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B U L L E T I N D E L ' I N S T I T U T P R O F E S S I O N N E L D E S C O M P TA B L E S E T F I S C A L I S T E S A G R É É S

Les mesures visant à protéger les travailleurs

P 309339 – Bureau de dépôt 9000 Gent X – Bimensuel – Ne paraît pas en juillet


en cas de restructuration

L’élargissement de la Communauté européenne, la mondia- 1.1. La fermeture d’entreprise


lisation de l’économie mais également la crise économique
ont provoqué de nombreuses restructurations d’entreprises. La fermeture d’entreprise est régie sur le plan social par
la loi du 26 juin 2002.
Ces dernières ont des causes diverses : la situation déficitaire
d’une entreprise ou de l’une de ses divisions, le manque de La loi s’applique aux entreprises qui occupaient en
rentabilité suffisante d’une unité technique d’exploitation, moyenne au moins vingt travailleurs, au cours des qua-
l’évolution technologique au sein de la branche d’activités tre trimestres précédant le trimestre au cours duquel la
ou l’évolution du marché, entre autres. cessation définitive de l’activité principale de l’entreprise
a eu lieu.
Si une entreprise décide d’entrer dans une phase de restruc-
turation, elle doit se plier à une série de règles afin d’assurer Elle précise dans son article 3 qu’il y a fermeture d’entre-
certaines mesures de protection aux travailleurs concernés. prise lorsque, en cas de cessation définitive de l’activité
principale de l’entreprise ou d’une division de celle-ci,
Au niveau national, l’application d’une règlementation dé- le nombre de travailleurs occupés est réduit en-deçà du
pendra de la forme de la restructuration (licenciement col- quart du nombre de travailleurs qui étaient occupés en
lectif, fermeture d’entreprise et transfert total ou partiel de moyenne au cours de l’année civile précédant l’année de
l’entreprise). cessation de l’activité.

1. Les trois formes de la restructuration et leur 1.2. Les licenciements collectifs


règlementation
La convention collective du travail n° 24 du 2 octobre
La règlementation relative aux fermetures d’entreprises, 1975 du Conseil National du Travail concernant la pro-
aux licenciements collectifs et au transfert conventionnel cédure d’information et de consultation des représentants
d’entreprise met à charge de l’employeur une série d’obli- des travailleurs en matière de licenciements collectifs
gations et de procédures à respecter en vue de protéger
les travailleurs concernés.
S O M M A I R E
Celles-ci mettent un accent particulier sur l’obligation
d’information au travailleur et visent en substance à as- • Les mesures visant à protéger
surer le dialogue, la concertation permanente et la négo- les travailleurs en cas de
ciation entre les travailleurs et les employeurs. restructuration 1
• La TVA à 12 % dans le secteur
horéca 4

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s’applique aux entreprises, ayant occupé en moyenne plus 2.1. Adaptation temporaire de la durée du travail
de 20 travailleurs au cours de l’année civile précédant le
licenciement collectif. Le titre premier de la loi du 19 juin 2009 portant des
dispositions diverses en matière d’emploi pendant la crise
Est considéré comme licenciement collectif, tout licencie- prévoit notamment un abaissement des cotisations de sé-
ment pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la per- curité sociale en cas d’instauration dans l’entreprise d’une
sonne des travailleurs qui affecte au cours d’une période réduction temporaire et collective de la durée du travail.
de soixante jours un nombre de travailleurs :
– au moins égal à 10 dans les entreprises occupant entre Ce régime s’applique à l’ensemble du secteur privé ainsi
20 et 100 travailleurs au cours de l’année civile précé- qu’aux entreprises publiques autonomes.
dant le licenciement ;
– représentant au moins 10% du nombre des travailleurs L’introduction d’une telle mesure s’effectue par la conclu-
dans les entreprises occupant en moyenne entre 100 sion d’une convention collective de travail d’entreprise
qui concerne l’ensemble ou une catégorie spécifique des
et 300 travailleurs au cours de l’année civile précédant
travailleurs de l’entreprise.
le licenciement ;
– au moins égal à 30 dans les entreprises occupant en
Elle instaure la réduction des cotisations ONSS en cas
moyenne au moins 300 travailleurs pendant l’année
de diminution du temps de travail hebdomadaire d’un
civile précédant le licenciement.
quart ou d’un cinquième des travailleurs à temps plein
correspondant à un montant forfaitaire par trimestre et
La loi du 13 février 1998, dite « loi Renault », vient com- par travailleur concerné, soit :
pléter la convention collective n° 24 en ce qui concerne – 600 EUR en cas de réduction de la durée du travail
notamment les différentes modalités et obligations à d’un cinquième ;
respecter par l’employeur en cas de licenciements collec- – 750 EUR en cas de réduction de la durée du travail
tifs. d’un quart.

1.3. Transferts conventionnels d’entreprises En cas de réduction de la durée du travail s’accompa-


gnant de l’instauration temporaire de la semaine de quatre
A la différence des dispositions applicables aux fermetures jours, les montants de la réduction de 600 et 750 EUR
d’entreprises ou licenciements collectifs, la convention du sont respectivement portés à 1.000 et 1.150 EUR.
7 juin 1985 du CNT (n° 32bis) concernant le maintien
des droits des travailleurs en cas de changement d’em- La réduction de la durée du travail implique une dimi-
ployeur du fait d’un transfert conventionnel d’entreprise nution au prorata du salaire brut. Dès lors, la conven-
ne connaît pas une limitation relative au nombre de tra- tion collective de travail doit prévoir une compensation
vailleurs occupés dans l’unité technique d’exploitation. salariale qui doit s’élever au moins à ¾ du montant de
la réduction forfaitaire des cotisations de sécurité sociale
2. Les mesures temporaires de crise dont bénéficiera l’entreprise(1).

En réponse à la crise économique, le gouvernement fédé- 2.2. Crédit-temps de crise et suspension de crise des
ral, en concertation avec les partenaires sociaux, a prévu employés
différentes mesures temporaires de crise afin d’éviter les
licenciements et adapter le volume de l’emploi. Ces mesures sont prévues par les lois du 19 juin et du
30 décembre 2009.
Ces mesures étaient initialement prévues pour prendre fin
le 31 décembre 2009. Néanmoins, leur prolongation est Elles sont applicables aux entreprises entrant dans le
intervenue jusqu’au 30 juin 2010. Avant la dissolution champ d’application de la loi du 5 décembre 1968 sur
du Parlement, les mesures temporaires ont été prolongées les conventions collectives de travail et les commissions
encore une fois jusqu’au 30 septembre 2010. paritaires, soit, essentiellement, aux entreprises apparte-
nant au secteur privé.

(1) L’octroi de cette compensation salariale ne peut avoir pour effet que le salaire
brut du travailleur concerné soit supérieur au salaire brut qu’il percevait avant
l’instauration de la mesure.

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2 IPCF-BIBF PA C I O L I N° 299
Afin de bénéficier de ces mesures, les entreprises doi- 2.2.2. Crédit-temps de crise (réduction individuelle et
vent apporter la preuve qu’elles sont en difficulté. Cette temporaire des prestations)
preuve est apportée lorsqu’est démontrée une diminution
substantielle du chiffre d’affaires de la production ou des L’entreprise en difficulté peut proposer à tout travailleur
commandes ou un recours important au chômage tem- à temps plein une convention portant sur la réduction
poraire pour les ouvriers. d’1/5 ou de moitié de ses prestations pour une période
de minimum 1 mois et de maximum 6 mois.
L’entreprise concernée doit également être liée respective-
ment pour chacune des mesures, soit par une convention En cas d’accord du travailleur sur cette mesure, il béné-
collective de travail sectorielle, soit par une convention ficiera d’une allocation versée par l’ONEm dont le mon-
collective de travail d’entreprise, soit par un plan d’en- tant et les modalités particulières d’octroi sont fixées par
treprise. le Roi(3).

Ainsi, lorsque l’employeur remplit les conditions pour 2.3. Carte de restructuration pour les travailleurs
être considéré comme en difficulté et est lié par une d’entreprise en faillite
convention collective de travail ou par un plan d’entre-
prise approuvé, il peut décider : L’arrêté royal du 9 mars 2006 relatif à la gestion active
– de suspendre totalement ou partiellement l’exécution des restructurations prévoit l’octroi d’une carte de res-
du contrat de travail de ses employés ; tructuration pour les travailleurs qui sont licenciés dans
– d’introduire pour eux un régime de travail à temps le cadre d’une restructuration et qui sont inscrits dans
réduit (appelé également crédit-temps de crise ou cré- une cellule pour l’emploi.
dit-temps employé).
La loi du 19 juin 2009 portant des dispositions diverses
2.2.1. Suspension de crise en matière d’emploi pendant la crise prévoit de couvrir
également les travailleurs licenciés, au plus tard le 30 sep-
L’employeur a le choix entre deux régimes : tembre 2010, à la suite d’une faillite, d’une fermeture ou
– la suspension complète de l’exécution du contrat de d’une liquidation d’entreprise.
travail pendant maximum 16 semaines durant le se-
cond semestre 2010, par semaines calendrier complè- Cette carte de restructuration a une durée de validité de
tes ; six mois suivant la rupture du contrat de travail.
– la suspension partielle de l’exécution du contrat de
travail pendant maximum 26 semaines durant le se- Les travailleurs en possession de la carte, qui reprennent
cond semestre 2010, par semaines complètes ; le travail auprès d’un nouvel employeur, bénéficient d’une
diminution des cotisations personnelles de sécurité so-
La notification au travailleur du régime de suspension ciale de 133,33 EUR pour les employés et de 144 EUR
complète de l’exécution du temps de travail ou du travail pour les ouvriers.
à temps réduit doit être effectuée au moins 7 jours avant
sa mise en œuvre. Pour obtenir cette diminution des cotisations personnel-
les, le salaire mensuel de référence du travailleur ne peut
Dans ce cas, l’employeur est tenu de verser aux employés pas dépasser 1.956,90 EUR (pour le travailleur de moins
un supplément aux allocations de crise, par jour non tra- de 30 ans) ou 4.000 EUR (pour le travailleur de plus de
vaillé, tel qu’il est prévu dans la convention collective de 30 ans).
travail ou par le plan d’entreprise(2).
Le nouvel employeur bénéfice, quant à lui, d’une réduc-
tion forfaitaire des charges patronales de sécurité sociale
à concurrence de 1.000 EUR par trimestre pour le tri-
(2) Ce supplément doit être au moins équivalent à celui accordé aux ouvriers du mestre de l’engagement et les 4 trimestres suivants. Pour
même employeur qui sont en chômage temporaire par manque de travail. S’il
n’y a pas d’ouvrier occupé dans l’entreprise, ce supplément doit néanmoins être
au moins équivalent à celui prévu par la convention collective de travail conclue
au sein de la commission paritaire dont relèverait l’employeur s’il occupait des (3) En l’absence d’arrêté royal, les montants de l’allocation sont les suivants :
ouvriers. En l’absence de montant fixé dans une convention collective de travail, – en cas de réduction d’1/5è : 188 EUR ou 248 EUR. selon que le travailleur a
ce supplément doit au moins être fixé à 5 EUR par jour pendant lequel il n’est moins ou plus de 50 ans ;
pas travaillé. – en cas de réduction à mi-temps : 442 EUR.

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les travailleurs de moins de 45 ans cette période est suivie dique que les moyens qui ont été effectivement accordés
par une période de 16 trimestres avec une réduction for- aux entreprises sont en-deçà des prévisions et que dès lors
faitaire de 400 EUR par trimestre. peu d’entreprises ont recours à ces mesures.

Pour obtenir la réduction, le salaire trimestriel de réfé- Cette réticence des employeurs est probablement une
rence du travailleur ne peut pas dépasser 5.870,71 EUR conséquence des multiples conditions et procédures à res-
si, au moment de l’engagement, il est âgé de moins de pecter pour la mise en œuvre de ces différentes mesures.
30 ans et de 12.000 EUR s’il est âgé de plus de 30 ans.
Néanmoins, l’ONEM ainsi que d’autres indicateurs com-
3. Conclusion me EUROSTAT ont récemment constaté qu’en 2009,
le taux de chômage avait augmenté de manière moins
Face à ces nombreuses restructurations, le gouvernement importante que prévue. De même, le taux d’emploi n’a
a tenté principalement de maintenir les contrats de tra- pas connu la baisse redoutée par le gouvernement.
vail et de limiter les effets négatifs des licenciements.
Michel STRONGYLOS et Clémentine DE BECO
L’ONEm a déjà publié un rapport interne concernant Avocats
l’efficacité des mesures de crédit-temps de crise et de la
Elegis-Hannequart & Rasir
suspension temporaire du contrat de travail. Celui-ci in-

La TVA à 12 % dans le secteur horéca

Après des années de négociation avec la plupart des orga- Quels sont les services qui peuvent bénéficier du
nisations de l’horéca, nous y sommes enfin : la TVA due au taux de TVA réduit à 12 % ?
restaurant a baissé, passant de 21 à 12 %.
Ce taux s’applique aux services suivants(4) :
Le but était et est toujours actuellement de permettre autant
que possible d’instaurer le taux de TVA de 6 % dans le Services de restaurant
secteur horéca. Une procédure d’évaluation se fera en effet
d’après des paramètres précis, pour assurer le suivi des dif- Les services de restaurant sont la fourniture de nourriture
férentes obligations contractées par le secteur (lutte contre le et de boissons dans des établissements de restauration,
travail au noir, création d’emplois, …). Les résultats en se- dans des conditions telles qu’elles sont consommées sur
ront présentés au Conseil des ministres à la fin 2010, début place, à l’endroit où le prestataire est établi, avec les ser-
2011, après quoi celui-ci examinera la possibilité d’abaisser vices connexes de nature à permettre cette consommation
le taux de la TVA à 6 %. immédiate sur place (infrastructure adaptée, mobilier,
matériel, personnel, …).
Dans ce texte, nous tentons d’apporter une réponse aux ques-
tions les plus fréquemment posées au sujet de cette modifica- Services de restauration
tion de taux intervenue depuis le 1er janvier 2010.
Les services de restauration sont la fourniture de nourri-
Ce nouveau régime s’accompagne en effet de diverses condi- ture et de boissons en dehors des locaux du prestataire, le
tions/obligations. client souhaitant par ailleurs que le repas ou la nourriture
lui soient servis (consommation effective sur place), avec
Une des principales nouveautés en ce domaine est l’instaura- éventuellement certains services complémentaires mis à
tion d’un système de caisse enregistreuse électronique répon- sa disposition.
dant à certaines exigences techniques. Un arrêté ministériel
doit toutefois encore le détailler plus amplement. En prati-
que, il n’est donc, pour l’instant, pas encore possible d’utiliser
ce nouveau système de caisse électronique. (4) Tableau B, AR n° 20, Code TVA.

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4 IPCF-BIBF PA C I O L I N° 299
A quels établissements de restauration le nouveau – que ces boissons soient fournies avec les repas, durant
régime s’applique-t-il ? leur consommation sur place, à un prix global :
– qu’il s’agisse de boissons non alcoolisées telles que des
Sont visés plus particulièrement(5) : jus de fruits et de légumes, des boissons à base de lait
– les restaurants traditionnels, brasseries tea-rooms, ca- et de soja, du café ou du thé, de l’eau minérale, …
fés ;
– les restaurants de restauration rapide et de self-ser- Dans le cas des logements fournis meublés avec un petit
vice ; déjeuner (hôtel, motel, …), ce dernier reste intégralement
– les restaurants, cafés, … situés dans des théâtres, mu- soumis au taux de TVA réduit à 6 %.
sées, centres commerciaux, … qui disposent d’un lo-
cal spécialement aménagé pour la consommation sur Et s’il est demandé un prix global pour des
place ; services de restaurant ou de restauration soumis à
– les repas fournis dans les hôtels, les chambres d’hô- différents taux de TVA ?
tes, … ;
– les cantines et mess d’entreprises ; Si un prix global est demandé pour un service de restau-
– les snack-bars et pizzerias ; rant ou de restauration incluant tant des plats que des
– les loges et business seats où sont servis des repas ; boissons, ce prix doit être ventilé(7).
– les salons de consommation des boulangers, salons de
consommation de glace ou de pâtisserie, …; Lorsque le restaurateur ou le traiteur ne souhaite pas
– certaines friteries. effectuer une telle ventilation, la perception de la TVA
ne sera considérée comme régulière que si l’ensemble est
Peu importe que ces repas soient fournis avec service à taxé au taux de TVA le plus élevé. En principe, 21 % de
table, au comptoir ou même simplement à une plan- TVA seront donc dus sur le montant total des repas et
chette attachée au mur ou à un endroit aménagé à cette boissons fournis.
fin en plein air par l’exploitant.
Cas spécial n° 1 : un menu avec un choix possible de
A quelles nourritures et/ou boissons le taux de vins assortis
TVA réduit à 12 % (ne) s’applique-t-il (pas) ?
La partie du prix global qui doit se rapporter à la four-
Le taux de TVA réduit à 12 % ne s’applique qu’aux ser- niture de boissons doit en principe concorder avec la va-
vices de restaurant et de restauration, à l’exclusion de la leur normale de celles-ci, soit le prix que le client devrait
fourniture de boissons(6). normalement payer pour l’achat séparé des boissons. Si
un prix séparé (TVA incluse) est mentionné sur la carte
Le taux de TVA réduit à 12 % ne s’applique pas : pour les vins assortis (option facultative pour un menu
– aux produits non préparés : chips, chewing-gum, gau- déterminé), la TVA incluse dans ce supplément de prix
fres emballées, … (21 %); doit être perçue au taux de 21 %. Le prix du menu sans
– aux boissons accompagnant des repas consommés sur les vins doit également être ventilé lorsque d’autres bois-
place (21 %); sons (p.ex. l’apéritif ou le café) sont comprises dans ce
– aux boissons non alcoolisées : jus de fruits ou de lé- menu.
gumes, boissons lactées, café, thé, eau minérale, …
(21 %) ; Cas spécial n° 2 : le menu « all-in » comprenant trois
– à la simple livraison de repas préparés (6 %) ; plats ou davantage
– à la mise à disposition d’une chambre meublée avec
petit déjeuner (bed & breakfast) (6 %). Par mesure de simplification, l’Administration de la TVA
admet à titre d’essai un coefficient de 35 % pour les me-
Pour ce qui concerne les boissons servies pendant la nus standards « all-in » comprenant trois plats ou plus
consommation du repas, peu importe : (c.-à-d. les menus comprenant un apéritif, des vins assor-
tis, l’eau minérale et le café ou le thé).

(5) Commentaire TVA n° 18/903 et n° 18/905.


(6) AR n° 20, Tableau B, Code TVA. (7) Décision n° E.T. 117.557 du 23/12/2009.

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Ce prorata ne vaut donc pas pour les autres formules Un système de caisse enregistreuse, cela inclut :
« all-in » qui comprennent p.ex. aussi des boissons spi- – la caisse enregistreuse électronique ;
ritueuses et du champagne, ou toutes les boissons après – le terminal comprenant le logiciel de caisse ;
minuit. Ce coefficient de 35 % n’est en outre pas im- – l’ordinateur comprenant le logiciel de caisse ou tout
pératif : l’assujetti peut s’en écarter, sous le contrôle de autre appareil similaire.
l’administration, s’il pratique une autre politique de prix,
ou l’administration peut contester ce prorata lorsqu’il Le système de caisse enregistreuse doit répondre aux exi-
s’écarte de la réalité dans une situation particulière. gences techniques minimales suivantes et offrir les garan-
ties minimales suivantes :
Quelles sont les mentions obligatoires qui doivent – l’inaltérabilité des données introduites, depuis l’intro-
figurer sur la note, la facture simplifiée ou le reçu ? duction dans la caisse enregistreuse jusqu’au terme des
délais de conservation légaux ;
La classique souche TVA disparaîtra à terme, pour être – la conservation de toutes les données introduites, si-
remplacée par un ticket unique imprimé par une caisse multanément à l’établissement d’un ticket de caisse,
électronique. dans un journal électronique ou un fichier journal ;
– la possibilité d’un contrôle par les agents de l’Admi-
Ce ticket de caisse électronique obligatoire vaut facture nistration fiscale ;
simplifiée et les mentions suivantes doivent y figurer : – l’obligation d’établir un rapport financier journalier et
– la dénomination complète « ticket de caisse TVA» ; un rapport utilisateur journalier reprenant les ventes
– la date et l’heure d’émission du ticket ; et l’utilisation des autres fonctionnalités de la caisse
– le numéro d’ordre (provenant d’une suite ininterrom- en cours de journée (rapports Z) ;
pue) ; – un enregistrement obligatoire de toutes les prestations
– l’identification du prestataire assujetti (nom, adresse de services simulées effectuées dans le cadre d’une for-
et numéro de TVA) ; mation (par de nouveaux travailleurs p.ex.) ;
– l’identification de l’utilisateur (membre du person- – être équipé d’un module qui enregistre les données
nel) ; pertinentes des tickets de caisse de façon inaltérable
– le montant de la TVA due et les données permettant et sécurisée et les transforme en un algorithme, ainsi
de la calculer ; que d’autres données éventuelles de contrôle impri-
– la nature et le prix du service presté ; mées sur le ticket de caisse et accessibles aux agents
– l’identification de la caisse/du terminal ; de contrôle.
– la ristourne accordée et les montants rendus ;
– l’algorithme calculé sur la base des indications préci- Les caisses seront donc couplées à une sorte de « boîte
tées (voyez ci-dessous). noire » qui enregistrera toutes les transactions et où il ne
sera ensuite plus possible d’adapter les données introdui-
Il faudra délivrer le ticket de caisse électronique obliga- tes.
toire non seulement lorsqu’un repas est pris, mais aussi
pour la simple fourniture de boissons en dehors du cadre Sachez également que l’utilisation du système de caisse
d’un repas(8). enregistreuse sera reliée à une identification sans équivo-
que du personnel(9).
Quelles conditions doit remplir le système de caisse
enregistreuse du secteur horéca ? L’utilisation d’un système de caisse enregistreuse électro-
nique n’est pas obligatoire pour les fournisseurs de ser-
Avec l’abaissement de la TVA à 12 % a été aussi instaurée vices de restauration qui ne disposent pas d’un établisse-
l’obligation faite aux exploitants d’un établissement de ment où sont régulièrement consommés des repas.
restauration d’installer un système de caisse électronique.
Ce dernier doit assurer l’inaltérabilité des données intro-
duites dans la caisse. Pour les fonctionnaires chargés du
contrôle, il devient ainsi plus facile de vérifier les données
introduites.

(9) Réponse à la question orale n° 4-1235 de Monsieur le sénateur Combrez du


(8) Décision n° E.T. 118.066 du 9/3/2010. 03/12/2009.

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Qui doit utiliser le système de caisse enregistreuse La note ou le reçu doit désormais contenir entre autres
électronique et à partir de quand ? les mentions suivantes(11) :
– la dénomination complète « Note » ou « Reçu » et l’in-
Le système de caisse enregistreuse électronique est obli- dication « Taxe sur la valeur ajoutée » ;
gatoire : – le nom ou la dénomination sociale de l’imprimeur ;
– d’ici le 1er janvier 2013 au plus tard pour les exploi- – un dessin de garantie ;
tants d’un établissement de restauration déjà existant – la date de la délivrance ;
au 1er janvier 2010 ; – un numéro d’ordre (par séries de 00.001 à 99.999) ;
– depuis le 1er janvier 2010 en cas d’ouverture ou de – l’identification de l’assujetti prestataire de services
reprise d’un établissement de restauration. (nom, adresse et numéro de TVA) ;
– le nombre de repas consommés ;
Cependant, comme il reste encore à détailler les carac- – le montant total dû, TVA incluse ;
téristiques auxquelles devra répondre le nouveau système – la distinction entre le montant payé pour la fourni-
de caisse électronique dans un arrêté ministériel encore ture des repas et celle des boissons (donc une ventila-
à promulguer, impossible, en pratique, de déjà se servir tion entre les repas à 12 % et les boissons à 21 %).
du nouveau système de caisse. Pour l’instant, il faut donc
continuer à se débrouiller avec les systèmes existants. Les inscriptions sur l’exemplaire original de la note ou du
reçu qui est remis au client sont à reproduire simultané-
Le système de caisse enregistreuse électronique n’est en ment au moyen d’un papier carbone sur un exemplaire
outre obligatoire que pour les établissements horéca dont servant de double(12).
le chiffre d’affaires pour les services de restaurant et de
restauration, à l’exclusion des boissons qui accompagnent Les « anciens » reçus ne comporteront pas de ventilation
les repas, dépasse 10 % du chiffre d’affaires total (hors entre les repas et les boissons.
TVA) et où sont consommés régulièrement des repas sur pla-
ce. Les établissements horéca qui sont surtout spécialisés Dans l’intervalle (en attendant l’installation ou l’adap-
dans les repas à emporter et les débits de boissons qui ne tation de la caisse enregistreuse électronique), il faudra
fournissent qu’occasionnellement des repas, ne doivent donc continuer à se servir des souches TVA et y ventiler
donc pas disposer d’un système de caisse enregistreuse sur le double entre les repas (à 12 % de TVA) et les bois-
électronique. sons (à 21 % de TVA). Ou alors y attacher le ticket de
caisse, pourvu qu’il soit possible d’y lire clairement pour
Inutile d’acquérir un tout nouveau système de caisse. combien les repas et les boissons interviennent dans le
Il est possible de voir avec le fournisseur si celui-ci ne montant total de la souche. Le Ministre des Finances n’a
pourrait pas adapter le système existant aux nouvelles toutefois pas donné d’instructions à ce sujet.
exigences.
Comme il n’est pas prévu de ventilation entre repas
Dès l’instant où le système de caisse enregistreuse est et boissons sur les « anciennes » souches TVA, nous
installé, l’obligation de délivrer une « souche TVA » dis- conseillons de commander aussi rapidement que possible
paraît(10). de nouveaux exemplaires où cette ventilation apparaît.
Ne jetez toutefois pas pour autant ces « anciennes » sou-
Quelles mentions doivent entre-temps figurer ches à la poubelle. Si vous aviez un contrôle fiscal, vous
obligatoirement sur les « souches TVA » ? devriez en effet être en mesure de prouver que vous ne
les avez effectivement pas utilisées.
Les exploitants d’établissements de restauration existants
peuvent donc encore délivrer une « note » ou un « reçu » En lieu et place d’une « souche TVA », certains établisse-
jusqu’au 31/12/2012 au plus tard (sauf s’ils passent avant ments horéca peuvent aussi continuer à délivrer un « tic-
cela au nouveau système de caisse), comme ils l’ont tou- ket circulaire 6/1999 » ou un « ticket E.T. 103.592 » à
jours fait jusqu’ici. leurs clients, jusqu’au 31/12/2012 au plus tard, sauf s’ils

(11) AR n° 1, article 22, § 2, Code TVA.


(10) AR n° 1, article 22, § 1, Code TVA. (12) AR n° 1, article 22, § 3, Code TVA.

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mettent le nouveau système de caisse en service avant L’exploitant d’une friterie ne doit pas délivrer de souche
cette date. TVA si son exploitation remplit cumulativement les trois
conditions suivantes :
Quels sont les établissements qui, pour l’instant,
sont encore dispensés de délivrer un reçu ou une 1. il se limite à servir des plats et des produits alimen-
note ? taires traditionnellement fournis ou vendus dans le
secteur des friteries ;
Il n’y a pour l’instant pas lieu de délivrer de « souche
TVA » pour les opérations suivantes : 2. il sert exclusivement les produits alimentaires précités
– la vente de menus produits alimentaires (chips, dans un contenant ou un emballage à usage unique
saucisses sèches, biscuits, gaufres, …) pour lesquels (éventuellement en fournissant des couverts à usage
l’exploitant n’a pas effectué de préparation ou de unique eux aussi) ;
transformation et qui sont en règle générale fournis
accessoirement avec des boissons ; 3. les installations (tant intérieures qu’extérieures) que
– quand le client emporte le repas pour le consommer l’exploitant met à la disposition de sa clientèle sont
en dehors de l’établissement de l’exploitant ; aménagées ou conçues de telle sorte qu’elles autori-
– lorsque l’exploitant livre les repas commandés au do- sent à un nombre maximum de seize personnes de
micile du client ; consommer au même moment sur place (debout ou
– pour la fourniture de repas légers (e.a. potages, cro- assis, à une table ou au comptoir, à l’intérieur ou à
ques, croquettes, pâté, sandwiches, hamburgers, pittas, l’air libre) les produits alimentaires précités que l’ex-
hotdogs, salades froides, assiettes anglaises, omelettes, ploitant leur fournit.
œufs brouillés, crêpes, desserts et glaces, …) par l’ex-
ploitant d’un débit de boissons, d’un snack-bar, d’un Si le client est une personne morale, assujettie ou non,
tea room, d’une cafétéria, d’un salon de consomma- il n’y a pas lieu de lui délivrer de souche TVA lorsqu’il
tion de glaces ou de pâtisserie. lui est établi une facture. Logiquement, ceci reste égale-
ment d’application après le 31 décembre 2012, et cela
Les repas légers précités ne peuvent être servis qu’avec que l’exploitant ait ou non à se servir obligatoirement du
du pain. Il faut donc délivrer une souche TVA s’ils sont nouveau système de caisse.
servis p.ex. avec des frites.

Si l’exploitant sert aussi d’autres plats que des repas légers


avec du pain, il doit délivrer une souche TVA pour tous Peter VERSCHELDEN et Bart VERMOESEN
les repas qu’il sert (y compris légers). Moore Stephens Verschelden

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ou sous toute autre forme, sans autorisation préalable écrite de l’éditeur. La rédaction veille à la fiabilité des informations publiées, lesquelles ne pourraient toutefois engager
sa responsabilité. Editeur responsable : Etienne VERBRAEKEN, I.P.C.F. – av. Legrand 45, 1050 Bruxelles, Tél. 02/626.03.80, Fax. 02/626.03.90 e-mail : info@ipcf.
be, URL : http ://www.ipcf.be Rédaction : Gaëtan HANOT, Geert LENAERTS, Maria PLOUMEN, Etienne VERBRAEKEN. Comité scientifique : Professeur P. MICHEL,
Professeur Emérite de Finance, Université de Liège, Professeur C. LEFEBVRE, Katholieke Universiteit Leuven.

RÉALISÉE EN C O L L A B O R AT I O N AV E C KLUWER – W W W. K L U W E R . B E

7 – 20 JUIN 2010
8 IPCF-BIBF PA C I O L I N° 299