistrés et délivrés
aux parties en langage maternel français et non autrement » (Ordonnance de Villers-
Cotterets, août 1539, art. 111). Enfin, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, l'enseigne-
ment du Droit était donné en latin, et l'on sait que les thèses de licence ont été
écrites en la même langue jusqu'en 1880, date de leur abolition, et celles de doctorat
jusqu'en 1850. Il est vrai que le droit coutumier, plus riche, plus nourri de termes
populaires, par le fait même qu'il est resté longtemps non écrit, a fourni lui aussi un
apport s'ajoutant à la langue du Droit. Mais cet apport a été fortement expurgé
par les grands jurisconsultes des XVIIe et XVIIIe siècles, formés à l'école du Droit
romain et préoccupés de simplifier, de clarifier la langue (2). Au siècle dernier, il
nous semble que la langue s'est peu enrichie. Sans doute, des institutions nouvelles
sont apparues, mais on s'est efforcé de les couler dans les moules anciens, et de
les ranger sous les dénominations classiques (3). D'autre part, la coutume, étant
presque tarie, n'a pu contribuer beaucoup à l'accroissement de la langue juridique.
Le Droit public lui-même a pendant longtemps emprunté sa terminologie au Droit
privé, en la détournant souvent de son vrai sens (4).
Il est temps d'appeler l'attention des jurisconsultes sur l'importance de la termi-
nologie, et par là sur les qualités et les défauts de la langue technique du Droit. Mais
ici, comme en toute matière, l'observation des faits doit précéder les essais d'améliora-
tion et de réforme.
Telles sont les considérations multiples qui nous ont déterminés à entreprendre
cet ouvrage.

Il nous reste à dire quelques mots de la méthode suivie pour son élaboration.
Une oeuvre aussi vaste ne peut être accomplie par une seule personne, ou, du
moins, il y faudrait une, existence entière et la vie moderne ne s'accommode pas
d'une telle unité. Je ne sais du reste s'il se trouverait un jurisconsulte à la formation
assez générale pour entreprendre à lui seul de définir avec compétence tous les mots
de toutes les ramifications du droit.
C'est donc à une équipe composée de nombreux et éminents collaborateurs, pro-

(1) Voir sur ce point la thèse de doctorat de M. BECQUART, Les mots à sens multiples dans le
droit civilfrançais, Lille, 1928.
(2) Voir BRUNOT, t. IV, p. 389, pour l'appauvrissement de la langue aux XVIIe et XVIIIe siècles.
(3) Il en a été ainsi pour les droits intellectuels, que l'on a désignés sous le nom de propriété
artistique, littéraire, industrielle et même commerciale.
(4) « Il faudrait renoncer, dit notre collègue JÈZE, Principes généraux du Droit administratif,
2e édit., 1914, à ces expressions de contrat administratif, de mandat de droit public, de tutelle admi-
nistrative, de droits de puissance publique, de propriété publique, etc., puisqu'il est bien entendu
que le prétendu contrat administratif ou de droit public diffère essentiellement du contrat de droit
privé, que le prétendu mandat de droit public diffère essentiellement du mandat de droit privé... ».
Préface 10
fesseurs des Facultés de Droit, magistrats, praticiens, qu'a été confiée cette tâche
et voici comment elle est répartie :
Le premier travail consiste à dresser, pour chaque lettre de l'alphabet la liste des
mots à définir. Il exige le dépouillement méthodique des tables des grands ouvrages,
des répertoires, des dictionnaires. Remarquablement exécuté par l'habile et dévouée
secrétaire du Comité de direction, Mlle Suzanne Dalligny, docteur en Droit, il abou-
tit à la formation de premières listes établies de façon très large, de sorte que le
Comité auquel elles sont soumises n'ait en principe' qu'à faire une sélection. Chaque
mot propre, avec tous les sous-mots qui l'accompagnent, est pesé et n'est retenu
qu'autant qu'il appartient vraiment à la langue juridique. On discute, on élague,
parfois on ajoute. Une fois les listes arrêtées, les mots sont répartis entre les colla-
borateurs chargés d'établir les définitions. Travail ingrat, exigeant une longue mé-
ditation pour aboutir à quelques lignes d'écriture. La définition doit être concise, et
néanmoins rester claire, compréhensible pour les non initiés. Il faut la faire assez large
pour qu'elle s'applique aux diverses branches du Droit et embrasse tous les sous-
mots dans lesquels figure le terme à définir, et éviter en même temps de la vider de
sa substance.
Les définitions rédigées par les collaborateurs font l'objet d'une discussion au
sein du Comité de direction et sont renvoyées, s'il y a lieu, à leurs auteurs. Enfin le
Comité procède, sur épreuves, à une dernière revision nécessaire pour faire de l'en-
semble un tout homogène.
Malgré le soin apporté à sa rédaction, cet ouvrage présentera certainement des
lacunes, des imperfections. Que le lecteur veuille bien nous faire part de ses observa-
tions, de ses critiques. Qu'il ne nous les ménage pas ; nous lui demandons de nous
aider à faire mieux.

Je ne saurais terminer sans remercier les éminents directeurs des Presses Univer-
sitaires de France, MM. Schneider et Pierre Marcel, car ce sont eux qui ont eu l'idée
et ont pris l'initiative de ce vocabulaire. Je confesse même qu'ils ont dû user de per-
suasion pour nous décider à l'effort prolongé qu'exige son élaboration. Mais ils peuvent
témoigner que nos hésitations ont été de courte durée et constater de visu et auditu
avec quelle ardeur, je dirais presque avec quelle passion, notre Comité se donne à
l'oeuvre entreprise.
Henri CAPITANT,
Membre de l'Institut,
Professeur à la Faculté de Droit
de l'Université de Paris.
TABLEAU DES PRINCIPALES ABRÉVIATIONS

Codes : D. pén. : droit pénal.


C. civ. : Code civil. D. priv. : droit privé.
C. com. : Code de commerce. D. pub. : droit public.
C. disc. et pén. mar. mardi. : Code disci D. rur. : droit rural.
plinaire et pénal de la marine mar Lég. : législation.
chande. Pr. : procédure.
C. enr. : Code de l'enregistrement.
C. for. : Code forestier.
Divers :
C. I. cr. : Code d'instruction criminelle. Al. : alinéa.
C. imp. ch. d'aff. : Code de l'impôt sur le Arr. : arrêté.
chiffre d'affaires. Art. : article.
C. imp. rev. : Code de l'impôt sur le re Av. : avis.
venu. C. : Code.
C. just. mar. : Code de justice maritime. Cf. : conforme.
C. pén. : Code pénal. Comp. : comparez.
C. pén. just. mil. : Code pénal de justice Cons. : consultez.
militaire. Conv. : convention.
C. pr. civ. : Code de procédure civile. D. : droit.
C. route : Code de la route. Déc. : décision.
C. tim. : Code du timbre. Décr. : décret.
C. tr. : Code du travail. Doct. : doctrine.
C. val. mob. : Code des valeurs mobilières. Ex. : exemple.
Jur. : jurisprudence.
Matières : Liv. : livre.
D. ad. : droit administratif. L. : loi.
D. ass. : droit des assurances. N°. : numéro.
D. can. : droit canonique. Ord. : ordonnance.
D. civ. : droit civil. P. : page.
D. col. : droit colonial. Par. : paragraphe.
D. com. : droit commercial. Règl. : règlement.
D. const. : droit constitutionnel. Sect. : section.
D. fin. : droit financier. S. C. : senatus consulte.
D. fisc. : droit fiscal. S. D. N. : Société des Nations.
D. fluv. : droit fluvial. Soc. : société.
D. for. : droit forestier. S. : suivant.
D. ind. : droit industriel. Syn. : synonyme.
D. int. priv. : droit international privé. Tit. : titre.
D. int. pub. : droit international public. T. : tome.
D. mar. : droit maritime. V. : voyez.
D. not. : droit notarial. V°. : verbo.
NOTE ET ABRÉVIATIONS POUR LA PARTIE ETYMOLOGIQUE

L'espace dont nous disposions nous a contraint à rédiger les étymologies sous
une forme très concise En outre, ces étymologies, n'étant considérées ici qu'en vue
de l'emploijuridique des mots, sont nécessairement incomplètes. C'est là un défaut
inévitable en raison de la conception même du Vocabulaire ; du reste, il n'est pos
sible d'être complet que dans un dictionnaire où la langue tout entière est envi
sagée. Nous n'avons donné en principe que l'étymologie des mots principaux, tels
que acte, action ; toutefois nous avons indiqué celle du deuxième élément, quand
celui ci a un caractère juridique et qu'il ne sera pas étudié dans la suite, ou que sa
forme offre quelque particularité digne d'être signalée.
O. B.

Nous ne donnons que les principales, abréviations, sans citer celles qui ne peuvent
pas causer de difficultés.
L'astérisque devant un mot indique que la forme n'est pas attestée.
Adj. : adjectif. L., lat. : latin.
Adv. : adverbe. Lat. pop. : Latin populaire
All. : allemand. Loc. : locution
Anc. : ancien. M. A. : moyen-âge.
Angl. : anglais. Masc. : masculin.
Class. : classique. Médiév. : médiéval.
Comp. : composé. Mod. : moderne.
Dér. : dérivé, e. N. : nom.
Dout. : douteux, se. Orig. : origine.
Emp. : emprunté. Part. prés. : participe présent.
Esp. : espagnol. Plur. : pluriel.
Étym. : étymologie. Préc. : précédent.
Fém. : féminin. Prem. : premier.
Fr. : français. Pop. : populaire.
Gaul. : gaulois. Prov. : provençal.
Germ. : germanique. Sing. : singulier.
Gr. : grec. Subst. : substantif.
Incert. : incertain, e. Suiv. : suivant.
Ital. : italien. V. : verbe, voir.
Jurid. : juridique.
VOCABULAIRE JURIDIQUE

Abandon. lequel on est tenu de séjourner ou de


Très ancien comp., issu de la loc. a bandon dans résider. Ex. : abandon de navire, de
laisser, mettre a bandon, à la discrétion, à la merci ; poste, de service ; abandon du domicile
bandon, ancien terme jurid., signifiant pouvoir,est un conjugal (V. infra).
dér. du germ. *banda étendard, d'où signe d'autorité,
auquel se rattache aussi bande au sens de troupe. VIL Etat d'une chose sur laquelle le
I. Acte par lequel le propriétaire d'un propriétaire néglige d'exercer son droit.
bien meuble renonce à son droit de pro- Ex. : terre laissée à l'abandon ; colis,
priété sur ce bien sans s'inquiéter de ce bagages abandonnés (non réclamés).
qu'il en adviendra. Ex. : objet jeté à la VIII (D. for.). Désignation d'un
rue. arbre en vue de son exploitation.
IL Acte par lequel on renonce à un Ex. : marquer en abandon, arbre aban-
droit de propriété ou autre droit réel donné. S'oppose à réserve (V. ce mot).
au profit d'une personne déterminée.
Ex. : abandon d'un fonds improductif — d'animaux, d'armes, d'instruments,
d'objets (D. pén.). Mot usuel désignant
au profit de la commune (L. 3 frimaire la contravention de simple police
an VII), de la partie d'un fonds grevé commise par quiconque laisse sans sur-
de servitude (C. civ. art. 699) ; abandon
de mitoyenneté (C. civ. art. 656 et 667). veillance sur la voie publique des armes,
III. Acte par lequel certaines personnes des instruments, des animaux, matériaux
s'affranchissent légalement du passif ou véhicules susceptibles soit de servir
grevant un bien ou une universalité, ou à un usage dangereux (C. pén. art. 471,
de la responsabilité de certains faits, al. 7), soit d'embarrasser le passage
(C. pén. art. 471, al. 4).
sans renoncer à leur propriété, en remet-
tant à leurs créanciers, à charge de les — de biens (V. III).
vendre, les objets abandonnés afin qu'ils
se payent sur leur prix. Ex. : abandon — d'enfant ou d'infirme (D. pén.).
du navire et du fret (V. infrà) ; aban- Délit qui consiste à exposer ou à délaisser
don de biens par l'héritier qui n'a accepté un enfant ou un incapable hors d'état
la succession que sous bénéfice d'in- de se protéger lui-même à raison de son
ventaire (C. civ. art. 802) ; abandon état physique ou mental, (C. pén. art.
de biens par le débiteur hors d'état de 349 à 353).
payer ses dettes (C. civ. art. 1265) ; de famille (D. pén.). Abstention
abandon d'actif à la suite d'un concordat —
délictueuse qui consiste à demeurer
(C. com. art. 541).
IV. Acte par lequel on renonce à une volontairement plus de trois mois sans
prétention juridique. Ex. : abandon de fournir la pension alimentaire à laquelle
conclusions ; abandon d'une accusation. on a été condamné envers son conjoint,
V. Action de délaisser des personnes ses enfants mineurs ou ses ascendants
(L. 7 fév. 1924).
à l'égard desquelles on est tenu d'une
obligation de secours (Ex. : abandon — de marchandises (V. I).
de famille), ou un enfant ou un inca-
pable hors d'état de se protéger (Ex. : — de mitoyenneté (V. II).
abandon d'enfant ou d'infirme, V. infra). — de navire, de poste, de service (D.
VI. Action de quitter un lieu dans pén.). Infraction consistant à quitter
Abandonnataire 14

sans nécessité le poste militaire ou naval, Acte par lequel une personne déclare
le service ou le navire que l'on a mission renoncer à une fonction publique dont
de garder, assurer ou conduire. Ex. : elle est investie. Ne s'emploie habituel-
abandon de poste devant l'ennemi (C. lement que de la renonciation à la royauté
pén. just. mil. art. 229), abandon irré- ou à la dictature, le mot démission étant
gulier du bord par un membre de l'équi- employé pour les autres fonctions. Dans
page (C. disc. et pén. mar. march. du les républiques modernes le mot démis-
17 déc. 1926, art. 39) ou par le capitaine sion est seul usité en ce qui concerne la
(même C. art. 40 et 84). présidence de la République.
du domicile conjugal. Fait par l'un
des époux de quitter le domicile conjugal Ab intestat.
Francisation du I. jurid. ab intesiato, (hériter) de
pour aller vivre ailleurs. A moins d'être quelqu'un qui n'a pas testé.
justifié par les circonstances, ce fait (V. héritier, succession).
constitue la violation de l'obligation de
vivre en commun imposée aux époux Ab irato.
par l'article 214 du Code civil. L. jurid. moderne fait sur le modèle du précédent.
L'acte fait ab irato est celui qui est
— du navire et du fret (D. mar.). Ins- fait dans un mouvement de colère. L'an-
titution en vertu de laquelle le proprié-
taire d'un navire a la faculté de se libérer cien Droit français admettait, dans les
des engagements nés des actes du capi- pays coutumiers, une action ab irato, qui
taine ou d'autres préposés au service du fut étendue par le Parlement de Paris
navire en déclarant à ses créanciers aux pays de Droit écrit. Elle avait pour
qu'ils aient à se payer uniquement sur but de faire annuler les donations, testa-
sa fortune de mer (navire, fret et créances ments, legs faits sous l'empire de la
de remplacement) (C. com. art. 216). colère. De nos jours, cette action n'existe
plus comme action distincte. Mais l'acte
Abandonnataire. fait ab irato ne peut être annulé que si
Dér., fait au XIXe s., d'après donataire. la colère révèle l'insanité d'esprit du
Personne au profit de laquelle est fait disposant.
l'abandonnement (V. ce mot) ou l'aban-
don du navire. Abonnement.
Dér. d'abonner, soumettre à une redevance limitée,
Abandomiement. d'où s'abonner, prendre un abonnement, dans le fr.
Dér. d'abandonner, V. Abandon. jurid. médiéval ; comp. de bonne, autre forme de
Opération par laquelle des biens sont borne, V. Bornage.
attribués à titre de partage à un indi- I. (D. civ. et com.). Modalité de cer-
visaire, pour lui fournir le montant de tains contrats (vente de marchandises,
louage, transport, etc..) par laquelle
ses droits. Synonyme d'attribution. Ex. : les parties s'assurent la périodicité ou le
les abandonnements d'immeubles faits renouvellement de la prestation, objet
à un conjoint au cours du mariage du contrat, moyennant un prix généra-
peuvent donner lieu à une reprise en lement forfaitaire pouvant être payé
nature. globalement ou par versements pério-
— (contrat d'). Dans cette locution, diques. Ex. : abonnement de chemins
abandonnement est pris dans le sens de fer, abonnement de journaux, abon-
d'abandon de la possession (V. abandon nement de théâtre, abonnement au
III). gaz, etc..
II. (D. fisc). Modalité de recouvre-
Abatellement. ment d'une taxe ou d'un impôt en suite
Etym. douteuse ; peut-être dér. irrégulier d'a- d'une convention autorisée par la loi,
battre.
Sentence par laquelle les consuls fran- passée avec l'Administration. L'abonne-
çais, dans les Echelles du Levant, ment peut avoir pour effet soit de subs-
interdisent à leurs ressortissants tout tituer au paiement d'un droit, dû en
commerce avec les marchands étrangers principe au comptant, le versement
de mauvaise foi. d'une taxe annuelle permettant d'allé-
ger la charge initiale du contribuable
Abdication. (abonnement au timbre des valeurs
L. abdicatio,dér. de abducare, abdiquer. mobilières), soit de fixer forfaitairement
15 Abordage
le chiffre pour lequel le contribuable Aboutissants.
sera imposé (abonnement des valeurs Dér. d'aboutir, comp. de bout, subst. verbal de
bouter, anciennement mettre, v. d'orig. germ., fran-
mobilières étrangères), soit de substituer cique *bôtan.
à l'application successive d'une même Les aboutissants d'un fonds sont les
taxe un procédé de paiement global fonds qui sont adjacents à ses petits
(abonnement à l'impôt des boissons ; côtés par opposition aux tenants, qui sont
abonnement aux droits d'octroi, aux les fonds adjacents à ses grands côtés.
droits de navigation). L'abonnement, en
matière d'impôt sur les boissons, fait Abrogation.
apparaître diverses variétés : 1° l'abonne- Lat. abrogatio,dér. du v. abrogare,abroger, annuler.
ment individuel, qui intervient entre la Suppression par une nouvelle dis-
Régie et un contribuable (L. 28 av. 1816, position d'une disposition obligatoire
art. 70) ; 2° l'abonnement collectif ou far (loi, règlement) ou d'une coutume, qui
corporation, qui substitue, au profit cesse par suite d'être applicable. En
d'une collectivité de contribuables, principe, un texte ne peut être abrogé
à la perception par exercice, une per- que par un texte du même ordre ou d'un
ception par répartition entre les abon- ordre plus élevé ; ainsi, un décret ne
nés de la somme globale due au fisc peut abroger une loi. L'abrogation est
(L. 28 av. 1816, art. 77) ; 3° l'abonne- dite expresse quand elle est prononcée
ment général, intervenant entre la Régie par le texte qui abroge ; elle est dite
et une commune, qui prend en charge tacite, quand elle résulte de l'introduc-
le service des droits (L. 28 av. 1816, tion, dans un texte nouveau, d'une pres-
art. 73). En matière d'octroi, on dis- cription incompatible avec celle que
tingue aussi ; 1° les abonnements indi- consacrait un texte antérieur, et qui
viduels ; 2° les abonnements collectifs, démontre que les rédacteurs du nouveau
visant la corporation entière des rede- texte ont entendu abroger implicitement
vables exerçant le même commerce. l'ancien.
— (police d') (V. assurance flottante Absence.
ou par abonnement). Lat. absentia, dér. de absens, absent.
I. Au sens vulgaire, fait de ne pas
Abordage. être présent dans un lieu déterminé.
Dér. d'aborder, comp. de bord, mot d'orig. germ., Ex. : C. civ. art. 2.266.
francique * bord. IL Etat d'une personne dont la dispa-
(D. mar. ou D. fluvial). Collision de rition et le défaut de nouvelles depuis
deux navires, de deux bâtiments de ri-
vière, ou d'un navire et d'un bâtiment de un temps plus ou moins long rendent
rivière. On distingue, à raison des règles l'existence incertaine.
différentes qui régissent la réparation — (déclaration d') Jugement consta-
des dommages causés par la collision : tant l'état d'absence (au sens II) d'une
1° l'abordage maritime, ou abordage pro- personne et dormant ouverture aux droits
prement dit : abordage de deux bâtiments et mesures déterminés par le Code civil
dont l'un au moins est un bâtiment de mer, en vue de la protection des divers inté-
quelles que soient les eaux dans lesquelles rêts laissés en souffrance par sa dispari-
l'abordage s'est produit ; sa réparation tion (C. civ. art. 115 et s.).
est soumise aux règles particulières du (présomption d'). Période qui pré-
droit maritime (C. com. art. 407 ; Conv. —
cède la déclaration d'absence (C. civ.
int. de Bruxelles du 23 sept. 1910) ;
2° l'abordage non maritime ou fluvial : art. 112 à 114).
abordage de deux bâtiments de rivière, Absolution.
dont la réparation reste soumise aux Lat. absolutio, dér. du v. absolvere,absoudre.
dispositions de l'article 1382 du Code Terme qui n'est guère employé qu'en
civil. matière criminelle (C. I. cr. art. 364 ;
Par extension, collision d'un bâtiment C. Just. mil. : L. 9 mars 1928, portant
contre un ouvrage fixe ou flottant revision du C. Just. mil. pour l'armée
n'ayant pas la qualité de navire, collision de terre, art. 93 ; C. Just. mil. pour
de deux aéronefs. l'armée de mer, art. 166). Décision de
justice par laquelle un accusé est déclaré
Abornement (V. bornage). non punissable, bien que convaincu
Absolutisme 16

du fait qui lui est reproché, en raison art. 4, et par le Code de procédure civile,
de l'existence en l'espèce d'une cir- art. 506.
constance lui procurant l'impunité. Ex.
de causes d'absolution : le fait dont Abstentionnisme (ou abstentionisme).
l'accusé est déclaré coupable n'est pas Action de ne pas user du droit de
défendu par une loi pénale ; le fait est participer à une élection (Syn. : absten-
défendu par une loi pénale, mais l'action tion). En pratique, le mot est employé
publique est éteinte par la prescription, pour désigner la situation de fait dans
l'amnistie, la chose jugée ; il existe au laquelle un grand nombre d'électeurs
profit de l'accusé reconnu coupable une s'abstiennent de voter. Ex. : l'absten-
excuse légale absolutoire (V. ces mots). tionnisme sévit dans telle région.
L'absolution occupe une place intermé-
diaire entre la condamnation, qui est pro- Abus
noncée contre un individu à la fois cou- Lat. abusus, dér. du v. abuti, faire mauvais usage.
pable et punissable, et l'acquittement, S'emploie dans les expressions sui-
qui suppose que l'inculpé n'est pas vantes :
coupable. — d'autorité.
A. (D. civ.). Contrainte morale exercée
Absolutisme. par une personne sur une autre à raison
Dér. récent d'absolu, lat. absolutus parfait, achevé. de son âge, de sa situation sociale ou de
I. Régime politique dans lequel une toute autre cause, en vue de la décider à
autorité (homme ou, corps politique) accomplir un acte (C. civ. art. 340, 2°).
exerce un pouvoir sans limites. Ex. : Ex. : le maître, qui use de l'ascendant
l'absolutisme des trois derniers siècles qu'il exerce sur une domestique pour
de l'ancien régime. l'amener à devenir sa maîtresse, commet
IL Ce pouvoir lui-même. Ex. : l'abso- un abus d'autorité.
lutisme de la Convention. B. (D. pén.). Qualification générale
Abstention. sous laquelle le Code pénal range divers
délits commis par un fonctionnaire dans
Lat. abstentio, dér. du v. abstinere, s'abstenir. l'exercice de ses fonctions, soit contre
Non exercice d'un droit ou d'une fonc-
tion. Cette abstention peut être licite un particulier, soit contre la chose
(ex. : abstention des électeurs ; absten
publique. Toutefois, par extension, le
Code applique la même dénomination
tion de tel député dans tel vote ; absten- à la violation de domicile commise par
tion d'héritier), ordonnée ou défendue
par la loi (ex. : abstention de juge ; V. un particulier (art. 184, al. 2). Les
infra). Dans l'expression « abstention du délits rangés sous cette qualification
devoir conjugal », ce terme signifie non- sont : A. : abus d'autorité contre les parti-
exécution. culiers : 1° la violation de domicile
(art. 184) (V. ce mot) ; 2° le déni de justice
de juge. (art. 185), (V. ce mot) ; 3° l'usage de
— Fait
A. pour un juge de ne pas prendre violences envers les personnes dans
part soit à un procès « parce qu'il sait l'exercice ou à l'occasion de l'exercice
cause de récusation en sa personne », soit de ses fonctions par un fonctionnaire
seulement à un jugement, bien qu'il ait ou un officier public, un administrateur,
assisté aux débats, parce que les ma- un agent ou préposé du Gouvernement
gistrats siègent en nombre pair et qu'il ou de la police, un exécuteur des mandats
se trouve le dernier dans l'ordre du de justice ou jugements, un commandant
tableau. Cette abstention est prescrite, en chef ou un sous ordre de la force
dans le premier cas, par le C. pr. civ., publique (art. 186) ; 4° la suppression
art. 380, dans le second par la loi du 30 et l'ouverture de lettres confiées à la
août 1883, art. 1 et 4. poste, commise ou facilitée par un fonc-
B. Refus par un juge de juger une tionnaire ou un agent du Gouvernement
cause, sous prétexte du silence, de l'obs- ou de l'Administration des Postes
curité ou de l'insuffisance de la loi, de (art. 187). Il peut également y avoir abus
répondre les requêtes, ou négligence à d'autorité de la part d'un capitaine de
juger les affaires en état et en tour d'être navire. B. : abus d'autorité contre la chose
jugées. Cette abstention est prohibée publique : acte commis par tout fonc-
comme déni de justice par le Code civil, tionnaire public, agent ou préposé du
17
Gouvernement, de quelque état et grade
qu'il soit, qui a requis ou ordonné, fait
requérir ou ordonner l'action ou l'emploi
de la force publique contre l'exécution
d'une loi ou contre la perception d'une
contribution légale, ou contre l'exécution
soit d'une ordonnance ou mandat de
justice, soit de tout autre ordre émané
— de jouissance. Fait, par une per-
sonne qui a sur une chose un droit de
jouissance limité, d'accomplir des actes
qui dépassent la jouissance à laquelle
elle a droit. L'article 618 du Code civil
donne des exemples d'abus de jouissance
commis par l'usufruitier : le fait de com-
mettre des dégradations sur le fonds,
Abu

de l'autorité légitime (art. 188). ou de le laisser dépérir, faute d'entretien.


seing. Délit qui consiste
— de blanc — des besoins, des passions, des fai-
de la part d'une personne à qui un blanc blesses d'un mineur. Délit qui consiste
seing a été confié, à inscrire frauduleu- à profiter de l'inexpérience, de la sugges-
sement, au-dessus de la signature, une tibilité ou de la corruption d'un mi-
obligation ou une décharge, ou tout neur, pour lui faire souscrire, à son
autre acte différent de celui en vue préjudice, des obligations, quittances ou
duquel le blanc seing a été donné, et décharges, pour prêt d'argent ou de
pouvant compromettre la personne ou choses mobilières ou d'effets de com-
la fortune du signataire (C. pén. art. 407). merce, ou de tous autres effets obliga-
— de confiance. Délit qui consiste à toires, sous quelque forme que cette
détourner ou dissiper, au préjudice de négociation soit faite ou déguisée
leurs propriétaires, possesseurs ou déten- (C. pén. art. 406).
teurs, des effets, deniers, marchandises, — (appel comme d') (V. appel).
billets, quittances, ou tous autres écrits
contenant ou opérant obligation ou dé-
charge, que l'agent a reçus à titre de Abusus. Acte matériel ou juridique par
louage, de dépôt, de mandat, de nan- lequel le propriétaire épuise son droit
tissement, de prêt à usage, ou pour un sur la chose. Ex. : destruction ou alié-
travail salarié ou non salarié, à la charge nation de la chose.
de les rendre ou représenter ou d'en faire
un usage ou un emploi déterminé (C. pén. Accaparement.
art. 408). Dér. d'accaparer, proprt retenir une marchandise
droit (ou abus d'un droit ou en donnant des arrhes, empr., au XVIIe s., de Fit.
— de accaparare, id., comp. de caparra, arrhes.
abus des droits). Acte dommageable
(matériel ou juridique) qui serait consi-
déré comme licite si l'on s'en tenait à un
examen objectif formel de l'acte, mais
qui est illicite parce que le titulaire du
droit l'exerce dans l'intention de nuire
à autrui (procès vexatoire). Certains
auteurs donnent une définition plus
large et considèrent comme abusif l'exer-
cice d'un droit, soit en raison des condi
tions de fait dans lesquelles il a été
accompli [acte accompagné d'une faute
(fouilles opérées sans précautions suffi-
santes) ; emploi d'un moyen dispropor-
tionné à la fin (saisie d'un immeuble pour
la garantie d'une créance minime)], soit
en raison de l'excès du préjudice causé
à autrui (fumées industrielles), soit
parce que le droit a été détourné de la
fin en vue duquel il a été accordé. L'ex-
pression n'est employée par le législa-
teur que dans la loi du 19 juillet 1928,
qui a modifié l'art. 23 C. Tr., concer-
nant la résiliation unilatérale du con-
trat de travail à durée indéterminée.
Acceptation 18

Acceptation forcée au cas où l'héritier se rend cou-


Lat. acceptatio. dér. du v. acceptare, recevoir. pable de divertissement ou de recel
I. Consentement d'une personne à (C. civ. art. 792).
une offre qui lui a été faite. La réunion par intervention (D. com.). Enga
de l'offre et de l'acceptation forme le
contrat. gement que prend une personne de
II. Manifestation de volonté, expresse payer une lettre de change au moment
où un acte de protêt est dressé contre
ou tacite, par laquelle une personne, à celui sur lequel elle est tirée. Cette
qui est accordé un droit sous une faculté acceptation est dite par intervention
d'option, par la loi ou par la volonté de
l'homme, consolide définitivement ce parce que celui qui prend l'engage
droit sur sa tète. Ex. : acceptation d'une ment de payer intervient pour le
communauté, d'une succession, d'un compte du tireur ou de l'un des en
dosseurs en vue de leur éviter, s'il est
legs, d'une stipulation pour autrui. possible, d'être actionné par le porteur.
bénéficiaire. L'acte de protêt doit mentionner l'inter
Lat. beneficiarius, qui avait d'autres sens : a pris vention et le nom de la personne pour
dans le lat. jurid. du m. A des sens parallèles à bene- laquelle l'intervention se produit.
v. Bénéfice
ficium,
(V bénéfice d'inventaire). provisoire.
de communauté. Manifestationde vo Lat. médiév. provisorius.
lonté par laquelle une femme ou ses héri Acceptation par les administrations
tiers acceptent la communauté de biens publiques gratifiées de dons et legs,
ayant existé entre elle et son mari. Cette effectuée à titre conservatoire, avant
acceptation peut être expresse ou tacite, toute autorisation gouvernementale, en
c'est à dire résulter soit d'une décla vue de lier le donateur ou les héritiers du
ration expresse dans un acte écrit, soit testateur et de conférer au bénéficiaire de
de l'accomplissement d'un acte suppo la libéralité une sorte de saisine (C. civ.
sant cette acceptation (C. civ. art. 1454 art. 937, et L. 4 fév. 1901, art. 8).
et 1455). Accession.
de donation. Consentement donné Lat. accessio, dér. du v. accedcre,s'ajouter.
par le bénéficiaire d'une donation à la I. Mode d'acquisition de la propriété
libéralité qui lui est offerte dans l'acte de résultant de l'incorporation naturelle
donation. L'acceptation du donataire d'une chose à une autre plus importante.
doit être mentionnée dans l'acte ou L'art. 551 du Code civil dit que « tout
dans un acte séparé également authen ce qui s'unit et s'incorpore à la chose
tique et en minute ; dans ce cas, elle appartient au propriétaire ».
doit être notifiée au donateur (C. civ. II. Plus rarement, les biens faisant
art. 932). l'objet de cette incorporation (Ex. :
— de lettre de change (D. com.). Enga- art. 596 C. civ.).
gement écrit que prend la personne sur — artificielle (ou industrielle). Acces-
laquelle est tirée une lettre de change sion par le fait de l'homme (C. civ.
de la payer à.l'échéance fixée. En géné- art. 551). Ex. : les plantations et cons
ral, cet engagement résulte de l'appo- tructions deviennent l'accession du sol.
sition de la signature sur la lettre. immobilière. Accession à un im-
— de succession (ou d'un legs). Mani- meuble (C. civ. art. 556).
festation de volonté par laquelle une mobilière, Adjonction, mélange,
personne, appelée à recueillir une suc- de deux choses mobilières appartenant
cession ou un legs accepte définitivement à deux propriétaires différents ou trans-
avec ses avantages et ses charges, cette formation d'une chose par le travail
succession ou ce legs. L'acceptation d'un tiers (V. spécification).
résulte soit d'une déclaration expresse
faite dans un acte écrit, soit de l'exécu — naturelle. Accession sans le fait de
l'homme. Ex. : l'alluvion (V. ce mot).
tion d'un acte supposant nécessairement
l'intention de succéder ou de recueillir Accession à un traité. Acte par lequel
le legs et ne pouvant être fait qu'en un Etat, qui n'était point partie à un
qualité d'héritier ou de légataire (C. civ. traité international, se place sous l'em-
art. 778). On dit qu'il y a acceptation pire des dispositions de ce traité. L'ac-
19 Accession au trône
cession ne peut avoir lieu que si elle est Fait involontaire ou événement for-
expressément prévue par le traité et tuit, causant un dommage soit à une
dans les formes établies par ce traité personne soit à une chose La personne
(notification, déclaration à l'une des victime de l'accident ou le propriétaire
puissances signataires désignée par le de la chose endommagée peut se faire
traité, etc.). De nombreux auteurs ont indemniser par l'auteur de l'accident, si
essayé de distinguerl'accession de l'adhé celui-ci en est juridiquement respon
sion. Dans la langue actuelle, ces deux sable (v. faute, responsabilité).
mots sont synonymes.
Accident du travail. Lésion corporelle
Accession au trône. (V. avènement au provenant d'une cause extérieure à l'indi-
trône). vidu blessé, survenue à cet individu par
le fait ou à l'occasion du travail qu'il
Accessoire. accomplit en vertu d'un contrat de
Lat. médiév. accessorius, dér. de accedere, v. Acces- travail ou louage de services. L'accident
sion. du travail se distingue de la maladie
I (adjectif). Qui se rattache à une autre qui suppose un désordre organique ; un
chose, dite principale, sans en être un certain nombre de maladies, dites « pro-
élément essentiel. Ex. : clause accessoire fessionnelles », ont cependant été assi-
d'un contrat ; contrat accessoire ; frais milées aux accidents du travail (L.
accessoires à la vente (C. civ. art. 593) ;
frais de voiture et dépenses accessoires 25 oct. 1919). Les accidents du travail
entraînent pour le patron une responsa-
(C. civ. art. 2102 6°) ; peine, condam- bilité indépendante de toute faute de sa
nation accessoires (V. peine accessoire). part, aboutissant à une indemnisation
II (substantif). Objets qui, en raison forfaitaire (L. 9 avril 1898).
du lien de dépendance qui les lie à l'objet
principal, participent de la nature juri-
dique de celui ci ou sont soumis avec lui Accipiens.
à une même règle légale. Ex. : l'objet Lat. accipiens, part. pr. du v. acapere. recevoir.
L'accipiens, à Rome, aussi bien dans
vendu ou légué doit être livré avec ses les contrats que dans les actes transla-
accessoires nécessaires (C. civ. art. 1018, tifs de propriété, est celui qui reçoit
1615) ; sont susceptibles d'hypothèque l'objet du contrat ou la propriété. A
et de saisie immobilière, les immeubles l'accipiens s'oppose le tradens, qui remet
et leurs accessoires réputés immeubles l'objet du contrat ou transfère la pro-
(C. civ. art. 2118, 2204). Le caractère priété. Dans un prêt d'argent, de denrées
accessoire d'une chose par rapport à
une autre peut résulter soit de l'acces-
l'
ou d'un objet mobilier, accipiens est
celui qui reçoit l'argent, les denrées,
sion (V. ce mot), soit d'une affectation l'objet mobilier ; dans le transfert de pro-
économique (immeubles par destina priété d'un meuble ou d'un immeuble,
tion). l'accipiens est l'acquéreur.
III (au pluriel). Fruits, intérêts, dé-
pens et autres compléments de la Acconage.
demande principale au paiement des Dér. d'accon, sorte de bateau plat, probablement
quels il doit être conclu dans l'instance dér. du dialectalaque, empr. du holland. aak.
accessoirement à la demande principale. Opération qui consiste à transporter
(Théorie de V). Théorie en vertu de
des marchandises du quai à bord d'un

laquelle des actes qui seraient en eux navire.
mêmes des actes civils deviennent actes Accordailles.
de commerce parce qu'ils ont été accom
Dér. d'accorder, au sens de fiancer, lat. * accordare,
plis comme accessoires d'actes de com- au lieu du class. concordare, être d'accord.
merce par nature. Ex. : emprunt fait Vieux mot qui désigne la cérémonie
par un commerçant pour les besoins de de la lecture ou de la signature d'un
son commerce ; fait de concurrence dé contrat de mariage en présence des
loyale commis par un commerçant. futurs conjoints, de leurs parents et
amis.
Accident.
Lat. accidens, qui arrive fortuitement, part. pr. du Accréditer.
v. accidere. Comp. de crédit, v. ce mot
Accroissement 20

I. (D. int. pub.). Assurer un gouver- fonds de commerce d'user de tous les
nement étranger de la qualité et de l'au- moyens propres à conserver et à étendre
thenticité des pouvoirs d'un envoyé le cercle des personnes qui fréquentent
diplomatique et inviter, en conséquence, sa maison. Ce droit est un élément essen-
le gouvernement étranger à accorder tiel du fonds de commerce (L. 17 mars
créance à cet envoyé. L'accréditation 1909, art. 1). Beaucoup d'auteurs con-
s'effectue au moyen de lettres de créance sidèrent achalandage comme synonyme
adressées, selon les cas, de chef d'État à de clientèle. Dans un sens plus précis,
chef d'État, ou de ministre (affaires qui paraît correspondre à la loi du
étrangères) à ministre. 17 mars 1909, où les deux termes sont
II. (D. com.). De la part d'un com- employés conjointement et non comme
merçant ou banquier, inviter un corres- synonymes, le mot achalandage désigne
pondant à consentir un crédit à un plus spécialement une clientèle tenant
client (V. ouverture de crédit et lettre de à l'emplacement du fonds (V. pas de
de crédit). porte).
Accroissement. - Achat.
Dér. d'accroître,lat. accrescere. Subst. verbal d'achater, forme prem. d'acheter,
I. (V. alluvion). lat. * accaptare, comp. de captare, prendre, d'abord
IL Droit en vertu duquel un cohé- essayer de prendre, d'où acheter.
ritier ou un légataire conjoint voit sa Opérationjuridique tendant à acquérir
part augmentée du fait qu'un ou plu- un objet mobilier ou immobilier moyen-
sieurs de ses cohéritiers ou colégataires nant un prix. C'est le contrat de vente
envisagé du côté de l'acheteur. Dans
ne viennent pas ou renoncent (C. civ. le langage courant, se dit de l'objet
art. 786, 1.044 et 1.045). acheté.
— (droit d') (V. taxe d'accroissement).
Acompte (V. compte). Paiement partiel
Accusation. d'une créance à imputer sur le paiement
Lat. accusatio, dér. du v. accusare,accuser. définitif.
I. Au sens large, fait de déférer à un
tribunal répressif un individu comme Acquéreur.
l'auteur d'une infraction. Ex. : la pro- Dér. d'acquérir.
cédure pénale française moderne admet Celui qui effectue une acquisition.
le système de l'accusation publique,
c'est à dire de l'accusation formée par de bonne foi, de mauvaise foi (V.
un corps de magistrats, les officiers du bonne foi, mauvaise foi).
ministère public, investis spécialement
de cette fonction. Acquêt.
II. Dans la terminologiede la procédure Lat. *acquaesitum, neutre pris substt du part.
de la cour d'assises (V. ce mot), fait de passé du v. * acquaerere,réfection du class. acquirere
déférer à cette juridiction les auteurs sur le simple quaerere.
Bien acquis, à titre onéreux ou à
de crimes (V. ce mot). En ce sens : titre gratuit, par un époux au cours
chambre des mises en accusation de la de la communauté, et qui fait partie de la
cour d'appel (V. ce mot) ; arrêt de mise masse commune. S'oppose au « propre »
en accusation (C. I. cr. art. 231 et s.) ; (V. ce mot), qui reste la propriété per-
acte d'accusation (C. I. cr. art. 241 et s.) ; sonnelle du conjoint qui l'a acquis. En
exposé de l'accusation (C. I. cr. art. 315 ; cas de communauté légale, tous les
cf. art. 68 C. just. mil. revisé par L. 9 meubles présents et futurs des époux
mars 1928). tombant en communauté, le mot acquêt
(syn. : conquêt) est réservé aux im-
Achalandage. meubles (C. civ. art. 1402), qui ne
Dér. d'achalander, comp. de chaland, d'abord cha- peuvent être communs que s'ils ont été
lant, au m. â. ami, connaissance, part. prés, du v.
chaloir, intéresser, impers., lat. calere, proprement acquis au cours de la communauté
être chaud, d'où en lat. pop. importer. (art. 1401-3°). En cas de communauté
Ensemble des personnes qui achètent réduite aux acquêts, ou en cas de société
dans une maison de commerce ou re- d'acquêts adjointe au régime dotal, tous
courent à ses services. Ce terme désigne les biens présents et futurs des conjoints,
aussi le droit qu'a le propriétaire d'un qu'ils soient meubles ou immeubles,
21 Acquiescement
ayant la qualité de propres, le mot bien moyennant un prix, l'échange d'un
acquêt désigne aussi bien les meubles bien ou une autre prestation d'une va-
que les immeubles qui font partie de la leur correspondante à celle du bien
communauté (art. 1499), et s'applique, acquis (C. civ. art. 1106).
en conséquence, à tous les biens com- à titre particulier. Acquisition
muns. —
d'un ou de plusieurs biens individuel
lement désignés par les intéressés (C.
Acquiescement. civ. art. 1014).
Dér. d'acquiescer, lat. acquiestere, être au repos,
d'où se reposer sur. consentir. à titre universel. Acquisition de
Adhésion d'une personne à un acte l'ensemble ou d'une quote-part du pa-
fait, une demande formée ou un juge- trimoine d'une personne (C. civ., art.
ment rendu contre elle (C. civ. art. 249 1.003, 1.082).
et 464; Ord. av. 1667, tit. XXVII. art. 5).
entre vifs. Acquisition de biens
— Donner son acquiescement au juge- ayant effet du vivant même de l'alié-
ment. Accepter la décision du juge en nateur (art. 893 et 894).
renonçant à l'attaquer.
légale. Acquisition par la seule
— conditionnel. Acquiescement sous autorité de la loi, sans le consentement
réserve que tel acte sera fait soit par du précédent propriétaire (C. civ. art. 547,
celui qui acquiesce, soit par la partie
adverse. 577, 718 et s., 2.279).
— des fruits. Expression employée pour
— exprès. Acquiescement par déclara-
désigner, non pas la transmission d'un
tion formelle de la personne intéressée ou propriétaire à un autre, mais l'attri-
de son mandataire spécial. bution légale des fruits d'un bien, soit
— implicite. Acquiescement résultant au propriétaire, par voie d'accession,
du fait de laisser passer les délais pour soit au possesseur de bonne foi de ce
contester un acte ou une demande, ou bien (C. civ. art. 547 et 549).
pour attaquer un jugement.
pur et simple. Acquiescement sans Acquit (ou acquit de paiement).

nulle réserve ni condition. Dér. du v. acquitter, au sens de rendre quitte d'une
obligation, v. Acquittement.
tacite. Acquiescement résultant Mention portée sur un titre de créance
d'actes qui le supposent nécessairement, pour constater le paiement de cette
soit qu'on les fasse personnellement, soit créance.
qu'on les laisse faire par autrui sans — (Pour). Formule dont le créancier
protester. fait généralement précéder sa signature
pour constater sur le titre de créance le
Acquisition. paiement qui lui a été fait.
Lat. jurid. acquisitio, dér. du v. acquirere, acquérir.
I. Transmission volontaire ou légale Acquit-à caution. Titre délivré par les
de la propriété d'une chose ou d'un droit, employés d'une administration finan-
considérée par rapport à celui qui de- cière (Douanes ou Contributions indi-
vient propriétaire ou titulaire du droit. rectes) en vue de permettre à des mar-
II. Bien dont une personne est deve- chandises soumises à des droits de circu-
nue propriétaire. ler sans les avoir payés. Ce titre porte le
— à cause de mort. Acquisition d'un nom d'acquit à caution parce qu'il n'est
bien ou d'un ensemble de biens, au mo- délivré qu'autant qu'une caution est
ment et par l'effet de la mort du précé- donnée à l'Administration pour le paie-
dent propriétaire (C. civ. art. 724 et ment des droits s'ils devenaient exigibles.
895)-
Acquittement.
— à Acquisition d'un
titre gratuit. Dér. du v. acquitter, au sens de déclarer non cou-
bien transmis par l'aliénateur dans l'in- pable, comp. de quitte, v. Quittance,Quitus.
tention de gratifier l'acquéreur (C. civ. T. Dans un sens général et sujet à
art. 711). critique, parfois employé par opposition
à condamnation (V. ce mot), décision par
— à titre onéreux. Acquisition d'un laquelle un tribunal répressif renvoie,
Acte 22

décharge, pour quelque cause que ce de l'homme. Ex. : acte puni par la loi,
soit, la personne poursuivie, de la pour- acte dommageable ; acte d'hostilité,
suite, de l'accusation dirigée contre elle. acte de propriétaire, de possesseur,
Ex. : prévenu acquitté par le tribunal d'héritier. En droit, l'abstention est
correctionnel. parfois considérée comme équivalente
II. Dans un sens plus restreint et à un acte. Par exemple, le fait de ne pas
technique, décision propre à la procédure observer une prescription ordonnée par
de la cour d'assises et des tribunaux la loi ou par un règlement est un acte
répressifs militaires et maritimes (C. I. punissable. De même, le fait de causer
cr. art. 358 ; C. just. mil. revisé par L. 9 un dommage à autrui par sa négligence
mars 1928, art. 93 ; C. just. mar. art. 166). constitue un acte illicite.
En cour d'assises l'acquittement est II. Dans l'expression acte juridique,
prononcé par ordonnance du président toute manifestation d'une ou de plusieurs
de cette juridiction à la suite du verdict volontés ayant pour but de produire
du jury déclarant que l'accusé n'est pas un effet de droit. Ex. : la loi, la conven-
coupable (C. I. cr. art. 358) (V. cour d'as- tion, le règlement, la décision adminis-
sises, jury, verdict). Dans ce sens, l'or trative, l'offre, le testament, l'accep-
donnance d'acquittement s'oppose aux tation d'une succession, la renonciation
arrêts de condamnation et d'absolution à un droit, le congé, etc. Le mot acte
de la cour d'assises (V. absolution et a ce sens notamment dans les expressions
condamnation). La distinction juridique suivantes : acte législatif, acte adminis-
de l'acquittement, de l'absolution et de tratif, acte juridictionnel, acte consensuel
la condamnation se rapporte exclusive acte solennel, et dans les articles 894,
ment à la procédure de la cour d'assises 895. 913 du Code civil. L'acte juridique
et des tribunaux répressifs militaires et s'oppose à l'acte matériel. Les actes
maritimes ; les tribunaux correctionnels juridiques sont une subdivision des faits
et les tribunaux de simple police ne juridiques (V. ces mots).
peuvent prononcer, comme solutions du III. Dans l'expression acte instrumen-
procès pénal, que des relaxes ou des taire, écrit rédigé en vue de constater
condamnations (V. relaxe). un acte juridique ou un acte matériel
III. Lorsqu'un tribunal répressif produisant ou pouvant produire des
décide qu'un prévenu ou un accusé, effets juridiques. Ex. : acte de l'état
mineur de treize à dix-huit ans et auteur civil, acte authentique, acte sous seing
matériel de l'infraction poursuivie, a agi privé, procès-verbal, constat, inventaire
sans discernement, il doit être prononcé (art. 36 et s., 1317 et s., 1322 et s., 1341
un acquittement pour défaut de discer- C. civ.). Le plus souvent, il est rédigé
nement (C. pén. art. 66). Cette décision en vue de servir de preuve : on dit alors
n'autorise pas à prononcer contre le acte ou écrit probatoire, ou titre, ou acte
mineur qui en est l'objet une véritable instrumentaire (du lat. instrumentum).
peine, mais elle permet de prendre contre IV (D. int. pub.). Abréviation d'acte
lui une des mesures de sûreté éducatives final (V. ce mot).
prévues par l'article 66 du Code pénal.
En ce qui concerne ses autres effets, — (Demander). Demander la consta-
l'acquittement pour défaut de discerne- tation par écrit d'un fait, afin de l'in-
ment produit tantôt les effets d'un véri voquer plus tard. Spécialement, en
table acquittement, tantôt ceux d'une procédure, demander à un tribunal de
absolution (V. mineurs, mesures de sû- constater dans son jugement un fait
reté, discernement). ou une déclaration émanant de son
IV (D. civ. et com.). Le terme acquit- adversaire.
tement est souvent employé comme équi- — (Donner). Accorder la constatation
valent d'exécution d'une obligation, en demandée.
particulier au moyen d'un paiement —(Dont). Locution employée par
(ex. : l'acquittement d'une dette). les officiers publics ou ministériels en
fin des actes ou exploits par eux rédigés
Acte.
Lat, actus, au sens d'action I. II : lat. jurid. actum, pour indiquer qu'ils sont terminés.
au sens d'acteinstrumentaire, III, IV.
I. Dans son sens courant, tout fait — à cause de mort. Acte ayant pour
objet une transmission de droit, qui ne
23 Acte
doit produire effet qu'après la mort du mandat (C. civ. art. 1986), de caution-
disposant. Ainsi le testament et l'institu- nement sans rémunération.
tion contractuelle sont des actes à cause B. En doctrine, on donne parfois un
de mort. Malgré la généralité du terme, sens plus étroit à l'expression « acte à
il ne vise en réalité que des libéralités. titre gratuit », en désignant par là
On dit aussi acte de dernière volonté. uniquement les libéralités, c'est à dire
les donations et les legs, qui présentent
— administratif. cette caractéristique d'être des actes
A. (D. ad.). Acte juridique d'un agent de disposition entraînant le transfert
d'un service administratif exerçant des gratuit d'une valeur d'un patrimoine
attributions administratives. Ex. : acte dans un autre (cf. C. civ. art. 893). Et
du maire exerçant ses pouvoirs de police
municipale (sécurité, salubrité, tran- on se sert plutôt de l'expression « acte
désintéressé », quand l'avantage provient
quillité publique). Au contraire, ne d'un service rendu gratuitement (man-
sont pas des actes administratifs les dat, dépôt, cautionnement), ou consiste
actes du maire agissant comme officier dans l'utilisation d'une chose apparte-
de police judiciaire ou comme officier nant à autrui (prêt à usage) ou fournie
de l'état civil. à charge de restitution (prêt de choses
B. (D. fisc). En matière de droits consomptibles).
d'enregistrement, la loi fiscale consi-
dère seulement comme actes adminis à titre onéreux. Acte juridique, entre
tratifs : I° les actes accomplis par les vifs ou de dernière volonté, unilatéral ou
autorités administratives (État, dépar- conventionnel, qui ne procure ou ne pro-
tement, commune), non comme dépo curera un avantage à une personne que
sitaires de la puissance publique, mais sous la condition que celle ci en fournisse
comme ayant légalement le droit de un équivalent (cf. C. civ. art. 1106). Ex. :
gérer les intérêts collectifs qui leur sont l'offre de passer un contrat onéreux ;
confiés ; 2° les actes des établissements les contrats synallagmatiques, tels que :
publics. Depuis la loi du 15 mai 1918, les la vente, l'échange, le louage, la société,
actes administratifs sont en principe l'entreprise, les contrats de travail, de
exempts d'enregistrement (Cons. C. enr. transport, d'assurance, le paiement, la
art. 315, § 3, n° 2). dation en paiement.
Certains actes qui, par leur nature,
annulable (V. nullité). sont gratuits, deviennent des actes à
à titre gratuit. titre onéreux, lorsque, en fait, la per-
A. Acte juridique, entre vifs ou de sonne qui en tire profit doit, en échange,
dernière volonté, unilatéral ou conven fournir une prestation ou rendre un
tionnel, qui procure ou pourra procurer service. Ex. : le prêt à intérêts (C. civ.
à une personne un avantage résultant art. 1905), le mandat salarié (C. civ.
soit d'un enrichissement, soit d'un art. 1986), le séquestre salarié (C. civ.
service rendu sans que le bénéficiaire art. 1957), le cautionnement rémunéré,
soit tenu de fournir un équivalent. (Cf. la promesse de récompenser un service
art. 1105 C. civ., qui dit : acte de bien appréciable en argent, la renonciation
faisance). Ex. : I° acte unilatéral de à un droit (usufruit, servitude, droits
dernière volonté : le legs (C. civ. art. successifs) moyennant une somme d'ar-
893) ; 2° actes unilatéraux entre vifs : gent.
l'offre de donation, la renonciation à un à titre particulier (V. acquisition et
usufruit, à une servitude, à une hypo- aliénation).
thèque, à une succession ; la promesse
de récompense (si, du moins, elle n'a pas — à titre universel (V. acquisition et
aliénation).
pour but la rémunération d'un service
appréciable en argent) ; 3° actes conven attributif. Acte juridique dont l'ob-
tionnels : la remise d'une dette, les con- jet est de transférer un droit au profit
trats de donation (C. civ. art. 893), de d'une personne. S'oppose à l'acte décla-
prêt à usage ou commodat (C. civ. art. ratif (V. ce mot ; V. aussi jugement).
1876), de prêt d'argent sans intérêt (C.
civ. art. 1902), de dépôt (C. civ. art. 1917) authentique.
de sequestre (C. civ. art. 1957), de Lat. jurid. authenticus, gr. àuOsvTixoç, qu'on
accomplit de sa propre autorité
Acte 24

Acte écrit dressé par un officier public — constitutif. Acte juridique dont
qui a le droit et la capacité d'instru- l'objet est de faire naître un droit réel
menter dans le lieu où l'acte est rédigé au profit d'une personne. Ex. : acte
et avec les solennités requises (C. civ. constitutif d'antichrèse, de servitude, de
art. 1317). Ex. : acte notarié, acte de gage, d'usufruit, d'hypothèque (V. aussi
l'état civil ; jugement transcrit par le jugement).
greffier d'un tribunal ou d'une cour sur d'accusation. Acte de procédure qui
ses registres, etc., s'oppose à l'acte sous suit l'arrêt de renvoi à la Cour d'assises,
seing privé (V. ce mot). prononcé par la Chambre des mises en
— condition (D. pub.). Expression accusation de la Cour d'appel. Il forme
doctrinale employée par certains auteurs un des éléments les plus importants de
contemporains de droit public (MM. Du l'accusation. Il expose : I° la nature du
guit et Jèze, notamment), pour désigner délit qui forme la base de l'accusation ;
tout acte juridique dont l'effet est de 2° le fait, et toutes les circonstances qui
rendre applicable, à un individu déter- peuvent aggraver ou diminuer la peine.
miné, une règle de droit générale, un Il se termine par le résumé suivant :
« En conséquence,X*** est
statut légal ou réglementaire. Ex. : la accusé d'avoir
nomination à une fonction publique, qui commis tel meurtre, tel vol ou tel autre
soumet l'intéressé au statut légal de la crime, avec telle et telle circonstance ».
fonction ; le mariage, qui investit les (C. pén. art. 24). Il en est donné lecture
époux du statut légal des gens mariés. à l'audience, dès l'ouverture des débats.
Le mot condition est pris ici dans son (C. I. cr. art. 313). Dans la procédure
acception vulgaire et non dans le sens des tribunaux militaires, il est dressé
technique que lui réserve la théorie en toute matière un acte d'accusation
classique des modalités dans les actes (C. just. mil. revisé par L. 9 mars 1928,
juridiques. Les auteurs précités rap art. 69) dont il est donné lecture à
prochent de l'acte condition le fait- l'audience (C. just. mil. revisé par L.
condition. Ce dernier a le même effet 9 mars 1928, art. 79).
juridique que l'acte condition, mais il d'administration.
est constitué par un simple fait matériel.
confirmatif. Acte juridique par
A. (D. civ.). Acte qui a pour but de
conserver, d'entretenir, de faire fructifier
lequel une personne fait disparaître les un patrimoine, ou d'en percevoir et
vices entachant un acte juridique anté- utiliser les revenus. Ex. : contrat d'assu-
rieur, c'est à-dire renonce au droit rance contre l'incendie, vente de récoltes,
qu'elle avait d'en demander la nullité bail n'excédant pas neuf ans, encaisse-
(C. civ. art. 1338). ment de coupons (C. civ. art. 450, 481,
consensuel. 1428, 1449, 1536, 1576). Suivant la
Dér. récent du 1. consensus, accord, d'après l'adj. qualité de l'administrateur, certains
contractuel.
Acte juridique à la perfection duquel actes d'administration sont permis ou
suffit la volonté ou le consentement des ne le sont pas. On distingue à ce point
de vue les actes de pure administration
parties, sous quelque forme qu'ils se et les actes de libre administration :
manifestent. S'oppose à l'acte solennel ainsi le mineur émancipé, n'ayant que
(V. ce mot). la pure administration, ne peut recevoir
— conservatoire. un capital mobilier sans l'assistance de
Dér. de conserver, sur le modèle des nombreux
adj. juridiques en oire. son curateur (C. civ. art. 482) ; la femme
A. Acte juridique ayant pour but de séparée de biens, ayant la libre adminis-
maintenir un bien ou un droit dans le tration de son patrimoine, peut recevoir
patrimoine d'une personne (Ex. : trans- un capital mobilier (C. civ. art. 1449).
cription d'une acquisition immobilière ; S'oppose à acte de disposition. (V. ce mot).
inscription ou renouvellement d'inscrip- B. (D. pub.). Syn. d'acte adminis-
tion d'un privilège ou d'une hypothèque ; tratif (V. ce mot).
interruption de prescription), ou d'en — d'appel. Exploit d'huissier ou dé-
empêcher le détournement (apposition claration consignée au greffe, par lequel
de scellés, inventaire). la partie qui a succombé en première
B. Syn. de mesure conservatoire instance fait appel du jugement qui lui
(V. ce mot). fait grief (C. pr. civ. art., 392, 456 ;
25 Acte
Décr. 16 fév. 1807, art. 27, modifié par actes de barbarie une infraction spéciale ;
Décr. 24 fév. 1925) (V. appel). mais elle en tient compte dans certains
d'autorité. Au XIXe siècle, la doc- cas. Par exemple, elle répute coupables
— française, et spécialement Laferrière, d'assassinat les malfaiteurs qui ont usé
trine
distinguait deux grandes classes parmi d'actes de barbarie (C. pén. art. 303).
les actes accomplis par les agents du Elle permet aujourd'hui l'extradition
service public : I° les actes d'autorité ; pour faits de guerre civile, si ces faits
2° les actes de gestion. Les actes d'auto-
constituent des actes de barbarie (L.
rité, qu'on appelle encore actes de puis- 10 mars 1927, art. 5).
sance publique, sont ceux dans lesquels — déclaratif. Acte juridique dont
les agents agissent par voie de comman- l'objet est de constater une situa-
dement, en tant que dépositaires d'une tion juridique préexistante ou consi
fraction de la puissance publique ; de dérée légalement comme telle. L'acte
ce fait, ils n'ont point d'analogues dans déclaratif s'oppose à l'acte constitu-
le droit privé. Les actes de gestion sont tif et à l'acte translatif ou attri-
ceux qui sont accomplis par les agents butif de droits. Le caractère déclaratif de
pour la gestion du domaine privé et le l'acte peut résulter de la nature des
fonctionnement des services publics, par choses : c'est ainsi qu'un jugement est
des procédés et dans des conditions déclaratif lorsqu'il reconnaît un droit
semblables à ceux qu'on rencontre pour préexistant. Ce caractère peut aussi être
les particuliers gérant leurs propres attribué fictivement par le législateur ;
affaires. Les actes de gestion sont donc, tel est le cas du partage : l'article 883 du
dans leur essence, analogues aux actes Code civil dit que « chaque cohéritier est
du droit privé. La distinction des actes censé avoir succédé seul et immédia-
d'autorité et des actes de gestion rayon- tement à tous les effets compris dans
nait sur l'ensemble du droit administra- son lot, ou à lui échus sur licitation, et
tif français, et spécialement elle fournis- n'avoir jamais eu la propriété des autres
sait : I° un critérium pour l'applica- effets de la succession ».
tion de la règle de la séparation des de commerce. Acte juridique don-
autorités judiciaire et administrative, nant lieu à application des lois commer
le contentieux des actes de gestion rele- ciales, soit pour toutes les personnes qui
vant, par nature, des tribunaux judi-
ciaires et le contentieux des actes d'au- y sont parties, soit pour certaines d'entre
elles seulement (actes mixtes). Le Code
torité, des tribunaux administratifs ; de commerce donne une énumération de
20 un principe directeur dans le régime
de la fonction publique, en aboutissant ces actes dans les art. 632 et 633 sans
à la distinction des agents d'autorité et en donner une définition. Il semble que
l'énumération légale puisse être rame-
des agents de gestion (V. ces mots) ; 3° une née à la double idée de spéculation et
règle pour déterminer le champ de la d'entremise dans la circulation des
responsabilité de l'Etat, l'acte d'autorité produits ou de l'argent.
étant, sauf texte contraire, gouverné
par le principe d'irresponsabilité, l'acte de dépôt de pièces. Acte dressé par
de gestion pouvant, au contraire, en- le notaire ou tout autre officier public,
gendrer une responsabilité selon les constatant le dépôt de pièces effectué
règles du Code civil (art. 1382 et 9.). en ses minutes, en vue d'en assurer la
Cette distinction, dont les conséquences conservationet de permettre d'en obtenir
ont été peu à peu désavouées par la juris- des copies à toute demande (L. 25 ven-
prudence, a perdu, au XXe siècle, une tôse an XI, art. 21).
grosse partie de son importance, et a été de disposition. Acte qui a pour
finalement abandonnée par la presque objet de faire sortir du patrimoine un
totalité des publicistes français. bien ou une valeur (Ex. : vente, donation,
— d'avoué à avoué (V. acte du Palais). échange, apport en société) ou qui, sans
emporter aliénation, crée un droit réel
— de barbarie. Acte de torture ou de
violence particulièrement grave, commis sur un bien (ex. : constitution de servi-
envers les personnes à l'occasion de cer- tude, d'hypothèque). S'oppose à acte
taines infractions, par exemple vols et d'administration (V. ce mot).
homicides. La loi pénale ne fait pas des de francisation. Pièce qui constate
Acte 26

la nationalité française du navire et lui B. Acte accompli par un Etat dans


donne le droit de porter le pavillon l'exercice de ses droits de belligérant.
français (Décr. 7 nov. 1866, art. 145). de l'état civil. Acte instrumentaire,
Cette pièce, établie au nom du chef de destiné à constater un élément de l'état
l'État et signée par le ministre des d'une personne et rédigé par l'officier de
finances, est délivrée au bureau des l'état civil (maire, adjoint ou conseiller
douanes du port d'attache du navire. municipal délégué par le maire) sur des
— de gestion (D. pub.). (V. acte d'au registres appelés registres de l'état civil.
torité). Les principaux actes de l'état civil sont
de gouvernement. Dénomination l'acte de mariage, l'acte de naissance,
appliquée à un certain nombre d'actes l'acte de décès.
émanant de diverses autorités adminis- de notoriété. Acte passé devant
tratives, et dont la caractéristique,
d'après le droit positif français, est de ne un magistrat de l'ordre adminis
pouvoir faire l'objet devant aucun tri- tratif ou judiciaire ou devant un
bunal d'aucun recours juridictionnel, officier public, par lequel deux
soit en annulation, soit en indemnité. ou plusieurs personnes attestent des
Une jurisprudence invariable affirme que faits qui sont de notoriété publique.
Dans certains cas, l'acte de notoriété
ces actes « ne sont pas susceptibles forme une preuve légale (C. civ. art. 70,
d'être déférés au Conseil d'Etat par la
voie contentieuse ». La tendance domi 71, 155) ; la plupart du temps, il cons-
nante de la doctrine actuelle est de titue un renseignement susceptible d'être
rejeter la notion de l'acte de gouver détruit par une autre pièce en démon-
nement, en déniant que les actes ainsi trant l'inexactitude.
dénommés, s'ils ont bien une importance de pure faculté.
politique particulière, présentent une A. En matière de possession et de
nature juridique spéciale, à raison de prescription acquisitive, acte qui n'est
laquelle ils ne sauraient fournir matière que l'exercice normal du droit de pro-
au débat contentieux. Et, constatant priété et ne constitue pas, en consé-
l'insuffisance des systèmes successive- quence, un empiètement sur le fonds
ment proposés pour déterminer un cri- d'autrui susceptible d'être considéré
terium général de l'acte de gouverne- comme un acte de possession et de faire
ment, elle s'en tient à une définition acquérir par prescription un droit sur ce
qui se borne à faire état des solutions fonds. Ex. : le propriétaire d'un mur joi-
de la jurisprudence. « L'acte de gou gnant le fonds voisin, qui ouvre dans ce
« vernement est celui qui figure dans mur des jours de tolérance, ne peut acqué-
« une certaine énumération d'actes poli rir par la possession prolongée le droit
« tiques dressée par la jurisprudence d'interdire au voisin de les boucher si ce
« administrative, sous l'autorité du lui ci acquiert la propriété du mur. De
« Tribunal des Conflits ». Telle qu'elle même le propriétaire d'un terrain qui, de
est établie par la jurisprudence actuelle, sa propriété, jouit de la vue d'un paysage,
cette liste comprend : les actes relatifs ne peut prétendre acquérir ainsi par
aux rapports du pouvoir exécutif avec prescription un droit tendant à empêcher
les Chambres, la déclaration de l'état ses voisins de bâtir de manière à lui
de siège politique ; les actes diplo
matiques ; cette dernière rubrique, très couper ou à lui gâter cette vue (C. civ.
art. 2.232).
largement entendue, comprenant non B. En matière de prescription extinc-
seulement les actes diplomatiques pro- tive, acte qu'un propriétaire est libre
prement dits et leurs mesures d'exécution de faire ou de ne pas faire, sans avoir,
et d'application directe, mais aussi tous au cas où il s'abstient, à craindre de
actes ou mesures concernant les rapports perdre, par l'effet de la prescription
internationaux ou susceptibles d'avoir extinctive, le pouvoir de le faire un
une répercussion dans l'ordre interna jour. Ex. : le propriétaire, qui reste
tional. (v. acte juridictionnel). trente ans sans construire sur son fonds
— de guerre : ou sans se servir des eaux qui le tra-
A. Dans le sens d'acte d'hostilité (V. ce versent ou le bordent, ne perd pas le
mot). droit de construire ou d'utiliser ces
27 Acte

eaux ; de même le propriétaire qui discrétionnaire.


néglige de clore son fonds. A. Dénomination appliquée à certains
de souscription (V. souscription). actes de l'autorité administrative que la
— jurisprudence, en les qualifiant d'actes
— de
suscription. Acte par lequel le de « haute », de « pure », de « simple »
notaire constate la présentation à administration,déclarait autrefois « n'être
lui faite, en présence de témoins, pas de nature à faire l'objet d'un débat
par le testateur de son testament par la voie contentieuse ». L'inexac
fait en la forme mystique. L'acte titude de cette formule absolue était
de suscription est écrit par le notaire d'ailleurs établie par la jurispru-
lui même, sur le papier contenant les dence elle même, déclarant recevable
dispositions ou sur l'enveloppe le con- le recours pour excès de pouvoir dirigé
tenant ; papier ou enveloppe doivent contre ces actes, du moment où il se
être clos et scellés ; l'acte est signé par fondait sur un grief d'illégalité. Actuelle-
le testateur (s'il sait ou peut signer), ment, on s'accorde à reconnaître qu'il
par les témoins et le notaire (C. civ. n'existe plus d'actes discrétionnaires,
art. 976). c'est à dire d'actes présentant une nature
de tolérance. Acte qui s'exerce sur juridique spéciale qui exclurait la possi-
la propriété d'autrui avec la permission bilité d'un débat contentieux.
expresse ou tacite du propriétaire, et ne B. Dans un sens plus large, ce terme
peut, en conséquence, fonder une pos- est emplové pour exprimer de façon
session légitime (C. civ. art. 2.232). abrégée l'idée qu'un acte administratif
d'héritier. Acte fait par un succes est l'exercice d'un pouvoir discrétion-
sible, qui suppose nécessairement son naire (V. ce mot) ; mais cela n'implique
intention d'accepter la succession et plus l'impossibilité du recours pour
qu'il n'aurait le droit de faire qu'en excès de pouvoir, car le pouvoir discré-
qualité d'héritier (C. civ. art. 778). tionnaire ne peut pas rendre irrecevable,
mais seulement mal fondé, le recours
d'hostilité (ou acte de guerre). Acte dirigé contre l'acte pris en vertu de ce
matériel, inconciliable avec des relations pouvoir.
pacifiques, dont il résulte qu'un Etat se
considère en guerre avec un autre Etat. du Palais. Exploits spéciaux, dis-
pensés des formalités prescrites par les
diplomatique. D'une façon générale, articles 61 et 68 du Code de procédure
et dans un sens large, tout document civile, ainsi que du timbre et de l'enre
écrit, remis ou reçu par un agent diplo- gistrement, que les avoués occupant
matique, et concernant les relations dans une même cause se signifient par le
entre l'Etat, représenté par cet agent, ministère d'huissiers audienciers, pour
et l'Etat auprès duquel il est accrédité. régulariser la procédure (constitutions,
Ainsi compris, le terme « acte diplo avenirs, sommations, qualités), porter
matique » désigne des documents bien certains faits à la connaissance des autres
différents, dans la forme et dans le fond. parties (désistements, reprises d'ins-
Dans la forme, les actes diplomatiques tance), ou développer plus spécialement
portent, suivant leur objet, le nom de certains arguments (conclusions moti-
notes, dépêches, mémoires, déclarations, vées)
ultimatums, protocoles, conventions, .
traités. Dans le fond, les actes diploma- du Saint Siège. Tout écrit mani-
tiques sont unilatéraux ou contractuels. festant d'une manière authentique et
Quant aux actes unilatéraux, il faut efficace une décision dogmatique ou
distinguer ceux qui constituent une ma- disciplinaire, prise par le Saint-Siège
nifestation de volonté tendant à pro- (lato sensu). Édités dans Acta Aposto-
duire par elle même un effet juridique licae Sedis, et, pour l'essentiel, dans le
(ultimatum), et ceux qui constituent un Précieux Canoniste contemporain (Cf. :
simple procédé permettant aux États Villien et Magnin. Dict. D. can., I.
d'entrer en relations. D'une façon plus p. 166-171)..
précise, et malgré l'incertitude de la ter- — en brevet. Acte notariédontl'original
minologie, certains auteurs, par « actes est remis aux parties ; le brevet ne peut
diplomatiques », visent les traités ou les recevoir la formule exécutoire ; il ne
conventions (V. acte final). peut être établi que pour les actes
Acte 28

simples (L. 25 ventôse, an XI, art. 20), instrument général des dispositions con-
et ne doit contenir que des engagements ventionnelles les plus importantes
unilatéraux. Ex. : quittances, certificats adoptées et signées (Acte final du 9 juin
de vie, certificats de propriété, copies 1815, à la suite du Congrès de Vienne ;
collationnées, la plupart des procura- actes généraux du 26 fév. 1885 et 2 juill.
tions, etc.. S'oppose à l'acte notarié en 1890, à la suite des Conférences de Berlin
minute. et de Bruxelles). Actuellement, on y voit
plutôt un simple procès-verbal des
— en minute. Acte original émanant de résultats obtenus par les négociations.
l'autorité administrative ou judiciaire, (Actes finaux des Conférences de la Paix,
la
ou acte dressé par le notaire et dontloi. 1899 et 1907, des Conférences pan-amé-
conservation est prescrite par la ricaines, etc.).
S'oppose à l'acte en brevet.
— illicite. laFait contraire au droit,
— entre vifs. Acte
destiné à produire interdit par loi.
effet du vivant de ses auteurs. L'expres-
sion concerne aussi bien les actes à titre — imparfaitdu (D. fisc). Acte qui n'est
onéreux, que les libéralités : ventes, passible que droit fixe des actes
donations, etc. innomés (V. ce mot), parce qu'il lui
exécutoire. manque un des éléments essentiels à son
— executorius, existence et qu'il n'a en conséquence que
Lat. dér. du v. exsequi, accomplir.
A. Acte permettant de mettre en jeu les apparences d'un acte juridique. Ex. :
directement la contrainte sociale, c'est- vente sans prix ou sans objet, ou sans
à-dire de recourir aux voies d'exécution le consentement d'une des parties ; dona-
forcée pour faire exécuter les dispositions tion non acceptée par le donataire ;
qu'il contient. Ex. : jugement ou ordon- acte sous seing privé non signé.
nance contenant condamnation, un inamical (ou peu amical) (D. int.
acte administratif, acte notarié empor- pub.). Acte d'un État dont se plaint un
tant obligation. Généralement, en matière autre État, sans prétendre qu'il soit
civile ou commerciale, le caractère exécu- contraire au Droit des gens, mais en
toire d'un acte résulte de l'apposition alléguant qu'il est de nature à rendre
d'une formule, dite formule exécutoire plus difficiles les relations entre les deux
(v. ce mot), sur une expédition de Gouvernements. Ex. : d'après la Conven-
l'acte. tion I de la Haye, du 18 octobre 1907,
B. D'où, dans un sens plus restreint, art. 3, le fait par une Puissance tierce
écrit revêtu de la formule exécutoire. d'offrir ses bons offices ou sa médiation,
Ex. : la grosse (V. ce mot) d'un jugement, ne peut jamais être considéré par l'une
d'un acte notarié. Synonyme : titre ou l'autre des Parties en litige comme
exécutoire (C. pr. civ. art. 551). un acte peu amical.
— extrajudiciaire. Manifestation de — inexistant (V. inexistence).
volonté, exprimée le plus souvent
dans la forme d'un exploit d'huis- — innomé.
A. (D. civ.) (V. contrat innomé).
sier, tendant à la conservation d'un B. (D. fisc). En matière d'enregistre-
droit et susceptible de produire cer- ment, acte qui, n'étant spécialement
tains effets juridiques en dehors d'une tarifé par aucune disposition de la loi
instance. Ex. : congé ; demande en fiscale, est assujetti comme tel à
renouvellement de bail commercial ; un droit fixe (C. enr. art. 270 § 3, n° 9
acte de refus de renouvellement, (L. 30 [actes judiciaires] ; art. 270, § 4, n° 4
juin 1926) ; sommation faisant courir les [actes extrajudiciaires] ; art. 270, § 6,
intérêts. S'oppose à l'acte judiciaire n° 52 [actes civils]).
(V. ce mot).
instrumentaire (V. acte III).
— final (ou acte général, ou, par interprétatif. (V. interprétation et
abrév., acte). Protocole dressé à la fin loi interprétative).
des travaux des Congrès et Conférences
pour en enregistrer les résultats. Long- — interruptif (V. interruption).
temps, l'acte final a été considéré comme — judiciaire.
un texte conventionnel (traité ou groupe Lat. jurid. iudiciarius, dér. de judicium,tribunal.
de traités), ou comme la réunion dans un A. Manifestation de volonté accom-
29 Acte
plie dans les formes de la loi, pour pro- juridique (V. acte II).
voquer la solution d'un litige porté de-
vant les tribunaux judiciaires ou pour — législatif.
A. Tout acte général ou individuel,
accomplir une formalité avec le concours voté par le Parlement et promulgué
d'un juge de l'ordre judiciaire ou d'un
auxiliaire de la justice. Ex. : assignation par le Président de la République.
B. Acte émané d'un agent public quel-
par exploit d'huissier, signification par conque, et contenant une règle générale.
acte d'avoué à avoué ; déclaration passée En ce sens, certains actes émanés du Par-
au greffe pour accepter une succession lement ne sont pas des actes législatifs
sous bénéfice d'inventaire ou y renoncer ; (Ex. : déclaration d'utilité publique) et,
déclaration de désaveu, d'inscription inversement, certains actes émanés du
de faux ; procès-verbal d'enquête, de pouvoir exécutif sont des actes législatifs
prestation de serment, etc. (ex. : règlements).
B. Par restriction et par opposition
à acte extrajudiciaire (V. ce mot) signi- notarié. Acte rédigé par un notaire
fication par exploit d'huissier au cours (V. acte authentique).
d'une instance judiciaire. nul (V. nullité).
C. Acte de juridiction gracieuse (V.
ce mot). — politique. (D. pub.) Notion se
référant à une certaine conception de
— juridictionnel (ou de juridiction).
l'acte de gouvernement (V. ce mot) :
Acte de juger. Dans la théorie tradition- tout acte du pouvoir exécutif et de
nelle et dans la langue pratique (où l'on ses agents visant à la défensede la société,
emploie d'ailleurs, comme synonymes prise en elle-même ou personnifiée dans
d'acte juridictionnel, et de préférence le gouvernement, contre ses ennemis
à cette expression, les expressions : dé- intérieurs ou extérieurs, avoués ou ca-
cision contentieuse ou acte de juridiction chés, présents ou à venir, devient, à rai-
contentieuse, l'acte juridictionnel est dé- son du mobile politique qui l'a suscité,
fini par la réunion des trois caractères un acte de gouvernement insusceptible
suivants : 1° par son contenu : l'acte de recours contentieux. La théorie du
juridictionnel est la solution définitive mobile politique, de l'acte politique,
(sauf voies de recours légalement orga- forgée progressivement sous la Restau-
nisées) d'un procès, par application des ration et la Monarchie de juillet, floris-
règles du droit et de l'équité. Le carac- sante sous le Second Empire, a été
tère définitif de l'acte juridictionnel abandonnée par la doctrine et la juris-
porte le nom d'autorité de la chose jugée prudence à partir de 1872.
(V. ce mot). Quant au mot « procès «, il
est, dans cette définition, entendu diffé- — public. Acte dressé par une auto-
remment par les auteurs de droit privé rité publique. Syn. : acte authentique
(V. ce mot).
et les auteurs de droit public. Les pre-
miers le définissent comme un litige, une — récognitif.
contestation entre personnes. Les se- Dér. du lat. recognitus, part, passé du v. reco-
conds le définissent plus généralement gnoscere, reconnaître.
Acte écrit, appelé aussi titre nou-
comme la discussion d'une question de vel, par lequel une personne reconnaît
droit, en considération du recours pour l'existence de droits réels ou personnels
excès de pouvoir, qui est un procès fait déjà constatés par un titre antérieur,
à un acte et non à une personne ; 2° par appelé acte primordial, et dont le but
son auteur : l'acte juridictionnel est peut être soit d'interrompre une pres-
l'oeuvre d'un agent indépendant, c'est-
à-dire jouissant de garanties de nature cription, soit d'assurer ou de faciliter la
à assurer son impartialité (dont la plus preuve d'un droit quand le titre primor-
caractéristique est l'inamovilité), pas- dial est perdu ou exposé à des chances
sif, c'est-à-dire ne pouvant se saisir lui- de perte (cf. C. civ. art. 1337).
même, et tenu de statuer ; 3° par sa pro-
cédure, l'acte juridictionnel est celui qui — refait. Acte instrumentaire qui
intervient après un débat, au cours a pour objet de remplacer un acte
antérieur, le plus souvent nul pour
duquel sont exposées et défendues les vice de forme, sans modifier la nature
solutions possibles de l'affaire. et l'objet des conventions. Ex. : la loi
Acte 30

fiscale soumet à un droit fixe d'enregis- — translatif.


trement « les actes refaits pour cause de Lat. jurid. translatiius, dér. de translatus, part,
nullité ou autres motifs, sans change- passé du v. transferre, transporter.
ment qui ajoute aux objets des conven Acte qui fait passer un droit d'un titu-
tions ou à leur valeur » (C. enr. art. 170, laire antérieur à un titulaire nouveau,
qui est un ayant cause du premier.
§ 5, VII).
réglementaire. (D. ad.). Acte par Actif. Ensemble des biens ou des droits,
lequel une autorité publique autre évaluables en argent, qui font partie d'un
que le Parlement crée ou organise patrimoine ou d'une universalité juri-
une situation juridique générale, abs- dique. S'oppose au passif, c'est à dire
traite, impersonnelle et permanente. aux dettes qui grèvent le patrimoine ou
L'acte réglementaire présente donc le l'universalité. Ex.. : actif de communauté,
même contenu juridique que la loi de succession, de faillite.
matérielle (V. ce mot), mais il s'en
distingue du point de vue formel, en Action.
Lat. jurid. actio ; au sens III et IV empr. du holl.
ce que son auteur n'est pas le Parle- actie, au début du XVIIIe s.
ment, mais le Chef de l'État, un ministre I. (Pr.) Voie de droit par laquelle un
ou un agent administratif. Ex. : décrets particulier ou le Ministèrepublic demande
généraux du Président de là République, à un tribunal d'appliquer la loi à une
arrêtés généraux du préfet et du maire, espèce déterminée.
etc.. Les décrets lois, traités cependant II. (Pr..) Toute demande, soumise au
comme des lois, sont aussi, du point de tribunal. C'est en ce sens que les lois pren-
vue formel, des actes réglementaires. nent ordinairement le mot action. Cer
Ex. : décret-loi, décret-loi colonial, tains textes l'emploient dans les deux
décret général plis en vertu de pouvoirs sens. Ex. : L. 30 oct. 1886, Ier juill. 1901,9
spéciaux conférés au gouvernement par déc 1905, visant les actions en reprise ou
la loi du 3 août 1926, règlements simples, en revendication de biens donnés à des
règlements d'administration publique ; communes, associations, fabriques, etc..
arrêtés généraux des préfets ou des devant la juridiction compétente, en
maires, etc.. observant les conditions de forme, de
respectueux. Sommation, rédigée en capacité, et autres, qui sont détermi-
termes respectueux, qu'un majeur était nées par les lois ; action en partage (C.
tenu d'adresser à l'ascendant qui refusait civ. art. 815) action en dommages-inté-
de consentir à son mariage. La loi du 21 rêts (C. civ. art. 1382) ; action en reven-
juin 1907 a supprimé les actes respec- dication (C. civ. art. 2279).
tueux, et les a remplacés par une noti III. (Soc.) Part d'associé dans les os-
fi cation faite par acte notarié. (V. art. ciétés dites de capitaux (sociétés ano-
154, C. civ.) nymes ou en commandite par actions), qui
se caractérise par ce qu'elle est en prin
solennel. Acte pour la validité du cipe librement cessible, la cessibilité
quel la loi exige l'accomplissement de de l'action pouvant être réglementée,
certaines formalités. Ex. : la loi exigé mais ne pouvant être supprimée. S'op-
un acte notarié pour les constitutions pose à ce titre, à l'intérêt qui désigne
d'hypothèque, pour les contrats de la part d'associé dans les sociétés dites
mariage, pour les donations entre vifs ; de personnes. Le capital social étant
un acte écrit sur les registres de l'état fractionné en parts égales (C. com.
civil pour les mariages ; un acte reçu art. 34), l'action se présente en pra-
par le juge de paix pour l'émancipation tique comme la fraction du capital so-
d'un enfant. S'oppose à l'acte consensuel cial servant d'unité aux droits et obli-
(V. ce mot). gations des associés qui peuvent possé-
der un nombre plus ou moins grand
— sous seing privé. Acte écrit dressé d'actions. On dit, en ce sens qu'une
par les parties elles-mêmes sous leur société est au capital d'un million, divisé
seule signature et sans intervention
d'officiers publics. S'oppose à l'acte en 2.000 actions de 500 francs. Les
authentique (V. ce mot). actions de travail, qui existent dans les
sociétés anonymes à participation ou-
— suspensif (V. suspension). vrière (L. 26 av. 1917), bien qu'elles
31 Action
portent le nom d'actions, ne rentrent — civile. (Pr.) Action formée par la per-
définition et ne consti-
pas dans cette fait, sonne lésée par une infraction à la loi pé-
tuent pas, de ce de véritables actions nale, pour obtenirréparation du dommage
(V. action de travail). qui lui a été causé, ce qui comprend,
IV. (Soc.) Titre délivré à l'actionnaire outre les frais exposés dans le procès
pour constater ses droits. L'action est pénal, les restitutions et les dommages-
en ce sens au porteur, à ordre, nomina- intérêts. Elle peut être poursuivie en
tive ou à personne dénommée, suivant même temps et devant les mêmes juges
que la part d'associé avec ses droits et que l'action publique, ou séparément
obligations se cède par simple tradition devant la juridiction civile (C. I. cr.
du titre auquel elle est incorporée maté- art. I à 3),
riellement (action au porteur), ou par collective: (Pr.) Action qu'un groupe-
endos sur le titre (action à ordre), ou ment doué de la personnalité juridique
par transfert sur le livre de la société (société, association, syndicat) intente
(action nominative), ou en observant en son nom, ès qualité, pour faire valoir
les formalités de l'article 1690 du Code des droits qui lui appartiennent en
civil (action à personne dénommée. ; C.
propre ou pour défendre les intérêts de
com. art. 34 et 36, L. 4 av. 1920). la collectivité. Ex. : action des syn-
ad exhibendum. (Pr.) dicats en matière de contrats collectifs
Loc. du lat. jurid. signifiant : pour représenter. du travail (L. 25 mars 1919, art. 31) ;
Action par laquelle on obtient la repré- action des syndicats pour la défense de
sentation de choses ou de documents sur l'intérêt collectif de la profession (L.
lesquels on prétend avoir un droit ou 12 mars 1920, art. 5, al. 2). A l'action
dont la production est nécessaire en vue collective du groupement, on oppose
de l'exercice d'un droit. Quand elle vise l'action individuelle qui peut appartenir
des documents, l'action prend quelquefois à chacun des membres du groupement
des noms spéciaux ou une forme particu- pour la défense des droits et intérêts
lière. Ex. : demande aux fins de compul- individuels.
soire (C. pr. civ. art. 839 et s.) qui porte confessoire. (Pr.)
sur les actes publics déposés chez un no Lat. jurid. actio confessoria, dér. du v. confiteri,
taire (V. compulsoire) ; représentationou reconnaître, avouer.
communication des livres de commerce Action réelle (V. ce mot) tendant à la
(C. com. art. 13 et s.) (V. ces mots). reconnaissance ou à l'exercice d'un droit
de servitude, d'usufruit ou d'usage S'op-
— à primes. Action (de société) émise pose à l'action négatoire (V. ce mot).
à un taux plus élevé que sa valeur criminelle (Pr.) (V. action publique).
nominale, la différence constituant la
prime d'émission. Cette prime est desti- d'apport. Action (de société) attri-
née soit à fournir immédiatement à l'a buée à un actionnaire en représenta-
société des fonds disponiblessans entamer tion d'un apport en nature, c'est à-dire
le capital, soit à compenser les droits effectué autrement qu'en numéraire :
que de nouveaux actionnaires acquièrent immeubles, outillage, brevets, fonds de
sur les réserves. commerce, etc., etc. Les actions d'apport
sont incessibles pendant deux ans, si ce
au porteur. Action de société (V. n'est par les modes du droit civil (L. 24
titre au porteur). juill. 1867, art. 3, 4, 27 et 30).
— à vote plural (ou privilégiée). Action — de capital.
(de société) à laquelle est attaché, dans A. Action (de société) qui correspond
les assemblées générales de la société, un à un apport en capital, qu'il soit réalisé
droit de vote supérieur à celui qui, à éga- en numéraire ou en nature, par opposi-
lité de valeur nominale, appartient aux tion à l'action d'industrie ou à l'action
autres actions. Les actions à vote plural de travail qui correspondent à un apport
constituent une espèce particulière d'ac- effectué sous forme d'activité person-
tion de priorité ; elles sont utilisées pour nelle.
assurer la prédominance dans la société B. Action (de société) qui, dans une
à certains groupes de capitalistes par société où existent des actions de jouis-
exemple aux éléments appartenant à une sance, n'a pas encore été l'objet d'un
nationalité déterminée. remboursement (V. action de jouissance).
Action 32

de in rem verso. (Pr.) de travail. Action (de société) appar-


Loc. du lat. jurid. in rem versum, signifiant : (ce qui tenant aux ouvriers qui, dans les sociétés
est) tourné, versé dans un patrimoine, formée de
versum, part, passé n. du v. vertere, tourner, et de
anonymes à participation ouvrière, sont
res, chose, d'où bien, fortune, etc.
membres de la société coopérative de
Action par laquelle le demandeur ré- main d'oeuvre. Les actions de travail
clame une indemnité pour un préjudice sont obligatoirement nominativeset ina-
subi, alors que ce préjudice, s'il n'a pas liénables pendant toute la durée de la
été occasionné par le fait ou la négligence société à participation ouvrière; elles
du défendeur, a cependant procuré à ce donnent certains droits de vote dans
dernier un enrichissement que ne légitime les assemblées générales de la société
aucun acte juridique (C. civ. art. 555, et ont droit à des représentants dans le
861,1437, 1673). conseil (L. 26 av. 1917, ajoutant les
art. 72 à 80 à L. 24 juill. 1867).
— de jouissance. Action (de société)
dont la valeur nominale effectivement directe. (Pr.)
libérée a été remboursée par la société aux A. Action qu'une personne exerce en
actionnaires. Les actions de jouissance son nom personnel contre un ayant-
sont particulièrement utiles dans les cause de son propre co-contractant et en
sociétés dont l'actif comprend des élé- passant par-dessus la tête de ce dernier ;
ments destinés à disparaître sans contre s'oppose, à ce point de vue, à l'action
partie : concessions, brevets, etc., elles indirecte ou oblique (V. ce mot). L'action
donnent droit aux mêmes prérogatives directe existe dans des hypothèses très
que les actions de capital, sous déduction variées : I° action directe du bailleur
de l'intérêt du capital ou de son rembour- contre le sous locataire (C. civ. art. 1753),
sement. de l'ouvrier contre celui pour lequel les
— de préférence (ou de priorité). Action ouvrages ont été faits (C. civ. art. 1798),
(de société) à laquelle sont attachés cer- du mandant contre la personne que le
tains avantages par rapport aux autres mandataire s'est substitué (C. civ.
actions, soit dans la participation aux art. 1994), de la victime contre l'assu-
bénéfices, soit dans le partage de l'actif, reur de l'auteur responsable de l'acci-
soit dans le droit de vote, soit à ces dent (art. 2101, 6°) ; 2° action directe
divers points de vue cumulés, soit de de l'avoué de la partie gagnante contre
toute autre manière. Lorsque des actions la partie condamnée aux dépens, pour
de priorité ont été créées dans une so- obtenir le paiement de ses frais (distrac
ciété, il existe alors plusieurs catégories tion des dépens ; V. ce mot) ; 3° du créan-
d'actions et toute modification statu- cier social contre le commanditairepour
taire portant sur les droits attachés à l'obliger à verser sa mise.
une catégorie d'actions doit être ratifiée B. La jurisprudence qualifie encore
par une assemblée spéciale des action- d'action directe l'action du tiers béné-
naires de cette catégorie (C. com. art. 34, ficiaire d'une stipulation pour autrui ou
modifié par L. 16 nov. 1903). d'une assurance contre le promettant.
On désigne même sous cette expression
— de quotité. Action (de société) qui l'action du maître contre le tiers avec
ne comporte aucune mention de valeur lequel a contracté le gérant d'affaires,
nominale en argent. Utilisées excep-
tionnellementpar certains charbonnages l'action du mandant contre la personne
du Nord (L. du timbre, 5 juin 1850, avec laquelle a contracté le mandataire,
art. 14), les actions de quotité sont cou- alors que, dans ces hypothèses, il s'agit
rantes en Belgique (L. coordonnées sur tout simplement des conséquences nor-
les sociétés commerciales, art. 41). males de la représentation.
— d'état. (Pr.) Action tendant à établir — disciplinaire. (Pr.) Action par la-
ou à modifier l'état d'une personne. quelle une autorité publique demande à
Ex. : action en réclamation d'état une juridiction disciplinaire de déclarer
(C. civ. art. 328) en contestation d'état un agent coupable d'une faute profes-
(C. civ. art. 307), en recherche de pater- sionnelle et de donner, un avis sur la
nité (C. civ. art. 340), de maternité (C. peine disciplinaire à infliger au coupable
civ. art. 341), en nullité de mariage (C. ou d'infliger elle-même cette peine.
civ. art. 180 à 184), en révocation d'adop-
tion (C. civ. art. 370, L.19 juin 1923). — d'office. (Pr.) Action intentée au
nom de la société par le ministère public,
33 Action

en vertu du seul devoir de sa charge, et Action donnée pour faire reconnaître


sans en être requis par une personne ou sanctionner un droit ou pour obtenir
intéressée. En matière civile, le minis- la constatation d'un fait en vue d'un
tère public peut agir d'office dans les cas litige futur ou même éventuel Ex. :
spécifiés par la loi (L. 20 av. 1810, art. enquête in futurum, tendant à s'assurer
46, § 1). En matière pénale, l'action d'of- des preuves qui, sujettes à disparition,
fice est la règle ; les délits dont la pour- pourront être utiles dans un procès qui
suite est subordonnée à une démarche peut naître plus tard.
préalable de la personne lésée sont l'ex-
ception (V. par ex. C. pén. art. 336, 339, — interrogatoire. (Pr.)
Lat. jurid. actio interrogatoria, dér. du v. inter-
357). rogare, interroger.
domaniale. (Pr.) Action exercée par Action par laquelle on met une per-

l'administration devant les tribunaux sonne en demeure soit de déclarer si
judiciaires ou les conseils de pré- elle entend ou non user d'un droit ou
fecture, pour obtenir des restitutions, former une action en justice, soit d'opter
réparations ou enlèvements contre les entre plusieurs partis qui s'offrent à elle,
auteurs de faits matériels (empiétements, dans les cas où la loi n'a pas fixé de délai
dégradations, constructions) portant d'exercice ou d'option .Ex. : action ten-
atteinte à l'intégrité du domaine public, dant à faire reconnaître l'existence d'un
inaliénable et imprescriptible. titre de créance non échue qui est égaré.
Action distincte de l'action provocatoire
— en garantie (Pr.) (V. garantie). ou de jactance.
— estimatoire. (Pr.) — libérée. Action (de société) dont
Lat. jurid. actio aestimatoria, dér. du v. aesti- le capital nominal a été intégralement
mare, estimer. versé ou qui correspond à un apport
Action par laquelle l'acheteur, qui dé- effectivement fourni (L. 24 juill. 1867,
couvre les vices cachés de la chose, de- art. 1 et 24).
mande, non point la résolution de la
vente (action rédhibitoire, V. ce mot), — mixte. (Pr.) Action par laquelle le de-
mais une diminution du prix (C. civ. mandeur agit tout à la fois en recon-
art. 1644). Elle est encore appelée de son naissance d'un droit réel et en exécution
nom romain : quantis minoris. d'une obligation (C. pr. civ. art. 59).
Ex. : l'action en résolution de la vente
— hypothécaire (Pr.) Action réelle (V. exercée contre l'acheteur pour défaut
ce mot), sanction du droit d'hypothèque, de paiement du prix ; l'action par laquelle
formée par le créancier hypothécaire l'acquéreur ou le donataire demande à
contre le tiers détenteur, la caution être mis en possession de l'immeuble
réelle, ou même contre le débiteur. dont il est devenu propriétaire par la
Elle est distincte de l'action person-
nelle sanctionnant l'obligation contractée vente ou la donation.
par le débiteur à l'égard du créancier — mobilière. (Pr.) Action par laquelle
et garantie par l'hypothèque. s'exerce un droit portant sur un
—immobilière (Pr.) Action par laquelle meuble (C. civ. art. 1428). Ex. : action
s'exerce un droit portant sur un en revendication d'un meuble perdu
immeuble (C. civ. art. 464, 482, 526). ou volé. Elle peut être personnelle ou
Ex. : action en revendication d'un réelle (V. action personnelle, action
immeuble. Elle peut être personnelle réelle).
ou réelle (V. action personnelle, action — négatoire. (Pr.)
réelle). Lat. jurid. actio negatoria. dér. du v. negare, nier.
Action réelle (V. ce mot) tendant à
— immobilisée. Action de société. (V. faire reconnaître qu'un fonds n'est pas
immeubles par détermination de la loi). grevé d'une servitude, d'un usufruit ou
— incidente (Pr.) (V. demande inci- d'un droit d'usage. S'oppose à l'action
dente). confessoire (V. ce mot).
— indirecte (Pr.) (V. action oblique). — negotiorum gestorum. (Pr.)
Loc. du lat. jurid. signifiant action « des affaires
— in futurum. (Pr.) gérées».
Action par laquelle la personne qui a
Loc. lat. signifiant : pour l'avenir.
3
Action 34

géré l'affaire d'autrui ou même, selon la d'un droit réel immobilier. Ex. : l'action
jurisprudence, qui a accompli un acte ju- en revendication (V. ce mot), l'action
ridique quelconque d'administration ou confessoire ou négatoire (V. ces mots),
autre dans l'intérêt du maître de l'af- l'action en pétition d'hérédité (V. ce
faire, poursuit contre ce dernier le rem- mot). S'oppose à l'action possessoire (V.
boursement des dépenses utiles ou néces- ce mot). (C. pr. civ. art. 25).
saires qu'elle a faites (C. civ. art. 1375).
— possessoire. (Pr.)
— nominative. Action de société (V. Lat. jurid. actio possessoria, dér. du v. possidere,
posséder.
titre nominatif.) Action qui a pour objet la reconnais-
— oblique (Pr.) Action par laquelle sance ou la protection de la possession
le créancier exerce les droits et d'un droit réel immobilier, et tend, ou
actions de son débiteur négligent, à bien à faire cesser le trouble apporté à la
l'exclusion de ceux qui sont exclusive- possession, ou bien à faire réintégrer le
ment attachés à sa personne (C. civ. possesseur ou détenteur dans la posses-
art. 1166). Ex. : le créancier interrompt sion dont il a été privé (C. civ. art. 464,
une prescription qui s'accomplit au dé- 482, 1428). L'action possessoire laisse
triment de son débiteur ; il accepte une de côté la question de l'existence du
succession que celui-ci est appelé à re- droit possédé ; par là elle s'oppose à
cueillir et sur laquelle il néglige de l'action pétitoire (V. ce mot). Les actions
prendre parti. L'action oblique est dite possessoires sont la complainte, la dé-
encore indirecte ou subrogatoire. nonciation de nouvel oeuvre, et la réin-
tégrande (L- 12 juill. 1905, art. 7-20,
— paulienne. (Pr.) C. pr. civ. art. 23 et s.).
Lat. jurid. actio pauliana créée au VIe ou VIIe s.
apr. J. C., du nom du jurisconsultePaulus, par abus. — préjudicielle (Pr.)
Action par laquelle le créancier fait Lat. jurid. praejudicialis, dér. de praejudicium,
révoquer les actes de son débiteur qui jugement, procédure préparatoire en lat. jurid.
lui portent préjudice et qui ont été (V. question préjudiciable).
accomplis en fraude de ses droits (C. principale (Pr.) (V. demande princi-
civ. art. 1167). Ex. : le créancier fait —
pale).
annuler la vente d'un immeuble que le
débiteur a consentie à vil prix. L'action — provocatoire. (Pr.)
Lat. jurid. provocatorius, dér. du v. provocare, en
paulienne est dite encore révocatoire. Se
distingue de l'action en nullité d'une appeler.
Action par laquelle une personne veut
aliénation pour cause de simulation, contraindreson adversaire à intenter lui-
laquelle tend à faire juger que le bien même une action en justice. Ex. : actions
n'est pas sorti du patrimoine du débi- de jactance de l'ancien Droit ; action ten-
teur. dant à la reconnaissance par le juge d'un
droit que contredit une prétention émise
— personnelle. (Pr.) Action par laquelle dans un acte public ou privé.
on demande la reconnaissance ou la pro-
tection d'un droit personnel quelle qu'en publique. (Pr.) Action formée au
soit la source : contrat, quasi contrat, — de
nom la société, en principe par les
délit, quasi délit ; elle tend à obtenir soins d'un corps spécial de magis-
l'exécutiond'une obligation. L'action est trats (le ministère public) ; elle a
personnelle mobilière, si le droit person- pour objet l'application de la loi pé-
nel exercé porte sur un meuble. Ex. : nale à l'auteur du fait réputé délic-
l'action en paiement d'une créance ; elle tueux, et la réparation du dommage
est personnelle immobilière, si le droit causé à la société (C. I. cr. art. 1).
personnel exercé porte sur un immeuble.
Ex. : l'action en délivrance de tant d'hec- — récursoire. (Pr.)
tares de terre dans un terrain de coloni- Dér. récent du lat. recursus, recours. Voir Acte
conservatoire, page 12.
sation. Action donnée à une personne pour
mettre en oeuvre un recours que la loi lui
— pétitoire. (Pr.)
Lat. jurid. actio petitoria, dér. du v. petere, deman- accorde contre une autre personne. Ex. :
der. action exercée par le codébiteur solidaire
Action qui a pour objet la reconnais- qui a payé le tout contre ses co-obligés
sance, la protection et le libre exercice (C. civ. art. 1214) ; action intentée
en cas
35 Action
d'éviction par l'acheteur d'un immeuble Une action est dite subsidiaire quand
contre son propre vendeur (C. civ. art. elle n'est donnée qu'à défaut d'un autre
1625). moyen permettant à son titulaire de
faire respecter le droit litigieux. En ce
— rédhibitoire. (Pr.) sens l'action paulienne (V. ce mot) est
Lat. jurid. actio redhibitoria, dér. du v. redhibere,
faire reprendre une chose vendue, en lat. jurid. subsidiaire : le tiers contre lequel elle
Action par laquelle l'acheteur de- est exigée peut demander que le créan-
mande la résolution de la vente, et même, cier, avant de lui enlever le bien qu'il
si le vendeur est de mauvaise foi, des a acquis du débiteur, commence par
dommages et intérêts, à raison du vice saisir les biens qui sont encore aux
caché de la chose (vice appelé d'ailleurs mains de ce dernier. L'action est éga-
rédhibitoire : V. ce mot) (C. civ. art. lement subsidiaire lorsque le demandeur
1644 et 1645). conclut à l'admission d'une prétention
— réelle. (Pr.) Action par laquelle on pour le cas où une autre prétention, plus
demande la reconnaissance ou la protec- avantageuse pour lui, ne serait pas
tion d'un droit réel (droit de propriété, admise.
de servitude, d'usufruit ou d'usage,
d'hypothèque), et qui tend à faire recon- Actionnaire.
naître celui-ci à l'égard de tous ceux qui Dér. d'action, au sens IV.
y porteraient atteinte. L'action est Nom donné, dans une société par ac-
réelle mobilière si le droit réel exercé tions, à l'associé dont la responsabilité
porte sur un meuble. Ex. : action en est limitée au montant de son apport (cf.
revendication d'un meuble perdu ou action).
volé ; elle est réelle immobilière si le
droit réel exercé porte sur un immeuble. Adage.
Ex. : action en revendication d'un im- Lat. adagium.
meuble. I. Enonciation, en une formule brève
— résolutoire (Pr.)
et saisissante, d'une règle de droit,
Lat. jurid. resolutorius, dér. du v. resolvere, délier. coutumière ou légale. Ex. : « Le mort
(V. résolution). saisit le vif, son hoir le plus proche habile
à succéder » ; « Nul n'est censé ignorer la
— révocatoire (Pr.) loi » ; « Fraus omnia corrumpit ».
Lat. jurid actio revocatoria, dér. du v. revocare,
rappeler. Quelques-uns de ces adages ont été
(V. action pau-lienne). incorporés à des textes législatifs. Ex. :
— sociale. (Pr.) Action intentée par une l'adage « En fait de meubles, possession
société ou même, en certains cas, par les vaut titre », élaboré par la coutume aux
actionnaires agissant individuellement, XVIIIe et XVIIIe siècles, a été recueilli dans
pour demander la réparation d'un préju- l'article 2.279 du Code civil.
dice ayant atteint le patrimoine de la so- II. A côté de ces adages énonçant des
ciété. Ex. : l'action intentée contre les ad- règles de droit, il y en a qui sont dénués
ministrateurs, pour fautes commises dans de portée juridique et qui constatent
leur gestion, ou contre les fondateurs, seulement des faits d'expérience em-
pour fautes commises lors de la consti- pruntés à la vie juridique, comme ils
tution de la société. L'action sociale pourraient l'être à tout autre aspect de
s'oppose en ce sens à l'action indivi- la vie. Ex. : « Qui mieux abreuve, mieux
duelle (V. ce mot). Suivant certains preuve » ; « En mariage, trompe qui
auteurs, l'action sociale comprendrait peut ». — En ce second sens, synonymes :
également toutes les actions ayant pour Brocard, dicton, maxime.
but la réparation d'un préjudice frappant
dans une égale mesure tous les action- Adhésion.
naires. Lat. adhaesio, dér. du v. adhaerere,s'attacher à.
— subrogatoire (Pr.) Acte par lequel une personne demeurée
Dér. récent du v. subrogare, subroger, en lat. jurid. jusqu'alors étrangère à une convention
V. Action récursoire, page 22.
(V. action oblique). consent à se soumettre à ses clauses. Se
distingue de la ratification (V. ce mot).
— subsidiaire. (Pr.)
Lat. jurid. actio subsidiaria, dér. de subsidium, — à un traité (V. accession à un
aide, secours. traité).
Ad hoc 36

Ad hoc. Par exception, à Paris, les adjoints,


Loc. lat. signifiant : en vue de ceci. souvent appelés maires adjoints, sont
Signifie pour cela, en vue de tel but. nommés par décret (L. 14 av. 1871,
Ex. : administrateur ad hoc, tuteur ad art. 16).
hoc, juge ad hoc (V. ces mots). spécial. Adjoint au maire qui peut
—institué
Adirement. être par décret en Conseil d'Etat,
Dér. de l'ancien v. adirer, autrefois égarer, comp. sur la demande du conseil municipal,
du v. dire, d'après la loc. être à dire, qui signifiait pour une fraction isolée d'une commune.
manquer, proprementêtre à déclarer. L'adjoint spécial, élu par le conseil
(Ancien mot peu usité). Perte, destruc- municipal parmi ses membres, ou, à
tion partielle (par l'usure, lefeu, etc.), mu- défaut d'un conseiller résidant dans la
tilation d'une pièce. On dit plus souvent : fraction, parmi les habitants de cette
titre adiré. dernière, y remplit les fonctions d'officier
de l'état civil et peut être chargé de
Adition d'hérédité. l'exécution des lois et des règlements
Calque du lat. jurid. aditio hereditatis, action de se de police (L- 25 av. 1884, art. 75).
porter comme héritier (aditio, dér. du v. adire, aller
vers).
Traduction de l'expression romaine Adjonction
aditio hereditatis désignant la manifesta- Lat. jurid. adjunctio, dér. du v. adjungere, v. Ad-
tion de volonté par laquelle le successible joint.
(V. accession).
acquérait l'hérédité. Elle suppose un sys-
tème successoral dans lequel contraire- Adjudication.
ment au système français, la vocation Lat. jurid. adjudicatio, dér. du v. adjudicare, adju-
légale à une succession qui vient de ger.
s'ouvrir ne confère par elle-même aucun I. Déclaration par laquelle le juge ou
droit à l'héritier. un officier public, qui procède à la mise
aux enchères d'un bien meuble ou
Adjectus solutionis gratin. immeuble, attribue ce bien à celui qui
Loc. du lat. jurid. signifiant : ajouté pour recevoir porte l'enchère la plus élevée. Dans la
un paiement. pratique, ce mot est fréquemment em-
Expression du droit romain désignant
la personne autre que le créancier ayant ployé pour désigner l'ensemble des for-
le pouvoir, non de poursuivre le débiteur, malités d'une vente aux enchères.
mais de recevoir le paiement. Quand, II. (D. adm.). Acte destiné à détermi-
dans le contrat, les parties avaient dé- ner le prix moyennant lequel un entre-
signé un adjectus solutionis gratia, le dé- preneur ou un concessionnaire s'engage
biteur acquérait ainsi le droit de payer, à à exécuter un travail aux conditions d'un
l'échéance, à son choix, soit au créancier cahier des charges, sur un devis soumis à
lui même, soit à l' adjectus. la concurrence : la convention de marché
est formée, par le fait de l'adjudication,
Adjoint. avec celui qui aura proposé le plus fort
Dér. du v. adjoindre,lat. adjungere, joindre à. rabais sur le montant du devis ou de la
I. Pris substantivement, agent placé subvention. Ex. : adjudication de four-
auprès du titulaire d'une fonction pour nitures, de travaux publics.
l'aider et éventuellement le suppléer. à la barre. Adjudication prononcée
Ex. : adjoint au maire ; (V. infra). —
à l'audience d'un tribunal .S'emploie
II. Adjectif ajouté parfois au titre par opposition à l'adjudication pronon-
d'un agent investi d'attributions propres cée par notaire ou autre officier public
pour indiquer le caractère inférieur du (commissaire-priseur, greffier, huissier,
poste qu'il occupe dans la hiérarchie etc.).
d'un service. Ex. : instituteur adjoint,
inspecteur adjoint. — au rabais (V. II).
— au maire. Agent élu par le conseil
municipal parmi ses membres ayant
pour mission : 1° de suppléer le maire
absent ou empêché (L. 5 av. 1884, art.
canteurs.
— au revidage (ou à la revision),
Dér. du des
v. revider (comp. de vider), argot
Opérationillicite consistant à remettre
un bien en vente aux enchères entre" per-
bro-

84) ; 2° d'exercer la fonction du maire sonnes qui se sont concertées d'avance


par délégation (L. 5 av. 1884, art. 82). pour ne pas se concurrencer lors de la
37 Adjudication

vente de ce bien par adjudication pu- prescrites par la loi (C. pr. civ. art. 673
blique, et qui se partagent la différence et s.).
entre le prix de la première adjudication sur surenchère. 1° Adjudication,
et le prix de la revente (C. pén. art. en l'audience du tribunal ou par devant
412). un notaire commis à cet effet, d'un
judiciaire. Adjudication à la barre immeuble précédemment adjugé judi-
— tribunal officier public, ciairement, lorsque, dans les délais et
d'un ou par un formes de la loi, un amateur s'engage
faite en vertu d'un ordre de justice ou à augmenter le prix d'adjudication d'une
d'une disposition de la loi, après accom- fraction déterminée par la loi (1 /6e ou
plissement des formalités légales (C. pr. 1/10e suivant les cas). Sur ce prix ainsi
civ. art. 706). augmenté, il est procédé à de nouvelles
— restreinte (D.
ad.). Variété d'ad- enchères (C. pr. civ. art. 708 et 965) ;
judication dans laquelle la concurrence 2° Adjudication, devant le tribunal ou un
ne s'établit, par le jeu des soumissions, notaire commis d'un immeuble précé-
qu'entre candidats déjà sélectionnés par demment vendu à l'amiable, lorsque le
l'Administration. Dans l'adjudication prix ne suffit pas à désintéresser les
restreinte, il n'est admis que les soumis- créanciers hypothécaires, si l'un d'eux
sions émanant de personnes reconnues offre de porter une enchère supérieure
aptes par l'Administration, au vu des au prix augmenté de 1/10e (C. pr. civ.
titres exigés par le cahier des charges, art. 832 et s.) ; 3° Adjudication, devant
et préalablement à l'ouverture des plis un officier public, d'un fonds de com-
renfermant les soumissions. merce vendu amiablement, lorsque le
prix de vente ne suffit pas à désinté-
— sur baisse de mise à prix : cette
resser les créanciers inscrits ou oppo-
adjudication a lieu, lorsque, dans une sants, si l'un d'eux offre de porter une
vente judiciaire d'immeuble, la mise à enchère supérieure au prix augmenté
prix primitive n'a pas été couverte par d'une quotité fixée par la loi : 1 /6e ou
une enchère, le cas de vente sur saisie 1/10e (L. 17 mars 1909, art. 5 et 23).
immobilière ou sur folle enchère excepté
(C. pr. civ. art. 963). Ad litem.
sur conversion de saisie. Adjudica- Loc. du lat. jurid. signifiant : en vue d'un procès
(lis, litis).
tion, devant notaire ou en justice, d'un S'emploie dans les expressions : man-
immeuble saisi, lorsque les parties sont dataire ad litem, provision ad litem
d'accord pour substituer les formes de la (V. ces mots).
vente des biens de mineurs aux forma-
lités de la vente sur saisie immobilière Adminicule.
(C. pr. civ. art. 743 et s.). Lat. adminiculum, appui.
— sur folle enchère. Lorsque l'adju-
Elément de preuve qui, sans établir
dicataire d'un bien mobilier ou immo- complètement l'assertion d'une per-
bilier vendu judiciairement ne satisfait sonne, contribue cependant à la preuve de
cette assertion. Ainsi, le commencement
pas aux conditions du cahier des charges, de preuve par écrit est un adminicule
notamment en ne payant pas les frais rendant admissible la preuve testimo-
ou le prix d'adjudication, ce bien est niale dans les cas où un contrat com-
remis en vente, par nouvelle adjudication
publique, à ses risques et dommages. porte un intérêt supérieur à 500 francs.
De même, en matière de preuve de la
— sur licitation. Adjudication, faite filiation maternelle légitime, sont des
par un officier public ou devant le tri- adminicules les présomptions ou indices
bunal, d'immeubles indivis entre cohé- résultant de faits constants assez graves
ri ers ou copropriétaires (C. pr. civ. art. pour déterminer l'admission de la preuve
96 et s.). par témoins (C. civ. art. 322).
sur saisie immobilière. Adjudication
-audience Administrateur.
en du tribunal, d'un immeuble Lat. administrator, v. le suiv.
saisi, par un créancier, en vertu d'un titre I (D. civ. et com). Celui ou celle qui
exécutoire et après exécution des forma- est chargé de l'administration (V. ce mot)
lités de transcription et de publicité d'un bien ou d'un patrimoine apparte-
Administrateur 38

nant à autrui ou indivis entre l'adminis- d'un patrimoine. Ex. : l'administrateur


trateur et des tiers. Ex. : le mari est, sous provisoire des biens d'un disparu pen-
le régime de la communauté de biens, dant la période de présomption d'ab-
administrateur des biens propres de sa sence (C. civ. art. 112) ; l'admnistrateur
femme ; il est aussi administrateur de la provisoire des biens du défendeur que
communauté qui existe entre sa femme peut nommer le tribunal au cours de la
et lui, mais avec des pouvoirs beaucoup procédure d'interdiction (C. civ. art. 497) ;
plus larges (C. civ. art. 1421) ; la société l'administrateur provisoiredes biens d'un
anonyme est gérée par des adminis- aliéné interné non interdit (L- 20 juin
trateurs. 1838, art. 31 et 32).
II (D. pub.). Titre donné à certains — sequestre.
fonctionnaires chargés de l'adminis- A. Administrateur judiciaire de biens
tration d'un territoire (ex. : adminis- mis sous sequestre (V. ce mot).
trateur des colonies), d'un établissement B. Dépositaire d'une somme dont la
(ex. : administrateur des hospices (ou consignation a été ordonnée par la jus-
d'un service (ex. : administrateur de tice (Ex. : C. pr. civ. art. 567 ; L. 17 juill.
l'inscription maritime). 1907) ; Dépositaire de la provision allouée
III. Se dit parfois, dans une acception par le président du tribunal au locataire
plus large et par opposition à « légis- commerçant menacé d'expulsion après
lateur » ou à « juge «, de celui qui exerce refus de renouvellement de bail, lorsqu'il
une fonction administrative (V. ce mot) n'est pas fourni pas de caution. (L. 27
(ex. : C. pén. art. 183). mars 1928).
— ad hoc. (Vp. 24). Celui qui, par déci- Administration.
sion de justice, est désigné pour représen-
ter une personne dont le patrimoine est Lat. administratio, dér. du v. administrare, admi-
soumis à l'administration légale ou judi- nistrer.
I. (D. civ.). Action de gérer un bien, un
ciaire d'un tiers, dans un acte juridique, ensemble de biens ou un patrimoine.
emportant généralement opposition d'in- Ex. : administration de la communauté
térêts entre cette personne et l'adminis- (C. civ. art. 1421 et s.) ; administration
trateur de ses biens (ex. : C. civ. art. légale des biens des enfants mineurs par
389, al. 4). le père (L- 6 av. 1910) ; administration
— délégué (D. com.). Administra- d'une société, d'une succession.
teur d'une société anonyme, à qui les II (D. pub.). 1° Fonction consistant
autres administrateurs confient la direc- à assurer l'application journalière des
tion des affaires sociales. (L- 24 juill. lois et la marche quotidienne des ser-
1867, art. 22). vices publics, conformément aux direc-
tives fournies par la fonction gouverne-
— judiciaire. Personne chargée par la mentale ; 2° ensemble des services et des
justice de l'administration d'un bien ou
d'un patrimoine. Parmi les adminis- agents groupés sous la direction du
trateurs judiciaires, on distingue les Gouvernement, en vue d'accomplir la
administrateurs provisoires, les liqui- fonction administrative (V. ce mot). On
dateurs administrateurs et les adminis- parle, en ce sens, de l'Administration
trateurs sequestres (V. ces mots). d'un pays ; 3° ensemble des services et
des agents groupés sous la direction d'un
— légal. même chef, afin de poursuivre une tâche
A. Dans un sens général, personne déterminée d'intérêt public. Ex. : Admi-
désignée par la loi pour administrer les nistration de l'enregistrement, Adminis-
biens d'autrui (ex. : C. pr. civ. art. 744). tration de l'assistance publique.
B (D. civ.). Se dit plus spécialement
du père légitime (ou, dans certains cas — de la justice Fait de rendre la justice.
exceptionnels, de la mère) qui, du vivant — de la preuve. Production d'un
des deux époux, a l'administration des moyen de preuve devant les tribu-
biens de son enfant mineur. naux.
— provisoire. (V. p. 6). Celui qui, en cas Admission.
d'urgence et à titre provisoire, est chargé Lat.admissio, dér. du v. admittere,admettre.
par la loi ou, plus souvent, par jus- S'emploie dans les expressions sui
tice, de l'administration d'un bien ou vantes :
39 Ad nutum

domicile. Autorisation donnée par qui lui avait sauvé la vie. Suppriméepar
—à la loi du 19 juin 1923.
voie de décrets individuels à des étrangers
d'avoir en France un domicile et d'abré- d'adoption
ger par là le délai nécessaire pour obtenir — testamentaire. loiForme
supprimée par la du 19 juin 1923,
la naturalisaton. Cette institution a été faite dans son testament par un tuteur
supprimée par la loi du 10 août 1927. officieux, qui avait pris soin d'un mi-
— à la cote.
(D. com.) Introduction neur pendant cinq ans.
de titres sur le marché officiel des
valeurs qui se négocient en bourse. Ad probationem. (V. adsolemnitatem).
Se dit aussi, par extension, de l'intro-
duction de titres au marché de la cou- Adresse.
lisse (V. ce mot). Dér. du v. adresser ; doit ce sens à l'angl adress, fin
XVIIe s., dér. du v. to adress, empr. du fr. au sens
— de pourvoi (V. arrêt d'admission). d'adresser la parole à quelqu'un.
(D. const.) Message écrit voté par

temporaire. Facultéd'introduire dans chacune des Chambres ou par les deux
un pays des produits étrangers sans payer Chambres, et adressé au chef de l'Etat,
de droits de douane, en raison de leur en réponse à un exposé à elles fait par
réexpédition prochaine à l'étranger. Le celui ci, conformément à la Constitution,
séjour temporaire en franchise de ces sur la situation du pays. Cette institution
produits permet soit de leur faire subir n'existe pas sous l'empire des lois cons-
une transformation industrielle, soit titutionnelles de 1875. Ex. : Consti-
simplement de les regrouper pour faci- tution française du 14 janvier 1852,
liter leur revente à l'étranger. Se dit art. II et Décr. 24 novembre 1860. Dans
aussi de l'introduction de marchandises une monarchie, le rapport annuel du roi
sur le territoire d'une commune, en s'appelle discours du trône, et l'adresse
franchise des droits d'octroi. est dite : adresse en réponse au discours
du trône.
Ad nutum.
Loc. du lat. jurid. signifiant : suivant la volonté Clause d'un
— (Clause d') (D. mar.).laquelle
(nutus, proprementmouvement de tête). contrat d'affrètement par il est
Cette expression ne s'emploie que convenu que le capitaine s'adressera
jointe aux mots révocable, révocabilité. à un courtier maritime déterminé.
L'acte révocable ad nutum est celui qui
peut être révoqué par la volonté d'une Ad solemnitatem.
seule personne. Loc. lat. signifiant : suivant la formalité d'usage.
Expression signifiant qu'une formalité
Adoption. requise par la loi est exigée pour la
Lat. jur. adoptio, dér. du v. adoptare, adopter. validité de l'acte et non pas seulement
Acte juridique qui crée un lien de pour sa preuve. S'oppose à ad proba-
filiation fictive entre deux personnes tionem.
appelées l'une l'adoptant et l'autre l'a-
dopté, sans que l'adopté perde ses Adultère.
droits dans sa propre famille. L'adop- Lat. adulteriun, dér. du v. adulterare, séduire une
tion d'un mineur comporte toutefois femmemariée.
transfert à l'adoptant de la puissance Fait, par une personne mariée, d'a-
paternelle. L'acte d'adoption est un voir volontairement des rapports sexuels
contrat solennel soumis à l'homologation avec une personne autre que son con-
du tribunal civil (L. 19 juin 1923, insérée joint. Ce fait constitue la violation de
dans C. civ. art. 343 à 370). l'obligation mutuelle de fidélité imposée
aux époux par le Code civil, art. 212, et
— de motifs. Fait par les juges d'appel est, de ce chef, une cause péremptoire de
de s'approprier, sans les reproduire, les divorce et de séparation de corps (C. civ.
motifs des jugements rendus en pre- art. 229, 230, 306).
mier ressort. L'adultère de la femme, est toujours
— rémunératoire. un délit correctionnel (art. 336, 338) ;
Dér. du y. remunerer, v. Acte conservatoire, p. 12. celui du mari n'en est un que dans le cas
Adoption simplifiée établie au profit où il a entretenu une concubine dans
de la personne qui désirait adopter celui la maison conjugale (art. 339).
Ad valorem 40

Ad valorem Département ministériel constitue par les


Loc. lat. signifiant : suivant la valeur. services ayant pour compétence d'assurer
S'emploie dans l'expression droits ad les rapports de l'Etat avec les Etats
valorem (V. ce mot). étrangers, de protéger au dehors les
intérêts politiques, économiques et com-
Aéronef. merciaux du pays, de protéger les na-
Fait sur le modèle d'aérostat, (aéro-, tiré du grec tionaux à l'étranger.
àijp, air) avec l'a. fr. nef, lat. navis.
Tout appareil capable de s'élever ou Affectation.
de circuler dans les airs (L- 31 mai Dér. du v. affecter, donner une affectation à quel-
1924, art. 1). que chose, lat.
affectare, chercher à atteindre, mais,
le sens envisagé ici, s'est développé dans le lat.
Affaire médiéval.
Composé très ancien du verbe faire.
Détermination d'une fin en vue de
I. Ce qui est l'objet d'un intérêt. Ex. : laquelle un bien sera utilisé. Ex. : do-
gérer l'affaire d'autrui (V. gestion d'af- nation ou legs d'un bien avec affecta-
faires, agence d'affaires). tion à une oeuvre d'utilité publique. Si-
II. Marché, transaction. Ex. : con- tuation juridique du bien ainsi affecté.
clure une affaire avec quelqu'un, être Ex. : patrimoine d'affectation.
dans les affaires ; en matière de bourse, — administrative. Affectation d'une
affaire à terme. chose domaniale à une fin publique.
III. Litige. Ex. : instruire, plaider, Cette affectation résulte tantôt de faits
juger une affaire ; affaire civile, com- matériels combinés avec des déclara-
merciale, pénale : procès de la compé- tions administratives (domaine public
tence de la juridiction civile, commer- naturel ; ex. : délimitationdu rivage de la
ciale, pénale. mer, classement d'un cours d'eau) ; tan-
— en état (Pr. civ.). technique, tôt seulement de décisions administra-
A. Dans un sens précis et tives (domaine public artificiel ; ex. :
une affaire est en état : 1° lorsque les routes, fortifications ; domaine privé ;
conclusions au fond ont été contradic- ex. : affectation d'un terrain privé d'une
toirement prises et déposées sur le bureau commune à un champ de foire, à un
du greffier (C. pr. civ. art. 343, al. 1) ; jardin public). L'affectation adminis-
2° pour les procès soumis à l'instruction trative, variée dans ses aspects, peut
par écrit, lorsque les productions écrites impliquer utilisation d'une chose ordi-
ont été faites ou que les délais pour les naire : 1° à un service public, que ce
faire sont expirés. C'est dans ce sens service public relève ou non de l'admi-
qu'est entendue l'expression quand il nistration ayant dans ses attributions
s'agit de déterminer l'influence, sur la la gestion du patrimoine administratif
marche d'une instance, des changements auquel se rattache l'immeuble affecté.
susceptibles de se produire dans la Ex. : affectation d'un immeuble du
situation des parties ou de leurs repré- domaine de l'Etat à un service public
sentants (C. pr. civ. art. 342). d'Etat ; affectation d'un immeuble dépar-
B. Dans un sens plus vague et plus temental ou communal à un service
général, affaire assez instruite pour être public d'Etat ou réciproquement ; 2° à
jugée. Dans ce sens, on pourra considérer un particulier ou à une société privée,
comme n'étant pas en état une affaire collaborateurs de l'administration pour
où, cependant, des conclusions au fond des oeuvres d'intérêt général (par ex. :
ont été prises (C. pr. civ. 134, 288, 340). à des oeuvres privées de bienfaisance
C. Dans la langue usuelle du Palais, reconnues d'utilité publique) ; 3° à une
affaire qui sort du rôle de la Chambre institution d'utilité générale (par ex. :
à laquelle elle a été distribuée pour être affectation d'immeubles communaux aux
plaidée, sauf remise, au jour indiqué bourses du travail).
par le greffier. — hypothécaire. Affectation d'un im-
Syn. : cause en état. meuble à la garantie d'une créance.
— ordinaire (V. matière ordinaire). — légale. Affectation administrative
— sommaire (V. matière sommaire). rendue obligatoire pour les agents admi-
nistratifs par une décision expresse de
Affaires étrangères (ministère des). la loi. La principale application de
41 Affermage

l'affectation légale vise la jouissance propre commandé par la nécessité d'as-


gratuite des édifices du culte accordée surer la liberté, la sincérité, la clarté et
aux fidèles et aux ministres du culte la moralité du scrutin (L. 20 mars 1914).
pour la pratique de leur religion (L. Affidavit.
2 janv. 1907, art. 5). Emp. récent de l'angl. affidavit, lat. jurid. mod.
— spéciale (Proc). Détermination par affidavit, il a attesté.
le juge de la somme à consigner par le (D. fisc). Déclaration faite par le por-
débiteur saisi à la garantie de la créance teur étranger de certaines valeurs mo-
du saisissant pour libérer les biens saisis- bilières, pour s'affranchir, dans le pays
arrêtés. dont les autorités reçoivent la déclara-
tion, de l'impôt qui frappe ces valeurs.
Affermage. Expression introduite en France par le
Dér. du v. afferme). comp. de ferme, v ce mot. décret du 22 juin 1914.
I. Location d'un bien rural moyen- L'affidavit est d'origine anglaise ;
nant une redevance annuelle fixe, en mais en Angleterre, outre qu'il s'applique
argent ou en denrées, dite fermage.
II. Acte par lequel on concède à une en toutes matières et non pas seulement
personne, moyennant une redevance, en matière fiscale, il comporte prestation
l'usage d'une chose en vue d'opérations de serment (oath) par écrit, tandis que la
de publicité. Ex. : affermage de murs, déclaration exclusive du serment s'ap-
affermage de pages de journal. pelle affirmation. L'affidavit français
III. (D. ad.). Concession par une ne comporte pas de serment.
personne administrative du droit de Affiliation.
percevoir des impôts ou des taxes, à Lat. jurid. médiéval affiliatio, adoption, dér. du v.
charge de verser une somme forfaitaire. jurid. affiliare, adopter,comp. du lat. films, fils.
Ex. : affermage de l'octroi par une com- Fait d'entrer dans une société, une
mune. association, un groupe. Constitue un
délit, lorsque l'associationa pour objet de
Affiche. préparer ou de commettre des crimes
Dér. du v. afficher, comp. de ficher, lat. figicare, au contre les personnes ou les propriétés
lieu du class. figere, fixer.
Placard imprimé ou manuscrit, ou (association de malfaiteurs, C. pén.
même toute inscription faite sur les art. 266).
murs, constructions, panneaux, etc. au Affinité.
moyen de la peinture ou de tout autre Lat. affinitas, dér. de l'adj. affinis. voisin, allié.
procédé, qui est exposé dans un lieu (V. alliance).
public en vue de porter son contenu à la
connaissance des tiers. On distingue : Affirmation.
I° les affiches privées ou particulières, Lat. affirmatio,dér. du v. affirmare, affirmer.
établies en vue de la publicité privée S'emploie dans les expressions sui-
(réclame industrielle ou commerciale, vantes :
par exemple). Leur régime juridique est — de compte. Affirmation faite par la par-
caractérisé par le principe de la liberté tie condamnée à rendre un compte, dee
de l'affichage, corollaire de la liberté l'exac titude et de la sincérité de ce
de la presse (L. 29 juill. 1881) ; 20 les compte : cette déclaration est faite devant
affiches officielles, émanant des autorités le juge commis pour recevoir le compte
gouvernementales, administratives et et en présence du demandeur en reddi-
judiciaires, établies en vue d'assurer la tion de compte (dénomméoyant) (C. pr.
publication des actes officiels (lois, dé- civ. art. 530 et s.).
crets, arrêtés, jugemenst, etc.). Elles sont — de créance. Affirmation de la
spécialement protégées (L. 29 juill. 1881) réalité de leurs créances faite par les
3° les affiches légales, exigées par la loi en créanciers dans les hypothèses sui-
vue d'assurer la publicité de certains vantes : I° au cours de la procédure de
actes juridiques. Ex. : séparation de distribution par contribution, par chacun
biens (C. civ. art. 1445) ; mise en adju- des créanciers colloqués, au greffe du
dication sur saisie (C. pr. civ. art. 617, tribunal civil, afin d'obtenir la délivrance
699) ; 4° les affiches électorales, ayant par le greffier du bordereau de colloca-
trait aux élections, spécialement proté- tion sur la Caisse des consignations (C. pr.
gées et soumises à un régime juridique civ. art. 671) ; 20 au cours de la procédure
42
AHouage
de faillite ou de liquidation judiciaire, l'armateur doit accomplir un transport
par chacun des créanciers, devant le déterminé et où le fret est forfaitaire.
juge commissaire après que les créances coque nue. Contrat par lequel le

ont été préalablement vérifiées (C. coin. navire est livré à un affréteur qui se
art. 497). charge de l'armer et de l'exploiter.
Affouage. (D. for.). Affréteur (V. le précédent) Partie au
Dér. de l'a. fr. affouer, faire du feu, lat. adfocare, contrat d'affrètement qui charge sur le
comp. du lat. focus, foyer, d'où feu. navire les marchandises des tinées à être
I. Droit de prendre du bois dans une transportées ou les remet, en vue du
forêt appartenant à autrui.
II. Objet du droit d'affouage : bois chargement, à l'autre partie appelée fré-
de chauffage ou de construction reve- teur ou armateur (V. le suivant).
nant aux affouagistes. Ex. : le partage,
de l'affouage. Plus fréquemment, bois Agence. Succursale d'un établisse-
de chauffage. Ici, affouage est syno- ment financier ou d'une entreprise de
nyme du mot « taillis » s'opposant à transport.
« futaie ». Ex. : coupe d'affouage. — d'affaires. Entreprise privée en
— communal. Droit personnel que la vue de la conclusion ou de l'exécution
qualité d'habitant confère à tout, chef de d'opérations, juridiques.
famille, domicilié sur le territoire d'une
commune, de participer aux produits Agent.
des forêts appartenant à cette commune, F.mpr., au XVIe s., de Vital, agente.
soit en bois de chauffage et de cons- I. Dans un sens très large, manda-
truction, soit en bois de chauffage seu- taire ou préposé.
lement. II. (D. pub.). I° le plus souvent, par
opposition « à gouvernant », tout indi-
— réel. Droit réel, en vertu duquel les vidu dépourvu de caractère représen-
habitantsd'une commune rurale ou d'une tatif qui collabore au fonctionnement
section de commune, pris en masse, ou des services publics sous la direction de
certains propriétaires, à titre individuel, gouvernants. On distingue : a) les agents
peuvent, à raison de leur domicile ou judiciaires, collaborateurs du service
du siège de leurs fonds, prélever les bois de justice, et les agents administratifs,
de chauffage, qui leur sont nécessaires, collaborateurs des autres services pu-
dans une forêt appartenant à autrui blics ; b) les agents d'autorité, qui
(C. for. art. 105 mod. L- 19 av. 1901). participent à l'exercice de la puissance
publique (V.acte d'autorité), et les agents
Affrètement. de gestion, qui ne prennent aucune part
Dér. d'affréter,V Fret. à l'exercice de la puissance publique
Contrat de transport de marchandises (V. acte de gestion) ; c) les agents centra-
par mer. Le Code de Commerce, partant lisés (agents de l'Etat) et les agents
d'une ancienne conception, le définit : décentralisés (agents des départements
convention pour louage d'un vaisseau et des communes) (V. centralisation) ;
(art. 273).
2° quelquefois, par opposition aux « ré-
— à cueillette. Contrat d'affrètement quisitionnés », aux « auxiliaires » et aux
en vertu duquel l'armateur se réserve « ouvriers », et comme synonyme
de
le droit de résoudre le contrat, s'il ne « fonctionnaires », tous individus faisant
trouve pas à compléter le chargement partie des cadres administratifs perma-
dans un délai fixé nents organisés pour assurer la marche
à temps. Contrat en vertu duquel régulière des services publics ; 30 dans la
l'affréteur dispose du navire pendant pratique de certaines administrations
(P. T. T., par ex.), on réserve quelquefois
un certain temps et paie le fret à raison le nom d'agent aux fonctionnaires d'un
de la durée.
degré intermédiaire pour les distinguer
— au mois. Contrat en vertu duquel des hauts fonctionnaires, d'une part, et
le fret est payable d'après la durée du des sous agents, de l'autre.
voyage. III. (D. pén.). Auteur d'une infraction.
— au voyage. Contrat en vertu duquel — commercial. Agent adjoint aux
43 Agent

postes diplomatiques ou consulaires, et métalliques ; il continue toutefois à en


chargés, sous l'autorité des chefs de poste constater le cours.
et le contrôle, des attachés commerciaux, — de gestion (V. agent d'autorité).
de la représentation et de l'étude des
intérêts économiques dans le ressort de de la force publique (D. pén. et D.
leur circonscription. Ces agents sont pub.). Agent de l'autorité publique ayant
recrutés parmi les commerçants ou pour mission de contraindre par la force
anciens commerçants. à l'observation de l'ordre, des lois et des
règlements. Les agents de la force
— comptable du Trésor (V. comptable publique comprennent : I° les agents
public). civils, ou agents de la force publique
proprement dite, à la disposition des
— consulaire. large, autorités civiles compétentes ; 20 la
A. En un sens tout fonctionnaire
attaché au service consulaire, par oppo- force armée (armée de terre et de mer,
sition aux « agents diplomatiques », gendarmerie), soumise à la réquisition
qui seuls ont le caractère de représen- des autorités civiles compétentes.
tants de l'Etat. — de police (D. ad.). Variété d'agents
B. En un sens restreint, simple de la police (ayant en règle le caractère
délégué du consul, subordonné à lui, communal), couramment appelés ser-
sans caractère public, et n'exerçant que gents de ville ou gardiens de la paix,
des attributions très restreintes. Ces et qui, à la différence des gardes cham-
agents sont nommés par le ministre des pêtres, ne sont que de simples agents
Affaires étrangères ou de la Marine, de la police administrative, n'ayant
ou, le plus souvent, par les consuls eux- pas le caractère d'officiers de police ju-
mêmes, parmi les Français établis dans diciaire.
le pays ou parmi les commerçants
locaux (Ord. 20 août 1833). — diplomatique. chef Personne chargée
de représenter un d'Etat ou un
d'autorité (D. ad.). Agents qui exer- Etat, auprès d'un chef d'Etat ou d'un
cent des fonctions d'autorité impliquant Etat étranger, ou dans une assemblée
l'accomplissement d'actes d'autorité. Les de. délégués d'Etats (Congrès ou Confé-
agents de gestion sont ceux qui exercent des rences) et munie, à cet effet, de lettres
fonctions de gestion impliquant l'accom- de créance, ou de pleins pouvoirs pour
plissement d'actes de gestion (v. .acte négocier et signer un traité.
d'autorité, acte de gestion). Cette classi-
fication, présentée comme une summa pub.) Expres-
— du Gouvernement (D. régime
divisio, avait la prétention de fournir sion se rattachant au de la
la clef de la théorie de la fonction pu- garantie des fonctionnaires, institué par
blique, et, spécialement, de donner une l'article 75 de la Constitution de l'an
solution juridique au problème syndical, VIII, et abrogé par le décret loi du 19
en ce qui concerne les agents du service
septembre 1870. Etaient agents du
public. Elle a eu autrefois une très Gouvernement, au sens de l'art. 75 de
grande vogue en doctrine. Elle est la Const. de l'an VIII, selon la juris-
aujourd'hui, devant son insuffisance prudence, ceux qui, dépositaires d'une
théorique et pratique, abandonnée par partie de l'autorité du gouvernement,
la presque totalité des publicistes et par agissaient en son nom et sous sa direction
la jurisprudence. médiate ou immédiate, et faisaient partie
de la puissance publique (Cass. 23 juin
— de change (D. Com.). Officier 1831, S., 1831, 1., 264, aff. Royer).
public nommé par le gouvernement,
investi du droit exclusif de négocier — judiciaire du Trésor. Agent placé
les effets publics ou autres admis à la sous l'autorité du ministre des Fi-
cote officielle et d'en constater les cours. nances, ayant compétence pour repré-
L'art. 76 C. com. lui donne également le senter le Trésor public devant les tribu-
droit exclusif qu'il n'exerce plus aujour- naux judiciaires et recevoir et viser
d'hui, de négocier pour les tiers les lettres les significations dans la plupart des
de change, billets et tous papiers com- instances qui se rapportent au Trésor.
merçables, et, concuremment avec les — voyer (V. ingénieur du service
courtiers, celui de négocier les matières vicinal).
Aggravation de peines 44

Aggravation de peines. ment, qu'elle est persona grata (V. agré-


Lat. aggravatio, dér. du v. aggravare, propr. rendre ment).
louid (gravis).
I. Au sens large : modification de Agréé (D. com.) (V. Agrément). Manda-
peines ayant pour objet d'en augmen- taire au tribunal de commerce qui, sans
ter la sévérité. Ex. : l'appel a minima avoir de caractère officiel, est désigné à la
est celui qui tend à une aggravation de confiance des plaideurs par l'inscription
peines. sur une liste établie par une délibéra-
II. Au sens étroit : application en tion du tribunal de commerce.
vertu de la loi, de peines dépassant en
sévérité celles qui représentent la sanc- Agrégation.
tion normale de l'infraction. Ex. : la Lat. aggregalio, dér. du v. aggregare, réunir (grex,
récidive, dans les conditions fixées par gregis, troupe, groupe).
la loi, emporte aggravation de peines Concours destiné à assurer le recrute-
(V. circonstances aggravantes). ment du personnel de l'enseignement
secondaire et supérieur.
Agio.
Empr. au début du XVIIIe s., par la Hollande, de Agrément.
l'it. agio, d'orig. incertaine. Dér. du v. agréer, comp. de gré, V. ce mot.
Primitivement, écart entre la valeur I. Adhésion expresse ou tacite, don-
nominale et la valeur métallique d'un née par un tiers à un acte juridique
instrument monétaire. dont la validité ou la mise en vigueur est
Par extension, rémunération perçue subordonnée à cette formalité. Ce tiers
par un banquier pour procurer des sera tantôt un particulier (propriétaire
moyens de paiement en monnaies étran- d'un immeuble agréant un sous-loca-
gères. taire dans le cas où le bail interdit au
Plus extensivement et au pluriel, locataire de sous-louer sans l'autorisa-
toutes rémunérations qui grèvent les tion du propriétaire, C. civ. art. 1717),
opérations faites par l'entreprise des tantôt une autorité publique (chef de
banquiers. service autorisant le détachement dans
une autre administration d'un fonc-
Agiotage (V. le précédent). Manoeuvre tionnaire placé sous ses ordres).
de bour se, sous forme d'opérationsréelles II (D. int. pub ). Adhésion donnée
ou fictives, mais auxiliaires en ce qu'elles par une puissance au choix de l'agent
visent à déterminer, soutenir ou accentuer diplomatique qu'une autre puissance
les hausses et baisses de valeurs ou mar- se propose d'accréditer auprès d'elle
chandises dont l'agioteur compte pro- (V. agréation).
fiter. Réprimé directement ou indirec-
tement par plusieurs textes, notam- Agrès.
ment l'article 119 du Code pénal. A. fr. agrei,armure,équipage en général, dit spécialt
ensuite des navires, dér. de l'a. fr. agreier, auj. plutôt
Agir en justice. gréer, formé sur l'anc. scandin. greidi, outils de toute
sorte.
Lat. agere, avec changement de conjug. Accessoires de navire nécessaires à la
Prendre l'initiative de soumettre une navigation et considérés, par suite,
prétention à un tribunal. On peut agir
soit par voie de requête, sans appeler comme faisant partie du navire au cas
de vente, d'hypothèque, de saisie, d'as-
aucun adversaire, soit, au contraire, par surance. Sont affectés au privilège de
voie d'assignation (V. ces mots). Celui l'affréteur (C. com. art. 280). La vente
qui agit est appelé demandeur, celui d'agrès est acte de commerce (C. com.
contre qui on agit est appelé défendeur art. 633).
(V. ces mots). Agir ou défendre, c'est
ester en justice (V. ce mot). Agression.
Lat. aggressio, dér. du v. aggredi,attaquer.
Agréation (V. le suiv.). (D. int.. pub.). I (D. pén.). Sens général: attaque
Procédure par laquelle un gouvernement violente contre les personnes ou les
qui veut accréditer un agent diplomatique biens protégés par la loi pénale.
auprès d'un autre gouvernement s'assure Ex. : l'infraction commise en repoussant
préalablement que la personne par lui une agression injuste bénéficie du fait
choisie est agréée par ce dernier gouverne- justificatif de la légitime défense. Plus
45 Aisances de voirie

couramment, terme employé pour dé- le jugement de la cause. Ex. en matière


signer spécialementles attaques violentes de divorce : I° ordonnance du juge
contre les personnes. Ex. : victime d'une chargé de la tentative de conciliation,
agression, agression nocturne. ajournant les parties à un délai ne pou-
II (D. int. pub.). Attaque armée, vant excéder vingt jours, avant de rendre
non justifiée par la légitime défense, l'ordonnance de non conciliation (C. civ.
dirigée par un Etat contre un autre art. 238, al. 6) ; 20 décision du tribunal
Etat. Jusqu'à ces dernières années, la qui, tout en reconnaissant le bien-fondé
guerre d'agression, ou de conquête, bien de la demande, ajourne le prononcé du
que condamnée par les moralistes, était divorce pendant un délai qui ne pourra
réputée régulière, pourvu que les formes excéder six mois (C. civ. art. 246).
prescrites par la coutume ou par les III (D. const.). — d'un député.
traités eussent été respectées, et spécia- Situation provisoire du député dont
lement que l'attaque eût été précédée l'élection, soumise à la vérification des
d'une déclaration de guerre en forme pouvoirs, fait l'objet d'une enquête
(acte final de la Ire Conférence de la complémentaire menée par une commis-
Haye, 18 oct. 1907 ; 3e convention, sion parlementaire spéciale, parce que
relative à l'ouverture des hostilités). la Chambre estime ne pas être suffi-
Mais depuis la création, dans le cadre samment éclairée par le dossier de
du traité de Versailles du 28 juin 1919, l'élection qui est entre ses mains, pour
de la S. D. N., les puissances se sont prendre parti sur la validation ou l'inva-
efforcées de mettre obstacle aux guerres lidation de l'élu. Le député, dans cette
d'agression et de consolider ainsi la paix situation, est dit ajourné. Comme tous
universelle. (Comp. art. 10 et 12 du Pacte les députés non encore validés, il est
de la S. D. N., incorporé au traité, dont privé du droit d'initiative ; mais, en
il forme la Ire partie). Sur ce pacte, sont plus, son droit de vote est suspendu
venus se greffer certains accords inter- (art. 4, Règl. Ch. Dép.).
disant la guerre d'agression ; Sic : traités IV (D. const.). — des Chambres.
de Locarno, acte final du 16 oct. 1925, Suspension de la session des Chambres
traité de garantie mutuelle entre l'Alle- par le Gouvernement, pour un temps
magne, la Belgique, la France, la Grande- déterminé. Dans le régime des sessions,
Bretagne et l'Italie, art. 2 ; Pacte Briand- selon les lois constitutionnelles de 1875,
Kellog de renonciation à la guerre l'ajournement ne se conçoit que pour
comme instrument de politique natio- la session ordinaire (L. const. 16 juill.
nale, signé à Paris, le 27 août 1928. 1875, art. 2, al. 2). L'ajournement doit
être distingué de la prorogation, qui
Aisances de voirie. implique suspension de la session pour
Lat. adjacentia, du v. adjacere, être situé auprès,
propt environs, d'où dépendances territoriales d'où un temps indéterminé. La prorogation
commodité. ne rentre pas dans les attributions
Droits des rive rains sur la voie pu- actuelles du gouvernement.
blique. Ex. : droits d'accès, de vue, de V (D. const.). — d'un projet de
jour, d'écoulement des eaux pluviales et loi. Décision par laquelle l'une des deux
des eaux ménagères. La plupart des au- Chambres, saisie d'un projet de loi par
teurs les considèrent comme de véritables lequel le gouvernement lui demande
servitudes. l'approbation d'un traité conclu avec
Ajournement. une puissance étrangère, au lieu de
l'approuver ou de le rejeter en bloc,
Dér. du v. ajourner, comp. de jour, sous la forme appelle l'attention du gouvernement
ancienne journ, lat. diurnus, adjectif signifiant du
jour, et qui a remplacéle class. dies. sur telle ou telle clause et surseoit à
I (Pr. civ.). Exploit d'huissier par donner l'autorisation de ratifier. C'est
lequel le demandeur appelle le défendeur le seul cas dans lequel l'ajournement
à comparaître (V. ce mot) à jour fixe ou d'un projet de loi puisse être prononcé
dans un délai déterminé devant un par une Chambre. Elle peut, sans doute,
tribunal, pour voir statuer sur le diffé- toujours ajourner la discussion ou le
rend qui les divise. V. : assignation, vote, mais non le projet même qui lui
citation. était soumis.
II (Pr. civ.). Dans le sens de sursis, VI (D. ad.). — d'incorporation.
décision renvoyant à une date ultérieure Décision par laquelle un conseil de
Alibi 46

revision renvoie à un examen physique distingue : I° le plan d'alignement :


ultérieur des jeunes gens portés sur le acte administratif de portée générale,
tableau de recensement. Elle suppose la déterminant les limites de la voie pu-
constatation d'une faiblesse de consti- blique, au regard de toutes les pro-
tution, qui ne permet de prononcer priétés riveraines ; 2° l'arrêté d'aligne-
actuellement ni l'aptitude au service ment : acte administratif individuel par
armé ou auxiliaire, ni non plus l'exemp- lequel l'autorité administrative indique
tion. à un riverain, à propos d'une parcelle
déterminée de terrain, la ligne séparative
Alibi. de la voie publique, telle qu'elle est
Lat. alibi, adv., ailleurs. fixée par le plan d'alignement.
Moyen de défense tiré, au profit d'une II. Dans un sens dérivé, la ligne fixée
personne à qui une infraction est imputée, par l'autorité administrative comme
du fait qu'elle se trouvait, au moment de limite de la voie publique. Ex. : maison
l'infraction, dans un heu autre que celui à l'alignement.
où l'infraction a été commise. Ex. :
invoquer un alibi, fournir un alibi. Aliments.
Lat. alimentum,dér. du v. alere, nourrir.
Aliénabilité Prestation en argent, et, exception-
(V. Je suiv.). nellement, en nature, nécessaire pour
Qualité juridique du bien qui peut être l'entretien et la subsistance d'une per-
cédé à titre gratuit ou à titre onéreux
(V. inaliénabilité). sonne dans le besoin, et qui peut être
réclamée par elle aux personnes déter-
Aliénation. minées par la loi (C. civ. art. 203 à 211).
Lat. jurid. alienatio, dér. du v. alienare, trans- Alinéa.
mettre à un autre (alienus). Lat. mod. a linea, à partir de la ligne.
Transmission volontaire ou légale de Subdivision de l'article, lorsque, dans
la propriété d'une chose ou d'un droit, le corps de ce dernier, il est passé à la
considérée par rapport à celui qui ligne : chaque portion de l'article com-
transmet. prise entre deux-à-la ligne forme un
alinéa distinct.— Parfois incorrectement
— à fonds perdu. Aliénation dans la- appelé paragraphe (V. article).
quelle le prix consiste, non dans le ver-
sement d'un capital, mais dans des pres- Allégeance.
tations périodiques temporaires et le plus Empr., fin XVIIe s., de l'angl. allegiance, empr. de
souvent viagères. Elle est dite « à fonds l'a. fr. ligeance, lieg., dér. de lige, liege, lige, d'orig.
perdu », parce que, lors du décès de germ., mais insuffisamment éclaircie ; le mot angl. pa-
l'aliénateur, ses héritiers ne trouveront raît en outre avoir été partiellement confondu avec
allégeance, soulagement, dér. d'alléger.
aucun capital à la place du bien aliéné, I. Vassalité envers un souverain.
et n'auront plus droit à la rente. Ex. : bail II. S'emploie aussi dans le sens de
à nourriture ; vente moyennant une nationalité. Ex. : allégeance perpétuelle ;
rente viagère. double allégeance.
— à titre particulier : celle qui se Alliance.
rapporte à tel bien ou à tel droit, con-
sidéré dans son individualité concrète. Dér. d'allier, lat. alligare,lier, obliger.
Ex. : vente ou donation d'un immeuble ; I (D. civ.). Lien juridique entre le
transfert d'un titre nominatif. parent de l'un des conjoints et l'autre
conjoint (C. civ. art. 161,162, 407 à 414).
— â titre universel : celle qui porte Ex. : gendre et belle-mère, belle-fille et
sur un ensemble de biens ou de droits, beau père, beau-frère, belle-soeur.
envisagé comme une entité distincte des II (D. int. pub.). I° Traité par
éléments qui le composent. Ex. : legs lequel deux puissances s'engagent à se
universel ou à titre universel.
porter mutuellement secours, soit par
Alignement. une action militaire, soit par tout autre
Dér. du v. aligner, comp. de ligne, lat. linea. moyen, au cas d'une guerre affectant
I. (D. ad.) Fixation unilatérale par l'une d'elles ; 2° Situation créée par
l'autorité administrative des limites des ce traité.
voies publiques, existantes ou projetées, — défensive: traité par lequel deux
dans l'intérêt du service de la voirie. On puissances s'engagent mutuellement à
Allivrement
47
l'une d'entre
se porter secours au cas où provocation.
Aman.
elles serait attaquée sans Empr. récent de l'arabe amân, sécurité, protection,
parole d'honneur.
défensive et offensive : traité dans I. Primitivement, protection concédée
— l'obligation de secourir le co-con- par' un musulman, au cas de guerre
lequel
tractant existe, que celui-ci soit attaqué sainte, à un infidèle ayant survécu au
ou qu'il soit l'agresseur. Depuis la mise combat. Obtenir l'aman, c'est avoir la
en vigueur du Pacte de la S. D. N., un vie sauve. L'aman est valable et doit
tel traité devrait être tenu pour inexis- être respecté par tous les musulmans,
tant, tout au moins dans les rapports dès l'instant qu'il a été consenti par
des membres de la Société. un musulman, encore qu'il ait été con-
cédé par une femme, un enfant ou un
Allivrement. esclave (sur ce point, toutefois, il y a
Dér. de l'ancien v. v allivrer, comp de livre, lat controverse).
libra, mesure de poids
net assigné parle
(D. fisc). Revenu
II. Par la suite, sauf-conduit accordé
cadastre aux propriétés foncières pour
à l'infidèle originaire d'un pays non
servir de base au calcul de la contri- encore soumis et admis à séjourner
temporairement (pour moins d'un an)
bution foncière.
en terre d'Islam.
III. Plus tard, amnistie concédée à
Allonge. des tribus, à la suite de faits insurrec-
Dér. du v. allonger, comp. de long. tionnels. Mais on n'a jamais admis que
(D. com.). Feuille de papier attachée
à un effet de commerce pour recevoir l'aman, ou vie sauve, pût être accordé à
les endossements qui ne peuvent plus, à la suite d'actes de brigandage.
raison de leur nombre, être portés sur
l'effet lui-même. Ambassade.
Empr., début XVe s., de l'it. ambasciata, empr. de
l'a. prov. ambaisada, dér. de ambaisa, d'orig. german.,
Allotissement. cf. le gothiqueandbahti, service, et l'all, de même orig.
Dér. du v. allotir, comp. de loi, v. ce mot. Amt, fonction, qui viennent eux mêmes du gaul.
Opération du partage consistant à for- ambactus, vassal, serviteur (dans Ennius et César).
mer les lots des copartageants (V. lot I. Fonction ou missionde l'agent diplo-
et partage) ; ne pas confondre avec lo- matique envoyé, avec le titre d'ambas-
tissement (V. ce mot). sadeur (V. ce mot), pour représenter un
Etat auprès du souverain ou du chef élu
Alluvion. (président de la République) d'un autre
Lat. alluvio, dér. du v. alluere, arroser.
Etat. Ex. :.M. X... vient d'être chargé
Accroissement de la rive d'un cours de l'ambassade de France à Londres. Le
d'eau par les dépôts terreux que ce droit d'ambassade est un des attributs
cours d'eau y apporte, sans qu'il y ait essentiels de la souveraineté. Le terme,
détachement d'une portion reconnais- d'ailleurs, est pris généralement dans le
sable d'une rive supérieure. L'alluvion sens large de droit de légation, et implique
est considéré par le Code civil comme la faculté pour tout Etat souverain d'en-
une variété d'accession (C. civ. art. 556) voyer ou de recevoir des agents diplo-
(V. avulsion, lai et relai). matiques, dont les plus élevés dans la
hiérarchie ont seuls droit au titre d'am-
Altération. bassadeur (V. ce mot).
Lat. médiéval alteratio, dér. du v. alterare,changer, II. S'entend aussi d'une députation
proprt. rendre autre (alter). extraordinaire envoyée à un prince, ou,
Modification apportée à la substance plus généralement, à un gouvernement
d'une chose, qui a pour objet de fausser étranger. Dans l'antiquité et au moyen-
le sens, la destination ou la valeur de âge, il n'existait que des ambassades
cette chose et d'où résulte ou peut résul- temporaires. Aujourd'hui, et depuis le
ter un préjudice. Ex. : altération de xvie siècle les ambassades permanentes
monnaies (C. pén. art. 132 et s.), d'actes, sont la règle, mais on envoie encore
d'écrituresou signatures (C. pén. art. 145), parfois des ambassades extraordinaires,
de clauses (C. pén. art. 147), de liquides à l'occasion d'un couronnement, d'une
ou marchandises (C. pén. art. 387), de fête commémorative, d'un congrès ou
clefs (C. pén. art. 399). d'une conférence.
Ambassadeur 48

III. Le même terme, pris collecti- Amende.


vement, désigne l'ambassadeur et sa Dér. d'amender, lat. popul. *amendare, class. emen-
suite, soit officielle (attachés d'ambas- dare, corriger (comp. de menda, faute).
sade, chancelier, interprètes) ou non Dette d'argent imposée à titre de
sanction.
officielle (famille, secrétaire, personnel
domestique). Ex. : M. X... est attaché — civile (D. civ.), Amende édictée par
à l'ambassade de France à Washing- une loi civile (ou assimilable à une loi
ton, civile. Ex. : lois d'enregistrement ou de
IV. Hôtel affecté au siège principal timbre) prononcée par une juridiction
de l'ambassade (chancellerie, bureaux) civile, et qui échappe plus ou moins
et au logement de l'ambassadeur, de sa complètement aux règles posées pour
famille et de sa suite. Cet hôtel bénéficie les peines par la loi pénale (Ex. : circons-
de tout un ensemble d'immunités (V. ce tances atténuantes, récidive, prescrip-
mot). Ex. : L'ambassade d'Italie se tion).
trouve dans telle rue..., M. V... est allé civ. com. et pén.).
faire viser son passeport à l'ambassade — de procédure (Pr.considérée
Amende, souvent comme
d'Allemagne. une variété de l'amende civile, dont
la fonction est d'assurer le jeu régulier
Ambassadeur. d'une procédure, soit en contraignant
Empr. de l'it. ambasciatore, v. le précéd. à l'observation d'une formalité, soit en
Représentant le plus élevé, dans la prévenant l'exercice abusif d'une voie
hiérarchie, d'un Etat souverain auprès de recours. Ex. : I° C. pr. civ. art. 56,
d'un autre Etat.. D'après le règlement 213, 390, 751,1.039 ; C.com. art. 68 ;
du Congrès de Vienne, du 19 mars 1815, 2° amende de fol appel (C. civ. art. 471),
et le protocole complémentaire d'Aix- de tierce-opposition (C. pr. civ. art. 479),
la-Chapelle, du 21 nov. 1818, accepté de requête civile (C. pr. civ. art. 494,495,
par toutes les chancelleries, la hiérarchie 500 et 501), de prise à partie (C. pr. civ.
du personnel des agents diplomatiques art. 513 et 516), de cassation (Régl.
comprend quatre classes : les ambassa- 28 juin 1738, art. 5, 25 et 35, tit. IV,
deurs (et nonces du pape), les ministres Ie partie ; C. I. cr. art. 419, 420, 436,
plénipotentiaires ou envoyés extraordi- 437) ; consignation d'amende.
naires (et internonces), les ministres ré-
sidents, et les simples chargés d'affaires. — fiscale (D. fisc). Amende encourue
On distingue, d'autre part, les am- à raison de certaines infractions à une
bassadeurs ordinaires, chargés d'une loi d'impôt et à laquelle la jurispru-
mission permanente, et les ambassadeurs dence, en considération du droit de
extraordinaires, chargés d'une mission transaction reconnu au fisc, attribue un
occasionnelle et temporaire. Dans le caractère mixte de peine et de répa-
langage courant, le terme d'ambassadeur ration civile.
a un sens moins strict, et désigne tous — pénale (D. pén.). Peine pécuniaire
les agents diplomatiques, quel que soit prononcée comme peine complémentaire
leur degré dans la hiérarchie protoco- en matière de crimes, comme peine tantôt
laire. principale, tantôt complémentaire, en
matière de délits, comme peine princi-
Améliorations. pale en matière de contraventions, et
Dér. d'améliorer,fait sur le lat. melior, meilleur. qui impose au condamné l'obligation de
Travaux ou dépenses effectuées sur payer au Trésor public une certaine
une chose et qui, sans être nécessaires somme d'argent (C. pén. art. 9, 11, 55,
à sa conservation, lui ont été cepen- 464 et 465).
dant utiles et lui ont procuré une plus-
value (C. civ. art. 861, 1437, 1634, Amendement. (V. Amende.) —
2-133, 2-175) (V. impenses). Ex. : le I. Modification à un projet ou à une
dessèchement d'un marais, le défriche- proposition de loi en discussion devant
ment et la mise en culture d'une terre, une assemblée législative, proposée par
la surélévation d'une maison, l'instal- le gouvernement ou un membre de
lation d'un ascenseur ou du chauffage l'assemblée. Se dit aussi d'une modifi-
central ou du tout-à-1'égoût, l'engraisse- cation à un projet de résolution en
ment de volailles ou de bétail, etc.. discussion.
49 Ameublissement
II. (Amendement à la constitution). Vieille expression de l'ancien droit
Expression étrangère au droit constitu- coutumier encore employée pour dési-
tionnel français et usitée surtout dans gner la location d'une terre moyennant
le droit constitutionnel des Etats-Unis une prestation périodique, soit en nature,
de l'Amérique du Nord. Texte consti- soit en argent.
tutionnel modifiant la constitution en En matière de mines, ce mot désigne
vigueur , ou s'y ajoutant. On pourrait la convention par laquelle le conces-
dire de même : amendement à une loi ; sionnaire remet l'exploitation à un tiers
mais l'expression n'est pas employée ; moyennant une redevance périodique.
on dit modification.
Amortissement.
Ameublissement. Dér. d'amortir, comp. de mort, lat. morluus.
Dér. d'ameublir, comp. de meuble, lat. mobilis, I. Extinction graduelle d'une dette
(adj.) qui peut se mouvoir.
Convention matrimoniale ayant pour par des paiements à époques fixes ou
but d'élargir l'actif commun des futurs périodiques (V. caisse autonome d'amor-
époux adoptant un régime de commu- tissement, dette amortissable, emprunt
nauté, en faisant entrer dans ladite com- amortissable, tableau d'amortissement).
munauté tout ou partie des immeubles Pour les rentes perpétuelles, l'Etat pro-
qui, d'après la loi, devaient leur rester cède à l'amortissement en rachetant les
titres qu'il a émis.
propres, et conduisant ainsi à traiter ces II (Amortissement des actions d'une
immeubles, à certains égards, comme
des meubles (C. civ. art. 1505-1509). société). Versement aux actionnaires,
sur les bénéfices réalisés par la société,
Amiable compositeur. d'une somme égale au montant nominal
Lat. amicabilis, aimable (sens conservé jusqu'au des actions, sans que l'actionnaire perde
XVIIe) (v. Composition). ses droits d'associé, son titre étant rem-
Lat. jurid. compositor, dér. du v. componere, mettre placé par une action de jouissance (V. ce
un ordre. mot).
(Pr.). Arbitre à qui le compromis d'ar- III (Amortissement dit industriel)
bitrage donne pouvoir de décider autre- Opération de comptabilité constatant
ment que d'après les règles du droit, la dépréciation subie par un élément
c'est-à-dire en équité quant au fond, et d'actif d'une entreprise, soit par vétusté,
sans égard aux règles de procédure soit par l'usage, en vue d'en assurer
quant à la forme (C. proc. civ. art. 1009 éventuellement la reconstitution. Dans
et 1010). (V. arbitrage et compromis). la pratique, on désigne d'une façon plus
Amnistie. large, sous le nom d'amortissement,
Empr. du gr. à1u.vï)irua, oubli, pardon, d'où, déjà
tout prélèvement sur les bénéfices ayant
en gr., amnistie (propr. le fait de ne pas se souvenir, pour objet de diminuer la valeur des
(jivâaÔai). éléments, portés à l'actif.
Mesure exceptionnelle de suppression
des effets normaux de la loi pénale, Amovibilité.
prescrivant l'oubli officiel d'une ou de Dér. d'amovible, dér. du v. lat. amovere, éloigner.
plusieurs catégories d'infractions et enle- (D. adm.). Se dit d'un fonctionnaire qui
vant tout caractère délictuel aux faits peut être déplacé, changé d'emploi ou
considérés : les poursuites deviennent révoqué par une décision discrétionnaire
impossibles, les procédures en cours d'un supérieur hiérarchique (V. inamo-
sont arrêtées et les condamnations pro- vibilité).
noncées sont annulées (réserve faite des
droits des tiers). Traditionnellement, Ampliation.
dans notre droit public, l'amnistie est Empr. du lat. ampliatio, accroissement, dér. d'am-
accordée par voie de disposition géné- pliare, rendre ample.
rale par le Parlement. Se différencie I. (D. ad.). Qualité d'un acte adminis-
de la grâce (V. ce mot ; V. aussi grâce tratif revêtue des formalités légales qui
amnistiante ou amnistielle). établissent l'authenticité de ses énon-
ciations.
Amodiation. II. (D. not.). Seconde grosse d'un acte
Dér. d'amodier, lat. médiéval admodiare, comp. de notarié, délivrée par un notaire, d'après
modius, boisseau. une grosse originale qui lui a été remise.
4
Anarchie 50

Anarchie. fruit, de se comporter comme titulaire


Empr. du gr. ivayj.cc, propr. absence de gouver- du droit de propriété, du droit d'usufruit
nement (àpyfi)- ou du droit de servitude.
I. Doctrine politique d'après laquelle
l'individu doit se conduire librement sans Annexe.
être astreint à aucune autorité sociale. Lat. annexus,part, passé du v. annectere,joindre.
II. Etat de fait d'un groupement I. Dans un sens très général, tout ce
dans lequel il n'y a plus d'autorité. (D. qui est uni ou rattaché à une chose
pén.). Menées anarchistes, propagande principale. Ex. : annexe d'un bâtiment,
anarchiste (d'après la jurisprudence d'une école, d'un hôpital.
interprétant la loi du 28 juill. 1894) : II. Dans un sens plus spécialement ,
incitation à renverser par la violence juridique : I° Disposition jointe à un
l'ordre social légalement établi. acte pour en compléter les énonciations.
Ex. : annexe d'une loi, de certains traités,
Anatocisme. d'un décret, d'un rapport, d'un procès-
Empr. du lat. anatocismus, gr. àvaToxtajxoi;, verbal ; 2° pièce jointe à un acte instru-
(comp. de xôxex;. impôt). mentaire. Dans ce sens, il ne faut pas
Capitalisation des intérêts échus d'une
dette d'argent, de manière que la confondre l'annexe avec le dépôt aux
minutes d'un officier public ou minis-
somme capitalisée produise à son tour tériel. Tandis que la pièce annexée se
des intérêts (C. civ. art. 1154 et 1155).
rattache, à titre de renseignement ou de
Angarie. justification, à un acte principaldont elle
Empr. du lat. jurid. angaria, propr. corvée, obliga- forme, en quelque sorte, l'accessoire, la
tion de fournir des moyens de transport, notamment pièce déposée a une existence indépen-
des navires) pour les services publics, gr. â'Cfctpzix, dante et principale. Ex. : Lorsque, dans
service de courrier.
Réquisition, par un Etat belligérant, un acte de notoriété dressé par un no-
des navires appartenant à des neutres et taire, à l'effet de constater la qualité et
se trouvant dans les eaux territoriales. l'individualité des héritiers d'une per-
Animus. sonne décédée, les comparants ont dé-
claré remettre au notaire une expédition
Mot latin aux sens nombreux, esprit, d'où sen- de l'acte de décès, puis une procuration
timent et intention, etc.
Elément intentionnel dont il est tenu à eux donnée par les héritiers du défunt,
compte dans un certain nombre de l'expédition de l'acte de décès doit faire
situations juridiques pour déterminer l'objet d'une annexe, parce qu'elle est
la nature exacte de ces dernières. Ex. : relative à la notoriété, et nécessaire pour
une personne remet à une autre un constater le décès ; la procuration doit,
bien ; cette remise ne constituera une au contraire, faire l'objet d'un dépôt,
donation que si elle est faite avec l'inten parce qu'elle n'a aucune relation avec
tion de gratifier la personne qui reçoit. l'acte de notoriété.
La qualité de l'intention est désignée par III. Désignation dans le Journal offi-
ciel de certains documents parlemen-
un second mot, au génitif, comme il taires.
ressort des expressions suivantes :
— domini. Intention, justifiée ou non, Annexion.
de se comporter sur une chose comme Lat. annexio, v. le précéd.
son propriétaire. Tout acte, constaté ou non dans
— donandi. Intention de faire une un traité, en vertu duquel la totalité ou
libéralité. une partie du territoire d'un Etat
— novandi. Intention de faire une passe, avec sa population et les
novation, c'est à-dire de remplacer une biens qui s'y trouvent, sous la souve-
obligation ancienne par une nouvelle raineté d'un autre Etat.
(V. novation).
Annonces.
— possidendi. Intention, chez celui Dér. du v. annoncer, lat. annuntiare.
qui possède, d'agir pour son propre Insertions que les officiers publics,
compte. Ex. : intention, chez celui qui et même les simples particuliers, sont
accomplit sur une chose des actes ma- tenus de faire publier, dans les jour-
tériels correspondant à l'exercice de la naux qui, à Paris et dans le dépar-
propriété, d'une servitude ou d'un usu- tement de la Seine, sont désignés
51 Annulabilité
chaque année par le Préfet de la Seine, étant la date véritable à laquelle il a été
et dans les autres départements, sont fait, alors qu'il a été passé postérieu-
laissés au choix des intéressés. Ex. : rement (C. civ. art. 139).
annonces en matière d'expropriation
pour cause d'utilité publique, sépara- Apatride.
tion de corps, divorce, faillite, constitu- Comp. tiré dugr.Tca-coÊi;, tooç, patrie, avec la
tion de société. particule négative a.
Individu sans patrie, plus communé-
— légales et obligatoires (Bulletin ment dénommé heimathlos. (V. ce mot.).
des). Publication officielle destinée à
recevoir certaines insertions se rappor- Apériteur.
tant à la constitution et à la vie des Dér. récent du v. lat. aperire. ouvrir.
sociétés. Assureur qui ouvre la police d'assu-
rance en signant le premier et en s'en-
Annulabilité (V. nullité). gageant pour une somme déterminée.
L'apériteur discute les conditions de
Annulation. l'assurance, et les autres assureurs qui
Lat. annulatio, dér. du v. annullare, rendre nul signent après lui adhèrent purement
nullus). et simplement au contrat.
Décision d'une autorité juridictionnelle
ou administrative anéantissant un acte Apologie de crimes.
entaché de nullité (V. ce mot), ou, parfois Empr. du lat. apologia, gr. àuo/OY'.«, défense.
même, considéré comme simplement Ecrit ou paroles ayant pour objet de
inopportun. Ex. : annulation d'un ma- justifier une action prévue et réprimée
riage, d'un acte passé par un incapable par la loi pénale. Ex. : apologie des
non habilité, d'un arrêté de police du attentats anarchistes, incriminée par la
maire, d'une délibération d'un conseil loi du 28 juillet 1894, art. 2.
général ou d'un conseil municipal.
Apostille.
A non domino. Dér. d'apostiller, comp. de l'a. fr. postille, glose,
Loc. du lat. jurid. signifiant : de la part d'un non note, comp. du lat. médiéval postilla, id., d'origine
propriétaire. incertaine.
Expression par laquelle on désigne le I. Toute modification, addition, anno-
transfert d'un meuble ou d'un immeuble tation, faite en marge d'un acte et faisant
par un individu qui n'en est pas pro- corps avec lui. Terme employé dans la
priétaire. pratique concurremment avec le mot
renvoi (V. ce mot).
Antichrèse. II. Se dit également du signe (le plus
Lat jurid. antichresis, gr. âvxt^pïjiTK;, action de se souvent une croix), qui est tracé dans
servir d'une chose en échange d'une autre. le corps de l'acte, et qui, reproduit en
I. Contrat par lequel le créancier marge, est suivi de la modification dont
acquiert le droit de se mettre en pos- cet acte est l'objet.
session d'un immeuble de son débiteur,
jusqu'à l'entier paiement de sa créance, Apparaux.
et d'en percevoir les fruits et revenus, Anc. plur. d'appareil, dér. du v. appareiller, lat.
à la charge de les imputer annuellement pop. *appariculare,dér. du class. apparare, préparer.
sur les intérêts, s'il lui en est dû, et Expression employée dans le Code de
ensuite sur le capital de sa créance. Ce commerce comme synonyme du terme
contrat est une variété du nantissement agrès (V. ce mot) (art. 280, 633).
(V. ce mot) (C. civ. art. 2072, 2085,
L. 23 mars 1855, art. 2-10). Apparentement.
II. On désigne quelquefois, mais à Dér. d'appar,enter comp. de parent, lat. parens.
tort, sous le nom d'antichrèse, la cession Nom donné dans les systèmes de repré-
de loyers ou fermages non échus. sentation proportionnelle à la faculté
offerte à une liste de candidats de repor-
Antidate. ter ses voix inutilisées pour une première
Dér. d'antidater, où anti correspond au lat. ante,
distribution des sièges sur une autre liste
avant, d'après d'autres mots analogues, anticipare, désignée par elle avant le scrutin. L'appa-
etc. rentement peut s'effectuer soit entre
Date inscrite sur un acte comme listes de partis voisins dans la même
Appartenances 52

circonscription électorale, soit au profit renfermaient une « entreprise » sur


d'une liste nouvelle du même parti l'autorité temporelle ou 'qu'ils trou-
établie dans une circonscription plus blaient l'ordre politique. Cette voie de
étendue. recours a été ressuscitée avec le Con-
cordat de 1802, sous le nom de « recours
Appartenances. pour abus » ; elle n'existe plus aujour-
Dér. d'appartenir, lat. de basse époque appertinere, d'hui que dans les départements (Haut-
appartenir à. comp. du class. pertinere, intéresser, Rhin, Bas-Rhin et Moselle) où le Con-
concerner. cordat est toujours en vigueur.
Accessoires joints à la chose princi-
pale ; tout ce qui lui est annexé par — commercial. Appel des jugements
la loi, l'usage ou la destination du père rendus en prenuer ressort par les tri-
de famille. Locution désuète, synonyme bunaux de commerce ; est porté devant
de dépendances, mot plus usité. Ex. : les la cour d'appel.
immeubles par destination, c'est-à-dire correctionnel. Appel des juger
les objets placés par les propriétaires ments rendus par ' les tribunaux de
d'un fonds pour le service et l'exploi- première instance, jugeant correction-
tation de ce fonds (C. civ. art. 524). nellement ; est porté devant la cour
d'appel. L'appel des jugements rendus
Appel.
Dér. d'appeler, lat. appellare. par les juges de paix, statuant sur cer-
I. Fait, d'appeler une personne, de la tains délits, est porté devant les tri-
bunaux de première instance.
convoquer. Ex. : appel des parties, des
témoins, des membres d'une assemblée ; — des causes. Énumération, par
faire l'appel des soldats ; appel sous les l'huissier audiencier, au début de l'au-
drapeaux (V. ce mot). dience, des affaires susceptibles d'être
II. Recours porté devant la juridiction plaidées.
supérieure pour obtenir la réformation
totale ou partielle d'une décision de la — de simple police. Appel des juge-
ments rendus par le tribunal de simple
juridiction inférieure (C. pr. civ. art. 453 police ; est porté devant le tribunal
et s. h correctionnel.
à la barre. Appel incident formé des Prudhommes : Appel des
à l'audience par simples conclusions. —
décisions des conseils de prudhommes
(V. ce mot) ; est porté devant le tribunal
— a maxima. Appel du ministère civil.
public en matière pénale, ayant pour
but de faire diminuer la peine. — du contingent. Ensemble des opé-
a minima. Appel du ministère rations de convocation du contingent
public, en matière pénale, ayant pour militaire annuel, comprenant : I° l'éta-
but de faire élever la peine. blissement des tableaux de recensement ;
civil. Appel des jugements rendus 2° la revision ; 3° l'établissement des
listes de recrutement et des registres
en premier ressort par les juges de matricules ; 4° l'incorporation (L. mili-
paix ; est porté devant le tribunal taire Ier av. 1923) (V. recensement,
civil; — Appel des jugements rendus revision, recrutement, immatriculation).
en premier ressort par les tribunaux — en cause. Mise en cause d'une
civils.; est porté devant la cour d'appel.
partie qui ne figure pas au procès pour
— comme d'abus. Recours adressé, que le jugement à intervenir ait l'auto-
sous l'Ancien Régime, aux Parlements, rité de la chose jugée à son égard, et ne
au Grand Conseil ou au Conseil privé puisse pas être_ attaqué par elle, par la
du roi, en annulation des actes des suite, par la voie de la tierce opposition.
autorités religieuses de la hiérarchie
catholique, lorsque ces actes étaient — en garantie. Procédure suivie contre
contraires aux décrets et canons « reçus » une personne pour l'appeler dans une
au royaume de France, ainsi qu'aux instance où elle n'était pas en cause,
ordonnances royales, aux « Libertés de afin d'obtenir d'être relevé et garanti
l'Eglise gallicane » ou aux règles con- par elle de la condamnation à intervenir.
cernant la compétence des juridictions — incident :
ecclésiastiques, en un mot. lorsqu'ils À. (Pr. civ.). Appel formé, en réponse
53 Appel

à l'appel principal, par l'intimé, c'est- de disposer à un ou plusieurs de leurs


à-dire par le défendeur à cet appel. enfants, dits grevés, avec la charge de
L'appel incident suppose l'existence les rendre aux enfants nés et à naître,
d'un appel principal portant sur cer- dits appelés (C. civ. art. 1048, 1049,
tains points du procès. Il permet au 1053, 1057, 1072) (V. substitution).
défendeur à l'appel principal de porter
à son tour devant les juges d'appel, Appellation.
pour les faire remettre en question, les Lat. appellatio v. les précéd.
Désignation d'un produit par l'indi-
autres points du procès décidés contre
lui, sur lesquels le demandeur à l'appel cation du lieu où il a été récolté ou
principal,' ayant triomphé, n'a pas fait fabriqué. Outre la législation spéciale
porter l'appel (C. pr. civ. art. 443 3°). aux falsifications de denrées alimen-
B. (Pr. pén.). Appel qui, à la suite taires, la loi du 6 mai 1919, modifiée
d'un premier appel interjeté par une par celle du 22 juillet 1927, donne les
partie dans le délai ordinaire d'appel, règles générales concernant la protection
est ouvert aux autres parties ayant de ces appellations.
qualité pour interjeter appel en matière
correctionnelle ou de simple police, Application.
pendant un délai supplémentaire de cinq Lat. applicatio, dér. du v. applicare, réunir,adapter,
jours (L. 22 av. 1925, complétant les etc.
(D. com.). Opération juridique consis-
art. 174 et 203 C. I. cr.). tant, pour un agent de change ou un
— nominal. Dans les votes des autre intermédiaire, qui a reçu de ses
Chambres, le vote à la tribune a lieu clients des ordres en sens contraire, à les
par appel nominal, lorsque chacun des exécuter lui même, en faisant servir les
votants vient exprimer son vote à l'appel ordres de ventes à l'exécution des ordres
de son nom. La procédure de l'appel d'achat (Décr. 7 oct. 1890, art. 43).
nominal a pour objet de mettre obstacle
au vote par procuration. Elle peut se — de la loi. Action de soumettre un
concevoir, en raison, pour un scrutin cas individuel à une prescription géné-
rale (loi proprement dite ou règle-
public ou pour un scrutin secret. ment). Ex. : lorsque (en cour d'as-
— partiel Appel, limité à certains sises) l'accusé a été déclaré coupable,
chefs de la décision critiquée. le procureur général fait sa réquisition
à la Cour pour l'application de la loi
— principal. En matière civile, appel (C. I. cr. art. 362, al. Ier). Fausse — :
de la partie qui saisit la première la
juridiction supérieure ; en matière pé- application de la loi à une hypothèse
nale, appel de toute partie. que la loi ne prévoit pas (cas d'ouverture
à cassation. V. Cassation) — dans le
— sous les drapeaux (V. appel du temps (V. Rétroactivité) ; — dans l'es-
contingent). pace (V. Conflit de lois).
— tardif. Appel interjeté après l'ex- de la peine. Cas de l'application
piration des délais. —
de la loi (V. ce mot) ; action de soumettre
— (fol). Appel déclaré non recevable une infraction particulière à la sanction
ou mal fondé par la juridiction supé- prévue par la loi qui définit ce genre
rieure ; entraîne l'amende de fol appel. d'infraction. Ex. : l'action publique est
celle qui poursuit l'application de la
Appelant. Celle des parties au procès peine (C. I. cr. art. 1 et 2).
qui a interjeté appel de la décision.
Apport.
Appelé. Personne désignée par le do- Dér. d'apporter, lat. apportare.
nateur ou le testateur comme devant Biens possédés par chaque époux
recueillir, au décès du donataire ou au moment du mariage ou qui lui
légataire, dit grevé, les biens donnés échoient pendant le mariage à titre de
ou légués à celui-ci à charge de donation ou de succession (C. civ. art.
substitution. Ainsi, les père, et mère 1498, 1503). Dans cette acception, les
peuvent, par acte entre vifs ou tes- apports s'opposent aux acquêts (V. ce
tamentaire, donner, en tout ou en mot).
partie, les biens dont ils ont la faculté
— en communauté. Biens tombés dans
Apposition 54

la communauté du chef de chacun des retour, à travailler pour lui, le tout à


époux (C. civ. art. 1501, 1506, 1511, des conditions et pendant un temps
1514, 1525). convenus (L. 20 mars 1928, art. 1).
— en dot. Syn. de dot. Approbation.
— en industrie. Apport par l'associé à Lat. approbatio, dér. du v. approbare, approuver.
la société de ses capacités techniques I. Consentement donné par une
(C. civ. art. 1833). autorité supérieure à un acte juridique
Apport à la société passé par une autorité inférieure et
— en nature. d'objets mobiliers par auquel est subordonnée la validité de
d'immeubles ou
opposition à l'apport en numéraire. cet acte. Ex. : approbation par le préfet
associé
de la délibération d'un conseil général
— en société. Biens que chaqueindique ou d'un conseil municipal.
met en société. Le mot apport II. Reconnaissance par le signataire
plus spécialement dans certains cas d'un acte écrit de l'exactitude des faits
l'apport en nature. Ex. : action d'apport, qui y sont relatés ou de l'existence de
vérification des apports. l'acte juridique qui y est constaté. Ex. :
— franc et quitte. signature par un témoin du procès-
A (clause de déclaration d'). Clause verbal de sa déposition ; mention exigée
par laquelle un futur époux déclare dans par l'art. 1326 pour tout billet non écrit
le contrat de mariage que son apport de la main du signataire contenant enga-
n'est grevé d'aucune dette ou d'aucune gement unilatéral de payer une somme
autre dette que celles indiquées au d'argent.
contrat (C. civ. art. 1513).
B (clause de reprise d'). Clause par A quo-ad quem (V. dies).
laquelle la future épouse stipule dans le
contrat de mariage qu'au cas de renon- Arbitrage.
ciation à la communauté elle reprendra Dér. d'arbitre, lat. arbiter, juge, expert.
tout ou partie de ce qu'elle y aura apporté I. (Pr. et D. int. pub.) Règlement
soit lors du mariage, soit depuis (C. civ. par une ou plusieurs personnes, dites
art. 1514). arbitres, d'un litige que des parties ont
Apposition de scellés. soumis, d'un commun accord, à l'appré-
Lat. appositio, dér. du v. apponere, mettre près de.
ciation de ces personnes, en vertu d'une
(D. civ. et D. pub.). Opération par convention antérieure au litige (dite
laquelle une autorité publique imprime clause compromissoire) ou d'une con-
son cachet à la cire sur un immeuble, vention postérieure au litige (dite com-
un meuble, un pli, un ensemble de do- promis). On peut soumettre à l'arbitrage
cuments de telle façon qu'on ne puisse non seulement les litiges pour lesquels
pénétrer dans l'immeuble, ou bien ou- il existe des tribunaux compétents, mais
vrir soit le meuble, soit le pli, ou bien les conflits qui ne relèvent d'aucune
détourner aucun document sans briser juridiction, comme les contestations
le cachet (Ex. : C. civ. art. 819, appo- entre Etats (Conv. de la Haye 1899,
sition de scellés après décès). art. 15), les différends collectifs entre
employeurs et salariés (C. Tr. Liv. IV,
Apprenti. art. 104 et s.).
— obligatoire. Procédure d'arbitrage
Ancient apprentis, — isse, lat. * apprenditicius,
dér. d'un partie. * apprenditus, au lieu du class. imposée par la loi pour certains conflits
appre(he)nsus, du v.appre(h)endere,saisir,comprendre,
d'où apprendre. qui ne relèvent de la compétence d'au-
Celui qui travaille chez autrui en vertu cune juridiction. Il n'en existe, dans
d'un contrat d'apprentissage (V. ce mot). notre législation, qu'une seule applica-
tion, concernant les différends collectifs
Apprentissage (contrat d'). (V. Ap- entre les armateurs et leuis équipages
prenti). — Contrat par lequel un chef (L. 22 juill. 1909, art 2). En D. int. pub.,
d'établissement industriel ou commercial, on appelle arbitrage obligatoire celui au-
un artisan ou un façonnier s'oblige à quel deux ou plusieurs Etats s'engagent
donner ou à faire donner une formation par traité à recourir, soit pour tous les
professionnelle, méthodique et complète différends, soit pour certains différends
à une autre personne, qui s'oblige, en pouvant surgir entre eux (v. clause
55 Arbitre

compromissoire, traité d'arbitrage per- y a autant de raisons de le faire que dans


manent, tribunal arbitral mixte). l'hypothèse énoncée par le texte.
II. (Pr.). Détermination par un tiers
désigné par les parties de la valeur d'une Aristocratie.
chose, d'un prix de vente, du montant Empr. du gr. àptato/.paxïa, gouvernement des
d'un loyer (Ex. : L. 30 juin 1926 sur le meilleurs.
renouvellement des baux commerciaux). I. Régime politique dans lequel l'au-
III. (D. com.). Opération de bourse torité est exercée d'une manière exclu-
(valeurs ou marchandises), et quelque- sive par une catégorie de citoyens con-
fois de banque, qui consiste à lier deux
sidérés comme formant une élite, à raison
opérations simultanées en sens contraire, soit de la naissance, soit de l'instruction
et relatives soit à deux choses différentes, ou du talent, soit de la fortune.
soit à la même chose sur deux places I. Dans un sens dérivé, groupe de
citoyens considérés comme formant
différentes. Ex. du dernier cas : consta-
tant que le Rio cote à Londres £. 62,78 l'élite. Ex. ; l'aristocratie de la fortune,
et à Paris 7.750 francs, on donne l'ordre à de la naissance. Le mot aristocratie tout
Paris d'acheter et à Londres de vendre court s'emploie pour désigner la classe
noble.
100 Rios. Le bénéfice égale cent fois la
différence de valeur réelle (au cours du
change) entre £. 62,78, et 7.750 francs. Armateur.
On distingue les arbitrages de porte- Lat. armator, dér. du v. armare, équiper (un vais-
seau).
feuille (au comptant) à terme, de place Propriétaire ou locataire d'un navire
à place, en reports de banque (sur qui se livre à l'exploitation commerciale
lettres de change et moyens de paie- de ce navire.
ment).
— gérant. Celui des co propriétaires
Arbitre (V. arbitrage I et II). du navire, ou le tiers désigné par eux,
qui est chargé de l'exploitation du
navire.
Arbitre-rapporteur. Auxiliaire de la
justice commerciale, que le tribunal Armée.
peut nommer pour concilier les parties, Dér. du v. armer, lat. armare, armer.
et, sinon, donner un avis sur le litige Service public, ayant pour mission
(C. com. art. 429). Se distingue des d'assurer par l'emploi de la coercition
experts (V. ce mot) et des arbitres pro- matérielle, I° dans les rapports exté-
prement dits (V. arbitrage). rieurs, la sécurité, l'intégrité ou le déve-
loppement de l'Etat, et spécialement
Argument. de son territoire (guerres défensives,
Lat. argumentum, dér. du v. arguere, convaincre. guerres offensives, expéditions colo-
Les locutions suiv. sont d'orig. médiévale. niales, démonstrations coloniales) ; 2° à
Raisonnement fait en vue de prouver l'intérieur, l'exécution des lois et règle-
l'exactitude d'une affirmation juridique. ments, et le maintien de l'ordre et de la
— a contrario. Raisonnement par paix publics.
lequel on conclut, de la contrariété entre On distingue dans ce service :
une hypothèse et celle que prévoit un I. I° l'armée de terre, destinée aux
texte, à l'application de la règle contraire opérations de la guerre terrestre ; et
à celle du texte. Cet argument n'est 2° l'armée de mer, destinée aux opé-
légitime que si le texte est restrictif ou rations de la guerre maritime.
doit être interprété de façon restrictive. II. Pour le temps de paix seulement :
I° l'armée métropolitaine comprenant
— a fortiori. Raisonnement par lequel les forces destinées à stationner sur le
on applique un texte à une hypothèse territoire métropolitain ; et 2° l'armée
non prévue par ce texte, parce qu'il y a coloniale qui comprend les forces des-
encore plus de raisons de le faire que
dans l'hypothèse énoncée par le texte. tinées à l'occupation et à la défense de
nos possessions coloniales et stationnées
— à pari. Raisonnement par lequel partie sur le territoire métropolitain,
on applique un texte à une hypothèse partie aux colonies.
non prévue par ce texte, parce qu'il III. I° l'armée active, qui comprend le
Armements 56

personnel permanent du service ; et nom de trêve, suspend complètement


2° l'armée de réserve, constituée par le les hostilités sur terre et sur mer, entre
personnel qui n'est appelé à l'activité tous les belligérants appartenant aux
dans le service qu'en cas de convocation Etats signataires, soit pour une durée
pour des périodes d'instruction et qu'en indéfinie, soit pour une durée limitée.
cas de mobilisation générale ou partielle Il peut comprendre des clauses d'un
pour renforcer les unités de l'armée caractère non seulement militaire, mais
active, ou pour former des unités spé- aussi politique et économique ; dans ce
ciales de réserve. L'ancienne distinction cas, les autorités militaires qui le signent
en armée de réserve et en armée terri- doivent être nanties d'une délégation
toriale a été supprimée. spéciale. Il précède le plus souvent la
conclusion de la paix définitive.
Armement.
Lat. armamentum(lat. cl. toujours plur., a), dér.
de armare, V. le précéd. Arraisonnement.
I. Action d'équiper un navire, de le Dér. de l'a. fr. arraisonner, comp. de raison, adres-
pourvoir du matériel nécessaire ou utile ser la parole à quelqu'un pour lui demander des rai-
à sa navigation. sons.
Nom que prend, dans les cas qui
II. Profession exercée par l'arma- exigent un examen approfondi, la recon-
teur, autrement dit exploitation d'un naissance immédiate, par l'autorité mari-
ou de plusieurs navires. time, d'un navire qui arrive dans un
— administratif d'un navire. Remise port de France ou d'Algérie. Cette opé-
du rôle d'équipage au capitaine. ration obligatoire a pour objet de cons-
tater la provenance du navire et les con-
Armements (D. int. pub.) Tous moyens ditions sanitaires dans lesquelles il se
techniques, terrestres, maritimes ou présente. Elle consiste dans un interroga-
aériens, mis par un Etat à la disposition toire, et, s'il y a lieu, dans la présentation
de son armée. Dans un sens large, cette de la patente de santé ou l'inspection sa-
expression comprend aussi les effectifs de nitaire, comprenant éventuellement la
l'armée. Ex. : réduction des armements. visite médicale des passagers et de l'équi-
Armes de guerre. page (Décr. 8 oct. 1927, portant règle-
ment de police sanitaire maritime,
Lat. arma, armes. art. 17).
Celles qui servent ou ont servi à armer
les troupes françaises ou étrangères (L.
14 juillet 1860, art. 2, al. Ier). Par ex- Arrangement.
tension, peut êtreréputée arme de guerre Dér. du v. arranger comp. de rang, d'orig. germ.,
toute arme qui serait reconnue propre francique *ring, proprement cercle, réunion (de
justice, etc.) (cf. l'all. Ring, anneau).
au service de guerre et qui serait une (D. civ.et int. pub.). Convention entre
imitation réduite ou amplifiée d'une particuliers, collectivités ou Etats, desti-
arme de guerre (ibid., al. 2). née à régler une situation juridique diffi-
cile ou à fixer les mesures d'application
Armistice. d'une convention ou d'un traité. S'em-
Empr. du lat. du XVIIe s., armistitium. créé ploie surtout en droit international (Ex. :
signifier cessation des hostilités, repos des armes, pour
avec
le lat. arma, arme, d'après les mots lat. interstitium, arrangement de Madrid du 14 av.
intervalle de temps, et justitium, vacances des tribu- 1891, sur les fausses indications d'ori-
naux.
Convention conclue entre Etats belli- gine, qui se rattache à la Convention
gérants et ayant pour objet d'arrêter les d'Union de Paris, du 20 mars 1883, pour
hostilités pendant un temps plus ou moins la protection de la propriété indus-
long. Les règlements de La Haye de 1899 trielle).
et de 1907 distinguent l'armistice spécial — de famille (D. civ.). Nom usuel
et l'armistice général. L'armistice spécial, donné aux conventions intervenant entre
d'un caractère essentiellement militaire, parents pour règlement d'intérêts pécu-
est conclu pour une période de courte niaires, notamment en matière matrimo-
durée par les chefs d'armée ou de déta- niale ou de succession. Ex. : abandon
chements militaires, pour des intérêts d'un immeuble par un ascendant à son
pressants mais limités. L'armistice géné- descendant marié en paiement de ce
ral, auquel on donne encore souvent le qu'il lui doit pour dot.
57 Arrérages
Arrérages. étranger opérée en cas d'urgence par
Dér. de l'adv. arrière, lat. popul. ad rétro. le Procureur de la République, sur la
Produit périodique d'une rente viagère demande directe des autorités judi-
ou perpétuelle (V. ce mot). Suivant cer- ciaires du pays requérant, et sur simple
tains auteurs, le mot arrérages serait avis de l'existence de documents per-
synonyme de rente. mettant cette arrestation (L. 10 mars
S'arrérager : Se dit des termes d'une 1927, art. 19 et 20).
pension ou d'une rente qui restent dus B. (D. pén.). Arrestation qui ne peut
après l'échéance. avoir pour effet de constituer en état
de détention préventive la personne
Arrestation. arrêtée, et permet seulement de la con-
Lat. médiéval arrestatio,. fait d'après le v. fr. arrê- duire devant le magistrat compétent.
tât, V. Arrêt. Ex. : arrestation par un garde cham-
I. Action d'appréhender au corps un
coupable ou un suspect, au nom de la loi pêtre ou un garde fortstier (C. I. cr.
ou de l'autorité.
art. 16 ; C. for. art. 160) ; arrestation
II. État d'une personne appréhendée opérée en vertu d'un mandat d'amener
(C. I. cr. art. 93) ; arrestation en cas de
au corps. Ex. : mettre en arrestation. crime flagrant (C. I. cr. art. 106) ou de
administrative : arrestation opérée délit flagrant (L. 20 mai 1863, art. 3).
ou ordonnée par une autorité adminis-
trative, sans l'intervention du pouvoir
judiciaire. Ex. : arrestation des étrangers Arrêt.
contre lesquels ont été pris des arrêtés Dér. d'arrêter, I lat. popul. arrestare, faire rester,
d'expulsion (L. 3 déc 1849, art. 7) ; comp. de restare, rester.
Décision de toute juridiction por-
arrestation opérée sur mandat décerné tant le nom de Cour (Cour de cassa-
par le Préfet de police à Paris ou les pré- tion, Cour d'appel, Cour des Comptes,
fets des départements (C. I. cr. art. 10) ; Haute-Cour de justice, Cour d'assises),
arrestation des filles publiques par la et du Conseil d'Etat (S. c. 28 fl. an
police administrative. XII, art. 134).
— arbitraire. confirmatif. Arrêt rendu sur appel
Lat. arbitrarius, fait d'après sa volonté, dér. de ar- et maintenant la solution du premier
biter, V. Arbitre.
A. Arrestation opérée ou ordonnée par juge, soit pour les mêmes, soit pour
un fonctionnaire public, un agent ou un d'autres motifs (C. pr. civ. art. 472).
préposé du gouvernement hors les cas — confirmatif par adoption de motifs.
prévus par la loi ou sans l'emploi des Arrêt maintenant la solution du premier
formes légales. L'arrestation arbitraire juge en en adoptant exclusivement les
constitue un crime d'attentat à la liberté motifs.
(C. pén. art. 114).
B. Dans le sens d'arrestation illégale — contradictoire.
Lat. jurid. contradictorius, dér. du v. contradicere,
(V. ce mot). contredire.
(V. jugement).
-— illégale.
A. Arrestation opérée sans ordre des d'admission. Arrêt non motivé par
autorités constituées et hors les cas où lequel la Chambre des Requêtes de la
la loi ordonne de saisir les prévenus (C. Cour de Cassation, considérant, après
pén. art. 341). examen, que les motifs invoqués à l'ap-
B. Dans le sens d'arrestation arbi- pui d'un pourvoi sont suffisamment
traire (V. ce mot). graves, délivre au demandeur la per-
mission d'assigner devant la Chambre
— préventive. civile qui admet ou rejette définitive-
Dér. récent (xvie s.) du lat. praevenire, prendre
les devants, d'après le sup. praeventum, comme ment le pourvoi.
prévention, lat. médiéval praeventio. d'annulation.
Arrestation d'un inculpé afin de le A. Arrêt du Conseil d'État annulant
constituer en état de détention préven-
tive (V. détention préventive) (C. I. cr. un acte administratif. Ex. : arrêt annu-
art. 609).
lant l'arrêté du maire pour excès de pou-
voir.
— provisoire. (V. p. 47). B. Syn. de arrêt d'annulement (V. ce
A. (D pén. int.). Arrestation d'un mot).
Arrêt 58

doctrine. Arrêt émanant d'une


— d'annulement de
— juridiction, spécialement du Con-
A. Arrêt par lequel la Cour de cassa- haute
tion prive d'effet une décision judiciaire, seil d'Etat ou de la Cour de Cassation,
sans renvoyerle litige devant un nouveau auquel les commentateurs attachent
juge pour nouvel examen, soit qu'elle une importance particulière, en raison
ait été saisie par le Gouvernement d'un de la difficulté ou de la gravité de la
pourvoi dans l'intérêt de la loi, soit question qu'il tranche. Alias : arrêt de
qu'elle ait été saisie par son Procureur principe.
général d'un recours en annulation pour définitif (V. jugement).
excès de pouvoir (L. 25 sept. Ier déc. —
de non-lieu (V. lieu).
1790, art. 25 ; Const. 3 sept. 1791, tit. 3, _— non
chap. 5, art. 27 ; L. 27 vent, an VIII, de doctrine).
— de principe (V. arrêt
art. 80 et 88) de quitus. Arrêt par lequel la Cour
B. Arrêt par lequel la Chambre des des
—Comptes reconnaît la régularité d'un
requêtes de la Cour de cassation annule
l'acte par lequel un juge ou un tribunal compte qu'elle a jugé et déclare le comp-
table quitte envers le Trésor des deniers
a excédé ses pouvoirs, sans renvoyer qu'il a gérés.
devant un nouveau juge (L. 27 vent, an
VIII, art. 80). — de rejet. Arrêt par lequel la
- Alias : arrêt d'annulation. Cour de cassation repousse, comme mal
fondé, un pourvoi, formé contre une déci-
— d'avant-faire-droit ou d'avant-dire- sion judiciaire et condamne le deman-
droit (V. jugement).
deur à l'amende (Règl. 28 juin 1738,
— de cassation. Ie part., tit. IV, art. 37 à 39).
A. Arrêt par lequel la Cour de
Cassation prive d'autorité une décision — de renvoi. Arrêt par lequel une
en dernier ressort d'une juridiction Cour de justice désigne, dans les cas
judiciaire, et renvoie devant un nou- prévus par la loi, la juridiction devant
veau juge, de même rang que le précé- laquelle une affaire sera portée. Ex. :
dent, pour statuer à nouveau sur la arrêt de renvoi après cassation (V. arrêt
même affaire (L. 27 nov. Ier déc. 1790, de cassation), arrêt de renvoi pour cause
art. 3 ; Const. 3 sept. 1791, tit. 3, chap. de suspicion légitime, de sûreté pu-
4, art. 19 et 20 ; Const. 22 frim. an VIII, blique, de parenté ou d'alliance ; arrêt
art. 65 et 66 ; L. 27 vent, an VIII, de renvoi devant la Cour d'assises ;
art. 60). Lorsque l'arrêt est rendu toutes arrêt de renvoi en règlement de juges.
chambres réunies, la juridiction de ren- Arrêt inspiré par les
voi est obligée de conformer sa décision — d'espèce. particulières d'une affaire,
circonstances
à celle des Chambres réunies (L. Ier av. plus que par des considérations purement
1837). juridiques.
B. Arrêt par lequel le Conseil
d'État prive d'autorité une décision d'expédient (ou d'accord) (V. juge-

en dernier ressort d'une juridiction admi- ment).
nistrative et renvoie devant les mêmes — incident (V. jugement).
juges qui statuent à nouveau sur la même
affaire conformément à l'arrêt de cassa- — infirmatif.
tion (L. 7-14 oct. 1790 ; 24 mai 1872, A. Arrêt par lequel une Cour d'appel
art. 9 ; 16 sept. 1807, art. 17, 2e ali. ; réforme, en tout ou partie, la décision
15 juill. 1889, art. 32). d'un premier juge.
B. Plus spécialement, arrêt par lequel
— de débet (Voir p. 47). Arrêt par lequel une Cour d'appel, annulant une sentence
la Cour des Comptes règle et apure un d'un premier juge, ne statue pas elle-
compte dans lequel le comptable nejusti- même, et renvoie devant lui pour
fie pas de tous les deniers qu'il a reçus ou
qu'il aurait dû recevoir. Cet arrêt en- statuer à nouveau
traîne condamnation pour le comptable — interlocutoire.
à solder le débet dans le délai prescrit interlocutio, jugement interlo-
Dér. du lat. jurid.
cutoire, ou du v. interloqui, rendre ce jugement.
par la loi (Décr. 31 mai 1862, art. 419). (V. jugement).
Ne pas confondre avec arrêté de débet
(V. ce mot).
— par défaut (V. jugement.)
59 Arrêt de prince
individuels (ex. : nomination d'un fonc-
— préparatoire. tionnaire).
Lat. jurid. preparatorius, dér. du v. praeparare.
(V. jugement). II. Jugement rendu par certaines
. juridictions administratives (Conseils de
— provisoire. préfecture, Tribunal des conflits).
Dér. du v. providere, pourvoir, prendre des pré-
cautions, d'après le supin, provisum, pour servir — de cessibilité. Acte de la procédure
d'adj. à provision, au sens jurid. d'expropriation pour cause d'utilité pu-
A. (v. jugement). blique par lequel le préfet désigne les
B. Devant la Cour des Comptes, se parcelles de terrains à exproprier pour
dit de la décision préalable, tendue, par l'exécution du travail d'utilité publique
les conseillers maîtres, sur les conclu- projeté (L. 3 mai 1841, art. II, et [pour
sions d'un rapporteur, et communiquée l'expropriationconditionnelle, L. 17 juill.
au comptable, qui peut se justifier et 1921, art. 2] art. 77 à 82).
présenter ses observations, avant l'arrêt
définitif statuant sur le compte. — de conflit. Arrêté pris discré-
tionnairement par le préfet, au titre
— sur requête (V. jugement). de la puissance publique, dont le
but est de ramener, selon le principe de
Arrêt de prince (ou embargo). (D. la séparation des autorités, à la juri-
int.). Fait de la part de l'Etat, en cas diction administrative un litige retenu
de troubles ou de guerre, de retenir mo- par un tribunal civil ou une Cour d'Ap-
mentanément en vue de sa sécurité et pel nonobstant un déclinatoire de com-
de sa défense, tous les navires de com- pétence. Le résultat de l'arrêté de con-
merce et chargements nationaux ou flit est de créer et porter devant le
étrangers se trouvant dans ses ports ou Tribunal des Conflits la contestation
dans ses eaux. L'arrêt de prince doit se sur la compétence (Ord. Ier juin 1828,
fonder sur des raisons graves et être art. 8 12).
général. La question de savoir s'il
entraîne des dommages-intérêts est con- — de débet.
Lat. débet, il doit du v. debere. devoir.
troversée. Acte administratif préliminaire des
contraintes délivrées par le Ministre
Arrêt de puissance. Acte par lequel des Finances, et tendant, de la part
de chaque minisrte pour son dé par-
un Etat, usant de sa souveraineté, inter- tement, à l'affirmation de la créance
dit à un navire, qui n'est pourtant pas
l'objet d'une saisie, de sortir des eaux de l'Etat contre les comptables, les entre-
où il est mouillé (C. com. art. 369, 387). preneurs et fournisseurs, demeurant vis-à-
vis de lui reliquataires, c'est à-dire débi-
Arrêt des marchandises (V. blocus). teurs, à raison de la dispositiond'avances,
ou du chef de dépôt, de garde ou de ma-
Arrêté. niement de deniers publics (L. 12 vend,
I. Nom générique servant à désigner et 13 frim. an VIII ; arr. 18 vent, an
les décisions et les mesures de publication VIII ; 28 flor. an XI. Av. Cons. d'Etat
28 mess. an. XII ; Décr. 12 janv. 1811 ;
et d'exécution des lois, prises par les D. 31 mai 1862, art. 368, 369). Ne pas
ministres (arrêtés ministériels), les pré-
fets (arrêtés préfectoraux), les maires confondre avec arrêt de débet (v. ce
(arrêtés municipaux), et certaines autres mot).
autorités administratives (recteurs, par Arrêtiste (ou arrestographe). Anno-
ex.). Les arrêtés sont établis par écrit dans tateur de décisions de jurisprudence.
une forme administrative, différente de
la simple lettre missive, et comprennent Arrêts. Sanction disciplinaire restric-
généralement un visa de textes, quel- tive de liberté, qui peut être infligée
quefois des considérants, et toujours un aux officiers et sous officiers par la
dispositif par articles. seule décision de leurs supérieurs hiérar-
On distingue, d'après leur contenu chiques. On distingue : I° les arrêts
juridique, deux grandes classes d'arrêtés : simples ; 2° les arrêts de rigueur ; 3° les
I° les arrêtés généraux, de nature régle- arrêts de forteresse. Le militaire puni
mentaire (ex. : règlement de police du d'arrêts simples fait son service, mais
maire) ; 2° les arrêtés particuliers ou doit garder la chambre, en dehors de ce
Arrhes 60

service. Le militaire puni d'arrêts de dernier de ces organes a survécu. L'ar-


rigueur cesse son service et est enfermé rondissement est en principe la circons-
dans un local spécial. Les arrêts de for- cription électorale pour les élections à la
teresse sont subis dans une prison mili- Chambre des Députés.
taire.
Articles.
Arrhes. Lat. jurid. articulus, chapitre du code, proprt arti
Ancient arres, lat. arra, arrha, abréviation de arrabo, culation.
gr. àposcoiiv, d'orig. sémitique, probablement phé-
I. Division élémentaire et fondamen-
nicienne. tale des lois françaises comprenant une
Somme d'argent, ou toute autre chose disposition légale condensée en une seule
mobilière, remise, au moment de la ou en plusieurs phrases, parfois réparties
conclusion d'un contrat, par l'une des en plusieurs alinéas (V. ce mot) et dont
parties à l'autre, soit : I° pour permettre la série reçoit, pour faciliter la citation
aux parties, qui n'ont pas entendu se des textes, un numérotage unique, qui
lier définitivement par le contrat, de se suit sans interruption à travers
retirer mutuellement leur adhésion d'autres divisions plus générales (Livre,
(moyen de dédit). Ex. : en matière de titre, chapitre, partie, section, para
vente, chaque partie peut, d'après graphe), formant le corps entier d'une
l'art. 1590 C. civ., se départir de son loi ou d'un code. - La même division
engagement en perdant la valeur des se trouve dans les actes des autorités
arrhes ; 2° pour marquer, au contraire, et juridictions administratives (décrets,
la conclusion ferme du contrat (moyen règlements, arrêtés, arrêts).
de preuve). Par exception, l'article 1715 II (Pr. civ.). Unité de dénombrement
du Code civil spécifie que les arrhes ne dans une énonciation écrite de faits
prouvent pas la conclusion de la location dont la preuve doit être établie en
verbale ; 30 (par extension} pour tenir lieu justice (V. enquête ; interrogatoire sur
d'acompte star le prix (moyen de paie- faits et articles).
ment). Ex. : dans les marchés à terme III. (D. civ. et com.) (articles d'un
sur valeurs, les agents de change ou les compte). Ecriture comptable distincte,
coulissiers se font remettre des arrhes destinée à constater une opération juri-
(couvertures) par leurs donneurs d'ordre dique : remise d'effets, versement de
d'achat ou de vente. sommes, etc.. débit ou crédit d'un
compte, et dont l'ensemble forme, après
Arrimage. balance, le solde dudit compte. Ex. ;
Dér. du \. arrimer, formé d'après le moyen angl. articles d'un compte-courant (V. ce
rime (n), id. mot).
Disposition des marchandises dans les
cales du navire par les soins du capitaine. — organiques. Dispositions, ayant
Il est défendu au capitaine de charger valeur juridique de règles de droit public
sur le pont, sauf dans le petit cabotage interne, prises par le Premier Consul,
(C. com. art. 229). Le décret du Ier déc. à la suite du Concordat du 1 5 juillet 1801,
1893 donne les règles de l'arrimage. et contenues dans la loi du 18 avril 1802,
« relative à l'organisation des cultes ».
Arrimeur juré. Expert chargé de véri- Il y a heu de distinguer I° les articles
fier si l'arrimage a été fait régulière- organiques du culte catholique,
.
au nombre
ment. de 77, qui réglaient la police extérieure
du culte, les rapports des Evêques entre
Arrondissement. eux et avec le Saint Siège, les conditions
Dér. d'arrondir, comp. de rond. lat. rotundus. d'admission aux ordres sacrés. L'Eglise
Circonscription administrative au sein ne reconnut pas ces articles organiques,
du département, créée par la loi du qui firent l'objet de plusieurs protes-
28 pluviôse an VIII. Avant la réforme tations de la part de Pie VII ; certains
opérée par les décrets de 1926, chaque tombèrent en désuétude, d'autres
arrondissement était caractérisé par la restèrent en vigueur jusqu'à la Sépa-
présence à son chef lieu, d'un sous préfet, ration de l'Eglise et de l'Etat ; ils
d'un tribunal civil de première instance le sont toujours dans les trois départe-
et d'un conseil d'arrondissement sauf ments recouvrés ; 2° les articles orga-
dans le département de la Seine. Seul, le niques du culte protestant au nombre
61 Articulation
de 44, publiés à la suite des précédents, prévenus ou condamnés, d'un hôtel
réglaient, avec la police extérieure du d'ambassade ou de légation jouissant
culte, le statut des « Eglises réformées » de l'inviolabilité. N'est plus pratiqué que
et des « Eglises de la confession d'Augs- dans certains pays pour les prévenus ou
bourg ». condamnés politiques.
maritime. Tolérance accordée à un
Articulation. --
navire belligérant de séjourner dans un
Lat. articulatio, qui a d'autres emplois, pour servir port neutre au-delà de vingt quatre
de nom à articuler, qui a reçu lui-même son sens jurid.
d'article. heures (Conv. La Haye. 18 oct. 1907).
(Pr. civ.) Enonciation écrite, présentée Accès de leur territoire
énumérativement, de faits dont la preuve — politique.
offert par certains Etats qui ouvrent leurs
doit être rapportée en justice. Ex. : arti- frontières aux prévenus ou condamnés
culation de griefs dans une procédure politiques des pays étrangers et refusent
aux fins de divorce (V. article II). leur extradition.
Artisan. Assassinat.
Empr. au XVIe s., de l'it. artigiano, dér. de arte, art. Dér. d'assassiner, dér. d'assassin, empr., au XVIe,
I. Celui qui exerce un art mécanique, de l'it. assassino, empr. de l'arabe hachâchin (plur.),
un métier (C. civ. art. 570, 1308, 1326, propr. buveur de hachich, sectateur du Vieux de la
1384). Montagne (XIe).
II. (D. fisc). Travailleur industriel I. Meurtre commis avec préméditation
exerçant pour son compte un métier, ou guet-apens (C. pén. art. 296).
seul ou avec la collaboration de sa II (Peu us.). Tortures employées ou
femme et de ses enfants ou d'un ouvrier actes de barbarie commis par des mal-
au plus. faiteurs pour l'exécution de leurs crimes
(C. pén. art. 303).
Ascendants.
Lat. jurid. ascendentes, id., plur. du part. prés, du v. Assemblée.
ascendere, monter. Dér. d'assembler, lat. popul. *assimulare, mettre en-
Parents dont on descend : père, mère, semble (simul).
aïeul, bisaïeul. Réunion de personnes que groupe une
communauté d'intérêts ou de fonctions,
Asile. régulièrement convoquée et délibérant
L. asvlum, refuge, gr. aaoXov, endroit inviolable. d'après des règles établies, en vue de
I. Accès, offert à une personne pour- prendre certaines décisions ou d'ac-
suivie, d'un lieu ou d'un territoire où complir une mission déterminée. Ex. :
elle ne peut pas être poursuivie. Ex. : assemblée nationale, assemblée de créan-
asile des prévenus ou des condamnés ciers ou d'actionnaires.
sur les navires de guerre ; asile des pri- — constitutive : assemblée qui, dans
sonniers de guerre ou des armées en les sociétés par actions, est appelée à
déroute sur le territoire d'un Etat vérifier la sincérité de la déclaration
neutre. Lieu où l'on donne asile. Ex. : les notariée, à nommer les premiers admi-
églises étaient autrefois des asiles. nistrateurs et, s'il y a lieu, à vérifier les
II. (D. ad.). Bâtiment public ou privé apports en nature et les avantages parti-
où l'on reçoit les malades ou les vieil- culiers accordés à certains associés (L.
lards, ou, pendant la nuit, les indigents. 24 juill. 1867, art. 4, 25, 27 et 30).
Ex. : asiles départementaux d'aliénés ;
asiles nationaux de convalescents ; asiles — de créanciers. Assemblée des créan-
de la Ville de Paris où sont admises les ciers d'un même débiteur appelés à régler
femmes enceintes quelque temps avant collectivement sa situation, en cas de
leur accouchement ; asiles de nuit, etc.. faillite ou de liquidation judiciaire.
Dans le langage administratif, l'asile se — de famille. (V. conseil de famille).
distingue de l'hôpital lequel est plus de la Société des Nations. Assem-
spécialement consacré aux soins des —
blée composée des représentants de tous
malades (V. ce mot). Le mot asile semble les Etats membres, à raison de trois par
au contraire synonyme du mot hospice Etat au maximum, chaque Etat ne dis-
(V. ce mot).
posant que d'une voix (v. art. III du
— diplomatique. Accès offert aux Pacte) et qui se réunit au moins une fois
Assemblée 62

par an à Genève. Elle a comme attri- pas pour objet de changer la nationalité
bution essentielle, concurremment avec de la société ou d'augmenter les enga-
le Conseil, de veiller au maintien de la gements des actionnaires (L. 24 juill.
paix du monde. Elle a, en outre, des 1867, art. 31, modifié par L. 22 nov. 1913).
attributions spéciales : admission des — nationale. composée de la réunion
nouveaux membres, élection des membres A. Assemblée
non permanents du Conseil, invitation à des sénateurs et des députés siégeant à
un nouvel examen des traités, vote des Versailles en vertu de l'article 8 de la
amendements au Pacte, budget et fi- loi constitutionnelle du 25 février 1875,
nances de la Société, élection, en concours sous la présidence du bureau du Sénat,
avec le Conseil, des membres de la Cour et qui est convoquée soit en vue de revi-
permanente de Justice internationale, ser les lois constitutionnelles, soit en
discussion du rapport du Conseil et du vue de l'élection du Président de la
Secrétariat. République.
Assemblée, B. Nom fréquemment donné dans
— des Cours et tribunaux.
non publique, de tous les magistrats un système de gouvernement représen-
composant une cour ou un tribunal. tatif à l'organe constituant ou législatif,
L'assemblée a des attributions surtout lorsqu'il est composé d'une Chambre
administratives ou disciplinaires. unique. Ex. : assemblée nationale cons-
Conseil d'Etat. tituante 1789-1791 ; assemblées natio-
— duAssemblée générale du Conseil nales législatives 1791-1792, 1849-1852 ;
A. assemblée nationale 1871-1875.
d'Etat. Formation la plus ample que
prend le Conseil d'Etat, donneur d'avis — ordinaire.
administratifs. L'assemblée générale du Lat. ordinarius,dér. de ordo, — inis, rang, ordre.
Conseil d'Etat est présidée par le garde
Assemblée qui (dans les sociétés par
des Sceaux, ministre de la Justice. Elle
actions), se tient au moins une fois par
comprend : le Vice-Président du Conseil an pour entendre le rapport des adminis-
d'Etat, les Ministres, les Conseillers trateurs ou gérants, pour fixer l'emploi
d'Etat en service ordinaire, les Conseillers des bénéfices, nommer les administra-
d'Etat en service extraordinaire, les teurs, les commissaires et, pour statuer
maîtres des Requêtes, les auditeurs, le sur toutes les questionsrelatives à la vie
secrétaire général. Les décrets rendus de la société.
après délibération de l'assemblée géné- Assesseur.
rale du Conseil d]Etat constituent soit des Lat. assessor, dér. d'assidere, s'asseoir.
règlements d'administration publique Officier de justice dont les fonctions
(V. ce mot), soit des décrets en forme de consistent à assister un juge et à
règlements d'administration publique délibérer éventuellement avec lui.
(V. ce mot). Ex. : assesseur du Président de la Cour
B. Assemblée publique du Conten- d'assises (C. I. cr. art. 252, 253) ; juges
tieux. Formation la plus ample du Con- assesseurs, composant avec le président
seil d'Etat statuant comme organe juri- du tribunal, ou un des magistrats du
dictionnel. Elle comprend : I° le vice- siège, la Chambre du conseil des loyers
président du Conseil d'Etat, président ; (L. 31 mars 1922, art. 18 ; L. 6 juill.
2° le président et les conseillers de la 1925, art. 4 ; L. Ier av. 1926, art. 16).
section du contentieux (V. ce mot) ;
3° cinq conseillers d'Etat en service Assiette.
ordinaire choisis dans la section de Lat. *popul. assedita,fém. pris subst. du part. *asse-
législation et dans les sections adminis- ditus, du v. * assedere, réfection du class. assidere,
tratives (V. ce mot) et élus chaque année d'après le simple sedere, être assis.
Détermination de la base concrète sur
par le Conseil d'Etat réuni en assemblée laquelle doivent s'accomplir certains
générale. faits. Plus spécialement : I° — de l'hypo-
— extraordinaire (d'une société par thèque : biens sur lesquels porte l'hypo-
actions : assemblée qui est appelée à thèque ; 2° (D. fisc) : — de l'impôt : base
statuer sur les modifications aux sta- de l'imposition, c'est-à-dire détermina-
tuts. Elle doit remplir certaines condi- tion en qualité et en quantité, de la
tions de quorum et de majorité, elle matière assujettie à l'impôt. 3° (D. for.)
peut décider toute modification qui n'a — de coupes de bois : désignation de la
63 Assignation

partie d'un bois sur laquelle doit porter Assises.


une coupe (C. for. art. 73 et s.). Part, passé fém. pris substantievt. du v. asseoir,
lat. pop. * assedere, V. Assiette.
Terme désignant tantôt la cour d'as-
Assignation. sises elle-même (par ex. CI. cr. art. 251,
Lat. assignatio, qui a d'autres emplois, pour servir 258 ; Décr. 6 juill. 1810 art. 90), tantôt
de nom à assigner, lat. assignare, attribuer, fixer,
qui a reçu le sens de citer à comparaître récemment la période pendant laquelle siège cette
dans le franc, jurid. juridiction (par ex. : C. I. cr. art. 259,
I. Acte d'huissier par lequel une per- 260, 391. L. 20 av. 1810, art. 19). On
sonne est appelée à comparaître en distingue les assises ou sessions ordinaires,
justice, soit pour être jugée, soit pour qui se tiennent tous les trois mois (C. I.
apporter son témoignage (dénommée cr. art. 259, § 1), et les assises ou sessions
plus généralement citation), soit pour extraordinaires, tenues, « si le besoin
participer à un acte d'instruction. L'assi- l'exige » (C. I. cr. art. 259), en supplé-
gnation est un exploit (C. pr. civ. art. 59 ment aux sessions ordinaires trimes-
et s.). Plus particulièrement, acte par trielles (C. I. cr. art. 259, 391 ; Décr.
lequel on est appelé comme défendeur 6 juill. 1810, art. 81 ; L. 29 juill. 1881,
devant une juridiction contentieuse ou art. 59) (V. Cour d'assises).
répressive. Synonyme d'ajournement
(V. ce mot). Assistance.
délai : assignationpar laquelle, Der d'assister, lat. assistere, se tenir auprès de, as-
— à brefd'une ordonnance rendue sur sister en justice.
en vertu I. Soins et appui moral qu'une per-
requête par le président du tribunal
civil, le demandeur au procès cite son sonne est tenue de donner à une autre.
adversaire à comparaître à trois jours Ex. : l'assistance que chaque époux doit
francs (C. pr. civ. art. 72). personnellement à son conjoint.
II. Présence auprès d'un incapable
— à jour fixe d'une: assignation par la- faisant un acte juridique d'une personne
quelle, en vertu ordonnance ren- chargée par la loi de l'habiliter. Ex. :
due sur requête par le président d'une art. 482, curateur du mineur émancipé,
cour ou d'un tribunal, une personne est art. 499 et 513, personne pourvue d'un
appelée à comparaître en justice au jour conseil judiciaire. En théorie, l'assis-
même indiqué dans l'exploit. tance diffère de l'autorisation en ce que
celle-ci peut être donnée soit par la
— de jour à jour (ou d'heure à heure).
présence à l'acte, soit par un écrit énon-
Assignation par laquelle, en vertu d'une
ordonnance rendue sur requête par le çant les clauses et conditions de l'acte
(art. 217, C. civ., pour l'autorisation de
président du tribunal civil ou de com-
la femme mariée). En pratique cepen-
merce, une personne est appelée à com- dant, on admet que le curateur ou le
paraître en justice le jour même ou conseil judiciaire peut remplacer l'assis-
le lendemain ou le jour même à une heure
déterminée (C. pr. civ. art. 417 et tance par une autorisation écrite, sauf
418). quand il s'agit pour l'incapable d'ester
en justice.
Assignation de parts. — judiciaire.
I. Détermination par le donateur ou A. Secours consistant en la gratuité
le testateur des parts devant revenir provisoire ou définitive des frais de
dans les biens donnés à chaque bé- justice accordée aux personnes dont les
néficiaire de la disposition libérale. ressources sont insuffisantes. On dit,
Lorsque cette fixation de part a pour dans ce sens, demander l'assistance judi-
but de restreindre la vocation de chacun ciaire; obtenir l'assistance judiciaire.
des légataires à une portion déterminée B. Institution qui assure aux personnes
de l'objet légué, et qu'elle ne porte pas dont les ressources sont insuffisantes
seulement sur l'exécution du legs, elle la gratuité provisoire ou définitive des
met obstacle au droit d'accroissement frais de justice. CL. 22 janv. 1851, modi-
(V. ce mot) (C. civ. art. 1044 et 1045). fiée par celles du 10 juill. 1901 et du
II. Se dit également, en matière de 4déc 1907). Le «bureau d'assistance judi-
partage, des attributions qui sont faites ciaire » désigne l'organisme qui assure le
sans tirage au sort. fonctionnement de l'institution.
Association 64

— maritime. Secours porté à un na- subvenir soit aux frais, à l'entretien et


vire en péril par un autre navire (L. 29 à l'exercice public d'un culte, soit à l'un
av. 1916 ; Conv. int. Bruxelles de 1910). de ces objets seulement, et soumis aux
— publique.
règles indiquées dans le tit. IV de la loi
du 9 déc. 1905 sur la séparation des
A. Aide, secours ou soins donnés par Eglises et de l'Etat. Les associations dio-
l'Etat ou une personne publique aux césaines, constituées dans le culte catho-
personnes que les circonstances, leur lique depuis 1924, sont, en réalité, des
âge ou leur santé empêchent de sub- associations cultuelles ayant pour objet
venir par elles mêmes à leurs besoins. exclusif de subvenir aux frais et à l'en-
Ex. : bénéficiaire de l'assistance pu- tretien du culte.
blique ; le droit à l'assistance publique.
B. Ensemble des institutions publiques — déclarée. Association régie par les
dépendant de l'Etat, des départements deux premiers titres de la loi du Ier juill.
ou des communes, ou Constituées en 1901, et pour laquelle les fondateurs ont
établissements publics, destinées à aider, fait à la préfecture ou à la sous-préfec-
secourir et soigner les personnes que ture une déclaration indiquant le nom
les circonstances, leur âge ou leurs et l'objet du groupe, le siège de ses
état de santé empêchent de subvenir établissements, son siège social, les noms
par elles mêmes à leurs besoins. — professions et domiciles des personnes
Assistance publique à Paris (adminis- chargées de l'administration, en joignant
tration générale de l' ). Etablissement deux exemplaires des statuts. Grâce à
public centralisant les services d'assis- cette déclaration, l'association devient
tance de la Ville de Paris et du dépar- une personne morale et acquiert une
tement de la Seine. certaine capacité juridique dite petite
personnalité (V. ce mot).
Association.
— de malfaiteurs (D. pén.). Réunion
Dér. d'associer, lat. associare, réunir (comp. de de plusieurs personnes en vue de pré-
socius, compagnon).
(D. ad.). parer ou de commettre des infractions
à la loi pénale. Quand l'association a
I. Dans un sens général, groupement pour but de préparer ou de commettre
permanent de personnes mettant en des crimes contre les personnes ou les
commun leurs connaissances, leur acti- propriétés, elle constitue le « crime contre
vité et leurs ressources, en vue d'un but la paix publique », que l'article 266 du
déterminé. C'est dans ce sens qu'on dit Code pénal punit de la peine des tra-
fréquemment que notre époque est celle
de l'association. vaux forcés à temps.
IL Dans la législation française : — diocésaine (V. — cultuelle).
I° groupement permanent de per- — en participation (D. com.). Forme
sonnes mettant en commun leurs de société commerciale dont l'existence
connaissances, leur activité et leurs ne se révèle pas aux tiers et qui ne cons-
ressources, en vue d'un but qui n'est pas titue pas une personne morale, l'associé
exclusivement ou principalement patri- chargé de la gérance agissant pour
monial. Dans ce sens, l'association compte commun en son nom personnel.
s'oppose à la société (V. ce mot) (L.
Ier juill. 1901, art. Ier). Certaines asso- — reconnue d'utilité publique. Asso-
ciation ayant fait l'objet d'un décret pris
ciations (syndicats professionnels, so-
ciétés de secours mutuels, associations en Conseil d'Etat, la reconnaissant
syndicales) étant soumises par la loi à comme établissement d'utilité publique
et lui donnant une capacité plus éten-
un régime spécial, on réserve souvent le due que celle des associations déclarées,
nom d'association aux groupements ré- notamment le droit de recevoir des libé-
gis par les deux premiers titres de la loi ralités (L. Ier juill. 1901, art. 1).
du Ier juillet. 1901, qui constituent le
droit commun de l'association en France. religieuse.
III. Convention par laquelle deux ou A. Dans un sens très général et assez
plusieurs personnes forment l'associa- usité dans les discussions courantes,
tion (L. Ier juill. 1901, art. I). groupement à but religieux.
B. Dans le sens du droit administratif
— cultuelle. Association formée pour français et du droit fiscal, association,
65 Associés
qui, sans présenter le caractère de congré- capital ou une rente, en cas de réalisation
gation ou d'association cultuelle (V. ces d'un risque déterminé : incendie, inon-
mots) est, à titre principal ou prédo- dation, grêle, mortalité des bestiaux,
minant, constituée dans un but religieux. maladie, accidents, décès, etc.
syndicale. Groupement de proprié-

taires s'unissant soit de' leur plein gré — à capital différé (V. — sur la vie).
soit sur l'injonction de l'Administration, — à primes. Assurance dans laquelle
le risque est pris en charge par l'assu-
en vue d'effectuer certains travaux reur contre paiement d'une somme
intéressant l'ensemble de leurs pro- déterminée, appelée prime, fixée à
priétés et ayant le caractère de travaux l'avance, non susceptible de majoration,
d'utilité générale (défense contre la mer
et demeurant acquise à l'assureur, qui
ou les cours d'eau, dessèchement de profite de l'excédent des primes sur
marais, assainissement de terres insa- les sommes qu'il est tenu de verser aux
lubres, etc.). L'association est dite libre assurés, ou supporte la perte, s'il s'est
lorsqu'elle est constituée par la volonté
unanime des intéressés. Elle est dite trompé dans ses calculs. S'oppose à
autorisée, loisqu'elle est constituée en assurance mutuelle (V. ce mot).
vue de certains travaux sur la demande — au premier feu. Variété de l'assu-
ou du consentement de la majorité des rance contre l'incendie, dans laquelle
intéressés. Elle est dite forcée lorsqu'elle il est expressément convenu d'écarter
est formée d'autorité par l'Adminis- l'application de la règle proportionnelle
tration (L. 21 juin 1865). (V. ce mot), l'assureur s'obligeant à
réparer le préjudice subi par l'assuré,
Associés. à concurrence de la somme fixée au
V. Association.
(D. civ. et com.). Membre d'un grou-
T. contrat, sans tenir compte de la diffé-
pement constitué sous la forme de rence pouvant exister entre ladite somme
société civi1e ou commerciale ou d'asso- et la valeur réelle des choses assurées
ciation. Dans les sociétés commerciales, au jour du sinistre.
le nom d'associés désigne ceux qui ont — conjointes. Assurances successives
le double droit de participer aux béné- ou simultanées par lesquelles le même
fices et de concourir à la direction des intérêt sur la même chose est garanti
affaires sociales pour les distinguer des contre le même risque pour le même
porteurs de parts de fondateur qui n'ont temps, sans que le total des sommes
que le droit de participer aux bénéfices. assurées dépasse la valeur de la chose
Pour les associations, on dit plutôt soumise au risque. Ex. ; un propriétaire
sociétaires. fait assurer sa maison par trois assureurs,
II. (D. int. pub.). Expression em- chacun d'eux ne l'assurant que pour
ployée pour désigner les puissances qui le tiers de sa valeur. On dit aussi qu'il
ont coopéré à la guerre de 1914 contre y a coassuranee (V. ce mot). S'oppose
les empires centraux, sans traité d'al- aux assurances cumulatives (V. ce mot).
liance.
— contre la grêle. Assurance dont
Assurance. l'objet est de garantir l'assuré contre
Dér. d'assurer, comp. de sûr, lat. securus. les dommages matériels causés à des
I. Opération par laquelle une personne, objets mobiliers, à des bâtiments ou à
appelée assureur, prenant en charge, des récoltes par l'action exclusive et
moyennant une rémunération dite prime mécanique de la chute des grêlons.
ou cotisation, un ensemble de risques, — contre
la maladie (V. — sociales).
les compense, conformément aux lois
de la statistique, de façon que le total — contre la pluie. Assurance qui a pour
objet d'indemniser l'assuré des dom-
des primes ou cotisationssuffise à payer
les sommes dues aux assurés en cas de mages qui résulteraient pour lui de la
réalisation des risques (V. risque, coti- survenance de la pluie au cours d'un
événement déterminé ou d'une période
sation, prime). de temps donnée. Ex. : assurance con-
II. Contrat par lequel un assureur tractée par un commerçant qui veut se
s'engage, moyennant une prime ou une faire garantir la perte de bénéfices que
cotisation, à payer à l'assuré ou au lui causerait la pluie survenant au cours
bénéficiaire convenu une indemnité, d'une exposition ou d'une fête.
un
5
6
Assurance
vieillesse (V. — sociales). rieure au montant du préjudice souffert
— contre la
contre les accidents. Assurance qui par lui, ou assurance de dommages.
— de garantir l'assuré soit S'oppose à l'assurance de personnes
a pour objet (V. ce mot).
contre les accidents dont il peut être
victime, soit contre les accidents dont — de natalité. Assurance destinée à
il peut être responsable à l'égard des procurer un capital déterminé à une
tiers. personne mariée à la naissance de
dégâts Assu- chacun de ses enfants, soit sans limi-
les des eaux.
— contre
garantissant les dommages tation d'âge, soit jusqu'à un âge déter-
rance ma- miné (cinquante ans, par exemple;.
tériels que peuvent causer aux im-
meubles, au mobilier ou aux marchan- nuptialité. Assurance garan-
— dele paiement d'un capital déter-
dises les eaux distribuées à domicile, tissant
les eaux pluviales, ménagères et de miné au bénéficiaire convenu, à l'époque
vidange, par suite d'accident fortuit de son mariage survenant dans un cer-
(gel, pression), par le fait d'autrui ou tain délai. Ex. : un père stipule que,
par le fait involontaire de l'assuré (oubli moyennant le paiement d'ime prime
de fermeture de robinet, négligence). unique ou d'une prime périodique
l'incendie. Assurance dont payable pendant un nombre d'années
— contred'indemniser l'assuré déterminé, l'assureur versera à sa fille
le but est contre capital de x... francs au jour de son
les dommages matériels directement un
causés par le feu (conflagration, embra- mariage, s'il survient avant 35 ans.
sement simple, combustion).
Il est généralement prévu que, si le
bénéficiaire décède ou ne se marie pas
— contre l'invalidité (V. —-sociales). avant l'âge fixé, le capital sera payé ou
crédit (ou des crédits commerciaux). les primes remboursées à l'assuré ou
— au bénéficiaire.
Assurance qui a pour objet de garantir
les commerçants ou les industriels contre — de personnes. Assurance dans
l'insolvabilité de leurs débiteurs. Ex. : laquelle la personne même de l'assuré
un industriel tire des traites sur des fait l'objet du contrat, par exemple,
clients étrangers et stipule d'un assureur l'assurance sur la vie, l'assurance contre
qu'il devra payer le montant des dites les accidents qui peuvent frapper l'as-
traites si le tiré ne les acquitte pas à suré, l'assurance contre la maladie ou
l'échéance. l'invalidité.
— cumulatives. Assurances successives — de responsabilité. Assurance dont
par lesquelles le même intérêt est assuré l'objet est de garantir l'assuré contre
sur le même objet, pour le même temps, les réclamations pécuniaires de tiers à
contre les mêmes risques, à plusieurs l'égard desquels sa responsabilité peut
assureurs, de façon que l'ensemble des être engagée à raison d'un fait domma-
sommes assurées dépasse la valeur de geable déterminé (accident causé à
l'assurance, c'est-à-dire la valeur soit autrui, incendie, faute commise dans
de la chose assurée, soit de l'intérêt que l'exercice des fonctions, risque profes-
l'on a sur elle. Ex. : un propriétaire fait sionnel, etc.).
assurer sa maison pour son entière directe. Assurance qui a pour objet
valeur par plusieurs assureurs successi- —
vement. Les articles 334 et 359 du Code d'indemniser l'assuré des pertes maté-
de commerce prohibent les assurances rielles qu'il peut subir. Elle est dite di-
cumulatives. recte, parce qu'aucun intermédiaire
n'existe entre l'assureur et le bénéfi-
— de choses. Assurances par laquelle ciaire de l'assurance. Ex. : assurance
une personne s'assure contre les consé- contre l'incendie. S'oppose à l'assurance
quences d'un événement pouvant causer indirecte (V. ce mot).
un dommage à son patrimoine : incendie,
grêle, mortalité de bestiaux, vol, faits' — dotale (V. — de nuptialité).
engageant sa responsabilité, etc.. On dit — du recours des voisins. Assurance
aussi assurances-indemnités, parce que, de la responsabilité à laquelle un pro-
dans ces assurances, l'assuré ne peut priétaire ou un locataire peut se trouver
jamais avoir droit à une somme supé- soumis envers ses voisins pour les dé-
Assurance

gâts matériels résultant de la communi- — maritime. Assurance ayant pour


cation d'incendie à leurs propriétés, objet de garantir l'assuré contre les dom-
lorsque cet incendie a été causé par sa mages pécuniaires que peuvent lui causer
faute (C. civ. art. 1382, 1383 et 1384). des risques de mer, c'est-à-dire des
locatif. Assurance de la risques survenant au cours d'une expé-
— du risque dition maritime (tempête, naufrage,
responsabilité que les art. 1733 et 1734 échouement, abordage, incendie, prise,
du Code civil font peser sur le locataire à arrêt, déclaration de guerre, pillage)
l'égard du propriétaire pour le cas où (V. ces mots) (C. com. art. 350).
lieux loués
un incendie éclate dans les l'immeuble.
ou les parties communes de — mixte (V. — sur la vie).
— en cas
de décès (V. — sur la vie). — multiples (V.—conjointes et — cu-
de vie (V. la vie). mulatives).
— en cas sur
(ou par abonnement). mutuelles. Assurance dans laquelle
—certain
— flottante un nombre de personnes se
Assurance garantissant jusqu'à concur-
groupent volontairement en vue de se
rence d'une somme déterminée toutes garantir mutuellement, par des verse-
les marchandises qui se trouveront sou-
mises pendant une certaine période à ments annuels, contre un risque déter-
miné. Le versement, annuel, appelé coti-
un ou plusieurs risques déterminés, par sation, est en principe, variable, car il
exemple toutes les marchandises que
l'assuré pourra charger sur un navire dépend des sommes que la société devra
pendant un voyage ou une période déter- payer, dans le cours de l'année, aux assu-
minée, ou encore toutes les marchandises rés atteints par le risque. Mais, en fait,
qui seront entreposées dans un endroit les sociétés d'assurances mutuelles de-
donné. L'expression « flottante » indique mandent une cotisation fixe à leurs
l'indétermination des valeurs assurées ; adhérents, soit qu'elles la calculent à
l'expression « abonnement » traduit la un chiffre assez élevé pour couvrir tous les
risques, soit qu'elles limitent à l'avance
permanence du contrat. On dit aussi, à ce chiffre global le maximum des
dans le même sens, assurance ajustable
ou assuranceen compte-courant. sommes qu'elles répartiront entre les
abonnés atteints par le risque.
— fluviale. Assurance contre les
risques de la navigation intérieure — par abonnement (V. — flottantes).
(fleuves, rivières, canaux, lacs), pouvant
atteindre par suite de naufrage, échoue- — populaire. Assurance sur la vie
contractée sans examen médical pour
ment, feu, vent, glace, soit les bateaux un capital relativement faible, et moyen-
servant aux transports des personnes nant le paiement de primes fractionnées,
ou des marchandises (péniches, canots, le plus souvent hebdomadaires, bi-men-
yachts de plaisance), soit les marchan- suelles ou mensuelles.
dises transportées.
pour compte (ou pour compte de
— indirecte. Assurance qui garantit qui il appartiendra). Assurance maritime
l'assuré contre les conséquences de la
responsabilité qu'il peut encourir. Elle ou terrestre dans laquelle le souscripteur
de la police agit en son nom sans être
est dite indirecte, parce que c'est l'action intéressé à l'assurance, le bénéfice du
de la victime contre l'assuré qui fait contrat étant fixé sur la tête de celui
naître le droit à indemnité : un intermé- qui sera titulaire de l'intérêt assuré au
diaire, la victime du dommage, s'inter- jour du sinistre. Ex. : l'expéditeur de
pose ainsi entre l'assureur et l'assuré. marchandises chargées sur un navire,
S'oppose à l'assurance directe (V. ce présumant que la propriété pourra en
mot). être transférée en cours de route, les
in quo vis. assure au profit de qui il appartiendra,
Loc. lat. signifiant ; en ce qui concerne n'importe c'est-à-dire au profit de celui qui en sera
lequel. propriétaire au moment de la surve-
Assurance sur facultés dans laquelle le
nom du navire sur lequel les marchandises nance du sinistre.
sont chargées, n'est pas indiqué (C. com. — sociales. Assurances dont le but
art. 337). On dit aussi, dans le même est d'améliorer la situation des personnes
sens, assurance sur navire indéterminé. qui vivent principalement de leur tra-
Assurance 68

vail, et dont les dépenses incombent à la — terrestre. Toute assurance étran-


fois aux assurés, aux patrons ou em- gère aux risques de la navigation mari-
ployeurs et à l'Etat. Elles couvrent les time ou intérieure.
risques : maladie, it«ralidité prématurée, — tous risques. Forme particulière
vieillesse, décès, et comportent une par- de l'assurance-automobile, qui garantit
ticipation aux charges de famille, de l'assuré contre tous les dommages que
maternité et de chômage involontaire peut causer ou qui peuvent atteindre sa
par manque de travail (L. 5 av. 1928, voiture (incendie, accident, vol) à l'ex-
art. I). ception de ceux qui sont expressément
— sur bonnes ou mauvaises nouvelles.
Assurance dans laquelle il est expressé-
réservés.
ment convenu

que les effets se produi- Assuré (V. assurance II).


ront même dans le cas où le risque avait
cessé d'exister au moment de la conclu- Assureur (V. assurance II).
sion du contrat (le navire, par exemple
étant arrivé à destination ou ayant som- Astreinte.
bré), pourvu que les deux parties n'en Part, passe, pris substantivt, du v. astreindre, lat.
aient pas eu connaissance (C. com. art. adstringere.
367). I. Condamnation pécuniaire, indépen-|
dante du préjudice réel éprouvé, pro-
— sur corps. Assurance d'un navire noncée à raison de tant par jour de
contre les risques de mer. L'expression retard, en vue d'amener le débiteur
« corps » désigne, non seulement le corps d'une obligation de faire ou de ne pas
lui-même, mais aussi tous les accessoires, faire à l'exécuter, par la menace d'avoir
agrès et apparaux et la machinerie du à payer une indemnité susceptible de
navire. s'accroître de façon considérable, si
l'inexécution se prolonge ou se répète.
— sur facultés. Assurance de marchan- Elle doit, avant recouvrement, être
dises contre les risques de mer. liquidée par le tribunal, qui en fixe défi-
— sur la vie. Contrat par lequel l'as- nitivement le montant.
I.
sureur, en retour d'une prime ou coti- (Enr.) Somme remplaçant le droit
sation qui peut être soit unique, soit d'enregistrement à percevoir, exigé
périodique, s'engage à payer à l'assuré par l'Adininistration de l'Enregistre-
ou à toute autre personne désignée par ment pour non-représentation d'un acte
celui-ci une somme d'argent (capital produit en justice, en vue de contraindre
ou rente), soit au décès de l'assuré ou le redevable à soumettre cet acte à la
d'un tiers désigné, soit, au cas de survie formalité de l'enregistrement.
de rassuré ou du tiers, à une époque
donnée. Elle est dite en cas de décès, Atelier.
lorsque l'assureur s'engage à verser la Anciennement astelier, dér. d'astele, éclat de bois,
lat. * astella, issu de astula, antérieurementassula, id.
somme stipulée au décès de l'assuré ou astelier désignait d'abord un atelier de charpentier ;
d'un tiers désigné, quelle que soit ou de menuisier.
l'époque à laquelle le décès se produira Lieu où travaillent un certain nombre
(assurance vie entière) ou audit décès, d'ouvriers (V. règlement d'—).
s'il survient dans un délai déterminé
(assurance temporaire). Elle est dite Atermoiement.
en cas de vie, lorsque l'assureur promet Dér. d'atermoyer, comp. de l'a. fr. termoyer, dér. de
de payer la somme stipulée si l'assuré terme.
Délai accordé à un débiteur par ses
ou un tiers désigné est encore vivant au créanciers au cas d'impossibilité démon-
terme convenu. Cette dernière assurance trée de payer à l'échéance. Des ater-
est appelée aussi assurance de capital moiements échelonnés résultent sou-
différé. Elle est dite enfin mixte, lorsque
l'assureur s'engage à payer la somme vent du concordat en matière de faillite
stipulée, soit à l'assuré lui-même, s'il ou de liquidation judiciaire ou des con-
cordats amiables entre créanciers et
est encore vivant au terme fixé, soit à sa débiteurs.
femme, à ses enfants ou à toute autre
personne, aussitôt après son décès, s'il Attaché.
meurt avant ce terme. Dér. Rattacher, d'orig. incertaine.
69 Attaché
S'emploie dans les expressions sui- Délit pénal réprimé par la loi du 12 fé-
vantes : vrier 1924 et dont se rend coupable : I° qui-
ministère de la Justice. Le décret conque, par des faits faux ou calomnieux
— aufévrier 1908, distingue : I° les semés à dessein dans le public ou par des
du 13
attachés stagiaires : licenciés en droit voies ou moyens frauduleux quelconques,
autorisés à accomplir un stage au Minis- aura provoqué ou tenté de provoquer des
tère de la Justice, au Parquet de la retraits de fonds des caisses publiques
Cour de cassation, d'une Cour d'appel ou des établissements obligés par la loi
à effectuer leurs versements dans les
ou d'un Tribunal de première classe. En caisses publiques ; 2° quiconque aura,
principe, ils ne sont pas rétribués ;
2° les attachés titulaires : attachés sta- même sans emploi de moyens fraudu-
giaires qui, après un an de stage, ont leux, opéré ou tenté d'opérer la baisse
subi avec succès l'examen profession- des devises nationales dans un but de
nel d'aptitude aux fonctions judiciaires. spéculation ; provoqué ou tenté de
Us sont au nombre de quarante, affectés provoquer la vente des titres de rentes
pour moitié aux parquets du Procureur ou autres effets publics, mis obstacle eu
général près la Cour de cassation, du tenté de mettre obstacle à l'achat des-
Procureur général près la Cour d'appel dits fonds ou valeurs ou à leur souscrip-
de Paris ou du Procureur de la Répu- tion dans un but de spéculation.
blique près le tribunal de la Seine, et
Attendu.
pour l'autre moitié à l'Administration Part, passé du v. attendre d'après son sens ancien
centrale. Leur situation, assimilée à celle de porter attention à, lat. attendere.
de juge de paix suppléant, est rémunérée. Motif d'une requête, d'une assignation
— au Parquet. Licencié ou docteur ou d'une décision de justice, commençant
en droit, se destinant à la magistra- par la conjonction « attendu que... ».
ture, accomplissant un stage dans les Dans le langage courant, s'emploie
services intérieurs du Parquet du Pro- comme substantif pour désigner les mo-
cureur de la République ou du Procu-
tifs. Ex. : les attendus d'un jugement
(V. considérant).
reur général.
— commercial. Agent technique Attentat.
nommé par le ministère des Affaires 'Lat. médiév. attentatum ou attentatus, dér. du v.
étrangères et résidant auprès d'un agent attentare, attenter à.
diplomatique ou d'un consul en vue I. Attaque, agression contre les per-
d'étudier les milieux commerciaux et sonnes, les droits, les biens, les sentiments
économiques du pays où il est installé collectifs protégés par la loi pénale.
afin de contribuer à l'expansion exté- Ex. : attentat contre la propriété, atten-
rieure de sa patrie et de fournir à ses tat anarchiste, victime d'un attentat. En
nationaux tous renseignements utiles en général, dans le Code pénal, le terme est
vue du commerce à l'étranger. suivi de la désignation de l'objet de
l'agression. Ex. : attentat à la pudeur, à
d'ambassade. Fonctionnairele moins la liberté.
élevé du corps diplomatique, recruté gé- II. Dans un sens plus restreint, le mot
néralement par voie de concours et ré- attentat est plusieurs fois employé par le
sidant auprès d'une ambassade ou d'une Code pénal pour désigner des délits for-
légation. mels, c'est-à-dire des infractions qui sont
— militaire (ou naval). Officier des exécutées entièrement, consommées, lors
armées de terre (ou de mer) désigné même que leur exécution n'a pas produit
par son gouvernement pour résider les effets, le résultat attendus par l'agent.
auprès d'une ambassade ou d'une léga- Ex. : l'art. 301 C. pén. définit l'empoi-
tion afin de suivre la situation mili- sonnement « tout attentat à la vie d'une
taire ou navale de l'Etat étranger et de « personne, par l'effet de substances
renseigner son gouvernement. Il jouit des « qui peuvent donner la mort plus ou
immunités diplomatiques. « moins promptement, de quelque ma-
« nière que ces substances aient été
Atteinte au crédit de l'Etat. « employées ou administrées, et quelles
Part, passé fém., pris, subst, du v. atteindre, lat. « qu'en aient été les suites ». (V. aussi
popul. * attangere, cl. attingere. infra — à la sûreté de l'État).
Attentat 70

— à la liberté. large, en préparer l'exécution, V. infra : com-


A. Dans un sens tout acte, non plot contre la sûreté de l'État.
autorisé par la loi, dirigé contre le droit
de liberté individuel, telle qu'une arres- — aux moeurs. Tout actela contraire
pudeur.
tation, une séquestration, une détention aux bonnes moeurs ou à
Sous ce terme, employé dans un sens
illégale, qu'il émane d'un simple, parti- général, les lois pénales répriment :
culier ou d'un fonctionnaire. I° à la fois les atteintes à la pudeur
B. Le Code pénal réserve plus spéciale- publique (outrages publics à la pudeur,
ment (intitulé sect. II, tit. I, liv. III, outrages aux bonnes moeurs) et les
art. 114 à 122) la qualification d'atten- attentats à la pudeur individuelle d'une
tats à la liberté aux actes arbitraires ou personne déterminée (viol, attentat à
attentatoires soit à la liberté indivi- la pudeur) ; 2° à la fois les atteintes
duelle, soit aux droits civiques d'un à la pudeur se réalisant par des gestes
ou de plusieurs citoyens, soit à la Cons- matériels, par exempledes attouchements
titution, ordonnés ou faits par des fonc- impudiques (outrages publics à la pu-
tionnaires publics, des agents ou des deur, viol, attentat à la pudeur), et
préposés du gouvernement. celles se réalisant, d'une manière en
— àSens
la pudeur. quelque sorte intellectuelle, par des dis-
A. général : acte matériel con- cours, écrits, imprimés, dessins obscènes
traire aux moeurs exercé directement sur ou contraires aux bonnes moeurs (ou-
une personne déterminée de l'un ou trages aux bonnes moeurs réprimés par
l'autre sexe, et portant atteinte à la la législation sur la presse : L. 29 juill.
pudeur physique de cette personne. 1881, art. 28, L. 2 août 1882,16 mars 1898,
Dans ce sens, l'attentat à la pudeur 7 av. 1908) ; 3° à la fois les atteintes à
englobe aussi bien le viol que l'at- la pudeur morale (outrages aux bonnes
tentat à la pudeur stricto sensu, et moeurs) et les attentats contre la pudeur
se distingue de l'outrage public à la physique (viols, attentats à la pudeur) ;
pudeur. 4° les diverses infractions qui consistent
B. Au sens plus restreint des art. 331, à favoriser la débauche et la prostitu-
332, § 3 et 4, 333 du Code pénal, acte tion, notamment l'excitation de mi-
matériel contraire aux bonnes moeurs, neurs à la débauche, l'embauchage en
exercé sur une personne déterminée de vue de la débauche ; 5e l'adultère et la
l'un ou l'autre sexe avec violence ou bigamie.
sans son consentement valable, mais
ne consistant pas dans le fait qualifié spé- Atténuation des peines.
cialement viol (V. ce mot). Lat. attenuatio, dér. du v. attenuare, affaiblir, rendre
mince (tenuis).
— à la sûreté de l'Etat. Crime se réa- I. Au sens large : modification des
lisant par tout acte matériel quelconque peines ayant pour objet d'en diminuer
d'exécutionautre que de simples discours la sévérité. Ex. : la loi du 28 avril 1832
et écrits (L. 29 juill. 1881, art. 24, modi- a, en France, largement contribué à
fié par L. 12 déc. 1893), ayant comme l'atténuation des peines.
but immédiat et direct, soit de détruire II. Au sens étroit : application, sur
ou de changer le gouvernement (C. pén. l'ordre ou avec la permission de la loi,
art. 87), soit d'exciter les citoyens ou de peines inférieures en sévérité à celles
habitants à s'armer contre l'autorité qui représentent la sanction normale de
constitutionnelle (C. pén. art. 87), soit l'infraction. Ex. : les causes d'atténua-
d'exciter à la guerre civile en armant tion des peines sont de deux sortes : les
ou en portant les citoyens ou habitants excuses atténuantes ou les circonstances
à s'armer les uns contre les autres atténuantes judiciaires (V. ces mots).
(C. pén. art. 91), soit de porter la dévas-
tation, le massacre et le pillage dans
Atterrissement.
une ou plusieurs communes (C. pén. Dér. d'atterrir, comp. de terre, lat. terra.
art. 91). Sur la distinction entre les (V. alluvions).
attentats à la sûreté de l'État, et le
complot, la proposition non agréée de
former un complot, et le complot suivi Attestation.
d'un acte commis ou commencé pour Lat. attestatio, dér. du v. attestare (comp. de testis
témoin).
71 Attroupement
Acte ayant pour objet l'affirmation par dure qui s'étend depuis l'échec de la
un tiers de l'existence d'un fait ou d'une tentative de conciliation jusqu'au pro-
obligation. Ex. : attestation d'un créan- noncé du jugement. S'oppose, dans ce
cier en vue de la déduction du passif sens, à conciliation. Ex. : le juge n'ayant
dans une déclaration de succession (C. pu concilier les parties les a renvoyées à
enr. art. 270, § 15, n° 8). l'audience ; donner avenir à l'audience
(C. pr. civ. art. 80, 82, 231).
Attroupement. de rentrée. Première audience qui
Dér. du v. attroupe , comp. de troupe, probablement —
suit la fin des vacances judiciaires.
d'orig. german.
Tout rassemblement occasionnel de
— des criées. Audience spéciale où
personnes sur la voie publique et de il est procédé, sous la présidence d'un
nature à troubler la tranquillité générale. juge, aux ventes judiciairesd'immeubles
Par son caractère occasionnel,l'attroupe- sur licitation, conversion, etc. ordon-
ment se distingue de l'association. Parce nées par le tribunal et retenues à la barre.
qu'il a lieu sur la voie publique,il diffère
de la réunion. Il se distingue aussi de là — des saisies immobilières. Audience
rébellion, qui implique une résistance où dans certains tribunaux, il est pro-
cédé devant une section spéciale aux
avec violence aux agents de l'autorité. formalités des ventes judiciaires d'im-
La loi distingue deux sortes d'attroupe- meubles saisis imm obilièrement, aux
ments : l'attroupement armé, l'attroupe- débats sur les incidents de la procédure
ment non armé. L'attroupement est armé
I° lorsque plusieurs des individus qui le et à l'adjudication.
composent sont porteurs d'armes appa- — de vacation. Audience tenue en
rentes ou cachées ; 2° lorsqu'un seul des période de vacance.
individus qui le composent, porteur
d'armes apparentes, n'est pas immédia- — foraine. vient du dehors, dér.
Lat. popul. * foranus, qui
tement expulsé de l'attroupement par de foris, dehors.
ceux-là mêmes qui en font partie. L'at- Audience tenue par le Juge de paix
troupement ne prend un caractère dé- dans une commune autre que le chef-lieu
lictueux que s'il a donné lieu à des som- du ou des cantons sur lesquels il exerce
mations de se disperser faites par l'auto- sa juridiction (L. 21 mars 1896).
rité compétente (L. 27 juill. 3 août 1791,
10 av. 1831, 7 juin 1848).
— forestière.
Dér. (avec rétablissement d's). de for êt, lat. médiév.
forestis (silva), forêt de chasse, en dehors (du parc),
Audience. non entourée, mais interdite(explicat. incert.).
Lat. jurid. audientia, dér. du v. audi. e, entendre. Audience tenue par un tribunal répres-
I. Séance publique d'un tribunal. sif (tribunal de simple police ou tribunal
Ex. : « Ceux qui assisteront aux au- correctionnel), et spécialement consacrée
diences se tiendront découverts, dans le à l'instruction orale et au jugement des
respect et le silence » (C. pr. civ. art. 88) ; affaires forestières.
les jugements doivent être lus à l'au- solennelle.
dience. Par exception, dans la législa- —
Dér. du lat. solemnis, id.
tion spéciale des loyers, on parle : I° de Audience tenue par certains tribu-
l'audience de la Chambre du Conseil, naux supérieurs (Cour de Cassation,
bien que cette audience ne soit pas pu- Cour des Comptes, Cours d'appel) dans
blique, parce que, dans ce cas, la un plus grand appareil (en robes rouges
Chambre du Conseil fait oeuvre de juri- pour les cours judiciaires), sous la prési-
diction contentieuse et joue ainsi le rôle dence du Premier Président (ou, à
d'un véritable tribunal (Comp. L. Ier av. défaut, du plus ancien Président de
1926, art. 16, § 9) ; 2° de l'audience tenue Chambre) et avec un plus grand nombre
par le président du tribunal, en matière de magistrats que l'audience ordinaire.
de renouvellement de baux commer- Les cas où une Cour doit siéger en au-
ciaux (L. 30 juin 1926, art. 2, §2, modifié dience solennelle sont fixés par la loi.
par L. 22 av. 1927). De même, on dit, En dehors des audiences de rentrée,
parfois en matière ordinaire, que l'au- l'audience solennelle est tenue : I° par,
dience a été continuée à huis clos (Comp. la Cour des Comptes, pour les dé-
C. pr. civ. art. 87). clarations générales de conformité, qui
II. Phase contentieuse de la procé- rentrent dans les attributions de con-
Auditeur 72

trôle, et non dans les attributions juri- II. Créateur d'une oeuvre littéraire
dictionnelles de la Cour (Décr. 31 mai ou artistique (V. droits d'auteur).
1862, art. 444 et 875) ; 2° par les Cours III. (D. pén.). Personne dont l'action
judiciaires, pour le jugement de cer- ou l'inaction constitue l'infraction. Par
taines affaires graves. La Cour de cassa- auteur, on désigne surtout l'auteur
tion se réunit en audience solennelle matériel, l'agent physique de l'infraction.
pour juger les prises à partie, qui sont de Mais, dans certains cas, la jurisprudence,
sa compétence, et les pourvois formés la doctrine et la législation elle-même
après une première cassation entre les élèvent, par exception, au rang d'auteur
mêmes parties, agissant en la même qua- l'auteur moral, celui qui a commis
lité et par les mêmes moyens (L. Ier août l'infraction par l'intermédiaire d'autrui
1837, art. 1), ainsi que pour juger les (C. pén. art. 349, 354 et 434, al. 4 et 7).
affaires disdplinaires;les Cours d'appel,
pour juger les prises à partie de leur com- Autocratie.
pétence et les affaires qui leur sont ren- Dér. d'autocrate, empr. du grec ajToy.oottrJç,
voyées après cassation par la Chambre maître absolu.
civile de la Cour de cassation (Décr. 30 Régime politique dans lequel un
homme exerce lui-même et lui seul une
mars 1808, art. 22, modifié par Décr. 26 autorité sans limite. Ex. : l'autocratie
nov. 1899 ; L. 1er av. 1837, art. 3). Une russe au xixe siècle.
Cour réunie en audience solennelle,
constitue une juridiction distincte de Autonomie.
la même Ceux siégeant en audience ordi- Empr. du gr. a'jxovojxîa, droit de régir par ses
naire. propres lois (vô^LOq)
Fait par une collectivité (Etat, Etat-
Auditeurs. membre, circonscription administrative)
Lat. auditer. V. Audience. de déterminer elle-même tout ou partie
Fonctionnaires recrutés exclusivement des règles de droit qui la régissent.
au concours, constituant le degré infé- L'autonomie est donc l'aspect positif de
rieur de la hiérarchie, dans le personnel l'indépendance. L'autonomie absolue est
du Conseil d'Etat et de la Cour des synonyme de souveraineté. Appliquée
Comptes. Ils sont divisés en deux classes. aux collectivités, l'autonomie peut s'en-
tendre en matière internationale, cons-
Auditoire. titutionnelle, législative ou administra-
Lat. auditorium, V. le précéd. tive, selon qu'elle porte sur les relations
I. Lieu où se tiennent les audiences internationales, la Constitution, la légis-
d'un tribunal. Ex. : placard affiché à la lation ou l'administration.
porte de l'auditoire (C. pr. art. 617,629,
699, 866, 867, 872, 903 ; C. com. art. 67 ; — de la volonté.
C. I. cr. art. 320, 326, 348). A. Principe de droit privé en vertu
II. Ensemble des personnes présentes duquel l'auteur ou les auteurs d'un acte
aux plaidoiries et à la lecture du juge- juridique ont la faculté de le passer
ment. Ex. : manifestation de l'audi- librement et d'en déterminer à leur gré
toire, s'adresser à l'auditoire ; faire sortir le contenu et les effets, (ce principe
l'auditoire de l'audience. n'est admis que sous la réserve du
respect des lois relatives à l'ordre public
Aumône dotale. et aux bonnes moeurs ; C. civ. art. 6).
Lat. ecolés. eleemosyna, gr. id. : X E'q u. o d jvr , dér. de Son domaine d'application normal est
l'adj. èXEr^wv, compatissant. la matière des obligations convention-
Biens remis à un monastère par une nelles (C. civ. art. 1134). La théorie,
postulante moniale, à titre de don et de dite de l'autonomie de la volonté, pré-
compensation des obligations pécuniaires tend que le législateur s'est inspiré ou
que le couvent assume à son égard (Cf.. : doit s'inspirer, pour réglementer la plu-
Codex juris canonici, canon. 547-551). part des institutions du droit privé, de la
volonté présumée des particuliers. Ex. :
Auteur. la succession ab intestat serait dévolue
l'auctor ; te sens I, garant, vient du lat. jurid. d'après la volonté probable du défunt.
I. (D. civ.). Personne de qui une autre B.(D.int.ipriv.). Le principe ci-dessus
personne dite ayant-cause (V. ce mot) (dont l'idée fut mise en lumière par
tient un droit ou une obligation. Dumoulin, au xvie siècle, à propos des
73 Autorisation
conflits de coutume) exprime plus spé- — de juge. Permission donnée par le
cialement la faculté reconnue à l'auteur juge, dans les cas prévus par la loi, de
ou aux auteurs d'un acte juridique (gé- faire certains actes juridiques. Ex. :
néralement d'un contrat) susceptible de autorisation d'assigner à bref délai ;
tomber sous l'application des lois de autorisation en matière de faillite (C.
différents pays, de déterminer à leur com. art. 470, 474).
choix, dans des limites encore actuelle- de justice. Permission accordée à la
ment sujettes à discussion, la loi ou les femme mariée par le tribunal, à défaut
règles conventionnelles qui régiront cet
acte. Ex. : choix de la loi du pays où ou sur le refus de l'autorisation maritale,
le contrat est passé ou de la loi du pays pour l'accomplissement d'actes juri-
diques (C. civ. art. 218 et s., 1413, 1417,
où il doit produire ses effets, etc.. 1426, 1558, etc.), ou pour ester en jus-
— des ports. Régime administratif tice (C. civ. art. 238, al. 4).
d'un port qui reçoit par décret la per-
sonnalité morale et s'administre lui- — maritale (V. — I).
même. Ex. : Bordeaux, Le Havre. (L. Autorité.
12 juin 1920). Lat. auctoritas, V. le précéd.
I. Droit de commander. Ex. : toute
Autorisation. autorité émane de la nation ; acte d'au-
Dér. d'autoriser, lat. médiév. auctorizare, dér. torité; fonctionnaire d'autorité; autorité
de auctor. V. Auteur. de justice ; autorité maritale (V. ces mots).
— d'accomplir un acte juridique. II. Organe investi du pouvoir de
I. Permission donnée par une autorité commander. Ex. : l'autorité législative,
qualifiée à une personne juridique du l'autorité administrative, l'autorité judi-
droit public ou à un établissement d'uti- ciaire, l'autorité militaire, l'autorité mu-
lité publique d'accomplir un acte dépas- nicipale. Par extension, l'ensemble des
sant sa compétence. Ex. : le Président de
la République doit être autorisé par organes investis de ce pouvoir. Ex. : les
représentants de l'autorité.
une loi à ratifier les traités de paix, de III. Force obligatoire d'un acte
commerce, ceux qui tendent à modifier émané d'un organe de l'autorité. Ex. :
le territoire national, engagent les fi- autorité de la loi, d'un règlement, de la
nances de l'Etat, etc.. (L. const. 16 juill. chose jugée (V. ce mot).
1875, art. 8) ; les établissements publics
IV. Régime d'autorité : régime dans
et d'utilité publique doivent être auto- lequel la volonté des dirigeants prévaut
risés par l'Administration à accepter
certains dons ou legs (C. civ. art. 910). sur celle des citoyens. Le dérivé « auto-
ritaire « est employé dans des expressions
II. Acte par lequel une personne comme « l'empire autoritaire « (1852-
(mari, conseil de famille) habilite un 1864), Par opposition à « l'Empire
incapable à passer un acte juridique. libéral « (1864-1870).
L'autorisation peut être donnée soit
— de justice. Droits et pouvoirs appar- '
par le concours du mari à l'acte, soit tenant aux juges d'ordonner ou de pré-
par écrit. sider des mesures intéressant la personne
— d'accomplir un acte matériel. Per- et les biens des justiciables. Ex. : mi-
mission de l'Administration sans la-
quelle ne peuvent être accomplis par neur confié par autorité de justice à la
les particuliers certains actes de na- garde d'un particulier ou d'une collec-
ture à empiéter, d'une manière plus
tivité charitable ; vente par autorité de
justice (C. civ. art. 1649).
ou moins durable, sur le domaine public jugée).
ou à compromettre quelque intérêt pu- — de la chose jugée (V. chose
blic : hygiène, sécurité, esthétique, etc.. — maritale. Droits et pouvoirs que
Ex. : l'exploitation des chutes d'eau, dont la loi civile française confère au mari
la puissance maximaest de 500 kilowatts, sur la personne de sa femme et sur son
ne peut être entreprise qu'avec une activité (C. civ. art. 213 et s. ; 1388).
autorisation préfectorale (L. 16 oct. 1919, Le mari a notamment qualité pour con-
art. 2) ; le maire délivre, dans chaque trôler sa conduite, ses relations et sa
commune, les autorisations de bâtir correspondance, l'autoriser à exercer
(L. 5 av. 1884) (V. concession, permis
de bâtir, permission de voirie, etc...).
une profession, à passer des actes juri-
diques, à ester en justice.
Auxiliaire 74

Auxiliaire. prend cet engagementest appelé donneur


Lat. auxiliaris, dér. d'auxilium, secours. d'aval. On dit de lui qu'il donne son aval
I; (D. ad.). Individu non affecté à un à celui des signataires de l'effet qu'il
emploi permanent, ne faisant pas partie entend cautionner, ou encore qu'il
des cadres de l'Administration, et four- avalise la signature de ce dernier.
nissant temporairement, accidentelle-
ment, occasionnellement son activité Avance (V. le suiv). Paiement anticipé
personnelle, pour assurer le fonction- d'une partie de la créance (ex. : loyer,
nement d'un service public (Ex. : indi- salaire, pension).
vidu engagé temporairement pour effec-
tuer des travaux de recensement, de — (Cour des Comptes) (V. arrêt de
débet).
revision des listes électorales, de net-
-— sur marchandises. Opération de
toyage de la voie publique, etc.).
II (D. ad.). En législation militaire, prêt sur gages portant sur des marchan-
celui qui est affecté dans le service dises déposées dans un magasin général
auxiliaire (par opposition au service ou qui sont en cours de transport.
armé), à raison d'une infirmité relative — sur police d'assurance. Prêt con-
n'impliquant pas faiblesse de constitution senti par l'assureur sur la valeur de
(L. 31 mars 1928, art. 20) (V. service rachat (V. ce mot) de la police et moyen-
auxiliaire et service armé). nant la remise de celle ci.
III (D. int. pub.). Combattant qui, de prêt sur
sans faire partie de l'année régulière, — sur titres. Opération
appartient cependant à un corps placé gages portant sur des titres de bourse.
sous l'autorité directe du commandement Avancement.
militaire (par opposition, au corps franc). Dér. d'avancer, lat. popul. * abantiare, dér du lat.
de basse époque abante, devant.
Auxiliaires et M Justice. Qualification (D. pub.). Nomination d'un fonction-
donnée aux personnes appelées par leurs naire à une situation supérieure dans
fonctions à concourir à l'administration l'Administration aux cadres de laquelle il
de la justice. Il y a lieu de distinguer à appartient déjà. On distingue : I°) l'avan-
cet égard : cement de grade, c'est-à-dire la nomi-
I° les auxiliaires de la justice ayant la nation à un degré supérieur dans la
qualité d'officiers publics et ministériels : hiérarchie, la position hiérarchique de
avocats au Conseil d'Etat et à la Cour l'agent étant ainsi modifiée, et cette
de cassation, avoués de première ins- modification comportant en général un
tance, avoués près les Cours d'appel, changement d'emploi ; 2°) l'avancement
commissaires-priseurs,greffiers, huissiers, de classe, c'est-à-dire la nomination à
notaires (V. ces mots). un échelon supérieur dans l'échelle des
2° les auxiliaires de la justice n'ayant traitements établie pour un grade déter-
pas la qualité d'officiers publics et miné, en sorte qu'il y a, pour le béné-
ministériels : avocats près des tribunaux ficiaire de l'avancement, augmentation
et cours d'appel, agréés, administrateurs de traitement sans modification de sa
judiciaires, arbitres de commerce, position hiérarchique.
attachés au Parquet, curateurs aux
successions vacantes, experts, syndics — d'hoirie. lat. popul. heres, * hens
et liquidateurs judiciaires, administra- Dér. de l'anc. hoir, au lieu
du class. heres. edis, héritier.
teurs liquidateurs de sociétés, commis- I. Libéralité faite à un héritier pré-
saires de police, membres du bureau somptif par anticipation sur ce qui
d'assistance judiciaire (V. ces mots).
pourra lui advenir dans la succession
du donateur. En vertu de l'article 843
Aval. du Code civil, tout ce qui est donné,
Etym. douteuse ; on a dît d'abord au XVIIe s. pour
aval ; on a voulu y voir une abréviation écrite de à entre vifs, par contrat de mariage ou
valoir. autrement, à un successible constitue
(D. com.). Engagement que prend une un avancement d'hoirie, sauf s'il y a
personne de payer un effet de com- une dispense de rapport ou une clause
merce en cas de défaillance du débiteur de préciput.
principal, en se portant caution solidaire II. Par dérivation, les biens faisant
d'un des signataire de l'effet. Celui qui l'objet de cette libéralité.
75 Avantage

Avantage. cipe du partage de la communauté par


Dér. de l'adv. avant, v. Avancement. moitié. Ex. : les conventions de préciput,
I. Dans un sens général et courant, de partage inégal, de forfait de commu-
utilité, gain ou profit résultant d'un acte nauté, d'attribution totale de la masse
juridique ou d'une disposition légale. commune à l'un des époux (C. civ. art.
Ex. : acte d'un avantage évident pour 1515 à 1525). En ce qui concerne la
le pupille (C. civ. art. 457) ; le con- protection des enfants du premier lit,
trat de bienfaisance procure un avan- l'avantage matrimonial s'entend aussi
tage purement gratuit (C. civ. art. 1105) ; du profit procuré au second conjoint par
les avantages et les pertes provenant l'inégalité des apports à la communauté
d'un contrat aléatoire (C. civ. art. 1964) ; (C. civ. art. 1496).
avantages légaux : ex. : deuil, droit
d'habitation de la veuve. — particulier.privilégiée faite à l'un des
II. Rupture de l'égalité, opérée par A. Situation
le de cujus au profit de l'un de ses héritiers associés par l'acte de société et consis-
ou de son conjoint. Ex. : faire un avan-
tant dans la rupture à son profit de
tage à un enfant (C. civ. art. 1079) ; l'égalité des droits. Ces avantages doi-
faire un avantage indirect (V. ce mot) ; vent être approuvés par l'assemblée
générale constitutive (L. 24 juill. 1867,
avantage fait par un époux à son con- art. 4).
joint (C. civ. art. 299) ; avantage fait
B. Situation privilégiée faite à cer-
aux dépens des enfants d'un premier ht tains créanciers de la faillite par une
(C. civ. art. 1527, al. 3) ; avantage matri-
monial (V. ce mot). convention passée avec le failli ou avec
III. Avantages entre époux (V. avan- toute autre personne. Ces conventions
tage matrimonial). sont frappées de nullité et exposent leurs
IV. Avance, succès pris sur un adver- auteurs à des sanctions pénales dans le
saire. Ex. : tirer avantage d'une preuve cas prévu par l'article 597 du Code de
(C. civ. art. 1330) ; prendre avantage. commerce.
— indirect. Avant contrat. Expression employée
A. Dans un premier sens, qui paraît
être celui de la tradition, libéralité faite par certains auteurs pour désigner la,
convention passée en vue de la réalisa-
par une voie détournée, soit qu'il y ait tion ultérieure d'une convention future.
interposition de personne, soit qu'il y Ex. : promesse de vente, de location, de
ait dissimulation de la donation sous prêt. Certains auteurs expliquent par
la forme d'un contrat à titre onéreux l'idée d'avant-contrat la responsabilité
(C. civ. art. 853, 1595, al. final).
B. Dans un sens plus moderne et plus
encourue par celui qui retire une offre
de contrat, soit lorsqu'il avait imparti
technique, libéralité faite ouvertement, un délai ferme pour son acceptation,
mais résultant d'un acte juridique autre soit s'il l'avait présentée de telle sorte
qu'une donation, tel qu'une remisé de qu'un retrait arbitraire en paraît abusif.
dette, une renonciation à un usufruit,
une stipulation pour autrui (V. not. C. Avant-dire droit (V. jugement).
civ. art. 1099, al. I» tel que la juris-
prudence l'interprète). Avant-faire droit (V. jugement).
— matrimonial. Avant mètre (D. ad.). En matière de
Lat matrimonialis, dér. de matrimonium, mariage
en parlant de la femme (dér. de mater, mère). travaux publics, pièce du marché qui
A. Sous tous les régimes matrimo- sert à désigner les quantités des ouvrages
niaux, libéralités faites par un époux à à adjuger (V. projet).
l'autre, soit dans le contrat de mariage,
soit au cours du mariage. Ex. : en cas Avant-projet.
de divorce, l'époux coupable perd les I. Rédaction provisoire d'une loi,
avantages que lui a faits son conjoint d'un contrat, d'une convention, de
(C. civ. art. 299). statuts, pour servir de base à une pre-
B. Spécialement, sous le régime de mière discussion. Se dit surtout du texte
communauté, profit procuré à l'un des élaboré par une association ou tout autre
époux par une clause du contrat de groupement, pour faire éventuellement
mariage qui déroge en sa faveur au prin- l'objet d'un dépôt officiel de la part des
Avaries 76

autorités possédant l'initiative légis- règles posées par le Code de Commerce


lative. (art. 401 et 402).
II (D. ad.). Document officieux con- communes).
cernant l'organisation et les conditions — grosses (V.
d'exécution du travail ou du service que — particulières (D. mar.). Catégorie
la personne sollicitant une concession particulière d'avaries : dommages ma-
dresse dans son intérêt particulier et tériels causés au navire et aux marchan-
soumet à l'Administration, en vue dises, dépenses extraordinaires faites
d'obtenir ultérieurement la conces- pour le navire et les marchandises, qui
sion. ne constituentpas des avaries communes.
Toute avarie qui n'est pas avarie com-
Avaries. mune est avarie particulière. Ces avaries
Empr., fin de XVIe s. de l'ital. av aria, terme de sont appelées particulières, parce qu'elles
manne, d'étvm. douteuse, probablement empr. de sont supportées par le propriétaire de la
l'arabe awâr, marchandiseendommagée. chose qui a essuyé le dommage ou
I. Dans un sens restreint, (D. civ. et occasionné la dépense, dans les termes
D. com. terrestre), dommages matériels
causés aux marchandises et aux objets du droit commun, sous réserve des
transportés pendant le cours d'un trans- recours qui peuvent lui appartenir. On
port (C. com. art. 98 et 103). les dénomme aussi avaries simples.
II. Par extension (D. mar.), non seu- — simples (V. —
particulières).
lement les dommages matériels causés
aux marchandises et aux objets trans- Avenant.
portés, pendant le cours d'un transport, Part. prés, pris subst. de l'anc. fr. avenir, arriver,
mais aussi les dépenses extraordinaires lat. advenire.
faites pour les marchandises et les objets Acte écrit additionnel à une police
transportés pendant le cours d'un trans- d'assurance et qui constate une modifi-
port (C. com. art. 397). cation survenue dans les conditions pre-
III. Egalement par une nouvelle mières du contrat. L'expression « ave-
extension (D. mar.), dommages matériels nant » vient de la formule usitée autrefois
causés aux navires et dépenses extraor- au début du contrat : « advenanttel jour,
dinaires faites pour le navire au cours les parties conviennent ».
d'un voyage (C. com. art. 397).
On distingue, de ce fait, en D. mar. : les Avènement au trône.
avaries dommages, comprenant les dom- Dér. de l'a. fr. avenir, v. le précéd. ; signifiait
ancient venue, arrivée (p. ex. du Messie).
mages matériels causés soit aux navires, Fait de monter sur le trône, de prendre
soit aux marchandises transportées pen- la qualité de souverain. L'avènement au
dant le voyage, et les avaries frais, com- trône ne se confond pas avec la prisede
prenant les dépenses extraordinaires possession effective du pouvoir. Mineur,
faites soit pour le navire, soit pour les le roi monte sur le trône, il acquiert la
marchandises transportées, pendant le qualité de souverain, mais ce n'est pas lui
voyage. On distingue également, en qui agit ; le plus souvent c'est un régent
D. mar., à raison des règles différentes qui agit à sa place (V. Constit. fr. 3 sept.
applicables à leur réparation : les avaries
1791, tit. III, chap. 11, sect. I et II ; Sen.
communes et les avaries particulières cons. 5 fév. 1813 et 17 juill. 1856).
(V. ces mots).

— communes (D. mar.). Catégorie Avenir (v. les précédents).


particulière d'avaries : dommages ma- I. — à l'audience : acte d'avoué à
tériels causés volontairement à un navire avoué contenant sommation par l'avoué
ou à des marchandises, dépenses extraor- du demandeur ou, exceptionnellement,
dinaires faites volontairement pour un par celui du défendeur, à l'avoué de la
navire ou des marchandises, pendant le. partie adverse de comparaître à l'au-
cours d'un voyage, pour le bien et le dience au jour où la cause doit être
salut communs (C. com. art. 400). Ces appelée, et d'y conclure et plaider (C. pr.
avaries sont appelées communes parce civ. art. 80) (V. acte d'avoué à avoué ;
qu'elles sont supportées en commun par rôle).
le propriétaire du navire et les proprié- II. — en règlement de qualités : acte
taires des marchandises, suivant les d'avoué à avoué contenant sommation
77 Av enture

de l'avoué qui lève le jugement à l'avoué parents des conséquences de la récidive.


de l'adversaire de se présenter devant Le mineur de treize ans, qui se trouve
le magistrat compétent, pour assister en état de récidive contraventionnelle (V.
au règlement judiciaire des qualités Récidive), est traduit devant le tribunal
(C. pr. civ. art. 145) (V. acte d'avoué à civil en Chambre du conseil et soumis aux
avoué ; règlement judiciaire des qua- prescriptions des art. I à 13, L. 22 juill.
lités). 1912 (V. Tribunaux pour enfants).
VII. (D. pén. et Pr. pén.) L. 26 mars
Aventure (grosse). 1891, art. 3, sur l'atténuation et l'aggra-
L. popul. adventura, nom fém., dérivé du plur. vation des peines (sursis à l'exécution
neutre, du partie, fut., proprt ce qui arrivera, du v. de la peine) : quand le sursis à l'exécu-
advenire. tion de la peine est accordé à un con-
(V. prêt à la —).
damné, le président de la cour ou du
Avertissement.
tribunal doit, après avoir prononcé la
suspension de la peine, avertir le con-
Dér. d'avertir, lat. popul. * advertire, class. adver
tere.
damné qu'en cas de nouvelles condam-
I. Déclaration, orale ou écrite, faite nations pendant le délai d'épreuve de
en vertu de la loi, pour attirer l'attention cinq ans, la première peine sera exécutée
d'un ou de plusieurs intéressés sur un sans confusion possible avec la seconde,
fait, un droit ou une obligation les con- et que les peines de la récidive seront
cernant. Cette déclaration émane soit par lui éventuellement encourues (V.
d'un particulier (ex. : C. civ. art. 1748, sursis et récidive.
1768), soit d'un fonctionnaire adminis- VIII. (Pr. pén.), L. 8 déc. 1897, art. 3,
tratif ou judiciaire ou d'un officier public sur l'instruction préalable en matière
(ex. : C. I. cr. art. 311, 313, 341, 371 ; de crimes et de délits : dans l'instruc-
L. 3 mai 1841, art. 6 ; Décr. 13 juill. tion préalable, lors de la première com-
1865, art. 12). parution de l'inculpé devant le juge
II. Ecrit envoyé par un agent fiscal d'instruction, ce magistrat, après avoir
à un contribuable pour lui faire con- constaté l'identité de l'inculpé, et lui
naître le montant de l'impôt dont il est avoir fait connaître les faits qui lui sont
débiteur. imputés, doit l'avertir qu'il est libre de
III. Lettre adressée par le Greffier ne pas faire de déclarations, et lui don-
de la Justice de paix au nom du juge, ner avis de son droit de choisir un
à une ou plusieurs personnes, préala- conseil ; mention de cet avertissement
blement à la citation par huissier, pour et de cet avis doit être faite au procès-
les convoquer en conciliation (V. petite verbal de la première comparution.
conciliation) ou devant le tribunal de
simple police (L. 25 mai 1838, art. 17, Aveu.
modifié par L. 2 mai 1855 ; C. I. cr. Dér. du v. avouer, d'abord, probablement ; lat.
advocave, appeler, invoquer, implorer, d'où, en
art. 147, C. for. art. 171, § 2) et en matière français, reconnaître quelqu'un comme son seigneur,
de saisie-arrêt de petits salaires ou de une action comme valable, etc.; le sens d'avouer
petits traitements pour les inviter à une faute est récent.
comparaître dans l'instance en validité Reconnaissance par une partie de
(C. tr. liv. I. art. 66). l'exactitude d'un fait allégué contre elle.
IV. Rappel à ses devoirs professionnels — complexe.
adressé à un magistrat (L. 20 av. 1810, Lat. complexus, part, passé du verbe complecti,
art. 49 et. 50 ; Décr. 28 sept. 1807, comprendre, embrasser.
art- 35). Aveu d'un fait, mais avec allégation
V. Peine disciplinaire la moins sévère d'un autre fait distinct du premier, de
prononcée contre un avocat (Décr. nature à modifier les conséquences de
19 juin 1920, art. 32).
l'aveu. Ex. : j'avoue que je devais, j'ajoute
VI. (D. pén. et Pr. pén.). L. 22 juil. que j'ai payé.
1912, art. 14, sur les tribunaux pour en-
fants et adolescents et la liberté sur- — conditionnel (V. Acquiescement).
Aveu sous condition, interprété par le
veillée : après leur avoir adressé une répri- tribunal comme étant non une promesse
mande, le juge de simple police doit aver- sous condition, mais un aveu. Ex. : je
tir le mineur de treize ans, auteur d'une reconnaîtrai ma dette si vous renoncez
contravention de simple police, et ses à prendre hypothèque judiciaire.
Avis 78

extrajudiciaire : Aveu fait hors la dure des loyers : L. Ier av. 1926, art. 16,
— al. 5 ; procédure de la saisie-arrêt : C. tr.
présence du juge ou fait en justice mais
dans une autre instance. liv. I. art. 67, al. I) ; 3° soit pour leur
- judiciaire (V. Acte). Aveu fait
notifier les divers actes de la procédure
de la saisie-arrêt (C. tr. liv. I., art. 64
au cours de l'instance par devantune partie B, 65, 70 A, 70 B).
ou son fondé de pouvoirs, les
juges ou arbitres, ou devant l'un d'eux — consultatif. Nom donné aux avis
(C. civ. art. 1356). L'aveu prouvé par (par opposition aux arrêts) rendus par
procès-verbal de conciliation est volon- la Cour permanente de justice interna-
tiers considéré comme équivalant à un tionale, sur demande du Conseil ou de
aveu judiciaire. l'Assemblée de la Société des Nations
(art. 14 du Pacte de la S. D. N.).
— qualifié. Aveu qui ne fait pas preuve
contre l'auteur de l'aveu, parce qu'il de jurisconsultes.
qualifie la situation contrairement au A. Consultation délibérée par trois
dire de l'autre partie. Ex. : j'avoue avoir jurisconsultes désignés par le Procureur
de la République, pour donner leur avis,
reçu des valeurs ; j'ajoute que je les ai
reçues, non en dépôt, mais en don en conformité de l'article 467 du Code
manuel. civil, sur les avantages pouvant résulter
Aveu conforme à la pré-
pour un mineur d'une transaction pro-
— simple. posée par son tuteur, et soumise à l'ap-
tention de l'adversaire. probation du conseil de famille et à
l'homologation du tribunal.
— tacite.résultant de qu'une partie B. Consultation délibérée par trois
A. Aveu ce
avocats inscrits au tableau de leur
ne s'explique pas malgré une interpella- ordre depuis dix ans au moins, énonçant
tion régulière (C. pr. civ. art. 252 et 330).
B. Aveu résultant d'une déclaration les ouvertures (motifs) d'une requête
civile (V. ce mot) et concluant à l'admis-
ou d'un agissement ou attitude impli- sion de cette requête (C. pr. civ. art. 495).
quant la véracité du fait allégué. Ex. :
je me prétends libéré par la prescription. de parents. Expression employée
par le Code de procédure civile,
Avis. 2e partie, 1.I.t. X, comme synonyme de
Issu de l'anc. locut. ce m'est avis. d'où ce m'est avis, délibérations du conseil de famille, que
lat. popul. visum. issu de locut. telles que mihi visum ces délibérations soient de simples avis
est, il me semble. (C. civ. art. 494, C. pr. civ. art. 892) ou
I. Opinion, n'ayant pas force de de véritables décisions (C. pr. civ.
décision, exprimée en réponse à une art. 953).
question posée. Ex. : avis du Conseil
d'Etat (V. ce mot) ou de la Cour perma- — de réception. Déclaration écrite et
nente de justice internationale (V. avis signée (généralement sur une formule
consultatif), par opposition aux arrêts préparée par l'Administration des Pos
des mêmes organes ; avis du conseil de tes), par laquelle le destinataire d'une
famille (C. civ. art. 494, C. pr. civ. lettre recommandée, d'un télégramme
art. 892) ; avis des experts (C. pr. civ. ou d'un mandat, fait connaître à l'expé-
art 318) ; V. aussi C. civ. art. 244. diteur qu'il a reçu la correspondance.
II. Dans l'expression avis de pa- Cet avis de réception est prévu pour les
«
rents » (V. ce mot), synonyme de déli- lettres recommandées expédiées par le
bération (du conseil de famille). greffier dans la procédure ouvrière et
III. Avertissement, notification. Dans la procédure des loyers.
la procédure des loyers, ou dans celle — du conseil d'Etat.
de la saisie-arrêt des petits salaires et A. Consultation, en matière adminis-
des petits traitements, lettre recom- trative, donnée au gouvernement soit
mandée, envoyée par le greffier : I° soit par l'assemblée générale, soit par les
pour convoquer les parties à compa- sections administratives du Conseil
raître devant un tribunal (procédure des d'Etat. Le recours à l'avis du Conseil
loyers : L. Ier av. 1926, art. 16, al. 4 ; d'Etat est, en principe, facultatif pour
L. 8 juin 1927, art, 8) ; 2° soit pour leur le gouvernement, s'il n'en est autrement
notifier une décision du tribunal (procé- ordonné par les textes (Ex. : cas prévus
79 Avitaillement

par le décret du 3 av. 1886, loi prescri- qui lui confient leur cause. A titre
vant qu'il sera statué par règlement transitoire, le décret du 20 juin 1920 auto-
d'administration publique ou par décret rise les licenciés en droit ayant prêté
en forme de règlement d'administration serment et non inscrits au barreau qui,
publique). Sauf texte contraire exigeant antérieurement à ce décret, avaient
l'avis conforme du Conseil d'Etat, l'avis pris habituellement le titre d'avocat,
formulé par le Conseil d'Etat ne lie pas à le conserver. Pour tous autres, l'usage
le gouvernement. du titre d'avocat, avec ou sans adjonc-
B. Variété d'acte législatif apparue à tion, est interdit.
l'époque consulaire et impériale. Du Officier judiciaire cumu-
5 nivôse an VIII à la fin du Premier
— avoué.
lant les offices d'avoué et d'avocat, dans
Empire, en vertu de l'art. 52 de la les départements du Haut Rhin, du
Constit. de l'an VIII, de l'art. . 11 du Bas-Rhin, et de la Moselle.
régl. du 5 nivôse an VIII, et de la loi
du 16 sept. 1807, art. 2, le Conseil d'Etat — conseil. Titre que ne peuvent por-
rendait des avis interprétatifs de la loi, ter que les licenciés en droit visés à
publiés au Bulletin des Lois, ayant le l'article 9 du décret du 20 juin 1920
caractère général et obligatoire de la loi, (V. supra).
avec laquelle ils sont réputés faire corps. — désigné. Avocat désigné par le
C. Sentences rendues par le Conseil bâtonnier, en matière civile ou pénale,
d'Etat en matière d'interprétation légis- sur la demande d'un plaideur en mesure
lative, sous la Restauration, en vertu de remettre des honoraires à son défen-
de la loi du 16 sept. 1807, en cas de seur.
conflit entre la Cour de cassation et les Avocat commis d'office
autres tribunaux, et dont l'autorité était — d'office.
restreinte à l'affaire qui les a rendues par le bâtonnier, en matière criminelle
nécessaires. Cette compétence du Conseil ou correctionnelle sur la simple demande
de l'accusé, en matière civile ou com-
d'Etat, quant à l'interprétation légis- merciale sur le vu de la décision du
lative, a été supprimée par la loi du bureau d'assistance judiciaire. Dans ce
30 juill. 1828. deuxième cas, on dit plus exactement
— (lettre d'). Lettre envoyée pardesti-
une avocat commis.
Compagnie de chemins de fer au honoraire. Titre honorifique qui
nataire d'une marchandise, (quelquefois —
peut être conféré par le Conseil de l'Ordre
à l'expéditeur), pour l'informer que la des avocats aux membres du barreau
marchandise est arrivée à la gare de qui ont été inscrits au tableau pendant
destination, et mise à sa disposition. trente ans au moins et qui ont donné
La lettre d'avis fait courir les délais de leur démission (Décr. 20 juin 1920,
retirement qui ouvrent le droit de art. 47).
magasinage et permettent le camionnage
d'office. inscrit. Avocat inscrit au tableau
— barreau.
d'un L'inscription est prononcée
Avitaillement. par le Conseil de l'Ordre, après que
l'avocat a accompli son stage et satisfait
Dér. de l'anc. v. avitailler, comp. de l'anc. nom
vitaille, lat. victualia, vivres. aux obligations que celui-ci comporte.
Vivres embarqués pour la nourriture stagiaire. Avocat inscrit sur la liste
de l'équipage et des passagers d'un —
du stage d'un barreau (V. stage). Il se
navire. distingue pratiquement de l'avocat
inscrit en ce qu'il ne participe pas à
Avocat. l'administration de l'Ordre et ne paye
Lat. advocatus, dér. du v. advocare, appeler auprès pas patente.
de.
Licencié en droit de l'un ou l'autre au Conseil d'Etat et à la Cour
—Cassation.
sexe et de nationalité française, ayant de Auxiliaire de la justice
prêté serment devant une Cour d'appel ayant le caractère d'officier ministériel,
et régulièrement inscrit au tableau ou jouissant du monopole de représenterles
au stage d'un barreau qui fait profession parties et de plaider devant le Conseil
de défendre devant les tribunaux, par la d'Etat, la Cour de cassation, le Tribunal
parole ou par écrit, les intérêts de ceux des conflits, le Conseil des prises, et
Avoué 80

pouvant également représenter les et l'expédition des affaires (Ord.


parties devant les autres juridictions 27 fév. 1822).
administratives. Leur nombre est limité
et ils sont constitués en Compagnie judi- — poursuivant. Avoué chargé de
ciaire. Appelés parfois « avocats au
poursuivre une procédure de vente, de
Conseil » parce qu'ils ont succédé aux
répartition par voie d'ordre ou de con-
tribution (V. ces mots).
avocats au Conseil du Roi (V. Ord.
10 sept. 1817). — près la Cour d'appel. Avoué repré-
du Ministère sentant les parties devant les Cours
— général. Membre d'appel.
Public près la Cour de cassation, la
Cour des comptes ou les Cours d'appel,
ayant pour fonction de suppléer le Avulsion.
Procureur général, en cas d'empêche- Lat. avulsio, dér. du v. avellere, arracher.
Détachement par la force subite d'un
ment de celui-ci (L. 20 av. 1810).
cours d'eau, d'une partie importante et
Avoué. reconnaissable d'un fonds, qui se trouve
Lat. advocatus. V. Avocat.
réunie soit par adjonction, soit par super-
Officierministériel ayant le monopole position, à un champ inférieur ou situé
de la représentation des parties devant sur la rive opposée (C. civ. art. 559). Au
les tribunaux de première instance ou les cas de réunion par simple adjonction, le
Cours d'appel (L. 27 ventôse an VIII) ; propriétaire du fonds déplacé a la faculté
ils sont constitués en Compagnie judi- de le reprendre, pourvu qu'il forme sa
ciaire (arrêté 13 frimaire an IX). réclamation dans l'année ; au cas de
réunion par superposition, le proprié-
— collicitant. du préfixe lat. du
taire du fonds sur lequel elle s'est pro-
Comp. récent(xixe s.) co, avec, et
partie, prés. licitans, du v. licitari, enchérir, V. Lici- duite peut mettre le propriétaire du
tation. fonds déplacé en demeure de déclarer
Avoué chargé de représenter les copro- s'il entend ou non user de cette faculté.
priétaires défendeurs dans une vente sur
licitation. Ayant-cause. Nom donné à la personne
— de première instance. Avoué repré- qui a acquis un droit ou une obligation
sentant les parties devant le tribunal d'une autre personne appelée son auteur
de première instance, civil et correc- (C. civ. art. 137, 1122, 1322, 1324).
tionnel. L'ayant-cause à titre universel est celui
d'office. Avoué commis par le qui a acquis l'universalité des biens de

Président d'une Cour ou d'un tribunal, son auteur ou une quote-part de cette
universalité. Ex. : l'héritier légitime, le
ou par la Chambre des Avoués, pour légataire universel ou à titre universel.
représenter en justice une personne qui
n'a pas obtenu amiablement le concours Tous les actes accomplis par son auteur
d'un avoué, ou à qui le bénéfice de l'as- lui sont opposables. L'ayant-cause à
sistance judiciaire a été accordé. titre particulier est celui qui a acquis de
son auteur un ou plusieurs droits déter-
— honoraire. minés. Ex. : l'acheteur, le donataire, le
Lat. honorarius,dér. de honos, — oris, honneur. coéchangiste, le légataire particulier
Titre honorifique accordé pardécret (d'une chose ou d'une somme d'argent).
aux avoués démissionnaires, après vingt Seuls, les actes accomplis par son auteur
ans d'exercice, sur présentation de leur avant son acquisition et sur les biens
Chambre de discipline (Décr. 7 nov. 1861).
ou droits acquis lui sont opposables.
— plaidant. Avoué admis à plaider
devant son tribunal, lorsque le nombre
des avocats aura été jugé, par la Cour
d'appel, insuffisant pour la plaidoirie
B

Baccalauréat en droit. — à cheptel (V. Cheptel).


Empr. du I. médiéval baccalaureatus, dér. de
baccalaureus, corruption faite par plaisanterie, — à colonage partiaire. Bail d'un bien
d'après bacca lauri, « baie de laurier », du I. médiéval rural fait pour une certaine durée,
baccalirius, bachelier.
Grade universitaire attesté par un sous la condition que les fruits de la
propriété seront partagés entre le bailleur
diplôme conféré à la suite de deux années et le preneur, qui prend le nom de colon
d'études, en vue de la licence, dans partiaire ou métayer (L. du 18 juill. 1889;
les facultés de Droit, aux étudiants C. civ. art. 1763). Le colonage perpétuel,
qui ont subi avec succès les examens qui existait autrefois, n'est plus reconnu
de fin d'année.
par la loi.
Bagages. — à comptant.
Dér. de bague, même sens, usité du XIVe au XVIe, Subst. verbal d'un anc. v. complanter (rare),
d'orig. inconnue. " planter avec », empr. du I. compla utare, id.
Objets qu'un voyageur emporte avec Bail en vertu duquel un propriétaire
lui, soit qu'il les garde à sa disposition de champs plantés (en vignes le plus
(bagages à mains), soit qu'il les confie généralement), ou de champs en friche,
au transporteur (bagages enregistrés). les remet à une autre personne qui
L'arrêté ministériel du 27 octobre 1900 s'engage à les complanter, c'est-à-dire
a prévu également la catégorie des à les planter, s'ils ne le sont déjà, ou
bagages non accompagnés, c'est-à-dire à les cultiver, dans le cas contraire, à
dont le transport ne vient se greffer la charge de remettre au propriétaire
sur aucun transport de personnes, mais une certaine quantité de fruits, et sous
qui sont chargés eux aussi dans les la condition que, faute par le preneur
trains de voyageurs. Ils ne peuvent de tenir ses engagements très exacte
comprendre que des objets destinés ment, le bail sera résolu sans formalité
généralement à l'usage personnel des de justice — « Complant » se dit aussi
voyageurs. Le transport des bagages de la redevance à fournir.
n'est pas soumis aux mêmes règles que — à convenant ou domaine congéable.
le transport des marchandises. Bail en vertu duquel le propriétaire
Bail.
d'un fonds rural en concède la jouissance
Subst. verbal du v. bailler, très usuel au moyen âge pour une durée déterminée, moyennant
et jusqu'au XVIIe au sens de donner, I. bajulare, « por- une redevance annuelle, à une autre
ter (d'où apporter, donner) ». personne au profit de laquelle sont
I. Contrat par lequel l'une des parties, aliénés tous les édifices et superficies
appelée bailleur, s'engage, moyennant existant sur ce fonds, avec réserve pour
un prix que l'autre partie, appelée le dit propriétaire de congédier le pre-
preneur, s'oblige à payer, à procurer neur, à charge d'indemniser celui-ci de la
à celle-ci, pendant un certain temps, valeur des édifices et superficies existant
l'usage ou la jouissance d'une chose et établis par titres et conventions. Ce
(C. civ. art. 1709). contrat a été réglementé par la loi du
II. Dans le langage de la pratique, 6 août 1791, à laquelle des modifications
acte instrumentaire constatant ce con- importantes ont été apportées par la loi
trat. du 8 février 1897.
6
Bailleur 82

— administratif. Bail des desbiens de merce, l'expression est employée parfois


l'Etat, des départements, com- pour désigner le commanditaire.
munes, des établissements publics (C. civ.
art. 1712). Balance.
fonds rural L. pop. * bilancia, issu du I. de b. ép. bilanx
— à ferme. Bail d'unredevance fixe " balance à deux plateaux » (comp. de bis, deux fois,
consenti moyennant une et lanx, « pl ateau »).
en argent ou en nature (C. civ. art. 1709 I. Synonyme de bilan (V. ce mot).
et 1711). II. Somme qui doit être ajoutée soit
à l'actif soit au passif du bilan pour
— à loyer. Bail d'une maison ou de obtenir l'équivalence des postes actifs
meubles, quelle que soit la nature de
la redevance (C. civ. art. 1709 et 1711). et passifs, qui constitue, au sens propre
du mot, la balance et qui a donné son
— à nourriture.l'engagement
Bail par lequel une
nom au bilan. Cette somme, quand elle
personne prend envers doit être ajoutée au passif du bilan
une autre personne de la nourrir et indique le bénéfice réalisé, puisqu'elle
entretenir de tous soins, moyennant représente la somme dont les postes
une redevance annuelle, ou toute autre actifs dépassent les postes passifs. Elle
prestation, paiement d'un capital, aban- indique à l'inverse la perte subie quand
don de meubles, etc. Le contrat peut elle doit être ajoutée à l'actif du bilan,
aussi avoir pour objet la nourriture puisqu'elle représente la somme dont
d'animaux. les postes passifs dépassent les postes
— à rente. Bail en vertu duquel le actifs.
propriétaire d'un immeuble l'aliène
moyennant une rente annuelle, laquelle — d'un compte. Différence entre le
crédit et le débit d'un compte, ou solde
est essentiellement rachetable ; il peut de ce compte.
être stipulé cependant que la rente ne
pourra être remboursée qu'après un — des comptes. Synonyme de bilan
certain terme, lequel ne peut excéder (V. ce mot).
trente années (C. civ. art. 529 et 530).
— à vie. Bail d'une chose (meuble Balisage.
Dér. de baliser, dér. de balise, d'orig. inconnue.
ou immeuble), moyennant un prix Indication par des ouvrages fixes ou
annuel, consenti à une, deux ou trois flottants, appelés balises, des obstacles
personnes au maximum, leur vie durant à la navigation (L. 15 mars 1927).
(L. 18-19 déc 1790).
emphytéotique. Balivage.
V. Emphytéose. Dér. de baliveau; dér., par corruption, de l'ancien
Bail par lequel un propriétaire con adj. baif, « ébahi », dit par plaisanterie du baliveau,
cède un immeuble pour une durée de réservé pour une coupe suivante, comme s'il atten
dait à la manière d'une personne qui demeure la
18 à 99 ans, moyennant une redevance bouche bée.
annuelle modique, appelée canon emphy Désignation des arbres d'une coupe
téotique, et sous l'obligation de planter de bois à réserver lors de l'exploitation.
ou d'améliorer l'immeuble loué (L. 25 Les arbres ainsi réservés sont dits
juin 1902). Le preneur acquiert le droit baliveaux (C. for. art. 7) (V., pour
réel d'emphytéose (V. ce mot). l'exploitation domaniale, ord. Ier août
1827).
Bailleur.
Dér. de bailler, v. Bail. Ballottage (D. const. et D. ad.).
Personne qui donne une chose à ferme A d'abord signifié vote ; dér. du v. ballotter, au
ou à loyer. sens de voter avec des ballotets, petites balles. — Le
de fonds. Personne qui consent sens mod est dû à l'influence du sens général de
ballotter.
un prêt dont le montant a une destina- Résultat négatif dans une élection
tion déterminée. Ex. : prêt d'argent fait faite suivant le principe majoritaire,
à un acquéreur pour payer son prix les candidats ne réunissant pas le
d'achat, au titulaire d'un emploi pour nombre légal de voix nécessaire pour
payer son cautionnement, à un industriel être élus. Le ballottage oblige à procéder
ou à un commerçant pour exploiter son à un nouveau tour de scrutin, le scrutin
établissement. Dans le Code de Com- de ballottage (V. scrutin).
83 Ban
Ban. à partir de laquelle les travaux, de
D'abord terme . de féodalité, « proclamation du vendange pourront commencer dans
suzerain dans sa juridiction'», empr. du francique les vignes non closes, et, souvent aussi,
* ban, cf. anc. h. all. ban, « ordre sous menaces, les heures auxquelles ces travaux pour-
juridiction ».
I. Dans son sens originaire et le plus ront être effectués (L. 28 sept.-6 oct.
large, proclamation officielle publique 1791, tit. I, sect. 5, art. 1, § 37 ; L.
d'une certaine chose ; par extension, 9 juill. 1889, art. 13, § 1).
la chose proclamée. (rupture de)
—Crime
II. (D. pén.) Parfois employé comme I. constitué par le fait pour le
synonyme de bannissement (V. ce mot). banni de rentrer en territoire français
Ex. : rupture de ban (V. infra). avant l'expiration de sa peine (C. pén.
III (D. pub). Règlement de police art. 32, 33).
rurale pris par le maire (ou par le préfet, II. Sous le régime de la surveillance
L. 5 av. 1884, art. 98), pour fixer l'époque de la haute police, infraction à l'inter-
à partir de laquelleil peut être procédé à diction faite au condamné libéré de pa-
certains travaux agricoles ou à la récolte raître dans certains lieux (V. ban de
de certains fruits (C. pén. art. 475, I°). surveillance).
de mariage (D. can.). Proclamation Depuis le remplacement de la sur-

solennelle faite à l'église paroissiale veillance de la haute police par l'inter-
d'un futur mariage religieux, avec injonc- diction de séjour (L. 27 mai 1885),
tion à ceux qui connaîtraient des causes infraction à l'interdiction de séjour
d'empêchement à sa célébration de les (C. pén. art. 45).
faire connaître à l'autorité ecclésiastique.
Le ban de mariage, origine de la publi- Banc des Huissiers.
cation de mariage actuelle, désigne Emprunté du germanique * banki.
aussi cette publication. Banc placé dans l'auditoire d'un tri-
Arrêté bunal, à défaut d'un local spécial, où les
— de moisson, de fauchaison. avoués déposent les actes du Palais qui
par lequel, sous les mêmes conditions, sont signifiés par les huissiers audienciers
dans les communes où existe cet usage, (Décr. 30 mars 1808, art. 97).
le maire fixe la date à partir de laquelle
il pourra être procédé à la coupe des Bandes armées.
céréales et à la fauche des foins et autres Emprunté de l'italien ou du provençal banda,
fourrages destinés à la nourriture du d'orig ine germanique.
bétail. Groupement d'individus réunis en vue
de perpétrer par la violence certaines
— de ramée. Arrêté par lequel le infractions. Ex. : C. pén. art. 96 et s.
maire détermine l'époque à partir de
laquelle le droit de ramée (droit de Bannissement.
prendre dans les bois des branches Dér. de bannir, d'origine germanique.
coupées avec leurs feuilles) pourra être Peine politique, criminelle, infamante
exercé par les usagers. et temporaire, prévue par les art. 8,
32 et 33 du Code pénal, et qui consiste
— de surveillance. Sous le régime (C. de
dans la simple expulsion du condamné
la surveillance de la haute police
pén. art. 44), décision par laquelle du territoire français, sans assignation
l'Administrationinterdisait au condamné de résidence. La durée du bannissement
libéré, renvoyé sous la surveillance de est de 5 à 10 ans.
la haute police, de paraître dans certains
lieux ; on lui assignait une certaine rési- Banque.
dence, l'infraction à ces prescriptions Empr. de l'it. banco, propr. banc, d'où table de
changeur, d'où banque.
constituant la rupture de ban (V. ce I. Tout établissement ayant pour
mot). objet le commerce de l'argent et des
— de vendange. Arrêté par lequel, titres possédant une fonction monétaire
dans les communes où le ban de ven- (billets de banque, effets de commerce,
dange a été établi ou maintenu par chèques, etc.).
une délibération du Conseil municipal II. Ensemble des opérations auxquelles
approuvée par le Conseil général, le peut donner lieu le commerce de l'argent
maire détermine chaque année la date et des titres possédant une fonction
Banqueroute 84

monétaire. Ex. : opération de banque, la situation des créanciers de la faillite,


commerce de la banque. (Dépenses personnelles excessives, tenue
Banque s'occupant spé- irrégulière des livres, etc.) (C. com. art.
— d'affaires. 585 ; C. pén. art. 402, 2°).
cialement d'apporter une aide, finan-
cière aux entreprises commerciales et
industrielles en leur faisant des avances Banquier.
Dér. de banque.
ou en y prenant des participations. Celui qui exerce le commerce de la
Banque ayant princi-
— de dépôts. objet banque.
palement pour de recevoir les
dépôts d'argent. Les banques de dépôts Baraterie de patron.
peuvent utiliser les sommes qui leur Dér. de barater, « tromper », qquefois troquer, cf. de
sont confiées, le dépôt à elles fait étant même barat, « tromperie », rart troc, d'origine obscure.
Désigne, en droit français, toute
un dépôt irrégulier (V. ce mot), mais faute du capitaine, particulièrement
elles ne doivent les utiliser en principe
dans l'assurance maritime (C. com.
que dans des opérations à court terme art. 353). Les polices d'assurance garan-
et garanties (escomptes, reports, etc.), tissent cette baraterie. En droit anglais,
ce qui distingue leurs opérations de celles le mot «baratry » désigne un acte fraudu-
des banques d'affaires.
leux, et l'expression baraterie est prise
— d'émission. Banque ayant le pri- quelquefois dans ce sens restreint.
vilège d'émettre des billets de banque
(V. ce mot). Ce privilège n'appartient Baron (V. titre de noblesse).
en France qu'à la Banque de France.
Banque ayant princi-
— d'escompte. objet Barre.
palement pour l'escompte des Orig. obscure.
effets de commerce. Barrière qui autrefois séparait les
juges du public dans la salle d'audience.
Banque privée, cons-
— de France. forme Actuellement, lieu de la salle d'audience
tituée sous la de société par où comparaissent les témoins et où
actions, jouissant du privilège tempo- plaident les avocats.
raire, mais renouvelable, de l'émission
en France des billets de banque (V. ce Barreau.
mot), mais dont l'Etat s'est réservé Dér. de barre, cf. pour le développ. du sens
le droit de réglementer les opérations parquet.
et de nommer le gouverneur, les sous- Ordre des avocats exerçant leur mi-
gouverneurs et les directeurs de succur- nistère auprès d'un tribunal ou d'une
sales (L. 24 germinal an XI). Cour. L'expression vient de ce qu'un
banc, réservé aux avocats dans la salle
Banqueroute. d'audience, était autrefois fermé par
Empr. de l'it. banco rotto, propr. banc rompu, une barre de bois ou de fer.
parce qu'on rompait le banc des banqueroutiers.
Actes délictueux commis par un com- Barrement (V. chèque barré).
merçant failli et punis, selonleur gravité,
soit de peines correctionnelles (banque- Bâtard.
route simple), soit de peines criminelles Probabl. formé sur l'anc. fr. fils de bast (d'orig.
(banqueroute frauduleuse). german.), t. de féodalité, désignant l'enfant rec onnu
d'un noble qui l'a eu d'une épouse illégitime, plutôt
— frauduleuse. Crime puni de la que dériver de bât au sens d' « engendre sur un bât »,
peine des travaux forcés à temps con- par allusion aux relations des muletiers avec les
sistant dans des actes frauduleux parti- servantes d'auberge.
culièrement graves : soustraction des Ancienne désignation de l'enfant na-
livres, dissimulation de l'actif, suppo- turel, qui n'a pas été reproduite par le
sition de passif, bilans frauduleux, etc. Code civil.
(C. com. art. 591 ; C. pén. art. 402, I°).
Bateau.
— simple. Délit correctionnel puni Dér. de l'anglo-saxon bât (d'où l'anglais boat).
d'un mois à deux ans de prison, con- Bâtiment affecté à la navigation sur
sistant dans des actes d'imprudence les fleuves et canaux (L. 5 juill. 1917).
ou de négligence graves, énumérés par Cette expression s'emploie couramment
la loi et qui ont pour résultat d'aggraver dans la pratique, mais à tort, pour dési-
85 Bâtiment

gner tout bâtiment affecté à la naviga- à une personne (généralement un débi- '
tion quelle qu'elle soit. teur) par exception à l'application
Bâtiment de mer spé- normale des règles juridiques (V. les
— de pêche. expressions ci-dessous). ,
cialement employé aux opérations de la
pêche maritime et qui a, malgré son Dans le même sens, on dit aussi
bénéfice de la séparation des patrimoines,
nom, la qualité juridique de navire.
-feu. Bâtiment flottant qui n'a pas
la qualité juridique de navire, servant
de la liquidation judiciaire, du con-
cordat, des prorogations (de jouissance)
accordées par les lois sur les loyers aux
à la signalisation d'un obstacle à la locataires (V. ces mots).
navigation.
— de cession d'actions. Expression
— pilote. Embarcation, petit navire empruntée au Droit romain et désignant
employé par les pilotes pour accoster le bénéfice de la subrogation légale dans
ou pour quitter le navire qu'ils ont à les droits du créancier (hypothèque, nan-
conduire. tissement, etc.), accordé à la caution
Bâtiment. qui a payé la dette (C. civ. art. 2.029).
Dérivé de bâtir, d'origine germanique. — de cession de biens. Faveur que
I. Edifice construit sur un terrain (C. la loi accorde au débiteur malheureux
civ. art. 518, 555, 1.019, 1386, 1437 ; et de bonne foi auquel il est permis,
C. pén. art. 479 et 482). pour échapper à la contrainte par corps,
II. Engin de navigation. Ex. bâti- : dans les cas où elle est maintenue, de
ment de mer, bâtiment de guerre. faire en justice l'abandon de tous ses
biens à ses créanciers (C. civ. art. 1268).
Bâtonnier. Cette institution, qui n'offre plus grand
Dér. de bâton, au sens de hampe, propr. « porte- intérêt depuis l'abolition de la con-
bannière d'une confrérie » ; le bâtonnier des avocats trainte par corps en matière civile et
portait le « bâton » ou bannière de Saint-Nicolas ; au
moyen âge, patron de la confrérie des avocats, commerciale, est tombée en désuétude.
confirmés par Philippe VI, avril 1342.
Autrefois, membre d'une confrérie de discussion.
portant le bâton, spécialementprésident A. Droit pour la caution d'exiger
de la confrérie de Saint Nicolas, qui que le créancier poursuive d'abord la
portait dans les processions la bannière vente des biens du débiteur principal,
du saint. Aujourd'hui, avocat choisi à charge par elle d'avancer les frais de,
la poursuite et d'indiquer les biens à
par ses confrères chaque année pour saisir (C. civ. art. 2.023). Ce bénéfice
être placé à la tête du barreau. Il repré-
sente l'ordre, préside le conseil de disci- n'appartient pas à la caution solidaire
pline et les assemblées générales et (V. ce mot).
s'occupe de tous les intérêts de l'Ordre B. Droit analogue accordé dans cer-
(Décr. 10 mars 1870 ; ord. 27 août 1830, tains cas au tiers détenteur d'un im-
art. 3 ; ord. 20 nov. 1822, art. 9, etc.). meuble hypothéqué (C. civ. art. 2.170
et 2. 171).
Belligérant. C. Par extension, droit du cédant
Empr. du I. belligerans, part. prés, du v. belli- d'une créance, qui a garanti la solva-
gerarer, « faire la guerre ». bilité du débiteur, de n'être poursuivi
Caractère d'un Etat prenant part par le cessionnaire qu'au cas d'insuffi-
à une guerre, par opposition aux puis- sance démontrée des biens du débiteur.
sances demeurées neutres. — de division. Droit accordé à chacune
Pour les personnes, l'expression dé-
signe tous ceux qui sont autorisés à des personnes qui se sont portées cau-
prendre part aux opérations de guerre, tions d'une même dette d'exiger que
soit comme combattants, soit comme le créancier réduise sa poursuite contre
auxiliaires (médecins, infirmières, etc.). elle à la mesure de sa part dans la dette
(C. civ. art. 2.026).
Bénéfice.
— de juridiction (V. privilège de
Empr. du jurid. beneficium, indiquant certains
I. juridiction).
avantages, v. l'article. — Quant au sens de gain,
il est récent.
Expression employée traditionnelle- — de l'âge. Préférence accordée, au
cas d'égalité de voix dans une élection,
ment pour désigner un droit accordé au candidat le plus âgé.
Bénéfice 86

— d'émolument. Droit pour la femme de biens à venir et institution contrac-


commune en biens qui a fait dresser tuelle).
inventaire de n'être tenue des dettes
dé la communauté à l'égard de son — communs. Biens composant l'actif
de la communauté entre époux (V. ce
mari et des créanciers que dans la mesure mot).
de la part qui lui est attribuée dans le
partage de la communauté. — communaux. Biens compris dans
le domaine privé communal, apparte-
— d'inventaire. Droit pour l'héritier nant à la commune, considérée comme
ou le successeur universel de n'être tenu être moral, mais sur lesquels les habitants
des dettes de la succession que jusqu'à ont un droit de jouissance (C. civ. art.
concurrence de la valeur des biens 642). Les biens communauxse composent
qu'il a recueillis et d'éviter la confusion ordinairement de bois et de terres
de ses biens personnels et de ceux de incultes et propres seulement au pâtu-
la succession.
rage. Originairement, ces biens étaient
Bénéfices (D. com.).
la propriété collective des habitants.
Gain pécuniaire ou matériel réalisé — consomptibles (V. choses).
dans une opération ou dans une entre
prise et accroissant la fortune de ceux — corporels. Choses matérielles sus-
ceptibles d'appropriation.
qui les obtiennent. Les économies ne
constituent pas des bénéfices car elles — de famille. Bien comprenant soit
n'accroissent pas la fortune mais l'em- une maison ou portion divise de maison,
pêchent de diminuer. Cette définition soit à la fois une maison et des terres
a été donnée par la Cour de Cassation attenantes ou voisines, occupé ou
à l'occasion de la distinction du contrat exploité par la famille, que la loi déclare
de société et du contrat d'association insaisissable en vue d'assurer à celle ci
(V. ces mots) (Ch. réun. II mars 1914, un foyer (L. 12 juill. 1909, sur la cons-
D. P. 1914, 1, 257). titution de bien de famille).
— de guerre (V. contribution extra- — de main-morte. Biens appartenant
ordinaire sur les). à des personnes juridiques, ainsi dénom-
més parce qu'ils ne font l'objet d'aucune
Bénéficiaire (V. héritier). transmission par décès par suite de la
perpétuité de leur propriétaire (V. main-
Bienfaisance (V. oeuvres). morte).
Bicaméralisme. — domaniaux (V. domaine).
Du lat. bis, deux fois, et caméra, chambre. — dotaux. Biens que la femme mariée
Régime politique dans lequel il y a sous le régime dotal se constitue expressé-
deux assemblées représentatives. ment en dot ou qui lui sont donnés
par contrat de mariage. Les biens dotaux
Biens. sont en principe inaliénables, impres-
Adv. bien, I. bene, p.is substantivt. criptibles et insaisissables (C. civ. art.
Choses matérielles susceptibles d'ap- 1542, 1544 et s.).
propriation et tous droits faisant partie
du patrimoine. Ex. : terres, maisons, — du domaine privé (V. domaine).
meubles, usufruit, servitudes, créances, du domaine public (V. domaine).
offices, fonds de commerce, brevets
— fongibles (V. choses).
d'invention, droits d'auteur, etc.
immeubles (V. immeubles).
— à venir. — incorporels. Tous les droits faisant'
A. Biens qu'un débiteur a acquis
après le moment où sa dette a pris partie du patrimoine (V. droits et
naissance et qui sont, comme les biens patrimoine). Suivant la tradition ro-
présents, le gage des créanciers (C. civ. maine, maintenue par' le Code civil,
art. 2.092). Ces biens ne peuvent pas, le droit de propriété sur les choses
en principe, être hypothéqués (C. civ. matérielles est considéré comme un
art. 2.129). bien corporel, par identification de
B. — (Donation de). (V. donation la chose et du droit.
87 Bigamie
Bilan.
— indivis. Empr. de l'it. bilancio, subst. verbal de bilan—
Empr. du lat. indivisus.
Biens faisant l'objet d'une indivision ciares balancer, v. BALANCE.
(V. ce mot). Tableau résumé de l'inventaire ou
de la comptabilité d'une entreprise,
— meubles (V.
meubles). établi en général sous la forme d'un
consomptibles (V. choses). tableau synoptique en deux colonnes et
— non donnant la situation active et passive
choses).
— non fongibles (V. de l'entreprise à une date déterminée. —
Ce tableau porte le nom de bilan parce
— paraphernaux. qu'il se termine ordinairement par une
Empr. du I. méd. paraphernalis, dér. du gr. de
b.eo. n-j.pi'szp'i-j, pl. neutre, « biens paraphernaux», balance des comptes actifs et passifs.
formé de la prép. ^ap*, à côté de, au delà de, et de La somme ajoutée à l'actif ou au passif
tp:ovY). dot.
Biens que la femme mariée sous le pour obtenir cette balance représente
régime dotal ne s'est pas constitués le bénéfice de l'entreprise quand elle est
ajoutée au passif, la perte quand elle
en dot ou qui ne lui ont pas été cons- est ajoutée à l'actif.
titués en dot et dont la loi lui confère préliminaire
en conséquence l'administration et la — (dépôt de). Formalité
jouissance. de la liquidation judiciaire et, dans
certains cas, de la faillite, par laquelle
— présents. appartiennent un commerçant fait connaître au tribunal
A. Biens qui à un débi- de commerce sa situation active et
teur au moment où sa dette prend passive, en même temps qu'il se déclare
naissance et qui servent de gage général en état de cessation de paiements
aux créanciers (C. civ. art. 2.092). (C. com. art. 439 et 440).
B. — (Donation de). (V. donation de
biens présents). Bilatéral (V. contrat).
Billet (I).
— propres. Biens constituant le pa- Dér. de bulle, prop. boule de plomb qu'on attachait
trimoine personnel du mari ou celui au bas des actes puis l'acte lui-même, avec une
de la femme et qui, sous le régime de modification de la forme mal expliquée.
la communauté légale ou convention- Ecrit portant engagement de payer
nelle, ne font pas partie de la masse une certaine somme.
commune. — à ordre. Billet par lequel le sous-
cripteur promet de payer à court terme
— réservés. Produits du travail per- ou à vue une certaine somme à une autre
sonnel de la femme mariée exerçant
une profession distincte de celle de son personne, dite bénéficiaire, ou à son
mari, et biens acquis avec ces pro- ordre.
duits. Cette catégorie de biens ont été au porteur. Billet par lequel le
créés par la loi du 13 juillet 1907, re- —
souscripteur promet de payer à une
lative au libre salaire de la femme ma- date précise une certaine somme à toute
riée. personne qui sera alors porteur du
— vacants ou sans maître. Biens qui, billet.
par leur nature sont susceptibles de — à vue (ou à volonté). Billet par
propriété privée, mais qui, en fait, n'ont lequel le souscripteur promet de payer à
pas encore été appropriés (gibier, pro- une personne dénommée, ou à son ordre,
duits de la mer) ou qui ont cessé de une certaine somme, sur la simple pré-
l'être (choses abandonnées). sentation de ce billet. Le billet au
porteur et à vue ne peut être émis
Bigamie.
Dér. de bigame, empr. du I. éccl. bigamus, comp.
en France. Ce serait violer le privi-
lège de la Banque de France.
vu
du préf. bis, deux fois et du gr.
Crime prévu par l'article ,, *. se marier».
340 du Code — de banque. Billet émis par certaines
pénal et qui consiste, pour une personne banques, dites banques d'émission (V. ce
déjà engagée dans les liens d'un mariage mot), obligeant la banque à payer en
valable, à en contracter un nouveau espèces, à vue et au porteur, la somme
avant la dissolution du précédent et qui y est inscrite. Ce remboursement
avec un autre que son conjoint. se fait actuellement en or, dans tes con-
Billet 88

dirions prévues par la loi du 25 juin 1928. Bisaïeuls.


En période de guerre, une loi peut Comp. de bis, deux fois et aïeul,
dér. du cl. avus, grand-père.
1. pop. * aviolus
autoriser les banques d'émission à ne Ascendants d'une personne au troi-
pas rembourser leurs billets. On dit sième degré. Syn. : arrière grands-
qu'il y a alors cours forcé (V. ce parents.
mot).
effet de com- Blâme.
— de complaisance (V. Dér. du v. blâmer, 1. ecclés. blasphemare, d'or.
plaisance).
grecque, outrager, qui s'est affaibli au sens de faire
— de prime. Billet à ordre par lequel des reproches, etc.
l'assuré s'engage envers un assureur Sanction disciplinaire prononcée par
à lui payer la prime d'assurance au jour une autorité hiérarchique ou par un
conseil de discipline, consistant à ré-
convenu. On rencontre le billet de prime
dans les assurances terrestres comme prouver officiellement les agissements
dans les assurances maritimes. ou l'attitude d'un fonctionnaire ou
d'une personne soumise à un statut
disciplinaire.
Billet (II).
Imprimé ou écrit destiné à prouver Blanc-seing.
le contrat intervenu entre une personne Comp. de blanc (germ. blank) et seing, I. signum,
et un entrepreneur de transports, de signe, d'où signe tenant lieu de signature, puis
spectacles, d'expositions, etc. Il vaut signature.
quittance du prix qui y est porté. Signature apposée au bas d'une feuille
blanche que le signataire remet à une
— d'avertissement (V. avertissement personne en lui confiant le soin d'y
III). inscrire elle même les termes de l'opé-
ration juridique convenue entre eux.
— de bord (ou d'embarquement). Reçu Ex. : donner un blanc seing, s'engager
provisoire des marchandises remises
à l'armateur pour être embarquées. par blanc-seing (V. aussi abus de blanc-
Ce reçu, qui n'est pas réglementé par seing).
la loi, est établi avant la délivrance du Blocus.
connaissement (V. ce mot). Empr. du moyen néerl. blockuus, étymologt :
maison faite de madriers ; blocus signifiait d'abord
— de grosse. Billet constatant la pro un fortin destiné à couper les communications
messe de payer la somme prêtée à la d'une place assiégée.
grosse. Il peut être établi soit à personne Emploi de la force armée (d'ordinaire
dénommée, soit à ordre, soit au por- la force armée navale) pour empêcher
teur (V. prêt à la grosse aventure). le commerce et les communications
d'un pays ou d'une partie de pays avec
— de logement. Billet délivré par l'extérieur.
l'autorité municipale au militaire pour
qu'il soit logé chez des particuliers. — effectif. Blocus assuré par des forces
suffisantes pour empêcher toute com-
Binage. munication. En droit international, c'est
En ce sens particulier, dér. de I. bini « deux ». le seul qui soit reconnu valable.
I (Pr. civ.). Expression
employée
dans la pratique pour désigner le service — pacifique. Blocus exercé en dehors
de l'état de guerre pour contraindre un
de deux justices de paix limtrophes, Etat à exécuter une sentence, à res-
dans le même département, assuré par pecter ses engagements ou les droits
le titulaire de l'une d'elles, en vertu de l'Etat qui exerce le blocus (Pacte
d'un décret rendu en Conseil d'Etat de la S. D. N., art. 16).
après avis des chefs de la Cour. Ces
justices de paix conservent néanmoins — par croiseurs. Blocus effectif assuré
leur individualité et ont chacune des par des navires armés qui croisent devant
juges de paix suppléants et un greffier le port bloqué.
(L. 28 av. 1919).
II (D. can.). Expression employée Bombardement.
Dér. du v bombarder, dér. de bombarde, fait sur
pour désigner le service de deux pa- le I. bombus, bruit (de tambour, d'applaudisse-
roisses assuré par un même curé. ments, etc.), mot onomatopéique.
89 Bon

Acte de guerre consistant dans la débiteur avant sa signature, portant


mise en oeuvre d'une action d'artillerie en toutes lettres la somme ou la quantité
ou dans un jet de bombes d'aéronefs de la chose due. Le Code civil exige
sur un objectif déterminé. Pour être cette mention dans les actes unilatéraux,
légitime, le blocus doit être effectué dans quand ils ne sont pas écrits de la main
les conditions prévues par les conventions du débiteur, exception faite pour les
sur le droit de la guerre des deux Confé- catégories de personnes énumérées dans
rences de La Haye (Règl. 1907, art. 25). l'art. 1326 C. civ. — Dans la pratique,
on a pris l'habitude, bien que cette
Bon. formalité soit inutile, de faire préciser
Adj. p.is subst., lat. bonus.
Ecrit constatant le droit d'une au signataire l'objet de l'acte qu'il
signe. Ex. : Bon pour autorisation,
personne de se faire payer une certaine bon pour pouvoir, bon pour aval.
somme d'argent ou d'exiger une presta-
tion déterminée. Ex. : bons du Trésor, Bonne arrivée. Arrivée du navire
bons décennaux, bons de pain, bons de au port de destination sans avarie.
livraison, bons de commission, etc. Dans l'assurance dite sur bonne arrivée,
l'assureur ne répond que de la perte
— à lot. Syn. : obligation à lot (V. ce du navire et non des avaries.
mot). S'emploie le plus souvent pour
des obligations non productives d'in-
térêt. Ex. : bons des Expositions de Bonne foi.
1889,1900, des Arts Décoratifs, bons de I. Etat d'esprit consistant à croire
Panama, etc. par erreur que l'on agit conformément
au droit et dont la loi tient compte
— à vue. Bon payable à présentation, pour protéger l'intéressé contre les
sans avis préalable. conséquences de l'irrégularité de l'acte.
— de caisse. Bon à ordre, à échéance
Ex. : I° le possesseur qui croit avoir
de plusieurs années et productif d'in- acquis une chose de son véritable pro-
térêts, émis par certaines banques contre priétaire (C. civ. art. 549, 1141, 2.265) ;
dépôt d'argent. le tiers qui traite avec un héritier appa
rent qu'il croit être le véritable héritier ;
— de la Défense nationale. Variété les époux ou l'époux qui ignorent la
de bons du Trésor (V. ce mot) créée
pendant la guerre de 1914-1918 et au cause de nullité entachant le mariage
(C. civ. art. 201 ; V. mariage putatif) ;
cours des années suivantes, en vue de celui qui construit sur le terrain d'autrui
procurer au Trésor les disponibilités qui croyant en être propriétaire (C. civ.
lui étaient indispensables. Ces bons, émis
art. 555) ; 2° l'héritier du dépositaire
pour une durée de un mois, trois ou qui vend la chose parce qu'il ignore
six mois, un an ou deux ans, donnaient qu'elle a été l'objet d'un dépôt (C. civ.
lieu au paiement anticipé de leurs inté-
rêts. Le chiffre maximum de l'émission, art. 1.935) ; le tiers qui contracte avec
qui atteignait encore 49 milliards un mandataire dont les pouvoirs ont
pris fin à son insu (C. civ. art. 2.009).
en 1926, est déterminé par la loi. Le II. Loyauté, respect de la parole
paiement des intérêts et l'amortissement donnée. L'article 1134 du Code civil
de ces bons sont aujourd'hui confiés dit en ce sens que les conventions
à la Caisse d'amortissement. doivent être exécutées de bonne foi ;
— du Trésor. Obligations à court voir aussi C. civ., art. 1268, 1852,
terme, productives d'intérêts, souscrites 1869 ; la loi du 29 juin 1929, art. 2, parle,
par le ministre des Finances pour les dans ce sens, de l'occupant de bonne
besoins de la Trésorerie, et dans les foi.
limites fixées chaque année par la loi
de finances. Exceptionnellement, il a été Bonnes moeurs. Ensemble des règles
fait, au cours et à la suite de la dernière imposées par la morale et auxquelles
guerre, des émissions massives de bons les parties ne peuvent déroger par leurs
du Trésor qui constituaient de véritables conventions (C. civ. art: 6). En droit
emprunts. pénal, L'expression ne s'entend que des
règles de la morale sexuelle (V. attentat
Bon pour. Mention inscrite par le et outrage aux moeurs).
Bon père de famille 90

Bon père de famille. Expression em- II. Opération qui consiste à fixer la
ployée par le Code civil (art. 450) pour ligne séparative de deux terrains non
désigner le type de l'administrateur bâtis et à la marquer par des signes
soigneux et diligent auquel doivent se matériels.
conformer ceux qui ont l'administration
ou la jouissance d'un bien d'autrui. Bouilleur de crû.
Dér. de bouillir, I. bullire.
Bons offices. Essai par une tierce Propriétaire distillant sa propre récolte
puissance d'amener deux Etats en pour la fabrication de l'alcool (L. 27 fé-
litige soit à entamer des négociations, vrier 1906).
soit à les reprendre lorsqu'elles ont été
rompues, mais sans que la tierce puis- Bourse.
sance prenne une part directe à ces D'abord en parlant de la bourse de Bruges, appe-
lée ainsi du nom de la place où se trouvait la
négociations et suggère elle-même le demeure ornée de trois bourses, d'une famille noble
mode de solution, comme c'est le cas appelée Van der Bearse.
dans la médiation (V. ce mot). I. Réunion de commerçantstenue avec
l'autorisation du gouvernement, pour y
Bordereau. traiter à intervalles périodiques fréquents
Dér. de bord, probabl. au sens de ce qui est inscrit les opérations concernant leur com-
le bord (mot d'orig. german.)
surÉtat
récapitulatif ou analytique de merce. Les bourses se distinguent des
pièces, actes ou comptes. foires et marchés par leur fréquence plus
grande et par le fait que les opérations
— d'agent de change. Bordereau, appelé qui s'y traitent s'effectuent sur types
aussi arrêté, signé soit par les agents de ou sur échantillons, sans la présence des
change et par les parties, soit par les marchandises sur lesquelles elles portent.
agents de change seuls, et destiné à On divise les bourses en Bourses
constater les achats et les ventes (C. de valeurs, où se traitent les opérations
com. art. 109). sur les effets publics et privés (rentes,
— de collocation. Extrait du règlement actions, obligations et autres valeurs
définitif de l'ordre amiable ou judi- mobilières) et en Bourses de marchan-
ciaire, ou d'une distribution par contri- dises, où se traitent les achats et les
bution, délivré sur papier timbré par ventes de marchandises proprement
le greffe à chaque créancier colloque dites, les assurances maritimes et les
en ce qui concerne sa collocation, et affrètements maritimes.
exécutoire contre l'adjudicataire, ou Le gouvernement détermine les villes
contre la Caisse des Dépôts et Consi- où sera ouverte une bourse, les opérations
gnations dans le cas où la somme à qui pourront y être traitées et les
distribuer a été consignée (C. pr. civ. conditions, dans lesquelles elles le seront,
art. 657 et 759). l'autorité municipale dans les départe-
ments, le préfet de police à Paris, les jours
— d'inscription. Bordereau contenant et heures d'ouverture de la Bourse.
les mentions exigées par la loi en vue
de l'inscription d'un droit de privilège L'entrée de la Bourse est libre, excep-
ou d'hypothèque (C. civ. art. 2.148). tion faite pour les femmes et les faillis,
Cet écrit doit être rédigé en deux exem- qui en sont exclus, et pour les étrangers,
plaires absolument conformes, signés qui doivent être munis d'une carte.
par le créancier ou son représentant, II. Local où se tient cette réunion.
et déposés à la Conservation des Hypo- — de commerce. Synonyme de Bourse
thèques. L'un de ces exemplaires sert (V. ce mot). S'emploie aussi dans la
aujourd'hui à composer le registre des pratique, mais à tort, dans le sens
inscriptions (L. Ier mars 1918). restreint de Bourse des marchandises.
Bornage. — de marchandises (V. bourse).
Dér. de borner, dér. de borne, d'orig incert.,
p. ê. celtique. — des valeurs (V. bourse).
I. Navigation pratiquée par des bâti- du travail.
ments de très faible tonnage entre deux A. Réunion des adhérents des divers
ports voisins (Décr.-loi 20 mars 1852 syndicats d'une même ville ou région en
et décr. 2 nov. 1920) vue de se concerter pour la défense de
91 Bourse du travail

leurs intérêts et l'organisation de divers 1844, 7 av. 1902, 26 juin 1920, art. 3
services d'intérêt collectif. et 4).
B. Local où se tient cette réunion.
— d'addition. Brevet consacrant un
perfectionnement apporté à une inven
Bourse commune. Portion de leur tion déjà brevetée. Ce brevet coûte moins
émoluments mise obligatoirement en cher qu'un brevet de perfectionnement,
commun par les membres de certaines mais sa valeur et sa durée sont liées à
corporations (commissaires priseurs, par celles du brevet qui lui sert de support.
exemple) en vue d'atténuerpartiellement Syn. : certificat d'addition.
l'inégalité dans le produit des charges.
— de perfectionnement. Brevet consa-
Braconnage. crant un perfectionnement apporté à une
Dér. de braconner, au moyen âge « chasser avec invention déjà brevetée. Le brevet de
un braque », dér. de bracon, id., empr. du german. perfectionnement constitue un véritable
brakko, id. brevet d'invention, indépendant du bre-
Expression vulgaire par laquelle on
désigne les différentes infractions à la vet principal. Cependant, le titulaire du
réglementation de la chasse, et spécia- brevet principal est, pendant un an, pré-
lement les plus graves, comme le fait féré à tout autre pour obtenir protection
de chasser sans permis, en temps prohibé
d'un perfectionnement.
ou à l'aide d'engins prohibés (L. 3 mai Brigandage.
1844, art. 6, 7 et 14).
Dér. de brigand, empr. de l'it. brigante, proprt. :
Bref délai (V. assignation). qui va en troupe, dér. du v. brigare, propr. com-
battre en troupe (dér. de briga, lutte, d'or, incert.).
Brevet. Vol, pillage commis avec violence,
Dér de bref, au sens de courte lettre officielle, à main armée et ordinairement en
adj. pris substantivt, I. brevis, court. bande. Aucun texte de notre législation
I. (V. acte en —). pénale ne prévoit le brigandage en tant
II. Titre délivré par l'Etat et per- qu'infraction distincte (C. pén. art. 61).
mettant au titulaire d'exercer certaines Les faits qui rentrent dans la définition
fonctions. Ce mot est pris actuellement du mot tombent sous le coup de dispo
comme équivalent de diplôme. Ex. : sitions plus générales: C. pén.art. 91,
brevet de capacité de l'enseignement attentats contre la sûreté intérieure,
primaire (V. infra), brevet d'expert art. 96, organisation de bandes armées,
comptable, officier breveté d'état major. ar. 265 et s., association de malfaiteurs,
art. 381 à 386, vols commis en réunion,
— d'apprentissage. Expression dési- à main armée, avec violence.
gnant le certificat délivré par le patron
à l'apprenti qui a terminé son appren-
tissage. Cette pièce est appelée « congé Brocard.
d'acquit » par l'article 10, livre Ier, Empr. du I. médiéval Brocardus, n. propre :
Burckart, évêque de Worms, XIe siècle, qui fit une
du Code de Travail. compilation canonique, souvent appelée brocardica
de capacité. Certificat délivré par ou brocardicorum opus.
— Adage juridique vulgarisé sous une
l'Etat et attestant un ensemble de forme populaire (V. adage).
connaissances. Ex. : brevet de capacité
en droit : (V. capacité en droit. Brevet Budget.
de capacité de l'enseignement primaire, Empr. de l'angl. budget, empr. de fr arch. bougette,
appelé quelquefois brevet élémentaire; il, petit sac, qui a pris en angl. le sens de sac du roi,
existe aussi un brevet supérieur de capa- trésor royal (dimin. du fr. arch. bouge, valise ;
cité ; ces diplômes donnent accès à I. bulga, petit sac de cuir, d'orig. gaul.).
l'enseignement primaire. Acte par lequel sont prévues et auto-
risées les recettes et dépenses annuelles
Brevet d'invention. Titre par lequel de l'Etat ou des autres services que les
le Gouvernement confère à toute per- lois assujettissent aux mêmes règles
sonne qui se prétend l'auteur d'une (Décr. sur la comptabilité publique du
invention d'ordre industriel et en fait 31 mai 1862, art. 5). Cette définition
le dépôt dans les formes légales, le droit réunit trois attributs essentiels : l'univer-
exclusif, pour un temps déterminé, salité, qui exige l'inscription de toutes
d'exploiter cette invention (L. 5 juill. les dépenses et de toutes les recettes,
Budget 92

l'unité, qui conduit à la consignation 1862, art. 484 et s., 8 août 1878, spécial
de toutes les opérations dans un seul à la Ville de Paris ; L. 5 av. 1884, et
acte et la périodicité, qui assure le décr. de décentralisation et de décon
caractère préalable et temporaire du centration administratives, 5 nov. 1926,
budget. art. 14, 15, 30; 3, 6 déc. 1926). Le budget
de la commune est soumis à des exi-
— annexe. Budget d'un service ou gences d'organisation générale analogues
d'un établissement doté d'une autono-
mie financière et relevant de l'Etat à celles du budget départemental.
ou de la commune, rattaché pour ordre — de report. Budget formé des crédits
à leur budget général et soumis aux non employés d'un ancien budget et qui
mêmes autorisations que lui. Déroge reçoivent une affectation nouvelle. Met
à la règle de l'unité, non à celle de l'uni- en échec le principe annal et n'est admis,
versalité (Ex. de budgets de l'Etat pour les finances de l'Etat, que dans des
autonomes : Monnaies et Médailles, che- circonstances exceptionnelles, par décret
mins de fer de l'Etat ; sur les budgets en Conseil d'Etat ou par une loi (V. no
annexes des régies municipales, V. décr. tamment L. de finances 30 juill. 1926.
28 déc. 1926). art. 62). Les finances départementales
et communales en font un usage plus
— de l'Etat. Budget portant prévi- courant dans les budgets supplémen-
sion et autorisation pour un an des
dépenses et recettes de l'Etat (L. 25 taires.
mars 1817, art. 91, décr. 31 mai 1882, — primitif, rectificatif. Budget voté
art. 15). Le budget de l'Etat, préparé en avant le début de l'année ; état des
collaboration par le Gouvernement (Mi- corrections apportées à ce budget en
nistre des Finances) et le Parlement cours d'année. Abandonné en France
(Commission des Finances) et voté par dans les finances de l'Etat, où il tend
les Chambres, se présente sous les appa- à être remplacé par la pratique des
rences d'une loi de finances complétée « collectifs » (V. ce mot) ; le budget
par des tableaux. rectificatif survit dans les dépenses
du département. Budgetvoté annuel départementales et communales sous
lement par le Conseil général, sous le forme de budget supplémentaire.
contrôle de l'Etat, pour prévoir et auto
riser les recettes et les dépenses du dépar- Bulletin.
Dér. de l'a. fr. bullette, id., d'abord petite boule
tement (L. 10 août 1871, 30 juin 1907, (dimin. de bulle, v. BILLET).
décr. 2 déc 1907, 5 nov. 1926, art. 5-7). I. Ecrit abrégé ou de petite dimension.
Il se distingue sur trois points importants
du budget de l'Etat : I° la fixation des — d'avertissement (V. avertissement).
recettes est antérieure à la fixation des — d'avis (V. avis).
dépenses, car le pouvoir de créer des
ressources est limité pour le départe- — de bagages. Récépissé des bagages
confiés au transporteur.
ment ; 2° la règle de l'unité n'est pas
observée ; le département possédant — de vote. Bulletin portant le nom ou
un budget ordinaire et un budget extraor- les noms des candidats dans une élection,
dinaire, distingués l'un de l'autre selon établi pour permettre à l'électeur d'ex-
les catégories de dépenses, votés avant primer son vote (L. 29 juill. 1913).
le début de l'année et complétés par — pour venir plaider. Bulletin remis
un budget supplémentaire établi en par le greffier d'un tribunal aux avoués
cours d'année, qui joue à la fois le rôle des parties, indiquant qu'une affaire
de budget rectificatif et de budget de sort du rôle et à quelle date elle est
report (V. infra) ; 3° l'initiative finan- susceptible d'être plaidée.
cière du département.est soumise à la II. Recueil, publication. Ex. : bulletin
règle de l'inscription d'office (V. ce mot). des arrêts de la Cour de Cassation,
bulletin des Lois (V. infra), bulletin
— de la commune. Budget voté annuel-
des oppositions (V. infra), bulletins
lement par le Conseil municipal et ap-
prouvé par l'autorité supérieure, pour des ministères, bulletin de la Préfecture
prévoir et autoriser les recettes et les de police.
dépenses communales (Décr. 31 mars — des Lois Recueil de tous les actes
93 Bureau
législatifs. Créé par la Convention, cipale de tenter de concilier les différends
le 14 frimaire, an II (4 déc. 1793), en professionnels entre patrons et salariés
vue de conserver le texte des lois et des avant que ceux-ci soient portés devant
décrets, il devint successivement un le bureau de jugement.
organe de promulgation (L. 12 vendé- — de jugement. Formation du Conseil
miaire, an IV, 4 oct. 1795), puis, lorsque des prudhommes, composée en nombre
la promulgation fut réduite à un acte égal de patrons et d'ouvriers ou d'em-
unique du pouvoir exécutif (C. civ. ployés, chargée de juger les différends
art. Ier), un moyen de publication. professionnels entre patrons et salariés.
Bien que ce dernier rôle soit aujourd'hui
«
attribué au Journal Officiel (Décr. 5 nov. — de la Chambre des Députés et du
1870), le Bulletin des Lois continuait de Sénat. Section de l'assemblée, obtenue
paraître et de publier tous les textes nou- par voie de tirage au sort entre les
membres, ayant pour fonction d'exami-
veaux. Si, par impossible, la publication
d'une loi n'avait pas été faite au Journal ner les dossiers d'élection et d'élire les
Officiel, son insertion au Bulletin des Lois membres de certaines commissions (V.
aussi bureau d'une assemblée).
en aurait tenu lieu. Il a été supprimé
par une loi du 19 avril 1930. — de l'Assemblée nationale. Se compose
Recueil quotidien des président, vice-président et secré-
— des Oppositions. taire du Sénat (L. const. 16 juill. 1875,
publié par la Compagnie des agents
de change de Paris, dans lequel sont art. II, al. 2).
insérées les oppositions formées entre Service public
les mains du syndic des agents de — d'enregistrement.
existant en principe dans chaque canton
change et de l'établissement débiteur tenu par un fonctionnaire, le receveur
par les propriétaires de titres au porteur de l'enregistrement, lequel a l'obligation
perdus ou volés (L. 15 juin 1872 et 8 fév. de déférer à toute réquisition d'enre-
1902). gistrement (V. ce mot) en exécutant,
Bureau. sans délai, mais après paiement des
droits, la formalité. Le receveur de
Dér. de bure, I. pop. * bura, d'or. dout. Dési- l'enregistrement est aussi agent de
gnait d'abord une sorte de grosse étoffe de laine
brune, puis un tapis de table fait de cette étoffe, gestion du domaine de l'Etat : il vend
puis la table, notamt d'un tribunal, puis un meuble le papier timbré et les timbres mobiles,
à tiroirs du même usage, puis la pièce où est ce il encaisse, bien qu'elle ne soit pas un
meuble, etc. droit d'enregistrement, la taxe sur le
S'emploie dans les expressions sui-
vantes : revenu des valeurs mobilières.
— d'assistance. Etablissement public — de placement. Etablissement se
communal chargé d'assurer dans la chargeant de mettre en rapport les
commune le service de l'assistance employeurs qui cherchent de la main-
médicale gratuite à domicile, la liaison d'oeuvre et les ouvriers ou employés qui
entre tous les établissements d'assistance cherchent du travail (C. tr. art. 79 et s.).
communaux et de suppléer le bureau — de placement public. Organisme
de bienfaisance, s'il n'en existe pas communal effectuant gratuitement le
(L. 15 juill. 1893). placement des travailleurs, dont la
— d'assistance judiciaire. Réunion création a été imposée à la Ville de Paris
des personnes chargées d'examiner les (Décr. 8 mars 1848) et aux autres villes
demandes d'assistance judiciaire et de (L. 2 fév. 1925), et qui fonctionne sous
statuer sur leur admission (V. assistance le contrôle d'une commission adminis-
judiciaire). trative dite paritaire, c'est-à-dire mi-
patronale, mi-ouvrière. Cet établisse-
— de bienfaisance. Etablissement pu- ment peut, dans les grandes villes, être
blic communal chargé de distribuer
à domicile dans la commune des secours constitué en établissement public par
aux indigents valides. décret en Conseil d'Etat. Il existe éga-
lement des bureaux paritaires de pla-
— de conciliation. Formation du cement maritime organisés par décrets
Conseil des prudhommes, composée d'un
membre patron et d'un membre ouvrier (L. 13 déc. 1926, art. 6).
ou employé, et qui a pour fonction prin- — de placement privé. Institution
Bureau 94

d'initiative individuelle effectuant le — d'une assemblée. Ensemble des


placement des travailleurs moyennant membres désignés par une assemblée
une rétribution des seuls employeurs; pour diriger ses travaux, ses débats,
elle ne peut être créée qu'avec autori- établir éventuellement son règlement
sation municipale. intérieur et la représenter dans les céré-
monies officielles. Ex. : le bureau de
— des Hypothèques. Service public la Chambre des Députés, composé d'un
tenu par un conservateur chargé dans président, de quatre vice présidents,
un ressort déterminé, ordinairement de huit secrétaires et de trois questeurs.
l'arrondissement, de tenir les registres
des transcriptions immobilières et des — d'une réunion publique. Membres
inscriptions de privilège et d'hypothèque désignés par l'assemblée pour assurer
et d'en délivrer des extraits. l'ordre, diriger les débats et assumer
la responsabilitédes infractions commises
— de vote. contre la loi sur les réunions (discours
A. Section du corps électoral commu- contraires aux bonnes moeurs, provo-
nal lorsque celui-ci a été partagé par cation à un crime ou à un délit, etc.)
le préfet ou le sous-préfet en plusieurs (L. 30 juin 1881, art. 8, modifié par
sections pour faciliter le vote aux élec- L. 29 mars 1907).
teurs des hameaux éloignés du bourg
chef-lieu ou pour faciliter le dépouille- — électoral (V. Bureau de vote).
ment du scrutin dans les villes popu- — international du Travail. Organe
leuses (L. 5 av. 1884, art. 13 ; Décr. administratif permanent, siégeant à
5 nov. 1926, art. 42). Ne pas confondre Genève, de l'association d'Etats fondée
la section ou bureau de vote avec la sous le nom d'Organisation internatio-
section électorale (L. 5 av. 1884, art. II). nale du Travail (V. ce mot) par la partie
B. Organisme présidant au vote des XIII du Traité de Versailles, en vue
électeurs d'une section. Il est présidé d'améliorer le sort des travailleurs.
par le maire et composé des quatre Il est chargé principalement de préparer
conseillers municipaux inscrits les pre- l'ordre du jour de la Conférence inter-
miers dans l'ordre du tableau, ou, à nationale du Travail, de procéder à
leur défaut, des deux électeurs les plus des enquêtes et réunir des documents.
jeunes et des deuxélecteurs les plus âgés,
sachant lire et écrire, et qui se trouvent Butin.
dans la salle au début des opérations de Empr. du moyen haut allemand bute « partage
vote (Décr. 2 fév. 1852). d'un butin ».
Biens de l'ennemi que l'adversaire
— d'hygiène. Service municipal chargé, s'est appropriés. Cette appropriation est
sous l'autorité du maire, de l'application actuellement proscrite par le Droit
dans la commune des mesures sanitaires international, sauf le cas de la guerre
prescrites par les lois sur la santé pu- de course, pour les pays pour lesquels
blique (L. 15 fév. 1902, art. 19). elle est encore licite.
C

Cabinet. — (petit). Cabotage entre deux ports


Probablement empr., au XVIe siècle de l'ital. d'une même mer (C. com. art. 22).
gabinetto au sens de « meuble » ; a pris ensuite le
sens de « pièce réservée à l'intimité, etc. », puis Cadastre.
son acception politique au XVIIe s. Emprunté, par la voie du provençal, de l'italien
I. (D. const.). Dans le régime parle- catastro, qui vient lui-même du bas grec r.-xxà ai /o-t
mentaire, ensemble des ministres et (composé de(rt'/oç « ligne »).
sous-secrétaires d'Etat, soumis à la res- Ensemble des documents (plan, état
ponsabilité politique solidaire devant les des sections, matrices des propriétés
Chambres. bâties et des propriétés non bâties) qui,
II. (D. const. et adm.). Dans les mi- dans chaque commune, servent de base
nistères, sous secrétariats d'Etat et pré- à la contribution foncière et sont utilisés
fectures, service placé en marge des pour l'identification de la propriété
bureaux administratifs, chargés de la immobilière (C. civ. art. 2148; C. pr.
préparation des affaires gouvernemen- civ. art. 675). Le cadastre, en France,
tales et administratives proprement dites, est appelé cadastre parcellaire.
et s'occupant plus spécialement des
affaires politiques, des audiences et de Cadi.
la correspondance. Le personnel du Ca- Emprunté de l'arabe qâdî.
binet comporte un chef de Cabinet (et Celui qui juge, qui décide.
éventuellement un chef adjoint ou sous- En pays musulman, fonctionnaire
chef de Cabinet), des attachés de Cabinet chargé principalement de rendre la jus
et des chargés de mission. Il suit la for- tice conformément aux prescriptions du
tune personnelle du ministre, du sous- Coran et de la Sounna. D'autres attri-
secrétaire d'Etat ou du préfet auprès butions peuvent lui être conférées. Ainsi,
de qui il remplit ainsi des fonctions con- il peut être chargé d'assurer l'exécution
fidentielles : choisi librement par celui-ci, de ses jugements, recevoir également
il disparaît avec lui. mission de surveiller les fondations
pieuses, de dresser les actes de mariage,
Cabotage. ou encore de veiller au bon ordre dans
Dér. du v. caboter, d'origine obscure. les rues ou sur les places publiques ou
Navigation maritime effectuée dans d'assurer la bonne gestion des biens des
les limites indiquées par l'article 377 du incapables.
Code de commerce et la loi du 19 avri
1906, art. 15, au delà desquelles la navi- Caducité.
gation est dite au long cours. Dérivé de caduc, latin caducus.
Etat d'un acte juridique qu'un événe-
(grand). Cabotage entre les ports ment postérieur rend inefficace. Se dit
de l'Océan et ceux de la Méditerranée. spécialement de la donation entre vifs,
du legs, du contrat de mariage. Ex. :
— international. Cabotage entre un la donation entre vifs tombe si la condi-
port français et un port étranger. tion à laquelle elle était subordonnée ne
— national. Cabotage entre deux ports se réalise pas ; le legs tombe lorsque le
français. légataire meurt avant le testateur ; le
Caf 96

contrat de mariage tombe si le mariage vriers et par une contribution de l'Etat,


projeté n'a pas lieu. pour assurer des pensions aux ouvriers
mineurs, à leurs veuves et à leurs orphe-
Caf (vente). lins (L. 25 fév. 1914).
Mot conventionnel formé des initiales des trois — centrale du Trésor public. Branche
mots coût, assurances, fret, voir cif. de l'Administration centrale du Minis-
Vente de marchandises destinées à
être transportées par mer, qui se carac- tère des Finances, placée sous les ordres
térise par ce double fait : I° qu'elle est d'un comptable, le Caissier payeur cen-
faite moyennant un prix global compre- tral du Trésor public, qui est chargé de
nant le coût de la marchandise, le fret centraliser les recettes et de payer les
et l'assurance ; 2° qu'il y a livraison des dépenses de toute nature effectuées à
marchandises à l'embarquement. Cette Paris pour le compte du Trésor public.
expression est, en général, suivie de Il n'est fait exception, en ce qui con-
l'indication du port de destination. Ex. : cerne les dépenses, que pour les arré-
caf Le Havre. rages des rentes et pensions qui sont
payés à Paris par les receveurs-percep-
Cahier des charges. teurs, pour le compte du Payeur central
Latin populaire quadernus, proprement « qua-
de la Dette publique, autre chef de ser-
trième » pris au sens de « formé de quatre feuilles ». vice.
Acte destiné à faire connaître aux
intéressés les conditions d'une vente par — d'amortissement. Etablissement pu-
blic ou service auquel est confié l'amor-
adjudication publique (vente de biens tissement de la dette publique par le jeu
de mineurs, de biens de faillite, sur d'une dotation dont les revenus sont
saisie immobilière, de biensindivis), d'un utilisés à l'acquisition des fonds publics
marché de travaux à exécuter à forfait (V. Caisse de gestion des bons de la
ou sur prix de séries, d'une concession Défense nationale).
administrative (chemins de fer, tram-
ways, eau, électricité, etc.) ou de la — de crédit agricole mutuel. Groupe-
vente par adjudication d'une coupe de ment ayant le caractère de société com-
bois. merciale, constitué par des membres
d'associations agricoles ou par ces asso-
Caïd. ciations elles-mêmes et ayant exclusi-
Emprunté de l'arabe qâid. vement pour objet de faciliter et de
Celui qui commande. Fonctionnaire de garantir les opérations concernant la
l'ordre administratif, dont les attribu- production agricole, effectuées par leurs
tions, dans les pays musulmans de membres individuels ou collectifs. Les
l'Afrique du Nord, s'exercent en matière caisses de crédit agricole mutuel com
de police et d'administrationproprement portent des caisses locales et des caisses
dite, ainsi qu'en matière d'impôts. régionales (L. 5 août 1920).
— de dotation de l'armée. Etablisse-
Caisse. (D. adm. et fin.). ment public créé par la loi du 26 avril
Emprunté du provençal caissa, latin populaire
capsea, latin classique capsa « coffre, cassette ». 1855, géré par la Caisse des Dépôts et
Organisme doué d'une certaine autono- Consignations, destiné à encaisser les
mie financière, avec affectation de res- versements des jeunes gens qui se ra-
sources propres, et chargé de gérer, sous chèteraient du service militaire et à em-
un contrôle plus ou moins étendu des ployer ces versements à lever des rem-
pouvoirs publics, ces ressources en vue plaçants au moyen de primes et de
de faire face au paiement de charges hautes-payes d'engagement ou de ren-
financières déterminées. Le système est gagement et à servir des bonifications
très usité. (V. infra les plus importantes de pensions militaires. La caisse, entrée
de ces caisses). en liquidation à la suite de la loi du
Ier février 1868, qui interdisait le rachat
— autonome de retraites des ouvriers et le remplacement, a été définitive-
mineurs, miniers et ardoisiers de France
et des colonies. Etablissement public ment supprimée en 1895 et son reliquat
fonctionnant sous le contrôle de l'Etat, abandonné au Trésor.
disposant d'un fonds spécial alimenté de gestion des bons de la Défense
par des versements patronaux et ou- nationale, d'exploitation industrielle des
97 Caisse

tabacs et d'amortissement de la Dette pu-


blique. Etablissement public créé par la
loi du 7 août 1926, dont l'autonomie
financière est garantie par la loi consti-
tutionnelle du 10 août 1926, et chargé :
I° de faire face au service d'intérêts de
la dette flottante dont la gestion lui a
été confiée ; 2° d'assurer en capital le
remboursement, le renouvellement et
l'amortissement de cette dette ; 3° de
poursuivre l'amortissement de la dette
publique, à l'aide, notamment, des re-
cettes nettes de la vente des tabacs, du
produit de la taxe complémentaire et
exceptionnelle sur la première mutation,
du produit des droits de succession et
des contributions volontaires.
— d'épargne. Etablissement ayant
pour objet de recevoir en dépôt les me-
nues économies, de leur servir un inté
rêt capitalisé annuellement et de les
restituer à toute réquisition du déposant
ou de ses ayants droit. Les caisses
d'épargne comprennent : I° la Caisse
nationale ou postale, établissement pu-
blic d'Etat (L. 9 av. 1881), qui reçoit les
dépôts par l'intermédiaire des bureaux
de poste ; 2° les caisses privées, établis-
sements d'utilité publique, dont les unes
se trouvent sous le patronage complet
ou restreint des communes où elles sont
établies et dont les autres sont auto-
nomes (L. 20 juill. 1895).
— de prévoyance des marins (V. Eta-
blissement national des invalides de la
Marine).
de retraites des agents du service
général à bord des navires (V. Etablisse-
ment national des invalides de la Ma-
rine).
de retraite des inscrits maritimes
(V. Etablissement national des inva-
lides de la Marine).
— de retraites municipales et dépar
tementales. Etablissement public, dis-
tinct de la commune et du département,
qui, par le jeu de retenues sur les trai-
tements et de subventions, fournit, aux
conditions réglementaires, des pensions
de retraites ou d'invalidité aux em-
ployés municipaux et départementaux
(L. 5 av. 1884, art. 136 ; L. 10 août 1871,
art. 46, § 21).
Calomnie 98

historiques. Eta Cours d'eau artificiel, creusé par la


— des monuments
blissement public d'Etat ayant pour main de l'homme et affecté soit à la
objet exclusif de recueillir et de gérera les navigation ou au flottage, soit à l'irri
fonds destinés à être mis à la disposition gation ou au dessèchement de certaines
du ministre de l'Instruction publique et régions, soit au roulement des usines.
des Beaux Arts, en vue de la conserva- A raison de leurs destinations variées,
tion ou de l'acquisition des immeubles les canaux sont soumis à des régimes
et meubles classés (L. 10 juill. 1914). juridiques très divers : les uns font
pensions de guerre. Caisse partie du domaine public, les autres
— des gérée du domaine privé de l'Etat, des dépar-
autonome par la Caisse des Dé- tements et des communes ; d'autres, en-
pôts et Consignations et destinée à assu-
mer les charges financières du paiement core, sont de simples propriétés privées
des pensions aux victimes de la guerre, appartenant aux particuliers, grevés,
dans certains cas (canaux concédés à
en exécution des lois des 31 mars et perpétuité avant 1789), d'une servitude
24 juin 1919. La caisse des pensions de perpétuelle d'utilité publique.
guerre a été supprimée par la loi du
29 avril 1926 (art. 119), qui rétablit Canon.
l'inscription au budget de l'Etat des
Latin ecclésiastique canon du grec xotvtôv «règle».
crédits nécessaires au paiement desdites I. Loi publiée et sanctionnée par l' au
pensions. torité ecclésiastique. L'ensemble de ces
— des recherches scientifiques. Eta- lois, dont les unes, fondées sur le droit
blissement public d'Etat géré par un naturel ou le droit divin, sont propo
conseil d'administration, assisté d'une sées. non point créées par l'Eglise,
commision technique pour l'attribu- d'autres, empruntées à la coutume ou
tion des subventions, ayant pour objet à la loi civile, sont simplement approu
de faciliter, par des subventions, les vées, adoptées canonisées, d'autres, en-
recherches de science pure (biologie et fin, émanent exclusivement du législa-
sciences médicales, mathématiques, mé- teur ecclésiastique, forme le droit canon.
canique, astronomie, histoire naturelle, Le Pape, seul ou avec le Concile, peut
physique et chimie) (L. 14 juill. 1901). édicter, à l'exclusion de tout autre, les
internationale de retraites. Etablis- lois généiales.
sement public chargé de fournir, à l'aide II. Décision d'un concile. Les canons
de retenues sur les traitements et de des conciles oecuméniques lient tous les
subventions des budgets généraux, lo- fidèles.
caux et spéciaux, des pensions (ancien-
III. Texte inséré dans une collection
neté, invalidité) aux agents des cadres de règles disciplinaires ou pénitentielles
locaux des colonies, pays de protectorat à l'usage du clergé et des fidèles. Les
et territoires à mandat relevant du Mi- deux mille quatre cent quatorze canons
nistère des Colonies et dont l'emploi ne inscrits dans le Cedex juris canonici
comporte pas de pension sur le Trésor expriment tout le droit applicable a
public (L. 14 av. 1924, art. 71 ; Décr. l'Eglise latine depuis le 19 mai 1918.
Ier nov. 1928). — emphytéotique. Redevance annuelle
pour la due par l'emphytéote.
— nationale des retraites
vieillesse. Etablissement public d'Etat,
géré par la Caisse des Dépôts et Consi- Canton.
D'abord « coin de pays », d'où, en 1789, son accep-
gnations, ayant pour but, au moyen tion administrative ; emprunté de l'ancien provençal
des sommes qu'il reçoit et capitalise, de canton « coin » (de can(t) « côté, bord », latin canthus
constituer au profit de ses affiliés des « b ord »).
rentes viagères soit à capital aliéné, soit Simple division territoriale de l'arron-
à capital réservé (L. 18 juin 1850 et dissement, sans services propres, sans
20 juill. 1886).
personnalité morale, sans budget, limi-
tant la compétence territoriale de certains
Calomnie. (V. Dénonciation calom- agents de l'Etat (juge de paix, percepteur
nieuse). des contributions directes, agents des
contributions indirectes, etc.), ou ser
Canal. vant de cadre pour l'accomplissement
Latin canalis, dérivé de canna « roseau, tuyau ». de certaines opérations administratives
99 Cantonnement
d'intérêt national (opérations de revision l'enseignement secondaire n'est pas exigé
concernant le recrutement militaire), ou (Décr. 14 fév. 1905).
constituant la circonscription pour cer-
taines élections (conseils généraux et Capitaine de navire.
d'arrondissement). Latin de basse époque capitaneus (dérivé de caput
« tête »).
Cantonnement. Préposé de l'armateur auquel sont
Dérivé de cantonner, voir le précédent. confiés la conduite d'un navire de com-
I. (D. for.). Opération par laquelle le merce et le commandement de l'équi-
propriétaire d'une forêt grevée d'un page. Le capitaine doit être muni d'un
droit d'usage affecte la propriété d'une des brevets délivrés par l'Etat.
partie de cette forêt au profit de l'usager,
en vue de dégrever de ce droit les autres Capital.
parties (C. for. art. 63, 111 et 118). Issu, vers le XVIIIe siècle de l'adjectif capital « d'une
II. (D., for.). Circonscription fores- importance capitale », proprement « où il va de la
tête » latin capitalis (de caput « tête »).
tière de l'officier de l'Administration des I. (D. civ.). Principal d'une dette
Eaux et Forêts, placé sous les ordres de d'argent, par opposition aux intérêts
l'Inspecteur et qui est qualifié pour que cette dette peut produire.
cette raison chef de cantonnement (Arr. II. (Econ. polit.). Ensemble des ri-
min. 3 mars 1842, cahier des charges chesses acquises, par opposition aux
de la vente des coupes de bois de revenus que peuvent produire ces biens.
l'Etat, art. 19 et 28). III. (D. fisc). Tout bien dont l'ac
III. (Lég. rur.). Fixation par l'Ad- quisition ne provient pas directement du
ministration, des limites dans lesquelles travail ou d'un aménagement productif
les riverains de cours d'eau non navi- des autres biens possédés par la per
gables ni flottables dépendant du do-
maine public peuvent user du droit de sonne qui en acquiert la propriété, par
opposition au revenu, qui est l'émolu-
pêche dans ces cours d'eau. ment ayant un caractère périodique, pro
IV. (D. mil.). Installation, chez l'habi- duit par le travail ou par les biens amé
tant, d'un effectif important d'hommes nages à cet effet.
de troupes, d'animaux et de matériel,
fonds. (D. for.). Partie du capital
pour laquelle il n'est pas tenu compte —
forestier constitué par le sol de la forêt
des conditions réglementaires du loge-
ment en pareille occurrence, sauf à ré- avec son ensouchement, ses moyens de
server à l'habitant la place indispen- production, etc., correspondant à ce qui
sable à son propre logement (L. 3 juill. reste de la forêt après une coupe rase.
1877, art. 8 et 10). Par extension, lieux
où est faite cette installation. — social. (D. com.). Montant des
sommes ou des biens apportés à une so-
V. (Pr.). Limitation des effets d'une ciété, dont les associés doivent assurer
saisie arrêt à une partie de la somme le maintien dans le patrimoine de la
saisie arrêtée pour libérer le surplus société avant toute répartition de béné-
(C. pr. civ. art. 567 ; L. 17 juill. 1907). fices ou toute reprise de leurs apports.
S'applique également, en cas d'opposi- Le capital social est généralement égal
tion au paiement du prix de vente au montant des apports effectués par
d'un fonds de commerce (L. 17 mars les associés, mais il n'en est pas tou-
1909, art. 3). jours ainsi : il peut être moins élevé (ca-
Capacité.
pital d'une société ayant donné lieu à
Latin juridique capacitas, dérivé de capax « ha-
émission d'actions avec primes), ou plus
bile » (en sens juridique), « capable », proprement élevé (capital d'une société ayant été
« qui peut contenir » (de capere « prendre, contenir »).
l'objet d'une réduction à la suite de
Aptitude à jouir d'un droit (capacité pertes). Il est susceptible d'augmenta-
de jouissance) ou à l'exercer (capacité tion ou de réduction au cours de la
d'exercice). société.
Capacité en droit. — superficie. (D. for.). Ensemble des
(Voir le précédent). bois de tous âges, en croissance et ex
Diplôme conféré par les Facultés de ploitables économiquement ou non, qui
Droit après deux années d'études à des se trouvent, à un moment donné, sur le
étudiants de qui le baccalauréat de sol d'une forêt.
Capital 100

Capitale. faites aux ressortissants des Etats chré-


Féminin de l'adjectif capital, voir le précédent. tiens pour leur permettre de pratiquer
Ordinairement, ville principale de le commerce avec leurs sujets sous la
l'Etat. Le plus souvent, elle est aussi le surveillance des consuls. Le système
siège des pouvoirs publics. Parfois, ce- inauguré dans les Echelles du Levant
pendant, le siège des pouvoirs législa- (V. ce mot) s'est étendu ensuite à tous
tif et exécutif est fixé dans une autre les pays dont les systèmes juridiques,
ville (Versailles, pour la France, de et particulièrement la confusion de la
1875 à 1879). Assez fréquemment, loi civile et de la loi religieuse, rendait
aussi, les Etats fédéraux prennent pour impossible ou dangereuse l'applicatioa
capitale une ville nouvelle formant un de leurs lois aux étrangers.
territoire fédéral qui ne relève d'aucun Les capitulations se sont transformées
des Etats membres (Ex. : Washington
en véritables « traités d'établissement »
pour les Etats Unis ; Camberra pour assurant des privilèges considérables aux
l'Australie). consuls des puissances chrétiennes et à
leurs ressortissants en matière de juri
Capitalisation. diction civile, commerciale et même cri
Dérive du verbe capitaliser, dérivé lui même de minelle.
capital, voir ce mot. Ce système est aujourd'hui aboli dans
I. Estimation de la valeur d'une rente
ou d'un droit productif de revenu d'après presque tous les pays.
les arrérages qui sont payés.
II. Fait de transformer des intérêts Captation.
en capital lui-même productif d'inté- Latin juridique captatio. dérivé du verbe captare,
rêts ( V. Anatocisme). essayer de prendre ».
III. Accumulation d'intérêts ou de Fait de déterminer une personne, par
bénéfices de manière à former ou à l'emploi de manoeuvres répréhensibles,
grossir un capital. Ex. : société de capi- à consentir une libéralité. La captation
talisation caisse de capitalisation. n'est une cause de nullité de la libéra
lité qu'autant qu'elle est dolosive, c'est
Capitulation. à dire accompagnée de manoeuvres ar-
Issu, par extension du sens, du suivant.
tificieuses et d'insinuations mensongères
Convention par laquelle une autorité (V. suggestion).
militaire (chef d'armée, commandant
de place de guerre, commandant d'une Captivité (V. prisonnier de guerre).
unité isolée) déclare cesser les opérations
et abandonner au pouvoir de l'ennemi Capture.
les effectifs, armes et moyens de dé- Latin captura, dérivé du verbe capere « prendre ».
fense dont il dispose. Constitue un I. (D. int. pub.). Saisie d'un navire
crime capital (C. just, mil. pour l'ar- ennemi, le plus souvent d'un navire de
mée de terre, art. 233). commerce, ou d'un navire neutre qui
— en rase campagne. Capitulation prête assistance à l'ennemi (contre
conclue avec l'ennemi par le comman- bande de guerre, violation de blocus).
dant d'une troupe opérant en dehors II. (D. pén.). Arrestation d'un indi-
d'une place de guerre. Constitue ordi- vidu poursuivi en vertu d'un ordre de
nairement un délit ; érigé en crime ca- justice : mandat du juge d'instruction
pital si la capitulation a eu pour résultat ou jugement.
de faire poser les armes à la troupe, ou
si, avant de traiter, son commandant Cardinal.
n'a pas fait tout ce que prescrivent le Latin ecclésiastique du moyen âge cardinalis, issu,
devoir et l'honneur (C. just. mil. pour par extension du sens, du latin ancien cardinalis
l'armée de terre, art. 234). « principal » (de cardo, cardinis, « gond, pivot »).
Dignitaire de l'Eglise romaine, choisi
Capitulations. par le Pape dans toutes les nations de
la chrétienté, chargé de le conseiller et
Dérive du verbe capituler, latin médiéval capi- de pourvoir à son élection. Le cardinalat
tulare « faire une convention », de capitulum, propre-
ment « chapitre », d'où « clause ». représente, depuis le xie siècle, dans la
Originairement, concessions gracieuses hiérarchie ecclésiastique, le plus haut
et unilatérales des sultans de Turquie degré après le Pape. Les cardinaux sont
101 Carenec
membres des diverses congrégations et attaquée par un pourvoi pour violation
assistent au consistoire secret. ou fausse interprétation de la loi, incom
pétence ou excès de pouvoir. La cassa-
Carence (V. certificat et procès-ver- tion peut-être faite avec ou sans renvoi
bal de). (V. ce mot) (V. aussi Conseil d'Etat,
Cour de cassation).
Cargaison.
Emprunté du provençal cargazon, dérivé du verbe Casuel.
cargar « charger ». Latin de basse époque, casualis « accidentel », de
Ensemble des marchandises placées casus, voir CAS.
sur un navire. Le tableau de ces mar- Honoraires que les fidèles donnent
chandises avec indication de leur origine aux curés, desservants, vicaires ou cha-
et de leur destination s'appelle manifeste pelains, à l'occasion de certaines fonc-
de cargaison (L. 5 juill. 1836, art. 3 ; tions de leur ministère, telles que bap-
Décr. sur les douanes, 28 déc. 1926). têmes, mariages, bénédictions, enter
rements (Synjura stolse).
Carnet de chèques.
Dérivé de cahier, quand celui-ci avait encore la Casus belli.
torme caern. Locution moderne faite avec des mots latins signi-
Carnet contenant un certain nombre fiant « cas de guerre », voir CAS.
de formules de chèques attachées à Violation des droits, des intérêts ou
une souche. de l'honneur d'un Etat, de nature à
motiver, de la part de son gouverne
Cas fortuit.. ment, une déclaration de guerre à défaut
Latin casus, proprement « chute ) d'où « événe- de réparation.
ment, circonstance », déjà employé dans le latin
juridique. Latin fortuitus « dû au hasard (fors »).
Evénement dû au hasard qui est Casus foederis.
exclusif de toute faute du débiteur ou Locution moderne, faite sur le modèle de la pré
cédente, avec des mots latins signifiant « cas envi
de l'auteur apparent du dommage sage par un traité ».
(V. force majeure, responsabilité civile). Eventualités, déterminées par une
clause d'un traité d'alliance offensive
Casier judiciaire. ou défensive, dans lesquelles les alliés
Dérivé de case, au sens de division (d'un échi- sont en droit de réclamer de leurs co-
quier, etc.), extension de case « petite maison », latin
casa « maison ».
signataires l'assistance prévue. Par ex
I. Service institué en vue de faire tension, l'expression désigne parfois, les
connaître les antécédents judiciaires des cas où doit jouer la garantie en ma-
individus par le moyen de fiches centra- tière de neutralité ou en ce qui concerne
lisées, en principe, au greffe du tribunal la mise en vigueur de l'article 10 du
de leur lieu de naissance. Ex. : l'idée du Pacte de la S. D. N.
casier judiciaire est due à Bonneville de
Marsangy. L'expression désigne aussi Cause.
l'installation affectée au classement et à Latin causa « causes, procès ».
la conservation de ces fiches. Ex. : les I. (D. civ.). But en vue duquel une
bulletins n° I sont classés dans le casier personne s'oblige envers une autre ;
judiciaire d'arrondissement (Décr. 12 déc. considéré par le Code civil comme un
1899, art. 6). élément essentiel de la validité des con-
II. Antécédents judiciaires révélés par ventions (art. 1108). Ex. : dans les con-
le susdit service sur le compte d'un indi- trats synallagmatiques, l'exécution de la
vidu déterminé. Ex. : communication prestation promise par l'autre partie.
du casier, rectification du casier, pres- Fausse. Cause envisagée par er-
cription du casier. reur comme étant celle d'une obliga-
tion.
Cassation.
Dérivé du verbe casser, latin quassare illicite, immorale. Cause contraire
— loi
secouer à la ou aux bonnes moeurs, qui en-
«
violemment, briser »
Mise à néant par la Cour de cassation traîne la nullité de l'acte juridique
ou le Conseil d'Etat d'une décision (art. 1133). Ex. : prêt fait en vue du
juridictionnelle (judiciaire ou adminis- jeu ; donation faite en vue du concu-
trative) rendue en dernier ressort et binage.
Caution 102

— (Enrichissement sans) (V. enrichis- — juratoire.


sement). Latin juridique cautio juratoria, dérivé de jurarei
II. Motif légal. Ex. : cause dispen- « jurer »
Engagementsous serment qui peut être
sant de la tutelle (C. civ. art. 427 à imposé à un usufruitier hors d'état de
441) ; cause d'interruption ou de sus- fournir une caution, pour entrer en
pension de la prescription (art. 2242 possession des objets mobiliers néces
à 2259) ; cause de nullité d'un acte, saires pour son usage, avec promesse
d'un testament, etc.. de les représenter à la fin de l'usufruit
III. (Pr.) Fondement légal du droit (C. civ. art. 603).
qu'une partie fait valoir en justice. La
cause d'une demande se distingue de — légale. Caution fournie en exécution
son objet (V. ce mot). Ex. : Une ac- d'une disposition de la loi (C. civ
tion en nullité peut avoir pour cause art. 601, 771, 817, 1613).
une incapacité, un vice du consente-
ment, etc.. ; une action en résolution — réelle. Caution qui, sans s'engager
personnellement, constitue une sûreté
d'un contrat synallagmatique peut réelle, telle que gage ou hypothèque,
avoir pour cause l'inexécution des obli-
gations de l'un des contractants. Pour sur un de ses biens.
qu'il y ait autorité de la chose jugée — solidaire.
(V. ce mot), il faut notamment que la I. Caution qui a renoncé par avance
nouvelle instance soit fondée sur la au bénéfice de discussion (V. ce mot),
même cause que l'ancienne. dans l'intérêt du créancier, et dont la
IV. (Pr.). Procès. Ex. : l'appel des situation vis-à-vis de celui-ci se rapproche
causes ; la cause est entendue ; mettre ainsi de celle du codébiteur solidaire.
en cause ; cause en état (V. affaire en II. Lorsqu'il y a plusieurs cautions,
état) ; en tout état de cause, etc.. caution qui a renoncé par avance au
bénéfice de division (V. ce mot) dans
Caution. l'intérêt du créancier, s'engageant ainsi
Latin juridique cautio, proprement « précaution », pour la dette entière. S'oppose à cau
dérivé du verbe cavere « prendre garde ». tion conjointe.
Personne qui s'engage envers le cré-
ancier, à côté du débiteur principal, Cautionnement.
pour garantir l'exécution de l'obligation, Dérivé du verbe cautionner, voir CAUTION.
I. Contrat par lequel la caution
au cas où le débiteur n'y satisferait s'engage envers lé créancier (C. civ.
pas lui même (C. civ. art. 2011). art. 2011).
— fournir. Désigner une personne II. Dépôt, à titre de nantissement,
qui consente à se porter caution de d'argent ou de valeurs destiné à servir
l'obligation dont on est débiteur. de garantie pour des créances éven
tuelles. Ex. : cautionnement de certains
— judicatum solvi. fonctionnaires, de certains officiers minis-
Locution de latin juridique ancien. tériels.
Caution que doit fournir tout étran-
ger, demandeur principal ou intervenant Cédant.
à un procès, devant toute juridiction de Participe présent, pris substantivement du verbe
première instance ou d'appel, pour assu- céder, latin cédere.
rer le paiement des frais et dommages- Celui qui cède un droit (V. cession.)
intérêts auxquels il pourrait être con-
damné, à moins qu'il ne possède en Cédule.
France des immeubles de valeur suf- Latin de basse époque schedula « feuillet », dérivé
fisante pour assurer ce paiement ou de scheda « bande de papyrus ».
qu'il n'en soit dispensé en vertu d'une I. (D. civ.). Ancien terme de pratique
convention internationale (C. civ. art. signifiant une reconnaissance donnée
16 ; C. pr. civ. art. 166, 167 ; L. 5 relativement à une promesse ou à un
mars 1895 abrogeant l'art. 423 C. civ.). engagement (C. civ. art. 2274).
II. (D. fisc). Terme servant à dési
— judiciaire. Caution fourme en exé- gner, par abréviation, chacune des
cution d'une décision de justice (C. pr. différentes catégories d'impôts cédu-
civ. art. 135, 155 et 417). laires (V. ce mot) sur les revenus.
103 Censeur
Ex. : cédule des bénéfices commerciaux — additionnels. Impôts sans assiette
et industriels, des bénéfices agricoles. particulière, joints à certains impôts
de paix. (Pr. civ.). Ordon- directs, et calculés sur la base d'un ou
— de juge plusieurs centimes par franc de l'impôt
nance de juge de paix notifiée par primitif, appelé principal. Les centimes
huissier ayant pour but d'assurer la
marche d'une instance, en appelant additionnels peuvent être perçus au
profit de la même autorité budgétaire
un plaideur, un témoin ou un expert. que l'impôt principal : c'était le cas des
Ex. : cédule de citation, délivrer une centimes d'Etat (dits centimes généraux
cédule.
ou centimes spéciaux, d'après leur affec-
— hypothécaire. Titre écrit constatant, tation budgétaire), perçus sur des impôts
dans les pays de Livres fonciers, l'ins- directs d'Etat au profit de l'Etat lui
cription dans ces livres d'une dette fon- même, jusqu'à l'établissement, en 1917,
cière sur un immeuble, remis au pro- des impôts cédulaires sur les revenus.
priétaire de l'immeuble et susceptible de Ils sont aujourd'hui perçus au profit
négociation. d'une autorité budgétaire différente :
c'est le cas des centimes départemen
Censeur. taux et communaux, qui ont continué
Latin censor, haut magistrat romain; signifie d'être perçus au profit des bugdets
aussi « celui qui blâme » ; d'où le sens administratif locaux après cette réforme, étant calculés
moderne.
I. Terme générique servant à désigner sur un principal fictivement maintenu,
les personnes chargées de surveiller les ainsi que des centimes additionnels aux
opérations d'une banque concessionnaire impositions départementales et commu-
d'un privilège d'Etat. Cette surveillance nales, perçus au profit de l'Etat sur des
s'exerce, soit au nom de la collectivité impôts locaux, et destinés à couvrir
des actionnaires (Banque de France, l'Etat des frais d'assiette, de non valeur
Crédit Foncier de France, Banque d'Al- et de perception afférents à ces impôts.
gérie, etc.), soit au nom des Etats — le franc. Elément de calcul de la
à ressortissants actionnaires de ladite contribution foncière par un procédé de
banque (Banque d'Etat du Maroc). Le répartition fixant le montant de l'impôt
statut organique de la Banque de France dû par chaque franc imposable, c'est-
comporte trois censeurs élus par l'assem- à-dire par chaque franc de valeur loca-
blée générale des actionnaires et pris tive de l'immeuble assujetti (V. contin-
dans son sein. gent).
II. Parfois employé dans la termino-
logie nouvelle comme synonyme de Centralisation. (V. décentralisation).
commissaire des ou aux) comptes ou com-
missaire de surveillance. (V. ces mots). Certificat.
Latin médiéval certificatum, dérive du verbe mé
Censure. diéval certificare « certifier » (de certus « certain »).
Latin censura « fonction de censeur » ; voir le pré-
Acte par lequel une personne, soit
cédent. fonctionnaire agissant en sa qualité
I. (D. adm.). Moyen de police pré- propre, soit simple particulier, atteste
ventif consistant en une autorisation un fait dont il a connaissance.
préalable donnée par l'autorité adminis- d'addition (V. brevet d').
trative à une publication de la pensée
— de bonne vie et moeurs. Certificat
par la voie de la presse, de la parole, délivré par un fonctionnaire (le plus sou-
du spectacle, de l'image. Actuellement, vent le maire) pour affirmer la bonne
seuls, le spectacle et le cinéma sont conduite et la moralité de l'individu
soumis à la censure. qui le requiert.
II. Autorité chargée de délivrer ces de carence.
autorisations. Latin médiéval carentia, dérivé du verbe carere
III. (D. pén.) (V. peine disciplinaire). « manquer ».
Certificat établissant le manque de
Centime. ressources d'un débiteur ou d'une per-
Dérivé de cent, sur le modèle de décime. sonne décédée. Plus spécialement, cer-
S'emploie dans les expressions sui- tificat délivré par le maire, établissant
vantes : qu'un individu ne peut payer l'amende
Certificat 104

par lui encourue (V. aussi procès-ver- II. Certificat délivré sur réquisition
bal de —). par le Conservateur des Hypothèques et
faisant connaître la date à laquelle un
— de coutume. Certificat délivré par
acte déterminé a été transcrit, avec
un magistrat ou un jurisconsulte étran- l'indication du volume et du numéro
ger pour être produit en justice ou sous lesquels cette formalité a été accom
ailleurs, à l'effet d'établir quelle est, plie.
sur un point donné, la teneur d'une
législation étrangère. Ex. : Décr. 10 — de travail. Certificat que le salarié
août 1927, relatif à l'application de la qui cesse son travail a le droit d'exiger
loi du même jour sur la nationalité, de l'employeur et contenant exclusive
art. 10 et 11 ; (L. de finances, 26 mars ment la date de son entrée, celle de sa
1927 sur titres nominatifs, art. 47). sortie et l'espèce de travail auquel il a
été employé (C. Tr. L- Ier, art. 24).
— d'identité. Certificat ordinaire-
ment rédigé par un notaire, destiné à — de vie. Certificat authentique cons
attester d'une manière authentique, sur tatant l'existence d'une personne. Est de
la réquisition d'une personne, ses noms, la compétence exclusive des notaires
âge, qualité et demeure (Décr. 24 août quand il doit être délivré aux rentiers
1793, art. 137 ; L. 25 ventôse an XI, et pensionnés de l'Etat (Décr. 21 août
art. II) (V. — de vie) 1806. 30 juin 1814 et 6 juin 1839).
Dans les autres cas, il peut être délivré
— d'indigence. Certificat délivré par aussi par les maires. Lorsqu'il est délivré
le maire pour constater qu'un individu
est privé de ressources. Ex. : certificat par un notaire, le certificat de vie est
établi en brevet.
d'indigence pour l'obtention de la dis-
pense de certains impôts, de l'assistance de visite.
judiciaire ; (L. des 10 déc. 1850 et 7 févr. I. Certificat délivré par l'autorité ma
1924, sur le mariage des indigents). ritime attestant que le navire a subi
de jauge. (V. jauge).
les visites réglementaires dans les cas
voulus par la loi notamment avant la
de navigabilité. Certificat délivré prise en charge par le capitaine (C. com.
par l'autorité publique attestant qu'un art. 225 ; L. 17 av. 1907).
navire ou qu'un aéronef est apte à la II. Certificat délivré par les magistrats
navigation (L. 17 avril 1907 et 31 mai de l'ordre judiciaire et administratif,
1924). attestant qu'ils ont procédé aux visites
domiciliaires et autres prescrites par les
— de résidence. Certificat délivré par règlements. Ex. : certificats délivrés par
le maire attestant qu'une personne réside
dans la commune depuis une époque les employés de la Régie (L. 28 av. et
déterminée. 31 mai 1816) ; certificats délivrés par
les officiers de police judiciaire.
— de salubrité. Certificat fourni par un — de visite médicale. Certificat exigé
Comité de patronage d'habitations à bon
marché (V. ce mot), qui atteste la sa- par la loi pour le contrat d'engagement
lubrité des maisons et logements postu- maritime (L. 13 déc 1926, art. 8) et
lant les avantages de la législation des pour les candidats à certaines fonctions
habitations à bon marché (L. 5 déc. ou professions.
1922, art. 3). d'origine.
de transcription. A. Certificat délivré par un fabri
I. Certificat consistant en une men- cant et visé le plus souvent par l'auto-
tion inscrite et signée par le Conserva- rité administrative, ayant pour objet
teur des Hypothèques sur l'expédition d'affirmer qu'une marchandise est réelle
d'un acte transcrit et indiquant la date ment produite dans une localité ou une
de la transcription, le volume et le région déterminée (L. 6 mai 1919 ;
numéro sous lesquels elle a été classée, Traité de Versailles, 29 juin 1919,
le montant des droits et salaires perçus art. 274 et 275.
et, s'il y a lieu, le volume et le numéro B. Certificat délivré par le Directeur
de l'inscription prise d'office pour la de la Dette inscrite aux notaires ou à
conservation du privilège de vendeur des personnes qualifiées, établissant l'ori-
(C. civ. art. 2181. gine de la propriété d'un titre de rente.
105 Certificateur de caution
Ex. : dans les liquidations de commu- opérations militaires, résultant, soit,
nauté, le certificat d'origine permet d'une façon locale et temporaire, d'une
d'établir si la rente constitue un propre suspension d'armes (convention conclue
ou un conquêt, ou si elle est grevée entre chefs militaires) soit, d'une façon
d'usufruit. plus générale et qui peut être définitive,
de propriété. Certificat par lequel
d'un armistice (V. ce mot).

un notaire, un juge de paix ou un greffier Cession.
près un tribunal de première instance Latin juridique cessio, dérivé du verbe cedere,
ou une Cour d'appel atteste, dans, les voir CÉDANT.
cas prévus par la loi, les droits de pro- Transmission entre vifs d'un droit.
priété ou de jouissance d'une personne Se dit spécialement de la transmission
sur des valeurs déterminées. Ex. : cer- de créances et autres droits person
tificat de propriété pour les rentes nels.
sur l'Etat (L. 28 floréal an VII, Décr. à bail d'un territoire. Opération en
16 juill. 1864), pour les valeurs for- vertu de laquelle un Etat, qui reste en
mant le cautionnement d'un fonction-
naire (Décr. 18 déc. 1806), et, en apparence souverain d'un territoire,
reconnaît à un autre Etat plus puissant
général, pour toutes les sommes à
que lui le droit de légiférer et d'admi-
payer, après décès, par les caisses de nistrer dans ce territoire pour une longue
l'Etat. durée (le plus souvent 99 ans) sans sti
— sur transcription. Certificat délivré pulation de loyer et à la condition de
par le Conservateur des Hypothèques principe qu'à l'expiration de ce délai
postérieurement à la transcription d'un le territoire donné à bail lui fera retour.
acte d'aliénation et ayant pour objet En droit, la cession à bail se diffé-
de révéler à l'acquéreur toutes les ins- rencie de l'annexion, de la convention
criptions de privilège ou d'hypothèque de louage et de la simple occupation.
qui peuvent grever l'immeuble aliéné et Certains auteurs y voient une servitude
de le mettre en mesure d'effectuer la internationale, d'autres une aliénation
purge (C. civ. art. 2182 à 2185), l'im- sous condition résolutoire, d'autres un-
meuble étant affranchi des charges ins condominium inégal. En fait, la cession
crites que le conservateur aurait omis à bail d'un territoire, qui remonte à la
de faire figurer dans le certificat (C. civ. fin du xixe siècle, a été fréquemment
art. 2198). utilisée au cours de la politique d'expan-
sion des grandes puissances colonisa-
Certificateur de caution. trices en Afrique et en Chine, pour
Dérivé du verbe certifier, voir CERTIFICAT. masquer, quand le procédé du protec
Personne qui intervient pour garan- torat ou de la conquête est impossible,
tir l'engagement pris par la caution de véritables annexions.
elle même (C. civ. art. 2014 ; C. pr.
civ. art. 135,5°) ; c'est la caution de — d'actions (V. bénéfice de —).
la caution. — d'antériorité (ou — de rang, ou —
de priorité). Cession de son rang par un
Cessation de paiements. créancier hypothécaire ou bénéficiaire
Dérivé du verbe cesser, latin cessare. d'un nantissement commercial à un
Fait pour un commerçant de se trou- créancier postérieur dont il prend la
ver dans l'impossibilité de faire face à place.
ses engagements commerciaux liquides de biens (V. abandon de biens).
et exigibles. Constitue la cause de l'ou-
verture de la faillite (C. com. art. 437). Cessionnaire.
Ne se confond point avec l'insolvabilité Voir le précédent.
(V. ce mot) : un commerçant qui laisse Celui à qui est cédé un droit (V. ces-
protester ses engagements commerciaux sion).
encourt la faillite, même, si en fait,
son actif, liquide ou non, dépasse son Chablis.
passif. Dérivé de l'ancien verbe chabler « abattre », dérivé
lui-même de l'ancien mot chaable « machine de guerre
Cessation des hostilités. Arrêt des servant à jeter des pierres, latin populaire *catabola
du grec xrcaob^ij a action de jeter »)
Chambre 106

(D. for.) Arbres brisés ou arrachés ayant le caractère d'établissement public


par le vent dans une forêt. créé par décret dans les principales villes
commerciales ou industrielles pour être
Chambre. auprès des pouvoirs publics les organes
Latin caméra, proprement « plafond voûté » (du des commerçants et industriels de leur
grec MU'O-J). circonscription. Elles sont composées de
Salle de réunion de certains corps pro- commerçants et d'industriels élus par
fessionnels ou d'assemblées délibérantes. les commerçants et industriels de la
Par extension, le corps ou l'assemblée circonscription (L. 9 av. 1898).
lui-même ; ou encore, la section d'une
Cour ou d'un tribunal judiciaire. — de compensation. Réunion des repré
civile. sent ants des principales banques d'une
I. Section de la Cour de cassation qui ville pour régler, par compensation entre
statue sur les pourvois admis par la les banques adhérentes, les chèques et
Chambre des Requêtes (ou, exception- effets de commerce qu'elles ont à payer
nellement, de piano, sur ceux formés ou à recevoir. Les soldes qui ne peuvent
dans l'intérêt de la loi par le Procureur être compensés donnent lieu ordinaire
Général près la Cour de cassation et sur ment à virements opérés entre les
ceux en matière d'expropriation pour
comptes des banques à un même éta-
blissement qui est, en fait, en France,
cause d'utilité publique). la Banque de France.
II. Dans le langage du Palais, sec-
tion d'un tribunal ou d'une Cour chargée — de discipline.
de statuer sur les affaires civiles. I. Corps élu par les membres d'une
commerciale. Section du tribunal compagnie d'officiers ministériels et pris
civil de première instance qui, dans les dans son sein, chargé du maintien de
départements du Bas Rhin, du Haut- la discipline intérieure de la Compagnie
Rhin et de la Moselle, est chargée, aux et, en outre, de quelques attributions
lieu et place des tribunaux de commerce, spéciales telles que donner son avis sur
de juger les affaires commerciales. Elle les taxes de frais et défendre aux récla-
est composée d'un magistrat de carrière mations formées contre un membre de
et de deux assesseurs commerçants élus la compagnie. Ex. : chambre de disci-
selon les règles françaises. pline des avoués près d'un tribunal de
correctionnelles. Dans le langage du Ire instance ou d'une Cour d'appel, des
Palais, section du tribunal chargée de notaires d'un arrondissement, etc..
statuer sur les affaires correctionnelles
II. Juridiction disciplinaire du pre
mier degré pour les fonctionnaires des
(V. aussi chambre des appels correc- départements du Haut-Rhin, du Bas-
tionnels). Rhin et de la Moselle, soumis au statut
— criminelle. Section de la Cour de local (L. d'Empire, 31 mars 1873 ;
cassation qui statue sur les pourvois arrêté du Commissaire général en Alsace
en cassation formés en matière crimi- et en Lorraine du 10 mai 1919 ; L.
nelle, correctionnelle ou de simple police, 22 juill. 1923, art. 3), l'appel étant
ainsi que sur les pourvois en revision for- porté devant la Cour de discipline.
més en matière criminelle ou correction-
nelle. — de métiers. Corps érigé en établisse-
d'agriculture. Corps érigé en éta- ment public, élu par les artisans,
blissement public, destiné à jouer dans maîtres et compagnons, dont la fonction
chaque département auprès des pou- consiste à représenter, dans chaque dé-
voirs publics le rôle d'organe consultatif partement, auprès des pouvoirs publics,
les intérêts professionnels et écono-
et professionnel des intérêts agricoles. miques de la circonscription et à parti
Les chambres départementales d'agri- ciper à l'organisation de l'apprentissage.
culture peuvent se constituer en unions Dans les trois départements recouvrés,
sous le nom de chambres régionales d'agri- la chambre de métiers doit assurer, en
culture en vue de poursuivre l'étude et
la réalisation de projets communs à plu- outre, l'exécution des lois organiques sur
sieurs départements (L. 3 janv. 1924). l'apprentissage de métiers manuels (L.
locale, 26 juill. 1897 ; Décr. 6 déc.
— de commerce. Corps représentatif 1899).
— des
appels correctionnels. Section rité (Décr. 30 mars 1808, 12 juin 1880,
d'une Cour d'appel chargée de statuer 29 mai 1910).
sur l'appel des jugements correctionnels.
discipline). — du Conseil.
— des avoués (V. — de I. Salle où les juges se retirent pour
des commissaires-priseurs (V. — délibérer sur les causes plaidées à l'au-
— dience, avant de prononcer leur jugement
de discipline). (C. pr. civ. art. 116) ou pour s'occuper
— des Députés. Nom donné dans
certains pays et notamment en France, de question d'ordre intérieur ou régie
mentaire.
sous les chartes de 1814 et de 1830 et II. Par extension, tribunal ou cour
sous l'actuelle Constitution de 1875, à siégeant en audience privée pour statuer
la Chambre du Parlement élue au
suffrage le plus large. en matière gracieuse et, dans les cas
prévus par la loi en matière conten-
— des huissiers. (V. — de discipline). tieuse. Le jugement n'en est pas moins
mises en accusation (encore rendu en audience publique dans cer-
— des chambre d'acc usation). Section taines affaires gracieuses et dans la
appelée
de la Cour d'appel, actuellement com- plupart des affaires contentieuses.
posée de trois membres, président com- Exemples d'attributions gracieuses :
pris, empruntés aux autres Chambres, homologation d'avis du conseil de fa-
qui a la haute main sur l'instruction mille ; autorisation de femme mariée,
préparatoire, spécialement en matière à défaut du mari (C. civ. art. 222) ;
criminelle, où elle est appelée obligatoi- exemples d'attributions contentieuses :
rement à satuer sur le renvoi en Cour autorisation de femme mariée, sur le
d'assises, et qui est, au surplus, dotée refus du mari (C. civ. art. 219) ; nomina-
d'attributions disparates en matière de tion de curateur à succession vacante
réhabilitation judiciaire et d'extradition, (C. civ. art. 812). La Chambre du Con-
notamment. seil statue encore : I° sur les crimes, délits
des notaires (V. — de discipline). et, en cas de récidive, sur les contra-
ventions commis par les mineurs de
— des requêtes. Section de la Cour de moins de treize ans (L. 22 juill. 1912,
cassation qui examine les pourvois en art. Ier) ; 2° depuis la loi du 31 mars
matière civile soit pour les admettre à 1922, à titre spécial et temporaire, sur
l'examen de la Chambre civile, par un les questions de prorogation de jouissance
arrêt non motivé (V. arrêt d'admission), ou de prix relatives aux locaux d'habita-
suit pour les rejeter par un arrêt motivé tion ou professionnels non commerciaux.
(V. arrêt de rejet) (L. 2 juin 1862,
Règl. 28 juin 1838, etc.). Par exception, — syndicale. Chambre composée de
la Chambre des requêtes statue défini- membres d'une même profession élus par
tivement sur les pourvois en matière leurs pairs, chargée de veiller à l'exécu-
électorale (L. 6 févr. 1914). tion des lois et règlements relatifs à
cette profession et d'en représenter les
— de sûreté. Local qui, dans les ca- droits et intérêts collectifs, spécialement
sernes de gendarmerie des localités où il en justice. Il y a aussi une chambre
n'y a pas de maison d'arrêt ou de prison, syndicale des agents de change (Décr.
est destiné au dépôt des prisonniers à 7 oct. 1890).
conduire de brigade en brigade, et dans
lequel peuvent être également déposés les Chambres réunies. Réunion des trois
vagabonds, ivrognes, et généralement chambres de la Cour de cassation en
tous délinquants, pris en flagrant délit ou audience solennelle pour statuer sur
dénoncés par la clameur publique, quand les pourvois formés, après une première
ils ne peuvent être conduits immédia- cassation, lorsque la décision de la juri-
tement devant l'officier de police chargé diction de renvoi est dans le même sens
de les interroger (L. 28 germinal, an VI,
art. 85 ; C. I. cr. art. 93). que la décision cassée et que le nouveau
pourvoi est tonde sur les mêmes moyens
— des vacations. Section du tribunal que le premier. Dans le cas où elles
qui siège pendant les vacances judiciaires cassent cette seconde décision, la nouvelle
(ou vacations) pour statuer sur les affaires juridiction de renvoi doit se conformer
sommaires et sur celles requérant célé- à l'arrêt des Chambre réunies (L. Ier av.
Champart 108

1837, art. Ier et 2). En matière disci- nale sur une place déterminée. Ex. :
plinaire, les Chambres réunies forment le cours des changes, change de Londres à
Conseil supérieur de la magistrature Paris.
(L. 30 août 1883, art. 13 et s.). III. Synonyme de lettre de change, et
même d'effets de commerce en général.
Chancelier Ex. : droit de change, c'est-à-dire droit
Latin de basse époque cancellarius « huissier qui de la lettre de change et du billet à ordre.
se tenait près des grilles (cancelli) qui séparaient le
public de la partie de la salle où siégeaient l'Empe- Chanoine.
reur et les juges », puis « greffier ». Au moyen âge Latin ecclésiastique canonicus « versé dans la con-
sens nouveaux. naissance des règles de l'Église, clerc » (du grec ecclé-
(V. chancellerie, II). siastique xavov.xôî, de s'.ïvii.v, voir CANON) ; sens
nouveau au moyen âge.
Chancellerie. Membre du chapitre, conseiller de
(Voir le précédent). l'évêque. Outre les membres propre-
I. Dans l'ancien Droit français, ce ment dits du chapitre de la cathédrale,
mot ou, plus souvent encore, ceux de canonici numerarii, on compte des cha-
grande chancellerie désignaient l'office noines honoraires, dont le titre est pu-
de chancelier, c'est-à-dire du fonction rement honorifique.
naire royal qui, ayant la garde et la dis-
position du Sceau de France et la Chantage.
surintendance de la magistrature, était, Dérivé du verbe chanter, latin cantare, d'après la
en outre, l'inspirateur de la législation locution faire chanter (quelqu'un).
Délit correctionnel consistant à ex
royale. Par survivance, ce terme est
encore employé pour désigner les services torquer à l'aide de la menace écrite ou
du Ministère de la Justice. verbale, de révélations ou d'imputa-
IL (D. int. pub.) Ensemble des ser tions diffamatoires, soit la remise de
vices du chancelier, c'est-à-dire de l'offi fonds ou valeurs, soit la signature ou re-
cier public qui, placé près du consul ou mise d'écrits contenant ou opérant obli-
du chef de la mission diplomatique pour gation, disposition ou décharge.
les assister dans leurs fonctions, est
tour à tour secrétaire, notaire, greffier, Chapeau de capitaine.
voire huissier ou même préposé du Locution plaisante, voir HAUSSE.
Trésor ou de la Caisse des Dépôts et Supplément de rémunération stipulé
Consignations. de l'affréteur en sus du fret proprement
dit, qui était autrefois attribué au capi-
— (grande). Dans l'ordre de la Légion taine du navire, mais qui est aujour-
d'Honneur, ensemble des services qui d'hui simplement considéré comme un
aident le grand Chancelier de l'Ordre à accessoire du fret revenant comme tel
exercer les attributions administratives à l'armateur.
qu'il tient de la loi et des règlements pour
la défense des droits et des intérêts de Chapelain.
l'Ordre (Décr. II av. 1891). Dérivé de chapelle, voir le suivant.
I. Prêtre spécialement attaché au ser-
— (droit de) Taxe perçue à l'occasion vice religieux d'une chapelle.
d'un acte rentrant dans la compétence II. Aumônier d'une association, ayant,
du chancelier. une compétence spéciale pour l'adminis-
tration des sacrements aux membres de
Change. cette association.
Dérivé du verbe changer, latin de basse époque III. Aumônier militaire.
cambiare « échanger, troquer » ; le sens financier
vient probablement du mot italien correspondant — des chanoines. Clerc qui apporte
cambio. son aide au chapitre dans le service de
I. Echange de deux monnaies, mais choeur.
plus spécialement de deux monnaies
de pays différents à la valeur marchande Chapelle.
de ces deux monnaies. Ex. : opérations Latin populaire *cappella, dérivé de cappa « sorte
de change, maison de change. de capuchon », d'où « manteau ». L'origine du sens
II. Par extension, valeur de l'indice n'est pas claire. Peut-être ainsi nommé pour désigner
l'endroit où l'on gardait la chape de saint Martin de
monétaire étranger en monnaie natio- Tours.
109 Chapitre

I. Edifice consacré au culte qui, con- d'un contrat ayant pour objet le trans
trairement à l'église proprement dite, fert ou la détention d'un immeuble. Ex. :
n'est pas ouvert à tous les fidèles. C'est cahier des charges (V. ce mot).
une chapelle laïque ou oratoire privé. IV. Certains droits réels grevant un
IL Eglise subsidiaire servant au culte immeuble : servitude, hypothèque, etc.
public mais qui, faute de fidèles ou faute (C. civ. art. 637, 865, 954, 963). Ex. :
de dot, ne peut être érigée en paroisse. recouvrer un immeuble libre de toutes
Le desservant y a la cura animarum, charges.
comme dans une paroisse, mais il n'est V. Obligation imposée par le disposant
pas tenu de célébrer pro populo. à celui qui reçoit une libéralité. Ex. :
donation avec charges, legs avec charges.
Chapitre. Le Code civil emploie en ce sens le
Latin ecclésiastique capitulum « assemblée de reli- mot condition (art. 900, 954).
gieux », par extension du sens « chapitre d'un ou- VI. (I. cr.) Fait qui milite en faveur
vrage », due au fait que dans les assemblées de ce de la culpabilité. Ex. : charges suffi-
genre on faisait une lecture, notamment un chapitre santes (C. I. cr. art. 231) ; charges
de la Règle.
I. (D. can.). Collège de chanoines nouvelles (C. I. cr. art. 247) ; « Vous allez
établi dans l'église épiscopale et fonc- entendre les charges qui seront produites
tionnant comme une sorte de sénat de contre vous » (C. I. cr. art. 314). Ins
l'évêque, qui doit le consulter pour les truire à charge et à décharge : diriger
affaires importantes : statuts synodaux, l'instruction de manière à mettre en
punition des délits des clercs, adminis- lumière également les faits qui militent
tration des biens ecclésiastiques. En cas en faveur de la culpabilité et ceux qui
de vacance du siège épiscopal, il reçoit militent en faveur de l'innocence.
la juridiction ordinaire qu'il délègue à un de la preuve (Pr.). Obligation im-
vicaire capitulaire. posée à celui qui, en justice, allègue un
II. (du budget). fait ou réclame un droit d'en établir
Latin capitulum « titre d'une section d'ouvrage », l'existence (C. civ. art. 1315).
d'où cette section elle-même », dérivé de caput « tête,
sommet », *voir le précédent. Chargé d'affaires. Agent diplomatique
Subdivision du budget des dépenses de venant, dans la hiérarchie adoptée de
chaque ministère, ne contenant que des puis les Congrès de Vienne et d'Aix-la
services corrélatifs ou de même nature. Chapelle, en quatrième rang, après les
Constitue pour le Parlement l'unité de ambassadeurs, les ministres plénipo-
vote budgétaire et se présente comme tentiaires et les ministres résidents. Le
la limite de la spécialisation des crédits, chargé d'affaires est un représentant
en ce qu'il est interdit au Gouverne ordinaire de l'Etat qui l'accrédite, jouis-
ment d'effectuer, au cours de l'exécu- sant d'une compétence diplomatique
tion du budget, aucun virement de cré- générale, lorsqu'il est chef de poste. Il
dit d'un chapitre à un autre. arrive souvent qu'il supplée les ministres
résidents.
Chara. Tribunal religieux (tribunal du
cadi) chargé de juger selon le chara, Chargé de cours. Membre de l'enseigne-
c'est à-dire conformément au Coran et ment public chargé d'assumer un ensei
à la Sounna. gnement à défaut d'un professeur titu-
laire.
Charge.
Latin populaire carricare, dérivé de corrus " char ». Chargement.
I. Au sens large, fonction publique. I. Embarquement des marchandises
Plus spécialement, fonction des officiers sur le navire. Sa preuve se fait par le
ministériels (charge de notaire, d'agent connaissement (C. com. art. 283).
de change, etc.). Se dit aussi de la II.Ensemble des objets placés sur les
fonction de la tutelle (C. civ. art. 419). navires : marchandises, objets d'arme-
II. Obligation légale. Ex. : charges de ment, vivres.
famille ; contribution aux charges du III. Remise à l'Administration des
mariage ; charges d'une succession (C. civ. Postes d'une lettre ou d'un paquet
art. 385, 807). cacheté avec déclaration de la valeur
III. Obligations accessoires résultant de ce qui y est contenu.
Charte 110

(Ex. : se pourvoir en cassation contre


— à cueillette (V. affrètement à
cueillette). un ou plusieurs chefs d'un arrêt).
des marchan- II. (D. civ.) (Venir de son) : être
— en pontée. Arrimage appelé en son nom personnel avec la
dises sur le pont du navire. Interdit en
principe, sauf pour le petit cabotage qualité et les droits attachés à son degré
(C. com. art. 229). de parenté avec le défunt (C. civ. art.
745, 750, 770). Ex. : quand le de cujus
Charte. (D. const.). n'avait qu'un fils qui est prédécédé, le
petit-fils succède de son chef. S'oppose
Latin charta « papier écrit » (du grec yitfzrfi «feuille à venir par représentation (V. ce mot).
de papyrus ou de papier »).
Acte constitutionnel. Plus spéciale III. Celui qui exerce l'autorité sur un
ment employé pour évoquer l'octroi de groupement (Ex. ; chef de corps). Le
cet acte par le souverain, par opposition Code civil emploie l'expression pour dési-
à la constitution élaborée par un corps gner le mari comme chef de la commu-
constituant. Ex. : chartes de 1814, de nauté (art. 1388).
1830.
— de cabinet (V. cabinet).
Charte partie. (D. mar.) — de famille.
Partie « partagée ». participe passé, féminin du I. Expression employée par quelques
verbe partir, au sens primitif de « partager », latin lois spéciales pour désigner celui qui
partiri. Ce nom vient de ce que les deux expéditions est à la tête d'un groupement familial
de l'acte étaient faites sur une seule feuille qui était
ensuite séparée en deux. et bénéficie à ce titre tantôt pour lui-
Ecrit constituant le mode normal de même, tantôt pour le groupement, de
preuve du contrat d'affrètement et dont certains avantages. Ex. : dans la législa-
le Code de commerce règle les énon- tion spéciale sur les loyers, le chef de
ciations (art. 273). Par abréviation, ce famille est la personne ayant au moins
mot sert dans le pratique à désigner le trois enfants ou descendants habitant
contrat d'affrètement lui-même, lorsqu'il avec elle ou à sa charge et qui, à ce
y a affrètement de tout le navire. titre, jouit de certains avantages pour
— de pêche. Contrat d'engagement des s'opposer à l'action en reprise de son
marins pour les navires armés à la logement par le propriétaire (L. Ier avr.
pêche. 1926 et 29 juin 1929. art. 6 § 6).
II. (D. fisc). Pour l'assiette de l'im-
Chasse. pôt général sur le revenu, on considère
Dérivé du verbe chasser, latin populaire *captiare comme chef de famille, imposable sur
(latin classique captare voir CAPTATION). l'ensemble des ressources familiales, la
Recherche, poursuite et capture des personne qui, parmi les membres d'une
animaux sauvages. La propriété du gi- même famille vivant en commun, assure
bier est acquise au chasseur par l'oc-
cupation (V. ce mot). en fait la direction de cette communauté.
— d'Etat. Personnage (roi, empereur,
Chausse du capitaine. président) auquel est confié par des pro-
Ancien mot, qui désignait la partie de vêtement
cédés constitutionnels variés (hérédité,
qui couvre les jambes, latin populaire calcia « sorte élection par le peuple, élection par une
de guêtre couvrant le pied et la jambe », latin clas- assemblée) la représentation de l'Etat
sique calceus " soulier, brodequin ». dans ses rapports soit avec les puissances
(V. chapeau de capitaine). étrangères, soit avec la nation.
Chef. — lieu. Centre administratif d'une
Latin populaire *capum, latin classique caput circonscri ption territoriale où sont grou-
« tête » : a pris plus tard le sens de « chef ».
pés les chefs et bureaux centraux des
I. (Pr.). Elément distinct d'une action services publics afférents à cette circons-
en justice groupé avec d'autres dans cription (chef-lieu de département, d'ar-
une même procédure (Ex. : le tribunal est rondissement, de canton et de commune,
tenu de statuer sur chacun des chefs au cas où cette dernière comprend
de la demande ; — V. aussi moyens) ; plusieurs hameaux).
— ou disposition distincte d'un jugement
ou d'un arrêt répondant à une partie Chemin.
déterminée de la demande en justice Latin populaire *canninus d'origine celtique.
111 Cheptel

Voie de communication terrestre, d'im- par la loi du 29 octobre 1921, qui con
portance moindre que la route, affec- sacre la coordination et la sol idarité
tée à la circulation (V. voirie par terre). financière dans l' exp loi tation ; 2° les
On distingue : a) les chemins privés ou chemins de fer d'intérêt local, dont les
d'exploitation, établis uniquement pour voies, moins importantes, font partie du
le service ou l'utilité des fonds qu'ils domaine public départemental ou com-
traversent, et soumis, de ce fait, aux munal et se subdivisent en voies ferrées
règles du droit privé (L. 20 août 1881) ; d'intérêt local posées sur plate-forme
b) les chemins publics, affectés à l'usage spéciale et en tramways empruntant
du public et soumis, de ce fait, aux tout ou partie des voies publiques pré-
règles spéciales de la voirie publique existantes. Les chemins de fer d'intérêt
(petite voirie). Ils se classent en : local sont exploités en régie par les
I° chemins vicinaux, faisant partie du communes ou les départements ou con-
domaine public communal. Les che- cédés par eux (L. 31 juill. 1913).
mins vicinaux se subdivisent, d'après
leur importance, en trois catégories : — de halage. (V. servitude de halage).
A. chemins vicinaux ordinaires, qui n'in-
téressent, en principe, qu'une commune, Cheptel (ou bail à).
Réfection étymologique de l'ancien français chetel
et dont l'administration est placée sous latin juridique capitale « ce qui constituele principal
la direction de l'autorité municipale d'un bien », voir CAPITAL.
avec contrôle du préfet ; B. et C : che- Contrat de» bail par lequel l'une des
mins de grande communication et che- parties remet à l'autre un fonds de bé-
mins d'intérêt commun, qui intéressent tail pour le garder, le nourrir et le soi
plusieurs communes et dont l'adminis- gner, sous les conditions convenues
tration est placée sous la direction immé- entre elles (C. civ. art. 1800). L'ex-
diate du préfet. Ces deux cat égories, pression désigne également les animaux
en voie d'assimilation, ne se distinguent objet du contrat.
entre elles que par des nuances concer- à moitié. Contrat de cheptel en
nant le régime financier et la police du
roulage (L. 21 mai 1836) ; 2° Chemins vertu duquel chacun des contractants
fournit la moitié des bestiaux, qui de
ruraux, affectés à l'usage du public, meurent communs pour le profit ou
qui n'ont pas été classés comme chemins
vicinaux, et dont la police et la conser- pour la perte, les produits se partageant
vation sont laissés à l'autorité munici- comme en matière de cheptel simple
pale. Ils se subdivisent en deux catégo- (C. civ. art. 1818 et 1819).
ries : 1° chemins ruraux reconnus, classés — de fer.
comme tels par la Commission départe- Origine obscure.
mentale sur demande du Conseil muni- Contrat de cheptel par lequel le pro-
cipal et faisant partie du domaine public priétaire d'une métairie la donne à
communal ; 2° chemins ruraux non re- ferme, à la charge qu'à la fin du
connus, faisant partie du domaine privé, bail le fermier laissera des bestiaux
communal (L. 20 août 1881). d'une valeur égale au prix de l'estima-
tion de ceux qu'il aura reçus, estimation
— de fer. Service public assurant le qui ne transmet pas la propriété au fer
transport des personnes et des mar- mier mais met néanmoins le bétail à
chandises par voie ferrée (V. ce mot),
exploité soit en régie, soit en conces- ses risques ; tous les profits, s'il n'y a
sion. On distingue : I° les chemins de fer convention contraire, appartiennent au
d'intérêt général, dont les voies ferrées, fermier, sauf le fumier qui appartient à
faisant partie du domaine public na- la métairie, à l'exploitation de laquelle il
tional, sont construites et exploitées en doit être uniquement employé (C. civ.
partie par l'Etat (réseau des chemins de art. 1821).
fer de l'Etat), et, pour la plus grande — simple. Contrat de cheptel dans
partie du territoire, par de grandes com- lequel le preneur profite de la moitié du
pagnies concessionnaires (Nord, Est, croît et de la laine et supporte la moitié
P. L. M., Orléans, Midi), liées à l'Etat de la perte, sauf dans le cas où le cheptel
par des conventions avec cahier des périrait en entier sans la faute du pre
charges, unifiées dans une large mesure neur, auquel cas la perte en serait pour
Chèque 112

le bailleur. Le preneur profite seul des France, est en usage aux Etats Unis, en
laitages, du fumier et du travail. Colombie et à Costa-Rica.
— circulaire. Chèque tiré par une
Chèque. banque sur elle-même et payable indis-
Emprunté de l'anglais cheque, check (du verbe to- tinctement dans tous ses comptoirs, sans
cheik " contrôler »). avis préalable. Une variété particulière
Ecrit qui, sous la forme d'un mandat de chèque circulaire est délivrée aux
de payement, sert à une personne, ap-
pelée tireur, à effectuer le retrait, à voyageurs par certaines banques étran
gères sous le nom de travellers-chèques.
son profit ou au profit d'un tiers de
tout ou partie de fonds portés au — d'assignation (V. chèque postal).
crédit de son compte chez une per-
— de casino. Chèque délivré par un
sonne, appelée tiré, et disponibles (L. casino afin de permettre aux joueurs qui
14 juin 1865, art. I ; V. provision). Le ne se sont pas munis de leur carnet de
chèque n'est valable que s'il contient chèques, de tirer sur leur compte en
les énonciations prescrites par la loi. banque et de s'en faire remettre le mon-
Formule : Paris, le deux mars 1930. tant par le casino (Décr. 20 juin 1908 ;
Payez à l'ordre de Monsieur Durand la arr. 29 déc. 1910, art. 4).
somme de cinq cents francs. Signé : Du- — déplacé. Chèque tiré sur une place
pont. différente de la place d'émission.
— à ordre. Chèque revêtu de la clause
— de virement. Chèque dont le paie-
à ordre et dont, par suite, la transmis- ment ne peut s'effectuer que par un
sion doit être effectuée par endossement virement d'écritures., Ce type, en usage
(V. ce mot) (L. 14 juin 1865, art. I).
en Allemagne, est inconnu en France ;
— à personne dénommée. Chèque éta- l'expression est toutefois employée dans
bli au profit d'une personne désignée et la réglementation du chèque postal
dont la transmission est soumise aux (V. ce mot).
règles du droit commun (L. 14 juin 1865, documentaire. Chèque qui circule
C. civ. art. 1690).
accompagné de documents (connaisse-
— au porteur. Chèque qui contient la ment, police d'assurance) et qui n'est
clause « payable au porteur » et dont la payable que contre remise de ces docu
transmission s'effectue par simple tra- ments (V. ce mot).
dition.
— domicilié. Chèque portant la men-
— barré. Chèque sur lequel ont été tion que le paiement sera effectué à un
apposées deux barres parallèles obliques, domicile autre que celui du tiré, en
tracées à faible distance l'une de l'autre, général chez le banquier du tiré (C. com.
dans le sens de la hauteur du chèque. Ce art. III ; L. 14 juin 1865, art. II).
barrement, qui a pour objet de diminuer
les risques de vol, subordonne la pré-' — nominatif (V. chèque postal).
sentation et le paiement du chèque à — ouvert. Chèque ordinaire, par op-
l'intervention d'un banquier ou d'un position à chèque barré.
agent de change. Lorsque le barrement postal. Ordre écrit donné à l'Ad
est général, c'est-à-dire lorsqu'aucun ministration des Postes, intransmissible
nom n'est mentionné entre les barres, par endossement, de payer par mandat
le présentateur peut être un banquier
carte à une personne désignée ou au por-
ou un agent de change quelconque. Si, teur, ou par virement, au profit du
au contraire, le barrement est spécial, titulaire d'un compte de chèques pos
c'est-à direl orsqu'un nom a été indiqué, taux, une somme prélevée sur une pro-
c'est le banquier ou l'agent de change vision antérieurement constituée Le
désigné qui doit effectuer la présenta- chèque postal est dit chèque d'assigna-
tion (L. 14 juin 1865, art. 8, 9 et 10). tion, lorsqu'il est établi au nom d'une
— certifié. Chèque revêtu par le tiré personne qui n'a pas de compte postal ;
d'une mention certifiant que le titre est chèque de virement, lorsqu'il est établi
dûment provisionné et que le montant au nom du titulaire d'un compte postal ;
en sera payé à concurrence de la somme chèque nominatif, lorsqu'il est établi au
énoncée. La certification, inconnue en nom du tireur. Le titre n'a de com
113 Chéquier

mun que le nom avec le chèque et tentieux et des sentences arbitrales, qui
n'est soumis ni à la loi du 14 juin interdit de remettre en discussion ce qui
1865, ni aux lois subséquentes (L. et a été définitivement jugé (V. jugement
Décr. 7 janv. 1918). définitif) (C. civ. art. 1350, 1351). Cette
autorité est dite absolue, lorsque la pré-
— (travellers) (V. chèque circulaire). somption irréfragable de vérité attachée
Chéquier à la chose jugée s'impose à toute per-
Voir le précédent. sonne (Ex. : décisions en matière répres-
(V. carnet de chèques). sive ; jugement ou arrêt prononçant un
divorce). Elle est dite relative, quand elle
Chevalier (V. titre de noblesse). ne s'impose qu'aux parties ayant figuré
dans l'instance, pour les seules demandes
Chiffre d'affaires. Ensemble des re- qui seraient, à l'avenir, formées entre
cettes réalisées par un commerçant dans elles en la même qualité, qui seraient
l'exercice de son commerce, servant de fondées sur la même cause et tendraient
base à certaines taxes fiscales (V. taxe au même objet (Ex. : un jugement cons-
sur le chiffre d'affaires et taxe spéciale tatant l'existence d'une créance de
sur le chiffre d'affaires). somme d'argent pour prix de la vente
d'un bien).
Chirographaire (V. créancier).
— (Exception de). Moyen de défense
Choses. au fond par lequel un plaideur fait va-
loir, au cours d'un procès, l'autorité de
Latin causa, voir CAUSE, qui a pris à notre époque la chose jugée, et qui, s'il est vérifié,
le sens de « chose » a remplacé le latin classique res.
,
Objets du monde extérieur envisa- oblige le juge à repousser la prétention
gés comme susceptibles de droits (V. soutenue en violation de cette autorité.
biens).
— (Force de). Qualité appartenant
— communes. aux jugements quand tes voies de re-
Traduction du latin juridique res. communes. cours produisant un effet suspensif (op-
Choses qui n'appartiennent à per- position, appel, pourvoi en cassation en
sonne et dont l'usage est commun à matière de divorce ou en matière pé-
tous (Ex. : air, mer). nale, etc..) sont épuisées ou que le délai
pour les former est expiré, et à défaut
— consomptibles. Choses dont on ne de laquelle on ne peut procéder à cer-
peut faire usage sans les détr uire (bois taines mesures d'exécution : radiation
sons, denrées) ou les aliéner (monnaie). des inscriptions hypothécaires (C. civ.
Les autres choses sont dites non con
somptibles. art. 2157), adjudication consécutive à
une procédure d'exécution forcée (C. civ.
— de genre. art. 2215).
Traduction du latin juridique res in genere.
Expression employée pour désigner — publique (D. pub.). Ensemble des
les choses fongibles, par opposition aux questions se rattachant à la gestion et
à la satisfaction des intérêts généraux
corps certains (V. ce mot). du pays ou d'une collectivité locale ou
— fongibles. Choses qui, n'étant dé- régionale.
terminées que par leur nombre, leur
poids ou leur mesure, peuvent être em- — sans maître. Choses qui, par leur
ployées indifféremmentl'une pour l'autre nature, sont susceptibles de propriété
dans un paiement. Les autres choses privée, mais qui n'appartiennent à per-
sont dites non fongibles. sonne (Ex. : animaux sauvages, objets
mobiliers abandonnés).
— hors du commerce. Choses qui ne
peuvent pas faire l'objet d'un contrat Cif. Expression anglaise correspon-
entre particuliers.- Ex. : sépultures ; dant à l'expression française « caf »
biens du domaine public. (V. ce mot), formée des initiales des
— jugée. Ce qui a été décidé par le trois mots : cost, insurance, freight).
juge pour mettre fin à un procès.
(Autorité de la). Effet attribué par Circonscription.

la loi au dispositif des jugements con- Latin circumscriptio, dérivé du verbe circumscri-
bere « circonscrire ».
8
Circonstances
Territoire formant une subdivision de Circulaire.
l'Etat, pourvue ou non de la personna- Latin de basse époque circularis, dérivé de circulus
lité juridique, dont l'étendue délimite « cercle
».
Instruction adressée par un supérieur
l'existence de certaines compétences ou hiérarchique au personnel sous ses
l'accomplissement de certaines opéra- ordres ; constituant des indications des-
tions électorales ou administratives. tinées à servir de guide aux fonction-
Circonstances. naires et agents pour l'application des
Latin circumstantia, dérivé du verbe circumstare
lois et règlements, elles ne contiennent
« se tenir autour ». aucune décision à l'égard des adminis-
S'emploie dans les expressions sui- trés et, en conséquence, ne sont pas sus-
vantes : ceptibles de critique contentieuse devant
les tribunaux que, par ailleurs, elles
— aggravantes. Faits expressément ne lient pas.
visés par la loi et en considération des-
quels le juge est tenu de prononcer une
peine plus sévère que celle prévue Citation.
Latin juridique citatio, dérivé du verbe citare
comme sanction normale de l'infraction. « mettre en mouvement », d'où, dans la langue juri-
atténuantes. dique " citer en justice ».

A. Au sens large : faits qui autorisent Sommation de comparaître en justice
signifiée par huissier ou par lettre recom-
ou même obligent le juge à prononcer mandée du greffier à une personne prise
une peine inférieure à celle édictée
comme sanction normale de l'infraction. comme partie défenderesse à une action
B. Au sens étroit, et comme dési- judiciaire ou comme témoin. Dans la
gnant les circonstances atténuantes judi- pratique, le terme désigne plus spécia-
ciaires, par opposition aux excuses lé- lement la sommation à comparaître de-
gales atténuantes : faits laissés à l'ap- vant le juge de paix, ou, en matière pé-
préciation du jury ou du juge et dont il nale, devant le tribunal de simple police
lui suffit d'affirmer, en termes géné- ou le tribunal correctionnel. Les citations
raux, l'existence pour ouvrir la voie à devant les tribunaux civils ou de com
une diminution facultative ou même merce sont plus communément dénom
obligatoire des peines. mées assignation ou ajournement (V. ces
mots).
Circonstances et dépendances. Expres- — directe. Citation par exploit d'huis-
sion employée dans les actes notariés sier par laquelle, en matière correction-
pour désigner les accessoires d'un im- nelle ou de simple police, le prévenu et,
meuble. Cette expression supplée aux s'il y a lieu, la personne civilement res-
indications de détail. Ex. : cette mai- ponsable sont, à la requête du Ministère
son est vendue avec toutes ses circons- public, de la partie civile ou d'une admi-
tances et dépendances, sans exception. nistration spécialement qualifiée, som-
més de comparaître, sans instruction
Circuit d'actions. préalable, devant la juridiction de juge-
Latin circuitus (de la famille du verbe ire « aller »). ment à qui pouvoir est conféré de les
Série d'actions en justice s'engen- juger même par défaut.
drant les unes les autres, de telle façon
que la dernière réfléchisse contre celui Citoyen.
qui a mis en mouvement l'action ini- Dérivé de cité, latin civitas.
tiale. Ceci se produirait, par exemple, I. National d'un Etat pratiquant la
si un co-débiteur solidaire ayant acquitté forme républicaine de gouvernement,
la dette en entier pouvait en réclamer par opposition au sujet, national d'un
le montant total à l'un de ses co-débi- Etat à gouvernement monarchique. On
teurs ; celui ci poursuivrait, à son tour dit : un citoyen français, un citoyen
pour le tout, un autre co-débiteur, lequel suisse ; un sujet anglais, un sujet bul-
se retournerait contre le premier. En vue gare.
d'éviter ce résultat, l'art. 1214 C. civ. II. National d'un Etat qui participe
décide que « le co-débiteur d'une dette à l'exercice de la souveraineté, soit dans
solidaire, qui l'a payée en entier, ne le cadre des institutions du gouverne-
peut répéter contre les autres que les ment représentatif par le pouvoir élec-
part et portion de chacun d'eux ». toral, soit dans le cadre du gouverne-
115 Civiliser

ment direct par l'assistance aux assem- Disposition particulière d'un acte ju-
blées du peuple (Landes gemeinde suisse), ridique (contrat, testament, traité diplo-
soit dans le cadre du gouvernement semi- matique). Plus spécialement, disposi-
direct, par le jeu du referendum, du tion contenue dans un contrat, une do-
veto populaire, de l'initiative populaire nation, un testament, ayant pour ob-
ou du recall des décisions judiciaires. jet d'en compléter ou modifier les ef-
fets normaux. Ex. : clause de non ga-
Civiliser. rantie insérée dans une vente ; clause
Dérivé de civil au sens uridique, latin civilis (de imposant la solidarité aux débiteurs ;
Mets « citoyen »). clause d'un bail imposant à un loca-
Dans la langue du Palais, conver- taire la charge des grosses répara-
tir en procès civil un procès qui se tions.
poursuivait au criminel.
— à ordre. Clause contenant néces-
Civiliste. sairement les mots « à ordre », ayant
Voir le précédent. pour effet de permettre la transmission
Jurisconsulte qui se consacre à l'étude d'un droit de créance par endossement
du Droit civil. (V. ce mot). La clause à ordre doit son
nom à ce que le débiteur s'engage à
Clandestinité. effectuer son payement au créancier
Dérivé de clandestin, latin clandestinus. envers lequel il s'est engagé ou à toute
Caractère d'un acte ou d'une situa- autre personne à laquelle le créancier
tion juridique qui a été dissimulé à ceux lui donne l'ordre de payer par un endos-
qui devaient en avoir connaissance. sement régulier, c'est-à-dire par une
Ex. : la possession est clandestine (ou signature apposée au dos du titre. Elle
non publique) lorsqu'elle ne peut (pas se présente ordinairement sous l'une
être connue du vrai propriétaire (C. des deux formes suivantes : Veuillez
civ. art. 1229), le mariage est clandes- payer à l'ordre de Primus ; ou : vous
tin quand il n'est pas précédé ou ac- livrerez à Primus ou à son ordre.
compagné des formalités de publicité
requises par la loi (C. civ. art. 191 attributive de juridiction. Clause
et 192) ; embarquement clandestin à insérée dans un contrat par laquelle les
bord d' un navire de commerce (L. 17 parties conviennent de soumettre à un
déc. 1926, portant C. disc. et pén. tribunal désigné d'avance la connais-
mar. march., art. 74). sance des litiges qui pourront survenir
à l'occasion de ce contrat.
Classe. comminatoire.
Latin classis « classe de citoyen » :
d'où le sens Voir ce mot.
du français. Clause insérée dans un contrat ou
I. (D. adm.). Différents degrés de ré- un acte de disposition à titre gratuit
partition entre lesquels sont distribués, menaçant une partie d'une privation de]
suivant leur importance relative et les droit au cas où elle contreviendrait à
règles diverses auxquelles ils sont sou-
mis, plusieurs personnes ou objets de une défense ou n'exécuterait pas une
obligation de faire.
même condition ou de même nature.
Ainsi, les fonctionnaires, les patentables, — compromissoire.
les établissements dangereux, incom- Latin juridique compromissorius, dérivé de com-
promissum « compromis », voir COMPROMIS.
modes et insalubres, les routes, les biens Clause insérée dans un contrat par la-
fonciers considérés du point de vue fiscal, quelle les parties s'obligent à faire tran
sont répartis en classes. cher par des arbitres désignés ou à dési-
II. (D. mil.). En matière de recrute- gner les contestations qui pourraient
ment, ensemble des jeunes gens qui naître entre elles, dans l'avenir, à l'occa-
appartiennent au contingent d'une même sion de ce contrat. Cette stipulation,
année. lorsqu'elle ne précise pas l'objet du litige
et qu'elle ne désigne pas les arbitres, n'est
Clause. admise par la loi française qu'en matière
Latin médiéval clausa, tiré de clausus, participe commerciale (C. com. art. 631 ; L. 31 déc.
passé du verbe claudere « clore » ; au lieu du latin juri-
dique clausula, de même sens, proprement fin 1025). La clause compromissoire se dis-
(d'une lettre, d'un document, etc.) ». «
tingue du compromis (V. ce mot).
Clause 116

— d'ameublissement (V. ameublisse- — de séparation de biens (V. sépara-


tion de biens).
ment).
d'apport (V. apport). — de séparation des dettes. Clause par
d'attribution de la communauté au laquelle les époux stipulent dans le con-
survivant. Clause par laquelle les époux trat de mariage qu'ils conserveront la
stipulent dans le contrat de mariage que charge personnelle des dettes présentes
la totalité ou une fraction de l'actif de ou à venir, propres à chacun d'eux, et
communauté, après déduction des re- que, lors de la dissolution de la com-
prises de chacun d'eux, appartiendra au munauté, ils se tiendront respectivement
survivant (C. civ. art. 1525). compte des dettes qui auront été payées
pour eux sur l'actif de communauté
— de communauté d'acquêts (V. ces (C. civ. art. 1510 et 1513).
mots). de sous-palan. Clause usuelle dans

— de franc et quitte (V. apport franc les contrats de transport maritime d'après
et quitte). laquelle le chargeur doit remettre ses
— de la nation la plus favorisée. marchandises au capitaine le long du
Clause d'un traité dont l'objet est de bord pour qu'elles puissent être enlevées
procurer aux bénéficiaires les avantages par le palan, et le capitaine les remettre
déjà accordés ou qui pourront être ac- à l'arrivée dans les mêmes conditions.
cordés par les signataires aux ressortis- de style. Clause qui se retrouve
sants d'un Etat tiers. D'après la doc- —
dans tous les actes de nature identique.
trine continentale, la clause est, en gé- Ex. : dans une vente d'immeubles, la
néral, réciproque ; elle peut s'appliquer clause de non-garantie pour différence
même à des matières non commerciali- de plus d'un vingtième entre la conte-
sées (condition des personnes, propriété nance réelle et celle indiquée ; dans un
littéraire, etc..) ; elle n'est qu'excep- bail, clause par laquelle le preneur dé-
tionnellement conditionnelle, c'est à dire clare inutile une plus ample désignation
subordonnée à l'octroi d'un certain des lieux loués, qu'il connaît bien pour
avantage. D'après la doctrine des Etats- les avoir vus et visités. — En matière
Unis, au contraire, la clause est, en prin- commerciale, la répétition de certaines
cipe, considérée comme conditionnelle clauses de style peut donner naissance à
et elle ne peut opérer de plein droit. un usage. En pareil cas, le juge est auto-
— d'élection de domicile (V. domicile risé à suppléer à l'absence de la clause.
élu). Ex. : clause « sauf encaissement » en
matière de compte-courant.
— d'emploi et de remploi (V. emploi
et remploi). valeur agréée (V. valeur agréée).
— de non responsabilité. Clause par — d'exclusion de communauté. Clause
laquelle les parties suppriment la res- par laquelle les époux stipulent dans le
ponsabilité du débiteur à raison de contrat de mariage que leur mobilier
l'inexécution ou du retard dans l'exécu- présent ou futur leur restera propre en
tion d'une obligation née d'un contrat. entier ou au delà d'une certaine somme
Ces clauses ont été interdites dans le (C. civ. art. 1500).
contrat de transport (L. 17 mars 1905 ; d'immobilisation (V. immobilisa-
C. com. art. 103). tion).
— de préciput (V. préciput). — d'imputation (V. imputation).
— de sauvegarde. Clause qui tend à — d'incontestabilité (V. incontestabi-
lier plusieurs obligations financières in- lité).
ternationales de manière à subordonner
l'exécution de l'une d'elles à l'exécution — domaniale.
d'une autre. Ex. : dans la négociation de — franc d'avaries (V. franchise).
la dette de la France envers les Eta s- — léonine.
Unis d'Amérique (accord Mellon-Bé- Latin leoninus «de lion ». Le sens spécial de l'ad-
ranger), la France demandait à lier le jectif français vient de la locution du latin juridique
societas leoninas issue de la fable : La Génisse, la
payement des dettes de guerre qui lui Chèvre et la Brebis en société avec le Lion.
incombaient au payement des répara- Clause d'un contrat dont l'exécution
tions dont elle devait bénéficier. aurait pour résultat de procurer à l'un
117 Clause

ou à quelques uns des contractants un (V. résolution et résiliation), si l'une des


avantage exorbitant au détriment de parties manque à son engagement ou s'il
l'autre ou des autres. S'emploie notam- survient un événement prévu indépen-
ment à propos du contrat de société dant de la volonté des parties (C. civ.
pour qualifier les clauses déclarées nulles art. 1183, 1184, 1656 et 1657).
par le Code civil (art. 1855), qui donnent
à l'un des associés la totalité des bénéfices — sauf encaissement. Clause par la-
quelle une personne, généralement un
ou qui affranchissent de toute contribu- banquier, ne prend des effets de com-
tion aux dettes les apports de l'un ou de
quelques uns des associés. merce à l'escompte que sous la condi-
tion d'encaissement, le contrat d'es-
— limitative de responsabilité. Clause compte devant être résolu en cas de
par laquelle les parties conviennent non paiement de l'effet à l'échéance.
qu'en cas d'inexécution ou de retard Cette clause, d'après les usages du com-
dans l'exécution de l'obligation du débi- merce est sous-entendue en cas de remise
teur, les dommages-intérêts ne pourront d'effets de commerce à l'escompte,
pas dépasser un certain chiffre. quand il existe une convention de
compte courant entre le banquier et son
— or. Clause insérée dans un contrat client.
par laquelle le débiteur s'oblige, soit à
payer le créancier en monnaie métal-
lique or (clause or, proprement dite), Clerc.
soit à lui tenir compte de la déprécia- Extension du sens propre « membre du clergé »,.
tion de la monnaie de paiement par rap- puis « lettré » opposé au laic ; latin ecclésiastique
dericus (du grec '-À r ov/Aç ; sens d'origine hébraïque).
port à l'or (clause valeur or ou franc-or). Employé des études d'officiers publics
Sauf pour les payements internationaux, et ministériels. Plus particulièrement,
cette clause est considérée comme illi- stagiaire se préparant à l'exercice des
cite par la jurisprudence française pen- fonctions de notaire, avoué, huissier,
dant les périodes de cours forcé (V. ce commissaire-priseur, etc..
mot), même lorsqu'elle a été stipulée
avant l'établissement de ce cours. Clerc à maître (V. compte de —).
pénale.
I. Clause d'un contrat par laquelle les Clergé.
parties évaluent à forfait et d'avance Latin ecclésiastique clericatus, voir le précédent.
les dommages intérêts auxquels pourra Ensemble des personnes qui, dans
donner lieu l'inexécution ou le retard chaque confession, sont vouées au ser-
dans l'exécution des obligations con- vice du culte et engagées à pourvoir
tractées (C. civ. art. 1152, 1226 et s. aux nécessités extérieures de la vie reli-
C. civ.). gieuse des fidèles. L'incorporation au
II. Clause comminatoire par laquelle clergé catholique se fait par la tonsure
(Codex juris canonici, Canon 108,
une personne s'engage à payer une § I).
somme déterminée en cas d'inexécution
de son obligation. Spécialement, clause
insérée dans une donation partage ou Clientèle.
un testament par laquelle le disposant Latin clientela, dérivé de cliens « client » : en latin
déclare réduire à la réserve légale ou termes de langue politique ; d'où les sens du français.
exclure de sa succession ses héritiers, Ensemble des personnes, dénommées
clients, en rapports d'affaires avec un
pour le cas où ces derniers demande- avocat, un officier ministériel ou un
raient la nullité d'un legs ou d'une dis- homme d'affaires pour la défense de
position quelconque de son testament. leurs intérêts ou la conservation de
Elle n'est valable que si fa disposition
leurs droits. Se dit également de l'en-
testamentaire dont il veut assurer l'exé- semble des personnes qui consultent un
cution n'est pas contraire à la loi ou aux médecin, un dentiste, etc.. et de celles
bonnes moeurs. qui se fournissent habituellement chez
— résolutoire. Clause insérée dans un un commerçant ; pour ces derniers, la
acte (vente, louage, donation, testa- clientèle se rapproche de l'achalandage
ment, etc.) aux termes de laquelle cet sans cependant se confondre avec lui
acte sera de plein droit résolu ou résilié (V. ce mot).
Clôture 118

Clôture. tion de celles-ci. En France, où n'existe


Latin populaire claus(i)tura, latin classique clau- qu'une permanence mitigée, la clôture
sura (de claudere « clore »). des sessions du Sénat et de la Chambre
Séparation entre deux fonds établie des députés est toujours prononcée par
conformément aux prescriptions de la décret du Gouvernement. Pour les
loi (C. civ. art. 647 ; L. 9 juill. 1889. assemblées locales délibérantes, la clô-
art. 6). ture de la session est prononcée, en
— (bris de). Délit qui consiste à dé- France, par le Président de l'Assemblée
truire volontairement, en tout ou en dans la limite du maximum de la durée
partie, au mépris du droit d'autrui, un de session fixé par la loi.
obstacle, de quelque nature qu'il soit,
visant à défendre ou délimiter un im — des assises. Epuisement de juri-
meuble, ou une portion d'immeuble
diction résultant pour une Cour d'assises
(C. pén. art. 456).
du fait qu'elle a statué sur toutes les
affaires inscrites au rôle de la session
forcée. Clôture qu'un propriétaire
— obliger (C. I. cr. art. 260, alin. 2).
peut son voisin à construire à frais
,

communs, quand il s'agit de séparer les — des débats.


maisons, cours et jardins situés dans les I. (Pr.). Déclaration par laquelle une
villes et faubourgs. Cette clôture con- juridiction, s'estimant suffisamment ren-
siste dans un mur qui, à défaut d'usages seignée, met fin aux explications des
parties ou de leurs défenseurs (C. I. cr.
ou de règlements, doit avoir au moins art. 333 ; Décr. 30 mars 1808, art. 34).
3 m. 20 de hauteur, compris le chaperon, Ex. : prononcer la clôture des débats.
dans les villes de 50.000 habitants et au-
dessus, et 2 m. 60 dans les autres (C. civ. II. (D. pub.). Résolution par laquelle
art. 663). une assemblée délibérante décide d'ar-
rêter la discussion et de passer au vote.
— de faillite. Terminaison des opéra- La clôture peut être prononcée sur la
tions de la faillite résultant soit de l'ho- discussion générale, sur la discussion de
mologation du concordat ordinaire qui chaque article, sur la discussion de
rétablit le failli à la tête de ses affaires, chaque amendement, sur les explica-
soit de la liquidation de l'actif, en cas tions de vote. La clôture peut aussi jouer
de concordat par abandon d'actif, soit, automatiquement au bout d'un certain
enfin, de la dissolution de l'union des temps de discussion (guillotine ou guillo-
créanciers, lorsqu'il n'y a pas eu de con tine par compartiments à la Chambre
cordat et que l'actif du failli est le pro des Communes anglaise).
duit réparti entre les créanciers.
de l'union. Dissolution de l'état — d'inventaire. Partie finale Du pro-
d'union (V. ce mot) dans lequel la loi cès-verbal d'inventaire contenant la
place les créanciers du failli lorsque mention de certaines formalités qu'im-
celui ci n'a pu obtenir le concordat. pose la loi, telles que la prestation de ser-
L'union cesse de plein droit après la ment des parties, la remise des effets et
liquidation de l'actif et à la suite d'une papiers, etc.. (C. pr. civ. art. 943 in fine),
réunion des créanciers, délibérant sur — des délais de production à ordre ou
les comptes des syndics et sur l'excusa à contribution. Epoque où cesse, pour
bilité (V. ce mot) du failli. La clôture les créanciers, la faculté de faire valoir
de l'union met fin au dessaisissement leurs droits sur l'actif à répartir par
du failli pour les biens qu'il pourra voie d'ordre (distribution du prix d'un
acquérir et rend aux créanciers leurs immeuble hypothéqué) ou par voie de
droits de poursuite individuelle contre contribution (distribution de prix d'im
le failli, meubles ou de meubles entre créanciers
chirographaires).
— de la session. Décision en vertu de
laquelle le droit de tenir des séances est du procès-verbal d'affirmation à la
retiré, jusqu'à la prochaine session, à —
faillite ou à la liquidation judiciaire.
une assemblée délibérante. Pour les Epoque à laquelle expire pour les créan-
assemblées politiques, dans les régimes ciers du failli ou de l'individu en état
constitutionnels consacrant dans toute de liquidation judiciaire le droit de pro-
sa pureté le système de la permanence, duire à la faillite ou à la liquidation
la clôture est prononcée par une résolu- judiciaire et d'affirmer leurs créances.
119 Coadjuteur

— pour
insuffisance d'actif. Suspen- une infraction de façon directe et prin-
sion des opérations de la faillite pronon- cipale. Se distingue du complice (V. ce
cée par le tribunal de commerce sur le mot).
rapport du juge-commissaire, lorsque le
cours de ces opérations est arrêté par le Code.
manque d'actif pour faire face aux frais Latin juridique codex, proprement « planche ».
qu'elles entraînent. Elle laisse subsister I. Appellation donnée à un ensemble
le dessaisissement du failli et rend aux de dispositions législatives réunies en
créanciers le droit aux poursuites indi- un seul corps et destinées à régir les ma-
viduelles, mais elle les oblige à remettre tières faisant l'objet d'une branche du
les sommes recouvrées aux mains du droit. Ex. : Code civil, Code de com-
syndic qui, après réouverture des opé- merce.
rations, les répartira entre tous les créan- II. Par extension, désigne une loi ou
ciers. un décret assez étendu régissant une ma-
tière déterminée. Ex. : Code de la route,
Cuadjuteur. Code de l'enregistrement, Code des va-
Latin de basse époque coadjutor,composéde adjutor leurs mobilières. En pratique, cette ex-
«
aide » (de adjuvare « aider »). pression est quelquefois employée pour
Evêque adjoint par le Pape à un désigner des recueils privés de textes.
évêque résidentiel que l'âge ou la ma- Ex. : Code administratif, Code des acci
ladie ou les besoins du diocèse empê- dents du travail.
chent de remplir toutes ses fonctions,
et qui est donné soit au. siège, soit à la — civil. Code régissant l'ensemble des
personne de l'évêque, avec droit de suc- matières de Droit civil (1804).
cession ou sans droit de succession
(auquel cas on l'appelle auxiliaire) (Cf — de commerce. Code régissant l'en-
semble des matières de Droit commer-
Codex juris canonici, can. 350). cial, terrestre et maritime (1807).
Coalition. — de justice militaire pour l'armée de
Emprunté de l'anglais coalition (fait sur le latin terre, pour l'armée de mer. Codes ayant
coalescere « s'unir »). pour objet d'assurer, par l'institution de
Délit qui consiste à opérer ou tenter tribunaux spéciaux et de règles de pro-
d'opérer la hausse ou la baisse artifi- cédure spéciales, et aussi d'incrimina-
cielle du prix des denrées ou marchan- tions et de pénalités particulières, la ré-
dises ou des effets publics ou privés pression adéquate des infractions com-
en exerçant ou tentant d'exercer, par mises par les militaires, celles au moins
voie de groupement, une action sur le qui portent atteinte au bon ordre de
marché dans le but de se procurer un l'armée de terre ou de mer, et même,
gain qui ne serait pas le résultat du jeu dans certaines circonstances, en tant
naturel de l'offre et de la demande qu'elles compromettent sa sécurité, de
(C. pén. art. 419, modifié par L. 3 déc. celles commises par des civils.
1926). de procédure civile. Code régissant

l'ensemble des matières de procédure
— de fonctionnaires. Concert de me-
sures contraires aux lois, pratiqué soit civile et commerciale (1807).
par la réunion des individus ou de corps
dépositaires de quelque fraction de — d'Instruction criminelle. Code ayant
l'autorité publique, soit par députation pour objet de fixer les règles de la pro-
cédure pénale (1808).
ou correspondance entre eux, érigé en
délit ou même en crime par les art. 123 — disciplinaire et pénal de la marine
et s. C. pén. marchande. Code contenant les règles
relatives aux infractions, aux juridic-
Coassurances (V. assurances con- tions et aux peines pour les marins et
jointes). la navigation maritime (L. 17 déc. 1926).
— du Travail et de la Prévoyance so-
Coauteur. ciale. Code inachevé, comprenant les
I. (D. civ.). Celui qui participe à un lois réglementant le contrat de travail,
délit ou à un quasi-délit. la réglementation du travail, les asso-
II. (D. pén.). Celui qui participe à ciations professionnelles, les juridictions
Codicille 120

professionnelles, la conciliation et l'ar- Collatéra


.
bitrage. Latin médiéval collateralis (de latus, lateris
« côté »).
— du travail maritime; Code conte- Adjectif ou substantif qualifiant ou dé-
nant les règles relatives à l'engagement signant un parent par rapport aux autres
et au travail des marins (L. 13 déc 1926). membres de la même famille qui, sans
forestier. Code inachevé, composé descendreles uns des autres, descendent
d'un certain nombre de lois relatives à d'un auteur commun. Ex. : frère, soeur,
la conservation et à l'exploitation des oncle, nièce, cousin.
bois et forêts.
Collectif.
Code ayant pour objet de
— pénal.infractions, Latin collectivus (du verbe colligere " réunir »).
définir les les peines et les Ensemble des dispositions comprises
personnes punissables (1810). dans l'un des projets de loi généraux
relatifs à l'ouverture et à l'annulation
— rural. Code inachevé, composé d'un de crédit sur un exercice.
certain nombre de lois relatives à la pro-
priété rurale.
Collège.
Codicille. Latin collegium « groupe de personnes ayant des
fonctions communes » ; le sens d'établissement sco
Latin juridique codicillum, proprement « plan- laire date du moyen âge.
chette », d'où « mémoire, etc. », voir CODE. Etablissement public d'Etat d'ensei-
Acte de dernière volonté, soumis aux gnement secondaire, fondé et entre-
formes du testament, par lequel le dis- tenu par une commune, le plus sou-
posant complète, modifie ou annule un vent avec subvention de l'Etat (L.
testament (C. civ. art. 1036). 15 mars 1850, art. 72 et s.).
Codification. — électoral. Ensemble des électeurs
Dérivé de code. d'une circonscription électorale, consi-
I. Elaboration d'un ensemble de dis- déré plus spécialement en vue d'une
positions législatives régissant les ma- élection déterminée. La convocation
tières faisant l'objet d'une branche du officielle, du collège électoral est le point
droit. de départ de la période électorale.
II. Réunion par juxtaposition dans
un seul texte des diverses lois se rap- Collocation.
portant à une matière déterminée. Dans Latin collocatio, dérivé de collocare « placer ».
ce deuxième sens, la codification peut Opération judiciaire consistant à dé-
contenir abrogation des lois antérieures terminer le rang et l'importance des
(Code du travail) ou les maintenir en droits d'un créancier en concours avec
vigueur (Code de l'enregistrement, Code d'autres, dans la répartition des biens-
rural). saisis sur un débiteur commun. Ex. : col-
loquer un créancier hypothécaire au
Coéchangiste. Celui qui participe à un rang de son inscription dans la distribu-
acte d'échange. Syn. : copermutant. tion du prix d'un immeuble par voie
d'ordre (V. ce mot) ; colloquer un cré-
Cohéritier. Celui qui est appelé à une ancier par privilège ou au marc le
succession en concours avec d'autres franc dans la distribution d'un capital
héritiers. mobilier par voie de contribution (V. ce
mot). Le terme est également employé
Colis postal.
dans la répartition des biens du failli.
Emprunté de l'italien colli, pluriel de collo « cou »,
qui a pris le sens de « charge sur le cou » par une — (bordereau de) (V. bordereau de col-
location).
figure de style hardie.
Colis d'un poids maximum déterminé,
transporté sous un régime spécial, moyen- — (état de). Procès-verbal dressé par
le juge commis pour la distribution ou
nant un prix payé d'avance, variable le syndic de la faillite et contenant :
suivant le poids, et dont la perte ou I° la somme à distribuer ; 2° les noms
l'avarie ne donne lieu qu'à une indem- et adresse des créanciers colloques ;
nité forfaitaire (L. 17 juill. 1897,; Décr. 3° le montant de leur créance ; 4° le
5 sept. 1897). rang attribué à chacun d'eux.
121 Collusion

Collusion. sexe masculin condamnés à un empri-


Latin jnridique collusio, dérivé du verbe colludere sonnement de plus de six mois et qui
s'entendre avec un autre au préjudice d'un tiers ». n'excède pas deux ans (L. 5 août 1850,
«
Entente secrète entre deux ou plu- art. 4) et certains mineurs du même
sieurs personnes pour nuire à un tiers. sexe acquittés comme ayant agi sans
discernement (C. pén. art. 66).
Colonage S'emploie dans les expres- II. Possession française d'outre mer
sions suivantes : destinée à recevoir les condamnés aux
bail à —) peines dites coloniales (déportation,trans-
— partiaire (V. portation, rélégation). Ex. : Décr. 18
perpétuel (V. bail à ) sept. 1925 relatif au régime discipli-

naire des établissements de travaux
Colonie. forcés aux colonies, art. Ier : « Les con-
Latin colonia. damnés aux travaux forcés qui su-
Territoire placé dans la dépendance bissent leur peine dans les colonies
politique d'une métropole, qui a assumé pénitentiaires sont divisés en trois
la tâche de le mettre en valeur et d'en classes... »
civiliser les habitants. On distingue :
I° les colonies d'exploitation, situées dans Colonne (réunion de).
les régions tropicales, où les hommes de I. Subdivision de l'ensemble des avo-
race blanche, qui s'acclimatent difficile- cats inscrits au tableau d'un barreau
ment et qui ne peuvent que passer, cons- comprenant plus de vingt membres.
tituent une minorité infime noyée au Elle examine les questions profession-
milieu de la population indigène qui four- nelles qui lui sont soumises, soit par le
nit la main-d'oeuvre (Ex. : Java, Indo- Conseil de l'ordre, soit par un de ses
chine française) ; 2° les colonies de plan- membres, et émet des voeux qui sont
tation, situées dans les mêmes régions soumis à la délibération du Conseil
que les précédentes,mais dans lesquelles, (Décr. 20 juin 1920, art. 20 et 21). Sui-
à défaut de population indigène, la né- vant le nombre des avocats inscrits, le
cessité s'est imposée de faire appel à nombre des colonnes varie de 2 à 20.
des travailleurs de couleur venue du de II. Subdivision de l'ensemble des avo-
hors pour mettre le sol en valeur
(Ex. : Antilles, Iles Mascareignes) ; cats admis au stage d'un barreau, pré-
sidée par le bâtonnier ou un membre
3° les colonies de peuplement situées du Conseil de l'Ordre, qui dirige son
dans les régions tempérées où les fa- instruction professionnelle (Décr. 20 juin
milles de race blanche sont susceptibles
de s'acclimater et de se perpétuer 1920, art. 25 et 26).
et peuvent mettre le pays en valeur Colportage.
sans le concours d'une population indi Dérivé du verbe colporter, altération, d'après col
gène (Ex. : Canada, Australie) ; 4° les « cou », de comporter « porter », latin comportare.
colonies de commerce, d'une superficie Action de transporter de place en
restreinte, établies sur les côtes d'un place des objets pour les vendre.
continent en vue d'entrer en relations
d'affaires avec les habitants du pays et — accidentel. Colportage qui n'a pas
de faire du commerce. (Ex. : Hong- un caractère professionnel (L. 29 juill.
1881, art. 20).
Kong). Il y a aussi des colonies mixtes
à la fois de peuplement et d'exploita- Comandant. Personne qui, en concours
tion (Ex. : l'Algérie) et d'autres qui
évoluent (colonies de commerce qui se avec une autre, donne un mandat
(V. ce mot).
transforment en colonies d'exploitations
(Ex. : Le Sénégal). Comité.
— pénitentiaire. Emprunté de d'anglais committee (de
confier », latin committere).
to commit
I. Etablissement spécial, public ou «
S'emploie dans les expressions sui-
privé, de caractère le plus souvent" agri-
cole (d'où son nom de colonie), aujour- vantes .
d'hui officiellement désigné sous le consultatif de l'enseignementpublic.
nom de maison d'éducation surveillée, Comité placé auprès du Ministre de l'Ins-
destiné à recevoir à la fois les mineurs du truction publique, composé d'inspec-
Command 122

teurs généraux et de hauts fonctionnaires Commandement.


de l'enseignement, appelé à donner son Dérivé de commander, latin populaire*commandare,
avis sur les questions générales ou indi- latin classique commendare.
viduelles qui lui sont posées par le I. (Pr.). Acte d'huissier précédant la
Ministre et à classer le personnel (en- saisie et mettant le débiteur en demeure
seignement supérieur et secondaire) en d'exécuter les obligations résultant du
titre authentique en vertu duquel le
vue des promotions. Il est divisé en commandement a été signifié (C. civ.
trois sections correspondant aux trois
ordres d'enseignement et dont les attri art. 1132 ; C. pr. civ. art. 593, 636).
butions ne sont d'ailleurs pas totalement II. (D. const.). A. Prérogative qui
identiques (Décr. II mai 1880). consiste à mettre les troupes en mouve-
ment et à diriger les opérations militaires.
— de direction des chemins de fer. Le droit de disposition de la force armée,
Organe particulier de coordination, su- conféré au Président de la République
bordonné au Conseil général des chemins par l'art. 3 de la loi constitutionnelle
de fer, composé des directeurs et de du 25 fév. 1875, implique, en droit, le
représentants de l'Administration des commandement de cette force armée.
grands réseaux, délibérant sur toutes les B. Par opposition au gouvernement et
questions qui intéressent l'ensemble de au pouvoir civil, autorité militaire à
ces réseaux (tarifs, règlements tech- laquelle est conférée cette prérogative.
niques d'exploitation, statut, du per- Ex. : les rapports du commandement
sonnel, etc..) (Conv. 29 oct. 1921 et du gouvernement.
entre l'Etat et les grands réseaux).
Commanditaire. Associé d'une société
de patronage des habitations à bon

marché. Dans le cadre du département, en commandite qui n'est tenu des dettes
de la société qu'à concurrence de son
organe composé de membres élus par apport à cette société. Dans la société
le Conseil général et de membres nommés
en commandite par actions, les comman-
par le ministre de la Santé publique, ditaires, dont les droits d'associés sont
ayant pour mission d'encourager toutes représentés par des actions, sont plus
les manifestations de la prévoyance fréquemment désignés sous le nom d'ac-
sociale et notamment la construction tionnaires.
d'habitations à bon marché et de déli-
vrer dans leur ressort, les certificats de Commandite.
salubrité (V. ce mot). Probablement emprunté de l'italien accommandita
technique et commercial des che- « dépôt, garde » (qui remonte à l'ancien français
commandise « dépôt », voir COMMANDER).
mins de fer. Comité institué tant auprès I. Synonyme de société en comman
du Ministre des Travaux publics qu'au- dite (V. ce mot).
près du Conseil supérieur des chemins II. Fraction du capital d'une société
de fer, composé de membres de droit en commandite, qui a été apportée par
et de membres nommés par le Mi- les associés commanditaires.
nistre, comptant une section technique
et une section commerciale, appelé Commandité.
I° à effectuer, sur la demande de Mi- Voir COMMANDITAIRE.
nistre ou du Président du Conseil supé- Associé d'une société en commandite
rieur, l'étude préparatoire de toutes les qui est tenu solidairement et indéfini-
questions rentrant dans les attributions ment sur tous ses biens des dettes de
de ce Conseil ; 2° à émettre, sur la de- la société.
mande du Ministre, des avis sur toutes
les questions ne rentrant pas dans la Commencement de preuve par écrit.
compétence du Conseil supérieur, qu'il Acte écrit émané de celui contre lequel
s'agisse des chemins de fer d'intérêt est formée une demande en justice ou
général ou d'intérêt local (Décr. 14 nov. de celui qu'il représente et qui rend
1924). vraisemblable le fait allégué (C. civ.
art. 323, 340, alin. 2, 341, 1347). Tou-
Command. tefois, en matière de recherche de filia-
Voir le suivant tion maternelle, l'écrit qui sert de com-
(V. déclaration de). mencement de preuve peut émaner de
123 Commencement d'exécution

toute personne engagée dans la contes- tique, V. ce mot) en une dette d'Etat à
tation (C. civ. art. 324). particulier (correspondant à la notion de
dette commerciale, V. ce mot). Ex. : une
Commencement d'exécution. clause de commercialisation figure dans
I. (D. pén.). Acte indiquant, de la tous les accords conclus par les Etats-Unis
part de celui qui a projeté une infrac- d'Amérique pour la liquidation des dettes
tion, qu'il est en action pour la commettre de guerre.
et caractérisant, aux yeux de la loi, Commettant.
la tentative punissable (C. pén. art. 2).
II. (Pr. civ.). Première mesure d'exé- Participe présent, pris substantivement de com-
mettre au sens ancien de « confier », latin committere.
cution sur les biens qui doit intervenir Celui qui charge une personne d'exé-
dans les trente jours suivant le pro- cuter certains actes pour son compte
noncé du jugement de séparation de et sous sa direction. C. civ. art. 1384 :
biens. Ex. : paiement des frais par le « ...Les commettants sont responsables
mari, ouverture des opérations de liqui- du dommage causé par leurs préposés
dation ; (C. civ. art. 1444. L. 14 juillet dans les fonctions auxquelles ils les ont
1929). employés. »

Commerçant. Comminatoire.
Voir le suivant. Latin médiéval comminatorius, dérivé de commi-
Celui qui accomplit des actes de com- nari « menacer ».
merce et en fait sa profession habi-
Qualité d'une sanction qui n'a que la
tuelle (C. com. art. Ier). valeur d'une menace et qui, suivant les
circonstances, sera ou ne sera pas mise
Commerce. à exécution. Ex. : C. pr. civ. art. 1029 :
Latin commercium (de merx, mercis « Aucune des nullités, amendes et
dé-
marchan-
dise »).
«
chéances prononcées dans le présent
I. (V. acte de commerce). Code n'est comminatoire. « (V. astreinte
II. (V. choses hors du commerce). et clause compromissoire).
(V. aussi chambre, livre, ministère,
registre, tribunal). Commis.
Participe passé, pris substantivement, de com-
— international. Fait pour un Etat mettre, voir COMMETTANT.
d'entrer par lui-même ou par ses na- I. Toute personne qui a reçu les pou-
tionaux en relations de tout ordre voirs ou les ordres d'un commettant.
(économiques, politiques, intellectuelles) Plus spécialement, l'employé d'un com-
avec d'autres Etats ou leurs ressortis- merçant (C. com. art. 549, 634).
sants. Le commerce international est II.(D. adm.). Terme générique dési-
aujourd'hui considéré comme un droit gnant, par opposition aux chefs, les
pour les Etats ; il découle du fait de la agents subalternes d'une administra-
solidarité interétatique. Le droit au tion.
commerce international trouve sa limi-
tation dans le principe supérieur du droit — greffier. Commis assermenté, nommé
à l'existence : il pourra être mis en par le greffier et agréé par le tribunal
auquel il est attaché pour suppléer le
échec pour des raisons politiques, éco- greffier aux audiences et auprès des
nomiques et de police (tranquillité, sécu- juges d'instruction (L. 16-24 a°ût 1790,
rité, salubrité). liv. 9, art. 2, 21 ventôse an VII et 30
août 1883).
Commercialisation.
Voir le précédent. — Voyageur (V. voyageur de com-
Opération pratiquée en matière d'obli- merce).
gations financières internationales, qui
permet à un Etat créancier, s'il y est Commissaire.
autorisé, de transformer sa créance en- Latin médiéval commissarius, dérivé de committere,
d'après le participe passé commissus, voir le précé-
vers un Etat en titres négociables sous- dent.
crits par le public. La commercialisation Fonctionnaire ou simple particulier
entraîne une substitution de créancier et chargé de fonctions, temporaires ou per-
transforme une dette d'Etat à Etat manentes, d'ordre juridique, judiciaire
(correspondant à la notion de dette poli- ou administratif. Le terme désigne
Commissaire 124

aussi le membre d'une commission par- ordre et de la paix publique. Comme


lementaire. magistrat de l'ordre judiciaire, il est
d'une part, officier de police judiciaire
— aux délégations judiciaires. Com- auxiliaire du Procureur de la République
missaire de police spécialement chargé,
dans les grandes villes, d'exécuter les (C. I. cr. art. 9 et 48) et, d'autre part,
commissions rogatoires (V. ce mot) officier du Ministère public près le tri-
délivrées par les officiers de police judi- bunal de simple police et près le juge de
ciaire, principaux ou auxiliaires, du Pro- paix jugeant correctionnellement (C. I.
cureur de la République et par les juges cr. art. 114), enfin officier de police
d'instruction : enquêtes officieuses avant judiciaire avec des pouvoirs propres en
ouverture d'instruction ; perquisitions matière de contravention de délits
sur ordre du juge d'instruction. ruraux et de certains délits spéciaux
(C. I. cr. art. II).
central. Commissaire de police sous
l'autorité duquel se trouvent placés les — des comptes (ou aux comptes). Agent
autres commissaires dans les communes de contrôle, appelé aussi commissaire de
où il en existe plusieurs. surveillance, nommé dans toute société
anonyme par l'assemblée générale, parmi
de la Marine. les associés ou en dehors d'eux, et chargé
I. (—nationale). Officier appartenant de vérifier les comptes des administra-
au corps du Commissariat de la Marine, teurs et de présenter dans un rapport
corps d'administration militaire qui di- détaillé les résultats de leur vérification
rige, à terre, les services d'intendance de à l'assemblée générale annuelle (L. 24
la Marine (ravitaillement de la flotte juill. 1867, art. 25, 32 et s.V
en matériel naval, vivres, habillement) Ce terme désigne aussi les experts
et assure, à la mer, le service adminis- comptables chargés dans les sociétés ou
tratif des forces navales et des bâti associations importantes, quel qu'en soit
ments de la flotte (L. 27 nov. 1918, le type juridique, de la centralisation ou
art. Ier). Il remplit éventuellement à de la revision générale des comptes so-
bord les fonctions d'officier de l'état ciaux.
civil. de surveillance.
II. ( marchande). Officier de la I. (V. — des comptes).
marine marchande chargé de s'occuper II. (ou haut-commissaire). Agent dé-
de l'administration intérieure du navire signé par un gouvernement pour sur
(nourriture, logement) sur les paquebots veiller les opérations d'une banque à
transportant des passagers. laquelle ce gouvernement a accordé
— de police. Officier de police judi un privilège (Banque d'Etat du Maroc,
ciaire et organe de la police administra- Banque de l'Indochine, etc.).
tive, rétribué par la commune mais
ayant le caractère mixte d'agent de — de surveillance administrative des
chemins de fer. Agent dépendant du
l'Etat, placé sous l'autorité du préfet Ministre des Travaux publics et ayant
pour ce qui concerne la police générale, pour mission de relever les infractions
et d'agent de la commune placé sous relatives à l'exploitation des chemins de
l'autorité du maire pour ce qui concerne fer.
la police municipale. Il existe, en outre du gouvernement. Technicien, en
des commissaires de police spéciaux ,
général fonctionnaire nommé par décret
rétribués par l'Etat pour les chemins de du Président de la République, pour
ter, les postes frontières et certaines assister un ministre dans la discussion
communes où leur présence est justifiée d'un projet de loi déterminé devant les
par des raisons spéciales (V, aussi Chambres (L. const. 16 juill. 1875,
commissaire central).
Magistrat de l'ordre administratif et art. 6, § 2).
de l'ordre judiciaire. Comme magistrat enquêteur. Agent chargé de diriger
de l'ordre administratif, il est chargé une enquête de commodo et incommoda
de surveiller et d'assurer l'application (V. ce mot) et d'en consigner les résul-
des lois et des règlements, particulière- tats, avec son appréciation personnelle,
ment en ce qui concerne la police muni dans un procès-verbal.
cipale, et de veiller au maintien du bon priseur. Officier ministériel chargé
125 Commission

de procéder à l'estimation et à la vente Ex. : faire la commission, agent de


aux enchères publiques, amiable ou commission.
forcée, des meubles et effets mobiliers II. (D. const. et adm.). A. Dans le
(L. 27 ventôse, an IX, 28 avr. 1816, fonctionnement des assemblées déli-
8 juin 1843). Sauf à Paris, les fonctions bérantes, organe de préparation ou de
de commissaire-priseur peuvent se cu- contrôle composé d'un certain nombre de
muler avec celles de greffier de justice membres de l'assemblée et chargé soit
de paix ou de tribunal de simple police d'étudier une question ou un ordre de
ou d'huissier (Ord. 26 juin 1816, art. 11). questions déterminés en vue d'éclairer
Elles sont accessibles aux femmes depuis l'assemblée qui, sur rapport, prendra la
la loi du 20 avril 1924. décision, soit de suivre l'exécution d'une
mesure préalablement décidéepar l'assem-
— (Haut). blée. Toutes les assemblées délibérantes
I. (D. const.). Dans certaines combi- peuvent désigner, en observant les
naisons ministérielles, membre du gou- règles tracées par la loi ou par leur règle-
vernement choisi parmi les parlemen- ment intérieur, des commissions d'études
taires, venant, dans la hiérarchie, après
les ministres et les sous secrétaires d'Etat, et de contrôle. Ex. : commissions parle-
mentaires, commission départementale,
et chargé de la direction politique d'un V. infra).
grand département administratif (ravi- B. Appellation générique donnée à
taillement, tourisme, éducation phy- certains organes collégiaux, composés
sique, etc..) qu'on veut soustraire à d'un nombre restreint de membres,
l'action directe de la bureaucratie. collaborant soit régulièrement, soit tem-
II. (D. int. pub.). Haut fonctionnaire porairement, soit accidentellement à la
chargé de représenter un Etat auprès fonction administrative ou juridiction
d'un Etat protégé (Haut-Commissaire nelle. Le terme de commission implique,
britannique en Egypte, jusqu'en 1922) dans la plupart des cas, la désignation
ou d'un territoire sous mandat (Haut- de tout ou partie des membres par des
Commissaire français en Syrie) ou bien
corps ou assemblées plus vastes dont les
encore la S. D. N. sur un territoire commissions restent ainsi des émana-
internationalisé (Haut-Commissaire de tions, bien qu'elles en soient juridique-
Dantzig). ment séparées. Ex. : commission des
bénéfices de guerre, commissions de
Commission. revision des listes électorales, V. infra).
Latin commissio, « action d'unir, concours » ; pris C. (D. mil.). Décision individuelle en
pour servir de nom abstrait à commettre au sens de
« préposer ; confier », voir, COMMIS, COMMETTANT
vertu de laquelle un homme de troupe
I. (D. com.). A. Forme commerciale (sous-officier, caporal, brigadier ou sol-
du mandat. Opération juridique par dat), ayant achevé son temps de service
laquelle une personne, appelée commis- légal ou son engagement, est maintenu
sionnaire, doit effectuer une ou plusieurs au service, sur sa demande, sans durée
opérations commerciales pour le compte préfixe et avec le bénéfice de certains
d'une autre personne désignée sous le avantages pécuniaires (haute paye jour-
nom de commettant. Ex. : contrat de nalière ou solde spéciale mensuelle, droit
commission, maison de commission. Le à pension de retraite proportionnelle ou
commissionnaire agit ordinairement en d'ancienneté.)
son propre nom pour le compte du III. (D. int. pub.). Tout groupe de
commettant et se distingue ainsi du personnes désignées, de manière perma-
mandataire, qui agit au nom du man- nente ou temporaire, par un corps plus
dant ; mais il peut également agir au nombreux, en vertu d'une délibération
nom du commettant (C. com. art. 94). spontanée ou en exécution d'accords
B. Montant de la rémunération du préexistants entre Etats, dans le but de
commissionnaire pour l'exécution du conseiller, d'enquêter, de préparer des
contrat de commission ; par extension, projets, de contrôler l'exécution de
toute rémunération due à un manda- certains engagements entre personnes du
taire pour l'accomplissement de son droit des gens, de concilier ou même
mandat. d'assurer le fonctionnement régulier
C. Profession de celui qui fait des opé- d'organismes interétatiquesdans un but
rations de commission à titre habituel. diplomatique, juridique, économique,
Commission 126

financier, militaire ou technique. Ex. : commerciaux et de l'impôt cédulaire sur


commissions de l'assemblée de la S. D. N, les bénéfices des professions non commer-
commission permanente des mandats ; ciales (décr. codif. 15 oct. 1926, art. 12,
commission permanente consultative 59 et 60).
pour les questions militaires, navales et — d'enquête parlementaire (V. com-
aériennes ; commission de coopération mission parlementaire).
intellectuelle ; commissions de naviga-
tion ; commission permanente des dé- — départementale. Corps délibérant
troits. composé de conseillers généraux élus
IV. (D. fisc). Organe de taxation par le Conseil général, chargé, dans l'in-
chargé d'assurer l'assiette et la liquida- tervalle des sessions de ce conseil, de
tion de certains impôts et dont les contrôler l'action préfectorale, de sur-
décisions sont soumises au contrôle juri- veiller l'exécution des décisions arrê-
dictionnel de certaines commissions supé- tées par le conseil général et même de
rieures (V. commission supérieure de prendre, dans les conditions détermi-
classement, commission supérieure des nées par la loi, certaines délibérations
bénéfices de guerre). exécutoires. La Commission départe-
mentale apparaît, de ce chef, comme un
— administrative des établissements de important organe de décentralisation,
bienfaisance (hospices, hôpitaux, bureaux établi par la loi du 10 août 1871.
de bienfaisance, bureaux d'assistance).
Commission composée en principe de — départementale de la natalité. Dans
sept membres (le maire, deux membres chaque département, commission chargée
élus par le conseil municipal, quatre d'examiner toutes les mesures suscep-
membres nommés par le préfet), chargés, tibles de combattre la dépopulation,
d'accroître la natalité, de développer
sous le contrôle de tutelle administra- la puériculture et de protéger et honorer
tive, de diriger et de surveiller les ser-
vices intérieurs et extérieurs des éta- les familles nombreuses (Décr. 27 janv.
blissements de bienfaisance et de gérer 1920).
leur patrimoine. — départementales des bénéfices de
guerre (V. commission des bénéfices de
— arbitrale. Juridiction composée d'un guerre).
magistrat président et d'assesseurs
choisis en dehors de la magistrature et — de revision des listes électorales.
représentant les catégories de personnes Commission chargée de la mise à jour
intéressées, en vue de régler par voie de annuelle de la liste électorale dans chaque
conciliation, si possible, et, au besoin, commune ou section de commune (à
par une décision contentieuse des con- Paris, dans chaque quartier). On dis-
flits d'un genre déterminé Ex. : les tingue : I° la commission administrative
diverses commissions instituées par la de revision, organe administratif de trois
législation spéciale sur les loyers (L. 9 membres, dans chaque commune, sec-
mars 1918,31 mars 1922). tion de commune, ou quartier, pour
Paris, qui effectue, au début de l'année,
— cantonale (V. commissions des dom- les radiations et additions impliquées par
mages de guerre). l'opération de revision ; 2° la commission
— coloniale. Nom donné, dans les municipale de revision, constituée par
colonies où il existe un conseil général la commission administrative renforcée
ou un conseil colonial, à une commission de deux délégués du Conseil municipal
prise dans le sein de cette assemblée et (à Paris, de deux électeurs domiciliés
désignée par elle, qui joue, dans l'in- dans le quartier), organe juridictionneldu
tervalle des sessions un rôle analogue à premier degré, dans le contentieux élec-
celui de la Commission départementale toral des inscriptions et radiations,
dans un département de la métropole. appelé à statuer sur les réclamations
consultative (D. fisc). Commission individuelles provoquées par le travail
composée de contribuables, pouvant in- de revision de la Commission adminis-
tervenir pour résoudre les difficultés de trative.
fait et d'appréciation entre un contri- des bénéfices de guerre. On dis-
buable et le fisc dans l'assiecte de l'impôt —
tingue : I° la commission départemen-
cédulaire sur les bénéfices industriels et tale des bénéfices de guerre : dans chaque
127 Commission
département, organe administratif com- des mises en accusation dans la pour
posé des directeurs ou d'agents supé- suite des attentats à la sûreté de l'Etat
rieurs des administrations financières du devant le Sénat constitué en Cour de
département et ayant pour mission de justice ; 2° de fournir un supplément
fixer les bases de la contribution de d'information à la Cour de justice, si
chaque redevable en matière de béné- elle le juge nécessaire, dans la pour-
fices de guerre ; 2° la commission supé- suite des ministres devant la même
rieure des bénéfices de guerre : organe Cour, pour crimes.
juridictionnel siégeant au Ministère des
Finances, composé de conseillers d'Etat, — médicale d'experts. Commission
de conseillers à la Cour des Comptes, de composée de trois médecins militaires
hauts fonctionnaires financiers et de re- fonctionnant avant la séance publique
présentants des Chambres de commerce du Conseil de revision et chargée de
chargé de trancher, sous le contrôle préparer la tâche de ce Conseil en exa-
de légalité du Conseil d'Etat, les litiges minant les jeunes gens qui ont à invo-
pouvant s'élever entre les commissions quer des causes physiques d'exemption
départementales et les contribuables au et en donnant son avis sur l'aptitude de
sujet de la fixation des bases de la con- chaque conscrit aux diverses armes ou
tribution des bénéfices de guerre services.
(L. Ier juill. 1916). parlementaires (au Sénat et à la

Chambre des députés). Elles se subdi-
— des dommages de guerre. On dis-
tingue : I° la commission cantonale : visent en : I° commissions spéciales, cons
dans chaque canton intéressé, organe tituées pour un objet particulier et dont
composé de cinq membres idoines, la mission expire avec le dépôt de leur
chargé de constater et évaluer les rapport. Elles comprennent : (I) les com-
dommages de guerre, de concilier l'Etat missions ayant pour objet l'étude d'un
et les sinistrés, de constater, s'il y a lieu, projet ou d'une proposition de loi ou
leur accord et, dans le cas de non-con- de résolution particulière ; (2) les
ciliation, de dresser procès-verbal des commissions ayant mission d'enquêter
demandes et dires des parties (L. 17 avr. sur des faits déterminés en vue de
1919) ; 2° la commission supérieure des renseigner l'assemblée (enquêtes légis-
dommages de guerre : organe juridic- latives et économiques, enquêtes poli-
tionnel souverain créé par la loi du tiques, enquêtes électorales). Les com-
31 mai 1921, pour décongestionner le missions d'enquête parlementaires peu-
Conseil d'Etat statuant au contentieux. vent être investies de pouvoirs judi-
ciaires par l'assemblée qui les a nommées
— d'études relatives au coût de la vie. (L. 23 mars 1914) ; 2° commissions à
On distingue : I° une commission inter- mandat général, ayant pour mission
ministérielle au Ministère du Travail,
chargée de suivre les variations des normale de recevoir, sur décision de
l'assemblée, les projets et propositions
cours, de constater périodiquement leur
répercussion sur les éléments essentiels se rattachant à un ordre de matières
du coût de la vie, de rechercher les causes défini. Elles comprennent : (I) les grandes
des variations qu'elle aura relevées et commissions permanentes, qui sont ins-
de proposer les mesures que ces consta- tituées par le règlement intérieur de
tations lui paraîtront appeler ; 2° des chaque chambre (20 à la Chambre des
Commissions régionales, créées par arrêté Députés, 12 au Sénat) ; (2) d'autres
du Ministre du Travail, chargée de commissions que chaque législature ins-
recueillir et de transmettre à la Commis- titue à son gré (commission de comp-
sion centrale tous éléments d'informa- tabilité, commission du suffrage uni-
tion utiles sur les variations des cours versel, etc.).
et de dégager le coefficient du coût de la — rogatoire (Pr. civ. et crim.).
vie dans la circonscription qui leur est Dérivé du verbe latin rogare, d'après rogatum, « de-
assignée. mander », sur le modèle de nombreux adjectifs juri-
dique en — oire.
— d'instruction devant la Cour de jus- Mandat donné par une juridiction sai-
tice. Commission composée de sénateurs sie d'un litige civil ou d'une instruc-
et chargée : I° de jouer tout à la fois le tion criminelle à un autre tribunal ou
rôle de juge d'instruction et de chambre à un magistrat d'une autre juridiction
Commission 128

ou, en matière criminelle seulement, à dans la circonscription des communes


un officier de police judiciaire, à l'effet ou le transfert de chefs-lieux (art. 4) ;
de procéder en ses lieu et place à un 3° la commission syndicale élue pour
ou plusieurs actes d'instruction spécifiés délibérer sur l'acceptation des dons et
par le mandant. legs faits à un quartier ou hameau qui
— sanitaire. Organe consultatif créé n'est pas encore à l'état de section ayant
dans chaque circonscription sanitaire la personnalité civile (art. III) ; 4° la
(subdivision du département), composé commission syndicale de gestion des
de conseillers généraux élus par le biens privés indivis entre plusieurs
Conseil général et de membres nommés communes (art. 161).
par le préfet, appelé à donner son avis Commissionnaire.
sur toutes les questions intéressant la Voir COMMISSION.
santé publique. I. Celui qui fait une opération com-
— supérieure de classement. (D. fisc.) merciale pour le compte d'autrui en
Juridiction administrative compétente vertu d'un mandat.
en matière de taxe sur le chiffre d'affaires II. Celui dont la profession est de
pour juger les recours contentieux formés faire des opérations de commission.
par les contribuables contre les décisions — du croire (V. du croire).
de classement des commissions départe-
mentales, rangeant un établissement dans Commissionné.
une catégorie en vue de l'application de Voir le précédent.
la taxe de luxe. Ses décisions peuvent Homme de troupe, maintenu au ser-
donner lieu à un recours en cassation vice en vertu d'une commission (V.
devant le Conseil d'Etat. ce mot, II c).
— supérieure des bénéfices de guerre. Commodant.
(V. commission des bénéfices de guerre).
Fait sur le suivant.
— supérieure des dommages de guerre. Nom donné au prêteur dans le con-
(V. commission des dommages de guerre). trat de prêt à usage ou commodat.
supérieure des loyers. Juridiction
—cassation,
de tempor airement instituée Commodat.
près la Cour de cassation par la loi du Latin juridique commodatum « prêt » ; dérivé du
verbe commodare « prêter » (de commodus « approprié
14 déc. 1920, en vue de statuer sur les convenable, etc. »).
pourvois formés : I° contre les déci- Ancienne dénomination, conservée par
sions des commissions arbitrales des le Code civil, du prêt à usage (V. ce
lois du 17 août 1917 sur la résiliation mot).
des baux ruraux par suite de la guerre,
du 9 mars 1918, modifiant le régime Commodataire. Nom donné à l'em-
des baux à loyer en raison de l'état de prunteur dans le contrat de prêt à usage
guerre, et du 23 oct. 1919, réglant les ou commodat.
baux d'immeubles atteints par faits de
guerre ou situés en régions envahies ; Commorientes (ou comourants).
2° contre les décisions des juges de paix Mot latin, utilisé à date récente par la langue du
ou des tribunaux en matière de loyers droit.
Personnes appelées réciproquement à se
(L. 31 mars 1922 et 31 mars 1926).
succéder les unes les autres et trouvant
— syndicale. Organe administratif la mort dans un même accident. Comme
composé de syndics élus pour prendre la dévolution de leur succession dépend
soin de certains intérêts afférents à une de la question de savoir laquelle a sur-
ou plusieurs collectivités déterminées. vécu et a ainsi hérité des autres, les
La loi municipale du 5 avr. 1884 prévoit : art. 721 et 722 C. civ. établissent à ce
I° la commission syndicale élue pour sujet des présomptions, tirées de l'âge
soutenir un procès au nom d'une sec- et du sexe, et qui ne valent qu'à défaut
tion de commune contre la commune d'autres indices.
ou une autre section de la même com-
mune (art. 128 et 129) ; 2° la commission Communauté.
syndicale élue pour émettre un avis au Dérivé de l'adjectif commun, latin communis.
cas de certains changements à apporter I. Expression qui, employée seule ou,
129 Communauté entre époux

comme il arrive très souvent, suivie et les immeubles acquis pendant le


de l'adjectif « religieuse », était syno- mariage (C. civ. art. 1401). Passivement,
nyme de congrégation religieuse. Elle n'a toutes les dettes mobilières présentes et
plus de sens précis en Droit public futures des époux.
français. Le législateur et les tribunaux — universelle. Régime de communauté
se servent des termes : association reli- conventionnel dans lequel tous les biens,
gieuse, congrégation, établissement de tant meubles qu'immeubles, présents et
congrégation (V. ces mots). futurs, des époux, ou leurs biens présents
II. Mot employé, dans certaines ré- seulement ou leurs biens à venir seule-
gions pour désigner l'ensemble des co- ment font partie de la masse commune
propriétaires d'une maison divisée par
étages, relativement aux parties de et où toutes les dettes sont communes
(C. civ. art. 1546).
cette maison qui leur sont communes.
— d'habitants. Groupe d'habitants Communaux (V. Biens).
d'une commune possédant, à l'exclusion
de leurs autres concitoyens, certains Commune.
droits dont ils jouissent ut universi Latin populaire *communia, pluriel neutre de com-
munis, voir COMMUNAUTÉ, pris comme nom féminin
soit en raison des immeubles qu'ils
possèdent dans la commune, soit en au sens de « groupe de gens avant une vie commune ».
Dernière subdivision administrative
raison des familles dont ils sont issus. du territoire, ayant un double caractère :
La communauté d'habitants peut pos- I° simple circonscription territoriale
séder des biens (section de commune) pour la gestion de certains services gé-
ou seulement des droits d'usage, le plus néraux et pour la détermination de la
souvent forestiers, qui ne peuvent être compétence d'agents administratifs agis-
exercés que collectivement. sant au nom de l'Etat ; 2° centre pour
la gestion d'intérêts et de services publics
Communauté entre époux. locaux, doté de la personnalité morale
I. Régime matrimonial dans lequel et soumis au régime de la décentralisa-
tout ou partie des biens des époux tion administrative (L. 5 av. 1884).
forment une masse commune placée
sous l'administration du mari et qui Commune renommée (preuve par).
doit en principe se partager à la dissolu- Variété de la preuve testimoniale dans
tion du mariage. laquelle les témoins déposent, non sur
II. Biens composant la masse com- des faits qu'ils ont pu constater, mais
mune sous les régimes de communauté. sur des « on-dit », exprimant ainsi l'opi-
nion des voisins ou du milieu sur le fait
— conventionnelle. Régime matrimo- qu'il s'agit d'établir. Cette preuve excep-
nial dans lequel les règles légales du tionnelle n'est admise par la loi qu'au
régime de communauté sont modifiées profit de la femme commune pour éta
par le contrat de mariage des parties. blir la consistance de certains biens
— d'acquêts. Régime de communauté dont le mari aurait dû faire inventaire
conventionnel dont l'actif comprend (C. civ. art. 1415, 1442 et 1504).
seulement les acquisitions faites ensemble
ou séparément pendant le mariage pro- Communication.
venant tant de l'industrie commune que Latin communicatio, dérivé de communicare
des économies faites sur les fruits et mettre en commun » (de communis, voir les précé
dents.
revenus des biens des deux époux, et S'emploie dans les expressions sui-
le passif, les dépenses du ménage et vantes :
les dettes nées pendant la communauté
du chef du mari ou contractées par la au Ministère public. Formalité
femme avec son autorisation. imposée, dans certaines affaires civiles,
aux avoués, soit d'office, soit sur réqui-
— légale. Régime de communauté sition du Ministère public ou sur ordre
établi par la loi pour les époux qui ne du tribunal, et qui consiste à communi-
font pas de contrat de mariage. Elle quer les dossiers de la cause au membre
comprend activement tous les biens de du Parquet qui tient l'audience, afin
nature mobilière présents et futurs des qu'il prenne des conclusions. Elle a lieu
époux, les revenus de leurs biens propres d'office dans les affaires concernant
9
Communiste 130

l'ordre public, l'Etat, les communes, les cialisées dans certaines opérations, telles
établissements publics, l'état des per- que les Compagnies de navigation, d'as-
sonnes, les mineurs, les absents (C. pr. surance, etc.
civ. art. 83). Et Compagnie (ou et Cle). Désigna
— de pièces (exception de). Moyen de tion que des commerçants ajoutent à
procédure consistant, pour un défen- leur nom dans les sociétés en nom col-
deur, à exiger du demandeur, au début lectif et en commandite, pour indiquer
de l'instance, par acte d'avoué à avoué qu'ils sont associés avec une ou plusieurs
ou verbalement à l'audience, la commu- personnes dont le nom ne figure pas
nication soit de l'original, soit de la co- dans la raison sociale de la société ainsi
pie des pièces dont le demandeur entend constituée.
se servir. Eh cours d'instance, le même II. (— d'officiers ministériels). Grou-
droit appartient au demandeur à l'égard pement, légalement constitué, d'auxi-
de toutes pièces dont le défendeur fait liaires de la justice exerçant la même
état. Le mode de communication fixé profession dans un ressort déterminé et
par le tribunal peut être la représenta- en nombre limité, soumis à la sur-
tion de la pièce son dépôt au greffe ou veillance du pouvoir judiciaire et à l'ac
sa remise contre récépissé à l'avoué du tion disciplinaire des membres de leur
demandeur. En pratique, cette commu- Chambre qu'ils nomment périodique-
nication, n'étant presque jamais refusée, ment à cet effet. Ex. : Compagnie
s'effectue à l'amiable et sans l'observa- d'avoués près un tribunal de première
tion des règles prescrites par la loi instance ou une Cour d'appel, Compa-
(C. pr. civ. art 198 et s.). gnie de notaires, d'huissiers, de commis-
(droit de) (D. fisc.) (V. droit de com saires-priseurs, Ordre des Avocats près

munication). le Conseil d'Etat et la Cour de cassation.
Communiste. Comparant.
Dérivé de commun, voir les précédents. Participe présent, pris substantivement,de l'ancien
Personne qui est dans l'indivision. verbe tomparoir, latin compatere » apparaître », qui a
pris un sens juridique dans le latin médiéval.
Commutation de peines. Celui qui comparaît devant un offi-
Latin commutatio,dérivé de commutare « commuer».
cier public ou en justice (C. civ. art.
Grâce particulière accordée par le 35).
Président de la République et consistant
dans la substitution d'une peine plus Comparution.
faible à la peine plus forte précédemment Dérivé de comparoir, comparaître, voir les précé
dents d'après le participe passé comparu.
prononcée, La commutation de peine Fait de se présenter en justice en la
s'oppose ainsi à la grâce entière consis- forme prescrite par la loi, soit en per-
tant dans la remise complète de la peine sonne, soit par mandataire légalement
encourue. admis (avoué, agréé, avocat au Conseil
d'Etat et à la Cour de cassation), sur
Comourants (V. commorientes).
une convocation, citation ou assignation,
Compagnie. pour défendre sa cause, répondre d'un
fait ou déposer comme témoin. Se
Dérivé de l'ancien français compagne « compagnie », dit aussi du fait de se présenter de-
latin populaire compania, fait d'après companio
« compagnon » proprement «
qui mange son pain vant un notaire en vue de la confection
avec » (fait sur un modèle germanique, apporté par d'un acte notarié. — Devant la juridic-
les légionnaires du Bas-Empire). tion civile, où le ministère de l'avoué est
I. (D. com.). Synonyme de société. généralement obligatoire, fait pour le dé-
Se disait, dans l'Ancien Régime, pour fendeur de constituer avoué en temps
les sociétés commerciales sous forme utile. L'omission de cette constitution
anonyme constituées par privilège royal donne lieu, au profit du demandeur, à
(Ex. : Compagnie des Indes, Compagnie
du Sénégal). S'emploie aujourd'hui, de un jugement par défaut faute de com-
préférence, pour les sociétés qui assurent
paraître (ou contre partie) (V. défaut
faute de comparaître et défaut faute de
un service public (Ex. Compagnies de conclure).
chemins de fer, de distribution d'électri-
cité) ; se dit aussi pour les sociétés spé- — personnelle.
131 Compensation
A. (D. civ.). Moyen d'instruction con- s'opère de plein droit (C. civ. art. 1290),
sistant à faire venir les parties en per- mais les juges ne pourraient l'appliquer
sonne devant le tribunal, soit en au- d'office.
dience publique, soit en Chambre du
Conseil, pour les entendre et interroger d'armement. Prime accordée par
sur les faits de la cause (C. pr. civ. l'Etat aux armateurs en vue de protéger
art. 119). Diffère de l'interrogatoire sur la navigation maritime sous pavillon
faits et articles en ce que les faits sur national et en considération des charges
lesquels la. partie sera interrogée ne lui imposées à la marine marchande. Elle
sont pas signifiés d'avance et qu'il n'est est calculée d'après la durée de l'arme-
même pas nécessaire de rédiger un pro- ment administratif du navire. Ce sys-
cès-verbal des réponses des parties. tème, créé par la loi du 7 avril 1902,
B. (D. pén.). Présence, à l'audience a pris fin en 1918.
de la juridiction répressive, d'une partie
qui, ou bien n'a pas usé de la faculté de — des dépens. Mode d'attribution des
s'y faire représenter, ou bien se trouve dépens consistant à mettre, par le ju-
privée de cette faculté par la volonté de gement ou l'arrêt, à la charge de cha-
la loi ou du tribunal (C. I. cr. art. 185). cune des parties, tous les frais qu'elle
a exposés dans la cause (compensation
Compensation. totale), ou à la charge d'une partie,
Latin compensatio, dérivé du verbe compensare outre ses propres frais, une portion de
proprement " peser pour comparer » (de pensare ceux de la partie adverse, qui n'aura
« peser »). ainsi à payer que le surplus (compensa-
I. Mode d'extinction de deux obliga- tion partielle) (C. pr. civ. art. 131). La
tions réciproques existant entre les compensation ne peut être prononcée
mêmes personnes et ayant pour objet qu'entre conjoints, ascendants, frères et
une somme d'argent ou une certaine soeurs, ou alliés au même degré, ou
quantité de choses fongibles de la même quand les parties succombent au fond
espèce. Ex. : je vous dois cent francs à l'une et l'autre, respectivement, sur
titre de dommages-intérêts et je vous quelque chef.
ai prêté la même somme. La compensa-
tion éteint ma dette et ma créance sans Compensatoires (V. dommages-inté-
qu'aucun versement n'ait lieu. Si l'une rêts).
des dettes est supérieure à l'autre, la
compensation éteint la première jusqu'à Compétence.
concurrence du montant de la seconde. Latin competentia, dérivé de competere, voir le sui-
II. Terme usuel désignant un dé- vant.
dommagement donné à une personne Aptitude d'une autorité publique à
pour remplacer l'exécution d'une obli- faire des actes juridiques. C'est, en ce
gation. C'est en ce sens qu'on parle de sens' large, que l'on peut parler de la
dommages intérêts compensatoires (C. compétence d'un préfet, d'un maire,
civ. art. 1229, 1623, 1769). d'un recteur d'académie, aussi bien
— conventionnelle. Compensation opé- que de la compétence d'un tribunal
rée par convention entre les deux inté- ou d'une Cour. Dans ce dernier cas, l'ex
ressés, quand les conditions de la com- pression signifie le pouvoir reconnu à
pensation légale ne sont pas réunies. une juridiction d'instruire et de juger
un procès.
— judiciaire. Compensation opérée ratione materiae (ou d'attribution ;
par une décision de justice, quand le tri- appelée aussi quelquefois compétence
bunal, saisi dé deux demandes réci-
proques, évalue, à l'effet de la com- absolue).
Latin juridique moderne.
penser avec l'autre, celle des créances Compétence d'un tribunal d'après
réclamées- qui n'est pas liquide, c'est à-
dire dont le montant n'est pas fixé. l'ordre, le degré et la nature de sa juri-
diction. L'ordre divise les juridictions
— légale. Compensation s'opérant en en civiles, pénales et administratives ;
vertu de la loi entre deux obligations de le degré les divise en juridictions de
choses fongibles, liquides, exigibles et premier ressort et d'appel (le recours
réciproques. La compensation légale en cassation ne constituant pas un troi-
Compéter 132

sième degré de juridiction) ; la nature tout autre moyen qui aura servi à l'ac-
distingue entre' les juridictions de droit tion, sachant qu'ils devaient y servir. »
commun (tribunaux civils) et les juri- Complot.
dictions d'exception (justices de paix,
tribunaux de commerce, conseils de pru- tymologie inconnue,
Résolution d'agir concertée et arrêtée
dhommes, etc.)
entre deux ou plusieurs personnes, spé-
— ratione personae vel loci (appelée cialement à l'effet de détruire ou de
aussi quelquefois compétence relative). changer le Gouvernement ou de troubler
Latin juridique moderne. l'Etat par la guerre civile, l'emploi illé-
Compétence d'un tribunal par rapport gal de la force armée, la dévastation et
à la situation des parties ; elle est établie le pillage publics (complots contre la
d'ordinaire par le domicile de la partie sûreté de l'Etat, C. pén. art. 89 et 91).
défenderesse (actor sequitur forum rei),
mais cette règle comporte de nom- Compromis.
breuses exceptions (notamment en ma- Latin juridique compromissium, dérivé de compro-
tière de droits réels immobiliers, de suc- mittere « faire un compromis ».
cessions, de nationalité du défendeur, Convention ayant pour objet de dé-
d'assurance, de garantie, d'accidents du terminer les questions litigieuses dont
travail, de commerce, etc.). les parties, maîtresses de disposer de
leurs droits, sont d'accord pour sou
Compéter. mettre la décision à des arbitres désignés
Latin juridique competere, en latin classique « abou- par elles dans le même acte (C. pr.
tir au même point, être propre à « (de petere » " se di- civ. art. 1005 et s.).
riger vers »).
Etre de la compétence de... Ex. : cette Comptabilité publique.
affaire compète à un tribunal de com- Voir le suivant.
merce. Ensemble des règles suivant lesquelles
sont tenues les écritures de dépenses et
Complainte. de recettes publiques.
Dérivé de l'ancien verbe se complaindre, latin
populaire *complangere (de plangere « plaindre »). Comptable de deniers publics.
Action possessoire (V. ce mot) donnée Voir le suivant.
à celui qui est, depuis un an, en pos- Agent public préposé à la réalisation
session d'un immeuble ou d'un droit des recouvrements et des paiements de
réel immobilier ; son but est de faire deniers publics (Décr. 31 mai 1862, art.
cesser le trouble actuel apporté à la 14). Ces agents sont soumis à un régime
possession. particulier de responsabilité et d'in-
compatibilités. On distingue les comp-
Complant (V. bail à —). tables de la recette, de la dépense et du
service de trésorerie, chargés de la mani
Complice. pulation des deniers publics, les comp
Latin de basse époque complex, complicis « allié tables des matières, chargés de la compta
uni étroitement à », d'où « complice » (de complecti bilité des matières de consommation et
« entourer, contenir »). de transformation et des valeurs mobi
I. Au sens large : celui qui, sciem- lières ou permanentes de toute espèce ;
ment, participe au délit d'autrui. Ex. : les comptables d'ordre, qui, sans avoir de
les coauteurs, d'après la jurisprudence caisse à gérer, tiennent une comptabilité
française, sont complices les uns des d'écritures, et les comptables de fait ou
autres. comptables occultes, qui sont les per
II. Au sens étroit et par opposition à
coauteur : celui dont l'acte n'a de ca- sonnes ingérées sans autorisation dans
le maniement des deniers publics et sou-
ractère délictueux que par relation avec mises, par ce seul fait, aux règles de la
le délit d'autrui qu'il provoque ou faci- comptabilité publique.
lite en connaissance de cause. Ex. : les
articles 60 et 61 C. pén. énumèrent Comptant.
limitativemeut « ceux qui seront punis Voir le suivant.
comme complices d'une action qualifiée I. Mode de paiement du prix d'un
crime ou délit ». Ex. : « ceux qui auront bien ou d'un travail, caractérisé par
procuré des armes, des instruments, ou l'obligation de remettre ce prix à la
133 Compte
livraison du bien ou à l'achèvement du centralisé matériellement, soit par écri-
travail. tures directes avec la Banque, soit par
II. Dans les marchés passés aux l'intermédiaire des comptes postaux,
Bourses de valeurs ou de marchandises, l'excédent des opérations effectuées au
manière de traiter les opérations carac- nom du Trésor par les comptables.
térisée par leur règlement immédiat, la
remise des valeurs ou marchandises et — d'administration (D. civ.). Compte
rendu par tout administrateur des biens
le paiement du prix devant être effec- d'autrui.
tués dans un délai très court après la
conclusion du marché. Les opérations de clerc à maître. Forme de comp-
tabilité interne utilisée en cours de ges-
au comptant s'opposent aux opérations tion, soit pour arrêter les comptes des
à terme.
comptables inférieurs envers leurs su-
Compte. périeurs, soit pour arrêter les comptes
Tiré du verbe compter, latin computare. d'un comptable titulaire ou intérimaire
Exposé, en chiffres, d'une situation, envers son successeur. Ces comptes ont
d'une opération ou d'une série d'opéra- pour effet d'engager la responsabilité
tions ; plus spécialement, en matière de des comptables qui les ont reçus.
commerce et de finances, état d'opéra- — de dépôts et comptes de chèques.
tions effectuées entre deux personnes, Compte ouvert par un banquier à un
comportant l'inscription de chaque opé- client et exclusivement alimenté par des
ration, sous forme d'un article au poste dépôts de fonds dont les retraits s'opè-
de l'une des deux colonnes de compte rent normalement par des tirages de
dites de débit ou de crédit, et se liqui- chèques.
dant par une balance finale des deux de gestion. Compte établi par un
colonnes, qui fait apparaître un solde
(V. aussi débats de compte et soutène-
comptable pour l'ensemble des opéra-
ment de compte). tions qu'il a effectuées, soit pendant
l'année, soit pendant la durée de ses
— administratif (D. pub.). Compte fonctions, si celle ci est inférieure. Il
que doivent tenir certaines autorités présente la situation du comptable au
administratives, non comptables, pour commencement de la gestion, les re-
permettre l'exercice des pouvoirs de tu- cettes et dépenses effectuées dans le
telle ou de hiérarchie, ainsi que le con- cours de la gestion, la situation du
trôle des assemblées délibérantes, et qui comptable en fin de gestion. Il doit éga-
sont joints aux comptes des comptables lement distinguer, pour les opérations
comme élément de contrôle. Le maire, budgétaires, les divers exercices aux-
le préfet, le gouverneur en Algérie et aux quels les opérations se rattachent.
colonies, l'ordonnateur des commissions de profits et pertes. Compte dressé
administratives des établissements de à la suite du bilan d'une entreprise pour
bienfaisance sont astreints à la tenue
de ces comptes administratifs. montrer quels ont été, au cours d'un
exercice, les bénéfices ou les pertes réa-
— courant. Compte usité dans les re- lisés par l'entreprise dans son exploita-
lations commerciales et financières, re- tion. Le solde du compte des profits et
présentant les rapports existant entre pertes sert à balancer exactement les
deux personnes qui, effectuant l'une deux colonnes, actif et passif du bilan,
avec l'autre des opérations réciproques, en s'ajoutant au passif, s'il constate des
conviennent de transformer les créances profits, et à l'actif, s'il constate des
et les dettes résultant de ces opérations pertes.
en articles de débit et de crédit qui se — de retour. Compte institué par le
souderont les uns aux autres dans une Code de commerce et qui devait être
indivisibilité telle que le solde établi joint à la retraite, en cas de protêt d'une
lors de la clôture du compte sera seul lettre de change ; il comprenait les
exigible (C. com. art. 575 ; L. 24 ger-
minal an XI, art. 33). sommes dont le porteur se trouve créan-
cier à l'égard du tireur ou des endos-
— courant du Trésor. Elément du seurs et qui constituent le montant de
poste des comptes courants créditeurs la retraite : principal de la lettre de
au bilan de la Banque de France, où est change protestée, frais de protêt et
Comptoir central d'achats 134

autres frais légitimes (C. com. art. 180 conformément aux règles en vigueur à
à 182). Remplacé provisoirement, en l'égard des recettes et des dépenses du
vertu du décret du 24 mars 1848, par budget.
un bordereau transcrit au dos de la Comptoir central d'achats (ou consor-
retraite et comprenant le détail de son
montant, le compte de retour n'a pas tium).
Consortium emprunté de l'anglais consortium,
reparu dans la pratique commerciale. qui est lui même un mot latin signifiant « associa-
des ministres. Comptes établis par tion».

exercice comprenant l'ensemble des opé- Entreprise privée, constituée géné-
rations qui ont eu heu pour chaque ser- ralement en forme de société anonyme
vice et joints au projet de loi ayant pour participant au fonctionnement de services
objet le règlement définitif du budget. publics par des opérations d'achat, de
conservation et de cession de marchan
tutelle. Compte rendu par le
— ded'un dises, d'outillage, etc., en vertu d'un
tuteur mineur ou d'un interdit à contrat administratif intervenu entre
sa sortie de charge (C. civ. art. 469). elle et l'Etat (Reconstitution des régions
d'ordre. Compte qui fonctionne à libérées. V. notamment, L. 3 et 6 août
— 1917).
côté d'un autre compte pour enregis-
trer des opérations spéciales qui ne
peuvent faire l'objet d'une écriture au Compulsoire.
compte principal, soit qu'elles ne soient Dérivé du verbe compulser « contraindre », d'où
dans la langue juridique ancienne « exiger, en vertu
pas encore liquidées (Ex. : compte des d'un acte officiel, communication d'un acte », d'où
effets remis à l'encaissement), soit le sens moderne.
qu'elles représentent le détail ou le dé Procédure en vertu de laquelle peut
veloppement d'un poste du compte être ordonnée par justice la délivrance,
principal (Ex. : compte d'amortisse- par un notaire ou tout autre officier
ment). public, d'une expédition ou de l'extrait
d'ordre en deniers et en matières d'un acte à une personne qui n'y a pas
—comptables de deniers publics). été partie (C pr. art. 846).
(V.
— général de l'Administration des
finances. Compte établi annuellement
Comte (V. titre de noblesse).

par le ministre des Finances, comprenant Concentration.


toutes les opérations relatives au recou- Dérivé de concentrer (de centre, latin centrum).
vrement et à l'emploi des deniers de Mode d'organisation administrative
l'Etat et présentant la situation de tous dans lequel la décision appartient au
les services de recettes et de dépenses chef de la hiérarchie administrative
(V. déconcentration).
au commencement et à la fin de l'année
— joint. Compte ouvert par un ban- Concession.
quier ou un commerçant à plusieurs Latin concessio, dérivé de concedere « concéder ».
titulaires avec une stipulation de soli- Terme générique qualifiant des actes
darité qui permet à chacun des titulaires très divers par lesquels l'Administration
d'utiliser le compte pour le tout sous sa confère à des particuliers, moyennant
seule signature, même après la mort de l'assujettissement à certaines charges et
l'un des cotitulaires, sous la réserve que, obligations, des droits ou avantages spé-
au point de vue fiscal, le compte est ciaux sur le domaine ou à rencontre du
présumé appartenir au défunt pour sa public. Ces droits et avantages impli-
quote part (L. 31 mars 1903, art. 7). quent, la plupart du temps, l'exercice
de certaines prérogatives administra-
— spéciaux. Comptes ouverts dans tives.
les écritures publiques pour assurer la
gestion plus ou moins autonome de cer- coloniale (Lég. col.). Attribution,
tains services, dits services spéciaux du à titre gratuit ou à titre onéreux, à des
Trésor, et apparaissant au budget sous particuliers en vue du développement
la forme d'un simple excédent, soit de de la colonisation, de terres domaniales
recettes, soit de dépenses. Les opérations situées en Algérie ou aux colonies, à
qui font l'objet de ces comptes sont, en charge, par l'attributaire, de les mettre
principe, autorisées, exécutées et réglées en valeur, suivant certaines modalités
135 Concession
sanctionnées par la déchéance. Ces con- la concession simple et la concession dé-
cessions peuvent aussi être faites à des clarée d'utilité publique. Au régime de la
sociétés ; elles sont parfois très étendues concession de force hydraulique s'op-
et soumises alors à des règles spéciales. pose le régime de la simple autorisation
Ex. : les « grandes concessions « du qui ne confère pas au bénéficiaire les
Congo français. privilèges administratifs dérivant de la
dans les cimetières. Concession per- concession (L. 16 oct. 1919).

pétuelle ou temporaire, contre le paye- de lais et de relais de la mer.
ment d'un prix à la commune, d'un Substantifs verbaux de laisser, relaisser ; latin
emplacement dans un cimetière, avec loxave " détendre,lâcher », d'où « laisser (aller) ».
affectation spéciale aux sépultures. Ces Aliénationde dépendancesdu domaine
concessions sont temporaires (15 ans), privé constituées par les dépôts marins
trentenaires, centenaires ou perpétuelles formés sur le littoral par émergence au-
dessus du grand flot (lais) ou par les
(Décr. 23 prairial an XII ; Ord. 6 déc. portions de rivage que la mer aban-
1843 ; Décr. 27 av. 1889 ; L. 3 janv. donne et ne couvre plus au moment du
1924). grand flot (relais) (L. 16 sept. 1807,
— de crémants futurs. Contrat par le- art. 41).
quel l'Administration charge un particu-
lier de faire certains travaux destinés à — de mines. Acte administratif (dé-
cret en Conseil d'Etat) accordant à un
fixer les alluvions d'un fleuve et lui particulier le pouvoir d'exploiter une
concède, en rémunération de ces tra- mine, avec certaines prérogatives exorbi-
vaux, la propriété des alluvions qu'il tantes du droit commun, sous certaines
sera parvenu à fixer (L. 16 sept. 1807, conditions sanctionnées par la déchéance,
art. 41). et pour un temps qui ne peut excéder
— de dessèchement de marais. Acte 99 ans pour les mines de houille et de
administratif conférant à un proprié- lignite, 50 à 99 ans pour les autres
taire ou à une association syndicale de mines.
propriétaires, les privilèges attachés à — de service public. Par opposition à
l'opération de travaux publics, en vue la régie (V. ce mot), procédé consistant
de leur permettre d'effectuer plus facile- à confier pendant un certain temps la
ment sur leurs terrains l'oeuvre d'intérêt gestion d'un service public à un parti-
général que constitue le dessèchement culier qui devient ainsi collaborateur de
des marais (L. 16 sept. 1807). l'Administration, au contrôle de laquelle
il reste soumis et qui est rémunéré, soit
— de distribution d'énergie électrique. au moyen d'une subvention, soit, le
Acte administratif accordant à un par-
ticulier, et moyennant des conditions plus souvent, par la perception de taxes
fixées par un cahier des charges, le droit ou redevances sur les usagers du service.,,
d'établir et d'exploiter une entreprise de de travaux publics. Par opposition
distribution d'énergie électrique em- à la régie et à l'entreprise (V. ces mots),
pruntant, sur tout ou partie de son par- procédé consistant pour l'Administra-
cours, des voies publiques. A la diffé- tion à charger un particulier : I° de
rence de la permission de voirie, la con- construire ou d'entretenir un ouvrage
cession implique pour son titulaire le public ; 2° d'assurer, pendant un cer-
bénéfice des prérogatives administra- tain temps, la marche du service public
rives. A cet égard, on distingue la con- correspondant à cet ouvrage, suivant le
cession déclarée d'utilité publique et la procédé de la concession de service pu-
concession simple (L. 15 juin 1906, et blic. L'ouvrage public doit, à l'expira-
25 fév. 1925). tion du temps prévu, faire retour au
de force hydraulique. Acte ad- patrimoine administratif, avec ou sans
nistratif (décret en Conseil d'Etat) auto- indemnité au concessionnaire.
risant un particulier à exploiter, avec le — sur le domaine public. Occupation,
bénéfice de certains privilèges adminis- à titre privatif, du domaine public,
tratifs, pendant un certain temps (75 ans octroyée à un particulier, moyennant
au maximum), et sous certaines condi- redevance, par les agents administratifs
tions fixées par un cahier des charges, chargés de la gestion du domaine et
l'énergie d'une chute d'eau. On distingue impliquant modification de l'assiette de
Concile 136

ce domaine. Les concessions sur le do- naire, elle a lieu devant le juge de paix
maine public, qui s'opposent aux simples soit sur simple billet d'avertissement du
permissions d'occupation (V. ce mot) greffier (petite conciliation), soit sur cita-
sont accordées, soit en vue d'un intérêt tion d'huissier (grande conciliation) (C.pr.
privé (Ex. : concession de prise d'eau à civ. art. 40 et s. ; L. 25 mai 1838, art. 17
un usinier), soit en vue d'un intérêt modifiée par L. 2 mai 1855). En ma-
collectif (Ex. : concession de services tière de divorce et de séparation de
publics : distribution d'eau, de gaz, corps, d'accidents du travail, de loyers
d'électricité, etc.). commerciaux, elle a lieu devant le Pré-
sident du tribunal (C. civ. art. 235 et s. ;
Concile. L. 9 av. 1898, art. 16, modifié par
Latin ecclésiastique concilium en latin classique L. 31 mars 1905 ; L. 30 juin 1926, art. 2,
" assemblée ». modifié par L. 22 av. 1927).
I. Assemblée des évêques de l'Eglise
universelle ou de quelque province
ecclésiastique, réunis sous l'autorité du Conclusions.
Latin conclusio, dérivé du verbe concludere,
supérieur légitime pour délibérer et conclure ».
décider sur des affaires religieuses. Les I. Prétentions respectives de chacune
conciles peuvent être : I° oecuméniques : des parties, soumises à la juridiction
les évêques y sont tous appelés ; ils sont saisie du litige par un acte dit « placet »
présidés par le Pape ou son mandataire; et signifiées à l'autre partie par un acte
2° particuliers : patriarcaux, nationaux d'avoué à avoué.
ou provinciaux, si seuls sont appelés à II. Acte dans lequel sont consignées
y siéger les évêques d'un patriarcat, ces prétentions.
d'une nation, d'une province ecclésias-
tique, sous l'autorité d'un patriarche, du Ministère public.
d'un primat, d'un métropolitain. I. (D. civ.). Avis verbalement ex-
II. Le terme désigne parfois aussi le primé à l'audience par l'organe du Mi-
synode du clergé diocésain réuni sous la nistère public, dans les juridictions qui
présidence de l'évêque. comportent cette institution, sur la va-
leur des prétentions respectives des par-
Conciliation. ties plaidantes. Cet avis est donné soit
Latin conciliatio, dérivé de conciliare, proprement d'office, soit sur invitation du tribunal,
« assembler», d'où « concilier », voir le précédent.
après les plaidoiries des avocats et avant
I. (Pr.). Accord de deux personnes en le jugement.
litige, réalisé par l'entremise d'un juge. II. (D. civ.). Avis, fourni le plus sou-
II. (Lég. ind.). En matière de conflits vent par écrit, par le Ministère public,
collectifs du travail, règlement amiable dans toutes les affaires où la communi-
du conflit au cours d'une procédure à cation préalable est imposée par la loi,
ce destinée et préliminaire à l'arbitrage notamment dans les causes concernant
(C. Tr., liv. IV, art. 104 et s.). l'état des personnes, les mineurs, les
(Comité de) — (Lég. ind.). Comité femmes dotales ou non autorisées par
composé de délégués ouvriers et de dé- leur mari, les absents, etc. (C. pr. civ.
légués patronaux réunis sous la prési- art. 83).
dence du juge de paix pour éviter un III. (D. pén.). Réquisitions adressées
conflit collectif du travail. par le Ministère public à une juridiction
répressive (Ex. : C. I. cr. art. 153 et 190).
— (grande) . Conciliationintervenue
dans les affaires de la compétence des Concordat.
tribunaux de droit commun. Latin médiéval concordatum dérivé du verbe
concordare « s'accorder ».
— (petite) . Conciliation intervenue I. (D. com.). Traité constatant l'ac-
dans les affaires de la compétence du cord établi entre le failli et ses créan-
juge de paix. ciers chirographaires pour mettre fin à
— (tentative ou préliminaire de) — la procédure de faillite, en réglant les
Formalité imposée aux parties, qui les conditions dans lesquelles le failli ac-
oblige à se présenter devant un magis- quittera son passif et en consentant
trat pour essayer de s'arranger avant de éventuellement à la remise d'une partie
commencer un procès. En matière ordi- de ce passif. Voté par l'assemblée des
137 Concours
créanciers dans les formes fixées par la dique pour l'autorité compétente d'opé-
loi et homologué par le tribunal, le rer la nomination sur présentation du
concordat est obligatoire pour tous les jury.
créanciers chirographaires (C. com. art. d'infractions. (D. Pén.). Pluralité
504 à 526). La loi du 4 mars 1889 (art. 15) d'infractions commises par le même in-
a étendu le concordat à la liquidation dividu avant que, pour aucune d'elles,
judiciaire. soit intervenu un jugement définitif.
II. (D. int. pub.). Accord diploma- Syn. : cumul d'infractions. La doctrine
tique intervenu entre le Saint Siège et distingue volontiers le concours réel (ou
un gouvernement temporel en vue de matériel), succession de plusieurs faits
réglementer l'exercice public du culte matériellement distincts constituant au-
catholique, ainsi que les relations admi- tant d'infractions indépendantes, et le
nistratives du gouvernement et du clergé prétendu concours idéal (ou formel), qui
dans l'étendue du territoire d'un Etat serait réalisé dans l'hypothèse où une
déterminé. Le concordat de 1801, passé action unique tombe sous le coup à la
entre Bonaparte, premier Consul, et le fois de plusieurs dispositions pénales.
pape Pie VII, a régi les rapports de la
France et du Saint Siège jusqu'à la loi Concubinage.
de séparation du 5 décembre 1905. De- Voir le suivant.
puis le retour à la France de l'Alsace- Etat résultant de relations sexuelles
Lorraine, par l'effet du traité de Ver- habituelles et suivies entre un homme et
sailles, il a été remis en vigueur, en ce une femme non mariés ensemble. Quand
qui concerne l'exercice du culte catho- le concubinage comporte une commu-
lique, dans les trois départements recou- nauté de vie complète, il est qualifié
vrés : Haut-Rhin, Bas Rhin et Moselle. union libre (V. ce mot).
Concours. Concubine (D. musulman).
Latin concursus « réunion », d'où le sens du français, Latin connibina " qui couche avec ».
dérivé du verbe concurrere « accourir ». I. libre : femme avec laquelle les
I. (D. civ.). Participation d'une per- relations sexuelles constituent un crime.
sonne à un acte juridique passé par une II. — esclave : femme avec laquelle
autre, en vue soit de l'autoriser, soit son maître a le droit d'entretenir des
d'approuver l'acte. Ex. : C. civ. art. 217 : relations sexuelles (Coran, ch. 70, ver-
« La femme, même non commune ou sets 29 à 35) ; si des enfants naissent de
séparée de biens, ne peut donner, aliéner,
hypothéquer, acquérir à titre gratuit ou ces relations et que le maître s'en recon-
naisse expressément ou tacitement le
onéreux, sans le concours du mari dans père, ces enfants sont considérés comme
l'acte ou son consentement par écrit ». légitimes et ont tous les droits des en-
II. (D. civ.). Situation de personnes fants nés du mariage.
ayant des droits sur une même masse
de biens et sans ordre de préférence. Concubins.
Ex. : concours de créanciers chirogra Voir le précédent.
phaires dans une faillite ; concours de Gens qui vivent en concubinage (C.
différents successibles dans une même pén. art. 339).
succession.
III. Participation à un même acte Concurrence déloyale.
des diverses personnes qui y sont inté- Sens issu de l'emploi de concurrence en parlant
ressées. Ex. : le concours de tous les de créanciers « exerçant une hypothèque en con-
copropriétaires d'un immeuble est né- currence », latin médiéval concurrentia, dérivé du
latin juridique concurrere.
cessaire pour la validité des actes rela- Délit civil, parfois doublé d'un délit
tifs à cet immeuble. pénal, et qui consiste, de la part d'une
IV. (D. pub.). Procédé de recrutement personne dont la profession suppose clien-
de la fonction publique consistant dans tèle (commerçant, industriel, médecin,
la désignation, par un jury de techni- etc.), à enlever à une personne de
ciens, à la suite d'épreuves appropriées, même profession tout ou partie de sa
du ou des candidats aptes à être nommés clientèle par des actes blessant les prin-
par l'autorité compétente. Le concours cipes d'honnêteté qui sont la loi de la
de nomination implique obligation juri- profession.
Concussion 138

Concussion. des contractants et de la volonté d'un


Infraction qui consiste, pour les fonc- tiers (C. civ. art. 1171). Ex. : ...si je
tionnaires ou officiers publics, ou leurs m'associe avec X..., ...si je me marie
commis ou préposés, à ordonner de per- avec telle personne.
cevoir, à exiger ou recevoir ce qu'ils
savent n'être pas dû pour droits, taxes, — potestative.
Latin juridique potestativus (de potestas « pou-
contributions, deniers ou revenus, ou voir »).
pour salaires ou traitements (C. pén. Condition (au sens I) qui fait dépendre
art. 174). l'exécution de la convention d'un événe-
ment qu'il est au pouvoir de l'une ou
Condamnation. de l'autre des parties contractantes de
Latin condamnatio, dérivé de condemnare « con- faire arriver ou d'empêcher. Cette con-
damner ; condamner, ation ont été refaits sur damner. dition est dite simplement potestative, par
I. (D. civ.). Décision de justice obli- opposition à la condition purement potes-
geant l'un des plaideurs à satisfaire en tative, qui dépend uniquement d'un acte
tout ou en partie à la prétention de son de volonté de l'une des parties et qui an-
adversaire. nule l'obligation, lorsqu'elle émane du
II. (D. pén.). Décision d'un tribunal débiteur. Ex. : Je vous vendrai ma mai-
de répression prononçant une peine
contre l'auteur d'une contravention, son si je le veux.
d'un délit ou d'un crime. — résolutoire.
Latin juridique resolutorius (de rasolvere « ré-
Condition. soudre »).
Condition (au sens I) qui, lorsqu'elle
Latin condicio, écrit conditio à basse époque. s'accomplit, opère la disparition de l'obli-
I. Modalité, ayant pour effet de su-
bordonner la formation ou la résolution gation et remet les choses au même état
d'un acte juridique à l'arrivée d'un que si celle-ci n'avait pas existé. Ex. :
événement futur et incertain (C. civ. La vente sera résolue si le prix n'est
art. 1168). pas payé au terme prévu.
II. Expression employée également suspensive.
comme synonyme de clause ou de Latin médiéval suspensivus (de suspendere « sus-
pendre »).
charge (C. civ. art. 900).
Condition (au sens I) à l'arrivée de la-
— casuelle. Condition (au sens I) qui quelle est subordonnée la formation
dépend du hasard et qui n'est nullement d'un contrat ou l'efficacité d'un acte
au pouvoir du créancier ou du débiteur juridique. Ex. : Je vous vendrai ma mai-
(C. civ. art. 1169). Ex. : La donation
son si je suis nommé dans une autre
sera résolue si le donataire meurt avant ville ; je vous lègue mon immeuble si
le donateur. vous arrivez à 21 ans.
— défaillie. Condition (au sens I) qui Condominium.
ne s'est pas réalisée. Emprunté de l'anglais condomonium, mot du latin
— illicite. Condition (au sens I) con des diplomates fait avec le préfixe con et le substantif
traire aux lois impératives ou prohibi- dominium « domination ».
tives ou à l'ordre public. Ex. : condition Pouvoir exercé en commun par deux
de commettre un délit, de ne pas se Etats sur un même territoire. Ex. : con-
marier. dominium exercé sur les Nouvelles-Hé-
brides par la France et l'Angleterre.
— immorale. Condition (au sens I)
contraire aux bonnes moeurs. Ex. : ...si Conduite d'un navire.
vous commettez un inceste. Dérivé du verbe conduire, latin conducere.
— impossible. Condition (au sens I) Ensemble des opérations à effectuer
dont l'accomplissement exigerait des par le capitaine d'un navire arrivant
moyens d'exécution matériellement in- dans un port et qui, pour les capi-
existants ou même qui ne pourraient taines étrangers, ne peut être fait que par
exister que par suite de circonstances l'intermédiaire d'un courtier privilégié.
tout à fait extraordinaires. Ex. : ...si Conduite de retour. Obligation pour
vous touchez le ciel du doigt. l'armateur ou pour l'Etat de ramener le
— mixte. Condition (au sens I) qui marin rapatrié au port d'embarquement
dépend tout à la fois de la volonté d'un (C. Tr. mar. art. 90).
139 Confédération d'Etats
Confédération d'Etats. où peuvent siéger, non seulement des
Latin de la basse époque confoederatio dérive du diplomates, mais de hauts fonctionnaires
verbe confoederare(de foedus, foederis « traité »).
Forme d'union d'Etats aujourd'hui dis- ou même des représentants d'intérêts
particuliers. Ces conférences constituent
parue, dans laquelle les Etats-membres les organismes préparatoires des congrès
conservent leur souveraineté. L'Union
est ordinairement représentée par un ou conférences proprement dites. On les
pouvoir central, le plus souvent unique, rencontre, le plus souvent, dans le do-
maine économique, social ou financier.
appelé diète ou congrès. Cet organe n'a L'utilisation des conférences est deve
que les pouvoirs à lui délégués par les nue systématique dans le fonctionne-
Etats-membres ; les députés, sortes de ment de la S. D. N. Elles sont convo-
plénipotentiaires, sont nommés par les quées par le Conseil (Ex. : conférence
Etats et, en général, liés par des instruc- de Bruxelles, 1920, conférence de Bar-
tions. Ex. : La Suisse, l'Allemagne et les celone, 1921). Les organismes techniques
Etats-Unis de l'Amérique du Nord, de la S. D. N. comportent habituellement
aujourd'huiEtats fédéraux, ont tous pra-
tiqué d'abord la forme de la fédération. une conférence, organe chargé de prépa-
rer des règles juridiques internationales,
Confédération générale du travail. à côté d'organes d'ordre administratif
Union, créée en 1895, des fédérations et d'organes de direction. (Ex. : confé-
nationales et syndicats nationaux d'ou- rence du travail, conférence des commu-
nications et du transit).
vriers d'industrie et des bourses de tra- II. Exercice scolaire, complémentaire
vail. Elle reçoit également dans son sein des cours (V. ce mot), organisé dans les
les syndicats locaux dont les professions Facultés de Droit.
ne sont pas encore constituées en fédé-
rations d'industrie ou dont la fédéra- — du stagiaires,
stage. Réunion périodique des
tion n'est pas adhérente à la C. G. T. avocats en vue de leur ins-
Dissoute par jugement du tribunal truction professionnelle par l'exercice
correctionnel de la Seine du 13 janvier de la parole. Dans les barreaux où
1921 pour violation de l'art. 3 de la loi elle est organisée, cette conférence est
du 21 mars 1884 et comme n'ayant présidée par le Bâtonnier, assisté de
pas maintenu son action sur le terrain stagiaires désignés à l'élection pour un
de l'étude et de la défense des intérêts an comme secrétaires chargés de pré-
professionnels, la C. G. T. s'est dédou- parer les sujets à traiter (Décr. 20 juin
blée en C. G. T. simple, représentant 1920, art. 26).
les tendances du syndicalisme réfor-
miste, et en C. G. T. unitaire, représen- — internationale du Travail (Lég.
ind.). Rouage le plus important de l'Or-
tant celles du syndicalisme révolution- ganisation internationale du Travail
naire'. (V. ce mot) instituée par la partie
XIII du Traité de Versailles, ayant pour
Conférence. fonction d'élaborer et d'adopter les
Latin médiéval conferentia, dérivé du verbe con- conventions et les recommandations
ferre, au sens de discuter ».
I. (D. int. pub.). soumises à l'approbation des Etats.
A. Réunion de plénipotentiaires char- Elle est composée de quatre délégués de
gés de régler une importante question chaque nation membre de la S. D. N.,
de politique ou d'organisation interna- dont deux représentent le gouverne-
tionale et de consigner les résolutions ment, et dont les deux autres repré-
prises et les résultats obtenus dans un sentent respectivement, les employeurs
acte diplomatique (Ex. : conférences et les travailleurs. La conférence doit
de Bruxelles, 1885, d'Algésiras, 1906). se réunir au moins une fois par an en
Du point de vue juridique, la conférence, principe au siège de la S. D. N.
ne se différencie pas du congrès, bien — mixte. (D. parl.). Commission spé-
que ce dernier terme évoque une réunion ciale, composée à la fois de sénateurs
plus importante et plus solennelle encore. et de députés et chargée, en cas de sé-
Toutefois c'est la « Conférence de la rieuses divergences de vues entre les
Paix » de Paris qui a réglé les consé- deux Chambres, à propos d'un projet
quences de la guerre 1914-1918. ' ou d'une proposition de loi, de préparer
B. Réunion d'ordre technique, d'étude, l'entente sur un texte commun.
Confirmation 140

Confirmation. des procédures ou des obligations dont


Latin confirmatio, dérivé du verbe confirmare il est parlé aux art. II à 19.
« confirmer ». II. (D. adm.). Incident de procédure
Acte juridique unilatéral par lequel supposant deux tribunaux saisis d'un
une personne qui aurait le droit de même litige et qui divergent quant à
demander l'annulation d'un acte atteint l'appréciation de leur compétence. On
de nullité relative renonce à cette action distingue I° le conflit d'attributions :
et rend ainsi l'acte valable en ce qui la conflit entre les tribunaux judiciaires et
concerne (C. civ. art. 1338). Cette con- l'autorité administrative sur la portée
firmation peut être tacite et résulter à donner à la séparation des autorités
notamment de l'exécution volontaire de administrative et judiciaire (V. ce mot).
l'acte annulable. Il peut consister soit en un conflit
positif d'attributions, élevé par le préfet
Confiscation. déniant la compétence du tribunal judi-
Latin confiscatio, dérivé du verbe confiscare « con- ciaire à propos d'un litige préalablement
fisquer », (de fiscus « fisc »). déféré à ce dernier, qui affirme sa propre
Mesure de police (par ex. : L. 3 mai compétence, soit en un conflit négatif
1844, art. 4 ; C. pén. art. 314 et 481)
d'attributions résultant, à propos d'un
ou peine pécuniaire (par ex. : L. 14 litige déterminé, d'une double déclara-
nov. 1918, art. Ier ; C. pén. art. 180) tion d'incompétence de l'autorité judi
dont l'effet est de transférer en géné- ciaire et de l'autorité administrative,
ral à l'Etat ou dans certains cas, à un alors que l'une de ces autorités est réelle-
établissement public (L. 3 mai 1844,
art. 4 ; C. pén. art. 180) la propriété ment compétente. Les conflits d'attri-
soit de la totalité du patrimoine du butions sont réglés par le tribunal des
condamné (confiscation générale, L. 14 conflits (V. ce mot) (L. 24 mai 1872,
ord. Ier juin 1828, régl. 26 oct. 1849,
nov. 1918, art. 2, C. just. mil. revisé, art. 17 à 24) ; 2° le conflit de juridictions,
L. 9 mars 1922, art. 199 et s.) soit d'un dans lequel la divergence, quant à la
ou de plusieurs objets déterminés fai- compétence, se produit entre deux tri-
sant partie de ce patrimoine (confisca- bunaux du même ordre, judiciaire ou
tion spéciale, C. pén. art. II). La confis
cation est une sanction normale en administratif. Il peut consister soit en
matière de contributions indirectes et un conflit positif de juridictions, dans
d'octroi. lequel les deux tribunaux se sont déclarés
compétents et qui se résout par l'ex-
ception de litispendance ou par le
Conflit. règlement de juges (V. ces mots), soit
Latin de basse époque conflictus, dérivé du verbe
confligere « heurter, frapper ensemble ». en un conflit négatif de juridictions, dans
I. (D. int. pub.). Situation qui oppose, lequel les deux tribunaux se sont déclarés
à propos de la satisfaction d'un simple incompétents et qui se résout par lé règle-
intérêt ou bien à propos de l'existence, ment de juges.
de l'étendue ou de l'exercice d'un droit, — des lois. Expression employée pour
un ou plusieurs Etats à un ou plusieurs désigner la situation produite par les
autres Etats, à des groupes d'individus différences entre les législations appli-
ou même à des individus isolés que pro- cables soit successivement dans' un seul
tège le Droit des gens. Les moyens de et même lieu (conflit de lois dans le
solution de ces conflits consistent soit temps), soit dans des lieux différents
dans des actes de violences (représailles, (conflit de lois dans l'espace), soit
guerre, intervention armée d'un tiers), encore dans un même lieu mais à des
soit dans des procédures pacifiques ou groupements distincts d'individus (con-
amiables (négociations diplomatiques, flit des lois personnelles).
bons offices, médiation, conciliation), ou I. Conflit des lois dans le temps :
bien contentieuses (débat devant un c'est le conflit de deux lois successives
tribunal arbitral ou une Cour de justice d'un même pays. Ex. : le conflit de l'an-
rendant une sentence obligatoire). En cien et du nouvel art. 340 C. civ.
vue de substituer autant que possible II. Conflit des lois dans l'espace :
les solutions pacifiques aux solutions c'est le conflit des lois en vigueur simul-
violentes, le Pacte de la S. D. N. a tanément dans des lieux différents.A leur
instauré ou amélioré une organisation, tour, ces conflits se présentent sous plu-
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sieurs formes : a) conflit des lois fran- mots), et spécialement celle du pouvoir
çaises et des lois étrangères : on l'appelle législatif et du pouvoir exécutif, n'est
conflit international : il est l'objet propre pas réalisée.
du droit international privé ; b) conflit — de parts. Incertitude sur la pater-
des lois françaises et des lois mainte- nité tenant à ce que la durée des gros-
nues en vigueur en Alsace et en Lorraine : sesses peut varier, d'après la loi, de 180
c'est le conflit interprovincial ; c) con- à 300 jours, de telle sorte que si la mère se
flit des lois en vigueur sur un territoire remariait immédiatement après la disso-
cédé et des lois de l'Etat cessionnaire lution du premier mariage et accouchait
introduites dans ce territoire : c'est le dans les 300 jours après cette dissolu-
conflit dit d'annexion ; il se produit tion, l'enfant pourrait être attribué,
chaque fois que l'Etat annexant substi- d'après la durée légale des grossesses,'
tue sa législation à la législation anté- au premier ou au second mari (V. délai
rieure. Il est mixte, à la fois dans l'es- de viduité;.
pace, puisqu'il se présente entre les
lois de l'Etat annexant et du territoire — des peines. Absorption de la peine
annexé ; dans le temps, puisqu'il y a la plus faible par la plus forte, en cas
substitution d'une législation à une de concours d'infractions (V. ce mot),
autre en un seul et même lieu: par application de la règle dite du non-
III. Conflit des lois personnelles : cumul des peines.
c'est le conflit des lois des divers groupes
qui, dans les colonies et pays de protec- — des voix. Règle ancienne d'après
laquelle ne sont comprises que pour
torat, continuent à être soumis à un une les voix de deux juges, parents ou
régime de personnalité du droit. Par alliés jusqu'au degré d'oncle ou de
exemple, les Musulmans et les Israélites.
Les divers types de conflits des lois neveu, qui, se trouvant, contrairement à
la règle, siéger dans la même chambre,
n'ont pas tous la même nature ; d'où se sont au cours du délibéré prononcés
l'utilité de les distinguer les uns des dans le même sens.
autres.
Congé.
Confrérie.